Latest / Africa Fashion Tour / Roxane Mbanga, artiste pluridisciplinaire
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- 0:00Il y a eu surtout un tournant.
- 0:04Donc,
- 0:05quand je suis partie faire mon année sabbatique,
- 0:09déjà,
- 0:10oui,
- 0:10j'étais très intéressée par aller en Afrique.
- 0:14J'ai toujours eu un lien avec l'Afrique.
- 0:16Je ne suis pas partie en 2019 à la recherche de mes racines,
- 0:20comme peuvent penser ou dire certaines personnes.
- 0:24Mais non,
- 0:25j'ai toujours eu un lien avec l'Afrique.
- 0:27Mon père,
- 0:27donc,
- 0:27il est Camerounais,
- 0:28mais il a grandi.
- 0:31entre le Cameroun,
- 0:32la Côte d'Ivoire,
- 0:33et puis après en France,
- 0:34j'ai des oncles,
- 0:35comme je disais,
- 0:35au Bénin,
- 0:36en Côte d'Ivoire,
- 0:37au Togo,
- 0:40etc.
- 0:42J'ai beaucoup voyagé avec mes parents dans plein de pays différents,
- 0:47et notamment en Afrique,
- 0:49Moyen-Orient,
- 0:50etc.
- 0:52Et donc du coup,
- 0:52le fait de partir pour moi au Nigeria,
- 0:56c'était vraiment parce qu'il y avait quelque chose qui
- 1:00qui m'intéressaient là-bas,
- 1:01de par la musique,
- 1:03même dans les marques de mode que je voyais.
- 1:06Je voyais quelque chose un peu de frétillant.
- 1:10J'étais super attirée.
- 1:13Et en fait,
- 1:14en voyageant comme ça entre plein de pays différents,
- 1:18j'ai été...
- 1:22On va dire qu'il y a une autre partie de mon identité qui était plus visible,
- 1:27c'était le fait d'être occidentale,
- 1:29bien sûr.
- 1:30donc avec tout ce que ça comporte.
- 1:33Donc,
- 1:33le fait d'être vue comme une occidentale en Afrique,
- 1:39c'est le fait d'être vue comme quelqu'un qui a des moyens,
- 1:42etc.
- 1:43Et puis en plus,
- 1:44je suis quelqu'un qui est vue comme métisse.
- 1:47Donc,
- 1:48ma couleur de peau,
- 1:49je suis claire de peau.
- 1:52Donc,
- 1:52en plus de ça,
- 1:53il y avait tout ce truc d'être vue comme une belle femme parce qu'en étant claire de peau en Afrique,
- 2:01dans des pays où des gens se décapent la peau pour s'engueuler à ça,
- 2:09c'est quand même quelque chose.
- 2:14Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Africa Fashion Tour.
- 2:17Je vous emmène avec moi à la rencontre de créateurs basés sur le continent africain.
- 2:21Je vous invite à voyager à Abidjan,
- 2:23Dakar ou Bamako pour découvrir les parcours de professionnels talentueux,
- 2:28responsables et ambitieux.
- 2:30Au fil des interviews,
- 2:31je me rends compte que chaque entrepreneur veut contribuer au rayonnement de la créativité africaine sur le continent et au-delà.
- 2:38Ce podcast est un moyen de sortir des clichés du boubou et du wax pour représenter un éventail de tissus,
- 2:44de savoir-faire et de créativité trop souvent sous-représentés.
- 2:49Je suis Ramata Diallo,
- 2:50je suis professeure de marketing dans des écoles de mode parisiennes et je suis également consultante spécialisée dans l'accompagnement de porteurs de projets qui veulent lancer leur marque de mode.
- 2:59En 2017,
- 3:00j'ai attesté à ma première Fashion Week en Afrique et depuis,
- 3:03je voyage régulièrement sur le continent pour aller à la rencontre de ceux et celles qui font la mode en Afrique.
- 3:10Le podcast est le moyen que j'ai trouvé pour partager au plus grand nombre une autre vision de la mode africaine.
- 3:18Aujourd'hui,
- 3:18je suis en compagnie de Roxane Manga,
- 3:20qui est une artiste pluridisciplinaire d'héritage guadeloupéen,
- 3:24camerounais et français.
- 3:25Elle est basée à Paris.
- 3:26Sa pratique englobe la mode,
- 3:28le cinéma,
- 3:29le design graphique,
- 3:30la photographie,
- 3:31l'écriture et la performance.
- 3:33Je l'ai invitée aujourd'hui pour qu'elle puisse nous parler de son parcours et de l'évolution de sa carrière d'artiste.
- 3:39Bienvenue Roxane,
- 3:40comment vas-tu ?
- 3:41Je vais très bien,
- 3:42merci beaucoup pour l'invitation.
- 3:45Merci à toi,
- 3:46c'est un plaisir pour moi de te retrouver pour un enregistrement du podcast Africa Fashion Tour.
- 3:50On s'est déjà croisés en fait à...
- 3:53À Paris,
- 3:54alors que tu travaillais pour
- 3:56Boubou, la formatrice de la marque Aya Misigo.
- 3:59Et puis depuis,
- 3:59on est toujours un petit peu resté en contact.
- 4:02Et là,
- 4:02comme tu as une exposition dans une galerie parisienne,
- 4:05je trouvais que c'était le bon moment pour pouvoir échanger avec toi et que tu me parles un petit peu de l'évolution de ta carrière artistique,
- 4:13qui est toujours un peu liée à la mode.
- 4:15Donc,
- 4:16pour commencer,
- 4:16je vais le faire comme je le fais avec tous mes invités.
- 4:19Je vais te demander de te présenter.
- 4:21D'accord,
- 4:22alors je m'appelle Roxane Bamba,
- 4:24je suis artiste pluridisciplinaire et je travaille aussi en tant que directrice artistique pour différents projets,
- 4:35donc toujours pour
- 4:36Ayam Isigo depuis 2019,
- 4:41qui est une marque de mode nigériane et aussi sur des films,
- 4:47des documentaires.
- 4:49plein de choses assez différentes.
- 4:53Donc voilà.
- 4:55Et en tant qu'artiste,
- 4:58ma pratique,
- 4:59elle est vraiment axée sur créer des espaces,
- 5:04des espaces de repos,
- 5:06de répit,
- 5:07des installations immersives et pluridisciplinaires.
- 5:15Très bien.
- 5:16Alors moi,
- 5:17je vais te demander un petit peu de nous parler de...
- 5:20dès le début.
- 5:21Alors,
- 5:21on n'est pas obligé de remonter jusqu'à la date de naissance.
- 5:25L'idée,
- 5:26c'est de savoir un peu comment est-ce qu'elle s'est développée,
- 5:29ta vocation d'artiste.
- 5:30Est-ce que tu as toujours voulu être artiste et tu as toujours senti en toi de la créativité ?
- 5:36Comment est-ce que ça s'est fait ?
- 5:37À quel moment est-ce que tu t'es dit voilà,
- 5:39c'est vers ce genre de métier-là que tu avais envie d'évoluer ?
- 5:43Oui.
- 5:44Alors,
- 5:46oui,
- 5:46je pense que j'ai toujours été très...
- 5:50déjà très rêveuse et puis j'ai commencé aussi à me diriger vers l'artistique assez jeune finalement quand je devais avoir 14 ans quelque chose comme ça,
- 6:05c'est le moment où j'ai mon premier appareil photo et j'ai commencé à prendre des photos par-ci par-là et
- 6:15Et en fait,
- 6:15tu sais,
- 6:16au moment où on te demande ce que tu as envie de faire de ta vie à 18 ans,
- 6:21je savais que j'avais envie de faire quelque chose dans ce monde-là.
- 6:25Au début,
- 6:27je me disais que je ne pensais pas du tout à être artiste comme je le suis,
- 6:32ni forcément à travailler dans la mode.
- 6:34Je voulais être architecte,
- 6:39mais je n'aimais pas du tout les maths.
- 6:42Du coup,
- 6:43j'ai fait une prépa artistique à Paris.
- 6:46Mes parents m'ont toujours soutenue dans mes recherches,
- 6:50mes études,
- 6:51etc.
- 6:52Et c'est en faisant cette prépa artistique,
- 6:56où on pouvait un peu toucher à tout,
- 6:59le but de cette école-là,
- 7:01c'était de nous préparer au concours pour les grandes écoles.
- 7:07les arts déco de Paris,
- 7:09les beaux-arts ici et là,
- 7:11etc.
- 7:12Et puis,
- 7:12en côtoyant d'autres élèves,
- 7:18c'est là où j'ai entendu parler de l'école que j'ai faite à Amsterdam,
- 7:22qui s'appelle la Gerrit Rietveld Académie.
- 7:25Et en fait,
- 7:26la particularité de cette école,
- 7:27c'est qu'au début,
- 7:28il y avait une année,
- 7:30la première année,
- 7:31ça restait une année propédotique,
- 7:32où finalement,
- 7:33tu continues un peu à toucher à tout.
- 7:36entre le dessin,
- 7:38le design,
- 7:39etc.
- 7:42Et étant donné que je ne savais pas forcément vers où j'avais envie de...
- 7:47Enfin,
- 7:48je n'avais pas envie de faire de choix,
- 7:49en fait,
- 7:49dans toutes ces différentes disciplines.
- 7:53Du coup,
- 7:53je me suis dit que ce serait parfait.
- 7:55Et en plus de ça,
- 7:56j'avais envie de partir de Paris.
- 7:58Je suis née,
- 7:58j'ai grandi à Paris.
- 8:00Et j'ai toujours eu un peu envie de bouger,
- 8:03de découvrir des choses,
- 8:04etc.
- 8:07Donc,
- 8:07le fait d'étudier à Amsterdam,
- 8:09c'était incroyable.
- 8:10C'était le début d'une grande aventure.
- 8:13Et en étant dans cette école,
- 8:16finalement,
- 8:17je n'ai jamais choisi.
- 8:18C'est-à-dire que,
- 8:19certes,
- 8:19j'ai fait,
- 8:21comme je disais au début,
- 8:22une année pro-pédiotique.
- 8:24Après,
- 8:24je me suis plus spécialisée dans la mode.
- 8:27Et le fait de me spécialiser dans la mode,
- 8:29c'était plus par rapport à mon attrait du corps.
- 8:35tout ce que le corps peut dire,
- 8:38véhiculer le corps comme outil politique,
- 8:43etc.
- 8:45Et l'école que je faisais,
- 8:47que j'ai faite,
- 8:48c'est une école qui est aussi très conceptuelle,
- 8:50c'est-à-dire qu'en choisissant d'étudier dans le département mode,
- 8:58je pouvais quand même toujours continuer à...
- 9:02à travailler ce médium-là à travers la vidéo par exemple,
- 9:06etc.
- 9:09Donc voilà,
- 9:12et ce qui s'est passé,
- 9:13c'est qu'en 2019,
- 9:15quand on s'est rencontrés,
- 9:17c'est l'année où j'avais décidé de faire une césure,
- 9:20donc une pause dans mes études,
- 9:22pour un peu plus me confronter à la réalité du monde du travail.
- 9:27Et puis le monde qui m'intéressait,
- 9:29c'était...
- 9:32les espaces plus africains.
- 9:34Donc,
- 9:35j'ai décidé de faire une année en Afrique où j'allais travailler pour des personnes,
- 9:45notamment
- 9:46Bougou Ogisti,
- 9:48fondatrice de la marque Ayamissigo.
- 9:51Et donc,
- 9:52pendant un an,
- 9:53non,
- 9:53on a travaillé ensemble pendant quatre mois.
- 9:56Donc,
- 9:56j'ai commencé à Paris.
- 9:59en représentant la marque à la
- 10:01Fashion Week en septembre.
- 10:03Après,
- 10:04je suis partie au Nigeria pendant quatre mois.
- 10:07On est parties ensemble après en Côte d'Ivoire pour un pop-up.
- 10:12Et puis,
- 10:13c'est là où mon stage a pris fin.
- 10:16Et puis après,
- 10:17je suis allée au Bénin où mon oncle a une galerie d'art.
- 10:25Donc,
- 10:25je suis allée au Bénin.
- 10:29en Côte d'Ivoire encore pendant quelques temps.
- 10:31Et puis,
- 10:31j'ai terminé au Sénégal en mars
- 10:362020. Il y a eu le Covid et j'y suis restée pendant,
- 10:41je pense,
- 10:41pendant 6-7 mois dans une communauté spirituelle,
- 10:46dans un village
- 10:47Baïfal.
- 10:48Donc, voilà.
- 10:51Et après,
- 10:52je suis revenue terminer mes études en 2021.
- 10:57avec le projet Noir,
- 11:00qui est un projet que je continue depuis.
- 11:04En fait,
- 11:05Noir,
- 11:08c'est toute une série d'installations qui représentent ma maison rêvée,
- 11:14l'espace que j'aurais aimé avoir en étant jeune,
- 11:20en grandissant.
- 11:21Donc,
- 11:22un endroit qui réunit...
- 11:25qui réunit des femmes noires dans leur diversité,
- 11:31un endroit un peu de communion,
- 11:34où on peut se rencontrer,
- 11:36prendre le temps,
- 11:39discuter,
- 11:41etc.
- 11:43Et la manière dont je crée ces espaces-là,
- 11:46c'est en créant différentes pièces de cette maison.
- 11:49Donc j'ai déjà exposé...
- 11:52J'ai exposé à Amsterdam en 2021 le salon et l'arrière-cour de cette maison.
- 11:58Après,
- 11:58je suis partie à Londres pour exposer le balcon.
- 12:08Après Londres,
- 12:08il y a eu Yaoundé,
- 12:09où là j'exposais un espace extérieur,
- 12:13le marché.
- 12:14Ensuite,
- 12:14il y a eu Paris,
- 12:15l'année dernière,
- 12:16en 2024,
- 12:18où j'ai exposé la salle de bain.
- 12:21et deuxième version du salon.
- 12:23Et puis là,
- 12:24actuellement,
- 12:26à Paris encore,
- 12:27je suis en train de préparer deux prochaines pièces,
- 12:33qui seront la salle à manger ainsi que la terrasse,
- 12:37et qui seront exposées à la
- 12:39193e galerie pas très loin de
- 12:42République, qui est du coup ma nouvelle galerie.
- 12:45J'ai signé avec eux il y a quelques mois.
- 12:48Et je présente actuellement un nouveau corpus d'œuvres dans cette galerie jusqu'au 31 mai,
- 12:54qui s'appelle « Spill the Tea » ,
- 12:56et qui est une nouvelle série que je suis en train de développer,
- 13:02donc aussi en vue de mon exposition personnelle en novembre.
- 13:07Et cette série-là est vraiment née,
- 13:09encore une fois,
- 13:11du fait de se retrouver entre femmes,
- 13:15donc pour s'apporter.
- 13:18du soin et cette fois-ci en comérant,
- 13:23en se partageant des congossas,
- 13:25etc.
- 13:26Et en fait,
- 13:27c'était vraiment l'idée de dévoiler ce qui se passe dans notre intimité et de montrer ça aussi comme une force et pas forcément comme un
- 13:44hobby un peu.
- 13:47mal vues,
- 13:48entre guillemets.
- 13:49Je pense que le fait de se parler les unes les autres de
- 13:54« Ah, t'as vu,
- 13:55telle personne a fait ci »
- 13:56ou « Ah,
- 13:57la dernière fois,
- 13:58j'ai travaillé avec telle personne,
- 14:00voilà comment il m'a traité » ,
- 14:02c'est aussi une manière de se protéger entre nous et de s'avertir aussi.
- 14:08Et c'est un moyen de ne pas supporter les choses seules,
- 14:14de ne pas porter les choses seules.
- 14:16et d'utiliser notre communauté pour faire face à des situations qui peuvent être aussi dérangeantes,
- 14:23pesantes,
- 14:24etc.
- 14:25Et donc ce nouveau corpus d'œuvres,
- 14:28je le développe à travers du dessin,
- 14:31du batik,
- 14:34donc des œuvres textiles et d'autres œuvres mix-médias.
- 14:38Il y a une fresque aussi.
- 14:40Et puis bien sûr,
- 14:42une partie de mon installation,
- 14:43les gens peuvent venir.
- 14:45et se prélasser.
- 14:48Merci beaucoup pour cette présentation où tu nous as appelés.
- 14:53Paris,
- 14:54Amsterdam,
- 14:55il y a Houndé,
- 14:57Lagos.
- 14:59On sent qu'il y a quelque chose de très varié dans ton approche de ta carrière,
- 15:06que ce soit par rapport aux différents endroits dans lesquels tu as exposé,
- 15:10mais aussi de par les différentes disciplines où tu le dis,
- 15:13toi,
- 15:14les études que tu as choisis,
- 15:15tu as choisi une école dans laquelle tu n'as pas été obligé de faire le choix.
- 15:20Or,
- 15:21on est quand même souvent dans des environnements dans lesquels on doit choisir.
- 15:26En fait,
- 15:26c'est tes artistes peintres ou sculpteurs,
- 15:29mais tu dois forcément choisir un,
- 15:32comment dire,
- 15:34un médium,
- 15:35en fait,
- 15:35pour pouvoir t'exprimer.
- 15:37Et toi,
- 15:37tu revendiques le fait de ne pas choisir.
- 15:42Est-ce que tu as quand même peut-être une préférence ou est-ce que vraiment,
- 15:45toi,
- 15:45ce que tu aimes,
- 15:46c'est de pouvoir être comme ça,
- 15:48pluridisciplinaire et de pouvoir te dire que...
- 15:51Aujourd'hui,
- 15:51ce sera par le dessin.
- 15:53Demain,
- 15:53ce sera la photo ou le film.
- 15:55Et c'est comme ça que tu t'exprimes,
- 15:59en fait.
- 16:01Oui,
- 16:01on me pose souvent la question.
- 16:04Et je dirais que j'ai vraiment pas de préférence,
- 16:10en fait.
- 16:11La manière dont je vois les choses,
- 16:12c'est que l'addition de ces différents médiums et le fait de travailler à la fois Oh !
- 16:25la photo,
- 16:26la vidéo,
- 16:28un peu de design graphique et de présenter tout ça au sein de,
- 16:35par exemple,
- 16:36une pièce de théâtre,
- 16:38ça va être une manière pour moi de raconter une histoire.
- 16:41C'est-à-dire qu'au centre et au commencement de la création,
- 16:47il y a vraiment ce...
- 16:50Oui,
- 16:51cette idée de vouloir parler de quelque chose.
- 16:55Donc là,
- 16:55dans Spiral Duty,
- 16:56c'était vraiment cette idée de parler des histoires que j'entends souvent et qui peuvent me révolter dans le monde de la mode ou dans le monde de l'art,
- 17:07etc.
- 17:12Et du coup,
- 17:14je trouve mes moyens de m'exprimer à travers l'addition de ces différentes choses.
- 17:19et puis
- 17:20En plus de tout ça,
- 17:22je dirais que ce qui est commun entre toutes mes œuvres,
- 17:28c'est vraiment de vouloir créer des espaces,
- 17:30mais que ce soit des espaces physiques,
- 17:33donc de réflexion,
- 17:35ou des espaces qui vont vraiment envelopper tous les sens et le corps pour pouvoir être projetés dans des...
- 17:50Oui,
- 17:50dans des lieux différents,
- 17:51c'est-à-dire que même par exemple,
- 17:53quand je vais travailler le film,
- 17:56je vais vraiment faire en sorte à ce que de A à Z,
- 18:01on soit,
- 18:02on est quelque part.
- 18:03Et donc du coup,
- 18:04ça va vraiment aussi passer par la musique,
- 18:07le son,
- 18:09le rythme,
- 18:10etc.
- 18:13Donc oui,
- 18:14je pense toutes mes œuvres à travers la...
- 18:22la manière d'emmener le public avec moi,
- 18:27l'audience,
- 18:28comme on veut l'appeler.
- 18:31Du coup,
- 18:33dans la manière dont les galeries viennent à toi,
- 18:37ou dont ton audience ou ton public viennent à toi,
- 18:41comment est-ce qu'ils appréhendent cette variété de
- 18:48de médias me proposer ?
- 18:50Est-ce que...
- 18:51Alors,
- 18:51je pense qu'au niveau du public,
- 18:53je ne pense pas qu'il y ait de sujet,
- 18:55mais peut-être plus,
- 18:56est-ce que tu as des galeristes qui essayent de te mettre dans des cases,
- 18:58finalement,
- 18:59en disant,
- 19:00en fait,
- 19:00nous,
- 19:01on a une galerie,
- 19:02on a besoin de tableaux,
- 19:04et toi,
- 19:04tu arrives...
- 19:04En fait,
- 19:04je...
- 19:04J'ai besoin d'une pièce,
- 19:09parce que je construis des pièces.
- 19:10Donc,
- 19:11est-ce que tu es confrontée,
- 19:12en fait,
- 19:13de par la spécificité de ta manière de créer ?
- 19:16parfois des situations incongrues où il y a un temps d'adaptation et vous devez trouver un terrain d'entente parce que tu proposes quelque chose qui n'est pas commun,
- 19:29qui n'est pas ce à quoi on est habitué.
- 19:32En général,
- 19:32les galeries,
- 19:33c'est des murs blancs pour poser des sculptures,
- 19:37c'est possible.
- 19:38On a un podium,
- 19:39des murs blancs,
- 19:40c'est possible.
- 19:41Mais quand c'est un peu différent,
- 19:42c'est vrai qu'elles peuvent être les premières à te challenger sur la manière dont tu proposes.
- 19:46pose ton art en fait ?
- 19:48Oui,
- 19:49c'est...
- 19:51Ouais,
- 19:51là,
- 19:52cette question-là,
- 19:53c'est exactement ce à quoi je suis en train de...
- 19:58ce à quoi je fais face en ce moment.
- 20:00C'est-à-dire que,
- 20:02en ayant signé avec ma galerie,
- 20:06ça pose plein de questions.
- 20:08C'est-à-dire que,
- 20:09de base,
- 20:10la manière dont j'ai travaillé depuis 2021,
- 20:15ça a toujours été à travers des espaces non marchands.
- 20:19Donc des galeries non marchandes ou des musées,
- 20:23des fondations,
- 20:24etc.
- 20:26Et les musées,
- 20:27par exemple,
- 20:27mon travail est vraiment adapté aux institutions.
- 20:33C'est-à-dire qu'ils adorent le fait que je ramène du public,
- 20:40que mon travail est très politique et très contemporain.
- 20:45Donc voilà,
- 20:46maintenant,
- 20:47c'est sûr que je déborde complètement.
- 20:51C'est-à-dire que quand je crée des espaces,
- 20:54je vais recouvrir le sol de sable,
- 20:58de terre,
- 20:58de natte,
- 20:59etc.
- 21:00Je vais peindre tous les murs,
- 21:01parfois même je recouvre le plafond.
- 21:05Donc je travaille à partir d'une architecture.
- 21:09Et là,
- 21:10en...
- 21:12En ayant nos premières conversations avec Vincent 93,
- 21:17il y avait vraiment ce truc de...
- 21:20Eux,
- 21:20ils aiment beaucoup le fait que mon travail soit institutionnel,
- 21:23parce que ça leur permet aussi d'avoir des artistes plus dans des musées,
- 21:27etc.,
- 21:28en institution,
- 21:29donc ça crée aussi une variété des propositions,
- 21:31etc.,
- 21:32puis même pour l'achat.
- 21:34Mais c'est vrai que je n'ai pas de...
- 21:38pièces nécessairement qu'un collecteur,
- 21:41qu'une personne collectionneuse puisse acheter et juste exposer dans son salon sur un mur blanc,
- 21:51etc.
- 21:52Donc du coup,
- 21:53là,
- 21:53je suis dans une phase où au lieu de commencer à travailler dans l'espace,
- 21:59c'est comme ça que je fais d'habitude,
- 22:00c'est-à-dire que limite on me donne les clés de la dernière fois à la Fondation H,
- 22:04j'ai fait une résidence de trois mois.
- 22:08en amont de l'exposition.
- 22:10Donc,
- 22:10on m'a vraiment donné les clés du lieu.
- 22:11Et pendant trois mois,
- 22:13je venais tous les jours et je travaillais.
- 22:16Je peignais des murs,
- 22:16je créais sur place,
- 22:17etc.
- 22:18Et j'adore faire ça.
- 22:20Mais là,
- 22:20aujourd'hui,
- 22:21je développe plus une pratique de studio.
- 22:24J'ai un studio dans le
- 22:2519e.
- 22:26Et donc,
- 22:27du coup,
- 22:31je reviens à quelque chose un peu comme ce que je suis.
- 22:35Une manière de travailler comme celle que j'avais quand j'étais à l'école,
- 22:39par exemple.
- 22:39C'est-à-dire que je n'ai pas forcément les clés de l'espace où je vais exposer.
- 22:45Et donc,
- 22:45du coup,
- 22:47je travaille sur des pièces en amont que je pense pour l'espace d'exposition,
- 22:55etc.
- 22:55Et donc,
- 22:55du coup,
- 22:56c'est vraiment une manière de travailler complètement différente.
- 22:59Et donc,
- 23:01en ce moment,
- 23:02j'essaye vraiment...
- 23:04je suis challengée par le fait de créer et de concevoir des œuvres de taille différente qui puissent être accrochées etc et c'est vraiment pas facile parce que c'est
- 23:22une manière de travailler,
- 23:23le processus de création est complètement différent et en même temps je suis quelqu'un qui adore les challenges et je le vois pas du tout comme Euh...
- 23:33Ça ne m'empêche pas.
- 23:34Je ne le vois pas comme un frein ou quoi que ce soit.
- 23:36Je le vois juste comme...
- 23:39C'est tout un plein de possibilités qui s'ouvrent à moi.
- 23:45Donc,
- 23:46voilà.
- 23:46Et donc,
- 23:48les œuvres que je présente aujourd'hui à la 193,
- 23:52en ce moment,
- 23:52c'est aussi,
- 23:53on va dire,
- 23:54un premier essai vers ça.
- 23:57Donc,
- 23:57vers le travail de studio,
- 24:00d'atelier et...
- 24:03comment créer des séries d'œuvres qui puissent s'accrocher,
- 24:08etc.
- 24:09Je suis aussi en train de travailler avec un encadreur en ce moment pour,
- 24:16au lieu de déborder sur les murs et les plafonds et le sol,
- 24:20essayer justement de faire en sorte à ce que,
- 24:24déborder sur le cadre,
- 24:26créer toute une œuvre,
- 24:28mais d'une taille plus réduite.
- 24:35donc en tout cas c'est intéressant que tu exprimes ça c'est que tu arrives peut-être un peu dans un environnement comme un ovni mais que tu es parfaitement,
- 24:42en tout cas qu'aujourd'hui tu es en train d'apprendre à t'adapter pour comment dire,
- 24:46réussir aussi à intégrer les règles de ce milieu qui sont
- 24:51un peu strictes,
- 24:52même si on est en train de parler d'art,
- 24:54mais qu'à un moment donné,
- 24:55ça fait aussi partie,
- 24:56toi,
- 24:57d'un business model.
- 24:58C'est que les œuvres soient présentées de façon à ce que quelqu'un puisse les acheter.
- 25:02Et si toi,
- 25:03tu es dans la création d'œuvres un peu performance éphémère,
- 25:09c'est plus difficile à vendre.
- 25:10C'est un autre type de proposition que tu fais,
- 25:15presque plus de l'ordre du spectacle.
- 25:18Oui.
- 25:19Oui,
- 25:19exactement.
- 25:20Et oui,
- 25:22là,
- 25:22c'est vraiment ça.
- 25:23C'est-à-dire que,
- 25:25oui,
- 25:26comment créer des œuvres qui se vendent,
- 25:28qui se collectionnent et qui s'achètent.
- 25:33Mais c'est très intéressant.
- 25:34Et puis aussi parce que finalement,
- 25:36tu vois,
- 25:38en revenant sur l'aspect pluridisciplinaire,
- 25:41etc.,
- 25:43on m'a dit que c'est quelque chose qu'il ne fallait pas dire,
- 25:45mais je le dis quand même.
- 25:48Je me suis,
- 25:49en commençant mon œuvre noire,
- 25:51etc.,
- 25:53je ne me suis jamais dit que toute ma vie,
- 25:59j'allais être artiste.
- 26:00C'est-à-dire que je me vois tellement...
- 26:04Je me dis que tout peut arriver.
- 26:07C'est-à-dire que ça se trouve,
- 26:09dans deux ans,
- 26:09j'arrête.
- 26:11J'arrête cette série et je me consacre.
- 26:14essentiellement,
- 26:15je ne sais pas,
- 26:15à la mode ou alors au film,
- 26:18etc.
- 26:18Et puis,
- 26:19je vais apprendre d'autres règles sur d'autres marchés,
- 26:23etc.
- 26:23Mais là,
- 26:24aujourd'hui,
- 26:26concrètement,
- 26:27aussi,
- 26:27ma manière d'avoir des revenus,
- 26:30de gagner de l'argent,
- 26:31etc.,
- 26:31elle est aussi très diverse.
- 26:32C'est-à-dire que je ne suis pas une artiste qui doit absolument vendre des tableaux pour vivre.
- 26:39C'est-à-dire que je fais...
- 26:42Je fais des ateliers comme je travaille,
- 26:46comme je disais tout à l'heure,
- 26:47en tant que directrice artistique pour des marques.
- 26:51J'ai plein de projets divers et variés.
- 26:54Et donc,
- 26:55c'est aussi ça,
- 26:55finalement,
- 26:56la force d'être pluridisciplinaire.
- 27:00C'est que je peux aussi être sur différents pôles,
- 27:06différentes industries en même temps.
- 27:10Aujourd'hui,
- 27:11c'est super le fait d'être accompagnée aussi par une galerie.
- 27:14Ça fait qu'il y a plein de choses qui ne m'incombent plus complètement.
- 27:20Je suis accompagnée avec eux,
- 27:25par eux.
- 27:27C'est aussi leur travail de trouver des acheteurs,
- 27:34etc.
- 27:34Mais parallèlement à ça,
- 27:36je continue à...
- 27:37faire plein d'autres choses.
- 27:38Donc,
- 27:38c'est génial.
- 27:39C'est juste que ça vient s'ajouter à toutes les myriades de choses que je sais faire.
- 27:44Très bien.
- 27:46Donc,
- 27:47c'est intéressant et important de parler de sa dimension business model parce qu'on se demande toujours...
- 27:52On a souvent en tête un peu ces histoires d'artistes où finalement,
- 27:56c'est après leur mort que...
- 28:00Non.
- 28:00Non.
- 28:00Tu vois qu'elle devient...
- 28:03Merci.
- 28:04Voilà,
- 28:04il n'y a qu'une vie de misère,
- 28:08perdue,
- 28:09désespérée.
- 28:10Mais on se dit non,
- 28:11mais c'est comme ça quand tu es artiste de toute façon,
- 28:13tu as un job à côté parce que ce n'est pas l'art qui va te permettre de développer.
- 28:18Là,
- 28:18c'est intéressant de voir que toi,
- 28:20aujourd'hui,
- 28:20tu es vraiment dans cette phase où déjà,
- 28:22dès le départ,
- 28:23tu as plusieurs casquettes.
- 28:28Et puis,
- 28:28tu es en train d'intégrer cette dimension business model où tu cherches à rencontrer ton public.
- 28:33en fait.
- 28:34mais ton public d'acheteurs,
- 28:35pas juste ton public de personnes intéressées par ce que tu proposes.
- 28:41Donc,
- 28:42tu parlais de justement les différents métiers et sources de revenus que tu peux avoir.
- 28:47Donc,
- 28:48notamment dans la mode,
- 28:49ce que tu évoquais au début quand tu t'es présentée,
- 28:51c'est que tu étais directrice artistique sur différents projets et notamment des marques de mode.
- 28:57Est-ce que tu peux nous parler de ce volet-là,
- 28:59justement,
- 29:00du coup,
- 29:01de ton profil ?
- 29:03l'aspect direction artistique et notamment ton travail avec Boubou de la marque Ayamissigo.
- 29:09Oui,
- 29:11alors du coup,
- 29:12avec Boubou,
- 29:13on s'est rencontrés en 2019.
- 29:16J'ai fait mon stage chez elle,
- 29:18etc.
- 29:19Et depuis,
- 29:21je travaille avec Ayamissigo sur des projets divers et variés.
- 29:30C'est-à-dire que hum...
- 29:34Là,
- 29:34en ce moment,
- 29:34on est en train de travailler,
- 29:35par exemple,
- 29:36pour la Fashion Week de Copenhague,
- 29:39qui a lieu en août.
- 29:41Les derniers projets sur lesquels on avait travaillé,
- 29:43c'était la Fashion Week de Lagos en 2023.
- 29:47Il y a eu un projet aussi avec Victoria's Secret.
- 29:51Un autre au Congo.
- 29:54Donc,
- 29:55c'est assez divers et varié.
- 29:57Ce que j'adore avec cette marque-là,
- 29:59c'est que...
- 30:00Elle aussi,
- 30:01elle est vraiment entre l'art et la mode.
- 30:05Donc,
- 30:05elle crée presque,
- 30:07j'ai envie de dire,
- 30:08parfois des costumes,
- 30:10des pièces qui ne sont pas forcément portables,
- 30:15métables,
- 30:16etc.
- 30:17Mais il y a tout un storytelling autour de sa culture,
- 30:24Yoruba.
- 30:25de l'aspect très spirituel aussi qu'elle a et qu'elle voit dans le corps.
- 30:32Le fait d'essayer de créer des ponts aussi entre le spirituel,
- 30:40le digital,
- 30:42le sacré,
- 30:43le corporel,
- 30:44etc.
- 30:46Ne pas forcément créer des habits pour la jante féminine,
- 30:52on va dire.
- 30:53Donc ne pas forcément voir le corps de la femme comme quelque chose de sexy,
- 30:59de sexuel,
- 30:59etc.
- 31:01Mais du coup,
- 31:01lui revêtir quelque chose de plus sacré,
- 31:06l'élever sur des rangs presque de déité,
- 31:11etc.
- 31:12Et donc mon travail avec elle,
- 31:16je le vois un peu comme...
- 31:19J'agis comme une caisse de résonance.
- 31:21C'est-à-dire que je...
- 31:22Je la suis depuis très longtemps,
- 31:24du coup,
- 31:24je comprends,
- 31:27je sais tous les revers,
- 31:31tout ce qu'elle est,
- 31:32tout ce qu'elle exprime,
- 31:33etc.
- 31:34Par exemple,
- 31:35là,
- 31:36sur le projet sur lequel on est en train de travailler,
- 31:40elle m'a fait un brief de 20 minutes et je savais très bien tous les aspects,
- 31:45où est-ce qu'elle voulait en venir,
- 31:46ce qu'elle veut pour la musique,
- 31:49pour le show,
- 31:50pour le stylisme,
- 31:51etc.
- 31:53Et donc,
- 31:53en gros,
- 31:53en tant que directrice artistique,
- 31:55je travaille presque comme un chef d'orchestre,
- 32:00c'est-à-dire qu'il y a toute une team de personnes,
- 32:05que ce soit le styliste,
- 32:08maquilleuse,
- 32:10la personne qui va faire du son,
- 32:16le photographe.
- 32:18vidéographes,
- 32:18etc.,
- 32:19avec qui on va travailler,
- 32:20donc plein de collaborateurs divers et variés.
- 32:23Et moi,
- 32:23je veux faire en sorte à ce que ce qu'ils vont produire va vraiment entrer dans l'univers de Ayam Isigo.
- 32:32Et ouais,
- 32:36c'est vraiment ça,
- 32:37finalement.
- 32:38Mon travail,
- 32:39c'est d'être en lien avec toutes ces personnes-là.
- 32:42et de faire en sorte à ce que du début à la fin de la collaboration,
- 32:46de pouvoir les aiguiller dans cet univers-là qui est assez complexe et riche.
- 32:59Et je pense que notre collaboration marche aussi bien parce qu'on se comprend avec Gugu de manière artistique.
- 33:09C'est-à-dire,
- 33:09comme je disais,
- 33:10elle est vraiment à la lisière entre l'art et la mode.
- 33:16Et quand je parle d'art,
- 33:19elle est aussi beaucoup dans un certain storytelling.
- 33:23Elle s'intéresse à la musique,
- 33:24aux sons,
- 33:26aux vibrations,
- 33:27à plein de choses.
- 33:28Donc oui,
- 33:31voilà,
- 33:32c'est à peu près ça.
- 33:34Et ce qui est particulier,
- 33:36c'est que toi,
- 33:36tu es basée à Paris et la marque Ayamissigo,
- 33:40ils sont basés à Lagos.
- 33:41Oui.
- 33:42Donc,
- 33:42comment est-ce que tu fais tout ça à distance,
- 33:44en fait ?
- 33:44Oui,
- 33:44bonne question.
- 33:47La marque Ayamissigo est basée à Lagos et les personnes avec qui on travaille sont au Kenya,
- 33:52en Suisse,
- 33:54à Berlin,
- 33:55à Londres.
- 33:55Donc,
- 33:56on travaille tous à distance.
- 34:01il faut beaucoup de rigueur et beaucoup de
- 34:04temps,
- 34:04tout se passe par call.
- 34:06On se fait plein de...
- 34:08Enfin,
- 34:08on a mis en place des moments où,
- 34:11du coup,
- 34:13on s'appelle dans la semaine.
- 34:14Donc,
- 34:15on va avoir...
- 34:16Là,
- 34:16en ce moment,
- 34:18on a deux calls par semaine.
- 34:21Un call avec l'équipe et un call avec l'équipe interne de la marque A&C Go et un avec l'équipe externe de la Fashion Week,
- 34:32par exemple.
- 34:34Mais ouais,
- 34:35il faut beaucoup de rigueur,
- 34:38mettre en place des
- 34:40Google Docs,
- 34:43des trucs un peu chiants.
- 34:45Mais c'est pas la vingtaine de choses que je vais faire.
- 34:49Voilà,
- 34:50mais il faut le dire,
- 34:51parce que parfois,
- 34:52on n'entend que des histoires où on ne dit pas,
- 34:54non,
- 34:55mais il y a une partie du boulot là,
- 34:57quand tu me racontes tout ce que tu fais déjà,
- 34:58quand on a des fonctions de direction artistique.
- 35:01au sein d'une marque et tout le monde est réuni on va dire au même endroit géographique c'est un job qui est plein de challenges mais quant à ne serait-ce que différents fuseaux horaires et puis qu'il faut réussir à connecter tout le monde autour d'une vision qui est très
- 35:19exigeante et très pointue le travail d'Aya Misigo,
- 35:22le travail de Bougou,
- 35:24c'est vraiment une expérience artistique à travers ses défilés à travers
- 35:30la manière dont elle appréhende son propos mode.
- 35:34Et donc,
- 35:36on n'est pas dans quelque chose où c'est si facile que ça est immédiat à faire comprendre,
- 35:41parce qu'elle est très exigeante,
- 35:43effectivement.
- 35:45Et vous êtes exigeant,
- 35:46en tout cas,
- 35:47dans le message que vous voulez faire passer.
- 35:49On va vraiment au-delà de juste une pièce de vêtement.
- 35:53Donc,
- 35:55pour faire vivre ça,
- 35:56je pense que...
- 35:57Il y a un travail et une ambition derrière qui est forte,
- 36:02en fait.
- 36:03Oui,
- 36:03c'est ça.
- 36:04Après,
- 36:04c'est un travail qui est très intense,
- 36:06dans le sens où,
- 36:08comme tu dis,
- 36:08même par rapport aux différents fuseaux horaires,
- 36:12finalement,
- 36:16dans les voies qu'on a choisies,
- 36:17on ne travaille pas de 9h à
- 36:1917h. C'est-à-dire qu'on est tout le temps disponible,
- 36:24finalement.
- 36:26Et puis surtout,
- 36:26quand tu travailles avec des artistes,
- 36:29et moi-même en tant qu'artiste,
- 36:30tu peux avoir une idée à deux heures du matin,
- 36:33à minuit,
- 36:34etc.
- 36:35Donc,
- 36:35on est constamment en contact et connectés les uns aux autres.
- 36:43Et c'est aussi pour ça que c'est important,
- 36:47à certains moments,
- 36:48de pouvoir se réunir,
- 36:50voir comment on avance tous,
- 36:51chacun de notre côté,
- 36:52quelle direction est-ce qu'on doit prendre.
- 36:55parler des deadlines,
- 36:56etc.,
- 36:57prioriser certaines tâches.
- 36:59Mais,
- 37:02moi,
- 37:02c'est des choses que j'aime beaucoup,
- 37:05et puis,
- 37:05on me dit souvent que certaines personnes sont impressionnées parce qu'elles pensent que,
- 37:13oui,
- 37:13les artistes,
- 37:14comme on disait tout à l'heure,
- 37:15tu vois,
- 37:15il y a un peu ce truc de l'artiste est quelqu'un d'un peu fou,
- 37:20perdu dans sa tête,
- 37:22qui crée par
- 37:23passion qui vivra pauvre et sera reconnue après sa mort,
- 37:32etc.
- 37:33Mais non,
- 37:33pas du tout.
- 37:33En fait,
- 37:34être artiste aujourd'hui,
- 37:37c'est être auto-entrepreneur.
- 37:40Il faut travailler sa com,
- 37:42sa logistique,
- 37:45être autant sur les réseaux sociaux que sur LinkedIn,
- 37:48que sur SIC,
- 37:49que sur ça,
- 37:50avoir un site internet.
- 37:51Il faut être sur plein de tableaux en même temps.
- 37:55Et c'est pour ça que je pense que je peux aussi travailler avec d'autres personnes et apporter cette expertise-là de pouvoir être sur plein de choses en même temps,
- 38:09tout en gardant le cap,
- 38:11garder la ligne directrice.
- 38:15Et voilà,
- 38:19c'est vraiment ça.
- 38:20C'est très riche et en même temps,
- 38:24tout ce que je vais faire,
- 38:25par exemple,
- 38:26pour Ayami Sigo,
- 38:27ça m'apporte aussi énormément,
- 38:29moi,
- 38:29dans ma propre pratique,
- 38:31que ce soit par les thèmes qu'on va évoquer,
- 38:35travailler ensemble,
- 38:36etc.,
- 38:37ou même la manière de travailler en groupe.
- 38:40Moi,
- 38:40je travaille toujours en collaboration avec les personnes,
- 38:43même pour mes propres œuvres,
- 38:45on va dire.
- 38:46Et ce n'est pas facile,
- 38:48parce que surtout avec des créatifs,
- 38:51il y a beaucoup d'égo.
- 38:54Il y a beaucoup d'égo.
- 38:56Les gens,
- 38:56enfin,
- 38:57c'est un peu...
- 38:58J'en parlais hier avec une amie.
- 39:00Tu as un peu l'impression que ta personne et ton travail ne peuvent pas être dissociés.
- 39:06C'est très difficile de penser comme ça.
- 39:08C'est assez violent même,
- 39:09finalement.
- 39:12Donc oui,
- 39:13travailler avec...
- 39:1515-20 artistes en même temps sur des projets,
- 39:20ce n'est pas facile,
- 39:22mais c'est très,
- 39:23très,
- 39:24très enrichissant.
- 39:25C'est extrêmement enrichissant.
- 39:29Là,
- 39:29moi,
- 39:29ce que j'ai envie de...
- 39:31On a parlé de ton profil,
- 39:33de ce que tu as mis en place et du caractère business model.
- 39:36Moi,
- 39:36c'est des choses que j'évoque parce que j'ai une spécialité en marketing,
- 39:40en stratégie.
- 39:40Donc,
- 39:41moi,
- 39:41j'aime bien aussi poser des questions aux artistes sur ces sujets-là parce que ça permet aussi aux jeunes générations de ne pas garder cette image de l'artiste qui souffre toute sa vie et qui sera connu post-mortem.
- 39:55mais aussi d'indiquer tout le travail que ça représente pour pouvoir être un artiste reconnu de son vivant qui vit de son art.
- 40:03Toi,
- 40:03tu es née à Paris,
- 40:04basée à Paris,
- 40:05tu as fait des études à Amsterdam et tu as un lien très,
- 40:09très fort avec l'Afrique,
- 40:12avec la communauté noire et diasporique africaine,
- 40:16mais pas que,
- 40:17Caraïbe,
- 40:17puisque tu es d'origine à la fois guadeloupéenne et camerounaise.
- 40:21Et on sent que ça,
- 40:22ça fait partie intégrante des grandes groupes.
- 40:24des sujets dont tu as envie de parler.
- 40:25D'ailleurs,
- 40:27l'un de tes thèmes,
- 40:28c'est noir.
- 40:29En tout cas,
- 40:29c'est comme ça qu'il s'appelle.
- 40:31Comment est-ce que ce cheminement,
- 40:35comment t'en es arrivé à vouloir,
- 40:37en fait,
- 40:37dans ton art,
- 40:38intégrer cette notion-là un petit peu identitaire,
- 40:40en fait ?
- 40:41Est-ce que c'est un truc qui a toujours été là où tu avais envie d'avoir un côté un peu militant,
- 40:47quelque part ?
- 40:48Est-ce que,
- 40:49voilà,
- 40:49déjà,
- 40:50après,
- 40:50je vais dire toute jeune,
- 40:51mais t'es pas spécialement âgée.
- 40:53Mais est-ce qu'il y a toujours eu cette volonté dans ton expression artistique de faire passer un message identitaire ?
- 41:03Pas toujours.
- 41:05Je pense que...
- 41:06Mais déjà,
- 41:09en étant en école,
- 41:12les écoles d'art,
- 41:13je trouve que c'est assez difficile émotionnellement parce qu'on te demande sans cesse d'aller chercher en toi.
- 41:19C'est-à-dire que c'est vraiment ça.
- 41:22va creuser en toi,
- 41:24dans tes thèmes,
- 41:25etc.
- 41:26Je pense que c'est l'expérience d'avoir vécu à Amsterdam pendant presque dix ans,
- 41:35ça m'a beaucoup confrontée à mon identité et mon identité à ce que je représentais aux yeux des gens.
- 41:45J'ai toujours travaillé à côté de mes études et donc du coup,
- 41:48dans des...
- 41:52dans des taffes de service.
- 41:55Je travaillais dans des bars,
- 41:57restaurants,
- 41:58etc.
- 42:00Et donc,
- 42:00j'étais beaucoup confrontée aux personnes,
- 42:04aux habitants d'Amsterdam qui sont majoritairement blancs,
- 42:11classe sociale plus ou moins aisée,
- 42:14etc.
- 42:16Et donc,
- 42:17en venant de Paris,
- 42:18il y avait toujours cette question.
- 42:20à...
- 42:21Je suis très avenante comme personne,
- 42:25les gens disent que je suis assez ouverte,
- 42:28même solaire parfois.
- 42:30Et donc du coup,
- 42:31en discutant avec les personnes,
- 42:33il y avait toujours ce truc de « Ah,
- 42:34tu viens d'où ?
- 42:35Je viens de Paris.
- 42:36Non mais tu viens vraiment d'où ? »
- 42:37Et j'avais l'impression qu'en France,
- 42:39je n'avais pas forcément ce truc-là.
- 42:43Et surtout à Paris,
- 42:45c'est des environnements dans lesquels j'étais très multiculturelle,
- 42:48etc.
- 42:49Bref.
- 42:50C'est là où j'ai vraiment commencé à être touchée par ces questions-là et à ne pas forcément comprendre pourquoi est-ce qu'on ne me laissait pas choisir
- 43:07ce que j'avais envie de dire dans ces interactions-là sur ma personne,
- 43:11sur mon identité.
- 43:11Je n'ai pas forcément envie de te raconter toute ma lignée de mes aïeux et tout,
- 43:16alors que...
- 43:18Je suis juste en train de te servir ton verre de vin.
- 43:22Donc,
- 43:22voilà.
- 43:23Je pense qu'au début,
- 43:25ça a commencé là.
- 43:27Et puis,
- 43:28comme ça.
- 43:29Et après,
- 43:30il y a eu surtout un tournant.
- 43:35Quand je suis partie faire mon année sabbatique,
- 43:39déjà,
- 43:40oui,
- 43:40j'étais très intéressée par...
- 43:43en Afrique,
- 43:44j'ai toujours eu un lien avec l'Afrique,
- 43:46je ne suis pas partie en 2019 à la recherche de mes racines,
- 43:50comme peuvent penser ou dire certaines personnes,
- 43:54mais non j'ai toujours eu un lien avec l'Afrique mon père,
- 43:57donc il est Camerounais,
- 43:58mais il a grandi entre le Cameroun,
- 44:02la Côte d'Ivoire et puis après en France,
- 44:04j'ai des oncles comme je disais au Bénin,
- 44:06en Côte d'Ivoire au Togo etc j'ai beaucoup ou...
- 44:12J'ai beaucoup voyagé avec mes parents dans plein de pays différents,
- 44:17et notamment en Afrique,
- 44:19Moyen-Orient,
- 44:21etc.
- 44:22Et donc,
- 44:22du coup,
- 44:22le fait de partir pour moi au Nigeria,
- 44:26c'était vraiment parce qu'il y avait quelque chose qui...
- 44:30qui m'intéressaient là-bas,
- 44:31de par la musique,
- 44:33même dans les marques de mode que je voyais.
- 44:35Je voyais quelque chose un peu de frétillant.
- 44:39J'étais super attirée.
- 44:43Et en fait,
- 44:44en voyageant comme ça entre plein de pays différents,
- 44:48j'ai été...
- 44:52On va dire qu'il y a une autre partie de mon identité qui était plus visible,
- 44:57c'était le fait d'être occidentale,
- 44:59bien sûr.
- 45:00donc avec tout ce que ça comporte donc le fait d'être vue comme une occidentale en Afrique c'est le fait d'être vue comme quelqu'un qui a les moyens etc etc et puis en plus je suis quelqu'un qui est vue comme métisse donc ma
- 45:18couleur de peau,
- 45:19je suis claire de peau donc en plus de ça il y avait tout ce truc de être vue comme une belle femme parce que
- 45:27en étant claire de peau en Afrique,
- 45:31dans des pays où des gens se décapent la peau pour ressembler à ça,
- 45:40c'est quand même quelque chose.
- 45:42Et donc,
- 45:43en fait,
- 45:43au fur et à mesure,
- 45:44il y a quelque chose qui se dessinait et qui est toujours là dans mon travail,
- 45:49c'est comment est-ce que la manière dont les autres vont te percevoir euh euh
- 45:56va t'affecter toi dans ton intime.
- 46:01Et en fait,
- 46:02c'est quelque chose qui a toujours été très présent dans ma vie.
- 46:05C'est-à-dire qu'ici,
- 46:07en France,
- 46:07je suis vue comme quelqu'un de noir.
- 46:09Après,
- 46:10quand je suis entourée de noirs,
- 46:12on me voit comme une métisse.
- 46:15Quand je suis au Nigeria,
- 46:17on m'appelle Yellow,
- 46:18like my skin is yellow.
- 46:20Donc,
- 46:20il y a toujours eu ce truc-là.
- 46:21Et puis,
- 46:22avec tout ce que ça comporte aussi de politique.
- 46:28le fait que pour une femme les métisses sont plus vues que les noirs etc il y a aussi la notion du cheveu il y a tellement de choses différentes qui sont là qui existent et moi j'ai aussi dans mon travail et ce qui m'intéresse en général c'est vraiment les interactions avec les gens,
- 46:53le côté aussi euh
- 46:56Mon travail,
- 46:57je le vois presque comme quelque chose de très social.
- 47:02Pour moi,
- 47:02je fais plein d'études sociales dans mon taf.
- 47:05Donc,
- 47:06j'avais envie de dire,
- 47:09de mettre tout ça en avant.
- 47:10Mais tout ça part aussi,
- 47:12comme je disais au début,
- 47:15du fait que oui,
- 47:17en tant qu'artiste,
- 47:18tu vas vraiment chercher les choses qui te touchent profondément.
- 47:25Et pour moi,
- 47:27c'est l'intime.
- 47:28C'est l'intime,
- 47:29et l'intime est politique.
- 47:32Et pour moi,
- 47:34c'est très important aussi de faire des choses qui puissent être...
- 47:43Pour moi,
- 47:43dans la création,
- 47:45c'est important d'avoir des messages.
- 47:48C'est important de ne pas juste faire du beau.
- 47:51C'est important de pouvoir dire des choses.
- 47:54du monde dans lequel on vit,
- 47:56etc.
- 47:57Et de pouvoir partager ces choses-là.
- 48:01Donc voilà,
- 48:03j'ai l'impression de m'être un peu perdue dans la réponse.
- 48:07Non,
- 48:07c'est que tu as appris beaucoup de choses.
- 48:09Mais de toute façon,
- 48:10comme je le dis,
- 48:11je le répète toujours souvent à mes invités,
- 48:13c'est que cette ère de discussion est pour toi.
- 48:15Donc tu peux aller prendre tous les chemins que tu veux,
- 48:18tu ne te perds pas.
- 48:19En tout cas,
- 48:20c'est intéressant.
- 48:22J'ai beaucoup tombé.
- 48:23ton retour sur il y a finalement quelque part ton art c'est un prolongement aussi de ton identité,
- 48:30de choses qui te sont arrivées,
- 48:32qui font partie de ton parcours et que tu vas retranscrire à travers ton art donc c'est un ensemble d'expériences vécues qui à un moment donné font que ce sont les sujets dont tu as envie de parler est-ce que tu peux nous parler justement de l'exposition
- 48:46Noir qui est vraiment un petit peu le cœur de ton de...
- 48:51de ton travail aujourd'hui,
- 48:52en tout cas,
- 48:53l'un des cœurs,
- 48:54c'était quoi un peu le point de départ et comment elle évolue ?
- 48:57Puisque de ce que je comprends,
- 48:59c'est comme si c'était une série avec plusieurs saisons,
- 49:03peut-être,
- 49:03et chaque fois,
- 49:05tu vas sortir une nouvelle saison qui va être exposée aujourd'hui,
- 49:11c'est Paris,
- 49:13avec un thème particulier de cette expo,
- 49:15puis après,
- 49:15il y en aura encore potentiellement d'autres.
- 49:18Est-ce que tu peux nous parler de la manière dont tu
- 49:20construit comme ça cette série.
- 49:23Oui.
- 49:24Elle Noire a débuté en 2021 et en fait,
- 49:29il y a quelque chose d'autre qui s'est passé pendant mon année sabbatique,
- 49:33c'est qu'il y a eu Black Lives Matter.
- 49:35La deuxième vague est le fait que,
- 49:38quand tout ça s'est passé,
- 49:40j'étais au Sénégal,
- 49:41chez les Baïphales,
- 49:43assez loin de l'Occident,
- 49:47mais très proche à travers les réseaux sociaux,
- 49:49etc.
- 49:50Et j'ai été beaucoup touchée,
- 49:52comme beaucoup de personnes,
- 49:56par cette vague de...
- 50:00de...
- 50:02C'était...
- 50:04En fait,
- 50:04il y avait cette impression d'avoir enfin notre propre
- 50:11MeToo, en tant que personne noire,
- 50:14c'est-à-dire d'être vue,
- 50:16d'être crue dans nos réalités,
- 50:20le racisme en Occident,
- 50:21etc.
- 50:22Le fait que des personnes meurent de ce racisme-là.
- 50:26Et en même temps,
- 50:27il y avait un peu ce truc de
- 50:28« bon voilà,
- 50:30on va être utilisés,
- 50:31tokenisés » .
- 50:33Donc,
- 50:33il faut aussi se préparer à ça.
- 50:35Et littéralement,
- 50:37c'est aussi ce qui m'est arrivé,
- 50:38dans le sens où j'avais travaillé avec un photographe il y a très longtemps.
- 50:45J'avais 18 ans,
- 50:45donc là,
- 50:46maintenant,
- 50:47ça fait déjà 10 ans.
- 50:50Et j'avais travaillé avec un photographe.
- 50:52Il avait pris des portraits de moi,
- 50:54assez jolis,
- 50:55etc.
- 50:56Et il a décidé de...
- 50:59publier cette série de photos des années plus tard,
- 51:03à ce moment-là,
- 51:05avec le hashtag Black Lives Matter.
- 51:08Le photographe est blanc,
- 51:09c'est un homme.
- 51:10Et sans me consulter,
- 51:12sans me demander mon avis,
- 51:14ni quoi que ce soit.
- 51:14Donc,
- 51:15en gros,
- 51:15vraiment utiliser mon image à un moment qui le correspondait,
- 51:24tu vois,
- 51:25pour scander qu'il était...
- 51:29il était avec la cause,
- 51:31etc.
- 51:32Et j'ai trouvé ça,
- 51:33mais d'une violence inouïe,
- 51:35parce que je suis là en mode,
- 51:36mais putain,
- 51:36comment est-ce que moi,
- 51:39une meuf qui a grandi à Paris,
- 51:42dans un environnement privilégié,
- 51:44qui,
- 51:46en ce moment même,
- 51:47était en train d'utiliser son privilège avec son passeport Schengen à l'autre bout du monde,
- 51:52etc.
- 51:53Comment est-ce que...
- 51:55Pourquoi est-ce que tu décides que...
- 52:00que tu peux utiliser ma tête,
- 52:03mon image,
- 52:04ma personne comme un espèce de drapeau,
- 52:08je ne sais pas quoi.
- 52:10Et en fait,
- 52:11j'ai trouvé ça très violent.
- 52:13Je lui ai demandé gentiment d'enlever ma photo de ses réseaux.
- 52:21Et ce à quoi il me répond que non,
- 52:24que c'est un artiste,
- 52:25qu'en tant qu'artiste,
- 52:25tu vois
- 52:28L'image ne m'appartient pas vraiment,
- 52:29elle ne lui appartient pas non plus vraiment.
- 52:31On est dans une espèce de flou artistique,
- 52:34je ne sais pas quoi.
- 52:35Et j'ai vraiment dû le call-out pour qu'ils finissent par enlever cette image-là.
- 52:45Et puis à côté de ça,
- 52:47il se passait plein de trucs sur les réseaux où je vois que des Rokai à Diallo et des Mabula Supaoro sont confondus.
- 52:55sur les plateaux télé en France,
- 52:57que les gens ne veulent pas entendre que le racisme existe en France.
- 53:02Il y a plein de choses assez...
- 53:06Tout est mélangé,
- 53:07tu vois.
- 53:08Et moi,
- 53:09je suis à Dakar quand je vois ça.
- 53:12Non,
- 53:13pas à Dakar,
- 53:14à Mbakekadior.
- 53:15Quand je vois ça,
- 53:16j'étais en train de vivre ma meilleure vie et tout d'un coup,
- 53:20c'est comme si je redescendais un peu.
- 53:25je redescendais en mode je suis complètement face à ma réalité et au fait que j'appartiens à ces espaces-là.
- 53:34Et donc à ce moment-là,
- 53:35je me posais même la question de,
- 53:37mais est-ce que je vais vraiment rentrer et continuer mes études ?
- 53:40Et donc là,
- 53:40c'était même plus une question.
- 53:45J'étais obligée de rentrer à Amsterdam.
- 53:48mais donc du coup de...
- 53:50dans mes œuvres de parler de mon histoire,
- 53:53c'est-à-dire d'apporter un peu une pierre à l'édifice finalement.
- 54:00Et donc voilà,
- 54:00c'est comme ça que Noir a commencé au début.
- 54:03Au tout début,
- 54:03je le voyais comme un espace,
- 54:05donc comme je disais,
- 54:06un espace de paroles où je vais partager des savoirs,
- 54:10des connaissances donc à travers mes œuvres.
- 54:15à travers des interviews de femmes,
- 54:17etc.,
- 54:18des expériences sociales,
- 54:20plein de choses comme ça.
- 54:21Et je le voyais presque comme...
- 54:25Maintenant,
- 54:25aujourd'hui,
- 54:26quand j'y pense,
- 54:27je souris.
- 54:28Je le voyais presque comme un...
- 54:31un espace où les Blancs pourraient aussi...
- 54:34Je me disais,
- 54:35peut-être qu'ils vont finalement comprendre.
- 54:37Peut-être qu'ils vont finalement...
- 54:39Donc,
- 54:41au début,
- 54:46je me disais,
- 54:47ouais,
- 54:47noir,
- 54:47ça pourrait être un espace où les Blancs pourront aussi aller piocher du savoir et ça leur aidera à comprendre les réalités.
- 55:01que vivent les différentes communautés noires.
- 55:05Donc,
- 55:07les diasporiques en Europe,
- 55:11les Noirs en Afrique,
- 55:12dans les Caraïbes,
- 55:13etc.
- 55:16Et en fait,
- 55:16je me suis rendue compte que non,
- 55:19en fait,
- 55:19tu ne peux pas comprendre quelque chose quand tu ne l'as pas vécu.
- 55:24Et je pense que ça ne sert à rien d'essayer de...
- 55:29d'essayer de...
- 55:31Ouais,
- 55:31ça sert à rien d'essayer de faire comprendre aux Blancs la réalité des personnes,
- 55:38que vivent les personnes noires ici et là dans le monde.
- 55:43Et donc,
- 55:44les espaces que je crée à travers cette installation-là,
- 55:48je me suis dit que non,
- 55:48en fait,
- 55:49ça allait être des espaces pour nous,
- 55:51pour nous voir,
- 55:52pour nous rencontrer.
- 55:54pour nous retrouver.
- 55:55Et c'est des espaces dont on a besoin.
- 55:57Je pense qu'en tant que femme noire,
- 55:59aujourd'hui,
- 55:59on n'a pas forcément de lieu ou juste de lieu de répit,
- 56:04en fait,
- 56:07où on peut enlever nos masques,
- 56:09nos armures,
- 56:09etc.
- 56:10cinq secondes et se reposer.
- 56:12Du coup,
- 56:14c'est à ça que servent mes installations.
- 56:17Et concrètement,
- 56:18comme tu disais,
- 56:20noire,
- 56:21qui s'écrit ES à la fin,
- 56:23c'est
- 56:24C'est une série d'installations que je crée dans différents espaces et lieux artistiques et culturels dans le monde.
- 56:35L'idée,
- 56:36c'est vraiment de me balader avec cette maison nomade pour recueillir la parole.
- 56:49des femmes,
- 56:49donc à travers des vidéos,
- 56:52par exemple,
- 56:54vidéos style un peu documentaire,
- 56:57pour proposer dans mes installations,
- 57:01je les active toujours par des ateliers.
- 57:03Là,
- 57:04récemment,
- 57:04la dernière manière dont j'ai activé à la 193,
- 57:08c'était en organisant un tea time,
- 57:12donc pour Spirit of Tea,
- 57:14avec une vingtaine de femmes issues de la culture.
- 57:18de l'art,
- 57:19de la mode,
- 57:20etc.
- 57:20à Paris.
- 57:22Juste pour qu'on se voit,
- 57:23pour qu'on se rencontre,
- 57:25pour qu'on puisse parler de travail ou d'autres choses.
- 57:31Et en fait,
- 57:31c'est vraiment l'idée d'avoir un endroit à nous,
- 57:38un peu un endroit fait par nous et pour nous.
- 57:42Donc voilà,
- 57:45voilà ce que je dirais par rapport...
- 57:48à ce projet-là.
- 57:49Et puis,
- 57:50au tout début,
- 57:52le fait de vouloir faire voyager cette maison
- 57:59Nomad, c'était un peu pour redonner aux personnes qui m'ont accordé leur confiance à travers des interviews ou le fait d'avoir travaillé avec moi sur des designs,
- 58:15etc.
- 58:15Comme je disais,
- 58:16je travaille beaucoup.
- 58:16beaucoup en collaboration.
- 58:17Je suis toujours travaillée en collaboration,
- 58:19mais avec des personnes qui n'habitent pas forcément dans la même ville,
- 58:23le même pays que moi.
- 58:24Et donc,
- 58:24je me disais,
- 58:25voilà,
- 58:25je travaille avec des gens au Nigeria,
- 58:27au Sénégal,
- 58:29en Angleterre,
- 58:31en Allemagne.
- 58:33Je vais leur redonner,
- 58:35les remercier en rapportant ce travail-là dans la ville où ils sont.
- 58:40Donc,
- 58:40au tout début,
- 58:40il y avait vraiment cette notion-là de faire voyager l'œuvre
- 58:46pour redonner et remercier.
- 58:48Et c'était aussi le même moment où j'avais découvert le travail de Koyoko,
- 58:56qui nous a quittés récemment,
- 58:58Paix à son âme.
- 58:59Et c'était la première fois que...
- 59:01Donc,
- 59:03le travail dont je parle,
- 59:04en l'occurrence,
- 59:05c'était
- 59:06Body Talk,
- 59:07une exposition sur laquelle elle avait travaillé.
- 59:14Si je me souviens...
- 59:16Je pense que l'exposition réunissait des femmes noires,
- 59:22africaines et issues de la diaspora.
- 59:24Et l'exposition avait voyagé justement en Belgique,
- 59:29en Suisse et dans d'autres espaces.
- 59:32Et j'avais trouvé ça super.
- 59:34Et du coup,
- 59:34je voulais vraiment...
- 59:35Enfin,
- 59:36il y avait un peu ce truc-là de...
- 59:39À travers son travail,
- 59:40je me suis dit,
- 59:40putain,
- 59:40mais ça aussi,
- 59:41c'est possible,
- 59:42en fait.
- 59:42On peut aussi construire des choses,
- 59:45des lieux,
- 59:45des espaces qui voyagent,
- 59:47etc.
- 59:47Et qui vont à la rencontre du public,
- 59:50en fait,
- 59:51que tu veux.
- 59:52et...
- 59:53Et il y a aussi cette notion-là,
- 59:54le fait de finalement d'aller vers mon public et vers les personnes qui m'intéressent,
- 1:00:01d'avoir un peu ce côté-là proactif de j'ai envie d'aller rencontrer les gens,
- 1:00:10les communautés noires dans les Caraïbes,
- 1:00:12en Afrique,
- 1:00:13aux États-Unis,
- 1:00:14au Brésil.
- 1:00:15J'ai envie de voir comment est-ce que mon travail là-bas résonne.
- 1:00:18Est-ce qu'on vit les mêmes choses ?
- 1:00:20Etc.
- 1:00:22Et donc,
- 1:00:23du coup,
- 1:00:24c'est comme ça que tout a commencé,
- 1:00:27je dirais.
- 1:00:29Très bien.
- 1:00:29De toute façon,
- 1:00:30je mettrai en note de l'épisode,
- 1:00:33en fait,
- 1:00:34le lien vers ton site Internet et le lien vers la galerie,
- 1:00:37puisque tu peux nous rappeler,
- 1:00:39en fait,
- 1:00:40pendant combien de temps on peut encore aller voir l'exposition qui est actuellement en cours ?
- 1:00:45C'est jusqu'au 31 mai
- 1:00:472025. OK,
- 1:00:48donc là.
- 1:00:50L'épisode sera sorti évidemment tôt pour que vous puissiez encore regarder si vous l'écoutez au mois de mai 2025.
- 1:00:58Et puis après,
- 1:00:58de toute façon,
- 1:00:59tu as une autre exposition au mois de novembre.
- 1:01:01Donc,
- 1:01:02j'aurai sûrement l'occasion de,
- 1:01:04en amont de l'expo,
- 1:01:05écrire un article et peut-être refaire une petite interview.
- 1:01:08Donc,
- 1:01:08comme ça,
- 1:01:08il y aura les updates de ton actualité pour qu'on puisse vraiment se rendre compte.
- 1:01:13Parce que c'est pour...
- 1:01:14Là où il y aura les limites d'un podcast audio,
- 1:01:16c'est que pour moi,
- 1:01:17pour des œuvres artistiques,
- 1:01:18c'est Merci.
- 1:01:19Moi,
- 1:01:19j'aime bien donner envie.
- 1:01:21Et puis après,
- 1:01:21il faut se déplacer,
- 1:01:22il faut aller voir.
- 1:01:24Même,
- 1:01:24j'aime bien donner les comptes Insta.
- 1:01:25Mais moi,
- 1:01:26j'essaie de vraiment inviter les gens à aller dans les musées,
- 1:01:29déplacer Vaud,
- 1:01:29aller voir.
- 1:01:31L'expérience de l'art,
- 1:01:31ça doit vraiment être quelque chose qu'on sent,
- 1:01:33qu'on voit.
- 1:01:35Ça doit être une expérience en son réel où on fait participer tous les sens.
- 1:01:38Donc,
- 1:01:40moi,
- 1:01:40c'est vraiment quelque chose pour lequel je milite.
- 1:01:42Et je dis,
- 1:01:42il faut commencer tôt aussi.
- 1:01:44Les gamins,
- 1:01:44il faut les inviter à...
- 1:01:46avoir de l'art très tôt pour qu'ils soient habitués à ces environnements-là et qui déconnectent un petit peu des portables et autres outils pratiques,
- 1:01:55mais qui ne te permettent pas forcément de développer un certain œil artistique.
- 1:02:03Toi,
- 1:02:03comment tu vois l'évolution ?
- 1:02:06C'est quoi le rêve de Roxane demain,
- 1:02:08en fait ?
- 1:02:11Tu te vois évoluer ?
- 1:02:13Comment ?
- 1:02:14Tu auras une galerie à toi avec des artistes que toi,
- 1:02:18tu choisirais,
- 1:02:18des curations à toi et un univers bien identifié.
- 1:02:25Est-ce que tu as...
- 1:02:26Déjà,
- 1:02:26est-ce que c'est des choses que tu as envie de partager avec nous ?
- 1:02:28En tout cas,
- 1:02:29moi,
- 1:02:29ça m'intéresse de voir demain,
- 1:02:31qu'est-ce que tu imagines ?
- 1:02:32Et le demain,
- 1:02:33ça peut être demain,
- 1:02:35littéralement demain,
- 1:02:36ou alors demain,
- 1:02:37dans cinq ans,
- 1:02:38dans dix ans.
- 1:02:42Merci pour cette question.
- 1:02:46si tu n'as pas de réponse tu as le droit non non j'ai une réponse en fait Noir c'est la prémisse d'un plus grand projet que j'ai qui serait de
- 1:02:59créer un espace culturel justement où on pourrait un espace culturel qui mettrait en avant les différents savoir-faire
- 1:03:13des différentes communautés noires,
- 1:03:17africaines,
- 1:03:18caribéennes,
- 1:03:19diasporiques,
- 1:03:20etc.
- 1:03:21Un espace où les personnes pourraient apprendre de ces cultures-là à travers l'histoire.
- 1:03:29En fait,
- 1:03:32j'ai une idée très claire de ce lieu-là où justement,
- 1:03:36il y aurait aussi...
- 1:03:38Enfin,
- 1:03:38ce serait...
- 1:03:39Ce serait donc un lieu culturel où on pourrait manger,
- 1:03:44boire,
- 1:03:45se cultiver à travers des expositions,
- 1:03:50se cultiver à travers des cours aussi sur l'histoire de différentes communautés,
- 1:03:59etc.
- 1:03:59où on pourrait réapprendre les langues de nos aïeux,
- 1:04:03de nos parents qui n'ont pas forcément pu nous les transmettre.
- 1:04:07Un espace vraiment où on pourrait reconnecter avec nos cultures et puis avec tout ce que cette
- 1:04:22fameuse traite triangulaire a.
- 1:04:28a fait,
- 1:04:28a causé comme tort,
- 1:04:30après colonisation,
- 1:04:32néocolonisation,
- 1:04:32tout ça.
- 1:04:33Mais du coup,
- 1:04:35ce serait vraiment de créer un espace à moi,
- 1:04:38un lieu qui,
- 1:04:40je pense,
- 1:04:41sera basé en Afrique,
- 1:04:44où du coup,
- 1:04:45on pourrait continuer toutes les conversations que j'amorce dans mes installations.
- 1:04:52Et toujours en collaboration avec des personnes qui en savent plus sur certains sujets que moi.
- 1:05:01Et voilà,
- 1:05:05j'ai plein d'idées,
- 1:05:06mais je ne veux pas tout dire non plus.
- 1:05:08Donc,
- 1:05:09je pense que je vais m'arrêter là.
- 1:05:11Tu vas t'arrêter là ?
- 1:05:13Très bien,
- 1:05:13tu en as dit beaucoup déjà.
- 1:05:15Du coup,
- 1:05:15écoute,
- 1:05:16j'ai été inspirée par cette question parce que je...
- 1:05:18Moi,
- 1:05:18j'imaginais un lieu,
- 1:05:20j'imaginais quelque chose,
- 1:05:21mais je ne savais pas quoi.
- 1:05:23Mais je me suis dit,
- 1:05:23voilà,
- 1:05:25j'imagine vraiment un bel espace.
- 1:05:27Et ça ne m'étonne pas que tu veuilles le faire en Afrique.
- 1:05:30Écoute,
- 1:05:30ça se fera quand ça se fera,
- 1:05:31mais en tout cas,
- 1:05:32on sera là.
- 1:05:33On sera là pour soutenir,
- 1:05:35pour être là,
- 1:05:35pour faire partie de cette histoire-là.
- 1:05:37Parce que je pense que c'est une belle histoire.
- 1:05:39Il faut prendre le temps de l'écrire.
- 1:05:43Voilà,
- 1:05:43c'est petit à petit qu'on se...
- 1:05:46qu'on se construit ces grands projets-là.
- 1:05:48Mais c'est vrai que c'est bien de les avoir en tête,
- 1:05:50que ce soit en business ou au niveau artistique.
- 1:05:53C'est à chaque fois,
- 1:05:54on construit une première,
- 1:05:56on pose une première pierre de l'édifice.
- 1:05:57Mais c'est bien d'avoir en tête la grande maison qu'on veut construire à la fin.
- 1:06:02Et se dire que chaque fois,
- 1:06:04il y a une brique qui vient se rajouter pour pouvoir construire la maison.
- 1:06:08Exactement.
- 1:06:10Donc,
- 1:06:11j'aime beaucoup.
- 1:06:11Et ça,
- 1:06:12ça correspond complètement en plus à toi.
- 1:06:14la manière dont tu crées ton art.
- 1:06:16Donc,
- 1:06:17écoute,
- 1:06:17on arrive à la fin de cet échange.
- 1:06:18Moi,
- 1:06:19j'ai été ravie d'avoir l'opportunité d'échanger une heure avec toi sur vraiment ton parcours,
- 1:06:25ton histoire,
- 1:06:25parce qu'on s'est déjà croisés.
- 1:06:27Mais je n'avais pas eu le temps ou l'opportunité de pouvoir échanger plus intimement avec toi.
- 1:06:36Et moi,
- 1:06:36c'est vraiment pour ça que j'ai construit ce podcast.
- 1:06:38C'est pour pouvoir avoir des discussions passionnées,
- 1:06:41passionnantes avec...
- 1:06:43des profils d'artistes,
- 1:06:46de créatifs,
- 1:06:48de gens qui ont des liens forts avec l'Afrique,
- 1:06:52avec la noiritude,
- 1:06:54je dirais,
- 1:06:55et avec des propos qui sont importants et qui méritent d'être mis en lumière.
- 1:07:02C'est un peu le travail que je fais avec ce podcast.
- 1:07:04J'ai été vraiment ravie de te donner l'opportunité de t'exprimer et ravie aussi que toi,
- 1:07:10tu aies...
- 1:07:11et t'es aussi généreuse et authentique dans ton partage.
- 1:07:14Merci beaucoup,
- 1:07:16c'était vraiment super et puis merci de m'avoir donné cette opportunité-là,
- 1:07:22cette plateforme,
- 1:07:24cet endroit où je peux vous en dire un peu plus et puis ça me permet aussi moi-même de faire un pas de côté et puis de voir aussi tout ce que j'ai fait finalement.
- 1:07:35On ne le fait pas tous les jours,
- 1:07:37donc merci à toi,
- 1:07:39vraiment.
- 1:07:40Ben écoute,
- 1:07:41je te dis à très vite,
- 1:07:43en Afrique ou ailleurs.
- 1:07:45Avec plaisir.
- 1:07:48À bientôt,
- 1:07:48bye bye.
- 1:07:52Merci d'avoir écouté l'épisode jusqu'au bout.
- 1:07:54Je vous invite à pratiquer quelques petits gestes à impact fort pour m'aider à gagner de la visibilité sur ce podcast.
- 1:08:00Vous pouvez partager l'épisode à trois de vos amis.
- 1:08:03Vous pouvez laisser un commentaire sur Apple Podcasts ou Spotify.
- 1:08:07Je vous invite également à cliquer sur les 5 étoiles pour donner de la force.
- 1:08:11Je vous dis à très vite,
- 1:08:13en Afrique ou ailleurs.