Latest / Les invités de Radio des Ballons / Les bons chiffres du tri des déchets dans les Vosges
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- Thomas Fusain, vous êtes donc le directeur de Citeo au Grand Est. J'ai bien compris. Tout à fait. Rappelons ce qu'est Citeo. Alors, Citeo, c'est une entreprise à mission dont l'objectif est de réduire l'impact environnemental des emballages et des papiers. Et donc, pour ça, on est en lien avec les entreprises pour les accompagner, pour réduire leurs emballages. Et puis, elle verse une contribution financière chaque année en fonction du poids de la taille des emballages. Et avec cette contribution financière, on développe avec les collectivités locales des solutions pour améliorer le tri et le recyclage. Alors, on est où dans cette amélioration ? Ça s'est créé quand ? Alors, Citeo a 30 ans et on a installé le tri dans le domicile des Français petit à petit depuis 30 ans. Et aujourd'hui, on atteint un taux de recyclage en moyenne en France de 75%. 75% des emballages et des papiers qu'on consomme sont effectivement recyclés, alors avec des disparités d'une région à l'autre. Et aujourd'hui, c'est vrai qu'on célèbre sur le territoire des Vosges et donc avec le syndicat Evodia, la bonne performance, les bons résultats du tri et du recyclage. Une évolution considérable en ces 30 ans ? Oui, ça a énormément. On est parti vraiment de rien. Il y a 30 ans, on recyclait un petit peu le verre. Il n'y avait pas toutes ces filières de recyclage. Et en 30 ans, on a mis en place le tri chez l'habitant, des bacs jaunes partout, des centres de tri dans les territoires, le développement de nouvelles filières de recyclage. Et donc aujourd'hui, on a effectivement un geste de tri qui est pratiqué par 90% des Français, même si on a encore des marges de manœuvre. Ce sont quoi les marges de manœuvre ? Qu'est ce qu'il faut faire encore ? Là, aujourd'hui, où le bas blesse, c'est sur le plastique. On recycle qu'un quart des emballages plastiques. La moitié des bouteilles, par exemple, plastiques, sont recyclées. Alors qu'aujourd'hui, ça paraît, c'est un geste évident et on recycle parfaitement les bouteilles plastiques. Donc, on a un effort à faire sur le geste de tri, de mettre les emballages dans le bon bac. Et donc, le rappel qu'on peut faire aujourd'hui, c'est que tous les emballages et les papiers, tous les emballages et les papiers, tous les emballages plastiques, notamment, vont dans le bac de tri. Le plastique, c'est le gros problème ? Le plastique, c'est le problème, surtout quand il finit soit dans le mauvais bac, parce qu'il ne sera pas recyclé s'il finit dans le bac gris, ou alors, pire, s'il finit dans la nature, dans l'espace public, sur les trottoirs, en ville ou dans nos campagnes, parce que là, on a un vrai risque pour la biodiversité. Donc, le plastique, il faut absolument arriver à le capter, à le mettre dans une poubelle, le mettre dans la bonne poubelle pour qu'il soit recyclé. Et puis, bien évidemment, l'enjeu, c'est de réduire le recours à l'emballage à usage unique. Et pour ça, on a des solutions comme le réemploi. Et on en fait quoi du plastique ? Alors, le plastique aujourd'hui, les emballages plastiques aujourd'hui, ça se recycle parfaitement. On a encore quelques difficultés sur certains types de plastique quand ils sont complexes en mêlant certaines barquettes, où on a encore un peu du mal. Mais on y travaille pour que demain, on ait des solutions sur 100% des plastiques. Mais aujourd'hui, on recycle parfaitement les bouteilles, les bouteilles de soda, les bouteilles d'eau. On recycle les pots de yaourt, on recycle les films en plastique. Donc, dès lors qu'on a un emballage en plastique entre les mains, on peut les mettre au bac de tri et on saura trouver une solution de valorisation pour ces emballages. Donc, les résultats des Vosges sont bons, ça veut dire que les Vosgiens sont plutôt de bons citoyens ? Les Vosgiens sont de très bons citoyens, de très bons trieurs, surtout. Et ça, c'est dû à toutes les actions qui sont menées par le syndicat, par Evodia, par les communautés de communes, les syndicats de collecte. Donc, c'est quoi ? C'est des moyens pour trier à domicile ou à proximité de son domicile, qu'on ait des points de collecte ou des bacs qui ne débordent pas, qui soient au bon endroit, de la communication suffisante pour expliquer aux usagers, aux habitants ce que va devenir leur emballage. C'est ce qui est fait aujourd'hui sur les Vosges et c'est ce qui explique effectivement les bons résultats. Il y a encore des gestes d'incivilité, c'est à dire des sacs qu'on trouve dans les forêts ou autre ? Oui, alors oui, ça, c'est sûr. On observe encore de l'incivilité des dépôts sauvages. Et là dessus, sur la partie des emballages qu'on peut retrouver par terre, sur nos trottoirs, on a aussi des actions avec des conventions, avec les communes souvent, par exemple aussi avec les chaînes de fast food pour voir comment on peut réduire ces emballages qui sont laissés au sol. Et là, il y a différentes solutions. Il y a de l'information, il y a de la pédagogie, il y a du nettoiement, bien sûr. Et puis, il y a des solutions de tri en dehors du domicile, par exemple sur des événements où on n'a pas toujours les moyens de trier. Donc là aussi, on a des solutions et on finance des projets. L'an prochain, vous nous annoncerez d'autres résultats encore meilleurs. J'espère bien, j'espère bien que le syndicat et les Vosges vont continuer à progresser, puisqu'on remarque quand même que dans le bac gris, le bac d'ordures ménagères, il reste encore beaucoup, beaucoup d'emballages qu'on pourrait valoriser et qui, malheureusement, s'ils ne sont pas mis dans le bac de tri, ne le seront pas. Donc, on a encore un peu de potentiel. Patrick Lagarde, président des Vaudias. Alors, c'est un petit peu le bilan d'avant-vacances, là, et des résultats qui sont bons pour les Vosges dans le tri. Effectivement, effectivement, c'est un bon bilan qu'on partage bien sûr collectivement, mais nos performances d'un très bon niveau ont été relevées par Citeo, qui nous a demandé d'organiser une petite manifestation en disant quand des choses vont mal, on le dit souvent, quand elles vont bien, il faut aussi savoir le dire. Le département des Vosges et Vaudias est le champion du Grand Est, déjà. Le champion, effectivement, le département des Vosges est champion du Grand Est. Nos performances sont bien meilleures que celles du Grand Est. Et le département des Vosges a des performances qui, déjà, approchent dans quasiment tous les domaines celles que l'Europe nous oblige pour 2030. C'est dire le chemin parcouru, c'est dire que nous ne sommes pas restés inactifs. Mais il y a encore toujours à faire, mais on peut être fier de ce résultat qui, encore une fois, je le redis, est un résultat collectif. C'est l'ensemble des collectivités adhérentes qui ont pris les mesures qu'il fallait bien, etc. C'est vraiment quelque chose de collectif, mais qui nous permet d'être fiers du résultat que nous avons ainsi obtenu. Tu peux nous donner les principaux chiffres, d'ailleurs ? Entre tous les collectifs, on a progressé de 4,5 kg par habitant depuis l'année 2023. Entre parenthèses, 4,5 kg, c'est 2 millions d'euros d'aides en plus. Et c'est 2 millions d'euros que les Vosgènes et les Vosgènes ne payeront pas. Ce qui nous place quand même dans les bonnes performances. 81 kg pour le Grand Est, nous on en est 90, et on va passer 95. Donc on est au niveau national parmi les meilleurs. Et encore une fois, on se rapproche des performances qui nous sont demandées par l'Europe en 2030. – Mais il faut encore progresser ? – On peut toujours progresser. On peut toujours progresser. À chaque médaille, il y a un revers. Aujourd'hui, s'il doit y en avoir un dans le département, ce sont les refus de tri qui sont encore trop nombreux. Puisque là, on est dans la moyenne nationale, mais on n'est pas meilleur. Et on saurait se satisfaire, nous les Vosgènes, de ne pas être meilleur que le national. – C'est un peu dû à quelques incivilités ? – Dû à des incivilités, mais essentiellement, on retrouve beaucoup de batteries. Et puis surtout, tout ce qu'on a comme problèmes avec ce qu'on appelle des gaz hilarants, protoxyde d'azote, qu'on retrouve et qui sont, d'une part, dangereux pour la santé, mais surtout, qui présentent un danger d'incendie dans le centre de tri et dans nos unités de valorisation énergétique qui sont considérables. Il faut qu'on travaille là-dessus. – Et à ce niveau, il y a plutôt une progression dans le sens inverse, ou ça évolue quand même dans le bon sens ? – Ah, ça n'évolue pas forcément dans le bon sens, mais c'est un sujet qui nous préoccupe et sur lequel on va devoir s'atteler. C'est un sujet qui progresse et qui, en plus, est très dangereux. – Eh bien, attelons-nous, Patrick, et à très bientôt. – On le fera volontiers, merci.