Latest / Off The Record / Off The Record #15 Team 4 Action
Transcript
- 0:00Off The Record
- 0:03Le nom de notre invité du jour vous fera peut-être penser à un blockbuster américain,
- 0:07sauf que l'histoire de Team for Action,
- 0:09c'est du
- 0:10100% belge.
- 0:12Lancé un an avant la naissance de Taylor Swift,
- 0:14le label imaginé par deux frères a depuis fait du chemin et su renouveler,
- 0:17comme son nom l'indique,
- 0:18des équipes pour toujours plus d'action.
- 0:23Off The Record
- 0:26C'est parti pour un nouvel épisode d'Off The Record.
- 0:28le podcast dédié à tous ces Belges un peu fous qui ont un jour décidé de créer des disques.
- 0:35Bonjour Benoît,
- 0:36associé du label Team for Action,
- 0:39ravi de t'accueillir avec nous aujourd'hui.
- 0:42Merci de m'inviter.
- 0:43Alors j'aimerais commencer par une question piège.
- 0:46Où étais-tu le 5 octobre 1988 ?
- 0:49T'en souviens-tu ?
- 0:52En octobre 88,
- 0:54non j'avais 17 ans,
- 0:55à mon avis je devais jouer de la guitare classique.
- 0:59comme je le faisais tous les jours.
- 1:00Certainement ce jour-là j'ai joué de la guitare.
- 1:01Bon et bien ce jour-là tu jouais de la guitare mais c'était aussi le jour de la création du label Team for Action.
- 1:06Comment tu as rejoint cette aventure qu'est Team for Action et surtout et aussi qu'est-ce que Team for Action ?
- 1:15Parce que du coup vous avez une particularité,
- 1:16je pense que tu vas pouvoir nous en parler.
- 1:18Absolument.
- 1:19Alors pourquoi ?
- 1:20Alors d'abord j'ai rejoint le label Team for Action il y a à peu près 5 ans.
- 1:27en m'associant avec les frères Martin qui sont Claude et Christian qui ont des compétences et un historique dans le métier qui m'a vraiment convaincu de les rejoindre.
- 1:39A l'origine,
- 1:40j'ai toujours été musicien,
- 1:41j'ai fait des disques,
- 1:42j'ai écrit mes premières chansons,
- 1:43j'avais 10-11 ans,
- 1:44donc j'ai toujours adoré l'expérience,
- 1:46mais je n'ai pas travaillé dans le secteur musical,
- 1:49j'ai plutôt travaillé dans l'entreprise,
- 1:51dans l'intelligence artificielle,
- 1:53dans des start-up,
- 1:54je suis un peu dans le médical,
- 1:55enfin dans plein de choses.
- 1:57Et par contre,
- 1:58j'ai toujours gardé en parallèle un lien avec la musique.
- 2:00Donc j'ai joué dans des groupes et puis à un moment,
- 2:02j'ai produit le groupe dans lequel je jouais parce qu'il fallait presser un CD et organiser un peu les concerts et trouver des dates.
- 2:10Quand on dit produit,
- 2:10ça veut dire à ce stade financé et mettre la main à la poche.
- 2:13Oui,
- 2:13c'est ça.
- 2:14C'est-à-dire payer les quelques jours de studio,
- 2:16un peu de mix et puis presser le graphiste.
- 2:19Enfin,
- 2:19tout ce qui suit la chaîne.
- 2:20À l'époque où c'était encore quelque chose d'assez liquide,
- 2:24en fait,
- 2:25on vendait beaucoup.
- 2:26sans avoir de distribution,
- 2:27on vendait en coursert.
- 2:30Et j'ai créé une structure quelques années plus tard pour héberger cette activité,
- 2:37qui est partie du One Man Show.
- 2:39C'est aussi une histoire,
- 2:40une anecdote assez amusante.
- 2:41C'était l'actrice française
- 2:45Armel Esniak,
- 2:46qui est bien connue,
- 2:47qui a été un des piliers de
- 2:50Caméra Café et qui a joué dans énormément de films.
- 2:53et beaucoup de pièces de théâtre encore actuellement avec Balasco,
- 2:56avec des personnalités de ce niveau-là.
- 3:01Et via un ami,
- 3:03je me suis retrouvé à héberger les droits d'un spectacle qu'elle jouait à Paris.
- 3:08Et voilà,
- 3:09de fil en aiguille,
- 3:10j'ai dû créer une structure pour héberger ça,
- 3:11pour que le cadre soit quand même un peu solide.
- 3:14Et puis j'ai voulu démarrer dans les one-man-show,
- 3:17parce que je trouvais ça sympa.
- 3:19j'avais quelques liens donc j'ai travaillé avec eux
- 3:22Michel Nabokov qui est un acteur qui est encore très actif maintenant et Nicolas Beuys aussi qui avait démarré un one man show et en fait c'est des gens enfin c'est des personnes adorables mais souvent les humoristes sont pas au D2D les
- 3:37personnes les plus optimistes tout le temps parfois voilà donc c'était rigolo mais surtout je me suis dit mais en fait pourquoi je mets pas mon énergie dans un secteur que je connais qui est la musique même si je suis pas professionnel
- 3:49J'avais quand même déjà roulé un tout petit peu ma bosse et donc j'ai commencé à produire des artistes.
- 3:54Et le premier artiste que j'ai produit c'est Greg Oben,
- 3:58qui est le fils de Steve,
- 4:01qui est malheureusement décédé il y a très peu de temps,
- 4:05et qui m'avait fait écouter à Avignon,
- 4:08quand je suis allé voir Nicolas Beuys,
- 4:10des maquettes qu'il avait faites en français.
- 4:13On me dit « Tiens,
- 4:14voilà,
- 4:14qu'est-ce que tu en penses ? »
- 4:15J'étais loin de l'idée de me lancer vraiment là-dedans.
- 4:18Et de fil en aiguille,
- 4:20il m'a appelé pour un album de Sacha Sotrop sur lequel il jouait et arrangeait des morceaux.
- 4:26Et puis j'ai produit le premier album de Greg Oubagne qui s'appelle Un bel jarrio,
- 4:31qui a très bien fonctionné.
- 4:32On a même eu des passages radio en France,
- 4:35on est allé au Brésil,
- 4:36c'était en plein mondial,
- 4:37donc on a eu la chance d'être invité pour une tournée et de voir aussi un match des Diables Rouges,
- 4:43c'était vraiment cool.
- 4:45Et voilà,
- 4:46j'ai fait quelques projets comme ça,
- 4:48vraiment des projets coup de cœur sans finalité économique,
- 4:55c'est-à-dire qu'il y avait un peu d'argent qui restait du spectacle d'Armel et qui a été investi.
- 5:00C'était plus ou moins un break-even,
- 5:01mais ce n'était pas une activité dont je vivais ou j'attendais une rémunération.
- 5:06J'ai aussi travaillé avec une jeune artiste,
- 5:09Mialena,
- 5:09qui est toujours là,
- 5:10qui est une fille qui a énormément de talent.
- 5:12J'avais été séduit par sa personnalité,
- 5:15sa voix,
- 5:15et là on est parti vraiment dans une démarche de développement d'artistes émergents,
- 5:21avec qui est-ce qu'on va produire,
- 5:22qui va réaliser,
- 5:23quels sont les musiciens,
- 5:24il fallait vraiment tout faire.
- 5:26Donc c'est une expérience qui m'a amené aussi au constat que la probabilité de prendre un projet et de le porter,
- 5:35d'arriver à ce que ça soit totalement professionnel et éventuellement rentable,
- 5:41en tout cas soutenable,
- 5:42au moins break-even,
- 5:44c'était compliqué,
- 5:45il y avait une loi de la masse quand même.
- 5:49Et en fait avec Mialena j'ai rencontré les frères Martin Team for Action.
- 5:54On s'est bien entendu,
- 5:55on s'est bien compris,
- 5:56c'est un label qui est assez large,
- 5:59qui est mainstream,
- 6:00donc ils ont historiquement démarré leur histoire avec,
- 6:04il me semble,
- 6:05Dans ma rue de Philippe Soine,
- 6:07qui a fait un énorme hit,
- 6:08ils ont historiquement Stella,
- 6:10ils ont énormément d'artistes belges,
- 6:13et d'où l'idée de s'associer en disant,
- 6:15moi je ne vais pas garder ma petite structure où je fais pliq-plok et je n'ai pas en fait une équipe,
- 6:20je n'ai pas de relais.
- 6:22Et donc voilà,
- 6:23d'où l'association.
- 6:24Je suis maintenant leur partenaire.
- 6:26Dans ma rue,
- 6:31il y a les cinglés du jogging,
- 6:35les amoureux du lèche-fitrine et des passants comme vous et moi.
- 6:42Dans ma rue,
- 6:44dans ma rue,
- 6:47il y a des poubelles sur notre trottoir.
- 6:52Romane le soir,
- 6:55l'ombre aimée en chemise se nuit dans la rue,
- 7:00mais il y a aussi
- 7:04Amélie des Gars.
- 7:39Des policiers,
- 7:41des voleurs,
- 7:43qui skierent sur un voleur dans la rue.
- 7:48Dans ma rue,
- 7:51il est mort la semaine dernière.
- 7:55Quelqu'un qui supporte pas l'erreur,
- 8:00qui a respiré trop fort dans la rue.
- 8:04Mais il y a aussi un lit,
- 8:07et il y a aussi qu'un lit.
- 8:39C'est certainement une fille qui comme à moi t'a souri,
- 8:43que tu n'oublieras plus,
- 8:45c'est peu de dire tout simplement que tu l'as trouvée jolie,
- 8:49c'est un colline qui t'a plu.
- 8:51Téni,
- 8:55en vous Téni,
- 9:02en vous Téni,
- 9:04Téni.
- 9:10Tu t'y es,
- 9:14et on te tient
- 9:22Nathalie, t'en es une deux
- 9:43Merci pour cette super introduction qui était archi claire et qui montre aussi un petit peu,
- 9:47j'ai l'impression,
- 9:47ton profil de producteur.
- 9:49Je pense qu'on pourra peut-être en reparler après et peut-être que ce que tu as regardé aujourd'hui dans ton travail actuel.
- 9:55Team for Action,
- 9:56c'est plusieurs choses en même temps et j'aimerais bien que tu m'expliques un petit peu quelle est la particularité.
- 10:00C'était du label,
- 10:02slash,
- 10:02plein de choses.
- 10:03Voilà.
- 10:04Alors,
- 10:05historiquement,
- 10:06et c'est vrai que c'est un des axes principaux chez Tim,
- 10:11c'est qu'on est producteur label,
- 10:15mais on est éditeur.
- 10:16Le travail d'éditeur est quand même assez distinct,
- 10:20dans le sens où le travail de l'éditeur,
- 10:22c'est de s'assurer d'abord,
- 10:25c'est très bête,
- 10:26mais toute la documentation,
- 10:27toute la partie...
- 10:29Dépôt des œuvres,
- 10:30suivi des œuvres,
- 10:31collecte des droits est un travail qui demande beaucoup de temps,
- 10:35beaucoup de ressources et qu'on ne peut pas faire de manière isolée.
- 10:39Donc ça c'est un des axes du travail d'édition.
- 10:43L'avantage de l'édition aussi c'est que ça permet sur des artistes un peu plus établis ou même parfois des artistes qui démarrent de faire des avances sur les droits.
- 10:52Donc quand on parie sur un jeune artiste,
- 10:54il y a...
- 10:55Plusieurs sources de revenus,
- 10:56on n'est pas dans le live,
- 10:58c'est un axe de réflexion pour le moment mais on n'y est pas.
- 11:02Les revenus du label c'est principalement les droits voisins du producteur quand on a un contrat de licence et les éditions quand on gère les éditions de l'artiste.
- 11:12Ça nous permet d'avoir un levier avec une certaine garantie de revenus puisqu'on peut prendre les droits.
- 11:22pour autant que le projet se développe correctement.
- 11:25Et le deuxième axe super important au niveau de l'édition,
- 11:28c'est qu'on fait travailler les artistes avec d'autres.
- 11:30On propose,
- 11:32là typiquement,
- 11:32on a signé Soul il y a deux ans,
- 11:34qui est un artiste qui écrit,
- 11:36qui a une plume extraordinaire,
- 11:38un sens à la mélodie incroyable,
- 11:39et qui écrit autant des musiques de films que des comédies musicales,
- 11:44que des collabs,
- 11:44il fait des ateliers d'écriture.
- 11:47Voilà,
- 11:48donc on propose régulièrement qu'ils travaillent avec des gens.
- 11:50Alors ça,
- 11:51c'est une question d'affinité.
- 11:52Là,
- 11:52on a discuté avec Tim Dup récemment.
- 11:54On va essayer de les caler un moment,
- 11:56deux,
- 11:56trois jours,
- 11:57pour qu'ils écrivent des chansons.
- 12:00Et parfois,
- 12:00des jeunes artistes chez nous qui ont peut-être besoin d'être un peu coachés.
- 12:03Donc voilà,
- 12:04le travail d'éditeur,
- 12:05c'est la documentation,
- 12:06s'assurer que l'argent est bien collecté pour l'artiste,
- 12:09parce que c'est juste dommage auprès de la SABAM.
- 12:13mais c'est aussi la documentation de tous les pas parfois il ya des artistes qui tournent à l'international bien référencés leurs dates de concert ça demande quand même coordination avec le management et l'artiste c'est parfois la clove à blé c'est que nous on peut documenter s'assurer que c'est bien fait pour autant que là on
- 12:28est quand même partie de l'information ne peut pas tous les jours à des google et tous les artistes qu'on a en édition donc voilà donc là il ya une partie là et l'autre c'est vraiment les aider à la création à l'origine les aider à collaborer et à faire...
- 12:42mettre leurs oeuvres en avant il y a un troisième axe qui est plus aléatoire mais qui est la partie synchronisation,
- 12:48c'est de mettre les oeuvres des artistes dans des publicités,
- 12:53dans des bandes son de films,
- 12:54dans des séries Netflix ça c'est,
- 12:57donc voilà on a quelqu'un chez nous qui va régulièrement à tous ses congrès,
- 13:01rencontrer des musiques curateurs et tout c'est sûr que quand on a un énorme tube c'est souvent le réalisateur qui vient
- 13:09à l'artiste et alors c'est la maison de disque ou l'éditeur qui est contacté,
- 13:13ça c'est la réalité et parfois on arrive à pousser par affinité ou parce qu'on suscite un intérêt chez un music-curateur.
- 13:26Notre expérience c'est que ce qui cherche surtout les curateurs de musique de film,
- 13:31ce sont des choses extrêmement singulières.
- 13:33Donc quand nous on va présenter le catalogue,
- 13:35on ne va pas forcément présenter les choses les plus mainstream qui ont le mieux marché.
- 13:39On va aller chercher un morceau hyper rock sur un album peut-être un peu confidentiel d'un artiste,
- 13:44mais qui peut tout à fait convenir à des scènes de...
- 13:48Voilà,
- 13:48il y a un meurtre,
- 13:48il y a une bagarre,
- 13:49il y a un truc.
- 13:50Qu'est-ce qu'on mettrait comme musique ?
- 13:51On va plutôt chercher ça que quelque chose de mélodieux,
- 13:53quelque chose de sexy,
- 13:54quelque chose de commercial.
- 13:55C'est plutôt rassurant parce que ça donne aussi une seconde vie à des artistes pour peut-être faire la visibilité d'avoir un tube radio.
- 14:01Absolument.
- 14:01On a eu...
- 14:03Une excellente surprise avec Mudflow,
- 14:07dont un instrumental a été placé dans un jeu vidéo.
- 14:13Depuis,
- 14:13ce morceau stream énormément et donne une actualité à toute sa discographie par ruissellement.
- 14:20C'est chouette,
- 14:21mais ce n'est pas de nous qui avons besoin d'aller le chercher.
- 14:23C'est un des développeurs qui devait écouter ça et qui a demandé que ce soit dans les chansons qui soient.
- 14:30Ils sont sur la bande du jeu.
- 14:31Moi je suis un gamer donc je sais que c'est dans un jeu.
- 16:58Sur le point historique,
- 16:58création en 88 de Team for Action,
- 17:01la partie éditeur,
- 17:02édition,
- 17:03qui devient,
- 17:04on va en parler après,
- 17:05de plus en plus importante et cruciale même pour l'écosystème.
- 17:08Et donc il y a Blumick
- 17:10Records qui a été écrit en 2017.
- 17:13Peux-tu m'expliquer comment est venu,
- 17:15alors tu n'étais pas là,
- 17:15mais je suppose que tu es la raison même de ce bazar.
- 17:19Pourquoi ça a été écrit en 2017 et qu'est-ce qui différencie ça au sein de l'écurie ?
- 17:25Alors...
- 17:26Alors c'est marrant parce que je sais très bien pourquoi on a créé Blue Milk Records,
- 17:29c'est parce que je m'occupais de Mialena et c'est à l'époque à laquelle j'ai rencontré mes amis.
- 17:35Et il y avait déjà une réflexion chez eux sur le fait que l'image de Team for Action qui était quand même historiquement
- 17:43Pierre Rapsat,
- 17:44enfin il y a énormément de choses qui sont historiques et qui ne sont plus forcément du goût d'une génération plus jeune et donc attirer des artistes plus jeunes.
- 17:55se retrouver dans un label avec des artistes avec lesquels ils ne se reconnaissaient pas forcément,
- 18:01ce n'était peut-être pas une bonne idée.
- 18:02Et donc,
- 18:03on a créé ce nouveau label.
- 18:05Enfin,
- 18:05à l'époque,
- 18:06je n'étais pas dedans.
- 18:07Donc,
- 18:07Team for Action a créé un label pour héberger justement de nouveaux artistes.
- 18:11Et donc,
- 18:11il y a notamment Mia Lena,
- 18:13maintenant il y a Louise Barraud.
- 18:14On a signé Saul,
- 18:15on a signé
- 18:16Artie des Ausha l'époque,
- 18:17Néolis,
- 18:19Essila qui a fait l'Eurovision tout récemment.
- 18:22Et donc on héberge plutôt tous les projets pop,
- 18:26chansons françaises plus actuels.
- 18:29Est-ce qu'on peut en déduire que
- 18:31Team4Action gère...
- 18:33On va dire la partie,
- 18:34ce qu'on appelle le back catalogue,
- 18:35donc des artistes signés anciennement et qui sont souvent très rémunérateurs parce que du coup ils s'appuient sur un historique et une notoriété plus importante du fait des années et la partie nouveauté qui du coup au fur et à mesure devient de plus en plus ancienne,
- 18:48c'est Bloomy et le Coffinat.
- 18:49C'est ça,
- 18:50voilà.
- 18:51Exactement,
- 18:52donc Team for Action c'est la partie gestion des éditions du back catalogue.
- 18:58Alors on ressort régulièrement...
- 19:01On vient de refaire un remix de Dandmaru pour essayer de revitaliser cette chanson.
- 19:10Là,
- 19:11on a nos amis de Crétonnerre qui reviennent avec une tournée.
- 19:14On est en train de regarder dans le catalogue ce qu'on va remettre en avant.
- 19:19C'est vraiment ce boulot d'éditeur.
- 19:23On cherche tout le temps à comment valoriser aussi le catalogue de Pierre.
- 19:26On n'a pas tout.
- 19:28toutes ses œuvres,
- 19:29on a un certain nombre,
- 19:31on a les derniers albums,
- 19:32je pense,
- 19:324 ou 6.
- 19:34Et typiquement,
- 19:36là,
- 19:36on gère évidemment les droits,
- 19:38on est en relation avec sa veuve,
- 19:41et on essaye de proposer aux jeunes artistes qu'on signe d'aller piocher dans d'autres catalogues pour peut-être faire une reprise acoustique,
- 19:48voilà.
- 19:49Après,
- 19:49c'est une question d'affinité,
- 19:50il faut que l'artiste se retrouve et se dise,
- 19:52tiens,
- 19:52j'ai envie de jouer
- 19:54un morceau de Stella et de le remettre au goût du jour dans une autre version.
- 19:58Donc ça ce sont des ponts qu'on fait entre la partie nouveau label et la partie historique.
- 20:04Justement je me suis noté quelques noms d'artistes signés,
- 20:06je pense à Coco Punch qui est défini quelque part entre
- 20:09Slipknot et Claude François,
- 20:10je trouvais ça quand même assez marrant comme grand écart.
- 20:15Zapper Palace,
- 20:15un groupe plutôt pop rock qui a commencé en 2009.
- 20:18Soul dont on a parlé récemment.
- 20:20Alors du coup pourquoi j'insiste ces trois là,
- 20:21j'aurais pu en citer mille autres.
- 20:23Qu'est-ce qui fait que vous signez un artiste ?
- 20:26Parce que ça part un peu,
- 20:28pas bien,
- 20:28ça part dans tous les sens,
- 20:29mais ça part dans différentes orientations.
- 20:31Alors,
- 20:33je crois que c'est un point assez correct.
- 20:34Je pense qu'il n'y a pas une ligne éditoriale sur Blue Milk qui est forcément...
- 20:42Je crois qu'il fallait un label plus neuf et les nouvelles signatures sont rentrées dedans.
- 20:46Je pense qu'il y a une réflexion qu'on doit avoir qui est est-ce qu'on ne doit pas segmenter finalement Blue Milk en...
- 20:52Peut-être pop-rock,
- 20:53parce qu'on a des trucs beaucoup plus pop-rock,
- 20:55pop-rock indé,
- 20:58et un label qui serait plus chanson française,
- 21:01pour qu'effectivement,
- 21:02en termes d'identité,
- 21:02on s'y retrouve un peu mieux ici.
- 21:04Bon,
- 21:04le lien,
- 21:05c'est que c'est des gens qu'on aime bien.
- 21:06C'était pas une critique,
- 21:07non ?
- 21:07Non,
- 21:07non,
- 21:07non,
- 21:08mais à la base,
- 21:09c'est des gens qu'on rencontre,
- 21:11avec qui on a envie de travailler.
- 21:13On sait que c'est un secteur qui est tellement difficile,
- 21:15donc on essaie de créer une relation la plus saine possible.
- 21:19après des fois c'est pas possible
- 21:20Les groupes arrêtent,
- 21:21parfois les relations vont moins bien ou mieux,
- 21:24et parfois des petits contrats deviennent des gros,
- 21:27des gros sont arrêtés en cours de route.
- 21:30Mais à la base,
- 21:31on doit quand même sentir une envie de travailler dans un certain cadre.
- 21:38Un label ne va jamais faire le boulot de l'artiste,
- 21:40mais il va quand même imposer un cadre,
- 21:42des plannings,
- 21:45une ligne graphique sur les choix des pochettes.
- 21:48L'artiste garde toujours le dernier mot,
- 21:50mais quand même,
- 21:51il y a une notion de contrainte.
- 22:05Petite gueule,
- 22:06t'as vu comment tu t'énerves ?
- 22:09Les orquins,
- 22:10les poissons et l'âge droit Diffond-toi,
- 22:13méfie-toi,
- 22:15petite gueule De ces langues qui en sorcellent Car toi tu n'es pas fait
- 22:20C'est comme le commun des mortels.
- 22:23Je venais jeter dans l'essentiel,
- 22:26ramer contre l'étincelle.
- 22:28Perdant l'attitude,
- 22:30trop peu de quiétude,
- 22:31petite piqûre de rappel.
- 22:33Plongée dans l'artificiel.
- 22:35J'entends le chant des sirènes
- 22:38Et de source sûre On ne peut pas être dessus Dans un océan de merveilles Et après quoi tu cours ?
- 22:44Tout tourne,
- 22:44j'ai fait tout chousse
- 22:46Est-ce que c'est ça l'amour ?
- 22:48Je crois que ça me touche
- 22:51Serait-ce pour ça que t'es toujours toute seule ?
- 22:56J'entends tant d'histoires Qui commencent,
- 22:59préparent Et regarde ta petite gueule T'as vu comment
- 23:34T'es toute seule,
- 23:35ma petite gueule.
- 23:37T'es toute seule,
- 23:38ma petite gueule.
- 23:49Hey,
- 23:49petite gueule.
- 23:50Hey,
- 23:50petite gueule.
- 23:50Hey,
- 23:51regarde-toi,
- 23:51petite gueule.
- 23:52T'as vu comment tu t'énerves ?
- 23:54Laisse en regard les poissons et nage droit devant toi.
- 23:59Les victoires,
- 24:00petite gueule,
- 24:01de ces langues qui en sarcellent.
- 24:04Car toi tu n'es pas fait comme le commun des mortels J'essaie de vivre large contre les vents et marées Avant je buvais la tasse et maintenant ça me fait marrer J'avance droit,
- 24:14plus de mal de fond Petite gueule,
- 24:16plus de tourbillon J'essaie de vivre large contre les vents et marées Avant je buvais la tasse et maintenant ça me fait marrer J'avance droit,
- 24:23plus de mal de fond Petite gueule,
- 24:26plus de tourbillon Petite gueule,
- 24:30plus de tourbillon
- 24:37Tu parlais d'une veuve tout à l'heure et ce mot a tuité dans ma tête,
- 24:40tu vas comprendre pourquoi.
- 24:41Un éditeur travaille sur un temps qui est très long,
- 24:43les gens ne le savent pas forcément,
- 24:44mais les droits d'auteur gérés par l'éditeur sont gérés pendant la vie d'artiste et jusqu'à combien de temps après sa mort ?
- 24:52à peu près 70-75 je crois.
- 24:54Donc c'est quand même un temps très très long en fait.
- 24:57Et en fait je trouve ça assez intéressant qu'on en parle parce que c'est un temps qui est très très long qui s'oppose à un temps aujourd'hui très très court qui est l'instantanéité donnée par les réseaux sociaux.
- 25:06Comment on arrive à travailler des droits d'auteur,
- 25:10d'éditeur sur un temps très très long dans un monde où tout va très très vite ?
- 25:16En fait,
- 25:16pour moi,
- 25:17les enjeux sont différents.
- 25:19Je crois que...
- 25:20Alors,
- 25:20je vais donner une précision sur la durée des droits d'auteur.
- 25:23C'est
- 25:2475 ans après la mort du dernier co-compositeur de la...
- 25:29de la chanson.
- 25:30Merci pour la précision.
- 25:31C'est par chanson.
- 25:33Donc,
- 25:34les Beatles,
- 25:36on n'est même pas...
- 25:36Enfin,
- 25:37voilà,
- 25:37ils sont encore tous là,
- 25:38où la plupart...
- 25:39Ça veut dire que l'éditeur de McCartney a encore,
- 25:43entre guillemets,
- 25:44de beaux...
- 25:44toujours devant lui.
- 25:47Évidemment,
- 25:47le travail de l'éditeur,
- 25:49c'est pour ça que...
- 25:50Alors,
- 25:52le travail de l'éditeur après,
- 25:53c'est évidemment d'essayer de collecter correctement pour que les héritiers de l'artiste continuent à avoir quelqu'un qui s'occupe et qui s'assure et qui protège.
- 26:03Là,
- 26:03on a encore eu justement,
- 26:05je pense que c'était par rapport à Marc Moulin,
- 26:10de Telex,
- 26:11on a retrouvé des des
- 26:14des samples de ces chansons dans des montages YouTube,
- 26:21sur Spotify et autres.
- 26:23Notre boulot d'éditeur,
- 26:24c'est de retrouver qui a fait ça,
- 26:26de dire tiens,
- 26:28et de trouver un deal pour que les ayants droit soient rémunérés parce que la musique a été utilisée.
- 26:34Ce qu'on appelle clirer les droits.
- 26:35Exactement.
- 26:36Est-ce que toi,
- 26:36tu peux me confirmer,
- 26:37un peu comme une sorte de témoin oculaire,
- 26:41certains titres qu'ils ont remis dans les temps.
- 26:44tendance,
- 26:44notamment sur TikTok par exemple,
- 26:46même si du coup il n'y a pas encore de vrai modèle économique sur ces réseaux sociaux,
- 26:50est-ce que ça,
- 26:51est-ce que lorsqu'un titre a une seconde vie sur ce type de réseau,
- 26:54ça régénère du stream et donc de l'argent pour les ayants droit ou pour les auteurs que vous défendez ?
- 27:01Oui,
- 27:01donc effectivement dans ce côté instantané,
- 27:04ça arrive très régulièrement que des buzz Insta,
- 27:11des buzz TikTok génèrent
- 27:15indirectement du volume sur le streaming.
- 27:18C'est-à-dire comme ça qu'on découvre qu'il y a des buzz.
- 27:21Parfois,
- 27:21on voit tout d'un coup une track qui...
- 27:23qui performent en streaming et qui ont dit tiens qu'est-ce qui se passe ?
- 27:27Soit c'est une erreur chez Bilibou.
- 27:29Et après en cherchant souvent on retrouve c'est un youtubeur qui a lancé un truc.
- 27:35Et voilà ça prend de l'ampleur,
- 27:37ça ne s'explique pas.
- 27:38Mais c'est vrai que ces médias ont un impact effectivement assez direct et dans des délais très très courts.
- 27:48Mais c'est souvent aussi très éphémère.
- 27:50Tout à l'heure tu me parlais de tes débuts et tu mentionnais l'IA.
- 27:52Et donc j'ai cru comprendre.
- 27:53que tu avais commencé à travailler sur l'IA déjà un petit moment.
- 27:56Peux-tu m'expliquer ce que tu faisais à cette époque et est-ce que ça a un impact aujourd'hui dans ton travail en tant qu'associé dans un label éditeur qui est confronté à l'IA tous les jours ?
- 28:08Alors on ouvre un débat qui est l'air de...
- 28:10Déjà dans quel contexte j'ai travaillé ?
- 28:12Donc moi j'ai fait des études d'ingénieur commercial et j'ai fait une maîtrise en informatique appliquée à la VUB
- 28:18J'avais fait,
- 28:20dans le cadre de mon travail de fin de master,
- 28:26un arrangeur automatique.
- 28:28C'est-à-dire qu'on lançait une mélodie et on pouvait définir dans un fichier.
- 28:32J'avais archi simplifié parce que le but c'était de prouver que c'était faisable.
- 28:36J'avais formalisé des règles d'harmonie classique en disant,
- 28:41il y a des statistiques,
- 28:42en fait on dit qu'après un accord
- 28:45Sur la tonalité 1,
- 28:46on passe sur la 4 et on met des probas et puis après on tape,
- 28:48ça fait un arrangement.
- 28:50Voilà,
- 28:51ça marchait plus ou moins.
- 28:52C'était ce qu'on appelait déjà à l'époque des systèmes experts.
- 28:57Et j'ai travaillé chez l'Ernod et au SPIE un peu après,
- 29:00je suis parti au Canada,
- 29:01puis j'ai travaillé chez l'Ernod et au SPIE en rentrant,
- 29:03donc en 98,
- 29:04je crois de 98 à 2000.
- 29:06Et là j'étais dans la traduction automatique.
- 29:10La traduction automatique,
- 29:11c'est très intéressant parce qu'on s'intéresse au langage,
- 29:13ce qui forme un langage,
- 29:14comment est-ce qu'on comprend une phrase,
- 29:15ce qui fait que ça a du sens.
- 29:18On n'avait pas les capacités de calcul.
- 29:20La vision,
- 29:21je pense,
- 29:21de l'entreprise était assez géniale,
- 29:23c'est-à-dire de regrouper tous les modèles qui s'occupent du langage,
- 29:27la reconnaissance vocale,
- 29:28donc comment à partir d'un son,
- 29:32on en ressort des phonèmes et on reconstitue des mots,
- 29:36comment on passe d'une langue à l'autre,
- 29:37c'est finalement la même chose,
- 29:38Est-ce qu'on a besoin de la grammaire ?
- 29:39Parce qu'en fait,
- 29:39c'est des stats.
- 29:40À un moment donné,
- 29:42la phrase la plus probable avec tout ce qu'on a comme info,
- 29:44c'est ABCDEF,
- 29:45je simplifie un peu.
- 29:47Et donc c'était effectivement passionnant de travailler à l'époque là-dessus,
- 29:50mais les modèles ne sont pas du tout...
- 29:52ou ceux qui sont utilisés aujourd'hui.
- 29:53Donc c'était un embryon,
- 29:55c'était plutôt des systèmes experts.
- 29:57Dans la traduction,
- 29:57on avait des mémoires de traduction,
- 29:59donc on combinait de la traduction,
- 30:04on comparait des documents qui avaient déjà été traduits par des humains et tout ce qui pouvait être très proche était déjà rassemblé.
- 30:11Et puis il y avait cet outil qui analysait la langue d'origine,
- 30:14qui avait un engin de transformation et puis qui rebalançait dans la langue cible.
- 30:21Donc c'était extrêmement intéressant,
- 30:22mais les capacités de calcul n'étaient pas là.
- 30:25Et en fait,
- 30:26c'est ce qui s'est passé,
- 30:26c'est le sentiment que j'ai eu.
- 30:29C'était un peu évidemment du gâchis,
- 30:30je crois que c'était un peu une catastrophe économique.
- 30:33La fin de cette entreprise qui a terminé dans un scandale boursier.
- 30:40C'est que la vision était juste et ils ont promis au marché quelque chose qu'ils ne pouvaient pas délivrer.
- 30:48la technologie en place.
- 30:49Là on est 25 ans plus tard,
- 30:51ça marche bien.
- 30:51Ils étaient vraiment en touch-to-soon pour eux.
- 30:53Vraiment beaucoup trop tôt.
- 30:54Mais la vision était totalement juste.
- 30:56Du coup,
- 30:56en fait,
- 30:57ce qu'on comprend de ce que tu es en train de me dire,
- 30:58c'est que tu es autant capable,
- 31:00tu l'étais,
- 31:01tu es toujours autant capable de lire les notes que du code.
- 31:04En fait,
- 31:04il y a vraiment cette interface entre les deux.
- 31:06Comment toi tu vois l'évolution aujourd'hui plutôt d'un point de vue,
- 31:09on va dire,
- 31:09éditeur ou label manager ?
- 31:12de ce qu'on voit avec tout ce qui est musique générative aujourd'hui.
- 31:14Je crois que les stats,
- 31:15on est entre 40 à 50%
- 31:17des musiques sur les DSP,
- 31:18donc sur la plateforme,
- 31:19qui sont générées par DLIA.
- 31:21C'est quoi ta posture par rapport à ça ?
- 31:23Alors,
- 31:24moi je pense que,
- 31:25bon déjà,
- 31:26je crois qu'il est acquis que c'est un outil dont tous les humains se servent tous les jours.
- 31:33Et je pense que ça,
- 31:36c'est même pas une question de combat,
- 31:37c'est juste avancer avec la technologie telle qu'elle est.
- 31:39les enjeux
- 31:41En tant qu'éditeur,
- 31:42aujourd'hui,
- 31:43et défendeur des droits d'auteur,
- 31:44là je prends plutôt une casquette Sabam,
- 31:48c'est est-ce que les systèmes ont utilisé des œuvres protégées et donc c'est un pillage de droits et donc l'usage n'est pas licite ?
- 32:01Bon,
- 32:01il y a évidemment plein de procès en cours.
- 32:05Comme à l'époque du sample dans les années 90,
- 32:07quand c'était pas encore tiré,
- 32:08qu'il fallait,
- 32:09c'était un peu la jungle.
- 32:10Il n'y a pas de cadre,
- 32:11donc évidemment il y a la technologie qui va plus vite que le cadre légal.
- 32:14Donc je crois que la France a passé une loi qui inverse la charge de la preuve,
- 32:20c'est-à-dire que maintenant c'est à l'IA de prouver qu'elle ne s'est pas entraînée sur des œuvres protégées.
- 32:25Ce qui rend les choses plus simples.
- 32:27Je crois à la stratégie d'opt-out qui a été adoptée par la SSM,
- 32:30il me semble.
- 32:30C'est-à-dire qu'il ne peut pas s'entraîner jusqu'à preuve du contraire,
- 32:34jusqu'à ce qu'il y ait un accord qui soit acté entre le logiciel et les ayants droit.
- 32:38Voilà,
- 32:38c'est ça.
- 32:40Et la deuxième chose,
- 32:43c'est qu'imaginons qu'on tombe sur un accord,
- 32:46sur une modélisation,
- 32:48une utilisation raisonnable de ces technologies.
- 32:52Comment on va rémunérer ?
- 32:53Est-ce qu'on va rentrer ça dans un...
- 32:55Est-ce qu'on considère que ça ne génère pas de droits d'auteur ?
- 32:57En disant,
- 32:57on ne veut pas que ça génère du droit d'auteur,
- 32:59c'est une posture.
- 33:00Une autre dire,
- 33:01ça génère du droit d'auteur,
- 33:02mais alors comment est-ce qu'on le répartit ?
- 33:03Selon quelles clés ?
- 33:04Est-ce qu'on met ça dans un pot commun,
- 33:05qu'on redistribue,
- 33:08comme pour les radios,
- 33:10les petites radios françaises et belges d'ailleurs,
- 33:12qui rentrent dans un pot commun et qui sont redistribuées au prorata des passages qui sont,
- 33:16eux,
- 33:16monitorés ?
- 33:17Il y a plein de réflexions sur ces deux pistes,
- 33:19mais je crois qu'il y en a d'autres.
- 33:21C'est clair que c'est un enjeu majeur aujourd'hui.
- 33:26Mais par contre,
- 33:26il faut quand même se rassurer,
- 33:27en termes d'écoute,
- 33:29ça présente moins d'un pour cent des écoutes sur les plateformes.
- 33:32Donc c'est beaucoup de volume,
- 33:34donc c'est très embêtant pour les hébergeurs,
- 33:36pour les agrégateurs.
- 33:38Mais en termes de volume,
- 33:39c'est très anecdotique encore.
- 33:41Changeons de sujet,
- 33:42du coup,
- 33:42parlons peut-être de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
- 33:44Il se trouve que vous êtes soutenu...
- 33:46par la structure.
- 33:47Concrètement,
- 33:48qu'est-ce que ça veut dire ?
- 33:49Qu'est-ce que ça impacte pour une structure comme Team4Action ?
- 33:54Alors nous,
- 33:55on n'est pas aidé structurellement,
- 33:57on est aidé au projet.
- 33:59Donc en fait,
- 34:01on fait des aides ponctuelles suivant les dossiers.
- 34:05C'est principalement des aides globales qui incluent la promotion,
- 34:10la création et la diffusion du projet.
- 34:14Et donc on fait souvent ça conjointement avec l'artiste.
- 34:20A priori,
- 34:21les activités d'éditeur ne sont pas soutenues.
- 34:23Ça dépend évidemment des années,
- 34:25des commissions,
- 34:25des orientations politiques,
- 34:26mais structurellement,
- 34:27on n'est pas là-dedans.
- 34:30Maintenant,
- 34:30nous,
- 34:30on se rend compte que,
- 34:32j'imagine que dans le podcast,
- 34:33je ne serai pas le seul,
- 34:34mais le modèle du label est extrêmement difficile.
- 34:39Je pense que...
- 34:40Sur du long terme,
- 34:41sans être soutenu,
- 34:42même une structure avec de l'édition,
- 34:43etc.,
- 34:44ça va devenir compliqué.
- 34:45Donc,
- 34:45un des axes,
- 34:47c'est d'ouvrir un pôle de booking,
- 34:49mais qui n'est pas non plus forcément quelque chose...
- 34:53qui fonctionne...
- 34:55C'est une autre usine en merde.
- 34:56C'est une charge énorme,
- 34:58mais on le verrait plus comme un service.
- 35:01Quand on prend des projets émergents,
- 35:03on peut les encadrer.
- 35:05Ça simplifie peut-être les processus aussi.
- 35:07C'est un axe de réflexion.
- 35:08Il y a un axe qui,
- 35:11à mon avis,
- 35:11mériterait vraiment d'être creusé davantage,
- 35:14c'est le crédit d'impôt à la française,
- 35:16qui simplifie beaucoup de choses au niveau administratif.
- 35:18Il ne faut pas justifier de dossiers,
- 35:20etc.
- 35:20C'est ce qu'on investit réellement.
- 35:22qui rentrent en ligne de compte et on sait qu'évidemment,
- 35:25économiquement,
- 35:26chaque euro qui est investi par une maison de disques dans de la prod,
- 35:28ça génère 2 ou 3 euros indirectement en travail et en valeur.
- 35:33Donc pour l'État,
- 35:35il n'y a pas de perte à faire ça,
- 35:36je pense.
- 35:37Ça,
- 35:37je crois que c'est un dossier dont on devrait s'occuper.
- 35:39On a beaucoup parlé du tax shelter pour la musique,
- 35:41mais qui n'est pas l'outil adéquat.
- 35:43C'est trop gros.
- 35:44C'est trop lourd et les montants sont trop petits.
- 35:47Une production d'un album,
- 35:4875 et 50 000 euros,
- 35:50quand c'est déjà un gros,
- 35:51gros,
- 35:52gros artiste en Belgique,
- 35:54un taxier de terre,
- 35:54ça ne se vende pas en dessous d'un demi-million ou à peu près.
- 35:58Mais le crédit d'impôt,
- 35:59c'est pour moi quelque chose qu'il faudrait investiguer pour aider vraiment les labels belges de toute taille à quand même avoir une économie.
- 36:09qui a complètement disparu.
- 36:11Le disque est devenu anecdotique,
- 36:13c'est pas nouveau,
- 36:14et le streaming ne compense pas.
- 36:18Question peut-être un peu provocante,
- 36:19et encore pas tant que ça,
- 36:20est-ce que tu penses qu'un label comme Team for Action pourrait naître en 2026 sans avoir l'avantage de ce back catalogue qui a été créé à une autre époque où la musique était plus rentable ?
- 36:32je crois que c'est très compliqué soit il faut des fonds propres et dire pendant 3 à 4 parce qu'il y a des décalages aussi sur la perception des droits,
- 36:39de tous les droits donc un minimum 2 ans,
- 36:43enfin c'est 18 mois 2 ans entre le dépôt et les premiers royalties sur le numérique c'est beaucoup plus rapide les plateformes je crois que le délaissé c'est 2 à 3 mois la Sabam collecte et répartit très vite sur la partie numérique
- 37:00Surtout ce qui est droits voisins du producteur à la radio,
- 37:04les droits voisins des interprètes et les droits d'auteur radio,
- 37:10c'est plus long.
- 37:11Parce qu'il faut attendre la déclaration complète des diffuseurs,
- 37:15il faut compiler,
- 37:17revalider.
- 37:18En général,
- 37:19c'est plutôt 18 mois.
- 37:20C'est quoi le conseil que tu donnerais à un jeune musicien qui veut se lancer ?
- 37:23C'est de manger du riz ?
- 37:27Comme sur Koh-Lanta,
- 37:28je veux dire.
- 37:28Objectivement,
- 37:30les jeunes avec qui on travaille,
- 37:31ils ont tous un boulot à côté.
- 37:34Des artistes qui ne vivent que de ça,
- 37:37aujourd'hui,
- 37:39en communauté française,
- 37:40à part être profs ou eux-mêmes être producteurs,
- 37:43avoir un studio et que produire pour d'autres,
- 37:45etc.
- 37:45La plupart ont tous un boulot.
- 37:48Je crois qu'on ne peut pas en citer 20,
- 37:5025 en communauté française qui ne font que ça.
- 37:53Tu penses que le grand public a connaissance de cette situation ?
- 37:56Je ne crois pas.
- 37:57C'est embêtant ?
- 38:02Il faut garder de la magie,
- 38:03c'est très bien.
- 38:05C'est plus glamour évidemment de penser que quand il voit des artistes émergents.
- 38:11Mais c'est vrai que c'est économiquement extrêmement difficile.
- 38:14Et nous on n'a jamais conseillé un jeune artiste qui vient nous dire je vais tout arrêter,
- 38:19je ne fais que ça.
- 38:20Je pense que ça enlève de la sérénité aussi.
- 38:24C'est-à-dire qu'on se met une pression,
- 38:25l'artiste se met une pression pour que ça marche tout de suite,
- 38:27etc.
- 38:27Et c'est juste pas possible.
- 38:29Il y a des exceptions,
- 38:30je veux dire,
- 38:31Pierre Demare a explosé à une vitesse phénoménale.
- 38:36Oui mais bon,
- 38:36pour un Pierre Demare,
- 38:37combien d'artistes ?
- 38:38Voilà,
- 38:39Angèle c'est aussi l'exemple.
- 38:41Stromae,
- 38:41ça faisait quand même déjà un petit moment qu'il était là.
- 38:43Il avait quand même déjà bâti,
- 38:44il fait 2-3 ans,
- 38:454 ans si je ne me trompe.
- 38:47Tiff,
- 38:47Barraud,
- 38:48elle a eu une carrière quand même assez longue avant de vraiment exploser quand elle est passée jury de voice qu'il y a donné.
- 38:54une légitimité et une visibilité assez exceptionnelles,
- 38:57mais les carrières sont souvent assez longues,
- 39:00les gens ils ont l'impression que c'est le nouveau truc et en fait ça fait déjà des années qu'on travaille ou que l'artiste travaille ou qu'un éditeur travaille avec l'artiste pour l'accompagner c'est souvent long et la partie invisible du travail quoi,
- 39:13mais non il y a pour moi aujourd'hui des artistes
- 39:19En communauté française,
- 39:20c'est très difficile économiquement.
- 39:23Dernière question,
- 39:24l'émission s'appelle Of The Record,
- 39:25et ça veut dire littéralement Confession sur le Reier.
- 39:28Y a-t-il quelque chose que tu aimerais avouer,
- 39:31ou une confession d'une histoire rocambolesque ou incroyable qui te soit arrivée tout au long de tes années,
- 39:39d'abord en tant que producteur,
- 39:40en tant que musicien,
- 39:41et maintenant aujourd'hui en tant qu'associé de Team for Action ?
- 39:45C'est plutôt une anecdote assez amusante.
- 39:50Ce n'est pas une confession,
- 39:51je n'ai rien de grave là-dedans.
- 39:52C'est assez amusant de savoir comment...
- 39:54En France,
- 39:54il y a des formats pour pouvoir être éligible aux rotations.
- 40:00Toutes les radios doivent passer à un certain quota.
- 40:02Il y a ça en Belgique,
- 40:03mais beaucoup moins.
- 40:04Et à l'époque,
- 40:05Soul avait cette chanson avec Charlie Winston.
- 40:11Charlie Winston ne voulait pas chanter en français,
- 40:13ce qui posait problème par rapport au Cota.
- 40:15Le producteur français,
- 40:17si je ne me trompe,
- 40:18c'était Marc Tenon,
- 40:22un Belge installé à Paris qui a fait une carrière assez incroyable là-bas et qui a découvert notamment Louise Attaque.
- 40:27Avec le label Atmosphérique.
- 40:29Avec Atmosphérique.
- 40:30Et donc,
- 40:31c'est sur ces recommandations qu'il dit qu'il faut absolument faire une version Cota,
- 40:34sinon on va se battre et on ne va pas réussir à la rentrée,
- 40:36etc.
- 40:37Et donc
- 40:38Saul a réussi à convaincre Charlie.
- 40:40C'est une chanson qui est entièrement écrite par Saul.
- 40:44Et qui ne devait pas être sur l'album.
- 40:47C'est rigolo.
- 40:48L'album était fini et ils ont fait ça.
- 40:50C'est souvent les histoires de chansons.
- 40:52Et donc ils passent en français.
- 40:54Et puis il faut envoyer la chanson à un comité.
- 40:57Je ne sais pas si ça existe encore.
- 40:58En tout cas à l'époque,
- 40:58ils ont dû envoyer la chanson à un comité qui doit décider si oui ou non.
- 41:03Ils sont dans les 50%,
- 41:04plus de 50%
- 41:05en français.
- 41:06Et on peut l'envoyer que deux fois.
- 41:09Après,
- 41:10c'est fini.
- 41:11Ils ont envoyé une première version qui a été refusée.
- 41:13Ils étaient trop justes.
- 41:15Et alors,
- 41:15ils ont simplement changé.
- 41:18Dans le refrain,
- 41:18ça fait
- 41:20OU, Et en fait,
- 41:21ils ont mis OU,
- 41:22OU,
- 41:24point d'interrogation,
- 41:24où est-il,
- 41:25où est-il ?
- 41:26Et donc,
- 41:26c'est devenu français.
- 41:27Ils ont passé le quota.
- 41:29Et c'est devenu le tube.
- 41:33le tube que c'est devenu,
- 41:34ça a été numéro 1 en Italie,
- 41:36en France et dans d'autres pays.
- 41:37C'est génial.
- 41:38Et donc je suppose que ça a contribué aussi à la carrière de Saul.
- 41:42C'est un des piliers de sa carrière.
- 41:44Là,
- 41:44il y a un jeune belge qui s'appelle Jim Aves qui vient de faire un remix.
- 41:48Il vient de faire un remix d'Axila aussi,
- 41:49c'est assez amusant.
- 41:51Un jeune
- 41:52DJ assez dynamique.
- 41:54Et c'est vrai que c'est une chanson qui est encore une chanson gold,
- 41:58ce qu'ils appellent une gold en France,
- 42:00qui passe régulièrement et qui fait là pour le coup où...
- 42:03pour Soul qui lui amène un peu de sérénité qui garantit aussi son indépendance artistique absolument merci beaucoup pour ce témoignage est-ce qu'on peut se dire rendez-vous dans deux ans pour les
- 42:1650 ans ?
- 42:17absolument incroyable de dire quand même qu'un label aura 50 ans dans pas longtemps et que t'étais même pas là au début c'est fou merci à toi ok merci