Latest / Oser l'efficacité - Les stratégies de ceux qui font l’industrie / Souveraineté industrielle : comment le silence des industriels fait le jeu des technocrates
Transcript
- 0:00Quand j'ai échangé pour la première fois avec mon invité du jour,
- 0:03on s'est lancé dans un débat passionnant sur la différence entre le Royaume-Uni et la France en termes de réindustrialisation.
- 0:10Je l'ai arrêté en lui disant que ça n'intéressait sûrement pas que moi.
- 0:15C'est un des nombreux sujets qu'on a abordé dans cet épisode.
- 0:18Et clairement,
- 0:19je te le dis tout de suite,
- 0:20les 45 minutes qu'on devait tenir n'ont pas été respectées.
- 0:24C'est une heure d'échange sur la souveraineté industrielle.
- 0:27l'organisation du temps de travail et la prise de parole des industriels que je te livre avec Nicolas Dujardin,
- 0:33COO du groupe industriel Océinde.
- 0:35Place à l'épisode.
- 0:37Nicolas,
- 0:37bonjour et bienvenue dans Oser l'efficacité.
- 0:39Bonjour Perrine.
- 0:41Dans cette première partie,
- 0:42je vais proposer qu'on revienne sur ton parcours,
- 0:44sur tes choix,
- 0:45sur ton rapport avec l'industrie.
- 0:47Et ça se passe immédiatement dans I Need a Hero.
- 0:51Ma première question,
- 0:52c'est comment tu es tombé dans l'industrie ?
- 0:54C'est un super pouvoir inné ou actif ?
- 0:57Alors,
- 0:58super pouvoir,
- 0:59je ne sais pas,
- 0:59mais en tout cas,
- 0:59c'est plutôt acquis.
- 1:02Il faut revenir un petit peu en arrière,
- 1:03mais j'ai eu l'occasion de terminer mes études en Asie.
- 1:06J'ai toujours été passionné par l'Asie et c'était autour de 2006-2007.
- 1:12Et à cette époque-là,
- 1:13l'Asie était vraiment l'atelier du monde.
- 1:15Quand on parlait de l'atelier du monde,
- 1:16c'était produisé
- 1:1825%. La production mondiale était produite en Chine.
- 1:23Donc,
- 1:23ça m'a toujours passionné pour deux sujets.
- 1:25D'abord cet aspect économique et industriel,
- 1:27et puis l'aspect culturel.
- 1:29La Chine c'est plusieurs fois millénaire,
- 1:31beaucoup de choses à nous apprendre.
- 1:32Donc une fois arrivé en Asie à Shanghai,
- 1:34je débarquais,
- 1:35et effectivement c'était le moment où on préparait l'exposition universelle de 2010,
- 1:40si je ne me trompe pas.
- 1:41Et donc cette exposition universelle,
- 1:44elle était voulue pour impressionner le monde.
- 1:46Elle était voulue pour dire,
- 1:48voilà tout ce que la Chine est capable de faire et d'offrir au monde,
- 1:51venez chez nous,
- 1:51venez investir,
- 1:52on a des usines performantes.
- 1:54on sait faire des choses de bonne facture,
- 1:56au bon prix,
- 1:57au bon coût,
- 1:57et on est capable de vous approvisionner.
- 1:59Vraiment ce grenier et cet atelier du monde.
- 2:02Donc,
- 2:03quand je suis arrivé en Chine et que j'ai découvert ça,
- 2:05allié à la culture,
- 2:06à l'affinité que j'avais pour cette culture,
- 2:08je me suis tout de suite dit,
- 2:09je veux travailler dans ce pays.
- 2:11Et tout de suite,
- 2:12je suis tombé dans le trading de biens manufacturés.
- 2:14Pas le trading financier,
- 2:15mais le trading de biens manufacturés.
- 2:17Vous sourcez localement,
- 2:18et puis vous revendez,
- 2:19vous expédiez internationalement.
- 2:21C'est une époque qui a duré pendant 2-3 ans et pour un imbroglio un petit peu médical avec l'administration chinoise,
- 2:27je n'ai pas pu obtenir mon permis de travail chinois,
- 2:30j'ai dû rentrer en France et à ce moment-là j'ai fait la connaissance d'un entrepreneur qui s'appelle Nassir Goulamaly,
- 2:35qui est le PDG du groupe Océinde.
- 2:37Océinde c'est un groupe familial industriel,
- 2:39plusieurs activités,
- 2:40et qui m'a tout de suite ouvert les portes parce qu'il partageait en fait cette curiosité et cette affinité pour l'Asie,
- 2:46en tout cas cette façon d'être intrigué par ce pays qui avait tant de choses à nous offrir.
- 2:51Donc on a tout de suite commencé à travailler ensemble et puis très très très rapidement,
- 2:55j'ai conforté mes idées sur un peu les risques qu'il y avait à l'industrie et clairement c'est ce qui m'a évité de tomber dans les activités de service et de rester très terre à terre.
- 3:05Donc ce bon sens qui est lié à l'industrie,
- 3:08c'est vraiment quelque chose qui m'a attiré effectivement et dans lequel je me sens aujourd'hui très bien.
- 3:15Donc c'est le fait de le voir en Chine ?
- 3:17Oui,
- 3:18je pense que vraiment en Chine,
- 3:19effectivement,
- 3:20à l'époque,
- 3:20visiter ces usines,
- 3:21voir les biens,
- 3:22voir les échanges qu'il y avait avec le monde,
- 3:25cette interaction avec le monde,
- 3:26cette capacité à produire,
- 3:27à utiliser les matériaux,
- 3:29finalement à toucher,
- 3:30c'est là où je suis très à l'aise.
- 3:32Je connais un bien,
- 3:33je connais une matière première,
- 3:34je sais la transformer,
- 3:35je sais la vendre,
- 3:35je sais combien je gagne dessus.
- 3:37C'est simple.
- 3:38La simplicité,
- 3:39c'est attirant.
- 3:40C'est vraiment ça qui m'a attiré.
- 3:42C'est comme ça que tu as conditionné tes choix de carrière derrière,
- 3:44ton positionnement ?
- 3:45Oui,
- 3:46oui.
- 3:47Complètement.
- 3:50Le fait d'avoir déjà pu discuter avec Nassir,
- 3:52qui est un entrepreneur dans plusieurs activités,
- 3:55il y a des télécoms,
- 3:57il y a de l'alimentaire,
- 3:57il y a de l'industrie lourde avec la chimie du bâtiment,
- 4:00il y a aujourd'hui de l'efficience énergétique avec des pompes à chaleur,
- 4:03mais à chaque fois il y a des usines.
- 4:05A chaque fois il y a une production,
- 4:07une activité de production.
- 4:08Et au sein de ce groupe,
- 4:12clairement au fur et à mesure des années,
- 4:14les missions se sont enchaînées,
- 4:15mais toujours très liées.
- 4:17Au risque,
- 4:18vous n'avez pas un composant,
- 4:19vous ne pouvez pas produire.
- 4:21Donc en fait vous êtes dans le réel,
- 4:22vous n'êtes pas dans l'organisationnel,
- 4:23vous n'êtes pas dans de la stratégie,
- 4:26simplement manque de composants,
- 4:28usine ne peut pas travailler,
- 4:29chômage technique,
- 4:31clients pas contents,
- 4:32perte de chiffre d'affaires,
- 4:33etc.
- 4:34Donc ce risque,
- 4:37ce goût du risque et ce goût de l'anticipation finalement pour éviter ces risques,
- 4:41c'est toujours ce qui m'a drivé pour le coup.
- 4:43Toujours eu l'envie de dire,
- 4:44moi je veux que mes usines elles tournent bien.
- 4:46soit performante et que nos clients soient satisfaits par les produits qu'on est capable de leur offrir,
- 4:51dans la qualité et bien sûr le prix.
- 4:53C'est un autre sujet.
- 4:55Tu l'as dit,
- 4:56le groupe Océinde a vraiment beaucoup d'activités.
- 4:58Il y a un fil rouge dans tout ça,
- 4:59comment ça se construit ?
- 5:00C'est des opportunités ?
- 5:02C'est un groupe familial qui est issu d'une île,
- 5:07de la Réunion,
- 5:09qui est un petit territoire et dont le fondateur a toujours eu dans la tête de dire qu'il faut fabriquer local,
- 5:17il faut se nourrir du territoire sur lequel on est,
- 5:21dans la mesure du possible.
- 5:22Et ensuite,
- 5:23il y a eu un espèce d'adage dans le groupe qui a été de dire qu'on aura toujours besoin de manger,
- 5:28on aura toujours besoin de communiquer,
- 5:30on aura toujours envie de redécorer son intérieur ou alors d'entretenir son bien immobilier,
- 5:37qu'il soit à nous ou en location,
- 5:38en tout cas toujours envie de le valoriser.
- 5:40Et puis dernièrement,
- 5:41la dernière brique qui est l'efficience énergétique,
- 5:43donc les pompes à chaleur chez nous,
- 5:46on a envie aujourd'hui de s'investir pour le climat et l'environnement.
- 5:49Et donc si on doit...
- 5:51proposer une solution technique pour en fait pallier à la consommation de fumes lourds ou ce genre de choses,
- 5:56la pompe à chaleur est un bon matériel,
- 5:59est un bon équipement.
- 6:00Donc le fil rouge,
- 6:01c'est vraiment toujours de la valeur ajoutée,
- 6:03d'équipement de qualité et qui répond à un besoin,
- 6:06qui est un besoin dans l'ADN de tout un chacun.
- 6:10Il y a une vraie question de souveraineté du coup dans ce que tu dis.
- 6:12Il y a une souveraineté à l'échelle du groupe,
- 6:14évidemment.
- 6:15Il y a une souveraineté à l'échelle du territoire,
- 6:17parce que la Réunion,
- 6:18c'est un petit territoire qui respecte les normes européennes.
- 6:21les normes françaises,
- 6:22mais qui est à 12 000 km de là.
- 6:24Donc effectivement,
- 6:25on subit vraiment toutes les contraintes liées à l'éloignement de la métropole et à l'éloignement de l'Europe.
- 6:33Mais on respecte l'ensemble des normes qui sont bien souvent dessinées pour une industrie ou pour une activité sur le continent européen.
- 6:42Donc cet éloignement,
- 6:45on en a fait une force,
- 6:46nous,
- 6:46en fait.
- 6:46C'est ce qu'on s'est dit,
- 6:47on s'est appuyé sur ces contraintes et au fur et à mesure,
- 6:49on a déployé...
- 6:50Ces activités qui répondent aux contraintes locales et qui nous ont permis ensuite d'internationaliser,
- 6:56de développer nos activités jusqu'à revenir en métropole dans les années 90 et à refaire l'acquisition sur le territoire métropolitain d'activités notamment de fabrication de peinture.
- 7:07Ok,
- 7:09ça on va en reparler juste avant,
- 7:10on va réfléchir.
- 7:12Toi pour un industriel tu communiques beaucoup,
- 7:14tu publies des tribunes,
- 7:15c'est quand même un monde qui est un peu taiseux d'habitude.
- 7:19Qu'est-ce qui t'a poussé à le faire ?
- 7:20à donner ton avis à grande échelle ?
- 7:23Alors,
- 7:25déjà il y a eu l'opportunité évidemment,
- 7:27on a ouvert une porte.
- 7:29Ensuite on avait un autre adage effectivement dans le groupe,
- 7:31qui est peut-être plus dans l'industrie en général,
- 7:35oui sans doute dans l'industrie en général,
- 7:36qui dit « vivons heureux,
- 7:37vivons cachés » .
- 7:38Et en fait cet adage,
- 7:40il a volé en éclats avec les crises qui se sont succédées ces dernières années.
- 7:45On peut reprendre le Covid par exemple.
- 7:48où tout le monde a eu besoin de dire mais en fait je ne peux pas fonctionner tout seul,
- 7:51je ne peux plus être tout seul dans mon coin,
- 7:53ça ne marche pas.
- 7:54Et donc il y a eu un deuxième événement après Covid qui a été une enquête anti-dumping lancée par la Commission européenne et qui avait un impact,
- 8:03si elle a mutissé,
- 8:05très fort sur nos petites PME,
- 8:08qu'elles soient à La Réunion ou qu'elles soient en métropole.
- 8:10Et donc là j'ai dit c'est plus possible en fait,
- 8:12c'est plus possible qu'il y ait des impacts financiers,
- 8:16compétitivité.
- 8:17potentiellement sociale sur nos activités parce qu'elle est décidée,
- 8:21parce qu'il y a une décision qui est prise par des technocrates à Bruxelles.
- 8:25Donc j'ai eu l'occasion d'un journaliste qui m'a ouvert la porte sur ce sujet-là,
- 8:29je me suis engouffré dedans et j'ai commencé à écrire effectivement du coup c'est ce sujet de souveraineté et d'industrie en général.
- 8:37Mais ensuite ça a fait tache d'huile et j'ai eu la chance que d'autres journalistes m'ouvrent la porte et aujourd'hui j'ai le plaisir de...
- 8:45J'ai le plaisir effectivement d'écrire dans plusieurs quotidiens.
- 8:49C'est très actif.
- 8:51C'est très actif,
- 8:52c'est très diversifié,
- 8:54parce que je me dis toujours qu'il ne faut pas que je sois centré sur mon entreprise.
- 8:58Le but ce n'est pas de mettre l'entreprise au cœur des débats,
- 9:00le but c'est de dire je suis dans l'industrie,
- 9:03je constate quelque chose,
- 9:04je suis capable de le chiffrer,
- 9:06et je suis capable de parler au niveau du secteur d'activité.
- 9:11Donc pas de nombre de l'entreprise,
- 9:12c'est vraiment trois.
- 9:13Trois leviers qu'il faut mettre en avant pour pouvoir écrire un sujet.
- 9:16Et donc,
- 9:18c'est ça qui fait la force aujourd'hui des sujets.
- 9:20C'est des sujets qui sont très pédagogiques,
- 9:22en fait.
- 9:24Quand j'écris pour Ouest France,
- 9:25la direction de la rédaction m'a dit dès le début qu'il ne faut surtout pas de technocratie,
- 9:30qu'il ne faut surtout pas être trop technique comme langage et comme vocabulaire,
- 9:36parce que Ouest France,
- 9:37c'est le premier quotidien de France,
- 9:38c'est 500 000 publications,
- 9:40500 000 journaux qui sortent.
- 9:43et ça s'adresse à tout un chacun.
- 9:45Et donc effectivement,
- 9:45si vous voulez expliquer l'industrie,
- 9:47et c'est là où il faut rentrer dans la pédagogie,
- 9:49et que je trouve hyper intéressant dans les médias,
- 9:51c'est qu'aujourd'hui,
- 9:52vous ouvre la porte pour expliquer votre métier.
- 9:54Et pour revenir à ta question tout à l'heure,
- 9:56pourquoi est-ce que j'ai commencé aussi à écrire ?
- 9:58C'est parce que je considère qu'aujourd'hui,
- 10:00un industriel qui est silencieux,
- 10:03quelqu'un va parler pour lui.
- 10:04Et donc à la fin,
- 10:05il y aura un coup,
- 10:06en fait.
- 10:07Il y aura un coup parce que quelqu'un qui ne connaît pas le métier,
- 10:09mais qui ne connaît pas nos industries,
- 10:11va parler pour nous.
- 10:12Et on aura perdu cette force de parole,
- 10:15de discours,
- 10:16et en plus,
- 10:17ça aura probablement été mal expliqué.
- 10:19Donc il faut s'engager,
- 10:20en fait,
- 10:21à un moment.
- 10:21Il faut prendre la parole.
- 10:23Et surtout pas se laisser faire par le monde qui est violent actuellement.
- 10:27Je vois bien pourquoi tu nous as rejoints.
- 10:28Chez les impostriels,
- 10:29c'est vraiment la ligne directrice,
- 10:32c'est super.
- 10:33Si je te demandais de te présenter sans avoir le droit de donner ton poste,
- 10:38ton entreprise,
- 10:39tes diplômes,
- 10:39tu dirais quoi ?
- 10:42Quelqu'un de très ancré dans le réel,
- 10:44avec un amour pour l'anticipation,
- 10:48qui adore les échanges internationaux,
- 10:50la géopolitique en général.
- 10:53qui essaie justement de,
- 10:54par ses passions en fait,
- 10:57de faire revenir ces différents leviers sur son activité professionnelle et nourrir les différentes sociétés du groupe de cette culture aujourd'hui nécessaire pour comprendre le monde et comprendre les impacts que le monde a sur nos activités.
- 11:13Ça me va bien,
- 11:14ça va bien respecter l'exercice,
- 11:15super !
- 11:17Dans Oser l'efficacité,
- 11:17on aime bien les références à la culture pop.
- 11:21Si tu étais un super-héros,
- 11:23ou un film,
- 11:23ou une série,
- 11:24ce serait quoi ?
- 11:25Moi j'aime beaucoup les Marvel,
- 11:26parce que j'aime le spectacle en fait,
- 11:28mais je crois que je dirais plutôt quelque chose comme
- 11:32Apollo 13 peut-être.
- 11:34C'est un film qui est simplement sur la NASA,
- 11:38une mission en perdition,
- 11:39et donc qui exige aujourd'hui en fait un cadre,
- 11:43une précision,
- 11:45pas le droit à l'erreur,
- 11:46et une extrême rigueur.
- 11:48Et je trouve qu'aujourd'hui le monde nous impose ça.
- 11:51Mais moi je suis ravi de rentrer dans ce cadre-là,
- 11:53parce que c'est ce que j'aime faire au quotidien.
- 11:55C'est extrêmement drôle,
- 11:56je ne sais pas dans quel ordre les épisodes vont sortir,
- 11:59mais l'épisode qu'on a tourné ce matin,
- 12:00on m'a donné le même exemple Apollo 13.
- 12:02Donc c'est très rigolo.
- 12:05C'est pas très original.
- 12:06C'est la même justification,
- 12:07mais ce qui est amusant c'est que vous ne faites pas du tout la même chose.
- 12:09Et donc ce n'était pas le même angle.
- 12:10Mais voilà,
- 12:11c'est assez amusant.
- 12:12Mais je crois que c'est très propre à l'industrie aussi.
- 12:16capacité de résilience pour y arriver quand même,
- 12:18même quand tout va mal.
- 12:19Donc,
- 12:19ce n'est pas aberrant qu'on se retrouve là-dessus.
- 12:23Oui,
- 12:23effectivement.
- 12:24Alors,
- 12:24après,
- 12:25il y a deux images à prendre.
- 12:26Apollo 13,
- 12:26c'est une mission qui est un échec.
- 12:29Oui,
- 12:29mais qui finit bien quand même,
- 12:30qui limite la casse,
- 12:31quoi.
- 12:32Oui,
- 12:32mais si on l'adapte à notre contexte industriel actuellement,
- 12:35du coup,
- 12:36si on tire l'image jusqu'au bout,
- 12:37on se dit qu'en fait,
- 12:37on va droit dans le mur et puis qu'on va essayer de sauver les meubles.
- 12:40Non,
- 12:41ce que j'essaie de mettre en avant,
- 12:42c'est effectivement la rigueur nécessaire dans l'espace.
- 12:47pour mener la mission à bien.
- 12:49Et donc c'est plus dans ce sens-là où aujourd'hui je considère qu'il faut avoir une extrême rigueur pour pouvoir faire son métier.
- 12:54Oui,
- 12:55je comprends.
- 12:57Sur la prochaine section,
- 12:58je voudrais qu'on reprenne une discussion qu'on a entamée au téléphone.
- 13:02Moi,
- 13:02personnellement,
- 13:03j'étais dans une gare où on a commencé à parler des différences entre la France et le Royaume-Uni où tu vis.
- 13:10Et donc je vais te proposer de débunker certains mythes qu'il peut y avoir entre les deux pays.
- 13:15Ça se passe dans la séquence « Mythe ou réalité ? »
- 13:21Alors mon premier mythe,
- 13:22c'est « La souveraineté industrielle est un sujet plus important au Royaume-Uni qu'en France. »
- 13:32Oui,
- 13:32c'est vrai.
- 13:33C'est vrai,
- 13:33en fait,
- 13:36si on fait la comparaison,
- 13:38nous on a mis dans France 2030 50 ou 55 milliards sur les prochaines années.
- 13:45Là où les Anglais ont décidé d'un plan,
- 13:49d'une planification à 10 ans sur 8 secteurs d'activité critiques pour eux.
- 13:55Donc quelque part on peut dire qu'effectivement nous on continue de subventionner,
- 13:59de payer,
- 14:00là où eux ils protègent.
- 14:02Donc on peut presque dire que l'engagement aujourd'hui il est plus prononcé du côté anglais que du côté français.
- 14:09Payer ce n'est pas suffisant,
- 14:10planifier...
- 14:11Ça veut dire qu'il y a une stratégie et qu'il y a un plan et qu'il y a quelque chose avec des objectifs et des mesures entre temps.
- 14:18Donc il faut de l'argent mais il faut décider en avance de où on va le mettre pour qu'on se dirige tous dans la même direction.
- 14:23Là on touche à un des cœurs de nos problématiques actuellement,
- 14:27c'est la planification.
- 14:28On reprend toujours l'exemple de la planification chinoise à 50 ans.
- 14:33Je pense que sur les milliers d'articles qui sont écrits dans ces planifications,
- 14:3799,9%
- 14:39sont tenus.
- 14:41Le plus critique à venir étant bien celui de réintégrer Taïwan dans la Chine d'ici 2050.
- 14:47Ça fait peur un petit peu à tout le monde aujourd'hui.
- 14:49On ne voit pas comment on va les arrêter.
- 14:51Et donc pour en venir à nous,
- 14:52notre planification,
- 14:53le problème c'est que...
- 14:54Depuis
- 14:56Jean Monnet,
- 14:57par exemple,
- 14:58premier commissaire au plan,
- 15:01aucune planification n'a tenu plus d'un ou deux ans.
- 15:04Et le temps long de notre métier,
- 15:06donc de nos industries,
- 15:08nécessite une planification et une stabilité dans cette planification.
- 15:12On ne peut pas changer tous les ans ou tous les trois mois de règles,
- 15:16ça ne marche pas.
- 15:18Aucun entrepreneur ne peut s'engager dans un contexte où il n'y a pas une stabilité politique.
- 15:25pour notre secteur d'activité.
- 15:26Oui,
- 15:26et puis,
- 15:27enfin,
- 15:28moi je trouve qu'on entend souvent on ne peut pas planifier,
- 15:30le monde bouge trop vite,
- 15:31c'est pas parce qu'on a planifié qu'on ne peut pas revoir le plan en fonction des évolutions,
- 15:35ça permet quand même d'avoir une ligne directrice.
- 15:37Si on reprend aujourd'hui l'exemple de la Chine,
- 15:39la Chine est sans doute le pays qui a bougé le plus vite ces 50 dernières années,
- 15:43ça ne l'a pas empêché de planifier ces 50 dernières années.
- 15:47Donc,
- 15:49on n'est pas moins intelligent qu'eux.
- 15:52On devrait pouvoir y arriver aussi.
- 15:55Je note.
- 15:56Deuxième mythe,
- 15:57depuis le Brexit,
- 15:58les Anglais vont beaucoup mieux.
- 16:00C'est un mythe pour le coup,
- 16:02oui.
- 16:02Alors,
- 16:03comment est-ce qu'on appelle ça ?
- 16:05Je crois que c'est l'OBR en Angleterre,
- 16:07qui est un peu le pendant de notre cours des comptes ou de notre conseil financier.
- 16:12Là,
- 16:12très bien chiffré,
- 16:12pour le coup,
- 16:13il y a une baisse des échanges de presque 15%
- 16:17des échanges économiques.
- 16:20et la capacité industrielle pour le coup de l'Angleterre a baissé de 3-4%.
- 16:24Donc en fait,
- 16:25ils ne vont pas bien depuis le Brexit.
- 16:28En revanche,
- 16:29ce qui est vrai,
- 16:29c'est que là où nous on a fait
- 16:310,9% de croissance en 2024,
- 16:33je crois,
- 16:34ou 2024 si je ne me trompe pas,
- 16:36c'est les chiffres que j'ai en tête,
- 16:38eux ont fait 1,3%.
- 16:40Donc c'est un peu le contraste des Anglais.
- 16:47Une espèce d'acceptation,
- 16:48on fait le dos rond mais on se remet au travail très rapidement.
- 16:51Et là on le voit,
- 16:53après Covid justement,
- 16:55les activités de service ont redémarré très très vite en Angleterre.
- 16:59Là où en revanche l'activité industrielle a été un peu plus lente à redémarrer.
- 17:04Donc il y a un engagement et un espèce de bon sens et un pragmatisme quelque part,
- 17:10qu'on a encore un petit peu du mal à mettre en œuvre de notre côté de la banque.
- 17:15Je pense que tu as déjà partiellement répondu,
- 17:17mais mon troisième mythe,
- 17:17c'était le flègme anglais les rend moins aptes à surmonter la crise.
- 17:21Oui,
- 17:21oui,
- 17:22voilà,
- 17:22c'est ça.
- 17:23Il faut remonter un petit peu dans l'histoire peut-être de l'Angleterre,
- 17:26mais je suis assez convaincu que la Seconde Guerre mondiale leur a appris à être bombardés tous les jours.
- 17:35En fait,
- 17:35il leur a appris une certaine résilience à courber les chines et puis effectivement à relancer,
- 17:41relancer plus rapidement ou accepter en tout cas.
- 17:45pas une défaite,
- 17:45mais en tout cas accepter un moment un peu dur pour se remettre au travail plus rapidement.
- 17:49Là où nous,
- 17:50on fait beaucoup d'analyses,
- 17:51quelque part,
- 17:53avant de pouvoir décider,
- 17:54mais du coup,
- 17:54ça prend beaucoup de temps.
- 17:56En Angleterre,
- 17:58ils vont analyser rapidement,
- 17:59éventuellement payer plus cher,
- 18:01prendre une décision,
- 18:03donc une décision imparfaite,
- 18:04mais qui au moins sera exécutable rapidement.
- 18:07Nous,
- 18:07on va analyser très longtemps,
- 18:09et bien souvent prendre une décision un peu hybride,
- 18:12qui ne sera pas forcément...
- 18:13adapté en plus de contexte parce qu'il y aurait eu tellement de latence dans la mise en exécution qu'on perd en fait un dynamisme qui est aujourd'hui encore une fois nécessaire dans un monde qui change quotidiennement.
- 18:26Donc au final pour toi c'est un mythe le fait que l'on est rendu apte à surmonter la crise,
- 18:31c'est pas du je m'en foutisme,
- 18:32c'est la résilience.
- 18:34La robustesse même.
- 18:39Dernier mythe,
- 18:39le Royaume-Uni est moins enlisé dans la bureaucratie,
- 18:42agir là-bas est plus facile.
- 18:44Ça c'est vrai,
- 18:45c'est très vrai.
- 18:48C'est l'OCDE qui disait que le Royaume-Uni était un des pays où la concurrence était la mieux mise en valeur,
- 18:55où c'était le plus facile d'avoir des échanges économiques.
- 18:59C'est très vrai.
- 19:02Le cadre économique,
- 19:03oui,
- 19:03du coup,
- 19:03est bien mieux 10 ans en Angleterre qu'en France.
- 19:07Une évidence.
- 19:09Il y a d'autres choses que tu voulais souligner,
- 19:10que tu vois dans la différence dans les deux pays ?
- 19:13La guerre de Cent Ans n'est pas terminée.
- 19:17C'est incroyable.
- 19:21Il y a quand même toujours cette défiance à travers le sport,
- 19:26à travers les relations diplomatiques,
- 19:29à travers le Brexit.
- 19:34Bien sûr,
- 19:35continuer de creuser ce fossé qu'il peut y avoir entre les deux pays.
- 19:38Et même si on entend que l'Angleterre aimerait bien aujourd'hui se rapprocher de l'Europe,
- 19:42je pense que ni les Français ni les autres territoires européens vont leur faire de quartier à ce moment-là.
- 19:47Donc pour des questions de fierté qui sont un peu mal placées,
- 19:51une histoire partagée,
- 19:54le futur n'est pas forcément très bleu pour les deux pays.
- 19:59Mais moi je crois beaucoup effectivement dans la robustesse de l'Angleterre.
- 20:03Je crois beaucoup aux échanges qu'on doit continuer d'avoir avec eux en France parce que pour le coup dans l'industrie,
- 20:11si on revient à cet exemple et à cette discussion,
- 20:14l'industrie aujourd'hui elle a besoin de proximité.
- 20:17Et la France elle a l'Europe,
- 20:19où on peut tirer tout plein d'avantages.
- 20:22L'Angleterre a plein de choses à offrir qui sont intéressantes.
- 20:25Et ensuite,
- 20:26bien sûr,
- 20:26il y a le continent africain qui doit aussi pouvoir nous apporter d'autres valeurs à goûter.
- 20:30Donc,
- 20:32cette verticale
- 20:34Royaume-Uni-Europe-Afrique, on doit pouvoir construire,
- 20:38co-construire quelque chose ensemble.
- 20:40Donc moi,
- 20:40je crois beaucoup dans les années à venir à cette axe-là.
- 20:43J'espère qu'ils se rendent compte.
- 20:48En tout cas,
- 20:49je suis assez d'accord avec toi sur le sujet.
- 20:52Sur la prochaine section,
- 20:53je voudrais aller te chercher sur un autre sujet qui te tient à cœur,
- 20:55sur lequel tu as déjà écrit.
- 20:56C'est la structure du travail actuel.
- 21:00Et donc,
- 21:00dans cette section,
- 21:01je vais te proposer des propositions autour de l'organisation du travail.
- 21:05Pour chacune,
- 21:05tu me dis c'est classe,
- 21:07il faut faire ça,
- 21:08c'est très important,
- 21:09ou ça casse,
- 21:10arrêtez tout de suite,
- 21:11on ne veut plus en entendre parler,
- 21:12ce n'est pas possible.
- 21:13Ça se passe dans C'est classe ou ça casse.
- 21:18Alors ma première proposition c'est la semaine de 4 jours redorera le blason de l'industrie.
- 21:24Bon ça casse,
- 21:28là c'est la course à l'échalote ça.
- 21:32Semaine de 4 jours,
- 21:33il y a des pays du nord qui sont engagés sur la semaine de 3 jours même maintenant.
- 21:37Je ne sais pas si leur productivité augmente ou diminue mais en tout cas nous on a un premier effort à faire,
- 21:42c'est les heures utiles en fait.
- 21:44Ce n'est pas du tout de dire qu'on doit travailler sur 4 jours ou sur 5 jours.
- 21:48Les Américains dans la tech viennent d'annoncer un 996,
- 21:51c'est je commence à 9h,
- 21:52je termine à 21h et c'est 6 jours par semaine.
- 21:56C'est une connerie en fait,
- 21:58vous m'excusez.
- 21:59Donc nous ce qu'on a à faire,
- 22:01c'est l'assistante médicale qui traverse deux départements tous les matins à l'aller et le soir au retour,
- 22:08qui a 100 km,
- 22:09là elle va perdre 1h30 le matin,
- 22:101h30 le soir.
- 22:12Comment est-ce qu'on fait pour s'organiser pour qu'elle n'ait pas cette perte de 3h par jour ?
- 22:16Vous imaginez à l'échelle d'une vis ce que ça représente ?
- 22:20Petit avertissement pour la suite.
- 22:24Cet épisode ayant été tourné en salon,
- 22:27on ne maîtrise pas tout.
- 22:29Dans la suite,
- 22:30la lumière a voulu participer au débat en morse.
- 22:35Donc,
- 22:36avis aux yeux sensibles,
- 22:37il va y avoir quelques variations lumineuses.
- 22:42Rien de méchant,
- 22:43mais autant te prévenir.
- 22:44C'est ça aussi les tournages sur le terrain.
- 22:48On ne choisit pas toujours ce qui se passe.
- 22:49Et franchement,
- 22:51ce serait dommage de se priver de l'échange pour si peu.
- 22:55Ne va pas trop loin,
- 22:56j'ai d'autres questions.
- 22:57Donc peut-être on va creuser le sujet au fur et à mesure.
- 23:01Juste pour revenir à la proposition.
- 23:03Effectivement,
- 23:03moi je pense qu'on a mieux à chasser les heures utiles à faire que de vouloir revenir à une semaine compressée de 4 jours ou 3 jours.
- 23:11Après,
- 23:12peut-être quand on aura chassé le temps inutile,
- 23:13on se prendra compte qu'en 4 jours,
- 23:14c'est possible.
- 23:15Tout compris.
- 23:16Après,
- 23:16il faudra toujours des gens sur les lignes tout le temps,
- 23:18donc il va falloir équilibrer quand même.
- 23:20Il y a des robots,
- 23:20il y a de la domotique,
- 23:21il y a plein de choses qu'on peut faire aujourd'hui.
- 23:24Si ça offre une meilleure qualité de vie à des salariés,
- 23:26c'est tout à fait envisageable.
- 23:29Si on veut gagner plus,
- 23:30il faut travailler plus.
- 23:35Alors,
- 23:35on va dire qu'individuellement,
- 23:38ça casse,
- 23:38et puis nationalement,
- 23:40c'est la classe quand même.
- 23:41on va dire quelque part.
- 23:42Évidemment,
- 23:43ça paraît sensé comme ça.
- 23:44Après,
- 23:45c'est Microsoft qui a dit ça,
- 23:46mais ils ont fait une étude en disant qu'il y avait une augmentation hors quotidien,
- 23:53en fait,
- 23:53de
- 23:5416% des visios qui ont lieu après le temps de travail,
- 23:58après 20 heures.
- 23:59Et donc,
- 23:59en fait,
- 24:01le temps de travail,
- 24:02oui,
- 24:03mais le temps de travail,
- 24:03ça ne veut rien dire.
- 24:04Encore une fois,
- 24:04on en revient sur les heures utiles.
- 24:06Mais où est la valeur ?
- 24:08Où est la valeur de ton travail ?
- 24:11Qu'est-ce qui va apporter une croissance de chiffre d'affaires,
- 24:15une croissance de marge,
- 24:16de performance à ton entreprise ?
- 24:18Si déjà,
- 24:19encore une fois,
- 24:19sur les heures utiles,
- 24:20si déjà tu fais la part entre les heures utiles et ta perte de temps,
- 24:23je pense que tu as déjà fait un bon pas en avant.
- 24:26D'abord ça.
- 24:28Une réunion sans ordre de jour ne devrait pas exister.
- 24:32Évidemment,
- 24:33ça casse.
- 24:33Oui,
- 24:34c'est classe.
- 24:35C'est classe,
- 24:36du coup,
- 24:36évidemment.
- 24:37On revient à ce que je viens de dire.
- 24:40Regarde les cadres d'entreprise aujourd'hui.
- 24:43Un ordre du jour,
- 24:44en fait,
- 24:44c'est une réunion qui ne servira à rien.
- 24:46S'il n'y a pas d'ordre du jour,
- 24:49la réunion ne sert à rien.
- 24:52Et même,
- 24:52c'est du temps gâché.
- 24:54Et du coup,
- 24:54c'est de l'argent gâché.
- 24:55Et du coup,
- 24:55c'est de la performance économique de ton entreprise qui est gâchée.
- 24:59Donc ça ne sert absolument à rien sans ordre du jour.
- 25:06Le problème,
- 25:06c'est que ça continue et que ça perdure dans le cadre des entreprises.
- 25:09Donc de la même façon,
- 25:10tu as énormément de visio.
- 25:14Il y a une espèce de déperdition d'énergie et de productivité à travers toutes ces réunions.
- 25:20L'organisation facile et sans doute la plus productive,
- 25:23c'est quand même effectivement d'avoir un ordre du jour.
- 25:25Et que cet ordre du jour soit respecté et permette de prendre la décision,
- 25:28de prendre des décisions.
- 25:29Après,
- 25:29au-delà de ça,
- 25:29il y a la décision derrière.
- 25:31Si ta réunion est juste pour phosphorer,
- 25:33pas besoin d'une réunion.
- 25:35Tu travailles,
- 25:36tu dois le faire au quotidien.
- 25:38En revanche,
- 25:38prendre ta décision,
- 25:40ça tu dois la faire collectivement,
- 25:42avec les équipes,
- 25:42avec le management,
- 25:43etc.
- 25:44Et à la fin de ta réunion,
- 25:45tu prends tes décisions,
- 25:46tu les encres et tu mesures le poids de tes décisions au fur et à mesure.
- 25:50Mais ce n'est pas d'ordre du jour,
- 25:53aucune utilité.
- 25:54Ça dégage,
- 25:54très bien.
- 25:55Une entreprise devrait refuser d'embaucher quelqu'un qui habite à plus de 20 minutes du bureau.
- 25:59Ça,
- 25:59ça dégage,
- 26:00ça.
- 26:01Ça dégage complètement parce que tu ne juges pas un talent sur sa logistique.
- 26:05Tu juges un talent sur ce qu'il est capable d'apporter à l'entreprise.
- 26:08Donc ensuite,
- 26:09c'est un risque,
- 26:10tu le prends,
- 26:11tu ne le prends pas.
- 26:12Mais en tout cas,
- 26:14sûrement pas sur sa logistique.
- 26:15Ce n'est pas comme ça qu'on va solutionner l'heure et demie de trajet.
- 26:18Il y a d'autres solutions.
- 26:19Très bien.
- 26:20Oui,
- 26:20mais regarde,
- 26:21par exemple,
- 26:21si on en revient effectivement à l'heure et demie de trajet,
- 26:23Tu regardes en Angleterre,
- 26:25pour reprendre l'exemple,
- 26:27tu as à peu près
- 26:2828% des salariés qui sont en hybride,
- 26:30déjà en début 2025,
- 26:32donc ça veut dire que ça a sans doute encore augmenté.
- 26:34Et donc ces heures utiles,
- 26:37ils sont déjà partis à la chasse.
- 26:41Et c'est facile en fait à mettre en œuvre.
- 26:42Ce n'est pas compliqué d'avoir un salarié qui a un temps de travail hybride.
- 26:47Et c'est probablement adapté pour le confort de tous et la productivité de l'entreprise.
- 26:51Aujourd'hui,
- 26:52on a toutes les technologies qui permettent de le faire.
- 26:54Je discutais avec un chef d'entreprise récemment qui se plaignait de l'absence de sa secrétaire un mercredi sur deux parce qu'elle ne pouvait pas répondre au téléphone.
- 27:02Aujourd'hui,
- 27:03on est quand même capable d'avoir un standard décentralisé pour,
- 27:07si vraiment c'est un problème,
- 27:08il y a des moyens de le solutionner.
- 27:09Prochain mythe,
- 27:10le vrai indicateur de performance d'une boîte,
- 27:13c'est le nombre d'heures utiles produites,
- 27:14pas le chiffre d'affaires.
- 27:17Oui,
- 27:18oui,
- 27:18oui.
- 27:18Alors,
- 27:20ce n'est pas un mythe,
- 27:21effectivement.
- 27:24Le chiffre d'affaires,
- 27:25c'est toujours la même chose.
- 27:26Le chiffre d'affaires,
- 27:27il te permet de mesurer le passé.
- 27:29Tu ne sais pas du tout.
- 27:31Ton chiffre d'affaires,
- 27:32tu le mesures à la fin du mois ou à la fin de ta journée.
- 27:35Tes heures utiles,
- 27:35c'est ce qui permet que tes outils continuent d'être performants demain.
- 27:39Donc,
- 27:39tu es déjà dans l'avenir et dans l'organisation du futur.
- 27:42Le chiffre d'affaires,
- 27:43il ne sert à rien.
- 27:44C'est vrai que c'est un indicateur qui est rarement utile.
- 27:47On ne parle même pas de marge,
- 27:47on parle de chiffre d'affaires,
- 27:48donc c'est une catastrophe.
- 27:50Supprimer la pause déjeuner permettrait de récupérer du temps au-dessus ?
- 27:53Ça,
- 27:53ce n'est pas possible.
- 27:55Ce n'est vraiment pas possible,
- 27:56pour le coup.
- 27:57Non,
- 27:57mais en fait,
- 27:58sur le fond,
- 27:58la question,
- 28:00tu ne peux pas supprimer l'heure de récupération.
- 28:04Sinon,
- 28:04ton salarié,
- 28:05ton collaborateur,
- 28:06il n'a aucune chance d'être compétent dans son travail.
- 28:10Oui,
- 28:10on baisse l'utilité même des heures utiles derrière.
- 28:12En plus,
- 28:12on est en France.
- 28:15Manger,
- 28:15ça fait partie de la culture.
- 28:16Mettre de l'IA partout,
- 28:19ça permet de récupérer du temps utile.
- 28:23En fait,
- 28:23ça,
- 28:23c'est un faux débat aussi,
- 28:24parce qu'il n'y a pas dans la question,
- 28:27mais je crois que c'est à peu près 20%
- 28:29des entreprises européennes,
- 28:31aujourd'hui,
- 28:31sont équipées d'IA,
- 28:32utilisent l'IA au quotidien.
- 28:34Donc,
- 28:37évidemment,
- 28:39l'IA est déjà utilisée,
- 28:40est déjà généralisée.
- 28:42Mais en revanche,
- 28:42tu ne vas pas mettre un copilote sur toutes les tâches quotidiennes.
- 28:46Donc,
- 28:48il faut nuancer la réponse quelque part.
- 28:52L'IA a tous ses avantages,
- 28:54elle va amener des gains de productivité.
- 28:57Mais se reposer uniquement sur l'IA,
- 28:59ce n'est pas la solution au problème du quotidien et des entreprises.
- 29:01Ça ne marchera pas.
- 29:02Je trouve qu'on devient bête des fois à avoir pris des habitudes avec l'IA.
- 29:05Il y a des choses qu'on faisait nous-mêmes qu'on ne fait plus parce qu'on veut…
- 29:07Entre les marqueurs,
- 29:08il y a…
- 29:09Donc que vous recevez dans vos mails avec le tiré au milieu de mots...
- 29:13Bon bref,
- 29:14celui-là il est ridicule.
- 29:15Ensuite,
- 29:16le discours,
- 29:17un peu trop marqué quand même,
- 29:19parce qu'on en revient aux marqueurs,
- 29:21mais les IA ont quand même des marqueurs qui sont assez prégnants.
- 29:24Et puis,
- 29:26souvent,
- 29:26elles hallucinent un petit peu quand même.
- 29:29Donc elles sont capables de vous proposer des informations qui sont fausses.
- 29:32Vous vous passez pour un clown derrière,
- 29:34ça sert à rien.
- 29:35Donc il faut...
- 29:37L'IA est un outil,
- 29:38il faut le contrôler.
- 29:41Ça marche.
- 29:41Généraliser le télétravail est le moyen le plus efficace pour récupérer du temps utile.
- 29:46Ça aussi a nuancer,
- 29:47mais on revient un peu sur la question précédente.
- 29:49C'est un outil pour apporter plus de flexibilité et de performance à l'entreprise.
- 29:53Une fois qu'on a compris ça,
- 29:54il y a un cadre dans lequel il faut s'inscrire.
- 29:57Attention à ce que je vous disais tout à l'heure,
- 29:59c'est que effectivement,
- 30:03selon Microsoft,
- 30:03ce n'est pas moi qui dit,
- 30:04mais les visios en dehors du temps de travail ont tendance à monter en puissance énormément.
- 30:12Et donc là,
- 30:13le télétravail devient un frein.
- 30:15Parce qu'en fait,
- 30:16vous n'avez plus de journée de 8h à 20h.
- 30:19Vous avez des journées qui commencent à 8h.
- 30:22Vous allez être sur la route,
- 30:23sur votre temps de travail.
- 30:24qui n'est pas un temps de travail selon les législations,
- 30:27au téléphone déjà avec vos collaborateurs,
- 30:30et puis vous rentrez le soir,
- 30:31c'est la même chose sur le trajet du retour,
- 30:33et puis à la fin on vous en remet une parce que vous avez les outils et que vous êtes à la maison.
- 30:37Bref,
- 30:38tout ça mis bout à bout,
- 30:40c'est un peu la liénation par le travail justement.
- 30:42Donc le télétravail c'est apprendre dans un cadre bien défini.
- 30:48Remplacer le management intermédiaire libérerait du temps utile ?
- 30:53Faux !
- 30:55Ça clashe pour le coup parce que le management,
- 31:00un mauvais manager,
- 31:02tu le remplaces.
- 31:03En revanche,
- 31:04tu ne remplaceras jamais le management.
- 31:08Tu auras toujours besoin de faire du management.
- 31:10Mais effectivement,
- 31:11une personne,
- 31:11tu peux la remplacer.
- 31:12Une personne qui n'est pas le bon fit en tout cas à ce moment-là.
- 31:16En France,
- 31:17on valorise l'apparence du travail plus que le résultat.
- 31:19Ce n'est pas nouveau et c'est un des clichés.
- 31:21Enfin,
- 31:22ce n'est même pas un cliché,
- 31:22c'est une vraie...
- 31:24C'est une vérité.
- 31:27On fait encore beaucoup,
- 31:27beaucoup,
- 31:28beaucoup de présentéisme.
- 31:29Les gens ont peur de partir du travail.
- 31:32Si c'est un petit peu plus de trop tôt,
- 31:34c'est catastrophique.
- 31:35Ça veut dire qu'on en revient aux heures utiles.
- 31:38Mais ça veut dire que si on considérait que les collaborateurs pouvaient partir quand ils ont fini ce qu'ils ont à faire dans la journée,
- 31:45on se rendrait sans doute compte qu'il y a une demi-heure,
- 31:48une heure,
- 31:48deux heures par jour qui ne sont pas utilisées.
- 31:52Ça veut dire que le management...
- 31:53n'a pas fait correctement son travail,
- 31:55donc on n'a pas donné des fiches de mission,
- 31:57des missions ou des tâches qui correspondent suffisamment à la charge de travail nécessaire,
- 32:03etc.
- 32:04Donc c'est catastrophique ce qu'on dit,
- 32:06parce qu'en fait les gens perdent leur temps,
- 32:09ne sont pas heureux au travail,
- 32:10parce que du coup ils font le présentéisme,
- 32:12et en plus la performance d'entreprise sera sans doute diminuée par cet amalgame,
- 32:16enfin plutôt cet ensemble de petits sujets qui font que les gens ne sont pas heureux.
- 32:23et qu'on les vit se payer à rien faire.
- 32:26Bien sûr,
- 32:28ce n'est pas le cas de tous,
- 32:28mais c'est évident que la journée de travail,
- 32:32elle n'est pas forcément utilisée à
- 32:34100% par tout le monde,
- 32:35correctement en tout cas.
- 32:37Merci pour cette vision,
- 32:38en tout cas,
- 32:39sur le monde du travail actuellement,
- 32:40sur l'organisation du travail.
- 32:41Et justement,
- 32:43ça fait partie des prises de position que tu as prises dans les tribunes.
- 32:45C'est un peu le sujet que je voudrais exposer dans la prochaine section,
- 32:48parce que,
- 32:48comme on l'a dit en introduction,
- 32:49tu prends beaucoup la parole dans les médias.
- 32:52j'aimerais qu'on s'intéresse à pourquoi tu l'as fait plus en détail ce que tu as appris sur le parcours les erreurs éventuellement que tu as pu faire au quotidien,
- 33:01ça se passe dans la prochaine section qui est la section cheat code comme il le dit lui-même si tu ne le fais pas,
- 33:07quelqu'un d'autre le fera pour toi,
- 33:09et forcément moins bien.
- 33:11Son livre Réindustrialiser autrement ou mourir,
- 33:14le combat d'une génération est disponible depuis le 5 juin préfacé par Arnaud Montebourg selon ses mots
- 33:21c'est à la fois un manifeste et un plan de route.
- 33:24Pour moi,
- 33:24c'est la vie éclairée d'un homme de terrain,
- 33:26orienté exécution,
- 33:28loin de la technocratie et des stratégies complexes qu'on peine à mettre en place.
- 33:32Si tu veux le commander,
- 33:33le lien est dans la description.
- 33:37Alors dans cette section,
- 33:38ce qui m'intéresse,
- 33:39c'est de creuser les histoires qui t'ont amené à certaines leçons potentiellement,
- 33:44pour que les auditeurs qui nous écoutent,
- 33:46les industriels qui aimeraient aussi prendre la parole,
- 33:49tirent le bénéfice de ta leçon.
- 33:51sans avoir à passer derrière la situation inconfortable qui t'y a mené.
- 33:54Tu as un exemple en tête,
- 33:56par exemple ?
- 33:59En fait,
- 34:01moi,
- 34:01je regrette toujours dans toutes mes prises de parole,
- 34:05c'est de ne pas avoir été assez cash.
- 34:07Parce que je trouve qu'aujourd'hui,
- 34:09et là,
- 34:10on a un vrai gros problème,
- 34:13les réseaux sociaux ne nous aident pas.
- 34:18Que ce soit dans les prises de parole où tu peux effectivement avoir des réactions fleuves de temps en temps,
- 34:25positives d'autres moments,
- 34:27on a plutôt tendance à une critique négative quand même,
- 34:30pas particulièrement en France mais en général.
- 34:32Donc c'est une exposition qui est un petit peu difficile.
- 34:35En revanche,
- 34:37aujourd'hui ne pas prendre la parole,
- 34:38c'est ce que je disais tout à l'heure,
- 34:39c'est accepter en fait un coup pour l'entreprise,
- 34:43une nouvelle norme sur laquelle tu ne seras pas battu.
- 34:47Une nouvelle réglementation ou une nouvelle norme,
- 34:49une nouvelle enquête anti-dumping sur laquelle tu ne seras pas manifesté.
- 34:54En fait je dis toujours mais...
- 34:58Si quelque chose t'est imposé et que tu le découvres en plus,
- 35:01ça veut dire que tu n'as pas travaillé,
- 35:02tu n'as pas anticipé,
- 35:04tu ne t'es pas fait entendre,
- 35:05et donc tu n'as pas mis tous les moyens de ton côté pour réussir à faire quelque chose de mieux.
- 35:10Donc aujourd'hui,
- 35:11encore une fois,
- 35:11les prises de parole,
- 35:12elles sont autour de ça,
- 35:13elles sont sur comment,
- 35:15moi qui suis convaincu que l'industrie,
- 35:17c'est un fer de lance de la France de demain et de l'Europe en général,
- 35:23si tu me rends la parole pour...
- 35:25Il faut prêcher tes engagements,
- 35:27prêcher tes convictions,
- 35:28tu ne pourras que regretter après.
- 35:31Et quand tu le fais dans ce sens-là,
- 35:33si c'est le cas pour une entreprise,
- 35:34ça veut dire que tu perdras quelque chose à un moment ou à un autre.
- 35:36Donc ton premier conseil,
- 35:37c'est d'assumer ses positions,
- 35:38vraiment.
- 35:38Oui,
- 35:39parler,
- 35:40assumer ses positions,
- 35:42prendre des risques,
- 35:44prendre la parole sur ces sujets-là,
- 35:49en sachant que ce ne sera pas forcément que du bénéfique.
- 35:52Il y a des retours de bâton,
- 35:53ça arrive.
- 35:55J'allais dire,
- 35:56tu as eu une déconvenue particulière sur une tribune que tu as pu lire ?
- 35:59Oui,
- 35:59oui,
- 35:59oui,
- 36:00oui,
- 36:00j'en ai eu,
- 36:02j'en ai eu parce que je me suis vu piégé dans ma passion,
- 36:05en fait.
- 36:06Et donc,
- 36:07il y a un moment où écrire,
- 36:09c'est bien,
- 36:10vérifier,
- 36:11contrôler,
- 36:13c'est quelque chose,
- 36:15une étape qui est absolument nécessaire.
- 36:18Et encore une fois,
- 36:19il faut pouvoir s'engager dans son discours.
- 36:22D'ailleurs,
- 36:22c'est ce que veut dire tribune.
- 36:24C'est un engagement personnel qui est porté par un groupe,
- 36:27etc.
- 36:27Mais c'est un engagement.
- 36:28Et donc,
- 36:29je ne peux pas trop le citer,
- 36:33mais je m'étais attaqué à un des symboles de la France et sur laquelle on m'est revenu en me disant non,
- 36:40il y a trop de commentaires négatifs,
- 36:42il y a trop d'attaques,
- 36:44il y a trop de...
- 36:46Finalement,
- 36:47personne n'est capable de mesurer correctement et du coup,
- 36:50tu risques de t'exposer inutilement.
- 36:54Et donc un des grands quotidiens m'a dit on retire celle-là parce qu'en fait on va avoir trop de soucis.
- 37:01Donc c'est là aussi où il y a le problème de l'autonomie et l'indépendance de certains médias aussi,
- 37:07c'est pas évident.
- 37:09Prendre de temps en temps,
- 37:10permettre des tribunes qui vont peut-être à l'encontre de certains,
- 37:14pas des actionnaires mais en tout cas du monde dans lequel il évolue,
- 37:20ça peut vexer des gens,
- 37:21ça peut fâcher des gens,
- 37:22il faut faire attention.
- 37:23Et donc c'est pour ça qu'il faut choisir le timing en fait qui va avec.
- 37:26C'est là où je voulais en venir,
- 37:27c'est de dire il faut de temps en temps accepter de faire reposer un petit texte,
- 37:30de reposer une intervention pour choisir le bon timing,
- 37:34que ça n'aille pas braquer trop de gens et que tu sois pédagogue dans ce que tu expliques.
- 37:40Je trouve que notre métier aujourd'hui,
- 37:42notre industrie,
- 37:43l'industrie,
- 37:43le secteur d'activité,
- 37:45on n'est pas suffisamment pédagogue,
- 37:46du coup les gens voient encore l'industrie comme
- 37:49Zola, comme Germinal,
- 37:52comme...
- 37:54Comme
- 37:55Ford, comme travailler à la chaîne,
- 37:58le temps moderne,
- 37:58ce que tu veux.
- 38:00Et du coup,
- 38:00ce problème d'imaginaire,
- 38:04c'est Anaïs Vodjelis qui développe beaucoup ça.
- 38:08Ce concept d'imaginaire de l'industrie,
- 38:10on doit le faire évoluer.
- 38:12Donc moi j'ai choisi de le faire de façon pédagogique et d'expliquer de façon très simple des sujets qui nous sont aujourd'hui très actuels et quotidiens.
- 38:22Tu te lances sur ta première tribune,
- 38:25ça a été un exercice difficile,
- 38:27la toute première.
- 38:28Alors la toute première c'était vraiment une expertise,
- 38:31j'étais hyper à l'aise.
- 38:32C'était une expertise métier,
- 38:33c'était justement ce que je te disais sur la loi anti-dumping,
- 38:36l'enquête anti-dumping de la Commission européenne.
- 38:38Là pour le coup c'était technique ou on t'avait déjà demandé d'être moins technique ?
- 38:42Non,
- 38:42c'était hyper technique pour le coup.
- 38:44C'était les droits anti-dumping que la Commission européenne souhaitait imposer à l'importation d'un composant clé de nos activités.
- 38:53et du coup toute l'enquête qui allait suivre jusqu'à l'application de ces taxes anti-dumping.
- 38:59Donc c'était technique parce que c'était un composant chimique,
- 39:05donc qui est soumis à tout plein de règles,
- 39:06de réglementations,
- 39:07de normes,
- 39:07etc.
- 39:08C'était sensible parce que c'est des volumes qui sont importants,
- 39:12et pour notre secteur d'activité et pour l'industrie européenne.
- 39:15Et c'était en plus incompréhensible parce que ça allait toucher tout un secteur d'activité.
- 39:20qui allait être impacté par cette décision unilatérale de la Commission européenne.
- 39:26Et en plus,
- 39:26ce qui était un peu révoltant dans l'histoire,
- 39:28c'est pour ça aussi que j'ai pris la plume à la fin,
- 39:30c'est qu'en fait,
- 39:30personne n'a été consulté.
- 39:33En fait,
- 39:33encore une fois,
- 39:34on en revient,
- 39:35technocrate européen,
- 39:37qui décide de prendre une décision,
- 39:39qui n'a pas audité en amont,
- 39:41en aval,
- 39:41les impacts qu'il va y avoir de cette décision-là,
- 39:44et qui n'a pas fait le boulot,
- 39:46en fait.
- 39:48Donc,
- 39:48il n'a pas fait le travail.
- 39:49Donc quand on a ce constat là,
- 39:52maintenant il faut lever la main et se manifester.
- 39:55Est-ce que tu conseillerais à quelqu'un qui veut commencer à écrire de commencer par un sujet où il est à l'aise ?
- 40:00Il faut absolument être très à l'aise sur son sujet,
- 40:03je pense que c'est hyper important.
- 40:06Être expert de ce métier,
- 40:08expert du sujet,
- 40:10pour être sûr de ne pas avoir des vents contraires,
- 40:12pour être certain de ne pas prendre des gifles en retour et que ça ne braque pas dans la poursuite d'une volonté de vouloir exprimer ses opinions ou de s'engager.
- 40:21C'est ça dont on parle.
- 40:23Faire des tribunes,
- 40:23ce n'est pas juste écrire son petit article,
- 40:26c'est s'engager pour une activité,
- 40:28s'engager pour une passion,
- 40:29une conviction.
- 40:30C'est porter ces idées-là.
- 40:32Il y a des sujets sur lesquels je suis beaucoup moins à l'aise.
- 40:35L'organisation du temps de travail,
- 40:37moi j'adore.
- 40:37Il y a une dame qui s'appelle Juliette Funès,
- 40:40elle fait bouger beaucoup les lignes,
- 40:41c'est une philosophe autour de ça.
- 40:44Elle est philosophe de formation et d'expertise,
- 40:47mais elle travaille sur le travail.
- 40:54et elle sort des carcans,
- 40:56des sentiers battus.
- 40:57C'est très intéressant de pouvoir se nourrir de ces gens-là.
- 40:59Mais ce sont des experts qui parlent de leur sujet.
- 41:02Il faut une expertise pour pouvoir écrire.
- 41:03Il en faut une.
- 41:06Est-ce qu'après cette première tribune,
- 41:07ça t'a tout de suite donné envie d'en écrire d'autres ?
- 41:09Ou il y a eu un moment avec la suite ?
- 41:11Non,
- 41:12parce qu'en fait cette tribune a engagé un combat,
- 41:14un combat de représentation,
- 41:16un combat de lobbying.
- 41:17Il y a eu toute une organisation à mettre en place pour aller rencontrer les gens à Bruxelles.
- 41:21pour aller rencontrer les gens au Trésor ici,
- 41:24pour aller rencontrer toutes les parties prenantes liées à cette enquête.
- 41:30Et donc,
- 41:31ça a continué à nourrir le scénario,
- 41:34quelque part.
- 41:35Et ensuite,
- 41:38j'ai pu continuer à écrire d'autres épisodes de ce scénario-là.
- 41:42Et en fait,
- 41:44c'est à peu près à ce moment-là que l'Europe a commencé à se dire qu'on avait un problème d'industrie en Europe.
- 41:51que la chimie se cassait la gueule,
- 41:52qu'il n'y avait plus aucune usine,
- 41:56que la Chine nous roulait dessus,
- 41:58que les véhicules électriques,
- 41:59on ne savait pas en faire.
- 42:00Bref,
- 42:01tout ça a amené toute une tripotée de sujets sur lesquels j'ai pu m'exprimer.
- 42:05Mais clairement,
- 42:06on partit d'un sujet d'expertise,
- 42:09un petit temps mort,
- 42:10et puis ensuite,
- 42:11la possibilité par beaucoup de canaux d'exposer des idées.
- 42:16Donc si je retiens globalement les conseils que tu nous as donnés,
- 42:19il y a oser s'exprimer,
- 42:20assumer ses convictions,
- 42:22choisir son timing quand même,
- 42:23ça évitera les déconvenues,
- 42:24et soyez expert.
- 42:25Soyez expert.
- 42:27Très bien,
- 42:27et bien on retient ça.
- 42:28Dans la prochaine section,
- 42:29je vais te poser les questions un petit peu plus inconfortables,
- 42:32ça se passe dans le grill.
- 42:36Alors la première question c'est,
- 42:38est-ce que tu t'es déjà fait taper sur les doigts,
- 42:40mais du coup tu y as déjà répondu,
- 42:42c'était la seule ou il y en a eu d'autres ?
- 42:43après une tribune ?
- 42:44Non,
- 42:44ensuite,
- 42:44je pense que du coup j'ai appris un petit peu aussi.
- 42:46Du coup,
- 42:47effectivement,
- 42:48le timing est venu en surcouche et c'est ce qui sans doute m'aide à ne plus me faire taper sur les doigts.
- 42:54Ok,
- 42:54tu as vraiment appris et du coup tu fais ta tribune,
- 42:57donc c'est super.
- 42:58Mais comme je ne lâche jamais rien,
- 42:59en fait,
- 43:00et qu'il ne faut jamais rien lâcher en général,
- 43:02ce n'est pas parce que je me suis fait taper sur les doigts que je n'ai pas continué.
- 43:07J'ai une conviction,
- 43:08c'est l'industrie et je continue là-dessus,
- 43:10à fond.
- 43:12Ça t'est arrivé peut-être que tu aies une tribune où on te dit non pas maintenant et de la reproposer plus tard ?
- 43:18Non,
- 43:18ça du coup c'est moi qui ai décidé de le faire.
- 43:21Et effectivement,
- 43:22pour pouvoir écrire et proposer des tribunes,
- 43:24il faut qu'il y ait un contexte.
- 43:26Il faut qu'il y ait un terreau qui soit intéressant.
- 43:29Aujourd'hui,
- 43:29on parle énormément de l'Afrique,
- 43:32on parle énormément des liens qu'on pourrait mettre en place,
- 43:36des activités,
- 43:36des sourcings,
- 43:37des collaborations,
- 43:39co-constructions qu'on peut avoir avec l'Afrique,
- 43:40etc.
- 43:42Et du coup,
- 43:43je me suis embouffré dedans et je suis assez convaincu que l'industrie a quelque chose à gagner avec le continent africain,
- 43:50ça c'est sûr.
- 43:51Mais du coup,
- 43:51effectivement,
- 43:52mes prochaines tribunes sont en majorité axées sur la verticalisation des échanges entre Europe,
- 43:59Afrique en particulier.
- 44:02Et inversement,
- 44:02bien sûr.
- 44:05J'allais te demander si tu t'étais déjà auto-censuré,
- 44:07mais je crois que quand tu parles de timing,
- 44:09c'est un peu ça.
- 44:10Je ne me suis pas auto-censuré,
- 44:12mais quand tu écris,
- 44:13souvent tu peux te laisser un peu emballé.
- 44:14C'est comme dans nos discussions,
- 44:17de temps en temps,
- 44:17il y a un peu de passion qui ressort.
- 44:19Et donc,
- 44:20il y a un moment où il faut savoir dire stop.
- 44:24Personne ne me relie.
- 44:26Ça n'engage vraiment que moi et mes convictions.
- 44:33Mon épouse en a marre de me relire,
- 44:34d'ailleurs.
- 44:36Donc,
- 44:36c'est vraiment mes arguments,
- 44:38mes idées.
- 44:39En revanche,
- 44:43je fais très attention à ce que j'écris.
- 44:44Je ne censure pas,
- 44:46mais en même temps,
- 44:47il faut mettre un petit peu de rondeur.
- 44:50C'est quoi l'image que tes pairs ont de toi,
- 44:52de par ton côté communiquant ?
- 44:53On traite de certains manques des fois ?
- 44:55Non,
- 44:56pas loin,
- 44:56mais en fait je pense qu'il y en a qui trouvent que je suis complètement et inutilement exposé,
- 45:02qui ne comprennent pas,
- 45:04je suis convaincu,
- 45:06et il y en a d'autres qui trouvent ça extrêmement utile.
- 45:08Mais aujourd'hui,
- 45:10clairement,
- 45:10la balance est plutôt du côté utile,
- 45:12parce que ça fait quelques années maintenant que j'écris,
- 45:16et je pense que ça nous a plus apporté de positif que de négatif pour le coup.
- 45:20Donc c'est une convivialité.
- 45:22Encore une fois,
- 45:22dans l'industrie,
- 45:23on est sur le temps long.
- 45:23Donc il faut prendre le temps de convaincre les gens.
- 45:27Mais je crois qu'aujourd'hui,
- 45:28tout le monde est à peu près convaincu du bien fondé,
- 45:30de la démarche.
- 45:32Est-ce que tu te sens un peu loin parfois du fait d'habiter à Londres ?
- 45:36Alors géographiquement,
- 45:37oui,
- 45:38évidemment.
- 45:40Mais en termes de décision,
- 45:43non.
- 45:43Et je trouve que l'Angleterre est un pays exceptionnel.
- 45:50Ils ont une grosse histoire industrielle quand même.
- 45:53Et en fait,
- 45:55pourquoi est-ce que j'ai aussi adoré être en Asie un peu plus tôt dans ma carrière ?
- 45:59C'est parce que vous entendez un autre point de vue.
- 46:04Et ça nourrit la culture,
- 46:05et ça nourrit les réflexions en fait.
- 46:07Et donc aujourd'hui,
- 46:08si je suis en Angleterre,
- 46:09oui géographiquement je suis bien sûr éloigné,
- 46:12mais en revanche,
- 46:13je pense que je continue à conforter mon expertise industrielle,
- 46:17et en ce sens-là finalement je suis encore plus proche.
- 46:19du résultat que je vais atteindre sur mon métier.
- 46:22Est-ce qu'il y a un sujet qui te perturbe en ce moment à titre professionnel et où tu n'as pas trouvé de solution ?
- 46:27Alors,
- 46:28professionnel,
- 46:28je ne sais pas,
- 46:29mais en tout cas,
- 46:32moi j'ai un problème sur la vitesse d'exécution.
- 46:34Ce n'est pas tant chez nous,
- 46:36ce n'est pas dans le groupe,
- 46:38si on prend l'industrie aujourd'hui,
- 46:43je trouve entre la déclaration de bonne intention,
- 46:45déclaration d'investissement...
- 46:47On peut avoir tous les ans à Versailles,
- 46:48etc.
- 46:48Et puis l'exécution,
- 46:51c'est trop long.
- 46:52C'est trop long.
- 46:53Ça,
- 46:53ça me dérange beaucoup.
- 46:55On peut en parler encore,
- 46:56mais c'est...
- 46:58Oui,
- 46:58c'est pas normal,
- 46:59en fait.
- 47:01On peut pas réussir à rebondir industriellement quand la durée moyenne d'autorisation d'une nouvelle usine,
- 47:07c'est 17 mois en France.
- 47:10Ça marche pas.
- 47:11Ça mérite d'être rappelé,
- 47:11effectivement.
- 47:13Si la France met en...
- 47:16On oeuvre tout ce que tu préconises demain.
- 47:18On voit un changement au bout de combien de temps ?
- 47:20Il y a des signes dans la première année,
- 47:21et puis en fait il y a un vrai résultat entre 3 et 5 ans.
- 47:25Et ça c'est intéressant pour le prochain candidat à l'élection présidentielle.
- 47:28Voilà,
- 47:29il verra le résultat de ce qu'il met en place,
- 47:30c'est important à souligner.
- 47:32Donc là il y a la course à la présidentielle.
- 47:35S'il y en a un qui aujourd'hui se saisit de ce débat-là,
- 47:39il pourra dérouler une feuille de route et sans doute avoir des impacts très positifs.
- 47:45avant la vente sous premier mandat,
- 47:48et donc potentiellement anticiper un deuxième mandat.
- 47:52Il faut qu'il y ait quelqu'un qui s'en saisisse.
- 47:54C'est quoi ta prochaine croisade ?
- 47:59Je te dis parler un petit peu de l'Afrique tout à l'heure.
- 48:01Aujourd'hui,
- 48:02je crois beaucoup qu'on a beaucoup à co-construire entre l'Europe et l'Afrique,
- 48:07simplement par des problématiques de proximité.
- 48:10On voit que tout ce qui est beaucoup plus éloigné devient beaucoup plus compliqué.
- 48:14Donc nous,
- 48:15il faut prendre ce qu'on a à côté de chez nous.
- 48:17Et donc ça,
- 48:18je pense que c'est un des chevals de bataille.
- 48:20Le deuxième cheval de bataille,
- 48:22c'est arrêter d'opposer en fait Made in France et globalisation.
- 48:26Personne ici,
- 48:28sur ce salon,
- 48:29personne dans l'industrie en général n'est capable de fabriquer tout seul son produit film.
- 48:33C'est pas vrai.
- 48:34Il y a une matière qui vient d'autre part.
- 48:36Il y a un savoir-faire qui vient d'autre part.
- 48:38Il y a une technologie qui vient d'autre part.
- 48:39Et à la fin,
- 48:40on fait un peu d'assemblage,
- 48:41même si une majorité peut être...
- 48:43On peut venir localement.
- 48:45Donc en fait,
- 48:46il faut arrêter de vouloir dire « 100%
- 48:47Made in France,
- 48:48ça n'a aucun intérêt » .
- 48:49Ce qu'il faut savoir,
- 48:49c'est reprendre toutes les dépendances avec lesquelles on ne peut pas vivre aujourd'hui,
- 48:56souvent éloignées,
- 48:57ou avec qui on n'a pas envie de travailler,
- 48:59les rapatrier au plus proche,
- 49:01et puis travailler avec ça.
- 49:03Donc pour toi,
- 49:04le sujet,
- 49:04malgré le contexte du monde actuel,
- 49:06ce n'est pas tant d'être autosuffisant finalement ?
- 49:10Non,
- 49:10il ne faut surtout pas s'enfermer dans l'autosuffisance en fait.
- 49:14C'est choisir ses dépendances,
- 49:17choisir avec qui on a le plus d'intérêt à travailler.
- 49:21Et c'est pour ça que moi je réduis le monde aujourd'hui dans les échanges commerciaux à notre verticalité qui passe par les pays du Nord,
- 49:27l'Europe,
- 49:28le UK,
- 49:29qui est intéressante,
- 49:31l'Europe et puis l'Afrique.
- 49:33Je pense qu'on a suffisamment de gens,
- 49:35suffisamment de bonnes formations,
- 49:37suffisamment de matières premières,
- 49:39suffisamment de capacités industrielles pour faire de cet axe vertical.
- 49:43C'est un axe prépondérant dans les années à venir.
- 49:48Je te propose maintenant de lever la tête du guidon et de regarder un peu dans le futur ce qui nous réserve.
- 49:54On va faire quelques paris,
- 49:56quelques convictions peut-être.
- 49:57Ça se passe d'un retour vers le futur.
- 50:03La première question,
- 50:04c'est selon toi,
- 50:04on en est où dans 10 ans ?
- 50:06Selon mes convictions ou le réel ?
- 50:08On va vers où actuellement ?
- 50:11Actuellement,
- 50:13les chiffres sont tous discutables.
- 50:16L'État nous a mis en place sur le nombre d'usines,
- 50:19mais il y a à coller les extensions.
- 50:22Il faut prendre ça avec des pincettes.
- 50:24Clairement aujourd'hui on est un peu à zéro en fait,
- 50:27donc c'est mieux que négatif évidemment,
- 50:32c'est un espèce de signaux faibles,
- 50:38mais la tendance n'est pas encore en amélioration.
- 50:43Considérant l'industrie,
- 50:44aujourd'hui il y a eu un constat de déclin qui a été effectué,
- 50:47ok très bien.
- 50:49Il y a des moyens qui sont mis en œuvre,
- 50:50on parlait de France 2030 tout à l'heure.
- 50:54Maintenant qu'on a fait ces deux choses-là,
- 50:56c'est encore une fois la planification.
- 50:59Et donc si on s'en tient à une classification,
- 51:01d'ici 10 ans,
- 51:02on peut très bien se dire qu'on a remonté le PIB dû à l'industrie manufacturée de
- 51:099 et quelques pourcents à date à peut-être 10,
- 51:1211.
- 51:12Et puis là,
- 51:13on sera déjà un peu plus fiers.
- 51:15On rappelle juste que l'Allemagne aujourd'hui,
- 51:17c'est 18%
- 51:18je crois,
- 51:19du PIB,
- 51:19de l'industrie manufacturière.
- 51:21Et l'Italie est à 12 ou 13,
- 51:22quelque chose comme ça.
- 51:23Donc il n'y a pas de raison pour qu'on ne vise pas en une dizaine d'années,
- 51:27avec toutes les bonnes intentions,
- 51:29les investissements et du bon sens,
- 51:32de tendre vers ces objectifs-là.
- 51:34Il y a un secteur manufacturier d'ailleurs où tu vois la France se démarquer dans les prochains temps ?
- 51:39Oui,
- 51:39il est très large d'ailleurs.
- 51:40Très très large et c'est assez excitant parce qu'en fait,
- 51:45il faut repartir de l'énergie.
- 51:47Mais en gros,
- 51:48on produit
- 51:49550 TWh par an.
- 51:51d'électricité,
- 51:52dont 95%
- 51:52renouvelables,
- 51:54pas renouvelables mais verts on va dire,
- 51:57et l'énergie nucléaire rentre dedans,
- 52:00et on en exporte une centaine de terawatts par an.
- 52:04Donc ce qu'on peut très bien se dire,
- 52:06c'est que toutes les industries énergivores qui ont besoin de se décarboner,
- 52:13elles ont toute leur place ici en France aujourd'hui.
- 52:14Elles ont toute leur place ici en France aujourd'hui.
- 52:17Donc en fait,
- 52:18c'est extrêmement large.
- 52:18Il y a toute la métallurgie,
- 52:20il y a toute la chimie,
- 52:22tout ce qui est fabriqué,
- 52:24qui est énergivore,
- 52:25encore une fois.
- 52:25Donc il y a un vrai gros potentiel de développement industriel en France aujourd'hui,
- 52:31basé sur l'énergie.
- 52:32Je voulais t'interroger sur le maillage des partenariats industriels dans le futur.
- 52:37On a beaucoup parlé de l'Afrique dans les précédentes questions.
- 52:40C'est là que tu vois le maillage partenarial de l'Europe plus large que ça ?
- 52:44La globalisation s'est terminée au moment du Covid.
- 52:49La Chine reste l'atelier du monde,
- 52:51mais extrêmement sensible avec les évolutions géopolitiques américaines,
- 52:56enfin sinon américaines on va dire.
- 53:00On voit que dès qu'il y a un petit grain de sable dans la supply chain mondiale,
- 53:04ça a une incidence directe sur nos entreprises.
- 53:09Donc tout le monde est en train de réfléchir à rapprocher,
- 53:13raccourcir le temps d'approvisionnement,
- 53:15etc.
- 53:18Évidemment,
- 53:19moi je crois beaucoup à ce que vous disiez précédemment,
- 53:21mais à la proximité des sources d'approvisionnement.
- 53:25Et je ne vois pas de territoire plus riche que l'Afrique,
- 53:29dont l'Europe pourrait profiter,
- 53:32mais inversement.
- 53:33C'est-à-dire qu'on ne peut pas faire comme les Chinois,
- 53:35aller piller les ressources.
- 53:36Ce n'est pas ça le projet.
- 53:38Aujourd'hui,
- 53:38on a à peu près 350 milliards d'échanges commerciaux entre achats-ventes,
- 53:43entre l'Europe et l'Afrique.
- 53:45Et donc on a un socle commercial qui est déjà important.
- 53:48Maintenant il faut construire ensemble.
- 53:51Il faut accepter de prendre un peu de risques,
- 53:53d'aller construire des usines localement,
- 53:54échanger sur les savoir-faire,
- 53:55former les gens.
- 53:57Parce qu'il y a un autre sujet qui arrive avec cette proximité.
- 54:00En 2050,
- 54:04il y aura à peu près 500 millions d'Africains qui seront sans emploi.
- 54:08Donc qu'est-ce qui se passe ?
- 54:09Quand les gens sont sans emploi,
- 54:10ils vont en chercher.
- 54:11Et là pour le coup,
- 54:12la proximité,
- 54:13ça veut dire qu'ils vont aller chercher en Europe,
- 54:15au Moyen-Orient,
- 54:16ils vont aller au plus proche.
- 54:18Donc il y a de cette façon là aussi un risque migratoire qui est important dans une Europe où il y a 350 millions de personnes.
- 54:26Donc vous imaginez un flux de 500 millions de personnes qui...
- 54:30ça marchera pas.
- 54:31Donc ça va exacerber les tensions.
- 54:32Donc moi je crois beaucoup aussi aux besoins de formation locale,
- 54:37accompagner,
- 54:38construire des outils de fabrication qui permettent en fait de jouer sur un double tableau,
- 54:44évidemment de co-construire.
- 54:46l'échange entre l'Europe et l'Afrique et de stabiliser le futur.
- 54:51Donc oui,
- 54:52l'Afrique pour moi est une des grosses...
- 54:54Valeurs ajoutées à entretenir et à travailler ces prochaines années.
- 54:57J'en suis convaincu.
- 54:58Aujourd'hui,
- 54:59nous,
- 55:00on a cinq usines en Afrique,
- 55:01dans cinq pays différents.
- 55:04C'est les plus belles usines que je connaisse.
- 55:07C'est les équipes les plus dédiées.
- 55:09C'est celles qu'on forme le plus,
- 55:10sans doute,
- 55:12et sur un terrain de jeu,
- 55:14et qui est aujourd'hui,
- 55:16avec une croissance,
- 55:18une croissance,
- 55:19un chiffre d'affaires,
- 55:20si on veut,
- 55:20une croissance économique,
- 55:21en tout cas.
- 55:22beaucoup plus importante que sur notre malheureuse vieille Europe.
- 55:27C'est des usines qui sont sur le secteur peinture ?
- 55:29Oui,
- 55:29sur la chimie du bâtiment,
- 55:30tout à fait,
- 55:30fabrication de peinture.
- 55:31La naissance du groupe Océinde,
- 55:33c'est notamment une société de fabrication de peinture à La Réunion.
- 55:36On est parti des contraintes d'une île volcanique,
- 55:40beaucoup d'embruns,
- 55:41beaucoup d'humidité,
- 55:43beaucoup d'abrasion.
- 55:45Et du coup,
- 55:46ces contraintes-là ont développé une qualité,
- 55:49ce qu'on appelle tropicalisée.
- 55:50Nos peintures sont tropicalisées.
- 55:52Et de ces contraintes,
- 55:53on en a fait une force.
- 55:55Et cette tropicalisation aujourd'hui,
- 55:57malheureusement,
- 55:58avec le changement climatique,
- 56:00nous ouvre un marché qui est exponentiel.
- 56:02Mais en Afrique,
- 56:03c'est déjà le cas.
- 56:04Et donc aujourd'hui,
- 56:05on a très bien réussi à internationaliser cette activité de fabrication de peinture.
- 56:09Je ne t'ai pas interrogé là-dessus,
- 56:11mais vous avez des peintures qui sont basées sur des matériaux,
- 56:16la récupération de matériaux recyclés.
- 56:18Avec de l'huître,
- 56:19par exemple.
- 56:21C'est toutes vos peintures qui font comme ça ou c'est une gamme particulière ?
- 56:23Alors,
- 56:24ça,
- 56:24ça revient un peu à ce que je disais tout à l'heure.
- 56:26C'est que pour être moins dépendant,
- 56:29moins à risque sur les chaînes d'approvisionnement,
- 56:32il faut pouvoir essayer de sourcer local.
- 56:34En plus,
- 56:35moi,
- 56:35j'ai une fibre Made in France qui me tient à cœur.
- 56:38Donc,
- 56:39on a toujours essayé,
- 56:41surtout ces dernières années,
- 56:42encore une fois,
- 56:42surtout depuis la crise Covid,
- 56:44de dire,
- 56:44essayons de solliciter des acteurs,
- 56:46des producteurs qui soient locaux.
- 56:48Donc on a utilisé effectivement des poudres de coquilles d'huître,
- 56:51on utilise aussi des poudres de pare-brise,
- 56:54on utilise de plus en plus des minéraux extraits de volcans,
- 57:00de la lave séchée,
- 57:05voilà.
- 57:07Bref,
- 57:07on essaie de plus en plus d'utiliser des choses locales et en plus quand il y a une performance recyclabilité,
- 57:13biosourcée,
- 57:14environnementale,
- 57:15on est fan.
- 57:17Ça coche toutes les cases.
- 57:18Et donc oui,
- 57:19on en fait.
- 57:20Ce n'est pas dans toutes les peintures aujourd'hui,
- 57:21parce qu'il y en a certaines qui demandent une performance technique sur lesquelles les matériaux issus du ressourcé ou du renouvelable ou du verre ne sont pas suffisants.
- 57:34Mais ça vient,
- 57:35ça vient au fur et à mesure.
- 57:37Merci pour ces explications et cette plongée dans le futur.
- 57:42On va clôturer l'émission maintenant sur les questions signatures.
- 57:45Ça se passe dans les questions signatures.
- 57:46Si demain matin on te nomme ministre de l'industrie,
- 57:48tu fais quoi en premier ?
- 57:49Tu as plein d'idées pour en choisir une.
- 57:51Oui,
- 57:51mais elle est très ancrée pour le coup,
- 57:54c'est réduire effectivement ce temps d'autorisation.
- 57:57Il faut le faire passer absolument de 17 mois à
- 58:003 à 6 mois en fait.
- 58:03Encore une fois,
- 58:05c'est très simple,
- 58:06mais si le temps d'autorisation est supérieur au temps d'ingénierie,
- 58:10tu as perdu,
- 58:11tu as perdu d'avance,
- 58:12avant même d'avoir commencé.
- 58:14Et tu as un exemple qui...
- 58:16Tout le monde est peut-être au courant,
- 58:17mais Elon Musk,
- 58:18quand il a voulu construire sa gigafactory en Europe,
- 58:21il est en Allemagne actuellement,
- 58:23mais les premiers contacts qu'il avait,
- 58:24c'était avec la France.
- 58:25Elle aurait dû être construite dans les Hauts-de-France.
- 58:28Et en fait,
- 58:28il est allé voir Xavier Bertrand qui lui a dit,
- 58:30effectivement,
- 58:32moi,
- 58:33je te donnerai toutes les autorisations possibles,
- 58:35ça va me prendre six mois,
- 58:38au lieu de 17 mois.
- 58:38C'est déjà pas mal.
- 58:40Elon Musk a dit,
- 58:41ok,
- 58:41super.
- 58:42Il est allé voir l'Allemagne,
- 58:43l'Allemagne lui a dit trois semaines.
- 58:46Et donc la Gigafactory aujourd'hui,
- 58:48elle est en Allemagne.
- 58:50Donc voilà,
- 58:50première règle,
- 58:51si je suis ministre demain,
- 58:52passer de 17 à 3 à 6 mois,
- 58:54ce sera déjà un bel effort.
- 58:55Un mec comme Elon Musk,
- 58:57sa ressource la plus précieuse c'est le temps.
- 58:59Il n'a pas le temps d'attendre.
- 59:01Et ce qui est intéressant quand même,
- 59:02c'est qu'aujourd'hui la Gigafactory d'Elon Musk en Allemagne,
- 59:05elle fonctionne sur un système de dérogation,
- 59:07parce qu'ils n'ont toujours pas pérennisé les autorisations.
- 59:10Là où nous,
- 59:10en six mois,
- 59:11on aurait quand même fait quelque chose de de pérenne et d'officielle.
- 59:16On fait les choses bien.
- 59:17Ça prend un peu plus de temps pour faire les choses bien.
- 59:20Après,
- 59:21c'est le genre de parti pris que tu prends qui te font ne pas travailler avec certaines personnes et avec d'autres.
- 59:27Clairement,
- 59:28un personnage comme Elon Musk,
- 59:29il s'en fiche du bien,
- 59:30il veut que ce soit vite.
- 59:31C'est un choix.
- 59:32Oui,
- 59:33mais surtout,
- 59:33c'était une opportunité qu'on a ratée.
- 59:35Oui,
- 59:35ça par contre.
- 59:36Ce serait quoi le conseil que tu te donnerais en début de carrière avec le recul que tu as aujourd'hui ?
- 59:41S'il y avait une possibilité de rester un peu plus...
- 59:45plus longtemps en Chine,
- 59:46j'y serais resté.
- 59:49Et ensuite,
- 59:49je pense que c'est d'aller se frotter encore un peu plus au terrain.
- 59:55Passer plus de temps dans les usines,
- 59:56comprendre mieux,
- 59:58comprendre mieux pour pouvoir agir plus vite en fait,
- 1:00:01c'est surtout ça.
- 1:00:02Tout est lié à la vitesse encore une fois.
- 1:00:05Vitesse dans l'exécution,
- 1:00:06vitesse dans la décision,
- 1:00:07vitesse dans l'apprentissage et aller plus vite plus fort.
- 1:00:14C'est quoi pour toi oser l'efficacité ?
- 1:00:17Il y a un truc c'est que effectivement...
- 1:00:22L'efficacité,
- 1:00:23ce n'est pas avoir un agenda surchargé et débordé d'activités.
- 1:00:28C'est être utile.
- 1:00:30On revient au temps utile.
- 1:00:31On revient au temps utile.
- 1:00:32Mais non,
- 1:00:32il y a un peu de réflexion dans ce que je fais.
- 1:00:35C'est que tout est lié.
- 1:00:37Il y a une conviction,
- 1:00:38il y a comment utiliser au mieux son temps,
- 1:00:41il y a comment l'expliquer pour atteindre une meilleure performance.
- 1:00:45Et donc,
- 1:00:45pour répondre à ta question,
- 1:00:46moi je pense que,
- 1:00:47effectivement,
- 1:00:49l'efficacité,
- 1:00:50c'est le temps utile.
- 1:00:51Comment est-ce qu'on te contacte ?
- 1:00:52Comment est-ce qu'on te suit ?
- 1:00:54Je suis très disponible par tous les réseaux possibles et imaginables.
- 1:00:58LinkedIn,
- 1:00:59c'est encore sans doute le plus facile.
- 1:01:00S'il y a un truc à retenir de cet épisode,
- 1:01:02ce serait quoi ?
- 1:01:04Je crois que retenir de tes questions ?
- 1:01:06Non,
- 1:01:07de ce que tu as dit globalement.
- 1:01:09Je pense qu'il ne faut pas avoir peur de prendre la parole aujourd'hui,
- 1:01:12de s'exprimer.
- 1:01:14Il faut avoir son expertise pour pouvoir ne pas crier à tort et à travers.
- 1:01:18Il n'y a rien de pire que d'ajouter du bruit au bruit.
- 1:01:21En revanche,
- 1:01:22exprimer de façon pédagogue un sujet qui vous tient à cœur,
- 1:01:26c'est gagner du temps utile,
- 1:01:28c'est augmenter la performance de votre secteur d'activité et c'est sans doute travailler pour le futur en éduquant les gens à quelque chose que quelqu'un d'autre,
- 1:01:39s'il prend la parole à votre place,
- 1:01:41fera moins bien.
- 1:01:43Industriels,
- 1:01:43prenez la parole pour qu'on ne la prenne pas à votre place.
- 1:01:45Moi,
- 1:01:45ça me va très très bien,
- 1:01:46c'est dans la ligne droite des influstriels.
- 1:01:49C'est tout pour aujourd'hui.
- 1:01:50Merci encore Nicolas pour ta présence.
- 1:01:52C'était un plaisir d'échanger avec toi.
- 1:01:54Nous,
- 1:01:54on se retrouve la semaine prochaine pour une nouvelle vidéo.
- 1:01:56En attendant,
- 1:01:57n'oubliez pas de vous abonner,
- 1:01:59surtout pas la rater.
- 1:02:00Et puis d'ici là,
- 1:02:01osez l'efficacité.
- 1:02:02Et puis,
- 1:02:03tant qu'à faire dans la transparence,
- 1:02:05on a eu carrément chaud.
- 1:02:07Parce que pas de lumière.
- 1:02:08Et ça veut aussi dire pas d'électricité.
- 1:02:11On a fini de tourner sur batterie et seulement une de nos caméras nous a lâchées 30 secondes avant la fin.
- 1:02:18on s'en sort plutôt bien.