Latest / Québécois et Canadien / Vincent Vallée : Autonomie du Québec et nationalité
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- 0:00Bonjour et bienvenue au podcast Québécois et
- 0:01canadiens. On discute des enjeux de notre pays.
- 0:04Aujourd 'hui, on reçoit Vincent Vallée, président
- 0:06de l 'Institut de recherche sur le Québec. On
- 0:09a discuté notamment de la possibilité que le
- 0:11droit français préconquête pourrait avoir des
- 0:13impacts encore aujourd 'hui et de la possibilité
- 0:16d 'implanter une nationalité québécoise. Bon
- 0:18épisode. Vincent Vallée, merci d 'avoir accepté
- 0:30l 'invitation. Merci Alexandre, salut. On va
- 0:34se tutoyer parce qu 'on a à peu près le même
- 0:36âge et on a déjà eu une couple de discussions
- 0:37intéressantes ensemble. Toi, tu es à l 'Institut
- 0:41de recherche sur le Québec. J 'aimerais ça que
- 0:42tu me parles un peu de cet organisme -là. C 'est
- 0:44quoi l 'Institut de recherche sur le Québec?
- 0:46Bien, l 'Institut de recherche sur le Québec,
- 0:48qui a été fondé au début des années 2000, tourne
- 0:50suite en fond au deuxième référendum. Puis l
- 0:53'objectif, c 'est vraiment de creuser des questions
- 0:56de recherche qui tournent autour de la question
- 0:58nationale, la question nationale du Québec, mais
- 1:00pas juste sur, évidemment, la question du référendum
- 1:03puis de l 'indépendance, mais vraiment au sens
- 1:05large. Donc, beaucoup de sujets de recherche
- 1:08sont tournés autour de l 'identité d 'une part,
- 1:11donc tout ce qui touche à la langue française,
- 1:13mais il y a eu des recherches aussi sur éthique
- 1:15écologique. sur religion, sur le cours de citoyenneté
- 1:17québécoise. Et il y a tout un autre volet, disons,
- 1:20premier volet identité, deuxième volet, la capacité
- 1:22du Québec à décider pour lui -même, donc son
- 1:25autodétermination si on veut. Certains vont penser
- 1:27que c 'est par l 'indépendance, d 'autres vont
- 1:29penser que le Québec est capable de s 'autodéterminer
- 1:31à l 'intérieur du Canada. Donc, c 'est ces questions
- 1:34-là qu 'on va creuser. D 'ailleurs, on va sortir
- 1:36le soupeur, elle est même déjà publique, mais
- 1:39on va avoir un véritable lancement en juin sur
- 1:42la nationalité québécoise. québécoise, qui est
- 1:45un projet qu 'on peut faire à l 'intérieur du
- 1:47Canada, mais dont nous, on pense pour plusieurs
- 1:49raisons qu 'il peut aussi servir aux indépendantistes.
- 1:53Ok, intéressant. Puis toi, je pense, pour un
- 1:56secret pour personne, t 'es un souverainiste
- 1:58qui s 'est impliqué comme souverainiste, mais
- 2:00votre organisation est vraiment transpartisane.
- 2:03C 'est pas juste un ting -ting souverainiste,
- 2:05disons. Oui, c 'est ça. Donc moi, c 'est ça.
- 2:07Au niveau personnel, effectivement, je suis souverainiste.
- 2:10S 'il y avait un référendum, je voterais oui.
- 2:13Mais là, ça nous amène la question de savoir
- 2:16si on se replonge sur qu 'est -ce que le Québec
- 2:19veut, ou en tout cas dans les termes que j 'aime
- 2:21utiliser, l 'intérêt national du Québec. Je pense
- 2:24que ça, c 'est un fondement sur lequel on peut
- 2:28tous être d 'accord, fédéraliste, souverainiste,
- 2:30on a peut -être des visions différentes, mais
- 2:31on travaille tous pour l 'intérêt national du
- 2:34Québec. En tout cas, c 'est ce que je pense,
- 2:35c 'est ce que je souhaite. Et à ce moment -là,
- 2:37la question, c 'est comment est -ce qu 'on y
- 2:38parvient? Est -ce que c 'est possible à l 'intérieur
- 2:40du Canada? Donc là, à ce moment -là, le fardeau
- 2:43est sur les épaules des fédéralistes. Mais si
- 2:46c 'est impossible de le faire dans le Canada,
- 2:48eh bien là, c 'est aux souverainistes de le démontrer
- 2:49que c 'est impossible. On a plein de débats qu
- 2:52'on connaît, il y a plein d 'arguments qu 'on
- 2:53connaît. Mais généralement, ces arguments -là...
- 2:57souverainiste comme fédéraliste, tourne beaucoup
- 2:59autour d 'une époque bien précise dans l 'histoire
- 3:01du Québec. C 'est celle qui est, disons, si je
- 3:04veux être généreux, de 1976, pardon, l 'action
- 3:08du Parti québécois, jusqu 'au début des années
- 3:112000. ou si on veut être plus restreint, bien
- 3:14de 1982 jusqu 'à 1995. Donc, rapatriement de
- 3:18la Constitution, accords de Charlottetown, Mitch
- 3:21et Charlottetown, et référendum de 1995. Donc,
- 3:25beaucoup les arguments indépendantistes tournent
- 3:27autour de cette période -là, qui, lorsqu 'on
- 3:29regarde le Québec dans l 'ensemble de son histoire,
- 3:31est une période assez courte. Oui, parce que
- 3:34Christian Dufour qui est venu sur le podcast,
- 3:37c 'est une nation de 400 ans, puis je pense que
- 3:40c 'est une des choses qui est rapprochée au mouvement
- 3:42souverainiste, particulièrement au Parti québécois,
- 3:43c 'est de... d 'être très très révolution tranquille
- 3:47et après et d 'un peu négliger ce qu 'il y avait
- 3:49avant. C 'est une perception comme une autre.
- 3:52Puis d 'ailleurs, à ce titre -là, on perd une
- 3:56énorme richesse en limitant notre histoire à
- 4:001960 -1976 comme début. Il y a quelque chose
- 4:03de tentant à vouloir commencer l 'histoire à
- 4:061960 parce qu 'on sort de la Deuxième Guerre
- 4:09mondiale. Les gens sont traumatisés de la guerre.
- 4:11Puis on a une grande victoire américaine, on
- 4:14a un boom économique, un boom démographique.
- 4:16Donc on veut faire du millage là -dessus et on
- 4:19fonde la révolution tranquille. À partir de ce
- 4:21moment -là, on commence à utiliser le terme québécois
- 4:23au détriment de Canadien français qu 'on utilisait
- 4:26avant. Donc là, on a comme une nouvelle histoire
- 4:28qui commence, mais l 'ancienne histoire n 'a
- 4:30jamais cessé également. Puis on pourra en reparler
- 4:34tout à l 'heure, mais justement, la question
- 4:35de la nationalité québécoise... On ne pourrait
- 4:38jamais en arriver au produit qu 'on a là si on
- 4:40ne va pas puiser dans les racines du Québec.
- 4:43Parce qu 'à son origine, le Québec est fondé
- 4:46sur le droit français. Et c 'est à partir du
- 4:49droit français qu 'on est capable de déterminer
- 4:51une nationalité. Là, c 'est très, très, très
- 4:54important qu 'on brise un mythe qui est tenace,
- 4:58que beaucoup de collègues à moi enseignent, l
- 5:01'idée que c 'est les Anglais qui nous ont donné
- 5:03le droit français. Ça, là... Au niveau historique,
- 5:07au niveau juridique, ça n 'a aucun sens. L 'idée
- 5:10qu 'en 1774, avec l 'acte de Québec, les Anglais
- 5:13nous ont donné un droit qu 'ils nous ont finalement
- 5:15confisqué suite à la conquête. Ça, il faut arrêter
- 5:18de se répéter ça. Parce que le moment le plus
- 5:22important de notre histoire, au Canada dans son
- 5:25ensemble, pas juste au Québec, au Canada, Québécois
- 5:27et Canadien, c 'est 1760. 1760, pas 1763. 1760,
- 5:34c 'est une détail de trois ans, mais en 1760,
- 5:37on a un accord de valeur internationale qui s
- 5:40'appelle la capitulation de Montréal. Capitulation,
- 5:43ça veut pas dire on abandonne tout. Capitulation,
- 5:46ça veut dire on dépose les âmes, mais à certaines
- 5:47conditions. Ces conditions -là sont en grande
- 5:51partie prévues dans l 'article 42 de la capitulation
- 5:53et l 'article 40. On va y aller avec l 'article
- 5:5642 en premier. L 'article 42 prévoit que les
- 6:00Canadiens et les Français vont continuer d 'être
- 6:04sous leurs droits civils, donc sur la coutume
- 6:06de Paris. La coutume de Paris est protégée. par
- 6:10un accord international qui s 'appelle la capitulation
- 6:13de Montréal. Puis l 'article 40 prévoit que les
- 6:17Autochtones, donc les Sauvages et les Indiens
- 6:19de sa Majesté, c 'est le terme qui est utilisé
- 6:21à l 'époque, donc ce qu 'on appelle aujourd 'hui
- 6:22les Autochtones, sont protégés également par
- 6:25la capitulation. Donc leur droit, notamment le
- 6:28fameux traité Wendat, est issu de la capitulation
- 6:32de Montréal. Donc ça, c 'est important de l 'articuler.
- 6:36Puis lorsque dans la capitulation de l 'article
- 6:3742, on parle des Canadiens, Évidemment, on ne
- 6:40parle pas des Canadiens comme on les entend aujourd
- 6:42'hui. Les Canadiens, c 'était les Français qui
- 6:44étaient établis en Amérique. Donc, ceux qui étaient
- 6:46nés ici, on les distinguait un peu des Français.
- 6:48C 'est les Britanniques qui n 'étaient pas là.
- 6:51C 'était une zone qui habitait ici. Oui, mais
- 6:52les Britanniques se sont appropriés le mot «Canadien»
- 6:54beaucoup plus tard. C 'est suite à la Première
- 6:56Guerre mondiale, à peu près. Les Canadiens, c
- 6:58'était les francophones jusqu 'à la Première
- 7:00Guerre mondiale, en réalité. Donc, la capitulation
- 7:03de Montréal, c 'est un droit pour les Québécois.
- 7:05Puis vous savez... bien, vous savez tous et vous
- 7:08savez, les auditeurs, que c 'était quoi la revendication
- 7:11du Québec en 1982. 1982, c 'était d 'avoir une
- 7:16reconnaissance constitutionnelle. Les Québécois
- 7:19aillent une clause, une société distincte ou
- 7:21de nation reconnue dans la Constitution. Eh bien,
- 7:25elle aurait été... Parce que, dans le fond, on
- 7:26voulait juste qu 'ils réinscrivent la capitulation
- 7:28de Montréal, dans le fond, la reconnaissance
- 7:30d 'un droit spécifique au Canadien de l 'époque,
- 7:33québécois aujourd 'hui. Mais la réalité... c
- 7:36'est qu 'ils n 'ont jamais enlevé ce droit. Trouvez
- 7:38-moi une date à quel moment ils nous ont enlevé
- 7:41le droit d 'avoir notre spécificité et d 'avoir
- 7:43notre droit civil. Ça n 'existe pas. Il y a eu
- 7:46quelques petits cafouillages dans l 'histoire
- 7:48des questions administratives où c 'était difficile
- 7:50de savoir quel droit appliquait à quel moment,
- 7:52mais en 1774, donc le fameux acte de Québec,
- 7:56on est venu trancher la question puis nous dire,
- 7:58c 'est le droit français qui s 'applique, c 'est
- 8:00la coutume de Paris qu 'on avait renommée coutume
- 8:02du Canada, les coutumes du Canada, mais en réalité
- 8:05c 'était le droit qui continuait. Et ça, ça venait
- 8:08non seulement de l 'acte de Québec, mais surtout
- 8:10d 'un arrêt de la jurisprudence britannique.
- 8:13conseil privé, ce qui est devenu conseil privé
- 8:15de Londres, c 'est l 'arrêt Campbell Vial qui
- 8:17a dit que les capitulations sont inviolables
- 8:20et sacrées. Donc on venait sacraliser, aujourd
- 8:23'hui on dirait constitutionnaliser le statut,
- 8:26en fait la capitulation de Montréal et les accords
- 8:28qui avaient été là -dedans, donc la coutume de
- 8:31Paris. Et ça, ça a continué et ensuite on a eu
- 8:36les Patriotes, on a eu l 'Union du Canada. Mais
- 8:40les Canadiens continuent d 'exister, ils continuent
- 8:42d 'être sous le même droit et c 'est en 1867.
- 8:46En fait, on va commencer par 1866 parce qu 'on
- 8:50a eu le premier Code civil du Bas -Canada où
- 8:54d 'ailleurs, très important de noter, on définissait
- 8:56qui étaient les Bas -Canadiens, les Bas -Canadiens
- 8:58qui sont devenus des Québécois. C 'était inscrit
- 9:00dans le Code civil du Bas -Canada. On l 'a enlevé
- 9:02par ailleurs en 1991, petit détail. Mais jusqu
- 9:06'en 1991, on avait une définition de c 'était
- 9:08quoi un Québécois par la définition de Bas -Canadien.
- 9:11Dans le Code civil du Québec, ce qui démontre
- 9:13bien qu 'il y avait un droit civil qui existait,
- 9:17et ensuite en 1867, donc avec l 'Amérique du
- 9:20Nord Britannique, on est venu constitutionnaliser
- 9:24le droit civil québécois, 92 -13, donc les propriétés
- 9:28et les droits civils. 92, 16 pour un autre aspect
- 9:33du droit privé, 94, très très importante c 'est
- 9:3794, qui permet au Canada d 'unifier le droit
- 9:41privé dans toutes les provinces canadiennes,
- 9:44à une exception, le Québec. Pourquoi? Et bien,
- 9:48parce que le Québec a son propre droit civil
- 9:50qui est protégé par la Constitution canadienne
- 9:52de 1867. Et on a aussi l 'article 129 qui permet
- 9:56la reconduction des institutions, notamment le
- 9:59Code civil du Bas -Canada et les tribunaux et
- 10:02d 'autres éléments comme ça. On a d 'autres dispositions
- 10:04aussi qui implicitement le reconnaissent, comme
- 10:06l 'article 98 qui fait en sorte que les juges
- 10:11sélectionnés pour les tribunaux du Québec...
- 10:14ou pour la Cour suprême en tout cas, les juges
- 10:17du Québec sont sélectionnés dans le barreau du
- 10:19Québec. Pourquoi ils sont sélectionnés parmi
- 10:21le barreau du Québec puis pas pourquoi les autres
- 10:23provinces, ça peut être n 'importe quel barreau?
- 10:25Bien parce qu 'il y a juste au Québec qu 'on
- 10:26forme un droit civil. Donc tout ça, en 1867,
- 10:30c 'était très très très clair que le droit civil
- 10:33était protégé par la Constitution. Puis d 'ailleurs,
- 10:37dans le Code civil du Boccanada, là, c 'était
- 10:38écrit dans le préambule, si je me souviens bien,
- 10:41mais 99 ,9 % dans le préambule, c 'est la coutume
- 10:45de Paris. Donc là, c 'est pas le Lac de Québec
- 10:48qui nous a donné des droits. On assume que ça
- 10:51vient de la Nouvelle -France. On assume que c
- 10:53'est le droit français de Louis XIV qui continue
- 10:55d 'exister. Aujourd 'hui, lorsqu 'on parle avec
- 10:59des juristes, lorsqu 'on parle avec la plupart
- 11:01des juristes, puis on dit c 'est quoi le droit
- 11:02civil? Il faut nous dire c 'est les contrats.
- 11:04les obligations. Le droit privé, oui. Le droit
- 11:07privé, mais le droit privé, encore une fois,
- 11:09on est dans une logique qui cède la commune -là.
- 11:12Le droit civil, pour comprendre c 'est quoi,
- 11:13il faut remonter à la capitulation de Montréal,
- 11:17mais il faut comprendre, dans le fond, dans la
- 11:19coutume de Paris, qu 'est -ce qui était couvert
- 11:20par la coutume de Paris. C 'est beaucoup plus
- 11:22large que le droit privé, en réalité. Puis ça,
- 11:25il va falloir faire des recherches creusées davantage.
- 11:28Mais moi, je pense que ça concerne tout ce qui
- 11:30touche notre vie ensemble, incluant la laïcité,
- 11:32incluant la langue française, incluant notre
- 11:34manière de vivre ensemble, finalement. Ça, c
- 11:37'est des éléments sur lesquels, en théorie, le
- 11:39Canada n 'a pas le droit de toucher. Là, on pourrait
- 11:42commencer à parler. Bon, 1982, qu 'est -ce que
- 11:44ça a changé? Bien, 1982, il faudrait qu 'ils
- 11:47nous disent explicitement... quels sont les éléments
- 11:50de notre droit qui a été enlevé avec 1982? Essentiellement,
- 11:54la logique serait la suivante, c 'est qu 'aujourd
- 11:56'hui, si on veut faire une série de choses, dont
- 11:58la nationalité, dont, disons, avoir une spécificité
- 12:02pour la laïcité, par exemple, on n 'a pas besoin
- 12:05de demander un nouveau droit à Ottawa ou de le
- 12:08négocier parce que quand les Britanniques sont
- 12:11arrivés, il y aurait eu reconnaissance plus...
- 12:15les tribunaux valident ça, mais il y aurait eu
- 12:17reconnaissance du maintien du droit français,
- 12:20et en vertu de ce droit -là, on aurait ces droits
- 12:22-là. Donc, essentiellement... Le droit civil.
- 12:24Le droit civil. Donc, si on fait le parallèle
- 12:25un peu, parce qu 'il y a une décision qui s 'est
- 12:27rendue à court suprême que tu m 'as envoyée,
- 12:28que j 'ai lue avec grande attention, je pense
- 12:30que c 'est Caron, où on revendiquait les droits...
- 12:35historique francophone de français en Alberta,
- 12:38parce qu 'on se disait dans l 'acte du territoire
- 12:40du Nord -Ouest, puis dans la façon que le territoire
- 12:42du Nord -Ouest s 'est joint au Canada, il y avait
- 12:44une garantie de services français, puis de bilinguisme
- 12:47législatif et judiciaire. La Cour suprême a finalement
- 12:50décidé que non, mais la dissidence dans cette
- 12:53décision -là, je pense que les juges Wagner et
- 12:56Côté disaient que c 'était assez clair que c
- 12:59'était une condition essentielle de... pour que
- 13:03le territoire du Nord -Ouest, qui est aujourd
- 13:04'hui essentiellement tout l 'Ouest de l 'Ontario,
- 13:08c 'est Manitoba, Saskatchewan, Alberta, et le
- 13:11territoire du Nord -Ouest tel qu 'on connaît
- 13:12aujourd 'hui, et probablement le Yukon aussi,
- 13:15il faudrait que je rechecke les cartes, mais
- 13:16essentiellement, le territoire du Nord -Ouest,
- 13:19ce serait pas joint au Canada si c 'était pas
- 13:21du fait qu 'on leur avait garanti ce français
- 13:23-là. Ça serait un peu un argument similaire de
- 13:25dire... la capitulation n 'aurait pas eu lieu
- 13:28si ce n 'était pas du fait qu 'on allait protéger
- 13:30certains droits historiques là -dessus. Et donc,
- 13:34ça ne sert même pas à rien de regarder 1867 parce
- 13:37qu 'avant même 1867, il y avait des engagements
- 13:41de la communauté britannique, de la couronne
- 13:43britannique à respecter certains droits et donc
- 13:45ces droits -là n 'ont pas été enlevés en 1867,
- 13:48n 'ont pas été enlevés en 1982, donc ils sont
- 13:50toujours subsistants aujourd 'hui. à la nuance
- 13:54près qu 'on n 'a pas le choix de faire avec le
- 13:56droit canadien actuel, comme les Autochtones
- 13:59le font à travers l 'article 35, par exemple.
- 14:02Les Autochtones aussi ont signé des accords avec
- 14:05les Britanniques un peu partout, les Britanniques,
- 14:08les Canadiens, et c 'est à travers l 'article
- 14:1035. L 'article 35 de 1982, merci de la précision.
- 14:16Donc l 'article 35 permet de reconduire des traités
- 14:19et de reconnaître une valeur constitutionnelle
- 14:22aux traités. L 'article 35 ne s 'applique pas
- 14:25aux Canadiens devenus québécois. Par contre,
- 14:30moi, ce que je soumets, c 'est que Contrairement
- 14:33à l 'idée qu 'on ne suit pas la Constitution,
- 14:35au contraire, la Constitution nous aide, mais
- 14:38il faut en faire une lecture très fine. Il faut
- 14:40en faire une lecture qui plonge la compréhension
- 14:45des articles à travers un regard historique.
- 14:47Le problème aujourd 'hui, c 'est qu 'on a tendance
- 14:49à regarder la Constitution de 1867, par exemple,
- 14:52comme étant un fédéralisme identique partout.
- 14:55Mais ça n 'a aucun sens à partir du moment qu
- 14:58'on considère qu 'une société qui préexistait
- 15:02au Canada. Il y a une société qui existait avant
- 15:05la conquête britannique. Et ça, c 'est ce qui
- 15:08est diffère, par exemple, deux types de colonies
- 15:12différentes. Il faut comprendre le droit international,
- 15:15l 'ancien droit international. Il y a deux types
- 15:18de colonies. Il y a les colonies d 'établissement,
- 15:20donc celles où il y a des colons qui viennent
- 15:22s 'installer, puis il n 'y a pas nécessairement
- 15:23de droit reconnu avant. Ils viennent s 'installer
- 15:26et c 'est tout. On pourrait prendre des exemples
- 15:27au Canada, par exemple, à Terre -Neuve, là. Bon,
- 15:30c 'est une colonie d 'établissement. Mais il
- 15:31y a des colonies de conquête. Une colonie de
- 15:34conquête, c 'est une colonie à l 'intérieur de
- 15:36laquelle il y a eu une capitulation qui nous
- 15:40dit, bien, on a le droit de venir s 'installer,
- 15:42mais tant et aussi longtemps qu 'on respecte
- 15:44les conditions initiales. Mais l 'exemple de
- 15:48l 'Ouest, c 'est extrêmement intéressant parce
- 15:50que... Là, ici, on est dans une situation un
- 15:53petit peu plus ambiguë que le Québec est clairement
- 15:55une colonie de conquête. Mais dans l 'Ouest,
- 15:59il y a effectivement eu une forme de capitulation,
- 16:01puis c 'est la loi de 1870 sur le Manitoba. Oui,
- 16:04parce que le territoire du Nord -Ouest a été...
- 16:07et l 'île de Rupert, tu me corriges, ont été
- 16:09achetés par la couronne britannique. Ils ont
- 16:11été joints ensemble. Puis après ça, la couronne
- 16:14britannique... Mais le Canada a demandé à ce
- 16:16que ça soit légué ou... que la Couronne britannique
- 16:18l 'exait au Canada. Puis il y avait eu des discussions
- 16:21entre le Canada et la Couronne britannique à
- 16:23l 'époque sur les conditions en lien avec ça,
- 16:26et obtenir l 'accord des communautés du territoire
- 16:28du Nord -Ouest, qui était essentiellement 80
- 16:30% du territoire canadien. Et autochtone. C 'était
- 16:34gigante. Non, mais je veux dire... Comme le Canada
- 16:36d 'aujourd 'hui, le territoire du Nord -Ouest,
- 16:38vous voudrez voir des cartes de 1867, là, c 'était
- 16:40gigantesque. Fait que c 'est ça, la question,
- 16:42c 'est de délimiter sur quelle partie ça s 'applique.
- 16:45Mais ça, c 'est des questions qu 'on se pose
- 16:46encore en droit autochtone. Lorsqu 'on regarde
- 16:48le droit autochtone, la question de qu 'est -ce
- 16:50qui appartient à qui, c 'est pas clair, parce
- 16:52que les frontières étaient pas claires, puis
- 16:53surtout qu 'il y a plein d 'espaces qu 'on n
- 16:54'habite pas, qu 'on habitait pas, puis qu 'on
- 16:56n 'habite pas encore aujourd 'hui, nous, comme
- 16:58Québécois. Donc la question de savoir qu 'est
- 17:01-ce qui est acquis, bien, dans le fond, la question,
- 17:03c 'est de savoir la loi de... sur le Manitoba
- 17:05s 'appelait Kaki. La question est toute ouverte,
- 17:08puis c 'est là qu 'on voit une forme de dissidence.
- 17:11D 'ailleurs, le jugement a été rendu à quatre
- 17:14contre trois. Donc c 'est serré, là. Les Albertains
- 17:16sont passés à un juge. d 'être bilingue, comme
- 17:20le Manitoba. C 'est quand même assez impressionnant,
- 17:21parce que pour la petite histoire, je pense que
- 17:24c 'est quelqu 'un qui avait eu des tickets ou
- 17:25quelque chose de même. C 'est toujours de même.
- 17:26C 'est une infraction un peu bidon. Quelqu 'un
- 17:28qui peigne un ticket de la route et il dit, moi,
- 17:30je la conteste. Manitoba, c 'était ça aussi,
- 17:32ça me semble. Il s 'en va jusqu 'à la Cour suprême
- 17:34en contestant le fait que la loi n 'était pas
- 17:36bilingue, donc il veut contester son ticket.
- 17:37Mon ticket s 'applique pas parce qu 'il n 'est
- 17:38pas en français. C 'est ça, exactement. Parce
- 17:39qu 'il a vu que la loi, qui a fait en sorte que
- 17:41j 'ai eu un ticket, n 'a pas été traduite. Puis
- 17:44là, c 'était... Puis c 'est intéressant, si le
- 17:46monde, ça les intéresse, ils peuvent aller lire
- 17:47la décision Caron. C 'est assez récente, là,
- 17:502015. 2015, c 'est ça. Ils font toute l 'historique
- 17:53de comment l 'Alberta a été créée et l 'historique
- 17:57avant, puis c 'était quoi la réalité linguistique?
- 17:59dans le territoire du Nord -Ouest avant avec
- 18:02les Métis puis les Sans -Mailés qui étaient là,
- 18:05puis la gouvernance bilingue sous la compagnie
- 18:07de pétition. Puis comment tu distingues dans
- 18:09ces sociétés -là des Canadiens, aujourd 'hui
- 18:13on dirait des francs -sascourds, des franco -albertains,
- 18:16comment tu distingues ça des Métis, honnêtement?
- 18:19Dans une société comme ça qui a été fondée essentiellement
- 18:21par des coureurs, des bois, qui sont mélangés
- 18:23avec des autochtones, là on a dit bon, mais il
- 18:25y a des Métis, puis il y a des francophones,
- 18:27puis c 'est ben différent ça. C 'est particulier.
- 18:31On a fait un épisode, je ne sais pas trop où
- 18:32il va sortir par rapport au tien, c 'était à
- 18:35déterminer, mais j 'ai fait un épisode avec Valérie
- 18:36Lapoint de Gagnon où on a discuté notamment.
- 18:39Elle avait fait une publication sur... sur la
- 18:42commission Larrando -Stanton, puis des déclarations
- 18:46qui avaient été faites dans les années 50, avant
- 18:48la commission, par des premiers ministres Albertins
- 18:51qui disaient essentiellement, on n 'a jamais
- 18:53parlé français ici, puis quand tu vas voir l
- 18:55'histoire, ce territoire du Nord -Ouest, on voit
- 18:58assez facilement que c 'est faux, puis autant
- 19:01le français, je pense, était vu comme un outil
- 19:02de domination du Québec par les gens dans l 'Ouest.
- 19:07Il y avait une négligence totalement de l 'histoire
- 19:09où tout... tout se passait dans les deux langues,
- 19:12essentiellement dans le territoire du Nord -Ouest.
- 19:14C 'était comme si tout se passait. Ça, ça a changé
- 19:17de façon extrêmement rapide. On parle de 1877,
- 19:20qui a peut -être été vu positivement par le Québec
- 19:23parce qu 'il y a eu juste des gains concrets
- 19:25qui ont été reconnus, puis c 'était la fin aussi
- 19:26de l 'Union des Canadas suite à l 'ordre du Râme.
- 19:29Mais dans l 'Ouest, la partie de plaisir était
- 19:31finie. Oui, avec les créations du Manitoba, puis
- 19:34les rébellions, les bouillets, la parraison.
- 19:36Eux autres, la conquête, c 'est en 1870 qu 'ils
- 19:39l 'ont eue. C 'est là qu 'on a eu Louriel, etc.
- 19:44D 'ailleurs, je parlais de séparation artificielle.
- 19:49C 'est toujours délicat, d 'ailleurs, ces questions
- 19:51-là de métis, mais il faut juste comprendre que
- 19:53dans l 'époque, les gens ne faisaient pas tant
- 19:56ces distinctions -là. C 'est un petit peu pareil.
- 20:00Il y a quelque chose de comparable ici où...
- 20:03Bien, dans la Nouvelle -France, je ne sais pas
- 20:05si... Vous tapez Nouvelle -France sur Google
- 20:07puis allez dans l 'image, là, regardez l 'immensité
- 20:09du territoire. Il n 'y avait pas de découpage
- 20:12de voici où habitait l 'ethnie francophone, où
- 20:16habitait l 'ethnie ex -autochtones ou peu importe.
- 20:20Alors, c 'était le territoire, la projection
- 20:22de la puissance française qui était sur le territoire.
- 20:24Bien, qu 'est -ce que ça voulait dire? Bien,
- 20:26c 'est qu 'il y avait des Français, des Canadiens,
- 20:27des Autochtones qui étaient alliés. Puis comme
- 20:30les Autochtones étaient nomades, le territoire
- 20:32était immense. D 'ailleurs, comme aujourd 'hui
- 20:35encore au Québec, on a une grosse carte du Québec
- 20:38qui a l 'air d 'aller dans le Nord, puis on est
- 20:39comme « Waouh, le Québec, c 'est un des plus
- 20:40gros pays du monde si t 'es indépendant dans
- 20:42le Nord ». La réalité, c 'est qu 'on habite juste
- 20:44le Saint -Laurent. Comme à l 'époque de la Nouvelle
- 20:46-France, c 'est pas tellement différent. L 'axe
- 20:49Québec -Windsor, c 'est comme 18 millions de
- 20:51personnes. Il y en a, il y a des chalets, il
- 20:55y a des Autochtones qui habitent dans le Nord.
- 20:56Mais c 'est ça, paradoxalement, les Autochtones,
- 20:58c 'est... Là, je ne veux pas dire un chiffre,
- 21:00c 'est 1 ou 3 %, mais bref, le pourcentage n
- 21:02'est pas énorme dans le Québec en population,
- 21:04mais il occupe environ 70 % du territoire. Encore
- 21:07aujourd 'hui, l 'effectivité du territoire, c
- 21:10'est les Autochtones qui l 'ont. Deux, trois
- 21:12chalets, il y a des chalets aussi qui habitent,
- 21:15mais c 'est les Autochtones qui habitent encore,
- 21:18qui occupent encore le Nord. Mais oui, l 'effectivité
- 21:21territoriale, c 'est eux autres qui l 'ont. C
- 21:24'est pour ça, d 'ailleurs, que... que c 'est
- 21:27compliqué, la question de la cohabitation, parce
- 21:29que le Québec, lui, de son point de vue, le Québec
- 21:32se dit, c 'est mon territoire, donc je vais l
- 21:33'exploiter. Les Autochtones disent non. On dit
- 21:36non. C 'est mon territoire. C 'est ça, c 'est
- 21:38à moi. Ouais, non, mais sur la carte, c 'est
- 21:39écrit que ça appartient au Québec. Les Autochtones,
- 21:42ils vont dire, ben non, c 'est à nous autres,
- 21:43on ne l 'a jamais cédé. Puis, dans les faits,
- 21:45les Autochtones n 'ont jamais vraiment cédé leur
- 21:47territoire, là. Dans le Nord, en fait, mettons,
- 21:51si on revient à la Nouvelle -France, là... Ça
- 21:53d 'ailleurs, il y a plein de Québécois qui font
- 21:55des erreurs. Le procureur général du Québec dans
- 21:57l 'arrêt côté, c 'est épouvantable ce qu 'il
- 21:58dit. Il dit carrément que les Autochtones n 'avaient
- 22:01plus droit à partir que les Français étaient
- 22:02là. Le gars, il connaît pas son histoire. connaît
- 22:06rien de son histoire. C 'est honteux. Et d 'ailleurs,
- 22:07la Cour suprême le corrige. Je dis non, les Autochtones
- 22:10étaient les alliés de la France. Ils n 'ont jamais
- 22:12cédé leur territoire. Les Autochtones, qu 'est
- 22:14-ce qu 'ils ont fait en 1603? 1603, grosse victoire
- 22:19de l 'Alliance Laurentienne. On invite Champlain
- 22:21et on célèbre la victoire des Autochtones. Les
- 22:24Français n 'étaient pas dans le coup. Puis les
- 22:26Autochtones invitent, donc la grosse fête, la
- 22:28tabagie de Tadoussac. Puis là, on s 'a l 'entend.
- 22:31Donc c 'est les Algonquins, des Malécites, des
- 22:33Inous qui sont là. puis ils permettent à Champlain
- 22:35de venir s 'installer dans une région qui, à
- 22:37ce moment -là, n 'était pas habitée. C 'est la
- 22:38ville de Québec. On a la Fondation de Québec
- 22:41en 1608. La véritable Fondation de Québec s 'est
- 22:44pas faite en 1608. Elle s 'est faite dans l 'accord
- 22:46entre trois nations autochtones et l 'Alliance
- 22:49Laurentienne avec les Français. Ça, c 'est fondamental.
- 22:54Puis ça, on le dit pas. On raconte jamais ça.
- 22:57Mais Québec n 'existerait pas sans les autochtones.
- 23:00Les Autochtones sont des fondateurs de la ville
- 23:02de Québec. Ça, là, ça, ça, il faudrait écrire
- 23:05ça dans les livres d 'histoire. Il faudrait noter
- 23:07le nom de Anadabijou, grand chef inou, qui avait
- 23:09invité les Français à ce moment -là. Ensuite,
- 23:12on est devenus des Alliés, on a vécu, bon, chacun
- 23:14respectueusement dans leur territoire. Pendant
- 23:16une centaine d 'années, il y a eu des guerres
- 23:19contre l 'Allégie Iroquois. Ça, je pense que
- 23:20les gens connaissent ça à la maison. Mais suite
- 23:23à ça, parce que des fois, il y a des gens qui
- 23:24disent, ouais, mais on a toujours été en guerre
- 23:26contre les Iroquois. À partir de 1701, c 'est
- 23:28plus vrai. En 1701, déjà, il y a des autochtones
- 23:32de la Ligue Iroquoise, je ne serais pas me tromper
- 23:35parce que les noms, des fois, c 'est un peu confondant.
- 23:39On dit des Moaques aujourd 'hui, mais ils ne
- 23:40disaient pas nécessairement des Moaques à l 'époque,
- 23:41mais bref, des membres de la Ligue Iroquoise
- 23:43qui se sont installés avec les Français, qui
- 23:45sont créés des alliances avec les Français, et
- 23:47c 'est eux qui ont mené l 'alliance. La grande
- 23:50paix de Montréal de 1701, dont je ne sais pas
- 23:51pourquoi on ne célèbre pas, un événement absolument
- 23:54exceptionnel dans l 'histoire de l 'humanité.
- 23:58avec des milliers de personnes, il y avait 2000,
- 24:002500 personnes qui étaient là, autochtones, canadiennes,
- 24:04qui venaient de partout en Amérique du Nord,
- 24:06qui s 'étaient rejoints à Montréal, exactement
- 24:08là où toi et moi on fait l 'émission, à Montréal,
- 24:11pour signer une des alliances les plus exceptionnelles
- 24:13de l 'histoire du monde qui devrait encore nous
- 24:15inspirer aujourd 'hui à une époque où on était
- 24:18inquiet de la guerre, on était inquiet de la
- 24:20montée de l 'intolérance, des choses comme celle
- 24:21-là. On avait créé un système... qu 'il y a,
- 24:24à ma connaissance, aucun équivalent dans le monde
- 24:27où les Français ont vécu dans un système qui
- 24:31n 'était pas parfait, il ne faut pas l 'idéaliser
- 24:33non plus, mais dans un système où il y avait
- 24:35quand même une paix qui était installée entre
- 24:37les différentes nations. Puis d 'ailleurs, dans
- 24:40ce système -là, les Autochtones ne se laissaient
- 24:42pas faire. Les Autochtones ne se laissaient pas
- 24:44faire. De toute façon, ils... Les Français ne
- 24:45pouvaient pas imposer leur volonté par leur nombre
- 24:48ou peu importe. Il y en a qui ont essayé. Mais
- 24:51les Français, les Canadiens, dépendaient tellement
- 24:56des Autochtones que dès que les Autochtones disaient
- 24:59non, ils coupaient dans le fond un système économique
- 25:02dans lequel ils étaient imbriqués, les Français
- 25:03étaient dans la mise à, ils étaient dans la merde.
- 25:05Donc les Français étaient obligés de se rattraper.
- 25:07Ce qui faisait que les Autochtones, dans les
- 25:09faits, il y a des exemples très concrets de ça,
- 25:12où les Autochtones imposaient le respect de leurs
- 25:14droits. pas juste leurs droits ancestraux issus
- 25:17de traité, mais leur système juridique. Je parlais
- 25:20du droit civil québécois tout à l 'heure. C 'est
- 25:23notre système traditionnel, de tradition juridique
- 25:26au Québec qu 'on défend. Les Autochtones ont
- 25:29chacune, chaque nation autochtone, sa propre
- 25:31tradition juridique. On peut appeler ça un système
- 25:33coutumier, comme la coutume de Paris. Chaque
- 25:36nation autochtone a son propre système de droit.
- 25:39Et ça, des exemples super intéressants où ils
- 25:43ont... Par exemple, le gouverneur français avait
- 25:47tenté d 'imposer le droit français en disant
- 25:50qu 'on ferait une exécution. Les Autochtones
- 25:53y ont dit non. Puis on s 'est essayé de ravitailler
- 25:56un fort. Le fort dépendait à 100 % des Autochtones.
- 25:59Fait que là, ils sont allés dans le fond, les
- 26:01Autochtones, eux autres, c 'était pas des exécutions
- 26:02qu 'ils faisaient, c 'était... Lorsqu 'il y avait
- 26:04un meurtre, ils l 'échangaient contre une autre
- 26:05vie, une possession, l 'équivalent en cadeau.
- 26:08Fait que là, le gouverneur français a été...
- 26:10Le gouverneur, ou en tout cas les autorités françaises,
- 26:12ont été remboursés, là, l 'Autochtones. Et ça
- 26:14a recréé, finalement, le système. Encore une
- 26:18fois, l 'idée, c 'est pas d 'idéaliser ce système
- 26:20-là, mais il me semble qu 'on a là un exemple
- 26:23de modèle... qui est d 'ailleurs, selon moi,
- 26:26très très proche de la philosophie québécoise,
- 26:28de la pensée québécoise en général, qui est d
- 26:31'ailleurs inscrite, je pense, dans nous, et qui
- 26:35peut même servir d 'inspiration pour le monde,
- 26:37pour l 'avenir, pour ce à quoi on aspire. C 'est
- 26:44là que c 'est intéressant aussi si on plonge
- 26:46à la capitulation de Montréal, parce que c 'est
- 26:49ça qu 'elle reconnaît, la capitulation de Montréal.
- 26:51Quand elle dit... les droits vont être reconnus
- 26:54pour les Canadiens. OK, c 'est bon, c 'est qui?
- 26:55Mais pourquoi pour les Autochtones? Dans le fond,
- 26:57les Autochtones ne sont pas dérangés dans leur
- 27:00territoire ou quelque chose comme ça. Mais ça
- 27:02veut dire que, bien, c 'est les Autochtones,
- 27:05alliés de sa Majesté, donc la famille de Nuntio.
- 27:08C 'est comme ça qu 'on l 'appelait à l 'époque,
- 27:09la famille de Nuntio, donc l 'Alliance franco
- 27:11-autochtones. On ne va pas... Les Britanniques
- 27:15s 'engagent à respecter les droits des Autochtones.
- 27:19Ce qui veut dire que si on plonge dans l 'histoire
- 27:24et qu 'on va plus loin que 1960, l 'émancipation
- 27:31canadienne et québécoise, on est capable de voir
- 27:34là un système où le Québec peut puiser dans sa
- 27:37propre expérience pour respecter les nations
- 27:40autochtones de façon beaucoup plus... qui correspond
- 27:44beaucoup mieux à leurs aspirations à eux qu 'un
- 27:47système fondé sur la loi sur les Indiens. dont
- 27:50on n 'est pas capable de sortir parce qu 'elle
- 27:52protège les droits autochtones, la loi sur les
- 27:54Indiens, mais qui est quand même un système colonial
- 27:56dans sa manière de faire. On impose un système
- 27:58politique. C 'est un système qui est fondé sur
- 28:00la race, dont la reconnaissance est fondée sur
- 28:03le sang. C 'est aussi un système qui est pareil
- 28:07partout au Canada. La nation Wendat, elle ne
- 28:10peut pas se déterminer davantage que l 'Inisga
- 28:13en Colombie -Britannique. C 'est exactement le
- 28:15même système de reconnaissance qu 'il doit avoir.
- 28:18Et ici, on change la loi. change pour tout le
- 28:19monde. Clairement, ils n 'ont pas la même façon
- 28:22de se concevoir eux comme nation. Donc, c 'est
- 28:26là que ça devient intéressant si on se fonde
- 28:28justement sur le droit civil français, si on
- 28:31se fonde l 'idée de la nationalité, parce que
- 28:34ça, c 'est quelque chose qu 'on pourrait nous
- 28:36répliquer, par exemple de dire, bon, vous allez
- 28:38imposer votre nationalité aux Autochtones. Nous,
- 28:41on dit non. On dit non parce que, d 'abord, si
- 28:44l 'autochtones veut la nationalité québécoise,
- 28:46ça lui est décidé si elle veut pas, mais pas
- 28:49de problème. Dites -nous c 'est qui qui est Wendat.
- 28:53Dites -nous c 'est qui qui est Atikamek, puis
- 28:55on va l 'écrire dans le Code civil du Québec.
- 28:57Parce que nous, dans le fond, la nationalité,
- 28:59c 'est comme je l 'ai dit tout à l 'heure, c
- 29:00'est juste de la réinscrire. J 'aimerais ça qu
- 29:02'on parle de ça. Fait que juste pour fermer le
- 29:04premier sujet, puis ce qui va nous amener au
- 29:07deuxième, essentiellement l 'argument c 'est...
- 29:10Allons voir dans les droits historiques, dès
- 29:13même la capitulation, il y avait une série de
- 29:15droits qui étaient là. Puis aujourd 'hui, la
- 29:16spécificité québécoise découle de ça. Puis là,
- 29:20ça n 'a pas été testé encore dans les tribunaux,
- 29:22ça pourrait l 'être éventuellement, j 'imagine.
- 29:24Puis une des conclusions de ça, c 'est de dire
- 29:26qu 'on pourrait implanter une nationalité québécoise.
- 29:30C 'est quoi la différence entre une nationalité
- 29:31et une citoyenneté? Commençons par ça, là. C
- 29:34'est une excellente question, puis merci de la
- 29:36poser. Je vous renverrai vers l 'expert Edouard
- 29:40Baraton pour vraiment les questions techniques.
- 29:43Moi, ce que je peux vous dire, c 'est tout d
- 29:45'abord différencier la nationalité de la suggestion.
- 29:48On va commencer par faire ça parce qu 'il y a
- 29:50plusieurs formes d 'appartenance à l 'État à
- 29:52travers le monde. La forme laquelle on est la
- 29:55plus familière au Québec, c 'est la suggestion.
- 29:57C 'est -à -dire que c 'est une allégeance politique
- 30:00envers la couronne. Notre rattachement à l 'État,
- 30:02c 'est une allégeance, je prête serment à sa
- 30:04Majesté et je l 'obéis. Je fais un serment au
- 30:07roi. C 'est ça. Mais le serment au roi illustre...
- 30:10Le rattachement à l 'État au Canada, c 'est une
- 30:12suggestion qu 'on a renommée citoyenneté au Canada.
- 30:16Mais en réalité, lorsqu 'on regarde, c 'est vraiment
- 30:18la suggestion britannique. On l 'a copié -collé,
- 30:20puis on a marqué Canada à la place. Comme des
- 30:22sujets du roi... du roi d 'Angleterre. Mais du
- 30:24roi du Canada. C 'est ça, du roi du Canada qu
- 30:26'on partage avec l 'Angleterre, là, qui est la
- 30:28même personne. Charles III, premier du Canada,
- 30:31mais Charles III parce que c 'est de l 'Angleterre.
- 30:33Mais bon, ça, on n 'irait pas dans ces détails
- 30:34-là. Mais dans le fond, on se... on se rattache.
- 30:37à la couronne, parce que l 'État canadien, c
- 30:40'est une couronne. Donc, c 'est ça notre attachement
- 30:42comme sujet. Ce qu 'on appelle une citoyenneté,
- 30:46généralement, c 'est vraiment la question des
- 30:48pouvoirs politiques. Et là, je vais renvoyer
- 30:50vers Montesquieu. C 'est lui qui fait toutes
- 30:51ces distinctions -là, très précises. C 'est l
- 30:54'idée qu 'un citoyen, c 'est vraiment un agent
- 30:58dans une société qui détient des pouvoirs politiques.
- 31:01Donc, au Canada, on a des droits électoraux.
- 31:05On pourrait dire que certains éléments s 'apparentent
- 31:08en une citoyenneté, mais en réalité, c 'est vraiment
- 31:10plus une suggestion. La nationalité québécoise,
- 31:14c 'est vraiment au sens inverse. C 'est pas un
- 31:16rattachement qui émane de la couronne ou qui
- 31:20est un prolongement de la couronne où on prête
- 31:24serment pour... on s 'engage à respecter les
- 31:27conditions de la couronne du système. C 'est
- 31:31plutôt un rattachement à l 'État qui naît du
- 31:35droit civil. Vraiment, là, qui naît du droit
- 31:37civil, qui naît de... Donc un système de loi
- 31:42civile et d 'ailleurs c 'est pour cette raison
- 31:44-là que dans les systèmes, parce que d 'ailleurs
- 31:47le code civil c 'est le système qui est le plus
- 31:49populaire dans le monde, c 'est celui qui est
- 31:51le plus répandu et c 'est généralement dans les
- 31:53codes civils qu 'on a la nationalité qui existe.
- 31:58Donc une nationalité ce n 'est pas une citoyenneté
- 32:02en soi. D 'ailleurs, en France, puis ça d 'ailleurs
- 32:04beaucoup de Français le savent pas, mais il existe
- 32:07à la fois une nationalité et une citoyenneté.
- 32:10Tout comme il existait une suggestion et une
- 32:15naturalité au temps de la Nouvelle -France. C
- 32:18'est d 'ailleurs pourquoi, lorsque le roi de
- 32:22la France a cédé le territoire de la Nouvelle
- 32:24-France, on a cessé d 'être des sujets de France,
- 32:28mais on n 'a jamais cessé d 'être des naturels
- 32:30Français. C 'est la raison pour laquelle il y
- 32:31a beaucoup de Québécois, à l 'époque canadien,
- 32:34qui ont fait des réclamations puis qui ont réussi
- 32:35à l 'obtenir en France. Et ça, c 'est un droit
- 32:37qui n 'a jamais été éteint. Mais bon, là, on
- 32:38serait dans un autre sujet, mais il y a des travaux
- 32:40très, très sérieux sur cette question -là. Mais
- 32:42ça démontre justement la distinction entre les
- 32:45deux éléments. Et c 'est un petit peu ce droit
- 32:47-là, ce vieux droit français de naturalité qu
- 32:50'on appelle aujourd 'hui nationalité. Donc...
- 32:54On ne naît pas citoyen en réalité, contrairement
- 32:57à ce qu 'on pense, parce qu 'un enfant n 'a pas
- 32:59les droits de vote. Donc c 'est lorsqu 'il obtient
- 33:02les droits de vote, lorsqu 'il obtient la majorité,
- 33:04qu 'il devient citoyen, qu 'il peut exercer les
- 33:06pouvoirs politiques. Donc on naît avec une nationalité,
- 33:08puis on développe une citoyenneté plus tard.
- 33:10C 'est ça. La citoyenneté vient après. Elle vient
- 33:12vraiment se greffer sur la nationalité. Exactement.
- 33:15Donc la nationalité, c 'est l 'appartenance à
- 33:16un certain peuple ou un pays, tandis que... Oui,
- 33:19le rattachement de la nation. Tandis que la citoyenneté,
- 33:22c 'est l 'exercice des droits politiques. Oui,
- 33:24c 'est ça. La citoyenneté, c 'est l 'exercice
- 33:26droit politique. Dans le contexte québécois,
- 33:29il y a des citoyens canadiens. C 'est quoi l
- 33:32'impact d 'une nationalité québécoise? C 'est
- 33:35une super bonne question. En fait, dans l 'étude,
- 33:39qu 'est -ce que mon collègue propose, il propose
- 33:42différentes configurations. En réalité, ça va
- 33:44être aux politiques de décider qu 'est -ce qu
- 33:46'il en fait. Mais la grosse différence, c 'est
- 33:49que... la question de la nationalité va relever
- 33:52de la prérogative du Québec. Donc, c 'est le
- 33:54Québec qui va déterminer qui fait partie de la
- 33:57nation québécoise. Il y en a qui vont peut -être
- 33:59vouloir la restreindre, puis je sais que du monde
- 34:00que ça fait bien peur, là, qu 'on restreint la
- 34:02nationalité. N 'oublions pas que c 'est pas tout
- 34:04le monde au Canada qui est citoyen canadien,
- 34:06là, je vais juste le rappeler. Donc, on pourrait,
- 34:08disons, s 'il y en a qui voulait le plus le contrôler,
- 34:10c 'est de mettre des conditions, par exemple
- 34:11d 'apprendre la langue française ou, justement,
- 34:14de faire une forme de contrat social, de dire,
- 34:18bien, pour appartenir à la nation québécoise,
- 34:21bien, il faut... il faut signer un contrat dans
- 34:26lequel je m 'engage à respecter les principes
- 34:28fondamentaux du Québec. Par exemple, ça n 'empêcherait
- 34:31pas d 'être un citoyen canadien, mais par contre,
- 34:33ça veut dire qu 'il n 'y aurait peut -être pas
- 34:34tous les droits du Québec, c 'est -à -dire qu
- 34:37'il ne pourrait pas nécessairement voter dans
- 34:38les référendums. Parce que les référendums, ça,
- 34:41ce n 'est pas assujetti à la Charte canadienne,
- 34:46l 'article 3, etc. Ça, c 'est dans l 'arrêt Haïk
- 34:49qu 'on voit ça. Et ça, c 'est la même chose pour
- 34:51les municipales. Par exemple, quelqu 'un qui
- 34:53voudrait pas signer le contrat pour être national
- 34:57québécois, ça veut pas dire qu 'on l 'excuse,
- 34:59mais ça voudrait dire qu 'il y a certains droits
- 35:01qu 'il pourrait pas avoir nécessairement. Mais
- 35:02on pourrait faire aussi l 'inverse. On pourrait
- 35:04dire que tous les citoyens canadiens sont québécois
- 35:08et même l 'étendre jusqu 'au résident permanent,
- 35:11par exemple. On pourrait faire ça aussi dans
- 35:13une optique plus généreuse. Ça fait que c 'est
- 35:14ça que ça change, en le fond. Puis c 'est surtout...
- 35:19Ce que ça permettrait surtout de faire, c 'est
- 35:21de sortir de l 'espèce de gratonisme, comme on
- 35:24appelle. Parce que là, on a des définitions de
- 35:28québécois selon ce que ça tente. On demande,
- 35:32c 'est quoi un québécois? Il y a quelqu 'un qui
- 35:33va dire, c 'est tout le monde qui habite au Québec.
- 35:34Mais oui, c 'est tout le monde qui habite au
- 35:36Québec. Va leur dire ceux qui n 'ont pas accès,
- 35:38disons, à un tarif réduit ou qui n 'ont pas accès
- 35:40à toutes les... Oh, et vous êtes québécois? Oui,
- 35:42non, non, je ne suis pas québécois, tu sais.
- 35:44Ou à l 'inverse, tu sais, on aurait quelqu 'un
- 35:46qui dit, bien, les Québécois, c 'est juste ceux
- 35:48qui descendent de la souche canadienne française.
- 35:51Mais on a toutes sortes de définitions, puis
- 35:53si on regarde dans les lois québécoises... Il
- 35:55n 'y a aucune cohérence dans la définition de
- 35:59c 'est quoi un Québécois. Si on regarde justement,
- 36:01on va dire la loi électorale, ça définit c 'est
- 36:03quoi un Québécois. Mais oui, c 'est ça. Mais
- 36:05dès que tu vas déménager au Manitoba, c 'est
- 36:07fini. Tu n 'as plus le droit de vote au Québec.
- 36:09Tu n 'es plus Québécois. Tu arrêtes d 'être Québécois
- 36:11quand tu déménages. Puis c 'est la même chose...
- 36:14En fait, la meilleure définition qu 'on a, c
- 36:16'est celle de la loi sur l 'instruction publique.
- 36:19Parce que ça, c 'est ce qui permet aux enfants,
- 36:20bon, d 'aller à l 'école. Là, la définition est
- 36:22un petit peu plus large. D 'ailleurs, elle s
- 36:23'étend plus loin qu 'aux citoyens canadiens pour
- 36:26déterminer qui peut aller à l 'école publique.
- 36:30Puis on a d 'autres définitions qui sont partielles,
- 36:33comme les ententes avec la France. Ça, les Français
- 36:36veulent donner des droits aux Québécois. Mais
- 36:39là, dans le fond, c 'est tous citoyens canadiens
- 36:41qui habitent au Québec. Mais là, on a un problème,
- 36:43parce que si t 'étais en France, t 'habites plus
- 36:45au Québec. Donc, c 'est ce genre de choses -là.
- 36:49Par ailleurs, pour des ententes internationales,
- 36:51si on veut faire des vraies ententes avec la
- 36:53francophonie, il y a la France, évidemment, il
- 36:55y a la Suisse, la Belgique, il y a plein de pays
- 36:57en Afrique, il y a Haïti, l 'Afrique du Nord,
- 37:00on a plein de... La francophonie, c 'est un potentiel
- 37:03immense pour le Québec. Parce que nous, on a
- 37:06les avantages... En fait, on n 'a pas vécu...
- 37:10certains horreurs que la France a faites, mais
- 37:12en plus on les a pas faites. Les pays de la francophonie
- 37:15n 'ont pas vraiment de raison d 'en vouloir au
- 37:16Québec, puis généralement on est assez bien vu
- 37:18dans le monde de la francophonie. Donc si on
- 37:20voulait créer des ententes internationales, le
- 37:22fait de savoir qui est québécois, le fait d 'avoir
- 37:24des ententes aussi par exemple avec le Cameroun,
- 37:27pour nommer ce pays -là où, le Burundi ou peu
- 37:28importe, mais on reconnaît que mettons les gens
- 37:32du Burundi qui viennent au Québec, on leur donne
- 37:33certaines spécificités, un accès particulier
- 37:36à la nationalité, je vous donne des exemples
- 37:38qui me viennent en tête. ça donne la possibilité
- 37:41au Québec de faire des ententes bilatérales.
- 37:43Et ça, comme je l 'ai dit, ça se fait à l 'intérieur
- 37:45du cadre canadien. On n 'a pas besoin d 'attendre
- 37:48l 'indépendance pour ça. Mais c 'est sûr que
- 37:51là où je pense qu 'il pourrait avoir des problèmes,
- 37:53tu parlais de référendum tantôt. Disons qu 'on
- 37:55a un gouvernement qui détermine qu 'il faut parler
- 37:57français, par exemple, pour pouvoir être national
- 37:59Québécois. Pour avoir un certain niveau de français.
- 38:02Un certain niveau de français. Ça veut dire que
- 38:04par exemple, il y a peut -être une couple d 'unilingues
- 38:06anglophones qui sont nées ici, qui ont vécu toute
- 38:08leur vie ici, qui ne seraient pas des Québécois
- 38:10au sens de cette définition -là. Oui, mais ça,
- 38:12j 'excuserais ça. Je m 'excuse là. Pour moi,
- 38:14tout le monde qui est comme de facto Québécois
- 38:17aujourd 'hui ou Canadien vivant au Québec...
- 38:20Pour moi, c 'est fondamental de leur donner la
- 38:22nationalité tout de suite. C 'est plutôt pour
- 38:25plus tard. Même les immigrants qui sont déjà
- 38:28là, ça créerait trop de problèmes. Les problèmes
- 38:30qu 'ils utilisent, ça on veut pas des problèmes
- 38:32comme ça. Et puis de toute façon, on ne pourrait
- 38:35pas. Ça ne se ferait pas de faire ça. Oui, ça
- 38:37serait un peu particulier d 'exclure une partie
- 38:38de la population. Oui, tout à fait. Merci de
- 38:41le préciser. Vous voyez, c 'est ça. Il faudrait
- 38:42plus parler avec mon collègue pour ces détails
- 38:45-là, mais c 'est des bonnes questions. Mais ce
- 38:48serait plus pour l 'avenir, pour les prochaines
- 38:50personnes qui viennent. Parce que ça, c 'est
- 38:52des erreurs que le gouvernement a faites. On
- 38:54ne peut pas changer les règles du contrat une
- 38:56fois qu 'il est signé. Non, puis on le fait avec
- 38:58les problèmes d 'immigration. Exactement. Mais
- 39:00si notre contrat est clair dès le début, vous
- 39:03voulez venir au Québec, vous êtes les bienvenus,
- 39:05mais voici c 'est quoi les conditions. Il n 'y
- 39:07a pas de gens qu 'on exclut, qu 'on exporte,
- 39:09qu 'on déporte ou quoi que ce soit. C 'est ceux
- 39:11qui sont, ceux qui s 'en viennent, ils savent
- 39:13dans quoi ils s 'engagent. Vous savez quoi? Il
- 39:15y a tellement d 'atouts au Québec. Moi, je pense
- 39:17qu 'il va continuer d 'avoir des gens qui vont
- 39:19avoir envie de venir malgré des conditions qui
- 39:22sont celles de préserver un certain socle de
- 39:26vivre ensemble, une certaine manière de vivre
- 39:28qu 'on cherche à vivre, qui est exposé d 'être
- 39:30protégé par le droit britannique canadien par
- 39:33ailleurs, juste le rappeler. Puis, je pense que
- 39:38le Québec a énormément d 'atouts qui sont attractifs,
- 39:41ce qui fait en sorte qu 'on est capable d 'avoir
- 39:43beaucoup d 'immigration, ce qui fait qu 'on a
- 39:45un... C 'est un beau problème, dans le sens qu
- 39:47'on peut décider c 'est qui qui vient, c 'est
- 39:50qui qui vient pas, puis on peut mettre nos propres
- 39:53critères. Et ça, je veux dire, il y a des gens,
- 39:56peut -être ça va leur lever les cheveux sur la
- 39:58tête, mais en réalité, la plupart des pays, en
- 39:59fait, tous les pays du monde font ça. Il n 'y
- 40:01a pas de pays du monde qui dit tout le monde
- 40:04peut venir. Ça n 'existe pas, même le Canada
- 40:07sélectionne. Intéressant. Parce qu 'on va voir,
- 40:10ça va donner quoi, parce que cette théorie -là,
- 40:11j 'ai comme l 'impression qu 'elle va être testée
- 40:13parce que... Mon petit doigt me dit que peut
- 40:16-être que le PQ va s 'essayer avec une nationalité
- 40:19québécoise. On va voir s 'ils le font. Puis s
- 40:20'ils le font, on verra ce que les tribunaux en
- 40:23doutent. Puis probablement que les arguments
- 40:24que tu as mentionnés sur le caractère historique
- 40:28puis les obligations que la Couronne britannique
- 40:30s 'est engagée à respecter vont être mis de l
- 40:33'avant. Donc on a une occasion de passer à travers
- 40:37ça. C 'est sûr que... Puis on l 'a vu avec l
- 40:39'arrêt Caron. Il veut pas, il y a une interprétation
- 40:42politique qui est faite derrière ça. Après ça,
- 40:44quand cette décision sera en cours suprême, quelle
- 40:45vision... les juges qui sont nommés de l 'Ouest
- 40:49vont avoir de ça par rapport aux juges québécois.
- 40:52Il faudrait qu 'ils expliquent d 'abord pourquoi
- 40:53est -ce qu 'on avait cette définition dans le
- 40:55Code civil. Elle n 'était pas valide dans le
- 40:57Code civil? Ouais, c 'est ça. Parce qu 'on verra
- 41:01rendu là, mais je pense que ça va être des débats
- 41:03intéressants à avoir dans les prochaines années.
- 41:05J 'aimerais savoir si tu parles, parce que tu
- 41:06parlais des choses qu 'on peut faire dans le
- 41:07Canada sans attendre d 'autorisation. C 'est
- 41:10quoi les autres initiatives? Parce que je sais
- 41:12que mon Guillaume Rousseau a fait un rapport.
- 41:14avec Sébastien Proulx sur l 'autonomisation.
- 41:16On en a parlé un peu dans l 'épisode. Vous avez
- 41:18peut -être regardé d 'autres choses à l 'Institut.
- 41:21C 'est quoi les choses que le Québec pourrait
- 41:23faire pour s 'autonomiser au sein du Canada?
- 41:26Bien, la première des choses, je pense qu 'il
- 41:30faut... Ce qui est très bon du rapport ou sous
- 41:32Proulx, c 'est qu 'il ne commence pas avec les
- 41:34mesures, il commence avec une posture. Moi, c
- 41:36'est vraiment à être comme ça que je vais l 'encre.
- 41:38Ça nous prend une doctrine, une doctrine québécoise.
- 41:43pour l 'appeler l 'unilatéralisme ou... j 'aime
- 41:48bien l 'expression prise par le rapport Rousseau
- 41:49-Proux de liberté constitutionnelle. Disons,
- 41:52ça nous prend cette optique -là. Après, c 'est
- 41:55de prendre les meilleurs éléments que le Canada
- 41:57nous apprend parce qu 'on est dans le cadre canadien,
- 42:00mais de jamais oublier qu 'on a un droit qui
- 42:02est immanent aussi au Québec, qui est notre droit
- 42:04civil. Puis le Québec ne pense pas comme le Canada,
- 42:08il... Par exemple, au niveau des conventions
- 42:10constitutionnelles, c 'est pas du tout la même
- 42:12philosophie au niveau de notre rapport au droit
- 42:15est pas le même. Donc, il faut commencer à avoir
- 42:18cette doctrine -là qui est très très solide,
- 42:20puis une bonne connaissance de l 'histoire du
- 42:23droit. Ensuite... bien, il y a un paquet de choses
- 42:28qu 'on peut faire. Juste, j 'en aurais tellement,
- 42:30là, des propositions puis des idées. D 'ailleurs,
- 42:32on a eu les Oui Québec récemment qui ont parlé
- 42:34de révolution 2 .0. J 'aimerais beaucoup voir
- 42:36qu 'est -ce qu 'ils proposent. J 'attends juste
- 42:38ça. Mais moi, j 'aurais des idées à proposer
- 42:40justement comme révolution tranquille 2 .0. Je
- 42:44te donne un exemple. On a fermé le conseil législatif
- 42:48au Québec. On l 'a fermé pour des raisons qui
- 42:50étaient tout à fait légitimes. C 'était une institution
- 42:53qui était très monarchique, qui était très...
- 42:54C 'était un genre de sénat, ça? Oui, c 'est ça,
- 42:56l 'équivalent du sénat. Mais conseil législatif,
- 42:58il faut pas oublier que c 'est le résidu de ce
- 43:00qu 'on avait au Bas -Canada qui a créé la révolte
- 43:03des patriotes, là. C 'est la même institution,
- 43:05c 'est juste qu 'elle a perdu du pouvoir, alors
- 43:07que dans le temps, les patriotes, elles décidaient
- 43:08tout. Mais ça s 'appelait le conseil législatif
- 43:10du Bas -Canada. En même affaire. Mais dans le
- 43:13fond, on pourrait le rouvrir. mais d 'en faire
- 43:16une chambre élue. Des régions, peut -être. Une
- 43:20chambre des régions et des nations. On pourrait
- 43:25avoir... Parce que là, justement, pour les régions,
- 43:28on a des territoires qui sont en train de se
- 43:30découper parce que, oui, la démographie du Québec
- 43:32augmente, mais à quel endroit? Dans les grands
- 43:34sambles, donc... Parce que c 'est ça que l 'immigration,
- 43:37ça fait. Ça va surtout dans les grands centres,
- 43:38donc au détriment des régions. Donc, il faudrait
- 43:40rebalancer ça avec un pouvoir dans les régions.
- 43:44Mais moi, la première idée, c 'était surtout
- 43:46qu 'on aille... Parce que là, on parle beaucoup
- 43:49de droits. Aujourd 'hui, on parle de droits,
- 43:51de droits... Bon, c 'est... Je suis tout à fait
- 43:54pour que les gens aient des droits. Mais pourquoi
- 43:56on ne parle jamais de pouvoir? Pourquoi on ne
- 43:59parle jamais de pouvoir? Pour les Autochtones,
- 44:00par exemple. Moi, ce que je propose, c 'est pas
- 44:03de donner juste des droits aux Autochtones. Moi,
- 44:06c 'est garanti. On leur enlève aucun droit. Mais
- 44:08par contre, c 'est de leur donner du pouvoir
- 44:11en leur offrant une deuxième chambre à l 'intérieur
- 44:15de laquelle ils auraient des représentants. Là,
- 44:18j 'ai parlé d 'élections. En réalité, je ne serais
- 44:21pas pour une élection pour chacune des nations
- 44:23Autochtones parce que... Moi, je me fonde sur
- 44:27l 'idée de l 'autodétermination. C 'est une chose
- 44:29qui déterminerait qui est là, puis comment ils
- 44:30veulent... T 'as tout à fait compris. T 'as tout
- 44:32à fait compris. Chaque nation autochtone, moi,
- 44:34je dirais avec les 11 nations reconnues par l
- 44:36'Assemblée nationale du Québec, chaque nation
- 44:39autochtone a le droit de déterminer de la façon
- 44:41dont ils le veulent, qui va les représenter.
- 44:44S 'ils veulent un chef traditionnel, c 'est eux
- 44:46qui décident. C 'est pas à nous de décider c
- 44:48'est qui leur représentant. Il faut juste qu
- 44:49'on... OK, un genre de scénar régional élu...
- 44:54pour les Québécois, pour les Autochtones, les
- 44:58communautés Autochtones, nous autres déterminerait
- 45:00qui sont, mais il y aurait chacun leur représentant,
- 45:01puis là, on aurait comme une chambre des régions.
- 45:04Et des nations. Des nations de gens élus. Tout
- 45:07à fait. Si on peut le faire dans le Canada. Et
- 45:09je voulais juste préciser également, là, qu 'on
- 45:11ne force aucune nation à le faire. C 'est un
- 45:13peu comme le Code civil. Ils ne veulent pas envoyer
- 45:14personne, ils n 'envoient personne. Tout à fait.
- 45:16C 'est ça. Ça, je voulais le préciser. S 'ils
- 45:18ne veulent pas envoyer, mettons, ils ne veulent
- 45:20pas l 'envoyer, bien, le siège est vide. Je n
- 45:22'ai pas l 'idée. Ce serait intéressant de voir
- 45:25la dynamique avec les partis politiques. Il faudrait
- 45:29qu 'il y ait un parti qui l 'implante, ce changement
- 45:31-là. Disons que tu as un gouvernement du PQ ou
- 45:33de la CAQ, une partie libérale qui décide d 'implanter
- 45:35ça. Après ça, est -ce que, comme tu as un système
- 45:39de partis, ou c 'est des députés, c 'est des
- 45:41scénateurs à dépendance, et là, tu as comme un
- 45:43gouvernement, comme la CAQ, qui avait 90 députés,
- 45:46mais là, ses projets sont bloqués par la Chambre
- 45:48des Régions. Ce serait intéressant. C 'est sûr
- 45:50qu 'il y aurait une dynamique aussi Disons que
- 45:53tu as le Parti libéral qui a plus d 'élus d 'habitude
- 45:54dans les centres urbains par rapport à la CAC
- 45:58qui était plus régional ou le Parti québécois
- 45:59qui est plus régional un petit peu. Ça va être
- 46:03quoi l 'impact de la deuxième chambre? Ça serait
- 46:05intéressant. Je pense que ça pourrait être une
- 46:06représentation... Ça serait une représentation
- 46:09intéressante ou un débat intéressant. Ça leur
- 46:12donnerait un véritable pouvoir. Il faudrait déterminer...
- 46:15Le détail, c 'est pas moi qui vais le décider,
- 46:17il faut le décider avec eux. Mais par exemple,
- 46:20il y a eu des manifestations autour d 'un projet
- 46:23de loi 97 sur les forêts. Et une des choses que
- 46:27les Autochtones reprochaient, c 'est de ne pas
- 46:29avoir été consulté. Mais là, si on représentait
- 46:31les Atikamek par exemple, je pense à toucher
- 46:33aussi les Inous, meilleurs représentants, mais
- 46:35dans le fond, le projet de loi... Il n 'y a pas
- 46:37question qu 'ils passent sans qu 'ils ont donné
- 46:38leur accord, là. Oui, parce que tu aurais 11
- 46:40élus ou 11 représentants, je ne sais pas combien
- 46:45il y en aurait pour l 'ensemble du Québec, il
- 46:46faudrait voir, mais qui auraient un pouvoir politique
- 46:49réel et qui pourraient bloquer des projets, littéralement.
- 46:53C 'est ça. Soit par une forme de solidarité ou
- 46:55soit qu 'on lit directement. Si ça touche certaines
- 46:58communautés spécifiquement, bien, ils ont une
- 47:01forme de droit de veto ou ils ont une forme de...
- 47:03On est obligé de s 'entendre avec eux. Comment
- 47:07on faisait en Nouvelle -France? Comment on faisait
- 47:09à l 'époque la Nouvelle -France où, bien, c 'était
- 47:12par la force du nombre, c 'était pas juste par
- 47:14la gentillesse de sa majesté, mais à l 'époque,
- 47:16il était pas possible d 'imposer quelque chose
- 47:19parce que... Donc, on revient encore à cette
- 47:23philosophie -là. Oui, parce que c 'est intéressant,
- 47:25puis je pense l 'histoire du Canada, puis en
- 47:27même temps, ça l 'oublie, le monde disait, voyons
- 47:28donc que c 'est dans nos lois ces affaires -là,
- 47:30mais... Quand les Français sont arrivés, il n
- 47:32'y avait pas le nombre pour dominer les autochtones,
- 47:34donc il n 'y avait pas le choix de s 'entendre
- 47:35avec eux autres. Puis quand les Anglais sont
- 47:37arrivés, il n 'y avait pas le nombre pour dominer
- 47:38les Français et les autochtones, donc il n 'y
- 47:40avait pas le choix de s 'entendre. Très bon point.
- 47:41Très très bon point. S 'organiser avec eux autres.
- 47:44Très bon point. Tu sais, quand tu regardes les
- 47:46premières années... La géopolitique. La géopolitique
- 47:49des premières années dans la colonie. Tu sais,
- 47:52pour tous les rapports de RAM, c 'était... toutes
- 47:56les aberrations qui ont été dites, la réalité
- 47:58concrète était qu 'ils ne pouvaient pas imposer
- 48:00leur volonté aux Canadiens -Français parce qu
- 48:02'ils n 'avaient pas le nombre pour le faire.
- 48:05Inévitablement, il y a eu... Comment je pourrais
- 48:09dire? Il y a eu des relations qui se sont développées,
- 48:11puis on a essayé de trouver des terrains d 'entendre.
- 48:13Puis t'sais, t 'as beau avoir un gouverneur,
- 48:15un roi ou un lord en Angleterre qui dit « impose
- 48:19ça aux Canadiens -Français ». Le gouverneur qui
- 48:21était ici qui voyait toute la gang de Canadiens
- 48:24-Français était quand même pas sûr que je vais
- 48:26m 'assigner, ça me tente pas. On avait la crise
- 48:28que ça avait mené l 'autre fois et tout. Puis
- 48:30l 'autre chose qu 'il faut considérer, qu 'il
- 48:31faut jamais oublier, c 'est les États -Unis.
- 48:32Ouais, aussi. Les États -Unis... Tu sais, moi,
- 48:35je trouvais ça drôle quand Trump a commencé à
- 48:37faire ses menaces. J 'ai entendu des chroniqueurs,
- 48:39des gens à la télé qui disaient, ah, les États
- 48:42-Unis nous ont jamais menacés, nous sont jamais
- 48:44menacés. Mais tu vois comment on commence le
- 48:46curseur en 1960. Le curseur commence en 1960.
- 48:50Dès qu 'on remonte avant, on voit que les États
- 48:52-Unis, ça a été une menace constante dans l 'histoire
- 48:54du Canada. Et c 'est ça qui a favorisé la fameuse
- 48:57collaboration dont parle Mark Carney. C 'est
- 48:59ça que les fédéralistes, ils devraient mettre
- 49:01de l 'avant. C 'est l 'idée qu 'on n 'a pas le
- 49:04choix de vivre ensemble, puis il faut s 'entendre,
- 49:06puis qu 'on a besoin les uns des autres. Puis
- 49:08c 'est lorsqu 'on ne respecte pas les ententes
- 49:10que le Québec, il se fâche, puis qu 'il veut
- 49:12faire son indépendance. Donc, le Canada existe.
- 49:17parce qu 'il y a cette dynamique -là de triangulation
- 49:21entre les États -Unis, les Anglophones du Canada,
- 49:24anciennement l 'Empire britannique, et les Québécois,
- 49:26qui se sont dit, mais on n 'a pas le choix de
- 49:28s 'entendre pour créer un équilibre à l 'intérieur
- 49:30de tout ça. 1774, c 'était l 'indépendance américaine,
- 49:35puis il y avait eu une invasion, d 'ailleurs,
- 49:37là, je ne vais pas me tromper, mais il y avait
- 49:38eu une invasion. Ensuite, on a 1867, dont on
- 49:42a parlé. C 'est quoi que... — Même 1812. — Ouais,
- 49:441812. Là, je ne pourrais pas dire c 'est quel
- 49:46événement. que ça a créé, mais en même temps
- 49:47qu 'on va en 1867, c 'est quoi qu 'on a? C 'est
- 49:50la guerre de sécession aux États -Unis, puis
- 49:52les Américains qui font des grosses représailles
- 49:53parce que les Canadiens, les Britanniques avaient
- 49:57appuyé indirectement le mauvais camp, le camp
- 50:03perdant. Ils avaient appuyé le camp perdant.
- 50:05Donc là, ceux qui avaient gagné ont fait des
- 50:08représailles au Canada. Donc leçon à tout le
- 50:11monde, appuyer le camp perdant, c 'est jamais
- 50:13une bonne idée. Mais c 'est ça qui a permis...
- 50:16de se forcer l 'entente avec Georges -Étienne
- 50:19Cartier puis avec les Québécois, les Maritimes,
- 50:21tout ça qu 'on a fondé. Ça, de mémoire, c 'était
- 50:28des militants irlandais. Des militants irlandais
- 50:33qui se battaient pour l 'indépendance irlandaise,
- 50:35qui ont décidé de passer par les États -Unis
- 50:36pour attaquer le Canada, qui est une colonie
- 50:38britannique, pour mettre de la pression. Puis
- 50:41il n 'y avait aucune idée il était combien. Dans
- 50:43les faits, ils ont fait une ou deux attaques
- 50:45qui étaient désastreuses puis qui n 'ont pas
- 50:46ce pas bien marché. Mais il y avait cette rumeur
- 50:49-là persistante qu 'il y avait comme une armée
- 50:51de militants irlandais qui allait débarquer au
- 50:53Canada pour nous envahir. La menace fait que
- 50:57probablement qu 'à l 'époque les autorités ont
- 51:00laissé courir ça un peu parce que c 'est un bon
- 51:01incitatif pour la Confédération. Mais c 'est
- 51:04fou comme la peur est une motivation. C 'est
- 51:07ça qui ramène à la vie le droit civil québécois.
- 51:11C 'est la peur du Canada de disparaître ou d
- 51:14'être menacé dans son existence. C 'est ça en
- 51:161774, c 'est ça en 1867 qu 'il a inscrit dans
- 51:19la Constitution. Est -ce qu 'on est aveu de vivre
- 51:22un moment comme ça aujourd 'hui? En tout cas...
- 51:24Nous, on fait des propositions. Nous, on pense
- 51:26que c 'est très, très solide juridiquement. On
- 51:28pense que c 'est même plus solide que beaucoup
- 51:30d 'arguments qui ont été plaidés dans le passé.
- 51:33Mais entre ces moments -là de menace, il y a
- 51:35toujours eu des époques où... Le droit britannique,
- 51:38devenu canadien, a cherché un petit peu à gruger
- 51:40du droit québécois, comme on a eu justement entre
- 51:43la conquête et 1774. Il y avait un bordel, les
- 51:46Britanniques disaient non, on vous a battus,
- 51:47on peut imposer notre droit. Ça a été rejeté
- 51:49par l 'arrêt Campbell puis par l 'acte de Québec.
- 51:51Ensuite, on a justement l 'acte d 'union qui
- 51:54dit bon, vous allez être sous le même espèce
- 51:56de chapeau, puis on va vous imposer, on va vous
- 51:58assimiler, on va vous imposer le droit. Là, on
- 52:00a la menace américaine, donc ça libère les francophones,
- 52:02ils inscrivent leur droit dans la Constitution
- 52:041867. les États -Unis, bon, ils deviennent hégémoniques,
- 52:09mais ils attaquent plus le Moyen -Orient et d
- 52:11'autres pays dans le monde. Donc là, le Canada,
- 52:13il fait le party. Il nous impose une constitution.
- 52:16Il essaye encore de nous dire, on vous enlève
- 52:17vos droits à travers la Charte canadienne, on
- 52:19vous impose indirectement le commune -là. Puis
- 52:22là, même que là, on a des juristes, des avocats
- 52:24qui disent, bien, c 'est le commune -là qui est
- 52:26notre droit, mais oui, tu vois. Puis là, dans
- 52:28le fond, nous, ce qu 'on dit, c 'est non, non,
- 52:30il y a un droit qui a toujours existé. Puis on
- 52:31vous le rappelle, comme Louis -Joseph Papineau
- 52:33l 'avait rappelé dans les 92 résolutions, le
- 52:35droit civil existe encore, comme on en a d 'autres
- 52:37dans l 'histoire qui l 'ont rappelé, notamment
- 52:39Georges -Étienne Cartier, Côte -Civille -du -Bas
- 52:40-Canada. Puis on revient encore une fois avec
- 52:42la même. C 'est intéressant, parce que moi, ce
- 52:44que j 'ai apprécié particulièrement dans l 'épisode
- 52:46de Christian Dufour, tu sais, parce que je pense
- 52:48que lui, il ne se décrierait pas comme un fédéraliste
- 52:50ou un souverainiste. Il se décrit comme un partisan
- 52:52du pouvoir québécois. Puis c 'est vrai que quand
- 52:55tu regardes l 'histoire, La nation canadienne
- 52:58française a quand même bien joué ses cartes,
- 53:02par action ou par inaction. Je pense que lors
- 53:05de la révolution américaine... Je pense que les
- 53:08Américains pensaient que les Québécois, les Canadiens,
- 53:12les Français se rebelleraient peut -être contre
- 53:13la couronne britannique. Ça serait facile de
- 53:15venir nous chercher. Je pense qu 'à cette époque
- 53:17-là, le peuple a décidé de rien faire. Après
- 53:19ça, 1812, ils pensaient encore que ça allait
- 53:21être facile de venir parce qu 'on allait se soulever
- 53:24contre l 'empire britannique. Finalement, on
- 53:25a aidé et on a combattu avec l 'empire britannique.
- 53:27On s 'est soulevé après, en 1837, puis les Américains
- 53:30ne nous ont pas aidé à ce moment -là. On a toujours
- 53:34une relation un peu particulière avec... Avec
- 53:37ça, je pense que le Canada est un pays qui a
- 53:41été beaucoup, beaucoup marqué par la peur. Tu
- 53:45sais, comme tu disais le monde, il n 'y a jamais
- 53:47eu de menace américaine. des questions de frontières,
- 53:51la frontière de la Colombie -Britannique, puis
- 53:53où est -ce que le pays finissait, surtout avec
- 53:55la propriété de l 'Alaska. J 'allais dire l 'Alaska,
- 53:57justement, 1867. C 'est ça, exact. C 'était vraiment
- 54:00pas clair, tu sais, que ça allait bien aller,
- 54:02puis le traité d 'Oregon, la frontière, elle
- 54:05allait où des États -Unis, puis... Puis à chaque
- 54:08fois, tu étais comme là, l 'armée se mobilisait.
- 54:10Puis là, c 'est comme, vont -tu nous attaquer,
- 54:11vont -pas nous attaquer? Puis c 'est depuis l
- 54:14'existence des États -Unis. Ça revient de façon
- 54:17périodique, il y a un risque sur notre frontière.
- 54:20à ce niveau -là, puis même toute l 'expansion
- 54:23vers l 'Ouest. La raison pourquoi on a une expansion
- 54:26aussi rapide vers l 'Ouest, parce qu 'on avait
- 54:29peur de se faire emballer. Mais c 'est du 1867,
- 54:31c 'est tout de suite après. Exact. C 'est ça
- 54:33qu 'ils voulaient, c 'était le chemin de fer,
- 54:35construire le chemin de fer, puis l 'annexion
- 54:37de l 'Ouest. Je pense qu 'il y a une stratégie
- 54:40coloniale assez classique, dans le sens que...
- 54:42C 'est ce qu 'ils ont fait quand ils étaient
- 54:44en Grande -Bretagne, puis en France pour faire
- 54:45peupler ici, puis ils ont fait la même chose
- 54:48en Ontario pour faire peupler l 'Ouest. On faisait
- 54:51des annonces pour dire à quel point il y avait
- 54:52les terres les plus fertiles au Canada, puis
- 54:54on le donnait pour pas cher. Ça fait qu 'ils
- 54:56y allaient, puis je pense que au Manitoba, il
- 54:58l 'a vraiment vécu. La dernière fois que j 'ai
- 55:00checké les chiffres, il me semble que c 'était
- 55:01environ 12 000 personnes qu 'il y avait au Manitoba
- 55:04en 1870. C 'est un très très petit territoire.
- 55:0950 % de francophones, puis en dedans de 20 ans,
- 55:12Il y a 150 000 Ontariens qui sont venus s 'établir,
- 55:1610 % de francophones après 20 ans, tellement
- 55:20qu 'on en oubliait le principe du bilinguisme,
- 55:23qui était un combat persistant pour les gens
- 55:26là -bas. Alors, c 'est toutes les rébellions
- 55:29qu 'on a connues, puis la pandémie de l 'uriel.
- 55:31Ça a été quand même assez intense, la prise de
- 55:35l 'Ouest. encore là, soutenus par le risque américain
- 55:40de l 'invasion. Puis ça, j 'ajoute à ça toute
- 55:43l 'histoire autochtone qu 'il y a derrière ça.
- 55:45Il faut comprendre, il y a vraiment une histoire
- 55:47autochtone de l 'Ouest qui existe, qu 'on connaît
- 55:49moins bien au Québec. On est vraiment pas familiers
- 55:50avec au Québec, je trouve. Non. Puis c 'est intéressant,
- 55:52parce que lorsqu 'on regarde les traités, l 'histoire
- 55:54se fait à travers les traités numérotés, parce
- 55:56que chaque fois qu 'il y a un traité qui est
- 55:57signé, c 'est parce que les autochtones ont été
- 55:58vaincus ou c 'est parce que... C 'est ça, eux
- 56:00autres, ils ont cédé leur terre, ils ont cédé
- 56:02leurs droits ou en partie... Je veux pas dire
- 56:04des... Ça se peut que je dise des inexactitudes
- 56:05ici. puis je m 'en excuse, je connais moins la
- 56:07question de l 'Ouest. Mais ultimement, lorsqu
- 56:10'on regarde les traités numérotés, on voit qu
- 56:11'ils partent de l 'Est vers l 'Ouest en termes
- 56:13de chiffres puis en termes d 'années. Il y a
- 56:16des cartes sur Internet faciles à trouver là
- 56:17-dessus. Puis la loi de 1870 sur le Manitoba
- 56:21avec les francophones, c 'est dans les mêmes
- 56:23années. Donc on est vraiment dans cette logique
- 56:25-là de la conquête de l 'Ouest. Mais on remarquera
- 56:27qu 'il n 'y a aucun traité numéroté au Québec.
- 56:30Non, puis la majorité de l 'Ontario non plus,
- 56:32je pense, c 'est pas couvert par ça. Ben, territorialement
- 56:35parlant, oui, mais c 'est le Haut -Canada. Le
- 56:37Haut -Canada, il n 'y en a pas. Ben, c 'est normal,
- 56:39c 'est les Grands Lacs. C 'est là qu 'on était.
- 56:40C 'est nous qui étaient là autour des Grands
- 56:41Lacs. D 'ailleurs, Lac de Québec, ça couvre le
- 56:45Haut -Canada, ça couvre ce qui est devenu Ontario
- 56:48aujourd 'hui, etc. Mais c 'est ça. Mais l 'ouest
- 56:51de l 'Ontario, on a l 'impression que c 'est
- 56:52un peu plus les prairies, mais c 'est couvert
- 56:54par les... C 'est l 'Ontario quand même. Merci
- 56:58beaucoup d 'avoir pris le temps de m 'expliquer
- 56:59tout ça aujourd 'hui. Ça a été vraiment intéressant
- 57:00et c 'est rare qu 'on fasse des petits retours
- 57:02historiques là -dessus. Je pense que toute la
- 57:07notion d 'acier de voix, c 'est le droit, je
- 57:10peux dire, ancestral, c 'est peut -être pas le
- 57:11bon terme, mais le droit historique français
- 57:13et ses répercussions aujourd 'hui. Est -ce qu
- 57:16'à quelque part, on aurait oublié? Bien, si ça,
- 57:18ça, on a tendance à l 'oublier, mais des fois,
- 57:19ça arrive. Il fait comme, ah, c 'est vrai, il
- 57:20y avait cette loi -là qui s 'appliquait. En 2015,
- 57:22il y a une décision qui s 'est prononcée sur
- 57:24l 'application de l 'adresse de 1867 et des implications
- 57:30sur la loi... Le meilleur exemple, c 'est la
- 57:34loi sur le Manitoba, parce que le Manitoba appliquait
- 57:37des lois juste en anglais, puis la Cour suprême
- 57:39a dit, bien, ces lois -là ne sont pas applicables.
- 57:41Ça fait que pendant une longue période de temps,
- 57:44on a... on a ignoré un droit qui était existant.
- 57:46Fait que des fois, ça sort pas après un certain
- 57:48temps, vu que ça a été une discussion historique
- 57:50assez intéressante. Merci beaucoup Vincent. Merci
- 57:52Alexandre. Merci d 'avoir été avec nous. Si vous
- 58:05avez aimé l 'épisode, abonnez -vous, laissez
- 58:07-nous vos commentaires pour qu 'on puisse s 'améliorer.
- 58:09À la semaine prochaine.