Latest / Les invités de Radio des Ballons / Itinéraire d'un enfant du cinéma
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- Jean-Pascal, tu commets aujourd'hui un nouveau livre. Ah oui, commettre est un mot intéressant dans la langue française. En fait, je transmets, c'est-à-dire que c'est de la mémoire personnelle, mais c'est surtout un besoin de communiquer, d'y souvenir, pour valoriser le cinéma sous tous ses aspects. Parce que le livre aborde beaucoup de sujets. Il y a une partie qui concerne Gérard Mey, l'histoire du cinéma à Gérard Mey, au début du XXe siècle, des premiers films tournés en Perle des Vosges, des techniciens, je pense à Maurice Gilbert, qui était jérômois, qui a fait le son de plus de 200 longs-métrages entre le début des années 70 et la fin des années 80. Il y a des hommages à diverses choses, diverses personnes. Il y a un hommage au début du festival de Gérard Mey, 94, 95, 96. J'ai des choses plus personnelles, ce qui sont mes festivals de Cannes des années 80, par exemple, entre 82 et 90, où j'ai retrouvé des diapositives de l'époque, avec des anecdotes, bien sûr. Et puis il y a une partie qui correspond plus à mes dada, j'allais dire, avec les pionniers du cinéma, le cinéma muet, les tout premiers, qui étaient des gens incroyables, des génies absolus. Il n'y a pas que Charlie Chaplin, il y a Max Linder, français. Il y a évidemment Buster Keaton, Chaplin, j'ai dit, Harold Lloyd. Et puis il y a même un gars qui est un ovni dans le cinéma, qui s'appelait Charlie Bowers. C'est un type qui, dans les années 20, mélangeait l'animation déjà avec le réel. En fait, c'est un livre de... Comment dirais-je ? Un livre de passion et de lien, de transmission avec les jeunes générations, mais pas qu'eux, même avec des adultes. Et puis il y a un chapitre important sur le cinéma à l'ancienne, la projection à l'ancienne, que moi j'ai pratiqué, j'ai eu cette chance-là, avec du film, du vrai film, pas des logiciels et du numérique, du vrai film, du film 35 mm, avec des bobines, et puis des projecteurs qui ne fonctionnaient pas que des lampes, qui fonctionnaient avec des charbons. On faisait l'arc de lumière avec deux charbons. Voilà, c'est tout un univers, le cinéma d'avant 2000, entre 1895 et 2000, qui est chargé de plein de choses, et puis de plein d'artisans, des petites mains. On considère... On dit que c'est des petites mains, ce n'est pas des petites mains. Voilà, un ingénieur du son, ce n'est pas rien sur un film, c'est très important. Oui, parce que dans ta vie, finalement, le cinéma prend une grande importance. Oui, il prend une grande importance parce que j'ai été... On va répéter ce qui a déjà été dit, je suis un peu l'obélix des grandes gueules. Mon père m'a emmené sur le tournage, j'avais 4 ans, je ne me souviens pas, par contre il m'a emmené sur les ruines du tournage, j'avais 11 ans, et ça m'a marqué, et puis ça m'a mis le pied à l'étrier pour m'intéresser au cinéma en général. Donc c'est un long parcours qui est aussi lié à mes années de photographe, à mes quelques années de correspondant de presse, de radio locale, le début des radios locales. Tu les as présidées d'ailleurs. Oui, mais c'est vrai que c'était une période incroyable. En fait, les premières radios locales, c'est quelque chose que plus personne ne vivra. Nous, on a vécu ça. Toutes proportions gardées, je pense que c'est aussi important que, par exemple, dans le cinéma, puisque j'en parle, en parlant de Gérard Mey en 1914, le cinéma itinérant, avec un truc qui s'appelle les dons cinés, qui est un truc complètement fou, c'est-à-dire qu'on amène le cinéma chez les gens, enfin dans la ville, avec un dancing, des gens costumés, c'est tout un univers, et ça dure un an, deux ans, et ça disparaît. Alors ces choses-là, il faut les mettre en valeur, il faut les communiquer, il faut les transmettre, il faut que tout le monde s'approprie cette histoire-là, parce qu'il ne faut pas la perdre, je pense que c'est très important. Alors Jean-Pascal, ça va te conduire maintenant à repartir plus que jamais en tournée. Je pense que la tournée continue, avec Olivier Berthoud, mon éditeur, la tournée des Grandes Gueules qui a déjà 90 dates, qui a une douzaine, une quinzaine de dates jusqu'à la fin de l'année, continue, parce qu'il n'y a pas de raison de s'arrêter, les Grandes Gueules ça intéresse des gens partout, et puis on a un public qui, il y a 30 ans, pouvait être un public de seniors, et qui maintenant, depuis 3-4 ans, est un public de trentenaires, de quadragénaires, qui viennent parfois avec leurs adolescents, pour découvrir les Grandes Gueules, parce que les Grandes Gueules c'est intemporel. Donc on continue cette tournée, dans les Vosges et ailleurs, et puis on va mettre en place une tournée par rapport aux livres sur le cinéma, puisque j'ai fait un film de 14 minutes, qui est en lien avec ce bouquin, et puis avec des questions, des réponses, un débat sur l'univers du cinéma, c'est une autre partie. On reste dans le cinéma, dans les deux cas, mais ce sont deux choses différentes. Il faut aller devant les gens, c'est très très important. Nous on va dans les petites communes, et on s'aperçoit que dans les petites communes, les toutes petites communes, quand on vient un samedi après-midi ou un dimanche après-midi, mais c'est hyper précieux pour les gens, parce qu'ils n'ont rien. Ils ont la télé, certes, mais on leur amène une animation, et un univers qui fait rêver aussi, parce que je n'ai pas parlé de ça aujourd'hui, mais c'était le mot que je voulais mettre en exergue. Je n'ai pas prononcé une fois le mot rêve. En fait, il faut donner du rêve aux gens. Le cinéma, c'est du rêve à la base, donc il faut le transmettre. Alors Les Grandes Gueules, ce n'est pas forcément du rêve, mais c'est un univers qui n'existe plus, et c'est attachant. Les gens s'attachent, ils sont émus de voir ces acteurs-là, qui n'existent plus, ce monde du cinéma des années 60. Le bouquin sur le cinéma, c'est ça, mais en plus grand, avec l'histoire du cinéma depuis, ce n'est pas vieux, ça sort en 30 ans, c'est tout récent, mais on espère qu'on va continuer à intéresser beaucoup de gens, et beaucoup de jeunes surtout, parce que c'est important. Lorsqu'on nous connaît, on sait qu'il y aura toujours des Grandes Gueules. Mais déjà nous, on est des Grandes Gueules, donc on peut continuer. Olivier, c'est toi l'éditeur, tu reparles pour un bouquin avec Jean-Pascal. C'est ça, nous sommes repartis. Forcément, on est connu pour Les Grandes Gueules, donc avec M. Voirin, on a tourné, comme il vous l'a dit, on a fait 90 dates, 16 000 spectateurs, et l'idée de ce bouquin s'est faite très simplement. Un mois de décembre 2025, il me téléphone, il me dit j'ai une idée. Dans la continuité des Grandes Gueules, j'ai beaucoup de documents, énormément de documents, je veux fouiller, fouiller, fouiller, et il me dit j'ai peut-être de quoi faire quelque chose, et j'ai dit bon, go. Donc on a réuni l'équipe, c'est-à-dire Bernard, Pierre, notre maquettiste, je crois qu'il n'est pas loin, Jean-Pascal et moi, et on est repartis sur le même format, le même travail, avec des documents exceptionnels forcément, on a le début du cinéma, dans ce bouquin-là, on a des documents sur le festival de Gérardmer exceptionnel, le festival de Cannes, on a des photos, on voit Delon arriver à Gérardmer. C'était ce jour-là. En plus, c'est un document rare, comme vous le savez, et de là, on a même décidé d'en refaire une tournée finalement. Donc l'idée, c'est peut-être de passer, on va faire cette tournée en plusieurs étapes, on a plein d'idées. On a deux courts-métrages qu'on peut passer en présentant le livre, on a le film de Jérôme Henrico sur son père qui est exceptionnel aussi, pourquoi pas créer des mini-festivals du cinéma entre les grandes gueules, entre les ténéraires d'un enfant, avec tous ces courts-métrages, ces films et autres. Ça, c'est une idée qui mûrit, qui m'a mûri hier soir. Donc je me suis dit qu'on pouvait créer des mini-festivals avec ce qu'on avait dans les mains. Donc voilà, vous êtes le premier à savoir. C'est vraiment exclusif. Donc on va essayer de repartir pour quelques années comme ça. Écoute, continue comme ça, à bientôt pour la tournée. Merci, toi aussi, au revoir. Alors Bernard, toi, c'est l'homme de la maquette. Effectivement, moi, je suis l'homme de la maquette, c'est l'équipe et c'est moi qui mets en page, qui fais la construction du livre, avec tous les éléments que Jean-Pascal me fournit. Et je crée aussi des couvertures. Pour moi qui ai commencé ma vie dans l'imprimerie, c'est un sacré boulot, ça. C'est assez énorme, c'est assez intense, mais en même temps, je découvre beaucoup de choses et surtout la passion de Jean-Pascal. Aujourd'hui, avec le numérique, le métier change ? Avec le numérique, le métier change. Oui, ça devient un petit peu plus facile, on va dire. Et oui, au niveau de la mise en poche, ça reste un peu plus... Et l'édition, ça va bien aujourd'hui ? Alors l'édition, là, il faudrait plutôt poser des questions à Olizel, à Olivier, mais c'est vrai que l'édition, ça se porte plutôt bien, selon, bien sûr, ce qu'on propose, bien entendu. Après, il faut choisir son public aussi. Écoute, à bientôt, on va regarder la maquette du bouquin. Eh bien, merci.