Latest / Africa Fashion Tour / Eileen Akbaraly, la fondatrice de Made For a Woman
Transcript
- 0:00Ça serait vraiment top de collaborer avec Chloé,
- 0:04parce que je trouve qu'en collaborant avec une marque de luxe,
- 0:07ça pourrait nous aider à nous repositionner et donner cette nouvelle approche à un produit comme la nôtre.
- 0:13Et trois mois après,
- 0:15Chloé nous a écrit,
- 0:16donc c'était assez marrant.
- 0:19Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Africa Fashion Tour.
- 0:22Je vous emmène avec moi à la rencontre de créateurs basés sur le continent africain.
- 0:26et d'experts qui contribuent au développement d'une économie africaine solide.
- 0:30Je vous invite à voyager à Abidjan,
- 0:32Dakar ou Bamako pour découvrir les parcours de professionnels talentueux,
- 0:36responsables et ambitieux.
- 0:38Au fil des interviews,
- 0:40je me rends compte que chaque entrepreneur veut contribuer au rayonnement des industries culturelles et créatives sur le continent et au-delà.
- 0:47Ce podcast est un moyen de sortir des clichés du boubou et du wax pour promouvoir un éventail de tissus,
- 0:53de savoir-faire et de créativité
- 0:56trop souvent sous-représentés.
- 0:58C'est aussi une opportunité de découvrir des business models made in Africa,
- 1:02éthiques et performants.
- 1:04Je suis Ramatalia Lowe.
- 1:05Je suis professeure de marketing dans les écoles de mode parisiennes.
- 1:08Je suis également consultante en marketing et communication.
- 1:12J'accompagne des dirigeants dans leur personal branding sur LinkedIn.
- 1:16En 2017,
- 1:17j'ai assisté à ma première Fashion Week en Afrique.
- 1:19Et depuis,
- 1:20je voyage régulièrement sur le continent pour aller à la rencontre de ceux et celles
- 1:25qui font la mode en Afrique.
- 1:27Au-delà de la mode,
- 1:28je m'intéresse aussi à tout l'écosystème de l'entrepreneuriat africain.
- 1:32Le podcast est le moyen que j'ai trouvé pour partager au plus grand nombre une autre vision du business en Afrique.
- 1:40Aujourd'hui,
- 1:41je suis en compagnie de Aileen Agbarani.
- 1:44Aileen est la fondatrice de la marque
- 1:46Made for Women,
- 1:47dont l'ambition est de faire rayonner l'artisanat de Madagascar à travers le monde.
- 1:51Je l'ai invitée aujourd'hui pour qu'elle puisse nous parler de son parcours
- 1:54et de sa marque.
- 1:56Bienvenue Aileen,
- 1:56comment vas-tu ?
- 1:58Super,
- 1:58merci beaucoup pour cette opportunité,
- 2:00je suis super contente d'être ici.
- 2:02Écoute,
- 2:03c'est moi qui te remercie d'avoir accepté mon invitation à participer au podcast Africa Fashion Tour.
- 2:08On va commencer comme je le fais toujours,
- 2:10je vais te demander de te présenter.
- 2:12Parfait,
- 2:12donc je suis Aileen Agbarali,
- 2:14je suis la
- 2:15CEO et fondatrice de Made for a Woman,
- 2:17la première entreprise sociale basée à Madagascar,
- 2:21avec l'objectif d'améliorer la vie quotidienne.
- 2:24des malgaches à travers l'art et le tissage.
- 2:29Très bien.
- 2:30Alors,
- 2:31ce que j'ai envie de te demander,
- 2:32ce que je fais toujours dans ces interviews,
- 2:33c'est que j'aime bien savoir qu'est-ce qui s'est passé avant que tu te gênes la fondatrice de Made for Women.
- 2:40Est-ce que tu peux nous parler un petit peu de ton parcours scolaire,
- 2:43de ta carrière avant la création de la marque ?
- 2:46Oui,
- 2:46bien sûr.
- 2:47Moi,
- 2:47j'ai grandi à Madagascar.
- 2:49En réalité,
- 2:49je suis métisse italienne-indienne.
- 2:51Mon père est quatrième génération indien à Madagascar.
- 2:56J'ai grandi dans ce très beau pays,
- 2:58mais malheureusement,
- 3:00il est aussi considéré comme un des pays les plus pauvres au monde.
- 3:05Depuis que je suis petite,
- 3:07j'ai toujours beaucoup souffert la différence de vie dans la capitale du pays.
- 3:17Ma mère a toujours fait beaucoup de travail social.
- 3:20Et donc...
- 3:21J'allais accompagner quand j'étais petite dans les orphelinats,
- 3:24les hôpitaux,
- 3:25les écoles.
- 3:26Et je voyais vraiment une différence de qualité de vie et je ne comprenais pas trop pourquoi.
- 3:31Et donc,
- 3:32depuis que je suis très,
- 3:33très jeune,
- 3:34j'ai toujours voulu créer un business social,
- 3:36on va dire ça.
- 3:38Mon père,
- 3:38il est entrepreneur,
- 3:39donc j'ai ce mindset un peu entrepreneur,
- 3:42mais aussi l'aspect social que ma mère m'a donné.
- 3:47J'ai toujours voulu mettre ces deux mondes ensemble.
- 3:51Et j'ai aussi toujours beaucoup aimé la mode,
- 3:53la créativité,
- 3:54la partie psychologique derrière,
- 3:57la raison pour laquelle on choisit ce qu'on met tous les jours.
- 4:01J'ai toujours trouvé ça très intéressant.
- 4:04Et donc,
- 4:04depuis que j'ai huit ans,
- 4:06j'ai toujours voulu créer
- 4:08Made for a Woman.
- 4:09On va dire que je ne savais pas que ça allait s'appeler Made for a Woman.
- 4:12Mais j'ai toujours su que c'était ça,
- 4:15ma mission de vie.
- 4:17C'était la mission que je m'avais donnée depuis que j'étais très très jeune.
- 4:20Et donc,
- 4:21j'ai fait mes études à Madagascar jusqu'à 18 ans.
- 4:25On va dire que l'école n'était pas vraiment faite pour moi.
- 4:30C'était compliqué.
- 4:33J'étais un enfant très sensible,
- 4:36très créatif.
- 4:37Et donc,
- 4:38on va dire que l'école,
- 4:41quand j'étais petite,
- 4:43ne mettait pas en valeur ses qualités.
- 4:47Et quand j'ai eu 17 ans,
- 4:49je suis partie en Italie,
- 4:50j'ai commencé mes études à Rome,
- 4:52où j'ai commencé à étudier l'anthropologie,
- 4:56la sociologie,
- 4:58l'histoire d'art.
- 5:00Et c'est là où j'ai réalisé que je voulais...
- 5:05Je voulais travailler dans la mode,
- 5:06je voulais étudier la mode.
- 5:09Donc,
- 5:09j'ai arrêté mes études,
- 5:11je suis partie en Inde,
- 5:12où j'ai travaillé dans une entreprise de haute couture indienne à Mumbai.
- 5:18Je suis restée là-bas six mois,
- 5:20où j'ai travaillé dans la partie,
- 5:22donc dans leur entrepôt,
- 5:24leur production et leur partie commerciale.
- 5:28Et je voyais une différence de...
- 5:32Énorme entre le commercial,
- 5:34le magasin et le lieu de production.
- 5:37Donc,
- 5:39j'étais très choquée que ces produits magnifiques qui coûtaient aussi cher étaient produits dans des endroits aussi horribles,
- 5:48avec des conditions horribles.
- 5:50Et donc,
- 5:50on va dire que j'ai eu mon premier,
- 5:52on va dire,
- 5:53ma première expérience dans le domaine de production de...
- 6:00de la mode.
- 6:03Et de là,
- 6:03je suis repartie en Italie où j'ai étudié à l'école de mode à Milan,
- 6:08où j'ai étudié business.
- 6:11Donc,
- 6:11j'ai fait trois ans là-bas.
- 6:13J'ai fait un an de master à Paris sur tout l'aspect communication et
- 6:20RSE.
- 6:21Et j'ai aussi travaillé à Phnom Penh,
- 6:24en Cambodge,
- 6:26toujours dans le...
- 6:28dans le milieu du textile pour mieux comprendre un petit peu comment ça marchait.
- 6:35Et à 25 ans,
- 6:36j'ai décidé de rentrer à Madagascar et j'ai créé Made for a Woman.
- 6:41Très bien,
- 6:41c'est très intéressant de voir comment,
- 6:44quelque part,
- 6:44une graine a été semée dès ton enfance.
- 6:48Et puis finalement,
- 6:49tu es restée complètement alignée par rapport à cette idée que tu avais pour pouvoir en créer.
- 6:56aujourd'hui une entreprise.
- 6:58Donc,
- 6:59est-ce que tu peux nous dire un peu,
- 7:00comment dire,
- 7:02toi,
- 7:02il y avait ce lien avec Madagascar qui est très fort puisque tu as grandi à Madagascar.
- 7:09Quels étaient,
- 7:10vers quel type de produit,
- 7:12en fait,
- 7:12tu as décidé de te lancer ?
- 7:14Est-ce que tu avais tout de suite une idée de,
- 7:15voilà,
- 7:16l'idée c'est de promouvoir l'artisanat local,
- 7:19donc on va aller vers des accessoires.
- 7:21Tu avais déjà une idée assez précise du type de produit que tu voulais vendre et aussi,
- 7:25Est-ce que tu avais une idée du positionnement ?
- 7:28Donc,
- 7:28on va dire que Madagascar a toujours eu une main d'œuvre assez incroyable.
- 7:34Donc,
- 7:35on a toujours travaillé le raffia parce que c'est une fibre noble et qui a été utilisée par les femmes malgaches depuis des générations.
- 7:45Donc,
- 7:46Madagascar a toujours été connue comme une île qui exportait des produits en raffia.
- 7:51Donc,
- 7:5190%
- 7:52du raffia du monde vient de Madagascar.
- 7:56et beaucoup beaucoup de femmes savent le travailler donc j'ai trouvé ça une opportunité pour nous parce que c'était une matière qui était déjà connue sur l'île une matière qui était déjà travaillée dans une manière assez traditionnelle et
- 8:12mon idée c'était de pouvoir travailler cette fibre traditionnelle avec des personnes et des communautés des femmes en difficulté mais
- 8:24lui donner cet aspect un peu plus avant-gardiste.
- 8:27Donc,
- 8:29innover un petit peu la manière qu'on travaille le raffia et montrer au monde que le raffia peut ressembler à quelque chose de complètement différent qu'un sac d'été traditionnel
- 8:43qu'on trouve tous les étés.
- 8:45Très bien.
- 8:46Donc déjà,
- 8:46tu es vraiment partie sur l'expertise locale,
- 8:49l'artisanat local,
- 8:51pour pouvoir définir,
- 8:52en fait,
- 8:53le type de produit que tu allais proposer ?
- 8:55Et en termes de positionnement,
- 8:56est-ce que toi,
- 8:57tu as envie d'avoir un positionnement luxe,
- 8:59un positionnement haut de gamme ?
- 9:01Donc ça,
- 9:01c'est super intéressant,
- 9:02mais on va dire que oui,
- 9:04bien sûr,
- 9:06on travaillait le Rafia différemment.
- 9:09Les produits ressemblaient un peu différemment de ce qu'on trouvait localement et même à un niveau international.
- 9:17Mais malheureusement,
- 9:18quand j'ai commencé à travailler avec des showrooms et j'ai commencé à faire des foires au début,
- 9:24psychologiquement,
- 9:25les gens avaient un lien entre produits d'été,
- 9:32straw bag,
- 9:33donc c'est un straw bag,
- 9:35un sac de paille et un prix élevé.
- 9:39Donc,
- 9:39ils n'arrivaient pas à avoir ce lien entre un prix élevé et un prix élevé.
- 9:46C'est un produit de paille parce que pour eux,
- 9:49dans leur tête,
- 9:51un produit de paille devait coûter pas cher.
- 9:54Et donc,
- 9:56ça,
- 9:56c'était assez intéressant à voir parce que ça a été toujours comme ça.
- 10:02Donc,
- 10:02ça a toujours été positionné dans cette manière-là.
- 10:07Et donc,
- 10:09on va dire que ce qu'on a fait,
- 10:11c'est qu'on a quand même gardé une gamme medium en termes de prix.
- 10:18Mais ce n'était pas le positionnement que je voulais mettre en place parce qu'on est une entreprise sociale.
- 10:24Donc,
- 10:25on a tout un aspect social très,
- 10:27très important pour améliorer la vie quotidienne des personnes avec qui on travaille.
- 10:32et donc ce n'était pas possible de garder ce...
- 10:35ce positionnement et on a eu la chance que deux ans après que j'ai créé un Made for a Woman,
- 10:42la marque Chloé m'a contactée et voulait collaborer avec nous sur des produits,
- 10:49mais aussi communiquer sur notre collaboration.
- 10:53Et donc là,
- 10:54c'est devenu intéressant parce que pour la première fois,
- 10:58je me suis dit,
- 10:59si je commence à collaborer avec ces marques de luxe,
- 11:03on va pouvoir…
- 11:05avoir une valeur ajoutée et se repositionner un peu plus haut de gamme parce que les gens vont voir un produit made for a woman comme un produit beaucoup plus luxe que juste un produit de paille.
- 11:19Très bien,
- 11:19donc là on comprend bien qu'il y a une forme de reconnaissance qui vient d'une marque de luxe internationalement reconnue.
- 11:27qui,
- 11:28quelque part,
- 11:29a été apportée à Made for Women et qui t'a permis de positionner la marque sur ce segment haut de gamme.
- 11:34En tout cas,
- 11:34c'est bien de le préciser.
- 11:36Il y a certains produits qui sont associés dans l'imaginaire collectif à un certain niveau de prix et c'est très difficile de les sortir de ce positionnement-là.
- 11:46Donc,
- 11:48cette collaboration avec Chloé,
- 11:53quelles sont les retombées qu'il y a eu après cette collaboration ?
- 11:57Alors,
- 11:57grâce à cette collaboration,
- 12:00en réalité,
- 12:01c'était la première fois qu'une marque de luxe a voulu communiquer sur une collaboration comme la nôtre.
- 12:10Donc,
- 12:10c'était une opportunité assez incroyable.
- 12:13Au même temps,
- 12:14pour travailler avec Chloé,
- 12:17j'ai dû mettre en place la première certification,
- 12:20donc
- 12:20WFTO, qui est World Fair Trade.
- 12:24Et ça nous a beaucoup structuré parce qu'étant une startup,
- 12:27tu commences un petit peu à hasard.
- 12:30Et grâce à certification,
- 12:32on a pu commencer à mettre en place des audits,
- 12:35des processus.
- 12:37Donc,
- 12:38ça nous a beaucoup,
- 12:39beaucoup structuré interne.
- 12:42Et en même temps,
- 12:46au début,
- 12:48jusqu'à l'année dernière.
- 12:49Pratiquement,
- 12:50je faisais tout le contrôle qualité des produits.
- 12:53Donc,
- 12:53tous les produits qui sortaient de chez nous,
- 12:55je les contrôlais.
- 12:57Et grâce au fait qu'on a commencé à travailler avec une marque de luxe,
- 13:03on devait quand même produire des produits de luxe.
- 13:06Donc,
- 13:07il y avait des processus qu'on devait mettre en place.
- 13:10La qualité devait ressembler à quelque chose d'autre.
- 13:13Donc,
- 13:13ça a beaucoup,
- 13:14beaucoup amélioré même la qualité du travail qu'on faisait.
- 13:19interne.
- 13:21Et grâce à ça,
- 13:22après,
- 13:23on a été contactés par pratiquement toutes les marques de luxe.
- 13:28On a pu travailler sur deux collabs avec Fendi,
- 13:32donc un projet qu'ils appellent Hand in Hand,
- 13:35qui est sur leur baguette.
- 13:37Ils n'avaient jamais fait une baguette dehors de l'Italie,
- 13:42ils l'ont fait avec nous.
- 13:44Il y a eu toute une communication dessus.
- 13:46On a fait des productions pour Fendi aussi,
- 13:49où il y a eu toute une communication sur Made for Women.
- 13:53Bottega Veneta n'avait jamais produit dehors de l'Italie.
- 13:57Ils ont fait leur premier sardine avec nous l'année dernière.
- 14:01Donc,
- 14:01ça nous a vraiment,
- 14:02vraiment ouvert les portes.
- 14:04On a travaillé avec d'autres marques de luxe.
- 14:06On a pu mettre en place des projets pilates avec eux.
- 14:11sur la traçabilité,
- 14:12sur l'impact social.
- 14:14Donc,
- 14:14ça nous a vraiment intégrés dans le monde du luxe des grands groupes LVMH,
- 14:21Kering et Richmond,
- 14:22pour mieux comprendre les problématiques internes et pour aussi s'améliorer et comprendre comment on peut avancer dans ce secteur et qu'est-ce qu'on doit mettre en place pour que ce secteur devienne plus traçable et
- 14:38plus transparent.
- 14:40Super,
- 14:40c'est un super beau parcours que tu nous racontes pour la marque.
- 14:44Au niveau des collaborations que tu as pu faire avec ces différentes marques de luxe,
- 14:47est-ce que tu travailles en marque blanche,
- 14:50c'est-à-dire tu proposes des collections et ensuite elles sont vendues par Fendi ou par Chloé et on ne sait pas forcément que c'est Made for Women qu'il y a derrière ou est-ce que ce sont vraiment des collaborations qui permettent de mettre en avant Made for Women ?
- 15:04Comme j'ai dit,
- 15:05c'est des collaborations.
- 15:06Notre nom sort dessus,
- 15:09sur les sacs,
- 15:10sur la communication officielle de la marque.
- 15:13On est la première entreprise au monde qui a eu cette opportunité avec ces grandes marques de luxe.
- 15:21Après,
- 15:22en même temps,
- 15:23on fait aussi du white labeling pour d'autres marques.
- 15:28Mais on fait de la collab officielle,
- 15:30on fait du white labeling.
- 15:32Et après,
- 15:33bien sûr,
- 15:33on a aussi notre marque propre.
- 15:35Donc,
- 15:36on s'est diversifié en trois manières.
- 15:39Et toi,
- 15:39cette diversification,
- 15:40c'est quelque chose que,
- 15:42dans la partie vraiment business model,
- 15:44développement de ta marque,
- 15:45tu avais déjà en tête le fait de,
- 15:47voilà,
- 15:48idéalement,
- 15:48j'aimerais pouvoir faire des collaborations avec des marques de luxe.
- 15:52Je veux aussi pouvoir travailler pour elles en tant que fournisseur.
- 15:56Et puis,
- 15:56je veux aussi développer ma propre marque.
- 15:58Est-ce que toi,
- 15:58tu avais déjà en tête ces trois possibilités-là ?
- 16:01Ou est-ce que c'est l'opportunité avec
- 16:03Chloé qui a fait que tu as pu développer ces trois sources de revenus pour la marque ?
- 16:12On va dire qu'au début,
- 16:13je voulais vraiment créer la marque Made for Women,
- 16:16mais je ne pense pas avoir eu des intentions super claires.
- 16:19Ce que je voulais faire,
- 16:20c'est créer des produits en utilisant ma créativité et en montrant que le RAFIA peut...
- 16:30peut ressembler à quelque chose assez avant-gardiste.
- 16:34Mais c'est vrai que quand j'ai commencé à vendre les produits dans les foires,
- 16:39avec les showrooms,
- 16:40j'ai vraiment vu ce problème que les gens,
- 16:43comme j'ai dit tout à l'heure,
- 16:45ils ne voyaient pas la paille comme un produit de luxe.
- 16:49Sauf si c'était Fendi ou une grande marque de luxe qui l'avait produit.
- 16:53Et donc,
- 16:54je me rappelle que j'avais dit à ma collègue,
- 16:58j'avais vu que
- 16:58Chloé avait commencé à faire des projets sociaux.
- 17:02C'était super intéressant et pour la première fois,
- 17:05une marque de luxe est devenue B Corp.
- 17:07Donc,
- 17:08j'ai beaucoup apprécié cette Ausha et je lui ai dit,
- 17:12ça serait vraiment top de collaborer avec Chloé parce que je trouve qu'en collaborant avec une marque de luxe,
- 17:19ça pourrait nous aider à nous repositionner et donner cette nouvelle approche à un produit comme la nôtre.
- 17:26Et trois mois après,
- 17:28Chloé nous a écrit.
- 17:29Donc,
- 17:29c'était assez marrant.
- 17:32Mais ce n'était pas clair.
- 17:34Je n'avais pas une stratégie claire où je me disais,
- 17:38je veux ça,
- 17:39Non,
- 17:39c'était un peu,
- 17:40j'allais avec le flow,
- 17:41j'allais avec ma passion.
- 17:45Oui,
- 17:45c'était vraiment ma passion.
- 17:47C'est ce que j'aimais faire.
- 17:48C'était de créer,
- 17:50aider les autres,
- 17:52travailler avec les autres.
- 17:54C'est exactement ça.
- 17:56Mais c'est vrai qu'au même temps,
- 17:58et peut-être c'est mon approche un peu plus entrepreneuriale,
- 18:03je ne sais pas pourquoi,
- 18:04mais quand j'ai créé Made for Women,
- 18:06juste après,
- 18:07j'ai commencé à envoyer plein de messages à d'autres marques qui étaient des marques de maillots de bain,
- 18:13des marques d'espadrillas,
- 18:15des marques que je voyais le potentiel,
- 18:17que peut-être ils aimeraient intégrer aussi des sacs en raffia dans leur collection.
- 18:23Et donc,
- 18:24j'ai écrit à plein,
- 18:25plein de marques et plusieurs m'ont répondu.
- 18:29Et un des marques qui m'a répondu,
- 18:31qui est un de nos plus grands clients aujourd'hui,
- 18:34nous a dit que ça serait top parce qu'on veut vraiment rentrer dans le Rafia.
- 18:38C'est vraiment un de nos nouveaux projets.
- 18:41Et grâce à ça,
- 18:44c'est littéralement grâce au fait que j'ai pu me diversifier,
- 18:49qu'on a grandi parce qu'on va dire que la marque propre...
- 18:53C'est un investissement.
- 18:54Créer une marque,
- 18:55c'est un grand investissement.
- 18:57Et nous,
- 18:57on a grandi organiquement et on a grandi grâce au fait qu'on a reinvesti ce qu'on gagnait à travers les marques blanches,
- 19:06les collaborations dans Made for a Woman.
- 19:09Donc,
- 19:11c'est parti un petit peu tout seul,
- 19:14tout ce processus.
- 19:15Très bien.
- 19:17Du coup,
- 19:17écoute,
- 19:18effectivement,
- 19:19c'est intéressant de voir comment il y a eu énormément de spontanéité.
- 19:22dans le développement de ta marque.
- 19:25En termes d'équipe aujourd'hui,
- 19:27toi,
- 19:28ton rôle,
- 19:28c'est vraiment la partie,
- 19:29j'imagine,
- 19:30développement business model et développement commercial.
- 19:34Et c'est aussi la partie direction artistique.
- 19:37Est-ce que tu peux nous expliquer en termes d'équipe comment tu travailles exactement ?
- 19:41Alors,
- 19:42on va dire que finalement,
- 19:46notre équipe,
- 19:46elle est en train de grandir.
- 19:47Mais c'est vrai qu'on a une grosse équipe de prods,
- 19:50production à Madagascar.
- 19:52Cette année,
- 19:53on a travaillé avec plus de 1000 artisans.
- 19:55Donc,
- 19:56on est un atelier avec beaucoup,
- 19:58beaucoup de gens qu'on doit gérer.
- 20:03J'ai toute une équipe à Madagascar et c'est vrai que c'est la première année que ça fait deux mois que je ne suis pas rentrée.
- 20:10Je rentre à la fin du mois,
- 20:13mais c'est vrai que pendant cette période,
- 20:15à partir de septembre jusqu'à maintenant,
- 20:17normalement,
- 20:18je suis à Madagascar en train de faire du contrôle qualité.
- 20:21Cette année,
- 20:22le rôle a un petit peu switché.
- 20:23Donc,
- 20:24je suis quand même tout l'aspect opérationnel de tous les jours.
- 20:28Je fais des codires avec mes équipes.
- 20:31parce qu'aujourd'hui,
- 20:31on a quand même un département RH,
- 20:33on a un département social,
- 20:34on a un département admin,
- 20:36finance,
- 20:37logistique,
- 20:38production.
- 20:40Après,
- 20:40j'ai quand même une personne qui est ma main droite.
- 20:44Donc,
- 20:46c'est ma directrice d'opération qui gère un petit peu tous les opérations sur le terrain,
- 20:53avec qui je suis en contact pratiquement tous les jours.
- 20:56Mais après,
- 20:57il y a Madagascar,
- 20:58mais au même temps,
- 20:59on est en train de travailler sur des nouvelles stratégies.
- 21:02On est en train de travailler sur l'internalisation.
- 21:05Donc aujourd'hui,
- 21:06on est en train de mettre en place la première filière traçable à Madagascar avec des certifications spécifiques.
- 21:13Donc il y a tout ce projet-là à mettre en place avec blockchain,
- 21:17avec AI.
- 21:18On est en train de créer une plateforme de vente assez personnalisée qui n'existe pas.
- 21:25On est en train de répliquer notre modèle business autour du monde.
- 21:29On a commencé au Brésil,
- 21:31mais on a des contacts en Inde,
- 21:34au Guatemala,
- 21:35en Argentine.
- 21:38Et en plus,
- 21:40il y a tout l'aspect com.
- 21:42Donc la com,
- 21:43bien sûr,
- 21:44c'est très important.
- 21:45J'ai des équipes en Italie et à Paris qui s'occupent de la com.
- 21:51Et là,
- 21:51par exemple,
- 21:52moi,
- 21:54aujourd'hui,
- 21:54j'ai commencé à…
- 21:55à voyager beaucoup pour parler du travail qu'on fait.
- 21:59J'étais à Change Now,
- 22:01on a gagné un award,
- 22:02le plus grand Sustainable Award du
- 22:06UK. La semaine dernière,
- 22:08j'étais à Londres.
- 22:09La semaine prochaine,
- 22:10je vais à Boston pour parler à Harvard.
- 22:13Donc,
- 22:14je voyage beaucoup pour parler du travail qu'on fait,
- 22:17de notre modèle business pour inspirer les jeunes.
- 22:21Donc,
- 22:21voilà un petit peu l'organisation.
- 22:24Écoute,
- 22:24félicitations pour toutes ces consécrations,
- 22:28notamment à ChangeNow et puis ton passage à Boston,
- 22:31à Harvard,
- 22:32pour véritablement promouvoir le business model vertueux que tu as pu créer avec
- 22:38Made for Women.
- 22:39C'est vrai que c'est une belle consécration de pouvoir avoir toutes ces opportunités-là.
- 22:42Et c'est important que tu expliques qu'en termes d'organisation,
- 22:45il faut que tu aies quelqu'un sur place qui puisse gérer l'opérationnel pendant que toi,
- 22:50tu fais cette partie communication.
- 22:53Toi,
- 22:53tu dirais que ces opportunités en termes de communication,
- 22:56c'est toi qui es allé les chercher.
- 22:58Tu as une équipe comme qui s'est positionnée sur,
- 23:02on va pitcher la startup,
- 23:03on va participer à des concours,
- 23:05on va se positionner.
- 23:08Ou est-ce que finalement,
- 23:09ce sont plutôt des gens qui sont venus à toi en ayant vu les différentes collaborations que tu as pu faire avec des marques de luxe ?
- 23:15Oui,
- 23:16c'est plus la deuxième.
- 23:18Donc,
- 23:19je pense que je n'ai jamais pitché.
- 23:23Je pense que les marques de luxe que j'ai écrites m'ont jamais répondu.
- 23:27Donc,
- 23:27on va dire que tout arrive un petit peu vers nous.
- 23:33Donc,
- 23:34c'est assez intéressant.
- 23:35Mais ça a toujours été un petit peu comme ça.
- 23:39J'ai une idée claire de où je veux aller et les opportunités,
- 23:43elles arrivent.
- 23:44Là,
- 23:44par exemple,
- 23:46on est en train de refaire la...
- 23:48la stratégie de Made for a Woman parce que pour être sincère,
- 23:51je l'ai un peu mis en stand-by pour quatre ans à cause de toute la production qu'on devait faire et tout le travail qu'on devait faire avec les marques de luxe.
- 23:58Ça nous a pris beaucoup,
- 23:59beaucoup de temps.
- 24:00Et cette année,
- 24:02j'ai décidé de me réinvestir à Made for a Woman et le rebranding.
- 24:08Mais en même temps,
- 24:09on est en train de diversifier.
- 24:12On fait des accessoires,
- 24:14mais on fait aussi des habits,
- 24:15du ready-to-wear.
- 24:16Et on rentre dans le monde de l'interior design.
- 24:20Et c'est marrant parce que le moment que c'est clair pour moi,
- 24:25quelqu'un m'a contactée pour faire une des plus grandes foires de design au monde.
- 24:31Et ça a toujours été comme ça.
- 24:35Et c'est pour cela que pour moi,
- 24:37c'est très important de parler aux jeunes et de parler du travail que je fais.
- 24:40Parce qu'en réalité,
- 24:43beaucoup de choses...
- 24:44qui arrivent dans la vie,
- 24:45et ça c'est ma philosophie de vie,
- 24:48si elles sont très claires dans ta tête et ton signal est très très clair,
- 24:52tu peux littéralement manifester tout ce que tu veux si tu sais comment visualiser ton futur et ce que tu veux.
- 25:01Et donc,
- 25:01je pense que la manière que la société marche,
- 25:04où il y a des règles à suivre,
- 25:06où il faut suivre step by step,
- 25:09comment créer une entreprise,
- 25:11comment mettre en place un business plan,
- 25:15ça te limite beaucoup.
- 25:17En réalité,
- 25:17moi,
- 25:17je n'ai pas créé un business plan jusqu'à littéralement cette année.
- 25:22Donc,
- 25:23et je pense qu'il y a beaucoup d'aspects dans la manière qu'on apprend à l'école,
- 25:29la manière que notre société nous limite,
- 25:31même mentalement.
- 25:34Il faut revoir ça,
- 25:37il faut revoir et se demander que,
- 25:40pas demander,
- 25:41mais il y a sûrement d'autres manières qu'on peut.
- 25:44On peut réussir dans la vie et avoir ce qu'on veut.
- 25:47Et donc,
- 25:48ça fait deux ans que je travaille beaucoup sur ça.
- 25:51Je fais des cours,
- 25:52j'ai des mentors.
- 25:55Et je pense que ça marche.
- 25:58Grâce à ça,
- 25:59on a eu l'année dernière l'opportunité de recevoir
- 26:05Brigitte Macron dans nos ateliers.
- 26:07On était la seule entreprise dans tout le pays qu'elle est venue visiter.
- 26:13Assez impressionnant,
- 26:14je ne m'attendais pas du tout à ça.
- 26:16Mais c'est vrai que quand tu commences à revoir un petit peu ton mindset,
- 26:20tu commences à revoir un petit peu la manière que tu te vois dans la société,
- 26:26parce qu'à la fin,
- 26:27ta vie,
- 26:27c'est une réflexion de qui tu es et comment tu te vois.
- 26:30Et donc,
- 26:31si tu peux,
- 26:32avec tes intentions,
- 26:34revoir avec la conscience,
- 26:35revoir un petit peu la manière internement que tu travailles,
- 26:39ta vie va réfléchir.
- 26:41va te donner exactement ce que tu es.
- 26:44Donc,
- 26:44voilà un petit peu ma philosophie de vie.
- 26:46Je pense que c'est très important.
- 26:49Et c'est grâce à ça qu'on est arrivé où on est aujourd'hui en six ans.
- 26:54Effectivement,
- 26:55tu fais bien de préciser cette notion de mindset,
- 26:58en fait,
- 26:58et de vraiment se fixer des objectifs sans se limiter.
- 27:04Et plus on a une vision claire,
- 27:06quelque part,
- 27:07plus on va manifester une certaine
- 27:10réussite.
- 27:11Donc,
- 27:12aujourd'hui,
- 27:13en termes de positionnement,
- 27:14si on a envie d'acheter des articles made for women,
- 27:19quels sont les différents canaux de distribution ?
- 27:21J'imagine qu'il y a un site internet,
- 27:22il doit y avoir des points de vente.
- 27:23Est-ce que tu peux nous parler un petit peu de cette partie-là ?
- 27:25Oui,
- 27:26alors,
- 27:27made for women,
- 27:28on avait des showrooms à Milan et à New York.
- 27:33Jusqu'à l'année dernière,
- 27:34on vendait chez Moda Operandi.
- 27:37Notre appartement
- 27:38Norti,
- 27:39Nordstorm,
- 27:40Anthropologie,
- 27:41Printemps.
- 27:42Donc,
- 27:42on était assez distribués dans des grandes
- 27:47B2B.
- 27:49On avait aussi notre B2C,
- 27:51mais on n'avait pas trop investi dessus.
- 27:55Mais surtout,
- 27:57on va dire que notre business le plus important dans les dernières quatre ans,
- 28:04c'était vraiment le travail de
- 28:06Marc.
- 28:07Donc,
- 28:07travailler avec ces grandes marques de luxe,
- 28:09produire pour eux,
- 28:10comprendre leurs besoins,
- 28:13travailler sur les collaborations aussi parce que ça a été un travail dessus.
- 28:18Et ça,
- 28:19bien sûr,
- 28:20ça a toujours été distribué dans leur stratégie,
- 28:25donc leur boutique et leur lien avec leur distribution.
- 28:31Mais c'est vrai que cette année,
- 28:32on relance notre B2C.
- 28:35On ne va pas travailler dans le B2B parce que je pense que c'est quand même un monde assez vieux et il faut se réadapter.
- 28:44Mais je pense que le B2C et les réseaux sociaux sont vraiment le futur de la manière qu'on devrait vendre nos produits.
- 28:55On est aussi en train de travailler sur une plateforme assez unique sur tout l'aspect de customization.
- 29:01qui est très important pour les clients et du futur.
- 29:05Très bien.
- 29:06Du coup,
- 29:06là,
- 29:06effectivement,
- 29:07on t'explique bien la stratégie sur le côté B2B et B2C.
- 29:13En termes de persona,
- 29:14si on reste sur le B2C,
- 29:16vraiment,
- 29:17on s'adresse à un client direct.
- 29:18Toi,
- 29:19qu'est-ce que tu peux dire du client,
- 29:21en fait,
- 29:23Made for Women,
- 29:23sachant que dès le départ,
- 29:25il y a eu un rayonnement international de ta marque.
- 29:28Donc,
- 29:28tu parles de présence aux États-Unis,
- 29:30de présence en Italie.
- 29:31Donc,
- 29:32qui est le ou la cliente
- 29:34Made for Women ?
- 29:36Alors,
- 29:37on est en train de repositionner cette cliente,
- 29:40mais c'est vrai que ça a toujours été une personne qui est quand même assez créative.
- 29:48Parce que si on regarde nos produits Made for a Woman,
- 29:51ce sont des statement pieces.
- 29:54C'est des produits un peu d'accessoires.
- 29:56Donc,
- 29:57tu peux t'habiller en couleur assez neutre.
- 30:02et avoir ce gros sac en rose avec des franges.
- 30:07Notre produit,
- 30:08on va dire notre gamme la plus connue,
- 30:10c'est la gamme de Rainbow.
- 30:14C'est toute une collection avec du raffia recyclé.
- 30:18Donc,
- 30:19c'est du raffia que normalement on devrait brûler au jeté parce que ça n'a pas été utilisé.
- 30:26Et donc,
- 30:27on garde cette raffia et on fait des produits uniques,
- 30:29one of a kind.
- 30:31Et c'est marrant parce qu'il y a deux ans,
- 30:33il y a Blake Lively,
- 30:35l'actrice connue américaine,
- 30:36nous a acheté un sac de cette collection-là.
- 30:40Et depuis,
- 30:41c'est devenu assez un boom.
- 30:44Donc,
- 30:45vraiment une femme qui voyage,
- 30:47qui comprend les cultures,
- 30:50qui est très curieuse.
- 30:54et a beaucoup de connaissances du monde,
- 30:58qui est quand même une personne assez globale,
- 31:01jet-setter,
- 31:03qui travaille dans le domaine du design au dollar.
- 31:07Donc,
- 31:07une personne assez créative,
- 31:09mais qui quand même veut faire partie d'un monde où elle n'achète pas juste un produit,
- 31:14mais elle sait qu'il y a toute une histoire derrière et il y a un soutien assez important à niveau social.
- 31:20Parce que je pense qu'aujourd'hui,
- 31:22Un...
- 31:22On oublie beaucoup le fait que tout est connecté.
- 31:28Malheureusement,
- 31:29la mode nous sépare beaucoup de la chaîne de valeur.
- 31:35Je pense que c'est important de rappeler aux personnes que les liens sont connectés toujours et qu'un produit final a toujours un lien avec la personne qui l'a fait.
- 31:49et donc une personne qui est quand même attachée à ce concept-là et qui veut faire une différence dans le monde.
- 31:56Super intéressant,
- 31:58tu m'offres une transition.
- 32:00J'allais te demander,
- 32:01est-ce que vous avez une stratégie particulière en termes de travailler avec des créateurs de contenu,
- 32:06des influenceurs,
- 32:07des célébrités ?
- 32:09Là,
- 32:09tu citais l'exemple de Blake Lively.
- 32:12Est-ce qu'il y a une démarche de ta part et de ton équipe communication à
- 32:18faire du gifting pour que certaines célébrités puissent porter les produits et les mettre en avant ?
- 32:23Ou est-ce que finalement,
- 32:24c'est des choses qui se sont faites spontanément,
- 32:26naturellement,
- 32:26et dont toi-même,
- 32:27tu as été surprise parce que tu ne t'y attendais pas ?
- 32:31Il y a deux ans,
- 32:32je travaillais avec des agences de public relations,
- 32:35et eux,
- 32:36ils faisaient du gifting,
- 32:37mais je n'étais vraiment pas trop contente des personnes influençant ce qu'ils portaient,
- 32:42nos produits,
- 32:43parce que...
- 32:43Ils ne représentaient pas réellement les valeurs de la marque.
- 32:46Blake Lively a été complètement organique.
- 32:50C'est elle-même qui a voulu acheter le sac.
- 32:55Et c'est vrai qu'aujourd'hui,
- 32:56grâce au réseau que j'ai créé,
- 32:58grâce à ce que j'ai pu créer à travers MailForWomen,
- 33:02j'ai beaucoup,
- 33:03beaucoup de copines activistes avec qui je m'entends très,
- 33:07très bien.
- 33:09et c'est ce genre de personnes que...
- 33:11que je préfère faire du gifting ou travailler avec eux sur des projets de capsule où on va créer ensemble peut-être des petites collections,
- 33:21mais qui parlent vraiment de nos valeurs communes.
- 33:25Donc,
- 33:26c'est une étape qu'on n'a pas vraiment encore mis en place,
- 33:30mais on est en train de travailler dessus en ce moment.
- 33:32Effectivement,
- 33:33c'est un vrai sujet de trouver les bons ambassadeurs pour une marque et parfois,
- 33:37certaines agences RP,
- 33:38l'idée qu'elles peuvent avoir de...
- 33:41du bon ambassadeur et ton idée à toi,
- 33:43ce n'est pas toujours aligné.
- 33:46Donc,
- 33:46tu peux comprendre qu'à un moment donné,
- 33:48tu préfères prendre la main pour vraiment aller sélectionner des personnes dont tu apprécies particulièrement le parcours et qui représentent vraiment,
- 33:56toi,
- 33:57ce que tu imagines comme étant la cliente ou en tout cas la femme,
- 34:02comment dire,
- 34:03made for women.
- 34:04Par exemple,
- 34:06désolée,
- 34:06j'ai oublié de te dire aussi que Merci.
- 34:09On a eu la nièce de
- 34:11Nelson Mandela qui nous a commandé un habit aussi.
- 34:17Donc aujourd'hui,
- 34:19on a des ambassadrices comme ça qui portent nos produits et je trouve que c'est très,
- 34:25très beau.
- 34:25Effectivement,
- 34:27tu fais bien de préciser ce point-là,
- 34:29que le travail du gifting pour les marques de mode,
- 34:33c'est vraiment un travail à faire avec beaucoup de soin pour trouver les bons ambassadeurs.
- 34:41Dans l'adèle de ta marque,
- 34:42dès le départ,
- 34:43tu expliques que c'était important les conditions de travail des artisans à Madagascar.
- 34:52Donc toi aujourd'hui,
- 34:53tu as une usine en propre ou est-ce que tu travailles avec différents ateliers ?
- 34:56Comment est-ce que tu t'es organisée pour t'assurer de pouvoir vérifier les conditions de travail et t'assurer de faire en sorte que ce soit des bonnes conditions de travail pour les artisans à Madagascar ?
- 35:11Non,
- 35:11on ne travaille pas avec d'autres ateliers.
- 35:14On a notre propre atelier.
- 35:17Donc,
- 35:17on a nos entrepôts.
- 35:20dans un endroit dans la capitale du pays,
- 35:23donc à Talins.
- 35:26Et c'est de là où j'ai tout commencé.
- 35:27J'ai commencé avec six artisanes.
- 35:29On travaille surtout avec des associations.
- 35:33Donc,
- 35:35on emploie seulement des femmes battues,
- 35:37des mamans célibataires,
- 35:38des personnes handicapées,
- 35:40des prostituées,
- 35:41parce que je pense que c'est important de leur donner l'opportunité quand personne d'autre leur donne et de prouver au monde Merci.
- 35:49que si tu soutiens les personnes dans la bonne manière et tu leur donnes les bons outils,
- 35:56ils peuvent vraiment faire tout.
- 35:59Donc,
- 36:00c'est assez impressionnant ce qu'on a pu vraiment voir dans les six dernières années,
- 36:06dans la qualité des vies des personnes avec qui on travaille.
- 36:09Comme je t'ai dit tout à l'heure,
- 36:11on a commencé avec six,
- 36:12aujourd'hui,
- 36:12on est plus de 1000 personnes sur place.
- 36:17Et ben...
- 36:19Cet atelier,
- 36:20c'est un vieux entrepôt de savon,
- 36:22donc c'est assez génial comme endroit.
- 36:26On a mis en place tout un département social,
- 36:29donc on a des psychologues,
- 36:31des assistantes sociales,
- 36:33on a deux garderies,
- 36:35on est en train de mettre en place une école primaire,
- 36:37un centre de bien-être pour tout l'aspect psychologique,
- 36:43un foyer.
- 36:44Donc l'idée,
- 36:45ça serait que ça...
- 36:46puissent venir à un centre,
- 36:49à une communauté,
- 36:52que ces personnes peuvent venir tous les jours et se sentir bien en travaillant et avoir le bon soutien pour les aider dans leur vie.
- 37:03Ce qui est intéressant dans ta démarche et ce que tu montres,
- 37:05c'est qu'on peut être dans un business model qui est performant,
- 37:11c'est-à-dire développer un chiffre d'affaires,
- 37:12développer une entreprise qui soit viable et en même temps,
- 37:15en termes d'impact,
- 37:17avoir une organisation qui s'assure vraiment du bien-être de ses salariés.
- 37:25Comment est-ce que toi,
- 37:26au quotidien,
- 37:26tu arrives à les deux ?
- 37:27Parce que parfois,
- 37:29on peut avoir un dilemme à se dire,
- 37:34soit se dire que ce n'est pas possible de faire les deux,
- 37:36c'est trop compliqué ou ça nécessite trop de temps,
- 37:40ou alors ça ne rapporte pas assez,
- 37:41ce n'est pas rentable en fait,
- 37:43quand on investit...
- 37:45comment dire,
- 37:46je ne vais pas dire trop,
- 37:47mais en tout cas,
- 37:48quand on cherche à être dans une vision équitable du développement de son entreprise.
- 37:56Donc,
- 37:56toi,
- 37:56quelle est ta réponse à ça ?
- 37:57Comment est-ce que tu as réussi à résoudre cette équation du m'assurer du bien-être optimal de mes équipes et en même temps développer une entreprise qui est performante ?
- 38:08Pour moi,
- 38:08il n'y a pas de choix.
- 38:10Donc,
- 38:10moi,
- 38:11je ne comprends pas le concept du fait qu'on doit appeler ce...
- 38:14Mon entreprise,
- 38:15une entreprise sociale,
- 38:16je pense que c'est juste une entreprise.
- 38:18Je pense que les entreprises d'aujourd'hui sont complètement pas normales.
- 38:26Pour moi,
- 38:27ce n'est juste pas un choix.
- 38:29C'est que j'ai décidé de travailler dans un secteur comme la mode parce que je voulais créer un changement.
- 38:39Mais si je n'avais pas commencé avec la fondation,
- 38:43qui est vraiment le bien-être...
- 38:44des personnes,
- 38:45je ne l'aurais jamais fait.
- 38:46Donc,
- 38:47je ne me pose même pas cette question dans le sens que pour moi,
- 38:50ce n'est juste pas possible.
- 38:52Et donc,
- 38:53tout ce que je fais,
- 38:54tous les efforts,
- 38:56qui n'est en réalité pas du tout facile parce qu'on travaille dans un secteur comme la mode où tout est super fast-paced,
- 39:02il y a des deadlines.
- 39:05La mode,
- 39:07ça va très,
- 39:08très vite aujourd'hui et on est quand même une entreprise qui fait tout à la main.
- 39:13Donc,
- 39:13il y a beaucoup,
- 39:14beaucoup de différences,
- 39:16beaucoup de controversies.
- 39:20On travaille aussi dans le secteur du luxe.
- 39:22Donc,
- 39:23les produits doivent être parfaits pratiquement.
- 39:26Et donc,
- 39:28oui,
- 39:28c'est vrai,
- 39:28ce n'est pas du tout facile.
- 39:30Il y a des hauts et des bas.
- 39:33Mais moi,
- 39:33je pense que c'est possible et on le fait tous les jours.
- 39:37Bien sûr,
- 39:38ce n'est pas du tout parfait.
- 39:40Il y a beaucoup de choses qui doivent s'améliorer,
- 39:42mais je pense que c'est juste pas une question.
- 39:49C'est pas un choix.
- 39:50C'est juste que ça doit être comme ça.
- 39:53Et je veux prouver au monde que tu peux être une entreprise profitable en mettant en avant les personnes.
- 40:01Et c'est exactement ce qu'on a pu mettre en place.
- 40:03Et c'est exactement ce qu'on fait tous les jours.
- 40:06C'est pas toujours facile.
- 40:09Miii
- 40:10À la fin de la journée,
- 40:12être une entreprise qui met en valeur les personnes,
- 40:16ce n'est pas toujours dans la manière que tu réinvestis sur des projets spécifiques.
- 40:26C'est aussi la manière que tu traites les gens avec dignité.
- 40:29C'est redonner le pouvoir à des populations qui l'ont perdu à cause de la colonisation,
- 40:34à cause de la pauvreté.
- 40:35C'est les rappeler de qui ils sont.
- 40:39et de ce qu'ils sont capables à faire dans le monde.
- 40:42Donc,
- 40:43c'est des petites choses qu'on a pu mettre en place.
- 40:48Et je veux aussi dire que depuis le début,
- 40:53on va dire que la première partie de Made for Women,
- 40:56les premières deux,
- 40:56trois ans,
- 40:57a été très,
- 40:57très difficile pour moi parce que j'ai dû vraiment suivre toute la production et je n'avais aucune connaissance dans la prod,
- 41:05dans le raffiage.
- 41:06Je ne savais pas c'était quoi.
- 41:08Mais le fait que j'ai dû travailler avec ces femmes tous les jours,
- 41:11j'ai connu leurs histoires,
- 41:13je connais leurs noms,
- 41:15j'ai vraiment compris leurs problèmes,
- 41:17je suis allée chez eux.
- 41:20Et grâce à cette période-là,
- 41:22je les connais tellement et je sais exactement l'évolution qu'ils ont pu faire dans leur vie.
- 41:31Et ça ne vient pas de grand-chose.
- 41:33C'est le fait qu'aujourd'hui,
- 41:34je n'ai pas de bureau,
- 41:35je travaille entre eux.
- 41:37C'est le fait que dans notre entreprise,
- 41:39oui,
- 41:40on a tous des titres,
- 41:42mais il n'y a pas vraiment d'hier qui.
- 41:44Donc,
- 41:45tout le monde peut venir me parler quand ils ont envie.
- 41:47Ils n'ont pas d'honte.
- 41:48Il n'y a pas ce tabou de c'est elle la propriétaire.
- 41:53On ne peut pas lui parler.
- 41:54C'est vraiment dans les petites choses que tu changes la vie des gens.
- 41:58Donc,
- 41:59je pense que c'est complètement normal ce qu'on fait.
- 42:02Je ne pense pas du tout ce qu'on fait.
- 42:04est quelque chose de magique,
- 42:07de différent.
- 42:08Pas du tout.
- 42:09Ce qu'on fait,
- 42:10ça devrait être la normalité de toutes les entreprises du monde.
- 42:13Je te remercie de faire passer ce message,
- 42:16effectivement,
- 42:17de normalité,
- 42:18où aujourd'hui,
- 42:21il y a des marques qui,
- 42:22quand elles mènent une action sociale,
- 42:24une action à impact,
- 42:26elles vont faire toute une communication et aujourd'hui,
- 42:28on va les taxer de faire du greenwashing parce que c'est devenu un argument de communication et ça ne fait pas fin.
- 42:33forcément partie de leur identité au départ,
- 42:36de leur ADL au départ ou de leur préoccupation initiale et c'est vrai qu'on voit beaucoup d'enseignes de fast fashion,
- 42:43d'ultra fast fashion pour qui les conditions de travail des salariés,
- 42:48de leurs employés ne sont pas une priorité et qui parviennent à proposer des produits à des tarifs qui sont complètement déconnectés de la réalité du marché parce que euh...
- 43:02le salaire moyen des travailleurs n'est pas du tout conforme à assurer le bien-être des populations.
- 43:10Donc effectivement,
- 43:13quand on a cette vision-là de faire un travail de qualité et de respecter chacune des personnes qui est au sein de l'entreprise,
- 43:23ça paraît effectivement complètement normal et aberrant que l'on puisse penser différemment.
- 43:29Toi,
- 43:30aujourd'hui...
- 43:31C'est quoi les next steps pour toi ?
- 43:33C'est quoi les prochaines initiatives que tu projettes de développer pour la marque ?
- 43:39Alors,
- 43:42aujourd'hui,
- 43:43on travaille sur le rebranding de Made for Women.
- 43:48L'idée aujourd'hui,
- 43:50c'est que...
- 43:51L'idée et le concept de la marque est assez limitant,
- 43:55je trouve,
- 43:56parce que c'est toujours lié à un produit teint...
- 44:00tangible,
- 44:01donc un produit qu'on peut toucher.
- 44:03Mais je pense que ce qui manque dans le secteur de la mode,
- 44:06c'est vraiment tout le reste.
- 44:08C'est vraiment la chaîne de valeur.
- 44:11C'est comment on peut enlever ces séparations et faire devenir les clients plus actifs et moins passifs.
- 44:23Donc,
- 44:23le travail que je veux faire,
- 44:26à travers Made for Women,
- 44:27qu'aujourd'hui j'appelle un living system,
- 44:30ce n'est pas de produire des produits pour produire des produits.
- 44:35C'est être capable à rentrer dans un système et revoir les...
- 44:41Comment on dit ça en français ?
- 44:42Les behaviors.
- 44:44Donc changer les...
- 44:46Comment on dit ça en français ?
- 44:47Les comportements.
- 44:49Comportements,
- 44:50exactement,
- 44:52des consommateurs du monde.
- 44:54Donc,
- 44:54on...
- 44:56On est en train de travailler sur toute une stratégie grâce aux six ans qu'on existe,
- 45:02grâce au fait qu'on a travaillé avec les marques de luxe,
- 45:04grâce au fait qu'on comprend les problématiques de la mode,
- 45:08des pays de développement comme le Madagascar qui produit pour ces marques de luxe depuis 20 ans,
- 45:1330 ans.
- 45:14Et comment on peut créer un lien plus proche entre le consommateur et l'artisan,
- 45:21ou le consommateur et la forêt ?
- 45:24On est en train de travailler sur des stratégies pour faciliter ça et vraiment changer et créer plus de conscience dans le secteur de la mode.
- 45:37C'est un peu philosophique ce que je dis,
- 45:40mais on a des stratégies assez concrètes qu'on est en train de mettre en place et qu'on met en place qui va nous donner la possibilité de...
- 45:52De faire partie de ce nouveau mouvement,
- 45:55on est en train de voir quand même que le monde est en train de changer.
- 45:58Il y a une grosse transition,
- 46:00même énergétiquement,
- 46:01je pense que tout le monde peut le sentir.
- 46:04Et je pense que le travail et la raison d'être de Made for Women est vraiment ça,
- 46:10c'est faire partie des nouveaux règles qu'on doit mettre en place pour créer une conscience plus éthique dans le secteur du textile.
- 46:22Très bien,
- 46:23on a hâte de voir cette initiative voir le jour pour vraiment pouvoir effectivement comprendre ce que tu peux évoquer.
- 46:32En tout cas,
- 46:32il est vrai qu'aujourd'hui,
- 46:33on a besoin d'énormément d'entreprises dont l'ambition va aller au-delà de simplement plus de rentabilité et plus de marge,
- 46:45mais qui va vraiment chercher à,
- 46:48comment dire,
- 46:49Être déjà,
- 46:50avoir ce côté local où en fait,
- 46:53à partir du moment où on est assez proche des artisans dans la manière dont on développe l'entreprise,
- 46:59il y a un impact qui est totalement différent de quand on est éloigné.
- 47:04Et puis après,
- 47:05il y a une volonté,
- 47:05comme tu l'évoques là,
- 47:06de comment on implique le consommateur,
- 47:10comment on l'invite à se sentir encore plus responsable.
- 47:13Et effectivement,
- 47:14aujourd'hui,
- 47:14avec les réseaux sociaux,
- 47:16Avec le fait de créer des communautés,
- 47:17il y a vraiment une opportunité d'avoir un lien de proximité avec le consommateur qui est beaucoup plus fort que par le passé.
- 47:25Et donc,
- 47:26ça donne des opportunités et des idées de business model qui sont totalement différentes de celles avec lesquelles on a vécu jusqu'ici.
- 47:33Et je te rejoins sur le fait qu'effectivement,
- 47:35on est à l'aube d'un changement,
- 47:37on a une ère de changement dans la manière dont on commercialise un produit.
- 47:42Et donc,
- 47:42il y a un vrai...
- 47:44Voilà,
- 47:45j'ai hâte en tout cas de voir ce que tu vas proposer.
- 47:48Et du coup,
- 47:50ce sera avec plaisir que je partagerai l'information dans le média Africa Fashion Tour pour qu'on soit au fait de l'actualité de Made for Women.
- 47:59Ce que je voulais te demander maintenant,
- 48:01voilà ce que tu évoquais,
- 48:01c'est qu'aujourd'hui,
- 48:02tu voyages énormément pour faire parler ta marque,
- 48:06pour la promouvoir.
- 48:09Est-ce que toi,
- 48:10tu as...
- 48:11un collectif d'autres marques avec lesquelles tu travailles.
- 48:14Est-ce que tu interviens sinon auprès de jeunes designers,
- 48:20de porteurs de projets qui veulent lancer leur marque pour pouvoir leur expliquer un petit peu comment toi,
- 48:26en fait,
- 48:26tu as pu développer ta marque ?
- 48:28Alors,
- 48:29je fais des one-to-one mentorship calls.
- 48:33Donc,
- 48:34des fois,
- 48:35ils me contactent à travers Instagram.
- 48:37Mais c'est vrai que je suis invitée
- 48:40J'ai été souvent dans les écoles de mode,
- 48:43même l'école où je suis allée moi,
- 48:46pour parler un petit peu aux jeunes designers,
- 48:48aux entrepreneurs qui veulent créer leur marque,
- 48:52qui ont l'intention,
- 48:54ils sont passionnés par ce travail.
- 48:57Donc oui,
- 48:58je le fais.
- 49:00Très bien,
- 49:01mais écoute,
- 49:01c'est super en tout cas que tu puisses le faire de manière à vraiment...
- 49:04inspiré,
- 49:05expliqué,
- 49:05et puis qu'on n'ait pas l'impression que c'est une utopie impossible,
- 49:10ou qu'il n'y a que certaines marques qui peuvent le faire.
- 49:13Moi,
- 49:13de toute façon,
- 49:14l'idée du média,
- 49:15c'est qu'on sorte un peu...
- 49:16Effectivement,
- 49:17dans les marques éthiques,
- 49:18on a souvent tendance à parler de Veja,
- 49:21de Patagonia,
- 49:22et en dehors de ça,
- 49:23on n'a pas forcément d'autres exemples.
- 49:25Et moi,
- 49:25l'idée du média Africa Fashion Tour,
- 49:27c'est de montrer à quel point les marques qui font du made in Africa...
- 49:31elles peuvent vraiment être sur le devant de la scène et donner de très bons exemples de business model vertueux parce que ça fait partie de leur ADN dès le départ et ce n'est pas quelque chose qu'elles essayent de faire parce que c'est la tendance du moment de faire de l'éthique,
- 49:45mais c'est vraiment quelque chose qui est ancré.
- 49:47Donc,
- 49:47je suis ravie d'avoir pu échanger avec toi et d'avoir pu découvrir plus en détail l'histoire derrière
- 49:55Made for Women.
- 49:56On arrive à la fin de cette interview.
- 49:58Moi,
- 49:58j'étais ravie de notre échange.
- 50:00Je te remercie pour ta disponibilité.
- 50:02Merci à toi.
- 50:03Merci beaucoup.
- 50:04Ça m'a fait très plaisir aussi.
- 50:06Merci pour l'opportunité.
- 50:08Avec plaisir.
- 50:10Eh bien,
- 50:10je te dis à très vite en Afrique ou ailleurs.
- 50:13Merci.
- 50:17Merci d'avoir écouté l'épisode jusqu'au bout.
- 50:19Je vous invite à pratiquer quelques petits gestes à impact fort pour m'aider à gagner de la visibilité sur ce podcast.
- 50:25Vous pouvez partager l'épisode à trois de vos amis.
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- 50:32Je vous invite également à cliquer sur les cinq étoiles pour donner de la force.
- 50:36Je vous dis à très vite en Afrique ou ailleurs.