Latest / ArtEcoVert La voix de la couleur végétale et des plantes tinctoriales / E54 - Sandrine Rozier - L'expertise de la teinture végétale dans l'accompagnement du futur de la couleur végétale
Transcript
- 0:00Bonjour et bienvenue dans le podcast ArtEcoVert,
- 0:03le podcast qui vous parle d'art,
- 0:05d'écologie et de verdure.
- 0:07Je suis Pauline Neuroux,
- 0:09ingénieure agronome passionnée de planches et je vous emmène à la découverte de la couleur végétale et de toutes ses applications.
- 0:16Que ce soit dans le textile,
- 0:18l'ameublement,
- 0:19l'artisanat,
- 0:20la décoration et dans d'autres domaines,
- 0:23chaque jeudi et samedi à 7h30,
- 0:26je vous propose des épisodes riches avec des invités passionnants pour approfondir le sujet de la couleur végétale sur toute la chaîne de valeur.
- 0:35Mon but,
- 0:36fédérer et démocratiser la couleur végétale dans mes vêtements.
- 0:40Alors c'est parti,
- 0:41bonne écoute !
- 0:45Bonjour à tous,
- 0:46je suis ravie d'accueillir sur le podcast Sandrine Rozier.
- 0:49Bonjour Sandrine.
- 0:50Bonjour.
- 0:51Je suis vraiment ravie de vous recevoir parce que vous savez,
- 0:54on a vraiment joué au chat et à la souris toutes les deux depuis quelques mois.
- 0:58C'est clair.
- 0:58Je suis hyper contente de vous avoir.
- 1:01On a préparé quelques questions.
- 1:03La première,
- 1:04c'est est-ce que vous pouvez vous présenter et nous raconter votre parcours qui vous a amené à la couleur végétale et nous raconter un petit peu qui vous a formé,
- 1:12etc.
- 1:13Merci.
- 1:14C'est une histoire de nécessité.
- 1:20Je dirais que la peinture naturelle est arrivée dans ma vie parce que j'avais besoin de couleurs.
- 1:26Et que ces couleurs qui me trottaient dans la tête,
- 1:30je ne les croisais pas sur les textiles qui étaient autour de moi,
- 1:34dont j'avais besoin pour travailler.
- 1:38quand on ne trouve pas ce avec quoi on a envie de travailler,
- 1:42il faut chercher à faire autrement.
- 1:46Donc au départ,
- 1:47c'est venu de ça,
- 1:49pour faire un petit parcours sur mon chemin,
- 1:54qu'est-ce qui m'a amenée à travailler la couleur et le textile.
- 1:57En fait,
- 1:58moi j'ai...
- 2:00Je suis sortie de l'Institut français de la mode il y a déjà assez longtemps et à l'époque j'avais en tête l'idée d'un design d'objet textile avec un modèle économique de small is beautiful dans
- 2:14lequel l'artisanat serait extrêmement présent.
- 2:19Ça c'était il y a
- 2:2225 ans,
- 2:22donc on était en pleine période.
- 2:26de délocalisation,
- 2:28on n'était pas du tout dans ces questionnements-là de matérialité,
- 2:35tissu,
- 2:36de la couleur,
- 2:37et l'artisanat n'avait vraiment pas beaucoup de place dans le design d'objets textiles.
- 2:45Et du coup,
- 2:48en sortant de l'Institut Français de la Mode,
- 2:49j'ai travaillé dans des grandes maisons parisiennes,
- 2:52chez Saint-Laurent,
- 2:54chez Idriss Van Houten pendant un certain nombre d'années.
- 2:57Et puis,
- 2:58à un moment donné,
- 3:00il faut faire son histoire.
- 3:03J'ai démissionné,
- 3:04j'ai quitté Paris et à l'époque,
- 3:08on était très investi dans des questions de vigilance par rapport à la mondialisation,
- 3:14par rapport à l'écologie.
- 3:16le père de mes enfants était très engagé dans des actions d'alerte et de vigilance par rapport à la mondialisation.
- 3:24Et en 1998,
- 3:27il travaillait dans une structure qui s'appelait Institut pour la relocalisation de l'économie
- 3:32Donc ça fait quand même un moment qu'on est assez nombreux à réfléchir à…
- 3:40d'autres types d'organisations,
- 3:42de créations,
- 3:43d'économies et de vivre ensemble.
- 3:47Et du coup,
- 3:48en
- 3:5088, j'ai basculé du monde du vêtement et de la mode,
- 4:00et j'ai eu une espèce de flash,
- 4:02je me suis vue dans la création de costumes pour le spectacle vivant.
- 4:09en me disant mais pourquoi je n'y ai pas pensé avant ?
- 4:12Effectivement,
- 4:12c'est des créations sur des projets uniques dans lesquels l'artisanat peut,
- 4:19ou pas,
- 4:20mais en tout cas peut avoir une place.
- 4:24Et du coup,
- 4:24je suis retournée à l'école.
- 4:26J'ai refait une formation vraiment technique sur le costume de spectacle ou de cinéma,
- 4:36et est arrivée assez vite la question de la matière,
- 4:40du textile,
- 4:42du tissu,
- 4:43et de sa couleur,
- 4:44de sa patine,
- 4:45de son traitement.
- 4:46Et comme en quittant Paris,
- 4:48en changeant de vie,
- 4:50je me suis retrouvée dans les Cévennes,
- 4:53assez loin de tous les centres d'approvisionnement textile.
- 4:57À l'époque,
- 4:57Internet n'existait pas.
- 4:59Donc,
- 4:59c'était assez compliqué de faire 100 kilomètres pour aller acheter un métrage d'une couleur ou d'une autre.
- 5:05Et puis,
- 5:05de toute façon,
- 5:06je n'avais pas du tout envie,
- 5:08je n'avais rien envie d'acheter parce que le tissu industriel,
- 5:12teint industriellement,
- 5:14ne m'a jamais inspirée.
- 5:16Donc teinture,
- 5:19c'était absolument impossible de travailler avec du...
- 5:24avec des produits synthétiques,
- 5:27en habitant à la campagne et en étant dans cette mouvance d'écologie,
- 5:33ou en tout cas de recherche d'alternatives.
- 5:36Et est arrivée la rencontre avec Michel Garcia par l'intermédiaire d'une amie qui préparait un livre sur la peinture végétale.
- 5:45Je l'ai accompagnée et nous sommes allées faire un stage chez Michel à l'ORIS avant que le...
- 5:53Le jardin des plantes pectorales n'existe.
- 5:56On était dans la cuisine de Michel avec un petit groupe à écrire pendant 48 heures tout ce qu'on pouvait à la main.
- 6:04Et à l'époque,
- 6:05on travaillait avec des plantes sèches.
- 6:08Les extraits n'avaient pas encore été vraiment finalisés.
- 6:13en tout cas on ne les avait pas encore croisés,
- 6:15et du coup j'ai commencé comme ça,
- 6:18en teignant des petits métrages avec des plantes cueillies,
- 6:24et en me disant que ça ne serait jamais vraiment professionnel,
- 6:28que c'était absolument incompatible avec le monde du spectacle et du costume,
- 6:33mais que pour le plaisir et par sens.
- 6:37écologique et aussi pour l'amour de l'exploration.
- 6:42Je me suis dit que je ferais une pièce,
- 6:44une autre,
- 6:46en utilisant la création de costumes comme un super laboratoire d'exploration.
- 6:54Et puis ça a commencé comme ça.
- 6:56En 2003,
- 6:57j'ai rencontré Dominique Cardon.
- 7:00parce qu'en fait je me suis rendu compte que nous étions voisines et du coup je ne savais pas du tout et entre
- 7:11Trouvant son ouvrage dès qu'il est sorti,
- 7:13je suis allée l'écouter dans une conférence qu'elle donnait pas très très loin de chez moi.
- 7:18Et comme je partais à l'étranger sur un premier voyage d'études sur les peintures,
- 7:23je partais chez les Miaos et du côté de la frontière chinoise pour aller voir l'indigo de plus près et le strobilantes sauvage qui pousse sur le piémont de l'Himalaya.
- 7:35j'ai demandé à Dominique des conseils qu'elle m'a tout de suite donné et puis j'ai ramené quelques petites plantes de là-bas et on a commencé à tricoter donc là ça fait 20 ans c'est pas mal ça
- 7:51fait 20 ans qu'on tricote et on continue à tricoter toujours avec un bonheur incroyable donc quelque part
- 7:59Michel Garcia m'a ouvert la porte de la pratique Dominique m'a
- 8:04m'a soutenue et m'a alimentée et continue à alimenter mes explorations.
- 8:11Et puis,
- 8:12la vraie formation,
- 8:14je dirais,
- 8:14c'est une récolte de toutes ces années,
- 8:16et je n'ai pas fini,
- 8:17ça fait plus de 20 ans que je récolte,
- 8:20c'est comme une espèce de grand puzzle,
- 8:22et j'ai eu la chance de pouvoir,
- 8:27dans mon métier,
- 8:29garder des espaces d'échappée pour faire des voyages d'études à l'étranger.
- 8:34Parce qu'ici en France,
- 8:36je n'avais pas beaucoup de complices,
- 8:39on n'était pas très nombreux dans ces années-là.
- 8:43et j'avais besoin moi de voir les gestes,
- 8:48les outils,
- 8:49de rentrer dans des ateliers,
- 8:51de voir comment cette sensorialité de la couleur se pratique auprès de gens qui l'ont dans leur quotidien depuis très longtemps.
- 9:00Donc j'ai dû faire une dizaine de voyages,
- 9:05essentiellement en Asie,
- 9:06je crois que j'ai un pied,
- 9:09une ancienne vie dans les pays d'Asie,
- 9:14J'ai eu cette chance de me faire ouvrir les portes de nombreux ateliers pour aller récolter et faire une sorte de millefeuille en apprenant d'un côté telle technique,
- 9:25dans tel pays,
- 9:26puis tout à l'autre,
- 9:27et en essayant de sélectionner les procédés qui pouvaient être utiles pour mon métier en tant que créatrice de costumes.
- 9:37et tout ça m'a amenée jusqu'en
- 9:402018 où là je l'ai fait un très long séjour au Japon j'ai eu cette chance incroyable on a beaucoup de chance en France d'avoir des dispositifs de résidence d'artistes et je suis partie
- 9:54six mois grâce à l'Institut français et avec sur une période où j'ai pu rentrer dans de nombreux ateliers aussi bien à Hokkaido que dans
- 10:09l'archipel d'Okinawa et autour de Tokyo,
- 10:14de Kyoto et de...
- 10:17J'ai retrouvé un certain nombre de complices que j'avais rencontrés sur les symposiums internationaux de peinture.
- 10:27dont on reparlera,
- 10:28parce que pour moi,
- 10:29ça a été fondateur,
- 10:31ces rencontres.
- 10:33Et puis,
- 10:34le Japon,
- 10:34il y a eu avant-après,
- 10:36pour moi,
- 10:38dans ma pratique.
- 10:39Il y a eu aussi avant-après le premier symposium à Iberaba,
- 10:44dans 2006,
- 10:45où j'ai rencontré
- 10:47Anne de la Sayette,
- 10:48qui venait présenter la mise au point de ces extraits végétaux qu'elle avait.
- 10:55avec toute son équipe de chimistes,
- 10:57j'ai fait un travail formidable pour mettre au point des extraits solubles.
- 11:01Et donc en 2006,
- 11:02j'ai complètement basculé.
- 11:06au lieu de faire une,
- 11:07deux ou trois pièces sur un spectacle,
- 11:10j'ai rencontré Anne,
- 11:12on a collaboré sur le projet sur lequel j'étais en train de travailler avec l'Académie Fratellini,
- 11:17sur 50 costumes,
- 11:19et où on s'est dit,
- 11:21eh bien,
- 11:22on essaye quelque chose ensemble,
- 11:23avec des extraits colorants,
- 11:25peut-être qu'on va y arriver.
- 11:27Et donc,
- 11:29Couleur de Plante a été partenaire du projet,
- 11:31et...
- 11:33comme évidemment c'était très très...
- 11:37chronophage,
- 11:38tout ça,
- 11:38j'ai fait de la teinture en machine à laver.
- 11:41Parce qu'il y avait une ribambelle de machine à laver dans l'atelier costume.
- 11:46Et au bout d'un moment,
- 11:47quand on ne trouve pas la solution,
- 11:50on essaye des choses,
- 11:51on prend des risques.
- 11:52Et ce qui est sûr,
- 11:53c'est que le monde du spectacle et de la création de costumes permet un certain nombre de tentatives qui peuvent être parfois totalement infructueuses.
- 12:03mais qui permettent d'explorer des choses et d'avoir des partenaires,
- 12:08des alliés dans l'équipe qui ne sont pas forcément animés par des motivations commerciales et qui peuvent soutenir la démarche,
- 12:18qui peuvent vraiment être complètement investis par la...
- 12:25par le végétal,
- 12:27le vivant,
- 12:28l'envie de chercher des alternatives,
- 12:30et du coup,
- 12:31qui peuvent accompagner et permettre de recommencer,
- 12:35de chercher,
- 12:36d'y revenir,
- 12:37et de ne pas forcément tout réussir du premier coup.
- 12:41parce que pendant toutes ces années ça n'a pas été le cas,
- 12:43je n'ai pas toujours tout réussi du premier coup,
- 12:45loin de là et c'est toujours le cas on tâtonne,
- 12:49moi j'ai l'impression que je n'ai pas du tout fini d'apprendre que c'est le début d'une belle histoire avec tout ce qui est en train d'exploser en France,
- 12:58en particulier en France,
- 12:59je ne dis pas ça que par chauvinisme j'ai l'impression que la France a un rôle magnifique à jouer il y a énormément d'acteurs dans toute la filière,
- 13:09ça bouge
- 13:10Et depuis 20 ans,
- 13:12c'est magnifique,
- 13:13j'aurais jamais imaginé qu'on arrive à être si nombreux aujourd'hui,
- 13:18c'est une très belle aventure.
- 13:22Voilà,
- 13:22donc après ce parcours,
- 13:24aujourd'hui,
- 13:25le costume,
- 13:26oui,
- 13:27je continue,
- 13:29ça reste au cœur de mon activité.
- 13:33Ça devient des projets à plus grande échelle,
- 13:36avec des partenaires,
- 13:36avec des équipes,
- 13:37je ne suis plus la seule personne dans l'atelier de teinture.
- 13:41Et puis maintenant,
- 13:44il y a aussi beaucoup d'autres applications sur lesquelles…
- 13:50On me sollicite,
- 13:52et du coup j'essaie de dormir un peu,
- 13:55mais d'arriver à porter un peu d'expérience finalement.
- 14:02J'amène un œil et un peu d'expérience dans des équipes qui le réclament,
- 14:07et c'est des rencontres formidables,
- 14:10extrêmement fertiles.
- 14:12super et comme type d'application c'est quoi parce que justement sur le podcast on essaye,
- 14:18en tout cas j'essaye de rencontrer des acteurs des différentes applications de la couleur végétale et est-ce que vous avez des sujets dont vous avez le droit de parler bien sûr mais pour nous citer des applications différentes de la teinture textile,
- 14:32du costume alors il y a évidemment des projets avec des grandes maisons et
- 14:41Ça peut toucher le design de vêtements,
- 14:43ça peut toucher le design d'objets,
- 14:45ça peut être des maisons d'édition de design qui veulent travailler sur des matières un peu particulières,
- 14:50ça peut être du textile,
- 14:52donc il peut y avoir de la teinture sur des matières innovantes,
- 14:56sur lesquelles on met en place des missions de recherche et développement.
- 15:02Et du coup,
- 15:03je suis amenée à travailler avec des équipes de chimistes,
- 15:06avec des équipes de chercheurs qui sont souvent intégrées dans les structures et avec qui on a plein de choses à se dire,
- 15:15on a plein de choses à se raconter.
- 15:17Et moi,
- 15:17ça me permet aussi,
- 15:20sur chaque projet,
- 15:20de valider certains procédés,
- 15:24de les optimiser,
- 15:26de faire tous les tests de solidité.
- 15:32peut-être,
- 15:32oui,
- 15:33de comprendre et de faire comprendre les combinaisons entre les différentes molécules,
- 15:39qu'elles soient colorantes ou pas,
- 15:40mais en tous les cas,
- 15:41dans l'ennoblissement,
- 15:43parce que ça dépasse juste le champ de la couleur.
- 15:47Tout ce dont je parle,
- 15:48là,
- 15:48c'est un ensemble.
- 15:50En fait,
- 15:50l'ennoblissement,
- 15:51et c'est vrai depuis le début,
- 15:52quand on met les pieds dans tous les ateliers de teinture,
- 15:56on travaille en même temps la couleur,
- 15:59l'induction,
- 16:00le...
- 16:02Le traitement des tissus,
- 16:05ses finitions en fonction de l'usage.
- 16:08Et du coup,
- 16:09effectivement,
- 16:10en fonction de...
- 16:11Par exemple,
- 16:12dans le costume,
- 16:13on ne va pas teindre de la même manière un costume qui va tourner sur un film pendant trois jours ou un costume qui va tourner pendant 55 jours,
- 16:22qu'un spectacle qui va peut-être avoir cinq représentations,
- 16:26ou au contraire.
- 16:28Moi,
- 16:29j'ai souvent travaillé avec des équipes qui tournent parfois pendant dix ans.
- 16:32et du coup avec des observations de solidité à échelle réelle.
- 16:37C'est-à-dire comment vieillit ce costume,
- 16:39comment on va l'entretenir,
- 16:41quel cahier de charge on va distribuer aux équipes d'habillage pour le préserver,
- 16:46améliorer la solidité et faire en sorte que le costume ne ressemble toujours à ce qu'il était après dix ans.
- 16:53Éventuellement,
- 16:54il y a certains procédés qu'on...
- 16:56où on sait qu'il faut reteindre au bout d'un certain temps,
- 16:59parce que le spectacle joue en extérieur,
- 17:02par exemple,
- 17:03et est très soumis à des...
- 17:06où ça joue beaucoup,
- 17:07où c'est des acrobates,
- 17:08des danseurs qui transpirent énormément.
- 17:11Donc souvent,
- 17:11on fait un,
- 17:12deux,
- 17:13voire trois costumes dès le départ,
- 17:15et du coup,
- 17:15ça tourne,
- 17:16et du coup,
- 17:17on arrive à ménager un peu l'usure.
- 17:21Mais nous ne sommes pas infinis.
- 17:24nous ne sommes pas éternels les tissus non plus et leurs couleurs encore moins donc après il y a des procédés qui sont qu'on va choisir parce qu'on va vouloir que ça soit très solide et puis quand on a moins
- 17:40de contraintes sur la solidité on va choisir d'autres procédés
- 17:43Ok,
- 17:43voilà.
- 17:44Et donc du coup,
- 17:45l'activité
- 17:46Natural Dye Studio que vous avez créée,
- 17:50ça a été créé quand et c'est quoi en fait toutes vos activités ?
- 17:54Alors,
- 17:55c'est vrai que jusqu'à partir à la ville à Kujoyama au Japon,
- 18:03j'étais principalement...
- 18:07créatrice de costumes,
- 18:08intermittente du spectacle et j'enseignais.
- 18:12On en reparlera après.
- 18:13Depuis le début,
- 18:14j'ai enseigné et j'ai partagé ce que j'aime et ce savoir-faire.
- 18:21Mais depuis 2018,
- 18:22en rentrant,
- 18:23j'ai ouvert un atelier qui est beaucoup plus grand que ce que j'avais auparavant,
- 18:31qui me permet de travailler avec des collaborateurs,
- 18:34avec des équipes.
- 18:35et dans lequel il y a un atelier de teinture,
- 18:40un atelier mouillé,
- 18:43dans lequel il y a les cuves d'indigo au cocaïne et de pastel.
- 18:49Il y a un atelier sec dans lequel il y a du prototypage,
- 18:53de l'assemblage,
- 18:56où on regarde et réfléchit.
- 19:00Et il y a depuis peu un espace...
- 19:04une espèce de bulle extérieure de 7,50 mètres de diamètre pour faire de l'application de couleurs.
- 19:13Et là,
- 19:13parce que j'expérimente des procédés qu'on m'a transmis dans différents pays d'Asie,
- 19:21et donc j'expérimente de la teinture sans trempage,
- 19:27sans plongée,
- 19:28c'est-à-dire de la teinture par application.
- 19:31à la brosse d'accord donc des bains préparés et appliqués à la brosse ou de l'impression mordant ou en fait je crois il y a de l'impression je fais de l'impression aussi mais là ce que je travaille plutôt c'est
- 19:48de la teinture qui est extrêmement intéressante pour faire teinture et patine en une seule passe donc c'est très adapté pour le costume
- 19:58et donc c'est de l'application à la brosse,
- 20:00c'est pour faire des faux-unis.
- 20:04On peut travailler sur des gros motifs aussi,
- 20:07mais là l'intérêt c'est d'économiser l'eau principalement,
- 20:16d'économiser la ressource colorante qui est vraiment trop précieuse et sur laquelle aujourd'hui il est plus que nécessaire de réfléchir à vraiment optimiser son procédé.
- 20:29le moins possible de plantes pour obtenir la pluie saturée,
- 20:35et donc bien choisir les matières,
- 20:38et économiser l'énergie,
- 20:39évidemment,
- 20:40le chauffage,
- 20:41les eaux de rinçage,
- 20:43donc tout ça,
- 20:44il n'y a pas de rinçage.
- 20:48Pour le moment,
- 20:50c'est à l'étape d'expérimentation.
- 20:53Je travaille avec l'Opéra Comique,
- 20:56avec qui nous avions ouvert un atelier de peinture végétale en 2012,
- 21:05grâce à l'immense soutien de Christelle Morin,
- 21:10qui était la chef d'atelier à l'époque,
- 21:12et grâce aussi au soutien de...
- 21:14des couleurs de plantes et de la fondation d'un professeur Messe,
- 21:18on avait pu inaugurer un atelier vraiment spécifique pour les teintures naturelles pour le costume d'opéra.
- 21:25donc à l'Opéra Comique à Paris et là cette année j'ai repris du service parce que
- 21:32Christelle Morin a quitté ses fonctions et on me rappelle pour relancer un peu la couleur végétale la remettre au plateau et donc je reviens,
- 21:42je fais un peu comme je fais d'habitude c'est-à-dire je fais la preuve par le fer et donc en sortant des couleurs en montrant ce qui est possible de faire
- 21:54avec les durées,
- 21:56le calendrier qu'on a de spectacle,
- 21:59et les équipes qu'on a,
- 22:01en fait,
- 22:02les couleurs parlent d'elles-mêmes,
- 22:03il n'y a pas tellement besoin de les défendre,
- 22:05c'est tellement beau,
- 22:07c'est tellement magique,
- 22:08et quand on a la chance de travailler dans une équipe comme celle de l'Opéra Comique,
- 22:12avec des savoir-faire exceptionnels,
- 22:16la couleur vient,
- 22:18c'est un écrin,
- 22:19elle vient sur de très belles matières,
- 22:21elle vient sur des...
- 22:23Voilà,
- 22:23habillé des chanteurs exceptionnels avec des musiciens magnifiques.
- 22:27Donc c'est une très très belle expérience pour montrer l'harmonie des tonalités.
- 22:34Parce que là,
- 22:34quand il y a 50 chanteurs au plateau,
- 22:37d'abord on se teste sur des problématiques qui croisent des questions de semi-industrialisation.
- 22:46Parce que quand on est sur des dizaines et des dizaines de kilos ou des 200 mètres à atteindre...
- 22:53On a pas le temps de faire des échantillons pour chaque pièce,
- 22:58donc il faut trouver des solutions.
- 23:00Et puis on voit,
- 23:03ça saute aux yeux,
- 23:04c'est-à-dire qu'au plateau,
- 23:05on voit à quel point les teintures végétales se marient bien entre elles.
- 23:09et ça j'avoue avant l'opéra comique je n'avais pas pu vraiment l'expérimenter parce que dans les musées quand on voit les collections musuelles,
- 23:18les textiles ne sont pas forcément tous les uns à côté des autres pour voir comment les couleurs et au niveau chromatique comment ça se répond et du coup là de l'expérimenter et en plus tout en nuances musicales un très bel ensemble,
- 23:33ça donne de la voix voilà merci
- 23:36Donc ça,
- 23:37c'est encore une activité.
- 23:39Donc,
- 23:39Natural Dye Studio,
- 23:40vous avez expliqué,
- 23:41il y a un atelier mouillé,
- 23:42un atelier sec,
- 23:43votre bulle extérieure et vos activités,
- 23:44du coup.
- 23:46Et puis,
- 23:46le nombre de gens qui y travaillent.
- 23:48Racontez-nous un petit peu.
- 23:49Alors,
- 23:50c'est à géographie variable et à équipe variable.
- 23:54C'est-à-dire que je travaille seule dans cet atelier.
- 23:57Je suis la seule personne fixe.
- 24:00Et après,
- 24:01en fonction des projets,
- 24:03il y a des collaborations où je vais travailler seule parce que...
- 24:07juste c'est plus rapide en fait,
- 24:08c'est juste une question de temps,
- 24:10même si j'aurais vraiment bien besoin d'aide tout le temps.
- 24:14Mais là par exemple,
- 24:17le dernier projet où j'ai fait une collaboration avec un artiste plasticien qui est un photographe,
- 24:24qui s'appelle Clément Vergé,
- 24:26qui vient d'ouvrir une magnifique exposition au Centre d'art contemporain du pays d'Ancenis,
- 24:32ça s'appelle Le Mans,
- 24:34et là c'est un magnifique travail,
- 24:38Il est engagé sur un doctorat dans lequel il interroge la présence des plantes,
- 24:48le voyage des plantes depuis les grandes explorations,
- 24:51depuis le capitaine Cook et les découvertes de la botanique internationale.
- 24:58Quelles sont les conséquences aujourd'hui dans nos paysages ?
- 25:03et dans notre environnement proche,
- 25:05qu'est-ce qu'on appelle plantes invasives,
- 25:07quelles sont les filières qu'on peut éventuellement interroger par rapport à la présence de ces plantes.
- 25:13Et du coup,
- 25:14dans ce travail sur l'eucalyptus,
- 25:16parce qu'on s'est rencontrés,
- 25:19il a fait la
- 25:21Villa de Velázquez,
- 25:24et...
- 25:26On a eu envie de témoigner par différents types de matérialité de la présence des eucalyptus en Europe.
- 25:33Comment ils sont arrivés et du coup,
- 25:35qu'est-ce qu'on peut en faire ?
- 25:37Et on a fabriqué des immenses voiles de bateaux,
- 25:40des voiles en chanvre,
- 25:42qui sortent des ateliers de VirgoCop,
- 25:44dont on parle parce que je sais que vous nous avez rencontrés,
- 25:48et vraiment qui font un travail magnifique pour relancer le chanvre en France.
- 25:52Et donc ces grandes voiles de chanvre ont été tannées.
- 25:56tel qu'on tannait les voiles à l'époque,
- 25:58avec des tannins de calyptus.
- 26:01Donc là,
- 26:02on est sur plus d'une trentaine de mètres de teinture,
- 26:07avec évidemment des métrages qui sont impossibles d'imaginer mettre dans une marmite.
- 26:15Mais voilà,
- 26:16ça c'est par exemple un exemple.
- 26:17Et là,
- 26:18pour ce projet,
- 26:18on avait tellement peu de temps,
- 26:20enfin moi j'avais tellement peu de temps,
- 26:22j'étais tellement en retard surtout,
- 26:23que j'ai travaillé seule,
- 26:25à la fois sur la teinture avec Clément qui a fait la récolte et qui est venu faire équipe pour réaliser les teintures et ensuite pour la confection,
- 26:36la mise en forme d'un objet parce que j'aime mettre les doigts dans la matière et donc j'aime la transformer,
- 26:44j'aime la coupe,
- 26:45j'aime la mise en volume.
- 26:47et toute la matérialité,
- 26:49que ce soit de la fibre,
- 26:51du tissu,
- 26:52de son poids,
- 26:53de sa manière de bouger.
- 26:57de sa tonalité et de la manière dont je peux modifier son tombé par l'ennoblissement,
- 27:03tout ça c'est un tout pour moi c'est une approche qui est vraiment indissociable,
- 27:09donc c'est pour ça que je fais un peu tout je peux faire tout toute seule mais il y a des projets où c'est impossible par exemple avec Astérix ou là même avec l'opéra comique heureusement j'ai des complices qui viennent m'aider et
- 27:25je travaille soin
- 27:26à l'atelier,
- 27:27donc à Montpellier,
- 27:29soit dans les structures avec qui je travaille.
- 27:32Parfois,
- 27:33c'est très bien d'arriver dans les lieux,
- 27:35dans les locaux des différentes institutions avec qui je travaille,
- 27:38et du coup,
- 27:39de voir comment les équipes sont organisées.
- 27:41C'est la meilleure manière,
- 27:42quelque part,
- 27:44de voir comment le travail s'organise,
- 27:46et à quel moment et à quel endroit on va pouvoir interroger,
- 27:50réinterroger la manière de faire,
- 27:53et éventuellement,
- 27:54comment...
- 27:55travailler autrement basculer sur d'autres anticiper la préparation des fibres peut-être commander les tissus plus tôt et voir que finalement la teinture végétale c'est
- 28:11différent mais si on est très organisé on connait on sait ce qu'on fait c'est pas du tout incompatible avec le secteur du costume du cinéma et du spectacle du théâtre
- 28:23alors du coup Sandrine j'ai plein de questions à vous poser parce qu'en fait vous êtes une des pièces de Pulse qui manquait parce que dans les invités que j'ai reçus donc il y a Virgo Cop dont j'ai compris que vous parliez ensemble j'ai lu donc Clément Bautier l'épisode 4 où
- 28:41Clément nous parle d'Astérix,
- 28:42nous parle de vous
- 28:43Isabelle Rodier épisode 7 qui nous parle de vous en disant fois absolument à la recevoir ils sont exceptionnels tous les deux
- 28:53et ensuite ça n'a pas arrêté c'est à dire que j'ai eu Anne de la Sayette qui m'a dit mais on va lancer Sandrine Rosier et j'ai eu Élie Cardon donc bref vous êtes un peu la pièce qui me manque,
- 29:04vous l'avez compris et quand j'ai continué à étoffer donc le podcast il grandit en même temps que moi j'explore la couleur végétale moi par ma passion des plantes et du coup comme vous l'avez dit il y a plein d'applications
- 29:16et c'est essentiel d'y revenir et de les découvrir donc du coup c'est ce que j'essaye de faire avec ce podcast et quand je me suis ouverte à la porte de l'industrialisation j'ai rencontré David Godineau et qui ?
- 29:30de qui m'a-t-il parlé ?
- 29:31de Sandrine Rosier donc je me dis c'est pas possible donc il y a plein de sujets sur lesquels j'aimerais vous parler,
- 29:37j'ai eu aussi des gens qui travaillaient dans la transmission l'enseignement,
- 29:41la formation qui m'ont parlé du Greta,
- 29:43en creusant j'ai vu que c'était aussi vous
- 29:45donc ce que je voudrais faire c'est qu'on prenne chaque sujet un par un et qu'on voit là où vous avez contribué et comment ça s'est fait donc je ne sais pas par quoi vous voulez commencer on a déjà parlé un peu du costume mais sur quoi vous voulez
- 30:02enchaîner ?
- 30:03peut-être on peut parler de la formation alors ce qui est vrai c'est que dans tout ça ce que vous soulignez assez bien c'est que j'aime beaucoup travailler avec des équipes
- 30:13même si j'adore travailler seule et que j'ai besoin de faire de la recherche en solitaire j'adore collaborer parce que je trouve qu'on est plus fort à plusieurs et que du coup j'ai toujours aimé me frotter un peu à la réalité c'est à dire des projets à échelle réelle avec des contraintes d'équipe,
- 30:30de manière de travailler de délai etc donc ça m'a amenée effectivement à être en synergie avec plein de gens différents qui poussent des trucs
- 30:41et magnifique et passionnant.
- 30:44Et si j'avais des journées de 36 heures,
- 30:46j'en ferais encore plus.
- 30:48Mais pour resserrer un peu votre question,
- 30:51je vais parler un tout petit peu de l'enseignement.
- 30:54Pour moi,
- 30:55la peinture végétale,
- 30:56c'est quelque chose qui doit être vivant.
- 30:58Et pour que ça soit vivant,
- 30:59ça doit absolument se partager,
- 31:02témoigner,
- 31:03montrer.
- 31:04Et en montrant les couleurs,
- 31:07elles s'imposent.
- 31:09parce que ça sent bon,
- 31:10d'un seul coup,
- 31:10dans les ateliers,
- 31:11tout le monde le dit.
- 31:13On a envie de venir voir du coup ce qui s'y passe,
- 31:16on a envie de le visiter,
- 31:17on a envie d'y rester un peu pour sentir à quel point les décorations et tout ça sent bon,
- 31:23les tissus sentent bon à la fin,
- 31:26les couleurs sont extrêmement vibrantes de par la complexité de la chimie végétale et des colorants végétaux.
- 31:34Et puis,
- 31:37La formation,
- 31:38en fait,
- 31:39c'est marrant parce que ça a été mon premier boulot quand j'étais adolescente.
- 31:45En fait,
- 31:45on m'a demandé de former…
- 31:48de donner des coupes de solfège à mes petits complices quand moi j'apprenais le piano.
- 31:54Donc à 12 ou 13 ans,
- 31:56je commençais à essayer de jouer au prof.
- 32:01Et finalement,
- 32:02je n'ai jamais cherché,
- 32:02mais on m'a toujours demandé.
- 32:04Par exemple,
- 32:06en revenant du symposium à Idérabade,
- 32:09quand on a commencé à travailler avec l'Académie Fratellini,
- 32:11et qu'on a sorti ce premier spectacle d'Edal.
- 32:15C'est la direction de l'Académie Fratellini qui m'a demandé de monter la première formation professionnelle conventionnée,
- 32:24avec une prise en charge d'AVDAS pour les costumiers du spectacle vivant.
- 32:29Cette formation a été en 2007 qu'elle a commencé.
- 32:33C'était deux semaines de formation avec les bases de la peinture,
- 32:40le mordant sage.
- 32:42C'était extrêmement...
- 32:45le démarrage du débutant,
- 32:48pour comprendre un peu les interactions entre les différentes combinaisons qui se font entre la matière,
- 32:55le colorant,
- 32:56et éventuellement un mordant.
- 32:59Et puis,
- 33:01à partir de là,
- 33:02c'est vrai que ça a été le début,
- 33:03c'est-à-dire que j'ai continué avec Fratellini,
- 33:06et puis j'ai commencé à donner des workshops dans des écoles,
- 33:10des écoles de design,
- 33:11dans les DMA,
- 33:14D.N.MAD maintenant et Alain Satt,
- 33:18l'ancien Bré Blanche.
- 33:51On fait de la teinture,
- 33:51de la patine,
- 33:52jusqu'à de l'impression,
- 33:54quand on a le temps,
- 33:56avec des cadres de sérigraphie.
- 33:59Et vous entendez quoi par patine,
- 34:01Sandrine ?
- 34:02Alors ça,
- 34:02c'est vraiment,
- 34:03on utilise ce terme,
- 34:05la patine,
- 34:06c'est au départ,
- 34:09ça a été inventé pour retravailler les tissus industriels teints avec des colorants de synthèse,
- 34:15qui font évidemment hyper neuf.
- 34:18hyper réguliers,
- 34:19avec un unisson qu'on n'a jamais fait avec la teinture végétale,
- 34:24ou probablement pas bien souvent,
- 34:26et qui ne sonne pas vraiment juste quand on travaille le costume historique ou quand on veut donner un peu de vibration,
- 34:37quelque chose de vivant sur un costume qui a l'air d'avoir vécu.
- 34:40Donc on va vieillir un tissu qui est neuf,
- 34:43qui est trop neuf.
- 34:44L'intérêt de la teinture végétale,
- 34:46c'est qu'on fait les deux en même temps,
- 34:48C'est-à-dire qu'on fait une peinture et on va orienter le procédé de peinture pour lui donner un œil qui donne l'impression qu'elle a toujours existé,
- 34:59cette couleur,
- 34:59qu'elle a même vécu.
- 35:01Et par les couleurs qui nous rappellent les collections muséales,
- 35:06qui nous font voyager dans l'histoire,
- 35:09et Dominique Cardon ne me contredira pas,
- 35:14un rouge garance et des...
- 35:18Les bleus indigos nous font forcément parcourir une mémoire collective ancienne.
- 35:26Donc la patine c'est ça.
- 35:28Donc aujourd'hui,
- 35:29moi j'ai l'impression qu'on marche sur la tête à continuer à acheter des tissus neufs et à vouloir les vieillir,
- 35:35alors qu'on peut travailler.
- 35:38On a aujourd'hui des filières textiles qui renaissent en France,
- 35:41qui sont exceptionnelles,
- 35:44qui nous permettent de travailler des matières qui prennent très très bien la couleur.
- 35:48Et du coup,
- 35:49plutôt que d'aller...
- 35:52chercher un tissu à l'autre bout du monde,
- 35:54on peut vraiment défendre,
- 35:57en étant dans une démarche écologique,
- 35:59on peut défendre une création qui tient la route et qui va être juste pour un projet.
- 36:06de danse,
- 36:07de théâtre,
- 36:08de film.
- 36:09Et donc ça,
- 36:10cette pratique de la patine,
- 36:12vous le faites pendant vos cours que vous donnez à l'ANSAD ?
- 36:16C'est toutes les étapes que vous apprenez aux étudiants ?
- 36:20Oui,
- 36:21alors on commence par la teinture,
- 36:24et de la teinture,
- 36:25on ne peut pas tout faire,
- 36:29mais du coup on s'intéresse,
- 36:31on interroge particulièrement le poids du tissu.
- 36:35des techniques d'emblissement,
- 36:37pour parfois transformer...
- 36:40un tissu qui va être très léger,
- 36:42parce qu'au plateau,
- 36:44au cinéma,
- 36:45on peut inventer des choses et donner des aspects qui ne sont pas du tout la réalité.
- 36:51Donc on peut alourdir un tissu,
- 36:53et plutôt que de galérer à teindre un tissu qui va peser 550 grammes au mètre carré,
- 37:00on va travailler un tissu beaucoup plus léger et on va lui donner du poids,
- 37:04on va le charger dans les opérations d'ennoblissement,
- 37:07et du coup il va tomber.
- 37:09il va avoir un poids qui n'est pas forcément le poids d'origine.
- 37:13Donc tout ça,
- 37:13c'est vraiment des techniques de costumier.
- 37:16On travaille ça et on travaille la patine à la brosse aussi pour ajuster le tir.
- 37:23On fait des essais de mise en lumière au plateau pour voir si on peut retravailler,
- 37:30ajuster,
- 37:30renuancer certaines couleurs et pour anticiper un peu ce que les...
- 37:37Les étudiants vont croiser quand ils vont travailler sur des gros spectacles,
- 37:42quand on travaille avec des éclairagistes,
- 37:44si on veut faire de la teinture végétale pour le spectacle,
- 37:48il faut absolument boire un café avec l'éclairagiste le plus tôt possible pour que tout le monde comprenne ce qu'on fait là et que tout le monde s'en réjouisse en fait.
- 38:00Parce que finalement,
- 38:01éclairer une teinture végétale,
- 38:04c'est beaucoup plus complexe.
- 38:06qui est une couleur synthétique sur un tissu HD,
- 38:10il y a beaucoup plus de possibilités musulmanes,
- 38:14et donc il faut travailler ensemble.
- 38:18Et alors du coup,
- 38:19l'étape d'après l'ANSAC,
- 38:20c'était de créer le Greta,
- 38:22ou il y a eu encore des étapes entre deux ?
- 38:27Du coup,
- 38:28j'ai commencé en donnant des...
- 38:30des workshops dans différentes structures,
- 38:33mais c'était une intervention par an,
- 38:35ou deux interventions par an.
- 38:36Et le Greta,
- 38:37c'est arrivé...
- 38:41ça fait 10 ans cette année c'est arrivé en 2013 et en fait j'ai rencontré les équipes du Greta qui étaient en train d'aménager l'atelier de teinture dans lequel il y avait déjà une formation pour les teintures de synthèse dans
- 38:55lequel il y avait une formation de patine avec des colorants de synthèse et on s'est rencontré pour la mise en place de cet atelier pour savoir quels étaient les outils dont on aurait besoin
- 39:08pour amener aussi ce savoir-faire de peinture digitale qui pointait bien son nez,
- 39:14pour lequel il commençait à y avoir de la demande.
- 39:16Et du coup,
- 39:17avec le Greta,
- 39:18j'ai proposé de monter une formation dans laquelle on serait,
- 39:21dès le départ,
- 39:23une dizaine d'intervenants pour croiser les visions,
- 39:27croiser les pratiques,
- 39:29pas forcément tous raconter la même chose.
- 39:31D'ailleurs,
- 39:31c'est un peu la difficulté de cette formation,
- 39:34c'est qu'après,
- 39:36il faut faire une synthèse entre ce qu'on raconte l'un ou l'autre.
- 39:40Et donc,
- 39:42avec le Greta,
- 39:44participe depuis le début Michel Garcia,
- 39:48qui amène évidemment son expertise sur...
- 39:52les interactions de la chimie végétale.
- 39:56On va visiter le jardin du Muséum d'Histoire Naturelle et depuis peu le jardin de
- 40:03Vaule avec Aurélien Wolf.
- 40:06et du coup c'est un régal parce qu'on trouve des plantes on n'a pas besoin d'aller jusqu'en Asie pour aller observer un clérodendron et alors jusqu'à il n'y a pas si longtemps malheureusement il nous a quitté
- 40:21François Delamare qui venait faire un cours à la fois d'histoire et de chimie c'est un très grand chimiste de la matière
- 40:31Patrick Brenac intervient chaque année
- 40:34Dominique Cardon
- 40:36Clément Bautier en fait pour moi j'ai souvent utilisé les actions de formation et les projets pour fédérer pour travailler ensemble pour se raconter pour se faire progresser et du coup c'est un rendez-vous par exemple chaque année avec
- 40:54Michel Garcia et Clément Bautier et tous ses complices on essaye de se mettre au diapason de se raconter un peu ce qu'on fait ce qu'on a abandonné et ce qu'on a fait
- 41:05On a réussi à optimiser et du coup,
- 41:08pour se mettre un peu à l'unisson et que les étudiants et les personnes qui viennent se former puissent en bénéficier un peu de cette réactualisation permanente.
- 41:20Et donc le Greta,
- 41:21ça a lieu,
- 41:22c'est une formation ponctuelle ?
- 41:24Ce n'est pas toute l'année,
- 41:26si j'ai bien compris,
- 41:26c'est ponctuel ?
- 41:27Pour le moment,
- 41:29c'est un mois,
- 41:30une fois par an.
- 41:31Quelquefois,
- 41:32on a eu tellement de monde sur la liste d'attente qu'on l'a fait deux fois dans la même année.
- 41:37Mais en fait,
- 41:38on est tous très occupés,
- 41:40que ce soit Clément ou Michel.
- 41:42Donc déjà par...
- 41:44nécessité pour nos autres métiers respectifs,
- 41:48ce serait juste impossible de monter une école.
- 41:51On ne pourrait pas intervenir comme on le fait.
- 41:55Donc,
- 41:55pour le moment,
- 41:56ça dure un mois.
- 41:58C'est évidemment beaucoup trop court pour apprendre un métier.
- 42:00En fait,
- 42:01c'est le lancement,
- 42:03mais c'est un concentré.
- 42:05C'est sûr qu'il faut être assez présent.
- 42:08Il y a beaucoup de contenu et ça manque de pratique.
- 42:12évidemment on n'a pas assez de temps de développer des temps d'atelier ça tout le monde le constate mais on laisse un peu chacun développer les choses après on expérimente tout mais malheureusement on exp��rimente sur des échantillons beaucoup trop petits et
- 42:31la phase de passage à échelle réelle malheureusement on n'a pas le temps et les moyens de le faire avec le gâta donc il faut le faire hier
- 42:41Donc cette année ça a lieu quand et c'est ouvert à quel public ?
- 42:45Alors chaque année pour le moment on est sur le début de l'automne donc c'est fin septembre début octobre sur quatre semaines ça peut rentrer aujourd'hui dans un compte personnel de formation parce que la formation est intégrée à
- 43:02un diplôme certifiant
- 43:05On a un module d'une formation certifiante,
- 43:09donc c'est tout à fait possible de faire valoir ses droits de cette manière-là.
- 43:12Et alors ça s'adresse plus particulièrement à des personnes qui ont un projet professionnel,
- 43:18évidemment.
- 43:20On va sélectionner ce type de candidature en premier parce qu'il n'y a que 10 places.
- 43:27chaque année c'est complet donc on va prendre en général des personnes qui ont des projets qui sont déjà assez définis mais parfois,
- 43:40pas toujours donc ça peut être on sent qu'il y a un potentiel de basculement ou de reconversion ou de mise en application extrêmement fertile donc ça peut être des designers
- 43:53vêtements,
- 43:53textiles,
- 43:55objets,
- 43:55ça peut être des costumiers,
- 43:56ça peut être des stylistes,
- 43:58ça peut être des artistes,
- 44:01et ça peut être aussi des gens qui veulent transmettre.
- 44:06ça peut être des gens qui sont déjà venus faire d'autres formations mais qui veulent mettre un peu les points sur l'ISI en profitant de la pluridisciplinarité des interventions et du coup de poser un peu toutes ces questions qu'on a mis un peu dans sa besace depuis un certain nombre d'années donc
- 44:26ça c'est des très bonnes motivations pour venir
- 44:30faire partie de cette équipe du Greta.
- 44:32Il y a eu une époque où on allait visiter l'atelier des Gobelins.
- 44:37Aujourd'hui,
- 44:39on ne le fait pas,
- 44:40mais il y a énormément de mises en pratique et de témoignages de réalisation de projets qui sont faits à grande échelle.
- 44:50d'accord donc le Greta ça fait 10 ans que ça existe il y a à peu près seulement
- 44:5510 chanceux qui ont la chance de participer avec des intervenants de qualité hyper top du top on est très complémentaire alors j'oublie de citer on a eu la chance de faire intervenir
- 45:09Axel Gissrot et
- 45:12Soumiko Oe Gotini
- 45:15Et je vous donne ces deux noms qui pourraient être des lancements de passages de micro,
- 45:23parce que les deux ont énormément de choses à dire sur la couleur.
- 45:26Axelle Gisrault,
- 45:28elle dirige l'équipe textile à la fondation Luma.
- 45:32à Arles qui est un atelier de design qui travaille beaucoup sur l'économie de moyens et sur les procédés renouvelables donc on collabore depuis plusieurs années pour
- 45:48mettre au point les collections textiles
- 45:54et elle a énormément à dire l'atelier Luma fait et met au point un certain nombre de collections et en particulier cette année qui a été présentée à Milan au dernier salon du meuble à Milan avec vraiment
- 46:09de très très belles réalisations et ça montre que la teinture végétale est possible en faisant teindre chez Plot des grands métrages de laine,
- 46:19de laine de bimatière laine et chambre par exemple mais non je dis
- 46:23et sinon elle est venue témoigner de ces projets avec tout le laboratoire de l'UMA test,
- 46:31solidité appareil à biberon enfin toute la mécanisation qui est nécessaire quand on travaille à cette échelle là
- 46:39et je parle de Sumiko qui est venue aussi intervenir plusieurs fois au Greta et qui a un parcours magnifique dans le monde artistique qui a été co-directrice de la Villa Kujuyama à Kyoto et qui amène qui
- 46:56incarne une passerelle
- 47:00Asie et pays occidentaux,
- 47:03et qui est en train de travailler,
- 47:07de mettre au point tout un programme de recherche sur la couleur,
- 47:12et sur le sens et la sensorialité des couleurs entre les philosophies européennes et asiatiques,
- 47:21entre les différentes approches,
- 47:23et comment on choisit une couleur au
- 47:26Japon, comment on choisit une couleur en Europe,
- 47:28pour quelles raisons,
- 47:29quel est le sens qu'on donne à la couleur,
- 47:31elle met au point tout un programme de recherche qui est extrêmement fertile et qui parfois manque dans les formations,
- 47:40dans les écoles,
- 47:42tout simplement parce qu'on n'a pas forcément les intervenants qui ont été formés sur la matière,
- 47:47la matérialité des plantes à couleur.
- 47:52Elle aurait aussi beaucoup,
- 47:53beaucoup,
- 47:54beaucoup à raconter.
- 47:56Si vous lui tendez le micro.
- 47:59Donc ça,
- 47:59c'était la partie,
- 48:00on va dire,
- 48:00Greta,
- 48:02donc la partie transmission.
- 48:04Je voulais voir avec vous,
- 48:05donc on a eu David Godineau d'Allianz Machine Textile qui nous parlait de votre contribution dans la réalisation d'une machine de teinture.
- 48:17Donc il en a bien parlé.
- 48:19Moi,
- 48:19j'aimerais avoir votre avis à vous.
- 48:21vous qui aimez vous confronter à la réalité là c'était vraiment un super exercice on va dire et en fait je voulais avoir vous votre point de vue comment vous avez vécu ça et comment ça se passe avec la machine qu'est-ce que vous en pensez et votre point de vue
- 48:36Alors,
- 48:37c'est extrêmement enthousiasmant.
- 48:39Je ne suis pas du tout bloquée par la mécanisation.
- 48:43De toute façon,
- 48:43je n'ai jamais voulu acheter de grands marmites.
- 48:46J'ai toujours fait de la teinture soit en cuve,
- 48:50avec des grands litrages de cuve,
- 48:52mais j'ai une cuve de...
- 48:54de 600 litres pour l'indigo.
- 48:57Et pour les grands volumes de teinture,
- 49:02j'ai toujours fonctionné,
- 49:04majoritairement fonctionné,
- 49:06avec de la teinture en machine à laver.
- 49:08Autant dire que j'ai galéré pendant une quinzaine d'années à me coller le nez contre le hublot de ma machine qui est en hauteur,
- 49:19heureusement,
- 49:20mais forcément à essayer d'en sortir les couleurs.
- 49:23pour certaines matières et certaines coupes.
- 49:26et aussi pour le spectacle,
- 49:28pour le costume,
- 49:28c'est assez adapté.
- 49:29On arrive à faire des choses extrêmement intéressantes et à orienter les marbreurs pour justement faire de très belles patines.
- 49:37Mais en fait,
- 49:40avec David Godineau,
- 49:41on s'est rencontrés sur un projet sur lequel on a pu collaborer et on s'est recroisés.
- 49:47Et en fait,
- 49:51David Godineau m'a témoigné de son…
- 49:56en fait de son constat permanent dans ses échanges avec le monde industriel textile où finalement toutes les réunions se terminaient de la même manière,
- 50:08à savoir la teinture végétale en machine à teindre,
- 50:13aujourd'hui ça ne marche pas,
- 50:15c'est trop compliqué,
- 50:16ça encrase les machines,
- 50:18c'est ingérable.
- 50:20Donc,
- 50:20no way.
- 50:21Et en fait,
- 50:23on était complètement d'accord,
- 50:25et on en parlait déjà depuis un certain temps,
- 50:29c'est comme si aujourd'hui,
- 50:30tout le monde s'était concentré sur la ressource colorante,
- 50:34et comme si la ressource colorante était la solution.
- 50:38Alors que finalement,
- 50:39la mise en œuvre,
- 50:41et les méthodes et les procédés de peinture,
- 50:44jouent un rôle considérable,
- 50:45quand on a voyagé un peu,
- 50:47et dans l'histoire.
- 50:48Et au niveau géographique,
- 50:50ça saute aux yeux,
- 50:51on ne peut pas faire de la peinture juste avec une pente.
- 50:54Il y a tellement de mises en œuvre possibles.
- 50:56Et donc il a constaté que finalement,
- 50:59les industriels voulaient juste changer de poudre.
- 51:02avoir une poudre labellisée,
- 51:04mais garder les mêmes machines.
- 51:06Et,
- 51:07si possible,
- 51:08rester sur une organisation de travail relativement proche de ce qu'ils connaissent.
- 51:12Et je peux le comprendre,
- 51:15évidemment,
- 51:16on n'a pas forcément envie de tout changer,
- 51:18vu le prix des investissements d'une telle mécanisation,
- 51:24c'est quand même assez compliqué de faire un choix radical de cette manière-là.
- 51:28Et en fait...
- 51:30Quand David m'a proposé qu'on conçoive une machine qui pourrait répondre à mes besoins,
- 51:39c'est-à-dire de petite production,
- 51:41plutôt orientée costume ou production échantillonnage pour le design,
- 51:48ou le design de vêtements ou d'accessoires,
- 51:52Moi,
- 51:53j'étais complètement d'accord avec lui,
- 51:55surtout,
- 51:56ça ne peut pas marcher,
- 51:57on ne peut pas teindre un végétal avec une machine qui n'a pas forcément été conçue pour un procédé de ce type.
- 52:03Ce ne sont pas les mêmes organisations d'étapes,
- 52:08la même chronologie,
- 52:09les mêmes temps,
- 52:09les mêmes températures,
- 52:10même si on arrive à sortir certaines choses avec les machines à teindre.
- 52:15actuelle,
- 52:16on peut évidemment optimiser.
- 52:18Évidemment,
- 52:19on peut gagner du temps,
- 52:20on peut...
- 52:21Et puis,
- 52:22si on veut que la teinture végétale se développe,
- 52:25il faut mécaniser.
- 52:26C'est trop pronomphage.
- 52:30La teinture pour le film Astérix nous l'a bien fait comprendre.
- 52:37On a...
- 52:39on est plus cher en main d'œuvre et on est moins cher en ressources colorantes par rapport à un budget colorant,
- 52:46parce qu'en fait,
- 52:47en peinture végétale,
- 52:48on arrive à recycler les bains et avec le même bain de plante,
- 52:51on arrive à faire plusieurs couleurs,
- 52:54à conserver les bains et à sortir les couleurs pendant toute la durée de la production.
- 52:58Donc on est parti de ce constat et on a pensé une machine à petit volume,
- 53:05mais avec laquelle il y aurait le robinet de vidange,
- 53:08pour récupérer tout ce qu'on veut récupérer extrêmement facilement et réinjecter dans un autre cycle ce qu'on vient de récupérer.
- 53:16Donc ça peut être un mordant sage,
- 53:18ça peut être un bain de plantes,
- 53:20ça peut être une imprégnation pour finaliser un tissu,
- 53:24tout est possible.
- 53:26Et on est parti sur une petite machine très polyvalente qui répondrait un peu à tout ce que je fais,
- 53:31c'est-à-dire de la teinture pièce,
- 53:34tissu.
- 53:35en métrage qui peuvent aller pour des tissus fins jusqu'à
- 53:3935-40 mètres,
- 53:41de la teinture d'articles confectionnés,
- 53:43quand on a déjà cousu,
- 53:45assemblé les costumes et qu'on n'a plus que les finitions à faire,
- 53:49et puis faire un peu d'échantillonnage sur la teinture sur échevaux,
- 53:56et d'avoir aussi une possibilité de faire de l'extraction de plantes.
- 54:02D'accord.
- 54:03Et en fait,
- 54:04l'idée,
- 54:04ce n'est pas forcément d'avoir la machine qui répond à tout,
- 54:07mais c'est en faisant une machine à petit volume,
- 54:11elle prend un peu plus de place qu'une machine à laver,
- 54:15c'était de le tester à petite échelle et de se dire,
- 54:19cette machine,
- 54:19finalement,
- 54:20on va garder plutôt tel procédé,
- 54:22tel procédé,
- 54:23et telle ou telle chose,
- 54:26on abandonnera peut-être.
- 54:27Là pour le moment,
- 54:29je suis allée tester la machine,
- 54:31on a fait une teinture pièce sur de la soie,
- 54:35donc c'est tout frais,
- 54:36ça vient d'arriver,
- 54:38et je pourrais vous en dire beaucoup plus bientôt,
- 54:41voire on pourra discuter ensemble avec David,
- 54:44d'un retour sur l'usage de cette machine,
- 54:48mais en tous les cas,
- 54:48les premiers essais sont extrêmement enthousiasmants,
- 54:53on arrive à un rapport de bain qui est extrêmement réduit.
- 54:57Donc on économise de l'eau,
- 54:58on chauffe à des températures relativement modérées,
- 55:02et du coup avec un brassage régulier,
- 55:05où on peut tout programmer,
- 55:07donc c'est beaucoup plus confortable qu'une machine à laver,
- 55:13comme je me suis frottée depuis des années.
- 55:15On peut tout choisir,
- 55:17on peut tout programmer avec énormément de facilité,
- 55:20et du coup là...
- 55:24L'enjeu,
- 55:24ça va être d'expérimenter pour sortir des procédés qui fonctionnent sur telle matière.
- 55:32Sur d'autres matières,
- 55:33on va adapter.
- 55:35Le rapport de bain sera sûrement différent en fonction des colorants.
- 55:38Et l'idée,
- 55:39c'est de partager ces procédés pour que cette machine soit un peu en réseau,
- 55:45mise en réseau sur l'enregistrement des...
- 55:51des lancements des programmes pour que ça puisse être utilisé avec facilité par des gens qui n'ont pas forcément le temps d'apprendre la peinture végétale pendant 20 ans.
- 56:01D'accord.
- 56:02J'aimerais faire avec vous les questions rapides.
- 56:04J'aimerais qu'on parle un peu de l'avenir de la couleur végétale selon vous.
- 56:08Personnellement,
- 56:08en creusant,
- 56:09c'est ce que je vous ai expliqué,
- 56:10je me rends compte de tellement de nouvelles applications dans les cosmétiques,
- 56:15dans la peinture,
- 56:16sur les bioplastiques,
- 56:17sur le plastique,
- 56:18sur d'autres matériaux innovants,
- 56:20etc.
- 56:21Pour vous,
- 56:22c'est quoi l'avenir de la couleur végétale ?
- 56:25Pour moi,
- 56:25il est incontournable.
- 56:29Alors après,
- 56:29à quelle échelle,
- 56:30l'avenir nous le dira,
- 56:31mais en tous les cas,
- 56:32il est incontournable.
- 56:33Ce qui a démarré dans un très grand nombre de pays,
- 56:38on ne pourra pas revenir en arrière.
- 56:39C'est-à-dire que même si ça reste une pratique small is beautiful dont je parlais tout à l'heure,
- 56:46même si ça reste ça,
- 56:47ça peut être,
- 56:48si on est très nombreux à pratiquer,
- 56:50ça peut avoir un impact considérable.
- 56:54et on peut croiser la teinture avec d'autres types d'usages de plantes,
- 56:59avec le soin par les plantes aussi,
- 57:02avec,
- 57:03je ne sais pas,
- 57:04l'aromathérapie,
- 57:06les plantes alimentaires,
- 57:08en fait,
- 57:08tout est possible,
- 57:09il y a tellement de manières de l'utiliser,
- 57:15d'utiliser les plantes.
- 57:16Pour moi,
- 57:17ce qui est essentiel par contre,
- 57:19et plus que jamais aujourd'hui,
- 57:20c'est...
- 57:21d'être très conscient de ce qu'on utilise,
- 57:24c'est-à-dire de surtout utiliser la quantité de plantes dont on a besoin,
- 57:31d'être lucide sur la rareté des plantes,
- 57:34la rareté des colorants,
- 57:36et du coup faire très attention et avoir le courage d'optimiser ces procédés,
- 57:42même si ça prend du temps et même si c'est coûteux,
- 57:44mais ça que chacun fasse cet effort.
- 57:48pour réduire,
- 57:49être en économie de ressources.
- 57:52Pour réduire tout,
- 57:53et éventuellement,
- 57:54réduire aussi le projet.
- 57:56On n'est pas obligé de tous porter des couleurs pétards,
- 58:01éclatantes.
- 58:02Il y a d'autres moyens de communiquer avec son entourage.
- 58:06De toute façon,
- 58:07ça,
- 58:07ça va évoluer.
- 58:09puisque toutes les couleurs ne se valent pas en teinture végétale,
- 58:13il faut le rappeler,
- 58:15la teinture de synthèse a popularisé la couleur,
- 58:18elle a permis de sortir à peu près toutes les couleurs avec des prix qui étaient d'un seul coup très accessibles.
- 58:27La teinture végétale,
- 58:29il y a des couleurs qui ne sont pas très chères,
- 58:31qui vont être assez faciles à réaliser,
- 58:33et d'autres qui vont être des tours de main de teinturier,
- 58:35qui vont être vraiment complexes.
- 58:37Et ça,
- 58:38quand on rentre dans une équipe,
- 58:39ce n'est pas toujours évident à comprendre.
- 58:42Du coup,
- 58:43le design couleur,
- 58:44le choix des couleurs,
- 58:46ça passe forcément par la matérialité.
- 58:49à la fois de la ressource,
- 58:51est-ce qu'elle est chère,
- 58:52est-ce qu'elle est rare,
- 58:53est-ce qu'elle vient du bout du monde,
- 58:55est-ce qu'elle est locale,
- 58:56est-ce qu'il y a une filière ici en France,
- 58:57est-ce que c'est un extrait,
- 58:58est-ce que c'est une bande séchée,
- 59:01et dans sa mise en œuvre,
- 59:02est-ce que ça va être simple,
- 59:04compliqué,
- 59:05voire très compliqué.
- 59:06Donc ça,
- 59:07ces questions sont indissociables aujourd'hui d'un choix de couleur pour l'avenir.
- 59:14de la couleur textile,
- 59:15mais de la couleur dans le cosmétique,
- 59:17dans le capillaire,
- 59:19dans tous les usages dans lesquels on va pouvoir faire des passerelles avec l'écran.
- 59:25Et pour vous,
- 59:26quel est le principal frein à une utilisation,
- 59:32à un retour de la couleur végétale dans nos vies ?
- 59:34Parce qu'on en parle pour la coloration capillaire,
- 59:36on en parle pour la coloration de textiles,
- 59:40de matériaux,
- 59:42enfin voilà.
- 59:43qu'est-ce qui pour vous bloque encore aujourd'hui les entreprises à se tourner vers la couleur végétale,
- 59:50sachant que tout le monde sait que le pétrole c'est fini,
- 59:54enfin ça va se terminer,
- 59:57et qu'on va devoir y aller,
- 59:58pourquoi les gens n'y vont pas plus vite ?
- 1:00:01Eh bien on sait justement,
- 1:00:03pour moi le plus grand obstacle c'est le temps.
- 1:00:06C'est-à-dire que tout le monde voudrait que ça marche tout de suite et du premier coup.
- 1:00:10et il y a de la recherche à faire.
- 1:00:13En fait,
- 1:00:14en France,
- 1:00:14on a été un des pays les plus en avance sur la teinture végétale industrielle.
- 1:00:21au XVIIIe siècle,
- 1:00:23on est vraiment super bon en teinture industrielle en France.
- 1:00:27On sait faire des très grands volumes,
- 1:00:29on sait reproduire les couleurs.
- 1:00:33Et donc ça,
- 1:00:34on en fait la preuve avec
- 1:00:36Dominique Ardon et son spectro-colorimètre.
- 1:00:40On sait très très bien peindre.
- 1:00:43Après,
- 1:00:44c'est une époque où on n'avait pas mécanisé.
- 1:00:46Donc on avait...
- 1:00:48un contexte à la fois agricole et de travail qui n'est pas du tout celui qu'on connaît aujourd'hui.
- 1:00:54Donc aujourd'hui,
- 1:00:55l'équation situation climatique et développement de nouvelles filières avec très peu d'eau et avec des contraintes d'énergie,
- 1:01:07d'être faible au niveau énergétique,
- 1:01:10ça fait une équation qui est quand même assez complexe.
- 1:01:13Plus la question de la formation,
- 1:01:15c'est-à-dire que...
- 1:01:17L'expérience de la teinture,
- 1:01:19c'est quelque chose qui est à multifacettes.
- 1:01:23Il faut être à la fois un peu botaniste,
- 1:01:26un peu technicien textile,
- 1:01:29un peu artiste,
- 1:01:30un peu chimiste,
- 1:01:31un peu tout ça.
- 1:01:32Et ça prend quand même beaucoup de temps dans une vie,
- 1:01:35d'apprendre tout en même temps.
- 1:01:38Donc il faut collaborer,
- 1:01:40il faut être complémentaire et la mise en œuvre.
- 1:01:45Moi je pense qu'il faut,
- 1:01:46l'avenir de la teinture végétale ce sera dans la bonne sélection.
- 1:01:50des procédés à faible coût énergétique,
- 1:01:54des bonnes plantes et des bonnes matières.
- 1:01:56Parce qu'il y a des compatibilités qui peuvent être extrêmement économiques.
- 1:02:01Et par contre,
- 1:02:01il y a des teintures,
- 1:02:02certaines matières,
- 1:02:03dans certaines couleurs,
- 1:02:05qui sont extrêmement onéreuses en temps et en énergie.
- 1:02:09Donc il faut réserver un usage très rare,
- 1:02:12voire sympa.
- 1:02:15il faut être dans il faut oublier la manière de travailler la couleur telle qu'on a pu la travailler dans le design jusqu'à aujourd'hui,
- 1:02:22il faut faire tomber tout ça et je pense que les jeunes générations de designers sont prêts ils sont prêts à travailler autrement et du coup à avoir une approche qui va intégrer cette matérialité dès le départ mais
- 1:02:36ça va prendre un peu de temps
- 1:02:38Alors ce qui est génial dans votre approche c'est que voilà on a parlé vraiment de toute la chaîne les plantes,
- 1:02:44la transformation donc les extraits je ne savais pas que ça datait il n'y a pas si longtemps donc je n'avais pas cette notion les procédés donc vous vous êtes vachement axé sur eux oui on peut avoir la ressource mais il faut savoir faire et c'est vrai que c'est quand même essentiel moi ce qui me fait hyper plaisir c'est de voir qu'on a quand même beaucoup,
- 1:03:04enfin de plus en plus d'agriculteurs de plantes panctoriales en France
- 1:03:09j'ai appris par un échange téléphonique qu'on avait de l'indigo français en Guadeloupe absolument qu'on va recevoir sur le podcast donc j'en suis ravie parce que pareil l'approche est incroyable on a reçu le
- 1:03:23champ des couleurs l'ivadène j'ai d'autres agriculteurs qui m'ont contacté pour passer sur le podcast
- 1:03:28Moi,
- 1:03:28je me réjouis parce que moi,
- 1:03:29c'est le lien à la terre et à la plante.
- 1:03:31Mais ce qui était important pour moi aussi,
- 1:03:33c'était toute la fabrication,
- 1:03:35la transformation.
- 1:03:36Et on a des acteurs en France,
- 1:03:37on peut être fiers.
- 1:03:38Vous avez cité les deux,
- 1:03:41couleur de plante et greening.
- 1:03:43Et ensuite,
- 1:03:43on a des experts,
- 1:03:45des savoir-faire.
- 1:03:46Et en fait,
- 1:03:46moi,
- 1:03:46ma question,
- 1:03:47c'était…
- 1:03:49qui fédère tout ça aujourd'hui ?
- 1:03:52Qui gère cette chaîne ?
- 1:03:55Qui s'occupe de la défendre,
- 1:03:59d'en parler,
- 1:04:00de la faire connaître,
- 1:04:01etc. ?
- 1:04:02Alors,
- 1:04:03pour moi,
- 1:04:04dans mon parcours,
- 1:04:05ce qui a été extrêmement fédérateur,
- 1:04:08c'est l'organisation exceptionnelle des symposiums internationaux sur la teinture végétale.
- 1:04:14J'ai eu la chance de participer à plusieurs,
- 1:04:18en Inde,
- 1:04:19en Corée,
- 1:04:20à Madagascar et en France,
- 1:04:24bien sûr.
- 1:04:25On espère voir jaillir un nouveau symposium prochainement.
- 1:04:32Moi je tire mon chapeau aux équipes qui s'y sont toujours collées,
- 1:04:36d'organiser des événements de cette ampleur.
- 1:04:39A Idérabade,
- 1:04:39on était plus de 800 teinturiers,
- 1:04:42du chercheur,
- 1:04:44du chimiste jusqu'aux praticiens,
- 1:04:49aux fabricants et aux vendeurs de plantes,
- 1:04:52aux producteurs.
- 1:04:53Moi j'ai énormément appris et j'ai énormément rencontré,
- 1:04:58grâce à l'aide de mes collègues,
- 1:05:00dans ce réseau au niveau international grâce au Symposium.
- 1:05:03J'ai l'impression que c'est ça qui est le plus efficace,
- 1:05:07le plus rapide.
- 1:05:08On assiste à des conférences,
- 1:05:10donc c'est évidemment toujours trop court,
- 1:05:12mais ça donne un témoignage à un moment donné de tous les projets qui sont innovants.
- 1:05:20et l'UNESCO a été porteur de l'organisation de ce grand symposium en 2006.
- 1:05:28Dominique Cardon a été l'experte et la programmatrice scientifique d'un certain nombre de ces rencontres,
- 1:05:37et on a cette chance d'avoir eu des sélections de projets exceptionnelles,
- 1:05:44ça a été très très riche.
- 1:05:47Après,
- 1:05:47il pourrait y avoir aujourd'hui,
- 1:05:48maintenant qu'on est quand même un certain nombre d'acteurs,
- 1:05:52beaucoup plus nombreux,
- 1:05:53il pourrait y avoir d'autres types de fédérations.
- 1:05:56régionales,
- 1:05:58nationales,
- 1:06:00et du coup,
- 1:06:00porter la voix et les intérêts de ceux qui produisent,
- 1:06:06ceux qui transforment,
- 1:06:08ceux qui utilisent,
- 1:06:09et de voir qu'on a tous besoin des uns des autres,
- 1:06:12et que plus on va mieux,
- 1:06:15on travaillera la matière première,
- 1:06:18mieux on la vendra,
- 1:06:20et vice-versa.
- 1:06:22là il y a beaucoup à faire mais je dirais que votre podcast est déjà un acteur fédérateur considérable donc merci beaucoup Pauline
- 1:06:32et juste pour continuer avec Henri-Joseph puisque vous en parliez Henri je l'ai rencontré sur un de ses symposiums il y a très longtemps et
- 1:06:40Henri fabrique aussi produit aussi un bois de penteche français ah je ne savais pas que l'indigo il me garde des secrets je le sais il m'a mis en haleine j'ai hâte d'enregistrer avec lui parce qu'il est passionné de botanique et il me raconte des trucs mais je suis incroyable
- 1:06:59Je ne savais pas qu'il faisait aussi un bois de campèche français.
- 1:07:01Et du Roku,
- 1:07:02enfin tout ce qu'on a fait en Europe.
- 1:07:03Du Roku,
- 1:07:04du bois de campèche,
- 1:07:05l'indigoferra suffructosa,
- 1:07:07enfin tout,
- 1:07:08vraiment des trésors.
- 1:07:09Et avec un savoir-faire de chimiste,
- 1:07:13il a une formation chimie-végétale exceptionnelle,
- 1:07:17donc je pense que ça va être intéressant.
- 1:07:20Franchement,
- 1:07:20pour la rentrée,
- 1:07:21il y a des épisodes de dingue.
- 1:07:22J'ai même rencontré,
- 1:07:23je pense que vous la connaissez,
- 1:07:24Élodie Carpentier,
- 1:07:25du Rouge français.
- 1:07:26alors j'ai pas eu la chance de la rencontrer encore mais bien sûr ça va arriver elle m'a surpris enfin moi je suis hyper contente si le podcast FEDER c'est génial moi ce qui me fait hyper plaisir c'est de voir tous ces gens extraordinaires et de
- 1:07:41voir que la couleur est partout
- 1:07:44qu'elle est utilisable dans plein de sujets,
- 1:07:46plein de domaines mais même des choses auxquelles j'aurais jamais pensé et en fait c'est tellement beau de voir tous ces passionnés que voilà,
- 1:07:53ça c'était la petite phrase,
- 1:07:56je voulais savoir Sandrine si vous étiez une plante tinctoriale laquelle seriez-vous et pourquoi ?
- 1:08:02Aujourd'hui,
- 1:08:03je ne peux être que le pastel du teinturier parce que je sens ma cuve d'indigo à plein nez.
- 1:08:10Elle est juste derrière moi.
- 1:08:13Donc là,
- 1:08:14je récolte les feuilles,
- 1:08:16je fabrique mes cocaïnes,
- 1:08:18je les concasse.
- 1:08:21Je passe ma journée,
- 1:08:22je me lève le matin,
- 1:08:23je commence la journée avec cette cuve.
- 1:08:26D'ailleurs,
- 1:08:27c'est assez compliqué à organiser.
- 1:08:31je me déplace parce qu'elle a besoin d'attention comme nous tous donc aujourd'hui ce serait le pastel après il y a énormément de pistes pour découvrir de nouvelles plantes je collabore avec
- 1:08:49l'herboriste Thierry Thévenin,
- 1:08:52avec qui on mène une recherche sur les plantes sauvages.
- 1:08:57Et du coup,
- 1:08:58en croisant nos regards,
- 1:09:01que ce soit les plantes considérées comme invasives,
- 1:09:05d'ailleurs je pourrais conseiller son dernier ouvrage,
- 1:09:09Les plantes du chaos qui sont magnifiques.
- 1:09:17des plantes qu'on rejette a priori comme soi-disant envahissantes alors qu'elles nous sont extrêmement bénéfiques au final et parfois colorantes pour les teinturiers ça peut être aussi des
- 1:09:30pistes à creuser et je pense que il y a dans la diversité des plantes et pour ça je rejoins mon grand ami et complice
- 1:09:43Clément Bautier et
- 1:09:45Je pense que chacun peut travailler un choix de plante à sa manière,
- 1:09:50à condition qu'il respecte ce que la nature nous offre.
- 1:09:56Donc,
- 1:09:57il faut être extrêmement lucide et conscient et attentionné.
- 1:10:04Si vous deviez choisir une fibre,
- 1:10:06votre fibre de prédilection,
- 1:10:07ce serait laquelle ?
- 1:10:09Alors,
- 1:10:09du tac au tac,
- 1:10:10la ramie.
- 1:10:11Moi,
- 1:10:12j'aime les matières.
- 1:10:14libériennes,
- 1:10:15les bast figures,
- 1:10:17les fibres qui viennent des tiges,
- 1:10:20des trous.
- 1:10:22Alors,
- 1:10:22malheureusement,
- 1:10:23je n'ai pas été formée,
- 1:10:24ce ne sera pas dans cette vie que j'arriverai à couler la glycine ou l'ortie sauvage ou le tilleul comme le font encore les japonais.
- 1:10:36Mais,
- 1:10:37voilà,
- 1:10:37la ramie,
- 1:10:38bon,
- 1:10:39donc là,
- 1:10:39je travaille avec une ramie importée.
- 1:10:42malheureusement,
- 1:10:43mais il y a des pistes peut-être en Europe.
- 1:10:45Et je travaille le chanvre,
- 1:10:47évidemment,
- 1:10:48et le lin,
- 1:10:50et toutes les cousines,
- 1:10:51même si dans le costume,
- 1:10:54en fait,
- 1:10:55on travaille toutes les matières.
- 1:10:56Donc,
- 1:10:57on fait des essais sur toutes les matières synthétiques,
- 1:10:59sur tout ce qui est possible,
- 1:11:00parce qu'on n'a pas le choix.
- 1:11:02Donc,
- 1:11:02j'ai fait plein,
- 1:11:03plein,
- 1:11:03plein d'essais sur plein de matières,
- 1:11:06mais finalement,
- 1:11:07c'est ces fibres-là qui vont rester,
- 1:11:10qui auront ma préférence.
- 1:11:12Vous démontez aussi un préjugé qui est de dire que la teinture végétale,
- 1:11:16ça ne fonctionne que sur les fibres naturelles.
- 1:11:18Ça a beaucoup plus de sens de travailler sur des fibres naturelles,
- 1:11:22mais ce n'est pas incompatible avec des fibres de synthèse.
- 1:11:26Non,
- 1:11:27alors après,
- 1:11:27voilà.
- 1:11:28Moi,
- 1:11:28j'ai travaillé sur du recyclage de fibres synthétiques.
- 1:11:31On a fait des essais sur des fibres...
- 1:11:35type polyamide recyclé des essais qui sont très encourageants mais qui nécessiteraient toute une recherche et de développement c'est assez long mais c'est un en
- 1:11:50attendant de mettre en place peut-être des filières qui soient
- 1:11:57plus importantes à peu près au volume et surtout un usage de retrouver l'usage de ces fibres naturelles quand on a l'habitude d'un tissu élastique il faut retrouver des modes de tricot de fibres de lin donc
- 1:12:18ça va prendre du temps mais en attendant pourquoi pas pourquoi pas recycler ce qui est déjà là arrêter d'en produire mais déjà
- 1:12:27On recitera tout ce qu'on a déjà sur le dos,
- 1:12:29on a de quoi s'occuper.
- 1:12:31D'accord.
- 1:12:31Est-ce que vous pourriez nous recommander quelques livres ?
- 1:12:34En fait,
- 1:12:34je pourrais citer tous les livres de Thierry Thévenin pour rentrer dans le monde des plantes.
- 1:12:39Parce que moi,
- 1:12:40je pense que quand on fait ce métier,
- 1:12:42il faut être curieux de rencontrer les plantes,
- 1:12:44il faut avoir envie de les faire rentrer dans sa vie.
- 1:12:48Donc,
- 1:12:49c'est une très belle manière,
- 1:12:51il est extrêmement…
- 1:12:53C'est un bon guide pour ça.
- 1:12:57Et puis après,
- 1:13:00le tout dernier,
- 1:13:02Les 157 couleurs de Paul Gault est un incontournable,
- 1:13:06parce que je suis la tête dedans depuis quelques mois avec Dominique,
- 1:13:12je ne peux pas ne pas en parler.
- 1:13:14En fait,
- 1:13:15c'est un ouvrage qui est intéressant aussi bien dans sa lecture au niveau de…
- 1:13:24juste de la compréhension par la lecture,
- 1:13:27mais la mise en pratique est une leçon de teinturer,
- 1:13:32parce qu'en fait,
- 1:13:33pourquoi il faisait de cette manière-là,
- 1:13:36pourquoi l'enchaînement est dans ce sens-là,
- 1:13:39les dosages,
- 1:13:40pourquoi tel produit à tel moment,
- 1:13:42en fait,
- 1:13:43on arrive en déconstruisant tout ce qu'on sait déjà faire,
- 1:13:47et en se mettant dans la peau,
- 1:13:49en essayant de se mettre dans la peau de Paul Gou.
- 1:13:52de Jeannot et de tous ses maîtres teinturiers du XVIIIe,
- 1:13:56c'est une manière de vraiment repenser les bases de son métier.
- 1:14:04Et par exemple,
- 1:14:06le rouge Garance qu'on a sorti sur de la laine,
- 1:14:09on a sorti un rouge extrêmement saturé,
- 1:14:14avec 36% de Garance séchée.
- 1:14:17Et là je le dis très clairement,
- 1:14:20il faut arriver à travailler avec...
- 1:14:22très peu.
- 1:14:23Du coup,
- 1:14:23ça c'est aussi un des enjeux,
- 1:14:24Sandrine,
- 1:14:25demain,
- 1:14:25c'est ce que vous disiez,
- 1:14:26c'est comment on va réussir à être juste dans l'utilisation des ressources colorantes,
- 1:14:33parce que si on veut et on encourage les agriculteurs français à s'y remettre,
- 1:14:38etc.,
- 1:14:38et même les agriculteurs dans le monde,
- 1:14:40il va falloir quand même,
- 1:14:41par rapport à la productivité,
- 1:14:44être hyper raisonnable et hyper fin,
- 1:14:48comme vous dites,
- 1:14:49réduire
- 1:14:50c'est des pourcentages,
- 1:14:50trouver des alternatives,
- 1:14:52trouver des couleurs avec peut-être moins de matière,
- 1:14:54etc.,
- 1:14:55etc.
- 1:14:55Mais c'est vraiment un discours qui est,
- 1:14:57depuis le début de l'épisode,
- 1:14:59vraiment la juste mesure et pas prendre plus que ce qu'on a besoin,
- 1:15:02quoi.
- 1:15:03On a besoin de la responsabilité.
- 1:15:05Là,
- 1:15:05c'est nécessaire.
- 1:15:07On ne peut pas travailler autrement.
- 1:15:10On ne peut pas surconsommer dans tous les domaines et dans celui-là,
- 1:15:14on en trouve.
- 1:15:15Ce qui est vrai,
- 1:15:16c'est que là,
- 1:15:17c'est aussi un peu pour ça que j'expérimente de la peinture sans plan V,
- 1:15:22c'est que sans eau et en ressource colorante,
- 1:15:25j'utilise aujourd'hui pour sortir une couleur qui est finalement encore plus saturée,
- 1:15:33on va dire à dosage égal,
- 1:15:35j'utilise un tiers de colorant.
- 1:15:38par rapport à ce que j'utiliserais en teinture en plongée.
- 1:15:44Donc,
- 1:15:45c'est encore trop tôt pour crier victoire.
- 1:15:48Il y a beaucoup de choses à améliorer.
- 1:15:50Mais c'est sur ces pistes que je me concentre.
- 1:15:56Et tous les teinturiers,
- 1:15:58autant que nous sommes,
- 1:15:58et comme vous en avez interrogé énormément sur ce podcast,
- 1:16:02je pense que c'est de notre responsabilité
- 1:16:05d'optimiser et de communiquer entre nous,
- 1:16:10pour arriver à se tirer vers le haut,
- 1:16:13c'est-à-dire à être tous de plus en plus conscients,
- 1:16:18et à guider et à témoigner de ce qui est possible de faire avec eux.
- 1:16:23ce qui est intéressant c'est de sélectionner un domaine,
- 1:16:27une matière ou un type de matière et peut-être de ne pas faire toutes les couleurs,
- 1:16:32mais de travailler et d'essayer d'apporter un peu une brique ou un grain,
- 1:16:40un petit caillou dans cet édifice ou dans ce grand puzzle pour optimiser les choses parce que les gens vont avoir…
- 1:16:50plutôt la possibilité de travailler telle ou telle plante ou telle ou telle matière,
- 1:16:56et du coup,
- 1:16:58on n'a qu'une vie,
- 1:16:59moi je n'aurai pas assez de cette vie-là pour tester,
- 1:17:02tout ce que j'ai appris,
- 1:17:04tout ce qu'on m'a transmis,
- 1:17:06et pour après le mettre en pratique,
- 1:17:09je n'aurai pas assez de cette vie,
- 1:17:10donc c'est sûr qu'il faut sélectionner,
- 1:17:13et ensemble on sera plus fort pour faire les bons choix.
- 1:17:17Bon,
- 1:17:18Sandrine,
- 1:17:18je pense qu'on va s'arrêter sur ce super mot de la fin.
- 1:17:20Ensemble,
- 1:17:20on sera plus fort.
- 1:17:21Oui,
- 1:17:21on me va très bien.
- 1:17:23Je vous invite à me rejoindre sur ma page Instagram,
- 1:17:26ARTECOVERT,
- 1:17:30pour y découvrir le nom des prochains invités.
- 1:17:33Je me permets de vous rappeler que la seule manière de soutenir ce podcast et de le noter et le commenter sur la plateforme d'écoute de votre choix,
- 1:17:41c'est ainsi qu'on arrivera à faire porter la voix de ces passionnés de la couleur végétale.
- 1:17:46Merci à tous.
- 1:17:48Merci. Savoir si vous allez aimer, les mots clés du podcast ArtEcoVert : teinture végétale plantes tinctoriales indigo garance encre végétale couleur végétale colorants végétaux pigments végétaux coloration capillaire végétale fibres naturelles colorants biosourcés tanins teinture naturelle plantes artecovert couleurs de plantes design végétal couleur jardin agriculture tinctoriale