Latest / Les invités de Radio des Ballons / Des problèmes de recyclage sur les produits de la filière du bâtiment
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- Nous sommes ce matin avec le Président Patrick Lagarde, bien habitué de nos micros, mais souvent il annonce des bonnes nouvelles, et puis aujourd'hui il va changer un petit peu de sujet, en compagnie de Patrick Mathieu et de Xavier Durado, qui vont d'ailleurs tous se présenter. Alors Patrick, qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qui ne va pas ? Qu'est-ce qui ne va pas à ce stade ? On parle présentement de la filière, ce qu'on appelle PMCB, des produits de matériaux qu'on sont du bâtiment. Et dans le cadre de cette REP, ces produits ne sont plus acceptés par l'éco-organisme qui devait les reprendre. Ça concerne les huisseries vitrées, ça concerne les laines de roche, laine de verre, et ça concerne aussi le plâtre, qui ne sont plus, malgré qu'il y ait eu en début d'année un marché au niveau national passé avec eux, qui ne sont plus récupérés dans nos déchetteries et chez nos artisans. Et on demande aujourd'hui à nos habitants de payer pour les faire retraiter. On demande à nos artisans de payer également pour les faire retraiter, alors qu'ils ont déjà payé une fois. Alors qu'est-ce qui se passe réellement ? C'est une régression ? On peut considérer ça comme une vraie régression, effectivement, puisque la filière qu'on avait mise en place dans le département depuis plus de 10 ans, et qui fonctionnait bien, la REP PMCB qu'on a mise en place avec les professionnels... C'est quoi, la REP PMCB ? C'est tout ce qui concerne les produits de matériaux de construction du bâtiment, qu'on récupère et qu'on doit en fait donner une seconde vie, que ce soit en traitement ou en réutilisation. Donc tout ce qui avait été mis en place depuis le début de l'année avec beaucoup de difficultés, avec un maillage départemental qui concernait à la fois les déchetteries publiques, les 38 déchetteries publiques, mais aussi certains vendeurs qui étaient des repreneurs ou des déchetteries professionnelles. On avait réussi à mettre en place ce réseau au niveau départemental. Et aujourd'hui, tout est mis à mal, puisque Valobad, pour ne pas le citer, refuse de collecter à la fois les visseries, les plâtres et les laines de roche ou laine de verre. Voilà. Donc c'est un vrai sujet. Et donc en nous demandant... D'abord, en ne reversant pas leur éco-contribution, donc c'est-à-dire qu'on collecte le particulier d'entreprise, paye l'éco-organisme, ne reçoit rien, et lui, l'éco-organisme, ne nous rembourse pas non plus. Donc nous savons que c'est très, très compliqué. Il faut savoir que si la situation devait perdurer, que ce soit pour les plâtres que nous, on ne peut pas mettre en UVE à Rambert-Vuillé avec une bonne raison, c'est que ça dégrade nos mâches faires qui ne sont depuis plus utilisables en secoche routière. Donc il faut qu'on les traite sur des endroits... Pas au milieu des champs, hein, des endroits spécialisés. Et puis plus tout ce qui est laine de roche, laine de verre, par exemple, eh bien le coût pour la collectivité, c'est 1,5 million par an. C'est l'autre contribuable qui paye, hein. — Parce que dans Rambert-Vuillé, on brûle. — Rambert-Vuillé, on est incinérés pour faire de l'énergie. Mais je peux pas incinérer n'importe quoi. C'est-à-dire que si vous mettez du plâtre dans l'usine d'incinération, vous sortirez des mâches faires, c'est-à-dire plus ou moins les cendres, qui seront de mauvaise qualité, qui ne seront plus utilisables. Donc je dois les retraiter. Et si vous mettez... Parce qu'on peut pas récupérer une fenêtre avec des dimensions qui rentrent pas dans le four. Vous me bloquez mes fours, vous me cassez tout. Et vous m'enlevez de la production d'électricité. Donc il y a encore un effet indirect qui est aussi à prendre en compte, parce que si vous avez quelqu'un qui vient à l'électricité avec sa petite remorque et qui dit « Bonjour, M. le gardien », ben non, on s'en prend pas. Eh bien je connais la réponse. Moi, je mets ça là-dedans. Et démerde-toi. Patrick Mathieu et Xavier Dorado, vous êtes-vous directement concernés en tant que président du CAPEB ? De la CAPEB ? Oui, oui. Ben oui, complètement. Ça fait 3 ans maintenant quasiment qu'on paye à chaque achat de matériaux une éco-contribution qui était censée financer la filière de recyclage. Et là, on nous interdit de déposer un certain nombre de matériaux. Donc on est devant un mur. Je veux souligner le caractère absolument urgent que la situation se débloque, parce que là, ça va être compliqué, comme l'a évoqué le président Lagarde. Les collègues, là, pour vider, soit ils vont faire le forcing en vidant la déchetterie, soit ils vont mettre ça dans les ébennes, pour les plus petites quantités, dans les ébennes de M. Tout-le-Monde. Mais ça va se retrouver à brûler à Phénix avec les problèmes que ça suppose. Soit, allez, on va voir ressurgir des dépôts sauvages dans la campagne. C'est pas ce que je souhaite. C'est pas ce que j'appelle à faire, qu'on soit bien clairs. Mais c'est probablement ce qui va se passer si rien n'est fait très rapidement. – Comment vous avez appris la nouvelle, Xavier Dorado ? – Nous, on a été informés par le président Lagarde et par sa directrice, Annick Laurent, qui avaient reçu des courriers de Valobat, disant qu'à partir d'une certaine date, ils ne prendraient plus les 3 types de produits qui ont été évoqués précédemment. – On serait tenté de dire rien ne va plus, mais est-ce que vous avez quand même bon espoir que nous trouvions des solutions ? – Il faut qu'on les trouve rapidement, comme l'a dit le président Mathieu. Parce que sinon, effectivement, c'est la double peine pour nos entreprises. Elles ont payé lorsqu'elles achètent des matériaux. Et elles vont repayer pour pouvoir mettre en décharge, contrôler les produits qu'ils ont démontés sur les chantiers. – Mais à l'heure qu'il est, vous n'avez pas de signe qui permet de dire cela, de dire que ça va s'arranger. – Il faudrait qu'il y ait un ministre déjà en poste. À partir de là, une fois qu'il y aura un ministre nommé, on pourra très raisonnablement espérer que les choses se débloquent. – Si vous l'attrapez dès le premier jour, c'est pas gagné. Mais c'est pour quand, le ministre, Patrick ? – Ah, ça, je ne sais pas. Ça, je ne sais pas répondre à cette question, je l'avoue. J'attends. Je suis, comme toi, un spectateur. – Ce qui est marrant, c'est qu'aujourd'hui, on a l'impression qu'il y a une évolution constante sur les déchets. Puis aujourd'hui, tout d'un coup, clac, il y en a quelques-uns qu'on ne récupère plus. – Non, mais ça, c'est vraiment lamentable. Encore une fois, dans le département des Vosges, on a été les premiers à mettre en place la filière. Parce qu'on avait compris il y a plus de 10 ans qu'on ne pouvait pas incinérer du plat parce que ça donnait des mauvais résultats. On avait compris qu'on pouvait retraiter nos usuriers pour éviter qu'on dégrade le fonctionnement de nos usines. On a mis en place des systèmes vertueux qui fonctionnaient bien. On était les meilleurs au niveau national. On se retrouve aujourd'hui les meilleurs à être pénalisés, les plus pénalisés, quoi. Donc c'est juste lamentable. – Alors à bientôt sur les radios des Vosges pour nous annoncer que tout s'est arrangé. – On espère, on espère. – On l'espère vivement. – On espère, on espère, mais on espère que ça s'arrange. Bien sûr que oui. Mais bon, on a bien vu qu'il y avait un moratoire qui a été fait par le ministère et que le moratoire n'est même pas respecté. Donc il faut savoir ce qu'on veut aussi. On ne peut pas aujourd'hui, quand on demande à tout citoyen de faire des efforts sur l'isolation, tout ce qui est dépenses énergétiques dans ses maisons, parce que c'est bien sûr une vérité qu'il faut le faire, mais en même temps, d'un côté, on met ça en place, et de l'autre côté, on fait tout l'inverse pour faciliter le travail de ceux qui pourraient le faire, le mettre en œuvre en tout cas. Donc on marche la tête.