Latest / Les invités de Radio des Ballons / Hommage à René Pottier au Ballon d'Alsace
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- Nous voici... — Ah ! — Je vais pas vous dire son nom, parce que c'est un... descendant de René Potier, le héros du ballon d'Alsace. C'est vrai que vous êtes de la famille ! — Oui, oui, je suis de la famille. Je suis son petit-fils, oui. — Et vous vous appelez ? — Bernard Marty. — Ah, tant pis, hein. C'est pas Potier, mais c'est Marty, quand même. — Ah bah c'est pas... C'est pas Potier, parce que... Eh oui. Il a donné naissance... Enfin, il a donné naissance... Sa femme a donné naissance à une fille ! Donc qui s'est mariée. Et qui s'est mariée avec un M. Marty. — Ah ouais. Rappelez-nous un petit peu l'histoire de René Potier, ce... ce monument du... du ballon d'Alsace. — Alors le monument du ballon d'Alsace, c'est surtout... Déjà, ça commence chez les amateurs. C'était un super champion. Euh... Avec ses frères, d'ailleurs, qui étaient tous... des super champions. Euh... Quand ils participaient à une course en Seine-et-Marne, parce qu'ils écumaient la Seine-et-Marne en vélo, euh... les autres participants disaient « Bon... c'est peut-être même pas la peine de prendre le départ. On est sûrs de finir derrière un Potier. » Ha ha ha ! Alors René Potier, c'était pas forcément le plus doué, hein. C'est pas forcément le plus doué. L'aîné avait l'air d'être peut-être plus fort. Et... Mais par contre, il est resté meunier, lui. Alors que René Potier, il est resté dans le vélo, passé professionnel en 1905, je crois. Euh... Et il gagnait pratiquement tout... tout ce qui était course d'endurance. Donc, sur vélodrome, des 50 kilomètres, des 20 kilomètres, enfin... Derrière, euh... Derrière entraîneur, comme il disait, où les courses, les grandes courses à étapes, qui commençaient à sortir avec le Tour de France. Par contre, les courses d'un jour, il lui arrivait de perdre, quand même, et de finir second, parce que malheureusement, il avait un copain au club qui s'appelait Cadol, et Cadol était plus rapide à l'emballage final, disait-il à l'époque. Parlez pas de sprint, hein. L'emballage final, c'est génial, hein, ça. Et... Ben, Cadol, il suivait Potier, parce que Potier, je crois que... Je me demande s'il avait toute sa tête, quand même, parce que... Il appuyait sur les pédales comme un forcené, il se souciait pas de ce qui se passait autour, hein, ni derrière, surtout. Donc, les autres, ils suivaient, puis ben... Juste avant l'arrivée, ben, on en met un petit coup, puis lui, ben... Il finissait une roue. Éternel second. — Et c'est comme ça qu'il a réussi l'exploit du Ballon d'Alsace. — Alors... Après, évidemment, il a commencé à comprendre qu'il fallait peut-être gérer autrement les courses. Donc, la première année que le Tour de France passe une montagne, le Ballon d'Alsace, certains même disaient, certains journalistes disaient, ils monteront tous à pied. — Ha ha ha ! — Euh... Donc ils ont fait quand même la course. Je dirais tous les coureurs, hein. Et lui, il les a lâchés. Mais au train, vous voyez ? Pas du tout... Y avait pas de système d'équipe, ni quoi que ce soit, à l'époque, hein. Y en a pas un qui tire les autres, et puis d'un seul coup, le champion... Non, au train. Il les a tous décramponnés, comme ça. Et malheureusement, il a abandonné le surlendemain, je crois, parce que comme il était tombé, il avait mal... Je sais plus trop où. Certains disent à un tendon, l'autre disent à un genou, on sait pas trop. Donc il a abandonné. Il était en tête, hein. Et 1906, bis repetita, le Tour repasse à nouveau au Ballon d'Alsace. Alors là, je dirais, fort de ses enseignements et de ses petits malheurs des autres années, il est monté rapidement, encore une fois. Il a lâché tout le monde. Il est arrivé avec, je crois, 45 minutes à l'arrivée, parce qu'il a eu peur, à un moment, après le ballon, il a vu les officiels qui étaient avec la voiture, qu'il regardait d'un drôle d'œil, surtout qu'il y avait des... Souvent, il y avait des cyclos qui étaient là, qui accompagnaient le champion, vous voyez. Et il a dit, je veux pas que ce soit pris comme si j'avais triché. Donc il a mis un grand coup, il a lâché les cyclos, il est arrivé avec 45 minutes d'avance. Donc c'était vraiment un champion. Après, il a gagné les 3, 4, 5 premières étapes, et après, il a géré. Après, il a géré, jusqu'à ce qu'il gagne la dernière étape, et là, il a gagné le Tour de France. Parce que c'était un système par points, à l'époque. Eh oui, donc c'était un peu dangereux. Si ça avait été au temps... Au temps, il y avait je sais pas combien d'heures d'avance, il avait... Dès que ça montait, en fait, il était champion. Un petit gabarit, hein. 1m63. — À l'époque, y avait pas encore le maillot jaune, d'ailleurs. — Non. — Mais il aurait dû être vert, finalement, parce que c'était au point. — Oui. Tout à fait, oui. Oui, oui. — Jean-Claude, tu as peut-être... Jean-Claude Combe, bien sûr, toujours avec nous. Tu as peut-être quelques questions, là, à poser. — Ah ben... Déjà, la 1ère question, c'était est-ce qu'on se reconnaît, puisqu'on s'est rencontrés avec M. Marti... — C'est fait, ça. — ... lors des événements de 2005 ou 2006, plusieurs fois. La famille Potier était invitée aux... aux événements organisés au Banlieue d'Alsace, à l'honneur du grand-père. Donc effectivement, ben oui, on... on a un peu vieilli depuis, le temps passe, mais bon, on se reconnaît bien. Voilà. Donc euh... C'est un plaisir de se retrouver ici. En plus, on a la météo, y a tout ce qu'il faut pour que ça soit bien. Puis c'est en plus un... un moment particulier du Tour de France, quoi. Tout le monde attend déjà l'événement qui aura lieu aussi au Banlieue d'Alsace, deux fois de suite. — Ouais, le 17 et... 18, hein. Deux fois, à la montée. — Ouais, ouais. Le 17 juillet, ouais. — Et... ben sur l'histoire, là, M. Marti, le petit-fils, a raconté. Je n'ai rien à ajouter. C'est... C'est une belle histoire pour leur famille. C'était une belle histoire pour... pour l'histoire du Tour de France, tout simplement. Quoique... qui est dans les livres, pour ceux que ça intéresse, c'est... René Potier, c'est l'ancêtre des... du classement de la montagne, quoi. — Eh bien, merci, vous deux, hein. Et cette année, donc, le Tour va passer deux fois ici. Vous serez là ? — Ah non, je serai pas là. — Ah, mince ! — Ah non. Dites, j'habite à Castres, hein. Donc, je suis venu, là... Je suis venu en voiture, c'est sûr. — Pas à vélo. — Mais... Non, pas à vélo. Parce que, attendez. Je vous en raconte une dernière. Quand il avait fait la reconnaissance de Bordeaux-Paris, il a d'abord fait Paris-Bordeaux en vélo, avec les collègues du club, hein, quand même, de Levallois. Il a fait Paris-Bordeaux en vélo, pour reconnaître, et après, il a fait Bordeaux-Paris. Il a fini second, d'ailleurs. Y a eu une histoire, là, mais bon... Y avait un dernier pointage qui était fait à 20 km de l'arrivée. Et à ce pointage, il a cru qu'il fallait s'arrêter. Et le gars qui était avec lui, c'était le couturier, il me semble. Lui, il a compris qu'il fallait pas s'arrêter. C'était simplement un pointage visuel. Parce qu'il y avait les deux sortes de pointages. Il y avait le pointage visuel et le pointage avec un arrêt. Peut-il s'arrêter ? Mais une fois qu'il a compris sa méprise, le temps de repartir et tout, en 20 km, on rattrapait pas au couturier, parce que c'était un champion aussi.