Latest / Archives / L’ÉTÉ où la FRANCE a SUFFOQUÉ (Canicule de 2003)
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- 0:00Mesdames, Messieurs, je viens de présider le Conseil des
- 0:05ministres face à la canicule exceptionnelle qui a frappé nos
- 0:11concitoyens et notre pays. Pour Brest et pour Lille.
- 0:27Et dans l'après 12h00 encore Caniculaire, 40° le long de la
- 0:31Garonne, 40° aussi pour Bourges, 38 dans la capitale ou à
- 0:35Orléans. C'était pas une tempête, c'était
- 0:39pas un séisme, pas un incendie. Et pourtant, il y a eu des
- 0:44milliers de morts, juste de la chaleur, un ciel bleu, des rues
- 0:49calmes, un mois d'août radieux et cette impression d'un été
- 0:53presque tranquille. Banale.
- 0:56Mais derrière ce beau temps, un piège s'installait lentement,
- 1:01sans bruit, sans panique. Un piège invisible auquel
- 1:07personne n'était préparé. Et en quelques jours, il allait
- 1:11faire vaciller un pays entier. Ça devient brûlant.
- 1:15Sur le corps. Quand je bosse sur une vidéo
- 1:35comme celle-ci, je passe souvent pas mal de temps à faire des
- 1:37recherches, à creuser dans les archives ou encore dans les
- 1:40vieux articles et. En général j'ai toujours un
- 1:43ollie à côté de moi. Cette vidéo elle est possible
- 1:46d'ailleurs grâce à ollie vous les connaissez certainement sur
- 1:49ma chaîne. C'est une marque avec qui je
- 1:50bosse depuis quand même maintenant pas mal de temps.
- 1:52En gros c'est une vraie alternative au soda ou encore
- 1:55aux boissons sucrées qu'on trouve un petit peu partout mais
- 1:58avec plein de choix selon ce que tu aimes.
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- 2:04taurine. Elle a un goût fruité et le
- 2:07boost dure plus longtemps grâce à un ingrédient qu'ils
- 2:09utilisent, c'est la newcaf, la caféine.
- 2:12Réalisé avec aussi pas mal de vitamines dedans, le ollie Ichti
- 2:16c'est leur thé glacé sans sucre, faible en calorie, sans caféine
- 2:20ajouté et fait à partir de vrai thé.
- 2:23Le goût est 100% naturel, il y a des antioxydants et des fibres
- 2:26et c'est clairement celui que je bois le plus souvent, surtout
- 2:29quand j'ai pas forcément envie de boire simplement de l'eau.
- 2:31Même si évidemment l'eau reste la meilleure boisson qui existe
- 2:34sur terre. Et vous avez aussi la gamme
- 2:35hydratation, un peu plus accès pour le sport et aussi une gamme
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- 2:52toutes les suivantes. Le lien est en description et en
- 2:55commentaire. Merci à OLI de soutenir la
- 2:58chaîne et on retourne à la canicule de 2003.
- 3:18Avant 2003, la chaleur, ça n'inquiétait pas grand monde.
- 3:22Le mot canicule ? Il existait, bien sûr, mais il
- 3:25sonnait presque léger. C'était un mot d'été qui rime
- 3:28avec parasol et transat, mais pas un mot qui fait peur, pas un
- 3:33mot qui tue. La France avait déjà connu des
- 3:37étés bien chauds, 1000 976000 90420342010, mais jamais
- 3:39personne n'avait parlé de drame national, encore moins de crise
- 3:42sanitaire. Les bulletins météo annonçaient
- 3:4330° à l'ombre, comme une bonne nouvelle, et basta.
- 3:48Bref, c'était vraiment un été normal.
- 3:50Et du côté des. L'institution, c'était pareil.
- 4:07Aucun plan prévu en cas de vague de chaleur, aucune alerte météo
- 4:10structurée, aucun protocole dans les EHPAD, les hôpitaux ou
- 4:14encore dans les mairies, la chaleur s'était vu comme un
- 4:17inconfort passager, mais pas comme une vraie menace.
- 4:20Dans les maisons de retraite, y avait quasiment jamais de CLIM,
- 4:23même les ventilateurs manquaient.
- 4:25Les chambres restaient fermées, parfois sous les toits, avec les
- 4:29fenêtres bloquées pour des raisons de sécurité.
- 4:31Dans les hôpitaux, c'était l'été, donc, effectif réduit,
- 4:35services allégés, blocs fermés. C'était la période creuse, rien
- 4:39d'inhabituel et surtout aucune raison en apparence de faire
- 4:43autrement. Pourtant, les signaux étaient
- 4:45déjà là, le printemps avait été sec, il n'avait quasiment pas
- 4:49plu, les sols étaient déjà à bout, avril avait été
- 4:53anormalement chaud. Mais ça n'a pas alerté grand
- 4:56monde depuis la la. Fin du mois de mai, on est très
- 4:58au-dessus des des moyennes. Les Français ont pris ça comme
- 5:02une météo sympa mais sans vraiment s'en méfier.
- 5:05Parce que dans notre tête, globalement, la chaleur, ça ne
- 5:08tue pas. Et personne n'imaginait que ce
- 5:10mois d'août allait tout changer, que cette chaleur qu'on croyait
- 5:14inoffensive allait devenir un vrai danger.
- 5:28Fin juillet 2003, la France est en vacances, les plages sont
- 5:32pleines, les piscines débordent, les bouchons s'étirent sur
- 5:35l'autoroute du soleil et les villes se vident doucement.
- 5:39À la télé, les reportages parlent du chassé croisé.
- 5:42Des glaces qui font de trop vite, des vacanciers qui
- 5:45cherchent l'ombre sous les parasols, les bulletins météo
- 5:48gardent le ton léger, les chaînes filment des enfants qui
- 5:51plongent dans le Rhin, des files d'attente devant les piscines de
- 5:54Strasbourg. C'est dur quoi, parce qu'il fait
- 5:56chaud et on est là devant, on attend.
- 5:59Ils disent que il faut attendre 1 h pour que 100 personnes
- 6:01sortent. Pour que 100 autres peuvent
- 6:02rentrer, mais bon. L'eau, les brumisateurs et puis
- 6:05voilà de l'eau froide solaire d'un 10 vent.
- 6:08Il y a pas le chapeau mais on a la bouteille d'eau et et on a
- 6:12pas mal à la tête et tout va bien.
- 6:14Une journaliste conclut même, le mois d'août s'annonce radieux et
- 6:18c'est tant mieux. La météo est parfaite.
- 6:29Un ciel bleu du Nord. Au sud, des cartes sans nuages,
- 6:33des températures en hausse, mais rien d'alarmant.
- 6:38Il fait chaud, ouais, mais c'est août, c'est normal.
- 6:42Au contraire, beaucoup se disent que c'est un été idéal.
- 6:45Personne ne se rend compte que cette chaleur, justement, ne
- 6:49redescend plus. Pas de coup de chaud brutal, pas
- 6:51d'explosion soudaine, juste une montée douce, lente,
- 6:56progressive, qui s'installe jour après jour.
- 6:59Le thermomètre grimpe. Un degré de plus, puis un autre,
- 7:03encore un autre. Et surtout la nuit, il ne baisse
- 7:07plus dans les appartements, les murs chauffent le jour et
- 7:11restent brûlants la nuit. Et le problème, c'est que dans
- 7:14ces conditions, le corps ne récupère pas normalement la
- 7:18nuit, la température corporelle baisse légèrement.
- 7:21C'est un signal qui permet à l'organisme de se mettre au
- 7:23repos. Mais quand il fait trop chaud,
- 7:26ce mécanisme est bloqué, le cœur continue de travailler, le
- 7:29sommeil devient agité et la transpiration ne suffit plus à
- 7:33rafraîchir. Le corps reste en alerte, comme
- 7:36s'il ne pouvait jamais se mettre en pause.
- 7:38Et au bout de plusieurs nuits comme ça.
- 7:40Et Ben, les organismes déjà fragiles s'épuisent.
- 7:51J'ai eu. Un petit coup de chaleur hier,
- 7:54les corps ne récupèrent pas. On dort mal, on su, on se
- 7:58traîne, mais on met ça sur le compte de la chaleur de saison.
- 8:01Rien d'inquiétant. Les températures, Les voici, je
- 8:04ne sais pas si on a déjà eu une carte aussi chaude de façon
- 8:08homogène sur la France. Pas moins de 30° cet après 12h00
- 8:11et ce sera pour Brest jusqu'à 41°.
- 8:14Température prévue à Londres pour Agen le. 4 août, on dépasse
- 8:18les 35° dans quasiment toutes les grandes villes, le 5 38 à
- 8:23Lyon, 39 à Toulouse, 36 à Paris, le 6 40 à Orange, 41 à Auxerre
- 8:31et à Conqueyrac dans le Gard, on atteint un record 44,1°.
- 8:36Des chiffres fous qui passent presque inaperçus.
- 8:39La chaleur ne s'est évidemment pas arrêtée à nos frontières. la
- 8:42Belgique, l'Allemagne, les Pays-Bas, l'Espagne, l'Italie.
- 8:46Une bonne partie de l'Europe est concernée.
- 8:49Un énorme anticyclone s'est installé au-dessus de l'Europe
- 8:52de l'Ouest et il ne bouge plus ce qu'on appelle un blocage
- 8:56oméga. Un système météo figé, en forme
- 8:59de fer à cheval, avec 2 dépressions de chaque côté et
- 9:03une bulle brûlante coincée au milieu.
- 9:05Résultat, l'air chaud stagne nuit et jour, sans aucun
- 9:10renouvellement. Pas de vent, pas de pluie, pas
- 9:12d'issue. Dans certaines villes, il fait
- 9:15encore 30° à 00h00. Les nappes phréatiques
- 9:18s'épuisent, les vendanges sont avancées, les récoltes grillent
- 9:21sur pied. Certaines centrales nucléaires
- 9:24doivent ralentir faute de pouvoir se refroidir.
- 9:26Moi j'ai fait la course à pied hier, j'ai fait une course à
- 9:28velours à côté de ber. On avait la gorge qui était qui
- 9:31était, qui était séchée. Quoi hein ?
- 9:32On peut un peu. Plus on.
- 9:34Peut plus respirer. Et dans le Sud, les incendies
- 9:50commencent à s'enchaîner. Mais malgré tout ça, l'ambiance
- 9:54reste légère. Les vacanciers bronzent, les
- 9:56glacières sont pleines, les terrasses tournent à plein
- 9:59régime. Officiellement, en fait, c'est
- 10:01juste un bel été, mais sous la surface.
- 10:05La France commence déjà à suffoquer.
- 10:17Dans les hôpitaux, personne ne parle encore de catastrophe,
- 10:21mais dans les services d'urgence, les soignants sentent
- 10:24bien que quelque chose cloche. Les brancards s'accumulent, les
- 10:28couloirs se remplissent, les visages sont tirés, les pompiers
- 10:31sont appelés de plus en plus souvent et les patients qui
- 10:34arrivent n'ont pas des pathologies classiques.
- 10:36Ils sont déshydratés, désorientés, souvent en détresse
- 10:41respiratoire. Ce sont des personnes âgées, des
- 10:43malades chroniques, des gens isolés.
- 10:46Des cas qui, en temps normal, auraient été pris en charge sans
- 10:50aucun souci. Mais là, tout le monde est à
- 10:53bout. Et surtout.
- 10:55Il fait une chaleur écrasante à l'extérieur comme à l'intérieur.
- 10:59Madame, Monsieur, Bonsoir. Bien sûr, une grande partie de
- 11:02ce journal sera consacrée à la canicule qui fait suffoquer la
- 11:05France. Personne.
- 11:06Ne savait quoi faire et surtout, personne ne donnait de
- 11:09consignes. Les pompiers, eux, commencent à
- 11:11avoir l'ampleur du truc chaque jour.
- 11:13Des malaises à domicile, des appels pour des personnes âgées
- 11:17retrouvées inconscientes. Et trop souvent, c'est déjà trop
- 11:20tard. Dans certains appartements, des
- 11:22corps sont découverts. Plusieurs jours après le décès.
- 11:25Les voisins alertent, à cause de l'odeur et à l'ouverture des
- 11:29portes, la chaleur est suffocante.
- 11:32Mais toutes ces alertes restent locales, dispersées et isolées.
- 11:36Personne ne centralise ou ne tire la sonnette d'alarme à
- 11:39l'échelle nationale. Au ministère, la communication
- 11:43reste prudente, les décès sont classés comme des morts
- 11:47naturels. De personnes âgées fragiles,
- 11:50sans lien direct avec la météo. Pas de chiffres, pas d'annonce,
- 11:54pas de plan. Mais sur le terrain, certains ne
- 11:57peuvent plus se taire. Tout malade finalement c'est une
- 12:00cause naturelle et à quoi on sert ?
- 12:02Ça veut dire que finalement on va laisser ce phénomène perdurer
- 12:04et on va pas s'occuper des malades.
- 12:06Mais qu'est ce qu'ils foutent de la direction générale de la
- 12:08santé ? Ils se moquent de qui ?
- 12:09À Paris, Patrick Pelloux, Médecin Urgentiste, Alerte dans
- 12:13Le Parisien et parle d'une hécatombe.
- 12:15Il décrit ce qu'il voit chaque jour.
- 12:17Des dizaines de morts rien qu'en île de France.
- 12:20Et ils dénoncent l'inaction, le silence, le manque de réponse.
- 12:25Le ministère nie. Sans preuve solide et sans
- 12:28statistique officielle, ils ne peuvent rien faire.
- 12:32Mais dans les faits, les décès s'enchaînent et même les morgues
- 12:35ne suivent plus. En île de France, les hôpitaux
- 12:38saturent. Un été comme les autres,
- 12:40disaient les bulletins météo, mais dans les couloirs des
- 12:43hôpitaux, plus personne n'y croit.
- 12:46Nous avons à faire face à un flux continu.
- 12:48Donc la priorité, on a commencé de le dire vendredi.
- 12:52Je le redis aujourd'hui avec force, c'est de libérer le
- 12:55maximum de lits dans nos hôpitaux.
- 13:14Pendant plus d'une semaine, les alertes restent en sourdine.
- 13:18Des signaux faibles, dispersés, interprétés comme de simples
- 13:21coïncidences, des décès classés comme naturels, des pompiers
- 13:26débordés, des soignants à bout, mais toujours aucune alerte
- 13:30déclenchée à l'échelle nationale.
- 13:33Et puis tout change. Le 11 août 2003, Le Figaro Klax
- 13:38à une. La canicule tue en France, ce
- 13:43n'est plus une impression, plus un cri isolé dans un hôpital de
- 13:46banlieue, plus un médecin qui alerte dans le vide.
- 13:49C'est un fait clair, visible, indiscutable.
- 13:53Et à partir de là, plus rien ne peut être ignoré.
- 13:56Les images tournent en boucle, les files d'attente devant les
- 13:59funérariums, les familles qui cherchent des proches, les
- 14:03soignants à bout de souffle. Les chiffres qui circulent sans
- 14:06qu'aucune estimation fiable ne soient confirmés, 500 morts,
- 14:091000 peut être 2000. Personne ne peut confirmer.
- 14:12Mais une chose est sûre, ça grimpe en île de France.
- 14:16L'Institut médico-légal est débordé, des tentes réfrigérées
- 14:19sont montées, puis on finit par réquisitionner un entrepôt du
- 14:23marché de Rungis pour stocker les corps.
- 14:26Un endroit conçu pour les fruits, devenu morgue géante.
- 14:30Et pendant ce temps-là, au JT le 11 août, Jean François Mattei,
- 14:34ministre de la santé, prend la parole depuis sa maison de
- 14:37vacances en Polo dans le Var et annonce la mise en place d'un
- 14:41numéro vert, parle de prudence, de surveillance, d'une situation
- 14:45sous contrôle, comme si tout allait bien, comme si ce qu'on
- 14:48voyait tous les jours. N'était qu'un malentendu.
- 14:52Ce sont souvent des malades qui ont une maladie chronique.
- 14:55Ce sont des gens qui sont fragilisés en fin de vie et
- 14:58naturellement, la part des choses est difficile à faire.
- 15:01Soyons un peu plus solidaires dans ce pays.
- 15:03Faisons attention, faisons attention aux personnes qui nous
- 15:06entourent. Le décalage est immense sur le
- 15:09terrain, les témoignages parlent d'hécatombe dans les services,
- 15:13les médecins supplient d'être entendus, les pompiers
- 15:16s'épuisent, les familles pleurent.
- 15:18Et à l'écran ? Le gouvernement répète qu'il ne
- 15:21faut pas paniquer. Alors forcément, les critiques
- 15:24montent, l'opposition parle d'inaction, les familles
- 15:28dénoncent le silence, les soignants disent qu'on les
- 15:30laisse seuls. Le Premier ministre Jean-Pierre
- 15:33Raffarin reste discret, presque absent.
- 15:36Pas un mot fort, pas une annonce d'ampleur, rien qui montre que
- 15:40l'État prend la mesure de ce qui est en train de se passer.
- 15:43Ce qu'on ressent dans les journaux de l'époque, c'est une
- 15:45impression de flottement. Comme si personne ne pilotait
- 15:49vraiment. Comme si le pays vivait une
- 15:51crise sans personne pour tenir le cap.
- 15:54C'est plus seulement une vague de chaleur.
- 15:56C'est un scandale qui s'installe jour après jour dans
- 15:59l'incompréhension générale. Je me.
- 16:01Suis dit que je ne pouvais pas effectivement rester entre
- 16:06guillemets plus tranquillement dans mon service et que et que
- 16:09vraiment il fallait être solidaire et faire quelque
- 16:10chose. Madame, Monsieur, Bonsoir, ravie
- 16:21de vous retrouver. Mais c'est toujours sous la
- 16:23canicule. On a d'ailleurs battu des
- 16:25records de chaleur aujourd'hui dans le sud-ouest, record absolu
- 16:29même tous mois confondus. Le 13 août, enfin, le
- 16:32gouvernement sort du silence. Le plan blanc est déclenché.
- 16:36Il permet de rappeler du personnel soignant, de libérer
- 16:39des lits, de différer les opérations non urgentes, de
- 16:42faire revenir des médecins partis en congé.
- 16:46Le dispositif est ensuite étendu à tout le pays, mais la chaleur,
- 16:50elle, dure déjà depuis 2 semaines.
- 16:52Nous sommes aptes à prendre plus de patients en charge pour
- 16:55hyperthermie en particulier, ce qui veut dire plus de présence
- 16:58de personnel médical et paramédical.
- 17:01Dans les couloirs des hôpitaux, dans les EHPAD, sur le terrain,
- 17:04tout le monde sait que c'est trop tard.
- 17:06Les décès se comptent par milliers et chaque jour, le
- 17:09bilan grimpe encore. Le 15 août, Le Figaro titre déjà
- 17:143000 morts. Mais personne ne connaît
- 17:16vraiment l'ampleur du drame. Chaque région gère les décès
- 17:19localement, personne n'a de vision d'ensemble.
- 17:22Partout, les bras manquent, les soignants sont épuisés,
- 17:25débordés, parfois seuls dans des services qui tournent au
- 17:28ralenti. Et dans les maisons de retraite,
- 17:30la situation devient tragique. Parce qu'en 2003, la plupart des
- 17:34EHPAD n'avaient ni climatisation ni système de ventilation,
- 17:38souvent même pas un ventilateur à l'époque.
- 17:41La chaleur n'était pas considérée comme un risque
- 17:43sanitaire. La priorité, c'était la sécurité
- 17:46incendie ou les infections nosocomiales, pas les 40° sous
- 17:50les toits. Alors quand la température s'est
- 17:52installée au-delà des 35°, pendant plus de 10 jours, des
- 17:56dizaines de milliers de résidents se sont retrouvés
- 17:58enfermés dans des chambres étouffantes, parfois sous les
- 18:02toits, les fenêtres bloquées pour des raisons de sécurité,
- 18:06sans air, sans ventilation, avec pour seule solution.
- 18:10Une serviette mouillée, une bouteille d'eau glacée ou un
- 18:13petit ventilateur bricolé quand il y en avait un, les soignants
- 18:16racontent des scènes d'une chaleur insoutenable, des
- 18:19résidents abandonnés dans des pièces de plus de 40° qui
- 18:22s'éteignent sans se plaindre parce que le corps n'a plus la
- 18:25force de se battre, des corps qu'il faut déplacer parce que
- 18:29même les morgues hospitalières n'ont plus de place.
- 18:31On réquisitionne des camions frigorifiques puis, faute
- 18:35d'alternative, on envoie les corps à Rungis et.
- 18:40Pendant ce temps-là, la communication politique vacille.
- 18:44Le 21 août, Jacques Chirac rentre du Canada et prend la
- 18:48parole. Mesdames, Messieurs, je viens de
- 18:52présider le Conseil des ministres face à la canicule
- 18:56exceptionnelle qui a frappé nos concitoyens et notre.
- 19:01Pays, il parle de manque de solidarité, de personnes âgées
- 19:05mortes dans l'indifférence d'une société qui n'a pas su protéger
- 19:09les siens. Il promet des moyens, des
- 19:12réformes, des leçons à tirer. Mais la colère est là.
- 19:16L'opposition parle de déni, de retard, de mépris.
- 19:20Les familles réclament des comptes et peu à peu, le pays
- 19:23comprend, sans pouvoir l'admettre tout de suite.
- 19:26Cet été là, la chaleur a mis à nu les failles d'un système tout
- 19:30entier. Quand la chaleur a enfin
- 19:53commencé à redescendre autour du 17 août, c'était pas juste une
- 19:57brise passagère. C'était la fin d'un étouffement
- 20:00long de plus de 2 semaines. Un blocage météo qui avait
- 20:04démarré dès le premier août, sans pause, sans répit, et qui
- 20:07avait transformé chaque jour, chaque nuit, en une épreuve.
- 20:11C'est tout un pays qui a enfin pu respirer.
- 20:13Mais ce soulagement n'a pas duré.
- 20:16Car ce qui venait de se produire dépassait largement le cadre
- 20:19d'un simple épisode météo. Les chiffres ont mis du temps à
- 20:22émerger, les bilans encore plus. Et quand tout s'est enfin posé,
- 20:26le constat a été brutal, 14800 morts en France en 2 semaines.
- 20:37En France, alors qu'on ne connaît pas encore l'ampleur
- 20:39exacte de la catastrophe sanitaire liée à la canicule.
- 20:43La plupart des services funéraires des grandes villes
- 20:45sont totalement débordés. L'équivalent d'une petite ville
- 20:48rayée de la carte sans que personne n'ait vu venir
- 20:51l'ampleur du drame. La majorité des victimes étaient
- 20:54âgées, isolées, parfois dépendantes, souvent sans
- 20:58soutien. D'autres étaient plus jeunes, en
- 21:00situation de handicap ou atteintes de maladie chronique.
- 21:03Et ce drame ne s'est pas arrêté à la France.
- 21:05À l'échelle de l'Europe, le bilan dépasse les 70000 morts.
- 21:09Un chiffre qui paraît fou. Pourtant, tout est bien réel.
- 21:13Après ce choc, les décisions ont fini par tomber.
- 21:16À l'automne 2003, l'État a posé les bases d'un nouveau système.
- 21:20Un plan national canicule a vu le jour.
- 21:23En lien avec Météo France et santé publique France, 4 niveaux
- 21:27d'alerte ont été définis. Le niveau un, appelé veille
- 21:31saisonnière, active la surveillance dès le premier
- 21:33juin. Le niveau 2 anticipe les
- 21:35premières fortes chaleurs et permet de diffuser des messages
- 21:38de prévention. Le niveau 3 correspond à
- 21:41l'alerte orange, mobilise les préfets, les services de santé
- 21:45et les mairies. Et enfin, le niveau 4, en alerte
- 21:49rouge, ne se déclenche qu'en cas de canicule extrême prolongée,
- 21:53avec des conséquences sanitaires graves ou combinées à une autre
- 21:57crise comme une panne électrique ou un incendie.
- 22:00Ce système est devenu la référence chaque été.
- 22:04Une autre mesure forte a été imposée dès 2004, la journée de
- 22:07solidarité. Depuis cette date, chaque
- 22:11salarié doit effectuer une journée de travail
- 22:12supplémentaire, non rémunéré, souvent un jour férié, pour
- 22:16financer des actions en faveur des personnes âgées ou en
- 22:19situation de handicap dans les EHPAD.
- 22:21La prise de conscience a mis du temps, mais des changements ont
- 22:24fini par s'installer, climatisation partielle,
- 22:27création de salles rafraîchies, distribution de ventilateurs,
- 22:32rédaction de protocole. Rien généralisé ni d'égalitaire.
- 22:37Mais une vérité s'est imposée. La chaleur peut tuer et les
- 22:41établissements de santé ne peuvent plus l'ignorer.
- 22:44Du côté de la santé publique, des outils de suivi ont été
- 22:46développés. Chaque été, santé publique
- 22:49France publie des données précises sur la mortalité, les
- 22:52hospitalisations, les alertes météo.
- 22:55Ce type de veille n'existait pas avant 2003.
- 22:58Aujourd'hui, c'est devenu un élément essentiel des étés
- 23:01français. Sur le papier, la France s'est
- 23:03adaptée dans la réalité. Le climat, lui, a continué de
- 23:06changer. Les canicules ne sont plus des
- 23:09anomalies, elles deviennent la norme et les outils créés en
- 23:122003 commencent déjà à montrer leurs limites.
- 23:14Les vagues de chaleur sont plus longues, plus précoces, plus
- 23:17fréquentes et parfois plus tardives.
- 23:19Et malgré les progrès, l'été reste une saison à risque.
- 23:5120 ans après la canicule de 2003, les vagues de chaleur
- 23:54restent un enjeu de santé publique.
- 23:56En août 2023, santé publique France publie un bilan
- 23:59provisoire. Pendant l'un des épisodes
- 24:00caniculaires, une surmortalité de plus de 5,4% a été
- 24:05enregistrée, soit près de 400 décès supplémentaires, toutes
- 24:06causes confondues. L'été 2023 ne s'est pas limité à
- 24:12une seule vague de chaleur. Plusieurs épisodes se sont
- 24:15succédés, parfois rapprochés, parfois étalés dans le temps.
- 24:20Des canicules plus longues, plus précoces, plus fréquentes et
- 24:23qui, selon les autorités sanitaires, continuent de
- 24:26toucher prioritairement les personnes de plus de 75 ans, les
- 24:29malades chroniques et les populations isolées.
- 24:32En juillet 2023, une étude publiée dans nature médecine
- 24:35revient sur l'été 2022. Elle estime que près de 68000
- 24:42personnes seraient mortes en Europe à cause de la chaleur.
- 24:45Un chiffre impressionnant, mais qui n'avait pas vraiment fait la
- 24:48une à l'époque. Ce bilan, c'est pas juste un cas
- 24:51isolé. Selon les projections
- 24:52scientifiques, ce niveau de mortalité pourrait devenir la
- 24:56norme dès 2030 si aucune mesure supplémentaire n'est prise.
- 24:59Et d'ici 2050, certains modèles évoquent même jusqu'à 120000
- 25:02décès annuels liés aux fortes chaleurs uniquement.
- 25:09Au sein de l'Union européenne, depuis 2003, plusieurs
- 25:12dispositifs ont été créés, les alertes météo sont mieux
- 25:16encadrées, des plans de prévention ont été mis en place
- 25:19et certains gestes sont désormais intégrés dans les
- 25:22habitudes. Mais selon de nombreux rapports,
- 25:24l'intensité du réchauffement climatique tend à dépasser la
- 25:28capacité d'adaptation actuelle des infrastructures, des
- 25:32systèmes de santé et de la société dans son ensemble.
- 25:36La canicule de 2003 devait rester une exception et elle
- 25:40pourrait bien devenir un point de départ.
- 25:41La canicule de 2003, c'est un moment de bascule, un été où la
- 25:48chaleur n'a plus été un simple sujet de conversation, mais un
- 25:51vrai enjeu de santé publique. Un été où la France a compris un
- 25:55peu tard qu'on ne peut pas laisser le thermomètre grimper
- 25:58sans rien faire. Depuis, les choses ont avancé,
- 26:02mais chaque année. Est ce qu'on est vraiment prêt
- 26:07pour les prochaines vagues ? Merci à tous d'avoir regardé
- 26:11cette vidéo jusqu'au bout. Je voulais vraiment la faire
- 26:14depuis pas mal de temps parce que je suis né en 1997 et je
- 26:17n'avais aucun souvenir à titre personnel de toute cette période
- 26:19et je trouve ça fou qu'on en parle pas assez donc je voulais
- 26:22vraiment faire une vidéo dessus pour revenir un petit peu sur
- 26:24tout ça et parce qu'en soit c'est un sujet qui reste
- 26:26complètement d'actualité. Bref merci à vous d'avoir
- 26:29regardé la vidéo, n'hésitez pas à vous abonner, c'est gratuit et
- 26:32ça remercie tout mon travail. Celui de mon équipe.
- 26:36Merci encore une fois à OLI de sponsoriser la vidéo.
- 26:39Je vous rappelle avec mon code neoxy 5, vous avez 5€ de
- 26:41réduction sur votre première commande et avec le code Neoxy
- 26:44vous avez 10% de réduction, peu importe la commande.
- 26:46Merci à tous, c'était neoxy.