Latest / Vies et Voix | Les Interviews de Lila / Raphaël : passer un concours à 45 ans pour intégrer la fonction publique !
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- Raphaël : passer le concours à 45 ans pour intégrer la fonction publique! Introduction sur fond musical : Lila : Se plaire dans son activité professionnelle, à la fois y trouver du plaisir et aussi se sentir valorisé par ce que l'on fait ! Une quête pour la plupart d’entre nous qui occasionne bien souvent des changements. Bienvenue dans ce podcast « Vies et Voix, les interviews de Lila » pour parler de ses choix pros. Je suis Lila. Pour chaque épisode, j’invite un témoin proche de vous, de moi pour nous raconter son parcours. Nos témoins ont un point commun. Ils se sont fait confiance pour se donner des chances. Ils ont choisi de penser que rien n’était joué ! Pour cet épisode, notre invité Raphaël Richard nous raconte comment il devient journaliste. Si la musique lui tient à cœur, il réalise rapidement qu’il ne pourra pas en vivre et préfère continuer à en parler en toute liberté de façon bénévole. Au niveau professionnel, ses sujets de prédilection sont en lien avec les collectivités locales. A 45 ans, il décide de « sauter le pas » et rejoint la direction financière de l’une d’entre elles. Comment Raphaël a-t-il procédé ? Comment a-t-il fait ses choix ? Sur qui, sur quoi s’est-il appuyé ? Nous nous rencontrons dans les locaux d’un tiers-lieu pour faire connaissance. Lila : Bonjour Raphaël ! Raphaël : Bonjour ! Lila : Merci de prendre du temps pour nous expliquer votre parcours. Je vous propose pour commencer de nous dire qui vous êtes enfant et ce qui vous intéresse. Raphaël : Dans mes souvenirs, j'aimais surtout la musique et le sport et j'étais un élève à peu près dans la moyenne, on va dire jusqu'à la 4e où j'ai changé d'établissement à ce moment-là. Je suis passé dans un établissement avec un niveau plus élevé qui m'a demandé un certain rattrapage, plus de travail pour me remettre au niveau et puis ensuite, j'ai continué au lycée plutôt dans une voie scientifique parce que c'était les matières où je me débrouillais le mieux jusqu'au bac. Après le bac, je me suis dirigé vers des études de droit. Je ne savais pas exactement quel métier m'intéressait, mais la matière en tout cas, elle m'intéressait. C'était à la fois des sujets, des logiques, des méthodologies qui m'intéressaient. Bon, j'ai mis un peu de temps à valider l'équivalent du DEUG qui était à l'époque les deux premières années. J'ai traîné un module pendant 2 ans, ce qui m'a permis de faire d'autres choses à côté, notamment de travailler, de faire un stage en cabinet d'avocat pendant quelques mois. Et puis, j'ai finalement réussi à valider ce deuxième module de droit. Mais entre-temps, je m'étais dit qu'il fallait sans doute que je m'oriente vers autre chose, même si le droit m'intéressait toujours. Et là, je me suis souvenu d'un goût que j'avais, par le passé, pour l'écriture et le journalisme, un peu en lien avec mon goût pour la musique d'ailleurs. Et du coup, je me suis orienté vers une formation en alternance de journaliste que j'ai faite à Paris pendant 2 ans. Donc, je travaillais dans une agence de presse qui était alors liée plutôt au sujet agriculture, environnement, pas vraiment la musique. Ça m'a permis au bout de 2 ans d'avoir un diplôme, enfin en tout cas de valider certaines compétences et puis d'avoir acquis une expérience en alternance que j'ai pu après faire valoir quand j'ai voulu continuer sur d'autres sujets. Intermède musical Lila : Et après cette formation, quel est votre parcours ? Raphaël : Alors du coup, j'ai essayé de trouver un emploi dans le journalisme. Ce qui m'intéressait au départ, c'était surtout ces sujets de musique. Donc j'ai essayé de faire ça en tant qu'indépendant, en tant que pigiste comme on dit dans le métier de journaliste. J'ai commencé un peu à travailler mais bon, c'était un peu difficile au début. Donc j'ai fait un petit boulot à côté pour compléter. Mais je me suis aperçu que ce secteur journalistique de la musique était assez restreint, voire fermé en fait, que ça nécessiterait sans doute que je traite des sujets qui ne m'intéressaient pas directement. Et sur ce sujet de la musique, j'avais vraiment envie de faire ce que ce que je souhaitais. Donc, ça ne correspondait pas exactement à ce qui m'intéressait. Et donc, bah j'ai commencé à diversifier un peu mes activités notamment en lien avec le réseau que j'avais pu me faire lors de ma formation de journaliste et du coup à traiter des sujets un peu plus institutionnels pour arriver à finalement un premier poste un peu loin de la musique puisque c'est l'actualité parlementaire. En fait, j'avais profité un peu de ce rythme un peu calme sur les piges en musique pour reprendre mes études en fait, pour refaire une année et valider une licence de sciences politiques à laquelle je pouvais accéder grâce à mon DEUG de droit. Et au final, ça a participé aussi à cette spécialisation sur les sujets d'actualité parlementaire, de société un peu politique aussi. Et donc j'ai travaillé dans un journal parlementaire et ça m'a permis de suivre un peu la vie politique au travers de l'Assemblée nationale et du Sénat et de découvrir aussi par ce biais les collectivités locales, un contact avec beaucoup d'élus et donc du coup voilà c'est une première introduction vers les collectivités locales qui va se poursuivre par la suite. C'était une très bonne expérience mais au bout de 2 ans, c'était une toute petite structure qui a été rachetée et donc en tant que journaliste, on a la possibilité quand un journal est racheté de prendre ce qu'on appelle une clause de session qui permet de partir à des conditions favorables. Et je suis retourné à la pige, du coup, plus sur des sujets de musique mais plus sur les sujets collectivité locale, voire vie un peu politique institutionnelle et notamment sur les finances sociales. Donc j'ai travaillé avec plusieurs magazines alors plutôt de la presse professionnelle hein pour le coup et ça m'a permis d'accroître mon expérience, de commencer à faire quelques CDD aussi dans ce domaine-là. Enfin, je voyais que le sujet m'intéressait tout d'abord et puis qu'il y avait peut-être plus d'opportunités de stabilité, on va dire dans ce secteur-là. Donc j'ai continué dans cette voie-là. J'ai travaillé un an pour une agence de presse spécialisée sur les sujets logement et urbanisme en lien avec l'actualité des collectivités locales. Et puis le magazine de l'actualité des collectivités locales, donc la Gazette des communes vient me rechercher parce qu'il lance un site sur les finances locales et voilà, ils sont intéressés par mon profil, ils me connaissent déjà et donc, du coup, cette fois-ci, ils me proposent un CDI. Et donc je mets un premier pied dans les finances locales, même si le sujet des finances, j'ai déjà abordé, notamment au niveau des finances sociales. Et du coup, ça dure un peu plus de 3 ans à la Gazette des Communes. Et là, de nouveau, il y a une revente du groupe auquel il appartient et c'est l'occasion de prendre une clause de session. Alors, ce n'était pas forcément mon intention au départ, mais en l'occurrence, mon supérieur hiérarchique décide de partir et de créer un média sur les collectivités locales à une échelle plus locale, à l'échelle de l'Île-de-France. Et donc à la fois le projet m'intéresse et puis par ailleurs, moi j'ai le projet de partir de Paris, d'aller habiter en province et du coup c'est l'occasion de pouvoir partir sur un projet du coup entrepreneurial, ce qui est nouveau pour moi, mais avec la possibilité de fixer un peu mes propres règles. On est deux au départ et puis on va grossir au fur et à mesure. Et puis au bout d'un an de cette expérience et bien je pars de Paris et je continue à y participer mais principalement à distance. Je venais une fois par semaine à Paris le jour du bouclage qui est un peu le jour crucial dans la vie du journal pour finaliser le journal que l'on publie et sinon j'étais déjà 4 jours par semaine en télétravail. Lila : Vous aviez des responsabilités particulières dans ce journal ? Raphaël : mon ancien supérieur hiérarchie qui était directeur de la rédaction et puis moi j'ai été au fil du temps d'abord rédacteur en chef adjoint puis rédacteur en chef et donc du coup j'avais le rôle de piloter la publication même si comme on était une petite équipe, j'écrivais plutôt pas mal d'articles aussi. Intermède musical Lila : Et comment arrive l'idée de l'activité que vous faites actuellement ? Raphaël : Cette aventure, elle a duré presque 10 ans. Alors, c'est un peu, à l'issue d'un processus, on va dire. À la fois, bon, je commençais un peu à être dans une certaine routine au niveau de mon travail dans le média dans lequel j'étais, l'envie de me relocaliser vraiment en Normandie où j'habitais et de plus venir travailler à Paris. Il y a également le souhait au bout de presque 15 ans à travailler sur les collectivités locales, à vouloir intégrer une collectivité pour voir comment ça fonctionnait de l'intérieur à la fois par curiosité puis par envie aussi je pense de faire quelque chose disons dans l'intérêt public. C'est quelque chose qu'on sent très fort quand on travaille en collectivité. Et puis l'envie de travailler sur les sujets de transition écologique, c'est un sujet que j'avais beaucoup suivi en tant que journaliste, qui est vraiment beaucoup monté dans les années 2010. J'approchais aussi des 45 ans et je me disais que c'était un peu le bon moment si éventuellement je voulais changer de voie. Je me disais qu'après 50 ans, c'était peut-être plus compliqué. Je pense qu'aussi, l'offre journalistique était peut-être moins adaptée à mon expérience et m'intéressait peut-être un peu moins et ça m'a peut-être aussi poussé à réfléchir à ce que je pouvais faire d'autre. Lila : Jusqu'alors avec le métier de journaliste, le réseau était un moyen pour changer de structure. Pour aller vers les collectivités locales, comment vous y prenez-vous ? Raphaël : Je me disais qu'avec mon bagage de journaliste, ce serait peut-être un petit peu difficile. Ce serait une bonne idée de passer un concours de la fonction publique territoriale. Celui qui correspondait à mon niveau d'étude, c'est-à-dire bac + 3, c'était le concours d'attaché territorial. Et donc, j'ai passé ce concours en préparant surtout la partie méthodologie et suivant l'actualité en tant que journaliste, je m'étais dit que voilà, ça pourrait fonctionner. Le pari a été gagnant puisque j'ai réussi le concours. Lila : En tout cas, d'entrée de jeu, vous avez choisi de passer le concours. Ça c'était vraiment une évidence ? Raphaël : Oui, c'était une évidence. Je me disais que ça pourrait servir de carte de visite auprès des collectivités locales. C'est-à-dire j'ai une certaine expertise en tant que journaliste mais pas de pratique en collectivité mais j'ai ce concours qui permet un peu de, comment dire, de prouver mes compétences auprès des collectivités locales. Lila : Passer un concours à 45 ans, ça ne doit pas être évident ? Raphaël : Ce qui n'est pas évident, c'est de se retrouver devant une feuille avec un stylo et passer 4h le matin et 4h l'après-midi à écrire. Mais bon, après, c'est une journée de concours et puis voilà. Donc ça se fait. Lila : Une fois que vous avez eu votre concours, comment avez-vous procédé pour changer d'emploi ? Raphaël : Le concours ne permet pas d'avoir un poste automatiquement. Donc j'ai commencé à regarder les offres dans mon département sur la transition écologique. Il n’y a pas énormément d'offres. Voilà, j'ai vu un certain nombre de postes passer. En parallèle, moi je réfléchissais à reprendre des études, à faire un master 2 développement durable. Et donc du coup, j'ai continué à postuler en même temps que je préparais cette reprise d'étude. Et puis environ, à peu près, au bout d'un an, j'ai vu un poste qui alliait à la fois le sujet des finances locales et les sujets environnementaux. Donc à la fois m'intéressait par cette double entrée et puis qui semblait correspondre aux compétences que j'avais pu acquérir par le passé. Donc voilà, j'ai postulé et puis ça s'est bien passé. J'ai été retenu. Intermède musical Lila : Vous êtes recruté à quel type de poste ? Vous avez commencé à le dire mais plus précisément. Raphaël : Alors donc, je suis recruté sur un poste de chargé de mission, ce qui s'appelle budget vert. Donc c'est des démarches qui sont un peu nouvelles dans les collectivités et qui consistent à analyser l'impact environnemental des dépenses. Donc c'est vraiment un poste à la rencontre du sujet finance puisqu'on analyse le budget réalisé et puis la question environnementale puisqu'on réfléchit sur l'impact des actions qui sont ainsi financées. Et donc du coup, c'est un poste assez transversal. En fait, c'est vraiment un poste de chef de projet, c'est-à-dire organiser une démarche pour qu'elle soit menée à bien, travailler en partenariat avec différentes directions et comme on doit analyser l'ensemble des dépenses, toutes les compétences de la collectivité peuvent être concernées. C'est très varié et c'est ça qui en fait l'intérêt aussi, c'est que voilà, c'est à chaque fois des thèmes différents et puis le fait de travailler avec des directions différentes, ça nécessite aussi d'adapter l'organisation et de voir comment eux travaillent. Ça aussi c'est un aspect qui donne de la variété dans le travail en lien avec les relations qu'on peut nouer avec les uns ou les autres avec peut-être deux autres aspects qui rappellent un peu le journalisme. Il y a l'aspect veille sur ce sujet donc du budget vert que je dois continuer à suivre pour voir comment ça évolue l'actualité sur ces sujets et puis un autre aspect rédactionnel puisque, aujourd'hui, je continue à rédiger des notes, à faire des présentations à mes collègues et donc du coup il y a quand même encore cet aspect usage de la langue qui est très mobilisé. Lila : En parallèle de votre activité professionnelle, vous conservez des activités associatives qui sont importantes pour vous, je crois. Raphaël : Oui, tout à fait. Moi, j'ai vraiment l'impression que ça fait partie de mon équilibre. Donc, on retrouve notamment les sujets de musique qui m'avaient accompagné au début de mon histoire. Après avoir arrêté l'activité journalistique, on va dire, en lien avec la musique, j'ai poursuivi vraiment dans ce domaine de la musique de manière bénévole. Alors, j'ai fait pas mal de choses différentes, des sites internet sur la musique, des émissions de radio, j'ai même écrit des livres avec toute la liberté que j'avais envie d'avoir sur ces sujets de musique. Et puis je me suis impliqué aussi sur d'autres sujets, sur le sport. J'ai été pendant presque 5 ans entraîneur d'une équipe de jeunes. Ça c'était pareil, ça a participé à mon équilibre. Alors, j'ai mis cette activité de côté pour, plus maintenant, développer des activités associatives en lien avec l'environnement à titre comme ça d'association locale. Alors là, les accompagner plutôt sur les sujets de communication. Donc, on retrouvait un peu l'aspect journalistique voilà pour aussi être impliqué sur ces sujets. Là, pour le coup, c'est à la fois une activité associative bénévole mais qui enrichit aussi ma réflexion et mon activité professionnelle. Et tout ça participe un peu à nourrir une certaine curiosité et une ouverture sur plein de sujets. Ça me permet de rencontrer des gens différents également. Lila : Vous avez finalement écarté l'idée d'un métier qui porte sur la musique, le sport ou l'environnement ? Raphaël : Alors sur la musique ou sur le sport, je pense qu’il n’y avait pas forcément la stabilité que je recherchais ou la sécurité financière. C'est vrai que c'est quand même quelque chose que moi je recherche dans ma vie professionnelle. Sur le sujet de l'environnement, j'ai pensé tardivement à devenir écologue ou naturaliste, mais malheureusement le bagage universitaire était un peu trop difficile à suivre pour reprendre des études sur ces sujets-là. Après, je ne sais pas forcément s'il y a beaucoup de débouchés, mais c'est plutôt un sujet que j'ai écarté parce que ça me semblait pour le coup plus risqué et plus difficile. Intermède musical Lila : Raphaël, que retenez-vous de votre parcours ? Raphaël : Bah, je retiens surtout d'avoir saisi les opportunités qui se présentaient. C'est vrai qu’au début de ma carrière, j'avais un peu l'impression de changer un peu souvent d'emploi ou de structure, mais au final ça a donné une certaine richesse et finalement, il y a une certaine cohérence aussi dans mon parcours. Mais c'est vrai qu’à chaque fois que j'ai eu une opportunité, j'ai l'impression de l'avoir saisie en prenant parfois des risques mais que j'ai essayé de mesurer. Il ne m'a pas semblé prendre de gros risques dans ma carrière. Mais voilà, en tout cas, nourrir une certaine envie de découvrir des choses différentes et puis d'avoir des expériences un peu différentes au fil de l'eau, même si elles étaient souvent dans des domaines proches les unes des autres. Lila : Qu'est-ce que ça veut dire mesurer les risques ? Comment cela se traduit concrètement ? Comment est-ce qu'on y parvient ? Raphaël : J'aurais pu par exemple continuer à essayer de travailler dans la musique en sachant que la plupart des journalistes qui travaillent dans ce domaine-là sont assez précaires. J'ai plutôt choisi un autre secteur d'activité qui était un peu plus stable financièrement. Et puis quand j'ai fait d'autres choix, c'était des choix où j'estimais qu'il n’y avait pas trop de risque en terme financier. Voilà ça aurait pu ne pas fonctionner mais ça me semblait raisonnable. Je n'ai pas fait des choix qui me semblaient présenter beaucoup de risque sur le moment. Lila : Quand vous avez créé votre entreprise avec votre ancien supérieur hiérarchique, c'était mesuré aussi ? Raphaël : Alors oui, c'était mesuré. Alors effectivement, lancer un média peut paraître assez risqué. Après, on était sur un créneau plutôt enfin. On va dire voilà les médias plutôt spécialisés, plutôt locaux, c'est plutôt un créneau qui fonctionne, enfin en tout cas qui fonctionnait quand on s'est lancé au milieu des années 2010. J'avais engagé un peu d'argent mais un montant assez limité et puis voilà, je savais que en tant que journaliste, je pouvais retrouver éventuellement d'autres opportunités, pas forcément facilement mais en tout cas voilà, il y a toujours la possibilité de la pige. Je commençais à avoir un réseau qui me permettrait de rebondir. Voilà, pour moi, ce n'était pas trop risqué à ce moment-là de quitter mon emploi pour partir dans cette aventure-là. Lila : Qu'est-ce que vous auriez envie qu'on retienne de votre parcours ? Raphaël : Et bien sans doute ça, le fait d'avoir un peu saisi les opportunités, d'avoir interrogé aussi un peu mes choix, mes envies et de m’être donné les moyens, on va dire, de changer aussi puisque là ce changement en collectivité finalement c'était aussi un peu un risque. Mais voilà, finalement prendre des risques tout en les mesurant et puis ne pas s'enfermer à la fois dans des entreprises ou sur un métier et essayer de rester ouvert et de voir quelles opportunités pouvaient se présenter. Et c'est vrai que je n'avais pas des grandes velléités de carrière. Je n'ai pas cherché forcément à atteindre le sommet des entreprises dans lesquelles je travaillais. Et ça m'a, je pense, aussi donné une certaine liberté quant à saisir ces opportunités. Voilà, moi ce qui m'intéresse c'est de faire des choses qui m'intéressent, de découvrir des choses nouvelles et c'est plutôt ça qui m'a guidé jusqu'ici par rapport à la collectivité. Lila : passer le concours à 45 ans, c'est vraiment l'exemple type de se donner les moyens. Si vous n'aviez pas réussi, vous auriez quand même postulé aux collectivités ? Raphaël : Je ne sais pas, ça m'aurait posé des questions et j'aurais peut-être postulé mais avec une posture moins affirmée et je ne sais pas si l'issue aurait été la même. Lila : Si vous aviez à refaire quelque chose, est-ce que vous referiez de la même façon ou bien différemment ? Raphaël : jusqu'ici, je suis plutôt satisfait dont les choses se sont passées, même s'il y a eu des moments un peu difficiles. En tout cas, voilà, le fait de ce que je disais de saisir les opportunités, de pas rester coincé dans un poste, ça m'a plutôt permis de de voir un certain nombre de choses différentes. Et du coup, voilà, avec cette réussite dans le changement de carrière aussi un peu tardivement, c'est à nouveau une satisfaction de découvrir des choses nouvelles et de donner une nouvelle direction à ma carrière. Non, il n’y a pas de choses que je ferai autrement. Lila : Merci Raphaël pour votre confiance et votre simplicité naturelle. Vous faites coexister vos intérêts développés à travers le temps et vos goûts de toujours. Vos moteurs : curiosité et ouverture. Au cœur de l’actualité, vous restez en veille. L’information, la connaissance, un outil de formation continue qui ne vous empêche pas de penser à la certification si besoin. Ce rapport au monde et aux autres vous amène l’air de rien à des changements progressifs, mélanges de décisions et d’opportunités. Plus attaché à la richesse de l’expérience qu’à une carrière, les risques sont mesurés, acceptés, la pluralité des moyens est réfléchie pour vous permettre de vivre avec sérénité votre attirance pour la nouveauté et votre besoin de stabilité. Ce sont vos clés. Elles pourront ouvrir d’autres chemins. Qui sait ! Belle aventure dans cette collectivité, Raphaël ! Fin sur fond musical Lila : vous venez d'écouter un nouvel épisode de « Vie et voix, les interviews de Lila ». Merci de vos commentaires et de votre soutien. Si vous souhaitez proposer votre témoignage ou un témoignage, retrouvez-moi sur LinkedIn « Vies et voix, les interviews de Lila ». A très bientôt !