Latest / ArtEcoVert La voix de la couleur végétale et des plantes tinctoriales / Vanessa Mardirossian - Recherches et transmission sur le potentiel des colorants végétaux et de la biotechnologie
Transcript
- 0:00Bonjour et bienvenue dans le podcast ArtEcoVert,
- 0:03le podcast qui vous parle d'art,
- 0:05d'écologie et de verdure.
- 0:07Je suis Pauline Leroux,
- 0:09ingénieure agronome passionnée de plantes,
- 0:11et je vous emmène à la découverte de la couleur végétale et de toutes ses applications.
- 0:16Que ce soit dans le textile,
- 0:18l'ameublement,
- 0:19l'artisanat,
- 0:20la décoration et dans d'autres domaines,
- 0:23chaque jeudi et samedi à 7h30,
- 0:26je vous propose des épisodes riches avec des invités passionnants pour approfondir le sujet de la couleur végétale sur toute la chaîne de Valeur.
- 0:35Mon but,
- 0:36fédérer et démocratiser la couleur végétale dans nos vies.
- 0:40Alors c'est parti,
- 0:41bonne écoute !
- 0:44Bonjour à tous,
- 0:45je suis ravie d'accueillir sur le podcast à récréer
- 0:49Vanessa Mardirossian.
- 0:51Bonjour Vanessa.
- 0:52Bonjour Pauline.
- 0:54Donc avec vous,
- 0:54on part au Canada,
- 0:56ça c'est chouette,
- 0:57parce qu'il y a beaucoup de francophones qui écoutent notamment le podcast,
- 1:01donc ça fait plaisir.
- 1:03Je vous ai découvert lors des zones grises de la pleuve à travers les prismes de Seine textile.
- 1:11C'était un événement que vous avez organisé qui rassemblait beaucoup de monde de divers endroits et je suis connectée de mes vacances.
- 1:21Et je vous ai découvert à ce moment-là.
- 1:23Et je me suis sentie beaucoup moins seule.
- 1:26Je me suis dit,
- 1:27j'ai fait un...
- 1:29Avant,
- 1:29j'ai déjà pensé,
- 1:30mais il y avait des gens qui cherchaient à me tuer,
- 1:35à garder,
- 1:36à faire parler différents mondes,
- 1:38et qui faisaient énormément de recherches sur l'être en avant de la couleur végétale.
- 1:43Donc,
- 1:44Vanessa,
- 1:44j'aimerais que vous puissiez,
- 1:45en vous présentant aux auditeurs à réconverser,
- 1:48raconter un petit peu ce que vous êtes,
- 1:50votre parcours et comment vous en êtes arrivée finalement à cette valeur végétale dans ce parcours.
- 1:57Très bien,
- 1:58ben oui avec grand plaisir.
- 1:59Donc ben moi à la base c'est vrai que je vis au Canada,
- 2:02à Montréal depuis 16 ans maintenant.
- 2:05À la base je viens de France,
- 2:07je viens de Nice,
- 2:08du sud de la France et j'ai fait mes études en design de mode.
- 2:13Donc j'ai commencé même par un bac en art appliqué à Antibes puis après je suis montée à la capitale.
- 2:20J'ai fait mes études à l'école Dupéré en design de mode.
- 2:24Et puis j'ai fait mon DSA en mode et environnement.
- 2:28Et ensuite,
- 2:29je me suis rendue compte en fait que j'avais moins d'idées pour tout ce qui était forme des vêtements,
- 2:34mais plus pour tout ce qui était matière.
- 2:36Donc,
- 2:37j'ai souhaité continuer mes études en faisant une maîtrise à la Centrale Saint-Martin à Londres en design textile.
- 2:44Et puis,
- 2:45suite à ça,
- 2:45j'ai commencé à travailler en tant que designer textile indépendant pour la haute couture,
- 2:51le prêt-à-porter,
- 2:52les bureaux tendance.
- 2:54Et j'ai travaillé comme ça pendant dix ans.
- 2:56J'avais mon propre…
- 2:57Atelier boutique à Nice,
- 2:59et je travaillais pour Christian Lacroix,
- 3:01Chanel,
- 3:02Kenzo,
- 3:03Louis Vuitton,
- 3:04pour Nelly Rodi,
- 3:06et dans la prospection,
- 3:08dans les pièces uniques en fait.
- 3:11Je faisais vraiment des panneaux de textile imprimés en pièces uniques,
- 3:16puis là les couturiers coupaient dedans,
- 3:18puis ils faisaient des modèles.
- 3:19Pendant cette période,
- 3:20c'est vrai que j'ai eu quelques problèmes de santé.
- 3:23mais je n'ai jamais fait le lien entre les teintures synthétiques que j'utilisais pour travailler et mes problèmes de santé.
- 3:29Ensuite,
- 3:29je suis partie au Canada,
- 3:30mais ça on va y revenir après.
- 3:32Je suis partie donc au Canada,
- 3:34et là,
- 3:34il me manquait une corde à mon arc.
- 3:35J'ai dit,
- 3:36tiens,
- 3:36je n'ai jamais travaillé dans l'industrie,
- 3:38donc j'ai commencé à travailler dans l'industrie pour la fast fashion à Montréal.
- 3:44Et puis,
- 3:44au bout de six ans,
- 3:45j'avais fait un petit peu le tour et je me suis dit,
- 3:47là,
- 3:48comme je suis assez curieuse à chaque fois,
- 3:50je peux toujours me lancer des nouveaux challenges.
- 3:53Donc,
- 3:53j'ai dit,
- 3:53j'aimerais bien enseigner maintenant.
- 3:55Je pense que j'ai une vision 360 degrés de la mode et du design textile en particulier.
- 4:02Donc,
- 4:02je pense que j'ai envie de transmettre.
- 4:05Donc,
- 4:06j'ai approché l'école supérieure de mode de l'UQAM,
- 4:09l'Université du Québec à Montréal.
- 4:11et là ils m'ont dit écoute Vanessa c'est super t'as tout ce qu'il faut mais ce serait super de faire un doctorat pour atteindre des postes de professeur en fait c'est important d'avoir un doctorat donc j'ai dit un doctorat qu'est-ce que c'est j'y avais jamais pensé et je me suis lancée dans cette nouvelle aventure et
- 4:28là il fallait trouver un sujet,
- 4:30une thématique donc j'ai commencé à regarder un petit peu beaucoup de documentaires sur la mode,
- 4:36sur les textiles et là il y a un documentaire en particulier qui m'a interpellée c'est
- 4:40un rapport de Greenpeace de
- 4:422015 qui s'appelait
- 4:44Toxic Threads et qui parlait de l'impact que pouvaient avoir les teintures synthétiques sur la santé.
- 4:51Et c'est là que la prise de conscience s'est faite par rapport à mes propres problèmes de santé,
- 4:56où à l'époque je travaillais avec du polyester,
- 4:58avec des encres dispersives,
- 5:00des techniques de sublimation.
- 5:02et où j'ai eu des problèmes d'infertilité,
- 5:04des problèmes de mutations génétiques avec mon enfant.
- 5:08Donc tout ça,
- 5:08je faisais le lien.
- 5:09Je n'ai pas cherché des réponses forcément,
- 5:11mais en tout cas,
- 5:12ça a eu un impact sur ma pratique de designer.
- 5:15Donc c'est comme ça que j'ai souhaité entreprendre une recherche multidisciplinaire où j'allais allier le design,
- 5:22la santé environnementale et la chimie.
- 5:26Donc,
- 5:26dans le cadre de ma thèse,
- 5:28tout ça,
- 5:28c'était il y a 7 ans,
- 5:29parce que j'ai commencé en 2017.
- 5:32Et en 7 ans,
- 5:33normalement,
- 5:34une thèse,
- 5:34c'est 4 ans.
- 5:35Là,
- 5:35je suis en phase de rédaction de thèse.
- 5:38Mais en 7 ans,
- 5:39j'ai quand même appris de nouveaux métiers,
- 5:42donc celui d'enseignante et celui de chercheur.
- 5:46Parce que j'ai découvert un nouveau monde,
- 5:47en fait,
- 5:48la recherche en design,
- 5:49et comme on l'appelle ici au Québec,
- 5:51la recherche création en particulier.
- 5:54C'est quelque chose que je ne connaissais pas du tout et qui ouvre des portes et des opportunités incroyables pour faire des ponts avec différentes disciplines,
- 6:02mais aussi pour aller en profondeur dans une thématique.
- 6:05Parce que ce que je dis toujours,
- 6:06c'est que quand on est dans l'industrie,
- 6:08dans le monde du travail,
- 6:09tout va trop vite.
- 6:10Bon,
- 6:11en plus quand on est dans la...
- 6:12fast fashion,
- 6:13mais tout va trop vite,
- 6:14de toute façon on n'a pas le temps de réfléchir,
- 6:16il y a des délais,
- 6:17il y a des saisons,
- 6:18il faut sortir des collections.
- 6:20Donc là c'est un moment où on peut avoir cette réflexion un peu plus profonde sur nos pratiques.
- 6:25Et j'ai commencé cette recherche création,
- 6:28où là un peu ce qui est au cœur de ma recherche c'est ce que j'appelle l'éco-littératie textile.
- 6:34Donc qu'est-ce que c'est l'éco-littératie ?
- 6:36C'est un concept qui a été lancé par le pédagogue
- 6:40David Orr,
- 6:42un pédagogue américain en 1990,
- 6:44qui s'était rendu compte en fait que dans nos enseignements traditionnels,
- 6:48il y avait une grande déconnexion avec notre environnement.
- 6:52Donc tout est centré sur l'humain,
- 6:55les besoins de l'humain.
- 6:56Donc là c'était de se dire d'où on vient,
- 6:59de quoi on est fait,
- 7:00de quelles molécules on est fait.
- 7:02On se rend compte qu'on est fait des mêmes molécules que tous les êtres vivants qui nous entourent,
- 7:05les plantes,
- 7:06les animaux,
- 7:07et qu'on n'est pas au-dessus de la hiérarchie du monde des vivants.
- 7:10mais qu'on en fait complètement partie.
- 7:12Et ce que ça apprend aussi,
- 7:15c'est que les matériaux qu'on utilise,
- 7:17ils ne vont pas disparaître dans l'atmosphère.
- 7:19Tout est recyclé,
- 7:20tout revient.
- 7:21Donc quand on crée des molécules synthétiques qui sont persistantes et qu'on n'arrive plus à dégrader,
- 7:29on a une problématique après de recyclage et aussi de déplacement de ces molécules qui deviennent une pollution pour l'environnement.
- 7:38Donc voilà un petit peu le début de mon parcours.
- 7:44D'accord,
- 7:44alors du coup ça c'est le parcours,
- 7:47et alors le lien avec la couleur vegetale ?
- 7:50Alors,
- 7:51c'est vrai que je suis partie de la couleur synthétique.
- 7:53En tant que designer textile,
- 7:55c'est mon outil de travail,
- 7:56la couleur.
- 7:57Et je l'ai toujours utilisé comme un aspect un peu esthétique.
- 8:02Un beau bleu,
- 8:03un joli rouge,
- 8:04un jaune vibrant,
- 8:06une gamme de couleurs pantone aussi.
- 8:09On doit suivre une tendance.
- 8:11Mais jamais je suis allée voir ce qu'il y avait derrière la couleur.
- 8:14Et quand on va voir un petit peu ce qui est derrière la couleur,
- 8:18on se rend compte que...
- 8:20il y a des risques en fait.
- 8:24Donc là j'en suis,
- 8:26comme je disais dans la rédaction de ma thèse,
- 8:28dans le premier chapitre je fais un petit peu un historique des teintures végétales,
- 8:32un historique des teintures synthétiques,
- 8:35et un historique des teintures biotechnologiques,
- 8:37parce qu'aujourd'hui tout ce qui est dans des approches un peu prospectives de la couleur,
- 8:42on travaille avec le vivant,
- 8:43on travaille avec des...
- 8:44des bactéries,
- 8:45certains designers et chercheurs travaillent avec des bactéries ou des algues donc je me suis un petit peu intéressée à ces trois mondes là grâce à ça et dans le cadre de ma recherche je fais des entrevues,
- 8:57donc c'est pour ça que j'ai rencontré tout un panel d'experts incroyables dont l'historienne,
- 9:03archéologue,
- 9:04ethnographe
- 9:05Dominique Cardon que vous avez aussi reçu sur votre podcast et que j'ai écouté avec grand intérêt donc ces personnes là
- 9:14sont capables,
- 9:15sont gardiennes de ces connaissances,
- 9:16de ces savoirs.
- 9:17Quand je disais à Dominique,
- 9:20ces savoirs perdus,
- 9:20elle dit Mais non Vanessa,
- 9:21ils ne sont pas perdus.
- 9:22Je dis Mais ils ne sont pas perdus pour vous,
- 9:24qui travaillez en tant qu'historienne,
- 9:26mais pour,
- 9:27par exemple,
- 9:28les designers comme moi,
- 9:29qui ont été formés dans les années 90,
- 9:31pourtant dans des écoles de renom à Paris ou à Londres,
- 9:35la teinture,
- 9:36on n'en parlait pas.
- 9:37C'était de la teinture synthétique et on ne s'est jamais posé la question ni de...
- 9:42ce qu'elle comportait,
- 9:43ni de comment elle était fabriquée.
- 9:45Donc c'est intéressant de s'intéresser à l'origine de cette matière-là.
- 9:52Donc quand je m'intéresse en particulier aux teintures synthétiques et qu'on voit comment ça a commencé tout ça,
- 9:58à la base en fait c'était vraiment un résidu.
- 10:02en fait au
- 10:0319e siècle,
- 10:04milieu du
- 10:0519e vers 1856,
- 10:08on date un peu à cette époque-là avec la découverte de la mauvaise vie de William Henry Perkin,
- 10:14c'était vraiment de se dire comment je peux valoriser ces déchets,
- 10:18ces rebuts en fait de...
- 10:26des origines pétrochimiques qu'on utilisait pour faire des lumières,
- 10:31pour illuminer les villes.
- 10:33Comment on allait utiliser cette houille,
- 10:35ce résidu,
- 10:36pour faire des médicaments ou d'autres valorisations commerciales.
- 10:40Et c'est là qu'on a commencé à faire des encres et des teintures synthétiques.
- 10:44Donc,
- 10:45dès le départ,
- 10:46on s'est rendu compte pourtant qu'il y avait des problèmes de santé connectés à ces teintures-là.
- 10:51et aussi des problèmes de solidité.
- 10:53Elles n'ont pas été opérationnelles dès le départ,
- 10:56donc il y a eu beaucoup d'investissements et de recherches pour qu'on les améliore,
- 11:01ces teintures-là.
- 11:02Parce que justement,
- 11:03elles étaient moins chères,
- 11:04on n'avait pas besoin de faire pousser des teintures,
- 11:10ça paraissait à la base magique un petit peu.
- 11:13Elles étaient moins chères,
- 11:14et là je mets ça entre parenthèses,
- 11:17d'un certain aspect,
- 11:18mais parce qu'on externalise un petit peu le coût environnemental de cette teinture-là.
- 11:24Donc aujourd'hui,
- 11:25on commence à en parler un petit peu,
- 11:27mais ça devient difficile parce que,
- 11:29ça reste difficile parce que quand même l'industrie de la mode,
- 11:32c'est une industrie où beaucoup de profits,
- 11:35avec ce modèle économique de fast fashion qui est né depuis les années 60 en fait,
- 11:41avec en particulier la marque
- 11:43Zara vers les années 1968.
- 11:47je pense,
- 11:47avec cette idée de se dire on va démocratiser la mode,
- 11:50on va la rendre accessible au plus grand nombre.
- 11:52Ce qui,
- 11:53à la base,
- 11:53n'était pas une mauvaise idée,
- 11:56mais ça a créé ce processus d'accélération de production et aussi d'augmentation de profit qui fait que les coûts de production doivent être de plus en plus bas.
- 12:08Donc on cherche des...
- 12:11des produits qui ne sont vraiment pas chers,
- 12:15et donc ce qui fait que l'impact environnemental grandit finalement,
- 12:19puisque ces molécules sont issues de la pétrochimie.
- 12:22Donc pour revenir,
- 12:23parce que je m'éloigne un petit peu,
- 12:24je pars dans mon historique,
- 12:25pour revenir à pourquoi je m'en suis intéressée aux teintures végétales,
- 12:29c'était parce que dans le cadre de ma recherche,
- 12:31je cherchais des alternatives à ces teintures synthétiques qui ont un impact sur la santé et l'environnement.
- 12:39Et donc...
- 12:40les premières...
- 12:41En fait,
- 12:42au départ,
- 12:42avant de contacter tous ces experts,
- 12:45j'ai commencé,
- 12:46puisque dans le cadre d'une recherche-création,
- 12:48on allie et vraiment de façon très liée la théorie et la pratique.
- 12:56Donc,
- 12:57j'ai commencé par les livres,
- 12:58en lisant un petit peu l'histoire des teintures synthétiques et des teintures végétales.
- 13:03Et tout de suite,
- 13:04je suis partie dans le laboratoire où j'ai commencé à expérimenter.
- 13:07Et ce qui m'intéressait,
- 13:09dans le cadre de ma recherche.
- 13:12Je parlais d'écolittératie,
- 13:13qui est un premier grand concept de ma thèse.
- 13:15Le deuxième,
- 13:16c'est le biomimétisme.
- 13:18C'est comment on va prendre le vivant comme modèle.
- 13:22C'est un concept qui a été popularisé en 1997 par la biologiste américaine Janine Benus,
- 13:30qui,
- 13:30elle,
- 13:31se disait qu'on devrait observer les processus de fabrication du vivant,
- 13:36voir comment...
- 13:37le vivant arrive à fabriquer des matériaux à température ambiante et sans produits chimiques finalement.
- 13:46à l'université où j'étudie,
- 13:48qui est l'université Concordia à Montréal,
- 13:50on a la chance d'avoir ce
- 13:52Speculative Life Biolab où on peut travailler et expérimenter avec l'huivant,
- 13:56comme je disais tout à l'heure,
- 13:57et des algues,
- 13:58avec des bactéries.
- 13:59Donc j'ai commencé à travailler avec ces petites bactéries qui sont capables de produire des teintures sous 48 heures et à température ambiante.
- 14:09Donc j'ai fait toute une série de recherches et une exposition sur...
- 14:16ce processus de bactéries.
- 14:18En parallèle de ça,
- 14:19je m'intéressais aussi à tout l'aspect circularité.
- 14:22Quand on parle du vivant,
- 14:24il y a une circularité,
- 14:25c'est-à-dire le vivant,
- 14:26il a un cycle de vie,
- 14:28donc il y a une naissance,
- 14:29il y a une vie,
- 14:32puis il y a une mort aussi.
- 14:34Et cette mort,
- 14:35en fait,
- 14:36elle nourrit la future génération.
- 14:39Donc ce qui m'intéressait,
- 14:40c'est de se dire,
- 14:41de travailler avec des végétaux.
- 14:43qui,
- 14:44avant de retourner au compost,
- 14:46peuvent produire encore,
- 14:48contiennent des pigments.
- 14:50Donc j'ai commencé à travailler avec les déchets agroalimentaires pour fermer un peu cette boucle-là.
- 14:56Donc en parallèle,
- 14:57je travaille avec les bactéries.
- 14:59Il faut savoir que les bactéries...
- 15:02elles viennent de l'environnement,
- 15:03du vivant,
- 15:04elles peuvent venir du sol,
- 15:05elles peuvent venir de lacs.
- 15:07Chaque bactérie produit,
- 15:10chaque souche bactérienne produit une couleur.
- 15:12On a par exemple l'indigofera qui va produire du bleu,
- 15:15on a la serratia qui va produire du rouge,
- 15:19et comme ça on a tout un panel de couleurs,
- 15:20du rose,
- 15:21du jaune,
- 15:22du violet.
- 15:22Et donc d'un côté je travaillais avec ces matériaux un peu prospectifs,
- 15:28innovants,
- 15:29de bio.
- 15:30technologie,
- 15:31et de l'autre,
- 15:32je travaillais avec mes déchets alimentaires.
- 15:37À un moment,
- 15:37je me suis rendue compte et j'ai voulu élargir la palette de ce que pouvait produire la sérachia,
- 15:41par exemple,
- 15:42qui produit du rouge.
- 15:43Donc,
- 15:44je me suis rendue compte qu'en lui donnant des nutriments un peu plus sucrés,
- 15:47salés...
- 15:49elle réagissait de façon différente.
- 15:51En particulier la bleue,
- 15:53l'indigo férenc,
- 15:54qui était plutôt timide.
- 15:55Donc en lui donnant des nutriments,
- 15:57elle devenait plus prolifique.
- 15:59Et donc j'ai fait plusieurs recherches comme ça,
- 16:01puis je me suis rendu compte que les couleurs pouvaient varier,
- 16:04mais essentiellement parce qu'elles variaient selon le support sur lequel je les imprimais.
- 16:10Parce que,
- 16:12pour ceux qui ne le savent pas,
- 16:13on va préciser qu'on teint avec les teintures naturelles.
- 16:17principalement des fibres naturelles.
- 16:20Dans ce monde-là,
- 16:21on a les fibres végétales,
- 16:23qui sont le coton,
- 16:24le lin,
- 16:25le chanvre,
- 16:25par exemple,
- 16:27et les fibres animales,
- 16:28qui vont être la laine et la soie.
- 16:30Donc les bactéries,
- 16:31comme dans les teintures végétales,
- 16:32réagissaient,
- 16:33devenaient beaucoup plus vives sur des couleurs protéiniques,
- 16:37qui sont les couleurs végétales,
- 16:39qui sont les couleurs animales,
- 16:41que sur les couleurs végétales.
- 16:43Donc j'obtenais,
- 16:44par exemple,
- 16:44si on part de la serrachia,
- 16:46J'obtenais des rouges profonds sur mes laines,
- 16:48des roses vifs sur mes soies et des mauves un peu plus pâles sur mes cotons et mes lins.
- 16:55Donc là,
- 16:55je me suis dit comment je vais pouvoir encore élargir cette palette.
- 17:00Et j'ai commencé à nourrir mes bactéries avec ces déchets végétaux pour croiser ces deux mondes-là.
- 17:07et là il faut dire que ça ne donnait pas non plus énormément de différence ça le donnait dans mon petrediche c'est à dire ma boîte pétrie où la couleur d'une bactérie va devenir par exemple rouge vif quand
- 17:23elle est vivante quand on parle de la servachia il va devenir plutôt mauve ou violette une fois qu'on l'a autoclavé c'est à dire qu'on a utilisé de la vapeur pour la tuer et là elle devient un peu plus mauve
- 17:35Donc je n'obtenais pas une grande palette si variée que ça.
- 17:40Donc j'ai décidé finalement d'utiliser les déchets alimentaires pour teindre et les bactéries pour imprimer.
- 17:47Puisqu'à la base,
- 17:48mon métier,
- 17:48c'est l'impression.
- 17:50Donc je me suis rendu compte que j'arrivais à guider la croissance des bactéries parce qu'elles ont besoin d'oxygène pour pousser.
- 17:57Donc par des jeux de pochoirs,
- 17:59je créais des motifs un petit peu.
- 18:01Et je pourrais partager certains documents.
- 18:05pour les auditeurs,
- 18:06s'ils veulent voir quelques images,
- 18:08quelques liens de l'exposition,
- 18:11pour voir des visuels.
- 18:12Parce que là,
- 18:12parler de la couleur sans la voir,
- 18:14on a besoin un petit peu,
- 18:14donc ça pourrait être appuyé par certains liens que je vous enverrai.
- 18:18Top.
- 18:19Et Vanessa,
- 18:19j'ai une question.
- 18:23Je vois les boîtes de pétri,
- 18:24pour cultiver les bactéries,
- 18:25etc.
- 18:26Comment vous l'appliquez ?
- 18:28Vous avez dit un système de précoce.
- 18:29Comment vous l'appliquez,
- 18:30cette bactérie ?
- 18:31Elle est sur un support ?
- 18:33Elle se développe ?
- 18:36ou vous la collez dans une boîte de pétri et vous commencez à comprendre parce que j'ai du mal.
- 18:41Oui,
- 18:41bien sûr.
- 18:44La bactérie,
- 18:44pour se développer,
- 18:45elle a besoin d'un nutriment.
- 18:47Là,
- 18:47on travaille sur de l'agar.
- 18:49L'agar,
- 18:50c'est issu d'une algue.
- 18:52C'est vraiment un processus très classique en microbiologie où on a besoin de ce terrain humide pour que la bactérie se développe.
- 19:02Je développe ma bactérie
- 19:05En fait,
- 19:05j'inocule la bactérie qui à la base est liquide.
- 19:11J'explique aussi que j'utilise la même souche depuis 2017,
- 19:15depuis que j'ai commencé à travailler avec les bactéries,
- 19:18parce que cette bactérie,
- 19:19on peut la mettre en sommeil,
- 19:21ou dans le réfrigérateur,
- 19:23ou on peut la congeler.
- 19:25Et on peut la réveiller.
- 19:28grâce à des nutriments et à de l'oxygène quand on en a besoin.
- 19:32Donc là,
- 19:33je prépare ma boîte de pétri avec mon nutriment à base d'agar.
- 19:37J'inocule ma bactérie qui,
- 19:39à la base,
- 19:39est transparente.
- 19:41Et sous 48 heures,
- 19:42elle va produire son pigment.
- 19:44En l'occurrence,
- 19:45la CRH1,
- 19:45c'était du rouge.
- 19:47Ensuite,
- 19:48il y a toute une idée de mise à l'échelle de cette bactérie.
- 19:51Là,
- 19:51on parle d'une petite assiette de 10 cm de diamètre.
- 19:54Donc là,
- 19:54quand j'ai réalisé mon exposition où j'imprimais un...
- 19:57un manteau entier,
- 19:59j'ai fait une mise à l'échelle.
- 20:01Je suis passée de la boîte de pétri de 10 cm
- 20:03à une taille à 4 environ,
- 20:08et puis une grande boîte finalement de la taille de ma veste.
- 20:15Donc j'inoculais en fait la bactérie toujours sur la gare,
- 20:21et après je venais chercher avec mon vêtement,
- 20:25un peu comme une impression,
- 20:26je venais appliquer et chercher le colorant rouge qui après était mis dans une autoclave.
- 20:33Alors là,
- 20:34on parle d'une technique très expérimentale,
- 20:36mais il y a certaines compagnies comme Pili en France,
- 20:39par exemple,
- 20:40ou Colorifix en Angleterre,
- 20:43qui travaillent avec des bioréacteurs et qui sont en train de développer un processus plus industriel de cette technologie.
- 20:50Donc ça,
- 20:51c'était un petit peu,
- 20:52je voulais me familiariser avec les différentes techniques.
- 20:55Donc d'un côté les bactéries et de l'autre les teintures végétales.
- 20:59Je me suis lancée dans ce monde-là à la base.
- 21:03par instinct,
- 21:04un petit peu,
- 21:05en essayant des choses,
- 21:06sans avoir ces connaissances que j'ai aujourd'hui,
- 21:08que je suis allée chercher après,
- 21:10à travers des entrevues,
- 21:11mais aussi à travers des stages et des formations que j'ai prises avec des experts en teinture végétale.
- 21:19D'accord,
- 21:19justement,
- 21:20j'allais vous demander,
- 21:21je comprends les travaux parallèles entre bactéries et déchets alimentaires,
- 21:27je comprends la recherche de savoir-faire pour les pochoirs,
- 21:34etc.
- 21:36Qui vous avertit de tourner pour l'apprentissage de la teinture légère ?
- 21:41qui vous avez rencontré,
- 21:42est-ce que vous pouvez nous dire un petit peu comment vous vous êtes mis en bouquet de tout ça ?
- 21:48Parce qu'en plus,
- 21:49vous avez l'avantage d'être bilingue.
- 21:51Où est-ce que vous êtes allée ?
- 21:52Moi,
- 21:52je connais un peu bien plus la réponse,
- 21:54mais qu'est-ce que vous pouvez nous citer comme ressources qui vous ont aidé à compléter le savoir et à faire ces bases ?
- 22:02Au départ,
- 22:03j'ai commencé à ce qu'il y avait près de chez moi,
- 22:05donc à Montréal.
- 22:06Donc,
- 22:08à Montréal,
- 22:08on a le centre d'impression textile,
- 22:11centre de design et d'impression textile.
- 22:14Donc là,
- 22:14il y avait une formation.
- 22:15La première formation que j'ai prise,
- 22:16c'était en
- 22:182018 avec Nathalie Tremblay qui enseignait la teinture végétale.
- 22:25Donc ça,
- 22:26on travaillait à partir de pigments végétaux qu'on achetait chez Maiwa.
- 22:31Maiwa,
- 22:31c'est une compagnie dirigée par Charlotte Kwon.
- 22:37qui est située à Vancouver.
- 22:40Donc,
- 22:41les pigments venaient de là-bas.
- 22:42Puis,
- 22:42j'ai découvert ce monde-là,
- 22:44en fait,
- 22:45d'extraits végétaux,
- 22:46de mordansage aussi,
- 22:47parce qu'il y a toute une préparation de la fibre en amont.
- 22:52Donc là,
- 22:52on mordansait avec de la lin,
- 22:54par exemple.
- 22:56et je dois dire que autant Maiwa que aussi j'ai une deuxième source au Canada elle est à Seattle aux Etats-Unis mais elle fournit aussi beaucoup au Canada,
- 23:07c'est
- 23:08Botanical Colors,
- 23:10Cathy Hattori donc toutes les deux en fait,
- 23:14Charlotte comme Cathy elles sont beaucoup dans la transmission des connaissances,
- 23:18donc sur leur site respectif elles partagent gratuitement énormément de ressources
- 23:24pour mordre danser les tissus.
- 23:26Cathy,
- 23:27par exemple,
- 23:27elle organise des Mordanting Mondays.
- 23:31Donc,
- 23:31chaque jour,
- 23:32un petit peu,
- 23:33il y a comme une communauté,
- 23:34en fait,
- 23:35qui se crée autour de la couleur,
- 23:36qui est assez nichée,
- 23:39donc où on se connaît un petit peu tous,
- 23:40finalement,
- 23:41et aussi où rentrer en contact avec ces personnes-là,
- 23:45ces experts.
- 23:46très érudits comme
- 23:48Dominique Cardon aussi,
- 23:49il y a une ouverture,
- 23:51il y a une facilité parce qu'il y a une envie de transmettre,
- 23:53une envie que ces connaissances perdurent et aussi soient utiles aux designers actuels pour vraiment trouver une alternative à ces teintures synthétiques qui quand même teignent,
- 24:06je ne dirais pas 90%,
- 24:08mais la grande majorité de nos textiles aujourd'hui.
- 24:12D'accord,
- 24:13donc d'abord dans le cercle,
- 24:14le reste,
- 24:15enfin,
- 24:15on trouve au Canada,
- 24:17donc oui,
- 24:17le maïwa et le botanical color.
- 24:20même en France on les connait donc j'imagine que c'est des super ressources et donc du coup dans des interviews c'est en fait vous faisiez des échanges des rencontres vous allez les mettre sur place oui alors d'abord la
- 24:36première formation que j'ai prise avec Nathalie Tremblay au centre d'impression textile j'y suis allée c'est une fin de semaine comme on dit ici c'est un week-end c'est un week-end où là on expérimente toutes ces couleurs j'ai pris aussi un petit peu
- 24:49un cours sur l'indigo,
- 24:50l'indigo qu'on a fait à partir de bananes,
- 24:54parce qu'il faut du fructose pour faire de l'indigo,
- 24:56donc il faut un sucre,
- 24:57donc il y a des indigos à partir de dates,
- 25:03des indigos à partir de...
- 25:04Là,
- 25:04ce jour-là,
- 25:05on avait fait à partir de bananes,
- 25:06donc j'ai découvert tout un nouveau monde.
- 25:08Et donc ça,
- 25:09c'était ma première formation.
- 25:13Ensuite...
- 25:14J'ai pris une formation aussi avec Katia Tori.
- 25:17Elle est à Seattle,
- 25:19donc c'était en ligne,
- 25:22mais c'était vraiment très bien fait.
- 25:25Ce qu'elle offre,
- 25:26c'est un kit de démarrage où il y a un petit peu de différents extraits.
- 25:33Il y a aussi des fleurs,
- 25:34il y a aussi des mordansages,
- 25:36il y a du fer pour après faire de la modulation de couleur post-bain.
- 25:42C'est une deuxième formation que j'ai prise.
- 25:44Et puis après,
- 25:45il y a eu toute la partie aussi d'entrevue qui fait partie de ma thèse finalement.
- 25:52Donc là,
- 25:52quand je faisais...
- 25:55Tout l'aspect théorique de ma thèse,
- 25:57ça m'a donné une espèce de cartographie un petit peu de comment les disciplines s'interconnectaient les unes avec les autres.
- 26:05Et au croisement de ces disciplines,
- 26:07ont émergé certains experts,
- 26:10certains noms d'experts,
- 26:11avant que je les contacte.
- 26:13Par exemple,
- 26:13c'est l'histoire,
- 26:14si je dois parler à quelqu'un,
- 26:15ça va être Dominique Cardon.
- 26:17Si je dois parler à quelqu'un qui fait des extraits végétaux,
- 26:22ça va être...
- 26:23Anne de la Sayette,
- 26:24que vous avez interviewée aussi,
- 26:26ou Patrick Brenac de Greening.
- 26:29Donc,
- 26:30ces noms-là ont émergé.
- 26:33Et donc,
- 26:33j'ai commencé mes entrevues aussi avec des gens que je connaissais.
- 26:37Par exemple,
- 26:37il y a eu la professeure...
- 26:41qui s'appelle Rachel McHenry à Toronto,
- 26:44que j'avais connue lors de ma maîtrise à Londres,
- 26:48qui elle a toujours travaillé,
- 26:49depuis les années 90,
- 26:51elle travaillait avec des communautés en Inde,
- 26:53au Pakistan,
- 26:54des communautés de teinture naturelle.
- 26:57Elle est professeure à l'Université de Toronto et elle enseigne la teinture végétale.
- 27:04Ce que je trouve intéressant aussi,
- 27:05c'est que je me rends compte que la plupart des personnes qui s'intéressent à la teinture végétale
- 27:10reviennent à l'agriculture.
- 27:12Donc,
- 27:12elles repartent du début.
- 27:13Il y a ce lien avec d'où ça vient,
- 27:16comment ça pousse.
- 27:18Donc,
- 27:18par exemple,
- 27:20mon amie Rachel McHenry,
- 27:22elle a lancé un atelier de plantes sectoriales sur le toit de l'université.
- 27:28Donc,
- 27:28comment les étudiants doivent partir à l'origine de...
- 27:34de la couleur finalement.
- 27:36Et je me rends compte que c'est quelque chose qui revient chez toutes les personnes avec qui je travaille.
- 27:40Par exemple,
- 27:41j'ai commencé l'entretien aussi avec Dominique Cardon,
- 27:46qui m'expliquait un petit peu cette histoire des couleurs.
- 27:50En fait,
- 27:51elle est vraiment sur le terrain.
- 27:53Elle étudie des teintures du paléolithique,
- 27:57de l'âge de bronze,
- 27:58où elle se rend compte qu'en fait,
- 28:00c'est...
- 28:01ces garances qu'on utilisait déjà à l'époque,
- 28:03ce rouge garance qui vient d'une racine et d'une solidité incroyable,
- 28:07puisqu'elle date de plus de 2000 ans.
- 28:10Donc,
- 28:11il y a tout cet aspect aussi qui m'intéresse de mettre en avant dans ma thèse,
- 28:15c'est de...
- 28:17de casser un peu ces préjugés qui nuisent au développement des teintures naturelles,
- 28:23où les teintures naturelles,
- 28:25on dit qu'elles ne sont pas solides à la lumière.
- 28:28Mais moi,
- 28:29j'ai envie de contrecarrer ça en disant,
- 28:31pourquoi on aurait besoin que des teintures synthétiques qui doivent durer
- 28:38100, 200 ans ?
- 28:39Alors que notre envie de changement,
- 28:42tous les six mois avec une nouvelle couleur,
- 28:44on n'a pas besoin qu'une couleur dure des centaines d'années.
- 28:48D'autant plus qu'après ça devient un problème environnemental où ces molécules sont persistantes dans l'environnement et on est incapable de s'en débarrasser et perdurent dans l'eau potable et entrent dans la chaîne alimentaire et
- 29:02dans le corps humain finalement,
- 29:04et dans tous les vivants.
- 29:06Donc ce problème qui est un faux problème de solidité de couleur,
- 29:13en fait c'est surtout un problème de mentalité,
- 29:16je dirais.
- 29:17On a besoin d'un changement de mentalité.
- 29:19On a besoin de se dire…
- 29:22on doit faire des fibres de qualité,
- 29:26mais les couleurs,
- 29:27même si peut-être elles vont passer un petit peu,
- 29:29et pas toutes encore,
- 29:30mais certaines sont plus évanescentes,
- 29:32on parle de couleurs grand teint et on parle de couleurs petit teint.
- 29:35Donc les couleurs grand teint comme la garande justement,
- 29:38la gaude,
- 29:39l'indigo,
- 29:40ces couleurs vraiment de base qui sont les trois couleurs primaires avec lesquelles on peut faire toutes les couleurs incroyables.
- 29:48Enfin,
- 29:48moi,
- 29:49j'avais été vraiment épatée quand,
- 29:51avec simplement mes déchets alimentaires,
- 29:53j'arrivais à matcher,
- 29:55comme on dit dans le jargon,
- 29:57les couleurs pantone de la saison 2022-2023.
- 30:02Je travaillais avec mes étudiants,
- 30:03j'arrivais à les matcher complètement,
- 30:06à les assortir,
- 30:07parce que c'est une recette,
- 30:09en fait.
- 30:10La teinture végétale,
- 30:11c'est de la cuisine.
- 30:12Donc on prend son cahier,
- 30:14on prend des notes,
- 30:15on mesure des ingrédients,
- 30:18on mesure des températures,
- 30:19on mesure des bains de pH,
- 30:21et là on arrive à obtenir des reproductibilités.
- 30:26Donc pour expliquer un petit peu ce parcours-là,
- 30:29je m'éloigne un peu peut-être,
- 30:30mais j'ai commencé par faire cette exposition où j'ai exposé dans une vitrine pendant trois mois,
- 30:37sans protection IV,
- 30:39cette veste réalisée en collaboration avec une
- 30:41avec des artisans et des designers locaux qui ont fait le patronage,
- 30:46qui ont fait la couture,
- 30:48qui ont tricoté le jersey aussi des compagnies locales.
- 30:51Et j'ai vu au bout de ces trois mois qu'effectivement,
- 30:54il y avait une certaine sensibilité à la couleur.
- 30:57Les bactéries,
- 30:58en l'occurrence,
- 31:00étaient assez sensibles à la couleur.
- 31:02Donc il faut voir maintenant au niveau de ce qui est possible de faire.
- 31:07C'est pour ça que je trouve vraiment intéressant et important,
- 31:11voire nécessaire,
- 31:12cette collaboration multidisciplinaire dans le domaine de la couleur.
- 31:18mettre ensemble le chimiste,
- 31:21l'expert en analyse du cycle de vie,
- 31:24l'éco-toxicologiste,
- 31:26le designer,
- 31:28le professeur.
- 31:29Donc,
- 31:29comment ensemble,
- 31:30avec nos angles et nos expertises différents,
- 31:33on va arriver à améliorer ces processus-là ?
- 31:37Alors,
- 31:37Vanessa,
- 31:38avant que vous continuiez dans votre processus de découvert,
- 31:43vous parlez des préjugés de la couleur végétale.
- 31:47donc c'est vraiment quelque chose que je suis vite tombée dessus au fur et à mesure des podcasts ici en France et en fait je me suis dit je vais aller chercher des gens qui pourront témoigner et lever ces préjugés donc on en a globalement une quinzaine franchement
- 32:02c'est toujours les mêmes qui reviennent il y en a des prioritaires et d'autres et en fait je me suis dit même si on fait intervenir une historienne Dominique Cardon qui témoigne d'un tuer il y a plus de 100 000 ans et qui
- 32:16et bien en fait ça ne convainc pas les gens et donc je me suis dit qu'il faudrait mettre des preuves scientifiques
- 32:26et en fait avoir un genre de quelque chose de certifié par le monde scientifique il y a des couleurs éphémères,
- 32:35des couleurs quand elles sont solides,
- 32:37voilà ce que ça donne voire en fait sur pas préjugés quasiment une moitié scientifique parce que j'ai l'impression que soit c'est les lomis en face qui font qu'on balaye du doigt la couleur régénérale
- 32:52et qui pervertent ces préjugés,
- 32:54soit c'est les consommateurs comme nous qui avons des doutes,
- 33:00et ces doutes restent,
- 33:01et peut-être que des preuves scientifiques pourraient aider à changer la perception.
- 33:08Ok,
- 33:09alors il y a peut-être ça,
- 33:10il y a peut-être les preuves scientifiques.
- 33:12Moi,
- 33:13je pense qu'on est aussi dans une pratique de la recherche,
- 33:18empirique,
- 33:19comme le dit souvent
- 33:20Dominique Ardon,
- 33:21et elle,
- 33:22ce qu'elle regrette un petit peu,
- 33:23c'est que les personnes ne portent pas ces couleurs-là.
- 33:27Donc,
- 33:28elle,
- 33:28elle est toujours la première à les porter,
- 33:29à être capable de dire moi,
- 33:31je sais d'où vient la couleur que je porte,
- 33:33elle a poussé dans mon jardin,
- 33:34je l'ai transformée
- 33:35Donc, on reviendra un petit peu tout à l'heure,
- 33:38il y a une des questions,
- 33:40ça concerne Fyber Shed aussi,
- 33:42Fyber Shed,
- 33:42en fait,
- 33:43Rebecca Bourges,
- 33:44c'est un
- 33:45qui a lancé ce mouvement en Californie dans les années 2010,
- 33:51ça a commencé par un challenge qu'elle s'est lancé.
- 33:54Elle s'est dit moi,
- 33:55dans un an,
- 33:56je ne m'habille qu'avec des vêtements qui ont poussé,
- 33:59qui ont été teints,
- 34:00qui ont été fabriqués dans un rayon de 200 kilomètres autour de chez moi.
- 34:04Donc je pense que cette démarche-là,
- 34:07elle est intéressante.
- 34:08C'est de se dire…
- 34:09par moi-même,
- 34:10je vais tester,
- 34:11je vais porter,
- 34:12je vais laver.
- 34:13Et c'est comme ça que,
- 34:15en fait,
- 34:17on n'a pas besoin d'être convaincu,
- 34:18on a besoin de le vivre,
- 34:20en fait.
- 34:20Parce que c'est quelque chose de vivant.
- 34:23Donc,
- 34:23je pense qu'il faut passer à l'acte aussi au niveau des designers locaux pour pouvoir vendre ces couleurs-là,
- 34:32les vivre.
- 34:33Moi,
- 34:33c'est un challenge que ça fait partie un petit peu de ma to-do list,
- 34:36de me dire,
- 34:37attends,
- 34:37j'en parle,
- 34:38mais il faut que je le fasse aussi.
- 34:39Je me dis,
- 34:40moi,
- 34:40je suis capable de vous dire que ces couleurs-là,
- 34:42j'en ai teint certains.
- 34:43Par exemple,
- 34:44ma belle-mère,
- 34:44elle porte les chemises que j'ai teintes avec mes déchets d'avocat,
- 34:47avec mes déchets d'oignon.
- 34:49On les teint,
- 34:50on les porte.
- 34:51C'est vrai que l'avocat,
- 34:51c'est un rose magnifique.
- 34:53Il est toujours rose.
- 34:54Là,
- 34:54c'était il y a cinq ans que je l'ai teint,
- 34:56il est toujours rose.
- 34:57Donc peut-être au bout d'un moment,
- 34:58on va avoir besoin d'une surteinture de ces bains-là.
- 35:05et c'est là aussi que j'ai envie quand je parlais tout à l'heure d'un changement de mentalité,
- 35:09d'un changement de modèle un peu,
- 35:11c'est de se dire on n'a pas besoin d'avoir quelque chose qu'on va jeter mais peut-être quelque chose qu'on va entretenir,
- 35:20dont on va prendre soin peut-être au lieu de produire moins parce qu'il y a aussi cette notion de décroissance au lieu de produire moins on va pouvoir,
- 35:28ces capitaux qu'on économise en fait on peut les réinvestir dans un modèle d'affaires
- 35:33et il en existe un à Montréal d'ailleurs,
- 35:35c'est les laines ça va de soi
- 35:38Donc, c'est des laines qui viennent principalement de…
- 35:42de Mongolie,
- 35:43elles viennent d'assez loin,
- 35:44c'est des laines très fines,
- 35:45de très très belle qualité,
- 35:46mais en parallèle,
- 35:47dans leur modèle d'affaires,
- 35:48ils ont créé un spa pour les laines,
- 35:51un spa pour les vêtements,
- 35:52qui s'appelle Savabain,
- 35:53parce qu'au Québec,
- 35:54on dit Savabain pour dire ça va bien,
- 35:56mais Savabain comme un bain,
- 35:58B-A-I-N.
- 35:59Donc en fait,
- 36:00un peu comme un toilettage pour chiens,
- 36:03d'animaux,
- 36:04on va ramener son pull de qualité,
- 36:06et il peut être réparé,
- 36:08il peut être surtint,
- 36:10Donc il y a cette notion de prendre soin un petit peu de ce qu'on a.
- 36:15Et il y a une autre compagnie aux États-Unis,
- 36:18c'est Ellen Fisher,
- 36:19qui fait ça aussi,
- 36:20qui a plusieurs capsules de collections,
- 36:25dont une qui s'appelle
- 36:27Renew et une qui s'appelle Reworn.
- 36:30Donc dans Renew,
- 36:31par exemple,
- 36:32elle va récupérer des vêtements qui ont quelques années.
- 36:38et elle va pouvoir les raviver par des surteintures,
- 36:41tout ça.
- 36:42Donc,
- 36:42je pense qu'il faut le vivre,
- 36:44oui.
- 36:45Alors,
- 36:45je suis complètement d'accord avec être ambassadeur de la couleur végétale,
- 36:49c'est-à-dire porter les vélos,
- 36:50etc.
- 36:51C'est exactement à quoi je suis arrivée après tout ça.
- 36:54En me disant,
- 36:54Pauline,
- 36:55tu en parles un an,
- 36:56tu n'as toujours pas un pull en teinture végétale.
- 36:59Et en fait,
- 37:00quand je suis renseignée auprès de plusieurs autorités,
- 37:04qui,
- 37:04certaines,
- 37:05picotent,
- 37:05d'autres,
- 37:07sont fondées par des concours,
- 37:09en fait,
- 37:10c'est assez quand même conquis de trouver la bonne taille,
- 37:14le bon modèle,
- 37:14la bonne valeur,
- 37:16sans se déplacer,
- 37:17ou si on a un truc serré.
- 37:20Ça,
- 37:20c'est mon déconciliation.
- 37:21Après,
- 37:22là,
- 37:22c'est le verbe.
- 37:24Je ne sais pas si vous connaissez le français.
- 37:26Non.
- 37:27C'est donc des couleurs Garance.
- 37:28C'est des couleurs Garance.
- 37:30C'est des cosmétiques à la Garance.
- 37:33Et donc voilà,
- 37:34j'en fais un peu le but,
- 37:35mais moi j'essaie de porter ce que je peux porter.
- 37:38Et pareil,
- 37:38moi je teinte pour reproduire,
- 37:40comme on dit,
- 37:41mes inquiétudes,
- 37:42pour continuer à comprendre.
- 37:43Je veux dire,
- 37:44je me lance dans des chaussettes,
- 37:45je me lance pas dans un but ou dans un jean,
- 37:47j'ai donc une oxytite.
- 37:49C'est là où il y a un petit problème aussi de disponibilité de nos offres.
- 37:54Je mets sur le podcast en avant-avant des co-déclinateurs,
- 37:57ma marque de vêtements.
- 37:59Et je veux dire,
- 37:59c'est quand même pas très accessible.
- 38:02C'est-à-dire,
- 38:03moi,
- 38:03je veux bien porter du végétal.
- 38:05Ça serait vraiment inélogique,
- 38:06incroyable.
- 38:08Sauf qu'aujourd'hui,
- 38:09je trouve que c'est quand même piqué.
- 38:12Oui,
- 38:12c'est vrai parce que je pense qu'on en est au balbutiement de la teinture végétale,
- 38:20mais surtout qu'on en parle à l'école,
- 38:23qu'on en parle aux jeunes designers,
- 38:25que cette petite graine qu'on plante,
- 38:28elle pousse finalement,
- 38:29puisque toute la génération des designers de mon âge,
- 38:33qui ont été formés dans les années 90,
- 38:34encore une fois,
- 38:35on ne parlait pas de ça.
- 38:37Même mon ami…
- 38:39Rachel
- 38:40McHenry dont je parlais tout à l'heure qui était pro teinture végétale déjà à l'avance dans les années 90 elle ne pouvait pas faire de teinture végétale à la centrale de Saint-Martin c'était les teintures synthétiques sinon les teintures végétales ça allait salir l'atelier donc
- 38:57on en était là un petit peu mais c'est ça que j'allais poser comme question selon vous,
- 39:03avec votre expérience au Canada oui
- 39:05Qu'est-ce qu'il faudrait faire pour que la couleur végétale revienne dans les cursus de formation ?
- 39:11parce que là aujourd'hui tous les profs que j'ai eu qui ont témoigné sur le podcast c'est la même chose soit c'est pas abordé dans le cursus soit c'est abordé mais que de manière théorique et peu pratique soit c'est abordé et
- 39:25énormément pratique en fait en fait parce que ça prend pas deux secondes non c'est ça et puis ce qui est vraiment intéressant avec ces nouvelles formations qui sont actuellement
- 39:38mise en place,
- 39:39mais je vous dis,
- 39:40c'est assez récent,
- 39:41c'est qu'il y a ce lien avec la terre.
- 39:43Donc,
- 39:44on sort de la théorie,
- 39:46comme je parlais de l'Université de Toronto,
- 39:48où il y a le jardin sur le toit.
- 39:50Ici,
- 39:50donc,
- 39:52vous me parlez un petit peu de la teinture végétale au Canada,
- 39:56où elle en est.
- 39:57Par exemple,
- 39:58on a la designer de mode,
- 40:01Nadia Bounian,
- 40:02qui,
- 40:03elle,
- 40:03a monté ça en OBNL,
- 40:05avec Arc...
- 40:07arc arc growing pardon
- 40:12Growing Art.
- 40:14Elle fait pousser ses semis depuis
- 40:203-4 ans maintenant.
- 40:21Là,
- 40:21je suis allée visiter les petits bébés qui sont sur les toits de l'Université du Québec à Montréal et elle est en train de les mettre en terre au parc Jean Drapeau.
- 40:31Ce sont des lieux qui sont autant d'expérimentation mais aussi de transmission de connaissances.
- 40:37Elle organise le week-end prochain d'ailleurs des ateliers.
- 40:42où les jeunes,
- 40:43où les familles vont pouvoir teindre,
- 40:46pratiquer.
- 40:47On regarde d'où vient la couleur,
- 40:48on voit d'où.
- 40:51Ce qui est intéressant aussi,
- 40:52c'est de se dire,
- 40:52on ne veut pas que la couleur végétale soit cantonnée à l'artisanat.
- 40:57On veut vraiment ce pas entre l'artisanat et l'industrie.
- 41:00Donc,
- 41:01Cathy Hattori,
- 41:02par exemple,
- 41:02Botanical Colors,
- 41:04elle est vraiment sur ce secteur-là,
- 41:07de rendre ça plus…
- 41:10à plus grande échelle,
- 41:12finalement.
- 41:13Et ce qui est intéressant aujourd'hui,
- 41:15c'est en fait le frein qu'il y avait,
- 41:17c'est de se dire,
- 41:18quand on doit faire des décoctions de plantes,
- 41:20c'est compliqué,
- 41:22et on le voit peut-être avec le dernier livre de Dominique Cardon,
- 41:25Les 157 couleurs de Colgou
- 41:27où elle met des photos aussi où on voit ces gros chaudrons immenses.
- 41:32Donc on parle de décoction,
- 41:33on parle de plantes qui doivent macérer ou qui doivent cuire pendant des heures à 90 degrés.
- 41:40Donc c'est assez intense comme processus.
- 41:47Donc aujourd'hui,
- 41:48ce qui est intéressant,
- 41:49c'est d'arriver avec ces extraits végétaux comme fabrique couleur de plante,
- 41:56de la saillette.
- 41:58Greening,
- 41:59Patrick Brenac.
- 42:01Donc,
- 42:01c'est de se dire,
- 42:02on arrive à des produits qui peuvent être utilisés dans les teintureries traditionnelles entre guillemets,
- 42:09où on peut teindre avec les mêmes machines que les teintures synthétiques.
- 42:15Donc,
- 42:15ça fait que les teinturiers,
- 42:17les teintureries,
- 42:18n'ont pas à investir énormément d'argent pour changer toutes leurs machines,
- 42:22mais peuvent utiliser le même format,
- 42:24c'est-à-dire des poudres.
- 42:27propres,
- 42:28qu'on va peser pour la reproductibilité,
- 42:31qu'on va mélanger pour obtenir nos couleurs.
- 42:34Donc là déjà,
- 42:34on arrive à quelque chose qui peut être mis à l'échelle un peu plus facilement.
- 42:39Et ça,
- 42:39vous avez eu des témoignages de Tarturier,
- 42:41parce que moi ce que j'entends,
- 42:43c'est que oui,
- 42:45on peut utiliser les machines d'écriture avec des extraits végétaux,
- 42:50sauf que ça peut,
- 42:51entre guillemets,
- 42:52encrasser.
- 42:55la machine de ceinture et que c'est du coup pas optimal.
- 42:59Et c'est pour ça qu'il y a en France,
- 43:01on se connaît David Codino d'Alliance Machine Textile,
- 43:05qui a lancé une machine qui fait la taille d'une machine à laver,
- 43:08pour faire simple,
- 43:10et qui a un genre de rivière qui coule sur le tissu avec la matéria colorante.
- 43:15Et donc lui,
- 43:15il y a plusieurs objectifs.
- 43:18C'est ne pas faire des bains pleins pour utiliser les patrons,
- 43:23mais un système un peu plus ergotique pour aider les peinturières végétales à faire des jolis nids.
- 43:29des longs métrages,
- 43:31de la teinture pièce,
- 43:32enfin,
- 43:32vraiment essayer de s'imprégner le quotidien.
- 43:34On est vraiment entre le tisana et l'industrie,
- 43:37la semi-industrie.
- 43:39Et moi,
- 43:39ma question,
- 43:40c'est chouette que vous l'abordiez,
- 43:43c'est comment on fait
- 43:45pour poster ces industriels ?
- 43:47Est-ce que vous avez des témoignages d'industriels qui veulent bosser sur le végétal ?
- 43:51Et est-ce qu'ils vous ont dit,
- 43:53je ne sais pas si vous avez eu des retours là-dessus,
- 43:55ce qui pose problème ?
- 43:58Non,
- 43:59alors deux choses.
- 44:00Déjà,
- 44:00cette machine,
- 44:01oui,
- 44:01je suis allée la voir de mes propres yeux dans l'atelier de Sandrine Rosier parce que je suis allée en novembre...
- 44:09Quand je suis allée voir ma famille à Nice,
- 44:10je suis allée déjà à Arles voir Axel Gissraud de l'atelier Luma,
- 44:15qui eux aussi se lancent dans leur jardin teintorial et font beaucoup d'expérimentations avec des extraits végétaux,
- 44:25mais aussi des plantes effasives,
- 44:27des nuisibles,
- 44:29tout ça.
- 44:29Donc on est vraiment dans cette circularité.
- 44:34Dominique Cardon et Sandrine Rosier et j'ai visité l'atelier de Sandrine Rosier et qui m'a montré cette machine.
- 44:40Donc,
- 44:40je trouve ça vraiment chouette.
- 44:42Récemment,
- 44:43j'ai vu qu'elle était présentée sur un salon avec Patrick Brenac.
- 44:47Donc,
- 44:47c'est vraiment un gros progrès à ce niveau-là.
- 44:50Quand je parle avec
- 44:51Axel Gisraud,
- 44:52on parle de micro-teinturerie,
- 44:56en fait,
- 44:57de teinturerie à petite échelle entre l'artisanat et l'industriel parce qu'on a besoin
- 45:03ça ne peut pas être un changement drastique.
- 45:05C'est-à-dire qu'on a besoin de montrer que ça a son potentiel,
- 45:08même si les convaincus le savent.
- 45:11Mais pour que les plus grosses compagnies,
- 45:13les plus grosses industrielles se lancent et suivent le pas,
- 45:16il faut qu'on monte cette échelle intermédiaire.
- 45:20Donc,
- 45:21c'est vrai qu'il y a très peu de teinturiers.
- 45:24À Montréal,
- 45:25il n'y en a plus qu'un.
- 45:27qui est dans donc il est débordé donc en fait oui ils sont débordés donc c'est très dur de se dire je suis débordé je continue mes commandes mais en parallèle je fais de la recherche et développement donc c'est à nous je pense d'apporter,
- 45:42de faciliter la transition je veux dire en fait cette équipe cette nouvelle équipe qui est là pour supporter cette transition ce changement
- 45:54vers l'artisanat,
- 45:55parce que c'est vrai,
- 45:56si on veut teindre ses chaussettes ou son t-shirt,
- 45:58il y a plein de tutoriels en ligne,
- 46:00mais on veut passer à une autre échelle.
- 46:04D'accord,
- 46:04donc plutôt travailler l'étape qu'on appelle semi-industrielle,
- 46:08vous,
- 46:08c'est micro-teinturerie,
- 46:11pour inciter les grandes grammes et les industriels à se poser la réflexion.
- 46:16Donc ça doit vraiment venir de nous à poser des solutions.
- 46:19Ça,
- 46:19c'est hyper intéressant.
- 46:20Alors,
- 46:21j'ai une autre question.
- 46:23On dévie,
- 46:23mais en fait,
- 46:24tellement...
- 46:25Vous avez parlé dans votre début de parcours,
- 46:28vous aviez travaillé avec des maisons de couture et des renom des grandes marques.
- 46:32On a eu quelques invités qui ont travaillé dans la haute couture,
- 46:36etc.
- 46:38Et je leur pose à chaque fois la question,
- 46:40ce qui pourrait aider la peinture végétale et la teinture végétale,
- 46:44ce serait qu'une grande marque de l'an éprouve.
- 46:47et suscitent l'intérêt aussi autour des couleurs de jardin.
- 46:51Et ma question,
- 46:52c'est,
- 46:52est-ce que vous trouvez qu'il y a une maison de couture ou une marque qui soit s'intéresse ou se répète et qui aille montrer l'exemple ?
- 47:02Est-ce que vous en connaissez qui sont déjà bien dans la vente et qui travaillent le sujet ?
- 47:08Est-ce que vous avez des choses,
- 47:09bien sûr,
- 47:09non non non anciennes,
- 47:10mais est-ce que vous savez un petit peu là-dessus,
- 47:13si la nature et la hauteur se boostent là-dessus ?
- 47:16Alors la première qui me vient à l'esprit c'est Stella McCartney,
- 47:19puisque elle c'est vraiment une pionnière depuis les années 90,
- 47:23depuis le début en fait elle a toujours été très très…
- 47:28axée vers l'éco-responsabilité.
- 47:30À la COP28,
- 47:31d'ailleurs,
- 47:31récemment,
- 47:32elle présentait un panel de technologies,
- 47:37de teintures,
- 47:37de textiles,
- 47:39qui étaient éco-responsables.
- 47:41Donc,
- 47:42ça va même jusqu'à calculer l'empreinte énergétique de ces boutiques.
- 47:47Donc,
- 47:48à plein de niveaux,
- 47:49elle est vraiment...
- 47:51pionnière dans ce domaine-là.
- 47:53Je pense qu'elle a travaillé déjà aussi avec
- 47:56Colorifix pour les bactéries.
- 47:59Elle essaye de mettre en avant,
- 48:01de donner de la visibilité à cette nouvelle technologie et teinture végétale.
- 48:08Après,
- 48:08j'avais récemment une discussion avec
- 48:11Anne de La Sayette qui disait qu'il y a une quinzaine d'années déjà,
- 48:15ils avaient fait des
- 48:18des tests incroyables en impression pour les foulards Hermès,
- 48:22avec des grandes solidités,
- 48:24parce qu'il faut dire que quand la molécule est encapsulée comme elle l'est dans le cadre d'impression,
- 48:29qui est différent de la teinture,
- 48:30elle est beaucoup plus solide encore à la lumière.
- 48:33Mais apparemment,
- 48:34il y a 15 ans,
- 48:35ça ne faisait pas encore partie de la couleur végétale.
- 48:39Ce n'était pas assez fancy,
- 48:42peut-être,
- 48:42pour le luxe.
- 48:44Maintenant,
- 48:44aujourd'hui,
- 48:45je vois que les grands groupes de luxe,
- 48:47comme
- 48:47Kering, par exemple,
- 48:48LVMH,
- 48:50s'associent à des écoles comme la Centrale Saint-Martin à Londres pour…
- 48:56mettre en avant l'aspect régénératif du design.
- 49:00Donc comment,
- 49:01parce qu'il y a cet aspect-là,
- 49:02si on parlait de la terre,
- 49:03mais comment finalement on n'est plus à se dire je vais faire moins…
- 49:09je vais faire moins mal,
- 49:10mais je vais faire mieux,
- 49:11je vais faire magnifique.
- 49:12Donc le regenerative design,
- 49:14c'est aussi mettre en avant que quand on fait pousser une garance,
- 49:17on ne prend pas le sol à la culture alimentaire,
- 49:23mais au contraire,
- 49:24on va régénérer le sol,
- 49:26parce que la garance,
- 49:26justement,
- 49:27elle va apporter de la santé dans le sol,
- 49:29puis en plus,
- 49:30la culture de plantes tectoriales,
- 49:33c'est de...
- 49:34c'est une culture rotative,
- 49:36donc elle améliore la santé du sol,
- 49:39elle participe,
- 49:39elle contribue à la biodiversité.
- 49:42Donc c'est tout ça aussi qu'il est intéressant de faire.
- 49:45Et quand je parle avec l'experte
- 49:47Cécile Bull en analyse du cycle de vie à l'UQAM à Montréal,
- 49:53c'est de se dire,
- 49:55et là,
- 49:55ce manque,
- 49:56en fait,
- 49:57il est aussi soulevé par Dominique Cardon,
- 49:59par plusieurs experts du domaine,
- 50:01c'est de se dire,
- 50:01on manque de
- 50:04d'analyse de cycle de vie comparative entre les teintures synthétiques,
- 50:08les teintures végétales,
- 50:09les teintures biotechnologiques,
- 50:11quel est finalement le véritable pouls,
- 50:14le véritable frein,
- 50:15quels sont les bénéfices et quelles sont les problématiques sur la santé,
- 50:20positives ou négatives de l'un et de l'autre,
- 50:22pour faire basculer un petit peu.
- 50:24Et puis,
- 50:25ce qu'il y a aussi,
- 50:25c'est que…
- 50:27Il y a beaucoup d'investissements dans les nouvelles technologies,
- 50:31mais il manque beaucoup,
- 50:32et ça le soulevait
- 50:33Dominique Ardon encore une fois,
- 50:34beaucoup d'investissements pour de la recherche dans les teintures végétales,
- 50:38parce que quand on voit toute l'énergie et l'argent qui a été mis pour améliorer les teintures synthétiques,
- 50:43qui au départ rendaient malades,
- 50:47il y avait beaucoup de cas de cancer de la vessie,
- 50:51parmi les travailleurs qui travaillaient avec ces nouvelles teintures synthétiques,
- 50:55donc on a voulu…
- 50:56améliorer,
- 50:57il y a eu beaucoup de recherches et d'investissements pour l'améliorer.
- 50:59Donc s'il y avait autant de recherches et d'investissements pour améliorer aujourd'hui la solidité des campeurs,
- 51:06on avancerait beaucoup plus vite.
- 51:07Donc déjà,
- 51:09il faut que les...
- 51:14les preneurs de décision,
- 51:15puis les subventions,
- 51:19voient l'intérêt pour l'environnement,
- 51:20la santé,
- 51:21et parce que ça a un impact aussi sur le changement climatique.
- 51:26Quand on utilise autant de produits issus de la pétrochimie,
- 51:32il y a un impact sur la terre qui devient moins meuble,
- 51:37qui devient dur comme de la pierre.
- 51:39où on a de plus en plus besoin de pesticides,
- 51:41alors que si on fait une culture qui est plus permaculture ou biologique,
- 51:50ou avec des plantes qui vont favoriser la biodiversité,
- 51:53comme les plantes tectoriales par exemple,
- 51:57le bénéfice est grand pour l'environnement et pour la santé.
- 52:00Oui,
- 52:00carrément.
- 52:01En fait,
- 52:01il y a plein de petits liens qui pourraient être améliorés.
- 52:09Le pilier de l'eau,
- 52:11notamment dans la agriculture,
- 52:13le pilier de la biodiversité.
- 52:15J'ai organisé une quinzaine d'électructures pictoriales avec une quinzaine d'expériences.
- 52:21Et en fait,
- 52:21il y a une des agri-agricultrices qui nous a amené à l'apprendre tous les nouveaux instincts qui étaient venus dans son penchant.
- 52:27Et c'était incroyable,
- 52:29des insectes connus dans le connu-bord.
- 52:31Et en fait,
- 52:31elle expliquait qu'elle avait le temps de prendre des photos pour montrer,
- 52:35pour témoigner de ces biodiversités.
- 52:37J'ai trouvé ça super intéressant.
- 52:39Le sol,
- 52:39il faut en parler.
- 52:40Le fait qu'il y ait beaucoup moins d'eau indigène dans le sol,
- 52:43des problèmes de dénace,
- 52:44etc.
- 52:46Et alors ça,
- 52:47c'est la part de la fin.
- 52:50Moi,
- 52:50j'essaie de mettre en oeuvre les agriculteurs ici en sciences.
- 52:53Franchement,
- 52:53il y en a pas mal,
- 52:54c'est beaucoup de femmes d'ailleurs,
- 52:55c'est étonnant,
- 52:55mais il y a beaucoup de femmes.
- 52:58Et je voulais vous poser une question toujours sur cette nature,
- 53:01on va dire qu'il y a la terre à châssis,
- 53:03qu'on peut rendre végétale,
- 53:05ou même avec la métropie et d'autres sources,
- 53:09les bactéries,
- 53:09vous les avez citées.
- 53:11Ce que je voulais dire aussi,
- 53:12c'est que dans la nature,
- 53:13il y a forcément des états de mordantage.
- 53:16Et en fait,
- 53:17on a reçu un invité,
- 53:18vous devez connaître,
- 53:20Céline de Philippe,
- 53:21qui travaille les mordants.
- 53:24Donc en fait,
- 53:25elle a réglé un montre-laisser métallique,
- 53:27et elle s'est dit,
- 53:28tiens,
- 53:28n'essaierai-tu pas de s'en abstenir ?
- 53:31Et elle a fait des recherches,
- 53:32et elle a travaillé avec des plantes,
- 53:36donc genre le Norlopode,
- 53:39le Symphocos,
- 53:40et je ne sais plus,
- 53:41le Troisième.
- 53:42qui viennent d'assez loin,
- 53:43mais qui sont cultivées de manière responsable.
- 53:46Et en fait,
- 53:47en parlant autour de moi avec les invités,
- 53:50il y a Gérard Cey qui a dit qu'il y a des biomordants,
- 53:55on en a tout simplement,
- 53:56par exemple,
- 53:57dans les pommiers et les pommiers sauvages.
- 54:01Ma question,
- 54:02c'est,
- 54:02est-ce que vous avez étendu un peu cette histoire de procéder des pommiers bio ?
- 54:09à la phase de vendant d'âge et à la phase d'après.
- 54:14Parce que forcément,
- 54:15vous avez dû,
- 54:16sous ce tout,
- 54:17et comme vous êtes vraiment sur une cartographie,
- 54:20vous avez dû forcément tourner les domaines à bon ou à mal.
- 54:24est-ce que vous pouvez nous raconter un petit peu ?
- 54:26Bien sûr,
- 54:26alors les bio-mordants je les ai essayés aussi j'en ai discuté des lycopodes et des simplocos,
- 54:32j'ai essayé est-ce qu'on se rend compte avec simplocos ?
- 54:35bon déjà c'est vrai que ça vient de très loin et puis aussi c'est qu'il en faut énormément par exemple on travaille beaucoup en pourcentage de poids d'afibre donc si par exemple on va être à 10 ou 15% pour de la lin et bien on va être à presque
- 54:53100% pour du simple au cos,
- 54:55il en faut vraiment beaucoup.
- 54:57L'autre chose aussi,
- 54:58avec les lycopodes,
- 54:59par exemple,
- 55:00c'est que,
- 55:01et donc,
- 55:01c'est pas pour dénigrer parce que c'est des avenues vraiment importantes,
- 55:04moi-même je les teste,
- 55:05mais c'est pour ça aussi l'analyse de cycle de vie,
- 55:08c'est important,
- 55:08c'est de se dire combien il m'en faut et d'où ça vient.
- 55:13donc est-ce que je peux en avoir dans mon environnement immédiat comme le précise Michel
- 55:20Garcia donc les lycopodes en fait ils sont en extinction donc ils sont en risque d'extinction donc il faut faire vraiment attention et ça Dominique Cardon dans son livre Le monde des teintures naturelles elle le mentionne dès le départ elle dit attention de ne pas prendre plus que ce que la terre
- 55:37peut se renouveler en fait 10% par saison
- 55:43pour que ça ait le temps de se régénérer.
- 55:46Donc,
- 55:46c'est vraiment important de se dire combien il m'en faut et de ne pas en prendre trop.
- 55:52J'ai essayé aussi,
- 55:54en parlant de bio-mordant,
- 55:56les tannins.
- 55:58Donc le tannin,
- 55:58par exemple,
- 55:59quand j'étais avec mes déchets alimentaires,
- 56:02les pelures de grenade,
- 56:03de poma grenaté,
- 56:04oui,
- 56:05de grenade,
- 56:05donc ça c'est des tannins,
- 56:07mais ce tannin-là,
- 56:08par exemple la lin,
- 56:09bon la lin,
- 56:10c'est un mordant que j'achète moi dans un magasin alimentaire en vrac,
- 56:20c'est pour faire les pickles,
- 56:21donc c'est comme un sel un petit peu,
- 56:24donc la lin,
- 56:26l'avantage.
- 56:27c'est qu'il est transparent,
- 56:28alors que les tannins,
- 56:29ils vont amener un petit côté jaunâtre.
- 56:31Par exemple,
- 56:32la grenade,
- 56:33ça va amener un peu de jaune,
- 56:34le tannin,
- 56:35la noix de galle aussi.
- 56:36Donc des fois,
- 56:36ça peut être intéressant pour certaines couleurs,
- 56:39mais pour d'autres,
- 56:40on ne va pas avoir besoin de ce jaune qui peut avoir un impact sur mon bleu et le verdir,
- 56:45ou sur mon rouge et le rendre trop orange.
- 56:48Donc ça,
- 56:50c'est un aspect.
- 56:50Et c'est vrai que
- 56:54Patrick Brenac aussi me parlait de ça.
- 56:56des pépins de raisin,
- 56:58des pépins de raisin qui sont des tanins puissants.
- 57:01Donc moi,
- 57:01en fait,
- 57:02tout ce qui m'intéresse,
- 57:03et donc je serais contente de discuter,
- 57:05de rencontrer Céline
- 57:06Philippe, je trouve ça vraiment intéressant.
- 57:09de s'intéresser aux biomordants.
- 57:11Mais après,
- 57:11il faut voir combien il m'en faut et il faut voir est-ce que j'en ai en quantité.
- 57:16Et idéalement,
- 57:18pouvoir sortir ces biomordants,
- 57:24les prendre en fait de déchets,
- 57:26idéalement.
- 57:27Alors,
- 57:27dans cet aspect-là,
- 57:28je m'étais dit,
- 57:29tiens,
- 57:29j'avais parlé à un scientifique du Jardin botanique de Montréal qui fait de la phytorémédiation.
- 57:39Donc lui,
- 57:39il utilise les plantes pour dépolluer les sols des métaux lourds.
- 57:44Donc je m'étais dit,
- 57:45mais ça c'est…
- 57:46J'ai fait le lien en fait avec ce que disait
- 57:48Dominique Cardon dans son livre,
- 57:50où les plantes sont naturellement accumulatrices d'aluminium.
- 57:53Parce que comme le dit Patrick Brenac très bien,
- 57:56puis Dominique Cardon aussi,
- 57:57les deux minéraux les plus présents dans la croûte terrestre,
- 58:03c'est l'aluminium et le fer.
- 58:04Donc en les utilisant en quantité minimale pour les teintures,
- 58:09on ne fait pas de mal à la nature puisqu'on les ramène à la nature.
- 58:13On va éviter les mordants agressifs comme le chrome,
- 58:18les teints,
- 58:18le cuivre qui sont vraiment toxiques.
- 58:22Mais donc,
- 58:23dans ma tête,
- 58:23je me suis dit,
- 58:24attends,
- 58:24elle parle de plantes naturellement chargées en aluminium.
- 58:27Là,
- 58:29c'est Michel
- 58:30Labrecq, son nom,
- 58:32il travaille avec des plantes pour dépolluer le sol.
- 58:36Moi,
- 58:36je travaille avec des déchets.
- 58:38Pourquoi je ne récupérerais pas ces déchets chargés en aluminium ?
- 58:44en métaux pour faire mon mordant sage des ferme-bouillard.
- 58:48Donc,
- 58:48ça lui a plu.
- 58:49Il a trouvé ça intéressant,
- 58:51l'idée.
- 58:51Il m'a donné ses...
- 58:55ces déchets pour que je fasse des tests.
- 58:57Mais le problème,
- 58:58c'est que lui,
- 58:59il ne va pas enlever l'aluminium ni le fer de la terre.
- 59:03Lui,
- 59:03il va dépolluer des terres de cuivre,
- 59:05par exemple,
- 59:05des métaux vraiment lourds.
- 59:08Donc,
- 59:09c'est là que je me suis dit,
- 59:10encore une fois,
- 59:12je les ai,
- 59:12ces échantillons.
- 59:13Je n'ai pas testé parce que je me dis,
- 59:14est-ce que c'est quelque chose de toxique ?
- 59:17Donc ça,
- 59:17il faudrait que je travaille avec un chimiste pour analyser.
- 59:20Est-ce qu'on enlève le cuivre du sol,
- 59:24mais on vient de dire que le cuivre,
- 59:27c'est un peu toxique quand même.
- 59:28Donc,
- 59:28quel est l'impact ?
- 59:29Alors là,
- 59:30après,
- 59:30il faut faire des tests
- 59:33LCMS, en liquid chromatography,
- 59:35pour voir en fait ce qui reste dans mon textile teint.
- 59:39Et est-ce que...
- 59:41ça a un impact sur ma teinture ?
- 59:42Est-ce que ça a amélioré la solidité de ma teinture ?
- 59:45Et est-ce que ça a un impact sur ma santé ?
- 59:48Donc,
- 59:48il faut poser le pour et le contre.
- 59:50Mais en tout cas,
- 59:50c'est des processus de pensée intéressants où on fait le lien entre différentes choses,
- 59:55suivant l'expertise de chacun.
- 59:56Moi,
- 59:56j'ai fait le lien entre ce que disait l'historienne et ce que me disait le chimiste.
- 1:00:01J'ai dit,
- 1:00:01pourquoi pas aller creuser cet aspect-là ?
- 1:00:05Donc,
- 1:00:06beaucoup de recherches encore à faire.
- 1:00:08Donc biomortem,
- 1:00:09on en a parlé,
- 1:00:10l'atteinte pure,
- 1:00:10on en a parlé avec les solutions végétales et autres,
- 1:00:13donc je ne sais pas comment on peut les appeler,
- 1:00:15biotechnologiques,
- 1:00:16c'est ça que vous aviez dit ?
- 1:00:17Moi,
- 1:00:17je les ai appelées biotechnologiques parce qu'on parle des fois de modification d'anéane.
- 1:00:22Alors,
- 1:00:23il y a les pour et il y a les contre.
- 1:00:25Il y a les pour,
- 1:00:28c'est de se dire,
- 1:00:29on peut produire beaucoup en laboratoire avec très peu parce que la bactérie,
- 1:00:34elle produit énormément.
- 1:00:36Il y a les contres qui se disent mais en fait c'est peut-être dangereux,
- 1:00:38on ne sait toujours pas d'où vient le Covid
- 1:00:40Des fois on dit qu'il y a une molécule,
- 1:00:42une bactérie qui s'est échappée du laboratoire.
- 1:00:44Donc il faut travailler avec les bactéries.
- 1:00:48Je ne conseille pas de faire ça dans sa cuisine.
- 1:00:51Il y a tout un protocole.
- 1:00:55On a des formations pour travailler avec le vivant.
- 1:00:57Pour s'en débarrasser,
- 1:00:58on ne va pas jeter la bactérie dans le laboratoire.
- 1:01:01Il faut la désactiver.
- 1:01:02Pour la désactiver,
- 1:01:03on utilise soit de la chaleur ou du chlore.
- 1:01:08Et puis après,
- 1:01:09on met tout ça dans des poubelles spéciales de bio-safety.
- 1:01:14Donc...
- 1:01:15Ce n'est pas anodin de travailler avec le vivant parce qu'on peut faire des modifications involontaires,
- 1:01:21avoir un impact de modifications génétiques involontaires sur le vivant.
- 1:01:25Après,
- 1:01:26biotechnologie,
- 1:01:26parce que ces nouvelles compagnies-là,
- 1:01:29elles travaillent en modifiant l'ADN et les gènes.
- 1:01:33Donc,
- 1:01:34une fois qu'on a modifié l'ADN,
- 1:01:36ça a un impact sur toutes les générations futures.
- 1:01:42un risque avec ça.
- 1:01:43Donc,
- 1:01:43les personnes qui ont peur de ça,
- 1:01:44c'est aussi
- 1:01:45Rebecca Bourges,
- 1:01:46d'ailleurs,
- 1:01:46qui dans son livre que j'ai là sous les yeux,
- 1:01:49Fibre Shed il y a tout un…
- 1:01:52Il y a tout un chapitre sur les craintes par rapport à ces biotechnologies-là,
- 1:01:58de s'amuser avec l'ADN qui est encore très très nouveau,
- 1:02:01parce qu'une fois qu'on a modifié l'ADN,
- 1:02:03et on l'a vu avec le coton BT en
- 1:02:07Inde, qui avait impacté toutes les cultures aux alentours,
- 1:02:14et que finalement ça faisait des fibres de coton trop courtes qui…
- 1:02:19et puis chaque fois il faut racheter la graine de coton il y a toute une problématique donc je pense que chaque solution il faut y aller avec prudence parce que les impacts on peut les voir sur plusieurs années
- 1:02:32D'accord.
- 1:02:32Et donc,
- 1:02:32je voulais aussi vous parler des abrées.
- 1:02:35Donc,
- 1:02:35moi,
- 1:02:36je ne suis pas du tout du monde du textile.
- 1:02:37Moi,
- 1:02:38je suis ingénieure à Bournon,
- 1:02:39donc rien à voir.
- 1:02:40Je ne connais rien,
- 1:02:41franchement.
- 1:02:42Et donc,
- 1:02:42j'ai découvert qu'il y avait plusieurs étapes.
- 1:02:44Il y avait les abrées qui permettaient de donner de la technicité,
- 1:02:48on va dire,
- 1:02:48au textile.
- 1:02:50Et on va se sentir que c'est la partie où il y a quand même le plus d'endroits où les choses soient super simples pour donner des possibilités interméabilisantes.
- 1:03:00un coup de feu,
- 1:03:01tout ça.
- 1:03:03J'ai eu une entreprise en Angleterre qui s'appelle Tapine Croft,
- 1:03:08qui travaille sur des arbres plus naturels,
- 1:03:10notamment avec des cires,
- 1:03:12etc.
- 1:03:13Est-ce que vous avez aussi touché cette partie des arbres avec des solutions un peu plus naturelles ?
- 1:03:20Est-ce que vous avez débordé un peu sur ce que j'ai là ?
- 1:03:25Alors,
- 1:03:26les apprêts,
- 1:03:26c'est vrai que c'est une grosse problématique,
- 1:03:29surtout les PFA,
- 1:03:31PFAS,
- 1:03:33qui sont très problématiques parce qu'ils sont persistants.
- 1:03:38Mais en fait,
- 1:03:38on se rend compte que les textiles ont besoin de tous ces apprêts,
- 1:03:42parce que c'est des textiles issus...
- 1:03:45pas tous,
- 1:03:46pas pour le coton,
- 1:03:46mais pour le polyester,
- 1:03:47par exemple,
- 1:03:48c'est des textiles issus de la pétrochimie.
- 1:03:52Pour le coton,
- 1:03:54en essayant de les améliorer,
- 1:03:55bon,
- 1:03:56oui,
- 1:03:56il y a tout l'aspect de cire,
- 1:03:59de cire d'abeille,
- 1:03:59tout ça,
- 1:04:00mais je ne sais pas,
- 1:04:01je ne suis pas allée là-dedans parce que ça ne concerne pas la couleur.
- 1:04:04En fait,
- 1:04:05ça,
- 1:04:05je l'ai juste abordé quand je ferme mes emballages pour éviter d'utiliser le film étirable.
- 1:04:13Donc,
- 1:04:14les emballages de coton enduits de cire pour qu'ils soient lavables.
- 1:04:19Mais sinon,
- 1:04:20si on utilise par exemple des textiles,
- 1:04:21puis là j'entendais le podcast de Clément qui parlait de la laine,
- 1:04:26qui lui adore la laine,
- 1:04:27mais la laine,
- 1:04:28elle a des qualités incroyables.
- 1:04:30Justement,
- 1:04:30elle n'a pas besoin d'être…
- 1:04:32Voilà, elle,
- 1:04:33d'elle-même…
- 1:04:34Moi, je porte des pulls en laine,
- 1:04:37je n'ai pas besoin de les laver.
- 1:04:38de tout l'hiver en fait.
- 1:04:40Ils ont une aération naturelle,
- 1:04:45ils sont repellants de l'eau naturellement.
- 1:04:49Donc le potentiel des fibres naturelles est vraiment à exploiter un peu plus en avant.
- 1:04:58C'est vrai qu'il y a ce problème,
- 1:04:59on en parle ici parce que je ne sais pas à quel moment on va parler de Fibershed,
- 1:05:03j'ai commencé à en parler,
- 1:05:03est-ce qu'on va y revenir ou pas ?
- 1:05:04Oui,
- 1:05:05on va y revenir,
- 1:05:06pas de souci.
- 1:05:06Bon,
- 1:05:07on va faire que...
- 1:05:08Parce que dans...
- 1:05:10En fait,
- 1:05:11quand je parlais tout à l'heure du modèle Fibershed qui est né aux Etats-Unis,
- 1:05:14donc elle s'est donné ce challenge,
- 1:05:15elle s'est dit qui est capable de faire pousser les fibres dans un rayon de 200 km ?
- 1:05:19Qui est capable de les teindre,
- 1:05:20de les filer,
- 1:05:21de les tricoter,
- 1:05:21de les tisser dans un rayon de...
- 1:05:24de 200 kilomètres.
- 1:05:26Finalement,
- 1:05:26au bout d'un an,
- 1:05:27elle en a fait un livre.
- 1:05:28Au bout d'un an.
- 1:05:29Je ne sais pas,
- 1:05:30mais le livre est sorti en 2019.
- 1:05:32Donc,
- 1:05:32au bout d'une dizaine d'années,
- 1:05:33finalement,
- 1:05:33elle a sorti ce livre qui est maintenant un modèle reproductible.
- 1:05:38Elle s'est écoutez,
- 1:05:39c'est un modèle de biorégion.
- 1:05:42Donc,
- 1:05:43l'idée,
- 1:05:43c'est de se dire,
- 1:05:44chacun dans sa région peut faire cet exercice-là,
- 1:05:47de se dire,
- 1:05:48quels sont les acteurs autour de moi qui sont capables de produire ?
- 1:05:51Donc,
- 1:05:51aujourd'hui,
- 1:05:52Fibershed,
- 1:05:53C'est 71
- 1:05:55Fibersheds dans le monde.
- 1:05:57Donc on a par exemple même Five Bushes de Toronto,
- 1:05:59et depuis 2022 on a Five Bushes de Québec,
- 1:06:02qui est née à l'initiative de Marie F.
- 1:06:05Faust,
- 1:06:05qui était la directrice de l'école supérieure de mode de l'UQAM où j'enseigne.
- 1:06:10Et donc là,
- 1:06:11j'ai embarqué dans ce projet avec elle depuis 2022,
- 1:06:14où là d'abord on a commencé par se dire,
- 1:06:17qui sont ces acteurs ?
- 1:06:18Quels sont nos industriels ?
- 1:06:20Et qu'est-ce qu'ils sont capables de faire aujourd'hui au Québec ?
- 1:06:22Quels sont nos matériaux ?
- 1:06:23Donc on voit...
- 1:06:24Et ça aussi,
- 1:06:25quand je parle avec Axel Gissrot,
- 1:06:27qui a fait un peu ce travail de cartographie dans la région de Camargue,
- 1:06:31on se rend compte que le savoir-faire,
- 1:06:33on l'a beaucoup perdu.
- 1:06:34On a perdu aussi les machines,
- 1:06:36on a perdu le matériel.
- 1:06:38Donc c'est de se dire,
- 1:06:39aujourd'hui,
- 1:06:40au Québec par exemple,
- 1:06:42on ne peut pas faire pousser de coton,
- 1:06:44ça c'est sûr.
- 1:06:45On est en train de raviver le lin.
- 1:06:49Le lin,
- 1:06:49mais une fois ravivé,
- 1:06:50il n'y a pas vraiment les machines non plus à faire une production industrielle,
- 1:06:54mais il y a cet intérêt de se dire qu'on ne continue pas avec des œillères.
- 1:06:58Aujourd'hui,
- 1:06:59on est dans l'action.
- 1:07:01Donc,
- 1:07:02c'est pour moi très important d'aller à la rencontre à travers ces entrevues de personnes qui sont dans l'action,
- 1:07:07qui font vraiment…
- 1:07:08Et un documentaire qui m'avait vraiment beaucoup inspirée,
- 1:07:11c'était Demain le film de Cyril Dion et Mélanie Laurent,
- 1:07:15où là,
- 1:07:15ils partent,
- 1:07:16et on en a marre d'entendre dire que tout va mal,
- 1:07:19ils partent dans le monde à la recherche de petites initiatives qui peuvent devenir grandes,
- 1:07:25en fait.
- 1:07:25Et comment le récit va inspirer.
- 1:07:28d'autres histoires et donc ça,
- 1:07:31ça me parle beaucoup
- 1:07:33c'est vrai que non mais c'est ça qu'il faut faire au lieu de pointer sur ce qui va pas c'est venir mettre en l'écran les gens qui font différemment et qui vont avancer en tout cas c'est ce que j'essaye de faire avec les podcast c'est de venir montrer les
- 1:07:48alternatives les gens qui travaillent autre chose et qui se mobilisent mais le chemin est long mais c'est hyper intéressant d'entendre les témoignages et chaque fois de dire ça y est ça avance c'est génial il faut il faut
- 1:08:03et moi je trouve que je me suis mis dans une triple position finalement j'ai la position de designer que j'ai fait pendant plus de 20 ans et la position de professeur,
- 1:08:13enseignante qui là est vraiment stratégique pour sensibiliser les futurs designers qui sont en demande il dit on parle pas assez de développement durable à l'école de mode,
- 1:08:25on a besoin de
- 1:08:27pour être préparé pour après qu'ils lancent leur marque ou qu'ils travaillent dans des grandes entreprises pour qu'ils puissent apporter leur regard sur ce qui est possible ce qui est pertinent de faire ce qu'il vaut mieux éviter parce que par exemple quand je dans la fast fashion ben
- 1:08:43ceux qui avaient vraiment le pouvoir c'était pas les designers c'était vraiment les acheteurs parce que les acheteurs ils avaient l'enveloppe la petite enveloppe et ils devaient l'avoir fructifiée
- 1:08:53à la fin de la saison.
- 1:08:54Donc,
- 1:08:54quand on leur disait Tiens,
- 1:08:56ce tissu est intéressant,
- 1:08:57ce tissu…
- 1:08:58Ben non,
- 1:08:59c'est lequel le moins cher,
- 1:09:00finalement ?
- 1:09:01C'est ça qu'il faut changer au niveau de la mentalité.
- 1:09:04Ce n'est pas aller vers le moins cher en apparence,
- 1:09:06parce qu'encore une fois,
- 1:09:07le coût expérimental,
- 1:09:09et ça,
- 1:09:10Daniel Goleman,
- 1:09:11dans
- 1:09:12Intelligence écologique en parle très bien,
- 1:09:16c'est l'impact externalisé,
- 1:09:20le coût externalisé de…
- 1:09:22de ce qu'on fabrique et de ce qu'on achète puisqu'on se dit je vais en acheter deux pour le prix d'un je fais une affaire mais non et c'est là où on manque comme vous le disiez tout à l'heure l'analyse de cycle de vie franchement j'ai posé la question à quasiment tous les sociétés est-ce que vous avez accès,
- 1:09:39est-ce que vous avez pu et en fait le problème le seul qui a répondu c'était des gars mais qui avaient fait une analyse de cycle de vie sur sur
- 1:09:49Un type de tissu sur un de...
- 1:09:52Je crois que c'était un t-shirt.
- 1:09:54Et sur un processus particulier.
- 1:09:55Et en fait,
- 1:09:56il en faudrait autant qu'il y a de tissus,
- 1:09:59couleurs,
- 1:10:00processus.
- 1:10:01C'est détonnant.
- 1:10:02Après je me dis,
- 1:10:03un appel à l'APLG,
- 1:10:04je n'en sais rien du monde européen,
- 1:10:07plusieurs mondes européens,
- 1:10:08ce mobile européen,
- 1:10:10je ne connais pas largement,
- 1:10:12je ne connais que ce type.
- 1:10:13Je veux dire que ce serait hyper intéressant de fisser ces analyses de cycle de vie pour nourrir le monde,
- 1:10:18mais j'ai encore l'impression que c'est le fait qui est de se mutualiser sur des gros sujets comme ça,
- 1:10:24parce que je pense que je suis le premier qui va sortir une analyse de cycle de vie.
- 1:10:28clairement il y a la preuve de la différence et je pense que ça va aborder les autres c'est sûr parce que quand je parle avec Cécile Bull experte analyse du cycle de vie elle dit mais l'impact il est pas où on le voit j'en
- 1:10:44parlais à une chimiste la semaine dernière j'étais en laboratoire on faisait un test de différentes garances et de avec mon chimiste
- 1:10:55organicien justement parce que c'est vraiment important de parler aussi de l'inclure dans la discussion donc on a fait une synthèse d'alizarine parce que je voulais voir de quoi ça part en fait pour comprendre de quoi ça part et puis comment on arrive à la couleur puis après pouvoir faire une analyse chromatographique de la garance et de l'alizarine et voir un petit peu ce qu'il y a à l'intérieur bon ben on
- 1:11:20était trois dans le labo puis on commençait à parler justement d'analyse de cycle de vie puis
- 1:11:24On parlait du polystyrène.
- 1:11:26Le polystyrène,
- 1:11:27c'est toxique.
- 1:11:29Dans les années 60,
- 1:11:30par exemple,
- 1:11:30Victor Papanek,
- 1:11:32qui est pour moi une inspiration immense,
- 1:11:35parce que déjà en 1969,
- 1:11:37pour lui,
- 1:11:38l'équipe de design idéale,
- 1:11:40c'était le designer avec le chimiste,
- 1:11:45l'écotoxicologiste,
- 1:11:46le politicien.
- 1:11:48enfin vraiment l'aspect multidisciplinaire déjà en 1969 parce qu'on ne peut pas avec une seule vision une seule discipline
- 1:11:58répond à la complexité de cette thématique.
- 1:12:01Donc,
- 1:12:01elle me disait,
- 1:12:02au départ,
- 1:12:03et lui aussi,
- 1:12:03il disait,
- 1:12:05où je travaillais,
- 1:12:05il y avait une machine à pop-corn.
- 1:12:07Je disais,
- 1:12:07on devrait utiliser les pop-corn pour mettre dans les boîtes pour les transports.
- 1:12:11Mais après,
- 1:12:12quand ils ont fait une analyse du cycle de vie,
- 1:12:13ils se sont rendus compte qu'il fallait tellement d'eau pour faire pousser le maïs pour produire le pop-corn que ça ne valait pas la peine.
- 1:12:19Donc,
- 1:12:20l'analyse du cycle de vie va vraiment faire émerger des idées ou des voies
- 1:12:27qu'on pensait insoupçonnées et qui va pouvoir mettre en avant certaines choses et en éliminer d'autres.
- 1:12:36Donc,
- 1:12:37c'est vraiment important.
- 1:12:38Donc,
- 1:12:38peut-être dans le cadre de doctorat ou de post-doc,
- 1:12:43mettre des étudiants là-dessus.
- 1:12:44Mais moi,
- 1:12:44c'est quelque chose qui m'intéresse,
- 1:12:45en tout cas,
- 1:12:47dans le cadre de la recherche.
- 1:12:49J'avais des questions sur l'écosystème.
- 1:12:52Vous avez parlé que vous aviez fait des formations,
- 1:12:54que vous aviez fait des interviews,
- 1:12:56des entrevues.
- 1:12:58Est-ce que vous pouvez nous parler un peu de vos partenaires de travail ?
- 1:13:03Qui vous êtes allé chercher ?
- 1:13:04Comment vous avez structuré votre recherche d'invités ?
- 1:13:11Comment on va dire ?
- 1:13:12Un échange ?
- 1:13:13Comment vous avez structuré tout ça ?
- 1:13:14Est-ce qu'il faut parler un petit peu des types de personnes que vous êtes allées voir ?
- 1:13:18Oui.
- 1:13:19Alors,
- 1:13:19quand j'ai fait la fameuse cartographie dont je vous parlais,
- 1:13:23en fait,
- 1:13:24moi,
- 1:13:24on parlait aussi des...
- 1:13:26projet futur,
- 1:13:27mais j'ai vraiment le projet de monter une chaire de recherche Design,
- 1:13:32Santé et Société.
- 1:13:33Donc,
- 1:13:33c'était les trois mots-clés.
- 1:13:34Design,
- 1:13:35Santé et Société.
- 1:13:36Et autour de ces trois mots-clés,
- 1:13:38se sont connectées différentes disciplines.
- 1:13:43Quand on parle de santé,
- 1:13:44on parle de quoi ?
- 1:13:44On parle de santé environnementale,
- 1:13:46on parle d'éco-toxicologie,
- 1:13:49on parle de...
- 1:13:52Je ne l'ai pas sous les yeux,
- 1:13:53dommage,
- 1:13:53j'aurais pu...
- 1:13:54tout la lire,
- 1:13:55mais donc design,
- 1:13:56santé,
- 1:13:56société.
- 1:13:57Donc là,
- 1:13:57a émergé ces différents profils-là.
- 1:14:01Et j'ai commencé par interviewer,
- 1:14:04par exemple,
- 1:14:06Dominique Cardon,
- 1:14:07l'historienne,
- 1:14:08et puis j'ai interviewé le chimiste
- 1:14:12Patrick Brenac,
- 1:14:14et j'ai interviewé la professeure pour savoir qu'est-ce qu'elle mettait en place,
- 1:14:19justement.
- 1:14:21Donc,
- 1:14:21mais au tout départ aussi,
- 1:14:23suite à mon exposition,
- 1:14:24je me suis dit comment je vais faire une mise à l'échelle de ce que j'ai fait dans mon laboratoire.
- 1:14:28Par exemple,
- 1:14:28si je décide de travailler des déchets alimentaires,
- 1:14:31à qui je dois m'adresser pour avoir des déchets à l'échelle industrielle au Québec ?
- 1:14:35Donc,
- 1:14:36là,
- 1:14:37j'ai contacté par e-mail,
- 1:14:39en plus en pleine pandémie,
- 1:14:40donc on était beaucoup derrière nos ordinateurs,
- 1:14:42facile d'accès finalement,
- 1:14:44puisque les gens…
- 1:14:45Donc, j'ai commencé à contacter…
- 1:14:49Bon.
- 1:14:50Je vais expliquer un petit peu là ce qui se passe à Montréal.
- 1:14:53Pour vous dire,
- 1:14:53je suis obligée d'expliquer un petit peu comme ça.
- 1:14:56Donc,
- 1:14:56on a Montréal la ville et on a les actions.
- 1:14:59Comment on fait pour améliorer la ville de Montréal ?
- 1:15:01Donc,
- 1:15:01il y a différentes initiatives.
- 1:15:03Parmi les initiatives,
- 1:15:04il y a Concertation Montréal.
- 1:15:06Concertation Montréal,
- 1:15:07qu'est-ce que c'est ?
- 1:15:08C'est,
- 1:15:08comme son nom l'indique,
- 1:15:09on est en concertation avec les industriels,
- 1:15:12les preneurs de décision,
- 1:15:15les citoyens.
- 1:15:16pour voir de quoi on a besoin à Montréal pour être bien dans la ville.
- 1:15:20Et sous cet axe-là,
- 1:15:21il y a différentes grappes.
- 1:15:23Il y en a dix,
- 1:15:24je pense.
- 1:15:24Et une des grappes,
- 1:15:25c'est la grappe métropolitaine de mode.
- 1:15:28Donc sous cette grappe-là...
- 1:15:31Il y a des personnes qui travaillent à se dire comment je vais allier l'économie,
- 1:15:36l'économie qui est de la mode en fait et du textile,
- 1:15:43avec aussi l'environnement.
- 1:15:44Donc comment on va améliorer ça ?
- 1:15:46Sur Concertation Montréal aussi.
- 1:15:50ils ont monté la grappe,
- 1:15:51la grappe,
- 1:15:52non pas la grappe,
- 1:15:53la communauté de pratique.
- 1:15:55Communauté de pratique,
- 1:15:56donc qui sont les acteurs locaux dans notre entourage qui travaillent le textile ?
- 1:16:00Comment ils font ?
- 1:16:00Donc il y a des réunions comme ça,
- 1:16:02où on se retrouve ensemble et où on échange comment on avance,
- 1:16:05de quoi on a besoin,
- 1:16:07quels sont les manques,
- 1:16:08qu'est-ce qui se fait ailleurs,
- 1:16:10comment chacun va apporter et moi-même des fois je vais intervenir là avec ma recherche un petit peu qui est un peu en parallèle
- 1:16:18tout ça je suis un peu à côté pour l'instant parce que je suis dans cette phase de recherche où on est un moment très précieux et luxueux je dirais,
- 1:16:26où on a le temps de gratter un petit peu et de chercher où est la problématique et à qui je dois parler pour tout ça donc ça c'est un aspect et quand on a lancé Five Horseshead Québec,
- 1:16:37on a demandé à la grappe métropolitaine de faire cette analyse justement des acteurs qui sont les industriels,
- 1:16:45quels sont les matériaux
- 1:16:46quels sont les savoir-faire,
- 1:16:47qui sont les personnes,
- 1:16:49pour pouvoir s'adresser aux bonnes personnes,
- 1:16:53puis identifier les manques,
- 1:16:55et puis travailler sur ces manques,
- 1:16:56former les gens peut-être,
- 1:16:57s'il nous manque certaines connaissances.
- 1:17:00Donc ça,
- 1:17:00c'est vraiment intéressant.
- 1:17:02Et puis aussi,
- 1:17:03je souhaitais,
- 1:17:04donc je parlais d'avoir cet accès à des...
- 1:17:08les déchets industriels.
- 1:17:09Et là,
- 1:17:09en parlant à cette personne-là,
- 1:17:11la Grappe Métropolitaine,
- 1:17:12Concertation Montréal,
- 1:17:13telle personne,
- 1:17:13tu devrais parler à telle personne qui devrait parler à telle personne.
- 1:17:16Donc comme ça,
- 1:17:17ça crée tout un réseau.
- 1:17:19Et là,
- 1:17:20je suis arrivée à parler à Sintec,
- 1:17:23à Saint-Hyacinthe,
- 1:17:24c'est à une heure de Montréal,
- 1:17:26où eux,
- 1:17:26c'est un centre de recherche et de technologie qui,
- 1:17:31leur mission,
- 1:17:32c'est de valoriser les déchets alimentaires,
- 1:17:34les déchets agroalimentaires.
- 1:17:36donc ça les intéresse évidemment les teintures parce que pour l'instant ils travaillent beaucoup avec l'alimentaire ou les matériaux mais avec qui sont les acteurs avec qui je dois parler pour faire une mise à l'échelle de mes processus et
- 1:17:52à côté de ça aussi j'ai parlé au centre de technologie le CTT de Saint-Hyacinthe qui récemment en 2022 aussi a lancé sa chaire de recherche en design éco-responsable
- 1:18:04Donc comment les chimistes,
- 1:18:06les étudiants,
- 1:18:08les scientifiques travaillent à améliorer les processus de solidité de couleur,
- 1:18:13de mordançage,
- 1:18:16de colorant.
- 1:18:17Donc voilà,
- 1:18:18vraiment important de se faire un carnet d'adresses de personnes pour pouvoir collaborer.
- 1:18:23Et puis après,
- 1:18:24évidemment,
- 1:18:25vous parliez de comment j'étais dans la transmission.
- 1:18:28Je fais beaucoup de séminaires,
- 1:18:30de colloques et de conférences où là,
- 1:18:35je dis toujours que j'ai trois cibles.
- 1:18:39à qui je m'adresse,
- 1:18:40à qui s'adresse ma recherche.
- 1:18:41Il y a le grand public.
- 1:18:42Donc là,
- 1:18:42le grand public,
- 1:18:43c'est plus à travers les expositions,
- 1:18:45les ateliers où on peut venir en famille,
- 1:18:47comprendre.
- 1:18:49J'ai vraiment ce souci d'avoir ce langage vulgarisé de la recherche puisque moi,
- 1:18:54à la base,
- 1:18:54je ne viens pas de ce monde académique,
- 1:18:56je viens vraiment de l'industrie.
- 1:18:58Donc,
- 1:18:59je passe par ce monde académique,
- 1:19:00mais j'ai vraiment le soin et le souci que ce soit utile à l'industrie,
- 1:19:05que ça revienne à l'industrie.
- 1:19:07il y a ce langage de se dire je veux que le maximum de personnes puissent le comprendre donc d'ailleurs dans le cadre de ma thèse j'ai participé à des concours comme ma thèse en 3 minutes par exemple,
- 1:19:16comment en 3 minutes je vais expliquer une thèse,
- 1:19:18une recherche de 6 ans,
- 1:19:20on parle du fameux pitch de l'ascenseur donc tout ça,
- 1:19:24ça m'a amenée à appliquer à un autre concours qui s'appelle
- 1:19:28Public Scholar en français c'est chercheur engagé,
- 1:19:33donc là je sors à peine de la mission d'un an
- 1:19:36où il fallait vraiment rendre la recherche publique et accessible au grand public.
- 1:19:40Donc c'est comment je vais publier dans des journaux comme
- 1:19:43Le Devoir par exemple,
- 1:19:44ou The Conversation,
- 1:19:46qui est accessible au grand public.
- 1:19:48Et tout ce que j'avance,
- 1:19:50en fait,
- 1:19:51The Conversation,
- 1:19:51c'est un média qui ne publie que des recherches.
- 1:19:56des recherches universitaires,
- 1:19:59mais sous le ton journalistique.
- 1:20:01Donc,
- 1:20:01tout ce que je vais avancer,
- 1:20:02il y a un lien avec la référence ou l'article scientifique ou des références sérieuses de ce que j'avance.
- 1:20:09Donc,
- 1:20:10je vous donnerai le lien aussi de conversation.
- 1:20:13Le devoir,
- 1:20:15et c'est dans ce cadre-là que j'ai fait l'événement où vous m'avez découvert les zones grises de la couleur à travers le prisme du design.
- 1:20:22Donc là,
- 1:20:23c'était une mission.
- 1:20:24ça s'appelle un Spotlight Event.
- 1:20:27À Concordia,
- 1:20:28il y a ce lieu justement qu'ils mettent à notre disposition où ils nous soutiennent dans tout l'aspect technologique,
- 1:20:35son,
- 1:20:35lumière,
- 1:20:36visuel.
- 1:20:37C'était incroyable.
- 1:20:38Voilà.
- 1:20:38De quoi tu as besoin Vanessa ?
- 1:20:39J'ai besoin d'une caméra au-dessus de la table pour pouvoir filmer ce qui est en train de se tramer.
- 1:20:45Donc c'était un peu ambitieux mon projet.
- 1:20:46J'ai essayé de faire une cartographie en trois heures,
- 1:20:48mais comme...
- 1:20:50la question que vous posiez,
- 1:20:51c'était où c'est qu'on peut avoir accès aux résultats ?
- 1:20:53Ce sera dans la thèse.
- 1:20:54Les résultats sont dans la thèse parce qu'il y a un retour sur tout ce qui s'est dit.
- 1:20:58Il y a un croisement entre les entrevues parce que toutes ces personnes-là,
- 1:21:01les invités,
- 1:21:01il y avait 12 experts invités.
- 1:21:03C'est des personnes que j'avais invitées.
- 1:21:07Voilà.
- 1:21:08Et donc,
- 1:21:08j'avais déjà un petit peu un état des lieux de ce qu'elles travaillaient.
- 1:21:12C'est pour ça que ce jour-là,
- 1:21:13c'était assez facile de faire les liens entre leurs différentes expertises et de garder le fil de la discussion.
- 1:21:20sur les zones grises de la couleur,
- 1:21:21que j'avais trouvé bien choisi comme titre,
- 1:21:23parce qu'il y a de l'ombre dans ce monde-là.
- 1:21:27Oui,
- 1:21:28voilà,
- 1:21:28je parlais de mes trois cibles.
- 1:21:30Je parlais de ma cible,
- 1:21:31les trois cibles.
- 1:21:32Il y avait la cible grand public,
- 1:21:33donc ça c'est à travers les expositions,
- 1:21:37les ateliers.
- 1:21:38Et il y a la cible des futurs designers,
- 1:21:43donc ça c'est à travers les formations.
- 1:21:46je donne à l'école supérieure de mode,
- 1:21:48mais aussi,
- 1:21:49idéalement,
- 1:21:49la chaire que j'aimerais monter pour travailler avec...
- 1:21:53Une chaire Ah,
- 1:21:53pardon.
- 1:21:54Une chaire de recherche,
- 1:21:54en fait,
- 1:21:55c'est un lieu,
- 1:21:58un laboratoire où on va faire travailler des étudiants sur plusieurs projets.
- 1:22:02Par exemple,
- 1:22:03ça pourrait dire,
- 1:22:04on va travailler sur une analyse du cycle de vie,
- 1:22:06des teintures,
- 1:22:07dans le cadre d'un doctorat,
- 1:22:08dans le cadre d'un post-doc,
- 1:22:10dans le cadre d'une maîtrise.
- 1:22:12et puis on réfléchit sur cette thématique,
- 1:22:15on va publier on va faire des demandes de subventions au nom de la chaire et on va faire des publications dans les magazines scientifiques pour donner accès donc magazine scientifique d'une part il y en a un qui va sortir ce mois-ci d'ailleurs dans le magazine Science du Design numéro
- 1:22:3419 et la thématique c'était le designer et son médium donc c'est l'interaction donc moi ça me parlait parce que justement
- 1:22:41mon médium de la couleur a eu tendance à impacter ma santé et comment le médium couleur peut aussi être bénéfique à la santé.
- 1:22:50C'est un article qui est co-écrit avec la chercheuse Delphine Talbot de l'Université de Toulouse et qui,
- 1:22:57elle,
- 1:22:57travaille sur color and care.
- 1:23:00Donc,
- 1:23:00comment elle travaille avec la pharmacologie,
- 1:23:02comment elle travaille sur l'aspect médicinal des teintures.
- 1:23:06Ouais c'est incroyable,
- 1:23:08et là ça a un monde super réjouissant.
- 1:23:13Oui,
- 1:23:13mais il y a matière.
- 1:23:15C'est incroyable.
- 1:23:17Ça me fascine.
- 1:23:19Toutes ces propriétés.
- 1:23:20En plus de colorer les propriétés des plantes,
- 1:23:23ça pourrait apporter et porter des vêtements comme médicaments.
- 1:23:28C'est hyper intéressant.
- 1:23:30Je vais recevoir des histoires d'Aido.
- 1:23:32Ça va bien.
- 1:23:34C'est passionnant.
- 1:23:38En tout cas,
- 1:23:38n'hésitez pas,
- 1:23:39vous avez des publications comme ça.
- 1:23:41moi vous me les envoyez je vais les envoyer ici au TFECONSOS avec grand plaisir plus on avance mieux c'est mais je vais envoyer tout ça j'ai envoyé tout ça juste là pour dire l'aspect médicaments c'est quand je parle avec les chimistes c'est apprendre avec modération aussi parce que c'est dire Vanessa déjà
- 1:23:57au départ on se dit bah tiens tout ce qui est chimique mais Vanessa tout est chimique tout est chimique est-ce que c'est toxique et c'est non toxique parce que même ta plante elle a une activité biologique qui peut être nuisible donc c'est pas parce que c'est naturel que ça va être bon
- 1:24:10Donc c'est pour ça qu'encore une fois,
- 1:24:11on travaille avec le pharmacien,
- 1:24:14le pharmacologue,
- 1:24:16de se dire Ok,
- 1:24:16quelles sont les propriétés actives qui sont dans les plantes et qui vont rester dans mes teintures ?
- 1:24:23Donc ça,
- 1:24:24elle est en train.
- 1:24:25elle en parlera très bien Delphine donc voilà toute cette communauté finalement on a un océan qui nous sépare mais je veux dire la motivation est la même l'intérêt est le même et je pense qu'on avance et dans la troisième,
- 1:24:40donc là j'ai parlé du grand public,
- 1:24:43des futurs designers mais il y a aussi les preneurs de décision donc les preneurs de décision c'est les industriels,
- 1:24:48les politiciens et là grâce à cette année passée à être public scolaire j'ai
- 1:24:53J'ai pu mettre le doigt parce qu'on avait des formations sur justement comment on transforme une problématique en projet de loi.
- 1:25:01Et là,
- 1:25:02j'étais très contente de voir qu'en France a été votée la loi anti-fast fashion ou anti-ultra-fast fashion.
- 1:25:10Donc ça aussi,
- 1:25:10je l'ai relayée sur mes réseaux sociaux.
- 1:25:13Donc en fait,
- 1:25:14j'ai appris à partir d'une problématique à aller voir le politicien de mon quartier.
- 1:25:20Donc ici,
- 1:25:23moi c'est le quartier Ville-Saint-Laurent par exemple,
- 1:25:25qui est la personne en charge.
- 1:25:26Donc avancer cette problématique et comment cette personne,
- 1:25:30donc être convaincante déjà à mon étape,
- 1:25:32puis après comment cette personne va s'approprier la problématique et va la porter à la Chambre des communes pour en faire un projet de loi.
- 1:25:40Donc il y a vraiment un gros potentiel là.
- 1:25:42pour faire avancer les choses aussi.
- 1:25:44Il y en a qui se disent que ça va venir du consommateur.
- 1:25:48Je vote avec mon argent.
- 1:25:52Mais moi,
- 1:25:52je pense qu'il faut prendre ça comme de tous les côtés.
- 1:25:56On est tôt.
- 1:25:58On est là-haut,
- 1:25:59on atteint le politique,
- 1:26:01l'industriel.
- 1:26:02Dans mes entrevues,
- 1:26:03j'ai questionné des industriels qui ont plus de 6 000 employés avec des milliers de boutiques.
- 1:26:10C'est-à-dire,
- 1:26:10quelle est votre vision sur 5 ans ?
- 1:26:13Ma vision,
- 1:26:14c'est d'ouvrir encore une énième boutique.
- 1:26:17Peut-être qu'aujourd'hui,
- 1:26:20si vous abordez la décélération,
- 1:26:21vous allez peut-être être le leader de demain.
- 1:26:25Parce que justement,
- 1:26:26comment on peut décélérer en produisant moins ?
- 1:26:28C'est déjà,
- 1:26:29vous allez économiser,
- 1:26:30puis pouvoir investir dans des méthodes.
- 1:26:35comme on parlait peut-être tout à l'heure,
- 1:26:38d'améliorer la longévité des vêtements ou d'améliorer,
- 1:26:42de raviver les teintures de mes vêtements.
- 1:26:45Donc,
- 1:26:45il y a tout un monde.
- 1:26:47C'est génial,
- 1:26:48Vanessa.
- 1:26:49Franchement,
- 1:26:50je suis hyper contente de vous avoir et de vous entendre parce que franchement,
- 1:26:54je vous assure que je suis moins seule.
- 1:26:57C'est horrible,
- 1:26:57mais j'ai l'impression que cette approche en étoile dont vous venez de parler,
- 1:27:01c'est exactement ça.
- 1:27:03Il n'y a pas une solution.
- 1:27:05Vous parlez de la couleur des gens,
- 1:27:06il y en a plein.
- 1:27:07Il faut toutes les actes jaguées pour que ça bouge.
- 1:27:12Je voulais vous faire reprendre sur une autre question.
- 1:27:18Donc vous avez parlé du retour à la terre,
- 1:27:19de l'agriculture territorial,
- 1:27:22j'ai rencontré
- 1:27:23Davia Milon que vous aviez invité aux zones grises de la couleur à travers le prisme des années 2000.
- 1:27:32Je vous l'ai dit dans le podcast,
- 1:27:34je donne beaucoup la parole aux agriculteurs,
- 1:27:35de par ma formation aussi,
- 1:27:38c'est un des sujets qui m'intéresse,
- 1:27:40mais je pense que c'est la base de tout.
- 1:27:43Quels sont vos souhaits pour cette filière territorial ?
- 1:27:46Comment vous envisagez les choses ?
- 1:27:47Vous savez,
- 1:27:48c'est des exemples de Jean-Luc,
- 1:27:53on a conscience qu'on n'est pas suffisant si on veut répondre à des gros acteurs.
- 1:27:56Comment vous la voyez ?
- 1:27:58Comment vous la percevez aujourd'hui,
- 1:28:00cette vie d'artisanat ?
- 1:28:02C'est vrai que le lien à la terre est très important et aussi le lien à la santé de la terre,
- 1:28:08à l'amélioration de la santé de la terre.
- 1:28:10Là,
- 1:28:10on le voit en France,
- 1:28:12je suis les nouvelles tous les jours,
- 1:28:14le nombre d'inondations qu'il y a parce que justement la terre n'est pas capable.
- 1:28:19Il y a une grande sécheresse.
- 1:28:20Donc quand on travaille la terre avec des plantes teintoriales,
- 1:28:25la terre,
- 1:28:25on le disait tout à l'heure,
- 1:28:26elle redevient meuble,
- 1:28:27donc elle est plus capable de garder l'eau.
- 1:28:29Donc ça,
- 1:28:29c'est une des problématiques,
- 1:28:30il n'y a pas que celle-là,
- 1:28:31mais ça contribue à améliorer la santé des sols.
- 1:28:38Tout à l'heure,
- 1:28:38je parlais du documentaire Demain de Cyril Dion,
- 1:28:43dans une des idées,
- 1:28:45c'était de se dire,
- 1:28:46je vais prendre tout l'espace public abandonné,
- 1:28:51il y a plein de terrains vagues.
- 1:28:53abandonnées,
- 1:28:53sales,
- 1:28:54je veux pouvoir cultiver des choses qui sont disponibles pour le grand public.
- 1:28:59Donc,
- 1:28:59on le voit,
- 1:29:00je ne sais pas si on le voit en France,
- 1:29:01mais ici à Montréal,
- 1:29:02par exemple,
- 1:29:02sur les trottoirs,
- 1:29:03il y a des jardins où on peut se servir.
- 1:29:06Donc,
- 1:29:06on apprend à se servir avec parcimonie aussi.
- 1:29:08On peut se servir du basilic,
- 1:29:10du persil,
- 1:29:11des tomates avec parcimonie.
- 1:29:13Donc,
- 1:29:13il y a une espèce,
- 1:29:14moi je dis,
- 1:29:15c'est très important de responsabiliser le citoyen parce qu'on parle toujours de consommateur.
- 1:29:20on nous a mis dans une case consommateur.
- 1:29:23Donc,
- 1:29:24qu'est-ce qu'il fait le consommateur ?
- 1:29:24Il consomme.
- 1:29:25Je pense qu'il faut sortir de cette dénomination de consommateur.
- 1:29:29Le choix des mots est important.
- 1:29:30On est des citoyens responsables.
- 1:29:33Et la terre sur laquelle on vit aujourd'hui,
- 1:29:36on nous l'a prêtée.
- 1:29:37On doit en prendre soin pour la génération future.
- 1:29:39Donc ça,
- 1:29:39c'est beaucoup le discours des écologistes,
- 1:29:42finalement.
- 1:29:42Parce que moi,
- 1:29:43c'est très ancré dans l'écologie.
- 1:29:45Quand je parle de...
- 1:29:46design éco-responsable ou que je parle d'éco-littératie,
- 1:29:49il y a vraiment une connaissance,
- 1:29:51enfin,
- 1:29:51j'ai même pas fini,
- 1:29:52je crois,
- 1:29:52sur l'éco-littératie textile tout à l'heure,
- 1:29:54c'est de se dire,
- 1:29:55qu'est-ce qu'on est,
- 1:29:56de quoi on est fait,
- 1:29:57et quel est l'impact de ce que je produis sur le vivant ?
- 1:30:00Donc,
- 1:30:00en produisant des plantes autour de nous,
- 1:30:06donc il y a plusieurs personnes qui font ça,
- 1:30:09quand je parlais tout à l'heure du documentaire Demain,
- 1:30:13c'était de se dire,
- 1:30:13il y a des jardins,
- 1:30:15des...
- 1:30:16inhabitants,
- 1:30:17qu'on n'utilise pas,
- 1:30:18où on peut faire pousser des choses.
- 1:30:19Et à Montréal,
- 1:30:20il y a
- 1:30:21Abie Abie,
- 1:30:22Myriam Rochon,
- 1:30:24qui elle s'est lancée en 2015,
- 1:30:26en fait elle avait une formation en design graphique,
- 1:30:29et elle trouvait ça assez polluant tout ça,
- 1:30:31donc elle a fait une deuxième formation en horticulture,
- 1:30:34et là elle s'est formée aux plantes teintoriales,
- 1:30:37et elle va demander aux personnes,
- 1:30:40aux propriétaires des terrains vagues,
- 1:30:43est-ce que je peux utiliser votre terrain pour faire pousser des plantes tectoriales ?
- 1:30:46Donc,
- 1:30:46comment,
- 1:30:47en faisant pousser des plantes tectoriales dans la ville,
- 1:30:50on va aussi faire du bien aux pollinisateurs,
- 1:30:53aux abeilles,
- 1:30:54parce qu'on a parlé du sol,
- 1:30:56mais tout ça,
- 1:30:57là,
- 1:30:57on en est,
- 1:30:58je ne sais pas,
- 1:30:58on voit des choses dramatiques,
- 1:31:00on voit les,
- 1:31:00je ne sais plus,
- 1:31:02je ne sais pas si c'est en Chine ou quoi,
- 1:31:03les Chinois qui pollinisent à la main les fleurs,
- 1:31:06parce que les abeilles,
- 1:31:07elles sont en train de mourir.
- 1:31:09Il faut prendre soin du vivant,
- 1:31:11et il faut remettre il y a un petit dessin que je vous enverrai d'ailleurs il y a égo égo versus écho et on voit l'homme,
- 1:31:19l'humain au-dessus de la hiérarchie et l'humain parmi le monde du vivant donc c'est ça qu'il faut travailler,
- 1:31:27donc je dirais moi pour le teintorial en particulier c'est d'avoir une approche citoyenne de la couleur parce que la couleur elle irradie elle a un impact beaucoup plus grand que le...
- 1:31:40que le joli bleu ou le joli jaune qu'on va porter,
- 1:31:43mais sur l'impact de la santé,
- 1:31:46de l'environnement,
- 1:31:49et donc de la planète,
- 1:31:50et par extension des changements climatiques aussi.
- 1:31:55Et du coup,
- 1:31:55Vanessa,
- 1:31:56si on devait imaginer une production teintoriale plus importante pour répondre à des besoins en teinture,
- 1:32:04en cosmétiques,
- 1:32:06dans d'autres applications,
- 1:32:08ça passerait ?
- 1:32:09par la culture,
- 1:32:11ça passerait par la valorisation des déchets,
- 1:32:14ça passerait par la valorisation des déchets alimentaires en frise,
- 1:32:19qu'on voit directement à la métallisation,
- 1:32:22alors qu'on pourrait en faire quelque chose.
- 1:32:24Vous voyez le source industrielle entre guillemets ?
- 1:32:29Non,
- 1:32:30en fait,
- 1:32:30justement,
- 1:32:31elle n'est pas unique.
- 1:32:32Elle n'est pas unique parce que,
- 1:32:33comme on voit en écologie,
- 1:32:37on a un impact,
- 1:32:38nous,
- 1:32:38humains,
- 1:32:38À partir du moment où on est et qu'on respire,
- 1:32:41il y a un impact.
- 1:32:42Donc,
- 1:32:44quoi qu'on fasse,
- 1:32:45si on le fait à petite échelle,
- 1:32:46petit impact,
- 1:32:47grande échelle,
- 1:32:48grand impact.
- 1:32:49Moi,
- 1:32:49je pense qu'il faut diversifier les sources.
- 1:32:53Donc,
- 1:32:53tout ce que vous venez de citer,
- 1:32:55l'agriculture,
- 1:32:57la valorisation de déchets,
- 1:32:59les bactéries,
- 1:32:59pourquoi pas.
- 1:33:01Mais tout le monde a sa place à petite échelle,
- 1:33:03parce qu'à grande échelle,
- 1:33:06l'impact est vraiment très très grand.
- 1:33:08C'est très très grand.
- 1:33:08C'est comme les teintures synthétiques.
- 1:33:10Je ne dis pas qu'elles n'ont pas leur place.
- 1:33:12On parle de chimie verte.
- 1:33:13Donc comment la chimie verte va pouvoir aider à sélectionner ça ?
- 1:33:18Donc on voit par exemple Rich ou EPA qui font la sélection un petit peu,
- 1:33:23mais on voit que c'est très complexe parce qu'il y a des milliers de molécules,
- 1:33:28comme l'explique...
- 1:33:30mon chimiste organisé avec qui je travaille,
- 1:33:33il me dit tu changes une mini chose,
- 1:33:37c'est une nouvelle molécule.
- 1:33:39Donc c'est très dur de pouvoir valider l'inocuité ou la toxicité d'une molécule,
- 1:33:46surtout que des fois,
- 1:33:47elle paraît inoffensive en isolation,
- 1:33:51mais quand elle est en interaction avec d'autres,
- 1:33:54comme on parle et qu'on vit aujourd'hui dans un cocktail,
- 1:33:57une soupe chimique,
- 1:33:58comme dit Daniel Goleman,
- 1:33:59un cocktail,
- 1:34:01on est exposé de façon chronique et mini-dosée à un cocktail de molécules dont on est incapable de dire l'impact qu'il a aujourd'hui et qu'il aura demain sur notre santé et sur celle de nos générations.
- 1:34:16Parce qu'on voit que les femmes enceintes,
- 1:34:18en fait,
- 1:34:18et les femmes en âge de procréer,
- 1:34:20le cerveau de leurs enfants est fortement impacté par toute la toxicité ambiante.
- 1:34:25Et les teintures y contribuent.
- 1:34:28grandement alors j'aime bien aussi l'idée du colibri de
- 1:34:33Pierre Rabhi et
- 1:34:35Cyril Dion qui avait monté l'association Colibri,
- 1:34:38vous connaissez l'histoire du petit colibri ?
- 1:34:42l'histoire du petit colibri c'est il y a un incendie immense dans une forêt et le petit colibri il arrive avec son petit bec il va chercher l'eau à la rivière et il éteint il les jette sur les flammes,
- 1:34:52il revient il fait des retours,
- 1:34:53une dizaine puis tous les animaux de la forêt ils commencent à se moquer de lui
- 1:34:57en disant,
- 1:34:57ben là,
- 1:34:58tu crois que tu vas éteindre ton feu avec ton petit bec et tout ?
- 1:35:00Il dit,
- 1:35:00non,
- 1:35:00mais au moins,
- 1:35:01moi,
- 1:35:01je fais ma part.
- 1:35:02Donc si toi,
- 1:35:03le gros éléphant,
- 1:35:04tu vas,
- 1:35:05avec ta grosse trompe,
- 1:35:07contribuer à éteindre le feu,
- 1:35:08tu iras beaucoup plus vite,
- 1:35:09c'est sûr.
- 1:35:10Mais le tout,
- 1:35:10c'est que chacun fasse sa part.
- 1:35:13Donc ça,
- 1:35:13ça m'a aussi beaucoup inspirée.
- 1:35:15Donc moi,
- 1:35:15je fais ma part à mon niveau de designer,
- 1:35:19de designer textile.
- 1:35:21quand vous m'avez demandé qu'est-ce qui était important,
- 1:35:23et voilà,
- 1:35:24je parlais que les teintures synthétiques aussi,
- 1:35:26elles ont leur place,
- 1:35:27mais à échelle minime.
- 1:35:29Là,
- 1:35:30elles ont trop,
- 1:35:30trop de place,
- 1:35:31donc trop,
- 1:35:32trop d'impact.
- 1:35:33Et aussi,
- 1:35:33voilà,
- 1:35:33ces molécules qui,
- 1:35:35quand elles sont testées en isolation,
- 1:35:38elles paraissent,
- 1:35:39ben non,
- 1:35:39ça va,
- 1:35:39cette molécule-là,
- 1:35:40c'est pas problématique.
- 1:35:41Mais,
- 1:35:42et dans le cas des colorants azoïques les plus utilisés en teinture,
- 1:35:46eh ben,
- 1:35:47leur dangerosité,
- 1:35:48c'est quand elles se dégradent.
- 1:35:49parce que quand elle se dégrade lors du lavage,
- 1:35:52dans les eaux,
- 1:35:52tout ça,
- 1:35:53elle dégage des amines aromatiques qui sont cancérigènes.
- 1:35:58Donc ça aussi,
- 1:35:58c'est une problématique qu'on a du mal à évaluer.
- 1:36:01Et donc,
- 1:36:02le cycle de vie permettrait de mettre en avant.
- 1:36:05Donc oui,
- 1:36:06les teintures synthétiques,
- 1:36:06on leur place,
- 1:36:07par exemple,
- 1:36:07pour tout ce qui est…
- 1:36:12le sportswear,
- 1:36:13le plein air,
- 1:36:14encore que vous savez que les bactéries sont capables de teindre le polyester.
- 1:36:20Les bactéries sont capables de teindre le polyester.
- 1:36:22Donc,
- 1:36:22il y a eu d'ailleurs une collection capsule,
- 1:36:26il y a quelques années,
- 1:36:28entre Living Colors,
- 1:36:29le collectif Living Colors,
- 1:36:31et la marque Puma,
- 1:36:33qui avait créé cette collection,
- 1:36:35Design to Fade,
- 1:36:36et qui justement ouvre la discussion
- 1:36:39et permet aux couleurs justement de devenir plus fades pour pouvoir peut-être,
- 1:36:47de collection après collection,
- 1:36:48et là,
- 1:36:48il y a un business pour ceux qui veulent faire du profit,
- 1:36:51de se dire,
- 1:36:51je peux reteindre,
- 1:36:53surteindre.
- 1:36:54Ce n'est pas un problème.
- 1:36:55La couleur,
- 1:36:55elle est vivante,
- 1:36:56comme vous,
- 1:36:57comme moi,
- 1:36:57comme les plantes qui m'entourent.
- 1:36:59Donc,
- 1:36:59elle a le droit de vieillir,
- 1:37:01elle aussi.
- 1:37:02Et si la fibre est belle,
- 1:37:03on peut pouvoir en changer la couleur et juste en la reviver.
- 1:37:09Je sais pourquoi je voulais vous le dire tout à l'heure,
- 1:37:11c'était sur la santé.
- 1:37:14J'ai reçu une chercheuse du CNRS qui a écrit un livre qui s'appelle
- 1:37:18Audrey Nier,
- 1:37:18qui a écrit le livre noir de la mode.
- 1:37:21Je crois que c'est l'épisode 15 du podcast.
- 1:37:23Non,
- 1:37:23c'est pas l'épisode 15.
- 1:37:24C'est l'épisode...
- 1:37:25Je vous retrouverai l'épisode.
- 1:37:28Et en fait,
- 1:37:29j'ai pris une part parce que le monde du textile,
- 1:37:32je le connaissais.
- 1:37:34Je savais qu'il avait un impact,
- 1:37:35mais je ne savais pas qu'il avait tant d'impact.
- 1:37:38Et en fait,
- 1:37:38il y avait tous les impacts du textile,
- 1:37:41et notamment sur la part de la santé.
- 1:37:43Et je me suis dit,
- 1:37:45moi qui ai suivi,
- 1:37:46côté alimentaire,
- 1:37:48des gros sujets de société comme le goût jaune,
- 1:37:51l'animal,
- 1:37:52des trucs qui sont d'un excès au niveau planétaire.
- 1:37:55Je me suis dit que le boulot de chambre de pandémie,
- 1:37:58c'est sûr.
- 1:37:59Parce que si on commence à sortir des preuves comme ça,
- 1:38:02et elle,
- 1:38:02elle dépendait un texte,
- 1:38:03un texte,
- 1:38:04et un,
- 1:38:04et un,
- 1:38:05sur l'impact des textes sur l'incinèrement des mamans.
- 1:38:10J'ai lu un texte que j'ai,
- 1:38:14je pourrais vous le passer,
- 1:38:17quand j'ai vu cet impact-là,
- 1:38:18je me suis dit,
- 1:38:18mais pourquoi personne n'en parle ?
- 1:38:21Alors,
- 1:38:21il y a quelque chose qui est sorti sur les pires espaces,
- 1:38:24dont vous en parliez tout à l'heure,
- 1:38:26qui reste en permanence.
- 1:38:32ça touche un peu ce sujet-là.
- 1:38:33Les gens parlent vraiment de la main-d'oeuvre sur la santé.
- 1:38:35Et je me suis dit,
- 1:38:37dès que quelqu'un va s'investir,
- 1:38:40des reportages,
- 1:38:41des chiffres,
- 1:38:42des infos là-dessus,
- 1:38:43c'est sûr que d'un coup,
- 1:38:45on va se trouver sur d'autres solutions.
- 1:38:47Et que là,
- 1:38:48la couleur végétale,
- 1:38:49la teinture végétale,
- 1:38:50etc.,
- 1:38:51elle va pouvoir avoir un peu de place et un prix inférieur.
- 1:38:54Mais pendant que personne ne sort de dossiers,
- 1:38:58il se fait...
- 1:38:58C'est pas moi et moi avec le podcast qui va révolutionner le truc.
- 1:39:02Je veux dire,
- 1:39:03je pense que le prochain groupe en l'air,
- 1:39:06c'est l'impact de la VRT sur la santé,
- 1:39:10l'eau,
- 1:39:10l'environnement,
- 1:39:10le sol.
- 1:39:11On en parle depuis le début de notre échange.
- 1:39:13Dès que ça,
- 1:39:13ça va se faire.
- 1:39:15je pense que ça va vraiment avoir des grosses répercussions.
- 1:39:17C'est clair,
- 1:39:18oui,
- 1:39:18il y a beaucoup de livres.
- 1:39:19Et puis moi,
- 1:39:19je dis,
- 1:39:19moi,
- 1:39:19j'en suis le témoin numéro un,
- 1:39:21puisque je l'ai vécu.
- 1:39:23L'impact sur la santé,
- 1:39:24je peux en parler un tout petit peu.
- 1:39:26C'est que quand je travaillais dans mon atelier,
- 1:39:28je travaillais donc avec de la sublimation.
- 1:39:30Donc,
- 1:39:30j'avais une grosse machine industrielle pour imprimer à 200 degrés,
- 1:39:36donc des formats de 2,10 m par 1,10 m.
- 1:39:39Et donc,
- 1:39:39je travaillais avec ces encres dispersives.
- 1:39:42et j'avais jamais fait le lien avec ces problématiques-là avec la couleur,
- 1:39:47donc il n'y a pas vraiment d'extracteur approprié,
- 1:39:51puis j'ai imprimé des grands métrages,
- 1:39:52et puis ça fait de la fumée,
- 1:39:54parce qu'en fait c'est un processus,
- 1:39:56on part d'une teinture qui est sur un papier,
- 1:39:59et qui par la chaleur va pénétrer le textile par technique gazeuse.
- 1:40:07Et donc,
- 1:40:07ça sort vraiment dans l'air.
- 1:40:10Et puis,
- 1:40:10ma chercheuse en santé environnementale m'a dit,
- 1:40:11Vanessa,
- 1:40:12il y a trois voies de pénétration dans le corps.
- 1:40:15La plus grande,
- 1:40:15la plus importante,
- 1:40:16c'est l'inhalation.
- 1:40:17Après,
- 1:40:18il y a le contact cutané,
- 1:40:19puis il y a l'ingestion.
- 1:40:21Et donc,
- 1:40:21moi,
- 1:40:21je respirais toutes ces molécules-là,
- 1:40:23puis c'est impossible d'avoir mon deuxième enfant pendant quatre ans,
- 1:40:26dans une période d'infertilité de quatre ans.
- 1:40:29et puis tout un travail pour travailler l'insémination,
- 1:40:34on ne fait rien,
- 1:40:35rien,
- 1:40:35rien.
- 1:40:36Et finalement,
- 1:40:37après,
- 1:40:37une hystérosalpingographie,
- 1:40:39c'est-à-dire un examen qui fait un karcher dans les troncs.
- 1:40:43Le mois d'après,
- 1:40:44j'étais enceinte,
- 1:40:44mais mon enfant a une mutation génétique très importante.
- 1:40:48Donc quand on parle de colorants avec des troubles d'apprentissage et tout ça,
- 1:40:53c'est pour ça que des livres comme
- 1:40:55Only One Chance
- 1:40:57de
- 1:40:58Philippe Grandjean qui parle de l'impact des polluants sur le cerveau parce qu'il y a vraiment un moment de la formation du cerveau,
- 1:41:07je crois que c'est la huitième semaine ou je ne sais pas si il y a des molécules chimiques,
- 1:41:15synthétiques qui rentrent en contact avec le placenta ou quoi,
- 1:41:18ça a un impact pour la vie sur l'enfant et donc quand je vois que mon enfant a une importante modification génétique et
- 1:41:26avec tous ces troubles d'apprentissage,
- 1:41:28et qu'on voit que les molécules colorantes synthétiques,
- 1:41:33on les appelle cancérigènes,
- 1:41:35mais aussi mutagéniques,
- 1:41:38reprotoxiques et neurotoxiques,
- 1:41:40c'est sûr qu'il y a un impact sur les générations futures.
- 1:41:43Et en fait,
- 1:41:43le prix qu'on pense ne pas être cher aujourd'hui,
- 1:41:46c'est le prix que va payer la société dans 10,
- 1:41:4915,
- 1:41:4920 ans,
- 1:41:50quand on voit que de plus en plus d'enfants ont des troubles d'apprentissage,
- 1:41:53de l'autisme.
- 1:41:54Un enfant sur 68,
- 1:41:55les chiffres sont sortis aux États-Unis,
- 1:41:57qui ont un trouble du spectre de l'autisme.
- 1:42:01Donc c'est énormément d'impact.
- 1:42:05à lanterne ça on parle ça au sujet de l'impact sur l'autisme des gens qui sont en contact avec les polluants de la teinture c'est incroyable vraiment donc j'invite à lire ce livre de la Onchance et
- 1:42:20ce le livre Noir Bonheur d'Amour pour ceux qui ont envie vraiment d'avoir un rappel des faits parce que c'est vraiment il y en a un nouveau qui est sorti il y en a un nouveau qui est sorti là c'est To Die For To Die comme la
- 1:42:34comme la teinture,
- 1:42:36c'est D-Y-E,
- 1:42:37To Die For.
- 1:42:38Donc,
- 1:42:38le To Die For qui est sorti en 2023,
- 1:42:41c'est de Alden Wicker,
- 1:42:43A-L-D-E-N Wicker,
- 1:42:45W-I-C-K-E-R.
- 1:42:47Et un livre aussi qui m'a beaucoup inspirée pour tout l'aspect historique des colorants et de l'impact des colorants synthétiques,
- 1:42:54c'est Fashion Victims qui est donc de
- 1:43:01Alison Matthew David.
- 1:43:04mais je vais vous envoyer tous ces liens donc là ça explique vraiment les débuts de la teinture synthétique les problématiques de toxicité qui se sont révélées dès le début et les problèmes de santé mais malgré tout en fait parce que c'était facile parce que c'était pas cher parce qu'on pouvait en produire beaucoup parce que ça faisait plein de couleurs merveilleuses et bien on a poussé la recherche et il y a eu beaucoup de financement
- 1:43:28Ok,
- 1:43:29super donc ça,
- 1:43:30ça sera pour la partie livre je voudrais arriver sur des questions un peu plus rapides d'échange pour aujourd'hui,
- 1:43:36quelles sont les personnes inspirantes sur cette histoire de la couleur végétale avec votre vision du monde à qui vous pensez ?
- 1:43:46Je pense vraiment,
- 1:43:47comme je disais tout à l'heure aux personnes qui sont dans l'action et qui sont sur le terrain
- 1:43:51Donc,
- 1:43:52évidemment,
- 1:43:52moi,
- 1:43:53j'ai mis Dominique Cardon.
- 1:43:54Sandrine Rosier,
- 1:43:55je suis allée visiter son atelier.
- 1:43:57Je trouve exceptionnel ce qu'elle fait au niveau grande échelle aussi.
- 1:44:01On a parlé,
- 1:44:02elle a travaillé avec Léman aussi,
- 1:44:03je crois,
- 1:44:03pour le film…
- 1:44:05Astérix. Astérix.
- 1:44:08Anne de La Sayette…
- 1:44:10Anne de la Sayette,
- 1:44:11Patrick Brenac pour le lien qu'ils font entre l'agriculture et l'extraction de colorants.
- 1:44:19Michel Garcia pour toute la connaissance et la transmission.
- 1:44:23En fait,
- 1:44:24je suis vraiment très admirative des personnes qui sont dans la transmission.
- 1:44:29Beaucoup,
- 1:44:30donc je montre,
- 1:44:32j'agis,
- 1:44:33je transmets et je fais connaître.
- 1:44:36Donc,
- 1:44:37Maïwa et...
- 1:44:38botanical colors pour moi aussi elles sont très
- 1:44:42très inspirante,
- 1:44:43évidemment.
- 1:44:43Dalia Milon aussi,
- 1:44:44je suis allée visiter son champ à Kamouraska.
- 1:44:48Mille plants d'indigo,
- 1:44:50beaucoup,
- 1:44:50beaucoup,
- 1:44:51beaucoup de fleurs,
- 1:44:52énormément de potentiel.
- 1:44:54Voilà,
- 1:44:55Abi Abi,
- 1:44:55Myriam Rochon,
- 1:44:59qui arrive comme ça à prendre ces espaces perdus.
- 1:45:03En fait,
- 1:45:04j'aime la valorisation de ce qu'on pense inintéressant.
- 1:45:08Voilà,
- 1:45:09on ne le regarde pas,
- 1:45:10on pense que ça n'a pas de valeur.
- 1:45:11mais ça a un potentiel énorme.
- 1:45:13Ça rejoint un peu une des questions que vous m'avez posées,
- 1:45:15si j'étais une plante tinctoriale laquelle j'aimerais être,
- 1:45:18mais moi j'aimerais être une source colorante à valoriser.
- 1:45:21En fait,
- 1:45:21quelque chose qu'on pense inutile,
- 1:45:23mais qui a un potentiel énorme à produire avant compostage.
- 1:45:29Donc Dominique,
- 1:45:30d'ailleurs,
- 1:45:30me parlait d'un ami qu'elle a aux Philippines qui a développé une belle teinture vieureuse à partir de la coquille externe des noix de coco,
- 1:45:39qu'on n'utilise pas pour la peau,
- 1:45:41autrement ou alors encore Michel Garcia qui avait fait cette recherche sur un beau jaune à partir de feuilles d'artichaut donc voilà comment la région produit des déchets qu'on va pouvoir valoriser donc moi j'aimerais être une de ces molécules colorantes là quelque
- 1:45:57chose qu'on pense insignifiant mais au grand pot au ciel qui renferme un trésor
- 1:46:03Top.
- 1:46:05Je voulais savoir,
- 1:46:06est-ce que vous avez écouté des épisodes de podcast Arrivé en Vert ?
- 1:46:10Est-ce que vous me suivez ?
- 1:46:12Est-ce que vous pouvez nous dire qui vous appartient à faire mon marché ?
- 1:46:16Oui,
- 1:46:16bien sûr,
- 1:46:17j'adore.
- 1:46:18Quand vous m'avez contactée,
- 1:46:19moi,
- 1:46:19j'étais déjà fan.
- 1:46:21Oui,
- 1:46:21oui,
- 1:46:21oui,
- 1:46:22oui.
- 1:46:23Et même mon chimiste aussi,
- 1:46:24il écoute et me dit écoute celui-là,
- 1:46:26écoute celui-là.
- 1:46:26Il me donne des conseils et tout.
- 1:46:28Donc vraiment,
- 1:46:29c'est une belle initiative que j'encouragerai,
- 1:46:32je partagerai dans...
- 1:46:33dans mes réseaux.
- 1:46:35J'aime beaucoup celui avec Dominique Cardon et Sandrine Rosier,
- 1:46:39quand elles parlent de leurs ateliers,
- 1:46:41parce qu'on a beau lire le livre,
- 1:46:43on a beau leur parler en vrai,
- 1:46:45il y a toujours des anecdotes.
- 1:46:46C'est ça qui est bien dans le podcast,
- 1:46:48c'est qu'on n'est pas figé à un texte et que la discussion est organique.
- 1:46:54Et donc,
- 1:46:54elles expliquaient,
- 1:46:55elles donnaient des petites anecdotes.
- 1:46:56En fait,
- 1:46:57quand elles racontaient,
- 1:46:58par exemple,
- 1:46:58en fait,
- 1:46:59on n'en savait pas plus que nos participants.
- 1:47:01On embarquait sur un bateau avec eux.
- 1:47:03et on partait à la découverte et c'est ça qui est beau,
- 1:47:07rester humble
- 1:47:08et curieux malgré tout c'est ça qui va faire qu'on va pouvoir faire des nouvelles découvertes encore parce que comme dit Dominique Ardon il y a tellement de plantes encore qu'on n'a pas découvertes et qui disparaissent à vitesse grand V ça
- 1:47:26me fait penser à l'épisode avec
- 1:47:28Henri-José de Guadeloupe
- 1:47:30Pareil,
- 1:47:31il dit que régulièrement,
- 1:47:33il y a des sources territoriales,
- 1:47:35il envoie le nom des plantes,
- 1:47:37qu'elles ne connaissaient pas,
- 1:47:38ils ont des propriétés.
- 1:47:41Ce n'est pas terminé,
- 1:47:42il y a encore des sources.
- 1:47:44On a parlé il y a les plantes en vaillant.
- 1:47:49J'étais en stade,
- 1:47:50j'étais chez Anne Garcellet,
- 1:47:51et il me dit qu'il y a un sac du dos,
- 1:47:55qui est des
- 1:47:56100 plantes en vaillant.
- 1:47:58elle donne un jaune magique et donc je suis en train de chez moi j'ai reçu ce jaune extraordinaire et je me suis dit dans les semblances j'ai regardé les semblances envahissantes j'ai
- 1:48:15regardé dans le détail je sais qu'il n'y a déjà pas de la peinture donc ça peut être en plus de magnifier des fibres naturelles ça peut en plus être une solution pour réduire l'impact
- 1:48:28de tout ça vraiment utiliser les plans au meilleur moi ça me résout oui j'aimerais vraiment qu'on ait déjà des soutiens des projets de recherche des initiatives et à l'histoire et mettre un peu la rue par rapport même un quart de ce qui est donné pour les politiques je suis sûre je suis sûre qu'on ferait des magnifiques et qu'on avancerait franchement ça
- 1:48:52c'est un peu pieux j'avais une question
- 1:48:55Vanessa je pense que c'est la dernière merci
- 1:48:59Qui vous aimeriez ?
- 1:49:00C'est votre micro.
- 1:49:02qui vous pensez intéressant une approche particulière pour le podcast c'est vrai la personne à qui je pensais c'était Rachel McHenry elle parle un peu français mais je ne sais pas où je la trouve admirable parce que déjà
- 1:49:19comme je disais je l'ai connue en 96 quand on faisait la maîtrise à Londres et déjà elle était très très
- 1:49:30enthousiaste et à soutenir les communautés.
- 1:49:33Elle travaille avec le Népal à l'époque.
- 1:49:34Là,
- 1:49:35elle travaille beaucoup avec le Pakistan.
- 1:49:36Elle travaille beaucoup avec les communautés en Inde.
- 1:49:38Donc,
- 1:49:38ils soutiennent les familles parce que les teintures naturelles,
- 1:49:43c'est aussi beaucoup de communautés.
- 1:49:46Et donc,
- 1:49:47elle,
- 1:49:47moi,
- 1:49:47je pense à elle,
- 1:49:48Rachel McHenry,
- 1:49:49qui est,
- 1:49:50non seulement elle est designer textile,
- 1:49:52elle est professeure à l'école de design de Toronto.
- 1:49:56et elle est aussi entrepreneur parce qu'elle travaille avec ses communautés et puis elle monte des collections en travaillant avec eux donc c'est elle que je pense
- 1:50:06Qu'est-ce que vous souhaitez pour la suite et votre projet ?
- 1:50:12Qu'est-ce qui va découler de votre projet ?
- 1:50:15Je pense aussi,
- 1:50:15excusez-moi mais en deuxième non mais je pense aussi à Myriam Rochon Myriam Rochon qui est de Habi Habi parce qu'elle
- 1:50:24C'est intéressant son parcours,
- 1:50:27sa prise de conscience,
- 1:50:28de dire mais tiens,
- 1:50:29c'est toxique et d'aller en horticulture pour revenir au textile.
- 1:50:33Donc ça,
- 1:50:34c'est intéressant.
- 1:50:35Et puis Nadia Bounian aussi,
- 1:50:37qui était parmi les invités,
- 1:50:38qui est designer textile et qui elle aussi,
- 1:50:40c'est très important pour elle,
- 1:50:41la traçabilité,
- 1:50:42elle est très proactive.
- 1:50:45C'est elle qui fait pousser des champs de plantes sectorielles au parc Jean Drapeau,
- 1:50:49au parc de Boucherville,
- 1:50:50à Montréal,
- 1:50:51et qui en même temps est designer de mode.
- 1:50:53Donc...
- 1:50:54Top.
- 1:50:56Voilà,
- 1:50:57c'est ça.
- 1:50:58La dernière question,
- 1:50:59c'était ?
- 1:51:00Votre projet,
- 1:51:01c'est quoi la suite en fait ?
- 1:51:02Là,
- 1:51:02vous faites votre thèse,
- 1:51:04donc vous allez publier votre travail.
- 1:51:08Qu'est-ce que vous souhaitez ?
- 1:51:09Alors,
- 1:51:09vous avez publié une chaire d'objets.
- 1:51:11Oui.
- 1:51:13Quels sont vos souhaits pour continuer dans cette thématique ?
- 1:51:17Alors,
- 1:51:18idéalement,
- 1:51:18moi,
- 1:51:19c'est un poste de professeur.
- 1:51:22à l'école supérieure de mode,
- 1:51:25c'est mon domaine la mode,
- 1:51:26j'ai commencé par un BEP,
- 1:51:27j'avais 15 ans,
- 1:51:29et aujourd'hui voilà,
- 1:51:30à mon âge que je ne dirai point,
- 1:51:34donc je suis toujours intéressée par,
- 1:51:38et curieuse,
- 1:51:39et dans la transmission,
- 1:51:41donc idéalement dans le cadre de l'école de mode,
- 1:51:45mais en fait ce doctorat m'a ouvert énormément de perspectives,
- 1:51:49donc ça pourrait être dans plein de domaines.
- 1:51:52de recherche autour de la couleur,
- 1:51:55mais évidemment le lien avec le design,
- 1:51:57donc l'école de design,
- 1:52:00l'école de mode,
- 1:52:00pour être à la place stratégique,
- 1:52:04pour sensibiliser les futurs designers,
- 1:52:06les former.
- 1:52:07Et aussi,
- 1:52:08quand je parlais de cette chaire de recherche,
- 1:52:10avoir l'opportunité d'avoir des demandes de subventions,
- 1:52:14de publier,
- 1:52:15de chercher,
- 1:52:16de faire des analyses de cycles de vie,
- 1:52:19et d'expérimenter encore avec la couleur non toxique.
- 1:52:23je dis non toxique parce qu'elle est peut-être végétale mais elle est peut-être autre chose on sait pas super,
- 1:52:29merci pour ce super témoignage j'ai adoré j'espère qu'on n'a rien si vous avez d'autres choses à ajouter non,
- 1:52:40je pense que on a bien fait le tour là c'était vraiment intéressant je vais vous envoyer des références de livres et des liens aussi vers des articles que j'ai écrits en public merci
- 1:52:53et voilà le prochain à suivre aussi je vous dirai scientifique voilà merci beaucoup pour l'invitation,
- 1:53:01honorée de faire partie de cette belle communauté d'échange,
- 1:53:05merci beaucoup pour votre travail de visibilité parce qu'on en a beaucoup besoin donc voilà,
- 1:53:12on est tous des petits colibris merci je vous invite à me rejoindre sur ma page Instagram ArtEcoVert
- 1:53:21A-R-T-E-C-O-V-E-R-T pour y découvrir le nom des prochains invités.
- 1:53:27Je me permets de vous rappeler que la seule manière de soutenir ce podcast est de le noter et le commenter sur la plateforme d'écoute de votre choix.
- 1:53:35C'est ainsi qu'on arrivera à faire porter la voix de ces passionnés de la couleur végétale.
- 1:53:40Merci à tous ! Savoir si vous allez aimer, les mots clés du podcast ArtEcoVert : teinture végétale plantes tinctoriales indigo garance encre végétale couleur végétale colorants végétaux pigments végétaux coloration capillaire végétale fibres naturelles colorants biosourcés tanins teinture naturelle plantes artecovert couleurs de plantes design végétal couleur jardin agriculture tinctoriale indigo tendance innovation nuances indigo