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Latest / Robert Werner lit les poètes

À Madame Lullin, Voltaire

À Madame Lullin Hé quoi ! vous êtes étonnée Qu’au bout de quatre-vingts hivers, Ma Muse faible et surannée Puisse encor fredonner des vers ? Quelquefois un peu de verdure Rit sous les glaçons de nos champs ; Elle console la nature, Mais elle sèche en peu de temps. Un oiseau peut se faire entendre Après la saison des beaux jours ; Mais sa voix n’a plus rien de tendre, Il ne chante plus ses amours. Ainsi je touche encor ma lyre Qui n’obéit plus à mes doigts ; Ainsi j’essaie encor ma voix Au moment même qu’elle expire. « Je veux dans mes derniers adieux, Disait Tibulle à son amante, Attacher mes…

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