Latest / Les Causeries Piano, Boulot, Dodo / ÉP. 60 Vie et histoires sur Glenn Gould (2026-10-08)
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- Caroline: Salut les pianistes! Bienvenue dans la causerie de ce jeudi 8 octobre 2026. Cette semaine, c'était l'anniversaire de la mort du pianiste Glenn Gould. C'était le 4 octobre. C'était aussi récemment son anniversaire de naissance, puisqu'il était né le 25 septembre. Donc on est vraiment dans une période où c'est propice de se rappeler Glenn Gould. Et c'est ça que j'avais envie de faire avec vous autres aujourd'hui dans l'écauserie. Je sais pas si c'est un pianiste que vous connaissez déjà, que vous aimez. Dites-le moi dans les commentaires, en tout cas. Je sais que ça peut être partagé, ça, le fait d'aimer ou pas ses interprétations, mais je suis curieuse. Je curieuse de vous entendre. De toute façon, qu'on aime ou qu'on n'aime pas... C'est indiscutable que c'est un des grands pianistes du 20e siècle, puis je pense que c'est intéressant d'en parler un peu aujourd'hui. Je m'en vais vous voir! André est là, salut! Fanny, salut aussi! Jocelyne... Julie... Bon, tout le bien, les gens se connectent, les gens se joignent, c'est super! Saviez-vous que c'était un Canadien, Glenn Gould? Il est né en 1932, décédé en 1982, donc vraiment, comme je disais au début, il est né le 25 septembre, décédé le 4 octobre, quelques jours après ses 50 ans. Donc une vie plutôt courte. Il a fait un AVC, et c'est pour ça qu'il est décédé... si jeunes, il n'y avait pas une maladie particulière. Malgré qu'on attribue souvent ces espèces de manies qui avaient ces habitudes à un trouble du speck de l'autisme ou Asperger, peut-être, ça n'a pas été confirmé par son biographe officiel ou t'sais, des gens qui étaient plus près de lui. Est-ce qu'il y avait eu un diagnostic? Est-ce que pas? Mais bref, c'est des... des choses qui ont été... que les gens ont fait un plus un, là, disons, tu avec ses habitudes, puis que ça pourrait être des symptômes de l'autisme. peut-être que c'était ça, mais sinon, outre ça, il n'y avait pas d'autres maladies. C'est vraiment un AVC, là, qui le tuait à la fin de sa vie. Glenn Gould, j'adore! Bon, super! On a déjà des... des prises de position. Je ne le connais pas beaucoup, mais j'ai envie de le connaître. Est-ce que tu veux redire de qui parle-t-on le pianiste canadien Glenn Gould? Je vais vous en dire plus dans quelques secondes... J'ai vu le film sur sa vie il y a longtemps. Oui, c'est vrai! Steve, salut! Il prenait tellement de pilules! oui? Bon, touche, j'ai même pas retenu ça! Le film sur sa vie, 32 films brefs sur Glenn Gould, là, je les ai vus, mais ça doit faire 25 ans, pis là, c'est pas clair dans ma tête! Tout ça, je ne l'ai pas réécouté en vue de la causerie. Donc si je commence à parler un peu de sa vie, de ce cher pianiste, bien, il est et mort à Toronto, donc il a passé sa vie en Ontario. Évidemment, il en est sorti, là, il a eu des tournées, puis tout ça, qu'il a fait. Il est allé aussi dans le Nord, il avait un attrait pour le Nord, fait que c'était surtout le Nord, dans l'Ontario. On l'a vu, entre autres, dans ce film-là, mais dans d'autres éléments biographiques, là, qui ont sorti au fil du temps. Donc il y avait souvent des périodes où il se passait plus de temps dans le Nord. Il a commencé par apprendre le Pianoforte avec sa mère. Puis, à 10 ans, il est entré au RCM de Toronto, dont le Conservatoire royal de musique. Il a fait ses premiers concerts officiels, là, au début des années 50. Une tournée canadienne, notamment, avant même d'avoir eu 20 ans, il était déjà en tournée canadienne. Dans sa vie, il a été surtout reconnu pour son talent de pianiste. Mais il a quand même eu une carrière remarquable dans plein de domaines. Les enregistrements... la télévision, le cinéma, l'écriture, la production de documentaires radio. Il a composé aussi, donc elles sont pas tellement connues, ces œuvres qu'il a composées, mais il reste qu'il a vraiment touché à plein de domaines. Pis c'était quelqu'un qui croyait beaucoup en la technologie, là. Fait que, t'sais, quand il est allé dans les studios pour enregistrer, ça a été... t'sais, il a pris... comment je dirais ça, il a pris cette direction-là, au moment donné, volontairement. En fait, c'est ça, c'est qu'à 32 ans, il a décidé complètement de se retirer de la scène. On est en 1964, pis il aime pas l'atmosphère de pression du public, l'espèce de compétition qu'on peut sentir dans les salles de concert. Pis t'sais, le public, là, le public qui peut être distrait, fatigué, à moitié endormi, qui tousse, qui déballe un bonbon... qui attend juste la fausse note, ça y mettait beaucoup de pression. Pis il a décidé qu'il voulait, travailler dans un environnement qui va être plus contrôlé, plus confortable, plus propice à la perfection. Il voulait atteindre cette perfection-là. En fait, il voulait contrôler plus le résultat sonore pis offrir une meilleure qualité d'écoute, finalement, aux auditeurs. Fait que l'enregistrement permettait ça, le studio permettait ça. Donc quand il a décidé de se retirer, il y a beaucoup de gens qui ont pensé que ce serait la fin de sa carrière de pianiste, de musicien, mais en fait non. Comme j'ai dit tantôt, finalement, il s'est consacré à des enregistrements studio. Il a fait de la radio, de la télé, de l'écriture, de la composition. Donc ça n'a pas du tout été la fin de sa carrière de musicien, mais il a cessé de faire de la scène à ce moment-là. On dit que c'est un des plus grands interprètes de Bach du 20e siècle. Pis là, il a Jocelyne qui dit « Je suis ambivalente, mais un grand talent! » Souvent, ça va être dans ces interprétations de Bach qu'on va trouver le plus de disparité dans les opinions. Il n'y a pas juste enregistré du Bach, par exemple. Tu sais, des fois, on fait le raccourci un peu de dire Glenn Good est un spécialiste de la musique baroque, par exemple! Alors oui, il enregistré Dubac, oui, a enregistré quelques autres musiciens baroques, mais entre autres, il a enregistré aussi l'intégrale des œuvres pour Pianoforte de Schoenberg. Schoenberg, qui est un musicien pour baroque du tout, plus contemporain, justement, qui a vécu à cheval, sur le début du 20e siècle, puis qui faisait de la musique très, très différente de ce qu'on entendait d'habitude. fidèles à ce qui se passait au début du 20e siècle. Pis ben, Glenn Gould a endisqué du Schoenberg, là, de l'œuvre pour Pianoforte. il y avait un répertoire qui était plutôt éclectique. Pas juste du bas. Est-ce que ces interprétations sont toutes virtuoses? Non, pas toutes. Pis on va... vous faire entendre quelque chose tantôt, à la fin de la causerie, pour illustrer un peu ça. C'est dans une bio que j'ai su cette médicamentation. Ok, parfait. As-tu un projet? Pourquoi parles-tu de lui? Tu penses à créer un arrangement? Un arrangement des variations Goldberg? On fait ça à Gagne! Ça serait le fun! Juste parce que ça a été l'anniversaire de sa mort. cette semaine, là, le 4 octobre. Il est décédé en 82, donc là, cette année, ça fait... Calculons-le... 45 ans, 44 ans! Donc c'est pas un anniversaire un chiffron, mais ça m'a fait penser à lui. J'ai vu passer ça dans mes réseaux, puis je me suis dit, allons-y, parlons de Glenn Gould un peu. Donc dans ce qui faisait qu'il était spécial, ok? J'ai parlé un peu tantôt de ses habitudes qui... certaines habitudes qui étaient comme un peu des manies, ok? Il y avait entre autres sa chaise. Sa chaise, il s'est jamais présenté dans un concert ou dans un enregistrement studio sans sa chaise, ok? Il n'y avait pas de bande Pianoforte, il n'utilisait pas ça. C'était une chaise, en fait, que son père avait modifiée pour lui très tôt, là, dans sa vie, là. Puis ce qu'il avait fait... Premièrement, il avait coupé les pattes. Je sais pas si vous avez déjà vu Glenn Gould jouer, mais il avait une posture vraiment pas habituelle, assis beaucoup plus bas, beaucoup plus près du clavier aussi. On le voyait jouer pratiquement comme ça, là. Sur certaines vidéos, on voit ça dans certaines pièces. Puis... pourquoi il voulait... je fais une parentage, revenir à sa chaise, là, mais pourquoi il voulait s'asseoir comme ça pis il y avait cette position-là au Pianoforte? C'est parce qu'il disait que ça fonctionnait mieux avec les oeuvres de son répertoire préféré, c'est-à-dire les époques du 18e siècle en partie, que ça faisait une technique qui... voyons, comment je dirais ça? Qui permet d'avoir une approche plus intime du clavier. il se voulait se sentir plus près de son Pianoforte. Il trouvait que ça fitait bien avec le répertoire qu'il jouait. Et c'est pour ça que, trouvant pas son bonheur avec les bandes Pianoforte et autres qui existaient, a décidé de modifier une chaise avec son père. Donc couper les pattes, c'est assis beaucoup plus bas, mais il y avait aussi un système d'ajustement sur chacune des quatre pattes pour qu'il puisse pencher le siège, modifier l'angle comme il voulait, comme il en avait besoin. Parce qu'il disait parfois « je dois m'asseoir plus sur le bout, je dois être un peu plus penché ». Il y avait toute cette conscience-là aussi. Alors que, moi, personnellement, comme pianiste, je me suis jamais posé trop de questions à part « est-ce que le banc est à la bonne hauteur ? pis à la bonne distance du Pianoforte », je me suis jamais dit qu'il faudrait que le banc soit penché par un avant, par un arrière... Donc ça, c'est particulier, là! Il a jamais aucun prof non plus qui m'a parlé de ça, t'sais, c'était vraiment typique à lui. Donc avant chaque concert, chaque enregistrement, et ça jusqu'à la fin de sa vie, il bricolait sa chaise, il avilait, il l'entretenait avant chaque concert ou enregistrement, mais malgré ça, on l'entend parfois grincé sur certains enregistrements ou dans certaines prestations qu'il a pu faire, on entend sa chaise qui grince. Ce qu'on entend aussi parfois sur des enregistrements de l'engoult qui est particulier... qu'il a pas d'autres pianistes à ma connaissance, ou en tout cas très très peu, c'est qu'il y a tendance à fredonner en jouant. Tellement que... on l'entend me meumer pendant qu'il joue, puis c'est resté, on a gardé ça dans les enregistrements. Donc quand on porte attention sur plusieurs de ces enregistrements, on va l'entendre marmonner un peu. Fredonner. Pour ce... C'est comme ça, dans le fond, qu'y travaillait son interprétation. En tous les cas, quand on le voit jouer, il a l'air d'être complètement habité par la musique, comme absorbé. Joyeux, sautillant, frétillant dans les variations Goldberg. Oui, ben c'est ça! Je vais vous en parler, tantôt, des variations Goldberg. Là, je continue où j'étais rendue, juste parce que je suis une espèce d'ordre chronologique, là, disons. Mais une fois qu'il a été décédé, après... parce que je vais terminer sur sa vie, c'est juste ça. Après qui a été décédé, il y a un... réalisateur de film, François Girard, qui a créé le film 32 Films brefs sur Glenn Gould, qui été réalisé en 1993 et réédité en 2025 avec une meilleure résolution, avec des bonus, des commentaires de réalisateurs et tout ça. L'acteur qui joue le rôle de Glenn Gould, c'est Colm Feore. lui qui a joué dans Bon cop, Bad cop avec Patrick Huard. Je sais pas si ça vous dit quelque chose, qui faisait le policier ontarien. Mais ce que je trouve intéressant, puis c'est le lien que je vais faire avec les variations Goldberg juste après, c'est que ce film-là est en 32 vignettes, 32 segments courts, basés sur la structure des variations Goldberg. Les variations Goldberg, c'est... C'est ça, c'est 32 petites... le thème et 31 variations qui durent entre 1 6 minutes chacune. C'est comme ça qu'il a bâti son film. Je trouve ça super intéressant d'avoir fait ça. Puis pourquoi Variations Goldberg, Super important dans la vie de Glenn Gould, cette oeuvre-là, parce qu'il l'a endisqué deux fois. Une première fois en 1955, à 22 ans. Puis une deuxième fois, en 1981, à 49 ans, sachant qu'il est mort en 82, donc vraiment à la fin de sa vie. Pour ma part, j'ai surtout écouté la version de 1981, qui est plus lente, plus sentie, qui a plus d'articulation, alors que la version de 1955 est très vite, très virtuose, très impressionnante. Fait Julie, tu demandais tantôt est-ce que toutes ces interprétations sont virtuoses? Non! Pas nécessairement. puis sa version des variations Goldberg de 1981 est un bon exemple de retenue d'une autre vision, comme de sagesse, disons, qu'il à Keys pendant sa vie, d'une autre façon de voir cette pièce-là. Ça a évolué en trente ans pour lui, donc je trouve ça vraiment cool. Puis là, ben j'ai même envie de vous faire entendre la variation 1. La version 1955? pis la version 1981. J'ai choisi la variation 1 juste parce qu'elle n'est pas super longue, là! Donc on va aller écouter ça. Je vais partager mon écran, parce que c'est ma façon de partager l'audio, mais vous allez voir qu'il a pas d'image, là. C'est juste écrit la date. Donc on va aller ici, comme ça. Et là, je vous mets variation 1, 1955. Je vais aller reculer un peu. première version rapide, sautillant, frétillant, là, c'est en plein ce que tu disais tantôt, Julie, je trouve que ça s'applique vraiment bien à ça. On écoute la version 1981 maintenant. c'est cool à entendre la différence! Puis là, ça me fait penser que cette semaine, justement, je suis dans un thème avec mes groupes Focus, ben t'sais, mes cours de groupe, le groupe Focus du lundi, puis le PBD accompagné du mardi puis du jeudi, où est-ce que j'ai pris une pièce d'un des pianistes du groupe, puis on a écouté plusieurs versions. On essaye de voir qu'est-ce qu'on aime, qu'est-ce qu'on n'aime pas de chacune des versions. Fait que là, j'aimerais ça vous entendre un peu là-dessus, ou vous lire, en fait, là-dessus. Qu'est-ce que vous avez remarqué? Qu'est-ce qui vous plaît dans une version? Qu'est-ce qui vous plaît moins dans cette version-là ou dans une autre? Donc après ça, je vais vous dire un peu, qu'est-ce que j'en pense de ça. C'est tellement différent! Au moins, on a le temps d'entendre et d'apprécier la différence de toucher, d'accent, d'entendre les motifs mélodiques. C'est ma préférée, celle de 1981. Moi, j'ai écouté surtout celle-là aussi, parce que quand j'ai travaillé au Archambault... Je vous l'ai étudié, que j'étais une ancienne Miss Archambault de magasins disques pour ceux qui sont pas au Québec, là. Donc j'ai vendu des... des disques compacts pendant quelques années, pendant mes études. Puis c'était surtout la version de 1981 qui était édité, là, encore, tu vois, ça date de 2000, 2002, 98 à 2002, mettons, là, ce que je vous parle. Puis c'était surtout la version 81 qu'on voyait. La version de 1950 ans, comme elle, a été rééditée aussi, puis là, j'ai pu l'entendre, mais celle qui m'a surtout suivie, là, puis que j'ai écoutée tout au long de ma vie, c'était plus la version 1981. Puis ce que je trouve, puis Julie, tu l'as abordé un peu dans ton commentaire, c'est que oui, c'est plus lent, oui, c'est une autre vision de la pièce, mais ce que je remarque, c'est que ça laisse le temps pour beaucoup plus d'articulation, puis de dynamisme, puis les nuances sont un peu plus présentes aussi. La version 1955, c'est un peu plus uniforme. pis la version de 1981, un peu plus de nuances. Pis t'sais, ça, c'était un peu une vision plus moderne, je dirais, de l'interprétation de Bach, parce que Bach, il n'y en avait pas une nuance possible sur son Pianoforte. En fait, je pense que c'était soit doux soit fort, hein! C'était le Pianoforte forté, c'est ça! Fait que c'était soit doux soit fort, mais toutes les... ce qui entre les deux, ben c'était pas possible de le faire sur son instrument. Fait que là, de réussir à intégrer ça, ben ça démontre que c'est une vision un peu plus moderne, là aussi. Mais les articulations, le dynamisme, je trouve que c'est beaucoup plus contrastant pis encore plus intéressant dans la version de 1981. Mais bon, ça c'est chacun ses goûts! La version de 1955, elle a été acclamée, là! Tu sais, c'est ça qui a fait que Glenn Gould est devenu populaire mondialement, qui a été demandé par des grands chefs d'orchestre pour venir faire des morceaux avec eux, des concertos, des choses comme ça. Donc il a participé... Il a eu plein d'opportunités grâce à cet enregistrement-là. Donc faut pas cracher là-dessus! C'est historique! Puis c'est ça qu'il l'a mis sur la map pis, tu je veux dire, c'est une version de référence. Mais après ça, ben chacun ses goûts. Pis il nous a proposé lui-même une deuxième lecture, deuxième vision de cette oeuvre-là. Pis ben, c'est ça. On peut préférer une ou l'autre. Là, à propos de sa façon de jouer, il y avait... Tu j'ai parlé de vision plus moderne, Bach, ben ça se réfleite aussi, entre autres, sur le fameux prélude numéro un. La façon que c'est écrit, ça, sur la partition, là, c'est qu'il faut tenir les deux notes de la main gauche, puis après ça, la main droite, on la tient pas. Ce qui fait que il faut pas mettre de pédales dans cette pièce-là, selon la vision baroque, ok? Selon la partition. D'ailleurs, Glenn Gould ne met pas de pédales dans cette pièce-là, mais non seulement il ne met pas de pédales, mais il rajoute des articulations, il rajoute des staccatos. Ça sonne comme ça! de me prendre pour Glenn Gould. Mais c'est vraiment comme ça qu'il l'interprète. Vous irez l'écouter, prélude numéro un. Ça fait différent! La première fois qu'on entend ça, on se dit « Ben oui, alors qu'est-ce qu'il fait? C'est quoi cette liberté-là qu'il a pris? Pis en fin de compte, ben tu y trouves son charme, en tout cas. ceux pour qui ce serait vraiment un gros nom, là, ceux qui se diraient « je suis pas capable d'entendre ces interprétations, c'est pas fidèle à ce que quelqu'un de l'époque baroque aurait fait », faites juste un peu ouvrir votre vision, T'sais, c'est correct d'interpréter d'autres façons. C'était sa vision à lui, c'était justement un truc un peu plus moderne, je trouve ça vraiment intéressant d'avoir ça. Pis je suis pas la seule... La NASA a pensé aussi que c'était intéressant, cette interprétation-là, puis que c'était historique, parce que il a deux sondes spatiales Voyager qui ont été lancées en 1977. Et à l'intérieur des sondes spatiales, il avait un disque d'or, OK, qui comprenait 27 échantillons de musique terrestre. Puis là-dedans, on avait... ce prélude-là avec la fugue, prélude et fugue numéro 1 en do majeur du clavier bien tempéré de Bach, l'enregistrement de Glenn Gould. Je peux plus vous dire laquelle, là! Je sais plus, c'est le... Je pense que c'était sur EMI, l'étiquette de disques, mais t'sais, c'est l'enregistrement qui avait été fait en quelle année avant 1977. Là, j'ai pas exactement le précis précis, là! Mais c'est Glenn Gould qui joue avec l'articulation que je viens de vous présenter. C'est ça qui avait été choisi parmi 27 échantillons seulement, là, qu'on envoie dans l'espace pis... qu'on se dit... En tout cas, je sais pas qu'est-ce qu'il y avait en tête avec ça. Est-ce qu'il imaginait que quelqu'un pourrait trouver ça ou c'était peut-être juste une façon historique de marquer ça, mais... Bref... ils ont trouvé ça suffisamment intéressant pour l'inclure là-dedans. Donc je trouve ça... je trouve que c'est un bel accomplissement. Là, j'ai lu là-dessus, il semblerait que Glenn Gould n'était pas vraiment au courant que sa pi... que son interprétation, là, avait été choisie pour être là-dessus. Il n'y avait rien qui disait dans ses écrits. Il n'y a pas eu non plus de rencontres qui sont documentées avec des gens de la NASA. Donc on pense qu'il était pas vraiment au courant. Il l'a peut-être su par après, t'sais, entre 77 pis 82, avant qu'il décède, mais c'est pas... On pense qu'il savait pas avant que ce soit envoyé. J'ai beaucoup écouté aussi les suites françaises de Bach. Ben oui, tout à fait! C'est tellement beau! Merci, j'adore ces interprétations et les options que ça donne. J'aime aussi les autres interprétations, plus tendance, ça se dit. Ben oui, tout à fait! C'est ça! Pis on pourrait une journée avoir le goût d'écouter Glenn Gould, pis l'autre journée avoir le goût d'écouter Murray Perraia, pis c'est bien correct! Mais ouais! Pis c'est quoi, c'est son concerto italien? quand il joue, là, c'est du rock, là! Tu sais? C'est particulièrement marqué, dynamique, puis moi, ça me donne le goût, justement, de me brasser la tête comme si j'étais en train d'écouter de la musique rock. Fait que c'est vraiment... c'est vraiment particulier comparé à d'autres pianistes. Mais exactement, il existe plein de versions pour ça. Puis là, bien tu je vous encourage à faire un peu ce travail-là. Pas le travail de Glenn Gould, là, mais de comparer différentes versions de vos pièces. Peu importe qu'est-ce que vous allez trouver de bon ou de moins bon dans les versions que vous allez écouter, remarquez-le, notez-le dans votre tête, là! Il obligé de le noter dans un cahier physiquement, mais réfléchissez à ça. Qu'est-ce qui fait que vous avez aimé cette version-là? Qu'est-ce qui fait que vous n'avez pas aimé? Qu'est-ce que vous voulez garder pour votre propre interprétation? Parce que moi, je sais que même plusieurs années après avoir... à jouer une pièce, donc ça fait plusieurs années que je la connais, que je la joue, ça arrive que si j'écoute des nouvelles interprétations, puis que j'aime quelque chose, ça arrive que ça va influencer ma façon de jouer la pièce, même si ça fait 20 ans que je la joue, puis que la sais sur bout des doigts. J'aime ça trouver une espèce de couleur différente de temps en temps. je cherche pas ça systématiquement, là! On s'entend qu'une fois qu'on sait bien jouer une pièce, on prend nos habitudes, on a notre façon de la voir, puis notre histoire qu'on veut raconter là-dedans. Mais il reste que quand je tombe sur quelque chose de nouveau, puis que ça me parle, ben c'est possible que ça fasse évoluer ma façon d'interpréter une pièce. Fait que c'est jamais... c'est toujours le bon moment, autrement dit, pour faire ça. Ça peut être au début, au tout début de l'apprentissage d'une pièce. Ça peut être en cours de route, ça peut être quand ça fait 20 ans qu'on la joue, pis c'est toujours utile. Peut-être que ça changera rien, peut-être que vous allez dire « ben j'aime beaucoup mieux la façon que moi je la joue pis je garde ça comme ça! » Parfait! C'est correct, c'est vous l'interprète! Mais ça fait aussi des fois qu'on va ajuster un peu, trouver quelque chose que finalement, on trouve mieux, plus beau, plus intéressant. Puis tu dis, on affine ainsi notre écoute, c'est un commentaire d'écoute orale. oui, un exercice musical! Bien oui! Bien ça, on fait ça en classe aussi, les jeunes ont des exercices d'écoute comme ça. Dans les cours de Pianoforte... un 1, individuel. C'est très rare qu'on prend le temps de faire ça. Mais là, dans mes ateliers de groupe, ben j'ai le temps. C'est le genre d'affaires qui est super propice à faire aussi dans un groupe de pianistes, là, quand on peut pas jouer tout en même temps. Donc, ben tu vois, j'ai intégré ça. Pis là, ben je vous en fais bénéficier à travers mon petit... ma petite histoire de Glenn Gould ce midi. Souvent, la jouer m'apprend souvent à aimer un style, une oeuvre que je connais pas bien ou vers laquelle je n'irai pas. Ça, c'est vrai! Pis tu sais, jouer des pièces qu'on connaît pas, là, qu'on n'a jamais entendues, c'est tellement formateur! Parce que ça te confirme, là, que t'es capable de comprendre les notes, le rythme pis tout ça, de rendre ça fidèle à ce qui est écrit, même si c'est pas ton oreille qui entre en ligne de compte. C'est sûr qu'après peu de temps... c'est ton oreille qui entre en ligne de compte. On s'habitue très vite, puis on mémorise très vite les pièces qu'on pratique, ou en tout cas, dans le sens que on les a en tête, tu on est capable de rechanter la pièce pis tout ça. Peut-être qu'on n'a pas tout le détail des notes par cœur. Ça, faut faire un effort particulier pour ça, mais... Mais moi aussi, combien de fois j'ai dû apprendre une pièce, pis là, c'était forcé, là, parce que c'est au programme, pis c'est ce que je dois apprendre cette année, mais que, finalement, la pratiquante... bien, tu vois, j'y ai trouvé de l'intérêt. Moi, c'est vraiment en jouant que je me mets à aimer les pièces. Des fois, je les écoute pas convaincu, mais quand je joue, c'est par le fun! Fait que oui, je viens d'accord avec ça. Ça nous ouvre les horizons, puis ça nous fait apprécier des nouveaux styles musiques. Donc allez voir un peu Glenn Gould, en cette semaine de son anniversaire de décès, puis venez me reparler si jamais vous trouvez des petits trésors, des choses que vous aimez beaucoup, ou si au contraire des choses qui vous surprennent, puis que vous vous demandez pourquoi il a fait ça, puis qu'est-ce qui lui a passé par la tête. Je pourrais peut-être pas vous dire qu'est-ce qui lui a passé par la tête, mais on pourra en discuter quand même ensemble. Donc je vous souhaite un bel après-midi sur ça! Puis je vous dis à la semaine prochaine pour notre causerie PBD du jeudi midi! Bye bye!