Latest / La Bulle Rhétorique 🎙️ Par Jean-Corentin Poisson / QVEMA - S05E06 - Les clés d’un pitch percutant : leçons de "Qui veut être mon associé ?
Transcript
- 0:00Bonjour à tous et bienvenue dans la Bulle Express,
- 0:02le seul podcast qui débloque une compétence ou un savoir sur la prise de parole en moins de 10 minutes.
- 0:08Moi c'est Jean-Corentin,
- 0:09coach et formateur en pitch et prise de parole.
- 0:11Depuis 2020,
- 0:12j'ai aidé plus de 1300 personnes à faire de la parole une alliée dans leur croissance personnelle et professionnelle,
- 0:18et je vous partage tout dans ces épisodes.
- 0:20Alors que ce soit pour affiner votre leadership,
- 0:22optimiser votre gestion d'équipe ou maîtriser l'art de la persuasion,
- 0:26la Bulle Express,
- 0:27c'est votre accélérateur de succès.
- 0:29Bonne écoute à tous !
- 0:38Bonjour à tous et bienvenue dans ce sixième et avant-dernier épisode de Qui va être mon associé saison 5.
- 0:45Et oui,
- 0:45contrairement à ce qu'a dit Anthony Bourbon sur LinkedIn,
- 0:48ça n'est pas le dernier épisode de la saison.
- 0:51Même s'il n'est pas dans le septième épisode,
- 0:54il reste un épisode.
- 0:55D'ailleurs j'ai l'impression que cette saison...
- 0:57on monte en gamme à chaque épisode.
- 0:59Parce que j'ai encore une fois trouvé que cet épisode était excellent,
- 1:03qu'il avait beaucoup à nous apprendre avec des super projets,
- 1:07des investisseurs qui se sont beaucoup révélés aussi,
- 1:10donc très intéressant encore.
- 1:11D'ailleurs cette saison,
- 1:12on va aller un peu plus loin que ce que j'avais fait les saisons précédentes sur ce podcast,
- 1:16mais je vous garde la surprise pour la fin de cette émission.
- 1:20Et alors que je viens créer ce petit suspense,
- 1:23on va pouvoir s'attaquer tout de suite au débrief des pitches
- 1:26de ce sixième épisode de Qui veut être mon associé ?
- 1:30Alors on commence tout de suite avec Cécile qui venait présenter sa société Tribi.
- 1:40Tribi,
- 1:41c'est une application qui permet de faire des cagnottes pour des anniversaires ou pour toute autre occasion et dans laquelle 5%
- 1:47des sommes collectées sont reversées à des associations.
- 1:50Elle est présentée par Cécile,
- 1:51qui demandait 300 000 euros contre 10%
- 1:54de la société,
- 1:55soit une valorisation à 3 millions d'euros.
- 1:57Ma première remarque sur ce pitch,
- 1:59elle est due en fait au business model de cette société.
- 2:03En gros,
- 2:04Cécile et ses équipes ne se font payer que par le pourboire,
- 2:08c'est-à-dire que chaque personne qui participe à une cagnotte peut donner de son plein gré par choix le montant qu'elle souhaite à l'entreprise.
- 2:16Et ça forcément,
- 2:17c'est le genre de business model qui interroge un peu les investisseurs.
- 2:20Il faut être certain quand même de pouvoir retrouver ses billes quand on investit,
- 2:23ou en tout cas en être convaincu.
- 2:25Là,
- 2:26forcément,
- 2:27les garanties,
- 2:27elles ne sont pas vraiment présentes.
- 2:28Et c'est là qu'il y a une question de Marc Simoncini que je trouve super intéressante.
- 2:32Dans la question qu'il pose,
- 2:33en réalité,
- 2:34ce qu'il veut savoir,
- 2:35c'est en cas de possibilité d'exit,
- 2:37est-ce qu'ils vont préférer changer le monde ou vendre et faire du bénéfice ?
- 2:41Et là,
- 2:41il y a toute la question de la vision qui se pose.
- 2:43Parce que vous voyez,
- 2:44les investisseurs ont besoin de savoir comment vous vous projetez dans l'hypothèse de revendre votre société,
- 2:50dans l'hypothèse d'un exit.
- 2:52C'est à ce moment-là qu'un investisseur va en général retrouver ses billes,
- 2:56qu'il va créer son bénéfice,
- 2:57son ROI.
- 2:58Donc vous devez être clair sur cette question.
- 3:01Parce que finalement,
- 3:02trouver un investisseur dans le cadre d'une startup,
- 3:04c'est déjà préparer son exit,
- 3:07même s'il n'est pas pour tout de suite.
- 3:09Deuxième point qui est très intéressant et qui là aussi...
- 3:11par des étapes d'une entreprise,
- 3:13c'est quand on lui demande pourquoi elle souhaite lever.
- 3:16Sa réponse,
- 3:17je la trouve excellente pour l'accompagner à scaler.
- 3:20Ils ont un modèle qui fonctionne,
- 3:22mais ils ont besoin de le décupler,
- 3:24de le rendre beaucoup plus puissant.
- 3:26Et ça aussi,
- 3:26c'est une question qu'on doit se poser quand on lève des fonds.
- 3:29Pourquoi est-ce qu'on les lève ?
- 3:30Parce que finalement,
- 3:31lever des fonds,
- 3:33c'est partager,
- 3:33c'est donner une part de son travail,
- 3:35de son entreprise,
- 3:36de son bébé presque.
- 3:38à des personnes qui n'y ont pas encore participé,
- 3:40qui ne sont pas encore avec vous.
- 3:42Donc,
- 3:42il faut bien comprendre pourquoi on le fait,
- 3:45pourquoi on est prêt à céder des parts de son entreprise,
- 3:47qu'est-ce que ça va nous amener,
- 3:49qu'est-ce qu'on attend des personnes qui vont investir.
- 3:51Et la réponse,
- 3:52elle est importante,
- 3:53parce que c'est ça qui va convaincre les investisseurs que vous êtes quelqu'un de stratège.
- 3:58Vous savez pourquoi vous levez,
- 3:59et donc ça va les rassurer sur votre capacité à gérer l'entreprise.
- 4:03Alors malheureusement,
- 4:04malgré des chiffres rassurants,
- 4:06Cécile ne va pas convaincre les investisseurs qui,
- 4:08je pense,
- 4:09ne sont pas suffisamment rassurés par son business model.
- 4:12Effectivement,
- 4:13il y a beaucoup d'aléas,
- 4:14ça dépend beaucoup de la volonté des participants,
- 4:16de la volonté des clients,
- 4:18ce qui n'est pas forcément convaincant pour quelqu'un qui donne son argent,
- 4:21qui investit son argent dans une entreprise.
- 4:24Mais je pense que son projet a quand même beaucoup d'avenir,
- 4:26je pense que c'est un très bon moyen.
- 4:28Plusieurs investisseurs l'ont dit,
- 4:29et moi aussi.
- 4:31Je serai de toute façon client moi-même de cette solution,
- 4:34je la trouve très intéressante.
- 4:36C'est un bon modèle,
- 4:37en tout cas si on veut faire les choses un peu mieux que ce qu'on fait actuellement.
- 4:41Et on passe tout de suite à notre second pitch,
- 4:43celui de Cosmos.
- 4:50Cosmos,
- 4:51c'est une société qui fait des shots énergétiques naturels créés par Léo.
- 4:56Et il venait demander 250 000 euros contre 10%
- 4:59de sa société,
- 5:00soit une valorisation à 2,5 millions d'euros.
- 5:03Avant de commencer sur ce pitch,
- 5:05je voulais vous dire que j'ai tourné une analyse détaillée de ce passage.
- 5:09J'ai même fait plus que ça,
- 5:10je l'ai tourné,
- 5:11je l'ai monté,
- 5:12et puis j'ai perdu tout le travail que j'avais fait.
- 5:15Un bug informatique qui fait que je n'arrivais pas à exporter la vidéo,
- 5:19elle refuse de s'exporter,
- 5:20donc je ne peux pas vous la dévoiler pour le moment.
- 5:23Je pense qu'il va falloir que je recommence ce travail à zéro,
- 5:25donc la vidéo sortira plus tard.
- 5:27Mais voici quand même deux leçons qu'on peut retenir de ce passage.
- 5:31La première chose,
- 5:32c'est de faire attention au storytelling inspirationnel.
- 5:35Il le dit avant son passage,
- 5:36Léo veut convaincre Anthony Bourbon d'investir dans sa société.
- 5:39C'est sa cible prioritaire.
- 5:41Et donc il conçoit un pitch qui correspond un peu au fonctionnement d'Anthony Bourbon.
- 5:45Quelque chose de très fort sur le why,
- 5:47sur le storytelling et tout ce qui entoure tout ça.
- 5:49Le résultat,
- 5:50c'est un pitch qui commence par un storytelling très très long,
- 5:54qui lui prend plus de la moitié de son pitch,
- 5:56et qui finalement...
- 5:58ne dit rien du produit,
- 5:59ne dit rien de la société ni de l'entreprise.
- 6:01Ça dit un peu sur l'île,
- 6:03ça raconte l'origine du nom,
- 6:05mais rien sur le projet.
- 6:07Et ça,
- 6:08c'est un très très gros problème.
- 6:10L'accroche par le storytelling,
- 6:11c'est quelque chose que j'aime beaucoup,
- 6:12c'est intéressant.
- 6:13Ça permet de faire rentrer vos interlocuteurs dans le pitch par quelque chose d'assez ludique.
- 6:19Le problème,
- 6:19c'est que ça ne peut pas être juste une histoire comme ça.
- 6:22Il faut que ça soit lié au projet,
- 6:23que ça raconte ce que vous faites,
- 6:24que ça raconte votre parcours.
- 6:26mais que ça serve le projet en lui-même.
- 6:29On peut raconter comment on a eu l'idée du produit,
- 6:31on peut raconter une anecdote où on a eu un problème,
- 6:34et c'est ça qui nous a donné l'idée de créer ce projet.
- 6:36On peut éventuellement raconter pourquoi on s'est lancé dans l'entrepreneuriat,
- 6:40mais dans ce cas-là,
- 6:40ça doit être très court.
- 6:42On ne peut pas laisser plus de place à votre histoire personnelle qu'au projet en lui-même.
- 6:46Et ça,
- 6:46c'est un gros problème,
- 6:48et même Anthony Bourbon a critiqué ça à la fin de son pitch.
- 6:51Donc pour moi,
- 6:52c'est la première erreur de Léo,
- 6:54elle est très importante et ne la refaites pas.
- 6:56oui au storytelling,
- 6:57mais seulement s'il raconte votre projet ou votre produit.
- 7:01Et deuxième erreur,
- 7:03il y avait beaucoup de choses de positives à dire sur ce pitch,
- 7:05mais ça je le redirai dans l'analyse détaillée.
- 7:08Deuxième erreur malgré tout,
- 7:09c'est attention au terme.
- 7:11À un moment donné,
- 7:12il dit qu'il est leader sur le marché des shots énergétiques.
- 7:15Et cette phrase,
- 7:16pour moi,
- 7:17elle est catastrophique.
- 7:18La première chose,
- 7:19et c'est ce que souligne directement Éric Larchevêque,
- 7:22C'est que être leader d'un marché et faire 1 million d'euros de chiffre d'affaires,
- 7:26ça veut dire que clairement,
- 7:28on est sur un marché ultra niché,
- 7:30un tout petit marché.
- 7:32Et donc,
- 7:33il faut l'étendre,
- 7:34ce qui représente un travail de dingue.
- 7:36Créer un marché,
- 7:37c'est beaucoup plus difficile que d'apporter une nouvelle solution à un marché qui existe déjà.
- 7:43Et le deuxième problème avec cette phrase,
- 7:45c'est que je ne suis pas certain qu'elle soit vraie.
- 7:47Mais personnellement,
- 7:48des shots énergétiques,
- 7:49je me souviens que Red Bull en faisait quand j'étais à la fac entre 2009 et 2012.
- 7:54Et très honnêtement,
- 7:56sa boîte est peut-être très bien,
- 7:57mais je ne pense pas qu'il ait réussi à dépasser Red Bull.
- 8:01À moins qu'ils arrêtaient de le faire,
- 8:02c'est possible.
- 8:03Mais dans ce cas,
- 8:04ça pose aussi une question,
- 8:05pourquoi Red Bull a arrêté d'en faire ?
- 8:07Et attention aussi,
- 8:07je ne veux pas dire que Léo a volontairement menti,
- 8:10que ça sera un escroc ou quoi que ce soit.
- 8:11Je ne veux pas du tout qu'on extrapole ce que je dis.
- 8:14Tout ce que je dis,
- 8:14c'est que je pense que...
- 8:15peut-être son benchmark n'est pas assez poussé,
- 8:18que peut-être il ne connaît pas finalement suffisamment bien son marché.
- 8:22Et ça,
- 8:22c'est une très grosse problématique.
- 8:24Donc attention aux mots que vous employez.
- 8:26Oui,
- 8:27on veut des formules qui pètent,
- 8:28on veut quelque chose qui soit percutant.
- 8:30Mais pour autant,
- 8:31on ne doit pas s'éloigner de la réalité.
- 8:33On peut renforcer la perception d'une idée sans mentir ou sans dissimuler une vérité.
- 8:39Suite à son pitch,
- 8:40il va recevoir une proposition d'investissement commune de Alice Labou et Jean-Michel Caram.
- 8:45mais qui vont dévaluer sa valorisation en lui proposant
- 8:48250 000 euros contre 30%,
- 8:51soit une division par 3 de cette valorisation.
- 8:53Il va refuser cette offre et demander à Anthony Bourbon si lui-même ne peut pas lui faire une proposition.
- 8:59Selon moi,
- 9:00c'est une grosse erreur,
- 9:01mais ça je vous expliquerai pourquoi dans la vidéo détaillée.
- 9:04Parce que nous,
- 9:05on passe tout de suite au pitch de Jonathan qui nous présentait Kivala.
- 9:13Pour moi,
- 9:14Kivala,
- 9:15c'est le meilleur passage de cette soirée.
- 9:17Kivala,
- 9:17c'est une application de gestion des digicodes dans les immeubles qui permet notamment de créer des digicodes temporaires,
- 9:24des digicodes à usage unique,
- 9:26ou en tout cas,
- 9:26de ne pas avoir un code que tout le monde a,
- 9:29même quand ils ne sont passés qu'une seule fois dans l'immeuble.
- 9:31Et c'était présenté par son fondateur,
- 9:33Jonathan,
- 9:34qui venait demander 250 000 euros contre 7%,
- 9:38soit une valorisation à 3,5 millions d'euros.
- 9:41J'ai beaucoup aimé ce passage,
- 9:43il était globalement bien réussi,
- 9:45c'était assez classique,
- 9:47mais encore une fois,
- 9:47je le dis très souvent,
- 9:49on n'a pas besoin de faire forcément des choses très originales.
- 9:52L'essentiel,
- 9:53c'est d'être convaincant.
- 9:54Et d'ailleurs,
- 9:55j'aime beaucoup le début de son pitch.
- 9:57Il nous donne un chiffre fort,
- 9:58un chiffre original,
- 9:59puis il explique l'enjeu derrière ce chiffre,
- 10:02ce qui constitue une problématique très bien posée.
- 10:05C'est classique,
- 10:06on l'a vu souvent,
- 10:08mais ça fonctionne,
- 10:09alors pas la peine d'aller chercher plus loin.
- 10:11Donc n'hésitez pas à reprendre ce schéma,
- 10:13un chiffre fort qui interpelle pour capter l'attention dès les premiers mots.
- 10:17Ensuite,
- 10:17on pose l'enjeu derrière ce pitch,
- 10:19c'est-à-dire qu'on vient agiter le couteau dans la plaie,
- 10:21on vient faire un peu mal pour bien faire ressentir la problématique,
- 10:25et on pose justement cette problématique très simplement.
- 10:28Le reste du pitch et des échanges se passe bien,
- 10:31mais il y a juste un point qui,
- 10:32je pense,
- 10:32aurait pu être mieux travaillé.
- 10:35Quand on lui demande le coût de l'installation de son dispositif,
- 10:38il donne un prix qui étonne les investisseurs.
- 10:40Et ensuite,
- 10:41il va donner assez naturellement le prix de ses concurrents.
- 10:44Et là,
- 10:44on est sur des prix qui sont largement au-dessus du prix de sa solution.
- 10:49Alors oui,
- 10:49c'est très bien de dire ça,
- 10:51mais c'est dommage de ne pas le valoriser plus.
- 10:53Pourquoi ne pas avoir évoqué ça très rapidement dans le pitch ou dans les questions,
- 10:57essayer d'amener ce sujet-là ?
- 10:59Et même dans la façon de le présenter,
- 11:00il aurait pu être beaucoup plus bref.
- 11:02vraiment mettre en comparaison ces deux chiffres directement pour jouer sur l'effet de contraste.
- 11:07L'effet de contraste,
- 11:08c'est la perception qu'on a d'une donnée quand elle est seule ou quand elle est mise en parallèle d'un autre chiffre,
- 11:14d'une autre donnée.
- 11:15Alors,
- 11:16on est sur un podcast audio,
- 11:17donc je ne peux pas vous donner un exemple visuel.
- 11:19Mais si vous tapez effet de contraste cercle sur Google,
- 11:22je pense que vous tomberez sur une image.
- 11:24C'est ça l'effet de contraste.
- 11:26La donnée est la même,
- 11:27simplement sa perception va totalement changer.
- 11:30Donc,
- 11:31jouez avec ça.
- 11:32Un chiffre,
- 11:32c'est une donnée brute.
- 11:34C'est quelque chose qui doit être travaillé,
- 11:36qui doit être façonné pour en donner une perception qui va dans notre sens.
- 11:40Soit pour la renforcer,
- 11:41soit pour l'atténuer.
- 11:43J'en ai parlé dans un épisode complet de la Bulle Express,
- 11:46le format dans lequel je vous donne une compétence sur la prise de parole en moins de 10 minutes et je vous mets le lien dans les ressources de cet épisode.
- 11:52Je vous invite vraiment à aller l'écouter.
- 11:54C'est quelque chose qui,
- 11:55pour moi,
- 11:55est essentiel quand on crée son pitch.
- 11:58Donc un passage très réussi pour Jonathan,
- 12:01qui va lever...
- 12:02250 000 euros contre 7%
- 12:04de sa société,
- 12:04plus 4%
- 12:06en BSA.
- 12:06Je vous laisse aller vous renseigner si vous ne voyez pas ce que c'est.
- 12:09Ces 250 000 euros,
- 12:10il les lève auprès d'Anthony Bourbon.
- 12:12Julien Jacob avait proposé de s'associer à Anthony Bourbon sur cette levée,
- 12:16mais Jonathan a préféré garder uniquement Anthony Bourbon.
- 12:19C'est un move qui n'est pas forcément idiot de garder un seul investisseur.
- 12:22Au début,
- 12:22je me suis dit que c'était dommage,
- 12:24mais en fait,
- 12:24ça permet aussi de renforcer l'investissement personnel de l'investisseur dans son entreprise.
- 12:30Avoir beaucoup d'investisseurs qui investissent peu,
- 12:32ça va faire qu'aucun d'entre eux ne va donner du temps pour le projet parce qu'ils n'ont pas beaucoup d'intérêt.
- 12:38Là,
- 12:38on peut penser qu'Anthony Bourbon va peut-être un peu plus s'investir.
- 12:41Et on continue avec Boarding Light.
- 12:48Boarding Light,
- 12:49c'est une première pour qui veut être mon associé,
- 12:52deux candidats qui étaient déjà passés dans l'émission dans une précédente saison et qui reviennent.
- 12:58Il s'agit de Antoine et Renaud qui viennent représenter leur dispositif qui permet d'éviter le mal des transports.
- 13:04Ils n'avaient pas réussi à trouver d'investisseurs dans leur premier passage et cette fois-ci,
- 13:09ils espèrent lever 200 000 euros contre 12%
- 13:11de leur société,
- 13:13soit une valorisation à 1,6 million d'euros.
- 13:16Alors déjà...
- 13:17Ils vont commencer par quelque chose que je trouve très intéressant,
- 13:19mais qu'a priori,
- 13:20ils vont être les seuls à pouvoir mettre en place sur qui veut être mon associé.
- 13:23En tout cas,
- 13:23sous cette forme,
- 13:24c'est l'avant-après.
- 13:26En comparant leur situation actuelle avec celle de leur premier passage,
- 13:30ça leur permet de montrer tout ce qu'ils ont réalisé entre les deux,
- 13:34de jouer sur la preuve par l'exemple.
- 13:36En gros,
- 13:36vous pouvez nous faire confiance parce que ce sur quoi on s'était engagé,
- 13:40point par point,
- 13:41on l'a fait depuis notre dernier passage.
- 13:43Et ils associent ça à un argument par l'autorité,
- 13:46puisqu'ils vont préciser qu'ils sont attestés par l'université de Nice et par une utilisation validée par la Marine Nationale.
- 13:53Donc un très fort argument d'autorité.
- 13:55Ça,
- 13:55c'est des choses sur lesquelles vous pouvez jouer dans vos pitches.
- 13:58Si vous avez des personnes qui attestent de votre utilisation,
- 14:01ou bien des exemples,
- 14:02des choses que vous avez réalisées,
- 14:04des avant-après,
- 14:05des cas d'usage.
- 14:06Tout ça,
- 14:06c'est de la preuve par l'exemple et par l'autorité,
- 14:08et c'est quelque chose qui fonctionne très bien auprès des investisseurs.
- 14:12Parce que ce sont des gages forts de confiance et de crédibilité.
- 14:15Donc c'était très bien joué à eux d'utiliser ça,
- 14:18de jouer sur les changements entre avant et maintenant.
- 14:21Par contre,
- 14:21il y a une chose qu'ils auraient pu un peu mieux faire,
- 14:24c'est quand ils parlent des véhicules autonomes dans lesquels tout le monde est malade.
- 14:28Alors moi j'avoue,
- 14:29je ne le savais pas,
- 14:29je n'ai jamais essayé ça,
- 14:31mais c'est vrai qu'en y pensant,
- 14:32ce n'est pas forcément étonnant.
- 14:33Simplement,
- 14:33je trouve qu'ils insistent très peu dessus,
- 14:36alors que c'est une tendance.
- 14:38Les tendances,
- 14:39je vous en parle souvent.
- 14:40C'est une évolution du marché,
- 14:42soit une création d'un marché,
- 14:43soit une évolution sociétale,
- 14:44une évolution légale ou peu importe.
- 14:46Mais quelque chose qui change et qui justifie que vous allez attaquer ce marché qui crée des opportunités pour vous.
- 14:54Et ça,
- 14:54quand on les identifie,
- 14:56c'est important de s'appuyer dessus.
- 14:59Je trouve qu'ils auraient pu mieux le faire sur cette partie-là,
- 15:02c'est un peu dommage de ne pas l'avoir fait.
- 15:03Donc vous-même,
- 15:04ne faites pas cette erreur.
- 15:06Essayez d'identifier ce qui change dans le monde,
- 15:08ce qui change dans votre marché,
- 15:10ce qui change dans les mœurs,
- 15:11dans les usages,
- 15:12dans les façons de consommer,
- 15:13dans les façons de penser,
- 15:15et sur lequel vous pouvez tabler pour créer plus de croissance,
- 15:18plus de bénéfices.
- 15:19Quelque chose qui va,
- 15:20là encore,
- 15:21rassurer les investisseurs.
- 15:22Alors ce n'est pas une grosse erreur,
- 15:23ce n'est pas quelque chose qui les décrédibilise,
- 15:25simplement c'est une opportunité qu'ils auraient pu manquer.
- 15:29Mais heureusement,
- 15:29ils ont tout de même une proposition de Alice Labou qui réduit un peu leur valorisation et qui leur propose 200 000 euros contre 20%
- 15:37de leur société.
- 15:38Une proposition qu'ils acceptent et j'en suis ravi pour eux.
- 15:41Et ça nous amène à notre avant-dernier pitch,
- 15:44Explores.
- 15:50Explores,
- 15:51c'est une application créée par Alexandre et qui vise à encourager les gens à sortir de chez eux et à reprendre la marque.
- 15:57Pour cette application,
- 15:58il venait demander 150 000 euros contre 10%,
- 16:01c'est décidément la mode dans cet épisode,
- 16:03ce qui représente une valorisation de 1,5 million d'euros.
- 16:07Je vais passer assez vite sur ce pitch,
- 16:09parce que globalement,
- 16:10il est réussi,
- 16:11il fonctionne,
- 16:12c'est un passage assez classique,
- 16:13et globalement,
- 16:14c'est un pitch comme j'en vois assez souvent dans les incubateurs dans lesquels je travaille.
- 16:18Vous allez voir que ce n'est pas étonnant.
- 16:21La première chose que j'aime beaucoup,
- 16:22c'est qu'il pose un argument d'autorité sur lui-même en exposant son parcours.
- 16:27Il est passé par l'école 42 de Xavier Niel,
- 16:29il a travaillé à Station F,
- 16:31donc on le comprend très vite,
- 16:33c'est quelqu'un qui connaît l'écosystème entrepreneurial,
- 16:36qui coche les cases on va dire.
- 16:38Et ça c'est un argument d'autorité parce que ça pose une crédibilité.
- 16:41On sait qu'il va parler le même langage que les investisseurs,
- 16:44qu'il a les fonctionnements,
- 16:45qu'il a les codes,
- 16:46qu'il sait comment les choses fonctionnent.
- 16:48Donc,
- 16:49c'est très simple,
- 16:50c'est classique,
- 16:51mais ça permet de créer une connexion avec les personnes qu'il a en face de lui.
- 16:54Donc,
- 16:54n'hésitez pas à le faire.
- 16:56Si vous êtes passé par des écoles,
- 16:57par des expériences qui parlent aux investisseurs,
- 17:00mettez-les en avant.
- 17:01Si vous avez bossé chez Google,
- 17:02si vous avez fait une école de commerce,
- 17:04une grande école d'ingénieurs ou ce genre de choses,
- 17:06valorisez-le.
- 17:13Et deuxième petit point qui est vraiment un tout petit détail,
- 17:17c'est les intonations.
- 17:19À certains moments,
- 17:19et c'est sans doute sous l'effet du stress,
- 17:22Alexandre a tendance à remonter dans les aigus en fin de phrase.
- 17:25Le problème avec ça,
- 17:26c'est que quand on termine une phrase dans les aigus,
- 17:29comme je le fais actuellement,
- 17:30notre cerveau entend qu'il y a quelque chose qui vient après,
- 17:34et donc il ne termine pas la prise d'information,
- 17:37il attend la suite,
- 17:38etc.
- 17:39Et vous le voyez,
- 17:40c'est quand je descends.
- 17:41dans les graves que notre cerveau entend que c'est terminé.
- 17:45C'est un tout petit détail de forme,
- 17:47mais ça va participer aussi à la clarté et à la bonne perception de votre pitch.
- 17:52Essayez de travailler ça,
- 17:53c'est souvent sous l'effet du stress qu'on va avoir cet effet de monter dans les aigus.
- 17:57Soufflez avant de passer,
- 17:59respirez doucement et si besoin,
- 18:01pensez ces fins de phrase.
- 18:03Et sans surprise,
- 18:04c'est Eric Larchevec qui va investir dans son entreprise,
- 18:07qui ne renégocie pas la valorisation,
- 18:09il estime qu'elle est très bien posée
- 18:11Et là encore,
- 18:11c'est qu'on sent qu'il est face à quelqu'un qui a l'habitude.
- 18:14Et surtout parce qu'il propose une valorisation réduite par rapport à ce qu'ont déjà apporté ses autres investisseurs.
- 18:20Donc ça nous amène à notre dernier pitch,
- 18:23celui de Baobo,
- 18:24pitché par Betsabe.
- 18:31Baobo,
- 18:31c'est une société qui crée des crèmes contre les sécheresses corporelles et notamment et même principalement les sécheresses intimes.
- 18:38Et pour ça,
- 18:39Betsabe venait demander 200 000 euros contre 15%,
- 18:42soit une valorisation à 1,3 million d'euros.
- 18:46Sur cette société,
- 18:47on voit qu'on a de bons chiffres,
- 18:48des associés qui sont très complémentaires.
- 18:50Le branding pourrait peut-être être amélioré,
- 18:52mais globalement,
- 18:54les investisseurs ont l'air assez convaincus de ce qu'ils voient.
- 18:57Simplement,
- 18:57il y a une chose qui est parfois un peu dangereuse,
- 19:00c'est la question du tabou.
- 19:02On le voit très bien,
- 19:02dès le début,
- 19:03Betsabe ne s'en cache pas.
- 19:05elle rentre dans le vif du sujet en parlant sans tabou,
- 19:07sans chichi,
- 19:08de la problématique qu'elle résout avec son entreprise.
- 19:11Et en voyant ça,
- 19:11je me suis posé la question de savoir si elle avait raison ou pas de faire ça comme ça.
- 19:16Parce qu'évoquer des sujets tabous,
- 19:17ça peut créer de la distance avec son public.
- 19:20La question de l'information choquante de la phrase qui va interpeller,
- 19:24qui va faire sortir l'interlocuteur de sa zone de confort,
- 19:28oui,
- 19:28ça peut capter l'attention,
- 19:29mais ça peut aussi créer une déconnexion et sortir l'interlocuteur.
- 19:34public de la relation qu'on peut établir avec lui.
- 19:38Et ça,
- 19:38c'est problématique.
- 19:39Et c'est pour ça que selon moi,
- 19:41il faut bien comprendre que le choc,
- 19:43ça doit être considéré comme un outil,
- 19:46jamais comme une fin en soi.
- 19:48Si on choque,
- 19:48il faut que ça soit volontairement,
- 19:51mais pas dans la volonté de choquer,
- 19:53dans la volonté d'impliquer,
- 19:54dans la volonté de faire comprendre la problématique.
- 19:58Et c'est tout ce qui différencie la députée Ersilia Soudé de ce que dit Betsabe.
- 20:02Et oui,
- 20:03c'est une balle perdue.
- 20:04Parce que finalement,
- 20:05et on le voit à la réaction des investisseurs,
- 20:07ça réussit à capter leur attention et ça leur fait comprendre réellement la problématique qu'ils viennent résoudre.
- 20:13Donc là,
- 20:13pour le coup,
- 20:14le choc,
- 20:15le fait d'aborder un tabou a été très bien utilisé.
- 20:19C'est un outil qui a fait rentrer les investisseurs dans la problématique.
- 20:22Donc faites bien attention,
- 20:24vous,
- 20:24dans vos propres pitchs.
- 20:25Dites-vous que s'il y a une phrase choquante,
- 20:27s'il y a un tabou dans votre projet,
- 20:28s'il y a quelque chose qui peut interpeller,
- 20:30posez-vous la question de comment l'aborder,
- 20:33comment est-ce qu'on va le faire comprendre.
- 20:35Est-ce qu'on y va de façon frontale ou de façon plus pédagogique ?
- 20:39Ça dépendra aussi de votre personnalité et de ce que vous voulez faire ressentir à votre public.
- 20:44En revanche,
- 20:45il y a un problème dans ce pitch,
- 20:47et en fait c'est plutôt dans ce projet,
- 20:49c'est la faible croissance entre 2023 et 2024.
- 20:53Alors ça à la limite.
- 20:54C'est des chiffres,
- 20:54c'est du factuel,
- 20:55mais c'est surtout le commentaire qu'elles en font qui est pour moi dérangeant.
- 20:59Quand les investisseurs leur posent la question de cette faible croissance,
- 21:02elles répondent simplement que c'est une question de récession et que c'est la crise qui touche tout le monde.
- 21:06La guerre en Ukraine,
- 21:07tout ça,
- 21:07tout ça.
- 21:08Et ça pour moi,
- 21:08c'est super problématique,
- 21:10parce que ça peut montrer une forme de déresponsabilisation par rapport aux résultats de sa société.
- 21:15Si votre société,
- 21:16elle dépend autant de l'actualité,
- 21:18c'est qu'il y a un problème.
- 21:19Donc là,
- 21:19en l'occurrence,
- 21:20on parle de crème intime.
- 21:22A priori,
- 21:22s'il y a une problématique,
- 21:23qu'il y ait la guerre en Ukraine ou pas,
- 21:25en France,
- 21:25il y a moyen de se le payer.
- 21:27Donc je pense que cette objection,
- 21:29elle a tout simplement été mal préparée,
- 21:31voire pas du tout anticipée.
- 21:33Et ça,
- 21:33c'est une problématique.
- 21:34Quand vous préparez votre pitch,
- 21:36vous devez aussi préparer les questions-réponses.
- 21:39Votre projet a forcément des points nombreux,
- 21:42des points sur lesquels vous êtes mal à l'aise,
- 21:44sur lesquels vous n'avez pas de réponse précise.
- 21:46Eh bien ça,
- 21:46il faut le préparer.
- 21:47Comment vous allez répondre à ça ?
- 21:49Cette question-là,
- 21:50elles auraient dû l'anticiper.
- 21:52Et pour moi,
- 21:53c'était la grosse erreur dans ce pitch.
- 21:55Mais malgré tout,
- 21:56et heureusement,
- 21:56elles arrivent à convaincre Alice Laboue qui leur fait une proposition de 200 000 euros contre
- 22:0125 %, alors qu'elle proposait à la base 200 000 euros pour 15 %.
- 22:05Cette proposition est acceptée et j'en suis ravi pour elle.
- 22:07D'ailleurs,
- 22:08je pense qu'Alice est sans doute la meilleure personne pour les accompagner,
- 22:11étant donné leur projet.
- 22:13Donc,
- 22:13bravo à elle.
- 22:19Comme je vous le disais au début,
- 22:21j'ai trouvé que cet épisode était super intéressant.
- 22:23On a eu là encore des projets très variés,
- 22:25mais surtout des projets que j'ai trouvé plus sérieux,
- 22:27un peu plus aboutis,
- 22:29mieux travaillés que ce qu'on a pu voir dans d'autres épisodes.
- 22:31Et ça forcément,
- 22:33ça amène à des pitches qui nous donnent des bonnes leçons,
- 22:35qui nous donnent des leçons positives plutôt que des erreurs à corriger,
- 22:39et j'avoue que je préfère faire comme ça.
- 22:40Au final,
- 22:41dans cet épisode,
- 22:42ce sont 800 000 euros qui ont été investis dans les différents projets,
- 22:45avec notamment Alice Labou qui a investi...
- 22:47la moitié des fonds investis dans l'épisode.
- 22:50Et la semaine prochaine,
- 22:51on sera sur un épisode qui sera triplement spécial.
- 22:54D'abord parce que ce sera un épisode spécial inventeur.
- 22:57Donc des projets assez hors du commun.
- 22:59Forcément,
- 22:59je ne les connais pas tous,
- 23:00mais vous verrez qu'il y a des choses très intéressantes.
- 23:02Ensuite,
- 23:02cet épisode signera le retour de mon pote Jean-Pierre Nadir dans le fauteuil des investisseurs.
- 23:07Il a accepté de revenir pour un épisode et j'ai très hâte d'entendre ses légendaires saillies sur les différents projets.
- 23:14Et enfin,
- 23:14dans cet épisode,
- 23:16vous allez voir le pitch de l'un de mes clients,
- 23:18quelqu'un que j'ai accompagné,
- 23:19que j'ai aidé à préparer son passage,
- 23:21et notamment sur la partie des objections dont je vous parlais un peu plus tôt dans l'épisode.
- 23:25Je ne vous en dis pas plus,
- 23:26on verra si vous arrivez à deviner qui c'est,
- 23:28et moi je vous le dirai dans la prochaine analyse.
- 23:30En tout cas,
- 23:30un épisode très prometteur.
- 23:32Mais d'ici là,
- 23:32il y a un autre épisode qui va sortir sur ce podcast,
- 23:35c'est une interview avec Marie Roccasini,
- 23:38que vous avez pu voir dans cette saison de Qui veut être mon associé,
- 23:41avec sa société
- 23:42Maison M.
- 23:43On a passé un peu plus de 30 minutes ensemble pour parler de son parcours,
- 23:46pour parler de son passage dans l'émission,
- 23:48de sa préparation,
- 23:49et surtout pour parler des coulisses de l'émission.
- 23:52L'épisode devrait sortir en début de semaine,
- 23:54donc pensez à vous abonner pour ne pas louper ça.
- 23:57Et puis comme d'habitude,
- 23:58si cet épisode vous a plu,
- 24:00je vous invite vraiment à laisser la meilleure note possible sur votre plateforme d'écoute.
- 24:04C'est l'action la plus simple et la plus importante pour moi,
- 24:07alors s'il vous plaît,
- 24:09prenez ces quelques secondes pour m'encourager.
- 24:11Alors je vous laisse faire ça et nous on se retrouve la semaine prochaine pour de nouveaux épisodes.
- 24:16Allez ciao !