Latest / À propos / Le dernier 14 juillet d’Emmanuel Macron - « À propos », le podcast du Soir
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- 0:00Le soir,
- 0:04repensons notre
- 0:05quotidien. Bonjour,
- 0:10vous écoutez " À propos" le podcast d'actualité du journal Le Soir.
- 0:14Tous les jours,
- 0:14c'est l'expertise de notre rédaction dans vos oreilles.
- 0:24Ce 14 juillet,
- 0:25c'était le dernier d'Emmanuel Macron en tant que président de la République française.
- 0:29Pour l'occasion,
- 0:30le défilé militaire était plus important que jamais.
- 0:32Et vous allez l'entendre,
- 0:33le symbole n'est pas innocent.
- 0:35Je m'appelle Pierre Fagnard.
- 0:37À propos,
- 0:38voici l'actualité comme vous l'entendez,
- 0:41grand angle.
- 0:43Près de 6700 soldats,
- 0:44presque 100 avions,
- 0:4631 hélicoptères et 315
- 0:48véhicules. Jamais le défilé militaire organisé à l'occasion du 14 juillet,
- 0:52fête nationale française,
- 0:53n'avait été aussi important.
- 0:55Aux côtés d'Emmanuel Macron pour son dernier défilé comme président,
- 0:59de nombreux
- 0:59et nombreuses chefs et chefs d'État,
- 1:01dont Volodymyr Zelensky.
- 1:03Ce défilé respirait la grandeur militaire de l'Europe et ce n'est pas qu'un symbole.
- 1:06On s'explique avec Joëlle Meskens,
- 1:08notre envoyée permanente à Paris.
- 1:10Bonjour Joëlle.
- 1:11Bonjour Pierre.
- 1:12Nous sommes donc le
- 1:1214 juillet,
- 1:13c'est la
- 1:13Nationale française,
- 1:14y a eu
- 1:16cérémonie, y a eu défilé tout à l'heure,
- 1:17alors on va pas le décrire en détail.
- 1:19On sait qu'il y avait beaucoup de tout,
- 1:21beaucoup de militaires,
- 1:22beaucoup de
- 1:22véhicules, beaucoup d'avions,
- 1:24et cetera.
- 1:25Mais en quelques mots,
- 1:26il faut retenir quoi de ce défilé ?
- 1:28Que c'était une
- 1:28démonstration de force ?
- 1:30Oui, complètement.
- 1:31C'est le
- 1:31dernier défilé du 14 juillet d'Emmanuel Macron
- 1:34et il a voulu vraiment
- 1:35effectivement faire une démonstration
- 1:38de force,
- 1:39de force de la France et puis de
- 1:41force aussi du point de vue européen.
- 1:43Il y avait effectivement plus
- 1:45d'avions qu'il n'y en a jamais eu,
- 1:47plus de soldats qui ont défilé
- 1:49que jamais,
- 1:49et cetera.
- 1:50Et Emmanuel Macron ?
- 1:51Eh ben,
- 1:52c'était une manière,
- 1:53en quelque sorte,
- 1:53de mettre en scène
- 1:55son héritage,
- 1:57son sa legacy,
- 1:58comme on dit à l'Élysée,
- 1:59dans une formule
- 2:01un peu
- 2:01un anglicisme.
- 2:03Donc, c'était une manière de montrer ce réveil stratégique
- 2:07de la France,
- 2:09ce réveil mutuel aussi pour une défense commune européenne.
- 2:13avec de très.
- 2:13Nombreux chefs d'État et de gouvernement présents
- 2:16dans la tribune officielle
- 2:18place place de la Concorde.
- 2:19Donc c'était ça,
- 2:20c'était vraiment une démonstration
- 2:22de puissance de l'Europe,
- 2:23puissance qu'Emmanuel Macron a voulu faire de ce 14 juillet.
- 2:27Et c'était
- 2:28une démonstration en forme de message qu'il voulait faire passer Emmanuel Macron.
- 2:32On n'est pas dans une question de conjoncture
- 2:34avec la guerre en Ukraine et en Russie,
- 2:35et donc on montre les armes,
- 2:37on montre les muscles,
- 2:39entre guillemets.
- 2:39On était plus dans
- 2:41le message,
- 2:41c'est mon dernier 14 juillet,
- 2:42regardez ce que j'aurais laissé à la France et à l'Europe.
- 2:44Oui, complètement.
- 2:45Puis c'est un message aussi qui est qui est,
- 2:47qui est destiné
- 2:48au monde entier en fait,
- 2:50et en particulier peut
- 2:50être à Moscou,
- 2:51de montrer
- 2:52effectivement la puissance
- 2:55de cette Europe qui met ses forces,
- 2:56qui met ses forces.
- 2:57en commun
- 2:58pour résister à toute tentative
- 3:01d'invasion impérialiste.
- 3:03Donc c'est un peu en quelque sorte une sorte d'avertissement
- 3:06adressé aussi
- 3:08à la Russie,
- 3:09montrant que l'Europe
- 3:11est prête à ne
- 3:12pas se laisser faire.
- 3:13J'étais frappée par le discours d'Emmanuel Macron aux
- 3:16armées la veille de ce 14 juillet,
- 3:18où il a parlé de
- 3:19livrer le sang s'il le fallait pour
- 3:22défendre nos principes démocratiques et nos libertés.
- 3:25Vous avez parlé de
- 3:26réveil stratégique
- 3:27De l'Europe de réveil militaire,
- 3:29la mise en avant de l'Europe de l'Union européenne,
- 3:32alors elle est très claire ici,
- 3:33mais depuis
- 3:34même le début du premier mandat d'Emmanuel Macron,
- 3:36c'est un fil rouge de sa présidence.
- 3:38La mise en
- 3:38avant de l'Europe,
- 3:39oui, complètement.
- 3:40Alors on peut faire énormément de reproches à
- 3:41Emmanuel Macron sur le plan intérieur et d'ailleurs
- 3:44ces reproches peuvent étayer son impopularité aujourd'hui.
- 3:47Mais en revanche,
- 3:49sur le plan européen,
- 3:50pour qui est fervent européen,
- 3:52mais c'est difficile de
- 3:53trouver des défauts.
- 3:54Emmanuel Macron,
- 3:55il a vraiment exercé pendant
- 3:57ces presque.
- 3:5710 ans de mandat maintenant,
- 3:59une forme importante de leadership
- 4:01en Europe,
- 4:02entraînant les
- 4:02autres, notamment vers
- 4:04ce réveil
- 4:05stratégique et vers cette souveraineté
- 4:07commune à l'Europe.
- 4:09Et donc ça,
- 4:09on ne
- 4:10peut pas
- 4:11lui dénier.
- 4:13C'est une conviction qui est très forte
- 4:15chez lui,
- 4:16qu'il a qu'il a mise en avant
- 4:17avec des réussites et des échecs.
- 4:19Il ne faut pas se leurrer,
- 4:20il a parfois
- 4:21échoué dans la manière aussi de vouloir faire.
- 4:24On se souvient qu'il avait reçu en grande pompe.
- 4:27Vladimir Poutine
- 4:29à plusieurs reprises au château de Versailles,
- 4:31dans la résidence de vacances des présidents au fort de Brégançon,
- 4:34dans le Var,
- 4:35et ça n'avait pas empêché
- 4:36Vladimir Poutine d'envahir l'Ukraine,
- 4:39mais en tout cas il a essayé,
- 4:40il a essayé par tous les moyens,
- 4:42y compris même
- 4:43via ce fameux soft power qui est un peu controversé ici,
- 4:47d'arriver à ses fins,
- 4:48et en tout cas on peut lui reconnaître ce mérite-là d'avoir au moins essayé.
- 4:52Et puis je sais pas si on peut voir ça,
- 4:54parce que là
- 4:55on a dit tout ça pour l'entièreté de son
- 4:58Pour les semaines,
- 4:59pour les mois qui restent
- 5:00de ce
- 5:012e mandat,
- 5:02c'est aussi
- 5:04un peu un des derniers leviers pour lequel il peut jouer,
- 5:05une espèce de prérogative présidentielle d'aller
- 5:07mettre comme ça l'Europe en avant.
- 5:09Parce que dans le fond,
- 5:10sur le fond,
- 5:10sur la politique intérieure,
- 5:12peut être bah
- 5:12en fin de mandat,
- 5:13ça devient plus compliqué pour lui d'influencer réellement sur
- 5:17la vie intérieure de la France.
- 5:19Oui, complètement.
- 5:21Emmanuel Macron
- 5:21a toujours dit qu'il présiderait jusqu'à
- 5:24sa dernière minute
- 5:25à l'Élysée.
- 5:25D'ailleurs, la passation de pouvoir se passera
- 5:27le dernier jour prévu par la Constitution.
- 5:30Mais en même temps,
- 5:31bah c'est un président
- 5:32un peu empêché,
- 5:33un LMDOC,
- 5:34comme on dit aux États-Unis,
- 5:36parce que tout simplement,
- 5:37il n'a plus de majorité.
- 5:38Donc il n'a,
- 5:39même s'il a un gouvernement,
- 5:40il n'a plus les moyens
- 5:41d'agir à
- 5:43l'Assemblée nationale et donc il lui reste
- 5:45ce domaine réservé à l'international,
- 5:47ce pouvoir d'influence,
- 5:48encore une fois de leadership.
- 5:50Sur l'échelle
- 5:51européenne et internationale.
- 5:53Et donc celui-là,
- 5:54il entend effectivement l'exercer
- 5:56jusqu'au bout
- 5:58pour compenser justement aussi le la faiblesse et la difficulté
- 6:02sur le
- 6:02sur le plan intérieur,
- 6:03compte tenu effectivement de cet empêchement,
- 6:06faute de majorité,
- 6:07je vais pas vous demander de
- 6:08sortir votre
- 6:09boule de cristal et de déjà pronostiquer les résultats de la présidentielle.
- 6:12mais. Le prochain 14 juillet,
- 6:15il risque de ressembler à quoi ?
- 6:16Bien malin qui pourrait le dire,
- 6:17parce qu'effectivement,
- 6:20sortir la boule de cristal,
- 6:22c'est toujours aléatoire,
- 6:23mais ça l'est encore plus
- 6:24pour cette élection présidentielle-ci,
- 6:26parce que je crois que jamais dans l'histoire,
- 6:28on a eu un scrutin qui s'annonce
- 6:30aussi ouvert que celui-ci.
- 6:32Alors bien sûr,
- 6:33les sondages aujourd'hui montrent que
- 6:36très largement,
- 6:37Marine Le Pen est favorite du premier tour,
- 6:40avec des intentions de
- 6:41vote autour de
- 6:4335% Ce qui est absolument énorme.
- 6:45Et un sondage a été fait d'ailleurs même aussi au lendemain de
- 6:48sa de sa condamnation par
- 6:50la Cour d'appel pour détournement
- 6:51de fonds.
- 6:53Un sondage a été fait qui
- 6:55la montre encore en hausse de 4% et
- 6:56en tout cas vainqueur
- 6:58dans tous les cas de figure d'un 2nd tour,
- 7:00que ce soit
- 7:01face à Édouard Philippe,
- 7:02face à Gabriel Attal ou face à Jean-Luc Mélenchon encore plus.
- 7:06Mais bien malin,
- 7:07franchement, et je m'y risquerais pas.
- 7:09Qui pourrait pronostiquer aujourd'hui
- 7:11la victoire de Marine Le Pen ?
- 7:12On est.
- 7:13À 10 mois de l'élection présidentielle,
- 7:15une campagne,
- 7:15c'est toujours plein
- 7:17de rebondissements.
- 7:18À chaque fois,
- 7:19à un an de l'élection,
- 7:20personne n'a jamais
- 7:21vu le vainqueur en réalité.
- 7:23Et donc je refuse de croire
- 7:24que la victoire du Rassemblement national serait inéluctable.
- 7:28Il y a plein de
- 7:29choses qui peuvent se passer.
- 7:31Une campagne,
- 7:31ça sert à ça
- 7:32et donc il faut regarder les sondages.
- 7:34Certes, ça donne une indication,
- 7:36mais avec
- 7:36beaucoup de prudence.
- 7:37Aujourd'hui, elle n'est pas inéluctable,
- 7:39mais ça reste une possibilité.
- 7:40Un 14 juillet avec
- 7:42Marine Le Pen sous une tribune
- 7:43présidentielle. Dans tous les cas,
- 7:45ça serait très différent du 14 juillet d'aujourd'hui.
- 7:47Carrément, oui,
- 7:48il ne faut pas
- 7:49jouer les autruches,
- 7:49évidemment, c'est une possibilité qui existe aujourd'hui.
- 7:52On ne peut pas exclure
- 7:54la victoire de Marine Le Pen,
- 7:55elle est totalement possible.
- 7:57Et effectivement,
- 7:58quel serait alors le 14 juillet ?
- 8:00Il serait
- 8:01très différent,
- 8:01bien sûr.
- 8:02On a
- 8:02vu les alliances
- 8:04du Rassemblement national au niveau européen,
- 8:07que ce
- 8:07soit avec la Lega italienne,
- 8:09avec Geert Wilders aux Pays-Bas,
- 8:11etc. On
- 8:13voit bien
- 8:13Que ce ne sont
- 8:14évidemment pas
- 8:15les mêmes,
- 8:15les mêmes
- 8:16alliés qu'Emmanuel Macron.
- 8:18Est-ce que Marine Le Pen,
- 8:19dont on a vu par le passé les prismes très
- 8:22pro-russes, ou même
- 8:25son affinité avec Donald Trump,
- 8:27au début,
- 8:27elle avait cherché à se faire voir par
- 8:29Donald Trump en se rendant à New York,
- 8:30etc. Elle mettrait peut-être
- 8:32même peut-être probablement de l'eau dans son vin si elle était élue
- 8:35présidente de
- 8:36la République.
- 8:37Peut-être ferait-elle un virage un peu à la Giorgia Meloni en Italie,
- 8:40on ne sait pas,
- 8:42bien que ce ne soit pas du tout son modèle.
- 8:43Mais elle serait en tout cas attendue
- 8:47au tournant.
- 8:47On attendrait de voir et en tout cas,
- 8:49ce 14
- 8:50juillet 2027.
- 8:522027, oui,
- 8:53je dis bien s'il avait lieu,
- 8:55ne ressemblerait en tout cas pas du tout à celui qu'on vient de vivre.
- 8:58On y sera évidemment extrêmement attentif,
- 9:00notamment à travers tous vos papiers.
- 9:02Merci beaucoup Joël.
- 9:02Merci Pierre.
- 9:07À propos,
- 9:08c'est fini pour aujourd'hui,
- 9:09mais on revient demain matin.
- 9:11Merci de votre écoute.
- 9:12Si vous en voulez encore,
- 9:13tous nos podcasts sont disponibles dans l'application du soir.
- 9:17Rendez-vous dans le store de votre smartphone
- 9:19ou de votre tablette pour la télécharger.
- 9:21À demain.