Latest / Québécois et Canadien / Dimitris Soudas : Historique du Parti conservateur du Canada
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- 0:00Bonjour et bienvenue au podcast Québécois et
- 0:01Canadien où on discute des enjeux de notre pays.
- 0:04Aujourd 'hui, on reçoit Dimitri Soudas, ex -directeur
- 0:07des communications et porte -parole pour Stephen
- 0:09Harper. On a discuté notamment de l 'historique
- 0:11du Parti conservateur qu 'on connaît aujourd
- 0:13'hui et de sa base militante. Bon épisode! Dimitri
- 0:28Soudas, bonjour. Bonjour. Merci d 'avoir accepté
- 0:30l 'invitation. Avec plaisir. Alors, on va faire
- 0:32un épisode un peu historique aujourd 'hui parce
- 0:35que, bien là, on a un parti conservateur qui
- 0:38est au fédéral, mais c 'est un parti là beaucoup
- 0:42d 'histoire en arrière de lui. Et c 'est pas
- 0:46le même parti que Brian Mulroney était à l 'époque,
- 0:49quoique il y en a une partie qui l 'est. Fait
- 0:51que je pensais que c 'était important de faire
- 0:52un épisode pour justement revenir à comment on
- 0:55en est venu du Parti progressiste conservateur,
- 0:57le Reform, à ce que c 'est aujourd 'hui, puis
- 1:00discuter un peu de l 'avenir du Parti conservateur
- 1:01au Canada également. Fait que, si tu peux peut
- 1:03-être commencer, parce que je pense que les gens
- 1:05te connaissent à la télévision et tout, mais
- 1:07juste nous parler un peu de ton background pour
- 1:09ceux qui te connaissent peut -être moins. Je
- 1:11suis né à Montréal. un petit gars de Parc -Aix
- 1:15-en -Sion. J 'ai été élevé par une mère monoparentale.
- 1:18Mon premier emploi à l 'âge de 13 ans, je livrais
- 1:23des épiceries avec une bicyclette. Ma première
- 1:28campagne électorale, c 'est en 1993. J 'avais
- 1:3214 ans et heureusement, tu es assis. J 'ai fait
- 1:36campagne pour le Parti libéral du Canada. Élection
- 1:39de 1993. C 'était vraiment une élection polarisante.
- 1:44Donc, fédéraliste, libéral, souverainiste, Bloc
- 1:46québécois. Quand les gens me demandent, puis
- 1:49la réaction que tu viens d 'avoir, mais je cite
- 1:51toujours Sir Winston Churchill, qui disait, si
- 1:55tu n 'as pas 25 ans et moins, quand t 'as 25
- 1:58ans et moins et tu n 'es pas un libéral, t 'as
- 2:00pas de cœur. Mais si t 'as 25 ans et plus et
- 2:03tu n 'es pas un conservateur, tu n 'as pas de
- 2:05tête. Donc, je me suis joint à l 'Alliance canadienne
- 2:12En 99, j 'ai toujours voté conservateur, Alliance
- 2:16canadienne conservateur. Mais ma première campagne
- 2:19fédérale avec un parti conservateur, c 'était
- 2:22avec l 'Alliance canadienne. Par la suite, en
- 2:252002, il y a eu une course à la chefferie, Stark
- 2:27World Day, chef de l 'Alliance canadienne, qui
- 2:30avait quand même eu un bon score, mais il a démissionné.
- 2:33Il s 'est représenté à sa propre succession.
- 2:36Et là arrive Stephen Harper qui était député
- 2:38réformiste de 93 à 97 dans la course à la chefferie.
- 2:41J 'ai fait campagne pour M. Harper en 2002, 2001,
- 2:452002 pour la course à la chefferie. Il a gagné.
- 2:48Et deux mois plus tard, j 'ai postulé pour devenir
- 2:54son agent de communication pour les médias francophones.
- 2:59Et la raison que j 'ai eu l 'opportunité... Et
- 3:02c 'est probablement une des raisons qui a façonné
- 3:06mon nationalisme québécois, malgré le fait que
- 3:09je suis issu d 'une communauté culturelle soudasse,
- 3:13pas soudée. Mes ancêtres ne sont pas Samuel de
- 3:19Champlain. Mes origines sont grecques. J 'ai
- 3:23toujours défendu le nationalisme québécois. Pourquoi?
- 3:27Et je suis un de ceux qui a toujours défendu
- 3:29la loi 101, l 'aspect surtout. sur l 'éducation
- 3:32parce que la loi 101 a enlevé le droit à ma mère
- 3:37de choisir si elle allait m 'envoyer à l 'école
- 3:40en anglais ou en français. Et je gage un 25 sous
- 3:44que si la loi 101 n 'existait pas, ma mère allait
- 3:48fort probablement choisir de m 'envoyer à une
- 3:50école anglophone, ce qui ferait en sorte qu 'aujourd
- 3:53'hui, toi et moi, on ne pourrait pas avoir une
- 3:55conversation, mais surtout ce qui ferait en sorte
- 3:57que Stephen Harper ne m 'aurait jamais embauché
- 4:00parce qu 'à l 'époque, il y avait besoin de quelqu
- 4:03'un qui est capable de parler anglais et français,
- 4:06et surtout français, pourquoi? Pour pratiquer
- 4:08avec lui, pour écrire quelques discours, pour
- 4:12faire une revue de presse pour dire voici ce
- 4:13qu 'il y a eu dans le devoir dans la presse Radio
- 4:15-Canada. Donc, la loi 101, René Lévesque, c 'est
- 4:22à eux que je dois ma carrière politique avec
- 4:25le mouvement conservateur. Intéressant. Puis
- 4:28on va avoir l 'occasion de revenir plus spécifiquement
- 4:30à ce que tu faisais dans toutes les moutures
- 4:31du parti. Mais j 'aimerais ça qu 'on parte un
- 4:34peu à la jeunesse de tout ça. Alors, on a le
- 4:36gouvernement de Brian Mulroney, Mulroney démissionne,
- 4:39Kim Campbell le remplace. Une élection catastrophique
- 4:43pour le Parti progressiste conservateur en 1996.
- 4:47On tombe à deux députés dont Jean Charest, je
- 4:49me rappelle bien. Et Elsie Wayne du Nouveau -Brunswick.
- 4:54C 'est à cette élection -là que se présente le
- 4:56Reform pour la première fois. Fait qu 'il y a
- 4:58une bonne partie du caucus conservateur, essentiellement,
- 5:00qui devient un nouveau parti. Fait que parle
- 5:02-moi un peu du fondement du Reform Party. Il
- 5:05faut reculer en arrière un petit peu parce que
- 5:08le mouvement conservateur, le parti conservateur
- 5:10s 'est fragmenté en deux. Suite aux échecs de
- 5:16Meach et de Charlottetown. la déception des conservateurs
- 5:21québécois, mais aussi des libéraux québécois.
- 5:23Jean Lapierre, par exemple, était un libéral
- 5:25fédéral. Il est devenu bloquiste. Exact. Mais
- 5:31en grande partie, il y a eu des conservateurs.
- 5:33Puis, permets -moi de requieler un petit peu.
- 5:36Élection de 1984. 4 septembre 1984. Brian Mulroney
- 5:41gagne la plus grande majorité de l 'histoire
- 5:43du Canada et gagne la majorité des sièges au
- 5:47Québec. tout de suite après l 'élection. Il y
- 5:51a des gens qui pensent que le terme beau risque
- 5:53de René Lévesque, que c 'était avant l 'élection.
- 5:57C 'était tout de suite après l 'élection où René
- 5:59Lévesque a parlé du beau risque. C 'est quoi
- 6:01ce beau risque? Bien, traditionnellement, le
- 6:05Québec est respecté, le Québec est écouté et
- 6:08certaines revendications du Québec ont une plus
- 6:13grande résonance. quand les conservateurs gouvernent.
- 6:16Puis, on peut regarder le bilan conservateur,
- 6:18puis on va parler de ça. Le Québec est toujours
- 6:21mieux traité quand le gouvernement fédéral est
- 6:23un gouvernement fédéral. Donc, le beau risque,
- 6:26c 'est -à -dire René Lévesque, souverainiste,
- 6:29on va essayer ça avec Brian Morney. Meach et
- 6:33Charlottetown, des échecs. Pourquoi est -ce que
- 6:35Meach et Charlottetown ont échoué? Parce que
- 6:38Pierre -Élié Trudeau... Les libéraux se sont
- 6:40imposés. Ils ont torpillé... les deux accords,
- 6:45des accords historiques, pour deux raisons. L
- 6:50'égo personnel, donc Pierre -Élié Trudeau qui
- 6:53faisait la tournée pancanadienne, qui faisait
- 6:56littéralement du lobby auprès de plusieurs premiers
- 6:59ministres provinciaux. Parfois, puis j 'ai eu
- 7:04des conversations avec des anciens ministres
- 7:06québécois libéraux fédéraux qui m 'ont raconté
- 7:09ce qui s 'est passé en coulisses. C 'était du
- 7:12bullying, littéralement. La deuxième raison que
- 7:16les libéraux fédéraux ont torpillé Meech, c 'est
- 7:19parce qu 'ils savaient que si Meech ou Charlottetown
- 7:24étaient adoptés, que les conservateurs dorénavant
- 7:27auraient un capital politique au Québec. Donc,
- 7:33l 'égo et la partisanerie des libéraux fédéraux
- 7:37a fait en sorte qu 'aujourd 'hui, le Québec n
- 7:42'a toujours pas sa signature sur la Constitution
- 7:45canadienne. Donc, après ses échecs, ce beau risque,
- 7:50selon plusieurs libéraux et conservateurs, nationalistes
- 7:55québécois, se sont dit, le risque est ben beau,
- 7:58mais il n 'a pas valu la peine. Donc, déchirement
- 8:01du mouvement conservateur avec la formation du
- 8:04Bloc québécois, et bien sûr, la création du parti
- 8:08réformiste, parce que... Il y avait aussi l 'élément
- 8:12de la réforme du Sénat dans ces accords constitutionnels.
- 8:15C 'est important pour l 'Ouest canadien. C 'est
- 8:17très important pour l 'Ouest canadien. Donc,
- 8:21il y a eu cette fragmentation. Et Stephen, un
- 8:23peu en passant, il a commencé sa carrière politique
- 8:26comme staffer politique pour un député progressiste
- 8:29conservateur de l 'Alberta qui s 'appelait Jim
- 8:31Hawks. Chose que peu de gens... connaissent bien
- 8:36sûr, mais j 'ai passé plus de dix ans avec lui,
- 8:38on a eu la chance de parler pas mal, de jaser
- 8:40pas mal. Donc, 93, ces deux nouvelles formations
- 8:44politiques ont littéralement enlevé pratiquement
- 8:51tous les sièges au progressisme conservateur.
- 8:55Et là commence la décennie de noirceur du mouvement
- 8:59conservateur. où Jean Chrétien gagnait majorité.
- 9:03Parce que là, les conservateurs étaient séparés
- 9:04parmi... Exact. Et très souvent, si tu retournes
- 9:08en arrière, peut -être moins en 93, mais si tu
- 9:12regardes les résultats électoraux de 97 et de
- 9:142000, dans plusieurs circonscriptions, il y a
- 9:21un pourcentage assez élevé de circonscriptions
- 9:25que quand tu prends le vote réformiste ou allianciste,
- 9:28et progresser ce conservateur, et tu les mets
- 9:31ensemble, tu les ajoutes, les libéraux ne gagneraient
- 9:34pas. Et Jean Chrétien n 'aurait pas gagné trois
- 9:37majorités. Peut -être qu 'il aurait gagné une
- 9:39majorité, une minorité et perdu la troisième.
- 9:42Mais on ne peut pas réécrire l 'histoire. Donc,
- 9:45Stephen Harper devient chef de l 'Alliance canadienne
- 9:48en 2002. Il se représente, devient député en
- 9:53Alberta. Le Reform devient l 'Alliance canadienne.
- 9:56En 2000, l 'Alliance canadienne. En 2000, c 'est
- 9:58devenu l 'Alliance canadienne. Et en 2002, Stephen
- 10:02Harper devient le nouveau chef de l 'Alliance
- 10:05canadienne. Premier objectif, c 'est, bien sûr,
- 10:10c 'était devenu quand même, c 'est difficile
- 10:13d 'être dans l 'opposition. Premier objectif,
- 10:18c 'est... un leadership assumé comme chef de
- 10:22l 'opposition officielle, faire ses preuves.
- 10:25Et on croyait à l 'époque que c 'était possible
- 10:29de faire des gains sans avoir une fusion avec
- 10:33les progressistes conservateurs. Donc juste l
- 10:35'Alliance aurait pu former un gouvernement, par
- 10:36exemple? Exact. Et là arrive le départ de Jean
- 10:41Chrétien, l 'arrivée de Paul Martin, en plein
- 10:46milieu du scandale des commandites, mais juste
- 10:48avant... l 'arrivée du scandale des commandites,
- 10:51tous les sondages. Paul Martin était à 48 -49
- 10:55% qui allait gagner la plus grande majorité de
- 10:58l 'histoire du Canada. Et je me souviens que
- 11:03j 'étais allé au congrès où Paul Martin est devenu
- 11:06chef du Parti libéral du Canada. C 'était moi
- 11:10et James Moore. James Moore, un de nos députés
- 11:14de la colonie britannique parfaitement bilingue,
- 11:16qui plus tard a été ministre. dans le gouvernement
- 11:18Harper. On se regardait tous les deux, on était
- 11:21tout jeunes. On disait, on va manger une volée.
- 11:25La prochaine élection, on va manger une volée.
- 11:27Moi, essentiellement, je suis allé à Ottawa pour
- 11:28travailler pour le gars qui n 'allait jamais
- 11:30devenir premier ministre Canada. Mais c 'est
- 11:32comme l 'équivalent d 'un Bloc québécois, mais
- 11:35version ouest, c 'était... Oui, mais encore pire,
- 11:38le Bloc québécois sait qu 'il ne va pas former
- 11:41le gouvernement. Le Bloc québécois ne veut pas
- 11:43former le gouvernement. Mais l 'Alliance voulait
- 11:45le former, mais à chaque fois, c 'est une déception.
- 11:47Absolument. Et je te dirais qu 'il y a une date
- 11:51clé où Stephen Harper a décidé que sans la fusion
- 11:57entre les deux partis conservateurs, l 'Alliance
- 12:00canadienne et le Parti progressiste conservateur,
- 12:02les libéraux allaient gouverner pour les 100
- 12:05prochaines années. C 'était en mai 2003. Élection
- 12:10partielle dans Perth Middlesex. Joe Clark est
- 12:16chef du Parti progressiste conservateur. Stephen
- 12:18Harper, chef de l 'Alliance canadienne. Jean
- 12:20Chrétien, chef du Parti libéral du Canada. Lors
- 12:23de cette élection partielle, les progressistes
- 12:26conservateurs l 'ont gagné en première place.
- 12:30Le député, c 'était Gary Schellenberger. Les
- 12:33libéraux en deuxième et nous en troisième. Perth
- 12:37Middlesex, c 'est le sud -ouest de l 'Ontario.
- 12:41Si tu ne peux pas gagner dans le sud -ouest de
- 12:43l 'Ontario, qui ne gouverne pas le Canada. C
- 12:46'était ça le moment déclencheur dans la tête
- 12:48de Stephen Harper, qu 'il dit, je veux devenir
- 12:52premier ministre, et si je ne réussis pas à fusionner
- 12:58le mouvement conservateur qui se déchirait. Parce
- 13:02que pendant dix ans, ce qui se passait, c 'est
- 13:05les progressistes conservateurs s 'attaquaient
- 13:06aux Alliancistes ou aux Réformistes, les Réformistes
- 13:08s 'attaquaient aux progressistes conservateurs.
- 13:09C 'était une fratricide langue conservateur.
- 13:11Et pendant ce temps, les libéraux disaient, chicanez
- 13:15-vous, ça va bien pour nous. J 'imagine que l
- 13:20'Alliance était plus dans l 'Ouest canadien,
- 13:22le progressiste conservateur était plus sur Ontario.
- 13:25Oui, mais l 'Alliance canadienne voulait gagner,
- 13:27puis il y avait deux ou trois, il y avait Sheryl
- 13:29Gallant, il y avait Scott Reed, il y avait eu
- 13:31une percée de l 'Alliance canadienne, percée,
- 13:34quelques sièges en Ontario. Mais l 'espoir était
- 13:38qu 'on en gagnerait plus pour former le gouvernement.
- 13:43Donc, cette élection partielle, tu regardes les
- 13:45résultats, non seulement nous ne l 'avons pas
- 13:48gagné, nous avons fini troisième et les progressistes
- 13:52conservateurs l 'ont gagné. Le construct, il
- 13:55faudrait faire quelque chose parce que sinon
- 13:57vous restez dans la position. Oui, pour l 'instant,
- 13:59une fusion n 'est pas possible parce que Joe
- 14:01Clark est chef. Il y a une course à la chefferie
- 14:04du côté du parti progressistes conservateurs.
- 14:08Courses à la chefferie ou... à la dernière ronde,
- 14:12c 'était Jim Prentiss et Peter McKay, les deux
- 14:16qui ont servi comme ministres dans le gouvernement
- 14:18Harper. Et il y avait un autre candidat qui s
- 14:21'appelait David Orchard. Lui, il était en troisième
- 14:25place et à l 'époque, c 'était des congrès avec
- 14:28des délégués. Là, tu voyais chaque campagne qui
- 14:32disait nous, on s 'en va avec lui. Parce qu 'on
- 14:35l 'a perdu avec on s 'en va où, c 'est ça. Donc
- 14:38David Orchard. discuter avec le camp Prentiss
- 14:43et avec le camp McKay. Et lui, sa condition était
- 14:48que son appui, il allait donner son appui au
- 14:52candidat qui allait lui garantir de ne pas faire
- 14:54la fusion avec l 'Alliance canadienne. Donc,
- 14:58il s 'en va voir Jim Prentiss. Jim Prentiss,
- 15:01qui était un de nos meilleurs ministres, malheureusement
- 15:03décédé dans un accident d 'avion il y a plusieurs
- 15:06années, et Jim Prentiss ne lui a pas donné cette
- 15:09garantie. Ça va voir Peter McKay. Ils ont signé
- 15:15sur un bout de papier un napkin. Pas de fusion.
- 15:18Quelque chose qui ne disait pas de fusion. Donc,
- 15:20Peter McKay, avec l 'appui de David Orchard,
- 15:23devient chef du Parti progressiste conservateur.
- 15:26Quelques mois plus tard, les conversations commencent.
- 15:30En secret. Personne ne le savait. Les conversations
- 15:35ont continué. Il y a eu l 'influence de Brian
- 15:39Mulroney, bien sûr. les grands tenors du mouvement
- 15:41conservateur. Il y avait des négociations sur
- 15:45ça va avoir l 'air de quoi ce nouveau parti.
- 15:48Qu 'est -ce qu 'il va représenter? Comment est
- 15:50-ce qu 'on va l 'appeler? Quels seront les principes
- 15:53fondateurs? Donc, quelques mois plus tard, je
- 16:01me souviens de la conférence de presse comme
- 16:02c 'était hier. Stephen Harper et Peter McKay
- 16:05qui avaient promis à David Archer de ne pas faire
- 16:07la fusion. Font la fusion. Ou disent qu 'ils
- 16:10vont la faire, il faut faire voter les... Première
- 16:12étape, première étape, c 'est en temps de principe
- 16:15entre Peter McKay et Stephen Harper. 8 décembre
- 16:192003, si ma mémoire est bonne, les membres des
- 16:22deux partis ratifient l 'entente. Donc, nouveau
- 16:27parti conservateur du Canada. David Archer, est
- 16:30-ce qu 'il a démissionné? Il était pas député.
- 16:33Mais oui, il était fâché, puis il voulait amener
- 16:35Peter McKay en cours avec son napkin qui disait
- 16:38qu 'il n 'y aurait pas de fusion. Il a fait campagne
- 16:41contre la fusion pour essayer de convaincre les
- 16:44membres du Parti progressiste conservateur de
- 16:46voter contre. Peu importe, ça a été ratifié.
- 16:50Après ça, la décision. La décision de Stephen
- 16:53Harper de se lancer dans la course à la chefferie
- 16:57pour devenir le premier chef du nouveau Parti
- 17:00conservateur du Canada. Peter McKay qui ne se
- 17:04présente pas, il y a Belinda Stronach et Tony
- 17:08Clement. Je me souviens, notre slogan de la course
- 17:13à la chefferie, c 'était une seule voie conservatrice.
- 17:19Et mon Dieu, j 'ai des frissons. Et le slogan
- 17:24voulait dire quelque chose, que ce nouveau parti
- 17:28conservateur du Canada va accueillir tous les
- 17:31types de conservateurs, les conservateurs fiscaux,
- 17:36les conservateurs économiques, les conservateurs
- 17:38sociaux, les nationalistes québécois. Donc peu
- 17:45importe le type de conservatisme auquel tu crois
- 17:50parce que, encore une fois, je le dis, le Parti
- 17:52conservateur du Canada, son défi est la raison
- 17:56pour laquelle notre parti n 'a pas gouverné comme
- 18:00les libéraux, le 2 tiers, c 'est parce que c
- 18:03'est un parti de principe. Il y a une idéologie.
- 18:06C 'est ça, puis on le remarque, faire une petite
- 18:08parenthèse, on le remarque avec le gouvernement
- 18:10libéral actuel, c 'est pas en tout le même parti
- 18:13que Justin Trudeau, mais un parti conservateur
- 18:16comme celui du Parti conservateur canadien ferait
- 18:18jamais un 180 comme ça. Mais c 'est plus que
- 18:21ça. C 'est une chose pour un parti d 'évoluer
- 18:24et les partis doivent évoluer. Mais c 'est une
- 18:28autre chose. Au mois de décembre, tu dis, sans
- 18:31la taxe sur le carbone, la planète va brûler.
- 18:33Au mois de mars, tu dis, on élimine la taxe sur
- 18:35le carbone. Le lien en capital, qui est une question
- 18:38d 'équité générationnelle, tout ça qui finalement
- 18:40n 'était plus important. C 'est vraiment, on
- 18:42prend une plateforme, on la gère, puis on prend
- 18:43une autre plateforme, puis on la dépose. Et on
- 18:46peut dire une chose et son contraire à l 'intérieur
- 18:48de 24 heures. Donc, on laisse ça de côté pour
- 18:51l 'instant. On va parler des libéraux une autre
- 18:53fois. Donc, tout le monde est bienvenu. Cela
- 18:57étant dit, ça va être un Parti conservateur du
- 19:01Canada qui va aspirer à gouverner. Et aspirer
- 19:03à gouverner veut dire être discipliné, avoir
- 19:06des priorités claires. Donc, et très souvent,
- 19:12les gens interprètent mal le conservatisme social.
- 19:17Ils disent conservatisme social égal avortement.
- 19:19C 'est beaucoup plus que ça. C 'est vraiment
- 19:23beaucoup plus que ça. Le conservatisme social,
- 19:26c 'est aussi certaines valeurs familiales, traditionnelles.
- 19:30La place de la religion, je veux dire, à un certain
- 19:31niveau, ou la cellule familiale, traditionnelle.
- 19:34La cellule familiale... Le conservatisme social
- 19:41est aussi quelque chose qui dit... Parce qu 'il
- 19:44y a aussi des conservateurs de la loi et de l
- 19:45'ordre. Le conservatisme social dit aussi qu
- 19:48'on devrait mettre les droits des victimes avant
- 19:53les droits des criminels. Donc, course à la chefferie,
- 19:58Stephen Harper gagne cette course, devient chef.
- 20:04On était mal préparé. Quelques mois plus tard,
- 20:09Paul Martin déclenche l 'élection. gouvernement
- 20:12minoritaire. gouvernement minoritaire. Il y avait
- 20:14le scandale des commandites, la commission d
- 20:17'enquête Gomry. Mais nous avons réussi en 2004.
- 20:22Et je pense que nous sommes chanceux que nous
- 20:24n 'avons pas gagné en 2004. Parce que je ne pense
- 20:27pas qu 'on était prêt à gouverner. Ça aurait
- 20:29été catastrophique. Si le Conservateur, la première
- 20:31fois qu 'il arrive au pouvoir, n 'est pas prêt
- 20:33à les organiser, ça n 'aurait pas été une bonne
- 20:36chose. On n 'avait pas la bonne cuvée de candidats
- 20:39ou on n 'avait pas tous les candidats dont nous
- 20:42avions besoin en 2004. Parce que c 'est une chose
- 20:46de gagner une élection. C 'est une autre chose
- 20:49de gouverner. Mais quand même, Martin devient
- 20:54minoritaire. On gagne plus de sièges comme nouveau
- 20:58parti conservateur du Canada. Et je te dirais
- 21:03que l 'élection de 2004, je me souviens, j 'étais
- 21:05dans l 'avion et dans l 'autobus pendant toute
- 21:08la campagne. C 'était une élection où chaque
- 21:13matin, je me réveillais. J 'étais étourdi. J
- 21:16'avais aucune idée de ce que je faisais. Parfois,
- 21:19je me réveillais, je ne savais pas à quelle heure
- 21:20puis j 'étais où. On n 'avait pas l 'expérience.
- 21:24Vraiment. C 'était un parti qui n 'avait pas
- 21:26gouverné pendant plus d 'une décennie. Oui, et
- 21:28un peu, il n 'était pas habitué d 'être chef
- 21:29non plus d 'un parti. Il avait été chef avec
- 21:31l 'Alliance canadienne, mais ce n 'est pas la
- 21:33même chose. L 'expérience politique est importante.
- 21:37Oui. Elle arrive 2006. On fait tomber le gouvernement.
- 21:42Jack Layton, Gilles Duceppe, Stephen Harper.
- 21:45motion de non -confiance. On part en campagne
- 21:50électorale, qui a été une campagne de huit semaines,
- 21:52parce que le gouvernement est tombé à la fin
- 21:54novembre, si ma mémoire est bonne. On a fait
- 21:56de campagne pendant Noël, campagne 5 priorités.
- 22:01Donc, 23 janvier 2006, après 13 ans, plus que
- 22:08ça, oui, après le Libéron -Gagnard 93, Après
- 22:1213 ans de ne pas être au pouvoir, on gagne l
- 22:13'élection le 23 janvier 2006 à sermenter le 4
- 22:20ou le 6 février 2006. Et là, on commence à gouverner.
- 22:24Et là, j 'imagine que c 'est là que les... les
- 22:28tensions internes, parce que c 'est une chose
- 22:30d 'être dans l 'opposition puis d 'avoir des
- 22:32tensions internes comme parti. Mais là, c 'est
- 22:34là que le vrai test, j 'imagine, de la colle
- 22:38entre l 'Alliance canadienne et les progressistes
- 22:40conservateurs, c 'est quand on commence à gouverner
- 22:42puis on prend des décisions. Comment ça s 'est
- 22:44passé, ce début de gouvernement, de parti recollé
- 22:49ensemble? Je me souviens au tout, tout, tout
- 22:52début, quand j 'assistais aux réunions du cabinet
- 22:56ministériel. La vaste majorité du cabinet ministériel,
- 23:02peu importe, s 'il venait de l 'aile réformiste,
- 23:05allianciste ou de l 'aile progressiste -conservateur,
- 23:07tout le monde était content d 'être au pouvoir.
- 23:13Et au tout début, à l 'époque, j 'ai commencé
- 23:16comme agent des communications francophones à
- 23:18l 'intérieur de quelques Moi, j 'ai été promu
- 23:21attaché de presse, puis ensuite je suis devenu
- 23:23directeur de communication adjoint et directeur
- 23:25de communication. Mais les médias souvent nous
- 23:28accusaient de trop contrôler les choses. Je me
- 23:31rappelle de ça. Moi aussi, c 'est moi qui contrôlais.
- 23:35Mais j 'avais posé la question, puis encore une
- 23:37fois, j 'étais jeune, j 'avais pas toute l 'expérience,
- 23:41mais j 'avais le privilège d 'avoir commencé
- 23:44avec M. Harper quand on était à 9 % dans les
- 23:48sondages. nationaux et à 2%, 1 % au Québec, même
- 23:54pas la marge d 'erreur. La marge d 'erreur nous
- 23:56dépassait. Et je lui avais posé la question,
- 23:59pourquoi est -ce qu 'on essaye de contrôler les
- 24:03choses? Puis il m 'avait répondu, il dit, Dimitri,
- 24:07quand tu gouvernes, soit tu es en contrôle, puis
- 24:11les gens le voient, ils soient d 'accord ou en
- 24:14désaccord avec ce que tu fais, soit tu es hors
- 24:18contrôle. Et les gens veulent gouvernement, un
- 24:22premier ministre et un cabinet qui a les deux
- 24:25mains sur le volant. Et je pense que quand on
- 24:29regarde en arrière ce gouvernement de Stephen
- 24:31Harper pendant dix ans, qu 'on soit en accord
- 24:34ou en désaccord avec certaines décisions du gouvernement,
- 24:39ça a été un gouvernement compétent. Oui, puis
- 24:42efficace, puis... Ça a été un gouvernement efficace.
- 24:45Ça a été un gouvernement qui a tenu parole. promesse
- 24:49faite, promesse livrée. Et Stephen Harper a été
- 24:52un architecte de tout ça. Il était le chef d
- 24:57'orchestre et le grand architecte. Et il n 'est
- 25:01pas arrivé là du jour au lendemain pour tout
- 25:03changer, tout réformer. C 'était un premier ministre
- 25:06qui... pardon... C 'était un premier ministre
- 25:11qui... l 'incrémentalisme. Une étape à la fois.
- 25:17Et très rapidement, 2006, on a gagné une dizaine
- 25:21de sièges au Québec. Mais je te dirais que Stephen
- 25:25Harper a été probablement le plus grand ami du
- 25:28Québec. Le premier ministre qui a fait plus pour
- 25:32le Québec que n 'importe quel autre premier ministre.
- 25:36Il y a eu la reconnaissance à la Chambre des
- 25:39communes. Il y a eu la reconnaissance de la nation
- 25:41québécoise. Puis là, je vais te dire un petit
- 25:42peu de l 'histoire derrière ça. Il y a eu...
- 25:45octroyer un siège du Québec à l 'UNESCO, un fédéralisme
- 25:50d 'ouverture et de respect. Ça veut dire quoi,
- 25:52ça? Pendant 10 ans, sous Stephen Harper, il n
- 25:56'y a pas eu un seul programme fédéral qui ne
- 26:03respectait pas les champs de compétence du Québec.
- 26:05C 'est un peu la raison d 'être de l 'Alliance
- 26:06canadienne. Respecter la constitution, respecter
- 26:11les champs de compétence. il y a eu le règlement
- 26:14du déséquilibre fiscal. Mais surtout, ça, c 'est
- 26:19des gestes concrets, tangibles, mais surtout,
- 26:23je me souviens, on était en Australie, à Canberra,
- 26:27et il livrait son discours au Parlement australien.
- 26:34«Commonwealth», c 'est pas la francophonie. Dans
- 26:37son discours, il parlait de Samuel de Champlain,
- 26:40comme fondateur du Canada. et il parlait du français
- 26:43comme la langue fondatrice du Canada. On était
- 26:45au Royaume -Uni à Londres, discours devant la
- 26:49Chambre de commerce de Londres, les cinq premières
- 26:53minutes de son discours en français. On était
- 26:57à Washington avec Barack Obama, conférence de
- 27:01presse conjointe. Déclaration... Donc, avant
- 27:06une conférence de presse, chaque chef de gouvernement,
- 27:09chef d 'État... à quelque chose à dire au début.
- 27:14Il commençait toujours en français au point où
- 27:17CNN était live. Et après avoir réalisé que Stephen
- 27:23Harper continuait à parler en français, en français,
- 27:25en français, ils ont coupé le live. À Washington,
- 27:28il commençait en français. Quand les journalistes
- 27:31lui posaient une question en anglais et il répondait
- 27:33pendant quatre minutes, et on lui demandait de
- 27:36répondre en français, il ne donnait pas une version
- 27:39courte. de sa réponse en anglais. Il répétait
- 27:44littéralement, mot pour mot, pour mot, ce qu
- 27:49'il avait dit en anglais. 400e anniversaire de
- 27:53Québec. À Québec. Où il prononce son fameux discours
- 27:59où il dit que le français est la langue fondatrice
- 28:02du Canada. Et là, je vais te parler de la nation
- 28:06québécoise. On voyait ça venir. une manoeuvre
- 28:12politique du Bloc Québécois. Parce qu 'on avait
- 28:16gagné 10 sièges lors de l 'élection de 2006.
- 28:20Et là, le Bloc, avec raison, était inquiet. Comment
- 28:24est -ce qu 'on va prouver que... On est pertinent,
- 28:28c 'est ça. Non, comment est -ce qu 'on va prouver
- 28:30que c 'est du maquillage et du rouge à lèvres
- 28:33sur un cochon? Ce Stephen Harper qui essaye de
- 28:36prétendre qu 'il respecte les champs de compétences,
- 28:38qu 'il comprend le Québec, qu 'il commence ses
- 28:40discours en français. On va lui faire une jambe.
- 28:45Puis moi, je voyais ça venir depuis plusieurs
- 28:47mois. Le bureau du conseil privé, le ministère
- 28:51des Affaires gouvernementales qui préparait des
- 28:53notes de breifage. Et je demandais pour des notes
- 28:57de breifage pour l 'éventualité que le Bloc dépose
- 28:59une motion qui dit... que les Québécois sont
- 29:04une nation. C 'était quasi -unanime. On ne peut
- 29:07pas appuyer ce type de motion. Quasi -unanime.
- 29:13Impossible. Le gouvernement fédéral ne peut pas
- 29:15reconnaître que les Québécois sont une nation,
- 29:18quand même. Octobre 2006, c 'était en soirée.
- 29:27Le Bloc met sa motion sur le feuilleton, donc
- 29:30c 'est maintenant public. il y aura une motion
- 29:32journée d 'opposition du Bloc québécois qui dit
- 29:35que cette Chambre reconnaisse que les Québécoises
- 29:39et les Québécois sont une nation, forme une nation.
- 29:43Je le vois, je demande à un de mes adjoints d
- 29:47'imprimer la motion et je cours comme un malade
- 29:51de l 'édifice Langevin à l 'édifice du centre
- 29:54parce que je voulais être le premier à le voir.
- 29:59Il était comme 6h30 le soir. Il faisait noir.
- 30:05Je rentre dans son bureau. Son adjoint exécutif
- 30:08était dans la chambre de son bureau. J 'ai dit
- 30:10pour les 10 prochaines minutes, tu ne laisses
- 30:13personne rentrer. Si tu laisses quelqu 'un rentrer,
- 30:17je te tue. Je savais que j 'avais 10 minutes
- 30:21pour lui donner mes conseils. Parce qu 'après
- 30:26ça, tout le monde allait rentrer, la motion,
- 30:28les conseils, les si, les sa. Donc, je rentre
- 30:32en Sobo. Je dis, Monsieur le Premier ministre,
- 30:34est -ce que je peux avoir quelques minutes de
- 30:35votre temps? Il me dit oui, il n 'avait pas de
- 30:38choix de toute façon. Il y avait seulement une
- 30:40porte de rentrée, une porte de sortie. Je dis,
- 30:42le Bloc vient de déposer la motion. Voici mon
- 30:46conseil. Je dis, le libellé de la motion dit
- 30:50que les Québécoises et les Québécois forment
- 30:53une nation. On met une virgule et on met au sein
- 30:59d 'un Canada uni. J 'ai dit là tout le monde
- 31:04va rentrer, vous allez devoir discuter de tout
- 31:07ça avec vos conseillers politiques, avec la bureaucratie,
- 31:12avec tous ceux et celles qui ne veulent pas toucher
- 31:14le statu quo. J 'ai une question à leur poser.
- 31:21Si on reconnaît que les Québécoises et les Québécois
- 31:24sont une nation. Ça enlève quoi au reste du Canada?
- 31:30Qu 'est -ce qu 'on enlève? On les prive de quoi?
- 31:35Donc je dis, si quelqu 'un peut répondre à cette
- 31:37question, on devrait s 'opposer à la motion du
- 31:40Bloc et ne même pas l 'amender. Il m 'a pas répondu.
- 31:48Ce qui était habituel en passant. C 'est quelqu
- 31:51'un qui est plus réflectif, je pense, M. Harper.
- 31:55Oui, oui. Rentre les conseillers, note de brefage,
- 32:02les conseils de ne pas appuyer la motion du Bloc
- 32:05ou ne même pas l 'amender étaient là. Dis -donc,
- 32:09nous allons amender la motion du Bloc. Dimitri
- 32:13va écrire mon discours. Le lendemain... J 'annonce
- 32:21à la tribune de la presse que le premier ministre
- 32:23va prendre la parole dans la Chambre des communes.
- 32:26Ce n 'est pas habituel à dire le matin que le
- 32:28premier ministre descende pour prendre la parole.
- 32:32On finalise son discours. En passant, j 'ai toujours
- 32:34le discours. J 'écrivais le discours, je l 'imprimais,
- 32:40il me donnait ses changements, je faisais les
- 32:41changements. Après ça, je lui redonnais la copie
- 32:43finale et après ça, il écrivait un paquet de
- 32:46choses dessus. J 'ai la copie originale de ce
- 32:48discours avec toutes ses notes. C 'est déjà encadré.
- 32:52Avec toutes ses notes. Mais il me dit, alors,
- 32:55OK, va donner une copie de mon discours à Jack
- 32:58Layton, à Bill Graham, qui était chef intérimaire
- 33:02du Parti libéral du Canada parce que M. Martin
- 33:04avait quitté, et à Gilles Duceppe. Je dis pas
- 33:06de problème. Si un jour tu parles à M. Duceppe,
- 33:09il va te confirmer cette anecdote. Donc, je donne
- 33:11une copie intégrale du discours à Jack Layton.
- 33:14Je donne une copie du discours intégral à Bill
- 33:18Graham, mais j 'enlève une page du discours que
- 33:22j 'ai donnée à Gilles Duceppe. Et la page que
- 33:24j 'ai enlevée, c 'était la page qui disait que
- 33:28nous allons amender la motion pour dire au sein
- 33:33d 'un Canada uni. J 'ai fait ça pour des raisons
- 33:39bien sûr politiques. Je n 'aurais pas dû le faire,
- 33:41mais je l 'ai fait. M. Duceppe, qui est un ami
- 33:46personnel aujourd 'hui, il lit le discours de
- 33:48M. Harper, mais il manquait une page. Donc dans
- 33:51son esprit, ce qu 'il avait lu, c 'était comme
- 33:54si le gouvernement n 'allait pas appuyer sa motion.
- 33:58M. Harper dépose l 'amendement à la motion et
- 34:02peut -être qu 'il y a eu mauvaise compréhension
- 34:04parce qu 'il n 'a pas écouté tout le discours.
- 34:06Duceppe se lève pour dire on vote contre. 24h48
- 34:11plus tard, Le Bloc a aussi appuyé cette motion.
- 34:15Cet épisode a aussi causé la démission d 'un
- 34:17ministre, Michael Cheong. Ah, parce qu 'il n
- 34:21'était pas d 'accord. Il n 'était pas d 'accord.
- 34:23Et Michael Cheong, par principe, a démissionné
- 34:28du cabinet ministériel. Donc, assermenté au mois
- 34:31de février, motion huit mois plus tard. C 'est
- 34:34un Ontarien. Ontarien de la grande région métropolitaine
- 34:38de Toronto. Donc, ce que je dis... 20 ans plus
- 34:42tard, c 'est que Stephen Harper a même accepté
- 34:48qu 'un de ses ministres démissionne et n 'a pas
- 34:52fléchi sur la reconnaissance de la nation québécoise.
- 34:56M. Coltrane est toujours dans le parti. Toujours
- 34:58dans le parti. Il s 'est présent entre les deux.
- 35:00Oui, et c 'est un député qui est respecté. C
- 35:03'est un député qui fait un bon travail. J 'ai
- 35:08essayé de le convaincre, je me souviens, j 'étais
- 35:09allé au bureau de Michael Chong, moi, Lawrence
- 35:12Cannon, et Marjorie Le Breton, qui était notre
- 35:15leader au Sénat, pour essayer de le convaincre
- 35:18de ne pas démissionner. Mais imagine, un premier
- 35:20ministre qui a un choix entre ne pas perdre un
- 35:23ministre et reconnaître la nation québécoise,
- 35:30c 'est un premier ministre qui était né en Ontario
- 35:32et qui a grandi en Alberta. Donc, je pense qu
- 35:40'on lui doit, en tant que Québécois, un grand
- 35:44merci. Je pense que ce que je trouvais particulièrement
- 35:47habile avec M. Hyper, c 'est que... C 'est sûr
- 35:51qu 'il y avait beaucoup de crédibilité auprès
- 35:52des gens de l 'Ouest. Il y a probablement plus
- 35:54de marge de manoeuvre avec son caucus. Mais il
- 35:57a dépensé ce capital politique. Oui, c 'est sûr.
- 35:59Mais moi, j 'ai jamais senti comme Québécois
- 36:03que le parti... conservateur fédéral est un peu
- 36:07à la solde de l 'Ouest. C 'est le danger quand
- 36:10un parti conservateur, avec quand même une grande
- 36:13représentation de l 'Ouest canadienne et une
- 36:15plus petite représentation au Québec. de sentir
- 36:18que c 'est un parti qui est toujours en crainte
- 36:20d 'obéir à un certain idéal de l 'Ouest. Je pense
- 36:22que M. Harper, puis même des questions, il y
- 36:24avait des votes sur l 'avortement, des affaires
- 36:26comme ça où, tu sais, il y a des projets de loi
- 36:27privés, c 'est toujours des choses qui finissent
- 36:28par revenir. Puis souvent, c 'était, bon, un
- 36:31vote selon la libre conscience. Mais le cabinet
- 36:33votait toujours contre. Le cabinet votait contre,
- 36:36puis ça faisait en sorte que le projet de loi
- 36:37passait pas, mais ça permettait à certains députés
- 36:39de s 'exprimer sur leurs enjeux qui leur sont
- 36:41fondamentaux. Je trouvais qu 'il avait trouvé
- 36:43un bon équilibre. Hante permettent aux députés,
- 36:48avec des croyances un peu moins mainstream disons,
- 36:50à Ottawa de s 'exprimer tout en étant capable
- 36:55de comprendre le message. Parce que tu n 'avais
- 36:57pas vraiment l 'impression que c 'était... C
- 36:59'était pas... Comment je pourrais dire ça? La
- 37:03fusion entre le Parti progressiste conservateur
- 37:05et l 'Alliance canadienne. Durant l 'administration
- 37:08de Stephen Harper, j 'ai vraiment eu l 'impression
- 37:10qu 'elle était opérée, que c 'était un gouvernement
- 37:12qui était capable de tempérer les ailes de son
- 37:14parti puis de trouver un équilibre entre les
- 37:17deux. Et soyons clairs, quand on parle de 93
- 37:20ailes, Seewane était... provi. Soyons clairs,
- 37:28le parti progressiste conservateur de Brian Mulroney...
- 37:32Il avait des gens providés, oui. ...a eu des
- 37:34votes sur la peine de mort. Donc, on peut regarder
- 37:40l 'histoire, prendre un mot, puis dire c 'était
- 37:43moderne dans les années 80. Il y avait une grande
- 37:47partie du caucus du Parti progressiste -conservateur
- 37:51dans les années 80, qui était pour la peine de
- 37:55mort. Oui, parce que ces gens -là, il fallait
- 37:58qu 'il y ait une famille politique au fédéral,
- 37:59puis c 'était chez les progressistes conservateurs.
- 38:01Je comprends, mais c 'est ma réponse à ceux qui
- 38:03disent, ah, ce n 'est plus le Parti progressiste
- 38:05conservateur depuis un moment donné. Oui, progressiste,
- 38:07c 'est un objectif, c 'est ça. Ça veut dire que
- 38:10tout le monde était progressiste, n 'est -ce
- 38:11pas? Le Parti conservateur du Canada d 'aujourd
- 38:14'hui est beaucoup plus progressiste que le Parti
- 38:20progressiste conservateur des années 80. Tu penses?
- 38:23Oui. Mais M. Prolèèvre est pro -choix. C 'est
- 38:27vrai. M. Coilèves. Mais M. Rony était probablement
- 38:29proche aussi. Pas au début. Non, OK. M. Chrétien
- 38:33était contre le mariage de même sexe. On a cette
- 38:41incapacité de regarder en arrière, parfois. J
- 38:45'étais trop jeune. Quand je dis «on», je parle
- 38:49collectivement. Non, je sais. C 'est ça. Je n
- 38:52'étais pas là à ce moment -là. Au début, il était
- 38:55contre le mariage gay, M. Chrétien. Oui, M. Chrétien
- 38:57était contre le mariage de même sexe. Donc, le
- 39:01Parti conservateur du Canada aujourd 'hui, avec
- 39:04ses principes fondamentaux, qui sont simples,
- 39:09sur le fond, le Parti conservateur du Canada
- 39:13aujourd 'hui est plus progressiste. que le Parti
- 39:17progressiste conservateur des années 80. Cela
- 39:19étant dit, le Parti conservateur du Canada d
- 39:26'aujourd 'hui doit réfléchir à ça veut dire quoi,
- 39:31être conservateur, la discipline d 'avoir des
- 39:36priorités claires et faire la différence entre
- 39:42le fond et la forme. Si tu regardes la plateforme
- 39:47électorale de Monsieur Poiliev de 2025, je te
- 39:50dirais que c 'est une des meilleures plateformes.
- 39:54C 'est pas ce qui sortait des médias puis ce
- 39:57qui était dit à tous les jours, mais la plateforme
- 39:58est excellente. C 'est une excellente plateforme.
- 40:03La question qui se pose, qui va la mettre en
- 40:05œuvre? Parce que ça prend plus qu 'un chef. Puis
- 40:13discutons un peu de l 'évolution. Parce que là,
- 40:15Stephen Harper -Kitt... Oui. Là, on a... On a
- 40:18perdu les élections en 2015. On a perdu les élections
- 40:20en 2015 contre Justin Trudeau, qui a eu un gouvernement
- 40:23le premier... Majoritaire. Majoritaire parce
- 40:24qu 'il est devenu deux minoritaires par la suite.
- 40:26Fait qu 'on perd les élections, Stephen Harper
- 40:29-Kitt, Andrew Scheer... Oui. Il avait gagné au
- 40:33troisième tour Andrew Scheer contre Maxime Bernier.
- 40:37Oui, c 'est ça. Et je vais te dire, puis Maxime...
- 40:41était un ami et un ami. On était ensemble au
- 40:45gouvernement. Maxime Bernier a été assez imbécile
- 40:48de quitter le parti parce qu 'il a perdu. S 'il
- 40:53serait resté, il l 'aurait gagné. Parce qu 'il
- 40:58y a beaucoup de ce qu 'il avait mis dans sa plateforme
- 41:01à l 'époque, c 'est des idées qui sont encore
- 41:02présentes au Parti conservateur. Oui, mais honnêtement,
- 41:05je sais plus ce que Maxime fait. Il quitte, il
- 41:08crée le Parti populaire, puis on l 'a reçu d
- 41:10'ailleurs, Maxime qui est venu nous parler un
- 41:12peu de sa plateforme, Monsieur Bernier. Il quitte,
- 41:14il y a Andrew Scheer qui est là, le débat pendant
- 41:17la campagne électorale, il y a eu la question
- 41:21de l 'avortement, il y a aussi la double citoyenneté
- 41:23de Monsieur Scheer, ça va un peu moins bien.
- 41:25C 'était surtout sur les enjeux sociaux de l
- 41:28'avortement et du mariage de même sexe, où Monsieur
- 41:31Scheer ne donnait pas des réponses claires. Très
- 41:36franchement, le gouvernement fédéral doit se
- 41:41concentrer sur des priorités fédérales et sur
- 41:45des questions comme l 'avortement et le mariage
- 41:47de même sexe, peu importe les croyances personnelles.
- 41:52C 'est pas la job du gouvernement fédéral. Et
- 41:54c 'est certainement pas la job du premier ministre.
- 41:56Stephen Harper a gagné trois élections. Tu ne
- 42:00vas jamais trouver une clip, une seule clip.
- 42:03de Stephen Harper qui se prononce être pour ou
- 42:06contre l 'avortement. Il n 'a jamais répondu
- 42:09à cette question. Tout ce qu 'il a dit de façon
- 42:11claire et nette, c 'est que le débat est fermé
- 42:15et notre gouvernement ne va pas le rouvrir. C
- 42:17'est comme la CAQ et le référendum. Il y a des
- 42:21sachets de même. Sauf quand tu as une couple
- 42:24de ministres qui s 'en vont. Mais la raison qu
- 42:27'il refusait de répondre à la question, je connais
- 42:31sa position personnelle, Mais la raison pour
- 42:34laquelle il disait je ne suis ni pro -vie ou
- 42:37pro -choix, c 'est parce que ce n 'était pas
- 42:40important. Son opinion personnelle n 'était pas
- 42:43importante. Ce qui était important, c 'est que
- 42:48son gouvernement, un gouvernement dirigé par
- 42:51Stephen Harper, n 'allait ni l 'ouvrir, ni l
- 42:55'appuyer. Ce n 'était pas juste ne pas l 'ouvrir.
- 42:59Un gouvernement Harper, n 'allait pas appuyer,
- 43:01et le gouvernement Harper n 'a pas appuyé certaines
- 43:05tentatives de rouvrir le débat. Et moi, là où
- 43:08j 'ai un problème, c 'est ceux qui sont pour
- 43:14l 'avortement, se disent pro -choix. Et ils qualifient
- 43:20ceux qui sont contre l 'avortement comme anti
- 43:24-choix. Je suis désolé. Quelqu 'un peut être
- 43:29pro -choix ou pro -vie. Ayons le débat, mais
- 43:36ne démonisons pas ceux qui ont une opinion différente
- 43:40que la nôtre. Personnellement, moi aussi, je
- 43:42suis pro -choix. Je suis pro -choix parce que
- 43:45je crois qu 'un être humain, dans le cas de l
- 43:48'avortement, une femme, c 'est elle qui choisit
- 43:51ce qu 'elle fait avec son corps. C 'est exactement
- 43:54la même raison que j 'étais contre Pendant la
- 43:58pandémie, sur les mordus, à Radio -Canada, j
- 44:03'étais contre l 'obligation d 'obliger les gens
- 44:06de se faire vacciner. Parce que le principe est
- 44:08le même. Chaque individu doit choisir ce qu 'il
- 44:13fait avec son corps. C 'est quoi le Parti conservateur
- 44:22aujourd 'hui? Qu 'est -ce qui reste comme base
- 44:25militante dans le Parti conservateur? Je te dirais
- 44:28que je suis allé au congrès au mois de février.
- 44:30C 'était mon premier congrès depuis plusieurs
- 44:33années. Je me suis retiré de la politique. Je
- 44:39dois t 'avouer que j 'étais agréablement surpris.
- 44:43La base est toujours la même. avec tous les éléments
- 44:48de cette une seule voie conservatrice. Ce qui
- 44:53s 'est passé par contre, c 'est qu 'il y a un
- 44:56nouveau élément, un nouvel élément à cette base,
- 45:00un nouvel élément que moi je qualifie de la chambre
- 45:02d 'écho. Potentiellement, elle est née pendant
- 45:11la pandémie, le convoi de la liberté. Et cette,
- 45:18ce nouvel élément de cette base conservatrice,
- 45:23la chambre d 'écho, pense que le parti conservateur
- 45:32est un mouvement et parfois donne l 'impression
- 45:36qu 'ils font partie d 'un culte. Et ça dénature,
- 45:43ça dénature la beauté du mouvement conservateur
- 45:49au Canada. Et la décision que le Parti conservateur
- 45:52doit prendre, décision très facile, c 'est est
- 45:56-ce qu 'ils veulent être un mouvement ou est
- 46:02-ce qu 'ils veulent être un gouvernement en attente.
- 46:06Ces deux choses -là sont très différentes. Parfois,
- 46:13l 'exemple parfait que je vais te donner. Mark
- 46:17Carney qui a signé une entente avec l 'Alberta
- 46:18sur l 'épipline. Pendant dix ans, et je comprends
- 46:22en partie la frustration et même la volonté de
- 46:28dire, bien, si ça continue comme ça, on va se
- 46:30séparer des Albertains. Parce que pendant dix
- 46:32ans, les libéraux fédéraux, ces mêmes libéraux
- 46:36fédéraux d 'aujourd 'hui, on dit à l 'Alberta,
- 46:39ta richesse, tu la gardes dans le sol, on veut
- 46:43diminuer ta production. Too bad, so sad. Donc,
- 46:51cette chambre d 'écho. Mark Carney a signé un
- 46:54Entente de principe avec l 'Alberta pour construire
- 46:57un Oléoduc de l 'Alberta vers la Colombie -Britannique.
- 47:01Ça a été signé avec une Première ministre conservatrice.
- 47:08Pourquoi ne pas dire c 'est un pas dans la bonne
- 47:10direction? On ferait mieux. On serait plus rapide.
- 47:17On enlèverait tous les obstacles qui se retrouvent
- 47:21dans la loi C -69. Mais c 'est un pas dans la
- 47:25bonne direction et nous allons donner la chance
- 47:27aux coureurs et on défie le premier ministre
- 47:30de s 'assurer que les bottines suivent les babines.
- 47:38Signé par une première ministre conservatrice.
- 47:42Qu 'est -ce qu 'on fait? On dit, on critique
- 47:46Mark Carney là -dessus. Parce que responsabilité
- 47:53fiscale, décentralisation, respect des compétences,
- 47:59développement des ressources naturelles. Il y
- 48:02a un seul parti qui met de l 'avant constamment
- 48:05ces priorités -là. C 'est le parti conservateur.
- 48:10L 'élite financière, disons, l 'Est canadien,
- 48:16le Bay Street, la communauté d 'affaires aime
- 48:20ces priorités -là. On veut un gouvernement efficace,
- 48:22moins de réglementation, plus de développement
- 48:24économique. Mêlez -vous de vos affaires, arrêtez
- 48:27de dépenser de l 'argent que vous n 'avez pas,
- 48:29diminuez les impôts. Tout ça, il y a un seul
- 48:33parti qui peut offrir ça, c 'est le Parti conservateur.
- 48:35Mais en ce moment, moi, j 'ai un problème personnel
- 48:38parce que c 'est des idéaux qui sont propres
- 48:40avec les biens, avec la façon dont on fait de
- 48:42la politique. Ça fait en sorte que ça décrédibilise
- 48:45un peu le parti, je pense, parce que je vois
- 48:47difficilement quelqu 'un comme Pierre Prolèèvre
- 48:49être premier ministre du Canada à cause de la
- 48:51façon dont il fait de la politique. Le défi de
- 48:54Monsieur Prolèèèvre est... Je connais Monsieur
- 48:58Prolèèèvre depuis 2002. C 'est un travaillant.
- 49:04Oui. C 'est un homme qui était intelligent. Oui.
- 49:09Là où... Là où je dirais que peut -être, pas
- 49:15peut -être, ça fait près d 'un an qu 'on ne s
- 49:18'est pas parlé. Je vais vous donner un exemple.
- 49:22Il a fait un podcast, friendly, du bon monde,
- 49:30mais lors de ce podcast, il avait dit que Justin
- 49:34Trudeau devrait être emprisonné à cause des scandales
- 49:37de SNC -Lavalin et de l 'Aga Khan. qui devraient
- 49:43être emprisonnés. Et par la suite, il y a aussi
- 49:46miné la crédibilité de la GRC. Et là, je me dis
- 49:50la chose suivante. Le Parti conservateur est
- 49:54le parti de la loi et de l 'ordre, n 'est -ce
- 49:56pas? Oui, puis des institutions aussi. Mais surtout
- 50:01de la loi et de l 'ordre. Ça veut dire quoi,
- 50:03ça? La police fait sa job. S 'il y a des accusations
- 50:07à porter, on porte des accusations et un juge
- 50:09décide. Est -ce que c 'est un politicien qui
- 50:13devrait décider qui doit se retrouver en prison
- 50:17et qui ne doit pas se retrouver en prison? Donc,
- 50:23c 'est là où je me suis dit, à titre personnel,
- 50:27et je ne parlais que pour moi -même, qu 'il est
- 50:31en train de dénaturer la vision du conservatisme
- 50:36du premier ministre que moi, j 'ai servi. Et
- 50:40c 'est là où j 'ai écrit un op -ed dans le Toronto
- 50:44Star et la réaction de la chambre d 'écho contre
- 50:50moi a été virulente. C 'était un bombardement
- 50:56sur les réseaux sociaux. Et moi, j 'avais le
- 51:00sourire dans le coin des lèvres pour dire vous,
- 51:02vous littéralement, vous vivez dans un monde
- 51:04parallèle. Et la vaste majorité, je te dis, la
- 51:09vaste majorité des députés conservateurs. C 'est
- 51:13pas difficile, ceux que je connais, c 'est ceux
- 51:14qui étaient élus entre 2006 et 2015, avec qui
- 51:19je parle souvent. Ils sont en attente de deux
- 51:24choses. Brutus et César. Qui va se lever? La
- 51:35question qu 'ils me disent, qu 'on se parle souvent
- 51:38avec des Ontariens, des députés de l 'Ontario,
- 51:41du Québec bien sûr, de la Colombie -Britannique,
- 51:46c 'est changer de chef Mickey. Je pense que là
- 51:53où on est peut -être dans un cercle vicieux comme
- 51:55parti, parce que je m 'en vais du parti, ce n
- 51:57'est pas un secret, mais c 'est que... Moi aussi.
- 52:01C 'est que t 'as des principes de base. que les
- 52:09conservateurs défendent, on en a parlé tantôt,
- 52:11dont notamment la préservation des institutions.
- 52:14Je sais que M. Harper avait travaillé sur l 'image
- 52:16de la monarchie aussi. Oui. À ce niveau -là.
- 52:19Et les Forces armées canadiennes. Parce qu 'en
- 52:21général, les conservateurs, on défend ou on protège
- 52:24des institutions qui servent l 'institution et
- 52:26qui servent le pays. Mais le problème, c 'est
- 52:28que... Et en passant, ça ne veut pas dire que
- 52:30nos institutions sont parfaites. Non, il faut
- 52:32les améliorer. Mais on respecte les institutions.
- 52:34Oui. Et quand on... on décide qu 'on passe sur
- 52:39des tangentes, comme je prends en lien avec les
- 52:41discussions, le remplacer le dollar canadien
- 52:42par le bitcoin, nous offre le même. Quand on
- 52:44passe sur des tangentes comme ça, ça décrédibilise
- 52:48notre mouvement, ce qui fait en sorte que ça
- 52:50réduit nos chances de former un gouvernement.
- 52:52Ce qui fait en sorte qu 'on se ramasse avec plus
- 52:54d 'années de gouvernement libéral. Ce qui fait
- 52:56en sorte que les militants deviennent fâchés,
- 52:58puis frustrés, puis il y a de l 'alignation de
- 53:00ces Canadiens -là qui se sentent pas écoutés
- 53:02à Ottawa. Ce qui fait en sorte qu 'après ça,
- 53:04ils se radicalisent davantage parce qu 'ils sont
- 53:05encore plus fâchés contre le gouvernement et
- 53:07qu 'ils n 'écoutent pas. Puis on a besoin d 'offrir
- 53:09une option conservatrice. pragmatique, disons,
- 53:14qui va respecter ses idéaux, parce qu 'on n 'est
- 53:15pas un parti qui change d 'idéaux à chaque année.
- 53:20On est centré sur une idéologie, mais tu offres
- 53:23une option pour qu 'à chaque quelques années,
- 53:25ça soit le tour du Parti conservateur, parce
- 53:28que les électeurs disent bon, on a assez de libéraux,
- 53:30on va donner une chance aux conservateurs qui
- 53:31vont venir avec leur décentralisation, qui vont
- 53:33venir avec leur respect de la discipline fiscale.
- 53:36ce qui fait en sorte que les conservateurs se
- 53:38sentent écouter à Ottawa aussi, puis ça évite
- 53:40d 'avoir de la frustration comme ça qui s 'accumule.
- 53:42Parce que sinon, on est dans un, comme tu dis,
- 53:44champ d 'écho, on se frustre entre nous autres,
- 53:46puis après ça, bien là, il y en a qui se radicalisent,
- 53:49puis on nous s 'éloigne du pouvoir en faisant
- 53:50ça. Et l 'autre réalité, c 'est que la politique
- 53:53a beaucoup changé, c 'est -à -dire qu 'un parti
- 53:56politique, c 'est un véhicule. Et de plus en
- 54:00plus, ce que les gens regardent, c 'est la personne
- 54:03qui conduit le véhicule. Mark Carney, c 'est
- 54:07l 'exemple parfait. C 'est le même parti, une
- 54:10personne différente à sa tête, puis là, c 'est
- 54:12finalement un nouveau parti. Oui. Puis c 'est
- 54:15les mêmes libéraux qui ont gouverné pendant les
- 54:1710 dernières années qui ont doublé la dette.
- 54:23Doublé la dette. Est -ce qu 'on réalise qu 'aujourd
- 54:26'hui, le service sur la dette, ça, c 'est la
- 54:29carte de crédit quand tu payes juste le montant
- 54:31minimum, juste les intérêts. Aujourd 'hui, les
- 54:35Canadiens... payent plus sur le service de la
- 54:38dette que ce que le fédéral transfère aux provinces
- 54:41en matière de santé. Des déficits. On est rendu
- 54:47à 80 milliards de déficit. Des nouveaux programmes
- 54:51récurrents, programmes des dents, programmes
- 54:55médicaments, programmes de garderie. Ça, ce n
- 55:01'est pas des investissements ponctuels, c 'est
- 55:04des dépenses récurrentes. Puis, c 'est récurrent,
- 55:07soit que le fédéral se ramasse à dépenser dans
- 55:09un champ de compétence qui n 'est pas le sien,
- 55:12ou sinon, au bout de cinq ans, après que le régime
- 55:13soit implanté, ils disent aux provinces, ben
- 55:15là, moi, je ne paye plus pour ça. Puis là, la
- 55:17province n 'est pas née à assumer cette dépense
- 55:18-là parce qu 'ils ne peuvent pas commencer à
- 55:20fermer des places en garderie en disant le fédéral
- 55:21mettra en soi plus l 'argent. C 'est toujours
- 55:24un problème parce que tu crées un nouveau programme,
- 55:26tout le monde est bien content, tu te mets à
- 55:28offrir le service, dans cinq ans, c 'est plus
- 55:30financé, la province se ramasse avec ce programme
- 55:32-là. Et c 'est la vraie question à poser. Donc,
- 55:36le point, c 'est, encore une fois, on retourne
- 55:38à ce que nous avons dit il y a quelques minutes,
- 55:41il y a le fond et à la forme. Et bien sûr, le
- 55:45timing. Tu dois être à la bonne place au bon
- 55:48moment. Et M. Poilèvre, qui trônait dans les
- 55:52sondages pendant que M. Trudeau était là, au
- 55:55stoker Mark Carney est arrivé, il a manqué son
- 55:57opportunité. Je le crois fermement que M. Poilèvre...
- 56:01à manquer son opportunité avant l 'arrivée de
- 56:03Mark Carney et après le départ de Justin Trudeau
- 56:06de devenir la personne qui allait défendre le
- 56:11Canada face à Donald Trump. Pourquoi? Parce qu
- 56:15'une partie de sa chambre d 'écho préfère Donald
- 56:18Trump. Il ne reste pas énormément de temps, mais
- 56:21je vais faire un petit parallèle en politique
- 56:23provinciale. Puis on le voit avec M. St -Pierre
- 56:27Bellamondon. Pour les gens qui sont particulièrement
- 56:32combatifs, je pense que ça a l 'air difficile
- 56:35de faire la transition d 'opposition à premier
- 56:38ministrable, parce que c 'est pas les mêmes...
- 56:41Puis ça, tu l 'as vu, qu 'est -ce que ça prenait
- 56:43pour être un premier ministre, c 'est pas les
- 56:46mêmes compétences d 'être un bon chef de l 'opposition
- 56:48puis un bon premier ministre. Non. Et M. Prolèvre
- 56:51est probablement le meilleur chef de l 'opposition
- 56:54de l 'histoire du Canada. Très efficace. Extrêmement.
- 56:57Des noms de politiques qu 'il a réussi à briser
- 56:59parce qu 'il a gagné la bataille du message.
- 57:01Mark Carney a adopté la majorité des politiques
- 57:06conservatrices sur le crime, sur l 'isoléoduc,
- 57:09sur l 'attaque sur le carbone. Ça, c 'est un
- 57:12chef de l 'opposition efficace. Mais est -ce
- 57:15que c 'est un premier ministre en attente? Et
- 57:18la personnalité, puis vous parlez de M. St -Pierre
- 57:20Plamondon. Chaque élection, l 'électeur est à
- 57:28la recherche d 'un leader avec un certain type
- 57:34et style de tempérament. Et parfois, le style
- 57:40poil -lèvre, au bon moment, c 'est le style que
- 57:44les gens recherchent. Aujourd 'hui, je te dirais
- 57:47qu 'il y a déjà assez d 'anxiété avec ce qui
- 57:52était notre meilleur ami. un partenaire sur qui
- 57:56on pouvait compter, Donald Trump, qui est président
- 57:58des États -Unis, la guerre commerciale, les menaces
- 58:02constantes sur le 50e état, que... On veut quelqu
- 58:06'un de plate. On veut quelqu 'un qui est rassurant
- 58:10et qui ne va pas davantage shaker les colonnes
- 58:14du temple. Tu sais, il y a déjà une tempête.
- 58:18Avons -nous besoin d 'une deuxième tempête? Et
- 58:21la réalité, c 'est que... Un référendum dans
- 58:26les quatre prochaines années, même à la fin du
- 58:28mandat, ça veut dire que nous allons avoir tempête
- 58:32par -dessus tempête. Et c 'est ça le talon d
- 58:37'Aschild, je pense, de M. St -Pierre Plamondon.
- 58:39Et pour ceux qui vont dire qu 'on est capable
- 58:41de gouverner et planifier un référendum en même
- 58:45temps, oui, ça veut dire gouverner et mettre
- 58:49l 'État au service de la planification d 'un
- 58:52référendum. Des ressources limitées. Dimitris
- 58:56Soudas, merci beaucoup d 'avoir pris le temps.
- 58:58Merci de m 'avoir invité. Merci d 'avoir été
- 59:00avec nous. Si vous avez aimé l 'épisode, abonnez
- 59:02-vous, laissez -nous vos commentaires pour qu
- 59:03'on puisse s 'améliorer. À la semaine prochaine.