Latest / True Crime : L'Heure du Crime / Fusillade à Miami : Quand les Rues Deviennent un Champ de Bataille
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- 0:06Speaker 2: Le 8 octobre 1985 marque le début d'une série de cambriolages violents
- 0:11Speaker 2: dans le sud de la Floride, aux États-Unis. Deux hommes
- 0:16Speaker 2: utilisent des armes très puissantes au cours de ces vols.
- 0:19Speaker 2: Personne ne connaît leur identité et encore moins quelle sera
- 0:22Speaker 2: leur prochaine cible. Malheureusement, avant que le FBI réussisse à
- 0:27Speaker 2: mettre un terme à ces vols, il y aura de
- 0:29Speaker 2: nombreuses victimes. Les forces de l'ordre seront changées à tout jamais. 1985,
- 1:08Speaker 2: Miami en Floride. Pour les agents du FBI, la ville
- 1:14Speaker 2: était presque en état de siège. Chaque semaine, trois à
- 1:18Speaker 2: cinq banques étaient cambriolées. De plus, il y avait des enlèvements,
- 1:22Speaker 2: une recrudescence du trafic de drogue et des fusillades presque
- 1:25Speaker 2: tous les jours. La situation ne pouvait être pire. Et
- 1:31Speaker 2: c'est pourtant à ce moment-là qu'une nouvelle horde de bandits
- 1:33Speaker 2: transforma cette vague de crimes en une véritable guerre. Le 8 octobre,
- 1:43Speaker 2: une fourgonnette blindée s'arrêta à un restaurant du nom de
- 1:46Speaker 2: Steak and Ale. Le conducteur dans le véhicule attendait le
- 1:51Speaker 2: retour de son collègue. Il ignorait que deux hommes armés
- 1:54Speaker 2: l'attendaient eux aussi. Au moment où le garde rejoignait l'arrière
- 2:04Speaker 2: de la fourgonnette, les deux hommes s'approchèrent de lui à
- 2:07Speaker 2: la manière de militaires à l'assaut. Le conducteur du véhicule
- 2:21Speaker 2: refusa d'ouvrir sa porte. Il démarra et partit conformément à
- 2:26Speaker 2: la procédure établie par son entreprise. Les deux suspects bâtirent
- 2:34Speaker 2: en retraite en direction d'une automobile qui les attendait. Ils
- 2:37Speaker 2: tentèrent de camoufler leur départ en faisant éclater une bombe lacrymogène.
- 2:45Speaker 2: la police de Dade County et le FBI se rendirent
- 2:48Speaker 2: sur les lieux. Aux États-Unis, les cambriolages de banques et
- 2:52Speaker 2: de véhicules blindés sont sous la responsabilité du FBI. Le
- 2:56Speaker 2: superviseur de Miami au département des crimes d'importance était l'agent
- 2:59Speaker 2: spécial Gordon McNeill
- 3:03Speaker 3: Nous
- 3:04Speaker 4: n'avions aucun indice sur l'identité de ces
- 3:05Speaker 3: individus.
- 3:08Speaker 4: Nous n'avions aucune idée ni aucune piste. Ils portaient des
- 3:12Speaker 4: cagoules et personne n'avait pu voir leur visage. Ils portaient
- 3:15Speaker 4: également des gants
- 3:20Speaker 2: Un des témoins avait cependant noté le numéro de plaque
- 3:23Speaker 2: d'immatriculation du véhicule dans lequel ils avaient pris la fuite.
- 3:27Speaker 2: Des agents retracèrent le numéro et constatèrent que le véhicule
- 3:30Speaker 2: avait été volé un mois plus tôt. La piste s'arrêtait là.
- 3:37Speaker 2: Les deux hommes n'avaient réussi qu'à voler 2800 dollars. Mais pour
- 3:42Speaker 2: l'agent McNeill, le fait qu'ils aient utilisé des armes de
- 3:45Speaker 2: l'armée et procédé avec une stratégie de militaire indiquait à
- 3:49Speaker 2: coup sûr qu'ils reviendraient à la charge. Mais où et quand?
- 3:58Speaker 2: La réponse arriva huit jours plus tard. Un supermarché a
- 4:03Speaker 2: chalandé le long de l'autoroute Dixie South. Un autre véhicule
- 4:07Speaker 2: va ramasser des liquidités. Le gardien retourna au véhicule avec
- 4:14Speaker 2: en main plusieurs sacs remplis de la recette du commerce.
- 4:22Speaker 2: Il n'eut même pas le temps de voir surgir la
- 4:24Speaker 2: voiture au coin de la rue. Les voleurs prirent la
- 4:58Speaker 2: fuite avant de prendre l'argent. La police de Dade County
- 5:04Speaker 2: et le FBI répondit rapidement à l'appel. Les bandits n'hésitaient
- 5:13Speaker 2: pas à faire usage de la force. Le garde allait
- 5:16Speaker 2: bientôt succomber à ses blessures. Pendant qu'on le transportait à l'hôpital,
- 5:28Speaker 2: la police interrogea son collègue. À entendre sa description, les
- 5:32Speaker 2: deux hommes ressemblaient étrangement à ceux qui avaient cambriolé le
- 5:35Speaker 2: restaurant la semaine précédente. L'épreuve balistique allait bientôt confirmer le
- 5:42Speaker 2: lien entre les deux vols. Les détectives avaient recueilli sur
- 5:49Speaker 2: les deux scènes des douilles d'un fusil de chasse de calibre 12,
- 5:51Speaker 2: des douilles de calibre 45 et de calibre 223. Ces dernières
- 5:57Speaker 3: étaient les plus intéressantes. Le
- 6:04Speaker 4: service balistique du FBI a comparé ces douilles et constaté
- 6:08Speaker 4: qu'elles avaient été tirées avec la même arme à feu
- 6:12Speaker 4: Il y avait donc un lien entre la tentative du
- 6:14Speaker 4: cambriolage du Wayne Dixie et celle du restaurant Steak and
- 6:17Speaker 4: Ale
- 6:20Speaker 2: Les deux vols avaient donc été commis par les mêmes
- 6:22Speaker 2: hommes armés. Malheureusement, il n'y avait aucun indice sur leur identité.
- 6:29Speaker 2: Comme il n'avait pas eu de chance lors des deux cambriolages,
- 6:31Speaker 2: les agents étaient convaincus qu'ils frapperaient à nouveau. Deux semaines
- 6:41Speaker 2: plus tard, soit le 8 novembre, un troisième cambriolage eut lieu.
- 6:46Speaker 2: Cette fois-ci, c'était à la Banque Nationale de Floride. Une
- 6:54Speaker 2: caissière et un garde marchaient en direction du guichet de
- 6:57Speaker 2: service à l'auto lorsque deux hommes armés sortirent d'une voiture.
- 7:10Speaker 2: À la pointe de leur arme, ils obligèrent la caissière
- 7:12Speaker 2: à déverrouiller la porte du guichet. Elle tenta de le
- 7:20Speaker 2: faire mais la clé ne fonctionnait pas. Les deux hommes
- 7:28Speaker 2: étaient à découvert, en plein jour, à un carrefour passant.
- 7:31Speaker 2: Ils laissèrent tomber le coup et prirent la fuite avec
- 7:33Speaker 2: les 10 000 dollars que le gardien transportait. Quelques minutes plus tard,
- 7:42Speaker 2: les autorités locales et le FBI dépêchèrent des agents sur
- 7:45Speaker 2: les lieux. Cette troisième tentative de cambriolage avait eu lieu
- 7:50Speaker 2: à seulement quelques pâtés de maison des deux autres.
- 7:54Speaker 3: On
- 7:55Speaker 4: commençait
- 7:55Speaker 3: à
- 7:56Speaker 4: avoir
- 7:56Speaker 3: des constantes.
- 7:57Speaker 4: Ces crimes s'étaient
- 7:58Speaker 3: tous
- 7:58Speaker 4: produits dans le même secteur, le long de
- 8:00Speaker 3: l'autoroute 1.
- 8:05Speaker 2: Lors de l'interrogatoire des employés de la banque, les agents
- 8:08Speaker 2: du FBI constatèrent que les voleurs ressemblaient aux individus qui
- 8:11Speaker 2: s'étaient attaqués au véhicule blindé. Peut-être avaient-ils pensé qu'il serait
- 8:15Speaker 2: plus facile de dévaliser un guichet bancaire qu'un véhicule blindé.
- 8:21Speaker 4: Ce cas était notre priorité numéro 1. Nous devions trouver ces
- 8:25Speaker 4: hommes et les arrêter avant qu'ils ne tuent d'autres innocents
- 8:31Speaker 2: Seulement une heure trente plus tard, ils s'attaquaient déjà à
- 8:34Speaker 2: la Professional Savings Bank à une vingtaine de pattes et
- 8:37Speaker 2: de maisons de
- 8:37Speaker 5: là
- 8:50Speaker 2: Les cambrioleurs prirent rapidement le contrôle des lieux. À la
- 8:53Speaker 2: pointe de leurs fusils, ils donnèrent des ordres aux employés
- 8:55Speaker 2: et aux clients. Leurs masques et leurs armes puissantes ne
- 8:59Speaker 2: laissaient aucun doute sur leurs intentions. Cette fois-ci, le butin
- 9:09Speaker 2: était important. La Wells Fargo avait apporté 41 000 dollars plus tôt
- 9:18Speaker 2: le même jour. Ils prirent la fuite à bord d'une
- 9:24Speaker 2: Chevrolet Monte Carlo. Les témoins avaient peu d'informations à donner.
- 9:33Speaker 2: Les voleurs étaient entrés rapidement et avaient forcé tous les
- 9:36Speaker 2: individus à l'intérieur à s'étendre au sol, ce qui les
- 9:39Speaker 2: empêchait de voir ce qui se
- 9:40Speaker 3: passait. Tous les
- 9:47Speaker 4: témoins avaient l'impression qu'ils étaient des voleurs professionnels. leur façon
- 9:50Speaker 4: de marcher, de parler, de porter leurs
- 9:52Speaker 3: armes. Je
- 9:59Speaker 4: croyais également que nous avions affaire à des policiers ou
- 10:01Speaker 4: à des ex-militaires.
- 10:18Speaker 2: Ces dangereux criminels en liberté obligeaient les agents à être
- 10:21Speaker 2: constamment aux aguets. Ils travaillaient sans relâche sur cette affaire,
- 10:27Speaker 2: suivant les moindres pistes. Malheureusement, l'enquête ne progressait pas. Deux
- 10:39Speaker 2: mois s'écoulèrent sans cambriolage ni nouvel indice. Puis, le vendredi 10 janvier 1986,
- 10:53Speaker 2: William Roberts s'apprêtait à faire une transaction à la Barnett
- 10:58Speaker 2: Bank pendant que des agents effectuaient un transbordement d'argent à
- 11:01Speaker 2: l'extérieur à partir d'un véhicule blindé. Il leva les yeux
- 11:06Speaker 2: et aperçut deux voleurs masqués tirés sur l'agent de sécurité
- 11:08Speaker 2: dans le dos. Ce dernier s'affaissa et un des deux
- 11:14Speaker 2: hommes lui tira encore deux autres balles. C'était le cinquième
- 11:25Speaker 2: vol en seulement trois mois, et cette fois-ci encore, le
- 11:28Speaker 2: butin était gros. Il s'était emparé de 54 000 dollars. William Roberts
- 11:43Speaker 2: prit les deux hommes en filature. L'opération était risquée, car
- 11:50Speaker 2: les voleurs pouvaient remarquer qu'ils étaient suivis. Il décida tout
- 11:59Speaker 2: de même de poursuivre sa filature, nota le numéro de
- 12:02Speaker 2: plaque d'immatriculation et le modèle de leur véhicule. Il se
- 12:09Speaker 2: rendit jusqu'à un stationnement où il s'était garé à côté
- 12:12Speaker 2: d'un pick-up blanc. Roberts s'arrêta de l'autre côté de la rue.
- 12:26Speaker 2: Il nota la marque et le modèle du pick-up, mais
- 12:29Speaker 2: était incapable de voir le numéro de plaque d'immatriculation. Après
- 12:34Speaker 2: leur départ, Roberts arrêta un agent de police et raconta
- 12:38Speaker 2: ce dont il venait d'être témoin. Le FBI dépêcha immédiatement
- 12:44Speaker 2: des agents sur les lieux pour interroger les employés de
- 12:46Speaker 2: la banque. On trouva également de nombreuses cartouches de calibre 223
- 12:51Speaker 2: dont on découvrirait bientôt qu'elles avaient été tirées avec la
- 12:55Speaker 2: même arme à feu que celle des deux précédents cambriolages.
- 12:58Speaker 2: Non loin de là, d'autres agents du FBI examinaient la
- 13:01Speaker 2: voiture abandonnée par les deux hommes. William Roberts était un
- 13:06Speaker 2: témoin crucial dans cette affaire. Grâce à lui, le FBI
- 13:09Speaker 2: avait enfin une piste importante. On effectua une vérification de
- 13:16Speaker 2: la plaque d'immatriculation de la voiture. Elle appartenait à un
- 13:20Speaker 2: certain Aureliano Briel. Les agents se préparèrent à lui rendre visite.
- 13:29Speaker 2: Comme on n'avait pas signalé le vol de ce véhicule,
- 13:31Speaker 2: il était possible que Briel soit impliqué dans les cambriolages.
- 13:37Speaker 2: Ils étaient prêts à toute éventualité. A Miami, le FBI
- 13:51Speaker 2: était sur la piste de deux hommes armés qui s'attaquaient
- 13:53Speaker 2: à des véhicules blindés et à des banques. Ils avaient
- 13:56Speaker 2: déjà tué un garde. Les agents avaient découvert le nom
- 14:00Speaker 2: du propriétaire d'une des voitures utilisées lors d'un vol. Le 14 janvier,
- 14:06Speaker 2: l'agent spécial Mireles et son collègue se rendirent chez Aureliano Briel,
- 14:10Speaker 2: le propriétaire du véhicule en question. Une femme leur ouvrit.
- 14:17Speaker 2: L'agent spécial Mireles porte une cagoule pour préserver son anonymat.
- 14:22Speaker 6: Elle
- 14:23Speaker 7: m'a demandé
- 14:24Speaker 6: si c'était à
- 14:24Speaker 7: propos de son fils et je lui ai répondu
- 14:26Speaker 6: oui. Elle m'a dit que
- 14:31Speaker 7: son fils Emilio avait
- 14:32Speaker 6: disparu
- 14:37Speaker 2: Le mari de Madame Brielle la rejoigna alors à la
- 14:40Speaker 2: porte et invita les agents à entrer. Emilio avait disparu
- 14:48Speaker 2: trois mois plus tôt. Il avait emprunté leur voiture pour
- 14:53Speaker 2: aller s'exercer au tir dans les Everglades. Les Braille avaient
- 14:57Speaker 2: signalé sa disparition, mais n'avaient pas eu de nouvelles de
- 15:00Speaker 2: la police depuis. Ils avaient cru que les agents leur
- 15:03Speaker 2: apportaient des informations à ce propos. Malheureusement, ce n'était pas
- 15:08Speaker 2: le cas et ils étaient bien déçus, comme les agents
- 15:10Speaker 2: du FBI eux-mêmes. On ignorait tout de l'endroit où Emilio
- 15:14Speaker 2: pouvait se trouver. Au cours de l'interrogatoire, l'agent Mireles comprit
- 15:19Speaker 2: que les Braille ne savaient rien à propos des cambriolages.
- 15:28Speaker 2: Au service de police de Dade County, les experts examinèrent
- 15:32Speaker 2: le véhicule en question. Mais il n'y avait aucune empreinte
- 15:36Speaker 2: digitale ni indice. L'enquête ne progressa pas pendant les deux
- 15:42Speaker 2: mois suivants. Pendant ce temps, les voleurs étaient toujours en liberté.
- 15:48Speaker 2: Les agents travaillaient sur d'autres cas, mais ils n'en continuaient
- 15:50Speaker 2: pas moins de chercher des indices dans cette affaire. Puis
- 15:57Speaker 2: le 14 mars, l'agent spécial Ben Grogan déclara à l'agent Mireles
- 16:01Speaker 2: qu'il avait lu un article dans les journaux qui était
- 16:03Speaker 2: peut-être relié au cambriolage
- 16:08Speaker 2: L'article faisait état de la tentative de meurtre d'un homme
- 16:10Speaker 2: du nom de José Colazo deux jours plus tôt. Deux
- 16:15Speaker 2: hommes avaient fait feu sur Colazo à plusieurs reprises. Ils
- 16:19Speaker 2: avaient ensuite volé son fusil et sa voiture, une Monte
- 16:21Speaker 2: Carlo Noire 1982. Grogan était convaincu que les voleurs se serviraient
- 16:30Speaker 2: de cette voiture pour prendre la fuite lors de leur
- 16:31Speaker 2: prochain vol
- 16:41Speaker 2: Grogan et un autre agent rencontrèrent Colasso à l'hôpital. Ce
- 16:47Speaker 2: dernier était en mauvaise condition. Il était blessé à la tête,
- 16:50Speaker 2: au dos et aux bras. Il parvint cependant à leur
- 16:55Speaker 2: raconter les tristes événements de son après-midi dans les Everglades.
- 17:03Speaker 2: Il était parti se promener sur un sentier près d'un
- 17:05Speaker 2: hack fréquenté par des amateurs de tir. Il s'exerçait avec
- 17:13Speaker 2: sa carabine de calibre 22 lorsque deux hommes avaient garé leur
- 17:16Speaker 2: voiture près de lui. Le conducteur avait mis Colasso en joue.
- 17:28Speaker 2: Celui-ci eut la présence d'esprit d'identifier l'arme. Il s'agissait d'un
- 17:32Speaker 2: magnum bleu-acier. L'arme du passager semblait être un fusil Ruger Mini-14.
- 17:41Speaker 2: Les deux assaillants lui demandèrent de leur remettre ses armes,
- 17:43Speaker 2: sa voiture et son porte-monnaie. Il obéit à leurs ordres.«
- 17:47Speaker 2: Now back on up. Back
- 17:50Speaker 7: up. Back up.
- 17:56Speaker 2: Malgré tout, ils firent feu sur lui à maintes reprises
- 17:58Speaker 2: à bout portant. Ils s'enfuirent aussitôt après, l'un à bord
- 18:20Speaker 2: de la Monte Carlo de Colasso et l'autre avec le
- 18:22Speaker 2: pick-up F-150. Il croyait sans doute que Colasso était mort. Celui-ci, cependant,
- 18:40Speaker 2: attendait le départ des bandits. Il réunit ce qui lui
- 18:45Speaker 2: restait de force pour trouver des secours. Jusqu'à présent, ce
- 18:53Speaker 2: témoin était la meilleure piste dans l'enquête. Il était le
- 18:58Speaker 2: seul à pouvoir donner une description du visage des deux suspects.
- 19:02Speaker 2: Ces derniers ne portaient pas de masque au moment de l'agression.
- 19:06Speaker 2: À partir de ces directives, une artiste de la police
- 19:09Speaker 2: de Dade County dressa un portrait robot des deux hommes.
- 19:16Speaker 2: On en fait ensuite des affiches auxquelles on ajouta des
- 19:18Speaker 2: informations sur les crimes dont ils étaient soupçonnés. On y
- 19:21Speaker 2: avisait également la population que ces hommes étaient armés et
- 19:24Speaker 2: extrêmement dangereux. L'agent John Hanlon, aujourd'hui à la retraite, était
- 19:34Speaker 2: alors assigné au service des crimes violents. Il se souvient
- 19:37Speaker 2: des paroles de Collazo
- 19:42Speaker 4: Collazo nous a donné une description des deux hommes et
- 19:45Speaker 4: de leur pick-up
- 19:45Speaker 8: blanc.
- 19:48Speaker 4: De plus, il avait été attaqué dans le secteur où
- 19:51Speaker 4: l'on croyait qu'Emilio Brielle avait
- 19:53Speaker 8: disparu
- 19:56Speaker 2: Dans les jours qui suivirent, les agents redoublèrent d'ardeur. Ils
- 20:04Speaker 2: effectuèrent une recherche minutieuse dans les rues qui croisaient la
- 20:06Speaker 2: South Dixie Highway, dans le secteur où les vols avaient
- 20:10Speaker 3: eu lieu
- 20:11Speaker 4: Nous avons réuni tous les agents
- 20:14Speaker 4: Lorsque je leur ai fait part de mon plan, ils
- 20:15Speaker 4: m'ont traité de fou
- 20:16Speaker 3: mais j'ai insisté.
- 20:19Speaker 4: Je leur ai demandé de surveiller toutes les rues entre
- 20:21Speaker 4: la 88e et la 185e le long de la South
- 20:24Speaker 4: Dixie et de noter les numéros de plaques d'immatriculation de
- 20:28Speaker 4: tous les pick-up blancs de modèle Ford F-150. J'espérais que
- 20:33Speaker 4: nous aurions un peu de chance. Nous tentions de mettre
- 20:36Speaker 4: toutes les chances de notre côté, mais les probabilités étaient minces.
- 20:39Speaker 4: Une chance sur un million ou sur dix millions. Finalement,
- 20:44Speaker 4: ils ont récolté dix numéros de plaques d'immatriculation
- 20:48Speaker 2: On procéda à une vérification de ces numéros par ordinateur.
- 20:53Speaker 2: Les agents demandèrent ensuite au service des véhicules motorisés de
- 20:56Speaker 2: leur fournir les photos des propriétaires de ces véhicules. Il
- 20:59Speaker 2: fallait espérer que l'assaillant de Colasso se retrouve parmi eux
- 21:01Speaker 2: et qu'ils puissent l'identifier. Malheureusement, en 1986, le système de communication
- 21:08Speaker 2: n'était pas aussi rapide qu'aujourd'hui. Le mercredi 19 mars, seulement une
- 21:14Speaker 2: semaine après l'assaut de Colasso, les voleurs s'attaquèrent de nouveau
- 21:17Speaker 2: à une banque. Cette fois encore, il s'agissait d'une banque
- 21:26Speaker 2: le long de la South Dixie. C'était leur sixième attaque
- 21:38Speaker 2: en seulement cinq
- 21:39Speaker 4: mois.
- 21:43Speaker 2: Pendant qu'un des assaillants tenait les clients sous la menace
- 21:46Speaker 2: de son arme, l'autre demandait à une caissière de lui
- 21:48Speaker 2: remettre l'argent.
- 21:50Speaker 3: Ne bougez pas!
- 21:57Speaker 2: Les deux hommes récoltèrent 8 000 dollars en argent liquide. Les clients
- 22:07Speaker 2: et les employés se remettaient de leurs émotions lorsqu'un agent
- 22:09Speaker 2: des douanes qui avait aperçu les voleurs prendre la fuite
- 22:12Speaker 2: appela la police. Il avait noté la marque de la voiture.
- 22:16Speaker 2: Une Monte Carlo noire dont le numéro d'immatriculation était NTJ891.
- 22:19Speaker 2: L'agent Grogan ne s'était donc pas trompé. C'était la voiture
- 22:28Speaker 2: de José Colasso
- 22:37Speaker 7: Ils n'ont même pas pris
- 22:38Speaker 6: la peine de changer la plaque. C'était presque
- 22:41Speaker 7: incroyable qu'ils soient aussi
- 22:42Speaker 6: stupides. Mais il
- 22:47Speaker 7: était possible que c'était leur façon de nous narguer.
- 22:51Speaker 6: Ils étaient
- 22:51Speaker 7: peut-être convaincus que nous ne pourrions jamais les arrêter.
- 22:59Speaker 2: Toutefois, les témoins ne donnèrent pas de pistes intéressantes aux agents.
- 23:07Speaker 2: Les caméras de sécurité avaient filmé toute la scène. On
- 23:12Speaker 2: y voyait des hommes masqués, mais sans plus. Ces voleurs
- 23:17Speaker 2: avaient planifié leur cambriolage très méticuleusement
- 23:25Speaker 4: À l'évidence, ils surveillaient les banques avant de les attaquer.
- 23:34Speaker 4: À plusieurs reprises, le vol avait lieu dix minutes après
- 23:37Speaker 4: l'arrivée d'un véhicule
- 23:38Speaker 3: blindé.
- 23:44Speaker 4: Ils attendaient qu'il y ait beaucoup de liquidités avant de
- 23:46Speaker 4: procéder au cambriolage.
- 23:54Speaker 2: Le 10 avril, Gordon McNeill et Ben Grogan discutaient de l'enquête
- 23:57Speaker 2: lors d'une pratique de tir. Un indice avait peut-être échappé
- 24:01Speaker 2: à leur attention. Le dernier vol avait eu lieu trois
- 24:05Speaker 2: semaines plus tôt. Il n'y avait aucun indice sur l'identité
- 24:09Speaker 2: des voleurs, mais McNeill avait cru déceler une constante dans
- 24:12Speaker 2: leur mode
- 24:12Speaker 3: d'opération.
- 24:15Speaker 4: Nous cherchons toujours à définir les types de comportements qui
- 24:18Speaker 4: se répètent. La chose qui était évidente dans cette enquête,
- 24:25Speaker 4: c'est que les vols avaient tous eu lieu le vendredi
- 24:28Speaker 4: entre 9h et midi. C'était toujours les mêmes banques situées
- 24:31Speaker 4: dans un secteur d'une quarantaine de pâtés de maison le
- 24:34Speaker 4: long de la South Dixie
- 24:35Speaker 3: Highway
- 24:38Speaker 2: Les agents établirent un réseau de surveillance pour le lendemain.
- 24:43Speaker 2: Ils avaient prévu couvrir tout le secteur de prédilection des cambrioleurs.
- 24:45Speaker 2: Vous avez
- 24:46Speaker 3: un moment? Oui. Qu'avez-vous planifié pour demain? Je ne sais pas.
- 24:50Speaker 2: Gordon McNeill supervisait cette opération
- 24:55Speaker 4: Il était hors de question d'attendre qu'ils commettent un autre vol.
- 24:59Speaker 4: Nous devions trouver une façon de les devancer et peut-être
- 25:02Speaker 4: de les retrouver. L'agent Hanlon nous
- 25:03Speaker 2: raconte la suite
- 25:12Speaker 8: Eddie
- 25:12Speaker 4: Morales est arrivé et nous a dit Il nous a
- 25:14Speaker 4: dit«
- 25:15Speaker 8: Allons-y».
- 25:17Speaker 4: Je me suis dit« Pourquoi pas?» Personne n'exerçait de pression
- 25:20Speaker 4: sur nous ou quoi que ce soit
- 25:25Speaker 4: J'avais bien sûr beaucoup de boulot, mais j'aimais bien Eddie.
- 25:28Speaker 4: Et je me suis dit que c'était peut-être une bonne
- 25:30Speaker 4: idée et que nous allions avoir du plaisir à travailler
- 25:33Speaker 4: ensemble
- 25:36Speaker 8: La
- 25:36Speaker 2: plupart des agents croyaient cependant n'avoir aucune chance. Le 11 avril 1986,
- 25:46Speaker 2: à 8h45, 14 d'entre eux se rencontrèrent dans un stationnement. Ils
- 25:53Speaker 2: s'étaient entendus pour surveiller un secteur de 53 pâtés de maison
- 25:56Speaker 2: le long de la South Dixie Highway. La description des
- 25:59Speaker 2: deux hommes était succincte. Ils étaient de race blanche, de
- 26:02Speaker 2: taille moyenne et dans la trentaine. L'un d'entre eux portait
- 26:06Speaker 2: une moustache. Ils étaient lourdement armés et extrêmement dangereux. Il
- 26:13Speaker 2: était également possible qu'il soit au volant d'une Monte Carlo
- 26:15Speaker 2: dont le numéro d'immatriculation était NTJ-891. Après une série de
- 26:29Speaker 2: cambriolages qui s'étaient échelonnés sur six mois, les agents du
- 26:32Speaker 2: FBI de Miami avaient décidé d'effectuer des recherches intensives pour
- 26:36Speaker 2: retrouver deux dangereux bandits. Les suspects étaient présumément à bord
- 26:41Speaker 2: d'une Monte Carlo noire. Les agents se rencontrèrent dans le
- 26:44Speaker 2: secteur de prédilection des voleurs. Ils s'attaquaient à des véhicules
- 26:50Speaker 2: blindés ou à des banques avec une précision militaire. Les
- 26:54Speaker 2: vols avaient tous été commis le long de la même autoroute.
- 27:01Speaker 2: Les agents Ben Grogan et Jerry Dove se dirigeaient vers
- 27:03Speaker 2: la Barnett Bank lorsque l'impossible se produisit. Une voiture qui
- 27:11Speaker 2: correspondait à la description de celle des suspects se plaça
- 27:13Speaker 2: devant eux. Abasourdi, l'agent Grogan transmit la nouvelle aux autres unités.
- 27:29Speaker 2: Gordon McNeil se souvient de cet appel
- 27:33Speaker 4: Grogan n'était pas une personne émotive. Rien ne le faisait
- 27:36Speaker 4: sortir de
- 27:36Speaker 3: ses gonds.
- 27:38Speaker 4: Mais je me rappelle encore le ton de sa voix.
- 27:41Speaker 4: Il disait qu'il était derrière une Monte Carlo noire, dont
- 27:45Speaker 4: la plaque d'immatriculation était le NTJ891.
- 27:49Speaker 3: Il
- 27:51Speaker 4: ajoutait« C'est bien ça, Gordon, non?»
- 27:54Speaker 3: Il n'y
- 27:54Speaker 4: croyait pas
- 27:54Speaker 3: lui-même
- 27:58Speaker 2: Les agents Mireles et Hanlon étaient garés devant la Professional
- 28:01Speaker 2: Savings Bank lorsqu'ils entendirent l'appel de Grogan. Ils rejoignirent au
- 28:07Speaker 2: plus vite leurs collègues. Hanlon était au volant pendant que
- 28:11Speaker 2: Mireles tentait de les rejoindre par radio. Hanlon voulait connaître
- 28:14Speaker 2: la position exacte
- 28:15Speaker 8: de Grogan et Dove.
- 28:18Speaker 4: Je me rappelle avoir demandé à Eddie d'appeler Ben et
- 28:21Speaker 4: de nous nommer les rues qu'ils croisaient pour que nous
- 28:23Speaker 4: sachions à quelle distance
- 28:24Speaker 8: nous étions.
- 28:27Speaker 4: Avant qu'Eddie ait eu le temps de l'appeler, Ben a
- 28:30Speaker 4: commencé à nommer les rues et nous avons constaté que
- 28:32Speaker 4: nous étions tout près d'eux.
- 28:38Speaker 2: Après avoir roulé pendant quelques pâtés de maison, Hanlon et
- 28:41Speaker 2: Mireles les rejoignirent enfin. Les voleurs semblaient avoir compris qu'ils
- 28:47Speaker 2: étaient suivis. Ils tentèrent de les semer. Ils virèrent à
- 28:53Speaker 2: droite sur la 117ème rue, dans un secteur résidentiel très paisible.
- 29:07Speaker 2: Il est
- 29:07Speaker 3: encore derrière nous. Ils
- 29:21Speaker 2: tournèrent de nouveau à droite. Mais les agents ne les
- 29:30Speaker 2: lâchaient pas. Ils essayaient de gagner du temps
- 29:35Speaker 6: Nous
- 29:36Speaker 7: attendions que le plus d'unités possible nous rejoignent. Nous réagissions
- 29:41Speaker 7: également à ce que faisaient les sujets. Ils ne semblaient
- 29:45Speaker 7: pas pressés. De fait, lorsqu'ils ont tourné sur la 120e rue,
- 29:49Speaker 7: ils ont même ralenti
- 30:01Speaker 2: Les agents poursuivirent leur route. Ils étaient toutefois inquiets du
- 30:04Speaker 2: danger que représentaient ces voleurs. Les suspects tournèrent alors à
- 30:16Speaker 2: gauche sur la 82ème rue. Ils se dirigeaient vers l'autoroute.
- 30:27Speaker 2: Les piétons courraient un grave danger si une confrontation avait lieu.
- 30:42Speaker 2: Lorsque Grogan aperçut le canon d'une carabine à travers la
- 30:44Speaker 2: vitre arrière des suspects, il sut qu'il n'y avait plus
- 30:47Speaker 2: une minute à perdre. Les deux voleurs se préparaient à
- 30:51Speaker 2: passer à l'attaque. Grogan installa son gyrophare sur le toit
- 30:58Speaker 2: de sa voiture et leur ordonna d'arrêter le véhicule. Il
- 31:07Speaker 2: roula ensuite à côté et répéta son ordre. Les suspects l'ignorèrent.
- 31:13Speaker 2: Grogan se mit alors devant eux, les empêchant ainsi de
- 31:16Speaker 2: prendre la fuite. Quant à Hanlon et Mireles, ils placèrent
- 31:24Speaker 2: immédiatement leur voiture derrière la Monte Carlo. Le dernier à
- 31:27Speaker 2: rejoindre le groupe était l'agent Richard Manausi. Alors qu'il se
- 31:34Speaker 2: plaçait derrière la voiture des suspects, il aperçut un des
- 31:36Speaker 2: deux hommes mettre en joue Mireles et Hanlon. Manaosi fonça
- 31:43Speaker 2: alors sur leur voiture pour créer une diversion
- 31:54Speaker 4: L'auto a alors fait demi-tour et Manaosi est parvenu à
- 31:57Speaker 4: les frapper de nouveau. Il les a coincés contre d'autres voitures.
- 32:11Speaker 2: Le voleur qui se trouvait sur le siège du passager
- 32:12Speaker 2: ouvrit alors le feu avec un fusil d'assaut de modèle mini-14.
- 32:18Speaker 2: L'agent Manausi n'avait pas une arme assez puissante pour les affronter.
- 32:22Speaker 2: Il rampa pour se mettre à l'abri. L'agent McNeill arriva
- 32:25Speaker 2: quelques secondes plus tard et tira à bout portant. Les
- 32:34Speaker 2: suspects furent bientôt cernés. Ils ne pouvaient pas déplacer leur véhicule,
- 32:38Speaker 2: mais étaient mieux armés que les agents. Il refusait de
- 32:47Speaker 2: se rendre. Le conducteur fit feu sur Grogan. MacNeil riposta
- 33:00Speaker 2: et toucha le conducteur au cou. L'arme semi-automatique continuait cependant
- 33:10Speaker 2: à faire feu. MacNeil reçut un projectile à la main.
- 33:18Speaker 2: Mireles et Hanlon avancèrent pour le couvrir. Le 38 de Hanlon
- 33:24Speaker 2: contenait 5 balles, alors que le mini 14 en contenait 30 dans chaque magasin.
- 33:31Speaker 2: Une de ces balles toucha l'agent Mireles.
- 33:45Speaker 6: Dans mon
- 33:47Speaker 7: souvenir, tout est continu
- 33:49Speaker 6: À
- 33:49Speaker 7: un moment donné, j'ai regardé le dos de Gordon McNeil
- 33:52Speaker 7: et j'ai essayé d'aller vers sa gauche. Puis, la seconde après,
- 33:55Speaker 7: j'ai vu le ciel
- 33:55Speaker 6: bleu. J'ai
- 34:00Speaker 7: regardé mon bras gauche et j'ai vu qu'il était complètement déchiqueté.
- 34:03Speaker 7: C'était comme un animal écrasé sur la route
- 34:10Speaker 2: Le complice du tireur était tombé, mais lui n'arrêtait pas
- 34:12Speaker 2: pour autant. Lorsqu'il tenta de prendre la fuite par la
- 34:21Speaker 2: fenêtre de la voiture, Jerry Dove le toucha à la
- 34:24Speaker 2: poitrine avec son 9 mm. C'est alors qu'il vit le suspect
- 34:32Speaker 2: tirer sur McNeil et l'atteindre au cou
- 34:39Speaker 3: Je ne
- 34:39Speaker 4: pouvais plus bouger le haut de mon corps, ni mes
- 34:41Speaker 4: bras et mes jambes. Je pensais que j'étais complètement paralysé.
- 34:45Speaker 4: J'étais incapable de bouger.
- 34:49Speaker 2: Deux autres agents du FBI arrivèrent sur les lieux et
- 34:51Speaker 2: se joignirent à la fusillade. Le suspect avait été touché
- 35:02Speaker 2: à quatre reprises, mais il continuait à faire feu et
- 35:05Speaker 2: à avancer.
- 35:10Speaker 3: Il
- 35:11Speaker 4: se savait piégé. Il avait décidé que s'il devait mourir,
- 35:15Speaker 4: il ferait
- 35:16Speaker 3: le plus grand nombre de victimes possible
- 35:23Speaker 2: Les armes des agents n'étaient pas aussi puissantes que l'arme
- 35:25Speaker 2: d'assaut semi-automatique du suspect. Dove et Grogan durent se mettre
- 35:37Speaker 2: à l'abri derrière leur voiture le temps de recharger leur arme.
- 35:41Speaker 2: Hanlon fit de même, mais le tireur continuait à avancer
- 35:53Speaker 4: Un projectile a touché les jointures de ma main droite,
- 35:55Speaker 4: dont celle de mon
- 35:56Speaker 8: pouce.
- 36:01Speaker 4: J'ai aussi senti une série de plombs à l'arrière de
- 36:03Speaker 4: mon bras. Je me rappelle avoir vu mon arme
- 36:06Speaker 8: s'envoler.
- 36:09Speaker 4: J'ai dit, Ben, j'ai été touché.
- 36:12Speaker 2: Pendant que Hanlon tentait de se cacher sous le pare-choc,
- 36:15Speaker 2: le suspect le toucha à l'aine
- 36:21Speaker 4: Le sang s'est mis à gicler de l'aine jusqu'au genou.
- 36:24Speaker 4: Ça sortait comme si on avait crevé un
- 36:25Speaker 8: ballon
- 36:29Speaker 2: Grogan avait été touché, puis Dove, avant même qu'ils aient
- 36:32Speaker 2: eu le temps de recharger leur arme.
- 36:43Speaker 4: Je me rappelle avoir entendu Ben dire« Mon Dieu», puis
- 36:46Speaker 4: il est tombé à mes pieds
- 36:50Speaker 4: À un certain moment, j'ai entendu le sang gicler et
- 36:53Speaker 4: sa respiration a cessé dans un dernier soupir
- 36:56Speaker 2: Le suspect parvint à se rendre à la voiture de
- 36:58Speaker 2: l'agent Dove. L'agent Mireles avait un bras en sharpie, mais
- 37:01Speaker 2: il put tout de même se relever. Le tireur essayait
- 37:10Speaker 2: de prendre la fuite mais Mireles était déterminé à l'arrêter.
- 37:21Speaker 2: Le second suspect était gravement blessé, mais il réussit à
- 37:24Speaker 2: ramper à l'extérieur de sa voiture et à rejoindre son complice.
- 37:30Speaker 2: S'il parvenait à faire démarrer la voiture, il ne pourrait
- 37:33Speaker 2: que reculer et ainsi rouler sur les agents qui étaient tombés.
- 37:35Speaker 2: À un
- 37:36Speaker 6: moment donné, j'ai
- 37:37Speaker 7: senti la colère monter. J'allais mourir et je me suis
- 37:41Speaker 7: dit que si c'était le cas, j'étais aussi bien de
- 37:43Speaker 7: les tuer eux aussi. Je voulais m'assurer qu'ils ne s'en
- 37:46Speaker 7: tireraient pas vivants
- 38:00Speaker 2: Lorsque Mireles eut terminé de vider le chargeur de son fusil,
- 38:04Speaker 2: il s'empara de son revolver et avança en titubant, tirant
- 38:07Speaker 2: sur les suspects. Mireles toucha les deux hommes à la
- 38:13Speaker 2: colonne vertébrale et les tua tous les deux. C'était une
- 38:17Speaker 2: fin violente pour deux hommes au passé non moins violents.
- 38:25Speaker 2: En quelques minutes, une fusillade était devenue le plus violent
- 38:28Speaker 2: affrontement dans l'histoire du FBI. Deux agents avaient trouvé la
- 38:34Speaker 2: mort et cinq autres étaient blessés. Les deux suspects, dont
- 38:37Speaker 2: on ignorait toujours l'identité, avaient également été tués. L'agent Jerry
- 38:53Speaker 2: Dove gisait, mort. A l'âge de 30 ans, il avait terminé
- 38:59Speaker 2: ses études de droit, puis avait réalisé son rêve de
- 39:01Speaker 2: jeunesse de travailler pour le FBI. Il avait sa carrière
- 39:04Speaker 2: à cœur. Son collègue Ben Grogan était également mort au
- 39:14Speaker 2: cours de la fusillade. Il devait prendre sa retraite un
- 39:19Speaker 2: an plus tard. Sa femme attendait impatiemment le moment où
- 39:23Speaker 2: elle n'aurait plus à craindre pour sa vie tous les jours.
- 39:31Speaker 2: Les experts en scène de crime arrivèrent sur les lieux.
- 39:37Speaker 2: Le sergent David Rivers du service de police de Dade
- 39:39Speaker 2: Conte était présent. Il avait l'immense tâche de reconstituer les
- 39:45Speaker 2: cinq minutes du combat. Ce travail lui demanderait des semaines
- 39:52Speaker 7: Nous devons découvrir ce qui est arrivé. Et pour ce faire,
- 39:54Speaker 7: nous suivons
- 39:55Speaker 3: diverses étapes. Il faut d'abord
- 39:58Speaker 7: interroger les agents appliqués et leur demander ce qu'ils ont
- 40:01Speaker 7: fait individuellement
- 40:03Speaker 7: Ensuite, on doit prendre ces déclarations et tenter de les
- 40:05Speaker 7: corroborer avec les indices. Les blessures, les troubles projectiles dans
- 40:08Speaker 7: les véhicules, l'emplacement des armes et des voitures. Puis nous
- 40:12Speaker 7: procédons à la reconstitution, nous assurant que tout
- 40:17Speaker 3: a
- 40:17Speaker 2: été interprété correctement. Les experts recueillirent les 143 projectiles qui avaient
- 40:22Speaker 2: été tirés par les fugitifs. Les questions qui tenaillaient les
- 40:27Speaker 2: agents depuis si longtemps avaient enfin trouvé réponse. Le fusil
- 40:32Speaker 2: Ruger modèle Mini-14 qui avait servi à tuer les agents
- 40:34Speaker 2: Grogan et Dove était l'arme qui avait tiré les 223 projectiles
- 40:38Speaker 2: découverts sur les scènes des cambriolages de certaines banques et
- 40:40Speaker 2: véhicules blindés. De fait, le laboratoire judiciaire du FBI pouvait
- 40:45Speaker 2: maintenant prouver hors de tout doute l'implication des deux hommes
- 40:47Speaker 2: dans la plupart des cambriolages. À partir des empreintes digitales,
- 40:52Speaker 2: les agents purent bientôt identifier les deux voleurs. Il s'agissait
- 40:56Speaker 2: de Michael Lee Platt, 32 ans, et William Russell Matix, 34 ans.
- 41:07Speaker 2: Mais une question subsistait. Pourquoi ces hommes étaient-ils violents à
- 41:11Speaker 2: ce point? Les agents furent étonnés d'apprendre par les amis
- 41:16Speaker 2: et la famille des deux hommes qu'ils étaient rangés. On
- 41:21Speaker 2: pouvait les voir sur des photos, relaxés en compagnie de
- 41:23Speaker 2: leur famille. Platt était marié et père de trois enfants.
- 41:32Speaker 2: Quant à Matix, il était séparé, mais avait un enfant.
- 41:42Speaker 2: Les deux hommes dirigeaient une entreprise d'aménagement paysager. Une enquête
- 41:47Speaker 2: poussée permit à la police d'en apprendre un peu plus
- 41:49Speaker 2: à leur sujet. Dans un cabanon, on découvrit des armes
- 41:53Speaker 2: à feu et des munitions, dont la carabine de calibre 22
- 41:56Speaker 2: que Matix et Platt avaient volé à José Colazo lorsqu'ils
- 41:59Speaker 2: l'avaient attaqué dans les Everglades. Les agents découvrirent également des
- 42:04Speaker 2: indices qui laissaient présumer que les deux hommes avaient fait
- 42:06Speaker 2: un pacte étrange. Ils s'étaient engagés à tuer leurs épouses antérieures.
- 42:11Speaker 2: Ni l'un ni l'autre n'avaient été accusés relativement à cette affaire,
- 42:15Speaker 2: mais la police ne tarderait pas à réouvrir ses dossiers.
- 42:19Speaker 2: Quelques jours plus tard, d'autres experts confirmaient que Matix et
- 42:22Speaker 2: Platt avaient bien tué Emilio Brielle, 25 ans, dans les Everglades.
- 42:30Speaker 2: Un randonneur avait découvert son squelette tout près de l'endroit
- 42:32Speaker 2: où Collazo avait été assailli. C'est alors qu'un autre indice
- 42:40Speaker 2: parvint à la police. L'agent spécial Steve Warner reçut un
- 42:46Speaker 2: colis du service des véhicules motorisés de Floride. C'était une
- 42:53Speaker 2: copie du permis de conduire de William Russell Matix. Il
- 42:59Speaker 2: était le propriétaire du pick-up Blanford que les agents avaient
- 43:02Speaker 2: aperçu quelques semaines plus tôt. Malheureusement, le délai entre la
- 43:08Speaker 2: demande d'investigation et l'envoi du permis avait été trop long.
- 43:12Speaker 3: Ils arrivaient... Si
- 43:16Speaker 4: ces papiers étaient arrivés le 11 avril ou plus tôt, Collazo
- 43:20Speaker 4: aurait pu identifier Maddox et nous aurions pu l'arrêter, lui
- 43:24Speaker 4: et Platt
- 43:25Speaker 4: Nous aurions ainsi évité la mort de deux agents du FBI. Malheureusement,
- 43:30Speaker 4: ce n'est pas ainsi que le sort en avait décidé
- 43:34Speaker 2: Les deux hommes avaient un passé militaire. Platt avait été Ranger,
- 43:40Speaker 2: c'est-à-dire membre d'une unité d'élite. Cela expliquait pourquoi les deux
- 43:44Speaker 2: hommes avaient des tactiques de commando lors des vols. Leur
- 43:48Speaker 2: entraînement était complètement différent de celui des policiers
- 43:54Speaker 4: Au sein des forces policières, on nous enseigne seulement une
- 43:56Speaker 4: façon d'agir, et c'est la défensive. On doit se mettre
- 44:00Speaker 4: à l'abri plutôt que de tuer. Quand on regarde la
- 44:03Speaker 4: façon dont Platz y est pris, on constate que son
- 44:05Speaker 4: approche était militaire.
- 44:09Speaker 3: Il
- 44:10Speaker 4: avait une arme plus puissante, c'est-à-dire la Mini-14 avec une
- 44:13Speaker 4: capacité de 30 balles.
- 44:15Speaker 3: Il était pratiquement acculé au mur.
- 44:20Speaker 4: Il a donc décidé d'avancer vers nous et de nous
- 44:22Speaker 4: empêcher
- 44:22Speaker 3: de
- 44:23Speaker 4: tirer
- 44:24Speaker 4: Il a pris Grogan et Dove en embuscade derrière la
- 44:27Speaker 4: voiture
- 44:29Speaker 2: Les agents parvinrent enfin à mettre tous les morceaux ensemble
- 44:32Speaker 2: et à reconstituer le portrait effroyable de leurs deux adversaires.
- 44:40Speaker 6: À la fin de la fusillade, Platt
- 44:42Speaker 7: avait reçu 11 projectiles
- 44:43Speaker 6: et Matix
- 44:44Speaker 7: 6
- 44:46Speaker 6: Platt était littéralement déchiqueté.
- 44:50Speaker 7: Pourtant, il a continué à combattre jusqu'à son dernier souffle
- 44:53Speaker 6: Il
- 44:53Speaker 8: s'est
- 44:56Speaker 7: battu jusqu'à la
- 44:57Speaker 4: fin
- 45:01Speaker 4: Ils allaient mourir, c'était évident, mais cela n'allait pas assez
- 45:03Speaker 8: vite.
- 45:05Speaker 4: Il n'était pas question qu'ils restent par terre à attendre
- 45:07Speaker 4: la mort. Ils refusaient d'abandonner.
- 45:16Speaker 2: Suite à cette tragédie, les autorités policières décidèrent d'apporter des
- 45:19Speaker 2: changements majeurs à leur protocole d'intervention. Les agents et les
- 45:25Speaker 2: policiers ont maintenant des armes plus puissantes. Leur entraînement les
- 45:28Speaker 2: prépare mieux à des confrontations aussi violentes que celles du 11 avril 1986.
- 45:32Speaker 2: Pendant que les proches pleuraient la mort de deux agents
- 45:41Speaker 2: dévoués et courageux du FBI, les autorités policières tentaient de
- 45:45Speaker 2: donner un sens aux événements tragiques de ce matin d'avril.
- 45:54Speaker 2: Avec le temps, Gordon McNeil a trouvé des réponses.
- 45:59Speaker 3: Ce
- 46:00Speaker 4: n'est pas l'histoire de Platt et de Maddox qui compte,
- 46:03Speaker 4: peu importe qui ils étaient. Ce dont il faut se rappeler,
- 46:09Speaker 4: c'est le courage des agents ce jour-là et du FBI.
- 46:15Speaker 4: Ils ont fait leur devoir.