Latest / Déclic / " Tu as tout pour être heureuse… mais tu te sens éteinte ? " - Joy Richez, le portrait Déclic.
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- Laure - Déclic: contrôler ou accueillir ? Joy: accueillir. Laure - Déclic: traire voir ou faire confiance. Joy: Faire confiance. Laure - Déclic: Une épreuve pour laquelle tu peux dire merci aujourd'hui. Joy: la maladie. Laure - Déclic: Quand la vie ne se passe pas comme prévu, ton premier réflexe. Joy: Fais chier. Laure - Déclic: si tu pouvais enlever un seul il faut de ta vie. Joy: il faut gagner de l'argent. Laure - Déclic: Une femme qui t'inspire. Joy: Ma grand-mère. Laure - Déclic: Le meilleur conseil qu'ont été donnés ? Joy: Fais ce que tu veux. Laure - Déclic: Le pire Joy: écoute ce qu'on dit et suis ça. Laure - Déclic: la truffe noire ou blanche. Joy: Les deux. Laure - Déclic: Et ta définition d'une vie sans regret. Joy: Une vie où je me suis sentie vivante dans les hauts comme dans les bas. Laure - Déclic: bonjour Joy et bienvenue sur Déclic vais te faire un petit tour sur tes réseaux. Et tu t'adresses à ton audience en disant, tu as tout pour être heureuse, mais tu te sens éteinte. Et j'ai eu envie de commencer par cette phrase parce que je pense qu'elle parle à énormément de personnes. On peut avoir un travail, une famille, une maison, des amis. partir en vacances, sur le papier tout va bien mais Joy: ... Laure - Déclic: pourtant à l'intérieur quelque chose ne vibre plus. Et donc ma première question pour toi aujourd'hui ça va être comment est-ce qu'on en arrive là et comment peut-on avoir tout pour être heureuse et malgré tout ne pas se sentir vivante ? Joy: Wow, tu commences directement ! Alors j'ai envie de dire, comment on peut avoir tout pour être heureuse ? Parce qu'on s'est jamais posé la question de qu'est-ce qui moi me rend heureuse ? Donc on a tout comme tu dis sur le papier mais on n'a pas rédigé la charte du papier. Donc on a coché comme des bonnes élèves que nous sommes. On s'est jamais dit mais est-ce que j'aime ça ? Est-ce que je veux ça Est-ce que je veux vivre ça Et du coup, comment on en arrive là ? Tout simplement parce qu'on est en mode pilote automatique, parce qu'on nous a conditionné à vivre selon des règles, un conditionnement, un process, surtout en tant que femme. On nous vend, on prône l'émancipation. Sauf que oui, sur certains niveaux, c'est le cas, mais sur d'autres, on est totalement emprisonnés, sauf qu'on s'en rend pas compte et c'est notre petite prison dorée. Donc on en arrive là à force de croire. qu'on est sur le bon chemin, alors qu'en fait on est sur le chemin que tout le monde emprunte, qui est celui du conditionnement et de l'injonction, de la vie parfaite, la vie rêvée, alors qu'elle ne nous nourrit pas, elle nous remplit juste, elle nous maintient j'ai envie de dire comme des bons petits pantins qui vont aller à droite et à gauche et qui finalement sont de très bons consommateurs, mais... des acteurs de leur vie parce que je pense qu'il a plein de choses qu'on ferait pas si on se posait réellement des questions plus profondes. Laure - Déclic: Donc on va découvrir aussi ton parcours par rapport à ces prises de conscience. Avant de commencer cette interview, je t'ai demandé de prendre un objet qui te représente. Est-ce que tu pourrais nous le partager et nous dire pourquoi cet objet ? Joy: C'est une petite coupelle qu'une amie m'a offert récemment qui est fait par une artiste s'est fait main et dessus il a une phrase qui dit et puis un jour on s'en fout et ça fait du bien et du coup ça me représente à la fois pour le côté très simple artistique de l'oeuvre j'ai de dire ça me fait penser un petit peu à une vague d'ailleurs tu vois le truc un peu comme ça les cheveux de la mère tu vois et cette phrase en fait, qui me rappelle à quel point la vie est un jeu. Mais on l'a oublié. en fait, on va le découvrir dans l'épisode, mais il y vraiment ça qui est en moi, qui me ramène à cette simplicité. Je porte le prénom de Joy et pendant toute mon enfance, j'ai eu du mal avec ce prénom parce que les gens n'arrivaient pas à le prononcer. Et en fait, en devenant adulte, je me suis rendu compte à quel point c'était un cadeau d'avoir ce prénom de la joie. Et je pense qu'à certains moments ça a pu être un fardeau aussi parce que je voulais tout le temps joyeuse, ne jamais être dans la tristesse ou la colère ou la rébellion. Et en même temps, si tu creuses derrière la tristesse, la colère, etc., il a toujours une optique de se sentir pleinement vivant, pleinement joyeux de vivre. Et je pense qu'on a oublié ça. On a oublié cette vertu qui est la joie, qui devrait sangramer dans tout ce qu'on fait, dans tout ce qu'on est, dans tout ce qu'on partage et dans tout ce qu'on crée. que ce soit professionnellement ou personnellement. Donc cette petite assiette qui pourrait être un fourre-tout où tu poses tes clés comme tes boucles d'oreilles, tu vois, c'est un peu l'image de la vie de... sert à rien et en même temps elle peut servir à tout et je crois que c'est ce qu'on est, tu vois. Laure - Déclic: Ok. Justement pour comprendre la femme qui est là aujourd'hui et pour quelle raison elle a choisi cet objet, j'aimerais qu'on revienne un peu en arrière à la justement adolescente. Qui est-ce qu'on a en face de nous à cette période-là ? Joy: On a une jeune fille rebelle qui n'est pas d'accord avec les codes familiaux, avec ses parents principalement, pour ne pas dire sa mère. On a une jeune fille qui a envie d'explorer, qui a envie de goûter la vie sous plein d'aspects. Après, ça dépend en quel âge on se dit en termes d'adolescence, mais en tout cas, y vraiment cette envie d'explorer le monde. sous différentes facettes et de le remettre en question au niveau où j'en suis à cet âge-là. Mais il y a un très gros esprit de contradiction qui était déjà bien présent et qui s'engramme du coup sur le côté scolaire. J'étais pas spécialement bonne à l'école et pourtant je travaillais beaucoup. Et tu vois, il y vraiment ce truc de je comprends pas, je travaille beaucoup et je n'obtiens pas les résultats que je suis censée avoir. Donc un peu, ça ne pas marcher comme ça. très rebelle aussi avec les profs, pas au point d'être non plus la cancre, mais j'étais l'insolente subtile en fait. Donc du coup, tu vois, j'ai un souvenir en conseil de classe, tu sais, quand tu viens avec les parents, tout ça, de ma mère qui me donne un coup de pied sous la table pour que je me taise et moi de lui dire non, mais en fait j'ai quelque chose à dire. Tu vois, il y avait ce côté très révolté parce que j'étais pas d'accord avec le système, la façon dont... dont on pouvait amener les choses, et parce que je pense que j'avais une manière de voir les choses qui n'étaient pas du tout en adéquation avec l'école de façon générale. Du coup, je me réfugiais dans d'autres choses. J'ai beaucoup sur le côté artistique. J'ai fait beaucoup de danse, beaucoup de théâtre. Et toujours avec ma famille, mon père a créé une troupe de théâtre amateur. dans laquelle j'ai fait partie, donc j'ai joué avec ma mère, mon père, mon frère, mon grand-père, mon oncle. J'ai fait de la danse dans la troupe de ma mère, donc j'ai dansé avec ma mère. Il y avait toujours ce côté très cocon et en même temps très libérateur d'expressivité du corps, de la voix. Jouer des rôles, et jouer des rôles, c'est ce que j'ai fait la majeure partie du temps, mais je savais le faire, j'avais appris à le faire. Donc du coup, j'étais à l'aise avec ça. Et même à l'école, on me demandait d'être celle qui fait ses devoirs. qui ne pas trop de vagues et en même temps, vois, le naturel revenait de temps en temps sur le côté rébellion, mais je savais bien jouer celle qui est bien sous tout rapport et qui pose pas vraiment de gros, grosses problématiques. Donc je suis toujours passée sous les radars et ça m'a amené à faire des belles choses, j'ai développé en tout cas ce côté caméléon dans bien des contextes. Laure - Déclic: Ok, si on devait donner 3 en 3 mots, cette adolescence, tu mettrais quoi ? Joy: je dirais... pleine de vie insolente. et curieuses. Laure - Déclic: Et j'entends ce côté déjà très jeune de ne pas suivre les cases, il a quelque chose qui est déjà en train de se jouer à l'intérieur. Est-ce que aujourd'hui tu peux dire c'est quoi le moment, le déclic justement, a fait, qui avait cette... Je vais dire, on peut peut-être dire, enfin je sais pas si c'est une... tu mettrais le mot colère ou force à l'intérieur qui te dit il y a quelque chose qui n'est pas ok dans comment la vie se passe là dans le quotidien. Joy: crois qu'en fait ça s'est vraiment engrammé au fil de l'eau avec plein d'expériences de vie. Celle qui me vient en premier c'est un décès qui me fait me rendre compte que la vie a une fin. Merde, je n'avais pas considéré les choses de cette manière. Et là en fait commence vraiment le point de départ qui ne se détricote pas de suite mais sur la vie elle peut donc s'arrêter à tout moment. Mais entre là où je suis et où la personne s'est arrêtée, est-ce qu'on a été contents, joyeux, etc. Là, le décès en question que j'ai en tête, c'est mon grand-père, donc j'ai 10 ans. Et je me souviens la première chose que je dis, puisque voilà, 10 ans, je n'ai jamais eu de décès dans ma famille, je comprends pas trop. Il a un magazine de voyage et je dis à ma mère, ça serait cool qu'on aille à cet endroit-là. Elle vient de perdre son père. Tu vois, y a vraiment le côté, je suis totalement dissociée de ce qui se passe et en même temps, moi, ce qui compte, c'est... de ne pas voir ma maman triste et de la projeter dans un imaginaire joyeux. Et je me rends compte qu'en fait, c'est pas possible, vois, je vais devoir être les deux pieds dans la merde à ce moment-là et voilà, je vais apprendre que ça fait partie de la vie. Mais je crois que ça met vraiment un compte à rebours dans ma tête qui est rappelé après, bien sûr, parce que dans mon parcours, il y a moi qui est confrontée à la maladie, donc à 23 ans, j'évite un cancer de la thyroïne. qui me fait déjà une belle alerte mais j'ai envie de dire chance, j'ai pas de cancer. Donc du coup je passe pas par le protocole lourd et drastique. Donc finalement tu j'aurais pu ne pas me réveiller mais ça me stimule suffisamment pour que je me dise à temps temps. Je vais quand même changer des choses donc je change toute ma manière de consommer, aussi bien l'alimentation que les fringues, que ce que je mets dans ma maison etc. parce que j'ai plus envie... d'avoir des perturbateurs endocriniens qui ont causé cette alerte-là. Ma mère, quasiment en même temps, a aussi des gros problèmes de santé. Donc en fait, tu as plein de choses. Et puis, y a toute une période où, en fait, je vais plus à des enterrements qu'à des mariages. Et là, en fait, il a vraiment le... Fais chier, quoi. Fais chier et en même temps, contrôles pas. T'es content de voir les gens que tu vois jamais, mais en même temps, tu aimerais bien les voir à un mariage ou à un baptême ou un anniversaire. et pas faire des discours de « j'aimais bien cette personne parce que... » Et il a un décès notamment qui marque profondément où j'avais vu la personne, je sais pas, quelques jours avant, et accident de voiture, et du jour au lendemain, bah pareil, conscience de la vie en fait, de... Mais hier on est en train de célébrer un événement, et là, là, il n'y a plus cette personne. Et en fait je crois que tout mis bout à bout, c'est juste des alertes, genre le boulot... mais je pense que chacun en vit à son niveau maladie, décès, voilà, on a tous notre lot. C'est juste pour dire ta conscience qu'en fait, il a un début et une fin. Mais c'est pas juste conscience, on sait qu'on va tous mourir, mais c'est ta vie, elle est en fonction de ce que tu décides de faire. Et en fait, ce décès, l'un des plus marquants pour moi, c'est ma grande tante qui avait vécu des choses dans sa vie. horrible et qui avait décidé de profiter de la vie à ce moment-là. Et en fait la vie la chasse et elle lui dit non tu pourras pas profiter. Et un peu... Elle a été au service de tout le monde toute sa vie. Pour moi c'était la mère Theresa de tout le monde. un accident de voiture, plus personne. Enfin tu vois, presque c'est risible de se dire comme ça... Et là je réagis en fait que... Ouais, ça peut être moi, ça peut être mon frère, ma mère, n'importe qui. Et tu construis ta vie, comment tu la nourris ? Et ça veut pas dire que j'ai fait des changements de suite, attention, c'est juste vraiment des trucs qui me rappellent à l'ordre et qui me font me poser la question, est-ce que où t'es là maintenant ? Avec les gens qui t'entourent, tu te sens bien, tu te sens vivante, tu te sens pleinement bien dans tes pompes. Si la réponse est non, change parce que regarde, ça peut aller très vite. Laure - Déclic: Et justement quand ces événements arrivent dans ta vie, tu te cette question-là, j'imagine. Quelle est la réponse et quels sont les ajustements que tu fais par rapport à ça Joy: Moi à 18 ans je décide d'aller vivre dans le sud de la France donc je suis née en région parisienne et du coup la petite adolescente rebelle a dit à sa maman quand j'aurai mon bac je m'en vais. Ma mère m'a pas cru au début et quand elle a vu que je commençais à chercher des écoles tout ça elle a dit ok et comme je l'ai précisé j'étais pas spécialement bonne à l'école du coup elle m'a dit faut que t'aies ton bac et je me suis dit merde bon on va faire en sorte que et j'ai eu mon bac Juste juste, pas de rattrapage, du coup je suis partie, nickel. Et en fait ça pour moi ça a été la première pierre que j'ai posée en disant je veux pas vivre à l'endroit où je suis née. Je voulais pas avoir une vie parisienne, je voulais être au soleil, je voulais être à côté de la mer, enfin voilà, il y avait vraiment un truc qui était hyper précis de pourquoi je vais vivre à un endroit où j'aime pas la météo. C'était très basique mais pourtant dans ma conficte ça changé beaucoup de choses. Et c'est vrai que ça a changé beaucoup de choses parce que j'ai vu que la vie dans le sud de la France... ça n'avait rien à voir avec une vie parisienne où tu te lèves le matin, le ciel est bleu. Pour ceux qui ne vivent pas dans le sud de la France, ou tout cas qui n'ont pas la chance d'avoir du soleil tous les jours, ça change le moral. En fait, tout est possible, tout est ouvert, tu prévois un truc le week-end, tu sais qu'il arrivera, c'est pas bah non finalement il a plu. Donc j'avais fait 18 ans de ma vie avec cette condition de bon, j'ai pas le choix, par contre sur le reste de mon temps, je décide. Et à partir de ce moment-là où j'ai décidé d'aller dans le sud, tous les choix étaient faits avec davantage de conscience, où est-ce que j'ai envie de vivre, comment j'ai envie de gagner ma vie, quel métier j'ai envie de faire. Et en fait j'ai toujours été un petit peu dans cette exploration très curieuse de « on m'a dit que ». Donc clairement j'ai suivi le process, j'ai fait des études supérieures, j'ai fait commercial parce que mon père était commercial, parce que j'avais du bagou et c'est ce que vraiment ça me plaisait, je sais pas trop mais je m'étais jamais posé la question. Et hop, décès pour... réactualiser les choses. Est-ce que ça te plaît ou pas ? Et puis en fait c'est que des petites choses comme ça, décès maladie, décès maladie pour réajuster. Donc en gros j'arrive à une époque de ma vie où je suis en couple depuis déjà une bonne décennie. Je suis salariée, première étape je deviens entrepreneur, je reste dans mon couple parce que je me sens bien, il est sain, on achète un appart, on achète un chien. Voilà tu vois, je construis des petites cases. Et puis à un moment donné, se repasse encore autre chose. Et là, je décide de sortir de mon coupe, donc on se sépare, je déménage au bord de mer. Et au fur et mesure, je fais des choix qui sont de plus en plus alignés, sans forcément avoir conscience, et je crois que c'est là le piège, que ce qui était avant n'était pas aligné. En fait, tu m'aurais fait faire cette interview il a 10 ans, je t'aurais dit « je suis pleinement épanouie, je fais ci, je fais ça ». Et c'est vraiment bizarre parce que ce n'est pas un désalignement, c'est une anesthésie. c'est encore pire. C'est qu'en fait on se rend pas compte que les choix qu'on a fait correspondent pas réellement à ce qu'on veut. Je pense que mon couple, bien qu'il m'a apporté plein de choses, c'était pas vraiment au plus profond de mon être ce que j'aurais aimé vivre. La vie fait que, elle te re-route, etc. Les jobs que j'ai choisis, pareil, je les ai choisis, ils m'ont plu, c'était cool, bonne boîte, etc. De là à dire que j'étais excitée le matin d'aller bosser, non. Donc je crois qu'il a vraiment une grosse phase d'anesthésie et qui, pour moi, à un moment donné, la vie reprend son rôle et sa force, elle te réveille. Et puis si elle ne te réveille pas, je vais en lui dire, c'était peut-être que tu n'étais pas venue pour te réveiller. Mais moi j'ai confiance dans le fait que quoi qu'il arrive, qu'on soit désaligné, anesthésié ou autre, le corps parle, les événements parlent et on t'amènera toujours à te dire wake up quoi. Sauf que soit tu te réveilles à la première information, donc tu sais, la plume, le caillou, le camion, soit t'attends, t'attends et tu vas te prendre le camion dans la tronche. Et Laure - Déclic: Hmm. Joy: encore une fois, Dieu merci, je pense que j'ai évité le cancer parce que je me suis « tiens ça c'est peut-être une plume Pas de conneries. Et donc, je réagis. Et pour mes relations, pour mes jobs, peut-être que j'ai attendu le caillou. Il y a d'autres personnes qui, tu vois, t'as un burn-out, t'as vraiment le corps qui finit par lâcher, t'as quelque chose dans ta vie qui est tellement énorme que tu peux pas passer à côté. Et je pense qu'en tant qu'être humain, notre rôle, c'est de voir ce jeu un petit peu à la petit poussée qui est distillé dans nos vies. et toujours de réajuster parce qu'on a oublié un truc, c'est qu'on est cyclique surtout en tant que femme, mais que la vie est cyclique. Et donc si on ne fait pas de rafraîchissement sur ce qu'on veut, aussi bien dans notre couple que dans notre vie, que dans notre vision de la vie, que l'endroit dans lequel on vit, on stagne, tu vois, comme de l'eau que tu laisserais dans une mare à un moment donné, elle devient vaseuse. Et je me souviens quand je me suis séparée, je me suis dit où est-ce que je vais vivre ? J'avais jamais remis en question l'endroit où je vivais, je l'adorais. Mais j'avais une référence quand même pour aller vivre au bord de la mer. Je l'ai jamais fait avant. Et là je me suis dit, waouh, possibilité de le faire. Pourquoi j'ai pas réfléchi avant à cette solution ? Parce que c'était pas si mal. On se contente. On se dit bah non, le changement que ça va engendrer beaucoup trop, puis on vient d'acheter l'appart, toutes les excuses de la Terre. Alors qu'en vérité, tu changes cette... événement là, cette géolocalisation là, c'est tout qui change. Parce que moi, y a tout qui bascule dès que je fais un choix, c'est l'effet domino. Laure - Déclic: Et justement, parce que ça je pense que dans mon audience, il a beaucoup de personnes qui ont ce... Alors je sais pas si on peut appeler ça un rêve, ou tu vois cette envie de partir vivre au soleil, mais qui ne passent pas le cap pour certaines raisons et surtout beaucoup pour des peurs. Est-ce que toi quand tu as pris cette décision, tu as ressenti ces peurs-là et comment tu as fait pour passer au-dessus ? Comment tu as géré toi ce passage-là ? Joy: Ce que j'ai pas précisé quand j'étais plus jeune, et justement de pourquoi j'ai décidé de partir à 18 ans, je pense que j'étais déjà très intuitive. Et j'ai pas eu le temps de me cabler sur les peurs. C'était, faut que j'aille là-bas. Tu vois, comme un élan divin, je sais pas pourquoi, faut que j'aille là-bas. Et la majeure partie du temps, c'est mon intuition qui prend le pas plutôt que mes peurs. Ça veut pas dire qu'elles sont pas là, ça veut pas dire que j'ai pas peur. Je me souviens, bah, à ce moment-là, j'avais peur de pas trouver d'école, de pas habiter. avec des gens ou de patroïdes d'appart, tu vois, il a plein de questions, ça retire pas les questions, mais je suis tellement dans la certitude que c'est ce que je dois faire et que surtout c'est ce qui me ferait du bien qu'il n'y a pas de débat. Là aujourd'hui où j'habite, j'habite au bord de mer, tout monde m'a dit mais tu trouveras jamais, tu n'arriveras pas avec les critères et tout. Moi, j'étais convaincue que j'allais trouver cet appartement-là, à cet endroit-là, comme ci, comme ça. C'est exactement ce que je veux. Je l'ai eu en un mois. C'est pas un truc mystique, c'est que je me suis donné les moyens pour. J'ai visité, j'ai parlé aux gens, mais en fait il a pas de plan B. C'est ça le truc, c'est que je me dis pas ouais bah si ça marche pas finalement j'en sais rien, je retourne à Paris. Bah non pas du tout. Le plan A c'est ça et on va au bout du plan A. Et je crois que la majeure partie des gens qui ont peur du changement, c'est parce qu'ils se disent aussi... Ouais mais du coup si ça marche pas c'est ça le plan B. Mais déjà on part quand même avec un déficit en termes de motivation, en termes d'élan et puis de... j'ai de dire d'énergie et tu vois on va y venir si ton énergie elle est concentrée sur je veux aller à cet endroit là, je veux créer ça. C'est beaucoup mieux que... Alors attends, le plan A c'est ça, le plan B c'est D, Y, ça se disperse. Alors que si tu concentres tout ton focus, toutes tes actions, tout... Ton meilleur de toi sur ce qui te ferait du bien, c'est pas dit que tu l'obtiens, mais en tout cas tu auras donné tout ce que tu peux pour. Laure - Déclic: Tu as développé ça chez toi ou c'était quelque chose qui... Tu vois, ce côté intuitif, c'était quelque chose qui était déjà présent depuis toute petite ? Joy: Non, je l'ai développé, je me suis même formée à l'intuition parce que je trouvais ça très joli sur le papier de dire « je suis intuitive », etc. Mais je ne savais pas du tout ce que ça voulait dire, être intuitive finalement. Et donc du coup, je me suis formée auprès de l'école française en intuition qui apprend à intuiter aussi, donc c'est-à-dire à développer son intuition de façon plus consciente. Mais la première étape, c'est faire taire toutes les couches. Parce qu'on a tous et toute cette intuition en permanence, intuition du corps. intuition mentale, mais sauf que si t'as toutes les peurs, toutes les injonctions, tout le conditionnement, tu finis par plus entendre ces intuitions-là. Et ça, m'a vraiment amené à avoir un fonctionnement totalement différent de, ok, je veux aller dans cette direction, je veux être amené finalement à être dans une sorte de mouvement, mais faut que j'apprenne aussi à ne pas laisser mes peurs être en l'Idee. à pas laisser mes conditionnements agir à ma place. donc oui, ça demande d'aller dans une forme d'inconfort et de me poser des questions. Est-ce que ça, c'est vraiment ce que je veux ? Est-ce que je ne pas en train de suivre un schéma qui n'est pas le mien, qui est peut-être de ma mère, de ma grand-mère, de la société, de ce que je crois être bon pour moi ? Tu vois, par exemple, quand je me suis séparée, j'ai remis en question le couple. Je l'avais jamais fait avant. Je m'étais jamais posé la question, à quoi ça ressemble un couple pour moi Voilà, du début je veux dire de mon premier couple à mon couple long qui se termine, je ne me pose jamais la question de c'est quoi les ingrédients que je veux dans un couple. Non, moi je suis le truc, je rencontre le gars gentil, bien, on s'entend bien, on crée quelque chose et je me pose pas cette question. Sauf qu'après c'est un petit peu... Tu vois, tu loupe la marche de merde, j'avais pas vu que je pouvais réinventer cet espace-là. Et en fait, à partir du moment où j'ai compris que je pouvais tout remettre en question et que ça faisait pas de moi la grosse rebelle de la famille ou de la société, mais juste quelqu'un qui s'adaptait à sa propre évolution, à son propre cycle, parce que ce que je voulais à 20 ans n'est pas ce que je voudrais à 50. Donc il y a... Tu vois, c'est pour ça que je dis aussi qu'il a un rafraîchissement à faire en permanence sur nos relations, nos choix de vie, l'endroit où on vit, la manière dont on veut vivre. parce qu'on évolue en permanence, sauf qu'on ne se pose pas les questions comme on pourrait faire un bilan financier pour sa boîte. Alors que c'est juste primordial de se dire « attend, est-ce que la personne qui est là, en train de vivre ce qu'elle vit, ça lui correspond ? » Si la réponse est « non, c'est pas grave, on va pas aller dans l'autoflagilation », par contre c'est notre job de réajuster. Laure - Déclic: Et comment t'as fait ces... Oui, oui, tout à fait. Joy: Je ne pas si j'ai répondu à ta question. Laure - Déclic: Mais comment t'as fait ces ajustements si tu as eu des prises de conscience ou que t'as fait ça tout seul, tu t'es fait accompagner par quelqu'un parce que c'est pas quelque chose. Je pense qu'on nous apprend à faire, tu vois. Donc, comment ça s'est passé pour toi ? Joy: justement quand j'évite ce cancer de la théorine, je mets à peu près trois ans à réagir. Je prends conscience qu'il a un truc qui déconne parce que justement quand je me fais opérer, a beaucoup de jeunes filles de mon âge qui se font opérer pour la même chose. Je me dis tiens, c'est un peu le truc à la mode. C'est quand même bizarre que ce soit à la mode. Et du coup hop, petite graine qui est plantée et comme je suis curieuse, je commence à lire des choses. Je commence à me dire attends, bah du coup j'ai un médicament à vie. ça me saoule un peu, vois, a un peu le truc, non moi j'aime pas être pieds et poings liés avec une industrie ou qu'on m'impose quelque chose, là on m'impose ça, bon je vais essayer de comprendre déjà ce que c'est la thyroïde, à quoi ça sert, pourquoi j'en suis arrivée là, parce que encore une fois, bah moi je suis le process, hein, on me dit Joy tu fais ça, tu te fais opérer, machin, je me retrouve sur le lit de l'hôpital à me dire ok bah peut-être je vais jamais me réveiller, sauf que je n'ai jamais rien remis en question, j'ai écouté la voix du médecin. Et j'ai tout enchaîné, voilà, les rendez-vous, les biopsies, machins, trucs, avec la peur, le stress de tu sais pas que... Ok, je fais le process comme le bon petit soldat que je suis, et puis c'est après. Et tu vois, en réfléchissant à cette interview, je me suis dit quand même, le premier repas que je fais en dehors, à la sortie de mon opération, c'est un repas avec de la purée mousseline. Et je me dis, t'as quand même mangé des paillettes de pommes de terre, enfin tu vois, c'est tellement dénaturé que... pour donner le niveau où j'étais en termes d'alimentation. J'ai jamais remis en question mon alimentation. que j'ai grandi dans une société où je mange des chocs à pique, mange de la purée mousseline, des knackies, je me fais réchauffer mes trucs au micro-ondes... Et alors, en fait ! Et là commence un peu l'exploration de... Il y a peut-être des choses à changer, mais j'ai envie de dire c'est plus le côté flemmarde qui ressort, si tu veux pas être malade. Parce que ça a l'air d'être quand contraignant cette affaire. Déjà que t'as un médicament à vie, si en plus t'as des trucs récurrents, il faut aller chez le médecin, non, non, ça je veux pas, donc est-ce qu'il serait pas temps de changer les choses ? Et puis du coup j'ouvre vraiment cette porte de la nutrition santé qui me fait découvrir un monde, j'ai presque envie de dire parallèle, parce que là je me dis mais c'est ça, l'autre partie de la réalité, donc à la fois la notion de lobby, de manipulation que... malheureusement la société ne veut pas notre bonne santé. Et là je comprends pourquoi je suis tombée malade, pourquoi je me suis fait opérer et je pose la question à mon médecin, je lui dis est-ce qu'on aurait pu l'éviter si j'avais changé mon alimentation ? Et là blanc. Tu vois le côté un petit peu insolente qui ressort déjà. Il me dit oui mais ça aurait été trop long, c'était trop risqué etc. C'est pas ma question. Ma question c'est est-ce qu'on aurait pu changer les choses si moi j'avais changé mon hygiène de vie Et là, il m'a dit oui, effectivement, ça aurait été possible. Et là, je comprends que j'ai quelque chose qui est en mon pouvoir, tu vois, j'ai quelque chose sur lequel je peux agir. Et là, ça m'ouvre vraiment le... Est-ce que je suis réellement actrice de ma vie ? Et donc, je décide à ce moment-là de créer mon entreprise où je me forme à la fois sur la nutrition santé et sur le coaching. Donc, ça m'ouvre la perspective du coaching qui est quand même l'art de poser des questions pour obtenir des réponses différentes. Et donc, là, pareil, je découvre un nouveau monde. où je me dis, wouah, j'ai jamais du tout fonctionné de cette manière. Moi qui pensais ne pas avoir de problème, finalement, je vois des problèmes partout dans ma vie. donc, boite de Pandore, puisque forcément, je me pose des questions, mais je me pose des questions sur tout, sur mon couple, sur ma vie, sur mon fonctionnement. Et donc, au fur et à je déconstruis tout. Donc, mes amis, ma famille, mon couple, tout ça, suit jusqu'à ce que je rencontre aussi des petits cailloux dans la chaussure à un moment donné. que je me disais, non, ça par contre, je ne pas embarquer la personne, c'est peut-être moi qui dois changer drastiquement des choses. Donc créer mon entreprise, ça en a fait partie. Avoir une rupture, ça en a fait partie. Et en fait, j'honore tout ça parce que ça fait partie pour moi d'un process qui est de, je me remets en question, je déconstruis, je reconstruis, je garde, je réinvente, j'arrête. Et c'est en permanence ça. Et c'est hyper inconfortable parce que je n'avais pas appris à faire des ruptures, amicales, amoureuses, professionnelles. J'avais pas appris à réinventer mes relations. Pour moi, une relation, c'est un bateau sur l'eau, une navigue tout seul. Sauf que, bah non, j'ai des questions à me poser, j'ai des remises en question à avoir, j'ai des limites à poser, j'ai des choses que j'ai besoin d'exprimer, que j'aimerais vivre. Et donc ça me demande d'être vulnérable et je découvre ce qu'est la vulnérabilité. Moi, joye, rebelle, insolente, qui choisis le canal ? beaucoup plus colériques, agressifs, révoltés. Qui doit faire part de ces émotions, de ces ressentis ? Et là, je découvre une autre facette de moi. Et je me dis, c'est donc ça la vie ! Tout ce que j'ai découvert sur tous ces univers me conduisent finalement à me rendre compte que je suis multifacette et que je suis pas obligée d'être bloquée sur le rebelle qui tout le temps remet tout en question. Je peux aussi être sur un mode beaucoup plus calme, beaucoup plus à l'écoute. beaucoup plus dans la réception que dans l'action, dans le feu. Et là s'ouvre l'étape dans laquelle je suis aujourd'hui où je réunis l'ensemble de mes parts, où je prends conscience que je peux activer plein de choses en moi, consciemment, pour pouvoir aller dans des directions qui sont bonnes pour moi, bonnes pour ma relation, mes relations, mais toujours dans une optique de prendre soin de la vie, soin du vivant autour de moi, en moi et dans les interactions et les connexions que je peux avoir. Laure - Déclic: Merci beaucoup pour tous ces partages. C'est hyper inspirant. Je pense que tu accompagnes aussi des femmes en tant qu'entrepreneuse. J'entends beaucoup de remises en question dans ton parcours. Si tu avais un conseil à partager, par exemple à une femme en l'occurrence qui... qui sent cette remise en question, mais qui a vraiment des peurs ou des blocages, ce serait quoi que tu lui partagerais ? Joy: franchement se faire accompagner. Arrêtons de croire qu'on se poser des questions tout seul, oui, mais on a toujours des angles morts. Et je crois que moi mon plus gros déclic, ça a été d'avoir quelqu'un en face qui vient appuyer sur les bons boutons, qui me fait pleurer, qui me fait Laure - Déclic: Mmh. Joy: vraiment parfois voir les choses avec une perspective que je n'avais jamais vue. Mais c'est ça qui me permet d'aller... beaucoup plus facilement à des endroits où moi j'aurais peut-être mis 10 ans. Et c'est pour ça que depuis que j'ai commencé à me former en coaching, déjà un, je me fais accompagner en permanence et je cherche à accompagner en permanence. Parce que si on part du principe que, bah c'est bon, on est formé une fois et on l'est pour toute la vie, comme un peu un diplôme qu'on aurait eu à l'école, je crois que c'est un tort parce qu'on prend pas en compte l'évolution de qui nous sommes. de nos relations, de nos connaissances et de ce monde qui évolue en permanence. Aujourd'hui, on le voit, les gens évoluent, se posent plein de questions, remettent en question les choses. On des manières de consommer, d'interagir, de relationner qui sont totalement différentes de mes grands-parents. Et c'est cool, et en même temps, demande des réajustements en permanence. vraiment, être entouré. Parce quand je disais se faire accompagner, oui, ça peut être par des professionnels, que tant qu'à faire, autant... à aller chercher des personnes qui ont les outils et les connaissances pour, mais surtout à être curieux de soi. Je crois qu'on a oublié que la remise en question, n'était pas un truc pour les fous ou les psychopathes. C'est quelque chose qui est fait pour les humains. Problème ou pas problème, caillou dans la chaussure ou pas, en fait c'est sain, c'est bon de se poser des questions. Un peu tu sais comme quand t'es enfant et tu dis pourquoi et pourquoi et pourquoi. À un moment donné on a arrêté d'être curieux du monde, de soi, de l'autre. Remettons de la curiosité sur qui nous sommes parce que non, on ne se connaît pas et on ne se connaîtra jamais dans la finesse dans laquelle on aimerait. On ne connaît pas l'autre, on ne connaît pas la dynamique et on peut tout réinventer et tout déconstruire si on le souhaite, si on a cette curiosité là, en permanence. Laure - Déclic: J'aime beaucoup cette idée d'être curieux de soi. Et donc dans ce que tu partages en tant qu'entrepreneuse, tu parles beaucoup aussi de souveraineté des femmes. Pour toi, c'est quoi une femme souveraine ? Joy: Pour moi, une femme souveraine, c'est une femme qui utilise sa pleine puissance, c'est-à-dire sa multiplicité. J'ai déjà évoqué dans mon approche professionnelle, j'utilise la sexualité et l'entreprenariat comme étant les deux facettes d'une même pièce, parce que je considère que les femmes et les hommes, mais quand même principalement les femmes, nous sommes créatrices. On est quand même en capacité de créer la vie. Je juste leur appeler, leur reposer là. Si demain, toutes, on décide de ne plus... créer la vie, l'humanité s'éteint. Tu vois, il a un peu un « repesons les choses Laure - Déclic: ... Joy: quand même ». Et donc en fait, j'avais juste envie de permettre aux femmes justement de se rappeler de cette puissance-là. À tout moment, on peut tout brûler, tout reconstruire si on le souhaite. Tout comme on peut créer plein de choses nouvelles sans avoir à déconstruire quoi que ce soit, mais on a cette puissance à la fois intuitive, corporelle, énergétique qui est là en nous. Sauf qu'encore une fois elle est tellement anesthésiée, bridée, enfermée dans une micro boîte que qu'est-ce qui prend le pas ? bah non je me sens comme une imposteur, bah non j'ai pas confiance en moi, bah j'ai peur, est-ce que tu crois que ça va marcher ? Si on avait conscience de notre puissance la plus profonde, mais tout ça c'est dégommer en une fraction de seconde. Et le meilleur exemple que j'ai, c'est si les femmes qui nous écoutent sont mère, le jour, et je ne le souhaite à personne, où on dit je menace tes enfants si tu ne fais pas ça, mais alors là, il n'y a plus rien qui compte en fait. C'est là, là tu démontes tout, c'est le feu qui t'animes en toi, qui se réveille. Pourquoi on n'a pas ce putain de feu pour toute notre vie ? Parce qu'on a besoin d'aller chercher la peur, le truc traumatique ? Ben non. On peut aussi aller chercher le désir, le plaisir, l'élan, la joie. Mais ça pour une femme, c'est pas autorisé. Pourquoi ? Laure - Déclic: Et justement pour toi, pourquoi ? Pourquoi ? Joy: J'ai envie de histoire culturelle, histoire éducative, on a grandi avec le fait qu'une femme ne devait pas ressentir du plaisir et que le désir c'était mal, c'était sale. On nous a de suite catégorisés dans la partie nymphos, salope, allumeuse, ce que tu veux dès qu'il avait la notion de désir. Déjà on a limité le désir à un espace qui est l'espace intime alors que le désir peut être en permanence. Le désir ça peut être, je peux désirer partir en voyage, m'acheter une maison. ou m'acheter des nouveaux draps, ça peut être des choses très simples. Mais non, on n'a pas le droit. Nous, c'est juste les besoins. Nous, on se contente de venir nourrir nos besoins physiologiques, besoins de la famille. On est très tournés sur une femme, c'est la maman. C'est pas la femme fatale, c'est pas la femme sauvage, c'est pas la femme muse. On a totalement écarté l'ensemble des facettes. Et moi, j'ai une réponse à ça. Pourquoi ? Parce que une femme qui est dans sa pleine puissance avec une société où l'ensemble des femmes sont dans leur pleine puissance, ça ne pas du tout de la même manière. On ne laisse plus diriger de la même façon, on ne prend pas les mêmes décisions. Si je prends le postulat d'une femme aujourd'hui qui se met à son compte, la majeure partie des femmes abandonnent leur entreprise au bout de x années, partant burn out, en dépression, ce que tu veux. Pourquoi ? Parce qu'elles n'ont pas conscience de leur puissance. Si elles utilisèrent leur puissance créatrice, tous les leviers qu'il y a à disposition, mais en fait, on finit pas en burn-out. Donc on va pas chercher l'antidépresseur, le machin, le truc, ou des trucs pour se déstresser, puisqu'on a déjà appris de la base à le faire. On ne va pas non plus dans des espaces où on crée des maladies et où notre corps appelle à l'aide en permanence. Parce qu'on a bien conscience que la base pour entreprendre... c'est déjà prendre soin de la personne que je suis. Tu vois, c'est pour ça que dans mon process, finalement, j'ai fait les choses dans l'ordre de d'abord prendre soin de la manière dont je vis pour pouvoir ensuite aller créer les choses. En fait, on oublie que la souveraineté, c'est pouvoir faire les choix que l'on souhaite depuis un espace qui n'est pas... j'ai envie de dire controversé. Mais parce qu'on l'a remis en question au départ. Quand on crée une entreprise, généralement on le fait parce qu'on est porté par nos tripes. Il y a un truc plus fort. Est-ce que c'est pareil quand on se met avec ce partenaire ou cette partenaire ? Est-ce que c'est pareil quand on vend ce produit, cette offre ? Est-ce que c'est pareil quand on décide d'aller vivre à tel endroit ? Est-ce que notre vie est faite d'entre deux, de à moitié ou d'élan vraiment vital ? comme on aurait pour nos enfants s'il leur arrivait quelque chose. Donc je crois qu'aujourd'hui on a oublié ça parce qu'on nous a formaté, conditionné en tant que femmes et on a aussi conditionné les hommes pour continuer à entretenir ça. Et si on dézoome encore plus, même moi en tant que femme j'ai entretenu ce narratif-là de « non il faut pas trop » et en même temps je suis pas assez » et je sais pas recevoir du plaisir » je sais en donner parce que... Encore une fois, archétype de la mère nourricière qui s'est donnée, qui s'est sacrifiée, mais quand il est question de recevoir, problématique. Donc du coup, on sait moins recevoir de l'argent, sait moins recevoir de plaisir, on sait moins recevoir de compliments, on sait moins prendre soin de son corps, de son sommeil, de son hygiène de façon générale, parce que ça coule dans nos veines, dans mes espaces, notamment dans mon Académie Maison Close. on va explorer à la fois les fuites énergétiques mais aussi le transgénérationnel qu'est-ce que ma mère, ma grand-mère, mes arrières-grand-mères ont appris aux femmes de ma famille, à moi. Et qu'est-ce que j'ai vu des femmes de ma famille ? Qu'est-ce que les hommes ont collé sur moi sans que je m'en rende compte ? Moi je sais que dans mon parcours, je suis la première femme entrepreneur de ma famille. Bon, je pars un peu avec un gros point d'interrogation de visiblement ça se fait pas. Laure - Déclic: Hmm. Joy: Sauf que j'embarque toutes les injonctions qui vont avec. Et donc est-ce que je les garde ? Est-ce qu'elles me portent ou pas ? Ou est-ce que j'essaye de les réinventer ? Sans pour autant me dire que je ne pas loyale envers ma famille. Non, je décide justement de la femme que je veux être. C'est ça, être souveraineté. Est-ce que la femme que là on a créé selon les règles de l'éducation, de la culture dans laquelle j'ai grandi, etc. Et là, j'ai envie de dire en Europe, on n'ira pas plus loin. On est quand même chanceuses, et est-ce que pour autant je me suis permise de remettre en question tout ça ? Pas toujours. Laure - Déclic: Ce que j'entends, c'est... Tu me confirmes si c'est juste, mais c'est un peu un appel au réveil de la puissance des femmes. Joy: Et pour moi, la puissance des femmes a plusieurs couleurs. Sauf qu'on a préféré nous vendre, tu vois, pour qu'on se taise un peu. Le aller, va t'amuser avec une couleur, comme ça, ça leur fera plaisir. Sauf qu'en fait, c'est ça de qui on est. Laure - Déclic: Hmm. Joy: Seulement, on avait conscience, et j'ai absolument pas la science infuse sur tous ces sujets, mais de qui nous sommes et de la puissance que nous avons. aussi bien sur la notion de cycle que d'énergie que d'intuition que de connexion enfin... Il a juste à voir des femmes réunies ensemble mais ça peut être des bombes à retardement comme ça peut être des joyaux. Tu vois il y a vraiment quand on parle de sororité mais au sens le plus noble qui soit, il y a quelque chose qui se crée qui est hyper puissant mais sauf que on nous a découpé. aussi bien individuellement qu'en termes de vie, tu vois, on a créé la notion de vie professionnelle, vie personnelle. Et nous, on est tout le temps en dissonance. De « je veux être une bonne mère et en même temps je veux être une bonne amante », et j'ai envie d'être une bonne entrepreneur », mais « j'ai envie d'être présente pour ma famille ». On est en permanence en train de se découper, de culpabiliser de se découper, d'avoir honte de peut-être vouloir être ambitieuse. Et tout le temps, on est en mode séparation. Pour moi, la souveraineté, et ce que je propose quand tu parles de réveil, c'est une réunification. Une réunification en soi et autour de soi. Laure - Déclic: Et les hommes là-dedans pour toi ? Joy: Pour moi les hommes subissent la même chose. Eux ça a un impact sur la performance. Eux ils sont en mode faut tout le temps être performant. Nous on nous découpe pour finalement minimiser notre puissance parce qu'elle est déjà quand même assez forte et eux on leur apprend à être dans un mode aussi pour qu'ils s'attraignent finalement à leur rôle de protecteur. de père qui sécurise la famille, le foyer. Et je pense que les hommes comme les femmes ont leur part à faire de déconditionnement. Parce que j'aime travailler avec des hommes qui justement remettent en question aussi leurs conditions d'hommes, leur puissance qui s'est transformée en pouvoir. Donc tu vois eux, les amis comme ça, nous on nous a mis en dessous et donc du coup ça dessert tout le monde. et il a vraiment cette idée qu'ensemble on peut créer un monde qui est de base fait de polarité mais ça passe par déjà prendre soin de ce qu'on appelle dans le Tao notre couple intérieur. Je pense qu'on est fait pour co-créer ensemble, se compléter, si et seulement si, ça part de ce qu'on pourrait appeler un masculin et un féminin sains mais à l'intérieur de nous. Tu vois je pourrais te dire... je suis contre les hommes, je les déteste, etc. Peut-être que c'est mon masculin blessé ou mon féminin blessé qui parle parce que j'ai pas réussi à peut-être voir leur richesse, leurs injonctions, leur conditionnement eux aussi, ce qui n'enlève pas le fait qu'il a des gros connards et des grosses connasses, attention hein. Mais il a vraiment cette idée de complémentarité en nous et donc à l'extérieur. Mais c'est pas d'abord essayer de changer l'extérieur. si déjà de base on n'est pas allé regarder ce qui se passe au fond de nous. Laure - Déclic: Beaucoup de modèles, de sociétés aussi, Joy: bien sûr. Laure - Déclic: casser et en tout cas à se créer son propre. Joy: Exactement. Pour moi, y a à la fois la notion, certes oui, de patriarcat, mais j'ai envie qu'on ait peut-être un peu plus finement de virilité et ça a un impact sur les deux genres de violence, l'un et l'autre. a tous et toutes soit désiré la violence parce qu'on nous l'a inculquée, soit on l'a propagé, que ce soit de manière physique, psychologique, par bien des comportements. Et il y a plein de choses qui sont intolérables et absolument pas bon pour cette société. Et en même temps, Tout nous a conduits à ça. Et donc si on continue à tous faire l'autruche de « non, moi je suis pas concernée », etc. On est concerné à partir du moment où on se trouve sur cette planète. On est concerné. Laure - Déclic: Je voudrais qu'on revienne par rapport à ton activité. Tu es entrepreneur, tu explores quelque chose qui peut surprendre, c'est le lien entre la sexualité et l'entrepreneuriat. Comment est-ce que ces deux mondes sont rencontrés chez toi ? Joy: De par l'histoire que je viens d'évoquer. Je suis devenue entrepreneur et en même temps j'étais femme. Du coup, en chemin parallèle, j'ai évolué en tant qu'entrepreneur et j'ai évolué en tant que femme. Et à un moment donné, les deux sont reliés. Je me suis dit, personne n'en a parlé. Pourquoi ? En fait, j'ai vraiment pris conscience de la complémentarité quand justement je me suis séparée et je me suis retrouvée célibataire à 31 ans. Ce n'était pas du tout un chapitre que j'avais envisagé. dans ma petite tout douliste de vie parfaite. Et ça m'a permis justement de remettre en question mon couple, ma façon d'être dans le couple, ma façon d'être une femme et de prendre soin de toutes mes facettes. Et quand je dis facettes, ma grille de lecture, c'est les profils érotiques. Donc on a tous à disposition en nous, homme comme femme, des profils que l'on peut utiliser dans notre intimité comme dans nos vies de tous les jours. Donc on va avoir... la chagasse, la sauvage, la reine, la sage, la muse, la sensuelle, la sapio... Tout ça, ça fait partie de nous et ça vient toucher finalement à des pans de nous. Tu vois, celle qui est un peu plus intellecte, celle qui a envie d'un peu plus de provocation, celle qui aime plus le côté autorité, celle qui a besoin de s'inspirer, celle qui a besoin de structure. Chacune a une couleur. Et cette couleur, c'est ce qui nous compose dans tous nos pans. Quand j'ai découvert une approche qui s'appelle l'internal family system, une approche en psychologie qui est développée aux Etats-Unis, je me suis rendu compte qu'on avait toute cette famille intérieure. Et moi je l'ai utilisé d'abord dans la sphère plutôt professionnelle, puis ensuite relationnelle, et puis après intime. Et je me suis dit mais en fait, mais pourquoi personne ne parle de ça ? Sur le fait que toutes ces petites voix qu'on a dans nos têtes, tout le monde les a. Sauf qu'on les a limitées encore une fois à la sphère... psychologique de ouais mais si t'as un problème, tu dois aller parler à telle et telle facette. Mais quand j'ai pas de problème, quand je suis joyeuse, peut-être que je peux aller parler à toutes mes facettes aussi et que ce soit encore plus funky. Parce que super d'aller travailler sur soi. On est dans une époque où on adore le développement personnel, aller creuser en soi. mais je crois que j'ai telle problématique, ça doit venir de mon transgénérationnel de ci de ça. Que nous sommes devenus un problème à résoudre. Moi je suis partie de ce postulat de me dire, est-ce qu'on pourrait pas, de temps à autre, arrêter de se considérer comme étant cassée, comme ayant un problème, comme étant défectueuse, et plutôt prendre le parti de se dire, attends, je suis parfaite telle que je suis, dans toute mon imperfection, et du coup je vais aller nourrir mes profils de la manière la plus joyeuse, curieuse, fantaisiste qui soit, pour justement retrouver ce vivant en moi. On a commencé par une phrase que tu as prononcée sur « on a tout pour être heureuse mais je suis pas satisfaite ». Moi je crois qu'on n'est pas satisfaite parce qu'on effectivement se sent éteinte. Et éteinte, pourquoi ? Parce qu'on a allumé la lumière qu'à un endroit dans toute notre multiplicité. Si aujourd'hui tu utilises tous tes profils donc érotiques, c'est-à-dire l'érotisme, tout ce qui est lié au vivant en toi, mais ta vie va diamétralement changer, et tu vas entreprendre depuis des espaces totalement différents. On l'a déjà évoqué tout à l'heure, pourquoi aujourd'hui on entreprend avec beaucoup de peur, de doute, de manque de confiance. Parce qu'on s'est plogués sur problèmes. Casser, dysfonctionnement. Si je me plug sur je suis multiple, j'ai toutes les ressources à l'intérieur de moi, j'ai une équipe incroyable qui va me permettre de répondre à l'ensemble de tous les challenges que je vais pouvoir rencontrer, ça change la donne. J'ai plus besoin de me poser 36 000 questions, je vais aller chercher. dans mon process interne. Et moi je me suis rendu compte que quand je suis devenue entrepreneur, j'ai fait la bonne élève comme d'habitude, sauf que sortie de route oblige, j'ai envie de de par mon tempérament, je me suis dit mais pourquoi je vais entreprendre comme un homme alors que moi je suis cyclique ? Donc j'ai commencé par gérer mon emploi du temps avec mon cycle menstruel. Parce que je venais de chasser tous les perturbateurs endocriniens de ma vie, donc y compris la pilule contraceptive, et je me suis dit mais... il y a des variations que je peux peut-être utiliser. Et donc tout mon agenda était réglé en fonction de ces variations en termes de créativité, d'énergie aussi. Il des moments où je me sentais plus fatiguée et je me suis dit mais pourquoi on n'utilise pas cette puissance-là ? Donc ça, ça a été vraiment ma première petite pièce. Et puis au fur et mesure, tiens, effectivement, peut-être que j'ai besoin de plus de profondeur dans mes échanges. bah ouais, j'adore parler longuement de tel et tel sujet. ça c'est ma sapio, c'est celle qui adore se nourrir d'intellect, c'est celle qui pourrait tomber amoureuse d'un intellect. Sapio ça vient de sapio sexuel, c'est je tombe en amour d'un cerveau. Aujourd'hui c'est une catégorie de façon de tomber amoureux, tu peux être sapio sexuel et juste aimer le cerveau et du coup ça te rend en amour de la personne. Et je pense qu'on a tous à l'intérieur de nous tous ces mécanismes là mais qu'on n'utilise pas. Et quand j'ai commencé à expérimenter moi-même les choses et à me dire, dans mon entreprenariat, sur les blocages que je rencontre, est-ce que je pourrais pas utiliser les facettes de moi pour faire office de... Et ça a fonctionné et donc du coup j'ai créé mon Académie Maison Clos pour le transmettre. Et qu'aujourd'hui, sur tout ce qu'on entreprend qui est créatif, donc la majeure partie des choses, que ce soit des projets comme des relations... comment on peut utiliser cette puissance à l'intérieur de nous. Laure - Déclic: Hyper intéressant, c'est un sujet que personnellement, j'avais jamais entendu. lien de ces... Tu dis deux faces d'une même pièce. Et pour être sûr de bien comprendre, est-ce que... Donc tu dis que les deux faces d'une même pièce, la sexualité et l'entreprenariat, est-ce qu'en tant que femmes, notre façon d'agir, je vais dire, ou d'être, que ce soit dans le domaine de la sexualité ou dans le domaine de l'entreprenariat, va être identique Joy: Non, il va être complémentaire. Par contre, la racine sera toujours l'intimité. Je te donne un exemple. La majeure partie des femmes que j'accompagne ont, et moi y compris, un challenge au niveau de la réceptivité. On a appris beaucoup à donner, mais pas à recevoir. Et du coup, ça pourrait être pour un compliment, comme pour de l'argent, comme pour du plaisir. L'exemple que je donne dans l'intimité, c'est... Si on te donne du plaisir, nous, qu'est-ce qui se passe ? On a un autre scénar dans notre tête. Dehors, mais tu crois que... Attends, c'est pas un peu long, avec le timer... ouais, mais est-ce que j'ai pensé à faire ci, là, ? Les hommes, la majeure partie du temps, ils n'ont pas ce dialogue interne. Eux, sont en mode... Vas-y, fais-moi plaisir. Nous, on a associé le plaisir à quelque chose qui doit être rapide, pas trop long, pas trop contraignant. Mais pas pour nous, pour l'autre. Parce qu'on sait très bien... donné mais pas recevoir. Et donc quand il est question de recevoir de l'argent, de promouvoir ses offres, de se mettre en avant, de se mettre en lumière et donc potentiellement de recevoir des compliments, de la reconnaissance et aussi du plaisir de « attends avec de l'argent je vais peut-être pouvoir, j'en sais rien, aller m'offrir un massage par semaine, m'acheter les fringues que je veux, faire plaisir à qui je veux » mais je sais pas faire ça. Moi par contre j'ai appris la survie, la contrainte. J'ai appris à être dans un espace où je me contrôle. Parce que faudrait surtout pas être trop débordante. Pourquoi aujourd'hui j'utilise la notion de sexualité et c'est pas juste pour le côté originalité, c'est parce que l'intimité est vraiment la base et tout ce qui se passe dans cet espace là aura des répercussions sur tout le reste. Parce que nos conditionnements naissent de là, nos comportements naissent de là mais aussi nos émotions. Les trois émotions qui ressortent quand on parle de sexualité, c'est la honte, le jugement et la culpabilité. On retrouve exactement les mêmes dans l'entrepreneuriat, dans nos vies de tous les jours. J'entends tous les jours des femmes me dire « ouais, je voudrais être une bonne mère et en même temps je suis très ambitieuse ». Pourquoi on fait pas du « et », on fait du « ou » en permanence ? Parce que dans notre intimité, on ne peut pas être la sage et la salope. non, non, surtout pas ! Parce que notre éducation, notre culture, nous ont appris à séparer les deux. Tu es soit l'un soit l'autre, tu ne peux pas être les deux. Mais ça c'est le narratif dans toutes les séries, les films, les magazines. On découpe, comme je disais tout à l'heure, en permanence. Mais surtout, on juge, on accole la honte ou la culpabilité si tu choisis un camp ou un autre. Par contre, si tu dis, ben moi en fait je choisis pas, je suis tout ça à la fois, là... bug dans le système. Et c'est ça que j'essaye de ramener, de dire en fait, ta sexualité, admettons que tu as une sexualité hyper nourrissante, hyper fantaisiste, etc. Ça veut pas dire que tu seras comme ça dans ton entrepreneuriaire, mais ça veut dire que tu vas pouvoir épuiser cette énergie-là dans ton entrepreneuriaire. Donc potentiellement être très audacieuse, peut-être très entreprenante, sauf qu'on l'utilise pas parce qu'on nous a dit, et ça, reste dans la chambre, ça n'a rien à faire dans le professionnel. Alors que c'est une facette Laure - Déclic: D'accord. Joy: de toi. Donc pourquoi tu l'utilises pas Laure - Déclic: Oui, c'est ça, c'est mettre vraiment en lumière le fait que tu as ça en toi et tu peux le mettre dans les autres domaines de ta vie. Joy: Exactement. Tu peux le mettre au service de ce que tu veux. Demain, tu as une compétite de sport, tu peux utiliser exactement les mêmes facettes. En fait, l'énergie sexuelle, comme on nous l'a vendue, bien qu'on ne l'ait pas extrêmement vendue, c'est l'énergie créatrice. Donc oui, pour créer des enfants au départ, mais aussi pour créer des projets, pour créer des relations, pour créer tout ce qu'on a envie. Sauf que cette énergie, on s'est dit, on va la mettre dans une petite boîte qui s'appelle intimité, comme ça, il aura pas de problème. Parce que, encore une fois, si tu sais utiliser toutes ces facettes de toi, mais t'es beaucoup moins manipulable, tu ne prends pas du tout les mêmes décisions, tu réalises des choses qui sont peut-être en dehors de cette dite norme, Et donc du coup, ça correspond pas au bon petit soldat qu'on a bien essayé de faire être pendant tant d'années. C'est pas possible. Laure - Déclic: Et il a une question qui me vient, ça n'a rien à voir, mais c'est un sujet qui n'est pas habituel, enfin en tout cas qui est très, comme tu le disais, dans le jugement de la société. Quand tu as commencé à parler de ça, notamment sur tes réseaux sociaux, comment tu as géré, enfin j'imagine, tu vois, les parents, enfin tes parents qui te voient, ta famille, comment tu Joy: Bien sûr. Laure - Déclic: as géré ce côté, le regard des autres ? Joy: j'ai mis déjà huit ans à aller sur ce sujet. J'ai exploré comme je le disais, la nutrition, le coaching, les émotions, voilà. J'ai fait petit à petit. Ça a toujours été, j'ai envie de dire, un sujet de l'ombre que je pouvais explorer. Ça va faire huit ans que j'ai mon podcast et je crois que le premier épisode sur la sexualité, c'est au bout de la deuxième année. Mais tu vois, c'est... J'interviewe quelqu'un, hop, voilà, je le glisse comme ça et on n'en parlera plus après. Et en même temps, je le reliais à mon propre parcours en lien avec les perturbateurs endocriniens, découverte du plaisir autrement, questionnement sur le corps, etc. Et quand il a fallu effectivement le mettre sur le devant de la scène, c'est l'aspect famille qui est plus ressorti de... là là, mais que vont penser ma mère et ma grand-mère en sachant que ma grand-mère écoute tout ce que je fais, tous mes podcasts, elle lit tous mes posts, tout tout tout. Et là, je me suis dit, waouh. Et en fait, c'était tellement... important pour moi de parler de ce sujet-là depuis un autre prisme, que je me suis dit, bah en fait non, mon rôle c'est aussi qu'elle comprenne que je suis pas là pour parler de cul pour du cul quoi. C'est aussi lui permettre d'avoir une vision de la sexualité qui n'est pas celle que j'avais, celle qu'elle peut avoir et ça a créé des échanges avec ma grand-mère de 86 ans. De c'est quoi pour toi la sexualité, comment t'as vécu ta sexualité, des... Des échanges que je pense que je n'aurais jamais eu de ma vie si je n'avais pas exploré ce sujet. Tu vois là en juillet 2026 j'étais sur la scène du Grand Rex, il y avait toute ma famille dans la salle avec ma mamie qui était là au première loge à écouter mon discours. Enfin c'est quand même, je trouve ça fabuleux de pouvoir me dire, bah je lui offre une nouvelle façon de penser, un nouvel échange avec sa petite fille, son petit-fils, tout... tous ces petits enfants parce que je me suis autorisée à. Ça c'est la première facette où je m'autorise en me disant ok et puis après il a l'autre facette avec tous les haters, les gens un peu moins sympas et j'ai une règle là dessus c'est que si j'en ai pas, j'ai pas parlé suffisamment fort. Et donc du coup ça change la donne quand tu penses comme ça. où je me dis, tiens, s'il n'y a pas de réaction, s'il a des gens qui ne pas d'accord avec moi, c'est que j'ai été trop soft. Donc là, tu vois, c'est vraiment ma facette provocante qui va chercher à faire réagir les troupes. Et quand ça fait réagir, c'est que j'ai dit quelque chose qui était évidemment suffisamment important pour que les gens qui ne pensent pas comme moi puissent le dire. Mais ce qui hyper intéressant, c'est que je me rends compte que la majorité des commentaires... viennent quand même du masculin et viennent quand même de gens qui, je pense, ne se sont jamais posés de questions et qui sont très matricés. Donc encore une fois, moi je me suis dit, mon rôle c'est de délivrer ma façon de voir le monde pour ouvrir des perspectives. Qu'on soit d'accord ou pas d'accord, c'est ce en quoi je crois, je demande pas à convaincre, j'expose. Et je pense que ça vaut pour tout, les hommes et les femmes qui nous écoutent, si vous êtes portés par un par une envie de transmettre quelque chose qui coule dans vos veines, fait qu'on soit d'accord avec vous ou pas n'a aucune importance. Je donne toujours le même exemple dans mes ateliers, la dune du Pila, si vous regardez sur Google il y a quand même des gens qui disent « moyen, il a trop de sable ». Enfin... Voilà, moi à partir de ce moment-là je peux plus débattre sur le « est-ce qu'on plaît à tout le monde ou pas ». Voilà. Laure - Déclic: Donc oui, j'entends, vraiment été, c'est de nouveau reconnecté à cette force, cette puissance que tu as en toi pour aller au-delà du regard des autres, au-delà de la petite voix qui pourrait t'empêcher d'y aller. Joy: Encore une fois, elle vient dire quoi cette petite voix ? Elle veut quoi ? Elle veut me stopper généralement. Mais me stopper par rapport à qui, à quoi, pourquoi... Si je me plug vraiment sur qu'est-ce qu'il a de bon pour moi, je pense toujours à la génération future. J'ai pas d'enfant mais j'ai des petites cousines, j'ai un filleul. Je me dis en fait, est-ce que ça c'est une information qui lui serait utile ? Si la réponse est oui, pourquoi je me priverais de le dire ? Si c'est un échange que je peux avoir avec quelqu'un qui lui apporterait une nouvelle perspective, de savoir que Jean-Jacques Ducat-Rint-Tresse n'est pas content, est-ce que j'en ai vraiment quelque chose à faire ? Parce que Jean-Jacques Ducat-Rint-Tresse ne sera pas content ! Mais c'est pas grave ! J'ai de que c'est aussi le jeu des réseaux. À un moment donné, j'ai décidé de m'exposer sur les réseaux. Je sais qu'il a les deux facettes de la réalité et donc c'est ok, sauf que c'est ok parce que j'ai parlé... à telle personne à qui peut-être ça a créé un déclic. Et c'est ça le plus important. Je sais qu'en tant qu'être humain on aime bien se caler sur le négatif, mais regardons à qui on parle et à qui ça permet d'avoir des nouvelles connexions dans le cerveau, dans la vie, mais faire la majorité sur est-ce que les gens sont d'accord ou pas, non. Laure - Déclic: Donc mettre son attention sur ce que ça va apporter plutôt comme positif. Joy: Et tu vois tu posais la question sur la souveraineté, je crois qu'en fait c'est ça la souveraineté, c'est être en capacité de dire ce qui nous tient à coeur dans le respect des autres, mais si c'est pour construire depuis un espace qui est vivant. Tu vois quand je porte des sujets, je me dis pas je vais descendre telle personne, en fait j'essaye au maximum d'être pour quelque chose plutôt que Et si je suis contre, je vais essayer d'amener toujours un pour. Tu vois, je suis contre la violence, c'est quelque chose qui, voilà, ça ne rentre pas dans mon process, je vais aller lutter contre ça, mais je ne pas contre un tel ou un tel. Je m'en fous de un tel ou un tel. Moi, c'est le concept même, le conditionnement qu'il peut y avoir derrière qui me dérange. Après, qu'on ait envie de prendre les choses personnellement ou de se les attribuer ou pas, ça c'est un autre questionnement. Mais... Moi je préfère débattre d'idées, de concepts plutôt que de gens sur lesquels je n'ai pas du tout la main. Laure - Déclic: Merci Joy. On arrive à la fin. Je pense que tu es en train d'écrire un livre. Est-ce que tu peux nous dire, ça a été quoi le déclic qui s'est fait chez toi pour commencer à écrire ce livre ? Joy: Très simplement, une proposition de mon éditrice de « Tiens Joy, tu n'écrirais pas un livre ? et là je me suis dit « bah si, a priori ! » J'ai toujours eu envie d'écrire un livre mais je ne savais pas sur quel sujet ce serait et justement le fait d'avoir osé me positionner sur ce sujet a ouvert tellement de portes que ça m'a confirmé que c'était ma juste place, en tout cas pendant ce temps-là et que... ma vision devait être transmise depuis un espace nouveau. là, écrire ce livre, qui sortira au printemps 2027, c'est une manière de remettre 10 ans d'apprentissage, de découverte, de transmission depuis un espace beaucoup plus clair qu'avant. Et je pense que chaque chose arrive aussi au bon moment. Ce livre, je l'aurais écrit il a 5 ans, il n'aurait pas du tout eu la même saveur. Là, y a à la fois beaucoup d'expertise et aussi beaucoup de graines que je vais planter. Parce que le but, pas de dire voilà ma façon de penser et caler-vous dessus. Et ça, vraiment ce à quoi j'ai tenu depuis le départ. Je ne pas là pour dire la sexualité, c'est ça, comment on l'utilise pour l'entrepreneuriat, mais plutôt regarder tout ce qu'on n'a pas vu. Et regarder aussi ce que dit un tel, puis ce que dit un tel. parce que moi je me suis nourrie de tout ce que j'ai pu entendre des uns et des autres et ce que j'aime au plus profond de mon être c'est aller explorer. Et donc quand j'ai plongé dans ce sujet là je suis allée parler aux gens en disant mais est-ce que tu crois que notre sexualité ça façonne notre manière d'entreprendre ? Tu sais comme une enfant qui découvrirait un sujet et on me répondait bah oui et à ce bah oui je me suis dit mais pourquoi on n'en parle pas ? Et donc du coup je vais aussi parler de comment ça façonne notre manière d'entreprendre. c'est quoi cette définition de la sexualité qu'on nous a caché jusqu'à présent, comment on peut s'en servir. C'est un livre qui se veut très pratico-pratique, je veux que ce soit un outil, pas juste un truc qu'on lit et on le laisse sur le côté, non, je veux qu'il soit sur la table de nuit et qu'on puisse se dire « attends, là j'ai un blocage, hop, je vais chercher le petit outil qu'il à l'intérieur, il a une phrase qui a popé ». En fait, pour moi c'est ça, c'est amener de la curiosité dans un espace où on n'a pas forcément eu de lecture de nous-mêmes. jusqu'à présent alors que c'est la partie la plus intime de nous qu'on pourrait utiliser à bien des sauces. Laure - Déclic: Et donc on aura la chance de lire ce livre au printemps 2027, c'est ça ? Et moi Joy: Oui, tout à fait. Laure - Déclic: j'ai envie de te poser une dernière question. Si je te donne rendez-vous dans un an, donc le 13 août 2027, il aura ce livre qui sera sorti au printemps, qu'est-ce que Joy aurait à cœur de réaliser ? Joy: J'espère que j'aurai créé des espaces de rassemblement pour les femmes en présentiel. Là aujourd'hui, mon académie Maison Claus est principalement en distanciel parce que je m'adresse aux femmes de toute la France et du monde entier. Et j'ai aussi envie qu'on se retrouve dans la chair, dans le corps. Je passe beaucoup par le corps dans mes espaces parce que pour moi, c'est une boussole. et j'ai envie qu'on le vive depuis justement le même sol, le même espace, la même énergie. Et pourquoi pas diffuser ce que j'aurais transmis dans le livre à d'autres générations. Et je ne pas avant ou après parce que je pense que ça peut servir à tout le monde pour qu'on puisse justement se relier là-dessus et se cabler depuis un espace beaucoup plus vivant qu'est l'érotisme, qu'est la sexualité, fait d'entreprendre et que ça sert de... de 10 à 99 ans. Laure - Déclic: Je te propose de noter dans mon agenda, le 13 août de 2027, de t'appeler et qu'on fasse Joy: ... Laure - Déclic: le point sur le déclic qui s'est passé et si ce que tu viens de nous partager s'est réalisé. Joy: Génial. Le rendez-vous est pris. Laure - Déclic: Parfait ! En tout cas, je voulais vraiment te remercier pour cette heure ensemble, partage hyper inspirant et tout ce que tu m'as aussi personnellement appris. Merci pour ça. Si des personnes veulent en découvrir plus sur ton univers, sur Maison Close, les liens seront de toute façon en dessous, dans la pour pouvoir aller découvrir tout ça. Et je ne pas si tu devais... Terminé avec une phrase pour les personnes qui nous écoutent, pour justement créer ce déclic pour s'écouter, pour oser aller sur sa propre trajectoire. Qu'est-ce que tu aurais envie de leur dire ? Joy: Moi, il un mot que j'aime beaucoup, c'est la jouissance. Du coup, j'aurais envie de demander aux personnes qui nous écoutent, est-ce que vous considérez que vous avez une vie qui est jouissive ? Et si la réponse est non, c'est pas grave, parce qu'à tout moment, on peut le transformer. Mais soyez sincèrement radicales avec vous en vous posant cette question. Parce que la jouissance, c'est pas la fin d'un acte, c'est la joie qui émane de tout ce qu'on est. Donc c'est important de... la chérir du mieux qu'on peut. Laure - Déclic: Merci Joy. Joy: Merci beaucoup, Laure.