Latest / Oser l'efficacité - Les stratégies de ceux qui font l’industrie / PME - se démarquer, innover ou disparaître : Changer de modèle sans se planter
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- 0:00Le monde des petites entreprises est fascinant.
- 0:02C'est un mélange unique de débrouillardise et d'adaptabilité.
- 0:05Mais parfois,
- 0:06on manque de compétences clés pour aller plus loin.
- 0:08Tu le ressens aussi ?
- 0:09Alors ce podcast est fait pour toi.
- 0:11Je suis Perrine Thiébaut,
- 0:12consultante en transformation numérique et je déniche pour toi les meilleurs outils,
- 0:16méthodes et technologies pour gagner en efficacité.
- 0:19Seule ou avec mes invités,
- 0:20je te partage des conseils actionnables pour avancer en toute sérénité.
- 0:24Alors,
- 0:25prêt à oser l'efficacité ?
- 0:28Troisième épisode de notre série PME,
- 0:30se démarquer,
- 0:31innover ou disparaître.
- 0:33La question du jour,
- 0:34c'est comment passer de sous-traitant à innovateur en propre ?
- 0:37Parce que quand on lance son entreprise,
- 0:39on cherche à répondre à un besoin de marché et on peut facilement entrer dans le piège d'être un exécutant pour ses clients sans pouvoir réellement dégager une valeur différenciante qui nous permet de durer.
- 0:49On va explorer dans cet épisode comment on change de modèle.
- 0:51Alors Olivier,
- 0:53pour une entreprise qui serait coincée dans un modèle d'exécution justement,
- 0:57Pourquoi tu lui suggérerais d'en sortir et de créer sa propre valeur ?
- 1:02Peut-être avant de répondre directement à ta question,
- 1:04je voudrais quand même rappeler le fait que d'être sous-prétent n'est pas une maladie,
- 1:09n'est pas une tare.
- 1:10Il y a des entreprises,
- 1:12des PME,
- 1:13des étudiants qui vivent et qui se développent depuis des décennies sur de la sous-prétence qui font ça très bien.
- 1:19Par contre,
- 1:19pour revenir à ta question,
- 1:20évidemment,
- 1:20il y a des bénéfices qui sont associés à basculer de sous-prétent à produit en propre.
- 1:25Pour en citer quelques-uns,
- 1:26des marges supérieures,
- 1:28des marges améliorées,
- 1:29une maîtrise totale du produit et de sa production.
- 1:32On peut aussi parler de renforcer sa marque et sa visibilité par rapport à un sous-traitant qui sera très peu visible et très peu connu.
- 1:40On peut parler de réduire sa dépendance aux donneurs d'ordre et donc d'avoir la maîtrise de son destin,
- 1:46d'avoir les choses en main et de ne pas être dépendant de ses donneurs d'ordre.
- 1:52Voilà peut-être quelques bénéfices qu'on peut citer.
- 1:55Ça marche.
- 1:55Et quand on veut faire ce pivot,
- 1:59du coup,
- 2:00c'est quoi les premières étapes à mettre en place pour bien réussir la transition ?
- 2:04Alors,
- 2:05moi,
- 2:05je préconise toujours de faire un diagnostic finalement de l'entreprise,
- 2:09de s'assurer qu'on pose bien,
- 2:11qu'on comprend bien ses forces,
- 2:13son expertise,
- 2:14son savoir-faire.
- 2:16Et puis,
- 2:16la deuxième étape clé,
- 2:17c'est de faire un diagnostic marché,
- 2:19en fait,
- 2:19d'identifier des opportunités de marché.
- 2:22Pour s'assurer que l'entreprise bascule sur l'innovation,
- 2:25sur là où il y a de l'attraction commerciale,
- 2:27là où il y a un marché potentiel à acquérir.
- 2:31Ok.
- 2:31Et est-ce qu'il y a des risques à sortir d'un marché ?
- 2:35Parce que la réponse est oui,
- 2:36évidemment.
- 2:36Mais on va dire quand on est à l'aise d'être sous-traitant,
- 2:39de passer sur un nouveau modèle.
- 2:40Alors,
- 2:41tu l'as présenté,
- 2:41c'est certes plus lucratif a priori,
- 2:44mais ça doit présenter quand même quelques risques de pivoter finalement.
- 2:48Bien sûr,
- 2:49quand on innove et qu'on change de métier,
- 2:51il y a...
- 2:51Il y a forcément toujours des risques associés.
- 2:53L'innovation ne peut pas se faire sans risque.
- 2:56Le changement de métier,
- 2:57de passer sous-traitant,
- 2:58faire un produit en propre,
- 2:59ne peut pas se faire sans risque associé.
- 3:00Mais il faut évidemment s'assurer qu'on ait la trésorerie pour investir en recherche et développement.
- 3:08Bien souvent,
- 3:08il va falloir acquérir de la compétence et de l'expertise qui n'existent pas en interne.
- 3:12Mais il y a un élément qui est clé dans tout ça,
- 3:14c'est d'installer finalement un état d'esprit,
- 3:16une innovation,
- 3:17un mindset.
- 3:18Et tout ça ne fait pas du jour au lendemain,
- 3:20ça demande du temps,
- 3:21c'est de la complexité supérieure.
- 3:23Donc il faut s'assurer de mettre en place des expertises,
- 3:27des compétences,
- 3:28à la fois R&D techniques,
- 3:30mais aussi des compétences marketing et commerciales,
- 3:33puisque quand on est sous-prétendant,
- 3:34on n'en a pas forcément besoin.
- 3:36Donc il y a cette acquisition de nouvelles compétences,
- 3:40mais encore une fois,
- 3:41pour moi,
- 3:41le point de départ pour minimiser les risques,
- 3:43c'est de s'assurer que l'entreprise installe un esprit,
- 3:47un état d'état.
- 3:48et l'innovation une gouvernance qui permettent à l'organisation,
- 3:52à l'entreprise,
- 3:53aux personnes qui la représentent,
- 3:55de l'innover et de se sentir complètement encouragé et infusé à innover.
- 4:01Justement,
- 4:01cette culture de l'innovation,
- 4:03tu préconises qu'elle soit ancrée avant de se lancer ou est-ce que c'est quelque chose qui peut s'apprendre au fur et à mesure où on effectue notre pivot ?
- 4:11Oui,
- 4:12encore une fois,
- 4:12il y a des éléments de départ qui sont plutôt des éléments structurants,
- 4:15de gouvernance,
- 4:16de s'assurer que la direction,
- 4:18la gouvernance soit établie et mettre en place des leviers,
- 4:23des opportunités d'eux.
- 4:24Après,
- 4:25de nouveau,
- 4:26tout ça ne se fait pas du jour au lendemain,
- 4:28donc il faut savoir aussi jalonner et définir,
- 4:31poser un cadre,
- 4:32mais aussi se donner le temps de progresser et de devenir.
- 4:37une entreprise plus innovante et tout ça,
- 4:40c'est du temps et de l'énergie,
- 4:41ça ne se fait pas en 24 heures.
- 4:43Est-ce que ça existe un sous-traitant innovant qui reste finalement un sous-traitant,
- 4:47mais qui est choisi par d'autres entreprises par sa capacité à apporter un petit plus finalement par rapport à ce qui lui est demandé ?
- 4:55Est-ce qu'on peut avoir le beurre et l'argent du beurre finalement ?
- 4:58Non,
- 4:58bien sûr.
- 5:00Un bon sous-traitant se doit de toute façon d'être différent,
- 5:03de se différencier de sa concurrence.
- 5:05Ça va être par sa qualité et sa capacité à exécuter,
- 5:10d'exécuter dans les délais impartis,
- 5:14dans les coûts,
- 5:16l'aspect économique.
- 5:18Donc un sous-traitant de toute façon doit se différencier.
- 5:21On ne sait pas de la différenciation que quand on innove en propre.
- 5:25On se doit d'être différent et de se différencier de sa concurrence même quand on est sous-traitant.
- 5:29Ok.
- 5:30Et au moment de se lancer,
- 5:32parce qu'on parle souvent de la notion d'Ikigai,
- 5:35le principe de trouver quelque chose qu'on aime faire,
- 5:39qu'on sait faire et pour lequel il y a un marché,
- 5:41donc pour lequel on peut être payé pour.
- 5:43Est-ce qu'on retrouve cette notion-là dans le fait de bien choisir son produit,
- 5:48le produit à lancer pour finalement créer notre valeur et avoir un produit en propre ?
- 5:53Alors effectivement,
- 5:54il y a deux types d'approches.
- 5:57Il y a plutôt partir d'une page blanche.
- 5:59ce qu'on appelle la stratégie Blue Ocean,
- 6:01l'océan bleu,
- 6:02où on part d'une tâche blanche et qui,
- 6:05quelque part,
- 6:06risque maximum parce qu'on va pousser l'innovation très loin et sans avoir beaucoup de historique ou de background.
- 6:16Moi,
- 6:16je recommande aux PME industrielles,
- 6:18et notamment celles qui,
- 6:20historiquement,
- 6:21sont sous-traitantes,
- 6:21de prendre une approche plus modérée,
- 6:25moins risquée.
- 6:27avec les deux éléments que j'évoquais tout à l'heure,
- 6:29c'est-à-dire de partir d'un diagnostic,
- 6:32de poser un diagnostic des forces,
- 6:34du savoir-faire,
- 6:35des expertises de la PME,
- 6:36et de trouver ce diagnostic avec des opportunités de marché qu'on identifie,
- 6:41et s'assurer qu'il y a bien un maillage entre ce que les forces,
- 6:45le savoir-faire,
- 6:46l'expertise de la PME sont,
- 6:48et ce que ces opportunités de marché sont et permettent.
- 6:53Donc voilà,
- 6:53c'est ici que j'avais un...
- 6:55Une recommandation à faire pour la majorité des PME industrielles qui souhaitent innover en propre,
- 7:00c'est de poser un diagnostic de leur force,
- 7:01de leur savoir-faire,
- 7:02de leur expertise et aussi de faire une étude de marché,
- 7:06d'identifier des opportunités de marché et de croiser ces deux éléments clés et de voir là où il y a le meilleur manuel.
- 7:13Ok,
- 7:13merci.
- 7:14Il y a quelques semaines,
- 7:15on parlait sur le podcast d'Innovation Collective avec Hendrik Meunier.
- 7:19Je vous invite à écouter les épisodes qui sont assez complémentaires avec ce qu'on est en train de se dire aujourd'hui.
- 7:23Est-ce que tu conseilles d'innover seul ou en partenariat ?
- 7:26Est-ce qu'on peut trouver ailleurs finalement une petite étincelle supplémentaire pour trouver son produit de market fit ou pour trouver le bon sujet ?
- 7:36Et est-ce que tu vois des avantages,
- 7:37des risques à partir seul ou en collaboration sur ces sujets ?
- 7:41Effectivement,
- 7:41le sujet de l'innovation collaborative est un sujet aussi passionnant.
- 7:45En anglicisme,
- 7:46on parle d'open innovation.
- 7:48C'était d'ailleurs le sujet de la conférence que j'ai organisée dans le cadre de la French Tech Jeune Voix Français.
- 7:53en novembre 2024,
- 7:54le lendemain dernier,
- 7:56où on a réuni des start-up,
- 7:59des PME,
- 8:00des LCI,
- 8:00des grands groupes,
- 8:01mais aussi des institutions académiques et scientifiques à se poser,
- 8:05à dialoguer,
- 8:06et éventuellement à identifier des partenariats possibles.
- 8:10Mais pour revenir à ta question,
- 8:11et d'ailleurs l'un des panélistes qui est intervenu pour cet événement,
- 8:15Romain Gandia,
- 8:15qui est enseignant-chercheur et co-président de la chaire IOPEN de l'Université Savoie-Montblanc,
- 8:21le disait très bien.
- 8:22le démontre dans ses travaux de recherche.
- 8:24Pour réussir une innovation collaborative,
- 8:27il faut déjà avoir un minimum de pré-réquis,
- 8:30un minimum de maturité en termes d'innovation en interne.
- 8:35C'est compliqué de réussir de l'innovation collaborative quand on est soi-même une organisation qui n'a pas l'habitude,
- 8:41qui n'a pas de process de gouvernance liée à l'innovation.
- 8:45Donc c'est souvent...
- 8:47Une deuxième étape,
- 8:48mais par contre,
- 8:49l'innovation collaborative a plein d'avantages.
- 8:54Un avantage d'aller plus vite,
- 8:55un avantage d'accéder à des expertises externes qui sont déjà solides,
- 9:00plutôt que de repartir peut-être d'une page blanche.
- 9:02Une meilleure adaptation au marché,
- 9:04une trahibilité aussi.
- 9:06Parce qu'on s'associe avec un partenaire prévisible,
- 9:10avec une sorte d'image de marque,
- 9:12et bien ça va renforcer sa propre image.
- 9:16donc c'est aussi réduire ses coûts de R&D si on accède à de la technologie à de la R&D qui est déjà mieux maîtrisée en externe tout ça va permettre d'aller plus vite de réduire les délais,
- 9:28les coûts on parle dans le jargon de technology ready-net-level et de manufacturing ready-net-level
- 9:37TRL ou MRL évidemment quand on fait de l'innovation ouverte tout ça va pouvoir nous permettre de réduire les délais et les coûts
- 9:46donc la principale problématique ce serait d'avoir deux entreprises qui n'ont pas la même maturité par rapport à l'innovation qui fait que ça ne marcherait pas si on prend par exemple la collaboration startup grand groupe un grand groupe qui ne serait pas prêt,
- 10:03qui n'aurait pas une stratégie d'innovation forte ne pourrait pas travailler avec une startup qui elle vide l'innovation c'est un peu ça ?
- 10:10Oui complètement et puis au delà de cette question
- 10:14État d'esprit,
- 10:14mindset,
- 10:15gouvernance,
- 10:16innovation,
- 10:16il y a aussi évidemment entre un grand groupe et une start-up,
- 10:20la gestion du temps,
- 10:22la complexité des organisations n'est pas la même,
- 10:25une start-up doit se développer rapidement,
- 10:28elle a une échelle de temps qui n'a rien à voir avec une multinationale ou un grand groupe.
- 10:33Donc il y a des complexités,
- 10:35il y a des risques à toucher à ce que je dis,
- 10:36à cette innovation ouverte.
- 10:39de l'innovation collaborative,
- 10:41il y a des sujets autour de la propriété intellectuelle,
- 10:43des aspects juridiques,
- 10:44de confidentialité,
- 10:46encore une fois ces complexités de grands écarts entre un grand groupe et une start-up en termes de gestion du temps et de la gestion des ressources,
- 10:55qui sont souvent parfois clépeurs dans des grands groupes et très peu dans des start-ups,
- 11:01donc il y a toutes ces difficultés,
- 11:03mais encore une fois...
- 11:05L'innovation collaborative peut avoir un réel bénéfice en termes d'aller plus vite et de réduire ses coûts de R&D,
- 11:12ses coûts d'investissement,
- 11:13parce qu'on collabore avec une expertise complémentaire à la nôtre.
- 11:17On l'a bien senti,
- 11:18j'avais assisté à la conférence Open Innovation,
- 11:20c'était très très intéressant.
- 11:22On l'a bien senti,
- 11:23cette différence de timing entre grands groupes et startups,
- 11:27c'est un sujet qui revenait assez régulièrement de point de friction sur certains sujets qu'ils pouvaient partager,
- 11:33de ne pas avoir...
- 11:34pas avoir le même calendrier,
- 11:35tout simplement.
- 11:36Pour un sous-traitant qui voudrait changer de modèle,
- 11:41est-ce que tu aurais un top 3 des erreurs courantes que tu peux voir chez les personnes que tu accompagnes et comment les éviter ?
- 11:46Un petit peu pour les rassurer et se dire que quand on connaît bien les erreurs,
- 11:51on peut les éviter et on peut se lancer en minimisant les risques.
- 11:54Je vais revenir sur la première,
- 11:56ce que j'évoquais tout à l'heure,
- 11:57c'est partir d'une page blanche,
- 11:59de l'autre en bleu,
- 12:00ça peut être sympa,
- 12:02très stimulant,
- 12:03formidable.
- 12:04Moi j'encourage les PME industriels qui veulent faire le niveau de sous-traitance à innovation propre à partir de choses plus pragmatiques.
- 12:13Et donc encore une fois d'associer ce diagnostic des forces,
- 12:16des expertises et des savoir-faire.
- 12:18Mais aussi surtout de le compléter par l'écoute,
- 12:22l'observation des marchés.
- 12:23S'assurer qu'on part sur des développements,
- 12:26des innovations où il y a un vrai besoin,
- 12:29des points de friction,
- 12:31des problèmes à résoudre.
- 12:32chose que beaucoup d'entreprises ne font pas en fait,
- 12:34elles ont une idée technique,
- 12:37technologique,
- 12:38en se disant c'est la meilleure idée du lieu,
- 12:40on a la meilleure idée au monde,
- 12:42donc voilà,
- 12:44c'est la principale erreur à éviter,
- 12:46c'est de coupler,
- 12:47de faire un bon diagnostic de ces forces,
- 12:49de ces expertises,
- 12:51mais aussi et surtout de l'associer avec un diagnostic marqué,
- 12:56d'identifier des opportunités,
- 12:58s'assurer que c'est des besoins,
- 13:00des attentes.
- 13:01qu'il soit clairement exprimé ou qu'il soit plus laissant.
- 13:06Mais en tout cas,
- 13:06d'identifier,
- 13:08d'observer des points de friction,
- 13:10des pain points et de transformer ces pain points,
- 13:15ces points de friction,
- 13:16ces besoins en opportunités marchées.
- 13:18Ok,
- 13:19très bien.
- 13:19Ça nous fait de belles perspectives d'avenir pour exister en tant que société à part entière et pas juste en tant qu'exécutant si c'est vraiment la direction qu'on veut donner à son entreprise.
- 13:28Et donc,
- 13:28dans le prochain épisode,
- 13:29on va répondre à la question
- 13:30comment utiliser la transformation digitale comme levier de croissance.
- 13:33Forcément,
- 13:34c'est le sujet qui m'anime d'autant plus puisqu'on est quand même sur le podcast pour réussir sa transformation numérique en tant que société industrielle.