Latest / Archives / Le MONSTRE de BELGIQUE (Affaire Marc DUTROUX)
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- 0:071996, l'affaire la plus sombre et traumatisante que la Belgique
- 0:10ait connu éclate. Une affaire qu'on peine à
- 0:13évoquer tant les détails sont sombres et sordides.
- 0:15Une affaire dont personne ne peut sortir indemne, c'est
- 0:18l'affaire du démon belge Marc Dutroux.
- 0:32Décembre 1995, Marcinelle, nous sommes dans un quartier comme il
- 0:36en existe des milliers d'autres en Belgique, des petites maisons
- 0:38mitoyennes en briques rouges dans lesquelles vivent des
- 0:41familles sans histoire. La scène qui s'y déroule, elle,
- 0:44n'est pas banale, des gendarmes grouillent partout, ils
- 0:47perquisitionnent chez un certain Marc Dutroux.
- 0:50Il est mis officiellement en cause dans une affaire de
- 0:54séquestration liée à des vols de voitures.
- 0:58L'un des gendarmes, René Michaud, descend à la cave avec
- 1:01un serrurier. Il observe, il tend l'oreille.
- 1:05À première vue, rien d'anormal, hormis quelques objets étranges
- 1:10comme une crème intime pour femmes, des cassettes à
- 1:14caractère sexuel ou un spéculum. Des objets qui, quand on connaît
- 1:19la suite, apparaissent comme des preuves évidentes.
- 1:22Mais pour l'heure, nous sommes encore à la face de fouilles et
- 1:25de suspicions. Et là, sortis littéralement de
- 1:28nulle part des chuchotements d'enfants, la perquisition vient
- 1:34de prendre une toute autre tournure.
- 1:37D'abord les 2 hommes se figent, puis René Michaud Hurle sans
- 1:41réfléchir, taisez-vous à ces équipes.
- 1:44Les bruits des gendarmes cessent, mais pas que.
- 1:47Avec eux, les chuchotements d'enfants.
- 1:50Quelques secondes passent, toujours rien.
- 1:52Ils inspectent la pièce. Pas de trace de porte, ni d'un
- 1:56passage, seulement des objets en désordre et des meubles.
- 1:59Il doit y avoir une explication, c'est ce que se dit le gendarme
- 2:03et malheureusement, il la trouve.
- 2:05Son explication logique, ce doit être les enfants des voisins.
- 2:10Un matin de semaine, à l'heure de l'école, tout aurait dû
- 2:15l'alerter de cet événement. Michaud n'en fera rien, il n'en
- 2:19écrira même pas un mot dans le procès-verbal de la
- 2:22perquisition. Pas un seul.
- 2:24Pourtant, Mélissa et Julie étaient bien là encore vivantes,
- 2:28cachées derrière ce qui semblait n'être qu'une simple étagère.
- 2:31À cet instant précis, 2 enfants auraient pu connaître un tout
- 2:36autre destin et leurs visages n'auraient peut être jamais
- 2:39hanté. la Belgique. Ce jour-là, Julie et Mélissa,
- 2:42sûrement effrayés, ont été laissés à leur sort.
- 2:46Cette scène si simple et si terrible résume l'affaire du
- 2:50trou des occasions manquées. Des failles et derrière
- 2:54l'horreur des crimes, une mécanique institutionnelle
- 2:57rouillée parce que l'affaire Dutroux, c'est pas seulement
- 3:00l'histoire d'un criminel de disparition et d'abus
- 3:04innommable, c'est celle d'un système judiciaire et policier
- 3:07pris en faute de rivalité entre services d'informations qui ne
- 3:12circulent pas, de décisions incompréhensibles.
- 3:15Et d'exclusion de certains enquêteurs.
- 3:17De nombreuses erreurs qui ont précipité 6 petites filles dans
- 3:20les bras d'un des plus grands criminels que la Belgique ait
- 3:23connu. Vous l'avez compris,
- 3:27aujourd'hui, on se plonge plus que dans une simple affaire.
- 3:30On met les pieds dans un phénomène de société qui a
- 3:33bouleversé le quotidien de tous. Même ici en France, le calvaire
- 3:36belge a profondément changé nos habitudes.
- 3:39C'est aussi l'affaire d'un procès qui ne convainc pas.
- 3:42De conclusions, d'enquêtes sans cesse remises en cause, de
- 3:44débats publics qui continuent, plus de 20 ans après le procès,
- 3:48d'animer les foyers. D'un côté, les croyants, ceux
- 3:51qui pensent que derrière du trou, il y a toute une
- 3:54organisation criminelle dans laquelle des noms de
- 3:57personnalités importantes se seraient glissés.
- 4:00Et de l'autre, ceux qu'on appelle les non-croyants, ceux
- 4:02qui pensent que Dutroux est un pervers isolé, qui a agi seul,
- 4:06sans aucune aide. Se font donc face ceux qui
- 4:10accusent le système et ceux qui tiennent pour responsables un
- 4:13monstre, une anomalie. Marc Dutroux s'est évadé du
- 4:31Palais de justice. Qui est morte ?
- 4:34Oui, oui. En mémoire, elle a été là.
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- 4:59maintenant que je dors sur un matelas Emma depuis ma première
- 5:02sponso avec eux et depuis quelques mois je pense 6 mois
- 5:06sur un sur matelas qu'on a mis au-dessus.
- 5:08C'est un combo qui est incroyable et je n'ai jamais
- 5:10aussi bien dormi de ma vie. En plus YA1 petit détail aussi
- 5:12que j'aime bien, je vous en avais déjà parlé, mais notamment
- 5:15durant l'été, ils ont des oreillers qui gardent une
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- 5:39quand vous dormez à 2 notamment, il y a le matelas Hybrid 2 qui a
- 5:42été élu meilleur matelas testé en France en 2025, le matelas
- 5:45original 2 qui est la nouvelle version de leur best seller et
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- 5:54Et comme il y a Noël qui approche, bah je me dis c'est
- 5:56potentiellement une super idée de cadeau utile par exemple pour
- 5:59vos parents ou vos grands-parents si vous voulez
- 6:01vous mettre à plusieurs. En vrai c'est des cadeaux qui
- 6:02peuvent être quand même vachement intéressants, même si
- 6:04c'est pas directement un matelas, ça peut être un
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- 6:27premier décembre. Le lien est en description et en
- 6:29commentaire épinglé. Merci à Emma de soutenir la
- 6:32chaîne et on retourne à notre enquête.
- 6:48Retour le 24 juin 1995. C'est un samedi comme un autre à
- 6:52grasse, ologne pas très loin de Liège.
- 6:54Les gens parlent, se reposent, regardent la télé, les enfants
- 6:58jouent dehors. Bref, un jour d'été comme il y
- 7:02en a tant d'autres. Au programme de Julie Lejeune et
- 7:05Mélissa Russo, 2 petites filles de 8 ans, c'est rire ou jeux et
- 7:08bonne humeur assurée à la maison.
- 7:11À 17h00, changement de plan. Elle demande l'autorisation à la
- 7:18mère de Mélissa d'aller faire coucou aux automobilistes sur le
- 7:21pont qui passent au-dessus de l'autoroute.
- 7:24Rien d'inhabituel, elles y vont assez régulièrement et jusque là
- 7:29ça s'est toujours bien passé. La maman dit oui sans trop
- 7:33hésiter et les filles s'en vont. Elle est encore très loin de se
- 7:37douter que c'est la dernière fois qu'elle les verra.
- 7:40Alors oui, de notre point de vue, laisser des petites filles
- 7:43seules aller faire coucou à des voitures sans surveillance.
- 7:46Ça paraît inconscient, mais faut se remettre dans le contexte.
- 7:49On est en 1995. la Belgique comme la France ne sont pas
- 7:52encore traumatisés par les enlèvements d'enfants.
- 7:54On en parle assez souvent en général dans les intros de
- 7:58certaines vidéos qu'on peut faire.
- 7:59La vie est plutôt douce et on fait confiance aux voisins.
- 8:02Dans une société qui n'était pas encore complètement
- 8:05individualiste et tournée vers leurs écrans de téléphones.
- 8:08Les rues étaient différentes, l'ambiance aussi et les filles
- 8:12connaissaient bien le chemin. Il n'y avait aucune raison de
- 8:18s'inquiéter. Mais 30 Min passent, puis 45
- 8:22Min, puis 1 h 2 h. Et les filles ne sont toujours
- 8:26pas là, ni chez Julie, ni chez Mélissa.
- 8:30C'est bizarre parce qu'elles auraient dû être de retour vers
- 8:3317h30. D'abord c'est une inquiétude
- 8:34mesurée, puis ça bascule. Les parents ont un très mauvais
- 8:40pressentiment, ils savent que ce n'est pas normal.
- 8:45Mais comme souvent dans ces cas-là, on se rassure, on garde
- 8:49espoir. Les filles sont sûrement dans le
- 8:51coin, c'est la seule explication possible, mais rien.
- 8:55Ils font des tours de quartier, ils appellent les copines les
- 8:59gens chez qui elles auraient pu se rendre, ils retournent au
- 9:01pont, rien. La nuit tombe et l'absence se
- 9:05fait de plus en plus présente. Les filles ne sont
- 9:07définitivement pas là, il faut se rendre à l'évidence,
- 9:10désormais on cherche à comprendre.
- 9:13Les services de police sont appelés de suite, mais
- 9:15malheureusement le signalement n'est pas vraiment pris au
- 9:18sérieux. C'est toujours la même rengaine,
- 9:20c'est une fugue, elles vont revenir ça pour les familles,
- 9:23c'est le plus insupportable, insultant même.
- 9:26Ils connaissent leurs filles, elles n'ont pas fugué, ils
- 9:30comprennent très tôt que si ils veulent retrouver Julie et
- 9:32Mélissa, il va falloir chercher seul.
- 9:35Très vite, ils s'organisent et mènent une vraie enquête, ils
- 9:39questionnent les voisins. 2 hypothèses ressortent très vite.
- 9:43La plus rassurante, certains les ont bien vues sur le pont et
- 9:46l'autre, elle serait montée dans une voiture sans opposer aucune
- 9:51résistance. Bien moins rassurant.
- 9:53Mais la voisine n'est pas sûre que les 2 enfants soient Julie
- 9:56et Mélissa. Alors, est ce bien elles ?
- 9:59Rien n'est moins sûr, mais au moins ils ont des pistes.
- 10:12Le lendemain, on s'organise, photos agrafées à chaque coin de
- 10:15rue, affiche, journal local, radio.
- 10:18Rien n'est laissé au hasard. Les parents refont
- 10:21inlassablement le chemin et mènent des battues.
- 10:25Ils sont épuisés, mais ils y croient, ils vont retrouver les
- 10:29filles. Encore une fois, rien.
- 10:31Seule l'absence reste dans les médias.
- 10:34On présente très vite que cette disparition n'a rien d'une
- 10:38affaire classique. Quelque chose ne tourne pas rond
- 10:42côté forces de l'ordre, ça bloque, on prend des notes, on
- 10:45fouille à la va vite, on promet de rappeler et rien n'avance
- 10:48vraiment. Surtout, des gestes basiques
- 10:51sont mal faits, pièces mal préservées, indices manipulés,
- 10:54sans gants, sans précaution, chambre non scellée.
- 10:58Ces indices gâchés, ces heures dans le vide, c'est du temps
- 11:01perdu. Or, c'est bien connu, dans ce
- 11:03genre d'affaire, chaque minute compte.
- 11:06Mais le désarroi des Lejeune et Russo atteint son maximum quand
- 11:09les enquêteurs leur auraient demandé 1GSM en gros un
- 11:13téléphone, faute d'équipement pour retrouver leur fille.
- 11:17Ils attendaient du professionnalisme, ils ont vu de
- 11:20l'amateurisme et ils ne l'oublieront jamais.
- 11:23Les jours passent et se ressemblent, mais très vite, ce
- 11:26qui n'était qu'un drame local devient national.
- 11:30Les visages de Julie et Mélissa sont.
- 11:32Partout, les parents prennent la parole à
- 11:48de nombreuses reprises, à la fois pour demander plus de
- 11:51moyens et surtout dénoncer le manque de mobilisation.
- 11:55Ils vont jusque sur les plateaux télé et émeuvent le peuple
- 11:58belge. Petit à petit, l'opinion
- 12:00publique se range de leur côté. Personne ne lâche et la Belgique
- 12:04attend des résultats. Ce n'est clairement pas au goût
- 12:06de la justice qui va à plusieurs reprises leur demander de se
- 12:09taire. L'ambiance entre les 2 parties
- 12:12reste tendue tout le long de l'enquête.
- 12:14Et pour cause, les parents cherchent leur petite fille
- 12:17vivante. La justice, elle cherche des
- 12:20corps et ça, pour les parents, c'est absolument inaudible. 22
- 12:29août 1995. Ça fait presque un mois que
- 12:33Julie et Mélissa ont disparu. Toujours pas de corps, pas de
- 12:37piste sérieuse, un mois d'angoisse, de questionnement et
- 12:41de pleurs. Pendant ce temps, la vie reprend
- 12:44son cours. Pour beaucoup de Belges, cette
- 12:47période estivale rime davantage avec plages, bars, soirées et
- 12:51amis. Parmi eux, un groupe d'amis vit
- 12:54ses premières vacances sans parents sur la côte, à Westand.
- 12:57En ce 22 août donc, l'ambiance est légère et insouciante
- 13:02jusqu'au lendemain matin. 2 filles manquent à l'appel, Anne
- 13:07Marshall, 17 ans, et Épieux Lambrex, 19 ans.
- 13:12Ils appellent sans attendre les parents et lancent l'alerte dans
- 13:16la foulée. Mais au commissariat de
- 13:18Middlekerke, sur la côte, le signalement n'est pas pris au
- 13:22sérieux. Ils sont habitués et clairement
- 13:25pour eux. 2 jeunes en vacances qui disparaissent une nuit, ça
- 13:28n'a rien d'exceptionnel. L'hypothèse classique et qui a
- 13:32du sens. Mais les proches l'assurent, les
- 13:34filles ne sont pas du genre à dormir ailleurs, surtout
- 13:37qu'elles sont chacune en couple. L'argument n'aide pas et pousse
- 13:41même un policier à répliquer quelque chose d'assez aberrant,
- 13:45je suis marié, sous entendez, ça m'empêche pas d'aller voir
- 13:49ailleurs. On peut le dire, la grande
- 13:52classe. Les familles ne se découragent
- 13:54pas. Dès le lendemain, elles déposent
- 13:56un nouveau signalement à Hasselt, leur ville.
- 13:59Cette fois, c'est enregistré, mais sans urgence.
- 14:02On parle encore de nuit qui a dérapé, mais pas d'enlèvement.
- 14:06Même cas de figure qu'à grâce ologne, les familles remuent
- 14:11ciel et terre pendant que les autorités prennent le temps.
- 14:13Le juge d'instruction n'est saisi qu'au bout d'une semaine.
- 14:17Encore des heures perdues. Aucun lien n'est fait avec
- 14:21grâce, ologne. Ici, 2 jeunes femmes de nuit sur
- 14:24la côte, de l'autre, 2 fillettes de 8 ans en plein jour sur un
- 14:28pont à plus de 200 km les unes des autres.
- 14:32À part qu'elles sont kidnappées par paire, rien ne semble
- 14:36coller. La soirée defieux et âne sera
- 14:39reconstituée après coup. L'enquête établie qu'en fin
- 14:42d'après 12h00. Elles ont pris hyper
- 14:44enthousiaste. Le tram côtier pour Blankenberg
- 14:48afin d'assister à un spectacle d'hypnose au casino.
- 14:51On est sûr qu'elles y étaient bien puisque plusieurs
- 14:54spectateurs affirment les y avoir vu.
- 14:56Mais à 23h44, la soirée bascule sans qu'elles ne s'en rendent
- 15:00compte. Les filles ratent le dernier
- 15:02tram pour veste en 2. Un loupé qu'elles vont payer
- 15:05très cher. Des témoins les ont aperçu
- 15:08successivement autour de la gare et sur le front de mer et sur un
- 15:11quai vers 01h20. Comme le trajet en taxi était un
- 15:15peu cher, elles font du stop. Aux alentours de 01h30, CE sera
- 15:19la dernière trace. Autant de morceaux de puzzle.
- 15:23Mais là encore, pas de fin, pas de conclusion.
- 15:26Dans les jours puis les semaines qui suivent, la mécanique
- 15:30reprend les affiches, les appels à témoins, les prénoms d'Anne et
- 15:33Ephieux rejoignent ceux de Julie et Mélissa, mais en vain.
- 15:38Ça fait 4 prénoms. Et 15 mois pour toutes les
- 15:41familles, le calvaire est sans fin.
- 15:43Mais dans les 2 cas, ils y croient dur comme fer.
- 15:45Leurs filles sont quelque part vivantes.
- 15:48Certains se trompent, d'autres ont raison.
- 15:51Vivante ou morte ? Impossible de connaître la
- 15:54réponse. Par contre, une chose est bien
- 15:56sûre, quelque part, quelqu'un sait où elles sont.
- 16:13Le 28 mai 1996, nouvelle disparition.
- 16:15Cette fois, nous sommes à Cain. À l'autre bout du pays, c'est la
- 16:19petite Sabine Dardenne, 12 ans, qui disparaît sur le chemin de
- 16:23l'école. Comme tous les matins, elle
- 16:25était partie à vélo au collège. En chemin, elle croisait parfois
- 16:28une amie. Ce jour-là, elle était en retard
- 16:31et Sabine a continué son chemin seul.
- 16:33Peut être que si sa camarade avait été là.
- 16:38Sabine serait arrivée au collège ce matin là.
- 16:42Ou peut être que le visage de sa copine aurait lui aussi fini
- 16:45placardé dans toute la Belgique. Cette incertitude, c'est
- 16:48exactement ce qui nous terrifie tous ce et si cette multitude de
- 16:53coïncidences accumulées, c'est ce qui nous fait dire, ça aurait
- 16:56pu être moi. Et c'est exactement parce que
- 16:59ces disparitions semblent aléatoires qu'elles pourraient
- 17:02arriver à n'importe qui, que ces affaires prennent des
- 17:04proportions énormes. Sabine est partie à 07h20 et
- 17:08devait arriver à 07h30. Elle disparaît donc en 10 Min 10
- 17:13Min. J'ai essayé de crier mais tout
- 17:17de suite il a mis la main comme ça pour pour me faire taire et
- 17:23donc j'ai pas su dire grand chose.
- 17:24Une nouvelle fois, l'engrenage s'enclenche.
- 17:27Une nouvelle fois, un monde s'écroule.
- 17:30Tout de suite, l'affaire est prise au sérieux.
- 17:33En même temps, ça commence à faire une liste de noms assez
- 17:36longs. Le peuple belge exige des
- 17:38réponses, où sont les filles ? Le visage de Sabine va être
- 17:42littéralement partout, à la télé, à la radio.
- 17:46L'abattage médiatique est monstrueux.
- 17:49En parallèle, de nombreuses battues sont menées, c'est du
- 17:52jamais vu. On mobilise même des
- 17:54hélicoptères avec des caméras infrarouges pour passer
- 17:57au-dessus des maisons. Mais là encore, c'est le néant,
- 18:00rien ne fonctionne. Aucune piste ne semble probable
- 18:03et le mystère reste entier. Il faut dire que dans ces
- 18:06cas-là, la difficulté est assez importante.
- 18:08Il y a aucun témoin et aucune trace pour les familles, c'est
- 18:12insoutenable. Mais encore une fois, l'espoir
- 18:14reste. À tel point que les parents de
- 18:16Sabine laisseront tous les soirs la lumière allumée de leur
- 18:20porche au cas où leur fille ait besoin de se repérer au JT.
- 18:23Son prénom rejoint ceux de Julie, Mélissa, Efyu et Anne, 5
- 18:28prénoms, 4 âges, 3 lieux. L'idée d'une série s'installe,
- 18:33la peur, elle, grandit. Mais l'horreur ne s'arrête pas.
- 18:37Plus de 2 mois plus tard, c'est un nouveau coup de massue.
- 18:42Laetitia Delez, 14 ans, a disparu à bettrix lieu encore
- 18:47une fois totalement éloigné des autres.
- 18:50Elle sortait d'une session piscine avec ses copines et
- 18:53devait rentrer à pied. Sa maison est juste à côté, moi
- 18:56je voulais juste. Une amie.
- 18:59Je pensais pas qu'il y allait faire pareil avec avec une
- 19:02autre, elle m'a ramené Laetitia après.
- 19:05C'était ma nouvelle copine. Elle n'arrivera.
- 19:08Jamais à destination. Et pour une 2e fois, l'organe
- 19:11judiciaire s'emballe, la disparition est prise
- 19:14instantanément au sérieux et ça va faire la différence.
- 19:17Des témoins ont aperçu une camionnette blanche, le grand
- 19:21classique, dont le conducteur avait un comportement plus que
- 19:25bizarre. À tel point qu'un des témoins
- 19:27mémorise une partie de la plaque d'immatriculation.
- 19:30C'est là que l'affaire prend une autre direction.
- 19:34Sans ce minuscule morceau de plaque, cette histoire aurait pu
- 19:37continuer encore longtemps et des visages auraient pu encore
- 19:41s'accumuler au JT. Avec ces quelques lettres de
- 19:44plaque, les enquêteurs extraient une courte liste de véhicules
- 19:46possible, puis croisent avec des témoignages de voisinage et la
- 19:51présence repérée autour de bertrix.
- 19:53Très vite, un profil ressort. Et il est bien connu des
- 19:57services de gendarmerie et de police, car ses antécédents sont
- 20:00lourds. Marc Dutroux.
- 20:12Déjà condamnés ? Pour des faits sur mineurs et
- 20:14des séquestrations. Ce nom, ils l'ont déjà croisé
- 20:17pendant leur enquête. Une sensation s'empare d'eux.
- 20:21Ils l'avaient sous les yeux pendant tout ce temps et ils
- 20:24sont passés à côté. Ils sont encore loin de réaliser
- 20:27l'ampleur. De ce qu'ils vont découvrir.
- 20:29Mais à cet instant, même le temps presse, ils le savent.
- 20:33Le 13 août 1996, ils interpellent Marc Dutroux.
- 20:35Dans la foulée, une perquisition dans le cadre de la disparition
- 20:39de Laetitia est faite à Marcinelle.
- 20:41On fouille la maison, mais ça ne donne rien du tout.
- 20:44Dans la cave, tout paraît encore une fois banal, des outils, des
- 20:48étagères, des traces de travaux. On referme et on continue.
- 20:55Par contre, les gendarmes sont plus chanceux.
- 20:57Dans la camionnette, un chien marque la présence récente de
- 21:01Laetitia, mais pas de trace de la jeune fille.
- 21:04Côté salle d'audition, les enquêteurs font enfin face à
- 21:08l'étrange Marc Dutroux. Affublé d'une salopette grise et
- 21:12de lunettes noires et plutôt à l'aise, il nie en bloc.
- 21:17Il reconnaît bien avoir croisé Laetitia à Bertrix mais raconte
- 21:20une version pas très crédible. Elle serait juste montée pour
- 21:24parler. Puis serait reparti comme si de
- 21:27rien n'était. Alors les enquêteurs se tournent
- 21:29vers Michel Lelièvre, l'ami et exécutant.
- 21:33Et ils ont un avantage de taille pour le faire parler.
- 21:35Il est toxicomane et tient très mal la garde à vue.
- 21:39Les heures passent, le manque le rattrape et la digue cède.
- 21:44Il admet l'enlèvement de Laetitia, décrit le trajet et
- 21:48confirme le rôle de Dutroux. Avec cet aveu, la stratégie
- 21:52change complètement, on remet du trou face aux éléments.
- 21:56Il finit par avouer et balance, où est Laetitia ?
- 22:00Mais pas que. Il leur dit sans détour, c'est
- 22:05pas une fille que je vais vous donner, c'est 2.
- 22:09Dans la salle d'interrogatoire, une seule question reste, qui
- 22:13est la 2e ? Qui vous a attrapé ?
- 22:23Je sais pas si vous avez. Pris l'habitude avec toutes les
- 22:25affaires criminelles qu'on a déjà traité sur cette chaîne.
- 22:28Mais cette phrase, en plus de lâcher une bombe, elle en dit
- 22:31énormément sur Marc Dutroux, je vais vous en donner 2.
- 22:34Autrement dit, je suis en contrôle.
- 22:37Ça montre bien sa personnalité égocentrique et manipulatrice.
- 22:41Il se met en scène, en sauveur, en arbitre de la vie et de la
- 22:46mort. Et là, c'est complètement
- 22:47lunaire parce que du trou en disant qu'elles sont à
- 22:50marcinelles n'est pas crue. Il est obligé d'insister pour
- 22:54qu'on le prenne au sérieux. Il faut se mettre du point de
- 22:56vue des gendarmes. Ils sont allés à Marcinelle, ils
- 22:58n'ont vu aucune petite fille, mais du trou tient bon.
- 23:02C'est ainsi que le 15 août 1996, de retour à Marcinelle, ils
- 23:05révèlent l'horreur dans la cave, il dégage les bouteilles d'une
- 23:09étagère métallique, puis tire une porte camouflée et lourde de
- 23:13plus de 200 kilos. Il avance et il dit, c'est moi.
- 23:20Cette planque, les forces de l'ordre le savent, ils auraient
- 23:23pu la trouver parce que depuis plus d'un an, c'est pas une mais
- 23:273 perquisitions qui ont eu lieu. Alors Comment expliquer qu'ils
- 23:32soient passés à côté de ça ? Dans cette.
- 23:35Cache minuscule, 2 visages d'enfants, 2 visages que la
- 23:40Belgique connaît bien, celui de Laetitia.
- 23:42Et d'une petite fille disparue depuis 80 jours et que beaucoup
- 23:45pensaient morte, Sabine Dardenne.
- 23:51Elles sont. Toutes les 2 vivantes.
- 23:54La scène est brève, tendue, irréelle.
- 23:57Les policiers, les extraits les couvrent, les mettent en
- 24:01sécurité. En quelques minutes, la Belgique
- 24:03bascule, 2 adolescentes sont retrouvées et l'affaire change
- 24:07d'échelle. Mais un détail vient déranger
- 24:17cette libération, les filles demandent à Dutroux si elles
- 24:20peuvent garder leurs magazines et surtout lui disent merci et
- 24:24lui font la bise. L'emprise de du trou semble
- 24:28totale en même. Temps que c'est formidable.
- 24:51Les images sont encore très émouvantes.
- 24:53Sabine et Laetitia réintègrent leur famille, les larmes coulent
- 24:56et un vous m'avez manqué prononcé par la petite fille de
- 24:59Quin brise le cœur de milliers de Belges qui assistent émus à
- 25:03leur libération. Mais la joie ?
- 25:12Est de courte durée. Derrière ce qui attend les
- 25:15citoyens belges, c'est l'effroi et l'horreur.
- 25:18Le récit de Sabine Dardenne les Traumatisera à jamais.
- 25:34De cette affaire, c'est le témoignage de Sabine qui sera le
- 25:38plus important. La petite fille est restée chez
- 25:41Dutroux 80 jours, contrairement à Laetitia qui n'a fait que 5
- 25:45jours. Les détails de sa captivité,
- 25:48elle les raconte dans son livre mais aussi dans une interview
- 25:51que j'ai retrouvée alors qu'elle A 18 ans.
- 25:53Je fais une parenthèse là-dessus parce qu'elle est
- 25:56impressionnante, d'une dignité et d'une clarté exemplaire.
- 25:59Revenons donc à Quint. Le 28 mai 1996, du point de vue
- 26:02de Sabine, elle part à 07h20 de son domicile et pédale en
- 26:06direction du Collège. Quand un camion s'arrête à son
- 26:08niveau, elle n'a pas le temps de comprendre qu'elle est mise à
- 26:12l'arrière du camion. Ça ne fait même pas 5 Min
- 26:16qu'elle roule, mais en fait pendant un.
- 26:18On attrape l'autre, prend le vélo et et mes sacs quoi donc
- 26:23cartable ? Ouais, mon sac de.
- 26:25Piscine, mon sac de sport, tout, tout, tout du trou et.
- 26:28Michel Lelièvre lui donne des cachets pour la cédater.
- 26:31Mais bien décidée à ne pas se laisser faire, elle n'en prend
- 26:35pas l'intégralité. Elle est donc à moitié
- 26:38consciente tout le long du trajet, arrivée à Marcinelle.
- 26:42Il lui demande de rentrer dans un coffre pour ne pas être vu
- 26:45avec la petite. Un moment qui la marquera à
- 26:48jamais. Les 3 premiers jours, dans la
- 26:50maison de Marcinelle, Sabine est attachée au cou, nue dans un lit
- 26:55et droguée. Ce que Dutroux.
- 26:58Lui a fait dans ce lit, vous vous en doutez, était
- 27:00effroyable, mais y a. Quelqu'un qui est rentré dans la
- 27:04Chambre, mais comme Ali, j'étais somnolent.
- 27:07J'ai pas, je voyais pas trop bien, moi je.
- 27:11Je pense bien que c'était le lièvre au bout de quelques.
- 27:14Jours, le démon belge lui raconte que ses parents ne
- 27:17veulent pas payer la rançon pour la libérer au chef de du trou.
- 27:21Concrètement, il lui raconte qu'il s'en fiche et c'est pour
- 27:24cette raison que sa bine est en danger de mort car sans rançon
- 27:28payée, elle ne sert à rien au réseau criminel.
- 27:31Et c'est là qu'on mesure l'ampleur de la manipulation du
- 27:34trou. Son chef qui veut une rançon est
- 27:37imaginaire. Mais tant que Sabine y croit-il
- 27:40peut se faire passer pour le gentil qui veut la sauver.
- 27:43Mais pour ça, elle doit lui faire confiance.
- 27:45Donc en fait, il vous avait. Présenté l'endroit comme un
- 27:48endroit salvateur pour vous. Donc vous, vous vous étiez bien
- 27:51là ? Ouais, pour lui je devais.
- 27:52Être bien quoi, et vous ? Vous aviez l'impression d'être
- 27:55protégé ? Ouais, un petit peu, ouais.
- 27:57Quand même, elle le suit. Pour se cacher dans le sous-sol
- 28:00de la maison, une consigne est donnée comme elle est en danger.
- 28:04Elle ne doit pas faire de bruit et ne doit parler qu'à lui.
- 28:07Il peut faire ce qu'il veut d'elle, mais pour être sûr
- 28:11qu'elle ne se rebelle pas, il invente plusieurs stratagèmes.
- 28:14C'est ainsi qu'au cours de sa captivité, il demande à Sabine
- 28:17d'écrire des lettres à ses parents, lui faisant croire
- 28:20qu'il est en lien avec eux. Il lui raconte qu'ils vivent
- 28:23bien, qu'ils continuent leur vie comme si de rien n'était.
- 28:26D'ailleurs, ils ont même sorti la piscine dans la cache.
- 28:30Sabine est en colère, ne comprends pas.
- 28:33Et surtout, elle se croit punie. Alors dans ses lettres, elle
- 28:37s'acharne à prouver qu'elle a toujours aimé ses parents et
- 28:41qu'elle mérite de revenir vivre avec eux.
- 28:43Évidemment, ces lettres du trou ne les envoient pas.
- 28:46Moi, je pensais que. C'était une punition.
- 28:50Que si j'étais là. C'est parce que j'avais pas été
- 28:52gentille avec mes parents donc je je pensais que c'était moi la
- 28:55mauvaise en fait. Revenons à la.
- 28:57Cache En résumé un enfer. Approximativement 1m60 de haut
- 29:03sur un mètre de large et 2 M de long, c'est tout un petit cagibi
- 29:08sans lumière naturelle avec pour toilette un seau hygiénique.
- 29:11Un traumatisme pour Sabine l'hygiène dans sa captivité, il
- 29:15n'y en a pas ou quand elle a le droit à un bain, ce n'est jamais
- 29:18seul. Je devais.
- 29:19Remonter mon seau dans lequel je faisais mes besoins pour le
- 29:23laver, tout ça. Je prenais mon bain.
- 29:25Parfois, c'était tous les jours, parfois une fois par semaine.
- 29:30Avec lui parfois. Tout le temps.
- 29:37Dans sa prison. Il y a néanmoins quelques objets
- 29:40pour passer le temps, notamment une console et une petite télé.
- 29:44Elle a également ses affaires d'école et un carnet dans lequel
- 29:47elle écrit. Elle se fait un calendrier
- 29:50qu'elle annote et qui l'aide à rester connectée à l'extérieur.
- 29:53Elle peut ainsi imaginer sa mère au travail ou en week-end.
- 29:57Et ça l'aide à tenir et garder la notion du temps plus fort
- 30:01encore. Sur son calendrier, elle note
- 30:03tout, notamment les visites de son geôlier par des ronds, ses
- 30:07absences par des croix. Et elle dessine des étoiles
- 30:10rouges quand il fait monter en haut dans le lit.
- 30:13À chaque fois, le nombre d'étoiles correspond à
- 30:16l'intensité de son calvaire. Ce carnet de bord, il lui a non
- 30:20seulement permis de survivre, de maintenir un cadre, une routine
- 30:24là où il n'y en avait plus, mais.
- 30:26Est aussi un document incriminant envers du trou, une
- 30:30preuve de ce qu'elle a vécu et un moyen fiable de connaître les
- 30:33allées et venues de du trou durant cette période.
- 30:36Parfois, il l'emmène dormir avec lui à l'étage et l'attache avec
- 30:40une chaîne qui le relie à sa propre cheville.
- 30:43Elle est prise au piège et au fur et à mesure que les jours
- 30:45défilent du trou, attribue un rôle à sa captive.
- 30:49Elle devient sa petite femme. Surnom qu'il lui attribue.
- 30:53Il tente de normaliser la situation et donne un rôle actif
- 30:57à cette petite fille. Concrètement, quand elle est
- 30:59remontée à l'étage, il lui demande de ranger, de faire un
- 31:02peu le ménage, de nettoyer la vaisselle.
- 31:05Il établit des rituels, manger quand il a décidé regarder la
- 31:09télé près de lui. Mais il zappe dès que les infos
- 31:11passent. Il ne faut pas que Sabine sache
- 31:14qu'on la cherche. Une mise en scène de couple qui
- 31:17camoufle l'emprise, banalise l'horreur et donne la sensation
- 31:20à la captive d'être complice de sa séquestration.
- 31:23Malgré cette emprise et la peur, Sabine essayera une fois de
- 31:27s'échapper. Mais la tentative tourne mal.
- 31:30Une fois persuadée que la maison est vide, Sabine saisit sa
- 31:34chance. Elle pousse sur la paroi de la
- 31:36cache et là, craquement sec, un morceau se fend, se détache.
- 31:41Panique immédiate, elle comprend qu'elle vient de laisser une
- 31:44trace. Elle recule dans la cache, Rabat
- 31:47la Couette, se recroqueville, immobile, retenant son souffle
- 31:50jusqu'au moindre bruit de pas. Ce moment ne lui vaudra, entre
- 31:55guillemets, qu'une engueulade. Sa bine est différent des autres
- 31:59et c'est sûrement ça qui lui a permis de tenir dans ces
- 32:02conditions horribles. Elle a du caractère et ne se
- 32:05gêne pas pour dire quand ça la dérange.
- 32:07Elle a du répondant. Elle refuse certains
- 32:09médicaments, discute, négocie pour son confort.
- 32:13Ce ne sont pas des victoires spectaculaires mais des points
- 32:16d'appui qui lui permettent de rester un minimum.
- 32:18Elle même du trou ne parviendra jamais à lui retirer qui elle
- 32:22est à l'annihiler et faire d'elle un objet.
- 32:26Un jour, Sabine s'ennuie et en a marre.
- 32:30La pauvre est là depuis plus de 2 mois.
- 32:32Elle est fatiguée de cette vie. Elle va faire une demande
- 32:35qu'elle regrettera. Elle demande une amie pour
- 32:38passer le temps. La requête est innocente, elle
- 32:40pense que du trou la sauve des méchants.
- 32:43À aucun moment elle ne pense que sa requête signifiait
- 32:46l'enlèvement d'une autre fille. Évidemment, elle n'y est pour
- 32:49rien, mais quelques jours plus tard, du trou vient la chercher
- 32:54et la fait monter à l'étage. Il lui montre sa nouvelle
- 32:58copine. Elle est enchaînée elle aussi,
- 33:01nue elle aussi dans le lit, et c'est là que Sabine comprend.
- 33:05Cette fille va connaître le même sorque elle, Laetitia delez
- 33:09rejoint Sabine dans la cache hyper exiguë.
- 33:12Et là, les langues se délient. Sabine explique à Laetitia que
- 33:17Dutroux les sauve et qu'il faut rester bien caché.
- 33:20Mission accomplie, Laetitia avale l'histoire elle aussi.
- 33:24Mais ce n'est pas tout. Laetitia apprend à Sabine, on se
- 33:28le rappelle, persuadée que personne ne la cherche, que le
- 33:30pays tout entier et ses parents la cherchent sans répit.
- 33:35Complètement endoctrinée, Sabine ne la croit pas.
- 33:39Puis, après seulement quelques jours, les filles entendent le
- 33:42fameux c'est moi de Marc Dutroux.
- 33:45Mais cette fois, quelque chose est différent, il y a du monde
- 33:48avec. À ce moment-là, elles sont
- 33:50persuadées que ce sont les hommes qui veulent les tuer.
- 33:54Elles sont pétrifiées, elles se serrent l'une contre l'autre si
- 33:57fort. Et quand la porte coulisse,
- 33:59elles pensent toutes les 2 que c'est fini pour elles.
- 34:02Heureusement, Laetitia reconnait un policier, elle comprend,
- 34:06elles sont sauvées mais Sabine refuse de sortir.
- 34:10Laetitia finit par la rassurer et c'est à cause de cette
- 34:14emprise et de sa manipulation que les filles remercient du
- 34:18trou en sortant de la cache. Ce merci, Sabine l'a encore de
- 34:22travers des années après, comme si elle se trouvait stupide.
- 34:26Mais Sabine n'avait que 12 ans, il lui a enlevé son innocence et
- 34:30l'a manipulé, ne l'oublions pas. Un détail a ?
- 34:44Marqué à jamais tous ceux qui ont vu la cage de Dutroux.
- 34:48Un prénom écrit sur le mur de la cache Julie.
- 34:51Car oui, c'est bien Marc Dutroux qui est responsable de
- 34:55l'enlèvement de Julie et Mélissa.
- 34:57Et cette trace prouve qu'elles aussi ont connu la cave de
- 35:00Marcinelle. Ce qu'elles ont vécu là-bas, on
- 35:03ne le saura jamais, mais le récit de Sabine laisse imaginer
- 35:07qu'elles n'ont pas connu mieux. Les enquêteurs l'ont compris, du
- 35:10trou est très loin d'avoir livré tous ses secrets.
- 35:13Ils font l'inventaire des adresses, chantiers et terrains
- 35:17liés à du trou, Marcinelle, SARS la buissière, jumelles.
- 35:20On recoupe avec les voisins, on écoute des histoires de terres
- 35:24retournées, des travaux la nuit, on inspecte les tickets de
- 35:28matériaux. Les allées venues et dans le lot
- 35:32de maisons, une ressort, celle de Sarla buissière, parce qu'il
- 35:36y a clairement des remblairescents, peut être le
- 35:39dernier tombeau de Julie et Mélissa.
- 35:48On sort les. Pelleteuses les chiens, on
- 35:51quadrille le jardin, on ouvre des tranchées et rien.
- 35:55Pas de trace des petites disparues.
- 35:57Pourtant, ils en sont. Persuader, c'est un crime de du
- 36:01trou, on passe des heures à chercher un accident du sol, on
- 36:04rebouche, on recommence. Plus loin, toujours rien.
- 36:08Même scénario à jumelles, dans le hangar, une dalle de la
- 36:11ferraille, on sonde, on entame, on gratte et on s'arrête, faute
- 36:15d'indice net. Mais la vérité est enfouie bien
- 36:19plus bas qu'on ne l'imagine. L'absence de preuves de corps
- 36:22rend complètement fou, parce que vraiment, tout pointe vers lui,
- 36:26il ne reste qu'un moyen. Les auditions, alors, après
- 36:30avoir cuisiné son entourage, on confronte finalement du trou aux
- 36:34détails matériels et aux incohérences.
- 36:37Et là, il comprend qu'on est au seuil, qu'il ne va plus pouvoir
- 36:41mentir. Longtemps, il remet sa cape de
- 36:43sauveur et finit par lâcher les points précis.
- 36:46Sœur la Buissière, d'abord. Là encore, les gendarmes ont du
- 36:49mal à le croire. On en revient à peine.
- 36:52Le 17 août 1996, du trou est amené à SARS la Buissière.
- 36:54La vision est insupportable, il dirige les fouilles comme s'il
- 36:57était l'homme de la situation. Mais à ce moment-là, les forces
- 37:01de l'ordre serrent les dents, ils le savent sans laisser du
- 37:04trou se prendre pour le chef. Ils ne retrouveront pas les
- 37:07petites, ils doivent ça aux parents.
- 37:09Et on creuse là où on avait déjà creusé, mais plus profond, à 3 M
- 37:14exactement, et là on. Tombe, sur.
- 37:20Un corps. Puis un 2e et un 3e.
- 37:25Mais le dernier est différent, c'est celui d'un homme adulte.
- 37:29C'est Bernard Vinstein, son ancien complice, qui l'a tué
- 37:33parce qu'il en savait un peu trop.
- 37:35Tout est là, des mois de recherche, d'interrogations, de
- 37:39peur et d'angoisse qui s'achèvent à cet endroit en ce
- 37:4217 août. Sur l'endroit de fouille, c'est
- 37:44le silence qui règne et une ambiance de mort.
- 37:46Des gendarmes s'énervent, d'autres partent souffler 5 Min.
- 37:51La scène est invivable, la Belgique est en deuil à la télé,
- 37:56les larmes d'un peuple tout entier cool.
- 37:58Ils étaient encore loin de se douter que la saga du trou
- 38:01n'était pas finie. Au contraire, elle ne faisait
- 38:04que commencer. Le 3 septembre 1996 à Jumet,
- 38:07c'est enfin les corps de Efyu et Anne qui sont sortis de terre.
- 38:12Ils étaient dans la maison de Bernard Vinstein.
- 38:14Là aussi, on réalise avec rage qu'on était déjà passé au bon
- 38:18endroit, sans oser aller plus bas.
- 38:21Chaque pelle de terre dit la même chose.
- 38:23On avait tout autour, mais pas la clé du trou est resté maître
- 38:28jusqu'à la fin. Après la découverte des 5 corps,
- 38:32il faut supporter les détails. Les autopsies révèlent que Julie
- 38:35et Mélissa sont mortes de faim, de soif et sûrement de peur.
- 38:40Le sort exact que le démon belge leur a réservé, personne ne le
- 38:44connaîtra jamais. Personne à part du trou.
- 38:47Quant à Anne Marshall et Efieu Lambrex.
- 38:50Elles étaient parties s'amuser en vacances.
- 38:52Leur triste destinée s'est achevée à Jumet, dans cette Cour
- 38:56close sous le béton. L'autopsie confirmera les dires
- 38:59de Marc Dutrou, elles sont mortes par asphyxie,
- 39:02vraisemblablement après avoir été enterrées vivante.
- 39:05C'est datée, certes, mais enterrée quand même.
- 39:08Ce qui sidère, c'est la cohérence cruelle des
- 39:11trajectoires. L'été 95 pour Julie et Mélissa,
- 39:14enfermées à marcinelles mortes avant le printemps 96.
- 39:18Puis l'été 95 encore pour Anne et Ephyeux.
- 39:21Elles se sont retrouvées au même moment dans la maison d'un
- 39:25monstre. Leurs destins se sont
- 39:26entrechoqués peut être se sont elles vues ?
- 39:29Ça aussi on ne le saura jamais. Avec les aveux de.
- 40:14Marc du trou on en sait un peu plus sur ce qu'il s'est passé
- 40:18pour Julie et Mélissa. Elles ont été retenues captives
- 40:21plusieurs mois avant que du trou ne soit arrêté pour des faits
- 40:24complètement différents, vol de camions et séquestration
- 40:26d'adultes. Les petites sont littéralement
- 40:28mortes de faim pendant son absence quand elles sont mortes,
- 40:32on le sait pas. Les circonstances exactes non
- 40:35plus. Mais ce qu'on apprend par la
- 40:37suite, c'est que quelqu'un était bien chargé de s'occuper d'elle.
- 40:41C'est Michèle Martin, l'épouse de Dutroux, mère de ses 3
- 40:46enfants et surtout complice de ses crimes abominables.
- 40:50Le comble de l'horreur est atteint quand on découvre la
- 40:52profession de cette femme banale à l'allure presque sympathique.
- 40:56Elle était institutrice. Michèle Martin sait que les
- 41:00enfants sont là, elle ne les aide pas.
- 41:03Cette séquence, la Belgique ne l'a.
- 41:06Pardonnera jamais. Au procès, elle dira que c'est
- 41:08parce qu'elle était tétanisée par la peur de son mari et par
- 41:13les fillettes elles-mêmes qu'elle ne leur est pas venue en
- 41:15aide. Ouvrir la trappe l'effrayait,
- 41:18elle craignait que les enfants se précipitent sur elle comme
- 41:20des fauves et que Dutroux la punisse.
- 41:23Une justification qui ne convainc pas complètement.
- 41:26Pour d'autres, cette explication en dit long sur l'emprise de
- 41:29l'ogre belge. On apprend aussi morceau par
- 41:32morceau, ce qu'an et efyeux ont enduré.
- 41:36Capturée, droguée, elle aussi enchaînée nue au lit de
- 41:40Marcinelle alors que Mélissa et Julie étaient juste en bas.
- 41:43Puis les 2 sont vite évacués, puis déplacées et enfin
- 41:47supprimés de la surface de la terre.
- 41:49Littéralement, elles ont été tuées très rapidement après leur
- 41:53enlèvement. Pourquoi ?
- 41:54Probablement parce qu'elles étaient néerlandophones et non
- 41:58francophones comme du trou. Et avec la barrière de la
- 42:01langue, la manipulation est presque impossible.
- 42:03Dans cette logique du mal du trou avait une conviction, il ne
- 42:07fallait laisser aucune preuve. Comment il l'a compris ?
- 42:11Eh Ben il avait déjà écopé de 13 ans de prison pour abus sur
- 42:15mineur en 1989. Et ce jour-là, il avait retenu
- 42:17la leçon, plus jamais les agressions, non plus jamais il
- 42:21ne laisserait de traces de ses crimes.
- 42:24Autrement dit, désormais il tuera ses victimes.
- 42:29Sur les 13 ans, vous savez ce que je vais dire, hein ?
- 42:32Il n'en fera que 6. La raison ?
- 42:35Eh Ben c'est la classique bonne conduite.
- 42:38Le 6 avril 1992, la justice libère pourtant du trou, malgré
- 42:41l'avis défavorable des psychiatres.
- 42:42Oui, les calculs ne sont pas bons, ça fait 3 ans, mais il
- 42:47était en détention préventive depuis 86, donc c'est bien 6.
- 42:49Michel Martin, qui était déjà complice à l'époque, est
- 42:53enceinte d'un de leurs enfants, écopera de 5 ans.
- 42:59Mais n'en fera que 2. Bon, vous vous en doutez, quand
- 43:02ces informations sortent dans la presse, c'est l'indignation la
- 43:05plus totale. Dutrou aurait dû être en prison
- 43:08en 95 et 96. Et si la peine avait été
- 43:11respectée, Julie, Mélissa, Anne et Fieu, Sabine et Laetitia
- 43:16auraient grandi dans l'anonymat le plus total.
- 43:18Pour beaucoup de Belges, la justice est aussi coupable que
- 43:22Marc Dutrou, voire même plus. La colère monte.
- 43:40Car oui. La Belgique est très loin
- 43:42d'avoir découvert le pire. Le plus insoutenable, non, le
- 43:46plus insupportable réside peut être plus dans les failles
- 43:49judiciaires et les loupés d'enquête.
- 43:51En gros, tout ce qui a permis à Dutroux de continuer son
- 43:55parcours meurtrier parce que ce qui ressort, c'est qu'il leur
- 43:58est passé sous le nez un bon nombre de fois.
- 44:01En cause principalement, la rivalité gendarmerie et police
- 44:05judiciaire qui n'a pas permis que la justice se fasse des
- 44:08blocs qui ne se parlent pas. Chacun garde ses infos et
- 44:12l'enquête n'avance pas. Les parquets et les juges ne
- 44:14sont pas informés au même moment.
- 44:16Des indices simples sont maltraités, une cassette d'infos
- 44:19enregistrée sur la disparition de Mélissa et Julie laissée, des
- 44:23objets restitués, des découvertes non consignées, des
- 44:27réunions sans procès-verbal, des perquisitions qui ne percent
- 44:30pas. On remonte encore une fois le
- 44:32fil, bien avant le premier enlèvement Dutroux est signalé
- 44:36en 1993. Des gendarmes constatent chez
- 44:37lui des travaux de caves et des informateurs rapportent déjà la
- 44:40présence de cash pour y loger des enfants.
- 44:46On le prend en note et on repart.
- 44:50Le signal est pourtant clair, il YA1 récidiviste qui creuse des
- 44:54caves. C'est totalement normal.
- 44:57Juillet 95, Julie et Mélissa disparaissaient le 7 juillet,
- 45:02soit 2 semaines après, la brigade de Charleroi Faxe à
- 45:05Grassologne un portrait précis de du trou nom adresse passé
- 45:11l'histoire des caves ménagées. Tout y est pour en faire un
- 45:14suspect prioritaire en même temps, début août 1995, les
- 45:18retours de terrain des agents infiltrés, si vous préférez,
- 45:20sont clairs et nets du trou. Un projet d'enlèvement, c'est.
- 45:27Le début de la. Fameuse opération Otello, une
- 45:31opération qui consiste à surveiller les maisons de
- 45:33Dutroux et les filmer. Notamment celle de Marcinelle,
- 45:37où ont été retrouvées les filles.
- 45:38L'initiative aurait pu être bonne et utile si la juge en
- 45:41charge des dossiers de disparition avait été informée.
- 45:45Ce ne sera jamais le cas. Pareil du côté du procureur de
- 45:49Charleroi, qui connaît pourtant bien le passé de Dutroux, il
- 45:52découvre tard que Dutroux est la cible d'une surveillance sur des
- 45:56enlèvements d'enfants. Parce que le comble de cette
- 45:58opération, c'est qu'elle a été menée alors que Julie et Mélissa
- 46:02sont à l'intérieur. C'est plus qu'un échec.
- 46:05Sans compter que des perquisitions après
- 46:08l'arrestation de Dutroux pour l'affaire des camions, y en a eu
- 46:11plusieurs, dont celle où ils ont entendu des voix.
- 46:14Et ce qui va poser problème, c'est pas tant qu'ils n'aient
- 46:17pas trouvé les filles, mais qu'il ne l'ait pas mentionné
- 46:19dans le procès-verbal, ni les voix d'enfants, ni les objets
- 46:23hyper louches comme le spéculum et compagnie.
- 46:25Ils trouvent même des cassettes à caractère criminel.
- 46:29Ils n'en feront strictement rien.
- 46:31Conclusion, la perquisition est déclarée.
- 46:34Négative, mais ça va plus loin que ça.
- 46:36Othello empêche toute intervention, alors que des
- 46:39enquêtes parallèles ont besoin d'inspecter chez dutrou,
- 46:43justement pour ne pas griller l'opération.
- 46:45Or, c'est la police qui est saisie de l'affaire de la
- 46:48séquestration d'adultes qui vaudra à Dutroux son
- 46:50emprisonnement en 95. Pourtant, les gendarmes refusent
- 46:55de communiquer sur othello. Conséquence, la police n'est pas
- 46:59mise au courant que du trou est soupçonné d'enlèvement
- 47:01d'enfants. Et cette information aurait pu
- 47:03compter. Un détail d'importance, l'une
- 47:06des plaques volées de la voiture utilisée par du trou a été vue
- 47:09sur un véhicule appartenant à son ami Michel Lelièvre.
- 47:13Véhicule qu'on aurait aussi aperçu sur la bande d'arrêt
- 47:16d'urgence de Grace Ologne, juste en dessous du pont où Julie et
- 47:20Mélissa ont disparu. C'est pas fini.
- 47:22Cette plaque a été volée à la propriétaire d'un hôtel hôtel
- 47:25devant lequel Anne et Effy ont été vu la nuit de leur
- 47:28enlèvement. Est connu pour ses activités
- 47:30illicites. Résultat, les pièces du puzzle
- 47:33existent, mais elles ne se touchent jamais et les jours
- 47:36passent. Dans ce genre d'affaire, je le
- 47:38rappelle, chaque minute est une chance de survie en moins.
- 47:41C'est ça othello, une machine qui devait protéger des enfants
- 47:44et qui, par sa logique d'observation à rallonge et son
- 47:47cloisonnement, a surtout protégé celui qu'est le filet.
- 47:51C'est le manque de communication sur l'opération qui en a fait un
- 47:54tel échec. En résumé, ils ont observé mais
- 47:57ont tourné le regard. Mais pourquoi pour beaucoup ça a
- 48:01manque de sens, comment un gendarme aussi formé a pu passer
- 48:04à côté ? AT il vu quelque chose qu'il
- 48:06n'aurait pas dû et surtout comment se fait il que les
- 48:09enregistrements vidéos aient disparu ?
- 48:12Les questions restent en suspens, mais la sensation, elle
- 48:15a même des mois de surveillance qui n'ont servi à rien.
- 48:19Othello est suspendu le 25 janvier et la juge toujours
- 48:23tenue à l'écart. Le 5 novembre 1995, autre scène
- 48:27qui aurait pu mettre la puce à l'oreille, dans un chalet lié à
- 48:31Bernard Vinstein, le complice retrouvé enterré de du trou, des
- 48:35policiers débarquent sur tout autre chose, un dossier de vol
- 48:39et de séquestration d'adultes. Ils tombent sur une cassette
- 48:44audio déjà engagée dans un magnétoscope, des extraits de JT
- 48:47et des Flash radio au sujet de Julie et Mélissa.
- 48:53Aucun lien avec leur intervention du jour,
- 48:55pense-t-il. La cassette reste là, pas de
- 48:58procès-verbal utile pour l'autre enquête, pas de passerelle.
- 49:02Et si avec ça, non, il y a aussi, et c'est pas des
- 49:05moindres, la mère de Marc Dutroux qui confie ses craintes
- 49:08à propos des déviances de son fils, des renseignements sur
- 49:12Michel Lelièvre, des filatures d'enfants signalées par un
- 49:15policier qui ne sont pas pris en compte.
- 49:17Tout était là, prêt à être assemblé.
- 49:20Vous êtes en contact ? Encore avec votre fils ou ou
- 49:22pas ? Non, pas depuis combien ?
- 49:26Des années ? Pourquoi Madame ?
- 49:29Parce que nous n'avons pas le même plus de terre.
- 49:30Y a la même façon de voir les choses, c'est tout autre.
- 49:32Histoire qui va profondément altérer la confiance des parents
- 49:35avec les enquêteurs, le cas Jean Louis au printemps 1996, alors
- 49:40que Dutroux court toujours et qu'il s'apprête à Kidnapper
- 49:43Sabine puis Laetitia. Un certain Jean Louis S se vante
- 49:49d'avoir hébergé Julie et Mélissa.
- 49:51Il aurait même exhibé des photos des petites et le t-shirt orange
- 49:55de Mélissa. Cette histoire n'a pas été
- 49:57validée officiellement, mais c'est ce qu'ont rapporté les
- 50:00parents. Les témoins préviennent
- 50:03directement les parents, les ruisseaux.
- 50:04Les parents de Mélissa viennent pour écarter une énième fausse
- 50:08piste. Mais en arrivant, ils
- 50:09aperçoivent par la fenêtre un t-shirt qui ressemble à s'y
- 50:13méprendre à celui de leur fille. Ils appellent immédiatement la
- 50:16police qui attend avec eux le retour de l'homme.
- 50:19Mais comme ils tardaient, elle repart comme si de rien n'était,
- 50:22laissant les parents des petites filles seules et désemparées.
- 50:25Eux n'abandonnent pas, ils restent et quand le fameux Jean
- 50:28Louis se pointe, ils lui tombent dessus.
- 50:31Après un échange assez mouvementé, ils récupèrent le
- 50:33t-shirt, eux n'abandonnent pas, ils restent.
- 50:34Et quand le fameux Jean Louis se pointe, il lui tombe des.
- 50:35Une preuve ? Eh Ben peut être pas, mais un
- 50:37indice suffisant pour que la police puisse fouiller ?
- 50:41Eh bien non, ils en feront rien et la juge en charge non plus.
- 50:45Les familles continuent et se rendent chez Jean Louis à
- 50:47nouveau et ce qu'ils trouvent sur place est effrayant,
- 50:50beaucoup de photos d'enfants, des vidéos particulières de
- 50:54nourrissons et un écrit qui signale qu'il a pris sur ses
- 50:57genoux la petite Julie à l'été 95. croyez-le ou non, cette
- 51:02piste n'a jamais été exploitée. Et ce, pour une raison précise,
- 51:06on ne croit pas à un réseau criminel, mais à un individu
- 51:09isolé. Et tout ça là, c'est qu'une
- 51:12petite sélection de tout ce qui est passé au travers.
- 51:15Et même en lisant 3£ sur les enquêtes, et Ben on a la
- 51:18sensation d'être face à un puits sans fond.
- 51:27Pendant presque. Un an, des morceaux d'enquêtes
- 51:30ont circulé en parallèle, le jour où l'on Assemble enfin ces
- 51:33morceaux. Les portes s'ouvrent, attends
- 51:35pour Sabine et Laetitia, trop tard pour Julie et Mélissa, Anne
- 51:40et Effieu. Et c'est là que naît ce que l'on
- 51:43appellera l'après du trou, la conviction largement partagée
- 51:47que l'affaire n'est pas seulement un crime, c'est aussi
- 51:50un échec d'État. Des cloisons, des égaux, des
- 51:53silences. Et comme si tout cela ne
- 51:55suffisait pas, il y a l'impensable, l'évasion.
- 51:59Madame, Monsieur, Bonsoir. Un véritable coup de tonnerre.
- 52:01Une information à peine croyable.
- 52:03Marc Dutroux s'est évadé du Palais de justice le 23 avril
- 52:141998, à 9 châteaux. Alors qu'il est sous escorte,
- 52:16Marc Dutroux désarme un policier et prend la fuite.
- 52:20Course folle. Panique nationale.
- 52:25Pendant un peu plus de 03h00, l'homme le plus détesté du pays
- 52:29disparaît des radars avant d'être repris par un garde
- 52:33forestier. L'humiliation est telle que 2
- 52:36ministres justice et intérieur démissionnent dans la foulée.
- 52:40Un symbole des plus cruels, d'un système débordé à tous les
- 52:44étages. À l'été 1996, quand le pays
- 52:59découvre au fil des perquisitions l'horreur et les
- 53:01ratés, les bougies s'allument sur les rebords des fenêtres.
- 53:05Des rassemblements spontanés s'organisent dans des centres
- 53:08villes encore incrédules. On crie pas, on serre les
- 53:11mâchoires. La colère ici s'habille en
- 53:14blanc. Le point de bascule, c'est
- 53:16l'automne. Le juge Jean Marc on Roth,
- 53:18magistrat respecté de l'enquête. Est écarté à cause de l'affaire
- 53:23spaghetti. Il a été vu à un repas de
- 53:27soutien aux petites Julie et Mélissa.
- 53:30Une décision vécue comme une gifle par des familles déjà
- 53:33broyées par la tente. La réaction est immédiate,
- 53:36massive, historique. Le 20 octobre 1996, Bruxelles
- 53:39devient une marée humaine, environ 300000 personnes de tous
- 53:42bords et de tous horizons. Famille, enseignants, ouvriers,
- 53:48fonctionnaires, étudiants, banquiers, chercheurs sont tous
- 53:52là. La foule est calme, les
- 53:54pancartes sont sobres. Tous disent la même chose, plus
- 53:58jamais ça. Cette marche ?
- 54:11Blanche, organisée à l'initiative des parents des
- 54:13enfants disparus, s'adresse autant aux coupables qu'aux
- 54:17institutions, protéger les enfants, réparer la justice,
- 54:21reconstruire la confiance. Le pays marche dignement.
- 54:26Et se regardent en face. Ce jour-là.
- 54:53Impose un récit commun. La compassion n'exclut pas
- 54:57l'exigence. À la tribune, les familles
- 55:00parlent simplement, demandent des actes, pas des symboles.
- 55:03Dans les semaines qui suivent, une commission d'enquête
- 55:05parlementaire se met au travail, radiographie les défaillances et
- 55:09pose les jalons des réformes, futur parquet fédéral, exécution
- 55:13des peines mieux encadrées et surtout une refonte en
- 55:17profondeur des forces de l'ordre qui débouchera sur la police
- 55:21intégrée. Et l'ancienne gendarmerie
- 55:23disparaît. La marche blanche n'a pas été
- 55:25inscrit dans le vide. Elle a forcé l'État à se bouger.
- 55:29La mobilisation déborda dans la rue, des collectes s'organisent,
- 55:33des écoles montent des journées blanches, des associations se
- 55:37structurent. De ce mouvement sortira une
- 55:39institution durable, Child Focus.
- 55:42La Fondation pour les enfants disparus et sexuellement
- 55:45exploitée, créée en 1998 pour faire le trait d'union entre
- 55:48famille, police et parquet et traiter les signalements 24 h
- 55:52sur 24. C'est le père de Julie qui l'a
- 55:55fondée. Là encore, l'idée vient du
- 55:56terrain, rendre la machine plus rapide, plus lisible, plus
- 55:59humaine. L'indignation ne s'éteint pas
- 56:05avec le temps, elle se réactive à chaque faux pas
- 56:08institutionnel. 25 ans plus tard, le pays commémore encore
- 56:11ce dimanche d'octobre, non pas pour le goût de la nostalgie,
- 56:14mais parce que cette marche a retourné l'ordre des choses.
- 56:18Les citoyens ont rappelé à l'État que la protection des
- 56:21enfants n'est pas une promesse, c'est un devoir et qu'une
- 56:24démocratie se mesure à la façon dont elle répare ses fautes. la
- 56:28Belgique a marché en blanc. Elle a surtout appris à ne plus
- 56:32fermer les yeux. Le premier mars. 2004, le procès
- 56:43le plus attendu de l'année s'ouvre à Arlon.
- 56:46Dans cette petite ville belge, c'est l'effervescence.
- 56:48Il y a des journalistes absolument partout, des
- 56:51magistrats dans les cafés, des voitures de police et de
- 56:55gendarmes dans les rues. Bref, arlon a perdu son calme.
- 57:00Dans le box. Marc Dutroux, son ex épouse
- 57:03Michel Martin, Michel Lelièvre et Michel Nioul, tous considérés
- 57:09comme complices. L'affaire cristallise 7 ans
- 57:12d'indignation publique est une attente très lourde.
- 57:15Les acteurs de ce procès le savent, ils vont vivre un moment
- 57:18historique. La mécanique judiciaire se met
- 57:21en marche, méthodique, sous le regard des familles de Sabine et
- 57:24de Laetitia. Chacun est prêt à affronter le
- 57:27démon. Tous en attendent beaucoup.
- 57:30Le Palais de justice paraît minuscule pour un tel séisme.
- 57:33Les couloirs sont étroits, la salle déborde, on a improvisé
- 57:38des espaces, serré la sécurité, tout le monde se ferait un
- 57:41passage. On sent une promesse tacite,
- 57:45plus rien ne doit dérailler. Pas ici, pas maintenant.
- 57:50Les jurés s'installent, la présidence donne le rythme, les
- 57:54microphones grésillent par moments, mais l'essentiel est
- 57:58là. Faire justice au procès, on
- 58:00refait le portrait de Marc Dutroux.
- 58:02Né en 1956, il connaît une enfance un peu difficile.
- 58:05On parle notamment d'un manque d'amour de ses parents.
- 58:08Puis, très vite, il bascule du mauvais côté de nombreuses
- 58:11dérives et à l'âge adulte, il devient électricien de
- 58:13formation. Mais en parallèle arrivent les
- 58:16premières condamnations pour enlèvement et abus, ainsi que la
- 58:20libération anticipée qui restera comme un angle mort de l'État.
- 58:27Pendant les années. 90 il devient méthodique, propriétaire
- 58:31de maison, bricoleur d'abris, obsessionnel de cave qu'il
- 58:34cloisonne et transforme. Son monde est compartimenté au
- 58:39sous-sol, l'horreur à l'étage, la vie courante à l'étage, la
- 58:44vie bien rangée avec Michel Martin et leurs enfants.
- 58:47Enfin, du moins en apparence. À la barre, ce portrait se
- 58:52dessine nettement, un prédateur qui calcule, avance par petites
- 58:56touches et s'organise. Il aime manipuler, il aime
- 59:00consoler. Pendant le procès, il montrera
- 59:02tous ses visages. Mais dès le premier jour, il
- 59:05donne le ton. Il s'endort dans le box des
- 59:08accusés, comme s'il n'était pas concerné.
- 59:11La Cour le comprend, du trou ne sera pas l'accusé le plus
- 59:15facile. Face à lui, les survivantes
- 59:17restent dignes et racontent leur calvaire.
- 59:20Sabine Dardenne a maintenant plus de 20 ans.
- 59:22Elle parle sans détour, hyper précise, chronologique, la tête
- 59:26très haute. Elle donne des heures, des
- 59:29portes, des bruits de pas, reconstitue l'espace du Cachot,
- 59:32explique comment on survit à l'intérieur.
- 59:35Mais surtout, elle parle de l'emprise des mensonges de
- 59:38Dutroux. Car dans l'horreur, ce qu'elle
- 59:41retient le plus, c'est pas la cave exiguë, c'est ça, c'est le
- 59:45psychologique. La Cour est silencieuse.
- 59:49L'enfer qu'elle décrit en traumatisera plus d'un, la
- 59:53vérité des victimes s'impose, nu, imparable du trou, lui ne
- 59:58bouge pas. Michel Martin.
- 1:00:05Par contre, exprime ses regrets, essaie de toucher la corde
- 1:00:09sensible, son apparence banale, les cheveux longs blonds qui en
- 1:00:13font Madame tout le monde la rendent encore plus
- 1:00:16antipathique. Comment une mère de famille,
- 1:00:18institutrice qui plus est, a pu faire ça ?
- 1:00:21Elle cherche le regard de Sabine puis lui demande pardon.
- 1:00:24Sabine refuse. Dans la salle, c'est net,
- 1:00:28presque physique. Demander pardon n'efface pas
- 1:00:30l'essentiel. Personne n'oublie que sans
- 1:00:33Michel Martin, Dutroux n'aurait pas pu autant commettre de
- 1:00:37crime. La frontière entre la normalité
- 1:00:40en surface et l'indicible sous terre devient le symbole du
- 1:00:44dossier. Mais sa complicité n'est pas que
- 1:00:47passive. Michel Martin a œuvré aux
- 1:00:50enlèvements. 2 touristes irlandais racontent qu'une nuit
- 1:00:53d'août 1995, ils ont ramené du trou seul chez lui.
- 1:00:56Arrivés chez les du trou, les 2 sont surpris de voir l'homme
- 1:00:59repartir de sitôt et les laisser avec sa femme.
- 1:01:02Ce soir-là, c'est celui de l'enlèvement de Efyu et Anne.
- 1:01:06Et pourquoi je vous en parle ? Bah parce qu'à ce moment-là,
- 1:01:10détail qui interpelle. Michel Martin note la plaque
- 1:01:14d'immatriculation des 2 comme si elle cherchait à créer un alibi
- 1:01:19à son mari. Évidemment, il ne tient pas et
- 1:01:22pire, incrimine Michel Martin. Les autres coaccusés passent
- 1:01:26aussi à la barre. Michel le lièvre, c'est la
- 1:01:29petite main de du trou. Toxicomane, il admet des coups
- 1:01:33de main et sera condamné à 25 ans pour son rôle d'acolyte.
- 1:01:36Michel Nioul, lui, homme d'affaires bruxellois au réseau
- 1:01:40très important, a longtemps été soupçonné d'un rôle pivot au
- 1:01:44procès d'arlon. Il n'est pas condamné pour les
- 1:01:46enlèvements mais prend 5 ans pour association de malfaiteurs
- 1:01:50et trafic de drogue. L'un des moments centraux du
- 1:01:53procès, c'est la visite de la cache à Marcinelle par la Cour.
- 1:01:57Le matin, jurés, avocats et magistrats se rendent dans la
- 1:02:01maison de l'horreur. L'ambiance est particulière.
- 1:02:04Le procès dure depuis des mois et tous ont le sentiment qu'ils
- 1:02:07s'apprêtent à mieux comprendre l'affaire et les conditions de
- 1:02:11séquestration des filles. Mais quand ils sortent les uns
- 1:02:19après les autres, leurs visages ont complètement changé.
- 1:02:24Ils sont fermés, durs. On s'attendait pas à ça, on
- 1:02:29s'attendait pas à quelque chose d'aussi d'être aussi odieux
- 1:02:32hein, c'est c'est tout. Certains pleurent, mais tous
- 1:02:36restent silencieux. Tous ont vu, tous se
- 1:02:40rappelleront de l'exiguïté et tous n'ont pas pu tenir plus de
- 1:02:442 Min. Tous se rappelleront du jaune et
- 1:02:48sur un des murs, un nom écrit Julie.
- 1:02:52Puis vient le temps des plaidoiries.
- 1:02:55Les parties civiles parlent des enfants, des familles, de la
- 1:03:00promesse due par la justice. La défense essaie de desserrer
- 1:03:04l'étau, de fractionner la responsabilité, d'ouvrir des
- 1:03:07interstices de doute. Pour eux, Dutroux n'était pas
- 1:03:11seul et le procès n'est pas viable, car il condamne la
- 1:03:14vérité. Dutroux ne sera pas un meurtrier
- 1:03:17isolé. Il montre des pistes
- 1:03:18inexploitées, les incohérences, les manquements judiciaires.
- 1:03:23Mais rien n'y fait. La Belgique a son coupable, il
- 1:03:26faut maintenant faire justice pour Danemark, dutrot la
- 1:03:29réclusion à perpétuité. Le verdict tombe net, Marc
- 1:03:33Dutroux est reconnu coupable des rapts, séquestrations, abus et
- 1:03:38des assassinats. Il prend réclusion à perpétuité.
- 1:03:42Michèle Martin, elle, est condamnée à 30 ans.
- 1:03:45Dans la salle, il n'y a pas de triomphe.
- 1:03:48Il YA1, souffle court. Celui d'un pays qui clôt enfin
- 1:03:51le dossier judiciaire tout en sachant que rien n'efface ce qui
- 1:03:55a été vécu. Vous vous en sortez quand même
- 1:03:57mieux que la plupart de vos victimes qui ne font plus partie
- 1:03:59du monde des vivants ? Arlon.
- 1:04:20Retrouve le silence, lentement. la Belgique, elle garde la
- 1:04:25cicatrice. Les parents, eux, ne sont pas
- 1:04:27convaincus, il manque des pièces du puzzle.
- 1:04:30La justice a peut être condamné mais elle n'a pas fait la
- 1:04:33lumière sur l'intégralité du dossier.
- 1:04:35Dutrou a été jugé mais pour eux, la justice le devrait aussi,
- 1:04:39elle est responsable car sans la libération de dutrou, leur fils
- 1:04:43serait là. Sont les enquêteurs qui
- 1:04:45cherchaient des corps et non pas les filles en vie.
- 1:04:48Elle serait peut être là ma fille Anne qui est.
- 1:04:50Morte ? Oui, oui.
- 1:04:51En mémoire. Elle a été là tous les jours et
- 1:04:54je crois qu'elle peut être qu'elle peut être très fière
- 1:05:05sans un système. Rouillé ?
- 1:05:07L'enquête ne serait pas aussi floue et il n'aurait pas eu à se
- 1:05:09battre contre les autorités. L'arrière goût reste amer.
- 1:05:19Parce qu'en effet, ce que. Je me suis bien gardé de vous
- 1:05:21révéler de suite. C'est toutes ces pistes
- 1:05:23périphériques, écartées ou non exploitées et qui posent
- 1:05:27question. Pas sur la responsabilité de du
- 1:05:29trou. Il fait aucun doute qu'il est
- 1:05:31coupable et il a été condamné pour ça.
- 1:05:33Mais sur le fait qu'il était seul ou non, aimebille est
- 1:05:36persuadé que du trou n'était pas que le haut de l'iceberg.
- 1:05:40Aimebille, c'est un ex gendarme écarté du dossier.
- 1:05:44Il a d'ailleurs été accusé à tort de fautes pour lesquelles
- 1:05:46il a été ensuite blanchi. Mais jamais on ne lui a redonné
- 1:05:49l'affaire, jamais. Dans l'enquête assassinée, il
- 1:05:53décrit une mécanique qui s'enraille de l'Intérieur, des
- 1:05:56informations cruciales concentrées dans des cellules
- 1:05:58fermées, des auditions non exploitées, des perquisitions
- 1:06:02incomplètes. Il met en lumière des trous
- 1:06:05procéduraux. Il parle notamment d'une affaire
- 1:06:07liée à nioul, celle des témoins. X à partir de 1996, plusieurs
- 1:06:11femmes, dont la plus connue X un.
- 1:06:13Régine alouf livre des récits d'abus organisés, dont je vous
- 1:06:17donnerai pas les détails parce que c'est un peu trop difficile.
- 1:06:20Mais globalement c'est des histoires de meurtres d'enfants,
- 1:06:22de groupes de réseaux immenses, de prostitutions, de mineurs.
- 1:06:25Et parmi les clients se cacheraient des grands noms.
- 1:06:32Et c'est sûrement là que réside une des clés de l'affaire du
- 1:06:35trou. Pourquoi tant d'auditions
- 1:06:37écartées de gendarmes évincés dès qu'ils fouillent un peu
- 1:06:41trop ? Et si ils avaient trouvé des
- 1:06:43liens évidents entre les accusés et certains magistrats qui
- 1:06:46étaient impliqués ? la Belgique s'enflamme dans la
- 1:06:49presse, les gros titres sont plus accusateurs les uns que les
- 1:06:52autres, mais très vite, le ton change.
- 1:06:54La commission parlementaire conclut que tout ceci n'est
- 1:06:57qu'une vaste machination. L'appareil d'État se referme sur
- 1:07:00la thèse de l'agresseur isolé. Pourtant, les aveux de ses
- 1:07:05témoins X ne semblent pas complètement infondés.
- 1:07:08Ils ont même permis de relancer une autre affaire, celle de la
- 1:07:12Champignonnière, une jeune fille tuée et retrouvée dans une
- 1:07:16champignonnière et pour laquelle l'enquête avait été clairement
- 1:07:20bâclée. Parents non interrogés, pas
- 1:07:23d'analyse, rien du tout et surtout un magistrat impliqué.
- 1:07:27L'instruction s'avère être l'ancien beau frère de nehoul.
- 1:07:31À ce titre, il n'aurait pas dû prendre ce dossier.
- 1:07:34Pourtant il l'a gardé et pire, d'après aimé bille, il a tout
- 1:07:38fait pour entraver son instruction nehoul soupçonnait
- 1:07:41de lui a du trou. Il ne peut y avoir qu'un pas,
- 1:07:45peu importe la crédibilité. Les confidences de Régine Alouf
- 1:07:48permettent de rouvrir le dossier.
- 1:07:51Cette thèse, elle sera longuement mentionnée lors du
- 1:07:54procès, mais elle finira classée dans les pistes et affaires
- 1:07:57périphériques. Circulez, il y a rien à voir.
- 1:08:00Viennent enfin les pistes rester en plan.
- 1:08:03Je vous ai déjà parlé du cas de Jean Louis Yes et son t-shirt de
- 1:08:06Mélissa, des photos d'enfants et des écrits inquiétants, l'hôtel
- 1:08:11devant lequel les filles ont été vu la nuit de leur disparition,
- 1:08:13réputé pour ses à côtés, les cassettes à connotation
- 1:08:17criminelle et les somnifères saisissent ensuite utile.
- 1:08:21La mèche de cheveux oubliée sur un bureau et jamais analysée,
- 1:08:25chacune prise séparément, n'emporte pas la conviction
- 1:08:29ensemble. Elle pose la vraie question,
- 1:08:31pourquoi si peu de jonction ? Pourquoi autant de micro pistes
- 1:08:35n'ont elles jamais été intégrées, traitées, testées,
- 1:08:39invalidées proprement ou suivies jusqu'au bout plutôt que
- 1:08:42laissées en jachère, au risque de nourrir le soupçon public ?
- 1:08:47Rien ici n'affirme des vérités ultimes.
- 1:08:49Tout rappelle en revanche ce que cette affaire a révélé du
- 1:08:52système, une culture du cloisonnement, une méfiance
- 1:08:56interservice, des procédures qui protègent l'enquête jusqu'à
- 1:09:01l'étouffer. Pourtant, malgré toutes ces
- 1:09:03zones d'ombre, la justice a choisi la thèse du pervers
- 1:09:06isolé. C'est celle qui a aussi maintenu
- 1:09:08Sabine Dardenne, qui a longtemps affirmé qu'elle n'avait vu
- 1:09:12personne pendant ces. 80 jours. Vous avez vu quelqu'un d'autre
- 1:09:16que Marc Dutroux ? Michel Martin, sa femme.
- 1:09:21Le propos, c'est. Pas de dire qu'il y avait
- 1:09:23forcément un réseau, on n'en est pas sûr.
- 1:09:25Mais ce qui est certain, c'est que toutes les pistes n'ont pas
- 1:09:28été exploitées. Et c'est bien ça qui fait de
- 1:09:30l'affaire Dutroux l'un des plus grands moments de rupture entre
- 1:09:34les Belges. Et leur État. 30 ans après la
- 1:09:36disparition des petites, le sentiment reste le même, on ne
- 1:09:40nous a pas tout dit. Et le mystère du trou est loin
- 1:09:42d'être officiellement résolu. Beaucoup espèrent qu'en
- 1:09:45disparaissant, les acteurs qui ont fait cette affaire un
- 1:09:48scandale étatique voudront se soulager et diront leur vérité.
- 1:09:52Mais d'ici là, on ne peut qu'attendre et spéculer.
- 1:09:59Aujourd'hui à la. Place de la maison, il YA1,
- 1:10:01petit jardin tranquille fermé par des murs de briques.
- 1:10:04On entre, on marche sur un sol simple, avec un peu de verdure,
- 1:10:08rien d'extravagant, juste un lieu pour se recueillir sur un
- 1:10:12mur. On retrouve le dessin très
- 1:10:14poétique d'un enfant au CERF volant, rappel de l'image qui
- 1:10:17couvrait l'ancienne façade. Sous nos pieds, on devine les
- 1:10:22caves invisibles mais présentes, comme un rappel silencieux.
- 1:10:26Le mémorial s'appelle entre terre et ciel, un nom sobre et
- 1:10:31significatif. La maison de Marcinelle a donc
- 1:10:34été rasée, mais ce qu'elle a abrité continue d'habiter la
- 1:10:37Belgique. De cette cave, il est resté une
- 1:10:40peur dans les rues et des réflexes nouveaux.
- 1:10:43En résumé, on s'inquiète. L'état, lui aussi, a dû se
- 1:10:46regarder en face, le droit belge a bougé, de grandes réformes ont
- 1:10:50eu lieu, dont la plus importante, je l'ai évoqué dans
- 1:10:53mon récit, celle de la refonte des forces de l'ordre.
- 1:10:55Reste la traîne du dossier, des cicatrices, des zones d'ombre et
- 1:11:00un nom qui revient encore aux greffes.
- 1:11:03Aberration, voir insulte pour les Belges, Marc Dutroux a
- 1:11:07demandé sa remise en liberté à plusieurs reprises.
- 1:11:10Heureusement, tout a été refusé. Mais le 5 juin dernier, son
- 1:11:13avocat déclarait qu'il était complètement inoffensif et qu'il
- 1:11:17continuerait à se battre pour que son client ait les mêmes
- 1:11:20droits que les autres et puisse sortir.
- 1:11:22La question qui se poserait à la population et surtout aux
- 1:11:25politiques belges est de savoir si la prison met en place.
- 1:11:29Les outils nécessaires à la réinsertion des condamnés ?
- 1:11:32Il voudrait au moins qu'il soit sorti de son régime spécial qui
- 1:11:35l'empêche de côtoyer les autres détenus.
- 1:11:37Pour beaucoup, l'argument n'a pas de poids.
- 1:11:39S'est il soucié, lui, il y a de cela 30 ans, des droits de ses
- 1:11:42victimes ? la Belgique n'est pas prête à
- 1:11:44voir ressortir du trou ou de la cage dans laquelle on l'a
- 1:11:47condamnée. Par contre, Michel Lelièvre et
- 1:11:49Michel Martin ont été libérés en 2019 et 2022.
- 1:11:51J'ai pas trop voulu fouiller sur ce qu'étaient devenus Laetitia
- 1:11:54et Sabine parce qu'il y a une partie de leur vie qui a quand
- 1:11:57même déjà assez été exposée et ne leur appartient quasiment
- 1:11:59plus. C'est juste que Sabine a écrit
- 1:12:01son livre sa vérité et pour Laetitia Bah j'ai vu qu'elle
- 1:12:05aurait une vie de famille tout à fait normale, loin de l'enfer de
- 1:12:08la cache. Une chose reste, c'est
- 1:12:10l'émotion. Je vais pas vous le cacher,
- 1:12:12quand on a fait la recherche pour cette vidéo, bah on a
- 1:12:14plutôt serré les dents. L'affaire Dutroux, c'est 45000
- 1:12:19pages de dossiers, des articles de presse à n'en plus finir et
- 1:12:22dans lesquels chaque page peut révéler des degrés d'horreur
- 1:12:25qu'on imaginait même pas. Alors cette vidéo, peu importe
- 1:12:29les hypothèses, les conclusions officielles, fallait que je la
- 1:12:32fasse. Parce que se souvenir de ce qui
- 1:12:34s'est passé devrait être un devoir.
- 1:12:36Vous savez, je le dis très souvent dans mes vidéos, et ça
- 1:12:39même de l'autre côté de la frontière.
- 1:12:41Alors en espérant que plus jamais il n'y ait de Mélissa.
- 1:12:46Julie F Yeux, Anne, Sabine et Laetitia, merci d'avoir suivi
- 1:12:52cette vidéo, j'espère qu'elle vous aura plu.
- 1:12:55Je me permets de remercier toute mon équipe qui bosse avec moi.
- 1:12:58Les crédits vont arriver à la fin de la vidéo.
- 1:13:00C'est grâce à eux qu'on arrive tous ensemble à faire ce travail
- 1:13:03pour vous proposer les meilleures vidéos possibles.
- 1:13:05Je vous rappelle que les vidéos sont aussi disponibles en format
- 1:13:07podcast sur Spotify, Apple Podcast et Deezer.
- 1:13:11Les liens sont en description. Je remercie encore une fois Emma
- 1:13:14d'avoir sponsorisé la vidéo. Je vous rappelle mon code neoxy
- 1:13:17pour avoir moins 10% sur les promos déjà actives.
- 1:13:19Vous avez jusqu'au premier décembre pour en profiter.
- 1:13:22Merci à tous de m'avoir suivi. Jusqu'ici c'était néoxy.