Latest / Africa Fashion Tour / Rachel Kwarteng, réalisatrice de la mini-série documentaire "Cheveux Afro"
Transcript
- 0:00En un mois,
- 0:03c'est sorti le 24 avril,
- 0:04quelques semaines après,
- 0:05il y a
- 0:06Olivier Servat,
- 0:07qui est le député
- 0:09Lyotte, qui nous contacte.
- 0:12Et on les avait déjà invités à la vingt-première,
- 0:14donc une partie de son équipe,
- 0:15mais il n'était pas présent.
- 0:16Et il nous contacte pour qu'on projette Cheveux Afro à l'Assemblée Nationale.
- 0:22Donc là,
- 0:22je me disais,
- 0:23mais waouh,
- 0:24c'est vraiment quelque chose d'inattendu,
- 0:25vraiment,
- 0:26il y a des choses à laquelle j'avais pensé.
- 0:27Moi,
- 0:28c'est bon,
- 0:28les médias vont en parler,
- 0:30des médias comme Marie-Claire et tout,
- 0:33mais l'Assemblée nationale,
- 0:34ce n'est pas quelque chose qu'on pense en fait.
- 0:38Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Africa Fashion Tour.
- 0:41Je vous emmène avec moi à la rencontre de créateurs basés sur le continent africain.
- 0:45Je vous invite à voyager à Abidjan,
- 0:47Dakar ou Bamako pour découvrir les parcours de professionnels talentueux,
- 0:52responsables et ambitieux.
- 0:54Au fil des interviews,
- 0:55je me rends compte que chaque entrepreneur veut contribuer au rayonnement de la créativité africaine sur le continent et au-delà.
- 1:02Ce podcast est un moyen de sortir des clichés du boubou et du wax pour représenter un éventail de tissus,
- 1:08de savoir-faire et de créativité trop souvent sous-représentés.
- 1:13Je suis Ramata Diallo,
- 1:14je suis professeure de marketing dans des écoles de mode parisiennes et je suis également consultante spécialisée dans l'accompagnement de porteurs de projets qui veulent lancer leur marque de mode.
- 1:23En 2017,
- 1:24j'ai assisté à ma première Fashion Week en Afrique,
- 1:27et depuis,
- 1:27je voyage régulièrement sur le continent pour aller à la rencontre de ceux et celles qui font la mode en Afrique.
- 1:34Le podcast est le moyen que j'ai trouvé pour partager au plus grand nombre une autre vision de la mode africaine.
- 1:47Aujourd'hui,
- 1:47je suis en compagnie de Rachel Quarteng.
- 1:49Elle a réalisé une série documentaire intitulée « Cheveux afro » .
- 1:52Cette série est disponible sur TV5MONDE+,
- 1:56et elle a été projetée à l'Assemblée nationale pour évoquer la question de la discrimination capillaire.
- 2:01Vidéaste et réalisatrice,
- 2:02Rachel a eu l'idée de ce documentaire en 2019.
- 2:05Je l'ai invitée aujourd'hui pour qu'elle puisse nous parler de son parcours et nous raconter l'histoire de ce documentaire.
- 2:10Bienvenue Rachel,
- 2:11comment vas-tu ?
- 2:12Ça va et toi Amata ?
- 2:14Merci pour l'invitation déjà.
- 2:16Je te remercie en tout cas d'avoir accepté,
- 2:17je suis ravie de pouvoir échanger avec toi aujourd'hui.
- 2:21Moi je vais très bien,
- 2:23je vais commencer en fait cette interview par la question habituelle,
- 2:27je vais te demander de te présenter.
- 2:29Donc je m'appelle Rachel,
- 2:30Rachel
- 2:31Quarteng, j'ai 30 ans,
- 2:35je suis réalisatrice,
- 2:38je suis vidéaste,
- 2:39j'ai fait des études de journalisme et voilà,
- 2:42parcours classique on va dire.
- 2:45Ok,
- 2:45très bien.
- 2:46Donc tu expliques que tu es réalisatrice et vidéaste et que tu as fait des études de journalisme.
- 2:52Donc toi,
- 2:53pour le coup,
- 2:54tu as suivi une voie finalement assez classique.
- 2:56Tu as fait des études qui sont complètement en lien avec ce que tu fais aujourd'hui.
- 3:00C'est ça,
- 3:00mais en fait,
- 3:01c'est vrai que quand j'ai commencé mes études,
- 3:03je n'aurais vraiment pas pensé faire un documentaire là maintenant,
- 3:07parce que j'avais vraiment une vision du journalisme,
- 3:10ce qu'on voit à la télé,
- 3:11des présentateurs,
- 3:13TF1,
- 3:13France 2.
- 3:14Et en fait,
- 3:15plus j'avançais dans mon parcours,
- 3:18d'abord j'ai eu un faible pour la télévision,
- 3:24pour la caméra,
- 3:25etc.
- 3:26Et ensuite,
- 3:27j'ai fini par un stage où j'ai vu une femme qui était réalisatrice et qui faisait ses documentaires elle-même.
- 3:33Et je me suis dit,
- 3:35je peux faire ça,
- 3:35je ne savais pas,
- 3:36ce n'est pas ce que vous avez appris en études de journalisme.
- 3:39Et là,
- 3:40franchement,
- 3:41je pense qu'à ce moment-là,
- 3:42j'ai eu vraiment mon déclic et je me suis dit,
- 3:43mais en fait,
- 3:44moi aussi,
- 3:44j'ai envie de faire des documentaires.
- 3:46Et là,
- 3:46on est en 2017 et je n'ai pas du tout encore l'idée de Cheveux Afro.
- 3:52OK.
- 3:53Donc,
- 3:54du coup,
- 3:55une fois que tu finis tes études et que tu as en fait cette volonté d'aller plutôt que d'avoir un parcours de journaliste,
- 4:03comme tu le disais,
- 4:04TF1 France 2,
- 4:05tu te dis que tu vas réaliser tes documentaires.
- 4:08Du coup,
- 4:08tu...
- 4:09commence déjà à faire des documentaires.
- 4:11Quelles sont les premières expériences professionnelles que tu as ?
- 4:14Au départ,
- 4:14quand je finis ce stage,
- 4:17c'est mon stage de fin d'études,
- 4:19je commence à faire des missions un peu pour des marques de mode.
- 4:23Au départ,
- 4:23ça commence bien.
- 4:25Au fur et à mesure des mois,
- 4:27je commence à ne plus avoir de travail.
- 4:30Tout ce que j'avais postulé,
- 4:31je n'ai pas de réponse.
- 4:33Ça commence à devenir vraiment très compliqué.
- 4:35Et je vois autour de moi que tous les élèves qui étaient dans ma classe,
- 4:38qui étaient dans mon école,
- 4:39eux par contre ils avaient un travail.
- 4:41Donc je me suis dit en fait si personne ne me donne ce travail,
- 4:44je vais aller le chercher moi-même.
- 4:45Et j'ai des idées,
- 4:47donc je vais créer ces idées et je vais aller démarcher les gens avec les idées que j'ai.
- 4:52Et en fait en même temps,
- 4:53je me défrisais les cheveux etc.
- 4:58Et en fait à un moment j'en ai eu marre du défrisage parce que je mettais le relais,
- 5:02ça s'était mal passé.
- 5:03Et en fait,
- 5:04je commence à avoir plein de réflexions autour de ça,
- 5:06du défrisant,
- 5:07du pourquoi on s'est défrisé,
- 5:09pourquoi du coup on a arrêté le défrisant,
- 5:12il doit bien y avoir quelque chose derrière ça.
- 5:15Et du coup,
- 5:16en analysant,
- 5:17en faisant mes recherches,
- 5:18etc.,
- 5:19je vois que le défrisant,
- 5:20c'est beaucoup plus qu'un produit,
- 5:22que ça rentre dans un contexte social,
- 5:25politique,
- 5:26économique.
- 5:27Et là,
- 5:27je me dis,
- 5:27waouh,
- 5:27en fait,
- 5:28il y a tellement de choses à dire.
- 5:29Moi,
- 5:30je m'étais arrêtée sur...
- 5:31sur les soins du cheveu,
- 5:32etc.,
- 5:33les huiles.
- 5:34Mais en fait,
- 5:34il y a vraiment beaucoup de choses à dire et ça va tenir un documentaire.
- 5:39Donc là,
- 5:39à ce moment-là,
- 5:40je me dis,
- 5:40OK,
- 5:41je pense que là,
- 5:42je vais faire mon premier documentaire.
- 5:44D'accord,
- 5:44donc en fait,
- 5:45là,
- 5:45ce que tu expliques,
- 5:46c'est que finalement,
- 5:47sortie d'études,
- 5:47tu as quelques missions et tout de suite après,
- 5:49tu as cette idée de documentaire qui vient et vraiment,
- 5:51Cheveux à pro,
- 5:52c'est vraiment la concrétisation de ton,
- 5:54de ta toute première expérience solo de création de documentaire.
- 5:59C'est ça,
- 5:59enfin...
- 6:01Je pense que le fait d'avoir eu ces échecs au niveau du travail,
- 6:06de ne pas avoir eu de réponse,
- 6:08finalement ça a créé en moi,
- 6:09en fait je me suis dit,
- 6:10puisqu'on ne me donne pas ce travail,
- 6:12moi je vais créer le travail,
- 6:15je vais le proposer.
- 6:16Et en fait je me suis dit,
- 6:17de toute façon c'est des histoires en plus dont on ne parle pas souvent,
- 6:21qu'on voit peu,
- 6:22donc en fait je peux le faire,
- 6:24je peux le faire.
- 6:26J'ai eu de l'expérience au niveau de mes études,
- 6:29j'ai fait des stages,
- 6:31je suis capable.
- 6:32Donc,
- 6:33faire un documentaire à ce moment-là,
- 6:34pour moi,
- 6:35je me suis dit,
- 6:36ok,
- 6:37vas-y,
- 6:37tu peux parce que tu as tout en main.
- 6:42Ok,
- 6:42et donc à partir du moment où tu te dis,
- 6:44ok,
- 6:45je n'arrive pas à trouver de poste,
- 6:47moi,
- 6:48je vais créer le poste,
- 6:49en tout cas,
- 6:49je vais créer le produit,
- 6:50je vais le présenter,
- 6:51je vais prendre les choses.
- 6:53presque à l'envers,
- 6:54en tout cas,
- 6:55tu as trouvé une autre perspective pour aller faire carrière dans ce secteur d'activité.
- 7:00Ça se passe comment,
- 7:01en fait,
- 7:01de créer un documentaire ?
- 7:03Parce que là,
- 7:03quand tu dis ça,
- 7:04quand on sait qu'aujourd'hui,
- 7:05ton documentaire,
- 7:06il est diffusé sur TV5,
- 7:08Monde Plus,
- 7:09qu'il a été projeté à l'Assemblée nationale,
- 7:11on a l'impression,
- 7:12du coup,
- 7:12je me lève un matin,
- 7:13je dis que je vais faire un documentaire,
- 7:15j'ai l'idée d'un sujet,
- 7:16et puis c'est bon,
- 7:18en fait.
- 7:20En fait,
- 7:21avant d'avoir Cheveux Afro,
- 7:22j'avais une idée de documentaire sur le wax.
- 7:25Parce que j'avais fait pareil des découvertes sur le wax et tout.
- 7:27J'avais vu que ce n'était pas vraiment un tissu africain.
- 7:29Enfin,
- 7:30qu'il y avait toute une histoire derrière.
- 7:31Et je me suis dit,
- 7:32je vais faire le wax.
- 7:33Et en fait,
- 7:33j'avais trouvé une société de production qui voulait le produire,
- 7:36etc.
- 7:37Mais après,
- 7:37je n'ai plus de nouvelles.
- 7:38Ça veut dire qu'ils m'ont fait écrire,
- 7:40etc.
- 7:41Mais après,
- 7:41je n'ai plus de nouvelles.
- 7:43Je contactais,
- 7:46je relançais très souvent.
- 7:47Et je n'ai jamais eu de nouvelles,
- 7:48en fait.
- 7:49Et en fait,
- 7:49après,
- 7:50j'ai eu en parallèle mon idée sur les cheveux afro.
- 7:53Et là,
- 7:54je me suis dit,
- 7:54OK,
- 7:54il y a quelque chose à faire encore une fois.
- 7:56Donc,
- 7:56je suis partie vers une première société de production.
- 8:00Et donc,
- 8:00pareil,
- 8:01ils m'aident un peu à développer l'idée,
- 8:03etc.
- 8:04Et au final,
- 8:05ils finissent par me laisser tomber.
- 8:07Donc,
- 8:07je me dis,
- 8:07OK,
- 8:08déjà,
- 8:08ça m'a pris un temps.
- 8:09Donc,
- 8:09tout ça,
- 8:10un peu,
- 8:10pas pour rien,
- 8:11mais qui ne mène nulle part.
- 8:13Mais vraiment,
- 8:14j'étais déterminée.
- 8:15Donc,
- 8:15je fais mes recherches encore de société de production.
- 8:18Je tombe vraiment sur des sociétés de production,
- 8:20soit qui ne me répondent pas,
- 8:22soit qui ne veulent pas parce qu'ils n'ont pas le temps,
- 8:25soit sur des sociétés de production qui ne comprennent pas ou qui veulent faire autre chose en fait.
- 8:30Et là je me dis bon non,
- 8:31déjà tu ne comprends pas donc on ne va pas aller plus loin.
- 8:35Et après je contacte une société de production que je connaissais un peu de nom et du coup je les contacte et eux ils sont partants.
- 8:45Donc je me dis bon ok,
- 8:46déjà...
- 8:47ça c'est une bonne chose,
- 8:48ils sont partants et ils me disent ok,
- 8:50donc on est partants mais on va devoir d'abord vendre enfin donner envie aux acheteurs d'acheter ton documentaire donc il va falloir faire une vidéo etc donc là on a d'abord eu l'aide du CNC pour
- 9:06faire justement un pilote donc ce pilote on le fait,
- 9:09on le crée et en fait on le propose on l'envoie à toutes les chaînes qui nous intéressaient
- 9:14Donc ça a été
- 9:16TV5MONDE+, et d'autres chaînes.
- 9:18Et
- 9:19TV5MONDE accepte.
- 9:20Et là je me dis,
- 9:22ok franchement c'est vraiment une bonne chose.
- 9:25Et voilà en fait.
- 9:27Mais en fait l'idée je l'ai eue en...
- 9:29Tu vois comme tu disais,
- 9:30en 2018 j'ai arrêté de me défriser.
- 9:33Donc déjà en 2018 j'ai eu ma réflexion.
- 9:35Et en 2019 vraiment je suis en mode,
- 9:36ok je crois que je vais faire un documentaire sur les cheveux afro.
- 9:39Donc de 2019 à 2024,
- 9:41il y a 5 ans.
- 9:42Donc en fait,
- 9:43ça n'a pas été du jour au lendemain.
- 9:46Ça n'a pas été « Ok,
- 9:47j'ai un documentaire sur les cheveux afro » .
- 9:49En fait,
- 9:49ce qui m'a pris du temps,
- 9:50je pense,
- 9:51c'est vraiment déjà ma réflexion,
- 9:54faire mes recherches,
- 9:56et puis après j'allais en plus travailler à côté,
- 9:57donc il y a ça aussi.
- 9:59Et aussi d'avoir des sociétés de production qui ont d'autres choses à faire.
- 10:03parce qu'ils ont d'autres projets,
- 10:04etc.
- 10:05Donc,
- 10:05ils croient en votre projet,
- 10:06mais en même temps,
- 10:07ils ne sont pas à
- 10:08100% là-dessus,
- 10:09parce qu'en fait,
- 10:09pour l'instant,
- 10:10ça ne leur apporte pas d'argent.
- 10:11Donc,
- 10:13je pense que tout ça,
- 10:13ça a mis du temps.
- 10:14Il y a eu le Covid,
- 10:15etc.
- 10:15Donc,
- 10:15en fait,
- 10:16au bout de cinq ans,
- 10:17j'ai pu faire une série documentaire.
- 10:19Mais je pense que là,
- 10:20si je veux faire une série documentaire demain,
- 10:22ça va être beaucoup plus simple pour moi,
- 10:24parce que la voie est un peu ouverte.
- 10:27Voilà,
- 10:27quoi.
- 10:29Très bien.
- 10:30Écoute,
- 10:30en tout cas,
- 10:31c'est intéressant que tu racontes...
- 10:32finalement,
- 10:33toutes les étapes que tu as eues et tous les refus,
- 10:36en fait,
- 10:36ou les mésaventures,
- 10:37les déconvenus.
- 10:39Et on sent que toi,
- 10:39tu as été déterminée.
- 10:40Parce que je pense qu'on serait nombreux à se dire,
- 10:44bon,
- 10:45là,
- 10:45ça fait quand même trois fois que je me prends des noms ou des gens qui ont l'air intéressés.
- 10:49Donc,
- 10:49du coup,
- 10:50tu es motivée,
- 10:51tu te dis,
- 10:52tu as de l'espoir.
- 10:53Et puis,
- 10:54finalement,
- 10:54tu n'as plus de nouvelles.
- 10:55Donc,
- 10:56il y a eu pas mal d'étapes où tu aurais pu abandonner l'idée,
- 10:59en fait.
- 11:00Oui,
- 11:00bien sûr.
- 11:00Après...
- 11:01Pour moi,
- 11:03les cheveux à trop,
- 11:04je me disais comment ça se fait qu'on soit en 2020,
- 11:08je me faisais des réflexions,
- 11:09en 2020-2021,
- 11:10il n'y a toujours pas de documentaire qui traite le mouvement Napini.
- 11:15Et je me disais,
- 11:15mais c'est pas possible.
- 11:16Je suis sûre qu'il y a d'autres personnes qui ont eu l'idée de démarcher des chaînes,
- 11:22etc.
- 11:23Mais je ne comprenais pas.
- 11:23Je me suis dit,
- 11:24mais franchement,
- 11:25les chaînes sont en train de passer à côté de quelque chose et elles ne le savent même pas.
- 11:29Je me suis dit,
- 11:30là,
- 11:30non,
- 11:30ce n'est pas possible.
- 11:31Il y a des documentaires aux Etats-Unis,
- 11:33il y a des documentaires à Londres qui traitent du sujet,
- 11:35il y a des documentaires au Canada.
- 11:37On peut aussi avoir,
- 11:38nous,
- 11:39un documentaire qui traite du mouvement d'Afrique sur une chaîne nationale.
- 11:45Je me suis dit,
- 11:46franchement,
- 11:46là,
- 11:46ils ne vont plus avoir le choix.
- 11:49J'étais vraiment déterminée.
- 11:50Sachant que,
- 11:51même le pilote,
- 11:55on était un peu contraints par le temps,
- 11:56parfois.
- 11:57Et du coup,
- 11:59ça mettait un peu des doutes parfois dans l'équipe.
- 12:00Mais moi,
- 12:01j'étais là genre non,
- 12:01mais c'est sûr qu'un documentaire,
- 12:03il va sortir.
- 12:04En fait,
- 12:04si ce n'était pas maintenant,
- 12:07après,
- 12:07ce n'est pas que ça aurait été trop tard,
- 12:08mais il faut qu'on parle aussi d'autres sujets.
- 12:10Parce que là,
- 12:112024,
- 12:12quand on y réfléchit,
- 12:13le mouvement d'appui,
- 12:14il a 20 ans.
- 12:15Il a 20 ans en France.
- 12:16Et je ne dirais pas que c'est qu'aujourd'hui,
- 12:18parce que je ne vais pas dire que mon documentaire,
- 12:20c'est le premier.
- 12:21Mais en tout cas,
- 12:22une chaîne nationale comme TV5,
- 12:24mon plus.
- 12:24Il n'y a pas d'autres chaînes qui traitent de ce sujet-là.
- 12:30Et je me suis dit,
- 12:31c'est même presque un peu trop tard.
- 12:33Mais voilà.
- 12:36Donc déterminée,
- 12:38clairement.
- 12:39Pour aller au bout de l'idée.
- 12:41Est-ce que tu peux parler un petit peu de business model ?
- 12:43Parce que quand tu dis que tu as eu l'aide et que tu as évoqué le CNC pour pouvoir financer le premier pilote,
- 12:50j'imagine qu'au départ,
- 12:52comment ça se passe ?
- 12:54le fait de,
- 12:55je pense que moi j'ai plutôt une expérience mode,
- 12:57c'est un peu tu finances ton premier prototype,
- 12:59ton premier échantillon,
- 13:01et ça en général c'est à toi de trouver les fonds,
- 13:02ou tu peux éventuellement trouver des aides,
- 13:04mais en général pour qu'on puisse valider ton idée,
- 13:07tu es obligée de prévoir des fonds au départ qui sont un investissement personnel.
- 13:11En fait je pense que ça aurait pu être,
- 13:13en fait j'aurais pu le faire avec la société de production,
- 13:16et on aurait pu ne pas avoir de fonds,
- 13:19et le faire vraiment sans fonds,
- 13:22entre guillemets.
- 13:23Mais là...
- 13:25comme il y a des bourses qui sont proposées et que la productrice en question qui est Jius Lalois elle se renseigne sur ce qu'on peut avoir comme financement donc elle a vu que le CNC proposait du coup à l'époque,
- 13:39je crois que c'est toujours valable je pense une bourse en tout cas pour aider les gens qui ont un projet et on a souscrit à la bourse et on a eu du coup cette aide Merci.
- 13:53Et après,
- 13:56on a eu la chaîne.
- 13:58Et quand on a eu la chaîne,
- 13:59on a eu les financements qui allaient avec.
- 14:01Mais tout le monde n'est pas obligé d'avoir un financement pour faire un pilote.
- 14:07Parce que là,
- 14:08c'était vraiment le pilote,
- 14:09ce n'était même pas le documentaire.
- 14:10Mais pour le pilote,
- 14:11on a pu quand même avoir des financements.
- 14:14En fait,
- 14:14Jairus,
- 14:15qui est la productrice,
- 14:17c'est elle qui va chercher des financements,
- 14:18qui va chercher les chaînes.
- 14:20Et elle,
- 14:20elle était au courant,
- 14:21en fait,
- 14:21en faisant ses recherches,
- 14:23elle était au courant que le CNC Talent proposait des aides pour les projets de telle ou telle production.
- 14:35Mais en fait,
- 14:36ce n'était pas dit qu'on ait vraiment une bourse pour faire le pilote,
- 14:44parce qu'on a eu quand même un financement pour faire le pilote,
- 14:46alors qu'on aurait pu ne pas en avoir.
- 14:48et vendre à la chaîne avec les moyens qu'on avait.
- 14:51Mais là,
- 14:52on a pu en avoir.
- 14:53Et après,
- 14:55le financement,
- 14:55on l'a eu au niveau de la chaîne qui a accepté de coproduire et de diffuser
- 15:04Cheveux Afro.
- 15:05Et là,
- 15:05du coup,
- 15:06ça nous permet d'avoir des financements,
- 15:09d'avoir des personnes,
- 15:10des créatifs qui vont matérialiser,
- 15:13on va dire,
- 15:13ma vision et de travailler en équipe plutôt que d'être seule.
- 15:18Parce que le montage,
- 15:18je peux le faire,
- 15:20je peux faire plein de choses,
- 15:20mais je voulais vraiment travailler en équipe parce que tout simplement,
- 15:26un film comme ça,
- 15:27on ne peut pas le faire tout seul.
- 15:29C'est beaucoup mieux d'être en équipe.
- 15:32Très bien.
- 15:33Donc là,
- 15:34en fait,
- 15:35c'est la boîte de prod avec laquelle tu as travaillé,
- 15:37la manière dont vous avez monté et présenté le projet,
- 15:39ça a séduit et ça a fait que vous avez pu avoir,
- 15:43d'une part,
- 15:43les fonds nécessaires pour faire le pilote et ensuite séduire TV5MONDE+,
- 15:47pour qu'eux,
- 15:47ils aient envie de participer à l'aventure avec toi.
- 15:50Exact.
- 15:51C'était vraiment en étape,
- 15:53parce qu'en fait,
- 15:54d'habitude,
- 15:55je sais qu'avant,
- 15:55c'était vraiment des dossiers écrits.
- 15:58Et maintenant,
- 15:59c'est beaucoup mieux de donner à voir aux gens.
- 16:02Vraiment un aperçu de ce que le documentaire sera,
- 16:04sans que ça soit vraiment ça,
- 16:06mais qu'ils aient vraiment l'idée en tête,
- 16:07le ton,
- 16:08l'image,
- 16:09les personnages,
- 16:10le montage.
- 16:11Vraiment qu'ils aient une idée,
- 16:12en fait,
- 16:13de vraiment les convaincre,
- 16:15qu'ils soient vraiment convaincus de l'intérêt,
- 16:18du potentiel du projet.
- 16:19Et ils ont été tout de suite convaincus,
- 16:21vraiment,
- 16:22sans avoir vraiment de commentaire,
- 16:24en fait.
- 16:25Donc voilà.
- 16:27Et à ce stade-là...
- 16:29Quand tu dois convaincre,
- 16:30et d'une part une boîte de prod et ensuite une chaîne avec un pilote,
- 16:35est-ce qu'il y a des tests qui sont faits éventuellement auprès d'une audience pour se dire,
- 16:40nous notre chaîne,
- 16:41ça cible la ménagère de moins de 55 ans,
- 16:43donc on va faire des tests auprès d'une audience pour être sûr que ça va marcher.
- 16:48Est-ce que ça se passe comme ça ou pas du tout ?
- 16:51Pour ma part,
- 16:52en tout cas pas du tout.
- 16:53Parce que les pilotes,
- 16:55déjà c'est vrai qu'on était un peu dans…
- 16:57On était un peu limités par le temps.
- 16:59Et en fait,
- 17:00après,
- 17:00chacun le regarde avec du recul.
- 17:03Parce qu'il faut savoir que quand on a fait le pilote,
- 17:05il y avait moi,
- 17:06il y avait le monteur,
- 17:07il y avait la productrice,
- 17:10il y avait son associé.
- 17:11Donc là,
- 17:11déjà,
- 17:12on a au moins quatre à regarder.
- 17:13Et après,
- 17:15il y a aussi nos familles et tout.
- 17:18Moi,
- 17:18je sais que je peux très facilement demander à ma soeur ce qu'elle en pense.
- 17:21Donc voilà,
- 17:23on était là pour aussi avoir un œil extérieur.
- 17:26On ne l'a pas fait tester à d'autres personnes,
- 17:29enfin,
- 17:29on ne l'a pas montré à d'autres personnes,
- 17:30et surtout qu'il y a aussi le souci de la confidentialité,
- 17:34parce que le pilote,
- 17:35jusqu'à aujourd'hui,
- 17:36on ne l'a pas diffusé,
- 17:38en tout cas,
- 17:39pour ne pas que ça flie,
- 17:41ou que ça soit repris de telle ou telle manière.
- 17:46Donc non.
- 17:47Voilà.
- 17:48Ok,
- 17:48très bien.
- 17:49Donc du coup,
- 17:50c'est vraiment un comité restreint qui valide une idée,
- 17:52et puis ensuite,
- 17:53après...
- 17:55Après,
- 17:56quelles sont les étapes une fois que le pilote est validé ?
- 17:59Ensuite,
- 17:59tu travailles en coproduction avec
- 18:03TV5MONDE+, et la boîte de prod.
- 18:05Après,
- 18:05c'est quoi les étapes en fait ?
- 18:08Alors après,
- 18:09moi j'ai été en juillet 2023,
- 18:13il me semble.
- 18:14J'ai su que TV5MONDE acceptait le projet.
- 18:19Donc c'était l'été.
- 18:20donc en fait comme c'est l'été bon
- 18:22On était un peu,
- 18:23pas en stand-by,
- 18:24mais dans une étape un peu de réflexion,
- 18:27sans être vraiment dedans.
- 18:29Et donc là,
- 18:30à ce moment-là,
- 18:31je me dis que j'ai une chaîne.
- 18:32Vraiment,
- 18:33je pose toutes mes idées,
- 18:35ce que je veux à l'image,
- 18:36ce que je veux au son,
- 18:38ce que je veux dans le décor.
- 18:39Vraiment,
- 18:40je pose tout.
- 18:40Je partage avec la production.
- 18:43On échange,
- 18:44en fait.
- 18:44On échange sur des aspects du documentaire.
- 18:49Et après,
- 18:50par contre,
- 18:51en octobre...
- 18:53En septembre,
- 18:56j'ai commencé à vraiment écrire.
- 18:57Ça veut dire écrire en sachant que même si j'avais déjà pris écrit,
- 19:01là,
- 19:01il fallait vraiment que je fasse des épisodes.
- 19:05Donc comme ils avaient accepté,
- 19:06je me dis,
- 19:06OK,
- 19:07il y a cinq épisodes,
- 19:08un épisode,
- 19:08ça va être ça,
- 19:09le deuxième épisode,
- 19:10ça va être ça,
- 19:10le troisième épisode,
- 19:11ça va être ça,
- 19:11etc.
- 19:12Donc là,
- 19:12c'était vraiment la phase d'écriture.
- 19:15Et comme on était limités aussi par le temps parce qu'on avait une date de diffusion,
- 19:21Il fallait avancer.
- 19:22Donc en octobre,
- 19:22c'était le tournage.
- 19:24Donc le tournage,
- 19:25on l'a fait de octobre à novembre,
- 19:29sur plusieurs journées.
- 19:31Et en novembre,
- 19:32en parallèle,
- 19:33on a commencé le montage.
- 19:34Et après,
- 19:35c'était vraiment écriture,
- 19:37réflexion,
- 19:38écriture,
- 19:39tournage et montage.
- 19:41Et après,
- 19:42c'était la diffusion en avril.
- 19:44Donc en fait,
- 19:45finalement,
- 19:45ça s'est vraiment plutôt enchaîné.
- 19:48Assez vite,
- 19:48quand j'en parle aux gens,
- 19:49ils me disent « mais franchement,
- 19:52ça a été super vite » .
- 19:53Et c'est vrai que finalement,
- 19:54c'était très long d'enchaîner parce qu'en juillet,
- 19:57j'avais déjà la confirmation que j'avais une chaîne.
- 19:59Et en avril,
- 20:00c'était déjà…
- 20:02C'était déjà diffusé,
- 20:03donc au final,
- 20:04tout s'est enchaîné de manière finalement assez rapide.
- 20:08Donc voilà.
- 20:09Et aussi,
- 20:10il y a des échanges avec la chaîne,
- 20:11bien sûr,
- 20:13qui font des retours sur tel ou tel aspect,
- 20:17etc.
- 20:18Et comme ça,
- 20:19on avance.
- 20:20Ok.
- 20:21Donc c'est intéressant que toi,
- 20:22aujourd'hui,
- 20:22avec le recul,
- 20:22tu dis que ça allait très vite.
- 20:23Mais finalement,
- 20:24il y a eu quand même quelque part...
- 20:27À partir du moment où tu as eu le oui,
- 20:29c'est allé très vite.
- 20:30précédemment,
- 20:30en fait...
- 20:31Tu avais eu pas mal de déconvenus,
- 20:33mais le jour où la chaîne t'a dit oui,
- 20:35elle t'a donné une date de diffusion,
- 20:36c'était let's go.
- 20:39Est-ce que dès le départ,
- 20:40toi,
- 20:40tu souhaitais faire une mini-série ?
- 20:42Parce qu'il me semble que la série,
- 20:43c'est 5 épisodes de
- 20:4510 à 15 minutes à peu près,
- 20:46c'est ça ?
- 20:48Toi,
- 20:48c'était déjà ça le concept que tu avais en tête ?
- 20:50Parce que parfois,
- 20:51les documentaires,
- 20:52c'est plutôt des 52 minutes.
- 20:55Donc toi,
- 20:56ce format-là,
- 20:57c'est quelque chose dont vous avez discuté ?
- 20:58Alors au tout départ,
- 20:59moi,
- 21:00je voulais faire une série documentaire.
- 21:02Parce que je voyais déjà que c'était quelque chose d'assez actuel,
- 21:04que maintenant on pouvait traiter un peu les sujets comme ça.
- 21:07Et je trouvais que c'était une bonne manière de découper un documentaire.
- 21:09Ça veut dire qu'on a une thématique,
- 21:12mais on a des sous-thématiques.
- 21:13Et du coup,
- 21:14ça nous permet de mieux centraliser.
- 21:17Et du coup,
- 21:18la série documentaire,
- 21:19ça te permet d'avoir des sous-thématiques et de mieux les traiter,
- 21:22d'être focalisé sur cette sous-thématique.
- 21:25Et donc,
- 21:25quand j'ai eu la première société de production qui m'a lâchée,
- 21:30Elle par contre elle m'avait dit ouais série documentaire non c'est mieux de faire un documentaire unitaire donc un seul bloc donc je l'ai retravaillé comme ça même si je trouvais que bon c'était pas une très bonne idée parce que je voulais quelque chose vraiment de dynamique en fait et je trouvais que ça cassait un peu le dynamisme on va dire ça et
- 21:50après quand j'ai retrouvé une société de production elle m'a dit non c'est mieux une série documentaire et là j'étais genre ok.
- 21:58c'est mieux une série documentaire et en plus comme
- 22:01TV5 ils sont un peu friands de choses un peu jeunes,
- 22:05dynamiques bah finalement ça tombait bien quoi,
- 22:09une série documentaire c'est complètement actuel ça dynamise le propos donc voilà.
- 22:16Ok,
- 22:16super et
- 22:22Donc là,
- 22:23moi,
- 22:23je voulais un petit peu insister sur le côté business model,
- 22:26comment créer un documentaire et en fait,
- 22:29les étapes par lesquelles tu es passé et quel était ton parcours.
- 22:33Maintenant,
- 22:33si on revient en fait au sujet,
- 22:35tu en as un peu parlé,
- 22:36le fait que le mouvement Nappy,
- 22:37le cheveu afro,
- 22:38il y a eu des documentaires aux États-Unis,
- 22:42au Canada,
- 22:43à Londres.
- 22:43C'est ce que tu évoquais,
- 22:44mais finalement,
- 22:44en France,
- 22:45il n'y avait pas de documentaire sur le sujet.
- 22:48Donc,
- 22:48toi,
- 22:48tu évoques ton expérience personnelle qui t'a donné envie d'aborder ce sujet-là.
- 22:53Si on parle un petit peu de ces questions de représentation,
- 22:56de visibilité,
- 22:57est-ce que toi,
- 22:58tu avais à cœur de traiter ce sujet-là parce qu'il était finalement peu visible et c'était quelque part un sujet qu'on pouvait considérer comme un sujet de niche ?
- 23:08Toi,
- 23:09tu avais conscience de ce finalement ?
- 23:12de cet apport que tu allais apporter en termes de représentation,
- 23:15c'est un truc dont tu avais conscience,
- 23:17ou c'est plutôt quelque chose,
- 23:18tu t'en es rendu compte après,
- 23:19mais au départ,
- 23:20c'était ton histoire personnelle que tu voulais raconter ?
- 23:23Non,
- 23:23j'en avais vraiment conscience,
- 23:25et sachant que mon histoire personnelle,
- 23:27j'ai très vite vu que c'était l'histoire d'autres personnes,
- 23:31et en fait,
- 23:32je voulais vraiment que cette histoire soit racontée,
- 23:37qu'on parle de cette histoire,
- 23:38qu'on parle entre nous,
- 23:39ça veut dire que nous,
- 23:39on sait que c'est quelque chose de...
- 23:42de force qui arrivait au niveau des cheveux,
- 23:44etc.
- 23:45On sait,
- 23:45mais je voulais vraiment poser l'histoire,
- 23:48qu'elle existe,
- 23:49qu'on se sente nous-mêmes représentés,
- 23:52qu'on entende nos histoires,
- 23:53qu'on partage,
- 23:55qu'on entende tel ou tel témoignage et que ça nous fasse penser à notre histoire.
- 23:58Je voulais vraiment qu'on se sente représentés.
- 24:01Je voulais vraiment qu'on partage.
- 24:03Je voulais vraiment du partage,
- 24:05mais je voulais aussi qu'on ait du recul sur nos histoires,
- 24:08avec des spécialistes.
- 24:10pour que le défrisage,
- 24:12on l'a pris comme quelque chose d'anodin.
- 24:13Mais en fait,
- 24:14quand on le prend avec du recul,
- 24:15quand on le contextualise,
- 24:17on voit que ce n'est pas quelque chose d'anodin.
- 24:20Donc voilà,
- 24:22ça faisait partie de l'un de mes objectifs,
- 24:24en fait,
- 24:26d'avoir des femmes noires représentées et d'avoir que des personnes noires au casting.
- 24:30Parce que,
- 24:30par contre,
- 24:31ça,
- 24:31c'était une de mes craintes.
- 24:32C'était que,
- 24:33par exemple,
- 24:33la chaîne me dise « Ouais,
- 24:34par contre,
- 24:35ça serait bien d'avoir un spécialiste,
- 24:37peut-être blanc,
- 24:39tu vois. »
- 24:40pour un peu,
- 24:41que ce soit pas trop noir.
- 24:42J'avais vraiment peur que ce soit un sujet,
- 24:44ça n'a pas du tout été un sujet.
- 24:46Mais voilà,
- 24:48du coup,
- 24:48j'étais vraiment contente qu'à la fin,
- 24:49on ait
- 24:5019 femmes noires dans un documentaire,
- 24:53ce qui était légitime.
- 24:54Mais c'était mon souhait,
- 24:56en tout cas la représentation,
- 24:57oui.
- 24:58Très bien,
- 24:58c'est intéressant que tu évoques ça et que tu évoques les craintes que tu avais.
- 25:02Est-ce que toi,
- 25:02tu peux expliquer d'où venaient ces craintes par rapport au fait de présenter,
- 25:06de pitcher finalement ton idée de documentaire Cheveux Afro en disant,
- 25:12ça va être un documentaire où il n'y aura que des témoignages de femmes noires.
- 25:18Toi,
- 25:18c'était quoi les craintes que tu avais en fait ?
- 25:22Ça avait des craintes parce que je me suis dit,
- 25:24tu vois,
- 25:25en France,
- 25:25on a...
- 25:26Peut-être pas trop l'habitude et tout.
- 25:28En plus,
- 25:28c'est un sujet qui va parler,
- 25:30tu vois,
- 25:30il y a de la politique et tout.
- 25:32Donc,
- 25:32je me suis dit,
- 25:32non,
- 25:33mais peut-être que ça va poser problème,
- 25:35en fait.
- 25:36Je me suis dit,
- 25:36peut-être que ça va poser problème.
- 25:37Ils ne vont peut-être pas me le dire spontanément.
- 25:39Mais peut-être que ça va poser problème.
- 25:41Et aussi,
- 25:41j'avais le fait de rencontrer parfois des sociétés de production.
- 25:44On avait rencontré une,
- 25:45justement,
- 25:46pour mon documentaire sur le wax.
- 25:48Et c'était une société de production.
- 25:50Et ils m'ont dit,
- 25:50ouais,
- 25:50c'est hyper intéressant,
- 25:52cette idée de documentaire sur le wax.
- 25:53Par contre,
- 25:54je pense que pour la chaîne française,
- 25:55c'est trop africain.
- 25:57Et je me suis dit,
- 25:58trop africain,
- 25:59c'est-à-dire ?
- 26:01Donc en fait,
- 26:01j'avais peur que d'avoir face à moi des gens qui me disaient « bon,
- 26:09c'est bien le sujet,
- 26:10encore une fois,
- 26:10mais peut-être qu'il y a trop de femmes noires »
- 26:12ou peut-être qu'on peut faire parler à un spécialiste de cheveux,
- 26:15mais qui n'est pas forcément noir.
- 26:16Tout le monde peut parler de cheveux,
- 26:17au final.
- 26:19Je pense que mes craintes venaient de cet entretien que j'avais eu.
- 26:23Et puis de ce qu'on voit à la télé,
- 26:24tout simplement,
- 26:27des documentaires qu'on peut voir à la télé,
- 26:28où parfois même,
- 26:30il se peut qu'il n'y ait que des Noirs,
- 26:31mais le sujet n'est pas très bien orienté,
- 26:33ou n'est pas très bien lié,
- 26:34donc je pense que ça venait de là,
- 26:37mais au final,
- 26:38vraiment,
- 26:38ça n'a pas été un sujet.
- 26:40Super,
- 26:40donc c'est intéressant que tu évoques,
- 26:42quelque part,
- 26:43cette crainte que tu avais,
- 26:43c'est aussi,
- 26:44il y a un certain nombre des refus que tu as eus,
- 26:46pour le coup,
- 26:46tu as pu avoir une boîte de prod qui,
- 26:49quelque part,
- 26:49t'as dit,
- 26:50c'est peut-être un peu trop africain,
- 26:52mais parfois,
- 26:52il y a...
- 26:52Il peut y avoir de refus de gens qui t'ont rien dit,
- 26:55mais quelque part,
- 26:55c'était peut-être pour ça aussi,
- 26:56en fait.
- 26:57Ouais,
- 26:57voilà,
- 26:58c'est ça,
- 26:58on ne saura pas,
- 26:59c'est clair.
- 27:00Et on va dire que c'est peut-être pas ça,
- 27:01ça n'a rien à voir.
- 27:03Mais c'est vrai que je pense qu'il y a des sociétés de production,
- 27:06par exemple,
- 27:06que j'ai contactées,
- 27:08qui étaient convaincues que ce que je proposais,
- 27:11de la manière dont je proposais,
- 27:13ça n'allait pas marcher.
- 27:14Surtout qu'il y en a qui m'ont dit,
- 27:16par exemple,
- 27:17ah ouais,
- 27:17mais c'est très bien d'avoir une femme noire connue,
- 27:22qui va incarner ton documentaire.
- 27:24C'est-à-dire qu'il va parler face caméra,
- 27:26etc.
- 27:27Par exemple,
- 27:28une star ou quelqu'un qu'on connaît,
- 27:31pour que ça donne envie aux gens de regarder.
- 27:34Et d'autres qui ont dit qu'il fallait qu'il n'y ait quasiment que des stars dans le documentaire,
- 27:39parce que sinon,
- 27:40pour que ça fonctionne,
- 27:41etc.
- 27:41Donc il y en a qui ne pensaient pas que ça allait marcher s'il n'y avait que des femmes noires pas trop connues dans le documentaire.
- 27:47Parce que...
- 27:48fond.
- 27:48Pourquoi ça intéresserait peut-être si ce qu'ils se sont dit en rentrée.
- 27:51Et après,
- 27:52il y a d'autres raisons.
- 27:52Je pense qu'ils n'avaient juste pas le temps et d'autres projets.
- 27:55Ok,
- 27:56c'est intéressant que tu partages ça en fait.
- 27:58Donc,
- 27:59quelque part,
- 28:00quand tu pitches le projet,
- 28:02toi,
- 28:03dans le documentaire,
- 28:04il y a des personnalités célèbres dans les 19 femmes dont on voit les interviews,
- 28:10mais pas que.
- 28:11Comment tu as fait ton casting en fait ?
- 28:13Alors,
- 28:14mon casting déjà...
- 28:16je savais ce que je voulais à peu près dire et surtout ce que je voulais dire et du coup j'ai fait d'abord un message sur les réseaux sociaux où je disais que pour une série documentaire,
- 28:31j'étais à la recherche des femmes noires et métisses qui pouvaient parler de leurs cheveux afros donc là j'ai commencé à recevoir plein plein de témoignages et je cherchais vraiment des gens qui aient quelque chose à dire
- 28:44Parce que,
- 28:45enfin,
- 28:45quelque chose à dire sur la durée.
- 28:46Parce qu'en fait,
- 28:47tout le monde peut parler de ses cheveux.
- 28:48Je pense que toutes les femmes noires ont quelque chose à dire sur leurs cheveux.
- 28:51Mais est-ce que tu as une histoire derrière ?
- 28:53Est-ce que tu as quelque chose à raconter ?
- 28:55En sachant que ça dure,
- 28:57voilà,
- 28:57ces cinq épisodes.
- 28:58Enfin,
- 28:58il faut qu'on le voit jusqu'à la fin,
- 29:00en fait.
- 29:01Donc,
- 29:01voilà,
- 29:01avoir des personnes qui pouvaient raconter quelque chose.
- 29:05Ensuite,
- 29:06au niveau des spécialistes,
- 29:07comme je voulais parler...
- 29:10Voilà,
- 29:10je voulais un peu parler de...
- 29:12de société,
- 29:13de cheveux afro à travers la société.
- 29:15J'ai cherché du coup une sociologue,
- 29:17et la sociologue qui a traité le sujet,
- 29:19et qui est l'une des seules à avoir traité le sujet,
- 29:23c'était Juliette Simeralda.
- 29:24Donc j'étais là,
- 29:25je me disais vraiment,
- 29:27il faut absolument que j'ai Juliette Simeralda dans un documentaire.
- 29:30Je savais qu'elle habitait en Martinique,
- 29:31mais je me suis dit non,
- 29:32mais là,
- 29:32vraiment,
- 29:33il faut vraiment qu'elle soit dans mon documentaire.
- 29:36Et après,
- 29:39pour toutes les autres personnes,
- 29:40il y en a...
- 29:41ou que je connaissais directement,
- 29:42que je connaissais par exemple Aïssé Ndiaye,
- 29:45je savais qu'elle,
- 29:46elle était vraiment à fond dans les cheveux,
- 29:48notamment les tresses.
- 29:50Donc je me suis dit vraiment,
- 29:51elle,
- 29:51elle aura forcément quelque chose à dire et il faut qu'elle soit dans mon documentaire.
- 29:55Et puis après,
- 29:56des stars comme Diddy Stone,
- 29:58ça a été vraiment un mail avec le pilote qu'on leur a envoyé et elle a répondu très simplement.
- 30:05Ça veut dire,
- 30:05si t'es pas...
- 30:06Elle a répondu,
- 30:07ok,
- 30:07d'accord,
- 30:08est-ce qu'on peut s'appeler ?
- 30:10pour que tu m'expliques le projet.
- 30:11Je lui ai expliqué le projet.
- 30:12Et en deux,
- 30:13trois minutes,
- 30:13je pense qu'elle avait déjà dit oui.
- 30:15Et voilà,
- 30:15ce n'était vraiment pas compliqué d'avoir,
- 30:18par exemple,
- 30:18Gittston dans ce documentaire-là.
- 30:20Donc voilà,
- 30:21c'était parfois des mails que j'ai envoyés et des annonces casting et ou des gens que j'allais voir directement parce que je savais qu'ils avaient quelque chose à dire.
- 30:31OK,
- 30:31super intéressant.
- 30:33Parce que finalement,
- 30:34dans ce que tu racontes,
- 30:35ce qui va être...
- 30:37Et quand tu fais ton casting,
- 30:38il y a une question qui me vient.
- 30:39Est-ce que tu leur dis déjà à quel moment il se fait le casting ?
- 30:45Est-ce qu'il se fait pour pouvoir finalement présenter le projet et avoir l'accord de Maison de Production et de TV5MONDE+,
- 30:53ou c'est une fois que tu as l'accord de TV5MONDE+,
- 30:55que tu vas finalement commencer à discuter avec ?
- 31:00Parce que là,
- 31:00ce que tu dis,
- 31:01c'est que Didier Ston,
- 31:02tu lui as envoyé un message avec le pilote,
- 31:04mais tu en étais à quelle étape par rapport à...
- 31:06La date de diffusion,
- 31:08en fait.
- 31:08Tu savais déjà que tu avais un accord ou pas du tout ?
- 31:10Par exemple,
- 31:11non,
- 31:12Dizzy Stone,
- 31:12je l'ai vraiment contacté quand j'ai eu TV5MONDE.
- 31:15Et par contre,
- 31:16pour le pilote,
- 31:17c'est là,
- 31:18à ce moment-là,
- 31:18que j'ai fait l'annonce sur les réseaux sociaux.
- 31:22Et après,
- 31:24quand j'ai eu l'accord de TV5MONDE+,
- 31:28j'ai « repioché »
- 31:30dans tous les témoignages qu'on m'avait partagés.
- 31:35pour voir s'il y avait d'autres témoignages peut-être plus forts ou d'autres personnages,
- 31:43on va dire.
- 31:44Parce que par exemple,
- 31:44au pilote,
- 31:45j'avais vu que finalement,
- 31:47cette fille était un peu timide ou n'était pas trop à l'aise.
- 31:52Finalement,
- 31:52je ne sais pas qu'elle n'avait pas autant de choses à dire,
- 31:55mais ça ne pouvait pas durer.
- 31:57En fait,
- 31:58sur cinq épisodes,
- 31:59ça aurait été compliqué d'aller plus loin,
- 32:01on va dire.
- 32:02Donc je suis reparti dans ces...
- 32:06dans le témoignage que j'avais reçu par mail.
- 32:08Et là,
- 32:09j'ai recontacté les filles en leur disant « Bon,
- 32:10ben voilà,
- 32:11j'ai créé le pilote,
- 32:12etc. »
- 32:13Par contre,
- 32:13là,
- 32:13il y a le documentaire qui va vraiment sortir.
- 32:16Est-ce que tu seras intéressée ?
- 32:18Si tu es intéressée,
- 32:19est-ce que tu peux m'envoyer une vidéo de toi où tu te présentes,
- 32:23où tu me réponds à une ou deux questions que je vais te poser par mail,
- 32:26là,
- 32:26et tu me réponds par vidéo pour voir un peu aussi comment elle se comportait devant la caméra,
- 32:31si elle était à l'aise aussi d'en parler,
- 32:32parce que c'est important.
- 32:34Et pour ne pas être surpris,
- 32:36je pense que c'est quelque chose que j'avais appris du pilote,
- 32:40c'est de voir vraiment les gens avant de leur donner rendez-vous.
- 32:47Et voilà,
- 32:48mais pour ce qui est des stars,
- 32:51c'était après,
- 32:53c'était pas pour le pilote.
- 32:57Ok,
- 32:57très bien,
- 32:57donc c'est important d'avoir un petit peu toutes les étapes.
- 33:01Toi,
- 33:02dès le départ,
- 33:03dans le format,
- 33:04cette série en cinq épisodes,
- 33:07c'est vraiment différents portraits de femmes qui racontent un peu leur histoire et leur acceptation au niveau de leurs cheveux.
- 33:17Toi,
- 33:17dès le départ,
- 33:18c'était cette idée-là que tu avais d'avoir un face caméra avec quelqu'un qui raconte son histoire ?
- 33:23C'était ça que tu avais envisagé dès le départ ?
- 33:26Oui,
- 33:26j'avais envisagé ça dès le départ.
- 33:29Mais je voulais vraiment quelque chose de dynamique,
- 33:32inclure de la musique,
- 33:36je voulais vraiment que ça soit vivant.
- 33:38Et je voulais aussi vraiment de la vie,
- 33:40c'est-à-dire montrer des moments de vie où il n'y a que du sonore,
- 33:44où les gens échangent,
- 33:44comme on a pu le voir par exemple dans l'épisode 4,
- 33:47où il y a Fanta qui reçoit deux personnages dans son institut et leur donne des conseils.
- 33:53Je voulais vraiment mélanger les témoignages,
- 33:56les moments de vie.
- 33:57La musique,
- 33:58vraiment faire quelque chose où les gens vont rester captivés.
- 34:02Ça veut dire qu'ils ne vont pas avoir trop le temps de s'ennuyer.
- 34:05En plus,
- 34:05c'est un épisode,
- 34:07c'est
- 34:0710-13 minutes.
- 34:09Donc je voulais vraiment qu'ils soient captivés jusqu'à la fin.
- 34:12Mais le face caméra,
- 34:13oui,
- 34:13c'était quelque chose que j'avais envisagé depuis le début.
- 34:16Mais je n'avais pas envisagé,
- 34:19par exemple,
- 34:20sur les deux premiers épisodes,
- 34:22d'avoir que du face caméra.
- 34:23Mais en fait,
- 34:24je me suis rendu compte qu'un cœur de la vie,
- 34:29à ce moment-là,
- 34:30comme je le voulais,
- 34:31ça ne s'y prêtait pas.
- 34:32Parce qu'en fait,
- 34:33on avait besoin de poser le discours,
- 34:35de comprendre d'où vient ce rejet par rapport aux cheveux,
- 34:38de comprendre d'où vient le défrisant.
- 34:41À ce moment-là,
- 34:41en fait,
- 34:41je ne pouvais pas trop inclure de la vie parce que le défrisage,
- 34:45ce n'est plus trop d'actualité.
- 34:47Donc,
- 34:48inclure quelqu'un qui se défrisait,
- 34:50montrer le défrisage,
- 34:51ça n'avait pas trop de sens pour moi parce qu'au final,
- 34:54il y a beaucoup moins de personnes qui se défrisent.
- 34:56Donc,
- 34:57c'était important,
- 34:57en fait,
- 34:57je me suis rendu compte dans les premiers épisodes,
- 35:00de juste poser l'histoire,
- 35:01d'entendre,
- 35:02d'écouter,
- 35:03de retracer.
- 35:05Et d'après,
- 35:06d'être dans le moment actuel.
- 35:07Donc voilà,
- 35:08on met le mouvement à pied.
- 35:10dans les années 2000,
- 35:112020,
- 35:122024 maintenant,
- 35:13qu'est-ce qui se passe ?
- 35:15Et là,
- 35:16ça se traitait plus de mettre des moments de vie.
- 35:20Mais les faces caméras,
- 35:22en tout cas,
- 35:22c'était inclus dès le départ dans mon scénario.
- 35:27Très bien,
- 35:28super intéressant.
- 35:29Et dans le reportage,
- 35:33dans la série documentaire,
- 35:34ce qu'il y a aussi,
- 35:35c'est un retour sur l'histoire.
- 35:38vraiment une volonté éducative.
- 35:40En fait,
- 35:41ce n'est pas que des femmes qui viennent parler de...
- 35:44Moi,
- 35:44je préfère les...
- 35:45Mais qui parlent de leur coupe de cheveux.
- 35:47Il y a vraiment des explications qui nous donnent des informations sur le pourquoi du défrisage,
- 35:54mais à travers l'histoire,
- 35:55quand est-ce que ça a commencé et comment.
- 35:57Toi,
- 35:57cette volonté d'intégrer cette notion de revenir sur le passé,
- 36:01de reparler de,
- 36:02finalement,
- 36:03quand a été créé le défrisage,
- 36:07et par qui ça a été utilisé au début et pourquoi.
- 36:11Ça,
- 36:11ça faisait aussi partie de ta volonté dès le départ de revenir là-dessus ?
- 36:15Oui,
- 36:15bien sûr.
- 36:16Vraiment,
- 36:16quand je me défrise et que le défrisage se passe mal,
- 36:22je trouve une autre alternative.
- 36:24Au final,
- 36:25l'autre alternative qui est l'issage brésilien se passe mal.
- 36:29Et là,
- 36:29vraiment,
- 36:30je me demande pourquoi j'ai voulu vraiment me défriser les cheveux.
- 36:34comme ça pendant longtemps,
- 36:35j'avais vraiment ce désir d'avoir les cheveux lisses.
- 36:38Vraiment,
- 36:38je me pose des questions,
- 36:39je me dis que ce n'est pas normal.
- 36:40Je me dis vraiment que ce n'est pas normal,
- 36:42c'est sûr que ce n'est pas normal,
- 36:43on est trop nombreuses,
- 36:44il y a quelque chose qui n'est pas normal.
- 36:45Et quand je fais mes recherches,
- 36:47je vois qu'en fait,
- 36:48effectivement,
- 36:48ce n'était pas normal.
- 36:50Et en fait,
- 36:50je me suis dit que le défrisant,
- 36:52c'est fou parce qu'on l'a banalisé et on ne sait pas ce qui était derrière vraiment le défrisant.
- 36:58On ne s'est jamais vraiment posé la question de ce qui était derrière le défrisant,
- 37:01d'où vient le défrisant.
- 37:02Et en fait...
- 37:04Toutes nos pratiques,
- 37:06même capillaires,
- 37:07qui étaient par exemple le défrisant,
- 37:09ça a été banalisé,
- 37:10on n'avait pas de contexte.
- 37:11Mais quand on contextualise,
- 37:13et Juliette Smeralda l'écrit dans son livre « Peau noire,
- 37:15je ne veux créer plus » ,
- 37:16elle dit que quand on prend le défrisage comme un fait social,
- 37:19on comprend beaucoup de choses.
- 37:21Et quand on prend du recul sur le défrisant,
- 37:23on se dit que ça nous dépasse.
- 37:26C'est une histoire qui est bien plus grande que ce qu'on pensait.
- 37:33L'esclavage,
- 37:35on ne l'a pas vécu.
- 37:38On n'a pas vécu tout ça.
- 37:39Et pourtant,
- 37:39ça a des répercussions encore sur nous aujourd'hui.
- 37:42Et vraiment,
- 37:43cette répercussion,
- 37:44c'est vraiment le mot répercussion.
- 37:46Voir que ça avait des répercussions encore sur nous aujourd'hui,
- 37:49pour moi,
- 37:49ça me fascinait,
- 37:51entre guillemets,
- 37:52parce que je me suis dit,
- 37:52c'est dingue qu'on puisse être en 2019,
- 37:56à ce moment-là,
- 37:572019,
- 37:57ouais,
- 37:58et que cette histoire a encore des répercussions sur nous.
- 38:01Enfin...
- 38:03Je trouvais ça vraiment...
- 38:05Ouais,
- 38:05vraiment...
- 38:06C'est pas fascinant,
- 38:07mais...
- 38:08Je sais pas quel mot je peux employer.
- 38:12Mais ouais,
- 38:13c'était important pour moi de revenir sur ça,
- 38:15quoi.
- 38:16De donner du contexte,
- 38:17en fait.
- 38:18De prendre du recul sur tout ce qui paraît anodin.
- 38:20Parce que c'est pas qu'anodin,
- 38:21en fait.
- 38:22Les cheveux,
- 38:22c'est pas que des cheveux.
- 38:23Et là,
- 38:23je l'ai vraiment bien compris.
- 38:27Très bien,
- 38:27en tout cas,
- 38:28pour avoir regardé le reportage,
- 38:30ce que je trouvais intéressant,
- 38:31c'est que c'est vrai que...
- 38:33parfois on peut avoir tendance à se dire quand on va parler déjà qu'il y a un sujet de représentation par rapport à tout ce que peut toucher la communauté afro-caribéenne et que parfois quand on en parle c'est souvent à travers la
- 38:49musique les films,
- 38:51la danse et parfois ça peut être à travers effectivement le cheveu et la mode et ça a un côté parfois un peu superficiel c'est pas des sujets de fond c'est des sujets
- 39:02un peu les apparences,
- 39:04l'entertainment en fait.
- 39:06Et ce que je trouvais intéressant dans ton approche,
- 39:08c'est qu'on va beaucoup plus loin qu'une simple histoire de
- 39:11« je vais chez le coiffeur pour me faire belle »
- 39:13en fait.
- 39:15Il y a quelque chose qui est vraiment lié à c'est quoi l'identité de la femme noire,
- 39:19c'est quoi la beauté pour une femme noire et comment est-ce que ça a pu se construire cette notion de beauté quand on sait que les critères de beauté,
- 39:29ils ont été définis en fait
- 39:31par d'autres populations et...
- 39:34Quand on est diaspora et qu'on vit en Occident,
- 39:39on a accès à des images qui ne sont pas des images dans lesquelles on est représenté.
- 39:43Ça,
- 39:43on le retrouve aussi dans ton reportage.
- 39:46Tu reviens sur...
- 39:48Tu vas partager des magazines,
- 39:50tu vas partager un peu,
- 39:52en fait,
- 39:53à quel moment est-ce qu'on voit finalement des femmes noires en couverture de certains magazines et comment elles sont coiffées,
- 40:00comment elles sont présentées.
- 40:01Ça aussi,
- 40:02c'était important pour toi de raconter cette histoire-là.
- 40:06Oui,
- 40:07et surtout que,
- 40:09par exemple,
- 40:09il y a Clarisse qui dit,
- 40:12à un moment dans le documentaire,
- 40:13en France,
- 40:14je ne voyais pas du tout de femmes noires en magazine.
- 40:18Mais par contre,
- 40:18quand elle allait aux États-Unis,
- 40:20quand elle voyait Essence,
- 40:23tous ces magazines-là,
- 40:24là,
- 40:24elle voyait les femmes noires,
- 40:25en tout cas dans les années 2000.
- 40:27Et en fait,
- 40:29je pense que...
- 40:31Ça a été vraiment un...
- 40:33Comment dire ?
- 40:34En France,
- 40:35je pense que c'était vraiment un sujet que je n'ai pas vraiment analysé à l'époque.
- 40:40Mais en tout cas,
- 40:41je sais que pour Clarisse Libène,
- 40:42par exemple,
- 40:43qui a
- 40:4440 ans,
- 40:45mais pour elle,
- 40:46dans les années 2000,
- 40:48c'était vraiment un sujet de ne pas avoir de représentation en magazine.
- 40:53C'était toujours les mêmes femmes.
- 40:54Et si c'était des femmes noires,
- 40:56c'était des femmes claires.
- 40:57On connaît son histoire.
- 40:59Des femmes claires avec des cheveux lisses.
- 41:02La représentation en France,
- 41:05elle n'existait pas.
- 41:08On n'avait pas de représentation.
- 41:11Et Juliette Smeralda,
- 41:12que je recite,
- 41:15elle dit qu'en France,
- 41:17je pense qu'elle a dit que c'était l'un des pays où c'est vraiment le plus flagrant.
- 41:25Où le manque de représentation a été vraiment le plus flagrant.
- 41:30Donc voilà,
- 41:31j'avais en fait ce désir de...
- 41:33En fait,
- 41:33j'avais vraiment ce désir de vouloir retracer l'histoire de où on était partis.
- 41:37Et beaucoup...
- 41:38Enfin,
- 41:38je sais qu'il y en a qui m'ont dit « Mais pourquoi t'as parlé des États-Unis,
- 41:41etc. ? »
- 41:42En fait,
- 41:42j'ai parlé des États-Unis parce que c'est lié en fait à notre histoire.
- 41:47En tout cas au mouvement nappi français qu'on connaît aujourd'hui.
- 41:52Tout est lié.
- 41:53Ça veut dire que c'est pas que les Noirs afro-américains.
- 41:57C'est aussi lié...
- 41:58aussi aux femmes noires françaises en fait et là on voit que oui il y a des femmes noires françaises qui sont parties aux Etats-Unis donc forcément elles ont apporté ça ici et puis voilà j'ai pas vraiment répondu à ta question,
- 42:13je suis partie ailleurs si si tu as répondu t'inquiète je me suis dit que c'était pas la question si si ça m'a pas choqué,
- 42:24ça m'a parlé t'inquiète
- 42:28Du coup,
- 42:29sur ces notions de représentation,
- 42:34aujourd'hui,
- 42:34en fait,
- 42:35un reportage comme le tien,
- 42:36ça ouvre la voie pour d'autres réalisateurs,
- 42:39pour d'autres vidéastes,
- 42:41pour d'autres finalement créateurs de contenu,
- 42:45d'aller traiter ces sujets-là.
- 42:48Est-ce que toi,
- 42:49du coup,
- 42:49tu as…
- 42:50tu as des demandes,
- 42:51tu as des gens qui viennent vers toi en te disant,
- 42:53moi,
- 42:53j'aurais aussi envie d'aborder tel ou tel sujet.
- 42:57Est-ce qu'il y a finalement,
- 42:59tu sens un engouement par rapport à ces sujets-là ?
- 43:04Et est-ce que tu penses qu'il va y avoir des suites ?
- 43:06J'ai eu beaucoup de gens qui m'ont dit c'était vraiment super bien.
- 43:11Genre,
- 43:11en gros,
- 43:11ça s'était terminé trop vite.
- 43:13En gros,
- 43:14il fallait en faire plus et tout.
- 43:16Et d'autres personnes qui m'ont dit,
- 43:18franchement,
- 43:18à toi
- 43:18t'as vraiment posé le truc et ça va permettre de parler de d'autres sujets.
- 43:23Et moi,
- 43:24j'ai vraiment clairement envie de parler de d'autres sujets dans les cheveux afro.
- 43:30Et pour moi,
- 43:32oui,
- 43:32c'est vraiment que le début.
- 43:33Comme je te disais,
- 43:33le mouvement d'Api,
- 43:35il a 20 ans.
- 43:36Donc,
- 43:37il était temps que...
- 43:37Enfin,
- 43:38il était temps.
- 43:39Voilà,
- 43:40il fallait poser un peu les choses,
- 43:42dire voilà,
- 43:43le mouvement d'Api,
- 43:44il a existé.
- 43:46Il est sûrement encore là,
- 43:47je crois.
- 43:49Et par contre,
- 43:50maintenant qu'on a posé ça,
- 43:51il faut qu'on discute de d'autres choses.
- 43:54Et il y a plein de sujets autour des cheveux.
- 43:55Je pense qu'il y a tellement d'angles.
- 43:59Là,
- 44:00même avec tous les restes de rush qui me restaient,
- 44:02je pense que j'aurais pu faire encore un autre documentaire avec un autre montage.
- 44:07Vraiment,
- 44:07il y a tellement de choses à dire.
- 44:09Donc oui,
- 44:09moi,
- 44:10par contre,
- 44:11j'ai envie de traiter d'autres problématiques comme la perruque,
- 44:15par exemple.
- 44:16La perruque,
- 44:17pour moi,
- 44:17c'est quelque chose que j'aimerais aborder.
- 44:23D'accord.
- 44:24Du coup,
- 44:24toi,
- 44:24l'idée,
- 44:25en tout cas dans ce vers quoi tu as envie d'avancer,
- 44:29c'est potentiellement de rester dans cette thématique du cheveu afro et d'aller raconter d'autres histoires,
- 44:37de créer d'autres miniseries qui vont nous permettre d'explorer finalement l'identité de la femme noire à travers le cheveu.
- 44:50Mais à chaque fois avec des angles et des perspectives différentes.
- 44:53Pour moi,
- 44:54ça restera autour du cheveu,
- 44:55mais comme tu dis,
- 44:57avec des thématiques qui n'ont pas forcément été abordées dans Cheveux Afro,
- 45:04la tête qu'on connaît là maintenant.
- 45:06Mais voilà,
- 45:07d'aller un peu toujours plus loin dans la réflexion,
- 45:10de creuser,
- 45:11parce qu'il y a beaucoup de choses à dire.
- 45:13Il y a vraiment énormément de choses à dire.
- 45:16On peut aller en Afrique,
- 45:19on peut aller...
- 45:20On peut faire plein de choses encore.
- 45:22Donc oui,
- 45:23franchement,
- 45:24c'est vraiment que le début,
- 45:25en tout cas pour moi.
- 45:29Ok,
- 45:29super.
- 45:30C'est intéressant de voir que tu resterais dans cette thématique-là.
- 45:33Et tu te dis que demain,
- 45:34ce serait de continuer à travailler avec un TV5 monde plus,
- 45:39ou tu ne sais pas encore quelle forme ça pourrait avoir à la continuité de cette première série ?
- 45:47Franchement,
- 45:47là,
- 45:48j'aimerais
- 45:49continuer quand même avec TV5MondePlus.
- 45:52Après,
- 45:52je ne sais pas,
- 45:52tu vois,
- 45:53comment ça peut évoluer,
- 45:56si un jour je pourrais m'auto-financer,
- 45:57si j'aurais les moyens de m'auto-financer.
- 45:59Mais en tout cas,
- 46:01TV5MondePlus,
- 46:02pour l'instant,
- 46:03ça reste toujours une option.
- 46:07Mais voilà,
- 46:07je ne sais pas quel tournant,
- 46:09on va dire,
- 46:10ça va prendre,
- 46:10parce que même moi,
- 46:11en te disant,
- 46:12là,
- 46:12je vais explorer d'autres sujets autour des cheveux,
- 46:16avant de créer,
- 46:16enfin,
- 46:17quand j'ai créé Cheveux Afro,
- 46:19Je ne me disais pas,
- 46:20je vais faire une saison 2 ou une saison 3,
- 46:22ou j'aimerais...
- 46:23Enfin non,
- 46:24je ne pensais pas à ça.
- 46:25Mais après,
- 46:25j'ai vu qu'il y avait tellement de choses à dire que je me suis dit,
- 46:28ah si,
- 46:28en fait,
- 46:28je pense que je peux aller faire une saison 2.
- 46:31Donc à voir,
- 46:31vraiment à voir de comment ça évolue,
- 46:36et s'ils sont partants,
- 46:38sinon je prendrai une autre voie,
- 46:40on verra.
- 46:43Ok,
- 46:43super intéressant.
- 46:45En tout cas,
- 46:45que...
- 46:47que ce soit possible et envisageable de continuer avec la même team et de pouvoir aller encore plus loin dans l'exploration de ces sujets-là.
- 47:01Toi aujourd'hui,
- 47:02est-ce que tu penses que tu as choisi le cheveu ?
- 47:06Après,
- 47:07je l'évoquais tout à l'heure,
- 47:07tu as la mode,
- 47:08tu as le cinéma,
- 47:09tu as plein de sujets sur lesquels la question de la représentation de la femme noire et de l'homme noir aussi.
- 47:15Il y a vraiment un sujet à ce que ce soit des femmes et des hommes noirs qui prêtent ces sujets-là et qui aient pour ambition de créer des séries avec des femmes et des hommes noirs qui ne soient pas forcément célèbres comme toi tu l'as fait.
- 47:30Est-ce que tu penses que ça va ouvrir la porte pour que d'autres réalisateurs vidéastes comme toi aillent proposer des choses ?
- 47:41Est-ce que tu penses que demain,
- 47:41on pourrait avoir un catalogue de...
- 47:44plusieurs séries différentes sur plusieurs thématiques différentes.
- 47:46Tu crois qu'on est à une ère où on pourrait avoir ce genre de choses en France ?
- 47:50Ouais,
- 47:51franchement,
- 47:52j'espère déjà.
- 47:53Franchement,
- 47:54j'espère vraiment que là,
- 47:56ça va ouvrir la voie,
- 47:59que même TV Saint-Monde,
- 48:00ils peuvent être,
- 48:01je dirais pas les pionniers,
- 48:05mais il n'y a pas beaucoup de chaînes qui laissent ce genre de sujet exister sur leur plateforme.
- 48:10Il n'y en a pas beaucoup.
- 48:12Et non,
- 48:12j'espère que...
- 48:13En fait,
- 48:13ça veut dire que là,
- 48:15il y a eu quelque chose,
- 48:16donc il y a eu Cheveux Afro,
- 48:17et il y a eu d'autres personnes qui ont fait des documentaires.
- 48:20Ça veut dire qu'il faut continuer et vraiment pas lâcher,
- 48:24pas s'endormir,
- 48:24en fait,
- 48:25je dirais.
- 48:25Parce que comme ça,
- 48:26on ne leur laisse pas le choix.
- 48:30Et comme ça,
- 48:30ça existe,
- 48:31ça existe,
- 48:31c'est toujours là.
- 48:32Et là,
- 48:33je pense qu'au moins là,
- 48:35on sera dans quelque chose de constant,
- 48:36voilà.
- 48:37D'avoir de la constance et de ne pas lâcher.
- 48:39Et je pense que c'est comme ça que,
- 48:40ouais,
- 48:41on peut vraiment avoir...
- 48:43nos sujets,
- 48:45des sujets différents sur des plateformes.
- 48:47Il faut vraiment proposer,
- 48:49même si il y a des fois où on part un peu,
- 48:51on n'est pas sûr que la chaîne va accepter,
- 48:55mais proposer,
- 48:56essayer,
- 48:57et parfois même créer,
- 48:59juste créer des mini-séries,
- 49:01des aperçus qui ne sont pas forcément longs,
- 49:03mais en tout cas de créer quelque chose,
- 49:06de montrer que le sujet intéresse.
- 49:13Pour simplifier,
- 49:14je dirais qu'il y a deux...
- 49:16La question qui me vient,
- 49:16c'est qu'il y a une politique qui voudrait que...
- 49:19On va essayer de travailler avec des chaînes installées nationales,
- 49:23françaises,
- 49:24comme des TV5
- 49:25Monde Plus ou autres,
- 49:27et essayer de voir s'ils peuvent nous faire une place dans leur catalogue qui est très large.
- 49:30Et puis,
- 49:31il y a d'autres,
- 49:31en termes de politique,
- 49:32qui vont se dire,
- 49:33on va créer notre propre média,
- 49:34et puis c'est à travers notre propre média qu'on va finalement...
- 49:38parler de nos sujets.
- 49:40Et donc,
- 49:40il y a des médias aujourd'hui qui ont une audience,
- 49:44qui proposent des contenus et qui sont vraiment ciblés pour la communauté afro-caribéenne.
- 49:50Toi,
- 49:50par rapport à ça,
- 49:52qu'est-ce que tu en penses de ce côté ?
- 49:55Comme les médias nous ont dit non plusieurs fois,
- 49:57certains médias,
- 49:58on va dire traditionnels,
- 49:59classiques,
- 50:00ont créé notre propre voix.
- 50:02Toi,
- 50:02par rapport à ça,
- 50:03si tu commences,
- 50:04sachant que pour le coup,
- 50:04toi,
- 50:05tu as eu une réponse positive d'un média national.
- 50:09Bien sûr.
- 50:10En fait,
- 50:10c'est quelque chose,
- 50:11au départ,
- 50:11moi,
- 50:11quand j'ai fait Cheveux Afro,
- 50:14en fait,
- 50:14déjà,
- 50:14ça m'avait pris beaucoup de temps pour le documentaire sur le wax,
- 50:19enfin,
- 50:19sur mes recherches,
- 50:20l'écriture.
- 50:21Enfin,
- 50:22vraiment,
- 50:22j'avais pris énormément de temps pour,
- 50:24au final,
- 50:24ne pas avoir un documentaire,
- 50:26en tout cas,
- 50:26aujourd'hui.
- 50:27Et après,
- 50:29quand j'ai eu l'idée de Cheveux Afro,
- 50:32je me suis dit,
- 50:32franchement,
- 50:33j'ai pas envie...
- 50:34En fait,
- 50:34j'avais l'impression d'avoir mis beaucoup d'énergie dans quelque chose.
- 50:38qui n'avait pas été finalement rémunéré entre guillemets et je savais que et je savais que j'aurais pu faire chez le veintreau entre guillemets tout seul ça veut dire tout seul ça veut dire filmé monté mais déjà je monte mais je suis pas une honteuse c'est pas mon métier métier et
- 50:58franchement je voulais pas faire quelque chose de grand en étant tout seul et je me suis dit mais en fait chacun a des talents,
- 51:06a des dons.
- 51:07Donc,
- 51:08ce serait bien de pouvoir les mettre à profit pour mon film.
- 51:13Et comme ça,
- 51:14chacun peut participer à ce projet.
- 51:18Et puis,
- 51:19voilà,
- 51:19on a une chaîne.
- 51:19Une chaîne aussi,
- 51:20ça donne du cachet.
- 51:23TV5Monde,
- 51:23c'est quand même une chaîne nationale connue en France.
- 51:27Moi aussi,
- 51:27ça me donne de la visibilité.
- 51:30Ça me donne de la visibilité.
- 51:33Donc,
- 51:34je réfléchissais à tout ça,
- 51:34en fait.
- 51:35Je me suis dit déjà,
- 51:36j'avais pas envie de...
- 51:37De mettre mon énergie,
- 51:38d'être déçue à la fin.
- 51:40En plus,
- 51:41je prends sur mon temps.
- 51:45J'avais tout ça.
- 51:46Avoir la visibilité.
- 51:48Avoir quelqu'un,
- 51:49je sais,
- 51:49qui va financer mon projet.
- 51:53Et d'avoir des gens qui participent.
- 51:55Je comprends qu'on puisse vouloir faire les choses soi-même.
- 51:59Mais après,
- 52:00quelle direction on veut prendre ?
- 52:02Est-ce qu'on a les moyens de le faire ?
- 52:04Est-ce qu'on a le temps pour le faire ?
- 52:05Est-ce qu'on a l'énergie pour le faire ?
- 52:07Après,
- 52:09c'est plusieurs questions,
- 52:10je pense qu'il faut se poser.
- 52:11Qu'est-ce qu'on veut ?
- 52:12Qu'est-ce qu'on veut ?
- 52:13Est-ce qu'on a le temps et l'énergie pour le faire seul,
- 52:16sans argent parfois ?
- 52:19Ok.
- 52:20En tout cas,
- 52:21c'est intéressant.
- 52:21Je pense que les deux pistes sont possibles.
- 52:24Mais c'est vrai que d'arriver à finalement,
- 52:28quelque part,
- 52:29faire en sorte que...
- 52:31Si on veut toucher un maximum des médias nationaux et faire en sorte qu'on ait une portée plus grande et qu'on ne soit pas quelque part un peu ghettoïsé,
- 52:41il y a une vraie réflexion à mener.
- 52:44Je pense que c'est important d'avoir des médias qui parlent de ces sujets-là,
- 52:47mais c'est important aussi d'être visible sur des médias plus importants à portée nationale,
- 52:53même si c'est parfois des combats qui sont compliqués,
- 52:55puisque comme tu l'as dit...
- 52:57Tu as pu rencontrer des producteurs ou des maisons de prod qui t'ont dit ce sujet-là,
- 53:02qui vont orienter la manière dont le sujet devrait être présenté.
- 53:07Et du coup,
- 53:07il y a une forme de déception quand on regarde certains contenus parce qu'on trouve que la manière dont c'est abordé,
- 53:15la manière dont c'est traité,
- 53:16ça ne cible peut-être pas le client que l'on voudrait.
- 53:24le client ou l'audience que l'on voudrait cibler.
- 53:26Parfois,
- 53:27on a l'impression que on cantonne les sujets qui vont traiter de la population afro-caribéenne à des choses d'entertainment et que finalement,
- 53:38ça cible peut-être plus un public caucasien qu'un public africain.
- 53:43Oui,
- 53:44c'est ça.
- 53:44Je pense que ce qui est un peu malheureux parfois,
- 53:48c'est qu'il y a des sociétés de production ou des chaînes qui pensent à la place de leurs audiences.
- 53:54Ça veut dire qu'ils se disent forcément « non,
- 53:56ça,
- 53:56ça ne va pas passer »
- 53:58ou « c'est mieux si tu fais comme ça »
- 53:59ou « c'est mieux si tu dis ça comme ça » .
- 54:02Et en fait,
- 54:02je pense que,
- 54:03sincèrement,
- 54:04je pense que l'audience,
- 54:05parfois,
- 54:05ne pense même pas.
- 54:07L'audience,
- 54:07parfois,
- 54:08attend juste autre chose que ce qu'on leur propose.
- 54:10Et au final,
- 54:11on le voit avec la télévision française.
- 54:15Quand j'allume la télé,
- 54:16moi,
- 54:17ça ne me parle même plus.
- 54:20Je passe beaucoup moins de temps à regarder les chaînes que je regardais avant.
- 54:24Mais parce que je pense qu'il n'y a rien de jeune,
- 54:27en fait,
- 54:27dans les chaînes,
- 54:28en tout cas classiques françaises.
- 54:30Parce qu'ils se disent que,
- 54:31de toute manière,
- 54:31la personne qui regarde,
- 54:33c'est telle ou telle personne,
- 54:34que les gens vont aimer ça,
- 54:35qu'ils préfèrent ça.
- 54:37Et en fait,
- 54:38je pense que des fois aussi,
- 54:38les gens...
- 54:39Ils aimeraient qu'on leur propose tout simplement autre chose.
- 54:42Et ouais,
- 54:43je pense qu'il y a beaucoup de sociétés et de chaînes qui pensent à la place de l'audience.
- 54:48Et ça,
- 54:48ça peut être compliqué.
- 54:49Ça peut nous donner envie,
- 54:51comme tu disais tout à l'heure,
- 54:52de vouloir faire les choses soi-même,
- 54:54sans qu'on ait quelqu'un derrière qui va toujours remettre en question nos choix,
- 55:00nos mots.
- 55:01Enfin,
- 55:02voilà,
- 55:02d'être libre.
- 55:04La liberté.
- 55:06Très bien,
- 55:06super intéressant que tu évoques tout ça.
- 55:09Donc moi,
- 55:10il faut savoir que le podcast s'appelle Africa Fashion Tour.
- 55:13Et moi,
- 55:15ma volonté au départ,
- 55:16c'était vraiment de donner de la visibilité avec un cœur de sujet mode à des designers qui sont basés sur le continent africain pour pouvoir vraiment donner une image de la mode africaine qui ne soit pas enfermée dans le wax,
- 55:29le boubou,
- 55:29la djellaba,
- 55:30mais qu'on puisse aller découvrir d'autres distorsions.
- 55:33d'autres tissus,
- 55:34d'autres portées,
- 55:35d'autres façons de faire qui existent mais qui ne sont pas visibles.
- 55:38Donc du coup,
- 55:39c'est plus par ignorance qu'on va se faire une idée de ce que peut être la mode africaine que parce qu'on sait,
- 55:47parce qu'on connaît,
- 55:48parce que quand on commence à découvrir,
- 55:49on se dit que la vision qu'on en avait est complètement déconnectée de la réalité qui peut se passer sur le continent.
- 55:56Et ce qui m'intéresse souvent,
- 55:57c'est d'interroger des gens qui sont basés sur place.
- 56:00Et de plus en plus,
- 56:01en termes de lignes éditos,
- 56:02Je vais aller sur des sujets qui sont liés à l'art contemporain,
- 56:05à la musique,
- 56:07pourquoi pas à la gastronomie.
- 56:08Et ça m'intéressait aussi de te donner l'opportunité de t'exprimer,
- 56:11parce que je pense qu'on est sur ces sujets de représentation,
- 56:15de visibilité.
- 56:17À un moment donné,
- 56:18il faut aussi prendre la parole pour pouvoir parler des sujets en mettant en avant.
- 56:22Effectivement,
- 56:23on est en partie pris fort comme le tien,
- 56:25qui était de mettre en avant une vingtaine de femmes noires qui vont parler.
- 56:30elle-même du sujet du cheveu et aussi de faire intervenir une experte du sujet et qui soit elle-même une femme noire,
- 56:37en fait,
- 56:38afro-caribéenne.
- 56:39Et ça,
- 56:40ça rejoint complètement,
- 56:41en fait,
- 56:42moi,
- 56:42les sujets qui m'intéressent avec ce côté.
- 56:46On va aller rentrer dans le détail de comment l'histoire,
- 56:49elle s'est construite et pourquoi est-ce qu'aujourd'hui,
- 56:52quand on dit mode,
- 56:53on parle de wax ou quand on pense à cheveux,
- 56:55à un moment donné,
- 56:56on a un raccourci qui est un beau cheveu,
- 56:58un cheveu lisse,
- 56:59en fait.
- 57:00Et c'est intéressant de comprendre comment l'identité noire,
- 57:05elle a pu souffrir comme ça de stéréotypes et on a besoin de travail comme le tien pour déconstruire en fait ces idées qui,
- 57:13finalement,
- 57:13quand on le réfléchit,
- 57:14elles nous ont plutôt fait du mal en termes de la définition de l'identité noire afro-caribéenne.
- 57:23Toi,
- 57:23ce message-là,
- 57:24tu penses que tu vas continuer à le porter à travers...
- 57:28les différentes initiatives que tu vas prendre ou est-ce que tu te dis après,
- 57:32tu as envie d'aborder des sujets peut-être plus légers et de ne pas être finalement politisé ?
- 57:38Je pense comme je suis vigneuse à côté et que je filme pour des marques de mode et tout,
- 57:47à côté j'ai des cheveux afro et j'aimerais faire d'autres documentaires.
- 57:52Ça me permet d'avoir un équilibre en fait,
- 57:54de ne pas être tout le temps dans le sérieux,
- 57:55enfin je ne dirais pas sérieux mais voilà.
- 57:57de ne pas être tout le temps dans la réflexion,
- 57:59réflexion politique,
- 58:00sociologique et tout.
- 58:02Et comme ça,
- 58:03d'avoir ce travail-là à côté où je filme,
- 58:07genre juste parfois je filme pour des marques,
- 58:10pour moi,
- 58:10ça me permet d'avoir un équilibre et de me permettre en même temps de faire des sujets qui partagent des messages.
- 58:18Donc moi,
- 58:18j'aimerais quand même continuer à...
- 58:20Voilà,
- 58:20j'ai commencé,
- 58:20je me dis que,
- 58:22comme je te disais,
- 58:22il y a encore beaucoup de choses à dire,
- 58:24de continuer à dire des choses,
- 58:25de faire passer des messages,
- 58:27de mettre en lumière nos histoires,
- 58:29de...
- 58:30Voilà,
- 58:30de simplement parfois partager,
- 58:32de prendre du recul en fait aussi sur des pratiques,
- 58:35comme je te disais,
- 58:35qui ne sont pas anodines.
- 58:37Et ouais,
- 58:38j'aimerais quand même continuer,
- 58:40mais voilà,
- 58:41j'ai quand même un équilibre.
- 58:42Ok,
- 58:43très bien.
- 58:43C'est intéressant que tu précises ça,
- 58:44parce que c'est vrai que parfois,
- 58:45quand on est dans finalement des sujets comme ça,
- 58:48sensibles,
- 58:49forts,
- 58:49il peut y avoir parfois,
- 58:51quand on est un peu dans une forme de combat pour la représentation,
- 58:56ça peut être...
- 58:57usant à un moment donné d'être sur ces sujets-là.
- 59:02Du coup,
- 59:03je voulais finir par évoquer le fait qu'aujourd'hui,
- 59:06ton film a été diffusé à l'Assemblée nationale.
- 59:09Est-ce que tu peux nous parler un petit peu de cette expérience-là et de l'impact que tu penses avoir eu auprès des députés ?
- 59:17Bien sûr.
- 59:19C'est vrai que quand
- 59:20Cheveux Afro est sorti,
- 59:21moi,
- 59:22je savais que Cheveux Afro,
- 59:23en fait,
- 59:24ça allait…
- 59:25Voilà,
- 59:26ça allait,
- 59:26comment dire,
- 59:27un peu faire parler,
- 59:29entre guillemets,
- 59:30dans le sens où on parlait de cheveux.
- 59:32Et c'est une femme noire,
- 59:33voilà,
- 59:34ses cheveux,
- 59:35c'est ses cheveux.
- 59:36Et donc,
- 59:37je savais que voilà,
- 59:38ça allait plaire,
- 59:39enfin,
- 59:40que ça pouvait plaire,
- 59:41que voilà,
- 59:41ça parlait de cheveux.
- 59:43Et un mois,
- 59:44ouais,
- 59:45un mois,
- 59:45donc c'est sorti le 24 avril.
- 59:47Et ouais,
- 59:48quelques semaines après,
- 59:49donc il y a
- 59:50Olivier Servat.
- 59:53qui est le député
- 59:55Lyotte, qui nous contacte,
- 1:00:00en fait.
- 1:00:00Et on les avait déjà invités à la vingt-première,
- 1:00:02donc une partie de son équipe,
- 1:00:04mais il n'était pas présent.
- 1:00:05Et il nous contacte pour qu'on projette Cheveux Afro à l'Assemblée nationale.
- 1:00:10Donc là,
- 1:00:11je me disais,
- 1:00:11mais waouh,
- 1:00:12c'est vraiment quelque chose d'inattendu,
- 1:00:14vraiment.
- 1:00:14Il y a des choses à laquelle j'avais pensé.
- 1:00:16Moi,
- 1:00:16je me dis,
- 1:00:16bon,
- 1:00:17les médias vont en parler,
- 1:00:19des médias comme Marie-Claire et tout.
- 1:00:21Mais l'Assemblée nationale,
- 1:00:23c'est pas quelque chose qu'on pense,
- 1:00:25en fait.
- 1:00:26Et comme,
- 1:00:26lui,
- 1:00:28la loi sur la discrimination capillaire avait été acceptée à l'Assemblée nationale,
- 1:00:34du coup,
- 1:00:35ça s'emboîtait bien,
- 1:00:36parce que la loi a été acceptée,
- 1:00:40adoptée le 28 mars,
- 1:00:42et mon film est sorti le 24 avril.
- 1:00:44Donc,
- 1:00:44en fait,
- 1:00:45il y a un mois d'écart entre les deux,
- 1:00:47et c'était pas du tout prévu.
- 1:00:48Enfin,
- 1:00:48vraiment,
- 1:00:49il n'y avait pas de...
- 1:00:50concertation,
- 1:00:52et donc c'était fou qu'en même temps,
- 1:00:54il y ait deux choses différentes,
- 1:00:58donc une loi et un film sortent quasiment au même moment et parlent de cheveux.
- 1:01:03Donc on s'est réunis à l'Assemblée nationale,
- 1:01:06le 3 juin,
- 1:01:07pour la projection de cheveux à trop,
- 1:01:09et ensuite on a eu un échange,
- 1:01:11donc il y a eu beaucoup beaucoup d'échanges,
- 1:01:13de la part du public,
- 1:01:15de la part d'Olivier Servat,
- 1:01:17de J.S.
- 1:01:17Laporte,
- 1:01:18la producrice,
- 1:01:18il y avait Aline Tacite aussi et moi-même.
- 1:01:21Et franchement,
- 1:01:21c'était une très très belle expérience.
- 1:01:24C'était fort aussi d'être à l'Assemblée nationale,
- 1:01:27d'avoir ce film diffusé,
- 1:01:30d'avoir mes parents.
- 1:01:32Pour moi,
- 1:01:32c'était vraiment quelque chose de très fort.
- 1:01:37Et ouais,
- 1:01:37franchement,
- 1:01:38je remercie encore Olivier Servat pour l'invitation parce que s'il ne m'avait pas proposé,
- 1:01:43ça n'aurait pas été possible parce que ce n'est pas quelque chose qu'on s'imagine.
- 1:01:46Donc voilà.
- 1:01:48Super,
- 1:01:49super belle expérience et super beau concours de circonstances.
- 1:01:52Parfois,
- 1:01:52on a les étoiles qui sont alignées.
- 1:01:53En fait,
- 1:01:54il y a finalement tout qui s'enchaîne de manière naturelle et extrêmement positive.
- 1:01:59Ça a été le cas pour toi.
- 1:02:00Mais après,
- 1:02:00je dirais,
- 1:02:02c'est intéressant de rappeler que pendant plusieurs années,
- 1:02:05tu as eu des noms,
- 1:02:07tu es allé d'échec en échec,
- 1:02:09tu es resté déterminé.
- 1:02:10Et puis après,
- 1:02:11quand tu as eu le oui que tu attendais,
- 1:02:13ça s'est enchaîné de manière naturelle et rapide.
- 1:02:18C'est ça.
- 1:02:19Mais vraiment,
- 1:02:19parce que je me dis,
- 1:02:21le documentaire,
- 1:02:22j'étais tellement pressée de le faire et tout.
- 1:02:242019,
- 1:02:25ça veut dire en 2000...
- 1:02:27Ouais,
- 1:02:27j'aurais pu le faire en 2021,
- 1:02:28par exemple.
- 1:02:29En 2021,
- 1:02:30en 2022,
- 1:02:30il aurait pu sortir,
- 1:02:32mais ça n'aurait pas été la même chose.
- 1:02:33Et là,
- 1:02:33en 2024,
- 1:02:35il y a la loi sur la discrimination capillaire,
- 1:02:37il y a le film.
- 1:02:38Ce n'est pas du tout prévu,
- 1:02:40en sachant que la loi aux États-Unis,
- 1:02:42elle est sortie en 2019.
- 1:02:44Donc,
- 1:02:45il y a quand même cinq ans.
- 1:02:46qui séparent les deux mêmes lois,
- 1:02:49entre guillemets,
- 1:02:50sur deux pays différents.
- 1:02:52Donc non,
- 1:02:52franchement,
- 1:02:53comme tu dis,
- 1:02:53c'est un juste retour des choses.
- 1:02:57Mais voilà,
- 1:02:57c'était beaucoup de foi,
- 1:02:58beaucoup de prière aussi.
- 1:03:01Mais au final...
- 1:03:02Voilà,
- 1:03:03ça n'a été que bénéfique.
- 1:03:05Bon,
- 1:03:05très bien.
- 1:03:06Écoute,
- 1:03:06ce sera la note de la fin,
- 1:03:08en fait.
- 1:03:10On va attendre avec impatience la suite.
- 1:03:13Et bien sûr,
- 1:03:14je partagerai dans les notes de l'épisode le lien pour aller voir la série,
- 1:03:19pour ceux qui ne l'auraient pas vue sur
- 1:03:22TV5 Monde Plus.
- 1:03:24Et puis,
- 1:03:25on va te suivre.
- 1:03:26Je partagerai aussi les liens vers tes réseaux sociaux pour te suivre et savoir...
- 1:03:30Quelles sont les prochaines actualités de Rachel en termes de production de contenu ?
- 1:03:36Puisque de ce que tu nous as dit,
- 1:03:38on reste dans cette lignée-là.
- 1:03:40Donc,
- 1:03:40on attend finalement des contenus où il va y avoir de la représentation.
- 1:03:44On va mettre de la lumière de manière pédagogique et subtile sur des sujets qui sont peu visibles.
- 1:03:52Donc,
- 1:03:52merci à toi.
- 1:03:54Merci beaucoup,
- 1:03:55Amatel.
- 1:03:55Vraiment,
- 1:03:55j'ai vraiment apprécié cet échange.
- 1:03:57Donc,
- 1:03:58merci encore pour l'invitation.
- 1:04:00Je t'en prie,
- 1:04:01je te dis à très vite en Afrique ou ailleurs.
- 1:04:04Merci,
- 1:04:04à bientôt.
- 1:04:09Merci d'avoir écouté l'épisode jusqu'au bout.
- 1:04:11Je vous invite à pratiquer quelques petits gestes à impact fort pour m'aider à gagner de la visibilité sur ce podcast.
- 1:04:18Vous pouvez partager l'épisode à trois de vos amis.
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- 1:04:25Je vous invite également à cliquer sur les cinq étoiles pour donner de la force.
- 1:04:30Je vous dis à très vite,
- 1:04:31en Afrique ou ailleurs !