Latest / Archives / Le DÉRAILLEMENT du TRAIN qui a CHOQUÉ L’ESPAGNE (Saint-Jacques-de-Compostelle)
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- 0:10Saint-Jacques de Compostelle 24 juillet 2013 la soirée tombe
- 0:15doucement sur la ville. Le lendemain, on célèbre La
- 0:18Saint-Jacques. Les hôtels sont pleins, les rues
- 0:22commencent à se remplir. Ici, comme chaque été, on
- 0:25s'apprête à faire la fête. À quelques kilomètres de là, un
- 0:28train approche. Il vient de Madrid, il roule
- 0:31depuis plusieurs heures à l'intérieur des familles, des
- 0:34voyageurs, des gens ordinaires. Certains rentrent chez eux,
- 0:38d'autres arrivent pour quelques jours.
- 0:40Rien ne distingue ce trajet d'un autre, le train quitte un
- 0:44tunnel, il entre dans la banlieue sud de la ville à
- 0:4820h41, dans un virage serré, la rame sort des rails, les wagons
- 0:54se couchent, s'entrechoquent, certains s'empilent contre des
- 0:57murs de béton. En quelques secondes, le silence
- 1:01du trajet est remplacé par le chaos.
- 1:08Quand les secours arrivent, ils découvrent une scène d'une
- 1:10violence extrême. Le bilan est terrible, 79 morts,
- 1:14plus de 140 blessés. Dehors, la ville continue de
- 1:19vivre, les terrasses sont encore pleines.
- 1:21La fête, elle, n'aura jamais lieu.
- 1:25Ça devait être une journée de fête, une belle journée, une
- 1:28journée marquée par la joie et cela s'est transformé en une
- 1:31journée très triste, tellement triste.
- 1:57Saint-Jacques de Compostelle se trouve tout au nord-ouest de
- 2:00l'Espagne, en Galice. C'est une région à part, plus
- 2:03verte, plus humide, plus silencieuse aussi.
- 2:06Ici, la Pierre est sombre, les rues sont étroites et la ville
- 2:10semble souvent enveloppée d'une lumière un peu grise, presque
- 2:14douce. C'est pas une grande métropole,
- 2:17c'est pas non plus une ville de passage.
- 2:20Saint-Jacques de Compostelle, c'est une ville où l'on arrive
- 2:23depuis des siècles. Elle marque la fin du chemin de
- 2:26Saint-Jacques, l'un des plus anciens pèlerinages d'Europe.
- 2:30Des hommes et des femmes y marchent parfois pendant des
- 2:32semaines, traversant des pays entiers.
- 2:35Avant d'atteindre ce point précis sur la carte, ils
- 2:39arrivent fatigués, parfois émus, parfois simplement soulagés.
- 2:43Pour certains, c'est un voyage spirituel, pour d'autres, c'est
- 2:47plutôt un défi personnel. Et pour beaucoup, bah c'est
- 2:50difficile à expliquer. Mais tous viennent pour la même
- 2:53raison, arriver ici, au centre de la ville, il y a la
- 2:57cathédrale. Massive, imposante, construite
- 3:01sur plusieurs siècles selon la tradition chrétienne, elle
- 3:04abriterait les reliques de l'apôtre Jacques, l'un des
- 3:07disciples du Christ. Autour d'elle, la ville s'est
- 3:09organisée lentement, des ruelles pavées, des places, des
- 3:13bâtiments en granit. Une ville pensée dès le départ
- 3:17pour accueillir ceux qui terminent un long voyage.
- 3:23Aujourd'hui Encore, Saint-Jacques vit au rythme de
- 3:26ses arrivées. Chaque jour, des pèlerins
- 3:29franchissent les dernières rues à pied, souvent en silence,
- 3:32parfois en larmes, avant d'atteindre la place de la
- 3:35cathédrale. Le 25 juillet, jour de la
- 3:37Saint-Jacques, est le moment le plus important de l'année, pas
- 3:41seulement sur le plan religieux, mais pour toute la ville.
- 3:44C'est une date qui est chargée de symboles, une journée Où
- 3:47Saint-Jacques de Compostelle devient plus que jamais un point
- 3:51de convergence, un lieu où les chemins se terminent.
- 3:55La Veille, Saint-Jacques de Compostelle est déjà en
- 3:58effervescence, les arrivées se multiplient, les hébergements
- 4:02sont pleins, la ville se prépare et ce soir-là, le 24 juillet,
- 4:07comme tant d'autres voyageurs avant lui, le train en
- 4:10provenance de Madrid s'apprête lui aussi à arriver.
- 4:23Avant de continuer, je dois faire une petite parenthèse.
- 4:26Cette vidéo est sponsorisée par Holskern Holskern.
- 4:30C'est une marque de montres de Bijoux pour homme et femme et ce
- 4:34que je trouve intéressant chez eux, Bah c'est surtout leur
- 4:36philosophie. En gros, tous leurs produits
- 4:39sont fabriqués à partir de matériaux naturels, du bois, de
- 4:43la Pierre, de la Nacre et parfois des pierres semi
- 4:45précieuses. Le résultat est bah en fait
- 4:47aucune pièce n'est exactement la même.
- 4:50Chaque création est unique, il propose pas mal de choses
- 4:53différentes. Vous allez avoir des montres
- 4:55évidemment, mais aussi des bracelets par exemple, des
- 4:58colliers, des bagues aussi, pour hommes comme pour femmes, avec
- 5:02des designs assez sobres, faciles à porter au quotidien.
- 5:05La marque est d'origine autrichienne et ils produisent
- 5:08volontairement en petite quantité.
- 5:10Avec une démarche plus responsable et éthique plutôt
- 5:14que de faire de la production de masse.
- 5:15Et tous leurs produits sont garantis 2 ans.
- 5:17De mon côté, Ce que j'aime bien chez eux, c'est que c'est des
- 5:19produits en fait qu'on peut porter tous les jours.
- 5:21Vous le voyez d'ailleurs peut être souvent en vidéo.
- 5:23J'ai souvent des des colliers de leur marque.
- 5:25Avec la Saint Valentin qui approche, je trouve que ça fait
- 5:27partie des cadeaux qui ont du sens parce que c'est personnel.
- 5:30C'est différent de ce qu'on voit partout.
- 5:32Et c'est quelque chose qui peut accompagner quelqu'un sur la
- 5:35durée. Les livraisons et les retours
- 5:37sont gratuits et faciles. Et avec mon code Neoxy, Ben vous
- 5:40avez moins 15% de réduction sur tout le site.
- 5:43Et au passage, si vous commandez avant la Saint Valentin, vous
- 5:46avez aussi un sac cadeau offert avec votre commande.
- 5:49C'est toujours pratique si jamais vous voulez offrir le
- 5:51cadeau directement. Tout est en description avec le
- 5:54lien et le code promo Neoxy. Voilà pour la parenthèse, on
- 5:58peut reprendre. Ce soir-là, le train qui
- 6:10approche de Saint-Jacques de Compostelle est un alvia
- 6:14exploité par la renne fée. C'est la compagnie ferroviaire
- 6:17nationale espagnole. Pour les voyageurs, ce nom ne
- 6:20dit pas grand chose, c'est simplement le train qu'on prend
- 6:22pour aller d'un point a à un point B comme on le ferait
- 6:26ailleurs avec 1TGV ou un Inter cité.
- 6:27La renne fée, elle, c'est une institution en Espagne.
- 6:31Elle fait circuler des trains depuis des décennies sur tout le
- 6:35territoire, aussi bien pour les trajets du quotidien que pour
- 6:38les longues distances. En gros, c'est pas un réseau
- 6:41marginal ou expérimental, c'est un réseau utilisé, connu qui est
- 6:46fiable. Le trajet du jour relie Madrid à
- 6:55férolles, une ville portuaire située tout au nord-ouest du
- 6:58pays. Un parcours long, près de 600 km
- 7:01qui traverse l'Espagne d'Est en Ouest et qui dure environ 6 h.
- 7:05En chemin, le train s'arrête, des passagers descendent,
- 7:09d'autres montent. Le voyage se fait par étapes.
- 7:13Tranquillement, on s'installe, on discute, on regarde le
- 7:17paysage défiler. À mesure que les kilomètres
- 7:19passent, la fatigue du trajet s'installe, mais.
- 7:22L'arrivée se rapproche à bord, il y a rien d'exceptionnel, des
- 7:26familles, des voyageurs seuls, des gens qui rentrent chez eux
- 7:29ou qui arrivent pour quelques jours.
- 7:31Un train presque plein, comme souvent à la veille des grandes
- 7:34dates en Galice. Pendant une grande partie du
- 7:37parcours, le train circule sur des lignes rapides pensées pour
- 7:40rouler vite et longtemps. Sur ces sections, la conduite
- 7:43est fluide, les rails sont droits, les courbes sont larges
- 7:47et tout est conçu pour absorber la vitesse sans difficulté,
- 7:51mais. Le réseau espagnol a une
- 7:53particularité, contrairement à la France où les TGV roulent
- 7:56presque toujours sur des lignes dédiées séparées du réseau
- 8:00classique, Eh Ben l'Espagne a longtemps fait le choix de
- 8:03lignes hybrides, des trains capables de passer de la grande
- 8:07vitesse à des voies plus anciennes, sans changer ni de
- 8:11matériel ni d'interrompre le trajet.
- 8:13L'alvia est précisément conçue pour ça, à l'approche de
- 8:16Saint-Jacques de Compostelle. Cette transition se fait sans
- 8:20que les passagers ne s'en rendent compte.
- 8:22Il y a pas d'annonce particulière, pas de rupture
- 8:24brutale. Le train continue d'avancer
- 8:27simplement, mais la ligne, elle, change.
- 8:30Les rails suivent désormais un tracé plus ancien, plus sinueux,
- 8:35hérité d'une époque où les trains circulaient bien moins
- 8:37vite. Les marges se réduisent, la
- 8:40conduite devient plus exigeante, plus précise.
- 8:43Et dans ces derniers kilomètres, tout repose sur une chose.
- 8:48Savoir exactement où l'on se trouve sur la ligne et adapter
- 8:53la vitesse au bon moment. Le train est stable, le trajet
- 8:57touche à sa fin. Certains commencent déjà à
- 9:00penser à l'arrivée, au bagage. À la suite et sans le savoir, le
- 9:04convoi entre dans la portion la plus délicate du parcours, là où
- 9:09la grande vitesse s'efface complètement, là où
- 9:13l'anticipation devient essentielle.
- 9:16Et avant d'atteindre la gare, il reste encore un point précis à
- 9:20franchir, un virage serré. Situé dans la banlieue sud de la
- 9:23ville, les rails longent désormais des routes, des
- 9:33maisons, des quartiers habités. Le train n'est plus isolé dans
- 9:36la campagne. Il entre dans la ville quelques
- 9:38kilomètres avant la gare. La voie ferrée décrit une courbe
- 9:42particulièrement serrée. Connu sous le nom d'Al Grandeira
- 9:46dans le quartier d'Hongrois, ce virage n'a rien d'anodin à cet
- 9:51endroit précis. La logique du trajet change
- 9:53complètement, la vitesse doit chuter brutalement.
- 9:57Sur les documents de conduite, ce virage est clairement
- 10:00identifié. La vitesse de référence y est
- 10:02fixée à 80 km heure, une valeur très basse comparée aux sections
- 10:07précédentes du parcours pour franchir ce passage en toute
- 10:10sécurité. Le ralentissement doit être
- 10:13anticipé longtemps à l'avance sur plusieurs kilomètres.
- 10:16Ce point est connu des conducteurs.
- 10:19Il n'est ni caché ni imprévisible.
- 10:22Il fait partie des repères du trajet de ces endroits où
- 10:25l'attention ne peut pas se relâcher.
- 10:27Lors de l'inauguration de la ligne en 2011, certains
- 10:30passagers avaient d'ailleurs déjà ressenti un inconfort
- 10:33notable au passage de cette courbe.
- 10:35Le train n'avait pas déraillé, mais le virage avait rappelé une
- 10:39chose simple. Ici, la marge est réduite.
- 10:44Techniquement, ce secteur marque aussi une limite importante.
- 10:47Contrairement à d'autres portions du réseau, la courbe
- 10:50d'Al Grandeira n'est pas équipée d'un système capable d'imposer
- 10:54automatiquement un freinage en cas de vitesse excessive.
- 10:58La signalisation est là pour informer, pour alerter, mais pas
- 11:03pour intervenir. La sécurité repose donc
- 11:05essentiellement sur le conducteur.
- 11:08Sur sa vigilance, sur sa capacité à anticiper un passage
- 11:13qui ne laisse aucune place à l'erreur.
- 11:15Et ce soir-là, lorsque le train quitte le tunnel qui précède la
- 11:18courbe d'Al Grandeira, il s'y engage à une vitesse qui ne lui
- 11:21permet plus de la franchir en sécurité.
- 11:25Dans la cabine de conduite, les dernières minutes avant le
- 11:28virage s'enchaînent. Dans la cabine de conduite, le
- 11:43trajet touche à sa fin. Le train roule depuis plusieurs
- 11:46heures déjà, sans incident. Dans cette continuité propre au
- 11:50long voyage, où tout finit par devenir presque automatique, le
- 11:54conducteur connaît la ligne, il l'a déjà parcourue.
- 11:58Rien jusque là ne sort de l'ordinaire.
- 12:01Le train circule encore à une allure élevée.
- 12:03Pour les passagers, le mouvement est fluide, régulier, certains
- 12:07regardent leur téléphone, d'autres discutent à voix basse,
- 12:10quelques-uns commencent à rassembler leurs affaires.
- 12:13L'arrivée approche, rien ne laisse penser que le trajet
- 12:16entre dans une phase délicate. A 20h39, le téléphone
- 12:19professionnel du conducteur sonne, il décroche.
- 12:22La conversation n'a rien d'urgent, elle porte sur un
- 12:28élément technique du train, un échange de routine comme il en
- 12:31arrive régulièrement, mais. Elle intervient à un moment
- 12:35précis, alors que le convoi continue d'avancer rapidement
- 12:39vers l'entrée de la ville. Pendant que l'appel se poursuit,
- 12:42le train file, les kilomètres défilent vite, trop vite, la
- 12:47vitesse reste élevée à bord, personne ne s'en rend compte.
- 12:50Le voyage semble suivre son cours normal, mais le temps,
- 12:54lui, continue de s'écouler. Lorsque l'appel prend fin, le
- 12:58train se trouve déjà très proche de la zone où la vitesse aurait
- 13:00dû être fortement réduite. En jetant un regard sur sa
- 13:04position réelle, le conducteur comprend immédiatement la
- 13:07situation, la courbe est là, trop proche et la vitesse
- 13:12beaucoup trop élevée. Il réagit aussitôt, il déclenche
- 13:16le freinage d'urgence dans la cabine, il n'y a plus de place
- 13:19pour l'hésitation, les systèmes enregistrent tout, les alarmes
- 13:22se déclenchent, le train commence à ralentir, mais
- 13:25l'inertie est immense. À cette allure et à cette
- 13:29distance, le freinage ne peut plus suffire.
- 13:31A 20h41, lorsque la rame quitte le tunnel qui précède le virage
- 13:34d'Al Grandeira, elle roule encore bien au-delà de ce que la
- 13:38Cour peut accepter, les forces latérales deviennent
- 13:40incontrôlables. Le premier élément à céder est
- 13:43le fourgon générateur de tête, particulièrement lourd.
- 13:45En une fraction de 2nde, l'équilibre du train se rompt et
- 13:50en quelques instants, le trajet bascule.
- 14:01Quand le train s'engage dans la courbe, tout va extrêmement
- 14:04vite, la rame ne peut pas suivre le tracé.
- 14:07Le premier wagon bascule, entraînant les suivants dans un
- 14:10mouvement brutal, incontrôlable. Les voitures se couchent les
- 14:14unes après les autres, certaines s'écrasent contre la paroi de
- 14:17béton qui longe la voie, d'autres s'empilent dans un
- 14:20chaos de métal et de verre. À l'intérieur, les passagers
- 14:23sont projetés violemment, les repères disparaissent
- 14:27instantanément. Le bruit est assourdissant, puis
- 14:30soudainement étouffé dans plusieurs wagons.
- 14:33La poussière envahit l'air, des sièges se détachent, des bagages
- 14:37volent. L'éclairage s'éteint par
- 14:39endroit, reste allumé ailleurs, comme figé dans une scène
- 14:42irréelle. En quelques secondes, le train
- 14:45s'immobilise. Ceux qui sont encore conscients
- 14:48tentent de comprendre ce qui vient de se produire.
- 14:50Beaucoup sont blessés, désorientés, coincés dans des
- 14:54positions impossibles. Certains parviennent à se
- 14:57dégager seuls, à ramper, à se hisser vers une ouverture.
- 15:01D'autres appellent à l'aide sans savoir où il se trouve
- 15:04exactement. Le silence qui suit le choc est
- 15:17trompeur. Il est vite remplacé par des
- 15:20cris, des pleurs. Des voix qui se cherchent.
- 15:23Tout ça s'est passé si vite. Quelques secondes à peine.
- 15:26Tout était sombre. Les gens criaient.
- 15:28Moi, j'ai été projeté contre les bords du wagon.
- 15:31J'avais l'impression d'être une balle.
- 15:32À l'extérieur, le déraillement s'est produit en pleine zone
- 15:35habitée. Des riverains entendent le
- 15:38fracas puis voient les wagons sortir de la courbe.
- 15:41Très vite, ils comprennent qu'il ne s'agit pas d'un simple
- 15:44incident. Avant même l'arrivée des
- 15:46secours, des habitants du quartier hongrois se dirigent
- 15:49vers la voie ferrée. Certains aident les passagers à
- 15:51sortir des voitures accessibles, d'autres appellent les services
- 15:54d'urgence. Personne n'attend d'instructions
- 15:57quand la. Poussière a disparu.
- 15:59J'ai vu le wagon là et la première chose que j'ai fait, ça
- 16:01a été d'essayer d'aider, essayer de sortir les gens coincés à
- 16:04l'intérieur. On a.
- 16:07Évacué 16 blessés du train et 5 étaient déjà morts en dehors du
- 16:11train. Tout se fait dans l'urgence.
- 16:13Avec ce qu'il y a sous la main. Les premiers secours arrivent
- 16:17rapidement mais l'ampleur de l'accident complique chaque
- 16:20intervention. La rame est disloquée sur
- 16:23plusieurs dizaines de mètres. Certaines voitures sont
- 16:25écrasées, d'autres instables et à l'arrière, un départ de feu
- 16:30est signalé. Les équipes doivent sécuriser la
- 16:33zone, accéder aux wagons les plus endommagés, dégager les
- 16:36blessés sans provoquer de nouveaux risques.
- 16:39La coordination est difficile. Plusieurs services interviennent
- 16:42en même temps dans un environnement urbain étroit,
- 16:46sous les regards des habitants. Peu à peu, l'ampleur du drame
- 16:49apparaît. Les blessés sont évacués vers
- 16:51les hôpitaux de Saint-Jacques de Compostelle et des villes
- 16:54voisines. Certains sont dans un état
- 16:57critique, d'autres. Réalisent à peine ce qu'ils
- 17:00viennent de traverser. Sur place, le bilan humain
- 17:04commence à se dessiner. Il est lourd, très lourd.
- 17:14Des morts sont confirmés alors que les secours poursuivent leur
- 17:17travail. Une autre phase commence déjà,
- 17:20celle des questions. Dès les premières heures qui
- 17:28suivent l'accident, une double enquête est ouverte.
- 17:31L'une est judiciaire, menée par un juge d'instruction.
- 17:34L'autre est technique et administrative, confiée à la
- 17:38commission espagnole chargée des accidents ferroviaires, la CIAF
- 17:42la CIAF. Très vite, un objectif s'impose,
- 17:43comprendre ce qui s'est passé sans se limiter à ce qui est
- 17:48visible sur le terrain. Les wagons disloqués racontent
- 17:50une partie de l'histoire, le reste se trouve ailleurs.
- 17:55Dans les données enregistrées par le train, dans les
- 17:58procédures, dans l'organisation même du réseau, les enquêteurs
- 18:02récupèrent les boîtes noires du convoi.
- 18:04Elles contiennent les paramètres essentiels du trajet, c'est à
- 18:07dire la vitesse, les actions de freinage, les échanges radio ou
- 18:11encore les alarmes de cabine. Des données brutes précises,
- 18:15impossibles à interpréter à l'émotion.
- 18:18Très rapidement, un premier élément apparaît avec clarté.
- 18:21Au moment d'aborder la courbe, le train roulait beaucoup trop
- 18:24vite. Les relevés indiquent une
- 18:26vitesse proche de 195 km heure à l'approche du virage, encore 179
- 18:30km heure au moment du déraillement, là où la vitesse
- 18:33de référence est de 80 km heure. L'écart est immense et ne laisse
- 18:38aucune place au doute. L'enquête s'intéresse alors aux
- 18:43dernières minutes dans la cabine de conduite.
- 18:48Les échanges enregistrés montrent que le conducteur a
- 18:51répondu à un appel professionnel peu avant l'accident, à un
- 18:54moment où le ralentissement aurait déjà dû être engagé.
- 18:58Lorsqu'il se rend compte de sa position réelle sur la ligne, il
- 19:01réagit immédiatement. Il déclenche le freinage
- 19:04d'urgence. Mais à cette vitesse là, il y a
- 19:06une distance aussi courte du virage.
- 19:08Le freinage ne peut plus inverser le cours des choses.
- 19:11Très vite, une question plus large s'impose.
- 19:14Comment un train peut-il se retrouver dans une situation où
- 19:18une seule erreur humaine suffit à provoquer une catastrophe
- 19:21d'une telle ampleur ? Les enquêteurs se penchent alors
- 19:23sur les systèmes de sécurité en place sur cette portion de
- 19:26ligne, contrairement à d'autres sections à grande vitesse.
- 19:29On l'a dit plus tôt, mais le virage n'est pas équipé d'un
- 19:33système européen de contrôle automatique capable de forcer un
- 19:36freinage en cas de survitesse. La réduction de la vitesse
- 19:39repose donc entièrement sur l'action du conducteur.
- 19:43Peu à peu, l'image qui se dessine n'est pas celle d'un
- 19:46dysfonctionnement unique, mais d'un enchaînement de facteurs,
- 19:50une ligne hybride, une transition brutale entre 2 types
- 19:54de réseaux, l'absence de freinage automatique à un point
- 19:57critique et une erreur humaine survenue au pire moment.
- 20:03Aucun de ces éléments pris isolément n'explique le drame à
- 20:06lui seul, mais ensemble, ils ont créé une situation où la marge
- 20:10d'erreur était presque inexistante.
- 20:12Je suis là pour toutes ces personnes, pour tous ceux qui
- 20:15sont dans les hôpitaux, pour ceux qui ont disparu même si on
- 20:18ne les connaissait pas. Nous sommes des êtres humains,
- 20:21mais aussi pour ceux qui nous ont tendu la main et ceux que
- 20:23nous avons perdus. C'est très dur, très dur
- 20:27d'oublier et j'espère que cela n'arrivera plus jamais.
- 21:10Alors que les conclusions techniques commencent à émerger,
- 21:13une autre étape s'ouvre déjà, celle des responsabilités et
- 21:18celle, plus lente encore, de la justice.
- 21:21Comprendre ne suffit plus. Il faut désormais désigner ce
- 21:26qui aurait dû empêcher l'accident.
- 21:34À mesure que l'enquête avance, une évidence s'impose, le
- 21:38déraillement de Saint-Jacques de Compostelle ne peut pas être
- 21:41réduit à un simple accident. Les faits sont là, les données
- 21:45aussi restent à déterminer qui, dans cette chaîne de décision,
- 21:49porte une responsabilité pénale, une instruction judiciaire est
- 21:52ouverte pour homicide involontaire par imprudence
- 21:55professionnelle. Très vite, le conducteur du
- 21:58train, Francisco José Carson, est mis en cause.
- 22:01C'est lui qui était aux commandes ce soir-là, c'est lui
- 22:04qui n'a pas réduit la vitesse à temps et c'est son geste ou son
- 22:08absence de geste. Qui apparaît en premier dans la
- 22:11chaîne des événements. Il est.
- 22:12En garde à vue depuis 20h00 hier, nous lui avons lu ses
- 22:17droits car il est mis en examen pour un délit mais.
- 22:20L'instruction ne s'arrête pas là, le juge s'interroge aussi
- 22:24sur ce qui entoure l'accident, sur les choix faits bien avant
- 22:28le 24 juillet 2013, sur la conception de la ligne et sur
- 22:31l'absence de système capable d'empêcher un train de franchir
- 22:34ce virage à une vitesse dangereuse.
- 22:38Plusieurs responsables liés à la gestion de la sécurité
- 22:41ferroviaire sont entendus. Des cadres de l'adif,
- 22:44l'organisme public chargé du réseau ferré espagnol, sont mis
- 22:48en cause à leur tour. La question est simple mais
- 22:51lourde, ce point précis de la ligne aurait-il dû être sécurisé
- 22:56autrement pendant plusieurs années ?
- 22:58La procédure avance lentement, les expertises se succèdent, les
- 23:03responsabilités se discutent. Les familles des victimes
- 23:06assistent, souvent impuissantes à un processus judiciaire long,
- 23:10complexe et prouvant. À un moment, l'instruction se
- 23:18resserre. Finalement, un seul homme est
- 23:21renvoyé devant le tribunal, le conducteur du train.
- 23:24Cette décision provoque une profonde incompréhension chez
- 23:28les proches des victimes. Pour eux, l'accident ne veut pas
- 23:31être expliqué par une seule faute humaine.
- 23:33Ils dénoncent un système qui a laissé un point critique sans
- 23:36protection automatique et qui a fait reposer toute la sécurité
- 23:40sur la vigilance d'un seul homme.
- 23:42Il faudra attendre près de 9 ans pour que le procès s'ouvre enfin
- 23:46à Saint-Jacques de Compostelle. Un procès long.
- 23:49Dense où défilent des experts, des responsables techniques, des
- 23:54survivants et des familles venus chercher des réponses.
- 23:57Le tribunal ne cherche pas à rejouer le drame.
- 23:59Il cherche à déterminer si, au-delà de l'erreur humaine,
- 24:03certaines décisions structurelles ont contribué à
- 24:06rendre l'accident possible. À la barre, Andreas Khortal
- 24:09bitarte, ancien responsable de la sécurité de l'adif, nie tout
- 24:13défaut de conception. Selon lui, la ligne était sûre
- 24:17et l'accident ne peut s'expliquer que par une vitesse
- 24:20excessive. Il rejette donc la
- 24:22responsabilité sur le conducteur, rappelant que
- 24:25celui-ci se trouvait au téléphone à l'approche du
- 24:28virage, le conducteur lui reconnaît sa faute.
- 24:31Il admet une erreur grave commise au pire moment, 4
- 24:34secondes de retard fatal. Mais il rappelle aussi l'absence
- 24:38de système capable d'imposer un freinage automatique à cet
- 24:42endroit précis. Entre ces 2 versions, les
- 24:44familles des victimes refusent une explication unique.
- 24:47Elles ne contestent pas l'erreur humaine.
- 24:50Elles dénoncent un système qui a laissé un point critique, sans
- 24:53protection et qui n'a jamais pleinement reconnu ses failles.
- 24:56Ouvert en octobre 2022, ce procès hors norme a duré 4 mois.
- 24:59669 témoins ont été entendus, 44460 pages de dossiers examinés
- 25:02faute de place. Les audiences se sont tenues
- 25:10dans un centre culturel de la ville, transformé pour
- 25:13l'occasion en salle d'audience. En 2024, la justice rend
- 25:17finalement sa décision, 2 responsabilités sont reconnues.
- 25:21Le conducteur est condamné à un peu plus de 2 ans et demi de
- 25:24prison pour ne pas avoir respecté les règles de prudence
- 25:27liées à sa fonction, assorties d'une interdiction d'exercer
- 25:31pendant plusieurs années. Mais pour la première fois, la
- 25:34responsabilité d'un haut responsable de la sécurité
- 25:37ferroviaire au sein de l'ADDIF est également reconnue.
- 25:40Andreas Corta, Bitarte, est lui aussi condamné pour ne pas avoir
- 25:45suffisamment évalué les risques liés à ce virage pourtant connu.
- 25:58Après le verdict, le temps judiciaire s'achève.
- 26:01Mais pour Saint-Jacques de Compostelle comme pour les
- 26:04familles des victimes. L'histoire ne s'arrête pas là.
- 26:07Dans les mois et les années qui suivent l'accident, le réseau
- 26:10ferroviaire espagnol est progressivement réévalué.
- 26:14Certains dispositifs de sécurité sont renforcés, des procédures
- 26:19sont revues. La question des zones de
- 26:21transition entre lignes rapides et tracés anciens est désormais
- 26:25prise plus au sérieux. Pas seulement en Espagne.
- 26:28Ailleurs en Europe aussi. L'accident de Saint-Jacques de
- 26:31Compostelle devient un cas d'école.
- 26:33Un exemple étudié, disséqué pour rappeler que la vitesse n'est
- 26:37jamais un problème en soi tant qu'elle est maîtrisée, encadrée
- 26:40et anticipée jusqu'au dernier kilomètre.
- 26:44Mais ces ajustements techniques ne comblent pas le vide laissé
- 26:47par le drame. Pour les survivants, le souvenir
- 26:50reste ancré dans le corps. Pour les familles, le temps
- 26:54n'efface pas l'absence. Beaucoup continueront pendant
- 26:58des années à se battre pour que les responsabilités soient
- 27:01reconnues. Non pas par vengeance, mais pour
- 27:04éviter que d'autres n'aient à vivre la même chose.
- 27:07À Saint-Jacques de Compostelle, la ville a repris son rythme,
- 27:10les pèlerins continuent d'arriver, les trains continuent
- 27:14de circuler. Les fêtes de la Saint-Jacques
- 27:17ont repris, mais le 24 juillet 2013 reste une date à part, un
- 27:20point de rupture dans l'histoire de la ville.
- 27:23Ce soir-là, un train n'est jamais arrivé à destination et
- 27:26avec lui, des vies se sont arrêtées net.
- 27:31À quelques kilomètres seulement du terme de leur voyage.
- 27:35Merci à tous d'avoir suivi cette vidéo jusqu'au bout.
- 27:38On essaie toujours de traiter de ce genre de sujet avec beaucoup
- 27:41de respect parce que derrière les faits, bah il y a des
- 27:43victimes, des familles et des vies bouleversées, notamment sur
- 27:46cette affaire. Il y a beaucoup de familles qui
- 27:49ne souhaitaient pas forcément revenir sur les faits.
- 27:52Donc on essaie de respecter ça. C'est pour ça qu'il y a pas
- 27:54forcément de détails sur telle personne.
- 27:55Si la vidéo vous a intéressé, n'hésitez pas à vous abonner,
- 27:58comme toujours c'est gratuit. Et bah chaque chaque mois en
- 28:01fait, on voit que vous vous abonnez de plus en plus donc
- 28:03merci à vous. Vous pouvez retrouver mes vidéos
- 28:05en format podcast sur Deezer, Spotify et Apple Podcast,
- 28:08notamment sous l'émission chroniques obscures.
- 28:11Et merci à ceux qui nous écoutent justement en podcast.
- 28:13Et merci encore une fois à ols Card d'avoir sponsorisé la
- 28:16vidéo. Je vous rappelle que vous avez
- 28:17moins 15% de réduction en utilisant mon code néoxy.
- 28:20Il se trouve d'ailleurs aussi en description.
- 28:22Merci à tous d'avoir suivi la vidéo, c'était néoxy.