Latest / Archives / Le BUGALED BREIZH : un naufrage classé secret défense ?
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- 0:11Bienvenue à vous, les familles, les profs, les amis des victimes
- 0:18du naufrage du. Le 15 janvier 2004, le bugalet
- 0:24de Bresse, un bateau de pêche Breton, sombre au large des
- 0:27Cornouailles anglaises. En moins de 37 secondes.
- 0:33Un appel de détresse paniqué. Et puis plus rien.
- 0:38Pas d'explosion, pas de feu, juste un silence.
- 0:43Un blanc absolu. Comme si la mer avait avalé le
- 0:46bateau d'un seul coup. Le 23 janvier 2025, à
- 0:58Washington, l'administration Trump signe un décret très
- 1:01attendu, la déclassification d'une série de documents
- 1:04confidentiels, notamment liés aux assassinats de JFK et Martin
- 1:08Luther King. Une mesure rare qui a suscité
- 1:11l'attention bien au-delà des frontières américaines, plus
- 1:14particulièrement sur les côtes bretonnes. là-bas, cette annonce
- 1:18a ravivé une vieille blessure, mais surtout, elle a rallumé une
- 1:22lueur d'espoir, celle qu'un jour.
- 1:27Lumière soit faite sur l'un des plus grands mystères de
- 1:30l'histoire maritime française, celui du Bugaled Bresse.
- 1:35Alors pour les familles et le monde marin, cette décision
- 1:38résonne comme un signe. Un rappel que parfois même les
- 1:42secrets les mieux gardés finissent par ressortir.
- 1:45Aujourd'hui, je vous parle d'une affaire qu'on a voulu refermer
- 1:48trop vite, qu'on a classé dans un tiroir en la tamponnant du
- 1:51mot accident. Mais pour ceux qui la vivent
- 1:54depuis 20 ans, il n'a jamais été question d'un simple naufrage.
- 1:58Les versions changent, les incohérences s'empilent, les
- 2:01témoins se contredisent, des documents disparaissent et à
- 2:04chaque avancée, une nouvelle opacité s'installe.
- 2:07Quelque chose ne colle pas. Le Bugaled Breath est
- 2:10aujourd'hui bien plus qu'un bateau de pêche, c'est un
- 2:12symbole, celui d'un monde maritime souvent ignoré, d'une
- 2:16population que l'on écoute que trop peu, mais surtout le
- 2:20symbole d'un combat inégal entre citoyens.
- 2:23Et raison d'État. Alors que s'est il vraiment
- 2:26passé ce 15 janvier 2004 à 12h25 au large du Cap Lizard ?
- 2:31Et pourquoi 2 décennies plus tard continue t on de nous dire
- 2:34qu'il n'y a rien à voir ? Les premiers mots qui sont
- 2:37sortis à ma femme c'est il s'est payé un sous-marin quoi ils sont
- 2:40proches un sous marin ? imaginez-vous ça ?
- 3:18Avant de rentrer un peu plus dans notre histoire, je remercie
- 3:22qui sponsorise cette vidéo. Aujourd'hui, tout passe par le
- 3:25téléphone. Que ce soit Uber, les GPS, que
- 3:28ça soit aussi les traductions quand on est dans un pays
- 3:31différent, ou même pour trouver un restaurant, alors imaginez
- 3:33arriver à l'étranger et être connecté direct à Internet sans
- 3:36prise de tête. C'est exactement ce que fait
- 3:39saily saily, c'est une application créée par les
- 3:41fondateurs de Nord VPN qui te permet d'installer une E Sim,
- 3:44donc une carte Sim 100% dématérialisée.
- 3:45Tu télécharges l'App, tu choisis ton forfait et en moins de 2 Min
- 3:50c'est installé. Quand t'arrives à destination,
- 3:51la E Sim s'active automatiquement et t'es directe.
- 3:56Connecté au réseau local avec Seidi, tu peux te connecter dans
- 3:59plus de 190 pays et si tu voyages d'ailleurs dans
- 4:01plusieurs pays, Bah tu as même pas besoin de réinstaller ou
- 4:03quoi que ce soit. Tu prends un forfait régional ou
- 4:05global et ça marche partout. L'avantage c'est que tu gagnes
- 4:09du temps et t'évites les files d'attente à l'aéroport, tu
- 4:11risques pas de tomber sur une fausse Sim, tu dis adieu au hors
- 4:14forfait et tu peux même recharger ton forfait en un clic
- 4:17si tu arrives à 80% de tes data par exemple.
- 4:18En plus, selli propose des protections uniques comme le
- 4:20blocage des pubs malveillantes et la sécurité renforcée.
- 4:23Quand ? Navigue et si jamais tu as un
- 4:28problème Ben alors support est dispo 24 h sur 24, 7 jours sur
- 4:317. Personnellement moi c'est devenu
- 4:33un réflexe dès que je pars en voyage, j'ai internet, dès que
- 4:36j'atterris, je peux checker mes mails, commander un Uber ou
- 4:38poster une Story directement sans stress.
- 4:40Et si vous voulez tester, Eh Ben j'ai un code exclusif pour vous.
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- 4:47esim saily pour télécharger l'application, vous avez le lien
- 4:50en description ou le petit QR code qui s'affiche juste ici
- 4:53comme d'habitude. Franchement si vous avez un
- 4:55moyen. De prévu et Ben anticipez
- 4:58maintenant, installez et vous serez tranquille une fois sur
- 5:00place ou même si vous oubliez le nom de l'application.
- 5:03Là au moins vous vous l'avez sur votre téléphone code néopsi
- 5:05moins 15% et vous êtes bon. Nous sommes le 15 janvier 2004
- 5:29dans le village de Loctudy, dans le Finistère.
- 5:31C'est une journée d'hiver comme une autre.
- 5:33Les vacances scolaires de Noël sont finies et l'ambiance est un
- 5:37peu maussade. Dehors, l'air est froid et la
- 5:40météo n'est pas au beau fixe. Les camions chargent leur
- 5:43cargaison de poissons, les bateaux entrent et sortent du
- 5:46port. Les habitués sont attablés au
- 5:49café du coin et discutent comme souvent de la mer, de la houle
- 5:53et des conditions de pêche de la journée dans ce village de
- 5:55pêcheurs, c'est le genre de journée qu'on connaît par cœur.
- 5:57Ici, on ne choisit pas la mer, elle s'impose à vous.
- 6:01C'est plus qu'un décor ou un gagne-pain, c'est une passion
- 6:05exigeante, parfois cruelle, mais que personne ne remet en
- 6:08question. On vit avec le risque, on
- 6:11apprend à ne pas le nommer. Ce matin là, tout semblait
- 6:14calme. Et pourtant, quelques heures
- 6:16plus tard, la mère allait reprendre sans prévenir 5
- 6:20enfants du pays. C'est autour de 13h00 que le
- 6:23temps s'est arrêté. Le premier à être prévenu, c'est
- 6:26Michel Dous, l'armateur du Bougalais de Brest.
- 6:29À l'autre bout du fil, Andrew Manson, un ami pêcheur anglais
- 6:33qui l'appelle chaque année à cette période pour les vœux.
- 6:37À première vue donc, un appel de routine plutôt heureux qui ne
- 6:40laisse absolument pas présager que cette fois, le ton sera
- 6:44différent. Michel déchante immédiatement,
- 6:47il comprend son bateau et ses hommes ont disparu en mer.
- 6:52Un choc immense pour cet homme qui, ce jour-là, aurait dû être
- 6:56à bord. Mais par chance, il est resté à
- 6:58terre à cause de douleurs au dos.
- 7:01Ce hasard, cette absence, il n'a jamais cessé d'y penser.
- 7:05Et s'il avait été là ? Une question qui, depuis 20 ans,
- 7:08ne le quitte plus. A 60 km de là, à riantec, la
- 7:12scène se répète. Dans le bistrot de la famille Le
- 7:15Floch, un client annonce qu'un bateau Breton aurait sombré ce
- 7:18genre de nouvelles. Malheureusement, ce n'est pas
- 7:20rare en mer, les accidents font partie du métier.
- 7:24Bertrand Le Floch entend sans réagir tout de suite, son frère
- 7:28Pascal est en mer, oui, mais il n'y pense pas immédiatement.
- 7:33Et puis, quelques minutes plus tard, le maire entre.
- 7:36Il est accompagné d'un agent des affaires maritimes.
- 7:39Lui aussi comprend le bateau qui a fait naufrage.
- 7:43C'est le Bugaled Bresse. Rapidement, l'information
- 7:54circule, de port en porc, de radio en radio, le nom du
- 7:59chalutier se répand. Le Bugaled Bresse a sombré au
- 8:02large du Cap Lisa, en Cornouailles anglaises.
- 8:05Sur les quais, dans les cafés, dans les maisons, on comprend et
- 8:09le choc est immédiat. Le Bugaled Bresse, comme son nom
- 8:12l'indique en. Quoi ?
- 8:13C'est les enfants de Bretagne, les enfants du pays ?
- 8:16Le monde maritime est en deuil. Nous voulons dire qu'il reste
- 8:22bien présent dans notre mémoire. À ce moment-là, pour tout le
- 8:37monde, c'est un simple accident, un drame comme il en arrive
- 8:40malheureusement trop souvent en mer.
- 8:42Ici, tout le monde connaît cette réalité.
- 8:45Partir en mer, c'est aussi prendre le risque de ne jamais
- 8:47revenir, comme on dit dans ce coin de Bretagne.
- 8:50La mer, elle prend et parfois elle ne rend pas.
- 8:53Si l'heure n'est clairement pas au doute de ce côté de la
- 8:56Manche, quelques marins en mer commencent déjà à comprendre que
- 8:59le bugaled était peut être au mauvais endroit au mauvais
- 9:02moment et que les circonstances du naufrage ne sont pas très
- 9:05claires. Les marins le pressentent.
- 9:08Le Bugaled, ils n'ont pas fini d'en entendre parler.
- 9:21Le choc passé, une autre urgence s'installe chez les familles,
- 9:24celle de comprendre. Répondre à la question, que
- 9:27s'est il passé le 15 janvier 2004 au large du Cap Lizard ?
- 9:30Pas pour accuser, enfin pas encore.
- 9:35Mais pour faire le deuil et pour ça, il faut remonter le fil,
- 9:38revenir aux jours qui ont précédé le naufrage, reconstitué
- 9:42le puzzle retour. 9 jours plus tôt, le 7 janvier 2004, le
- 9:46Bugaled Breizh s'apprête à repartir en mer.
- 9:49Comme souvent, le rendez-vous est donné à l'aube sur le port
- 9:52de Loctudy. Il fait encore nuit, l'air est
- 9:55piquant et la mer est encore calme.
- 9:57Rien n'est à signaler. Les 5 marins se connaissent par
- 10:01cœur. D'abord, chacun a son rôle bien
- 10:03défini. Yves Glo Hagen, 44 ans, est le
- 10:06capitaine Georges Lemetailler, 59 ans, et le chef mécanicien.
- 10:10À ses côtés, Patrick Glo Hagen, 34 ans, le 2nd mécanicien sans
- 10:15lien de parenté avec Yves, malgré le nom.
- 10:18Pascal Le Floch, 49 ans, et Éric Guillamet, 41 ans, complètent
- 10:23l'équipage. 2 marins solides, expérimentés.
- 10:27Alors ce matin là, juste avant d'embarquer pour 2 semaines de
- 10:30campagne de pêche, l'ambiance est concentrée.
- 10:33L'appréhension du départ est comme toujours là.
- 10:35Les 5 hommes sont tendus, mais lucides, ils savent à quoi
- 10:39s'attendre. La mère, ils la respectent et
- 10:41ils savent qu'elle ne pardonne pas.
- 10:43Et puis nous on lui disait Ben dans 15 jours parce que les
- 10:45maris duraient 15 jours. Ah je ne sais pas.
- 10:47Sur mer, on rencontre beaucoup de choses et c'était une de une
- 10:52des dernières phrases qu'il a dit Bah c'était le 5 janvier
- 10:54puisque on était au repas de. Et début d'année, hein ?
- 10:58Au même moment, un autre bateau est aussi sur le point de
- 11:01quitter le quai, c'est les ridans.
- 11:03À son bord, des copains, des visages familiers avec qui ils
- 11:06partagent souvent la mer, des zones de pêche et des escales.
- 11:10Dans ce métier, les visages finissent toujours par se
- 11:13recroiser. C'est un petit monde où tout le
- 11:16monde connaît tout le monde. Si on résume, c'est une 2nde
- 11:19famille. Les hommes de l'ERIDAN partent
- 11:21sans se douter qu'ils deviendront des personnes clés
- 11:24dans une des affaires les plus mystérieuses de l'histoire
- 11:27maritime française. Quelques jours plus tard, le 12
- 11:31janvier, les 2 équipages se retrouvent à New Line.
- 11:34Un port anglais qu'ils connaissent bien et où ils ont
- 11:37leurs habitudes. Une tempête qui secoue la Manche
- 11:39les oblige à rester à quai par mesure de sécurité.
- 11:42Ils en profitent pour dîner ensemble et partager des pintes
- 11:45au pub du coin. Un moment agréable au milieu des
- 11:48journées de travail intense et chargé.
- 11:51Ce sera leur dernier repas tous ensemble.
- 11:54Nouveau son dans le temps on est maintenant 3 jours plus tard, ce
- 11:57fameux 15 janvier 2004. Il est un peu avant 12h00, la
- 12:00mer est carrossable, comme disent les marins.
- 12:04Un peu moins de 4 M de houle, des courants modérés.
- 12:07Pour les non marins, ça paraît pas anodin.
- 12:09Et pourtant, pour les pêcheurs, rien d'inquiétant, surtout pour
- 12:12un bateau fiable comme le Bugalet de Brest.
- 12:14Ce qu'il faut retenir, c'est que c'est une météo banale pour la
- 12:17saison et d'ailleurs tout se passe pour le mieux dans la
- 12:20Manche. La pêche est plutôt bonne, le
- 12:22poisson est au rendez-vous, à tel point que le bugalet qui
- 12:25devait normalement prendre le chemin du retour vers loctudy.
- 12:29Décide de prolonger d'une heure sa présence dans les eaux
- 12:31anglaises. Une simple décision logique sur
- 12:34le moment, mais qui leur sera fatale à 01h00 près.
- 12:37Une simple petite heure, ça paraît minime.
- 12:40Dit comme ça, le nom du Bugaled braise serait resté celui d'un
- 12:43simple bateau de pêche sans histoire.
- 13:03A quelques dizaines de kilomètres de là, l'équipage de
- 13:05l'Eridan est à quai au port de Niulin.
- 13:08C'est l'heure du déjeuner, tout le monde souffle un peu.
- 13:13Puis soudain, la VHF du bateau se met à hurler.
- 13:16C'est Serge Kosek, le capitaine, qui réagit immédiatement à
- 13:19l'autre bout. Une voix qu'il connaît très
- 13:22bien, celle d'Yves Glooagen, le capitaine du Bugaled Breizh.
- 13:27Pas besoin d'en dire plus, le ton du Breton est sans
- 13:30équivoque, il se passe quelque chose de très grave, la phrase
- 13:33qu'il répète 3 ou 4 fois, Serge Kossek n'est pas près de
- 13:36l'oublier, Serge, on chavire, viens vite pour confirmer,
- 13:40j'appelle le cross au téléphone par sa tête pour leur dire
- 13:43qu'est ce qui s'est passé ? Il m'a dit, il servait, il a
- 13:44telle position quoi. Le capitaine de l'Eridan a à
- 13:47peine le temps de noter la position du bateau au large du
- 13:50Cap Lézard que la VHF fait un bruit des plus inquiétants.
- 13:55Un grésillement, il le sait, c'est très mauvais signe.
- 13:59En général, ça veut dire que la VHF est en train de prendre
- 14:02l'eau en moins d'une minute. En 37 secondes exactement, le
- 14:06contact est rompu. Les ridans lèvent l'ancre
- 14:09immédiatement pour tenter d'atteindre la position du
- 14:12bugaled. Il est loin, à 45 min de
- 14:15navigation, mais l'équipage garde espoir de retrouver leurs
- 14:18amis. Ils foncent sans même réfléchir,
- 14:21mais en réalité, il est déjà trop tard.
- 14:24Quand les hommes de l'ERIDAN atteignent enfin les coordonnées
- 14:2749° nord et 5° ouest après 45 Min de navigation, l'angoisse
- 14:31est palpable. Pour eux, c'est une éternité à
- 14:35bord, les minutes semblent être des heures.
- 14:37Le stress et l'inquiétude ont complètement envahi le navire et
- 14:41ce qu'ils découvrent sur place ne fait qu'accentuer leur
- 14:43malaise. Aucune trace du Bugaled Breizh
- 14:46et une accumulation de détails plus troublants les uns que les
- 14:50autres, pas d'épave. Pas de débris visibles, rien,
- 14:55juste l'immensité bleue grise de la mer.
- 14:57Mais très vite, un détail attire leur attention, un hélicoptère
- 15:02survole la zone. D'abord, les marins pensent
- 15:08naturellement à un appareil de secours envoyé par les
- 15:11autorités. Rien d'étonnant, plutôt
- 15:14rassurant même. Sauf que très vite, quelque
- 15:17chose les interpelle. Sous l'hélicoptère, un sonar
- 15:21pend. Or, c'est un dispositif utilisé
- 15:24pour repérer les sous-marins. Et surtout, certains sont
- 15:27formels, ce type d'appareil, ils en ont déjà vu plus tôt dans la
- 15:30matinée, en pleine zone de pêche.
- 15:33Et ils étaient assez proches pour distinguer les militaires à
- 15:35bord. Peu après leur départ de
- 15:37newline, à 12h38, l'équipage de Leridan avait alerté le centre
- 15:41régional de surveillance et de sauvetage la crosse grinée,
- 15:45l'organisme chargé de coordonner les secours en mer.
- 15:48L'alerte est officiellement déclenchée à 12h46.
- 15:52L'hélicoptère de secours, lui, décolle officiellement qu'à
- 15:5512h59. Il arrive sur les lieux du drame
- 15:57à 13h16. Or, les ridans arrivent sur la
- 16:00zone et voient l'hélicoptère avant 13h10.
- 16:01Alors qui volait sur zone avant ?
- 16:03Et surtout pourquoi une autre scène vient troubler les marins
- 16:10à 13h20 et 1 1 canot de sauvetage rouge est repéré à la
- 16:13surface. Un homme est hélitreuillé
- 16:15descend sur le canot. Et la scène, absolument lunaire,
- 16:23le crève volontairement. Les marins n'en croient pas
- 16:27leurs yeux. Pourquoi couler un canon dans
- 16:29une zone de naufrage alors que les recherches sont encore en
- 16:32cours ? Mais les marins de loctudy ne
- 16:34sont pas au bout de leur surprise.
- 16:36Une masse sombre et furtive apparaît sous la coque.
- 16:41Elle se faufile sous les flots, silencieuse, avant de remonter
- 16:45brièvement à la surface. À ce moment-là, un bateau
- 16:48anglais filme la zone. Pas de doute possible, c'est un
- 16:52sous-marin en pleine zone de recherche.
- 16:54À cet instant, personne ne comprend ce qu'il fait là.
- 16:57Mais une chose est sûre, ce n'est pas une vision ordinaire
- 17:01dans une opération de sauvetage, peu importe à quel point ils
- 17:04sont troublés. Pour l'heure, les hommes n'ont
- 17:06qu'un espoir, c'est retrouver les gars du bugaled sains et
- 17:09saufs. Ils cherchent, ils appellent,
- 17:12ils scrutent chaque vague. Le temps se dégrade, le froid de
- 17:16janvier bien piquant et la mer qui commence à s'agiter rendent
- 17:19toute survie de plus en plus improbable.
- 17:21L'eau est à 10° et malheureusement l'espoir est de
- 17:25courte durée. À 13h43, la sentence tombe, le
- 17:29corps d'Yves gloagen, le capitaine du Bugaled Bresse, est
- 17:32repêché. Le choc est immense pour les
- 17:35ridents. Ce sont leurs amis, leurs frères
- 17:38que la mère vient de leur arracher.
- 17:40À 13h57, le couteau est remué dans la plaie encore vive.
- 17:43C'est la 2e confirmation du drame.
- 17:45Le corps de Pascal Le Floch est retrouvé, puis à 14h13, la
- 17:50balise de détresse du chalutier, à 15h05, un gilet de sauvetage
- 17:54et 3 Min plus tard, un 2nd canot, orange cette fois-ci est
- 17:58aperçu par le navire l'Hermine. À ce moment-là, une certitude se
- 18:03dessine, le bugaled Bresse est perdu.
- 18:08Et avec lui, une part de vérité que la mer semble avoir
- 18:11engloutie. Car plus les signes étranges
- 18:13s'accumulent, plus une impression tenace s'installe.
- 18:18Ce jour-là, dans les eaux anglaises, quelque chose cloche
- 18:21et tout le monde le sent. Le lendemain, à Loctudy, c'est
- 18:36le silence et la sidération dans ce village tourné vers la pêche.
- 18:40On connaît les risques, on sait que la mer peut prendre, mais
- 18:44cette fois, c'est différent, trop brutal, trop étrange.
- 18:49Et rapidement, au milieu du deuil, les questions surgissent.
- 18:52Le bateau, il était robuste, la météo, elle était loin d'être
- 18:57difficile. L'équipage, il était
- 19:00expérimenté, rien. Absolument rien ne laissait
- 19:05présager un drame de cette ampleur, alors la version du
- 19:07naufrage du simple accident de pêche ne semble pas tenir dans
- 19:12la tête de tous. Les informations de la veille
- 19:14s'accumulent et commencent à former les pièces d'un puzzle
- 19:18qu'ils ne sont pas prêts de finir.
- 19:20Et cerise sur le gâteau, c'est à ce moment précis que la
- 19:23préfecture maritime de Brest fait un des mouves les plus
- 19:26suspects. Alors désolé, je m'emballe mais
- 19:28c'est tellement énorme. Ils ont communiqué le lendemain
- 19:32du drame, donc le 16 janvier. Une déclaration qui confirme
- 19:35qu'un exercice militaire est bien en cours l'asbex 0 4, mais
- 19:42précise aussitôt qu'il n'a officiellement commencé que le
- 19:45matin même, à 00h00. En clair, selon eux, aucun
- 19:48sous-marin n'était présent dans la zone au moment du naufrage.
- 19:51Sauf qu'à ce moment-là, je le rappelle, personne n'avait
- 19:54encore publiquement pointé du toit la présence de sous-marins.
- 19:58Alors pourquoi cette mise au point aussi rapide ?
- 20:01Pourquoi se justifier sur un point que personne n'avait
- 20:04encore eu le temps de soulever ? Dans l'esprit de beaucoup, ce
- 20:07communiqué n'éteint pas la rumeur, il fait tout l'inverse,
- 20:11il l'alimente. Les premiers mots qui sont
- 20:13sortis à ma femme, c'est, il s'est payé un sous-marin, quoi,
- 20:16ils sont proches, un sous-marin, je voyais pas d'autres
- 20:18possibilités de chavirer ce bateau, non, c'était pas
- 20:23possible. Face au malaise qui grandit, les
- 20:25autorités doivent réagir. Il faut montrer que les
- 20:28recherches avancent et que l'enquête est lancée.
- 20:38Le lendemain 17 janvier, les autorités lancent une nouvelle
- 20:41opération au large du cap. Le chasseur de mines andromède
- 20:44est mobilisé. Objectif ?
- 20:47Inspecter le fond marin là où une épave a été repérée.
- 20:51Pour ça, on envoie 1PAP1 pape, un poisson autopropulsé, c'est
- 20:54un petit robot sous-marin équipé de caméra, capable d'explorer
- 20:58les fonds marins et de filmer ce qu'il trouve.
- 21:01Les familles attendent beaucoup de cette exploration pour
- 21:04l'occasion. Michel dousse, l'armateur, est
- 21:06autorisé à assister à cette opération.
- 21:08A bord du navire militaire, quand le dispositif descend, la
- 21:11tension est maximale. Tout le monde retient son
- 21:17souffle et ce qu'il découvre est stupéfiant.
- 21:20Le flanc bâbord du chalutier est complètement enfoncé.
- 21:24Une déformation qui ressemble clairement à un choc.
- 21:26Mais au moment de filmer l'autre côté, celui tribord, les
- 21:30militaires hésitent, bafouillent puis refusent, prétexte, ils
- 21:37craignent de perdre le robot. L'incompréhension est totale
- 21:41pour Michel. Pourquoi ne pas inspecter
- 21:44l'ensemble de l'épave ? Malgré tout, une première piste
- 21:47se dessine, celle d'une collision, et pas n'importe
- 21:50laquelle, une collision avec un porte conteneur, un porte
- 21:54conteneur voyou capable de laisser un navire chavirer après
- 21:58l'avoir percuté et laissé ses occupants dans l'eau.
- 22:01Alors que tu dis, le deuil laisse place à la colère.
- 22:04On ne cherche plus des causes, on veut des coupables, on veut
- 22:07des meurtriers. Cette hypothèse n'est pas
- 22:10complètement absurde. C'est même une des plus
- 22:12probables, le Cap Lizard là où a coulé le bateau.
- 22:16Ce n'est pas qu'un bon coin pour la pêche, c'est aussi l'un des
- 22:19carrefours maritimes les plus fréquentés de la Manche.
- 22:22Chaque jour, plus d'une centaine de cargos y passent.
- 22:25Des géants comparés au gabarit d'un navire de pêche comme le
- 22:28bugaled, on n'en a pas forcément conscience, mais lancé à pleine
- 22:32vitesse, environ 45 km heure. Il faut plusieurs kilomètres,
- 22:36parfois plus de 10, pour que le porte conteneur s'arrête
- 22:39complètement. C'est énorme.
- 22:41L'enquête prend une toute autre tournure.
- 22:44C'est devenu une vraie traque. Les enquêteurs sont désormais à
- 22:47la poursuite d'un cargo voyou qui aurait percuté le Bugaled
- 22:51Bresse avant de continuer sa route comme si de rien n'était.
- 22:55En gros, un navire qui aurait délibérément laissé des hommes
- 22:58couler sans agir avec le trafic du coin.
- 23:00Autant vous dire qu'il cherche une aiguille dans une botte de
- 23:03foin. Il faut recouper les
- 23:13trajectoires, fouiller les journaux de bord, analyser les
- 23:16mouvements en mer, essayer de savoir si les bateaux ont des
- 23:19dégâts et le plus compliqué, lancer des commissions
- 23:23rogatoires internationales, en gros, demander à d'autres pays
- 23:28de partager leurs données. Une information judiciaire est
- 23:31ouverte pour homicide involontaire.
- 23:38Mais comme si ce n'était pas assez compliqué, une nouvelle
- 23:41galère tombe. Le cross griné, chargé de
- 23:45surveiller toute la zone, annonce avoir connu une panne.
- 23:48Encore une fois, le timing est très mauvais.
- 23:51La coupure a eu lieu à 12h56, soit à peine 30 Min après le
- 23:56naufrage. Et elle a duré, tenez-vous bien
- 23:596 h. Conclusion, aucune donnée
- 24:03exploitable. Un flou qui va fortement peser
- 24:05dans l'enquête. Pour les familles, c'est
- 24:07difficilement acceptable et leur impression qu'on ne leur dit pas
- 24:11tout commence à se renforcer. Au fur et à mesure que les
- 24:14investigations se poursuivent, c'est la méfiance qui prend le
- 24:17dessus. Heureusement, une piste sérieuse
- 24:20finit par émerger. Un cargo attire l'attention, le
- 24:24Seattle trader. Un pavillon philippin qui porte
- 24:27des traces suspectes et qui en plus de ça, a un comportement
- 24:31douteux. Après demande de la France, le
- 24:33Canada procède à une inspection quand il est sur leur
- 24:35territoire. Et pour eux, les traces et le
- 24:38bateau n'ont aucun lien avec le bugaled.
- 24:41Merci, au revoir, ils le laissent repartir.
- 24:45Mais côté français, Eh bien on y croit moyen.
- 24:48Les enquêteurs veulent mettre la main dessus, le voir de leurs
- 24:51propres yeux pour en avoir le cœur net.
- 24:53Ils prévoient de l'intercepter juste avant qu'il n'arrive au
- 24:56canal de Suez. On est le 17 février 2004.
- 25:10Ils le savent, ils le tiennent ou pas trop tard.
- 25:14Le Seattle trader est déjà passé.
- 25:17C'est l'incompréhension, comme souvent dans cette affaire.
- 25:21Le temps d'attente est bien plus long en temps normal, alors
- 25:25comment ? Eh Ben tout simplement, le
- 25:26Seattle trader a payé 10% de plus pour passer de suite.
- 25:29Un élément de plus qui rend le cargo encore plus suspect.
- 25:34Les autorités françaises y voient un aveu de culpabilité,
- 25:37alors est ce que ce serait une tentative de fuite ?
- 25:40Difficile à dire. Le navire philippin a peut être
- 25:43agit pour des raisons purement économiques.
- 25:45Des jours d'attente épargnés, c'est de l'argent gagné.
- 25:49Quoi qu'il en soit, la course poursuite reprend, nouvelle
- 25:53tentative d'interception se peaufine au large de Djibouti.
- 25:57Mais pour ça, il faut l'accord des Philippines.
- 25:59Et évidemment, comme rien n'est simple dans cette affaire, ils
- 26:03prennent leur temps. Trop de temps, pas le choix,
- 26:05l'opération tombe à l'eau, les Français doivent le laisser
- 26:08filer pour des raisons diplomatiques encore.
- 26:11Finalement, l'interception aura lieu un mois plus tard, en mars
- 26:152004. En Chine, dans le port de Fang
- 26:18Cheengang, des gendarmes venus de Brest montent à bord,
- 26:21inspectent la coque et prélèvent des échantillons de peinture
- 26:24pour les comparer avec l'épave. Les résultats prendront quelques
- 26:28mois. Pendant ce temps, en France,
- 26:30l'attente devient insupportable. Les familles oscillent entre
- 26:34colère, incompréhension et fatiguent.
- 26:37Trop de choses restent sans réponse.
- 26:39Jacques Chirac finit par se rendre sur place.
- 26:42Les responsables politiques et les magistrats se succèdent sur
- 26:45le dossier, mais rien n'avance vraiment.
- 26:47Et plus le temps passe, plus la version officielle du naufrage
- 26:50semble bancale. Parce que, il faut le dire
- 26:53franchement, pour beaucoup d'entre eux, il est difficile de
- 26:56croire que 5 marins aussi chevronnés, habitués à naviguer
- 27:00dans des zones très fréquentées, n'aient pas vu venir un cargo de
- 27:03cette taille à 45 km heure. Et c'est pas tout, il y a autre
- 27:07chose qui Concorde pas l'appel à l'aide d'Yves Gloagen.
- 27:11Il ne dit pas un mot sur une collision de front et répète de
- 27:14manière paniquée qu'il chavire sans plus d'explications.
- 27:17On sait en plus qu'il était pas du genre à paniquer, plutôt un
- 27:21mec qui gardait son sang froid. C'est comme s'il ne comprenait
- 27:25pas ce qui lui arrivait. Pour les familles, ce détail
- 27:27change tout. S'il avait vu un cargo foncer
- 27:30sur lui, c'est évident, il l'aurait dit.
- 27:32Une chose est sûre, pour les familles de marins, une action
- 27:35aurait dû être faite depuis longtemps, le renflouement,
- 27:38c'est à dire sortir l'épave de l'eau.
- 27:41Pour analyse. Car pour eux, tant qu'elle reste
- 27:44à 80 M sous l'eau, aucune vérité ne pourra émerger.
- 27:47Le renflouement ne ne dépendrait pas d'un moyen financier, il
- 27:52dépendrait simplement de la décision judiciaire de le faire.
- 27:55Traditionnellement, en mer, on laisse les épaves reposer au
- 27:58fond de l'eau. Mais cette fois, impossible
- 28:00d'accepter. Il y a trop d'ombre, trop de
- 28:03silence et surtout trop d'hommes à qui on doit des réponses.
- 28:07Ils se battront jusqu'au bout pour Yves, Patrick, Éric,
- 28:11Georges et Pascal. Nous sommes à Quimper, le 8 mai
- 28:382004, et les familles manifestent leur demander,
- 28:42simple, que l'État accepte enfin de renflouer le bugalet de
- 28:46Brest. Monsieur les juges, s'il vous
- 28:48plaît, autorisez la le renflouement et le plus vite
- 28:51possible. Sauf que, comme souvent, le
- 28:53problème, c'est l'argent, le renflouement, c'est une
- 28:57opération à la fois très complexe.
- 28:59Et très coûteuse, on parle de plus de 5000000 d'euros.
- 29:03Ils ont menti, j'ai 2 copains, ils sont à 90 87m90 au fond,
- 29:06voilà, et ça c'est la vérité, l'histoire, les procureurs, les
- 29:09politiques, on m'a dit, Vous n'êtes que des rigolos.
- 29:11C'est comme ça que le 18 juin. Enfin, les familles obtiennent
- 29:14gain de cause. Le procureur annonce que l'épave
- 29:16sera bien remontée. Une petite victoire.
- 29:24Mais ils le sentent. Le combat est très loin d'être
- 29:27fini. Enfin, le 20 juin, l'andromède
- 29:29reprend la mer, direction la zone du naufrage pour localiser
- 29:33l'épave et refaire des images. Les papes redescendent, suivi
- 29:38des plongeurs. Mais cette fois, les
- 29:40observations ne sont pas les mêmes.
- 29:42Les 2 côtés du Bugaled sont enfoncés, pas un les 2, comme si
- 29:48le bateau avait été pris en sandwich.
- 29:51Et ça, ça change tout. Pourquoi ?
- 29:54Eh Ben parce que ça exclut l'hypothèse de la collision.
- 29:58Impossible que 2 bateaux lui soit rentré dedans en même
- 30:02temps, à bâbord et à tribord. Michel dousse, l'armateur, est à
- 30:06nouveau présent pendant l'opération.
- 30:08Il est formel, en remontant, les plongeurs ont lâché un mot, un
- 30:12seul submarine. La piste du sous-marin refait
- 30:19surface à l'été 2004.
- 30:32Le constat est clairement amer pour les proches des victimes.
- 30:35Il faut dire qu'entre temps, une autre information les a
- 30:38assommés. Les résultats du prélèvement du
- 30:40Seattle trader ont parlé. Il n'est pas impliqué, certes.
- 30:45Ils s'en doutaient, mais ça n'en reste pas moins la douche
- 30:48froide. Et Parmi eux, la colère monte
- 30:50des mois de fausses pistes et la sensation désagréable qu'on perd
- 30:54un temps précieux. Certains commencent même à se
- 30:57demander si ce n'est pas volontaire.
- 30:59Heureusement, le renflouement du BUGALED apporte enfin une bonne
- 31:03nouvelle. La piste du sous-marin est enfin
- 31:06envisagée. Les premières constatations vont
- 31:30d'ailleurs dans ce sens. On va parler un peu technique.
- 31:33Une des funes, c'est l'un des câbles qui tient.
- 31:35Le filet de pêche est déroulée sur 515 M.
- 31:39C'est 140 M de plus que l'autre. Ce déséquilibre suggère qu'un
- 31:43élément extérieur a tiré dessus, provoquant cette différence de
- 31:47longueur anormale. Et cette même fune présente des
- 31:50déformations sur sa longueur. Autre anomalie, ce qui tient les
- 31:54filets, l'un des panneaux de chalut est inversé, comme si un
- 31:57côté était passé par-dessus l'autre.
- 31:59Là aussi, c'est très inhabituel et surtout, ça suggère que le
- 32:03naufrage est dû non pas à une collision.
- 32:06Mais à une force exogène, c'est à dire extérieure.
- 32:10Et puis un autre élément mystérieux vient semer un peu le
- 32:13trouble, l'histoire des canaux de sauvetage.
- 32:16Le jour du naufrage, 2 canaux sont repérés en mer, l'un rouge,
- 32:20l'autre orange. Rien d'anormal a priori, le
- 32:24bugaled Bresse était équipé de 2 canaux à son bord.
- 32:27Sauf que lors du renflouement de l'épave.
- 32:30Un 3e radeau est retrouvé à l'intérieur du chalutier.
- 32:33Et ça, personne ne s'y attendait et personne ne l'explique.
- 32:37Et forcément, un souvenir revient, celui de ce militaire
- 32:41élitreuillé, descendu depuis un hélico, qui avait volontairement
- 32:45crevé un canon rouge le 15 janvier, quelques heures
- 32:48seulement après le naufrage. À l'époque, c'était
- 32:51incompréhensible. Mais au vu des nombreux flous du
- 32:54dossier, une hypothèse plutôt osée émerge.
- 32:58Ce radeau supplémentaire aurait-il été largué par
- 33:01l'hélicoptère aperçu dans la zone, celui-là même équipé d'un
- 33:05sonar ? Et si cet appareil militaire
- 33:08avait non seulement été présent avant les secours officiels ?
- 33:11Mais avait aussi été témoin du naufrage.
- 33:14Est ce qu'il a tenté de porter assistance et voyant que le mal
- 33:17avait été fait, aurait effacé toute trace de son intervention.
- 33:20Mais c'est pas tout. Le plus frappant, c'est cette
- 33:22déformation des 2 flancs du bateau au niveau de la cale à
- 33:26poisson. Les experts parlent carrément
- 33:28d'implosion. Et ça, ça ne peut arriver que si
- 33:32le bateau a coulé à une vitesse extrême.
- 33:34Les joues du bateau sont comme écrasées vers l'intérieur.
- 33:38Une déformation massive, comme une sorte de cicatrice géante
- 33:42qui témoigne de la violence de l'accident.
- 33:44La durée exacte n'a jamais été confirmée, mais certains avant
- 33:48ce que le bugaled aurait coulé à plus de 80 M en 37 secondes,
- 33:52d'autres estiment que la descente a pris plus de temps.
- 33:56Mais ça, on y reviendra un peu plus tard.
- 33:58Dans la vidéo, pareil, cette découverte rappelle un autre
- 34:01souvenir incompréhensible, pourquoi les militaires n'ont
- 34:05ils pas voulu faire le tour complet de l'épave ?
- 34:08Le 17 janvier est ce qu'en fait ils savaient déjà ce qui était
- 34:12arrivé au navire Breton et voulaient cacher l'épreuve qui
- 34:15incrimine un sous-marin. Ce qu'il faut retenir à ce stade
- 34:18de l'enquête, c'est simple, c'est que le naufrage a été
- 34:21brutal, très brutal. En même temps, ça ne prouve
- 34:25encore rien et toutes les hypothèses restent envisagées.
- 34:28Par contre, une chose est sûre, ces découvertes ne font
- 34:32qu'épaissir un peu plus le mystère autour du bugale de
- 34:37Brès. Officiellement, le Dolphin, un
- 35:14sous-marin néerlandais, devait participer à l'exercice Aswex 0
- 35:194 le lendemain du naufrage. Mais les enquêteurs savent qu'il
- 35:23était déjà sur Saône pendant les recherches et surtout qu'il
- 35:26porte de lourdes éraflures sur la coque.
- 35:28Pour le confondre ou l'innocenté, il aurait fallu ses
- 35:31coordonnées GPS à 12h25, l'heure du drame.
- 35:35Mais à cause de la panne du cross Griné, seules les données
- 35:40de 12h53 sont disponibles à ce moment-là.
- 35:43Le Dolphin est à 20 km de la zone et c'est là que ça devient
- 35:47intéressant. 2 scénarios sont alors possibles, soit il
- 35:51naviguait en surface, était donc trop lent et est hors de cause,
- 35:56soit il était immergé et là c'est une autre histoire.
- 36:02Il aurait très bien pu être sur le lieu du naufrage à 12h25.
- 36:06Les autorités néerlandaises assurent qu'il était bien en
- 36:09surface et affirment même qu'il a aidé aux recherches.
- 36:13Ce discours ne colle pas avec les témoignages marins, français
- 36:17et anglais évoque un sous-marin aperçu sous leur coque, non
- 36:22signalée par les radars qu'ils ont vu émerger seulement après,
- 36:26et les marques sur le Dolphin. La version néerlandaise parle
- 36:31d'un incident lors d'une opération de démagnétisation,
- 36:35une manœuvre censée réduire la détection du sous-marin.
- 36:39L'accident aurait été si sérieux que la base a fermé un mois.
- 36:43Pour les enquêteurs français, ça sonne trop gros.
- 36:46Mais ils finissent par écarter cette piste.
- 36:48Le ministère de la défense français, lui, insiste, quitte à
- 36:52se mettre à dos les familles, aucune manœuvre militaire ne
- 36:55peut être liée au drame. Soyez persuadés.
- 36:59Qu'il est de l'éthique de toutes les marines de dire tout ce
- 37:04qu'elles savent s'il YA1 incident de ce type, en aucun
- 37:09cas elles ne le cacheraient. Aucune information en ma
- 37:12possession ne me permets donc de suspecter un sous-marin d'être à
- 37:17l'origine de ce drame. Et pourtant, en 2005, un nouvel
- 37:22élément que les autorités s'étaient bien gardé de
- 37:24mentionner. La Sirse Day War comprenait la
- 37:28guerre du jeudi, un exercice militaire que la Royal Navy mène
- 37:32logiquement tous les jeudis. Or, le 15 janvier 2004 était un
- 37:36jeudi. Ça recoupe avec une autre
- 37:40information donnée par Serge Kossec, capitaine de l'Eridan,
- 37:44le Cross lui aurait bien parlé d'une opération en cours lors de
- 37:48son appel de détresse. Alors pourquoi ce silence pour
- 37:50Londres ? C'est couvert par le secret
- 37:53défense. Côté français, pas question de
- 37:57froisser un allié pour une simple supposition.
- 38:00Les familles, elles, n'en reviennent pas.
- 38:03Rien n'indique que le Dolphin soit impliqué dans l'affaire.
- 38:07Maintenant, il y avait certainement d'autres d'autres
- 38:09sous-marins puisque quand quand il YA1 exercice OTAN, il y a
- 38:13beaucoup de sous-marins de pays, même amis qui jouent les
- 38:18curieux. Si le Dolphin n'est pas
- 38:20impliqué, alors qui ? Depuis un moment, les regards se
- 38:25tournent vers un autre sous-marin britannique, un
- 38:28bâtiment nucléaire discret mais qui serait rentré d'urgence à sa
- 38:33base dans la nuit du 15 au 16 janvier, à la suite d'un
- 38:36incident. La coïncidence est trop parfaite
- 38:39pour les proches des victimes. Mais là encore, la Royal Navy
- 38:42assure, aucun de leurs sous-marins n'était sur zone.
- 38:46Et lorsque les marins anglais, eux aussi profondément touchés,
- 38:49ont voulu poser des questions, la réponse a été claire.
- 38:53Circulez, y a rien à voir. Encore une fois, l'enquête est
- 38:56frappée de plein fouet par la loi du silence.
- 39:05Si les familles se concentrent donc sur la piste du sous-marin,
- 39:08les autorités, eux, pas du tout. Pour eux, c'est un accident.
- 39:13Du coup, pendant des mois, la tension monte entre les 2 camps
- 39:16et cette opposition ne fait qu'alimenter la confusion.
- 39:19On commence par le côté pro sous-marin.
- 39:22Dès juin 2005, l'Ifremer, l'Institut reconnu, rend ses
- 39:25premières conclusions. Selon leurs analyses, l'état des
- 39:29Funes, la cale à poisson enfoncé, tout indique une force
- 39:33extérieure brutale. Mais à peine un an plus tard, le
- 39:3727 novembre 2006. Les familles explosent à la
- 39:41sortie de la préfecture maritime de Brest, la BEA mer, le Bureau
- 39:46officiel chargé des enquêtes sur les accidents en mer, rend ses
- 39:49conclusions. Et pour eux, pas de mystère,
- 39:52c'est un simple accident de pêche.
- 39:55Pire, les marins eux-mêmes seraient en partie responsables
- 39:58tous les d'accrocher dans le sable. imaginez-vous ça
- 40:03lamentable, je suis écœuré. La colère des proches explose,
- 40:06ils en sont sûrs, ils sont face à un déni de justice.
- 40:09Leur avocat va plus loin, ils parlent carrément d'un mensonge
- 40:12d'État. La BEA étant financée par les
- 40:15autorités, difficile pour les familles d'y voir une enquête
- 40:18libre, d'autant plus quand le secret défense entoure une
- 40:21partie du dossier. Alors qu'est ce qu'il émet tant
- 40:24en colère ? Selon le rapport, le bugaled
- 40:27aurait fait une croche molle, En clair, ses câbles auraient
- 40:30accroché le fond, entraînant une perte de stabilité.
- 40:33Ajouter une météo compliquée et le bateau aurait chaviré.
- 40:39Sauf que pour les familles, rien ne colle.
- 40:41Les marins du bugaled étaient formés à ces situations.
- 40:45Une croche molle ne fait pas couler un bateau en quelques
- 40:47secondes et ce jour-là, les fonds étaient plats, donc rien
- 40:51que le filet aurait pu attraper par accident, la mer était
- 40:54praticable. Quant aux critiques sur
- 40:57l'équipage, mauvaise réception des bulletins météo, portes
- 41:00laissées ouvertes. Elles sont simplement inaudibles
- 41:03pour les familles et les marins qui les balayent de la main.
- 41:06Bref, quand on liste toutes les coïncidences cumulées qu'il
- 41:09aurait fallu selon la théorie de l'accident, on comprend que les
- 41:12familles s'insurgent. Et surtout, il y a le message
- 41:15radio. Le capitaine Yves Glohagen n'a
- 41:17jamais parlé d'une croche. Il a juste crier, on chavire.
- 41:21Une panique qui ne ressemble pas à un incident classique qu'il
- 41:24aurait su identifier. Là, il est clair qu'il n'a pas
- 41:28compris ce qui lui arrivait. Même le titane retrouvé sur les
- 41:30fûnes, qui aurait pu pointer vers un sous-marin, est vite
- 41:33évacué. Une simple trace de peinture
- 41:36selon les experts officiels, rien de plus.
- 41:39Peu importe les arguments du BEA.
- 41:41Pour tous, ça ne tient pas. Bien sûr qu'il y a une partie
- 41:43dérangeante. On sait bien que le Bugaled
- 41:46Breizh n'a pas chaviré à cause d'un d'un enfouissement du
- 41:50chalut dans le sable. Tous les marins pêcheurs le
- 41:53savent. En mars 2007, la procureure de
- 41:55Quimper. Ça enfonce le clou.
- 41:58Le turbulent sous-marin britannique que certains
- 42:01soupçonnaient était bien à quai. Ce jour-là, l'hypothèse du
- 42:04sous-marin est officiellement écartée.
- 42:08Et pourtant, malgré toutes ces conclusions, les magistrats
- 42:11décident de Missionner un expert sous-marin indépendant.
- 42:14Une décision assez inattendue. Est ce que c'est pour calmer les
- 42:18familles ? Ou alors parce que eux-mêmes
- 42:21commencent à douter de la version officielle ?
- 42:22Une chose est claire, un bras de fer s'est entamé entre les
- 42:26autorités et ceux qui ne les croient plus
- 42:42avant de continuer sur cette piste.
- 42:44Je vais vous faire un petit peu de contexte, en 2004, on est en
- 42:47plein air Post 11 septembre, les États-Unis sont encore sous le
- 42:51choc et la guerre contre le terrorisme prend une ampleur
- 42:54mondiale. Alors non, j'ai pas changé de
- 42:56sujet hein, on est d'accord ? Sur le papier, aucun lien direct
- 42:59avec le Bugaled Brest. Et pourtant, pour l'amiral
- 43:02Dominik sales, le lien existe bel et bien.
- 43:06Il s'appuie sur un événement précis, un convoi de plutonium
- 43:10destiné à être détruit devait être transité par Cherbourg
- 43:14avant d'être acheminé vers La Hague, aux Pays-Bas.
- 43:17Un transport ultra sensible plus que sensible puisqu'on peut
- 43:21faire des bombes avec du plutonium.
- 43:23De quoi fortement inquiéter les Américains qui sont depuis plus
- 43:26de 3 ans en alerte permanente. Et quand c'est pas la peur des
- 43:30terroristes, c'est celle des écologistes qui prend le dessus.
- 43:33En tenant compte de tout ça et de l'affluence dans la Manche,
- 43:37il est en effet probable qu'un navire américain soit envoyé
- 43:40pour surveiller la zone. Alors oui, le transport officiel
- 43:43devait avoir lieu en octobre. Mais selon l'amiral, un
- 43:46sous-marin américain aurait été envoyé en repérage dès janvier.
- 43:50Et c'est là que sa théorie prend forme.
- 43:52Ce sous-marin aurait accidentellement accroché les
- 43:55funes du bugaled. Un scénario renforcé, 10 ans
- 43:58plus tard, par le témoignage d'un ancien agent du
- 44:00renseignement, Joseph Le Gall, dans Le Télégramme.
- 44:03Il affirme que des bâtiments américains étaient bien présents
- 44:07dans la Manche à cette période. Puis, en 2016, un nouvel élément
- 44:11surgit, la déclassification de documents révèle que le
- 44:15sous-marin nucléaire américain Iman J recover était bien en
- 44:19mission dans la Manche. Quelques jours avant le
- 44:21naufrage. Selon cette lecture, le recover
- 44:25aurait été déployé pour surveiller un navire japonais
- 44:29transportant du plutonium le 19 janvier.
- 44:31Pour être en position à temps, il aurait dû être en mer dès le
- 44:3516. Or, en raison des exercices
- 44:37militaires comme l'asouex 0 4 et la surf des Wars qu'il devait
- 44:42éviter, il aurait pu être sur la zone dès le 15.
- 44:47Une commission rogatoire avait déjà été envoyée aux États-Unis
- 44:50en 2013 pour savoir si un sous-marin américain était dans
- 44:54la Manche ce jour-là. Réponse officielle, non.
- 44:58Pour Dominic sales, cette réponse ne veut rien dire.
- 45:02Les juges français se seraient plantés, ils auraient interrogé
- 45:05les mauvaises personnes. Les missions ultra secrètes ne
- 45:09sont pas sous la responsabilité directe de la Navy.
- 45:12Des services de renseignements comme la CIA, donc.
- 45:14Pour lui, la Navy n'a simplement pas été mise dans la boucle.
- 45:19Reste que pour la justice française, cette hypothèse est
- 45:22trop fragile. L'enquête sur la piste
- 45:24américaine est classée, dossier refermé.
- 45:27Et une fois encore, pour les familles, c'est le sentiment
- 45:34terrible de revenir à la case départ.
- 45:46On revient à une piste qu'on avait laissée de côté, celle du
- 45:50turbulent, le sous-marin nucléaire de la Royal Navy,
- 45:54officiellement écarté par la justice française.
- 45:57Mais pour beaucoup, il reste le principal suspect et plusieurs
- 46:02éléments viennent nourrir cette conviction.
- 46:04En 2011, une rumeur enfle, le commandant du turbulent.
- 46:09Aurait en privé reconnu la responsabilité de son navire
- 46:13dans le naufrage du Bugaled Bresse un an plus tôt.
- 46:17Un autre détail trouble, un document indique que le
- 46:20sous-marin était bien en mer le 15 janvier 2004.
- 46:23Pourtant, la Royal Navy affirme qu'il était à quai à davon porte
- 46:28leur défense, il ne s'agissait que d'un document prévisionnel,
- 46:33pas d'une preuve réelle. De navigation.
- 46:35Malheureusement pour les Anglais, un article du Navy
- 46:39News, leur propre Journal officiel dans la Royal Navy, les
- 46:43enfonce un peu plus dedans. Il y est question d'une mission
- 46:48secrète d'un sous-marin au large des Cornouailles au moment même
- 46:53du naufrage. Le texte évoque en plus des
- 46:57avaries qui auraient nécessité des réparations à Gibraltar.
- 47:01L'armée britannique dément, affirmant que les réparations
- 47:04ont eu lieu à davon porte. Sauf que l'article en question
- 47:08disparaît rapidement des archives officielles.
- 47:11Ça paraît un peu gros pour être une coïncidence.
- 47:14Malaise du côté de Londres et c'est pas fini.
- 47:17En février 2011, le sous-marin astuce s'échoue sur une plage.
- 47:21Et là, cerise sur le gâteau, encore une fois.
- 47:25Le commandant n'est autre que Andrew Colz, l'ancien commandant
- 47:30du turbulent en 2004. Pour les familles, le voir
- 47:33échouer le fleuron de la flotte britannique sur une plage ne
- 47:37fait que renforcer leurs soupçons.
- 47:39Si il a pu planter un sous-marin sur une plage, il a pu accrocher
- 47:43un chalutier. Mais ce n'est pas fini.
- 47:46En 2012, le juge remet au centre de l'instruction le turbulent.
- 47:51Le sous-marin a émis des messages relatifs à son
- 47:54déplacement le 15 janvier, ce qui voudrait dire que la Navy a
- 47:58menti et qu'il était bien dans la Manche à 12h25, la position
- 48:03du bateau est en plus à quelques kilomètres du Cap Lizard, les
- 48:06évidences commencent à s'accumuler.
- 48:09Face à ces preuves accablantes, les Anglais maintiennent, ils
- 48:12étaient à quai et les messages ont été envoyés depuis le quai.
- 48:16Les prévisions qui les annonçaient en mer étaient des
- 48:19prévisions, c'est tout. En mars 2013, énorme
- 48:21retentissement dans l'affaire. Alors qu'un film militant sur
- 48:25l'affaire The Silent Killer est diffusé à New Lean en
- 48:29Angleterre, un spectateur se démarque parmi l'assistance, une
- 48:32des seules personnes que les militants ne pensaient pas voir
- 48:36là. L'un des suspects clés de
- 48:39l'affaire, Andrew Coles, le commandant du turbulent.
- 48:43La démarche est culottée. Non seulement il vient, mais en
- 48:47plus de ça, il affirme dans les yeux de Thierry le Métaillé,
- 48:50fils d'un des marins, que le turbulent n'est en rien
- 48:54responsable du naufrage. La démarche est tellement
- 48:56troublante, l'échange tellement convaincant que les parties
- 49:00civiles finissent par douter, et si ils faisaient fausse route ?
- 49:04En fait, qu'ils viennent là, qu'ils me promettent dans les
- 49:08yeux. Je sais pas, je sais plus.
- 49:12Mais la rencontre ne s'arrête pas là.
- 49:14Juste après, l'armateur du Bugaled, Michel Dous, pose lui
- 49:18aussi une question capitale, qu'est ce qui a provoqué le
- 49:21naufrage ? Un sous-marin, le militaire de
- 49:24la Royal Navy répondra un mot que Thierry n'est pas prêt
- 49:27d'oublier, probablement en français.
- 49:31Tout est dit, et si ce n'était pas le turbulent ?
- 49:35Alors qui ça ? Dans la famille des sous-marins,
- 49:38on appelle maintenant le rugby. Un sous-marin nucléaire
- 49:42français. Officiellement, il se trouvait
- 49:44au large de Nantes. Des témoignages anonymes
- 49:47assurent qu'ils étaient en mission près du Cap Lizard et
- 49:50qu'ils poursuivaient un autre sous-marin britannique.
- 49:53Lorsqu'un choc aurait été perçu, c'est une version qui est
- 49:56difficile à vérifier et peu exploitée à cause du manque de
- 49:59preuves et des témoignages qui sont restés anonymes.
- 50:03La piste du sous-marin français est à son tour rapidement
- 50:06écartée. Mais une chose est sûre, la
- 50:08piste britannique reste solide. D'autant plus que fin 2013, Jean
- 50:12Yves Le Drian, alors ministre de la Défense, lâche une bombe qui
- 50:16corrobore la thèse anglaise sur France 3 Bretagne, les Anglais
- 50:20ne nous ont pas tout dit. Une déclaration qui, vous vous
- 50:25en doutez, alimente les soupçons avant d'être, elle aussi,
- 50:29rapidement étouffée. L'affaire du Bugaled Bresse
- 50:33tourne en rond. Avant de parler du procès, il
- 50:41faut revenir sur quelques éléments tellement troublants et
- 50:44hallucinants qu'on ne parvient pas à les classer ni à les
- 50:47interpréter tellement c'est gros.
- 50:49Retour au 15 janvier 2004, alors qu'on est en pleine recherche de
- 50:52l'équipage du bugaled, le sous-marin néerlandais Dolphin
- 50:54contacte le MRCC, l'équivalent anglais du cross, et là, il
- 50:59lâche une phrase complètement énigmatique, we have Pick up to
- 51:03people. Nous avons récupéré 2 personnes.
- 51:05L'opérateur lui demande une confirmation.
- 51:09Et c'est le silence radio. Pendant une minute, le Dolphin
- 51:13finit par revenir sur ces mots. Mais le mal est fait.
- 51:17Ce message sème le trouble, d'autant plus qu'aujourd'hui
- 51:19encore 2 corps manquent à l'appel.
- 51:22Pour certains, la coïncidence est bien trop énorme pour être
- 51:26ignorée. Pourtant, cette déclaration ne
- 51:29sera jamais approfondie ni par les enquêteurs ni par les
- 51:33experts du Bear. Elle ne fera même pas l'objet
- 51:36d'un vrai débat et restera un mystère suspendu inadmissible
- 51:41pour les familles de Georges et Éric aussi.
- 51:44Ça peut paraître anecdotique, mais juste après avoir autorisé
- 51:47le renflouement, le premier procureur chargé du dossier
- 51:50avait été transféré dans une autre région. aurait-il été
- 51:54évincé ou simple mutation ? Il existe d'autres incidents du
- 51:59même genre, éparpillés, étranges, inexpliqués, et chacun
- 52:04à sa façon vient fragiliser un peu plus la thèse officielle.
- 52:08Ces zones d'ombre, c'est ce qui va finir par user.
- 52:10Les familles, elles ont le sentiment qu'on les promène,
- 52:13qu'on leur cache des choses et qu'au fond, personne ne veut
- 52:17vraiment connaître la vérité. Je l'ai sous-entendue tout au
- 52:20long de mon histoire, mais en parallèle des multiples pistes
- 52:23qui se sont succédées dans le cadre de cette affaire.
- 52:25Du côté purement judiciaire, les familles ont connu de nombreuses
- 52:28déconvenues. Une montagne russe émotionnelle
- 52:31à la fin de laquelle ils ne sont ressortis que abîmés et
- 52:33fatigués. Ils ont l'impression que dès
- 52:36l'annonce du naufrage, le sort était déjà scellé.
- 52:39Pourtant, des lueurs d'espoir, il y en a eu pas mal.
- 52:42Le 28 juin 2007, au tribunal de Quimper, un mot est prononcé à
- 52:46voix haute, sous-marin. Pour une fois, c'est le juge qui
- 52:49l'a prononcé. C'était lors d'un entretien avec
- 52:51un représentant du comité local de pêche.
- 52:55Pour les familles, c'est un électrochoc, un soulagement
- 52:59aussi. Mais la joie est de courte
- 53:01durée. Quelques heures plus tard, la
- 53:03procureure Anne Kayanakis prend la parole à son tour et son
- 53:07discours est tout autre. Oui, elle admet que la piste du
- 53:10sous-marin est sérieuse, mais non, elle ne la considère ni
- 53:14dominante ni prouvée. Elle s'en tient à une version
- 53:17plus confortable, celle d'un accident de pêche.
- 53:20Et surtout, elle insiste. Ce ne peut pas être un
- 53:23sous-marin de l'OTAN. sous-entendu, s'il y a eu un
- 53:27sous-marin, ce serait un espion, un intrus venu d'ailleurs, 2
- 53:31magistrats, 2 lectures opposées d'un même dossier et, en creux,
- 53:35une fracture bien plus profonde, celle entre la recherche de la
- 53:38vérité et la préservation des intérêts d'État.
- 53:41Quand le dossier est transféré à Nantes, les juges d'instruction
- 53:44changent de stratégie. Ils veulent une preuve, pas une
- 53:48hypothèse, pas un faisceau d'indices.
- 53:51Mais une trace concrète, le titane retrouvé sur les câbles
- 53:54du chalut est analysé. Mais on conclut rapidement qu'il
- 53:57pouvait venir du Bugalet de lui même.
- 53:59Rien de suffisamment probant. L'instruction s'étire, les
- 54:03auditions s'enchaînent, les familles s'accrochent jusqu'en
- 54:062014 où tout s'effondre. Le dossier est clos, l'enquête
- 54:11est bouclée et la décision tombe, c'est un non lieu.
- 54:17Dans les familles, c'est comme si on avait tué une nouvelle
- 54:20fois Yves, Georges, Patrick, Pascal et Éric, comme si on leur
- 54:25refusait leur dignité. Impossible de dire ce qui s'est
- 54:28passé, ni accident confirmé, ni sous-marin prouvé, juste une
- 54:33absence de preuve irréfutable, un vide juridique abyssal.
- 54:37Même si les juges reconnaissent qu'on ne peut pas exclure la
- 54:41piste du submersible, ils actent qu'il n'y a rien de concret pour
- 54:44l'étayer. Pour beaucoup, ce non lieu sonne
- 54:47comme un abandon, mais une lueur apparaît de l'autre côté de la
- 55:00Manche, 3 Décors ayant été retrouvés en eau britannique.
- 55:04Une nouvelle procédure est ouverte en Angleterre, plus
- 55:08précisément ce qu'on appelle une INQUEST, autrement dit une
- 55:12enquête publique sur les causes de la mort.
- 55:14Pour certains, c'est un épilogue inutile qui prolonge les
- 55:17souffrances. Ils sont tous à bout de souffle.
- 55:20Pour d'autres, c'est le dernier espoir.
- 55:22Parmi eux, Thierry le Métaillé, le fils de Georges fait le
- 55:26voyage. Il veut comprendre peut être que
- 55:28la vérité viendra enfin d'outre Manche, là où la France a
- 55:32préféré se taire. Mais sur place, les illusions
- 55:35sont encore une fois de courte durée.
- 55:37Les obstacles se dressent rapidement.
- 55:39Les avocats français demandent des éléments simples, une image
- 55:42satellite du port militaire de turbulents les messages envoyés
- 55:46le 15 janvier. Tout leur est refusé sans
- 55:50justification. En tout, près de 40 témoins sont
- 55:53entendus, certains militaires, d'autres civils.
- 55:57Certains vont dans le sens de la thèse du sous-marin, comme ce
- 56:00pilote d'hélicoptère à qui on aurait demandé de taire ceux
- 56:02qu'ils avaient vu. Mais la plupart se contentent de
- 56:05dire oui ou non, sans rien révéler, en bon soldat.
- 56:09Et au milieu du défilé, un nom revient encore, Andrew Colls,
- 56:13l'ancien commandant du turbulent.
- 56:16Et cette fois, il change de ton et de version.
- 56:19Insupportable pour le clan français.
- 56:22Il nie avoir dit à Thierry les métayers, que le bugaled avait
- 56:24probablement été percuté par un sous-marin.
- 56:27La phrase probabily qui avait tant marqué les familles est nié
- 56:32et le reste suit. Autre élément qui irritent
- 56:35particulièrement les familles, c'est que l'expert mandaté n'est
- 56:38jamais monté sur un bateau de pêche.
- 56:40Encore une fois, on ne les prend pas au sérieux.
- 56:42Comme ses homologues français, il conclut à l'accroche.
- 56:46En gros à l'accident, mais un argument indémontable lui est
- 56:49mis sous les yeux des croches de ce type, on n'est même pas
- 56:51capable d'en citer une. Par contre, des accidents avec
- 56:54des sous-marins, il y en a eu une flopée, et des marins pour
- 56:57en témoigner, il y en a aussi plein.
- 56:59Définitivement, rien ne tient, et à la fin, c'est le même
- 57:02constat désespérant qu'en France, c'est le silence qui
- 57:05gagne. Le 5 novembre 2021, le verdict
- 57:07tombe sans surprise après cette INQUEST qui semblait perdu
- 57:10d'avance, le Bugaled Bresse a été victime d'un accident de
- 57:14pêche. Point final.
- 57:17Ce qui tient les familles malgré tout, c'est l'espoir.
- 57:20L'espoir qu'un jour, un homme, une femme, un militaire peut
- 57:23être, laissera parler sa conscience et dira ce qu'il
- 57:27s'est vraiment passé d'ici là. Il faut vivre avec ce vide,
- 57:30cette colère et cette impression de ne pas avoir été entendus.
- 57:35Pour eux, le bugaled, ce n'est pas qu'un naufrage, c'est aussi
- 57:39un symbole, celui du poids d'un secret défense, celui d'une
- 57:42vérité qu'on étouffe pour préserver les alliances.
- 57:46Celui d'une justice qu'on a pas laissé aller jusqu'au bout.
- 58:10Le 17 avril 2023, une nouvelle page s'est tournée, l'épave du
- 58:14Bougalet de Brest, conservée pendant près de 20 ans sur la
- 58:17base militaire de Brest. Est détruite, réduite à néant.
- 58:21Comme si cette affaire de drames, ce scandale d'État,
- 58:24devait être effacé une bonne fois pour toutes.
- 58:27Quelques jours avant le 8 avril, les familles se sont réunies une
- 58:30dernière fois. Un au revoir discret, pudique,
- 58:34mais bouleversant. Chacun est venu récupérer un
- 58:55objet ultime, relique de ce qu'ils ont aimé, parce que pour
- 58:59eux, cette coque tordue n'est pas un simple navire, c'est un
- 59:02cercueil, celui de leurs proches, celui d'une vérité
- 59:06qu'on leur refuse encore. Alors que tu dis, les noms
- 59:09d'Yves, Georges, Patrick, Pascal et Éric sont gravés dans la
- 59:13Pierre. Une stèle dressée face à la mer
- 59:16rappelle qu'ils ont rejoint longue lignée de marins
- 59:19engloutis par les flots. Mais cette fois, ce n'est pas la
- 59:23tempête qui les a pris, ce n'est pas le vent ou la houle, c'est
- 59:27quelque chose d'autre, quelque chose qu'on ne veut pas dire.
- 59:30Et c'est bien là le drame. Car au fil du temps, une
- 59:34évidence s'est imposée face aux États.
- 59:37À leurs armées, à leurs alliances, les citoyens pèsent
- 59:40peu. Les marins du bugaled ne sont
- 59:43pas morts dans l'anonymat, ils sont morts dans l'ombre.
- 59:45Et cette ombre a un nom, le secret défense.
- 59:49Dans cette affaire, la justice s'est heurtée à la diplomatie, à
- 59:52la raison d'État, à l'inavouable la vérité étranglée par des
- 59:57enjeux militaires enterrés sous les mensonges.
- 1:00:00Les silences, les pirouettes administratives. 20 ans plus
- 1:00:03tard, El gila, quelque part entre 2 eaux, entre les
- 1:00:07Cornouailles anglaises et les fonds de dossiers classifiés.
- 1:00:10Alors, l'espoir se déplace loin des tribunaux français, loin des
- 1:00:14micros des procureurs. Un dernier sursaut s'est
- 1:00:18accroché à l'autre rive de l'Atlantique.
- 1:00:20Depuis son arrivée au pouvoir, Donald Trump a ordonné la
- 1:00:24déclassification de nombreux documents confidentiels.
- 1:00:27Pour les familles, c'est peut être là que se trouve la clé, un
- 1:00:30espoir ténu mais vivant, que les archives américaines livrent
- 1:00:34enfin ce que l'Europe s'est acharnée à terre à ce jour.
- 1:00:37Le mystère perdure, mais l'espoir lui reste celui que
- 1:00:41l'administration Trump réponde à leur demande où qu'un jour
- 1:00:45quelqu'un parle enfin. Voilà c'est la fin de toute
- 1:01:02cette enquête sur le Bugaled Brice, j'espère que cette vidéo
- 1:01:05vous aura plu. N'hésitez pas à partager en
- 1:01:07commentaires un petit peu tous vos ressentis par rapport à
- 1:01:09cette affaire, savoir ce que vous en pensez.
- 1:01:11Quelles sont vos théories ? J'ai trouvé que c'était une
- 1:01:13affaire complètement mystérieuse, c'était l'un
- 1:01:15d'entre vous d'ailleurs en commentaire qui me l'avait
- 1:01:16proposé, je ne la connaissais pas.
- 1:01:18Au passage, si vous avez d'autres histoires, d'autres
- 1:01:20enquêtes que dont vous voulez que je traite, n'hésitez pas à
- 1:01:23me les mettre en commentaire parce que franchement ça nous
- 1:01:24aide énormément. Merci à vous de nous suivre, que
- 1:01:27ça soit sur Youtube donc n'hésitez pas.
- 1:01:29Pas vous abonner au passage, c'est complètement gratuit et on
- 1:01:32voit les abonnements chaque chaque mois.
- 1:01:33Mais aussi de nous suivre en format podcast sur Spotify,
- 1:01:36Deezer et aussi Apple podcast. Et je vous rappelle qu'avec le
- 1:01:39code Néoxy vous avez moins 15% sur votre premier Esim saily
- 1:01:43donc n'hésitez pas à télécharger l'application.
- 1:01:45Merci à vous, c'était néoxy.