Latest / Africa Fashion Tour / Maya Amoah, fondatrice de Batik Boutik
Transcript
- 0:00Il y avait beaucoup de temps et d'énergie que j'ai mis dans une plateforme.
- 0:05Tu comprends ?
- 0:06C'est comme de mettre beaucoup d'énergie sur une plateforme comme Instagram.
- 0:10C'est vraiment quelque chose qui me fatiguait.
- 0:12C'était vraiment fatigant.
- 0:14Et puis,
- 0:15j'ai pivoté un peu dans les derniers trois mois pour l'été.
- 0:20C'était comme quand j'étais en retour du Ghana au Canada.
- 0:25Je me suis dit,
- 0:26peut-être que je peux juste faire un petit tour.
- 0:29Dans la route,
- 0:31alors j'ai pensé,
- 0:31ok,
- 0:32je peux arrêter à Berlin parce que je savais qu'il y avait la semaine de la mode là.
- 0:38Et j'ai trouvé une exposé,
- 0:41c'était comme une expo africaine de la semaine de la mode de Berlin.
- 0:46J'ai trouvé ça et j'ai pris une bourse de
- 0:51Berlin à Paris et j'ai trouvé là une boutique qui s'appelle
- 0:56La Petite Afrique,
- 0:56Petite Africa Village.
- 0:58Et je faisais un pop-up là et je sentais juste que c'était comme,
- 1:03pour moi,
- 1:03ça m'a enlevé un peu le stress de me concentrer tout sur une plateforme,
- 1:10tout en ligne.
- 1:11Ça m'a vraiment inspirée aussi et la stratégie était bonne parce que pour moi,
- 1:16c'était juste une façon aussi de résouter et exposer mes choses et aussi avoir une meilleure idée de ma cliente.
- 1:27Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Africa Fashion Tour.
- 1:30Je vous emmène avec moi à la rencontre de créateurs basés sur le continent africain.
- 1:35Je vous invite à voyager à Abidjan,
- 1:37Dakar ou Bamako pour découvrir les parcours de professionnels talentueux,
- 1:41responsables et ambitieux.
- 1:44Au fil des interviews,
- 1:45je me rends compte que chaque entrepreneur veut contribuer au rayonnement de la créativité africaine sur le continent et au-delà.
- 1:52Ce podcast est un moyen de sortir des clichés du boubou et du wax pour représenter un éventail de tissus,
- 1:58de savoir-faire et de créativité trop souvent sous-représentés.
- 2:02Je suis Ramata Diallo,
- 2:04je suis professeure de marketing dans des écoles de mode parisiennes et je suis également consultante spécialisée dans l'accompagnement de porteurs de projets qui veulent lancer leur marque de mode.
- 2:13En 2017,
- 2:14j'ai assisté à ma première Fashion Week en Afrique et depuis,
- 2:17je voyage régulièrement sur le continent pour aller à la rencontre de ceux et celles
- 2:21qui font la mode en Afrique.
- 2:23Le podcast est le moyen que j'ai trouvé pour partager au plus grand nombre une autre vision de la mode africaine.
- 2:31Aujourd'hui,
- 2:32je suis en compagnie de Maya Amwa,
- 2:34la fondatrice de la marque Batik Boutique.
- 2:36Elle est basée au Canada,
- 2:38plus précisément à Montréal,
- 2:40et elle fait fabriquer ses collections au Ghana.
- 2:42Je l'ai invitée aujourd'hui pour qu'elle puisse nous parler de son parcours et de sa marque.
- 2:47Bienvenue Maya,
- 2:48comment vas-tu ?
- 2:49Allô,
- 2:49bonjour.
- 2:50Oui,
- 2:50ça va bien et toi ?
- 2:51Écoute,
- 2:52ça va très bien.
- 2:52Je suis ravie de te retrouver pour cette interview.
- 2:55Je pense que c'est la première fois que je fais un duplex Paris-Montréal.
- 2:58Donc,
- 2:59comme j'ai déjà fait des duplex à Abidjan,
- 3:02Cotonou ou autre,
- 3:03je pense qu'il ne devrait pas y avoir de souci pour la connexion.
- 3:07Oui,
- 3:08merci beaucoup pour m'inviter à faire cette entrevue.
- 3:11J'avais vraiment hâte de le faire.
- 3:12Écoute,
- 3:13c'est moi qui suis ravie et on va commencer cette interview comme je le fais toujours.
- 3:17Je vais te demander de te présenter.
- 3:20Ok,
- 3:20parfait.
- 3:21Alors bonjour,
- 3:22je suis Maya,
- 3:23Maya Amwa.
- 3:25Je suis la fondatrice et directrice créative de Batik Boutique.
- 3:30C'est une marque de vêtements.
- 3:31Ça fait sept ans que j'ai cette marque de vêtements et c'est tout fabriqué au Ghana,
- 3:36le Beste-Afrique.
- 3:38Moi,
- 3:38j'ai agrandi ici au Canada,
- 3:41en Ontario.
- 3:42alors je suis anglophone,
- 3:43mais ça fait six ans maintenant que j'habite à Montréal,
- 3:46mais les dernières trois ans que j'habite entre Ghana,
- 3:50Accra,
- 3:50la capitale de Ghana,
- 3:52et ici Montréal.
- 3:54Et oui,
- 3:55la marque de vêtements Batik boutique,
- 3:57c'est comme un mélange des tissus Batik,
- 4:01alors les tissus qui sont titrés à la main,
- 4:04mais avec aussi du wax,
- 4:06parfois les tissus wax,
- 4:07et l'idée est juste comme le style.
- 4:10des tissus traditionnels,
- 4:12mais avec un design plus contemporain,
- 4:18inspiré plus de la mode ici.
- 4:20Et oui,
- 4:21c'est ça.
- 4:23C'est plus par en ligne,
- 4:25mais ces jours-là,
- 4:26je fais beaucoup de pop-up.
- 4:27J'étais à Paris même en juillet.
- 4:30Je faisais un petit tour de pop-up à Berlin,
- 4:34à Paris,
- 4:35Chicago.
- 4:37Montréal,
- 4:37Toronto et la semaine prochaine,
- 4:39ça sera New York.
- 4:41Alors,
- 4:42oui,
- 4:42c'est quelque chose que j'ai fait en plein et j'ai hâte d'être ici.
- 4:46Très bien.
- 4:46Écoute,
- 4:47je te remercie pour cette synthèse et cette overview de ton parcours et tu nous as aussi partagé des informations sur la marque.
- 4:54Moi,
- 4:54j'ai envie de revenir un petit peu aux origines et notamment,
- 4:58voilà,
- 4:59au niveau de tes études.
- 5:01Est-ce que toi,
- 5:01tu as un parcours scolaire où tu avais étudié la route ?
- 5:06Ou pas du tout.
- 5:07Pas du tout en fait.
- 5:09Moi,
- 5:09j'ai une éducation en journalisme avec une mythe.
- 5:13C'était comme ici à Montréal,
- 5:15ça s'appelle des majeurs et des mineurs.
- 5:18Alors,
- 5:18la plupart de mon degré,
- 5:19c'était en journalisme.
- 5:21Puis,
- 5:21j'ai fait aussi un petit mineur à les droits humains et les sciences politiques.
- 5:26Alors,
- 5:26quelque chose comme complètement différent.
- 5:29La mode était juste quelque chose que moi,
- 5:31j'ai agrandi avec.
- 5:32Avant,
- 5:32dans cette marque,
- 5:33j'avais une autre marque de vêtements.
- 5:35Avant ça,
- 5:36c'était des vêtements que j'ai peinturés à la main.
- 5:40Et oui,
- 5:41c'est plus comme le journalisme et comme partie de la plateforme de ma marque,
- 5:46dans le sens que j'essaie de faire,
- 5:48j'ai raconté des histoires,
- 5:50des artisanats et juste la vie du Ghana avec cette plateforme sur Instagram et tout.
- 5:58J'ai plein de projets même à l'avenir aussi.
- 6:01continuer à incorporer ce journalisme dans ma marque.
- 6:06Ok,
- 6:06très bien.
- 6:07Comme beaucoup de mes invités qui n'ont pas à la base un background de mode,
- 6:11ils se retrouvent dans ce secteur d'activité par passion.
- 6:15Donc,
- 6:15toi,
- 6:16quels ont été tes débuts dans la mode ?
- 6:17Est-ce que dès le départ,
- 6:19tu as créé ta marque ou est-ce qu'éventuellement,
- 6:21tu as travaillé pour d'autres marques ?
- 6:23Comment est-ce que tu as...
- 6:24Comment est-ce que s'est faite la genèse de Batik Boutique ?
- 6:27C'était fait en 2018.
- 6:32C'était vraiment quelque chose que ça faisait déjà des ans que je me projetais toujours de travailler là-bas dans la mode,
- 6:41mais je ne savais pas exactement quoi et tout.
- 6:44Quand j'étais là au Ghana en 2018 pour visiter ma grand-mère,
- 6:49moi j'ai juste tombé en amour avec le batik,
- 6:52le tissu batik.
- 6:53Ce tissu-là,
- 6:55ils ont des origines d'Indonésie,
- 6:58mais c'est vraiment utilisé.
- 7:00surtout ces jours-là dans l'Ouest d'Afrique.
- 7:02On voit ça beaucoup à Nigeria,
- 7:04si tu connais la marque Dylab,
- 7:06on voit ça dans beaucoup de pays francophones aussi en Afrique.
- 7:12C'est quelque chose qui m'a vraiment inspirée en 2018.
- 7:17Après ça,
- 7:18c'était juste un chemin de vraiment travailler avec,
- 7:24en fait,
- 7:24trouver des couturières.
- 7:27J'ai commencé à travailler sur mes modèles que j'ai proposés,
- 7:31créer les patrons et tout,
- 7:33faire les sketchs et tout.
- 7:36Puis j'ai commencé le premier lancement d'une collection capsule,
- 7:42mais vraiment pas officielle du tout.
- 7:44J'ai juste mis ça sur,
- 7:45je pense,
- 7:45Facebook ou quelque chose.
- 7:46Puis les gens étaient vraiment intéressés.
- 7:51Du coup,
- 7:52c'est juste ça que ça a commencé,
- 7:53ça a continué à rouler.
- 7:56mais comme
- 7:57La plupart de mon chemin dans la mode,
- 8:02dans les marques et tout,
- 8:02j'étais à l'école,
- 8:04je faisais mes études,
- 8:05alors c'est vraiment juste les dernières,
- 8:07même comme une année,
- 8:08ça fait je pense une année que je suis libre de l'école,
- 8:12où je peux même maintenant me lancer plus à temps plein dans ce travail,
- 8:17et aussi concentrer plus sur la modèle de pop-up.
- 8:22et site web et e-commerce et tout ça.
- 8:24Mais avant ça,
- 8:25c'était vraiment plus des marchés,
- 8:27des festivals.
- 8:30Ouais,
- 8:30c'était un peu ça comment ça a commencé.
- 8:32OK,
- 8:33c'est intéressant que tu parles donc de ce voyage au Ghana.
- 8:36Donc,
- 8:36j'imagine que toi,
- 8:36tu es d'origine ghanéenne.
- 8:38Ouais,
- 8:38c'est ça.
- 8:39Mon père vient de Ghana et ma mère est égyptienne et allemande.
- 8:43OK,
- 8:43wow,
- 8:43super mélange.
- 8:46Du coup,
- 8:47toi,
- 8:47tu as fait des voyages régulièrement,
- 8:49j'imagine,
- 8:51au Ghana,
- 8:51à Accra.
- 8:52Et est-ce que toi déjà,
- 8:53tu portais des tenues avec du batik ou du wax ?
- 8:56Est-ce que ça faisait partie un petit peu de ton quotidien,
- 8:59que ce soit à la maison ou en extérieur ?
- 9:01Il y avait des créateurs que tu suivais et tu avais des tenues ou pas forcément ?
- 9:06Non,
- 9:06pas forcément,
- 9:07parce que moi,
- 9:07je trouve,
- 9:08surtout en 2017-2018,
- 9:11je pense qu'en France,
- 9:12c'était différent déjà,
- 9:13mais comme ici au Canada,
- 9:15C'était rare de même voir de la mode africaine qui était d'un style plus comme,
- 9:23on dirait pas même juste élevé,
- 9:25mais juste,
- 9:26je sais pas,
- 9:27comme juste quelque chose que tu porterais dehors et comme aux soirées et tout.
- 9:32Pour moi,
- 9:32c'était vraiment comme,
- 9:33quand j'ai vu ces tissus-là,
- 9:35ça me rappelait de mes tantes qui,
- 9:37comme quand on allait à l'église ou quelque chose,
- 9:41c'était toujours des cérémonies,
- 9:42des choses un peu plus comme formales.
- 9:45Alors,
- 9:45c'est un peu ça aussi la raison que j'ai même commencé la marque,
- 9:48parce que c'était comme,
- 9:49dans cette époque-là,
- 9:50je trouvais qu'il n'y avait vraiment pas beaucoup d'options,
- 9:54des styles un peu plus comme,
- 9:56soit streetwear,
- 9:58ou soit juste quelque chose que moi,
- 10:00je porterais avec ces tissus,
- 10:02parce que les tissus sont magnifiques,
- 10:04les tissus sont colorés,
- 10:05c'est vibrant.
- 10:07Mais maintenant,
- 10:07comme en 2025,
- 10:09je pense que ça a tellement changé.
- 10:11Maintenant,
- 10:11c'est comme beaucoup plus connu.
- 10:13porter de la wax n'importe où,
- 10:16vraiment.
- 10:16Mais à l'époque-là,
- 10:17je trouvais que c'était vraiment comme des choses plus pour mes tentes ou comme les cérémonies,
- 10:25des choses plus africaines.
- 10:27Et c'est un peu ça l'idée.
- 10:29C'était aussi de montrer ce tissu,
- 10:32le wax et le batik à une démographie.
- 10:37Plus grand que juste les Africains même.
- 10:40Même quand tu vois mes mannequins et tout,
- 10:42c'est vraiment un mélange.
- 10:44Il y a beaucoup de diversité.
- 10:46C'est vraiment pour essayer de mettre ce tissu et ces racines africaines dans un marché plus grand de la mode,
- 10:58dans un sens plus...
- 11:00Juste pris un peu plus sérieusement aussi.
- 11:02Je pense qu'avant,
- 11:04c'était plus...
- 11:05dévalorisé.
- 11:07On a juste vu ce type d'événement dans les magasins africains où c'était comme 20 dollars ou quelque chose.
- 11:13Même moi aussi,
- 11:14j'ai trouvé qu'à l'époque,
- 11:16quand j'ai vendu au marché,
- 11:18il y avait beaucoup de gens qui ont essayé de négocier mes prix et tout.
- 11:22Mais ça a vraiment changé.
- 11:24Je pense que ça a vraiment changé cette perspective des vêtements africains dans le sens que c'est beaucoup plus élevé surtout avec les fashions qui se passent à Lego.
- 11:34et...
- 11:34Dakar et tout.
- 11:35Alors,
- 11:36c'est incroyable de les voir.
- 11:38Très bien.
- 11:38Effectivement,
- 11:39on avait moins accès,
- 11:40je pense,
- 11:41à l'information.
- 11:42Je pense qu'il y a toujours eu des marques qui étaient présentes et qui faisaient des choses intéressantes et diverses en Afrique.
- 11:48On n'avait pas forcément accès à l'information pour les trouver facilement.
- 11:51Donc,
- 11:51on avait cette impression d'absence.
- 11:55Mais c'est vrai qu'aujourd'hui,
- 11:56c'est beaucoup plus visible.
- 11:58Toi,
- 11:58est-ce que tu parlais de la Legos Fashion Week ?
- 12:00Est-ce que toi,
- 12:01tu as pour ambition,
- 12:02pour objectif de défiler ou est-ce que tu as déjà défilé ?
- 12:06Pas encore.
- 12:07J'ai juste,
- 12:07mais j'ai défilé une fois.
- 12:09C'était au Ghana.
- 12:10C'était à Kumasi.
- 12:12C'est notre ville.
- 12:12C'est comme la deuxième ville la plus grande au Ghana.
- 12:16Là,
- 12:16j'ai eu une belle expérience.
- 12:19J'ai trop aimé ça.
- 12:21Pour les défilés en général,
- 12:23pour moi,
- 12:24exposer tout,
- 12:25c'est pas quelque chose que...
- 12:27Moi,
- 12:28j'aimerais faire,
- 12:28j'étais même invitée déjà à Guinée pour une semaine de la mode là,
- 12:33qu'est-ce qui se passe ?
- 12:34Mais pour moi,
- 12:35ça m'intéresse beaucoup plus de juste aller observer,
- 12:38voir déjà qu'est-ce qui se passe au Nigeria surtout,
- 12:42mais Dakar aussi comme Sénégal,
- 12:44ça serait trop cool.
- 12:46Et plus de faire aussi des pop-up,
- 12:48j'aimerais vraiment ça,
- 12:49d'entrer en Afrique et commencer à faire plus des pop-up et un résultat un peu plus...
- 12:55plus sur le continent que juste Accra.
- 12:58Même Côte d'Ivoire,
- 12:59qui est juste à côté.
- 13:00Il y a Togo aussi,
- 13:01qui est juste à côté.
- 13:03Ces pays-là,
- 13:04ils ont vraiment la mode superbe aussi.
- 13:07Et plein de venues et des places à exposer.
- 13:11Alors,
- 13:12c'est plus ça,
- 13:12je pense,
- 13:13mon prochain objectif.
- 13:16Mais ça serait cool aussi un défilé,
- 13:18c'est sûr.
- 13:19Il faut juste que je prépare la prochaine collection.
- 13:23Alors,
- 13:23c'est ça que je travaille en ce moment.
- 13:25Très bien.
- 13:26Depuis le début,
- 13:27tu parles beaucoup des pop-up.
- 13:29Donc aujourd'hui,
- 13:30toi,
- 13:30c'est vraiment ta stratégie de distribution,
- 13:32c'est de faire des pop-up dans différentes villes.
- 13:35Alors à Montréal,
- 13:36j'imagine,
- 13:37ou à Canada,
- 13:37parce que tu es sur place,
- 13:38mais tu as parlé de Chicago,
- 13:40tu as parlé de Paris,
- 13:41tu as parlé de plusieurs villes différentes.
- 13:43Donc toi,
- 13:43ça fait vraiment partie de ta stratégie ?
- 13:46Oui,
- 13:47je trouve que...
- 13:49OK,
- 13:50parce que depuis...
- 13:50Parce qu'un peu le chemin de ma...
- 13:53Mon entreprise,
- 13:54c'était vraiment comme,
- 13:55au début,
- 13:55j'ai commencé avec les festivals,
- 13:59les marchés,
- 14:01des choses vraiment comme sur place,
- 14:03dans la vraie vie.
- 14:05Mais avec le COVID,
- 14:07c'était clair que tout le monde était à l'intérieur.
- 14:10Pour moi,
- 14:11ça a vraiment agrandi mon entreprise et tu vois qu'il y a beaucoup d'entreprises qui ont dit la même chose.
- 14:16Pendant cette époque-là,
- 14:19les marques étaient plus en ligne.
- 14:22Vraiment comme agrandi,
- 14:24surtout avec le Black Lives Matter et plein de soutien pour les entreprises noires.
- 14:31Alors,
- 14:32de 2020 jusqu'à maintenant,
- 14:36la plupart des ventes et la stratégie,
- 14:40le marketing,
- 14:41c'était en ligne.
- 14:41Pour moi,
- 14:42c'était vraiment en ligne.
- 14:42C'était concentré sur le contenu Instagram,
- 14:46c'était les reels,
- 14:46c'était un peu TikTok,
- 14:48mais pas trop.
- 14:49pour moi c'est un peu comme même des
- 14:51les infolettres et plein de contenu,
- 14:55plein de contenu.
- 14:56Mais,
- 14:57je pense,
- 14:59j'ai eu un point où je me suis dit que je me sentais vraiment brûlée parce que c'est comme,
- 15:04c'est vraiment difficile.
- 15:05En 2025,
- 15:06c'est vraiment difficile.
- 15:07J'ai trouvé que c'était vraiment saturé le contenu sur Instagram,
- 15:12de même comme chercher des influenceurs.
- 15:15Parfois,
- 15:15c'est difficile.
- 15:17Il y a beaucoup de risques avec
- 15:20comment dire ça,
- 15:22Facebook ads,
- 15:23tu comprends,
- 15:23c'est comme,
- 15:24genre,
- 15:25il y avait beaucoup de temps et énergie que j'ai mis dans une plateforme,
- 15:30tu comprends,
- 15:31c'est comme de mettre beaucoup d'énergie sur une plateforme comme Instagram,
- 15:35c'est vraiment quelque chose qui me fatiguait,
- 15:37c'était vraiment fatigant et...
- 15:40Puis j'ai pivoté un peu dans les derniers trois mois pour l'été.
- 15:45C'était comme quand j'étais en retour du Ghana au Canada.
- 15:50Je me suis dit,
- 15:51ah,
- 15:51mais peut-être je peux juste faire un petit tour dans la route.
- 15:56Alors j'ai pensé,
- 15:57OK,
- 15:57je peux arrêter à Berlin parce que je savais qu'il y avait la semaine de la mode là.
- 16:03Et j'ai trouvé une exposé,
- 16:07c'était comme une expo africaine.
- 16:10de la semaine de la mode de Berlin.
- 16:12J'ai trouvé ça.
- 16:14J'ai pris une bourse de
- 16:16Berlin à Paris et j'ai trouvé là une boutique qui s'appelle
- 16:21La Petite Afrique,
- 16:22Little Africa Village.
- 16:24Et je faisais un pop-up là.
- 16:26Et je sentais juste que c'était comme,
- 16:28pour moi,
- 16:29ça m'a enlevé un peu le stress de me concentrer tout sur une plateforme.
- 16:35Tous en ligne,
- 16:36ça m'a vraiment inspirée aussi.
- 16:38Et la stratégie était bonne parce que pour moi,
- 16:41c'était juste une façon aussi de réseauter et exposer mes choses et aussi avoir une meilleure idée de ma cliente et aussi le marché hors du Canada.
- 16:53Parce qu'avant ça,
- 16:53c'était vraiment comme mes clients étaient entre les Américains et les Canadiens.
- 16:58C'était vraiment ça.
- 16:59Il n'y avait pas d'Européens du tout.
- 17:02Au Ghana,
- 17:03quand je suis au Ghana,
- 17:03c'est vraiment juste la production pour la plupart.
- 17:06Je n'ai pas encore assez approché le marché d'Akra.
- 17:11Mais je trouvais que de faire ce pop-up,
- 17:13c'était juste une façon magnifique pour moi de continuer à inspirer,
- 17:20rencontrer de nouvelles personnes,
- 17:23avoir des nouveaux...
- 17:24Parce qu'une opportunité m'a donné une autre opportunité.
- 17:28Et c'était juste quelque chose pour mon âme.
- 17:31tu dis ça,
- 17:31je pense que ça m'a vraiment servi plus mon soul tu comprends,
- 17:36d'avoir quelque chose qui était un peu plus en vraie vie et avec cette stratégie aussi,
- 17:42je trouve que oui,
- 17:43pour l'instant,
- 17:44c'est un peu basé sur les logistiques des boutiques que tu trouves pour exposer tes choses et de le faire.
- 17:54assez en avance,
- 17:55le marketing,
- 17:55parce que moi,
- 17:56c'était vraiment la dernière minute un peu tous les pop-ups que je faisais.
- 17:58C'était vraiment une idée spontanée.
- 18:01Mais je trouvais que ça fonctionne bien.
- 18:04Et pour moi,
- 18:06c'est juste avoir une deuxième avenue au lieu de juste avoir cette avenue en ligne pour vraiment partager mon art avec le monde.
- 18:16C'est très intéressant ce que tu évoques.
- 18:20vraiment le besoin d'avoir d'un côté le digital et de l'autre des événements physiques et de le faire sous la forme de pop-up pour aller à la rencontre de ton client et vraiment comprendre quelles sont ses attentes.
- 18:35Est-ce qu'à travers ces différents pop-up,
- 18:36tu as pu constater qu'il y avait des différences,
- 18:41j'imagine qu'il y en a,
- 18:42de goût entre ce qui va être acheté à Paris,
- 18:45ce qui va être acheté…
- 18:47par les Américains et les Canadiens ?
- 18:49Quelles sont les principales différences que tu as pu voir entre,
- 18:53par exemple,
- 18:53les Amériques,
- 18:54l'Amérique du Nord et l'Europe ?
- 18:57Pour moi,
- 18:57je pense que c'est une question de...
- 19:02Je trouve que quand on parle dans le business des avatars des clients,
- 19:09pour moi,
- 19:11les deux avatars de clients que j'ai,
- 19:14c'est une série
- 19:17la diasporienne ou le noir américain qui veut connecter avec ses racines et que ça s'intéresse.
- 19:28Puis la deuxième est la personne,
- 19:30peut-être pas africaine,
- 19:32peut-être pas même racisée,
- 19:34mais qui valorise vraiment les vêtements,
- 19:38les textiles,
- 19:39l'artisanat.
- 19:40Je trouve que quand j'étais à l'Europe,
- 19:45à Paris et même à Berkeley aussi,
- 19:48je trouve que cette démographie des gens qui sont plus intéressés par la mode artisanale et tout,
- 19:58sont plus évidents là.
- 20:01Je trouve qu'ici,
- 20:02au Canada,
- 20:04parfois,
- 20:05ça pourrait être plus difficile à vraiment vendre l'idée,
- 20:09même de valeur,
- 20:11de vêtements africains ou des textiles.
- 20:13Je pense qu'il y a juste Merci.
- 20:15un peu plus d'appréciation de ce tissu et de cette histoire même en Europe.
- 20:23Pour les États-Unis,
- 20:25je trouvais que
- 20:27Les Noirs américains,
- 20:29les Américains noirs,
- 20:32ils ont vraiment une culture de soutenir les autres entreprises noires.
- 20:36Alors,
- 20:36c'était tellement beau de le voir aussi.
- 20:38J'ai trouvé qu'il y avait juste plus d'enthousiasme entre les Noirs qui habitent aux États-Unis de me supporter,
- 20:52de même s'intéresser.
- 20:54par une entreprise noire et cette histoire,
- 20:58et aussi pour connecter même à ses racines,
- 21:01même s'ils n'ont pas pris l'examen d'ADN.
- 21:06Pour eux,
- 21:06c'est juste comme quelque chose qu'ils se sentent vraiment proches avec ce tissu.
- 21:12Et j'ai même remarqué ça quand j'étais à Paris.
- 21:14Parce qu'à Paris,
- 21:16la boutique où j'ai fait mon pop-up,
- 21:17c'était vraiment comme une place pour les touristes aussi.
- 21:21Mais c'était bien de voir comment il y avait...
- 21:23plusieurs groupes de touristes qui sont venus et la plupart étaient des Américains,
- 21:28Américains noirs et pour eux,
- 21:30c'était comme pas même une question du prix,
- 21:32c'était pas même une question de la valeur ou rien.
- 21:36Pour eux,
- 21:37c'était juste quelque chose qui s'intéressait beaucoup et il y avait beaucoup d'enthousiasme là.
- 21:42Alors,
- 21:42je pense qu'entre ces pays,
- 21:44moi,
- 21:44j'aimerais vraiment aller encore aux États-Unis pour voir encore ce qu'est...
- 21:52Ce marché-là et aussi à l'Europe.
- 21:57J'aimerais même faire les autres,
- 21:59comme Londres.
- 21:59Je pense encore faire Londres.
- 22:00Je pense encore faire Amsterdam.
- 22:02Alors,
- 22:03c'est un peu ça mes projections pour l'année prochaine.
- 22:06J'aimerais faire encore un deuxième tour.
- 22:09Mais cette fois-ci,
- 22:09ça sera plus du Ghana parce qu'après,
- 22:12c'est plus proche à l'Europe que même au Canada.
- 22:16Alors,
- 22:18j'essaie de me placer un peu plus dans ces pays.
- 22:21hors du Canada.
- 22:22Parce que je trouve qu'au Canada,
- 22:24parfois,
- 22:24c'est difficile.
- 22:25C'est difficile encore de trouver mon marché ici.
- 22:31Je pense que c'est juste peut-être un peu plus avancé même dans ces autres pays.
- 22:37Très bien,
- 22:37je comprends tout à fait.
- 22:38C'est super intéressant en tout cas de voir effectivement ces deux personnes-là que tu as pu identifier et où tu te rends compte que ce soit des États-Unis ou que ce soit Alors,
- 22:48comment dire,
- 22:48en Europe,
- 22:49tu retrouves ces personas.
- 22:51Donc,
- 22:51la boutique dans laquelle tu étais,
- 22:53Little Africa,
- 22:54j'avais interviewé
- 22:56Jacqueline N'Gopi,
- 22:57la fondatrice de Little Africa.
- 22:59Donc,
- 22:59je connais bien son concept store.
- 23:02Et effectivement,
- 23:03c'est à la fois un lieu dans lequel il va y avoir des touristes qui peuvent venir du monde entier,
- 23:08qui vont venir à Little Africa,
- 23:10et également des gens qui vivent à Paris ou en banlieue et qui vont aussi…
- 23:15aller dans cette boutique.
- 23:16Donc,
- 23:16c'est ça la force de cette boutique,
- 23:17c'est d'avoir une clientèle qui est assez large.
- 23:23Si on en vient maintenant,
- 23:24donc ce que tu as expliqué,
- 23:25c'est que toi,
- 23:26tu n'as pas un parcours à la base mode.
- 23:29Et puis,
- 23:29tu as tenu à faire une marque fabriquée au Ghana.
- 23:34Donc,
- 23:34quels ont été les challenges que tu as pu rencontrer ?
- 23:37Et puis,
- 23:38comment est-ce que tu as décidé de construire ta première collection ?
- 23:42OK,
- 23:42OK.
- 23:46Ah,
- 23:50mais moi,
- 23:50je trouve que les challenges...
- 23:53Mais je pense au début,
- 23:53c'était...
- 23:53Mais pour moi,
- 23:54je trouve qu'en général,
- 23:56les choses ont vraiment amélioré dans les dernières années.
- 24:00Oui,
- 24:00dans un sens,
- 24:03mais plus le côté de marketing,
- 24:05c'est sûr que ça a devenu un peu plus compliqué.
- 24:09Je pense que,
- 24:09comme je t'ai dit,
- 24:10c'est pas facile.
- 24:12Le marché est vraiment saturé,
- 24:14surtout digital.
- 24:18Mais plus comme le côté de production,
- 24:21je pense que c'était plus au début que j'avais beaucoup de challenges,
- 24:25juste avec les tailles.
- 24:27Parce que j'étais plus par une marque e-commerce,
- 24:32alors ça veut dire que les clients sont commandés en ligne.
- 24:35Et quand tu commandes en ligne,
- 24:37parfois tu ne sais pas exactement le taille.
- 24:41qui va vraiment te faire le meilleur.
- 24:45Alors,
- 24:45c'est une question d'essayer de développer des styles.
- 24:51Pour moi,
- 24:51c'est aussi mon style,
- 24:53c'est de développer des designs,
- 24:55des styles qui sont vraiment confortables,
- 24:59mais aussi assez versatiles,
- 25:04mais pas flexibles,
- 25:05parce que c'est ça aussi,
- 25:06le tissu est vraiment comme...
- 25:09Mais ce n'est pas flexible du tout,
- 25:11c'est vraiment rigide.
- 25:12Alors,
- 25:12c'était encore plus dur,
- 25:14parfois,
- 25:15de développer des designs qui vont avoir plus...
- 25:22une chance à fit les clients.
- 25:25Parce qu'au début,
- 25:26pour moi,
- 25:27c'était un peu un challenge.
- 25:28Les clients ont commandé des choses et si ça ne les fêtait pas,
- 25:33c'était sûr qu'ils ont retourné.
- 25:35Puis c'était juste beaucoup de coûts pour moi de les rembourser et aussi couvrir les coûts de shipping et tous les colis et tout.
- 25:45Alors oui,
- 25:46je pense que...
- 25:47Au début,
- 25:47ça,
- 25:47c'était le major challenge.
- 25:51Mais j'ai vraiment mis beaucoup d'intention dans les dernières années de développer des designs et des patrons qui sont vraiment plus proches au corps
- 26:06humain régulier d'une personne.
- 26:10On ne peut jamais avoir des vêtements qui vont se mettre vraiment bien pour toi.
- 26:16tout le monde,
- 26:16mais en même temps,
- 26:17je pense que c'était comme une manière de juste observer,
- 26:22avoir,
- 26:23même faire beaucoup de fittings aussi avec plein de décors différents.
- 26:28Pour moi,
- 26:28pour l'instant,
- 26:30mon échelle de taille,
- 26:33ça va jusqu'à
- 26:353X et c'était juste parce que j'ai pris du temps vraiment à avoir des sessions de fitting avec plusieurs mannequins.
- 26:46des corps,
- 26:47des types de corps différents et avoir aussi beaucoup de feedback de eux,
- 26:52de comment est-ce qu'ils se sentent,
- 26:55comment est-ce que je peux améliorer ce style qui serait plus confortable,
- 27:01mais au même temps encore élevé et élégant.
- 27:05Je trouve que dans le côté du design et production,
- 27:08c'était ça le major challenge pour moi.
- 27:12Mais après ça,
- 27:15Je ne pense pas que c'est si difficile.
- 27:17Je pense qu'il y a un peu un mythe que tu travailles en Afrique et de produire en Afrique,
- 27:24ça va être dur.
- 27:26Il y a toujours quelque chose qu'ils disent,
- 27:30comme l'Afrique,
- 27:31plus négatif.
- 27:32Mais pour moi,
- 27:33je trouve que ce n'est pas le cas.
- 27:36Je ne dis pas que c'était parfaitement facile dans tous les sens,
- 27:39mais en même temps,
- 27:41c'était quelque chose que pour les...
- 27:45Les premières années,
- 27:46moi,
- 27:46je n'étais pas même là au Ghana.
- 27:48J'étais de plupart ici au Canada et c'était tout en ligne.
- 27:52C'était tout par WhatsApp,
- 27:53en fait,
- 27:53qu'on a fait la communication et la vidéo et tout.
- 27:57Même les shoots que je faisais là,
- 28:00j'ai commissionné des photographes de le faire et c'était noir sur l'appel vidéo pour essayer de directer un peu les shoots.
- 28:07Alors,
- 28:08on a trouvé une mode de le faire qui était comme...
- 28:12Pour moi,
- 28:13à l'époque,
- 28:13c'était vraiment pratique parce que j'étais à l'école et tout.
- 28:17Pour la plupart,
- 28:17ça a fonctionné.
- 28:19Je trouve que le major challenge,
- 28:21c'est plus le marketing.
- 28:22C'est moins la production et moins la marque.
- 28:26Et c'est plus juste mettre mes vêtements devant les bonnes personnes,
- 28:32devant plusieurs lieux,
- 28:34avoir plus de presse.
- 28:36Aussi,
- 28:36c'est juste moi.
- 28:37C'est toujours juste moi qui fais tout.
- 28:39Alors,
- 28:40j'imagine que c'est aussi ça.
- 28:41C'est juste comme une question d'éventuellement employer des gens pour au moins m'aider à plusieurs choses,
- 28:48au moins avoir un assistant,
- 28:50c'est sûr.
- 28:52Mais pour l'instant,
- 28:53oui,
- 28:53c'est juste moi qui fais tout.
- 28:55Et je pense que c'est comme la challenge.
- 28:58Puis,
- 28:58ta deuxième question,
- 28:59c'était quoi encore ?
- 29:02Oh,
- 29:02OK,
- 29:02la collection,
- 29:04la première collection.
- 29:05C'est...
- 29:09C'est un petit capsule.
- 29:13Pendant ce temps-là,
- 29:14je trouvais que c'était plus la mode de porter des ensembles.
- 29:19C'était plus comme des chemises tank tops avec des jupes courtes qui matchent.
- 29:27C'était beaucoup des tenues comme ça qui matchent.
- 29:29Moi,
- 29:30je trouve que ces jours-là,
- 29:31les gens ne portent pas la même...
- 29:33Au moins pour moi,
- 29:34mon style,
- 29:35je n'ai pas peur.
- 29:37autant qu'avant des tenues qui marchent comme ça.
- 29:42Mais ma première collection,
- 29:44comme la officielle collection,
- 29:47honnêtement,
- 29:49je ne me rappelle plus.
- 29:50Je faisais plein de collections.
- 29:52Je faisais plein de collections.
- 29:53Je pense que c'était juste...
- 29:57Mais je vois les tissus.
- 29:59Moi,
- 29:59je vois plus comme les tissus,
- 30:00les premiers tissus que j'utilisais.
- 30:02Et c'était dans ce premier voyage au Ghana où j'ai découvert ces tissus au marché,
- 30:10Marconla,
- 30:11Accra,
- 30:12et j'ai tombé en amour.
- 30:13C'était comme des violets,
- 30:16des bleus,
- 30:17beaucoup de couleurs,
- 30:18plus comme pastel.
- 30:21Je me rappelle aussi.
- 30:24Mais beaucoup de tenues.
- 30:25Je pense que la première collection,
- 30:26c'était vraiment beaucoup de tenues qui matchent.
- 30:28Parce que c'était un peu ça l'idée au début.
- 30:30C'était de faire une collection qui était vraiment comme,
- 30:35ah oui,
- 30:35tu peux porter ce shirt qui matche tes pantalons.
- 30:41Puis ton copain peut avoir une chemise qui te matche aussi.
- 30:45C'était un peu ça l'idée au début.
- 30:47Mais après ça,
- 30:48j'ai commencé à travailler plus avec le batik.
- 30:51et maintenant c'est...
- 30:53plupart bathique.
- 30:53C'est plus par bathique.
- 30:56Et maintenant,
- 30:56j'ai commencé à aussi utiliser des nouveaux matériaux comme le kente,
- 31:01qui est la tissu tissé à la main,
- 31:05et aussi de la soie,
- 31:07de la soie adhérée à Nigérien,
- 31:09alors la soie tétrée aussi à la main.
- 31:11Alors,
- 31:12je commence à travailler avec des nouveaux matériaux.
- 31:14Mais pendant ce temps-là,
- 31:15c'était plus par wax.
- 31:17Très bien.
- 31:19Donc,
- 31:20on sent de toute façon beaucoup la passion dans ce que tu proposes.
- 31:23Et effectivement,
- 31:24je te rejoins tout à fait quand tu évoques le fait qu'il peut y avoir des a priori sur le fait de travailler avec des artisans en Afrique,
- 31:34que ça peut être compliqué,
- 31:35que ça peut être un challenge,
- 31:36et qu'il y a vraiment tout un a priori négatif autour de ça,
- 31:40alors qu'il y a énormément de créateurs qui font leur collection sur le continent et qui arrivent...
- 31:46à développer leur marque sur le long terme.
- 31:51Toi,
- 31:51aujourd'hui,
- 31:52ce qu'on a pu évoquer,
- 31:53c'est effectivement la manière dont tu construis la collection.
- 31:57Toi,
- 31:57ton point de départ,
- 31:58c'est vraiment le tissu.
- 31:59Et à partir de là,
- 32:00tu vas proposer des pièces.
- 32:02Tu as fait un énorme travail au niveau des patronages et du modélisme pour t'assurer d'éviter d'avoir des retours.
- 32:11Au niveau de la communication,
- 32:13Donc,
- 32:13ce que tu évoquais,
- 32:13c'est qu'effectivement,
- 32:14les budgets publicités,
- 32:15ça peut être assez élevé.
- 32:16Donc,
- 32:16il faut trouver d'autres moyens pour pouvoir se faire connaître.
- 32:21Tu parlais de shooting que tu faisais à distance.
- 32:24Qu'est-ce que tu essayes de...
- 32:25Comment dire ?
- 32:25Comment est-ce que tu communiques ?
- 32:26Est-ce que toi,
- 32:27tu te mets en avant toi-même sur le réseau ?
- 32:29Est-ce que c'est sur les réseaux sociaux ?
- 32:30Est-ce que c'est plutôt des mannequins ?
- 32:34Comment est-ce que tu mets en avant,
- 32:36en fait,
- 32:36le storytelling de Batik Boutique ?
- 32:39OK,
- 32:40OK.
- 32:41Mais pour la plupart,
- 32:42c'est la documentation du processus.
- 32:49Je pense que la première chose que tu vas voir si tu vas sur mon compte Instagram,
- 32:55que je suis un peu connue,
- 32:57je pense,
- 32:59mais les reels qui valent le mieux pour moi,
- 33:01les meilleurs reels,
- 33:02avec beaucoup de vous et tout,
- 33:04c'est toujours le processus de bâtiment.
- 33:08Le matériel tissé de Kente,
- 33:10c'est le processus.
- 33:12Je pense que c'est ça que je mets en avant,
- 33:14c'est vraiment de filmer ces processus artisanaux et donner ça comme le storytelling de l'histoire derrière ces vêtements.
- 33:30À part ça,
- 33:31c'est moi.
- 33:32Il y a beaucoup,
- 33:32je pense,
- 33:33là aussi,
- 33:35c'est assez facile à voir.
- 33:36qui est la propriétaire du Batik Boutique.
- 33:40Et ça,
- 33:40c'est aussi une partie de ma communication,
- 33:43juste pour faire confiance dans les gens aussi,
- 33:46que oui,
- 33:47je suis une personne,
- 33:48une vraie humaine qui gère cette marque de vêtements.
- 33:54Juste pour faire plus confiance,
- 33:57donner un peu plus,
- 33:58je pense,
- 33:58le contexte pour voir moi et mes racines et même juste mon histoire d'être au Ghana.
- 34:06moitié de l'année et de suivre cette idée,
- 34:09cette histoire.
- 34:10Je pense que ça fonctionne bien aussi pour les gens à éventuellement peut-être soit acheter quelque chose soit partager avec ses amis ce que je fais.
- 34:22Et oui,
- 34:23je trouve que ce mélange de documentation de ce processus tactile,
- 34:30mais aussi de me montrer en lumière un peu Merci.
- 34:34Et ma vie d'avoir cette marque intéresse les gens beaucoup.
- 34:42À part ça,
- 34:43j'essaie aussi de faire des entrevues parfois.
- 34:45Moi,
- 34:46j'aimerais faire quelque chose comme cette plateforme,
- 34:48comme un podcast avec des artistes africains.
- 34:52C'est ça que je faisais plusieurs fois déjà,
- 34:54mais j'aimerais faire plus parce que même à part la mode,
- 34:59il y a aussi plein de l'art à créer,
- 35:02plein d'art visuel,
- 35:05des artistes qui utilisent des matériaux recyclés.
- 35:09qui intéressent aussi mes audiences.
- 35:11Mes audiences sont vraiment intéressées aussi par le upcycling et les méthodes plus sustainable et écolo.
- 35:18Alors,
- 35:19c'est un peu ça aussi que j'essaie de communiquer,
- 35:21de la façon que les Africains,
- 35:25historiquement,
- 35:25je pense,
- 35:26dans l'art,
- 35:27ont utilisé plein de méthodes vraiment écolo.
- 35:31Et tu vois ça vraiment dans les médiums artistiques.
- 35:38des artistes qui sont toujours sur le continent.
- 35:43C'est un peu ça,
- 35:44je pense,
- 35:45l'objectif.
- 35:46Ce n'est pas toujours clair,
- 35:47je pense,
- 35:48cette vision.
- 35:49Parfois,
- 35:49je suis un peu distraite,
- 35:50je fais d'autres choses.
- 35:52Il y a plein d'affiches,
- 35:52même pop-up et tout.
- 35:54Mais j'essaie toujours de me revenir un peu à cette idée de vraiment démontrer juste l'art africain.
- 36:07de tout cet environnement-là,
- 36:10pas juste comme la mode,
- 36:11mais vraiment montrer l'écosystème artistique d'Afrique.
- 36:18Très bien,
- 36:18super intéressant.
- 36:20Est-ce que toi,
- 36:20tu as l'impression que ton background,
- 36:22en tout cas tes études que tu as faites de journalisme,
- 36:24est-ce que ça t'aide en fait dans la partie communication,
- 36:29dans la partie détermination d'une plateforme de marque ou même peut-être dans d'autres aspects du développement de la marque ?
- 36:35Ah,
- 36:36mais oui,
- 36:36c'est sûr,
- 36:37c'est quelque chose.
- 36:38Parce que c'est comme,
- 36:39le journalisme,
- 36:40il faut être vraiment curieuse.
- 36:42C'est pas quelque chose,
- 36:44tu comprends,
- 36:45comme,
- 36:45ah oui,
- 36:46tu check-in pour la journée,
- 36:47puis tu check-out,
- 36:48et c'est comme ça,
- 36:50non ?
- 36:50Ça demande beaucoup de curiosité.
- 36:53Alors,
- 36:53oui,
- 36:53j'étais déjà quelqu'un de vraiment curieuse.
- 36:56Et je pense que,
- 36:58oui,
- 36:58c'est d'avoir cette éducation.
- 37:01Mais même les droits humains aussi,
- 37:02c'est quelque chose qui est,
- 37:03mais comme...
- 37:05Comme tout le monde,
- 37:05mais pas tout le monde,
- 37:06mais c'est quelque chose qui est vraiment proche à mon cœur aussi,
- 37:10juste comme la justice et même d'être bien payé,
- 37:18le fair trade et tout ça.
- 37:19Alors,
- 37:20ce côté de droite humaine,
- 37:22c'est sûr,
- 37:23et aussi le côté du journalisme,
- 37:26mais ça aussi,
- 37:26c'était juste exactement ça,
- 37:28c'est la documentation,
- 37:30le filmer des choses.
- 37:32de faire des entrevues avec les gens.
- 37:34C'est exactement ça que j'ai fait mes études.
- 37:37Alors,
- 37:38c'est quelque chose que...
- 37:39Mais c'est aussi ça,
- 37:40je pense que c'est aussi un peu une stratégie que parfois je ne pense pas trop,
- 37:44mais c'est vraiment une stratégie aussi de comme élargir comme une marque,
- 37:49c'est de ne pas rester dans une avenue,
- 37:54un channel.
- 37:55Il faut avoir comme plusieurs et comme...
- 37:58En fait,
- 37:58j'aimerais créer un écosystème et plateforme
- 38:02de plusieurs médiums,
- 38:04de bâtis,
- 38:04boutiques,
- 38:05qui sont tous liés au continent,
- 38:08c'est sûr,
- 38:09mais pour avoir juste plusieurs méthodes,
- 38:14modes,
- 38:15médiums,
- 38:17plus de journalistes,
- 38:18je pense un peu du journalisme,
- 38:21pour continuer à partager ces histoires et préserver ces traditions et raconter.
- 38:30Oui,
- 38:31les histoires que les gens ne savent pas et les gens ne peuvent pas savoir,
- 38:35sauf s'ils vont en Afrique pour visiter.
- 38:39Parfois,
- 38:40ils ne peuvent pas,
- 38:41même les diasporéens,
- 38:42il y a plein de diasporéens,
- 38:43des afrodescendants qui ne sont jamais allés dans son pays.
- 38:47Et pour moi,
- 38:48c'est juste une façon de vraiment créer des liens,
- 38:52bridge the gap,
- 38:53on dirait,
- 38:55juste essayer de montrer cette vie.
- 38:59aux gens qui peut-être ne peuvent pas voir d'ailleurs.
- 39:05Oui,
- 39:06je comprends tout à fait ce que tu cherches à faire et effectivement,
- 39:10pour le coup,
- 39:11le profil de journaliste te permet vraiment d'apporter cette compétence et cette expertise dans ton métier au quotidien.
- 39:21Donc,
- 39:21ce que t'évoquais,
- 39:21c'est que tu faisais beaucoup de pop-up.
- 39:23Si on se projette un petit peu dans l'avenir,
- 39:25est-ce que toi,
- 39:25tu as un projet d'ouvrir ta propre boutique ?
- 39:29Aaaaaaah
- 39:32Pas tant,
- 39:33non.
- 39:34Je suis vraiment,
- 39:36mais pas pour l'instant,
- 39:37parce que j'ai un peu une vie nomade dans ce moment.
- 39:42Pour l'instant,
- 39:42j'aime ça.
- 39:43Je suis encore jeune,
- 39:45je suis encore solidarité,
- 39:46je suis vraiment flexible.
- 39:50mais j'ai un showroom j'ai déjà un showroom,
- 39:52un petit studio ici à Montréal et avec ce studio j'ai des projets à prévenir j'ai même une exposition
- 40:01que je vais faire pour la semaine de la mode Montréal,
- 40:04la mois prochaine.
- 40:05Et ce serait la première fois que je organise un événement avec un DJ,
- 40:10une exposition de textile.
- 40:12Ce serait quelque chose que je collabore avec plusieurs...
- 40:16Mais une magazine africaine ici au Canada,
- 40:21mais aussi une autre designer d'une marque des choses qui sont faites au Madagascar.
- 40:28Et oui,
- 40:29on va...
- 40:30collaborer ensemble pour faire une exposition de textile et aussi de la craft africaine et avoir une petite studio pop-up,
- 40:41quelque chose comme ça aussi.
- 40:43Ce serait ma première fois à essayer d'ouvrir les portes plus à quelque chose plus tangible,
- 40:51si vous dites ça,
- 40:51tactile,
- 40:53pour les gens au public.
- 40:55Mais une boutique,
- 40:57c'est pas...
- 40:57Pour l'instant,
- 40:58ça n'a pas encore croisé ma tête.
- 41:00Je pense que je suis juste trop un peu partout pour m'installer quelque part et avoir une petite...
- 41:07Mais on ne sait jamais,
- 41:08on ne sait jamais.
- 41:09En fait,
- 41:09pour moi,
- 41:10ce n'est pas...
- 41:12En tout cas,
- 41:12c'est intéressant ta vision d'être quelque part nomade et de se dire qu'en fait,
- 41:17comme ton client,
- 41:17il est partout,
- 41:18c'est intéressant que toi,
- 41:19tu puisses aussi aller partout et te sentir libre.
- 41:24Maintenant,
- 41:26tu peux avoir un pied-à-terre quelque part qui n'est pas forcément géré par toi.
- 41:30Et puis,
- 41:32toi,
- 41:32tu continues à faire des pop-up,
- 41:34à tourner.
- 41:34Et après,
- 41:35ce n'est pas forcément une boutique en propre.
- 41:38Ça peut être un concept store dans lequel on va retrouver des marques qui ne bougent pas.
- 41:43Et puis,
- 41:44après,
- 41:45il y a aussi des pop-up.
- 41:46Comme ça,
- 41:46il y a une adresse à laquelle on peut retrouver.
- 41:48Mais aujourd'hui,
- 41:49c'est vrai que ce n'est plus forcément,
- 41:52on va dire…
- 41:53un passage obligé parce que si tu as un site Internet,
- 41:56les gens qui veulent te trouver,
- 41:57ils peuvent te trouver quoi qu'il arrive.
- 41:59Oui,
- 42:00mais je pense qu'il y a aussi quelque chose que j'ai observé dans ces dernières pop-ups que je faisais dans les boutiques.
- 42:06Je vois la raison que les designers décident d'avoir un peu comme une flagship store.
- 42:13Tu comprends ?
- 42:14Je vois ça aussi parce que c'est vraiment quelque chose d'autre de comme toucher.
- 42:19Les tissus et les vêtements et aussi d'avoir un pied à terre pour créer un peu plus de communauté.
- 42:30C'est quelque chose qui m'a croisé récemment juste parce que je voyais vraiment ça aussi.
- 42:35Il y a vraiment un avantage d'avoir un pied à terre quelque part.
- 42:40C'est juste une question d'avoir des gens à gérer.
- 42:44Il y a plein de logistique.
- 42:46Pour l'instant...
- 42:48Pour moi,
- 42:48je ne suis pas encore là financièrement.
- 42:50C'est quelque chose que j'ai fait en plein ici.
- 42:54Mais c'est encore vraiment au début.
- 42:58Ce n'est pas encore là pour projeter.
- 43:00Mais on ne sait jamais.
- 43:02Oui,
- 43:03c'est des projets dans le futur.
- 43:05On peut se dire potentiellement un défilé,
- 43:08potentiellement une boutique.
- 43:11Il faut vraiment réfléchir en se disant si c'est une collaboration avec...
- 43:14plusieurs créateurs dans un pop-up store.
- 43:17La logistique,
- 43:18vous la partagez avec plusieurs.
- 43:19Tu n'es pas toute seule à monter le projet.
- 43:24Au niveau des collections,
- 43:25tu en crées combien ?
- 43:27Quel est ton rythme de création des collections sur une année,
- 43:30par exemple ?
- 43:31Pour moi,
- 43:32pour l'instant,
- 43:35c'est comme deux collections par année.
- 43:38Mais ces journées-là,
- 43:41un peu euh...
- 43:43le système,
- 43:44la stratégie.
- 43:46Mais ce n'est vraiment pas toujours saisonnière.
- 43:51Surtout,
- 43:51ce n'est pas une stratégie très traditionnelle.
- 43:58C'est plus de la mode,
- 44:00c'est plus comme des capsules,
- 44:01des collections capsules.
- 44:03Je trouve que les gens en ligne,
- 44:06surtout,
- 44:07ils veulent toujours des nouveautés,
- 44:09des nouvelles choses.
- 44:12Soit comme
- 44:13mais ils veulent juste quelque chose,
- 44:14ils veulent toujours des nouvelles.
- 44:16Alors moi,
- 44:17j'essaie de créer des petits capsules,
- 44:22des collections de capsules.
- 44:24Si je pourrais,
- 44:25j'essaie de faire ça chaque trois mois.
- 44:29Au lieu de faire des grandes collections chaque saison,
- 44:34je ne fais rien comme ça.
- 44:35Pour moi,
- 44:35c'est plus des petits lancements,
- 44:38des Ausha,
- 44:40soit des nouveaux sacs,
- 44:43parce que je fais aussi des accessoires.
- 44:46J'ai même des sacs de patchwork qui sont faits de jeans recyclés.
- 44:53Alors ça,
- 44:53c'est un peu un lancement où j'ai lancé deux sacs.
- 44:57collection,
- 44:58on dirait,
- 44:58mais c'était vraiment petit parce que c'était juste comme deux sacs.
- 45:02Mais c'est un rythme qui est en amont,
- 45:04c'est un rythme aussi qui est juste,
- 45:07qui reflète un peu ma vie et comment je suis pour l'instant,
- 45:13même avec mes ressources financièrement,
- 45:16ça reflète vraiment la vitesse de ma vie dans ce moment.
- 45:19Comme cet été,
- 45:21c'était sûr que parce que j'étais si occupée par les pop-ups,
- 45:26J'ai apporté plein d'inventaires avec moi du Ghana parce que je voulais vraiment utiliser le restant de mes tissus que j'avais déjà.
- 45:37Ça veut dire que c'était beaucoup de modèles anciens.
- 45:41Et pour moi,
- 45:42je n'aime pas trop ça d'avoir toujours des modèles des anciennes collections parce que pour moi,
- 45:47ce n'est pas intéressant de toujours essayer de vendre les mêmes trous.
- 45:50mais en même temps parce que ma stratégie était de faire
- 45:53de vraiment pénétrer les nouveaux marchés internationaux.
- 45:59C'était correct,
- 46:00ça va d'avoir des anciennes collections.
- 46:04Mais ça veut dire aussi que j'étais trop occupée de même développer des nouvelles choses pour mes clients qui sont déjà mes clients en ligne.
- 46:14Et c'est juste une question de temps,
- 46:16je pense.
- 46:17C'est juste une question de capacité,
- 46:18une question de temps.
- 46:20Pour l'instant,
- 46:22pour l'automne,
- 46:24Moi,
- 46:24je vais relancer.
- 46:25C'est un peu comme un relancement d'une collection que je faisais déjà en avril.
- 46:31Mais pendant ce temps-là,
- 46:32c'était déjà un peu trop tard parce que c'est des vêtements qui sont tissés vraiment épais de quintet.
- 46:39Alors,
- 46:39moi,
- 46:39j'aimerais pour le prochain mois relancer un peu cette collection avec des nouvelles pièces aussi.
- 46:46Comme je t'ai dit déjà,
- 46:47moi aussi,
- 46:48je travaille maintenant avec de la soie adhérée.
- 46:52Et même ça aussi,
- 46:53je n'avais pas assez de temps à lancer cette petite capsule que je voulais lancer en juin,
- 46:59juste à cause de beaucoup de choses qui se passent dans ma vie en ce moment.
- 47:03Alors oui,
- 47:03je trouve que c'est un peu un rire naturel pour l'instant.
- 47:06C'est juste quelque chose qui est plus soutenable pour moi.
- 47:10Et mes clients,
- 47:12je pense,
- 47:13sont habitués à ça aussi.
- 47:15C'est comme,
- 47:17ils attendent les nouveautés,
- 47:20mais en même temps,
- 47:21c'est...
- 47:21pas...
- 47:23Il n'y a pas beaucoup d'attentes,
- 47:25il n'y a pas beaucoup de pression.
- 47:28Si je faisais des défilés et que j'ai participé plus dans des fashion week et tout ça,
- 47:34c'est sûr qu'il faut avoir plus de préparation de tes collections et tout.
- 47:39Mais pour l'instant,
- 47:40je fais juste...
- 47:41Je fais un peu comme je veux.
- 47:43Alors,
- 47:44c'est juste ça ma stratégie présentement.
- 47:49Tu as bien raison de faire comme tu veux,
- 47:51de ne pas t'imposer d'espèces de structures qui seraient trop strictes et qui ne correspondraient pas ni à ce que peut attendre ta clientèle,
- 48:02ni à ce que toi,
- 48:04tu imagines pour cette marque.
- 48:07Et puis après,
- 48:07c'est vrai que quand on est dans des périodes de réflexion sur peut-être la relance d'une marque ou quand on est au début,
- 48:13c'est bien de tester plusieurs choses pour pouvoir après faire un bilan et se dire OK.
- 48:17Ce qui a vraiment bien marché,
- 48:18c'est ça.
- 48:20Alors que parfois,
- 48:21il y en a,
- 48:21ils ont une structure précise,
- 48:23définie.
- 48:24Ils ne veulent pas la quitter.
- 48:25Et parfois,
- 48:26ce n'est pas forcément ce que le client veut.
- 48:28Et donc,
- 48:28en fait,
- 48:29ça ne marche pas forcément.
- 48:32Toi,
- 48:32aujourd'hui,
- 48:33tu fais fabriquer au Ghana.
- 48:35Je pense que c'est un élément qui est important.
- 48:39Je pense qu'il y a un volet quand même éthique,
- 48:41sustainable,
- 48:42dans le développement de ta marque.
- 48:43Est-ce que tu peux nous en parler ?
- 48:46Oui,
- 48:47alors pour le côté éthique,
- 48:50comme je t'ai dit déjà,
- 48:51c'est quelque chose qui est vraiment important à moi.
- 48:57Et pour moi,
- 49:00j'ai cherché vraiment des ateliers de production qui reflètent vraiment ces valeurs.
- 49:08Alors,
- 49:08un des ateliers de production où je travaille avec...
- 49:14Et eux,
- 49:14ils sont partis d'une association qui s'appelle
- 49:20Ethical Fashion Apparel.
- 49:23Je pense que c'est
- 49:24African Ethical Fashion Apparel,
- 49:26quelque chose comme ça.
- 49:27Et eux,
- 49:27ils sont très connus dans la mode pour produire les vêtements pour des modes internationaux,
- 49:34globales,
- 49:35partout.
- 49:37Et ils sont tous faits au Ghana.
- 49:39Alors eux,
- 49:39ils sont des partenaires de cette association.
- 49:42Alors pour moi,
- 49:42c'était important de juste trouver une production,
- 49:48une équipe de production qui,
- 49:50oui,
- 49:50sont comme,
- 49:51mais surtout comme bonne communication,
- 49:53efficace et tout,
- 49:54mais aussi avec ces valeurs d'éthique.
- 49:59Mais je pense aussi au Ghana et peut-être le continent en général.
- 50:03On a déjà une culture,
- 50:06mais de payer les gens.
- 50:07plus juste,
- 50:08je pense,
- 50:09en général,
- 50:10c'est pas la même chose que des pays,
- 50:13peut-être,
- 50:13où c'est plus saturé de production en masse,
- 50:19soit en Chine,
- 50:20soit au Bangladesh,
- 50:21où on entend beaucoup plus des histoires des travailleurs,
- 50:27des vêtements qui sont,
- 50:28je sais pas,
- 50:30comme,
- 50:30travaillent les heures trop longues,
- 50:34c'est juste pas éthique du tout.
- 50:37Alors oui,
- 50:37pour ce côté-là,
- 50:38c'est ça.
- 50:40Puis pour le deuxième côté,
- 50:41d'avoir des choses plus comme écolo.
- 50:45Mais c'est toujours une journée,
- 50:48un chemin pour moi.
- 50:49C'est pas toujours parfait parce que c'est sûr qu'il y a beaucoup de choses dans mon processus qui ne sont pas les meilleures pour l'environnement.
- 50:58Même la théâtre,
- 50:59c'est pas quelque chose qui est comme la meilleure pour l'environnement,
- 51:02c'est sûr.
- 51:03mais c'est vraiment du...
- 51:05Mais surtout dans la dernière année,
- 51:08de développer de nouveaux modèles qui utilisent plus le gaspillage de textiles.
- 51:15Il y a une crise de gaspillage de textiles au Ghana,
- 51:20où il y a plein de dégâts,
- 51:23des déchets,
- 51:25des vêtements,
- 51:26du fast fashion,
- 51:27qui étaient envoyés sur le continent,
- 51:31et maintenant ça commence à juste...
- 51:33étouffer,
- 51:36suffoquer les rivières,
- 51:40les laine-feuilles,
- 51:42la poubelle et tout,
- 51:43c'est un peu un désastre.
- 51:45Alors moi,
- 51:46j'essaie de souligner ça sur mes communications,
- 51:48sur mes contenus.
- 51:50J'ai déjà visité plusieurs fois ces sites qui sont pleins de verrements gaspillés.
- 51:56Et juste pour vous montrer visuellement cet impact pour les gens.
- 52:02pour qu'ils soient conscients de l'impact de la fast fashion.
- 52:07Et j'essaie aussi de travailler avec ces matériaux.
- 52:11Comme je t'ai dit déjà,
- 52:13j'utilise des jeans que j'ai cherchés au marché,
- 52:19comme réutiliser,
- 52:20créer des patchworks.
- 52:22Je ne gaspille rien de mes tissus.
- 52:25J'utilise tous mes tissus.
- 52:26J'ai fait des patchworks de mes tissus.
- 52:29et des accessoires et tout pour faire des nouveaux,
- 52:33des robes,
- 52:34des boubous,
- 52:37des petites choses.
- 52:38Avec quoi d'autre ?
- 52:41J'utilise aussi,
- 52:42je travaille avec les sacs farine qui sont comme 100%
- 52:46coton.
- 52:47Et j'ai même lancé des petits tenues de chemise et pantalons qui sont faits de sacs farine.
- 52:54Et ouais,
- 52:55j'ai...
- 52:55beaucoup de projets à l'avenir aussi.
- 52:58J'aimerais faire des crochets avec les t-shirts.
- 53:04Tu peux faire de la yarn,
- 53:06le fil avec ce tissu pour faire les crochets.
- 53:09Je veux faire des sacs en crochet de ces t-shirts.
- 53:14Et juste continuer à utiliser plus des choses qu'on a déjà,
- 53:17les matériaux qu'on a déjà redéveloppés,
- 53:21upcycled.
- 53:23Aussi,
- 53:23une autre chose que je vais lancer le mois prochain,
- 53:26c'est une veste.
- 53:27C'est une veste,
- 53:29je pense que c'est incroyable.
- 53:30C'est fait de jeans aussi,
- 53:32mais c'est des jeans que j'ai collectés.
- 53:37Je les ai teinturés en fait,
- 53:38je faisais du batik.
- 53:40En fait,
- 53:40je les ai mis dans la javel,
- 53:42plusieurs,
- 53:44je les ai teinturés et ça faisait comme vraiment coloré.
- 53:48J'ai fait des patchworks de ça et ça sera une veste de jean que je vais lancer le mois prochain.
- 53:55Alors,
- 53:55c'est un peu ça le côté plus écolo.
- 53:58Très bien.
- 53:58Je vois qu'il y a énormément d'initiatives que tu mènes qui sont complètement ancrées dans une approche sustainable de la création d'une collection.
- 54:09On arrive à la fin de cette interview.
- 54:12On a pu balayer ta stratégie de communication,
- 54:15de distribution et tes ambitions pour l'avenir,
- 54:19même si de ce que tu évoquais,
- 54:20tu as envie de préserver ta liberté et d'être assez spontanée dans la manière dont tu travailles.
- 54:27C'est ce qui est intéressant.
- 54:29Est-ce que tu reviens prochainement à Paris ?
- 54:32Oui,
- 54:32je reviens,
- 54:33c'est sûr,
- 54:35au printemps.
- 54:38en mars.
- 54:40Mais le plus en amont,
- 54:41le plus tôt que possible.
- 54:42Le plus tôt que possible.
- 54:43On verra.
- 54:44Je suis flexible.
- 54:48En tout cas,
- 54:49c'est noté.
- 54:49On suivra un petit peu tes aventures via ton compte Instagram.
- 54:53Et puis,
- 54:54je mettrai le lien du compte Instagram de façon à savoir où est-ce que tu t'arrêtes.
- 54:59Et tu pourras venir découvrir tes collections.
- 55:02Moi,
- 55:02je te remercie d'avoir accepté cette interview.
- 55:05J'ai été ravie d'en savoir plus.
- 55:07plus sur ta marque.
- 55:08Et je te dis à très vite en Afrique ou ailleurs.
- 55:16Merci d'avoir écouté l'épisode jusqu'au bout.
- 55:18Je vous invite à pratiquer quelques petits gestes à impact fort pour m'aider à gagner de la visibilité sur ce podcast.
- 55:24Vous pouvez partager l'épisode à trois de vos amis.
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- 55:35Je vous dis à très vite,
- 55:37en Afrique ou ailleurs.