Latest / Beyond Work & Life / Aidants : L'arme anti-turnover qui fragilise la performance - Hélène Rossinot.
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- 0:00Donc il faut nous envoyer nous C ?
- 0:01Et où un stage au Canada ? Dire qu'on change les couches de
- 0:03son enfant, ça paraît une évidence, dire qu'on change les
- 0:06couches de son parent beaucoup moins un.
- 0:07Homme, ça serait un héros moderne et une femme, elle
- 0:09ferait simplement son devoir. Je sais que quand je dis ça, je
- 0:12suis le cauchemar de tous les RH.
- 0:13Donc les danses c'est non poli pour le travail gratuit des.
- 0:16Femmes, donc il faut arrêter d'être 100% dans la théorie,
- 0:18c'est un sujet humain. Il y a des aidants qui
- 0:20commencent à le mettre dans les CV.
- 0:21Moi je suis aidante aussi. J'ai un petit frère qui est
- 0:23autiste. Il.
- 0:24Faut accepter de dire ça va pas, il faut accepter de l'entendre
- 0:26aussi. 1/4 des Français mène aujourd'hui une double vie.
- 0:29Il y a celles que l'on voit au Bureau et celles plus discrètes,
- 0:32parfois totalement invisibles des dents.
- 0:34Officiellement, ils seraient 11000000.
- 0:35Mais depuis la crise du COVID, la réalité a explosé ces
- 0:39statistiques. On estime désormais qu'entre 15
- 0:41et 20000000 de personnes en France accompagnent au quotidien
- 0:44un proche malade, âgé ou en situation de handicap.
- 0:47Concrètement, cela signifie qu'un salarié sur 4 est
- 0:50concerné. Peut être s'agit il de vous qui
- 0:52aidez votre mère atteinte d'Alzheimer ?
- 0:55De votre tante qui s'occupe de son mari handicapé ou encore de
- 0:58votre meilleur ami qui prend soin de son enfant autiste ?
- 1:01Et ce phénomène ne va faire que s'amplifier avec le
- 1:04vieillissement de la population, on estime qu'en 2040, près d'un
- 1:08tiers des actifs pourraient être aidants.
- 1:09Les entreprises seront donc inévitablement confrontées à
- 1:13cette réalité, comment continuer à fonctionner, à innover, à
- 1:17performer quand la majorité de leurs collaborateurs devront
- 1:20jongler entre vie professionnelle ?
- 1:22Et aidance alors, combien ça coûte de ne pas voir ce qu'on ne
- 1:25veut pas voir ? On va en parler sans filtre avec
- 1:28le docteur Hélène Rossinot, fondatrice de Becausewicker et
- 1:32auteur de nombreux ouvrages sur le sujet dont ma famille, mon
- 1:35job et moi qui a popularisé le terme d'Édan en France.
- 1:39Bienvenue dans Beyond work and Life.
- 1:41Je suis Benjamin Suchard, cofondateur et directeur général
- 1:43de Work Life. C'est parti.
- 1:45Les employeurs révolutionnent l'organisation du travail en
- 1:48intégrant le sport dans les plannings.
- 1:50Que pensez-vous du travail féminin ?
- 1:52Elles doivent pas travailler. Ces personnes qui aident un
- 1:54proche handicapé ou malade auront désormais droit à un
- 1:58congé rémunéré. Aujourd'hui, les gens n'ont pas
- 2:01envie d'aller travailler. Je suis désolée de le dire.
- 2:03Je je. Travaille, je vous en trouve.
- 2:04Ils veulent simplement des gens qui sont prêts à travailler.
- 2:06Cagoulés, vêtus de noir depuis le début de la contestation
- 2:10contre le projet de loi travail. Bonjour Hélène, merci beaucoup
- 2:22d'avoir accepté mon invitation. Bonjour Benjamin.
- 2:24Alors pour commencer, j'aimerais qu'on parle d'un terme qui en
- 2:28fait a une tension sémantique assez forte.
- 2:30C'est le terme de care. Le Caire.
- 2:32C'est devenu un petit peu un vernis de bienveillance que les
- 2:35entreprises mettent en avant, qu'elles mettent en avant dans
- 2:37leur culture. Mais en fait y a une vraie
- 2:40problématique quand on le confronte à ce que tu décris les
- 2:45danses. Donc pour faire face à cette
- 2:47réalité, est ce qu'il faut une véritable révolution culturelle
- 2:50au sein des entreprises, auprès des managers, et pas seulement
- 2:54un tour de pass pass marketing. Ah oui, là tu touches quelque
- 2:56chose qui pour moi est extrêmement important, le care
- 3:00et le soin de manière générale. L'humanité pour moi ça a trop
- 3:03souvent été utilisé pour des opérations de COM pour des
- 3:07journées à thème. D'ailleurs quand on regarde le
- 3:09bureau de beaucoup de RH, on voit alors ils ont beaucoup de
- 3:11thèmes à traiter hein YA1 nombre de flyers assez impressionnant.
- 3:15On demande aux entreprises de gérer à la place de l'État
- 3:19beaucoup de sujets, mais du coup au lieu que ce soit bien fait,
- 3:23c'est trop souvent une demi-journée, une journée, un
- 3:26événement et rien de plus. Alors que sur ces sujets du care
- 3:29et celui des aidants qui m'intéresse particulièrement,
- 3:32c'est des vies derrière qui sont en jeu.
- 3:33Et je dis pas ça pour être dramatique.
- 3:36Non seulement ça concerne des 1000000 de personnes, mais quand
- 3:39l'aidant ne peut pas continuer à travailler parce que c'est trop
- 3:42compliqué de jongler. Il risque de tomber dans la
- 3:44précarité, ça a un impact sur les retraites.
- 3:46Et derrière la prise en charge du patient, si l'aidant finit en
- 3:49burn out, elle est touchée aussi et elle peut être dégradée
- 3:52aussi. Donc ce que les entreprises ne
- 3:54réalisent pas, c'est qu'elles ont un impact énorme sur la
- 3:56prise en charge des patients sur des familles entières et
- 3:59qu'elles ont un rôle sociétal très très important.
- 4:01Donc il faut sortir de la COM, peut être parfois en faire
- 4:04moins, mais le faire mieux. OK, et d'ailleurs c'est
- 4:08intéressant parce que quand on est salarié.
- 4:10On se pose la question de savoir aussi si on est aidant.
- 4:14Tu dis la moitié des gens qui viennent me voir, ils se ils
- 4:17viennent te demander est ce qu'ils sont aidants ?
- 4:19Mais il faut l'autorisation pour pouvoir être aidant.
- 4:22Alors c'est juste que le sujet est très très mal connu.
- 4:24En fait, tout le monde pense qu'il YA1 statut de l'aidant ou
- 4:28qu'on doit se déclarer aidant quelque part.
- 4:30Le truc, c'est qu'en France, c'est plus compliqué que ça
- 4:33parce que nous on aime les cases.
- 4:34Quand on regarde la loi, on a une définition des aidants de
- 4:37personnes âgées, une définition des aidants de personnes
- 4:39handicapées, on n'a rien pour les aidants de personnes
- 4:41malades. Alors, c'est quoi être aidant ?
- 4:42Voilà bah être aidant c'est aider au quotidien, ou en tout
- 4:45cas de manière régulière un proche malade âgé ou handicapé.
- 4:47Mais avec ça on peut tout mettre dans aider.
- 4:49La définition, elle est super large.
- 4:51C'est pour ça qu'il y a plein de gens qui se demandent si ils en
- 4:54font assez pour être aidant. Si ils se disent par exemple,
- 4:57peut être que c'est sur les soins palliatifs, sur la fin de
- 5:00vie, peut être qu'il faut aider 50 h par semaine pour être
- 5:02considéré comme aidant. Et y en a plein qui me disent
- 5:04mais enfin ce que je fais c'est normal, c'est juste, c'est
- 5:06banal, c'est le quotidien, ça veut pas dire que je suis
- 5:08aidant. Donc ils viennent un peu
- 5:10demander la permission de se reconnaître comme telle alors
- 5:13que dans les 11, 15 20000000 de cas d'aidant Bah y a c'est que
- 5:17des cas particuliers. En fait, chacun est aidant à sa
- 5:19manière. Pour moi c'est plutôt une
- 5:21casquette supplémentaire, tu es déjà le proche et par-dessus
- 5:24t'as des tâches que tu réalises qui ne sont pas celles d'un
- 5:28proche normal, faire la toilette de quelqu'un par exemple.
- 5:31Lui donner sa douche, trier ses médicaments, lui donner ses
- 5:34traitements, l'accompagner partout chez le médecin, gérer
- 5:36les dossiers, que ce soit pour la Maison départementale des
- 5:39personnes handicapées, la CAF ou autre, ça, c'est plus que juste
- 5:43le proche. Le rôle d'aidant, il est là,
- 5:45mais c'est vrai que beaucoup de gens n'osent pas se reconnaître
- 5:48comme aidant ou alors se disent peut être que il faut que je
- 5:51remplisse un papier ou que parce que on fait tellement de
- 5:54dossiers chez nous que peut être qu'il YA1 truc pour avoir des
- 5:57aides pour demander quelque chose ?
- 5:58Mais non, chez nous il y a pas de déclaration d'aidant, on est
- 6:02aidant, on se reconnaît comme aidant.
- 6:04Donc de manière générale, il faut d'abord se reconnaître soi
- 6:07comme aidant, c'est la première. Pierre, et c'est la plus
- 6:10importante. Donc finalement, le premier
- 6:11combat, notamment auprès des entreprises, c'est de faire
- 6:14comprendre que ce ce terme d'aidant, ça touche absolument
- 6:18tout le monde et que c'est beaucoup plus large que ce qu'on
- 6:20pense en fait. Ouais, le premier combat pour
- 6:23moi, c'est de faire changer les regards sur le terme aidant et
- 6:25sur les aidants de manière générale.
- 6:27C'est à dire que aujourd'hui, quand je j'interviens dans des
- 6:30entreprises, souvent l'image que les gens ont de l'aidant, c'est
- 6:33le salarié qui a entre 55 et 65 ans qui s'occupe de son parent
- 6:37vieillissant. Qui cumule.
- 6:40Et voilà qui est sur la fin de carrière.
- 6:42Pas du tout. Enfin ça veut pas dire qu'il y
- 6:44en a pas dans cette catégorie là, mais ça veut dire que y a
- 6:47des aidants absolument partout, que ce soit dans les premiers
- 6:50emplois et les alternants, que ce soit même chez les mineurs
- 6:53qui viennent faire des stages puisqu'il y a quand même 1000000
- 6:55de mineurs aidants en France. Ouais tu me disais.
- 6:57Tu en parlais, tu en parlais à l'université, tu en parlais à
- 7:00des jeunes. Exactement.
- 7:01J'en parle autant à des jeunes que qu'à des adultes.
- 7:03Y a des aidants qui ont 95 ans comme des aidants qui ont 10
- 7:05ans, hein. C'est vraiment y a de tout.
- 7:07Mais c'est surtout la moyenne d'âge de début de l'aidance dans
- 7:10l'entreprise. C'est 35 ans, c'est c'est
- 7:12vachement jeune techniquement, parce qu'on oublie que les
- 7:14enfants peuvent naître avec un handicap ou une maladie, que les
- 7:17conjoints peuvent avoir des maladies chroniques en
- 7:20particulier. On on parle beaucoup du cancer,
- 7:22mais y a toutes les maladies douloureuses, l'endométriose,
- 7:24les spondylarthrite, la maladie de Crohn, la dépression, tous
- 7:28les toutes les questions de santé mentale, ça, ça touche
- 7:30tout le monde à n'importe quel âge.
- 7:31Donc en fait, d'abord, il faut dépoussiérer le terme aidant et
- 7:34réaliser que on peut tous être touché.
- 7:37Que ces 15 à 20000000 de personnes, c'est à un instant t
- 7:39mais qu'en vrai ça bouge, ça évolue.
- 7:42Le nombre de maladies est en train d'exploser en ce moment.
- 7:44Y a pas que le vieillissement de la population.
- 7:46SN, donc d'abord, on enlève les préjugés sur le sujet et on
- 7:50montre que tout le monde est concerné.
- 7:53À partir de là, on peut travailler.
- 7:55Donc tout le monde est concerné. La Genzi, la nouvelle génération
- 7:58aussi. D'ailleurs, on a un peu
- 8:00l'impression que dans cette nouvelle génération.
- 8:02Ils sont peut être un peu plus à l'aise à parler aussi de ce
- 8:05terme là. C'est en plus une génération qui
- 8:07a tu le disais un peu, une génération sandwichs qui peut se
- 8:09retrouver de temps en temps. Bah à la fois avoir un statut de
- 8:13parent et d'aidant donc ils les choses sont en train de changer.
- 8:16Alors la genzi, pour moi, effectivement, c'est celle qui
- 8:18fait le plus bouger les choses avec, je dirais la la partie
- 8:21jeune des millennials aussi influencée par la Genzi ?
- 8:24Très clairement, parce que eux je trouve, qui voient beaucoup
- 8:30moins le tabou. Dans le fait de de dire ce dont
- 8:33ils ont besoin et ça c'est assez rafraîchissant.
- 8:35Et c'est pas d'ailleurs que sur le sujet des aidants, on les
- 8:37voit vis-à-vis du monde du travail.
- 8:39Oser dire Ben moi je fais tels et tels horaires, c'est ça dans
- 8:42mon contrat pour ma santé mentale, ça c'est important.
- 8:47Et Ben à côté je suis aidant, je m'occupe de maman, je m'occupe
- 8:50de mon frère, je m'occupe et donc j'ai des droits, voilà mes
- 8:53droits, je vous en parle et y a moins ce côté honte.
- 8:56Ce côté tabou qu'on peut trouver chez des générations un peu plus
- 9:00âgées. Par contre les sandwichs, c'est
- 9:01pas les genzi, les sandwichs c'est plutôt ceux qui ont 45
- 9:06ans, à peu près plutôt des femmes.
- 9:07Et si je les appelle les sandwichs, c'est en référence tu
- 9:10sais au très bon sandwich triangle des airs d'autoroute
- 9:13qui ont tout un tas de tranches et plein de choses au milieu.
- 9:16Dès que t'essayes de mordre, t'en fiches absolument partout
- 9:19et Ben Tu prends ton image de sandwich et tu rajoutes donc le
- 9:22travail, les enfants parfois encore en bas âge, les parents
- 9:25âgés. Pardon mais le conjoint ?
- 9:27Parce que parfois ça peut prendre de l'énergie mentale
- 9:30d'avoir un conjoint, le foyer, le travail.
- 9:33Et si tu rajoutes une couche supplémentaire, les danses, Ben
- 9:37c'est à risque de faire déborder.
- 9:39Donc c'est une génération à elle qui parle pas beaucoup et qui
- 9:42est très très à risque d'épuisement.
- 9:44Tu parles de tabou et finalement quand on est dans ce que tu dis,
- 9:49c'est qu'on pense qu'on n'a pas le choix.
- 9:51Mais en vrai on a le choix. D'ailleurs y a des gens qui font
- 9:54le choix. Bah de pas être aidant.
- 9:56Et donc en fait si tu transformes cette vision avec un
- 10:01vrai choix de l'aidant, Eh Ben dans ces cas-là, il y a
- 10:03finalement moins de honte, ça devient plus légitime et ça
- 10:06devient finalement un sentiment de fierté et de reconnaissance
- 10:09que tu peux avoir en étant aidant, non ?
- 10:11Oui. Alors il y a beaucoup d'aidants,
- 10:13effectivement, qui sont fiers, à raison de ce qu'ils font.
- 10:15C'est vrai que, en théorie, si t'as envie de te tirer à l'autre
- 10:18bout de la planète pour pas être aidant, tu peux.
- 10:22Dans les faits, parfois il suffit de de divorcer ou de
- 10:25partir et et ça se fait. Moi je là-dessus, je ne juge
- 10:28pas. Par contre y a aussi des
- 10:29situations où c'est pas si simple que ça parce que le
- 10:33système est plus très bon, il se dégrade ces dernières années et
- 10:36y a des situations où on est forcé dans les faits parce que
- 10:39on trouve pas de professionnels de santé ou de professionnels du
- 10:43Médico social, parce que y a plus de place dans les
- 10:45établissements ou autres, on est forcé de tenir un rôle qu'on n'a
- 10:49pas forcément envie de tenir. Pour pallier au manque du
- 10:53système. Donc je dirais que y a une
- 10:56partie des aidants qui ne s'imaginaient pas de toute façon
- 10:59ne pas aider, ne pas être présents.
- 11:01Et ceux-là sont pas forcément les plus fiers non plus parce
- 11:04que ils voient souvent leur rôle comme normal ou comme leurs
- 11:07devoirs. Et on n'est pas forcément fiers
- 11:10de de faire son devoir. Très honnêtement, moi je pense
- 11:12que on devrait être fiers de ce qu'on fait, mais ça c'est dans
- 11:15notre culture générale. On a du mal à être fiers de
- 11:18nous, pourtant c'est important. Mais t'as aussi une partie des
- 11:20gens qui se sentent vraiment contraints de le faire parce.
- 11:23Que C'est d'autant plus vrai quand il YA1 manque de
- 11:24reconnaissance. Ah oui, et la société est très
- 11:27très très mauvaise. En reconnaissance sur le sujet
- 11:30des aidants chez nous, on est habitué, en France en
- 11:34particulier, à ce que les gens serrent les dents et se
- 11:35plaignent pas. On, on ne valorise absolument
- 11:38pas les gens qui disent la vérité, qui disent à quel point
- 11:42ça peut être difficile parfois d'assumer ce rôle là.
- 11:45On valorise tout le temps les gens qui Regardez comme il est
- 11:47fort. C'est un guerrier, il se bat, il
- 11:50se plaint jamais. Je trouve ça ultra toxique comme
- 11:53culture parce que c'est le meilleur moyen que les gens
- 11:56explosent, finissent en burn out complet alors que on peut les
- 11:59accompagner parce que aujourd'hui on voit la
- 12:01vulnérabilité et les demandes d'aide comme un échec ou une
- 12:04faiblesse alors que pas du tout. C'est simplement être humain.
- 12:06Personne n'est parfait et très honnêtement, si on faisait
- 12:10évaluer et évoluer cette culture déjà là.
- 12:14Ça enlèverait une grosse partie de la charge mentale des
- 12:16aidants. Faut accepter de dire ça va pas,
- 12:18il faut accepter de l'entendre aussi.
- 12:19Exactement. J'aimerais aussi revenir sur un
- 12:21point, il y a aussi la question du genre, il y a 70% des aidants
- 12:24qui sont des aidantes, qui sont des femmes.
- 12:27Puis un petit peu, bah cette vision où un homme ça serait un
- 12:31héros moderne et une femme elle ferait simplement son devoir.
- 12:34Donc finalement c'est assez patriarcal comme vision.
- 12:39Non ? Ah oui, c'est très clair.
- 12:40C'est très clair. Et c'est vrai que.
- 12:43Pour aller même un peu plus loin, quand tu regardes dans les
- 12:45pays du monde, ceux dans lesquels alors y en a pas
- 12:48beaucoup hein, mais ceux dans lesquels le sujet des aidants
- 12:50n'est plus vraiment un sujet parce que ça a été tellement
- 12:52intégré que les aidants n'ont plus besoin de jouer ce rôle là,
- 12:55ils peuvent redevenir des proches, en particulier les pays
- 12:58scandinaves. Ce sont les pays les seuls à
- 13:00avoir mis en place une politique sociale basée sur l'éthique du
- 13:04Caire et le féminisme autour du Caire des années 70.
- 13:06Donc les danses, c'est non poli pour le travail gratuit des
- 13:10femmes ? En partie oui.
- 13:11Moi je dis toujours que il y a 20 ans, on considérait que les
- 13:15femmes étaient pas capables d'avoir des enfants et de faire
- 13:17leur travail correctement. Maintenant qu'on s'est rendu
- 13:19compte que c'était pas le cas, on a trouvé autre chose à nous
- 13:21reprocher. On s'est rappelé qu'il y avait
- 13:23d'autres membres de la famille dont on pouvait s'occuper qui
- 13:25pourraient peut être signifier que on n'était toujours pas apte
- 13:28à travailler. C'est toujours aussi ridicule,
- 13:30mais c'est clair que ces préjugés là on la vit dure.
- 13:32Après c'est pas pour. Rendre négatif le fait que des
- 13:37hommes s'impliquent parce que très honnêtement, y a des hommes
- 13:39qui s'impliquent simplement. Ils découvrent la majorité des
- 13:42problèmes que rencontrent les femmes.
- 13:44Certains sont effectivement vus plus en héros, mais d'autres
- 13:48découvrent simplement au quotidien les complications de
- 13:51ce que ça peut représenter que d'être sur le côté du soin.
- 13:55Voilà habituellement plus féminin, mais ça évolue quand
- 13:57même. Et donc y a beaucoup de femmes,
- 13:59puisqu'on on en parle, qui vont quitter leur emploi pour pouvoir
- 14:02se consacrer justement. À ce le fait de prendre soin de
- 14:08ses proches, d'être là et comment tu tu vois les choses
- 14:11qu'il y a des solutions concrètes à apporter à ce à ce
- 14:15phénomène. Alors je dirais qu'il y a 2
- 14:16profils, il y a celles, celles et ceux parce qu'il y a aussi
- 14:19quelques hommes qui le font, qui veulent arrêter leur travail
- 14:24parce qu'elles considèrent que le plus important, c'est de
- 14:26s'occuper du Proche, mais. Pour moi, le drame, il est sur
- 14:29celles et ceux qui n'ont pas envie d'arrêter de travailler,
- 14:32qui n'ont pas d'autre choix parce que l'équilibre est trop
- 14:34précaire, parce que leurs entreprises ne les soutiennent
- 14:36pas et que donc ils n'arrivent plus à jongler correctement
- 14:40entre les. 2 et d'ailleurs, pour que les entreprises les
- 14:42soutiennent, il faut que tu enfin, ce que tu dis, c'est que
- 14:44il faut comprendre le caractère individuel de chaque situation.
- 14:48C'est pas la même chose quand on aide un parent atteint
- 14:53d'Alzheimer que quand on a un enfant autiste, que quand on a
- 14:57un conjoint qui est dans une maladie longue, comment
- 15:01l'entreprise, de manière concrète, peut aller à ce niveau
- 15:04d'individualisation ? Moi je vais même aller plus
- 15:06loin. Entre 2 personnes qui aident un
- 15:08parent qui est Alzheimer, c'est déjà même pas la même chose.
- 15:11C'est pire. Je sais que quand je dis ça, je
- 15:12suis le cauchemar de tous les RH, de tous les RH qui nous
- 15:15écoutent. Je je.
- 15:16Je et je comprends très bien que vous soyez en train de râler en
- 15:19entendant ça. J'ai conscience que c'est
- 15:21extrêmement compliqué pour les entreprises de faire du cas
- 15:23particulier. Le souci c'est que il y a pas 2
- 15:28solutions qui vont convenir forcément à 2 cas qui se
- 15:31ressemblent. Il y a même certaines solutions
- 15:33qui peuvent être positives pour l'un et et très négatives pour
- 15:36l'autre. C'est le cas du télétravail.
- 15:37Il y a certains cas dans lequel ça va soulager les dents et
- 15:40d'autres dans lequel ça risque de l'envoyer plus vite en burn
- 15:43out. Comment ?
- 15:44Tu fais alors. Eh Ben tu formes, tu formes le
- 15:49codir. Eh oui, on commence toujours par
- 15:51la direction parce que en fait, ce qu'il faut c'est faire
- 15:55changer la culture de ton entreprise.
- 15:56Il faut que les aidants d'abord parlent et se sentent assez à
- 15:59l'aise pour expliquer quels sont les obstacles et les challenges
- 16:01qu'ils rencontrent pour qu'on puisse leur trouver une
- 16:03solution. Mais pour ça, il faut que le
- 16:04mouvement vienne de la direction, parce que les
- 16:07managers, sinon ils flippent et les RH aussi, d'aller trop loin,
- 16:09d'ouvrir la boîte de Pandore et de se faire punir derrière si
- 16:12ils ont vraiment accompagner au cas par cas.
- 16:14Donc d'abord. En un, la direction, en 2, les
- 16:18RH. Même chose pour pouvoir créer un
- 16:21plan aidant de manière globale pour pouvoir mettre en place des
- 16:25mesures, faut quand même maîtriser le sujet des aidants.
- 16:27C'est important en 3e, les managers parce que et c'est
- 16:31l'interlocuteur le plus important des aidants, ce sont
- 16:33eux qui vont avoir à faire aux aidants au quotidien, qui vont
- 16:37les repérer, qui vont recevoir le le témoignage, qui vont avoir
- 16:43littéralement les aidants dans leur bureau.
- 16:44Et dans la majorité des cas, les aidants ne vont pas demander
- 16:46d'aménagement de changement de contrat.
- 16:48En tout cas pas des grosses modifications.
- 16:51C'est très souvent plutôt de la bienveillance, de la tolérance,
- 16:55parfois sur des retards, parfois un aménagement autour d'un
- 16:58rendez-vous hebdomadaire, par exemple chez le Kiné, chez le
- 17:00médecin ou quelque chose comme ça plutôt qu'une baisse de temps
- 17:03de travail ou des choses qui nécessiteraient d'aller chez les
- 17:06RH pour modifier le contrat de travail.
- 17:08Mais pour ça, il faut que le manager il sache.
- 17:12Gérer les choses parce que on en discutait, c'est pas si simple
- 17:15que ça quand tu es face à un de tes collaborateurs, que d'un
- 17:18coup il fond en larmes en te racontant ce qu'il vit à la
- 17:20maison, peut être que tu connais la pathologie peut être pas mais
- 17:24c'est la vie privée du collaborateur.
- 17:26Qu'est ce que tu as le droit de dire, de pas dire quel ton il
- 17:29faut avoir, comment est ce que tu lui poses des questions ?
- 17:31Est ce que tu as le droit de lui poser des questions ?
- 17:32Comment tu mets en place un plan ?
- 17:34C'est plein de questions que les managers me posent quasi non
- 17:37stop parce qu'y en a plein qui connaissent le sujet maintenant
- 17:39mais qui savent pas quoi en faire de manière concrète.
- 17:41Donc avant même d'aller voir tous les salariés, il faut que
- 17:45le Codir, les RH et les managers soient au point.
- 17:48Mais alors c'est intéressant parce que pour sensibiliser sur
- 17:50ces éléments là tu parles d'aller auprès de la direction,
- 17:54auprès des ressources humaines, auprès des managers.
- 17:56Mais il faut des rôles modèles, un peu comme dans n'importe quel
- 18:00autre élément et industrie. Moi j'en connais pas beaucoup
- 18:03des patrons du CAC 40 ou des CO de start-up qui ont dit Je suis
- 18:08aidant. Est ce que ça peut pas faire
- 18:10changer les choses ça ? Eh Ben moi j'en connais.
- 18:13Est ce qu'il parle assez ? Il parle.
- 18:16Je me souviens d'une conférence en particulier où où y avait une
- 18:19une DGA qui était remarquable, qui est devenue DG depuis, qui
- 18:21m'a dit, Je viens de réaliser que j'étais aidante en vous
- 18:23écoutant et derrière elle a quand elle est devenue DG, Elle
- 18:26a lancé un plan dans sa nouvelle entreprise après pour soutenir
- 18:28tous ses salariés aidants et elle en.
- 18:30Du coup, elle en a parlé et elle s'est basée sur sur son
- 18:33expérience. Donc il y en a à tous les
- 18:36niveaux de toute façon, même statistiquement, vu le nombre
- 18:40d'aidants et de personnes qui sont concernées.
- 18:42Mais c'est très difficile d'être dirigeant et d'oser dire que
- 18:46chez nous aussi c'est compliqué et que on est comme tout le
- 18:49monde parce que il y en a encore beaucoup trop qui voient ça
- 18:51encore une fois comme un aveu de faiblesse ou comme un aveu de
- 18:53vulnérabilité. Alors que pas du tout et que ça
- 18:56fait un bien fou aux salariés d'entendre que quelqu'un dans
- 18:58les comités directeurs ou autre est touché aussi.
- 19:00Ça donne une sorte de permission.
- 19:02De parler. Mais tu vois, moi j'ai parlé
- 19:04avec pas mal d'autres CEO qui disent la parentalité ça m'a
- 19:07changé et d'ailleurs ça m'a apporté énormément de choses
- 19:10dans mon quotidien. Ça m'a permis de revoir où
- 19:13étaient mes priorités. Mais en fait moi ça me ferait du
- 19:15bien d'entendre aussi des CEO, parce que tu expliques le nombre
- 19:20de compétences qu'on va développer en tant qu'aidant,
- 19:22qu'ils puissent aussi venir témoigner pour expliquer leurs
- 19:25difficultés, mais aussi expliquer ce que ça a pu leur
- 19:28apporter et comment ils y sont arrivés.
- 19:29Et ça finalement, on attend que ça quoi.
- 19:33Mais je suis tout à fait d'accord, ça ferait un bien fou.
- 19:35Et pourquoi 2 poids 2 mesures entre cette parentalité et les
- 19:38danses aujourd'hui ? Je pense que beaucoup de
- 19:40personnes voient la parentalité comme quelque chose de positif,
- 19:43alors que les danses YA1 rapport à la maladie, au vulnérable, à
- 19:48la mort parfois, qui est parfois plus difficile à accepter, et
- 19:54même sur le lien avec le corps humain, on fait des choses quand
- 19:56on est dans qui sont pas forcément qu'on n'a pas
- 19:58forcément envie de partager de la même manière.
- 20:01Dire qu'on changer les couches de son enfant, ça paraît une
- 20:03évidence, dire qu'on changer les couches de son parent beaucoup
- 20:06moins. Alors que les solutions, la
- 20:08flexibilité, l'écoute, elles sont assez similaires en fait.
- 20:12Alors oui, Oui et non. Disons que c'est un peu plus
- 20:16compliqué dans les danses que dans la parentalité.
- 20:19De toute façon, l'écoute, j'ai envie de dire Euh, voilà
- 20:21partout, voilà partout, peu importe le sujet.
- 20:24Apprendre à écouter, c'est extrêmement important.
- 20:26La flexibilité ça ferait pas de mal non plus.
- 20:28Je sais que c'est pas selon les industries, pas toujours simple
- 20:30à mettre en place, mais c'est vrai que on sur la question des
- 20:34horaires, elle est assez en commun.
- 20:38Ce qui diffère avec les danses c'est tout ce qui est nombre de
- 20:43rendez-vous médicaux, charge mentale, gestion des urgences
- 20:48complètes. Je dis pas qu'il y a pas
- 20:49d'urgence hein. Quand on est parent, je dis
- 20:51juste que quand on voit des maladies qui ne font que
- 20:55s'aggraver. Alzheimer par exemple, à partir
- 20:57du moment où il YA1 diagnostic, on sait juste que ça va aller
- 21:00jusqu'au bout et que ça ne va aller qu'en s'aggravant.
- 21:02Alors tu parles du rôle des managers.
- 21:04Tu dis à quel point ils sont importants ces managers.
- 21:06On leur demande d'être performants, on leur demande de
- 21:09gérer la charge émotionnelle, on leur demande d'écouter.
- 21:13Bientôt, il y aura plus de managers, non ?
- 21:14Bah disons. Que, en plus, en France, on a
- 21:18tendance à nommer manager des gens qui sont pas forcément
- 21:20faits pour être manager, parce que c'est dans notre culture de
- 21:23de promouvoir des gens managers alors que.
- 21:26Pour moi ne devrait être manager que les gens qui savent être
- 21:30manager. Ça c'est peut être un autre
- 21:31problème. Mais sur le sujet des aidants,
- 21:32ça revient beaucoup parce que il faut pour moi certaines qualités
- 21:36pour être manager. Et c'est vrai qu'on a des
- 21:39personnes qui sont très prises au dépourvu quand elles sont
- 21:42face à des questions de de vie privée qui n'ont pas forcément
- 21:47l'aisance. Humaine nécessaire.
- 21:50Ça veut pas dire qu'ils sont pas des bonnes personnes, ça veut
- 21:51juste dire que certaines personnalités sont plus à l'aise
- 21:54que d'autres sur les relations humaines.
- 21:56Voilà c'est ça. Et donc il y en a qui ont un peu
- 21:58de mal à suivre. Mais après moi je trouve que on
- 22:03en a mis du temps pour reconnaître qu'on était tous des
- 22:05humains et pas juste des machines.
- 22:06Pour moi, c'est c'est la base conforme, à l'écoute, conforme
- 22:10au sujet des aidants. Mais après je dis ça, je suis
- 22:13médecin et en fac de médecine, dans le tronc commun, on parle
- 22:15toujours pas des aidants et on n'est toujours pas formé, à
- 22:17l'écoute. D'ailleurs le rôle de la
- 22:19formation est importante, même de l'éducation en tant
- 22:22qu'aidant. En fait c'est pas pareil.
- 22:24Si on a eu une éducation où on a mis la valeur cardinale qu'est
- 22:28le travail en avant ou la famille en avant, y a des vraies
- 22:32différences. C'est ce que tu dis.
- 22:33Oui, ça, j'explique ça dans mon bouquin, chez les aidants, dans
- 22:36les personnalités et selon l'éducation, on peut se sentir
- 22:39souvent très coupable. De jamais en faire assez
- 22:42d'ailleurs. C'est souvent un cercle vicieux,
- 22:44mais il y a aussi des gens qui sont plus dans la honte et ça,
- 22:47c'est beaucoup plus difficile à accompagner.
- 22:51Pour donner l'exemple, quand on a quelqu'un qui a été élevé dans
- 22:55une famille dans laquelle la valeur numéro un, c'était la
- 22:58famille, priorité numéro un, la famille et qu'on prend une autre
- 23:02personne qui a été élevée, elle, dans une famille dans laquelle
- 23:05certes la famille était importante, mais culture numéro
- 23:07un, c'était le travail vraiment objectif.
- 23:09Il faut réussir dans la vie. Si ces 2 personnes et souvent 2
- 23:12femmes hein sont face à la même situation qui est la réunion
- 23:16finit beaucoup beaucoup trop tard en fin d'après 12h00 et
- 23:18donc j'ai pas le temps de passer voir papa chez lui.
- 23:23La personne qui a été élevée dans la culture du travail
- 23:26vraiment va se sentir un peu coupable parce que bon c'est
- 23:30jamais sympa de planter son père pour une réunion.
- 23:33Mais elle, elle y retournera le lendemain ou le surlendemain.
- 23:35Elle va pas se pourrir la vie pendant des lustres parce que
- 23:39elle l'a raté, parce que dans sa tête, sa valeur numéro un,
- 23:41c'était le travail. Tandis que la personne qui avait
- 23:43la famille en numéro un, elle, elle va se sentir très honteuse.
- 23:46Et la différence, c'est que quand on culpabilise d'avoir
- 23:49fait quelque chose de mal, on se sent honteux d'être une mauvaise
- 23:51fille. Et ça va pas changer.
- 23:53Non mais par contre ça, ça se travaille, ça se travaille en
- 23:55thérapie. C'est pas à l'entreprise de
- 23:56gérer ça, mais ce qui est important, c'est de comprendre
- 23:58les mécanismes parce que. Si t'as un collaborateur qui est
- 24:02très honteux là-dessus, il va se pourrir la vie pendant des
- 24:05semaines, il il va finir par en être malade.
- 24:08Donc il faut au minimum comprendre comment ça peut
- 24:10fonctionner. C'est la base des relations
- 24:12humaines hein. C'est de la psychologie alors ?
- 24:13On parle du rôle de l'entreprise ?
- 24:15Beaucoup hein l'entreprise, la direction ?
- 24:17Mais est ce que les salariés ensemble aussi ils ont pas un
- 24:21rôle à jouer ? Je te donne une idée ici.
- 24:24Il y a aujourd'hui des comités d'entreprise, les CSE.
- 24:27Qui aujourd'hui peuvent financer par exemple des chèques cadeaux
- 24:31pour l'ensemble de leurs collaborateurs à Noël ?
- 24:33Est ce qu'ils n'ont pas un rôle eux aussi pour aller allouer un
- 24:36budget pour les salariés qui en ont le plus besoin ?
- 24:39Par exemple les aidants ? Est ce qu'il peut pas y avoir
- 24:41aussi des initiatives comme les dons de congés entre collègues ?
- 24:46Est ce que cette responsabilisation, à force de
- 24:48dire l'entreprise, la direction, elle peut pas aussi finalement
- 24:52venir du cœur de l'entreprise ? Alors Oui et non, c'est un poil
- 24:57plus compliqué que ça parce que dans l'ordre, pour moi le
- 25:00changement principal à mettre en place c'est d'abord le
- 25:04changement de culture. Mais il passe.
- 25:05Tu as raison, pas que par les managers, les RH et la
- 25:08direction, ils passent par tous les salariés.
- 25:10Le truc c'est que pour ça il faut qu'ils soient sensibilisés
- 25:13et qu'ils maîtrisent leur sujet. Parce que tu peux pas changer de
- 25:15regard sur un sujet que tu connais pas et dont ils ignorent
- 25:17parfois même l'existence une fois.
- 25:21Que globalement la sensibilisation de tous les
- 25:23salariés a été faite. Alors oui, là c'est le moment de
- 25:25passer aux mesures. Alors les dons de congés, j'en
- 25:29ai toujours un petit bémol parce que ça dépend comment c'est
- 25:32fait, parce que malheureusement on a tendance en tant qu'humain
- 25:34à faire une hiérarchie des tragédies.
- 25:36Y a des situations qui vont paraître plus tragiques que
- 25:38d'autres et pour lesquelles tout le monde va vouloir donner, et
- 25:41des situations qui vont paraître plus banales et qui sont pour
- 25:43autant pas moins, qui ont pas moins besoin d'aide et pour
- 25:47lesquelles y aura personne. Donc si c'est fait de manière
- 25:49anonyme, oui. D'accord Euh si c'est des
- 25:52cagnottes pour lesquelles voilà une personne va avoir 150 jours
- 25:55et l'autre 2, euh non et après ? Euh je préfère quand
- 25:59l'entreprise participe quand même un tout petit peu parce que
- 26:01les jours de congés, là je parle en tant que médecin, je reprends
- 26:03ma casquette, ils sont quand même pas là pour rien non plus.
- 26:05Euh donc t'es pas là pour vider tous tes jours de congés ?
- 26:08L'entreprise pourrait abonder en plus.
- 26:10Exactement. Trouver un équilibre oui euh le
- 26:13CSE, tu avais tout à fait raison.
- 26:15Toutes les mesures après qui existent sont bonnes à prendre.
- 26:17Là où je mets un bémol, c'est sur la question des
- 26:19accords-cadres. Parce que ça part d'une très
- 26:22bonne intention. Le problème c'est que quand tu
- 26:25as tendance à faire un accord-cadre donc pour tout le
- 26:28monde, ça empêche de gérer les cas particuliers et parfois
- 26:31c'est utilisé comme argument pour ne pas aller plus loin.
- 26:33Donc si tu prends ton accord-cadre et que tu dis c'est
- 26:36le minimum pour tout le monde, alors là oui mais si tu prends
- 26:40l'accord cadre pour dire on n'en sort pas, voilà ce qui a été
- 26:43négocié, on va pas plus loin alors c'est un piège.
- 26:45L'accord cadre intéressant, voilà et et je comprends
- 26:48pourquoi on fait ça hein ? Parce que on on, on veut gagner
- 26:52des droits, et cetera, mais parfois il vaut mieux y aller de
- 26:54manière un tout petit peu plus détaillée on va dire dans la
- 26:58négociation plutôt que de dire Bah voilà, on lance 3 mesures
- 27:01dans un accord-cadre aidant handicap parce que souvent les
- 27:03les les 2 vont ensemble même si pour qu'on les sépare, mais et
- 27:08c'est souvent le télétravail et la flexibilité, ou alors des
- 27:10congés ou des choses comme ça. Et du coup on oublie absolument
- 27:13toutes les autres mesures. Parce que elles étaient pas dans
- 27:16la négo. Et alors ?
- 27:16Une des manières de sensibiliser les entreprises, c'est de leur
- 27:19expliquer que ça leur coûte beaucoup d'argent si elles ne
- 27:23prennent pas à cœur cette thématique.
- 27:25Y a une étude qui montre que le coût de non prise en charge d'un
- 27:28aidant c'est 1500€ par an par salarié.
- 27:30Du coup ça veut dire quoi ? Ça veut dire que les COMEX ils
- 27:34savent pas sortir leur calculette ?
- 27:37Déjà ça veut dire qu'ils connaissent pas ce chiffre.
- 27:39C'est la question qu'on me demande à chaque fois quasiment
- 27:41que j'arrive en codir. On me dit et du coup c'est quoi
- 27:43le ROI de ? D'aider les aidants ?
- 27:45Bon au début la question me me m'énervait un tout petit peu et
- 27:48puis après je me suis rendu compte que bah ouais on est
- 27:51obligé, ça me fait juste changer l'ordre de mes présentations.
- 27:54Je commence plus par l'humain ni par la santé, je commence par
- 27:57l'écho, mais on m'écoute mieux. Après en fait c'est surtout
- 28:02qu'ils se rendent pas compte de ce qu'il y a derrière parce que
- 28:04déjà souvent il me demande mais enfin il vient d'où votre
- 28:06chiffre que c'est c'est 1500€, enfin de quoi ?
- 28:08Et donc là il faut leur expliquer que c'est
- 28:11l'absentéisme. Que c'est les baisses de temps
- 28:15de travail, voire les démissions, donc le turnover,
- 28:18donc le recrutement. Que c'est la désorganisation des
- 28:22équipes de manière générale et les arrêts de travail l'ont
- 28:24parce que si le salarié il arrive pas à jongler entre tout,
- 28:28parce que l'entreprise lui permet pas de flexibilité et
- 28:33qu'il s'épuise. Et que donc au lieu d'avoir
- 28:36quelques un congé proche aidant ou 2 semaines de congé, il finit
- 28:396 mois en arrêt de travail parce que il est complètement crevé.
- 28:43Et Ben ça finit par coûter cher à l'entreprise.
- 28:44Et en plus moi on me dit toujours mais oui avec vos
- 28:47histoires c'est compliqué pour organiser les équipes je dis
- 28:51j'ai bien conscience, c'est pas simple mais en même temps est ce
- 28:54qu'il vaut mieux réfléchir à des solutions pour vos salariés ou
- 28:57que le salarié soit pas là pendant 6 mois ou un an, il vaut
- 29:00mieux travailler avec quelqu'un et faire des petits aménagements
- 29:03plutôt que de le perdre pendant 6 mois ou un an.
- 29:04Parce que là dans le genre de désorganisation des équipes on
- 29:08est bon. Donc il faut arrêter d'être 100%
- 29:10dans la théorie, c'est un sujet humain.
- 29:11On peut pas manager avec des sujets humains comme ça.
- 29:15Et on en parlait tout à l'heure. En fait, être aidant ça permet
- 29:18de développer des soft skills et hard skills, ça c'est très RH.
- 29:22Tu peux nous dire concrètement c'est quoi les compétences
- 29:25justement que tu développes en tant que que aidant ?
- 29:27En fait, alors y en a plein. Et c'est pour ça que moi je
- 29:29trouve que c'est important qu'on change de regard sur les aidants
- 29:32dans les entreprises. Parce que d'habitude en fait, on
- 29:34coupe. Tu vois, normalement, on aurait
- 29:35pu s'arrêter juste avant. On a parlé de combien ça coûte ?
- 29:39De désorganisation. On a listé tous les points qui
- 29:42peuvent être compliqués. On a fait flipper tout le monde
- 29:44et la majorité des gens s'arrêtent là.
- 29:46Et moi je dis toujours non, non, non, non, non.
- 29:47C'est c'est important parce que vous voulez toujours qu'on
- 29:49commence par ça, donc on commence par ça.
- 29:51Mais quand on est aidant, on apprend plein de choses qui sont
- 29:55transférables au monde du travail et c'est le seul sujet
- 29:58humain je dirais, qui te tombe dessus et qui te permet
- 30:01d'apprendre autant. Pour l'anecdote, parce que je
- 30:04pense que c'est quand même important.
- 30:05Et après je réponds à ta question, mais quand
- 30:07j'interviens en entreprise, en particulier en codir, je demande
- 30:10toujours qui a divorcé ces dernières années.
- 30:13Ça fait toujours un blanc. Ils ont l'air de se dire mais
- 30:16qu'est ce qu'elle nous raconte encore ?
- 30:19Puis il y en a toujours un qui finit par lever la main parce
- 30:20que son collègue l'a regardé le travail en disant toi enfin
- 30:23Allez hop allez bref. Et en général je lui dis, est ce
- 30:27que vous avez déjà eu peur de perdre votre travail parce que
- 30:29vous étiez en train de divorcer ?
- 30:31Là, la réponse est toujours non de perdre le dossier sur lequel
- 30:34vous étiez en train de travailler ?
- 30:35Non toujours pas bon, est ce qu'on vous a regardé bizarrement
- 30:39parce que vous étiez en train de divorcer alors ?
- 30:40Sauf si vraiment vous avez fait n'importe quoi, mais en général
- 30:42la réponse est quand même non. Sauf que quand on divorce, à
- 30:47part apprendre ce qu'on ne veut plus refaire comme erreur dans
- 30:51sa vie perso, on peut pas dire qu'on développe masse de
- 30:54compétences et pourtant c'est pas un moment où on est très en
- 30:57forme. C'est parfois un moment où on
- 30:59doit aller aussi à des rendez-vous extérieurs.
- 31:00Si il y a une bagarre pour la garde des enfants, on peut être
- 31:02quand même particulièrement déconcentré et pas au mieux de
- 31:04sa forme. Mais curieusement, tout le monde
- 31:06compatit, alors que quand on aide son père, sa mère, son
- 31:10enfant, et cetera, la grande majorité des gens compatissent
- 31:13pas. Pourquoi ?
- 31:14Parce qu'on s'est tous fait larguer au moins une fois, alors
- 31:16qu'on n'a pas encore tous été aidant et que donc c'est plus
- 31:18facile de comprendre quelqu'un, quelqu'un brisé ou qui se bat
- 31:20pour la garde de ses enfants que de comprendre quelqu'un qui aide
- 31:23sa mère qui est Alzheimer. Si votre mère à vous, elle va
- 31:25très bien, d'accord ? Et du coup, les aidants, ils
- 31:31développent plein de choses. Si ta mère à Alzheimer, tu vas
- 31:34finir par embaucher des auxiliaires de vie, ces
- 31:37auxiliaires de vie. Il va falloir gérer non
- 31:39seulement l'entretien d'embauche, les entretiens
- 31:40d'embauche, mais les emplois du temps, la paye, la paye, les
- 31:44congés, la transmission des informations.
- 31:48Gros surlignage de transmission d'informations.
- 31:49C'est extrêmement important entre elles, entre elles et les
- 31:53autres professionnels de santé. Rien que ça déjà.
- 31:56Tu sais globalement gérer une équipe hein, parce que tu tiens
- 31:58ça quelques mois et tu tu es plutôt bon là-dessus.
- 32:03Après t'as mettons que t'es un enfant, allez enfant
- 32:07polyhandicapé cette fois-ci tu sens qu'il y a quelque chose qui
- 32:11va pas parce que toi t'es habitué.
- 32:13Tu l'emmènes aux urgences mais les médecins sont pas formés au
- 32:15polyhandicap ? Déjà le handicap on est mal
- 32:17formé, mais sur le polyhandicap, on n'est pas du tout formé, donc
- 32:20ils voient pas ce qui va pas, ils te disent il a l'air d'aller
- 32:24bien. Non non il est-il est pas comme
- 32:26d'habitude les heures de négociation avec les infirmiers,
- 32:29les médecins, et cetera pour avoir ne serait-ce qu'un examen,
- 32:32une prise de sang ou quoi que ce soit.
- 32:33Ça va t'apprendre le lobbying en plus de la négociation.
- 32:36C'est tout bête hein, mais la confiance en toi que tu vas
- 32:39développer au fur et à mesure pour t'opposer aux médecins des
- 32:42urgences ou aux infirmières, et cetera, et pour te battre pour
- 32:44le Proche, elle repart pas après quand t'as quitté l'hôpital elle
- 32:50reste. T'apprends l'écoute quand ton
- 32:52proche tombe malade, par exemple, t'as pas le choix,
- 32:54c'est. C'est une formation accélérée
- 32:56pour être manager. Exactement.
- 32:57Donc je. Et c'est pour ça qu'il y a
- 32:59beaucoup d'aidants qui sont manager aussi parce que je dis
- 33:01toujours que 1 1 aidant, c'est un profil de manager.
- 33:04Et donc on trouve beaucoup d'aidants parmi les managers.
- 33:07C'est pour ça que alors je ne dis pas aux entreprises que il
- 33:11faut immédiatement, pendant qu'ils sont aidants en plein
- 33:13milieu, une crise. Leur filet et 5 dossiers en plus
- 33:16en disant voilà et il faut pas aller, ils partent pas en
- 33:20formation voilà d'un coup. Mais ça n'empêche que quand le
- 33:24moment d'urgence et et d'adaptation du début sera
- 33:27passé, ces compétences là elles pourront être utilisées sur des
- 33:30dossiers. Elles seront très utiles de
- 33:32manière générale sur la vie professionnelle.
- 33:34Il y a même des entreprises aujourd'hui qui commencent à
- 33:36inclure ça dans les entretiens annuels, par exemple pour
- 33:38évaluer les montées, les montées en grade et autres, et c'est
- 33:41vachement important. Et bah j'en parle dans ma
- 33:43famille, mon job et moi qui est mon livre qui est sur les
- 33:46salariés aidants. Il y a des aidants qui
- 33:48commencent à le mettre dans les CV et j'ai des Modèles de CV à
- 33:51l'intérieur pour leur apprendre à le faire en fonction d'à quel
- 33:53point ils sont à l'aise ou pas pour en parler.
- 33:54Mais c'est pour ça qu'il faut que les recruteurs soient prêts
- 33:56aussi, parce qu'à partir du moment où la honte et la
- 33:58culpabilité sautent. Les gens comme la genzi vont
- 34:01commencer à revendiquer le fait d'être aidant avec les
- 34:04compétences qui vont avec et vont être capables de
- 34:05l'expliquer en entretien et donc il va falloir que les recruteurs
- 34:09et les futurs managers et autres sachent.
- 34:12Ce que ça signifie sache le comprendre, sache l intégrer,
- 34:15sache en profiter. Comment tu transformes ce qui
- 34:17pouvait être perçu comme une faiblesse en une véritable
- 34:20opportunité ? C'est hyper intéressant.
- 34:22C'est du travail d'aidant, on est très bon pour ça, on.
- 34:25Est très créatif et Ben bravo. Alors je te propose de changer
- 34:27de rythme. On va ensemble te proposer une
- 34:30série d'idées plus ou moins crédibles que certaines
- 34:33entreprises pourraient avoir pour aider les aidants.
- 34:36Tu dois me dire si c'est mesquin.
- 34:38Malin ou les 2. OK.
- 34:41Alors première idée, obliger les entreprises à recenser leurs
- 34:45aidants, un petit peu comme leurs salariés handicapés avec
- 34:47le RQTH, la reconnaissance de handicap, avec des seuils
- 34:51minimum, afin de pouvoir être représentatif de la société,
- 34:54sous peine d'amende. Mesquin, malin ou les 2.
- 34:57C'est pire que mesquin, ça c'est pire que mesquin, parce que ça
- 35:01en plus pas de sens du tout étant donné qu'une grande partie
- 35:04des aidants ne réalise pas qu'elle est aidant.
- 35:07Donc il y a plein d'aidants dans les entreprises qui répondraient
- 35:09par exemple non à la question êtes-vous aidants alors qu'en
- 35:11fait ils sont aidants ? Oui mais regarde handicap, c'est
- 35:14la même chose. Ça permet de leur faire prendre
- 35:15conscience qu'ils peuvent avoir être porteur d'un handicap sans
- 35:18être en fauteuil roulant d'un certain.
- 35:20Côté oui, mais la différence c'est que quand tu es malade,
- 35:22pour le coup, étant malade aussi, j'ai une spondylarthrite
- 35:25ankylosante, donc je fais partie de cette catégorie là on sait
- 35:28qu'on est malade, d'accord ? La question elle se pose sur est
- 35:30ce qu'on veut en parler ou pas ? Mais il y a une grande partie
- 35:32des aidants qui ne sait pas qu'elle est aidante.
- 35:35Moi, je suis aidante aussi. J'ai un petit frère qui est
- 35:37autiste. Il m'a fallu des années après
- 35:39avoir commencé à travailler sur le sujet des aidants pour
- 35:41réaliser que j'étais pas juste une grande sœur protectrice,
- 35:44mais qu'en fait j'avais été aidante et jeune aidante de mon
- 35:47petit frère. Parce que c'est une prise de
- 35:48conscience à avoir et que c'est un cheminement assez personnel
- 35:52et très. Cheminement personnel,
- 35:53l'entreprise là, c'est un peu trop dur.
- 35:56D'être voilà on on on peut pas leur demander ça.
- 35:59Par contre, il faut trouver des moyens de valoriser les aidants
- 36:02qui y sont et de les protéger surtout.
- 36:04OK, c'est plutôt dans ce sens-là, mais fausse bonne idée.
- 36:07Fausse bonne idée ? OK. 2e proposition, lancez une
- 36:10application care performance qui optimise l'agenda des aidants en
- 36:13leur proposant, via une intelligence artificielle, des
- 36:15créneaux parfaits pour gérer leurs urgences personnelles,
- 36:18sans impacter les livrables de l'équipe Masquin.
- 36:21Malin les 2. Je peux encore trouver une autre
- 36:24réponse que Frédéric Guinbin, pas prioritaire, pas pas bon,
- 36:30pas mauvais, mais disons que. Dans l'ordre, il y a d'autres
- 36:34choses à faire avant. C'est pas une mauvaise idée en
- 36:37soi mais. Mais en fait le problème de
- 36:40toutes les solutions qui existent, c'est qu'il y a plein
- 36:41d'entreprises qui veulent commencer par les solutions et
- 36:43qui se disent qu'ils vont régler le problème en presta n'importe
- 36:46lequel qui met en place une solution.
- 36:49Et le souci c'est que et c'est un problème pour les presta
- 36:52aussi, mais ils s'en rendent juste pas compte.
- 36:54C'est pas la bonne stratégie, c'est que comme la grande
- 36:55majorité des aidants réalisent pas qu'elle est aidante.
- 36:59Ils réalisent pas qu'ils ont besoin du produit non plus donc
- 37:01ils l'utilisent pas. Et donc l'entreprise a tendance
- 37:03à conclure que s'il y a pas d'utilisation ou très peu, c'est
- 37:05qu'il y a pas beaucoup d'aidants dans l'entreprise.
- 37:07Conclusion erronée, et du coup ils finissent par résilier
- 37:09l'abonnement avec le prestataire donc c'est négatif pour lui
- 37:12aussi. Alors que dans la vraie vie
- 37:14c'est juste que il y avait pas eu la partie de sensibilisation
- 37:17qui menait à l'usage. Donc c'est négatif pour tout le
- 37:20monde parce que si l'entreprise conclut ça, ils avanceront plus
- 37:22sur le sujet des aidants. Le Presta ?
- 37:24Il perd son contrat et donc bah le bouche à oreille ça finit par
- 37:27dire Bah pourquoi ça résilie au bout d'un an ?
- 37:29Et cetera à chaque fois. Donc je suis pas contre toutes
- 37:33les start-up et autres qui font ça, mais il faut d'abord la
- 37:37sensibilisation et ensuite les services.
- 37:38Donc offrir un care manager, une un assistant personnel à chacun
- 37:44des aidants. Pourquoi pas, mais après le
- 37:46changement de culture de l'entreprise, après toute la
- 37:48partie sensibilisation sinon ça sera pas utilisé et et ce sera
- 37:51un gâchis d'argent en plus pour tout le monde.
- 37:53Dernière idée, créer un fonds de solidarité abondé par un micro
- 37:56prélèvement sur le salaire de tous les employés pour financer
- 37:59des pauses longues, permettre aux aidants de se ressourcer.
- 38:02Mesquin, malin ou les 2, bah il. Faut qu'il y ait quand même
- 38:05beaucoup, beaucoup de salariés dans ton entreprise, parce que
- 38:08si tu veux vu le nombre d'aidants, si tu pars sur 1/4
- 38:11des salariés qui sont aidants en même temps.
- 38:14Si tu veux qu'ils aient plus que 10 Min de congés.
- 38:17Ah non non mais c'est il faudrait-il faut des très très
- 38:19très grosses entreprises. Je dis pas que c'est une
- 38:21mauvaise idée en soi, ça mériterait d'être creusé mais
- 38:23spontanément ça peut pas être la seule mesure.
- 38:26Et puis pour moi ça il peut pas y avoir que les salariés qui
- 38:29financent ce genre de mesure. Qui d'autre ?
- 38:32Ah bah l'entreprise aussi. Et l'État, hein, ça serait bien
- 38:34qu'il s'y mette avec, hein, mais.
- 38:35Alors justement on va parler du cadre légal.
- 38:37Il YA1 cadre aujourd'hui qui existe mais tu dis il est plutôt
- 38:40symbolique plutôt que structurel.
- 38:42Il YA1 congé proche aidant mais qui est à peine rémunéré.
- 38:45Il y a des reconnaissances de handicap qui peuvent prendre
- 38:47plus d'un an, il y a des aides qui arrivent des mois après.
- 38:50Est ce qu'on est face à un vide juridique ou à un désintérêt
- 38:53politique ? Les 2 ?
- 38:56Les 2 alors pour le coup c'est une catastrophe alors on va
- 38:59commencer par le congé proche aidant mon ami, si son seul
- 39:05problème était d'être mal indemnisé, honnêtement ça serait
- 39:09déjà bien mais c'est pas que ça son seul problème.
- 39:11Son seul problème c'est que c'est très très difficile de
- 39:13pouvoir le prendre parce qu'aujourd'hui le congé proche
- 39:15aidant il est valable si tu aides un parent âgé qui a déjà
- 39:18des aides en cours donc ça peut pas être en cas d'urgence, faut
- 39:20déjà que tout soit installé. Donc si ta mère se casse le col
- 39:23du fémur par exemple, le temps que t'aies le congé proche
- 39:25aidant elle est guérie. Ouais, ou si tu es d'une
- 39:29personne en situation de handicap avec un taux
- 39:31d'invalidité de plus de 80%. Et là la grande majorité des
- 39:34gens sont pas du tout familiers avec ça.
- 39:36C'est très difficile d'avoir plus de 80% de taux
- 39:38d'invalidité. Pour vous donner un exemple, le
- 39:40taux le plus haut de l'autisme, l'autisme le plus sévère, un
- 39:44enfant autiste qui ne parle absolument pas, enfin qui est
- 39:46vraiment au maximum de l'autisme, c'est 79%, donc 80%
- 39:51c'est extrêmement rare. Donc si vous aidez un une
- 39:55personne handicapée avec un taux d'invalidité de moins de 80%,
- 39:57vous n'avez pas le droit aux congés proches aidants et vous
- 39:59remarquerez qu'il manque une dernière catégorie entière si
- 40:01vous aidez un proche malade. Et Ben de toute façon vous
- 40:05n'existez pas pour la loi. Donc vous êtes aidant pour moi,
- 40:06vous êtes aidant dans la théorie pour la science mais vous êtes
- 40:09pas aidant pour l'État. Donc pour les RH c'est toujours
- 40:13extrêmement compliqué parce que elles ont des solutions pour un
- 40:16bout de leurs salariés et pas pour tout le monde.
- 40:17Et ça c'est aussi je pense un des freins.
- 40:21De l'accompagnement des aidants en entreprise, c'est que Ben
- 40:25c'est à l'entreprise dans ces cas-là de compenser ou en tout
- 40:27cas de trouver. Comment l'expliquer ?
- 40:29Parce que si tu communiques mais pas bien sur le sujet, tu vas te
- 40:32retrouver avec des aidants qui disent et moi je suis aidant, je
- 40:35voudrais être aidé. Qu'est ce que vous avez à me
- 40:37proposer ? Ben toute ma compassion, voilà,
- 40:41je suis désolée, voilà donc c'est c'est ça, c'est
- 40:44problématique. C'est ce qui empêche d'ailleurs
- 40:46du coup la création d'un statut, parce que si tu crées
- 40:48aujourd'hui un statut de l'aidant.
- 40:50Qui puisse être reconnu partout et qui aiderait les choses en
- 40:52entreprise. Bah tu créerais un statut de de
- 40:55de de tiers des aidants et et pas des aidants de personnes
- 40:57malades. Donc donc voilà ça c'est pas
- 40:59possible. Donc très clairement non
- 41:04seulement il YA1 trou juridique mais il YA1 désintérêt complet
- 41:07des politiques. Moi ça c'est ça m'attère
- 41:11honnêtement et. Tu milites toi pour un parcours
- 41:13de l'aidant ? Ouais, en fait, l'idée c'est
- 41:15que, en santé publique, on a ce qu'on appelle un parcours
- 41:17patient, c'est l'idée. Que pour un diagnostic donné en
- 41:22fait le patient soit toujours au bon endroit au bon moment.
- 41:24Aujourd'hui quand t'es aidant le parcours du patient existe mais
- 41:27il y a rien pour la famille autour.
- 41:29Sauf que la famille elle se retrouve complètement larguée,
- 41:31elle est mal informée voir pas informée du tout.
- 41:34On lui parle que quand il YA1 problème, Bonjour la confiance
- 41:36du coup parce que les soignants ont pas très envie de parler
- 41:39parce que forcément c'est toujours pas annoncé une
- 41:40mauvaise nouvelle et donc la famille elle cherche à droite à
- 41:43gauche des informations comme elle peut et surtout.
- 41:49Y a pas de vrai accompagnement de l'aidant.
- 41:50Pour moi, on devrait le prendre en compte dès le début, lui
- 41:53expliquer Comment ça va se passer, lui expliquer le mot
- 41:56aidant, les ressources certes maigres mais qui existent,
- 41:59auxquelles il peut avoir droit, lui proposer un soutien moral,
- 42:02lui proposer de l'éducation thérapeutique, bref l'inclure en
- 42:05parallèle du patient. Je comprends, ça irait beaucoup
- 42:08mieux alors. On a parlé tout à l'heure,
- 42:09rapidement des exemples à l'étranger, est ce qu'il y a pas
- 42:12un problème d'organisation structurelle du travail en
- 42:16France ? Notamment pour les aidants.
- 42:18Je t'explique. Moi j'ai un copain qui vient de
- 42:22déménager au Danemark, il habite Copenhague.
- 42:25Ce qu'il me dit, c'est que lui il termine tous les jours à
- 42:2717h00 et que en réalité, la culture est différente.
- 42:32Parce que, en effet, il commence plus tôt, il termine beaucoup
- 42:36plus tôt, mais il a peu de pause déjeuner.
- 42:39Il a pas de machine à café, il va être efficace sur un petit
- 42:46moment de temps qui est assez différent de la culture
- 42:48française. On aime bien plus prendre le
- 42:50temps mais on se retrouve avec des managers, des cadres qui
- 42:52terminent à 19h00, à 19h30 et ça c'est pas compatible avec les
- 42:57aidants. Est ce qu'il faut pas revoir la
- 42:58manière dont on s'organise en France ?
- 43:01Alors je pense que ça pourrait être intéressant, mais pas
- 43:05directement pour le sujet des aidants, parce que quand je
- 43:07prends l'exemple là. Si tu veux aller à ton
- 43:10rendez-vous à la MDPH, elle est 17 h, elle est fermée de toute
- 43:14manière. Donc je je pense qu'il vaudrait
- 43:17plutôt mieux réfléchir à l'intégration entre le monde du
- 43:21travail et les institutions autour.
- 43:25Moi, j'ai toujours trouvé ça complètement dingue.
- 43:27Par exemple, que la grande majorité des endroits où on a
- 43:30besoin d'aide et cetera, soit accessible sur des horaires
- 43:33ultra restreints. Tout à fait.
- 43:34Pendant qu'on est au travail, littéralement, il.
- 43:37Faudrait l'inverse. Oui, c'est, c'est, c'est, c'est.
- 43:39Ça n'a aucun sens, ça n'a aucun sens.
- 43:42C'est tout le monde dit que on veut un maximum de gens en
- 43:45emploi et on complique la tâche au maximum pour tous les gens
- 43:49qui essaient de gérer comme ils peuvent leur vie privée et leur
- 43:52vie professionnelle. Donc je pense que il y a une
- 43:55réflexion globale sur l'organisation à avoir, mais
- 43:57qu'à mon avis, l'innovation serait plus dans comment on
- 44:00intègre la ville et le travail, le la vie privée et la vie
- 44:03professionnelle, mais en prenant en compte les territoires et les
- 44:08institutions et la manière dont l'État fonctionne, OK ?
- 44:10Alors on a parlé des pays nordiques, là-bas, le care,
- 44:13c'est considéré comme une infrastructure nationale, c'est
- 44:16les au même titre que l'éducation que la santé.
- 44:20Les dirigeants eux-mêmes, ils vont incarner cette culture.
- 44:23Alors on a parlé du fait qu'ils partent à 17h00 sans s'excuser,
- 44:25ils vont parler ouvertement de leur famille.
- 44:28Résultat, y a moins d'absentéisme, y a plus
- 44:31d'engagement, y a une productivité parmi les plus
- 44:33fortes d'Europe. Pourquoi en France s'occuper de
- 44:36ses proches reste encore vus comme un manque d'ambition ?
- 44:41Ah si je pouvais apporter une réponse directe.
- 44:44Je pense qu'il y a plusieurs, plusieurs raisons.
- 44:46Très honnêtement, à mon avis, on peut revenir sur la question du
- 44:49féminisme un tout petit peu, parce que chez nous, je trouve
- 44:51que c'est vu comme étant très féminin encore, et que on a
- 44:56encore ces vieux préjugés de la performance.
- 45:00C'est pas l'équilibre, la performance, c'est le
- 45:02présentéisme et c'est le le mal, le le mal blanc dominant, c'est
- 45:07et tout ce qui déroge de cette règle.
- 45:10Pour moi est encore perçu comme plus faible, ce qui n'a
- 45:13strictement aucun sens. Mais bon, c'est à force de le
- 45:15répéter que ça finira par rentrer je pense.
- 45:19Mais quand je vois la vision qu'on a globalement des femmes,
- 45:22à quel point c'est difficile d'avoir des femmes en politique,
- 45:24d'avoir des femmes aussi haut, des femmes dans les conseils
- 45:26d'administration, on fait ce qu'on peut, mais on est obligé
- 45:29de mettre des lois à chaque fois pour forcer le fait que des
- 45:31femmes y arrivent parce que y a le plafond de verre chez nous
- 45:33est encore tellement épais que on a quand même beaucoup,
- 45:36beaucoup de mal à le briser. Donc forcément, avec une.
- 45:38Telle culture encore patriarcale, l'aspect care
- 45:43famille globalement ne peut pas être perçu comme comme quelque
- 45:46chose de tellement banal qu'il y a même pas besoin de d'en faire
- 45:49toute une politique. Intéressant alors au Canada, on
- 45:52a intégré l'Édence dans la culture managériale.
- 45:54Il y a des congés rémunérés, il y a la formation des managers,
- 45:57il YA1 référent care dans les grandes entreprises.
- 45:59Je crois que c'est quelque chose que tu apprécies également
- 46:01beaucoup. Les dirigeants savent que c'est
- 46:04un investissement. Un salarié soutenu, c'est un
- 46:06salarié fidèle. Pourquoi ce pragmatisme ?
- 46:09Il est pas possible chez nous ? Mais j'aimerais bien qu'il soit
- 46:12possible. Je me bats pour.
- 46:14Et c'est vrai que nous, on a une obsession pour pour le
- 46:17rendement, le chiffre et la performance, qui en plus n'a
- 46:19aucun sens. Si on a des je trouve une vision
- 46:22très court termiste, parce que Canada, c'est pas le seul pays
- 46:25qui fait ça, le Royaume-Uni qui est plus près de nous.
- 46:27Ils, ils ont une espèce d'association d'employeurs qui
- 46:33s'appelle M for Careus. Qui est assez remarquable, qui
- 46:36fait des études sur toutes les entreprises, c'est des
- 46:38entreprises qui adhèrent pour avoir accès, non on a pas ça en
- 46:41France, qui adhèrent pour avoir accès à des bonnes pratiques, et
- 46:43cetera, qui contribuent à la recherche.
- 46:44Donc il y a des études économiques qui sont faites tout
- 46:46le temps par ce par ce cercle et les études sont dithyrambiques.
- 46:52Enfin, les les patrons là-bas montrent à quel point ça a eu un
- 46:55impact positif sur la performance, sur l'économie, sur
- 46:59la motivation des salaires. Et tous les indicateurs sont au
- 47:01vert. Mais nous à chaque fois on nous
- 47:03dit, Ah là oui mais ça coûte cher.
- 47:05Donc il faut nous envoyer nous C et où en stage au Canada ?
- 47:08Oui, au Canada, au Royaume-Uni, en Australie, étonnamment,
- 47:12toujours les pays anglophones. Qui sont en avance.
- 47:15Oui, qui sont en avance. Hélène, donc je te propose
- 47:18maintenant une autre séquence, la séquence utopie où Dystopie,
- 47:21tu choisis une carte et tu la montres à la caméra ?
- 47:28L'utopie Hélène, on est en 2035. L'edance est intégré à la
- 47:33culture d'entreprise. Chaque salarié a droit à un
- 47:36temps de répit, à un soutien administratif, un manager formé.
- 47:40Les dirigeants incarnent eux-mêmes cette culture.
- 47:43Résultat, moins d'absentéisme, plus d'engagement.
- 47:46Si ce futur devenait réalité, qu'est ce que ça changerait
- 47:50profondément pour nos entreprises et qu'est ce que ça
- 47:52changerait pour notre société ? Ça changerait énormément de
- 47:55choses, je pense que ça aurait un impact sur le travail des
- 47:57femmes. Déjà, avec moins de soucis au
- 48:00niveau des retraites, moins de personnes qui sont forcées
- 48:02d'arrêter de travailler peut être moins de jugement en
- 48:07entreprise, plus de bienveillance.
- 48:10Et je pense que ça pourrait même se reporter sur la qualité des
- 48:13soins derrière. Parce que si les aidants vont
- 48:15mieux, tiennent le coup plus longtemps.
- 48:17C'est plus facile d'envisager des soins à domicile corrects de
- 48:20l'hospitalisation à domicile parce que ça veut dire qu'il YA1
- 48:22équilibre qui a été fait. Et surtout si on en arrive
- 48:25sociétalement là au niveau des entreprises, ça veut dire que
- 48:28globalement le sujet des aidants est rentré dans la norme au
- 48:33niveau de l'État, au niveau des discussions dans la vie de tous
- 48:36les jours. Donc que il y a une vraie prise
- 48:39en charge des aidants dans le système de santé.
- 48:41Que donc je suppose que les aides de l'État seraient
- 48:44maintenant existantes et coordonnées correctement ?
- 48:48Et ça voudrait dire qu'on a fait des progrès au niveau du
- 48:49féminisme si tout le monde accepte d'en parler ?
- 48:54Moi ça me va bien comme futur, hein ?
- 48:56Alors justement, dans une démarche prospective, l'i a tout
- 49:00ça, l'intelligence artificielle est ce que finalement ça peut
- 49:03aider aussi et de 2 manières. D'une part évidemment pour s'y
- 49:06retrouver et individualiser les parcours.
- 49:10Grâce à l'intelligence artificielle on peut donner des
- 49:12réponses plus personnelles, mais d'une manière générale aussi
- 49:15d'une manière sociétale, pouvoir libérer du temps pour les
- 49:18personnes et donc se concentrer aussi de manière bah plus
- 49:22importante. R, ce qui est humain également
- 49:26ou est ce que l'i a ça peut aussi faire peur ?
- 49:29C'est quoi ton avis sur le sujet ?
- 49:31Alors moi l'i a me fait pas peur du tout et certainement pas dans
- 49:34ce domaine là. Le seul souci c'est que dans
- 49:36l'ordre on a encore des problèmes très très humains sur
- 49:42le sujet des aidants. On pourrait mettre de l'i a sur
- 49:44la coordination par exemple entre la ville et l'hôpital pour
- 49:47essayer d'alléger la tâche des aidants.
- 49:49Mais on n'a pas le personnel pour faire cette coordination
- 49:52correctement. On pourrait imaginer de l'IA
- 49:54pour suppléer les aidants sur certaines tâches, mais tant
- 49:58qu'on a pas assez de professionnels, du médico
- 50:00social, d'auxiliaires de vie pour venir à domicile, et
- 50:02cetera, c'est pas une ia qui va faire le ménage, c'est pas une
- 50:04ia qui va surveiller la personne âgée.
- 50:06Et même si j'avais dit j'ai envie de dire, une ia dans une
- 50:10caméra faisait la surveillance de la personne âgée.
- 50:12Il faut quand même des secours pour venir, il faut quand même
- 50:13des personnes pour intervenir et on est arrivé à un point où le
- 50:17système cracassait pour que il y ait vraiment plus assez de monde
- 50:20et. L'i a pour orienter aussi par
- 50:24exemple sur les aides, c'est très bien, mais s'il y a pas
- 50:26d'aide qui existe, on va pas gagner un temps fou.
- 50:29On critique beaucoup les MDPH, les maisons départementales des
- 50:32personnes handicapées pour les délais de réponse aux dossiers.
- 50:34C'est clair que quand tu fais une demande et que t'en as pour
- 50:39un an ou un an et demi avant d'avoir une réponse, c'est c'est
- 50:40c'est hallucinant. Mais c'est pas parce que ils
- 50:43sont fainéants, c'est parce qu'il y a pas assez de monde et
- 50:45qu'il y a trop de dossiers. Donc peut être que l'i a
- 50:48pourrait les les suppléer ou les aider mais ça pourra pas les
- 50:51remplacer. Donc tant qu'on aura pas plus de
- 50:53gens pour travailler, l'i a va pas révolutionner les choses.
- 50:58Alors pour conclure, tu dis souvent, Hélène, mettre l'humain
- 51:01au centre, ce n'est pas être gentil, c'est être lucide.
- 51:04Donc ignorer les danses, c'est finalement payer en cash, en
- 51:08talent et en réputation. C'est même plus qu'être lucide,
- 51:12c'est être intelligent. Merci beaucoup avec Hélène.
- 51:16Merci à vous d'avoir regardé ou écouter cet épisode.
- 51:19Vous pouvez retrouver Beyond work and Life sur Youtube et
- 51:21toutes les plateformes de streaming.
- 51:23N'hésitez pas à partager l'épisode, à nous laisser vos
- 51:25commentaires et à vous y abonner pour nous soutenir et ne pas
- 51:28manquer les prochains débats. A très vite.