Latest / The Forgotten Art / Émotions et Choix Conscients : Naviguer dans la Réalité avec Clarté et Intention
Transcript
- 0:00Bienvenue dans The Debate.
- 0:02Alors,
- 0:03imaginez juste une seconde que vous tombiez accidentellement dans une rivière en plein hiver.
- 0:09Rien que d'y penser,
- 0:10ça donne froid.
- 0:11C'est ça.
- 0:12L'eau glacée frappe votre peau,
- 0:13vos poumons se contractent.
- 0:15Bref,
- 0:15votre corps entier réagit violemment pour sa survie.
- 0:17C'est viscéral,
- 0:18c'est immédiat.
- 0:19Et on s'attend tous à ce que cette réaction soit totalement hors de notre contrôle.
- 0:23C'est purement physiologique,
- 0:24oui.
- 0:24Exactement.
- 0:25Mais que se passe-t-il quand cette rivière n'est pas faite d'eau glacée ?
- 0:28Mais d'événements de la vie quotidienne,
- 0:30je veux dire un licenciement,
- 0:32une rupture,
- 0:33un message hyper agressif de votre patron,
- 0:35sommes-nous vraiment condamnés à subir le choc psychologique avec la même fatalité qu'un choc thermique ?
- 0:41C'est toute la question.
- 0:42Voilà.
- 0:43Et c'est pour ça qu'aujourd'hui,
- 0:44nous vous proposons une confrontation d'idées autour d'une œuvre vraiment interpellante qui s'appelle « Être humain,
- 0:49un art oublié »
- 0:50de Yves Landon.
- 0:51Un livre assez fascinant,
- 0:52il faut l'avouer.
- 0:53Absolument.
- 0:54Et la question centrale de notre échange d'aujourd'hui est la suivante.
- 0:59Notre conscience possède-t-elle une souveraineté absolue pour choisir son expérience intérieure,
- 1:05ce que l'auteur appelle l'infinité ?
- 1:08Ou bien sommes-nous fondamentalement limités par notre biologie et le poids matériel des événements,
- 1:14ce fameux courant dont parle le texte ?
- 1:17C'est un sacré débat.
- 1:18N'est-ce pas ?
- 1:19Pour ma part,
- 1:20je défends l'idée que cette souveraineté est absolue et qu'à travers une véritable ingénierie de la conscience,
- 1:27eh bien on peut...
- 1:28toujours dissocier qui l'on est des circonstances extérieures.
- 1:31Et de mon côté,
- 1:32tout en reconnaissant vraiment la beauté de cette philosophie,
- 1:35je suis convaincue que la charge émotionnelle et matérielle des événements impose des limites,
- 1:40des limites viscérales en fait.
- 1:42Le choix de notre état intérieur,
- 1:43ce n'est pas une liberté absolue qui flotterait dans l'air comme ça.
- 1:47C'est plutôt une négociation constante et souvent très rude avec la réalité.
- 1:51D'accord.
- 1:52Alors,
- 1:52pour bien démarrer,
- 1:53je pense qu'il faut s'attaquer au cœur du changement de paradigme.
- 1:57que propose l'auteur,
- 1:58notamment dans le chapitre 2.
- 2:00Généralement,
- 2:00notre société fonctionne sur le mode du faire pour être.
- 2:04Oui,
- 2:04le fameux mythe de la productivité.
- 2:06C'est ça.
- 2:07Je travaille dur pour obtenir une promotion,
- 2:10et ensuite,
- 2:10je me sens accompli.
- 2:12Ou alors,
- 2:12je règle mes problèmes financiers,
- 2:14et ensuite,
- 2:15je me sens en paix.
- 2:17L'œuvre inverse complètement cette logique.
- 2:19Elle propose plutôt l'être pour animer le faire.
- 2:23L'auteur dit que nous sommes une conscience qui veut expérimenter l'infinité de son être.
- 2:28à la ressemblance de Dieu ou d'une force créatrice.
- 2:32C'est une expression très forte,
- 2:33ça,
- 2:33à la ressemblance de Dieu.
- 2:35Très forte,
- 2:35oui.
- 2:36Mais ce qui rend cette théorie possible,
- 2:38c'est un postulat abordé au chapitre 3,
- 2:40qui est radical.
- 2:42Il affirme que,
- 2:42je cite,
- 2:44« l'événement est simplement ce qui arrive » .
- 2:47C'est une phrase qui a l'air toute simple comme ça,
- 2:49mais qui est presque provocatrice,
- 2:50vous ne trouvez pas ?
- 2:51Ah mais totalement provocatrice.
- 2:53L'idée,
- 2:53c'est que le fait brut est neutre,
- 2:55c'est juste une expérience.
- 2:57Prenons un exemple tout bête du quotidien.
- 2:59Vous recevez un mail de votre banque vous annonçant un découvert.
- 3:02Aïe.
- 3:03Le genre de mail qui fait mal.
- 3:04Voilà.
- 3:05Pour la plupart d'entre nous,
- 3:06c'est un signal d'alarme absolu.
- 3:08On ressent de l'angoisse,
- 3:09de la peur,
- 3:09on se projette dans le pire.
- 3:11Mais l'auteur nous dit,
- 3:12attendez,
- 3:13le mail,
- 3:14le chiffre sur l'écran,
- 3:16c'est juste une factualité.
- 3:17Des pixels sur un écran,
- 3:19en somme.
- 3:19Exactement.
- 3:20Ce ne sont que des pixels.
- 3:22Avant que votre conscience n'y attache vos peurs d'enfance ou votre angoisse du lendemain,
- 3:27c'est neutre.
- 3:28Ce à quoi on accède quand on sort de cette mémoire,
- 3:30c'est l'infinité,
- 3:31le chapitre 4.
- 3:33C'est cet espace où je choisis la couleur de mon sentiment.
- 3:36La paix,
- 3:36la clarté,
- 3:37l'abondance.
- 3:38Et ça avant même de réagir à l'événement.
- 3:41Je vois tout à fait où le texte va en venir.
- 3:43Mais je l'aborde d'une manière différente.
- 3:45Parce que c'est là que la théorie percute violemment la condition humaine,
- 3:48à mon sens.
- 3:49Ah oui ?
- 3:50Sur quel point exactement ?
- 3:51Eh bien,
- 3:52dire que le fait brut est neutre,
- 3:54c'est superséduisant intellectuellement,
- 3:56mais biologiquement.
- 3:58Ça ne tient pas la route face à la manière dont notre cerveau est construit.
- 4:01Comment ça ?
- 4:02Vous pensez que le chiffre sur le compte en banque a une émotion directement intégrée ?
- 4:06Non,
- 4:06pas intégrée dans le chiffre,
- 4:08bien sûr,
- 4:08mais intégrée dans nous,
- 4:10en nous.
- 4:12Reprenons votre exemple du découvert.
- 4:14Quand vous voyez ce mail,
- 4:15la réponse de stress ne commence pas dans votre cortex préfrontal,
- 4:18c'est-à-dire la partie logique et réfléchie,
- 4:20elle démarre dans l'amidale,
- 4:22notre centre d'alarme.
- 4:23Le fameux cerveau reptilien,
- 4:24oui.
- 4:24C'est ça,
- 4:25en quelques millisecondes à peine.
- 4:27Et c'est ça le fameux courant décrit dans le livre.
- 4:30Le courant de la peur de manquer,
- 4:31de l'abandon.
- 4:32L'eau de la rivière est froide et elle vous mouille avant même que vous n'ayez pu formuler la moindre pensée consciente.
- 4:38Prétendre qu'on peut s'arrêter sur la berge et regarder l'événement de manière neutre,
- 4:42c'est ignorer que pour un individu dont la sécurité est menacée,
- 4:46la peur,
- 4:46ce n'est pas un choix psychologique,
- 4:48c'est un réflexe.
- 4:49Pardon,
- 4:49je vous arrête une seconde.
- 4:51Parce que là vous me parlez de l'amidale,
- 4:52de millisecondes.
- 4:53Mais moi quand je reçois une facture imprévue...
- 4:56C'est vrai,
- 4:56j'ai littéralement le cœur qui s'accélère.
- 4:58Oui,
- 4:58les mains moites,
- 4:59tout ça.
- 4:59Exactement.
- 5:01Est-ce que vous me dites que la biologie gagne à tous les coups ?
- 5:03Que je n'ai absolument pas mon mot à dire ?
- 5:05Le choc initial est déterministe,
- 5:06oui.
- 5:07Les événements réactivent instantanément une mémoire émotionnelle très lourde.
- 5:11C'est gravé dans nos circuits.
- 5:13Et le texte nous demande,
- 5:14au chapitre 6,
- 5:14de choisir le sentiment dont on veut être conscient.
- 5:18Mais c'est une injonction que je trouve presque surhumaine sous la pression.
- 5:22Surhumaine ?
- 5:23Le mot est fort.
- 5:24Mais c'est vrai.
- 5:25Si vous ne pouvez pas nourrir vos enfants ce soir,
- 5:27ce n'est pas une factualité neutre en attente de coloration,
- 5:29c'est une menace.
- 5:30objective.
- 5:31Donc,
- 5:32choisir son sentiment devient une lutte haletante contre sa propre physiologie.
- 5:36Je comprends pourquoi vous pensez cela.
- 5:38La biologie est étue.
- 5:39On ne va pas se mentir.
- 5:41Mais laissez-moi vous offrir une perspective différente,
- 5:44basée sur ce que dit l'auteur.
- 5:45Allez-y,
- 5:45je vous écoute.
- 5:46Si ce courant de l'amidale était vraiment une prison définitive,
- 5:50comment expliquez-vous les anomalies de l'histoire humaine ?
- 5:53On cite souvent Nelson Mandela pour illustrer ça.
- 5:56Il était dans un environnement matériel,
- 5:58sous l'apartheid.
- 5:59conçu méthodiquement pour écraser son identité.
- 6:02C'est indéniable.
- 6:03Neurologiquement parlant,
- 6:05tout dans son environnement criait au danger et à l'injustice.
- 6:08Pourtant,
- 6:09il a mobilisé cette fameuse infinité.
- 6:12Il a fait le choix délibéré de définir son expérience par la réconciliation.
- 6:16C'est la preuve ultime que le fait brut n'a pas le dernier mot.
- 6:19Bien sûr,
- 6:20le choc initial est là.
- 6:21L'amidale s'active.
- 6:23Mais nous ne sommes pas juste une amidale.
- 6:25L'exemple de Mandela est magnifique.
- 6:26Évidemment.
- 6:27C'est le summum absolu de la résilience.
- 6:30Mais je suis désolée,
- 6:30élever cette exception historique au rang de manuel d'utilisation pour le quotidien de tout le monde,
- 6:35c'est risqué.
- 6:36Risqué en quel sens ?
- 6:38C'est là que j'aimerais qu'on plonge dans les chapitres 7 et 8.
- 6:41Rendre le sentiment familier par l'imagination.
- 6:44Et définir l'expérience.
- 6:46Concrètement,
- 6:47comment on fait ?
- 6:48Mettons-nous à la place de l'auditeur qui est dans le rouge à la banque.
- 6:51Oui,
- 6:51reprenons cet exemple.
- 6:53On lui dit...
- 6:54Asseyez-vous,
- 6:55fermez les yeux et imaginez l'abondance.
- 6:58Qu'est-ce qui va se passer ?
- 6:59L'ancienne familiarité du manque va revenir à la charge comme un bulldozer ?
- 7:03Devoir sans cesse ramener sa conscience à une image positive alors que le monde extérieur hurle le contraire ?
- 7:08Moi j'appelle ça de l'épuisement cognitif.
- 7:10C'est un point intéressant,
- 7:11bien que je le formulerai un peu différemment.
- 7:13Ce que vous appelez épuisement cognitif,
- 7:16c'est en fait abordé au chapitre 10,
- 7:17devenir.
- 7:19Et l'auteur ne l'interprète pas du tout comme un échec.
- 7:21Ce que vous décrivez,
- 7:22c'est simplement la...
- 7:23mécanique de la neuroplasticité.
- 7:25C'est-à-dire,
- 7:26développez un peu sur la neuroplasticité ici.
- 7:28Eh bien,
- 7:29au début,
- 7:30vos réseaux neuronaux associés au manque sont comme des autoroutes à huit voies.
- 7:34Le signal circule hyper vite.
- 7:36Quand vous choisissez de ressentir l'abondance par l'imagination,
- 7:39c'est comme si vous créiez un petit chemin de terre dans une forêt vierge.
- 7:42C'est laborieux,
- 7:43oui.
- 7:43Très laborieux.
- 7:44Il y a des branches partout,
- 7:45on s'épuise à avancer.
- 7:47Mais le cerveau ne fait pas la différence entre une émotion fortement imaginée Merci.
- 7:51et une émotion déclenchée par l'extérieur.
- 7:54En pratiquant au quotidien,
- 7:55vous élargissez ce chemin de terre.
- 7:57C'est comme apprendre de piano en fait.
- 7:59Le piano ?
- 8:00Quel est le rapport avec notre découvert bancaire ?
- 8:02Au début,
- 8:03quand vous apprenez un accord complexe au piano,
- 8:06vos doigts sont raides,
- 8:07vous devez regarder chaque touche,
- 8:08ça demande une énergie mentale folle.
- 8:11Mais au bout de six mois,
- 8:13l'accord se joue tout seul.
- 8:14Vos doigts ont intégré le mouvement.
- 8:16Oui,
- 8:16la mémoire musculaire.
- 8:17Exactement.
- 8:19Est-ce qu'on dit que la physiologie de nos mains est un obstacle absolu à la musique ?
- 8:23Non,
- 8:24c'est juste la friction de l'apprentissage.
- 8:26Plonger sa conscience dans un nouveau sentiment pour le rendre familier,
- 8:30c'est pareil.
- 8:31C'est construire une nouvelle infrastructure psychologique.
- 8:34C'est un argument convaincant.
- 8:36L'analogie du piano est très claire,
- 8:37le cerveau est malléable,
- 8:38c'est un fait.
- 8:40Mais avez-vous considéré le risque de dissonance cognitive ?
- 8:44Il y a une ligne de crête extrêmement fine ici,
- 8:46entre la réévaluation cognitive et le déni pur et simple.
- 8:49Ah,
- 8:50le fameux risque de la positivité toxique dont on entend tant parler.
- 8:54Pas seulement la positivité toxique,
- 8:56je parle d'une mise en danger matérielle.
- 8:58C'est pour moi le point de friction majeur.
- 9:00La peur,
- 9:01l'angoisse financière,
- 9:02ce ne sont pas juste des mémoires inutiles.
- 9:04Ce sont des signaux d'alarme évolutifs.
- 9:06Ils servent à vous faire réagir.
- 9:08Si par cette ingénierie,
- 9:09j'anesthésie mon alarme,
- 9:11en m'immergeant dans un sentiment artificiel d'abondance,
- 9:14est-ce que je ne suis pas en train de désactiver mon instinct de survie ?
- 9:17Je m'assois sur mon canapé.
- 9:19Je me sens abondante et pendant ce temps,
- 9:21ma maison est saisie.
- 9:22Je ne suis pas convaincu par ce raisonnement car c'est souvent la plus grosse mécompréhension de ce texte.
- 9:27On confond état intérieur et inaction.
- 9:31Le texte est très clair,
- 9:32notamment au chapitre 11 sur vivre l'infini.
- 9:36S'aligner sur l'infinité,
- 9:38ce n'est pas ignorer son budget,
- 9:39ce n'est pas faire l'autruche.
- 9:41Mais si vous ne ressentez plus l'urgence,
- 9:43qu'est-ce qui va vous pousser à agir concrètement ?
- 9:45C'est justement là qu'est le renversement.
- 9:47Agir à partir de l'urgence,
- 9:49de la panique,
- 9:50c'est agir de manière myope.
- 9:52Quand vous avez peur,
- 9:54biologiquement,
- 9:55votre vision périphérique se réduit.
- 9:57Vous prenez des décisions réactives,
- 9:59vous vous énervez.
- 10:00Vous contractez des crédits toxiques.
- 10:02C'est vrai qu'on prend rarement de bonnes décisions en paniquant.
- 10:05Voilà.
- 10:06Ce que l'auteur propose au chapitre 8,
- 10:08c'est d'animer l'expérience par un sentiment choisi.
- 10:11Si je choisis la clarté,
- 10:13ça veut dire que je vais m'asseoir à mon bureau,
- 10:15ouvrir mon tableau Excel et gérer ma crise depuis un état de calme.
- 10:19Je vais trouver des solutions que mon cerveau en mode survie n'aurait jamais pu voir.
- 10:23La paix intérieure n'annule pas l'action matérielle,
- 10:26elle l'optimise.
- 10:27D'accord,
- 10:28je vois bien l'idée de l'optimisation.
- 10:29Agir depuis un état de ressources.
- 10:31Mais permettez-moi de creuser un peu plus.
- 10:34Qu'en est-il de la répression émotionnelle ?
- 10:36Si je ressens de la tristesse et que je me force immédiatement à choisir la paix,
- 10:40est-ce que je ne refoule pas mes vraies émotions sous un vernis philosophique ?
- 10:44Excellente question.
- 10:45Et c'est fondamental pour le chapitre 5,
- 10:47ressentir l'infinité.
- 10:49L'auteur ne dit jamais qu'il faut supprimer la tristesse.
- 10:52La subtilité est là.
- 10:53Vous pouvez ressentir tous les sentiments possibles.
- 10:56La clé,
- 10:56ce n'est pas d'empêcher la tristesse d'exister,
- 10:59c'est de ne pas la laisser devenir votre identité.
- 11:01C'est-à-dire faire la distinction entre l'émotion et soi.
- 11:04Oui.
- 11:05C'est l'espace entre
- 11:06« je ressens de la peur »
- 11:08et « je suis la peur » .
- 11:10L'infinité,
- 11:10c'est un contenant assez vaste pour accueillir la peur du courant,
- 11:13tout en gardant la souveraineté de dire
- 11:15« je vois cette peur » .
- 11:16Mais ce n'est pas elle qui va dicter ma réponse finale.
- 11:18C'est un véritable exercice d'équilibriste.
- 11:20Et ça me ramène vraiment à ma position de base.
- 11:23Je reconnais que ce que vous décrivez est un outil psychologique remarquable.
- 11:27Mais ça reste une négociation.
- 11:29Vous dites vous-même qu'il faut accueillir la peur.
- 11:31Absolument.
- 11:32Cela prouve bien que nous ne sommes pas des monarques absolus de notre conscience.
- 11:35Nous sommes des êtres incarnés,
- 11:37avec un système nerveux hérité de millions d'années d'évolution.
- 11:41La liberté d'apprécier la vie,
- 11:42le chapitre 11,
- 11:43elle n'est pas donnée par un simple choix magique de l'esprit.
- 11:46Elle est arrachée de haute lutte à notre propre corps.
- 11:50Oui,
- 11:50on peut sculpter un chemin de terre à travers la forêt neuronale,
- 11:53mais la forêt est dense et les ronds se repoussent vite si on arrête de pratiquer.
- 11:57Ce n'est pas une souveraineté absolue.
- 11:59C'est une liberté sous contrainte.
- 12:01Je vous rejoins sur un point précis.
- 12:03La pratique est continue.
- 12:05La conscience s'entretient comme un muscle.
- 12:07Et ce processus ne s'arrête jamais vraiment.
- 12:09Mais pour moi,
- 12:10cette nécessité de pratiquer ne diminue en rien l'absolu de cette souveraineté.
- 12:15Le simple fait que nous ayons le pouvoir de choisir de ne pas être les victimes de notre conditionnement,
- 12:20c'est ce qui fait notre profonde dignité.
- 12:22Nous sommes ici pour expérimenter la gloire de notre infinité.
- 12:25La capacité structurelle de nous redéfinir à chaque instant nous appartient.
- 12:28totalement.
- 12:29En fin de compte,
- 12:30ce qui est fascinant avec le cadre que propose Yves London,
- 12:33c'est qu'il ne nous laisse aucune échappatoire.
- 12:35Que l'on considère cette liberté intérieure comme absolue,
- 12:38ou bien comme un horizon vers lequel on doit nager à contre-courant,
- 12:41le résultat est le même.
- 12:43On ne peut plus se cacher derrière l'excuse du
- 12:46« c'est la faute de l'événement » .
- 12:47Exactement.
- 12:48Le livre nous met face à notre propre responsabilité.
- 12:51Face à cette rivière glacée du début,
- 12:54l'eau va vous frapper.
- 12:55C'est certain.
- 12:56Le choc biologique va vous...
- 12:57couper le souffle pendant une fraction de seconde.
- 12:59Et ce choc initial sera toujours là,
- 13:01incontournable,
- 13:02profondément ancré dans notre condition d'être humain.
- 13:04Mais la seconde d'après est celle qui change tout.
- 13:07L'événement ne dicte plus rien.
- 13:09C'est là que l'espace de l'infinité s'ouvre.
- 13:12C'est à cet instant précis que vous décidez si vous allez vous laisser emporter par le torrent de la panique ou si vous allez puiser dans votre souveraineté pour nager avec intention.
- 13:21C'est le défi passionnant de l'ingénierie de la conscience.
- 13:24C'est à vous d'observer vos propres réactions face aux événements.
- 13:27et d'explorer la place que vous voulez donner à cette souveraineté.
- 13:31Merci de nous avoir suivis et à très bientôt pour poursuivre ce débat.