Latest / Africa Fashion Tour / Thierry Bernath, expert en relation presse, influence et partenariat
Transcript
- 0:00On dit que celui qui connaît l'Afrique,
- 0:02c'est qui ne la connaît pas vraiment.
- 0:04Parce que l'Afrique,
- 0:05c'est l'imprévisible.
- 0:09On a une connaissance de l'Afrique,
- 0:11au bout de certaines années,
- 0:12on a une expertise.
- 0:13Mais après,
- 0:14l'Afrique surprend toujours.
- 0:16On croit connaître des choses et en fait,
- 0:18plus on creuse,
- 0:20plus on se rend compte,
- 0:21plus on doute.
- 0:22C'est un peu partout pareil.
- 0:24Mais je trouve que l'Afrique,
- 0:25c'est quand même beaucoup l'imprévisible.
- 0:28Je me suis permis de te couper là parce que c'est quand même quelque chose que j'aime bien dire.
- 0:33C'est que je trouve que voilà,
- 0:36comme il n'y a pas beaucoup d'insights sur ce marché,
- 0:39des fois on se dit qu'on comprend le marché au bout d'un moment parce qu'on se fait sa propre idée,
- 0:43on va sur le top,
- 0:44mais au final,
- 0:45on se rend compte que plus on creuse,
- 0:47plus il y a de choses pour lesquelles on ne s'attendait pas du tout et qui nous surprennent.
- 0:54Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Africa Fashion Tour.
- 0:58Je vous emmène avec moi à la rencontre de créateurs basés sur le continent africain.
- 1:02Je vous invite à voyager à Abidjan,
- 1:04Dakar ou Bamako pour découvrir les parcours de professionnels talentueux,
- 1:09responsables et ambitieux.
- 1:11Au fil des interviews,
- 1:12je me rends compte que chaque entrepreneur veut contribuer au rayonnement de la créativité africaine sur le continent et au-delà.
- 1:19Ce podcast est un moyen de sortir des clichés du boubou et du wax pour représenter un éventail de tissus,
- 1:25de savoir-faire et de créativité
- 1:27trop souvent sous-représentés.
- 1:30Je suis Ramata Diallo,
- 1:31je suis professeure de marketing dans des écoles de mode parisiennes et je suis également consultante spécialisée dans l'accompagnement de porteurs de projets qui veulent lancer leur marque de mode.
- 1:40En 2017,
- 1:41j'ai accepté ma première Fashion Week en Afrique.
- 1:43Et depuis,
- 1:44je voyage régulièrement sur le continent pour aller à la rencontre de ceux et celles qui font la mode en Afrique.
- 1:50Le podcast est le moyen que j'ai trouvé pour partager au plus grand nombre une autre vision de la mode africaine.
- 1:59Aujourd'hui,
- 1:59je suis en compagnie de Thierry Bernat.
- 2:01Thierry est expert en relations presse,
- 2:03influence et partenariat à la tête de sa propre agence depuis plus de six ans.
- 2:07Il est également spécialiste de stratégie marketing en Afrique.
- 2:12Il a été directeur de la communication du média Amina pendant plus de douze ans.
- 2:16Je l'ai invité aujourd'hui pour qu'il puisse partager ses perspectives du marché des industries culturelles et créatives africaines.
- 2:23Bienvenue Thierry,
- 2:24comment vas-tu ?
- 2:25Bonjour Amata,
- 2:26très bien.
- 2:29Bonne fête,
- 2:29on est en période de fête encore.
- 2:33Voilà,
- 2:34écoute,
- 2:34tout va bien.
- 2:35Je ne savais pas trop quoi te dire,
- 2:37en fait.
- 2:41Ravi que tu m'aies invité sur ton podcast.
- 2:45Ça nous permet aussi de faire connaissance,
- 2:46parce qu'on se connaît par les réseaux,
- 2:48par personnes interposées,
- 2:51et je suis ravi de pouvoir répondre à tes questions aujourd'hui et de pouvoir éclairer aussi un public.
- 2:58sur mes activités en Afrique.
- 3:00Très bien.
- 3:01Écoute,
- 3:01c'est normal.
- 3:02Au début,
- 3:03quand je commence un petit peu les interviews,
- 3:04il y a toujours ce moment un peu de battement,
- 3:07de je ne sais pas quoi dire.
- 3:08Tu vas coincer.
- 3:11Donc,
- 3:11ça arrive à chaque fois.
- 3:12On se dit,
- 3:13mais finalement,
- 3:14alors que bon.
- 3:15Et après,
- 3:15c'est vrai qu'on n'est pas souvent confronté à cet exercice de devoir un peu se livrer,
- 3:20se raconter en général.
- 3:21Surtout,
- 3:21toi,
- 3:21tu es en RP.
- 3:23Tu es plutôt là pour promouvoir les autres,
- 3:25en fait,
- 3:25pour les mettre en avant.
- 3:27et finalement,
- 3:27toi,
- 3:28tu es plutôt parfois dans les coulisses.
- 3:33On est souvent derrière,
- 3:34mais on est aussi tout le temps en contact avec les gens,
- 3:37ce qui est passionnant dans ce métier,
- 3:40mais qui peut aussi prendre beaucoup d'énergie.
- 3:43Après,
- 3:44c'est vrai qu'on essaye de ne pas trop prendre position,
- 3:47même si je pense qu'aujourd'hui,
- 3:49on a le droit aussi d'imposer ses idées,
- 3:51même si on travaille en tant qu'RP.
- 3:55Après,
- 3:55effectivement,
- 3:56l'idée,
- 3:57c'est de faire fonctionner une marque,
- 3:59de mettre en avant les représentants de cette marque et donc de travailler plutôt en sous-marin pour que tout fonctionne au mieux.
- 4:09Après,
- 4:10ça reste quand même un métier de contact.
- 4:12Donc,
- 4:13on est régulièrement en relation avec les gens.
- 4:16Les relations,
- 4:16ça s'entretient.
- 4:19On se rend régulièrement aussi à des événements,
- 4:22donc on a quand même l'habitude de se montrer finalement,
- 4:25même si on reste discret.
- 4:27Très bien.
- 4:28En tout cas,
- 4:28c'est mon point de vue,
- 4:29et je pense que c'est aussi comme ça que ça marche.
- 4:32Mais après,
- 4:32c'est vrai que l'idée,
- 4:34c'est de penser d'abord à son client avant de penser à soi.
- 4:37Tu vas pouvoir en tout cas,
- 4:38pendant cette interview,
- 4:39nous expliquer en détail ce que c'est que le métier.
- 4:43des relations presse,
- 4:45et puis aussi comment est-ce que toi,
- 4:47tu l'envisages avec une perspective africaine.
- 4:51Donc,
- 4:51on va commencer cet échange par,
- 4:53je vais te demander,
- 4:54en fait,
- 4:54c'est la question un peu que je pose à tous mes invités,
- 4:57je vais te demander de te présenter.
- 4:59Ok,
- 4:59donc moi c'est Thierry Bernat,
- 5:02j'ai 49 ans,
- 5:03donc j'ai déjà fait un petit bout de chemin.
- 5:06Je suis Suisse et Français,
- 5:08j'ai vécu en Afrique,
- 5:10j'ai une partie de ma famille qui est africaine,
- 5:12parce que mon père s'est marié plusieurs fois,
- 5:14s'est marié cinq fois.
- 5:16Il a eu deux femmes européennes et trois femmes africaines.
- 5:20J'ai fait des études de journalisme,
- 5:22donc moi en fait j'ai commencé comme journaliste,
- 5:24j'ai fait un master en journalisme à l'ULB à Bruxelles.
- 5:29Et puis,
- 5:32le journalisme,
- 5:33c'est bien,
- 5:33mais c'est vrai que ça répondait pas trop à mes attentes,
- 5:37dans le sens où le traitement n'était pas très bon par rapport à tout ce qu'on vous demande.
- 5:42On ne vous met pas toujours dans une situation très confortable,
- 5:45notamment au niveau matériel.
- 5:47Et donc,
- 5:48du coup,
- 5:49de fil en aiguille,
- 5:50en fait,
- 5:50je travaillais pour
- 5:51France Télévisions.
- 5:53Pas du tout sur l'Afrique,
- 5:54je voulais travailler sur l'Afrique.
- 5:58Puis j'ai répondu à une annonce qui cherchait des chefs de publicité pour l'Afrique,
- 6:02pour une régie publicitaire.
- 6:03Alors moi,
- 6:04ayant fait des études de journalisme,
- 6:05je ne m'avais jamais appris le fonctionnement d'un média en termes de recettes,
- 6:10de recettes publicitaires.
- 6:12Donc c'était nouveau,
- 6:13mais comme je connaissais bien l'Afrique,
- 6:14j'ai été pris et ça m'a permis d'avoir une nouvelle dimension des médias.
- 6:18C'est-à-dire que moi,
- 6:18j'avais la dimension journalistique,
- 6:21en ce temps que je trouvais que le métier de journalisme commençait malheureusement à être...
- 6:27être de moins en moins valorisé par rapport au temps et aux capacités qu'on te demande.
- 6:33Et bon,
- 6:34donc du coup,
- 6:34je me suis lancé dans l'aspect plus commercial des médias,
- 6:37à savoir comment on vend des espaces publicitaires pour renflouer les caisses d'un média et pour le faire vivre.
- 6:43Parce que finalement,
- 6:43un média aujourd'hui,
- 6:44c'est la diffusion,
- 6:46les recettes publicitaires et le contenu journalistique.
- 6:48Mais les trois sont liés.
- 6:51Donc,
- 6:51ça m'a permis d'avoir une vision 360 degrés d'un média.
- 6:56Et c'est comme ça,
- 6:56de fil en aiguille,
- 6:59que je me suis retrouvé chez Amina,
- 7:02à travailler pendant 12 ans,
- 7:04où je n'ai pas uniquement travaillé sur la direction de la publicité,
- 7:08mais également sur la direction de la communication,
- 7:11avec tout ce qui était partenariat,
- 7:13mise en place des thématiques,
- 7:14des dossiers,
- 7:15mise en place des shootings,
- 7:17des couvertures,
- 7:19proposition de personnes à mettre en couverture.
- 7:22Puisque,
- 7:22encore une fois,
- 7:23je le répète,
- 7:23un média,
- 7:24c'est un tout.
- 7:25Il y a un contenu,
- 7:26il y a une diffusion,
- 7:27mais il faut le vendre.
- 7:27Donc,
- 7:28il faut des sujets vendeurs,
- 7:29tout en respectant une charte journalistique.
- 7:33Donc,
- 7:33voilà comment,
- 7:33de fil en aiguille,
- 7:34j'ai fait mon chemin.
- 7:38Et puis,
- 7:38après,
- 7:38à un moment donné,
- 7:39j'ai décidé de me mettre à mon compte.
- 7:41Alors,
- 7:42c'est vrai que j'avais fait mon chemin,
- 7:44j'avais un bon carnet d'adresses.
- 7:47Pour moi,
- 7:47c'était un peu la condition sine qua non avant de me mettre à mon compte.
- 7:50Et j'ai décidé...
- 7:51de créer mon agence.
- 7:53Après,
- 7:53les RP,
- 7:56c'était pas...
- 7:57En fait,
- 7:58j'avais une expertise sur le marché de l'Afrique.
- 8:01Je connaissais les marques,
- 8:02je connaissais les événements importants en Afrique,
- 8:04je connaissais les acteurs,
- 8:06enfin une partie,
- 8:07mais je ne savais pas exactement où j'allais.
- 8:09Je voulais mettre à profit mon expertise.
- 8:11Et puis,
- 8:12en fait,
- 8:12j'ai eu des demandes assez rapides de
- 8:17RP, donc de relations presse,
- 8:19mais quand je dis...
- 8:20Les RP,
- 8:20ce n'est pas que les relations presse,
- 8:22c'est les relations publiques.
- 8:23C'est aussi tout ce qui peut être mis en contact avec des acteurs importants sur un marché pour une marque,
- 8:30pour sa notoriété.
- 8:31Et puis,
- 8:33quand j'ai monté mon agence,
- 8:34c'était en 2018.
- 8:36C'était vraiment le moment où l'influence digitale avait vraiment pris les devants sur le print.
- 8:45Parce que moi,
- 8:46je travaillais pour un magazine print.
- 8:49Et donc du coup,
- 8:49très vite aussi,
- 8:51j'ai été amené à faire de l'influence marketing,
- 8:54qui aujourd'hui est toujours en plein essor.
- 8:58Elle évolue très rapidement,
- 9:00parce que l'influence marketing,
- 9:01c'est très vaste,
- 9:02puisque contrairement à un média,
- 9:06aujourd'hui les créateurs de contenu sont des médias,
- 9:08puisqu'ils ont un public et on peut faire passer un message à travers eux,
- 9:11mais ça reste des individus.
- 9:13Un média,
- 9:14c'est une entité.
- 9:15Donc du coup,
- 9:15la...
- 9:16l'aspect subjectif prédomine,
- 9:20tout en sachant qu'il faut quand même faire passer un message assez généraliste.
- 9:25Donc c'est toute la subtilité de l'influence et c'est ce qui fait aussi qu'aujourd'hui,
- 9:29le monde des créateurs de contenus évolue très rapidement.
- 9:35Qui plus est,
- 9:36à une époque,
- 9:37on privilégiait certains réseaux sociaux comme Instagram qui reste,
- 9:42je pense,
- 9:43comme elle toujours aujourd'hui.
- 9:44un des réseaux qui prédomine dans le marketing.
- 9:47Mais aujourd'hui,
- 9:48on fait du Snapchat,
- 9:49on fait évidemment du TikTok,
- 9:52on fait du LinkedIn,
- 9:54un réseau professionnel qu'il ne faut absolument pas négliger,
- 9:57même dans l'influence.
- 10:00Donc,
- 10:00voilà.
- 10:02Alors,
- 10:02je ne sais pas si j'ai répondu à toutes tes questions parce que je suis arrivé à l'influence,
- 10:06mais tu vas pouvoir me reprendre peut-être un matin.
- 10:10Alors,
- 10:10tout à fait,
- 10:11tu nous as fait une overview assez large de tes différentes expertises et compétences.
- 10:18Ce sur quoi j'aimerais un peu revenir,
- 10:19c'est que tu parles d'une évolution du métier de journaliste et tu parles aussi du business model des médias.
- 10:24J'aimerais que tu puisses revenir un petit peu là-dessus,
- 10:26parce que pour un public qui n'est pas sachant de ce secteur,
- 10:29c'est bien de remettre les choses en perspective sur quels sont les challenges que peut rencontrer un journaliste aujourd'hui par rapport à il y a plusieurs années.
- 10:39notamment avec l'impact des réseaux sociaux.
- 10:42Et puis,
- 10:43c'est quoi le business model du média ?
- 10:44Tu l'as évoqué un peu brièvement,
- 10:46mais du coup,
- 10:46qu'on est bien en tête.
- 10:49Qu'est-ce qui fait qu'aujourd'hui,
- 10:49on dit qu'il y a une crise du média et que c'est de plus en plus difficile de vendre du print ?
- 10:55Est-ce que toi,
- 10:55tu peux nous éclairer sur ces questions-là ?
- 10:58Oui,
- 10:59bien sûr.
- 11:00Je pense que c'est l'avènement d'Internet qui a mis vraiment mal le métier de journaliste,
- 11:06puisque c'est vrai qu'aujourd'hui,
- 11:07avec Internet,
- 11:08on peut recueillir
- 11:09plein d'informations sans qu'un journaliste aille sur le terrain.
- 11:15Après,
- 11:15ce n'est pas une bonne chose parce qu'une information de terrain reste la meilleure information.
- 11:19Mais c'est vrai qu'Internet a permis aussi aux médias de se dire qu'avec moins de moyens,
- 11:25on peut déjà avoir une information.
- 11:27On n'est pas obligé d'envoyer une personne physique sur le terrain,
- 11:30vérifier les choses.
- 11:31Ça prend plus de temps,
- 11:32ça coûte de l'argent parce qu'il y a des frais,
- 11:35surtout s'il part à l'étranger.
- 11:37Donc,
- 11:37il y a un monde.
- 11:38Donc voilà,
- 11:39moi c'est vrai que je voulais vraiment faire du journalisme,
- 11:44mais j'étais un peu candide,
- 11:46je voulais faire du vrai journalisme.
- 11:48Et le problème c'est que le vrai journalisme,
- 11:50il n'a plus beaucoup sa place aujourd'hui.
- 11:52C'est un peu la cerise sur le gâteau,
- 11:54parce que faire du vrai journalisme,
- 11:56ça demande beaucoup de moyens.
- 11:59Et les médias aujourd'hui,
- 12:01il y a très peu de médias qui peuvent payer des vrais journalistes.
- 12:04Pourquoi ?
- 12:05Parce que les recettes publicitaires ont diminué.
- 12:08Alors là,
- 12:08tu parlais du print.
- 12:10C'est vrai qu'aujourd'hui,
- 12:12avec le digital,
- 12:13on ne met plus autant d'argent sur le print.
- 12:17Donc ça,
- 12:17c'est une première chose.
- 12:19Et puis,
- 12:20quand je te parlais justement,
- 12:22quand tu voulais que je développe en fait le business model d'un média,
- 12:26on va parler en tout cas du média print,
- 12:27puisque c'est quand même celui que je connais le mieux à la base.
- 12:32Un média,
- 12:34pour qu'il se vende,
- 12:35il faut qu'il ait des bons journalistes,
- 12:37puisqu'il faut du bon contenu.
- 12:39Mais ensuite,
- 12:42s'il a du bon contenu,
- 12:43il faut de l'argent parce qu'il faut les payer,
- 12:45ces bons journalistes.
- 12:47Et pour les payer,
- 12:50il faut de bonnes recettes publicitaires.
- 12:51Et les recettes publicitaires vont avec une bonne diffusion du média.
- 12:55Si ton média est diffusé à un million d'exemplaires,
- 12:59tu pourras vendre ta page de publicité plus cher qu'un média qui est vendu à 100 000 exemplaires.
- 13:05Et donc,
- 13:06tu pourras mieux payer tes journalistes.
- 13:08C'est un cercle,
- 13:10en fait.
- 13:10C'est le business model des médias,
- 13:12mais qui aujourd'hui,
- 13:14malheureusement,
- 13:15ne fonctionne plus de la même manière.
- 13:17Pourquoi ?
- 13:17Parce que les gens achètent beaucoup moins de magazines papiers avec Internet.
- 13:23Et donc,
- 13:24du coup,
- 13:25ces médias-là souffrent.
- 13:26Alors,
- 13:26ils se sont développés différemment en faisant,
- 13:31en développant beaucoup plus le digital,
- 13:33en demandant également à leurs journalistes de devenir,
- 13:36en quelque sorte,
- 13:36des créateurs de contenu.
- 13:38Si tu prends par exemple la presse beauté,
- 13:40la plupart des jours,
- 13:41pas la plupart,
- 13:42mais beaucoup de journalistes en vue,
- 13:44sont également un peu créatrices de contenu et font la promotion du média.
- 13:51Et puis,
- 13:51il y a le côté événementiel.
- 13:53C'est qu'aujourd'hui,
- 13:54un média,
- 13:55pour qu'il vive,
- 13:56il faut qu'il soit présent sur des événements ou qu'il crée des événements.
- 14:00C'est-à-dire qu'un média print à part entière aujourd'hui ne se suffit plus.
- 14:05Et puis,
- 14:06c'est vrai que les gens se contentent beaucoup.
- 14:08de ce que tu as sur Internet,
- 14:09qui n'est pas une très bonne information,
- 14:11au final.
- 14:13C'est vrai que tu peux quand même récupérer,
- 14:15si tu es un peu averti,
- 14:17aguerri,
- 14:18tu peux quand même récupérer une bonne information sur Internet,
- 14:21mais quand tu achètes un magazine papier,
- 14:23tu ne vas pas lire l'information de la même manière,
- 14:26tu ne seras plus posé,
- 14:27les articles seront plus longs,
- 14:29parce qu'on peut faire faire des articles plus longs sur du papier que sur Internet,
- 14:32ça se lit plus facilement,
- 14:34et donc,
- 14:34du coup,
- 14:34on développe mieux les choses.
- 14:37Aujourd'hui,
- 14:37le problème,
- 14:38c'est qu'avec la concurrence des réseaux sociaux,
- 14:41la concurrence même des sites Internet,
- 14:44il est difficile de placer le papier au même niveau que ces autres médias.
- 14:51Très intéressant.
- 14:52Et toi,
- 14:53à un moment donné,
- 14:53tu évoques le fait que toi,
- 14:54tu voulais être un vrai journaliste.
- 14:56Qu'est-ce que tu entendais par là ?
- 14:57Quels étaient les critiques sur lesquelles toi,
- 15:00tu avais...
- 15:00Je me rendais prétentieux,
- 15:01quoi.
- 15:02Non,
- 15:02mais ce que je voulais dire...
- 15:04Moi,
- 15:04j'étais un peu déçu parce que j'ai travaillé en télé.
- 15:08J'ai fait un stage en presse écrite,
- 15:12j'ai fait un autre stage chez BFM en radio,
- 15:15et après j'ai travaillé en télé,
- 15:16je sais pas en télévision,
- 15:18et en fait je me suis rendu compte que l'image primait.
- 15:21Et finalement,
- 15:22même si t'avais le bon message,
- 15:24t'avais la bonne information,
- 15:26si t'avais pas les images et que ça allait pas faire d'audimat,
- 15:29c'était pas intéressant.
- 15:31Alors ça c'est un peu le business model de la télé.
- 15:34Alors ouais,
- 15:35je peux le dire,
- 15:35c'était...
- 15:37Dans les années...
- 15:39C'était début 2000.
- 15:41Et je parle pourtant du service public.
- 15:43Mais on était quand même dans cette dynamique-là.
- 15:45Donc,
- 15:46imagine ce que c'est dans le service privé.
- 15:49Donc,
- 15:49du coup,
- 15:50c'est vrai que moi,
- 15:54ça,
- 15:54ça m'a beaucoup fait réfléchir.
- 15:58Et je me suis dit,
- 15:59c'est pas fait pour moi.
- 16:00Mais c'était le monde de la télé.
- 16:02Donc,
- 16:02le monde de la télé,
- 16:03c'est encore un peu particulier.
- 16:05Mais d'une manière générale,
- 16:06Je me suis rendu compte qu'en fait,
- 16:09un journaliste,
- 16:10s'il voulait prendre du temps,
- 16:11personne n'allait vraiment lui payer ce temps.
- 16:13Et quand on veut bien écrire,
- 16:15enfin quand je dis bien écrire,
- 16:16c'est une chose,
- 16:17mais avoir la bonne information,
- 16:18il faut prendre son temps.
- 16:20Et il y a malheureusement très peu de médias qui donnent ce type de traitement aujourd'hui aux journalistes.
- 16:28Ou alors à très peu de journalistes dans une équipe.
- 16:31Donc je dirais,
- 16:32moi je pense que ce que je voulais,
- 16:34c'était faire du journalisme d'investigation.
- 16:36Donc déjà,
- 16:36il y a très peu de postes.
- 16:38Et puis après,
- 16:39c'est vrai qu'avec l'évolution,
- 16:41moi,
- 16:41je suis arrivé à un moment...
- 16:43Enfin,
- 16:44moi,
- 16:44Internet,
- 16:45je crois que j'ai commencé à me mettre dessus à la fin de mes études,
- 16:48pour te dire.
- 16:49On commençait à nous sensibiliser à Internet,
- 16:53à tout ce qui était multimédia.
- 16:56Mais en fait,
- 16:56on ne savait pas vraiment ce que ça voulait dire.
- 16:59Aujourd'hui,
- 16:59ça prend tout son sens.
- 17:00Mais il y a 30 ans,
- 17:03c'était encore quelque chose de très abstrait.
- 17:06Et donc,
- 17:07du coup,
- 17:07c'est vrai que le métier de journalisme,
- 17:08pour moi,
- 17:10tel que je l'entendais,
- 17:12je pense que j'étais encore sur une image presque romanesque,
- 17:16on va dire,
- 17:16du journaliste.
- 17:18Et en plus,
- 17:19avec tous les changements qui s'opéraient à ce moment-là,
- 17:23j'ai pu trouver ma place.
- 17:26Mais bon,
- 17:26par contre,
- 17:27tu vois,
- 17:27je me suis retrouvé à être toujours très proche des journalistes,
- 17:32à l'être toujours,
- 17:33en partie,
- 17:33parce que quand on fait des RP,
- 17:35on doit d'abord...
- 17:36comprendre le journalisme,
- 17:38je pense.
- 17:38En tout cas,
- 17:38pour moi,
- 17:39c'est primordial.
- 17:41Et donc,
- 17:41c'est ce que je fais.
- 17:43Et puis après,
- 17:44on est toujours proche des médias,
- 17:46on est dans la dynamique des médias.
- 17:51Il faut s'entendre,
- 17:52il faut avoir un bon rapport avec les journalistes et comprendre leur mode de fonctionnement et comprendre aussi comment fonctionnent aujourd'hui les médias,
- 18:00chaque média,
- 18:02chaque média a sa ligne éditoriale.
- 18:04et son mode de fonctionnement.
- 18:07Et donc,
- 18:07je dirais que finalement,
- 18:09c'était un mal pour un bien.
- 18:11Parce qu'aujourd'hui,
- 18:14avec le métier que je fais,
- 18:18le journalisme,
- 18:18je connais,
- 18:19puisque c'était mon premier métier.
- 18:20Très bien.
- 18:21Là,
- 18:21j'ai envie que tu puisses nous parler un peu plus en détail,
- 18:25en fait,
- 18:26de tes fonctions chez Amina.
- 18:29Puisque là,
- 18:29ce qu'on comprend,
- 18:30en tout cas,
- 18:30par rapport à ton profil,
- 18:31c'est que tu as une bonne connaissance,
- 18:32en fait,
- 18:32de...
- 18:33du fonctionnement des médias,
- 18:34que ce soit print ou que ce soit télé en France.
- 18:39Et du coup,
- 18:39des médias plutôt qui s'adressent à une population francophone française,
- 18:43quand tu parlais de BFM ou de France TV.
- 18:46Oui,
- 18:46c'était au début.
- 18:47C'est vraiment mon début.
- 18:48Mais c'est pour ça que j'ai changé,
- 18:50en fait,
- 18:50aussi.
- 18:51Quand j'ai lu cette annonce qui cherchait des chefs de publicité spécialisés sur l'Afrique,
- 18:58je me suis dit...
- 19:01je vais me mettre dessus,
- 19:01au moins je serai en lien avec l'Afrique.
- 19:04Parce que c'est vrai que,
- 19:05comme je le disais au début de l'interview,
- 19:08j'ai un lien assez fort avec l'Afrique.
- 19:10On peut peut-être en parler maintenant,
- 19:11je pense que c'est le bon moment.
- 19:13Parce que d'une part,
- 19:14j'y ai vécu,
- 19:15mais il ne suffit pas d'avoir vécu en Afrique.
- 19:19C'est déjà une très bonne chose pour y être attaché.
- 19:22Mais après,
- 19:22c'est vrai que moi,
- 19:22j'ai une famille métissée,
- 19:24si tu veux.
- 19:25En fait,
- 19:25on est dix enfants dans ma famille.
- 19:28Et avec cinq femmes différentes,
- 19:30il y a six métisses.
- 19:33Quatre métisses,
- 19:35moitié Suisse,
- 19:35moitié Ivoirien.
- 19:38Et deux,
- 19:39moitié Gabonais et moitié Suisse.
- 19:44D'accord.
- 19:44Et du coup,
- 19:44tu as grandi dans une famille comme ça,
- 19:47très cosmopolite et très ancrée.
- 19:49J'imagine à la fois d'un côté au Gabon et d'un autre côté en Côte d'Ivoire ?
- 19:54Oui.
- 19:55Alors le Gabon,
- 19:55c'était après.
- 19:57D'abord,
- 19:57c'était la Côte d'Ivoire,
- 19:58parce que moi,
- 19:58j'ai vécu en Côte d'Ivoire.
- 20:00Mais effectivement,
- 20:01j'ai été...
- 20:02En fait,
- 20:02je me suis retrouvé dans une famille métissée.
- 20:05Donc,
- 20:05du coup,
- 20:05c'était...
- 20:08Ce n'est pas toujours évident,
- 20:09honnêtement,
- 20:13parce que ça a commencé quand j'étais adolescent.
- 20:15En plus,
- 20:16mes parents se sont séparés en Afrique,
- 20:19c'était un peu compliqué.
- 20:20Et puis,
- 20:22les cultures sont différentes.
- 20:24Et donc,
- 20:24du coup,
- 20:25j'ai été confronté à la culture africaine dans ma famille.
- 20:31Donc,
- 20:31ce n'était pas si facile quand j'étais adolescent.
- 20:37Ça demandait quand même une grande ouverture d'esprit.
- 20:41Et puis,
- 20:41c'était des enfants un peu à droite et à gauche.
- 20:45Donc,
- 20:49il fallait avoir une bonne ouverture d'esprit.
- 20:51Et puis,
- 20:51il fallait remettre de l'ordre en soi,
- 20:54en fait,
- 20:54parce que c'était quand même un peu bordélique.
- 20:57Mais c'est vrai que c'est ça qui m'a donné cet amour.
- 21:00Et je pense aussi le fait,
- 21:02cette assurance de me dire,
- 21:04je peux faire quelque chose.
- 21:06avec l'Afrique.
- 21:08Moi,
- 21:08j'ai toujours aimé l'Afrique parce que ça a bercé mon enfance.
- 21:12Et puis,
- 21:13l'Afrique,
- 21:13on est proche de la nature,
- 21:15c'est des émotions que je trouve beaucoup plus fortes.
- 21:17Pour moi,
- 21:18on vit plus en Afrique.
- 21:20Donc,
- 21:20ça,
- 21:20j'ai déjà senti très jeune.
- 21:23Et puis,
- 21:24après,
- 21:24c'est vrai qu'ayant baigné dans cette culture-là,
- 21:30qui m'était un peu imposée,
- 21:32finalement,
- 21:32c'est pas moi qui l'avais choisie,
- 21:33c'est pas moi qui avais décidé de partir en Afrique.
- 21:36ou d'avoir une famille métissée.
- 21:38Du coup,
- 21:40je me suis posé pas mal de questions et puis j'ai essayé de comprendre les différences culturelles,
- 21:46comment on peut dialoguer ensemble,
- 21:49comment on peut avancer ensemble.
- 21:51Et c'est vrai qu'aujourd'hui,
- 21:54je mets...
- 21:57Ça,
- 21:57c'est mon histoire,
- 21:57mais c'est important que j'en parle.
- 22:00Mais c'est vrai que...
- 22:02Dans mon travail,
- 22:03au sein de mon agence,
- 22:04je mets mon expertise,
- 22:05je demande de cette connaissance du marché approfite pour toute marque qui cherche à communiquer en Afrique.
- 22:13Ça,
- 22:13c'est pour les marques qui sont basées en France.
- 22:17Par exemple,
- 22:18je suis l'agence pour les clientèles africaines des Galeries Lafayette et c'est vrai que je mets en place tant une approche RP
- 22:29que des activations en influence marketing,
- 22:32que des partenariats avec l'Afrique.
- 22:35Je pense qu'il est vraiment important de donner une dynamique à ce marché.
- 22:42La dynamique vient d'où ?
- 22:43Elle vient d'un bon fonctionnement des choses.
- 22:45Une équipe qui est dynamique,
- 22:46c'est une équipe où les différents membres de l'équipe s'entendent bien.
- 22:50C'est comme un moteur qui fonctionne bien,
- 22:51c'est parce que toutes les pièces du moteur fonctionnent.
- 22:58et communique entre elles.
- 22:59Et donc,
- 23:00pour moi,
- 23:00c'est vraiment important et c'est comme ça que je le vois aujourd'hui et c'est ce que je propose au sein de mon agence.
- 23:06Il est vraiment important de dynamiser ce marché par une optimisation de la communication.
- 23:13Et pour optimiser cette communication,
- 23:15il faut que chacun se comprenne.
- 23:18Et pour ça,
- 23:18il faut savoir écouter l'autre.
- 23:22Je ne dis pas parce que ça paraît évident,
- 23:24mais moi,
- 23:24ayant quand même pas mal travaillé sur le marché africain,
- 23:30depuis maintenant quand même,
- 23:32alors au-delà de ma connaissance,
- 23:33parce que finalement,
- 23:34je connais l'Afrique depuis plus de 40 ans,
- 23:36parce que je suis arrivé à l'âge de 5 ans,
- 23:37mais c'est vrai que j'ai vu beaucoup de marques essayer de se mettre sur le marché africain,
- 23:41mais qui finalement ne cherchaient pas vraiment.
- 23:46Alors,
- 23:46ce n'était pas leur faute,
- 23:47mais je pense qu'en fait,
- 23:49pour le comprendre,
- 23:50il faut baigner dans la culture.
- 23:53ou en tout cas s'y approcher d'une manière ou d'une autre.
- 23:57Donc voilà,
- 23:57c'est ma façon de voir les choses et c'est ce que je mets en place à travers l'agence Thierry Bernat-Herpé.
- 24:04Ce que je trouve intéressant,
- 24:05en tout cas dans ce que tu dis,
- 24:06c'est cette approche de marques extérieures au continent africain qui vont pouvoir s'intéresser aux consommateurs africains,
- 24:15mais finalement ne pas forcément avoir une approche où elles vont chercher à le connaître,
- 24:20à le comprendre et à peut-être adapter.
- 24:21adapter leur stratégie de communication,
- 24:23il y a un petit peu une forme de je vais faire un copier-coller,
- 24:26je vais dupliquer ce que je fais déjà ailleurs.
- 24:29Et puis,
- 24:30si ça ne fonctionne pas,
- 24:31parfois,
- 24:32c'est un marché qui n'est pas assez mûr.
- 24:34Et je me retire quand ça ne fonctionne pas.
- 24:36Je me retire.
- 24:36C'est ce qui arrive avec beaucoup de gros groupes.
- 24:38C'est ça.
- 24:38Mais alors qu'en fait,
- 24:39le travail n'a peut-être pas...
- 24:41L'approche,
- 24:41en fait,
- 24:42de déploiement sur le continent africain n'a pas été faite avec une volonté vraiment de...
- 24:47On prend des experts sur le terrain,
- 24:49on fait vraiment un travail de...
- 24:51On change nos supports de communication.
- 24:54Moi,
- 24:54j'ai pu voir certains centres commerciaux où on va avoir des boutiques,
- 24:57la Halle par exemple,
- 24:59où...
- 24:59Toutes les photos,
- 25:00c'est des photos qu'on pourrait voir dans un laal en banlieue parisienne.
- 25:04Et finalement,
- 25:05on se dit,
- 25:05mais il y a...
- 25:06Alors,
- 25:06ça date un peu,
- 25:07ce dont je parle.
- 25:08Je ne sais pas si ça a évolué depuis,
- 25:09mais c'est vrai qu'il y a quand même...
- 25:13Quand on veut intégrer un territoire,
- 25:16il y a un travail à faire de connaissance des habitudes de consommation et de...
- 25:22Complètement.
- 25:23Et puis,
- 25:23on ne peut pas imposer son modèle.
- 25:24C'est comme deux personnes qui cherchent à communiquer ensemble.
- 25:27Quand il y en a une qui impose sa façon de penser,
- 25:29ça va bloquer l'autre.
- 25:31Quand on ne se connaît pas,
- 25:32en règle générale,
- 25:33quand tu rencontres quelqu'un,
- 25:34et puis que la personne est trop imposante dans ses propos,
- 25:37en règle générale,
- 25:38ça va te bloquer.
- 25:38Tu n'as pas trop envie de continuer la discussion.
- 25:42Donc,
- 25:43c'est un peu la même chose.
- 25:45Après,
- 25:46il n'est pas facile à comprendre,
- 25:47le marché africain.
- 25:48Moi,
- 25:48je trouve qu'il y a beaucoup de spécificités.
- 25:50Parce que l'Afrique est très forte.
- 25:54Elle garde beaucoup d'elle-même,
- 25:57eu égard à tout ce qu'on peut dire,
- 25:59mais elle a des spécificités vraiment propres à elle.
- 26:03Et je pense que quand on veut travailler avec elle,
- 26:08il faut y mettre beaucoup de sien.
- 26:09Peut-être plus encore que sur d'autres marchés.
- 26:12Parce qu'elle est très authentique,
- 26:13l'Afrique.
- 26:14Et alors moi,
- 26:14le parallèle parfois que je fais,
- 26:15c'est que je trouve qu'il y a des marques de luxe.
- 26:18En tout cas,
- 26:18moi,
- 26:18c'est vraiment un domaine...
- 26:20luxe mode que je connais bien,
- 26:21qui quand il s'agit du marché asiatique,
- 26:24Corée,
- 26:25Japon,
- 26:26Chine,
- 26:27il y a des efforts qui vont être faits parce que c'est des cultures qui sont totalement différentes de la culture occidentale et elles vont vraiment aller faire le travail de chercher à comprendre le consommateur chinois,
- 26:39on va chercher à comprendre cette population-là parce qu'on sait qu'elle a le pouvoir d'achat,
- 26:44qu'elle a les moyens et que ça peut être bénéfique pour nous.
- 26:46Et cet investissement-là,
- 26:47on est prêts à le faire.
- 26:48Et c'est vrai.
- 26:48par rapport à l'Afrique,
- 26:49il n'y a pas le même engagement,
- 26:53je trouve,
- 26:54de certaines marques.
- 26:55Alors,
- 26:55on commence à voir des choses,
- 26:57ça commence à bouger.
- 26:58Et notamment,
- 26:59je pense que ton agence,
- 27:00elle fait partie vraiment des leviers qui permettent à certaines marques de faire les choses bien.
- 27:05Mais je trouve que les marques,
- 27:07elles savent comment,
- 27:09finalement,
- 27:10pénétrer un nouveau marché.
- 27:12Elles ont le playbook.
- 27:13Mais c'est vrai que vis-à-vis de l'Afrique,
- 27:15il y a un peu…
- 27:17J'entends beaucoup ce que tu évoquais là,
- 27:18mais ce n'est pas facile,
- 27:20ce n'est pas évident,
- 27:21on ne sait pas comment faire.
- 27:22Déjà,
- 27:23il y a très peu d'insights.
- 27:26Alors moi,
- 27:27je te dirais quand même,
- 27:30comme je travaille quand même avec des groupes qui,
- 27:33en règle générale,
- 27:35travaillent également sur l'Asie,
- 27:37l'Asie,
- 27:37il y a 20 ans,
- 27:3930 ans,
- 27:40c'était à peu près la même chose.
- 27:42Tu prends la Chine,
- 27:43il n'y avait pas d'insight,
- 27:44on ne savait pas trop où on allait,
- 27:45on investissait un peu comme ça.
- 27:47Et finalement,
- 27:48après,
- 27:51ça s'est développé parce qu'il y a aussi une classe moyenne qui était plus importante et les gens ont mieux compris le marché.
- 27:58Donc,
- 27:58je pense que c'est une question de temps déjà parce que l'Asie en est à un autre stade de développement.
- 28:05Aujourd'hui,
- 28:05il faut quand même le dire.
- 28:07Mais tu prends le marché...
- 28:11d'Amérique latine.
- 28:13Moi,
- 28:13je discute,
- 28:15je suis en contact avec une agence qui travaille en Amérique latine pour le même client que moi.
- 28:20Moi,
- 28:20je travaille pour l'Afrique.
- 28:21Et en fait,
- 28:21il y a aussi beaucoup de similitudes.
- 28:24Sauf que l'Amérique latine aussi est quand même dans une phase de développement déjà plus...
- 28:29Ça fait un peu plus de temps,
- 28:30si tu veux,
- 28:33qu'elle se développe.
- 28:34Moi,
- 28:35je pense qu'il ne faut pas oublier que...
- 28:38L'Afrique,
- 28:39c'est ancestral,
- 28:40mais les indépendances,
- 28:42elles sont quand même encore très récentes.
- 28:45Et on demande beaucoup à l'Afrique.
- 28:47On demande beaucoup de choses,
- 28:49il faut laisser du temps.
- 28:51Et puis,
- 28:52l'Afrique ne fonctionne pas comme les autres,
- 28:54et je pense qu'elle n'a pas envie de fonctionner comme les autres.
- 28:57Et c'est là où je disais qu'elle est plus authentique.
- 28:59Moi,
- 28:59j'ai l'impression que l'Asie est plus docile.
- 29:02Je ne sais pas si on apprécie ce terme ou pas,
- 29:05mais plus docile dans la dynamique.
- 29:08internationales,
- 29:09on le voit dans le mode de production.
- 29:13Ils sont très suiveurs,
- 29:14ils ont l'habitude d'avoir...
- 29:16Ils fonctionnent un peu à la chaîne.
- 29:18Ils produisent,
- 29:19ils produisent,
- 29:20ils produisent.
- 29:20Après ça,
- 29:21c'est la pensée unique,
- 29:22c'est le modèle occidental.
- 29:24Mais moi,
- 29:24je ne suis pas certain que c'est le modèle que l'Afrique va développer.
- 29:31Elle le développera,
- 29:31mais à sa manière.
- 29:34Tu sais,
- 29:35je t'en ai parlé quand tu m'avais contacté.
- 29:37pour l'interview.
- 29:39J'ai été invité au Forum de la mode et du design de Bamako fin novembre.
- 29:46L'idée,
- 29:46c'était de réinventer la thématique,
- 29:50c'était réinventer une mode pure,
- 29:54responsable et durable en Afrique.
- 29:56Et on a eu beaucoup de discussions et moi,
- 29:58j'étais le seul venant d'Europe à ce forum.
- 30:03Enfin,
- 30:05le seul qui n'est pas d'Afrique,
- 30:07en fait.
- 30:08Même si en partie,
- 30:09je suis un peu africain.
- 30:12Je parlais quand même à un moment donné des possibilités,
- 30:16mais d'une manière très positive,
- 30:17de développer la mode en Afrique en jouant un peu sur les économies d'échelle.
- 30:25produisant plus.
- 30:26Et finalement,
- 30:26j'avais beaucoup...
- 30:27J'ai eu à un moment donné,
- 30:28d'ailleurs,
- 30:28une discussion très intéressante avec quelqu'un,
- 30:31une personne que j'ai beaucoup appréciée,
- 30:32qui m'a dit,
- 30:33mais Thierry,
- 30:33arrête de penser comme un blanc.
- 30:35Et elle n'avait pas tort,
- 30:36en fait.
- 30:37Et pourtant,
- 30:37pour te dire,
- 30:37je connais quand même l'Afrique.
- 30:41Et elle me dit,
- 30:41on ne fonctionne pas de la même manière sur beaucoup de points.
- 30:43Et c'est vrai que sur la mode,
- 30:45tu vois,
- 30:45j'en suis arrivé à me dire que finalement,
- 30:48ce n'était pas non plus la solution que de demander à l'Afrique de développer sa mode en produisant plus.
- 30:55Peut-être qu'il faut rester sur un marché plus artisanal,
- 30:58mais moderne,
- 31:00avec des créations uniques,
- 31:01et que c'est ça aussi la force de l'Afrique et de sa mode.
- 31:05Parce que c'est vrai que l'Afrique foisonne de stylistes,
- 31:08il y a énormément de créations,
- 31:10l'Africain est beaucoup plus dans l'irrationnel,
- 31:12c'est un artiste beaucoup plus que l'occidental,
- 31:17en tout cas selon moi,
- 31:19parce que justement,
- 31:21on lui met moins de bâtons dans les roues.
- 31:25il est dans un schéma où il y a encore toutes les portes ouvertes et je pense qu'il a tout intérêt à ne pas prendre le chemin de l'industrialisation tel que nous on l'a développé ici en Occident.
- 31:38Je suis complètement alignée avec ça,
- 31:39d'autant qu'aujourd'hui on connaît les limites de l'industrialisation.
- 31:43Absolument,
- 31:44on le voit chez nous,
- 31:45donc je pense qu'il nous regarde.
- 31:47Donc on sait déjà comment le film se fait.
- 31:51on ne va pas dire se finit,
- 31:52mais en tout cas,
- 31:52on sait quelles sont les évolutions néfastes qu'il peut y avoir dans le secteur de la mode.
- 31:56Et je te rejoins complètement sur,
- 31:58que ce soit au niveau des créatifs,
- 32:00mais que ce soit même au niveau des consommateurs,
- 32:02il y a une uniformisation de la mode en Occident qui est on va produire en quantité le même pantalon noir,
- 32:07le même blazer noir,
- 32:09là où en Afrique,
- 32:11que ce soit à Dakar,
- 32:12à Lagos,
- 32:13à Accra,
- 32:13on est vraiment dans une dynamique où chaque créateur a une volonté de chaque collection.
- 32:18Il y a un certain nombre de
- 32:21bases de produits qui sont les mêmes,
- 32:22mais après,
- 32:23c'est l'opportunité de renouveler,
- 32:25de changer,
- 32:26d'apporter de la fraîcheur,
- 32:28et donc,
- 32:29on est vraiment dans une dynamique où on n'est pas dans cette logique de Pantone a sorti la couleur de l'année,
- 32:34qui est le choco,
- 32:35donc tout le monde va faire du choco
- 32:37Maintenant, en fait...
- 32:39Il faut faire travailler les artisans en Afrique,
- 32:41c'est tellement important.
- 32:42Enfin,
- 32:42moi,
- 32:43j'étais au Mali,
- 32:43qui est vraiment le pays de l'artisanat,
- 32:45parce que le textile au Mali,
- 32:46mais toutes les femmes qui tissent,
- 32:48le tissu,
- 32:49tout ça,
- 32:49il faut surtout
- 32:50surtout pas les sortir de la chaîne aujourd'hui.
- 32:53Ce n'est pas comme ça qu'on va développer,
- 32:54on ne va pas les mettre au chômage.
- 32:56Tu vois ce que je veux dire en disant on fait une usine,
- 32:58ou est-ce qu'on l'a fait l'usine ?
- 33:00Donc du coup,
- 33:01je pense que voilà,
- 33:03en tout cas pour moi,
- 33:04ce n'est pas dans l'ADN de l'Afrique.
- 33:06Et plus je réfléchis,
- 33:08je dirais,
- 33:08et plus le temps passe,
- 33:11plus je me rends compte que l'Afrique a tout intérêt à ne pas se développer de cette manière-là.
- 33:18Aujourd'hui,
- 33:19il y a une vraie assurance.
- 33:20Les gens ont confiance en eux.
- 33:22Je pense qu'on est en bonne voie.
- 33:24Avant,
- 33:24il y avait un petit peu,
- 33:25on doit suivre les autres.
- 33:26Finalement,
- 33:27on se rend compte que nous,
- 33:28ce qu'on fait,
- 33:29ça peut plaire comme ça et c'est notre force.
- 33:31On se rend compte aussi de notre propre valeur parce que les projecteurs sont tournés vers des créateurs africains et il y a une vraie volonté de les mettre en avant.
- 33:41Il y a des fashion week qui...
- 33:44sont à Dakar.
- 33:45La Fashion Week,
- 33:45elle a plus de 20 ans.
- 33:46Les Ghost Freakers,
- 33:47plus de 15 ans.
- 33:48Et puis,
- 33:49il y a des nouvelles Fashion Week qui se créent.
- 33:51Donc,
- 33:51ça veut quand même dire quelque chose aussi.
- 33:54Tu vois,
- 33:57il y a de plus en plus d'événements mode en Afrique.
- 33:59Et puis,
- 34:00la mode,
- 34:00elle est...
- 34:01Et des événements mode de qualité avec des créateurs qui proposent des collections qui sont tout à fait,
- 34:07comment dire,
- 34:08contemporaines.
- 34:09Parce qu'il y a aussi tous les clichés liés à l'Afrique où...
- 34:12Quand on parle de mode,
- 34:13d'industrie culturelle et créative,
- 34:15c'est parfois associé à un vocabulaire avec lequel moi,
- 34:17en tout cas contre lequel je me bats,
- 34:18mais qui est de l'ordre de,
- 34:20c'est du folklore,
- 34:21c'est de l'ethnique,
- 34:22c'est exotique.
- 34:23Du coup,
- 34:24c'est world music,
- 34:25par exemple.
- 34:26Et c'est catalogué,
- 34:27en fait,
- 34:27dans quelque chose qui est,
- 34:29ce n'est pas mainstream,
- 34:30en fait.
- 34:31Or,
- 34:31là,
- 34:31aujourd'hui...
- 34:32Après,
- 34:33tu prends plein de créateurs aujourd'hui.
- 34:36Tu vois ceux que fait défiler
- 34:39Adama, la Dakar Fashion Week.
- 34:41Si tu ne sais pas qu'ils sont africains,
- 34:43quand tu vois les créations,
- 34:44pas toutes,
- 34:45mais certaines créations,
- 34:46tu n'as pas du tout l'impression que c'est africain.
- 34:49Ibrahim Fernandez aussi,
- 34:51j'étais à son défilé,
- 34:52lui il a fait un exemple aussi,
- 34:54parce qu'il a fait un défilé pour ses 10 ans.
- 34:57le 15 décembre à Abidjan,
- 35:00il montre qu'aujourd'hui aussi,
- 35:01la mode a beaucoup évolué en Afrique.
- 35:05Bon,
- 35:05lui,
- 35:05c'est vrai qu'il y a des créations qui ne sont pas,
- 35:07qui ne font pas du tout afriquettes,
- 35:09en fait.
- 35:10Si tu ne sais pas qui est derrière,
- 35:11certaines,
- 35:12oui,
- 35:12mais d'autres,
- 35:13non.
- 35:14Moi,
- 35:14j'ai tendance à dire aujourd'hui qu'elles sont 100% africaines et aujourd'hui,
- 35:17c'est ça l'Afrique aussi,
- 35:18en fait.
- 35:19C'est que...
- 35:20Oui,
- 35:20alors,
- 35:20je comprends ce que tu veux dire.
- 35:21Il faudrait...
- 35:22Oui,
- 35:23tu vois,
- 35:23là,
- 35:23tu me reprends,
- 35:24mais ça,
- 35:24c'est parce que,
- 35:24bon,
- 35:25moi,
- 35:25je suis le blanc.
- 35:25C'est pas du tout...
- 35:28Tu m'en as un rapport.
- 35:29J'ai toujours le prisme de...
- 35:31Tu as un passé de journaliste,
- 35:32donc c'est pour ça que je me permets de te reprendre.
- 35:34C'est vraiment aussi de nous arriver à nous dire que la mode africaine,
- 35:41ce n'est pas le wax.
- 35:41L'Afrique,
- 35:41ce n'est pas uniquement...
- 35:43Ce n'est pas le wax,
- 35:45ce n'est pas...
- 35:45Ce n'est pas que ça,
- 35:46en fait.
- 35:47Et aujourd'hui,
- 35:48un créateur qui a 30 ans,
- 35:50qui est inspiré,
- 35:51qui vit à Dakar ou qui vit à Abidjan,
- 35:54il a accès à...
- 35:56toutes les influences du monde entier pour créer sa collection.
- 35:59Et du coup,
- 36:00ce qui va être intéressant,
- 36:01c'est qu'il va mélanger la tradition avec la modernité et ça va créer quelque chose de complètement nouveau qui est,
- 36:09moi,
- 36:09ce que je trouve intéressant,
- 36:10qui sort un peu du cadre du cabinet de tendance.
- 36:14Il a dit que la couleur du moment,
- 36:15c'était le burgundy.
- 36:17Donc,
- 36:17on va tous faire du burgundy.
- 36:20Et puis vraiment,
- 36:20je dis,
- 36:21le fait qu'on soit quand même beaucoup plus dans l'irrationnel,
- 36:23qu'on mette moins de bâtons dans les roues en Afrique,
- 36:26automatiquement,
- 36:27la création est beaucoup plus intéressante.
- 36:29C'est beaucoup plus libre,
- 36:29en fait.
- 36:30C'est bien encadré.
- 36:33Et du coup...
- 36:35On peut faire de tout.
- 36:36C'est-à-dire qu'on peut faire du retour aux origines en reprenant,
- 36:39tu vois,
- 36:42des symboles très africains,
- 36:44un peu tribal.
- 36:46Et on peut très bien aussi faire de tout,
- 36:49en fait,
- 36:49qui n'est pas spécialement une mode propre à l'Afrique,
- 36:51mais une mode,
- 36:52tout simplement.
- 36:53Complètement.
- 36:54Et...
- 36:55Et ce qu'il faut quand même se dire aussi,
- 36:57c'est que,
- 36:59tu vois,
- 37:01l'Afrique qui se développe,
- 37:04avec l'avènement des réseaux sociaux,
- 37:06elle a énormément gagné.
- 37:08Parce que les gens sont passés,
- 37:10par exemple,
- 37:10les gens n'ont pas connu le téléphone fixe.
- 37:12Ils sont passés directement au téléphone portable,
- 37:14aux réseaux sociaux.
- 37:15Donc,
- 37:15en fait,
- 37:16ça va beaucoup plus vite chez eux.
- 37:18Et moi,
- 37:19je suis quand même basé en France,
- 37:22mais j'y suis très régulièrement.
- 37:24Il y a des pays que je fais tous les deux mois.
- 37:28Je prends par exemple une ville comme Abidjan.
- 37:32Après deux mois,
- 37:32j'y retourne et pour moi,
- 37:34il y a plein de choses qui ont évolué.
- 37:36Abidjan,
- 37:36ça évolue vite en ce moment,
- 37:37c'est vrai.
- 37:38Mais dans cette ville-là,
- 37:40tout va très vite.
- 37:42Tu parles du téléphone portable,
- 37:44on peut parler aussi de la banque
- 37:48Orange Monnaie.
- 37:49Oui,
- 37:50bien sûr,
- 37:50tout à fait.
- 37:52Mais c'est vrai que l'avènement des informations,
- 37:55le fait de voir ce qui se passe ailleurs,
- 37:57le fait de pouvoir communiquer.
- 37:59Parce que moi,
- 38:01je me rappelle encore à l'époque,
- 38:02quand je partais en Afrique,
- 38:03j'avais un roaming pas possible.
- 38:07Et c'est vrai qu'eux,
- 38:08quand
- 38:09WhatsApp est arrivé,
- 38:10ils ont pu communiquer avec le monde entier,
- 38:13sans plus rien payer.
- 38:15Alors qu'ils étaient encore,
- 38:16tu vois,
- 38:18il y en a qui n'ont même pas d'électricité encore.
- 38:22Si,
- 38:22ils en ont pour le portable,
- 38:23mais si tu veux,
- 38:24ça reste quand même assez...
- 38:26Ils sont dans des zones assez reculées.
- 38:28Alors,
- 38:29si on en revient un petit peu à toi et ce que tu fais aujourd'hui.
- 38:32Moi,
- 38:33l'idée,
- 38:33c'est que tu as une très bonne connaissance de l'Afrique et du coup,
- 38:37ça rend ton profil,
- 38:39je pense,
- 38:39crédible,
- 38:40légitime.
- 38:41Tu sais ce qu'on dit,
- 38:42on dit que celui qui connaît l'Afrique,
- 38:44c'est qu'il ne la connaît pas vraiment.
- 38:46Parce que l'Afrique,
- 38:47c'est l'imprévisible.
- 38:51On a une connaissance de l'Afrique,
- 38:53au bout de certaines années on a une expertise,
- 38:56mais après l'Afrique surprend toujours.
- 38:58On croit connaître des choses et en fait plus on creuse,
- 39:02plus on se rend compte,
- 39:03plus on doute finalement.
- 39:04C'est un peu partout pareil.
- 39:06Mais je trouve que l'Afrique c'est quand même beaucoup l'imprévisible.
- 39:10Je me suis permis de te couper là parce que c'est quand même quelque chose que j'aime bien dire,
- 39:15c'est que je trouve que voilà...
- 39:17Oh...
- 39:18Comme il n'y a pas beaucoup d'insights sur ce marché,
- 39:21des fois on se dit qu'on comprend le marché au bout d'un moment parce qu'on se fait sa propre idée,
- 39:26on va sur le tas.
- 39:27Mais au final,
- 39:27on se rend compte que plus on creuse,
- 39:29plus il y a de choses auxquelles on ne s'attendait pas du tout et qui nous surprennent.
- 39:34C'est un peu ça,
- 39:36c'est surprenant l'Afrique.
- 39:37C'est un peu la surprise,
- 39:39l'imprévisible.
- 39:40Bon,
- 39:41après,
- 39:41non,
- 39:41mais tu as raison.
- 39:42Après,
- 39:43il y a quand même au bout de certaines années où tu travailles sur ce marché,
- 39:49avec le continent,
- 39:50oui,
- 39:50tu as une expertise.
- 39:51Non,
- 39:51mais c'est surtout le fait d'être conscient de ce que tu dis là,
- 39:54d'être conscient de ce côté imprévisible.
- 39:57Quand on travaille avec toi,
- 39:58tu vas aussi sensibiliser les marques,
- 40:00tu vas sensibiliser tes partenaires.
- 40:03Alors qu'il y en a qui arrivent en se disant,
- 40:07c'est bon.
- 40:08J'ai mon idée de franchise,
- 40:09je vais la dupliquer dans toutes les capitales africaines.
- 40:11Et puis,
- 40:12bim,
- 40:12bam,
- 40:12boum,
- 40:12voilà.
- 40:13Je peux faire mon business plan sur les cinq prochaines années,
- 40:15ça va fonctionner.
- 40:17Et en fait,
- 40:17quelqu'un qui connaît le terrain va dire,
- 40:19écoute,
- 40:20attaque-toi déjà à Abidjan.
- 40:22Fais tes armes dans cette ville.
- 40:24Vois quels sont les challenges que tu peux rencontrer.
- 40:26Et petit à petit,
- 40:28tu vas en fait te déployer dans d'autres univers.
- 40:33Et du coup,
- 40:33d'avoir cette connaissance-là.
- 40:36Ça donne une certaine finesse à la manière dont tu travailles.
- 40:40Donc moi,
- 40:40j'aimerais bien que tu nous parles de,
- 40:43soit peut-être un peu la transition qui s'est faite entre tu travailles pour Amina en tant que directeur de communication et aussi sur la partie publicité.
- 40:52Et ensuite,
- 40:53tu montes en agence.
- 40:54On a parlé un peu brièvement tout à l'heure.
- 40:55Mais bon,
- 40:56j'aimerais bien en parler parce que ça reste quand même...
- 40:59Je pense qu'on a...
- 40:59En tout cas,
- 41:01j'ai eu des Amina à la maison étant petite.
- 41:03On va dire...
- 41:04toute famille africaine,
- 41:05il y a dû avoir sans forcément avoir pris un abonnement,
- 41:09en tout cas,
- 41:10on a tous feuilleté
- 41:11Amina ou plusieurs même.
- 41:14Je pense que c'est un magazine de référence et de ce fait-là,
- 41:18c'est intéressant que toi,
- 41:19tu puisses nous parler un petit peu de cette expérience et puis de c'est quoi l'enjeu de ce magazine-là,
- 41:25sachant qu'en fait,
- 41:26on aura beau dire,
- 41:27mais il n'y a pas tant que ça de magazine de porn.
- 41:32Non,
- 41:32non,
- 41:33non.
- 41:33Voilà,
- 41:34donc on peut saluer la longévité d'Amina,
- 41:39en fait,
- 41:40par rapport à ça.
- 41:40Ben oui,
- 41:42je pense quand même qu'il faut,
- 41:44là,
- 41:44j'aimerais remercier en fait le créateur du magazine et voilà,
- 41:50qu'on lui fasse un petit clin d'œil.
- 41:53Ça a été mon mentor,
- 41:55c'était Michel de Breteuil et qui est décédé malheureusement en 2018,
- 42:00mais qui est resté jusqu'à plus de 4 ans.
- 42:0270 ans,
- 42:04au magazine,
- 42:05il venait de travailler tous les matins,
- 42:06et c'est lui qui a eu cette idée un peu de génie,
- 42:09enfin de génie,
- 42:10de créer à l'époque,
- 42:12c'était en 73,
- 42:16basé à Dakar,
- 42:17un magazine qui allait donner la parole aux femmes,
- 42:21quelle que soit leur origine sociale,
- 42:24donc ça pouvait être la vendeuse de beignets comme la première dame.
- 42:27Et c'est ce qui a fait la force d'Amina,
- 42:29c'est qu'en fait...
- 42:30Il y a eu tellement d'interviews,
- 42:32le magazine est passé partout.
- 42:34En fait,
- 42:35c'était hyper novateur à l'époque,
- 42:37en 1973,
- 42:37de faire un magazine pour les femmes en Afrique.
- 42:40Et c'est vrai qu'on le sait quand même,
- 42:44en Afrique plus qu'ailleurs,
- 42:46la femme décide de tout.
- 42:49En fait,
- 42:49elle est quand même partie prenante sur tout.
- 42:53C'était Angélique Hidjo,
- 42:55une fois,
- 42:55qui disait,
- 42:56lors d'une interview,
- 42:57ça m'avait marqué.
- 42:58que la femme était la colonne vertébrale de l'Afrique.
- 43:01Je trouve que c'est très vrai.
- 43:04Donc du coup,
- 43:04si tu veux,
- 43:05pour moi,
- 43:06mon expérience chez Amina était extrêmement enrichissante.
- 43:11Déjà,
- 43:12ce que j'ai appris par Michel de Breteuil,
- 43:15qui a été mon mentor et qui connaissait l'Afrique du bout des doigts,
- 43:19qui connaissait les différents pays,
- 43:21qui était quelqu'un qui recevait dans son bureau tout le monde.
- 43:25Tu ne prenais pas de rendez-vous,
- 43:26tout le monde venait.
- 43:28Le marabout,
- 43:31la femme de ménage,
- 43:32la première dame,
- 43:33une chef d'entreprise.
- 43:36Tout le monde y recevait,
- 43:37y recevait.
- 43:37T'avais une queue,
- 43:38des fois,
- 43:39devant.
- 43:39Les gens attendaient plusieurs chefs et puis rentraient.
- 43:41Chacun y donnait un peu.
- 43:43Et y recevait,
- 43:44comme ça,
- 43:44spontanément,
- 43:45tout le monde.
- 43:45Donc,
- 43:45il était comme on fait en Afrique,
- 43:48en fait.
- 43:48Tu vois,
- 43:49tu ne prenais pas rendez-vous.
- 43:50D'ailleurs,
- 43:50il y avait un truc qui me faisait toujours rire quand les gens l'appelaient.
- 43:54Il disait,
- 43:54on se voit quand ?
- 43:54Je lui dis,
- 43:55vous venez quand vous voulez.
- 43:56Un jour,
- 43:56il m'avait dit,
- 43:57je ne vais pas leur donner rendez-vous parce que sinon,
- 43:58on ne sait pas si on se verra.
- 44:00Et il avait raison,
- 44:01tu vois,
- 44:02il fonctionnait comme ça.
- 44:03Donc Abinash,
- 44:04ça a été ça pendant des années.
- 44:09Moi,
- 44:09je suis arrivé en
- 44:132005 pour remplacer l'ancienne directrice marketing qui partait à la retraite,
- 44:17qui est devenue une amie d'ailleurs.
- 44:20Et donc,
- 44:20ça a été une expérience extrêmement enrichissante pour moi.
- 44:23Déjà,
- 44:24j'étais vraiment à ma place et j'ai pu rencontrer plein de monde.
- 44:31Et j'ai pu aussi me rendre compte,
- 44:33alors ça rencontrait plein de monde,
- 44:34c'était au-delà des marques,
- 44:36mais tu vois,
- 44:37que ce soit à travers les partenariats,
- 44:39les journalistes,
- 44:40les personnes en vue ou pas en vue,
- 44:42mais parce qu'on recevait tout le monde en fait chez Amina,
- 44:44c'était pas le magazine des stars uniquement.
- 44:47loin de là,
- 44:47c'est le magazine de toutes les femmes.
- 44:49Donc du coup,
- 44:50ça m'a permis d'avoir une vision d'ensemble de la femme africaine.
- 44:53Et puis,
- 44:54il y avait quand même beaucoup d'hommes qui venaient aussi.
- 44:56Donc finalement,
- 44:57même si moi,
- 44:57j'avais déjà cette vision-là avec mon passé,
- 45:00mais dans mon univers professionnel,
- 45:02je pense qu'on ne pouvait pas arriver mieux.
- 45:05Et je suis resté là-bas jusqu'en 2018,
- 45:09donc un peu plus de 12 ans.
- 45:13Je voyageais beaucoup aussi en Afrique.
- 45:15Et puis,
- 45:15je me suis aussi rendu compte du marché,
- 45:22on va dire du marché marketing sur l'Afrique,
- 45:25puisque j'allais voir des marques comme Unilever,
- 45:27L'Oréal,
- 45:29Air France,
- 45:30Western Union,
- 45:31qui communiquaient plus facilement,
- 45:32parce qu'ils sont quand même très présents sur l'Afrique.
- 45:35Mais j'allais voir d'autres marques,
- 45:37des marques de luxe,
- 45:38de chez LVMH et tout,
- 45:39et j'essayais de les avoir en publicité.
- 45:42Et je me suis rendu compte du marché,
- 45:44qui n'était pas évident.
- 45:45finalement.
- 45:46Justement parce que les gens ont une méconnaissance de ce marché,
- 45:49ont un peu peur,
- 45:50ne le comprennent pas.
- 45:51Il y en a qui font un pas,
- 45:52puis après ça se passe mal.
- 45:54Du coup,
- 45:55ils ne reviennent pas.
- 45:58Moi,
- 45:58je me rappelle avoir eu un rendez-vous une fois,
- 46:02je ne vais pas la citer,
- 46:03c'était une marque de luxe,
- 46:07de cosmétiques,
- 46:08vraiment très haut de gamme,
- 46:09qui était intéressée à ce marché.
- 46:12Et puis,
- 46:13j'ai
- 46:13Je crois qu'il y avait Dior en couverture 4.
- 46:16Et puis en couverture 3,
- 46:17il y avait les cubes Jumbo.
- 46:19L'attachée de presse,
- 46:20la tête qu'elle a tirée quand elle a vu les cubes Jumbo à côté de la pub Dior.
- 46:23Mais c'était ça Amina,
- 46:25si tu veux.
- 46:25Voilà comment était le marché africain à l'époque.
- 46:28Bon,
- 46:28et puis donc du coup,
- 46:30pour revenir un petit peu à mon expérience.
- 46:34Mais bon,
- 46:34c'est important de te raconter un peu ces anecdotes parce que ça te permet de te rendre compte de l'évolution du marché.
- 46:40qui,
- 46:40je me suis rendu compte,
- 46:41je croyais qu'il allait évoluer plus vite,
- 46:42même au niveau marketing,
- 46:43que les marques en Europe allaient plus s'investir en Afrique.
- 46:47Et au final,
- 46:47tu avais l'impression qu'elles se mettaient dessus,
- 46:49mais en fait,
- 46:49c'était un pas en avant,
- 46:50deux pas en arrière,
- 46:51ou c'était juste un effet de mode.
- 46:54Et bon,
- 46:54finalement,
- 46:54les choses ont évolué.
- 46:56J'ai connu,
- 46:57on va dire,
- 46:57la fin de la super période de la publicité sur le print et des médias print.
- 47:03Et j'ai commencé à sentir le vent tourner.
- 47:09J'étais attaché à ce magazine,
- 47:12comme je te l'ai dit aussi,
- 47:13parce que Michel Debreuteuil était mon mentor.
- 47:16Et puis les choses ont évolué,
- 47:19Michel Debreuteuil est décédé,
- 47:20ça faisait un moment que je voulais me mettre à mon compte.
- 47:25Et puis les choses n'étant plus comme avant,
- 47:30et puis la presse n'étant plus ce qu'elle était,
- 47:33j'ai pris ma décision,
- 47:35je suis parti d'Alina.
- 47:37et j'ai créé...
- 47:40Au début,
- 47:40je me suis mis à mon compte et après,
- 47:42j'ai créé mon agence.
- 47:44Parce qu'au début,
- 47:44en fait,
- 47:45en me mettant à mon compte,
- 47:46comme je le disais au début de l'interview,
- 47:49j'ai voulu mettre à profit cette expertise que j'avais d'abord personnellement par mon histoire familiale et ensuite professionnellement avec...
- 47:59Parce qu'avant d'aller chez Amina,
- 48:00je travaillais déjà un peu sur l'Afrique.
- 48:02Comme je te l'avais dit,
- 48:02j'avais commencé à travailler pour cette régie publicitaire spécialisée sur l'Afrique.
- 48:06Après,
- 48:06j'ai travaillé pour un magazine qui s'appelait City Black,
- 48:09un petit magazine qu'on lançait.
- 48:10Donc,
- 48:10j'ai connu aussi
- 48:12Amina. C'était autre chose.
- 48:13Quand je suis arrivé chez Amina,
- 48:14c'était le numéro un sur le marché.
- 48:16Mais j'ai travaillé avant sur des magazines aussi où il y avait tout à faire.
- 48:20Donc,
- 48:20j'ai dû me battre pour aller voir des marques en leur disant,
- 48:23il faut communiquer sur cette presse-là.
- 48:25Mais tu avais des marques ici qui te regardaient en disant,
- 48:28moi,
- 48:28j'avais des marques de luxe.
- 48:29On sait qu'on a cette clientèle,
- 48:31mais ce n'est pas pour ça qu'on va se mettre dans un magazine pour les Africains.
- 48:35Voilà.
- 48:36Donc du coup,
- 48:37j'ai pu me rendre compte du marché,
- 48:38de son évolution qui était quand même très lente.
- 48:41Il évolue,
- 48:41le marché,
- 48:42mais beaucoup plus lent que ce qu'on pensait.
- 48:44Et souvent,
- 48:44les gens disaient Allez,
- 48:45cette fois-ci,
- 48:45c'est bon,
- 48:46ça va être… Les gens ont voulu comparer le marché français au marché communautaire africain,
- 48:57en tout cas,
- 48:57parce que je n'aime pas le terme ethnique qui n'est pas toujours très bien pris,
- 49:00même si en marketing,
- 49:01on se comprend.
- 49:02on va dire le marché de la communauté africaine en France à celui des États-Unis et ça n'a rien à voir.
- 49:08Et les gens disaient mais je ne comprends pas pourquoi dans un magazine comme Essence ou Ebony,
- 49:11il y a des pubs pour
- 49:14Land Rover avec une Africaine alors qu'ici non,
- 49:17c'est ce qu'il faut qu'on fasse.
- 49:19Mais les Noirs aux États-Unis,
- 49:22ils sont américains avant d'être africains,
- 49:25même s'ils ont des origines.
- 49:26Ici,
- 49:26ce n'est pas la même chose et le marché n'est pas le même.
- 49:28Moi,
- 49:29je travaille...
- 49:30Je m'occupe des RT de la marque Cantu,
- 49:32qui est une marque américaine.
- 49:34Les volumes qu'ils font en Afrique,
- 49:35ce ne sont pas les volumes qu'ils font en France.
- 49:37Donc,
- 49:38on ne peut pas comparer.
- 49:39Les marchés sont très différents.
- 49:41Voilà.
- 49:41En tout cas,
- 49:42du coup,
- 49:43si tu veux,
- 49:43ça m'a donné une bonne expérience.
- 49:45Et puis après,
- 49:46j'avais quand même un bon carnet d'adresses de marques.
- 49:52et puis de partenaires potentiels.
- 49:55Et donc,
- 49:55je me suis dit,
- 49:56tu peux te mettre à ton compte.
- 49:59Et puis,
- 49:59j'avais le côté commercial que j'avais beaucoup développé.
- 50:02Donc,
- 50:02si tu veux,
- 50:02j'étais pas mal dans la prospection puisque c'est ce que je faisais beaucoup chez Amina.
- 50:05C'est toujours aller trouver des nouveaux clients.
- 50:07Donc,
- 50:08du coup,
- 50:08quand tu sais rentrer les clients,
- 50:10c'est déjà quand même le nerf de la guerre parce que c'est l'argent.
- 50:12Ensuite,
- 50:13après,
- 50:13c'est sûr qu'il faut que tu leur proposes des choses qui leur conviennent.
- 50:16Mais j'avais cette expertise.
- 50:18Et même s'il y avait des choses un peu nouvelles,
- 50:19parce que c'est vrai que les RP,
- 50:20je t'avoue que...
- 50:22Moi,
- 50:22je n'ai pas fait d'études de RP,
- 50:24mais après,
- 50:24je ne sais pas si je vais faire des études de RP.
- 50:26Je pense qu'il faut avoir un bon sens du relationnel,
- 50:28bien comprendre les gens et être aussi commercial.
- 50:31Parce que je pense que pour être un bon RP,
- 50:34il faut être commercial,
- 50:35mais il ne faut pas être commercial rentre-dedans.
- 50:37Et il faut aimer les gens,
- 50:41il faut s'intéresser à eux et puis vouloir faire avancer les choses.
- 50:46Et donc,
- 50:46du coup,
- 50:46c'est comme ça qu'en fait,
- 50:47si tu veux,
- 50:48de fil en aiguille,
- 50:50c'est créer mon agence.
- 50:51Et c'est vrai que j'ai eu beaucoup de demandes RP.
- 50:54En sachant que si tu veux,
- 50:56les RP en Afrique,
- 50:57c'est quand même différent.
- 50:58Moi,
- 50:58j'en fais pour des marques sur le marché français,
- 51:05notamment dans la presse beauté.
- 51:06Mais si tu veux,
- 51:07moi,
- 51:07une journaliste beauté de Marie-Claire Dehael,
- 51:11si elle fait un sujet sur les cheveux bouclés et qu'il y a un produit qui lui plaît ou une brosse qui lui plaît par rapport à ce sujet-là,
- 51:19Que ce soit pour un sujet afro ou pas,
- 51:21elle va parler de ton produit.
- 51:23Elle est dans cette dynamique-là.
- 51:25En Afrique,
- 51:26on a peu de médias.
- 51:29Il y a quelques médias panafricains,
- 51:30mais il n'y en a pas beaucoup,
- 51:31tu le disais toi-même.
- 51:33Et après,
- 51:33les médias par pays,
- 51:34il n'y en a quasiment plus aujourd'hui,
- 51:36des médias papiers.
- 51:38Et puis,
- 51:39les journalistes en Afrique,
- 51:41en règle générale,
- 51:43ils ne font pas les choses gratuitement.
- 51:45Dans le sens où,
- 51:46comme je disais,
- 51:47une journaliste de chez Marie-Claire,
- 51:49Si elle a un papier à faire sur les brosses démêlantes flexibles,
- 51:53et moi j'ai une brosse démêlante flexible,
- 51:55et puis qu'elle te trouve sympa,
- 51:57elle va parler de ton papier parce que tu lui as donné l'information et qu'elle est en contact avec toi.
- 52:01Sur l'Afrique,
- 52:02c'est différent.
- 52:02Donc du coup,
- 52:04les RP en Afrique,
- 52:05c'est une autre approche.
- 52:07Alors moi,
- 52:08je sensibilise quand même les supports à parler de ces marques parce que...
- 52:16Ça rentre dans des sujets qui peuvent les intéresser.
- 52:19Mais en dynamisant les choses de manière différente,
- 52:22j'ai toujours gardé un peu le côté achat d'espace aussi.
- 52:25Donc quand je peux,
- 52:26comme ça a été quand même aussi mon cœur de métier,
- 52:29je vais négocier une page pour ces supports ou ces médias.
- 52:33Et puis,
- 52:35d'une manière générale,
- 52:36je travaille les RP.
- 52:37Mais ça,
- 52:38aujourd'hui,
- 52:38les RP,
- 52:39même en France,
- 52:39c'est plus comme avant.
- 52:43De manière...
- 52:44360 si tu veux.
- 52:45C'est qu'aujourd'hui,
- 52:46tu n'appelles pas juste quelques amis journalistes pour qu'ils te fassent un papier sur ton produit,
- 52:51mais tu fais un peu de paid,
- 52:54tu peux faire de l'achat d'espace,
- 52:55tu organises des événements avec du sponsoring,
- 52:58tu fais de l'influence,
- 52:59qu'elle soit organique ou payante,
- 53:01enfin c'est un tout aujourd'hui.
- 53:04Il faut être un peu partout.
- 53:08Donc,
- 53:08c'est comme ça que je la développe sur l'Afrique.
- 53:11Mais sur l'Afrique,
- 53:11je dirais,
- 53:12de toute façon,
- 53:13vu qu'on a quand même peu de support,
- 53:16je parle de l'Afrique francophone,
- 53:18surtout,
- 53:18mais même sur l'Afrique francophone,
- 53:19alors oui,
- 53:20tu as un peu plus de magazines sur l'Afrique du Sud,
- 53:23mais c'est encore un autre marché.
- 53:25Mais,
- 53:26par exemple,
- 53:27en Côte d'Ivoire,
- 53:28aujourd'hui,
- 53:29en magazine papier,
- 53:30tu n'en as pas beaucoup.
- 53:31Tu as Elle,
- 53:32maintenant,
- 53:32qui est Elle Côte d'Ivoire,
- 53:33qui sort un magazine papier.
- 53:36Tu as Femmes d'Afrique.
- 53:38Amina,
- 53:39je crois qu'on ne le trouve plus parce qu'il y a un problème de distribution des magazines en Afrique avec les
- 53:45MLP voilà,
- 53:47t'as Milk mais c'est des magazines en plus qui ne sortent pas toujours régulièrement et qui ont besoin d'annonceurs ils ne s'en sortent pas seuls enfin seuls,
- 53:58je ne dis pas qu'ici ils s'en sortent seuls,
- 53:59mais ils sont rodés donc du coup,
- 54:02l'approche RP est différente,
- 54:03il faut leur donner un coup de main aussi,
- 54:05d'une manière ou d'une autre à ce métier
- 54:07Pas juste arriver en leur disant,
- 54:09voilà,
- 54:09moi j'ai une marque super intéressante,
- 54:11faites-moi un papier et je vous offre un déjeuner ou le dernier shampoing de telle marque.
- 54:20Ça,
- 54:20c'est vraiment une dimension à prendre en compte en Afrique.
- 54:24Et puis les journalistes aussi souvent sont très mal payés,
- 54:26voire pas payés.
- 54:28Donc ils attendent beaucoup en fait que les marques les payent,
- 54:30tu vois.
- 54:31Ce qui est un peu normal,
- 54:33ce qui n'est pas le cas ici.
- 54:34En tout cas,
- 54:35ici ça peut l'être.
- 54:36Mais c'est différent.
- 54:38C'est caché et puis ce n'est pas systématique en tout cas.
- 54:42Je ne sais pas si je peux bien exprimer sur le marché RP en Afrique.
- 54:46Non,
- 54:46non,
- 54:46c'est très clair.
- 54:47La question que j'allais te poser,
- 54:48c'est du coup,
- 54:49toi,
- 54:49tu vas travailler avec des marques,
- 54:52de ce que j'ai compris,
- 54:53tu vas travailler avec des marques,
- 54:55comment dire,
- 54:56occidentales,
- 54:56on va dire,
- 54:57qui veulent s'implanter en Afrique,
- 54:59mais tu vas aussi travailler avec des marques...
- 55:02Ou qui veulent communiquer vis-à-vis de l'Afrique.
- 55:05Des fois,
- 55:06il y en a qui ne s'implantent pas,
- 55:06mais elles veulent communiquer pour...
- 55:10Quand les Africains viennent en France,
- 55:11par exemple,
- 55:12ils pensent à eux,
- 55:12tu vois.
- 55:13Ça,
- 55:13ça peut aussi être le cas.
- 55:15Oui,
- 55:15excuse-moi,
- 55:15tu disais ?
- 55:16Du coup,
- 55:17l'idée,
- 55:17c'est que qu'est-ce que tu mets en place justement pour une marque ?
- 55:20Alors,
- 55:20sans nous dévoiler tes secrets d'agence,
- 55:22mais sur les spécificités qu'il faut prendre en compte aujourd'hui quand on est une marque qui cherche à se faire connaître d'une,
- 55:32comment dire,
- 55:32d'une forme...
- 55:33Alors,
- 55:33je ne sais pas si c'est...
- 55:35une classe moyenne ou une élite africaine,
- 55:37mais en tout cas,
- 55:38la marque qui te sollicite et qui a envie de rencontrer son public,
- 55:42qu'est-ce que tu lui proposes ?
- 55:45Plusieurs choses.
- 55:47Moi,
- 55:48je trouve que le sponsoring d'événements,
- 55:51c'est bien en organisant des side-events.
- 55:55Parce que ça permet...
- 55:57C'est ce que je fais pas mal avec les Galeries Lafayette.
- 56:00On a fait l'année dernière un side-event durant la Dakar Fashion Week.
- 56:04Ça permet aux clients d'être en contact avec des invités.
- 56:06Ce n'est pas juste un sponsoring,
- 56:09genre les Galeries Lafayette ou
- 56:12Western Union,
- 56:13les sponsors d'un événement,
- 56:14mais ça permet aussi à la marque d'entrer en contact.
- 56:17Parce que je pense que la première chose en Afrique,
- 56:21la communication,
- 56:22elle passe d'abord par le contact.
- 56:23On est beaucoup,
- 56:24c'est encore une culture de contact,
- 56:27de relationnel,
- 56:28et donc il faut aller vers les gens.
- 56:32Il faut établir une communication,
- 56:34un lien.
- 56:35Donc,
- 56:35je dirais,
- 56:35ma première étape,
- 56:36c'est le lien.
- 56:38Et le lien,
- 56:38il passe par un contact physique.
- 56:42Donc,
- 56:42si effectivement,
- 56:43soit on fait ce que je peux faire pour des marques,
- 56:46c'est organiser un voyage avec des acteurs,
- 56:49c'est-à-dire qu'on fixe des rendez-vous avec différents acteurs,
- 56:51ils me donnent un peu leur cahier des charges,
- 56:53qui veulent voir,
- 56:54ça peut être des journalistes,
- 56:55des influenceurs,
- 56:58une marque.
- 57:00tu vois de vêtements un styliste local un média ça peut être ça peut être par exemple visa mastercard ça me parle souvent aussi des marques qui se développent en afrique donc pour
- 57:14eux ça peut être intéressant d'échanger aussi avec eux donc ça c'est des choses que je fais ensuite donc ça c'est beaucoup plus une approche rp si tu veux relations publiques avec des leaders d'opinion pour que la marque puisse un petit peu
- 57:27peu s'imprégner et comprendre le marché et avoir déjà quelques contacts clés pour entrer sur ce marché-là.
- 57:34Après,
- 57:34effectivement,
- 57:35c'est se greffer à des événements locaux parce que pour moi,
- 57:37le plus important,
- 57:38c'est d'aller déjà sur ce qui se fait.
- 57:41D'abord parce que ce n'est pas facile d'organiser un événement quand on ne connaît pas le marché ou quand on a une nouvelle marque comme ça seule.
- 57:48Alors,
- 57:49autant se mettre sur un événement qui fonctionne et qui est carré.
- 57:53Alors,
- 57:53je fais beaucoup de sourcing parce qu'il faut trouver les événements qui...
- 57:58fonctionnent bien.
- 57:59Il y a beaucoup d'événements,
- 58:00mais après,
- 58:00il faut que ça corresponde aussi à certains cahiers des charges,
- 58:05suivant le client qu'on a.
- 58:07Et puis,
- 58:08après,
- 58:09ça peut être aussi,
- 58:11je le fais de plus en plus,
- 58:13organiser un événement avec des influenceurs.
- 58:16Ça peut être du paid ou du non paid.
- 58:20Quand je dis paid,
- 58:20c'est-à-dire soit on paye les influenceurs,
- 58:22on leur demande de faire un...
- 58:25un contenu spécifique,
- 58:26soit on organise une soirée ou un tea time,
- 58:30un cocktail,
- 58:31on les invite et puis après ils font des stories,
- 58:33mais ça reste de l'organique.
- 58:35Alors l'organique,
- 58:36c'est bien,
- 58:37c'est bien pour montrer qu'une marque s'intéresse au marché.
- 58:39Après,
- 58:40si une marque a un message à faire passer,
- 58:43c'est déjà un peu plus compliqué,
- 58:44parce qu'on ne va pas pouvoir imposer aux gens qui vont faire du contenu gratuitement de dire il faut parler de ça de cette manière plutôt que de cette manière-là.
- 58:53Donc...
- 58:54Beaucoup d'influence.
- 58:55Ça,
- 58:56je dirais,
- 58:56c'est le deuxième volet.
- 58:57Je t'ai parlé plus du volet d'abord rencontre,
- 59:00un voyage,
- 59:01organiser un voyage pour le marque.
- 59:03Après,
- 59:03il y a l'influence,
- 59:04mais c'est pareil.
- 59:04Ça,
- 59:04ça peut être greffé à un voyage que fait la marque.
- 59:07En général,
- 59:07on peut organiser aussi un événement.
- 59:09Et puis,
- 59:10oui,
- 59:10ce que j'ai dit,
- 59:10ça,
- 59:10c'est le troisième point,
- 59:11puisque le deuxième point,
- 59:12c'était le sponsoring d'événements.
- 59:16Enfin,
- 59:16le sponsoring d'événements,
- 59:17c'est-à-dire de faire un side event sur un événement déjà existant.
- 59:22Par exemple,
- 59:23on l'a fait cette année sur le marché du Congo Kinshasa avec les Galeries Lafayette,
- 59:28qui est un marché assez spécifique,
- 59:30la RDC.
- 59:34Et en fait,
- 59:34on s'est greffé aux Adicom,
- 59:38qui organisait leur première édition là-bas.
- 59:41Voilà.
- 59:42Après,
- 59:43tu vois,
- 59:43par exemple,
- 59:44là,
- 59:44j'ai organisé pour la marque Château Rouge un tea time à Abidjan dernièrement et pour la marque SVR.
- 59:51Mais là,
- 59:51c'est des marques qui sont implantées.
- 59:52C'est différent.
- 59:55Pour la marque SVR,
- 59:56un dîner en petit comité,
- 59:59c'était un choix de la marque.
- 1:00:00Ils voulaient inviter quelques influenceuses seulement avec cinq influenceuses vraiment en vue.
- 1:00:11de monnaie.
- 1:00:12En vue,
- 1:00:12c'est pareil,
- 1:00:12elles sont en vie,
- 1:00:14on les voit bien.
- 1:00:15Tout à fait.
- 1:00:17Et c'était très sympa aussi.
- 1:00:18Donc après,
- 1:00:20tous les formats sont possibles.
- 1:00:22En fait,
- 1:00:22ce que je dis toujours à mes clients le plus important,
- 1:00:25c'est pas évident,
- 1:00:26mais la plupart du temps,
- 1:00:27en fait,
- 1:00:28les clients,
- 1:00:28ils veulent faire quelque chose mais ils ne savent pas quoi.
- 1:00:31Et en fait,
- 1:00:32plus le cahier des charges est défini,
- 1:00:34donc moi je leur dis mais mettez-moi toutes vos idées.
- 1:00:37sur Patil dans un mail,
- 1:00:38même si c'est un peu comme ci,
- 1:00:40comme ça,
- 1:00:40en vrac,
- 1:00:41mais que je puisse avoir le plus d'informations possibles.
- 1:00:44Parce que comme on est quand même sur des marchés où il faut connaître,
- 1:00:50avec pas mal de spécificités,
- 1:00:52les gens,
- 1:00:52ils veulent faire,
- 1:00:53mais ils ne savent pas la plupart du temps quoi faire.
- 1:00:56Et alors là,
- 1:00:56ça devient un peu compliqué quand on a un client qui veut faire plein de choses,
- 1:01:00mais qui ne sait pas quoi finalement.
- 1:01:02Et on ne peut pas trop...
- 1:01:03Alors,
- 1:01:03je suis force de proposition,
- 1:01:05évidemment.
- 1:01:06Et puis,
- 1:01:06c'est vrai que beaucoup de marques avec qui je travaille,
- 1:01:09la plupart des marques avec qui je travaille,
- 1:01:11je les connais depuis longtemps.
- 1:01:13Donc,
- 1:01:13je connais l'historique,
- 1:01:14c'est assez important.
- 1:01:16Mais malgré tout,
- 1:01:17je leur demande un effort.
- 1:01:20Je sais que souvent,
- 1:01:20ils disent qu'on passe par une agence,
- 1:01:22il va nous faire tout le travail.
- 1:01:23Mais je leur dis,
- 1:01:23oui,
- 1:01:23mais qu'est-ce que vous voulez ?
- 1:01:24Quel est le message que vous voulez faire passer ?
- 1:01:28Tu vois,
- 1:01:28quand tu fais de l'influence,
- 1:01:29c'est bien,
- 1:01:29mais faire de l'influence,
- 1:01:30si tu n'as pas un message à faire passer précis,
- 1:01:33ça devient compliqué.
- 1:01:34Tu peux faire de tout et de rien.
- 1:01:35Tu peux travailler avec un super influenceur,
- 1:01:37mais tu vas le payer x,
- 1:01:40x,
- 1:01:40x euros ou CFA.
- 1:01:42Et au final,
- 1:01:43est-ce que tu vas atteindre ton but ?
- 1:01:45Je ne suis pas certain.
- 1:01:46Si tu n'as pas défini vraiment le message au départ,
- 1:01:49l'influenceur peut être de très bonne volonté,
- 1:01:51mais si tu le laisses trop libre,
- 1:01:53il ne va peut-être pas mettre en avant ta marque comme tu l'aurais voulu ou comme il faudrait la mettre,
- 1:01:58tout simplement,
- 1:01:59même si son contenu va être très sympa.
- 1:02:03Donc ça,
- 1:02:03c'est vraiment important.
- 1:02:04J'insiste sur le cahier des charges.
- 1:02:07C'est souvent...
- 1:02:08Enfin,
- 1:02:09c'est le plus difficile,
- 1:02:09mais si on a un bon...
- 1:02:10Enfin,
- 1:02:10un cahier des charges le plus précis possible au départ,
- 1:02:13en règle générale,
- 1:02:16l'opération,
- 1:02:17elle est réussie.
- 1:02:18Et toi,
- 1:02:18tu travailles principalement avec des marques dans le secteur mode,
- 1:02:22beauté,
- 1:02:22ou est-ce que tu as un périmètre,
- 1:02:24en fait,
- 1:02:24assez large d'intervention ?
- 1:02:26Alors,
- 1:02:26ça reste quand même large.
- 1:02:28Tu vois,
- 1:02:29je travaille...
- 1:02:29Alors là,
- 1:02:30c'est vrai qu'on a beaucoup parlé,
- 1:02:31mais parce que...
- 1:02:32Je pense que c'était important et c'est quand même aujourd'hui ma force parce que je suis quand même plus basé,
- 1:02:36enfin je suis basé en France,
- 1:02:38donc d'accompagner des marques basées ici en Afrique.
- 1:02:44Maintenant,
- 1:02:45je travaille avec des marques qui sont en Afrique.
- 1:02:48Par exemple,
- 1:02:48je travaille avec Visa qui est basé en Afrique,
- 1:02:51qui est basé à Abidjan pour tout le hub d'Afrique de l'Ouest.
- 1:02:55Je travaille avec Canal+,
- 1:02:56qui sont basés ici mais ils ont une entité à Abidjan,
- 1:03:00sur le digital à Dakar.
- 1:03:02Je travaille avec une ONG qui est basée à Dakar et qui,
- 1:03:07elle,
- 1:03:08je travaille avec elle,
- 1:03:09on fait de l'influence,
- 1:03:13qui s'occupe de faire passer des messages autour de la sexualité,
- 1:03:18autour du sport.
- 1:03:20Là,
- 1:03:20par exemple,
- 1:03:20on est sur une campagne au Sénégal sur le problème de l'avortement illégal.
- 1:03:25Peut-être que tu connais en fait cette ONG,
- 1:03:28c'est eux qui...
- 1:03:29produisent l'émission C'est la vie.
- 1:03:32Oui,
- 1:03:32je vois.
- 1:03:33Voilà.
- 1:03:34Et donc là,
- 1:03:35on est sur une campagne avec Alima
- 1:03:37Ghaji, que tu dois connaître,
- 1:03:39je pense,
- 1:03:39qui est l'actrice qui met le rôle principal de maîtresse d'un homme marié,
- 1:03:43dont je suis l'agent,
- 1:03:44d'ailleurs.
- 1:03:47Et on travaille justement toute une campagne pour faire passer les messages sur les thèses de grossesse et compagnie,
- 1:03:53en fait.
- 1:03:53Il y a une scène violente à un moment donné dans C'est la vie où il y a une jeune fille qui est...
- 1:03:58qui s'est fait violer.
- 1:03:59C'est un truc qui arrive,
- 1:04:00malheureusement,
- 1:04:02qui arrive souvent,
- 1:04:04et dans ces pays-là particulièrement,
- 1:04:06je pense.
- 1:04:07Elles ne peuvent absolument rien dire,
- 1:04:09et c'est peut-être pour ça que les gens se permettent aussi plus de choses.
- 1:04:12Et la fille demande un test de grossesse à la pharmacienne,
- 1:04:17et la pharmacienne la regarde parce que la fille a 14 ans.
- 1:04:20C'est une fiction,
- 1:04:22et à partir de là,
- 1:04:23on a fait tout un...
- 1:04:25toute une éducation pédagogique à travers du contenu sur les réseaux sociaux,
- 1:04:32la fille se fait jeter par la pharmacienne de la pharmacie en disant que la pharmacienne lui dit t'as pas l'âge pour avoir des rapports sexuels
- 1:04:41C'est une scène assez violente,
- 1:04:42c'est une fiction,
- 1:04:43mais c'est une réalité.
- 1:04:45Et donc,
- 1:04:45je travaille avec cette ONG sur ce type de thématique.
- 1:04:49D'accord,
- 1:04:49donc tu interviens vraiment sur différentes thématiques.
- 1:04:53Différentes thématiques.
- 1:04:54Après,
- 1:04:54je te dirais,
- 1:04:55mon fort,
- 1:04:56c'est quand même...
- 1:04:57Enfin,
- 1:04:57mon fort.
- 1:04:58Ça correspond aussi au budget sur le marché.
- 1:05:02C'est la mode,
- 1:05:03la cosmétique,
- 1:05:04beaucoup.
- 1:05:04Parce que finalement,
- 1:05:05sur le marché africain,
- 1:05:06c'est beaucoup la cosmétique.
- 1:05:07Mais je travaille avec les transferts d'argent.
- 1:05:09Je travaille avec Air France aussi.
- 1:05:11tu vois,
- 1:05:11donc voilà,
- 1:05:14avec qui je travaille d'autres,
- 1:05:16avec Uniwac,
- 1:05:16c'est la mode,
- 1:05:20je reste très ouvert,
- 1:05:22et je suis même content des fois de travailler,
- 1:05:25j'ai même travaillé avec un client à un moment donné qui fait des au Sénégal,
- 1:05:34qui est pour pur l'eau,
- 1:05:35en fait,
- 1:05:35pour rendre l'eau potable dans certaines zones,
- 1:05:39donc en fait,
- 1:05:40Voilà,
- 1:05:41je dirais que en tant qu'agence,
- 1:05:43on est quand même censé s'adapter à tout.
- 1:05:46Après,
- 1:05:46ma spécificité reste quand même le marché africain,
- 1:05:49même si je travaille un peu sur d'autres marchés.
- 1:05:50Je travaille sur le marché italien que je connais.
- 1:05:53Je reste ouvert.
- 1:05:54J'aime bien aussi ne pas cloisonner les choses parce que je suis contre.
- 1:06:01Avec ce petit chemin que j'ai fait,
- 1:06:02c'est qu'on avait tendance à vite te ghettoiser,
- 1:06:04notamment en France.
- 1:06:06La spécificité spécialisée sur un marché au diabalude et spécialisée sur ce marché,
- 1:06:09c'est tout.
- 1:06:11Et tu vois,
- 1:06:11par exemple,
- 1:06:12avec
- 1:06:12Cantu, qui est une marque destinée avant tout aux Afro-Caribéennes,
- 1:06:19le cahier des charges était de communiquer auprès de la presse mainstream,
- 1:06:24pas uniquement pour des sujets ou pour les filles qui avaient les cheveux à fond,
- 1:06:29mais pour toute personne ayant les cheveux texturés.
- 1:06:32Et j'aime beaucoup cette Ausha où on s'ouvre,
- 1:06:34en fait,
- 1:06:34si tu veux.
- 1:06:36J'ai eu des demandes aussi venant d'Afrique pour faire des RP.
- 1:06:41sur de la presse mainstream généraliste en Europe.
- 1:06:46Je trouve que c'est toujours bien d'avoir une spécificité,
- 1:06:49c'est comme ça qu'on se fait connaître,
- 1:06:51mais après,
- 1:06:51il faut s'ouvrir.
- 1:06:53Et particulièrement en France,
- 1:06:54je trouve,
- 1:06:55où on a tendance à vite te mettre...
- 1:06:57C'est comme un écrivain,
- 1:06:58quand il est spécialisé,
- 1:07:00roman policier,
- 1:07:01on va le mettre dans une maison d'édition pour roman policier,
- 1:07:04puis il n'en sortira plus.
- 1:07:05Je dis ça,
- 1:07:05mais il y a un peu ce côté-là,
- 1:07:06en fait.
- 1:07:07On peut t'intégrer très vite.
- 1:07:09Et je trouve ça dommage.
- 1:07:10Et en plus,
- 1:07:10l'idée,
- 1:07:10c'est d'ouvrir le marché.
- 1:07:12Donc,
- 1:07:12pour l'ouvrir,
- 1:07:13il ne faut justement pas se retrouver dans une dynamique trop ghettoïsante.
- 1:07:16Ce n'est pas toi qui vas donner la dynamique ghettoïsante,
- 1:07:18mais il ne faudrait pas que l'extérieur te ghettoïse trop.
- 1:07:22Parce que sinon,
- 1:07:22tu vas rester spécialiste d'un marché.
- 1:07:25Mais,
- 1:07:27je veux dire,
- 1:07:27c'est seulement les personnes qui vont s'intéresser à ce marché qui vont te connaître.
- 1:07:31Alors,
- 1:07:31c'est intéressant que même les personnes qui ne travaillent pas sur ce marché connaissent ce type de travail.
- 1:07:37Et toi,
- 1:07:37aujourd'hui,
- 1:07:38tu interviens surtout en Afrique francophone ou tu interviens aussi ?
- 1:07:42Alors,
- 1:07:43je commence un peu sur le Nigeria parce que j'ai de plus en plus de demandes.
- 1:07:47Après,
- 1:07:48encore une fois,
- 1:07:50pour moi,
- 1:07:50l'Afrique,
- 1:07:52l'Afrique sud-saharienne,
- 1:07:53se travaille vraiment pays par pays.
- 1:07:56Évidemment qu'il y a des donateurs communs.
- 1:08:00Moi,
- 1:08:00quand je me retrouve dans un nouveau pays en Afrique,
- 1:08:02je n'ai pas l'impression d'être perdu parce que ça reste le continent africain.
- 1:08:06Il y a une certaine façon de vivre,
- 1:08:09un côté positif.
- 1:08:11Bon,
- 1:08:13voilà,
- 1:08:13il y a une liberté.
- 1:08:15Ça,
- 1:08:15c'est propre à l'Afrique subsaharienne,
- 1:08:19je trouve.
- 1:08:19Bon,
- 1:08:20même s'il y a des pays où c'est un peu compliqué en ce moment.
- 1:08:22Mais je trouve que même dans ces pays où c'est compliqué,
- 1:08:24déjà,
- 1:08:25par exemple,
- 1:08:25là,
- 1:08:25je suis allé au Mali.
- 1:08:27Malgré tout,
- 1:08:28on vit.
- 1:08:29Ce n'est pas si compliqué que ça dans la tête des gens,
- 1:08:31tu vois.
- 1:08:31Donc,
- 1:08:34ici,
- 1:08:34c'est un peu compliqué maintenant en Europe.
- 1:08:35dans la tête des gens,
- 1:08:36même beaucoup.
- 1:08:38Mais donc du coup,
- 1:08:40voilà,
- 1:08:40pour tout dire,
- 1:08:41l'Afrique,
- 1:08:41à part ce côté où il y a des dénominateurs communs,
- 1:08:45enfin,
- 1:08:45il y a un dénominateur commun,
- 1:08:47enfin,
- 1:08:47des dénominateurs communs,
- 1:08:49mais après,
- 1:08:49elle se travaille vraiment pays par pays.
- 1:08:51Le marché ivoirien,
- 1:08:52qui est celui que je connais le mieux,
- 1:08:56est un marché spécifique.
- 1:08:57Le marché sénégalais est un autre marché.
- 1:09:01Le marché du Congo-Brasaville n'est pas le même que le marché du Congo-Kinshasa non plus.
- 1:09:06qui sont aussi très différents de la Côte d'Ivoire et du Sénégal.
- 1:09:11Donc là,
- 1:09:13je commence à travailler le marché nigérian et je trouve ça super.
- 1:09:16Il y a beaucoup de demandes parce qu'aujourd'hui,
- 1:09:17c'est vrai que c'est un marché hyper fort,
- 1:09:21mais encore une fois,
- 1:09:22il faut y aller prudemment.
- 1:09:24Chaque pays est différent et ça prend du temps.
- 1:09:28Parce qu'il y a aussi une chose et je pense que c'est ça qui fait un peu peur aux marques aujourd'hui,
- 1:09:34c'est que...
- 1:09:34que l'Afrique,
- 1:09:37ça prend du temps.
- 1:09:39Non,
- 1:09:39mais justement,
- 1:09:40je peux le dire,
- 1:09:41non,
- 1:09:41tu es d'accord.
- 1:09:42Je pense.
- 1:09:43Mais ce n'est pas négatif.
- 1:09:45Là,
- 1:09:45on a beaucoup dit l'Afrique,
- 1:09:47mais derrière,
- 1:09:48il y a 54 pays.
- 1:09:50Mais bien sûr.
- 1:09:51Moi,
- 1:09:52je vois,
- 1:09:53par exemple,
- 1:09:54des fois,
- 1:09:54ils ont une agence pour un pays.
- 1:09:56Moi,
- 1:09:56je suis une agence pour un continent entier,
- 1:09:59mais chaque pays est différent.
- 1:10:00Oh,
- 1:10:00attends,
- 1:10:01c'est...
- 1:10:03Et puis,
- 1:10:04ce ne sont pas les mêmes acteurs.
- 1:10:06Et puis,
- 1:10:06ce n'est pas la même chose.
- 1:10:07Tu prends le marché de l'influence au Congo,
- 1:10:09Kinshasa,
- 1:10:09il n'a rien à voir avec le marché de l'influence en Côte d'Ivoire.
- 1:10:13C'est égal.
- 1:10:14Là,
- 1:10:14je parle du marché de l'influence.
- 1:10:16Et puis,
- 1:10:17la beauté...
- 1:10:20Je pense qu'il y a un rappel qui fait que quand on dit l'Afrique,
- 1:10:23on a l'impression que c'est un tout homogène,
- 1:10:26alors qu'on est capable de se dire qu'en Europe,
- 1:10:29l'Espagne...
- 1:10:33C'est totalement différent.
- 1:10:35Donc,
- 1:10:36clairement,
- 1:10:37on va avoir une approche des pays qu'on va appeler méditerranéens,
- 1:10:40qui va être différente des pays plutôt nordiques.
- 1:10:43Et ça,
- 1:10:43on arrive à l'envisager pour l'Europe.
- 1:10:45Mais c'est vrai que...
- 1:10:46Pour l'Afrique,
- 1:10:47on a de la peine.
- 1:10:50Mais parce que je pense qu'il y a une forme de méconnaissance aussi.
- 1:10:52On ne connaît pas bien les différents pays.
- 1:10:55On ne connaît pas bien les subtilités qu'il peut y avoir d'un pays à l'autre.
- 1:10:58Et on dit comme ça,
- 1:11:00de manière assez généraliste,
- 1:11:02l'Afrique,
- 1:11:03la mode africaine.
- 1:11:03africaine,
- 1:11:04la musique africaine,
- 1:11:05alors que derrière,
- 1:11:08c'est facile,
- 1:11:09c'est un raccourci qui est facile pour échanger.
- 1:11:12Mais par contre,
- 1:11:13quand on veut rentrer dans le détail,
- 1:11:14on se rend compte que oui,
- 1:11:16quand on arrive à,
- 1:11:18comme tu le dis,
- 1:11:19sur la Côte d'Ivoire,
- 1:11:20quand on arrive à bien travailler une stratégie pour s'implanter ou en tout cas se faire connaître,
- 1:11:25ça prend du temps.
- 1:11:26Et une fois qu'on a fait ce travail-là à Abidjan,
- 1:11:28il ne faut pas se dire maintenant c'est bon.
- 1:11:30le Sénégal,
- 1:11:31ça va aller plus rapidement parce que je suis déjà bien implantée à Abidjan.
- 1:11:34Ah ben non,
- 1:11:34il faut recommencer en fait.
- 1:11:36Pour recommencer,
- 1:11:37alors c'est sûr que si tu as acquis une expertise sur un des pays,
- 1:11:42tu auras quand même un peu plus de facilité.
- 1:11:44Mais quand tu vois comment on fonctionne au Sénégal et en Côte d'Ivoire,
- 1:11:48ce n'est pas du tout de la même manière.
- 1:11:50Et même d'un point de vue marketing,
- 1:11:51moi je me rappelle à l'époque,
- 1:11:53je vais les citer,
- 1:11:53mais c'était Darling pour les mèches.
- 1:11:56Les produits qu'ils vendaient au Sénégal,
- 1:11:58c'était le même produit,
- 1:11:59ils n'avaient pas le même nom.
- 1:12:01et pas le même mannequin.
- 1:12:03Alors,
- 1:12:03c'est un peu basique,
- 1:12:04mais j'aime bien sentir cet exemple.
- 1:12:07Mais eux,
- 1:12:07ils étaient très implantés sur les deux pays parce qu'effectivement,
- 1:12:12tu ne vas pas prendre une Ivoirienne pour parler de cosmétiques ou de cheveux au Sénégal.
- 1:12:19Et tu ne vas pas l'appeler,
- 1:12:20je ne sais pas moi,
- 1:12:21tu ne vas pas l'appeler,
- 1:12:23enfin bref,
- 1:12:24on a un nom qui correspond.
- 1:12:27Or,
- 1:12:27c'est super intéressant cet exemple-là parce que...
- 1:12:29Quand on regarde les stratégies des marques de luxe,
- 1:12:32aujourd'hui,
- 1:12:33on va avoir une mannequin star,
- 1:12:35une Gigi Hadid,
- 1:12:36une Kendall Jenner,
- 1:12:36et en fait,
- 1:12:37elle va pouvoir défiler à la fois à New York,
- 1:12:43à Londres,
- 1:12:43à Paris,
- 1:12:44pour plein de marques différentes.
- 1:12:45Et ça ne choque pas qu'on ait ce mannequin qui représente tout le monde.
- 1:12:50Et on se dit,
- 1:12:50c'est ça,
- 1:12:51la représentation du luxe et de la mode.
- 1:12:53Et quand on rentre un peu dans le détail,
- 1:12:55on se rend compte que les consommateurs...
- 1:12:57Ils ont envie de quelque chose de plus authentique et qu'on leur serve finalement quelque chose qui est...
- 1:13:03Oui,
- 1:13:03c'est plus facile pour la marque d'avoir une égérie internationale qui est la même pour tout le monde.
- 1:13:08Mais à la fin,
- 1:13:09on se dit,
- 1:13:09est-ce que vous avez vraiment compris qui moi j'étais en tant que consommatrice ou consommateur ?
- 1:13:14Est-ce que vous vous intéressez vraiment à ce que je veux moi ?
- 1:13:17Et il y a des vraies attentes par rapport à ça aujourd'hui qui font que des marques qui historiquement avaient...
- 1:13:23Une notoriété qui a été installée,
- 1:13:26elle commence un peu à être challengée par des marques plus petites qui ont un discours avec de l'influence avec les réseaux sociaux,
- 1:13:31qui est beaucoup plus authentique et beaucoup plus proche du client réel,
- 1:13:37du client lambda,
- 1:13:38en fait.
- 1:13:39Oui,
- 1:13:40et puis,
- 1:13:41tu vois,
- 1:13:41tu parlais de méconnaissance,
- 1:13:44de marché tout à l'heure.
- 1:13:45Je pense que c'est beaucoup ça.
- 1:13:47Et en fait,
- 1:13:47il y a un besoin de reconnaissance.
- 1:13:50Et sur ces marchés-là,
- 1:13:51quand tu arrives avec une marque étrangère,
- 1:13:54et puis tu arrives un peu avec tes gros sabots,
- 1:13:56si tu ne reconnais pas ta cible,
- 1:14:01ça va être compliqué.
- 1:14:02Et puis aujourd'hui,
- 1:14:02il y a quand même beaucoup d'informations,
- 1:14:05il y a beaucoup de marques,
- 1:14:07il y a beaucoup d'alternatives.
- 1:14:10Après,
- 1:14:10je pense quand même que quand tu as une star internationale,
- 1:14:13c'est un peu différent.
- 1:14:15À l'époque,
- 1:14:16quand
- 1:14:17Lancôme, tu sais,
- 1:14:18ils ont pris Lupita,
- 1:14:20J'ai l'impression que ça a quand même vachement bien marché en Afrique.
- 1:14:23Parce qu'en plus,
- 1:14:24elle était dans la mouvance.
- 1:14:25À l'époque,
- 1:14:26on parlait des nappies.
- 1:14:27Elle était pour Eben,
- 1:14:29tu vois,
- 1:14:30cheveux d'être.
- 1:14:31Après,
- 1:14:31l'hôpital,
- 1:14:31c'est un très bon...
- 1:14:33Mais bon,
- 1:14:34c'était un bon exemple.
- 1:14:35C'est un profil.
- 1:14:37Moi,
- 1:14:37je suis pour les égéries internationales.
- 1:14:39On est d'accord.
- 1:14:39Mais c'est plus le côté...
- 1:14:41Ma critique,
- 1:14:41ce serait plus quand on prend la même et qu'elle fait la pub pour tout le monde.
- 1:14:45Et à la fin,
- 1:14:45on ne sait plus.
- 1:14:46Oui,
- 1:14:46complètement.
- 1:14:47Non,
- 1:14:47mais ça,
- 1:14:48je suis tout à fait d'accord.
- 1:14:50Mais ce qu'il faut vraiment,
- 1:14:52c'est vraiment...
- 1:14:53C'est vrai que ça,
- 1:14:54c'est un truc qui revient régulièrement.
- 1:14:58Les gens,
- 1:14:59ils se disent l'Afrique,
- 1:14:59en fait,
- 1:15:00c'est un seul pays,
- 1:15:01l'Afrique noire.
- 1:15:03On est là,
- 1:15:04l'Afrique anglophone et l'Afrique anglophone,
- 1:15:05c'est déjà très différent.
- 1:15:06Mais alors après,
- 1:15:07chaque pays a vraiment ses spécificités.
- 1:15:10Mais en fait,
- 1:15:11souvent,
- 1:15:12moi,
- 1:15:12j'ai des amis journalistes en France,
- 1:15:14je leur dis,
- 1:15:14mais vous ne pouvez pas faire un effort à un moment donné.
- 1:15:17Mais alors...
- 1:15:18Ça encore une fois,
- 1:15:19les rédactions,
- 1:15:20les médias ne mettent pas les moyens,
- 1:15:22mais qu'est-ce qu'on donne comme image de l'Afrique ?
- 1:15:26Je ne veux pas rentrer dans le débat,
- 1:15:27mais quand même,
- 1:15:28c'est un truc qui...
- 1:15:29Moi,
- 1:15:30journaliste à la base,
- 1:15:31mais qu'est-ce qu'on explique ici de l'Afrique,
- 1:15:37à part les guerres et la maladie ?
- 1:15:39Moi,
- 1:15:39quand je pars en Afrique,
- 1:15:40dans les repas,
- 1:15:41les gens qui ne connaissent pas l'Afrique me disent Ah,
- 1:15:42mais ce n'est pas dangereux où tu vas.
- 1:15:44Ah,
- 1:15:44mais il y a la variole du singe.
- 1:15:46Ah,
- 1:15:47mais il y a la guerre.
- 1:15:48Ah,
- 1:15:49mais...
- 1:15:49Alors que bon,
- 1:15:49voilà.
- 1:15:50Ah oui,
- 1:15:50mais il va y avoir un coup d'État.
- 1:15:52C'est quand même malheureux,
- 1:15:53non ?
- 1:15:53Je ne dis pas il y a,
- 1:15:56mais enfin,
- 1:15:56il n'y a pas que ça.
- 1:15:57Il faut arrêter.
- 1:15:58Est-ce qu'on voit beaucoup de reportages sur la mode en Afrique ?
- 1:16:03Déjà,
- 1:16:03il n'y en a pas beaucoup.
- 1:16:05Je ne parle pas au JT,
- 1:16:07mais sur 7 à 8,
- 1:16:09je n'en ai jamais lu.
- 1:16:11Je ne dis pas que c'est là qu'il faut qu'il soit,
- 1:16:12mais...
- 1:16:13Si,
- 1:16:14je pense qu'à un moment donné,
- 1:16:15il y a des sujets qui devraient...
- 1:16:17Ça,
- 1:16:17c'est vraiment essayer un petit peu,
- 1:16:19d'ailleurs je peux le dire,
- 1:16:21c'est un peu aujourd'hui un de mes objectifs,
- 1:16:25c'est qu'on puisse arriver à ça.
- 1:16:28Parce que tant qu'on n'aura pas montré une image positive de l'Afrique,
- 1:16:32ça va être compliqué.
- 1:16:34Et pourtant,
- 1:16:34il y a plein de messages à montrer.
- 1:16:35Ah non,
- 1:16:36mais c'est clair,
- 1:16:36mais après c'est...
- 1:16:37Je ne veux pas être un peu dur là-dedans,
- 1:16:39parce que je pense que les gens ont quand même vu les choses différemment.
- 1:16:41On voit les Miss qui sont venues en Côte d'Ivoire.
- 1:16:44Ça montre quand même une ouverture.
- 1:16:45Mais je pense que les médias sont quand même très fautifs.
- 1:16:49Alors,
- 1:16:49est-ce que c'est pas...
- 1:16:50Des fois,
- 1:16:50les gens disent,
- 1:16:50oui,
- 1:16:50mais c'est voulu.
- 1:16:51Alors,
- 1:16:51moi,
- 1:16:51je ne vais pas rentrer là-dedans,
- 1:16:53dans ce débat-là.
- 1:16:54Mais le côté positif,
- 1:16:56on ne le montre pas beaucoup.
- 1:16:57Moi,
- 1:16:57je ne vois pas beaucoup de documentaires,
- 1:17:00même pas un documentaire,
- 1:17:01mais de reportages positifs,
- 1:17:03à part les gorilles au Rwanda.
- 1:17:04Et en plus,
- 1:17:04j'entends des...
- 1:17:05Non,
- 1:17:06mais tu vois ce que je veux dire.
- 1:17:06En fait,
- 1:17:07ça va être très anecdotique.
- 1:17:09Tu as des outils qu'on va avoir.
- 1:17:10quelques reportages.
- 1:17:11Il y avait eu Wax in the City,
- 1:17:13il y avait eu African
- 1:17:15Style qui est sorti il y a un an,
- 1:17:18un peu plus d'un an.
- 1:17:20Mais du coup,
- 1:17:22ça peut être un très beau documentaire,
- 1:17:23un très beau 52 minutes qu'on va pouvoir voir.
- 1:17:26Mais c'est vrai que c'est très ponctuel et c'est des inédits.
- 1:17:29Oui,
- 1:17:30c'est hyper ponctuel,
- 1:17:31mais dans le quotidien,
- 1:17:32on ne montre pas une image vraiment positive.
- 1:17:35On ne parle que de guerre.
- 1:17:37Quand il y a les Fashion Week en Afrique,
- 1:17:38quand il y a la Dakar Fashion Week en Afrique ou quand il y a la Lagos Fashion Week,
- 1:17:42quand on est en France,
- 1:17:43il y a très peu...
- 1:17:45Enfin,
- 1:17:45moi,
- 1:17:45en tout cas,
- 1:17:46qui recherche l'information ?
- 1:17:47Moi,
- 1:17:47je ne vois pas d'écho aujourd'hui de ces événements-là.
- 1:17:52Tu ne cherches pas,
- 1:17:53si tu n'es pas dans une dynamique où tu recherches l'information,
- 1:17:56tu ne vas pas avoir un média mainstream qui,
- 1:17:58à un moment donné,
- 1:17:59va aller chercher l'info.
- 1:18:01Il commence à y avoir...
- 1:18:02Et quand il y en a,
- 1:18:02il commence à y avoir un British Vogue ou...
- 1:18:05Vogue Italie qui vont...
- 1:18:07Oui,
- 1:18:07Vogue Italie,
- 1:18:08ils l'ont fait pour Adama,
- 1:18:09j'ai vu,
- 1:18:10mais tu vois,
- 1:18:11c'est plutôt des...
- 1:18:13C'est même pas en France.
- 1:18:13Non,
- 1:18:13c'est pas la France.
- 1:18:17Donc,
- 1:18:17il y a des choses qui se passent,
- 1:18:18mais c'est souvent après,
- 1:18:20et donc c'est vraiment couverture de la Fashion Week,
- 1:18:22mais c'est très bien.
- 1:18:24Mais c'est vrai que c'est...
- 1:18:25C'est pas la France.
- 1:18:26Mais voilà,
- 1:18:27moi,
- 1:18:27je suis vraiment dans ce principe de,
- 1:18:29voilà,
- 1:18:29si vous n'êtes pas invité à la table,
- 1:18:31construisez votre propre table.
- 1:18:33L'idée de mon média Africa Fashion Tour,
- 1:18:35c'est vraiment aussi de se dire,
- 1:18:37à un moment donné,
- 1:18:38on déplore,
- 1:18:39on identifie qu'il y a un manque,
- 1:18:41qu'il y a un besoin.
- 1:18:41Complètement,
- 1:18:42tout à fait.
- 1:18:42De la même façon que toi,
- 1:18:43à un moment donné,
- 1:18:44tu t'es dit,
- 1:18:45cette agence RP,
- 1:18:45je vais l'orienter avec ce côté Afrique parce que je pense qu'il y a un besoin,
- 1:18:50il y a quelque chose à faire.
- 1:18:51Moi,
- 1:18:51l'idée du média,
- 1:18:52c'est ça,
- 1:18:53c'est qu'il y a plein de créateurs talentueux,
- 1:18:55il y a énormément de marques,
- 1:18:56il y a des créateurs de contenu talentueux,
- 1:18:58il y a des créateurs de mode talentueux.
- 1:19:00Mais finalement,
- 1:19:00le côté un média qui les met en avant,
- 1:19:03il y a Elle qui revient aujourd'hui,
- 1:19:06Elle Côte d'Ivoire,
- 1:19:08mais qui n'avait pas été là pendant plusieurs ans.
- 1:19:11Avant,
- 1:19:12c'était juste en digital.
- 1:19:14Il y a,
- 1:19:15mais c'est vrai que ce n'est pas évident,
- 1:19:16parce que s'ils ne sont pas soutenus par des annonceurs,
- 1:19:21il y en a peu.
- 1:19:22Moi,
- 1:19:22ayant travaillé chez Amina,
- 1:19:24qui était quand même au cœur du marché,
- 1:19:25même si Amina,
- 1:19:26ce n'était pas beau comme Elle Côte d'Ivoire,
- 1:19:28elle est...
- 1:19:29Bon,
- 1:19:29c'était quand même le cœur du marché,
- 1:19:31donc j'ai quand même pu me rendre compte qui mettait de l'argent comme marque en Afrique,
- 1:19:35tu vois.
- 1:19:36Et t'en as pas tant.
- 1:19:37Ah non,
- 1:19:37mais c'est clair.
- 1:19:40Mais c'est pour ça que quand on voit que les...
- 1:19:44Moi,
- 1:19:44je pense qu'à un moment donné...
- 1:19:45Les créateurs de contenu aujourd'hui en Afrique,
- 1:19:48ils ne sont pas tant que ça sollicités en termes de marques internationales.
- 1:19:53C'est clair qu'il y a un vrai sujet là-dessus pour moi à se dire.
- 1:19:57Comment réfléchir à d'autres business models ?
- 1:19:59Comment on fait en sorte que ces magazines-là puissent potentiellement être plus dans une logique de...
- 1:20:05Que ce soit des magazines dont une partie est payante et que donc...
- 1:20:09On est des consommateurs qui soient prêts à acheter,
- 1:20:12non pas dans une logique de soutenir,
- 1:20:13parce que le côté un peu charité,
- 1:20:15moi,
- 1:20:15ça me dérange un peu.
- 1:20:16On va aider,
- 1:20:17on va soutenir,
- 1:20:17on va donner.
- 1:20:18Mais c'est pour dynamiser.
- 1:20:22Complètement.
- 1:20:23Il y a vraiment des sujets là-dessus qui sont intéressants.
- 1:20:27Un média,
- 1:20:28pour qu'il soit bon à un moment donné,
- 1:20:29il faut aussi qu'il ait des rentrées.
- 1:20:31Ça reprend mon propos du début.
- 1:20:35Mais si à un moment donné,
- 1:20:36c'est difficile,
- 1:20:37tu fais un super magazine,
- 1:20:39mais que derrière,
- 1:20:40tu n'as pas de financement,
- 1:20:41à un moment donné,
- 1:20:41tu t'essouffles.
- 1:20:42Tu fais comment ?
- 1:20:44Et puis,
- 1:20:46je pense que voilà,
- 1:20:47il faut que les marques doivent jouer le jeu.
- 1:20:49Mais je pense qu'en fait,
- 1:20:50ils ont besoin d'être rassurés.
- 1:20:52C'est ça.
- 1:20:53Mais c'est quand même dingue quand on y pense.
- 1:20:57En tout cas...
- 1:20:59C'est quand même un travail de...
- 1:21:02Je n'ai pas envie de dire de longue haleine,
- 1:21:03mais si,
- 1:21:05quand même.
- 1:21:07Je pense qu'il y a vraiment ce côté,
- 1:21:09quand elles vont faire confiance à un créateur de contenu,
- 1:21:11elles vont voir quel est son engagement,
- 1:21:12quel est son nombre d'abonnés ou autre.
- 1:21:14Moi,
- 1:21:14mon média aujourd'hui,
- 1:21:15ce sur quoi je vais être challengée quand j'ai des conversations avec des sponsors éventuels,
- 1:21:19c'est le nombre de visites,
- 1:21:22sur quelle requête est-ce que je suis positionnée.
- 1:21:24À un moment donné,
- 1:21:24effectivement,
- 1:21:25il faut faire un travail pour pouvoir être suffisamment visible pour...
- 1:21:29pouvoir entamer une conversation avec un sponsor.
- 1:21:33Alors ça,
- 1:21:33c'est vrai.
- 1:21:33Et tu vois,
- 1:21:34ce point-là,
- 1:21:35moi,
- 1:21:35c'est un point que j'essaie de travailler justement en RP avec les différents médias et qui n'est pas toujours évident.
- 1:21:41Parce que tu sais,
- 1:21:42en RP,
- 1:21:42tu dois rendre des comptes à ton client et donc tu as eu un article dans tel magazine,
- 1:21:47on va te dire,
- 1:21:47OK,
- 1:21:48mais donne-moi les KPIs.
- 1:21:50Donc,
- 1:21:50quelle est la valorisation de l'article ?
- 1:21:53Combien de personnes il a touchées ?
- 1:21:55Le site,
- 1:21:56il a combien de visiteurs unis ?
- 1:21:57Combien d'impressions ?
- 1:21:58et les médias,
- 1:21:59ils sont incapables de nous donner ça.
- 1:22:03Peut-être parce que ce n'est pas officiel et qu'ils ont peur,
- 1:22:05mais à un moment donné,
- 1:22:06ça,
- 1:22:06je ne veux pas pour ça.
- 1:22:08Ce n'est pas forcément que ce n'est pas officiel ou que c'est de la peur,
- 1:22:10c'est que techniquement,
- 1:22:11si tu n'as pas comment dire,
- 1:22:13il y a une base technique dans la manière dont tu as construit ton média digital pour pouvoir que ces informations-là...
- 1:22:20Les chiffres,
- 1:22:20tu les as de toute façon.
- 1:22:21Normalement,
- 1:22:22oui,
- 1:22:22mais parfois,
- 1:22:23si tu n'as pas bien paramétré les choses,
- 1:22:24tu ne les as pas.
- 1:22:25Donc des fois,
- 1:22:26parfois,
- 1:22:26c'est des contraintes techniques.
- 1:22:27Oui,
- 1:22:27oui.
- 1:22:28Et après,
- 1:22:28je pense qu'ils ne sont pas dans cette dynamique-là non plus.
- 1:22:31Parce qu'il y a vraiment...
- 1:22:33Mais moi,
- 1:22:33je leur dis,
- 1:22:34faites-le.
- 1:22:35Faites-le,
- 1:22:35communiquez-moi vos chiffres.
- 1:22:37Parce que plus j'aurai de chiffres,
- 1:22:39plus à un moment donné,
- 1:22:40on pourra vous proposer aussi à un annonceur pour qu'il mette un peu de budget ou pour qu'il vous reconnaisse,
- 1:22:48tu vois.
- 1:22:51Mais après,
- 1:22:51voilà,
- 1:22:51je ne sais pas.
- 1:22:53Si,
- 1:22:53pour moi,
- 1:22:54ça,
- 1:22:54c'est important.
- 1:22:55C'est important,
- 1:22:56mais c'est vrai que l'approche,
- 1:22:57parfois,
- 1:22:57dans la manière d'aborder son média,
- 1:22:59c'est plus quelqu'un qui a une passion pour l'écriture,
- 1:23:02pour la photo ou autre.
- 1:23:03Mais la dimension business model dont tu as parlé au début,
- 1:23:06parce que toi,
- 1:23:07tu as été journaliste et ensuite,
- 1:23:08tu as eu le côté publicité,
- 1:23:10il n'y en a pas un qui compte pas cette...
- 1:23:13Non,
- 1:23:13non,
- 1:23:14non.
- 1:23:14Moi,
- 1:23:14j'en ai dit le nombre de personnes.
- 1:23:16En plus,
- 1:23:16chez Amina...
- 1:23:18Je voyais passer plein de gens qui disaient,
- 1:23:19nous,
- 1:23:19on va créer un magazine,
- 1:23:20on veut être interviewé dans Amina,
- 1:23:22parce que tout le monde voulait être interviewé dans Amina.
- 1:23:25Mais le nombre de personnes qui m'ont contacté parce qu'ils créaient un magazine,
- 1:23:29ils cherchaient quelqu'un pour la pub et tout.
- 1:23:31Et en fait,
- 1:23:32ils venaient vers moi,
- 1:23:33ils avaient des super idées,
- 1:23:34mais ça ne tenait pas la route.
- 1:23:36Tu vois ce que je veux dire ?
- 1:23:38Il y avait plein d'idées,
- 1:23:39mais en fait,
- 1:23:40il n'y avait pas de business plan.
- 1:23:43Business model.
- 1:23:45Oui,
- 1:23:45en fait,
- 1:23:46ils disaient,
- 1:23:46oui,
- 1:23:47je vais faire un...
- 1:23:48Alors,
- 1:23:48ils avaient toujours de superbes idées,
- 1:23:50mais en fait,
- 1:23:50derrière,
- 1:23:50je me dis,
- 1:23:51comment ça va tenir ?
- 1:23:52Après,
- 1:23:52en fait,
- 1:23:53on en revient à moi.
- 1:23:54Combien de fois j'ai entendu,
- 1:23:55il faut faire un Vogue Africa,
- 1:23:57il faut faire un Zara africain,
- 1:23:59il faut faire un...
- 1:24:01Et à un moment donné,
- 1:24:01je me dis,
- 1:24:02mais en fait,
- 1:24:03ces business models-là,
- 1:24:04quand vous regardez bien,
- 1:24:05Vogue,
- 1:24:06il est marié avec LVMH et Kering.
- 1:24:08Donc,
- 1:24:08du coup,
- 1:24:09à un moment donné...
- 1:24:11Qui sont les Kering et les LVMH qui vont pouvoir soutenir votre Vogue Africa ?
- 1:24:14Parce que pour que ça fonctionne,
- 1:24:16c'est ça.
- 1:24:16Bien sûr.
- 1:24:19Et donc,
- 1:24:19quand on n'a pas ces notions-là,
- 1:24:20pour moi,
- 1:24:21c'est même en mode.
- 1:24:22Pour moi,
- 1:24:23il y a vraiment ce sujet dans les grands succès des marques,
- 1:24:26dans les succès stories,
- 1:24:27vous avez un profil créatif et vous avez un profil business.
- 1:24:31Alors,
- 1:24:31soit vous avez une personne qui a les deux,
- 1:24:33soit vous avez deux personnes.
- 1:24:35Et donc,
- 1:24:36le profil business,
- 1:24:37il va aller s'assurer que
- 1:24:40Il y a une certaine structure dans le business et il va mettre des choses en place qui ne sont pas les choses les plus créatives mais qui sont les choses stratégiques.
- 1:24:46dont on a besoin pour construire quelque chose de solide.
- 1:24:49Et le créatif,
- 1:24:50il va s'éclater à faire la partie créa.
- 1:24:52Mais quand...
- 1:24:52C'est vrai que ça,
- 1:24:55en Afrique,
- 1:24:55c'est vraiment le gros problème.
- 1:24:57C'est le sujet.
- 1:24:59Et du coup,
- 1:24:59moi...
- 1:24:59Je crée des super trucs,
- 1:25:00mais derrière,
- 1:25:01il n'y a rien.
- 1:25:02Et parce qu'en plus,
- 1:25:04ces personnes-là,
- 1:25:05est-ce qu'elles existent ?
- 1:25:05Mais soit elles ne se rencontrent pas,
- 1:25:08ou elles sont où les profils les plus,
- 1:25:10on va dire,
- 1:25:11business ?
- 1:25:12avec un mindset business,
- 1:25:13ils vont vers de l'agro-business.
- 1:25:14Ils ne vont pas forcément vers les industries culturelles et créatives,
- 1:25:17ils vont vers la fintech.
- 1:25:18Et donc,
- 1:25:19c'est des gens qui peuvent côtoyer les mêmes univers,
- 1:25:21mais qui,
- 1:25:22à un moment donné,
- 1:25:22ne se rencontrent pas dans une logique de
- 1:25:25Oh, tu as une marque de mode,
- 1:25:26il y a du potentiel à développer l'industrie de la mode en Afrique.
- 1:25:30Moi,
- 1:25:30ce que je déplore aussi par rapport à la mode,
- 1:25:32c'est vraiment,
- 1:25:33je pense qu'il y a besoin de… Parce que l'industrie de la mode,
- 1:25:36il y a les RP,
- 1:25:38il y a les créateurs de contenu,
- 1:25:39il y a les médias,
- 1:25:40il y a l'usine.
- 1:25:41Et en fait,
- 1:25:42aujourd'hui,
- 1:25:43on a beaucoup de créateurs,
- 1:25:45de designers,
- 1:25:46de stylistes,
- 1:25:48mais finalement,
- 1:25:49agence RP,
- 1:25:49il n'y en a pas tant que ça.
- 1:25:51Créateurs de contenu aussi,
- 1:25:52il y en a beaucoup,
- 1:25:53mais finalement,
- 1:25:55si on n'a que les créateurs de contenu et que les designers,
- 1:25:58c'est très bien,
- 1:25:59mais si on n'a pas,
- 1:26:00à un moment donné,
- 1:26:01des usines ou des moyens pour valoriser les savoir-faire,
- 1:26:07et puis si on n'a pas des agences RP qui vont naître en avant.
- 1:26:10ces marques et ces créateurs de contenu,
- 1:26:12si on n'a pas non plus toute la partie distribution,
- 1:26:15des experts pour construire les gros magasins et s'assurer de la stratégie pour les dupliquer dans plusieurs pays différents.
- 1:26:22En fait,
- 1:26:22pour moi,
- 1:26:23c'est comme si on avait plusieurs wagons d'un train,
- 1:26:27mais qu'il en manquait certains pour que vraiment,
- 1:26:30on arrive à quelque chose qui fonctionne de manière beaucoup plus fluide.
- 1:26:36Oui,
- 1:26:37mais c'est un peu le problème de l'artiste qui est centré sur le livre,
- 1:26:40qui peut créer,
- 1:26:41qui peut être le plus beau des poètes,
- 1:26:45mais si personne ne te montre,
- 1:26:48les gens ne vont pas venir vers toi.
- 1:26:49Surtout aujourd'hui,
- 1:26:50où il y a tellement d'informations,
- 1:26:53tellement de concurrence,
- 1:26:55c'est devenu primordial.
- 1:26:57Après,
- 1:27:00j'en ai parlé justement quand j'étais au Mali,
- 1:27:03il faut que les gens aussi se disent,
- 1:27:05et...
- 1:27:06Je ne dis pas d'avoir une stratégie où tu as passé trois mois dessus,
- 1:27:10mais une petite stratégie et tu te dis,
- 1:27:13voilà,
- 1:27:13j'ai un petit budget ou j'ai un plus gros budget.
- 1:27:16Et dans mon business plan,
- 1:27:22j'ai un poste,
- 1:27:24une enveloppe pour la communication métier dans le CILI.
- 1:27:28Moi,
- 1:27:28je n'en connais pas beaucoup.
- 1:27:30En fait,
- 1:27:30il y a,
- 1:27:30mais ça va être
- 1:27:31Ibrahim Fernandez.
- 1:27:33C'est des gens qui sont installés déjà.
- 1:27:35Oui,
- 1:27:35mais ils sont déjà installés.
- 1:27:39Ils se démarquent,
- 1:27:40mais ça commence,
- 1:27:41mais peu.
- 1:27:42Tu vois,
- 1:27:42il y en a un,
- 1:27:43Patéo,
- 1:27:43qui est quand même un doyen de la mode.
- 1:27:45Lui,
- 1:27:46il avait compris en ayant des boutiques un peu partout.
- 1:27:50Et tu vois,
- 1:27:50j'ai discuté avec lui dernièrement,
- 1:27:51il y a quelques semaines.
- 1:27:52Il me dit,
- 1:27:53oui,
- 1:27:53mais si je ne faisais pas ça,
- 1:27:54je mourrais.
- 1:27:56Et puis,
- 1:27:57mine de rien,
- 1:27:58le coup de j'habille des personnes influentes et chaque fois qu'elles sont prises en photo quelque part,
- 1:28:06elles ont une de mes chemises.
- 1:28:08À un moment donné,
- 1:28:09Pathéo,
- 1:28:10c'est lui qui nous a appris l'influence le premier.
- 1:28:12Ah mais lui,
- 1:28:14il était avant tout le monde.
- 1:28:16C'est pour ça que moi,
- 1:28:16je...
- 1:28:18Tu vois,
- 1:28:19par exemple,
- 1:28:19pour te dire,
- 1:28:20j'ai accompagné les galeries.
- 1:28:24directeur de l'international et le chargé de marché Afrique,
- 1:28:27je me suis dit,
- 1:28:27il faut qu'il rencontre Pateo.
- 1:28:30C'est le genre de choses que j'organise aussi au-delà des acteurs plus business,
- 1:28:34on va dire.
- 1:28:36Ce que j'aime mettre en place aussi,
- 1:28:40encore une fois,
- 1:28:41comme je disais,
- 1:28:42il faut que les gens communiquent.
- 1:28:44Après,
- 1:28:45il faut avoir ton client qui est ouvert aussi.
- 1:28:46Parce que s'il n'est pas ouvert,
- 1:28:48ça ne sert pas à grand-chose.
- 1:28:49Mais bon,
- 1:28:50en règle générale,
- 1:28:51si tu connais bien ton client,
- 1:28:52tu sais avec qui tu...
- 1:28:53tu peux le mettre et chacun va apprendre.
- 1:28:56Mais c'est vraiment primordial.
- 1:28:58C'est la base de la communication,
- 1:29:00de toute façon.
- 1:29:02Et il faut que les messages passent.
- 1:29:04Il faut vraiment faire dialoguer les cultures.
- 1:29:06Je pense que ce sera le mot de la fin,
- 1:29:08cette histoire de faire dialoguer les cultures.
- 1:29:11Je pense que c'est effectivement le chemin que tu prends et la manière dont tu mènes ta marque dans cette volonté de...
- 1:29:21de promouvoir des industries culturelles et créatives et de créer des ponts entre des populations qui se connaissent.
- 1:29:27pas forcément,
- 1:29:28ou qui se connaissent mal et qui ont des...
- 1:29:31Je pense que ta démarche,
- 1:29:32elle est super intéressante et je suis ravie d'avoir eu l'opportunité de pouvoir prendre ce moment pour échanger avec toi et en savoir plus sur ta manière de travailler,
- 1:29:41ton parcours et aussi,
- 1:29:42quelque part,
- 1:29:43ton engagement.
- 1:29:44Parce que ce que tu évoques là,
- 1:29:44quand tu dis,
- 1:29:45voilà,
- 1:29:46moi,
- 1:29:46je vais aussi organiser des entrevues entre...
- 1:29:49Voilà,
- 1:29:50des cadres de...
- 1:29:53grande boîte occidentale avec un créateur de renommée internationale,
- 1:29:59enfin un créateur en tout cas de renommée à forte notoriété en Afrique.
- 1:30:04Je pense que c'est ce genre de rencontre-là aussi qui marque les esprits de ces personnes-là et qui en fait vont faire bouger les choses parce que ce genre de rendez-vous-là,
- 1:30:16on s'en souvient en fait.
- 1:30:17Absolument.
- 1:30:18Mais je pense que tu disais,
- 1:30:20c'est vrai que tu as raison,
- 1:30:21on se dit...
- 1:30:21Oui.
- 1:30:22des populations qui se connaissent mal,
- 1:30:24mais je pense qu'on va dire,
- 1:30:25plutôt,
- 1:30:25elles ont besoin de mieux se connaître,
- 1:30:28comme ça.
- 1:30:30Voilà,
- 1:30:31je pense que c'est ça,
- 1:30:32en fait.
- 1:30:32Et puis,
- 1:30:33mais bon,
- 1:30:34encore une fois,
- 1:30:34il faut prendre aussi son temps,
- 1:30:36tu vois.
- 1:30:37Et en Afrique,
- 1:30:39par exemple,
- 1:30:39si tu vas voir quelqu'un comme Patéo,
- 1:30:42si tu restes deux heures,
- 1:30:43tu restes deux heures,
- 1:30:43tu vois.
- 1:30:44Il ne faut pas non plus dire,
- 1:30:44ah,
- 1:30:45j'ai qu'une demi-heure.
- 1:30:46Ah oui,
- 1:30:46ben oui.
- 1:30:47Ah oui,
- 1:30:47non,
- 1:30:47non,
- 1:30:47ça va clairement non plus.
- 1:30:49Ouais.
- 1:30:50mais voilà écoute je te remercie beaucoup je te dis à très vite en Afrique ou ailleurs j'espère en tout cas merci à toi Ramata d'avoir contacté je suis ravi écoute ravi également à très bientôt au revoir à bientôt salut merci
- 1:31:08d'avoir écouté l'épisode jusqu'au bout je vous invite à pratiquer quelques petits gestes à impact fort pour m'aider à gagner de la visibilité sur ce podcast vous pouvez partager l'épisode à trois de vos amis
- 1:31:19Vous pouvez laisser un commentaire sur Apple Podcasts ou Spotify.
- 1:31:23Je vous invite également à cliquer sur les 5 étoiles pour donner de la force.
- 1:31:27Je vous dis à très vite,
- 1:31:29en Afrique ou ailleurs.