Latest / À propos / « Pourquoi se sent-on impuissant face aux problèmes environnementaux ? »
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- 0:00Grand angle
- 0:05le soir,
- 0:06repensons notre quotidien.
- 0:15Pourquoi ? Avec le podcast pourquoi,
- 0:18la rédaction du soir vous invite à poser vos questions,
- 0:20à soumettre vos
- 0:21interrogations sur le monde qui nous
- 0:23entoure politique,
- 0:24économie, culture,
- 0:25relations internationales,
- 0:27enseignement, santé ou journalisme.
- 0:29Aucun sujet n'est interdit.
- 0:31Découvrez la réponse à une question dans le podcast du jour.
- 0:34Cette semaine,
- 0:34Pascal se demande pourquoi se sent on impuissant
- 0:37face aux problèmes environnementaux ?
- 0:39On tente d'y répondre ensemble.
- 0:40Je m'appelle Laure.
- 0:41De 8 et vous écoutez pourquoi,
- 0:43le podcast du soir qui questionne
- 0:45pour mieux comprendre.
- 0:46Pourquoi, pourquoi,
- 0:47pourquoi, pourquoi,
- 0:48pourquoi ? Continuez de vous demander pourquoi,
- 0:50pour mieux comprendre
- 0:51pourquoi. C'est tout le pays qui suffoquera sous la chaleur,
- 0:59même le littoral.
- 1:00On est en train de vivre
- 1:02l'année ou notre été le plus froid du reste de notre vie.
- 1:05Je viens de voir qu'il y a une deuxième vague
- 1:06de canicule qui arrive à partir du 6 juillet.
- 1:09Là, j'ai cru crever la première vague.
- 1:10Je n'ai pas de ventilateur,
- 1:12pas de clim.
- 1:12C'est l'accessoire incontournable de cette canicule,
- 1:15la couverture de survie.
- 1:16Donc là,
- 1:17il fait
- 1:1734-35 degrés
- 1:19à l'intérieur de l'appartement.
- 1:20Encore ça va parce que
- 1:21le matin,
- 1:22j'ai le
- 1:22soleil qui tape,
- 1:23donc c'est encore pire.
- 1:24Le thermomètre,
- 1:25il est monté quasiment à
- 1:2645 degrés,
- 1:27il indiquait même
- 1:2846. En plein milieu du parc Josaphat,
- 1:30il affiche 36 degrés.
- 1:34Entre canicules répétées et incendies dans les Hautes Fagnes,
- 1:37cet été a été particulièrement chaud en Belgique.
- 1:40Et le pays est loin d'être isolé.
- 1:42Selon l'Observatoire européen Copernicus,
- 1:44le mois de juin dernier a été le mois
- 1:46de juin le plus chaud jamais enregistré en
- 1:48Europe occidentale.
- 1:49De quoi provoquer de l'anxiété et un sentiment d'impuissance chez certains.
- 1:53Et c'est là qu'intervient la question de notre lecteur :
- 1:55pourquoi se sent on impuissant
- 1:57face aux problèmes environnementaux ?
- 1:58Avant de répondre à cette question,
- 2:00j'ai donné la parole aux jeunes,
- 2:01à trois d'entre eux en particulier,
- 2:03qui recentent ce qu'on appelle de l'éco-anxiété.
- 2:05L'éco-anxiété, c'est une détresse psychologique caractérisée par une peur chronique,
- 2:10une inquiétude
- 2:11ou un sentiment d'impuissance face aux menaces environnementales et au dérèglement climatique.
- 2:16Ben du coup,
- 2:16moi c'est Marie,
- 2:17j'ai 24
- 2:18ans, je travaille pour une organisation liée au cancer
- 2:21et surtout je suis membre du Forum des jeunes depuis plus de 4
- 2:24ans. C'est un peu indescriptible et
- 2:26Difficile de poser des mots sur ça mais c'est
- 2:28vraiment quelque chose qui me prend et qui emmène
- 2:31des émotions où j'ai envie
- 2:33d'hurler au monde,
- 2:34qu'en fait
- 2:35il est temps de bouger.
- 2:36Ok c'est pas simple
- 2:37parce qu'on
- 2:37a nos
- 2:38habitudes mais ce sont des habitudes
- 2:40pour le moins privilégiées et
- 2:42qu'il y a d'autres parties du monde qui n'ont même pas un quart
- 2:44du tiers de ce qu'on a et qu'on n'arrive pas à lâcher.
- 2:47J'arrive pas
- 2:48à comprendre ce qu'il faut aux gens
- 2:49pour se mettre en action
- 2:50et je me
- 2:51sens vraiment impuissante de me dire ok mais
- 2:53allons-y il y a des choses à faire,
- 2:55des solutions qui existent.
- 2:56des éléments qui peuvent être mis en place pour
- 3:00réduire un minimum
- 3:02les catastrophes qui se passent.
- 3:03Il y a des fois où je suis dans
- 3:05une optique plus
- 3:06positive de me dire OK,
- 3:07notamment dans les moments où je suis en
- 3:08groupe avec des personnes qui sont aussi informées,
- 3:11qui ont aussi cette envie de bouger,
- 3:13etc. Ça amène des sentiments souvent plus positifs de groupe,
- 3:17de partage,
- 3:18de me dire qu'on
- 3:18n'est pas seul à vivre ça.
- 3:19Et de l'autre côté,
- 3:20quand on est confronté à des situations comme
- 3:22il y a eu cet été,
- 3:23comme on aura encore énormément dans le futur,
- 3:25il y a une phrase qui
- 3:26beaucoup tourné sur les réseaux sociaux cet été,
- 3:28c'est qu'on a vécu l'été le plus froid du restant de nos vies et
- 3:31ça me fait vraiment peur,
- 3:32j'en ai la chair de poule,
- 3:33j'ai vraiment un poids sur la poitrine quand je me dis
- 3:35mais en fait on est encore une fois en 2026,
- 3:38la situation elle est telle qu'elle est et je pense qu'elle va encore plus
- 3:40vite que ce qu'on aurait pu imaginer ou ce qu'on aurait pu craindre.
- 3:44J'ai 24 ans
- 3:45donc j'ai encore je l'espère de nombreuses années
- 3:47devant moi et pourtant j'ai pas forcément envie de les
- 3:49vivre parce que j'ai pas envie de les vivre dans
- 3:51le monde vers lequel il va,
- 3:52tant sociétalement parlant
- 3:54qu'au niveau de
- 3:54l'environnement, du climat,
- 3:56de la biodiversité,
- 3:57ça me
- 3:58fait sincèrement peur parce que je ne sais pas à quoi va ressembler ce futur,
- 4:00mais il ne me donne pas forcément envie.
- 4:02Je m'appelle
- 4:03Thomas Gutkin,
- 4:03j'ai 25 ans
- 4:04et je
- 4:05termine un
- 4:06master en droit et en parallèle,
- 4:08j'ai lancé une maison d'édition avec deux
- 4:09amis. C'est un sujet qui me touche
- 4:11et que j'apprécie d'autant plus
- 4:12qu'on fasse appel
- 4:13aux jeunes pour en parler et peut-être dire effectivement
- 4:17comment est-ce que
- 4:17ça pouvait toucher personnellement peut-être
- 4:20des jeunes dont on pourrait croire,
- 4:22et c'est dans cela que ça amène de la nuance,
- 4:24qu'ils n'en ont pas grand-chose à faire
- 4:26compte tenu de leur mode de vie.
- 4:28Parce qu'effectivement,
- 4:29on pourrait avoir l'impression que dès qu'on n'est pas militant,
- 4:31dès qu'effectivement on
- 4:33ne va pas faire
- 4:34toutes les manifestations ou
- 4:36des sitings,
- 4:37etc., qu'on prend l'avion
- 4:39trois fois l'année,
- 4:39qu'on n'en a rien à foutre.
- 4:41Au fond,
- 4:41c'est complètement faux
- 4:42et ça résulte
- 4:43plutôt d'un sentiment
- 4:45d'impuissance qui est,
- 4:46je crois,
- 4:46le propre de l'éco-anxiété.
- 4:48Moi, c'est
- 4:49Shania, j'ai 19
- 4:50ans et je
- 4:50suis étudiante en sciences politiques
- 4:52à l'Université de Liège.
- 4:54Sinon, à côté de ça,
- 4:54je suis aussi
- 4:55présidente d'un mouvement
- 4:57politique de jeunesse,
- 4:58raison pour laquelle
- 5:00cette cause
- 5:00me tient particulièrement à coeur.
- 5:02Combien de fois,
- 5:03en première année de sciences politiques,
- 5:05on nous a dit
- 5:06"soyez attentive à l'écologie,
- 5:07ne polluez pas".
- 5:07Même en secondaire,
- 5:08on a eu beaucoup de sensibilisation par rapport à ça.
- 5:11C'est un peu interpellant,
- 5:12je trouve,
- 5:12de se dire que c'est même des
- 5:14adultes qui ne
- 5:15se rendent pas compte du danger,
- 5:16alors que nous,
- 5:16dès le plus jeune âge,
- 5:17même en primaire,
- 5:18avec le recyclage,
- 5:18etc., on nous sensibilise à ça.
- 5:20Et je me demande vraiment
- 5:21comment ça va être pour l'avenir,
- 5:22parce que là,
- 5:23c'est que le début et comme ils le disent très souvent,
- 5:25c'est l'un des derniers
- 5:26étés Les plus
- 5:27froids qu'on a connus,
- 5:28donc le reste
- 5:29risque d'être encore pire et
- 5:30on a encore aucune solution concrète.
- 5:32quoi. Donc je suis assez inquiète.
- 5:34À ces jeunes,
- 5:35je leur ai aussi demandé comment ils avaient vécu les différentes canicules et les
- 5:39incendies en
- 5:40Europe, mais surtout en Belgique.
- 5:42Ah mais extrêmement mal.
- 5:43Je pense que si j'ai de l'éco anxiété,
- 5:45c'est parce que j'ai aussi de l'anxiété générale
- 5:47et que
- 5:48selon ce qui nous
- 5:49angoisse, on peut mettre
- 5:51un un mot dessus.
- 5:52Ça peut rejoindre aussi une angoisse de la mort
- 5:54et donc là,
- 5:54bon, c'est une phobie plutôt que une.
- 5:57une anxiété.
- 5:58Et en voyant ce qui s'est passé,
- 5:59eh bien,
- 6:00je me suis
- 6:01vu mourir.
- 6:01Je me suis dit,
- 6:02en aidant
- 6:03ainsi dans mon appartement
- 6:05en ville,
- 6:06c'est comme ça que,
- 6:07excuse-moi, mais c'est comme ça que je vais crever.
- 6:09Parce qu'aussi on voit dans la presse le taux
- 6:12de mortalité qui augmente et je ne sais pas,
- 6:13d'un coup il y a cette projection de
- 6:15me dire
- 6:15tiens voilà,
- 6:16je vais terminer là dans un appartement
- 6:19qui va faire
- 6:20l'effet d'une serre et c'est ainsi qu'on
- 6:23va partir.
- 6:24L'éco-anxiété est très fondée.
- 6:26très rationnel,
- 6:27mais l'angoisse peut avoir
- 6:29ceci d'irrationnel en disant c'est ainsi que l'humanité va disparaître.
- 6:32Quand on voit effectivement
- 6:34qu'on vit
- 6:35en Belgique
- 6:36l'incendie le plus important
- 6:38de l'histoire
- 6:39du pays
- 6:40et qu'en plus de
- 6:41ça, ce serait dû à une erreur
- 6:43humaine. Et encore une fois,
- 6:43on en veut et on a ce sentiment d'impuissance parce qu'au fond,
- 6:47on essaye de tout faire et puis il y a quelqu'un qui,
- 6:50par son propre fait,
- 6:51seul, va causer le plus grand incendie de l'histoire du pays.
- 6:54Personnellement, je les ai mal vécu.
- 6:56Déjà parce que je pense que ça met à mal notre santé,
- 6:59notre manière de
- 6:59vivre. Tout le monde l'a bien ressenti,
- 7:01comme c'est compliqué de se concentrer,
- 7:02de dormir,
- 7:03enfin d'avoir une vie
- 7:05tout simplement normale.
- 7:06Et ce n'était entre guillemets que en Belgique
- 7:08jusqu'à 35 voire 40°.
- 7:10Mais il y a quand même d'autres régions en Europe
- 7:11et dans le monde qui subissent ça depuis plus longtemps
- 7:13ou plus haut.
- 7:14Et donc je trouvais que ça donnait déjà un aperçu
- 7:17avec un
- 7:17goût très amer.
- 7:18Et les incendies,
- 7:19ça fait peur parce qu'on se rend bien compte
- 7:21que c'est tous des écosystèmes qui partent en fumée.
- 7:24Et donc de mon côté,
- 7:24ça m'a vraiment fait peur de me dire OK.
- 7:26Maintenant, on ne peut plus dire que c'est plus
- 7:28concret parce que je pense que pendant des
- 7:29années, ce n'était pas proche de nous,
- 7:32donc ça ne parlait pas aux gens qui ne s'y intéressaient pas forcément.
- 7:35Je pense qu'on n'avait pas non plus forcément envie de voir la situation et de
- 7:38prendre conscience de sa gravité malgré tout.
- 7:41Et ici,
- 7:42c'est devenu
- 7:43très proche de nous,
- 7:44de beaucoup de gens,
- 7:44notamment les
- 7:46milliers de personnes qui ont été évacuées.
- 7:47On est en 2026,
- 7:49on se rapproche de certains
- 7:50objectifs internationaux qui
- 7:52ont été mis.
- 7:52Quand on voit
- 7:54le traitement médiatique de
- 7:56ces canicules
- 7:56de ces incendies,
- 7:57où même nous on finit par s'habituer et se
- 7:59dire voilà il fait de nouveau 35 degrés,
- 8:01en fait on l'a déjà vécu et donc
- 8:03ça me fait peur aussi que ça devienne quelque chose qu'on normalise.
- 8:05On a déjà autant de catastrophes naturelles et ça va pas aller
- 8:08en s'améliorant malheureusement et donc il faut qu'on agisse pour ça.
- 8:11c'était un peu
- 8:12mes ressentis par rapport à ces différents événements.
- 8:14En Belgique,
- 8:15je regardais presque toutes les minutes mon téléphone.
- 8:17Qu'est-ce qui se passe ?
- 8:18En fait j'ai
- 8:19un ami qui habite là-bas,
- 8:20je l'appelle toutes les deux minutes.
- 8:22Ça va,
- 8:22tu vas bien ?
- 8:23Et j'ai aussi développé un besoin d'aider.
- 8:25J'habite quand même à Liège donc c'est pas à côté,
- 8:27c'est quand même à une heure de route.
- 8:28Est-ce que je peux venir,
- 8:30apporter de l'aide,
- 8:31relayer des choses?
- 8:32Je partageais beaucoup sur les réseaux.
- 8:33Je pense que ça m'a développé une hypersensibilisation par rapport à ça.
- 8:36L'écologie, ça concerne tout le monde.
- 8:37C'est pas que
- 8:38les jeunes,
- 8:38les personnes âgées,
- 8:40toute population est touchée et tout continent est touché.
- 8:42On peut le voir aussi parce que j'en ai pas touché un mot,
- 8:44mais en Afrique c'est l'inverse.
- 8:45C'est des météos assez chaudes et là il y
- 8:47a que des inondations actuellement.
- 8:48Donc en fait on voit que le climat est
- 8:50en train d'être
- 8:51bousillé partout.
- 8:52C'une cause européenne ou une cause
- 8:54africaine C'est vraiment
- 8:57international et c'est très inquiétant parce que
- 9:00j'ai l'impression que dans les 4 coins du
- 9:01monde ça ne se bouge pas en fait.
- 9:02Donc je pense vraiment que
- 9:03même si au niveau international il n'y a rien qui bouge,
- 9:06à l'échelle mondiale ou même du coup continentale,
- 9:08j'espère ça agira et que la Belgique prendra enfin
- 9:11les devants et les mesures nécessaires pour qu'on puisse
- 9:13trouver des solutions et pas revivre ce qu'on a vécu il y a
- 9:15quelques semaines parce que ça c'était vraiment tragique et des milliers de
- 9:18personnes vivent les conséquences actuellement pendant que nous on a encore de la chance.
- 9:21Mais qui nous dit que demain ce sera pas nous les personnes touchées.
- 9:23C'est ça aussi qui me fait peur.
- 9:27J'ai contacté Élie Wattelet,
- 9:28qui est écopsychologue et un des fondateurs de l'a SBL Écosens.
- 9:32Il travaille avec les milieux associatifs écologistes et je lui ai posé
- 9:36la question pourquoi se sent on impuissant face aux problèmes environnementaux ?
- 9:40Je pense qu'il y a d'abord une partie de cette impuissance qui est très enracinée,
- 9:43c'est que
- 9:44l'humain a toujours été dans
- 9:46une forme d impuissance face aux phénomènes écologiques ou météorologiques.
- 9:49Je pense quand on est face à une tempête,
- 9:51à un incendie,
- 9:53à une
- 9:53inondation. à
- 9:55y a.
- 9:55Il y a une part de
- 9:56notre sentiment d'impuissance qui est
- 9:59liée à
- 10:00l'ampleur des phénomènes climatiques et météorologiques
- 10:04face à notre échelle individuelle d'existence.
- 10:06Le sentiment de contrôle qu'on peut avoir en tant qu'humain,
- 10:10aidé par la technologie,
- 10:11sur toute une série d'aspects de nos vies,
- 10:13il est vraiment balayé
- 10:14face au réel.
- 10:15Une des choses qui est le plus martelée dans l'écologie,
- 10:18c'est : il y a des limites physiques à la Terre.
- 10:20La Terre a ses propres limites
- 10:22et nous faisons partie de ce système
- 10:24qui est limité.
- 10:26Et qui va contre le sentiment de toute puissance et d'illimité,
- 10:30qui est celui de
- 10:30toute une idéologie
- 10:32qui peut pousser jusqu'au transhumanisme,
- 10:34et cetera.
- 10:35Donc je pense qu'il y a ça qui est vraiment dans l'inconscient.
- 10:37Après, évidemment,
- 10:38il y a
- 10:39le fait
- 10:39que dans cette impuissance,
- 10:41il y a moi là,
- 10:42en tant qu'individu
- 10:44citoyen, face à un phénomène
- 10:47qui doit en fait être adressé par des niveaux collectifs
- 10:50bien plus complexes en termes de
- 10:52système que
- 10:53moi à mon échelle individuelle.
- 10:54Les lois réelles.
- 10:56qui devrait être posée maintenant pour limiter au maximum le réchauffement,
- 11:00etc., elle devrait être prise à l'échelle mondiale.
- 11:03Et on voit bien ce que les COP donnent et la
- 11:06déception qu'on peut avoir des COP biodiversité ou des COP climat.
- 11:10Et là,
- 11:10on est ramené
- 11:12aussi à un niveau très réel qui est de dire,
- 11:13mais en fait,
- 11:14les véritables
- 11:16échelles de décision par rapport à ces phénomènes-là,
- 11:19qui sont d'une ampleur absolument énorme,
- 11:21ce sont des échelles
- 11:23géopolitiques macro.
- 11:25Donc ça c'est très compliqué.
- 11:26Donc moi je pense que le
- 11:27l'endroit de l'impuissance à cet endroit là,
- 11:29il est d'abord à reconnaître comme
- 11:31une forme de réalisme
- 11:32et globalement dans les co anxiétés ou dans les autres douleurs écologiques,
- 11:36c'est être en fait
- 11:37réaliste et c'est écouter les discours scientifiques et c'est regarder les phénomènes qui se
- 11:43déroulent réellement autour de nous.
- 11:44que. que de s'en inquiéter.
- 11:46Vraiment déjà un message très
- 11:47important pour toutes les personnes qui en souffrent,
- 11:49vous en souffrez
- 11:50parce que c'est réel.
- 11:51Ce serait comme avoir peur de la guerre en vivant en Ukraine.
- 11:53Oui, c'est
- 11:54pas irrationnel d'avoir peur
- 11:56de la guerre,
- 11:57ce ne sont pas des peurs irrationnelles.
- 11:59Ce qui peut être irrationnel,
- 12:00c'est l'ampleur de notre réaction.
- 12:02Amandine Gaudin est écothérapeute en province de Liège.
- 12:05Elle accompagne des personnes qui vivent de l'angoisse,
- 12:07du stress ou un deuil et elle est spécialisée en
- 12:10éco-anxiété. Je lui ai donc posé la même question qu'à Élie Watelet :
- 12:13pourquoi se sent-on
- 12:14impuissante face aux problèmes environnementaux.
- 12:16Dans notre culture,
- 12:17on est en souffrance par rapport à la question de la puissance.
- 12:20C'est-à-dire qu'on
- 12:22perd contact avec notre propre puissance et très vite on
- 12:25se considère comme impuissant quand on n'est plus tout-puissant.
- 12:28Et donc on a des modèles comme ça dans nos représentations mentales de toute-puissance,
- 12:32de personnes qui auraient tous les pouvoirs,
- 12:34de groupes qui auraient tous les pouvoirs et à contrario,
- 12:37de l'autre côté,
- 12:38il y a toutes les personnes qui sont
- 12:39impuissantes, les citoyens ordinaires.
- 12:41Or, entre
- 12:42ces deux pôles,
- 12:43il y a comme un spectre
- 12:45de l'ordre de la puissance
- 12:47qui peut parfois sembler petite ou minime et qui pourtant a toute son importance.
- 12:51Par exemple,
- 12:51son enfant est malade,
- 12:52on n'a pas la puissance
- 12:54de le
- 12:54guérir comme ça d'un
- 12:55claquement de doigts.
- 12:56On se sent impuissant par rapport à sa
- 12:59guérison. Et en même temps,
- 13:01on sait qu'on a toute une série de
- 13:02petites choses qu'on peut faire
- 13:04rester avec lui.
- 13:05on reste près de lui,
- 13:06on l'emmène chez le médecin,
- 13:07on prend sa température.
- 13:08Même si on n'a pas la toute puissance de le guérir,
- 13:11on a quand même une certaine puissance.
- 13:14Et on
- 13:15connaît l'importance de ce genre de petits gestes dans la guérison.
- 13:18Il y a des tas d'études qui montrent que
- 13:20c'est méga important,
- 13:21qui manifestent la présence,
- 13:22qui manifestent le lien,
- 13:23l'attachement. Et je
- 13:24pense que
- 13:25ce lien est blessé.
- 13:27C'est la deuxième
- 13:29piste de
- 13:29réflexion. C'est qu'on est dans une culture de la séparation.
- 13:32Et donc pourquoi est-ce qu'on se sent impuissant ?
- 13:35face à l'écologie,
- 13:36peut-être que
- 13:37c'est à cause de cette culture de la séparation aussi.
- 13:39On ne se sent plus en lien
- 13:41et ce lien
- 13:42est blessé.
- 13:42Il est blessé dans sa sensibilité,
- 13:44dans la sensation profonde d'être en contact.
- 13:48Et en plus de ça,
- 13:48on se sent seul,
- 13:49on se sent isolé.
- 13:50On a difficile de se sentir appartenir à
- 13:53un collectif,
- 13:53à une communauté
- 13:55d'humains qui
- 13:56œuvrent dans le même sens.
- 13:57À quelle famille on appartient,
- 13:58à quel clan,
- 13:59à quelle communauté ?
- 14:00Et même
- 14:01chez les personnes qui souffrent d'éco-anxiété,
- 14:03ce sentiment
- 14:05d'appartenance à l'humanité,
- 14:07à l'humain,
- 14:07est blessé.
- 14:08Parce qu'on a l'impression qu'on participe à la destruction plus
- 14:12qu'à la régénération.
- 14:13La personne dit "on
- 14:14se sent impuissant",
- 14:15le pronom indéfini,
- 14:16il ne tombe pas par hasard.
- 14:18C'est indéfini.
- 14:19On a vraiment besoin de sentir
- 14:21qu'on est plusieurs,
- 14:23qu'on a une communauté de valeurs qui est diversifiée,
- 14:26mais qui en même temps participe
- 14:27à œuvrer à un même objectif.
- 14:29Et pour moi,
- 14:30le troisième point vraiment important,
- 14:32c'est en lien aussi avec un épuisement général.
- 14:35Quand son enfant est malade,
- 14:35mais que soi-même on est complètement crevé,
- 14:38ça devient vraiment difficile.
- 14:39On est dans notre culture occidentale,
- 14:41on a des tas et des tas de besoins insatisfaits,
- 14:44et en même temps le rythme effréné,
- 14:46cette sensation d'être isolé dont on vient de parler dans la culture de
- 14:49séparation, provoque
- 14:51vraiment un épuisement.
- 14:52On est épuisé juste à l'idée
- 14:55d'évoquer et de
- 14:56penser ça.
- 15:01C'est comme si
- 15:02les Fagnes,
- 15:02c'était les autres.
- 15:03Nous, on est à Bruxelles,
- 15:04on est à Liège,
- 15:06les Fagnes,
- 15:06c'est loin.
- 15:06Mais dans notre nature profonde
- 15:09d'humain, d'habitants de la planète Terre,
- 15:12les failles,
- 15:12c'est nous,
- 15:13c'est toi et moi.
- 15:14Et donc,
- 15:14dans cette culture de la séparation,
- 15:16on a envie de dire
- 15:17qu'on ne le vit pas vraiment,
- 15:18donc on met à distance,
- 15:20c'est loin.
- 15:20Et ça,
- 15:21provoque le sentiment d'impuissance,
- 15:24en effet.
- 15:24Et c'est compliqué
- 15:26de dire "c'est une partie de moi" parce que
- 15:28déjà, ce n'est pas dans la culture,
- 15:29ça fait très psy,
- 15:31très bobo,
- 15:31ça fait très perché de dire
- 15:33les fans,
- 15:33c'est une partie de moi.
- 15:34Et ensuite,
- 15:35il y
- 15:35a une difficulté d'être triste et on n'est
- 15:37pas bon pour être triste dans notre culture
- 15:39et c'est juste
- 15:40une réaction saine par rapport à ce qui se produit.
- 15:43Et quand on entre dans une émotion,
- 15:44qu'on se laisse aller pleinement,
- 15:46en fait,
- 15:46les autres émotions vont débarquer également.
- 15:51Sentir qu'on est plusieurs,
- 15:53qu'on n'est pas seul face aux problèmes environnementaux,
- 15:55c'est un des éléments essentiels pour faire face au sentiment d'impuissance et d'éco-anxiété.
- 15:59C'est pourquoi on va maintenant parler d'effort collectif,
- 16:02mais aussi d'effort individuel avec Marie,
- 16:0524 ans,
- 16:05que vous avez déjà entendu un peu plus tôt.
- 16:07On peut pas aller vers un futur plus désirable,
- 16:09si tant est qu'il peut être désirable,
- 16:11sans quand même combiner les 2.
- 16:13C'est à dire qu'il y a des responsabilités,
- 16:14il y a des actions individuelles
- 16:16qui peuvent être prises et qui sont reconnues,
- 16:17notamment tout ce qui est végétalisation
- 16:19de son
- 16:20alimentation. aussi les moyens de transport qu'on prend.
- 16:23Alors tout ça évidemment toujours à prendre en compte selon
- 16:26sa classe,
- 16:27selon ses moyens financiers.
- 16:28C'est toujours très facile à dire quand on voit la
- 16:29différence par exemple de prix entre le train et l'avion.
- 16:32Et je sais que c'est un débat que j'ai beaucoup
- 16:34avec mes proches à ce niveau-là.
- 16:35Et donc je suis partagée toujours entre
- 16:37cette envie de dire
- 16:38oui en
- 16:38effet c'est collectivement parce qu'en fait on est dans un modèle économique,
- 16:41on est dans un modèle de société qui en effet il
- 16:44y a des choses où on restera limité par ce qui
- 16:47est mis en place collectivement par nos gouvernements etc.
- 16:49Donc il y a tout cet aspect-là où je suis totalement
- 16:52C'est là
- 16:53qu'on a un très gros levier de changement
- 16:54à travers les élections,
- 16:55mais aussi à travers plein d'autres moyens d'action et d'expression.
- 16:58Et ce peu importe notre âge,
- 16:58ici je parle en tant que jeune,
- 17:01mais au plus on est dans la société,
- 17:03au mieux ça sera.
- 17:04C'est vrai que c'est décourageant
- 17:06quand, personnellement,
- 17:07je ne prends plus l'avion.
- 17:08Et quand
- 17:08on voit tous les déplacements en avion qu'il
- 17:11y a par exemple pour les grands prix,
- 17:12pour les événements tels que la Coupe du Monde ou ce genre d'événements sportifs,
- 17:16ou tout simplement quand on prend les ultra-riches et qu'on voit leurs déplacements,
- 17:19on dit ok
- 17:20mais moi à
- 17:21ma petite échelle,
- 17:21Je suis convaincue que c'est les deux qui seront
- 17:23indispensables et donc les
- 17:25actions collectives sont
- 17:26nécessaires, sont importantes et il faut que les gens prennent conscience aussi du pouvoir
- 17:30qu'on a nous en tant que consommateurs dans la société,
- 17:33en tant que votants.
- 17:34Mais on a aussi
- 17:35un certain pouvoir à notre échelle,
- 17:37qui est bien moindre,
- 17:38qui est plus petite,
- 17:39mais de pouvoir quand même déjà prendre des petits pas en
- 17:41attendant de réunir suffisamment de gens et j'espère
- 17:45qu'on arrivera un moment et le plus tôt possible pour pouvoir enrayer
- 17:48la situation.
- 17:52La question de notre lecteur Pascal en fait découler une autre
- 17:55pourquoi se sent on impuissant face aux problèmes environnementaux ?
- 17:58Où pourquoi peut-on avoir l'impression que nos actions individuelles ne servent à rien,
- 18:02qu'il y a un décalage entre l'ampleur du problème
- 18:05et l'échelle à laquelle on peut agir individuellement ?
- 18:08On écoute Élie Wathelet,
- 18:09écopsychologue, ma zone d'action dans la vie,
- 18:12elle est sur mes comportements individuels.
- 18:14Si j'essaie de
- 18:15commencer à contrôler d'autres,
- 18:16je peux parce que j'ai une zone d'influence,
- 18:18mais ça va dépendre
- 18:19de mon.
- 18:20statut social
- 18:20de mon groupe d'appartenance,
- 18:22donc là il va y avoir l'échelle de l'influence.
- 18:24Donc je peux évidemment
- 18:25avoir un sentiment d'impuissance réduite si je suis un décideur
- 18:29ou une décidesse à un endroit de niveau de pouvoir.
- 18:32Et encore,
- 18:33on sait qu'au niveau des pouvoirs
- 18:35décisionnels politiques,
- 18:36on peut se retrouver dans des échelles d'impuissance aussi énormes,
- 18:38parce qu'en fait c'est pas le bon niveau de pouvoir,
- 18:39il faudrait pouvoir décider à l'Europe,
- 18:41ou bien il faut faire pression sur des grands lobbys
- 18:43économiques, sur les géants de la tech,
- 18:46etc. Donc
- 18:46l'impuissance, elle est entre autres,
- 18:49évidemment, lié à mon analyse de ma capacité réelle d'action.
- 18:53Mais la plupart du temps,
- 18:54on est effectivement dans ce décalage d'échelle de valeur.
- 18:57C'est pour ça que de notre côté,
- 18:58on y viendra sans doute après,
- 18:59mais on ne cherche
- 19:01pas à
- 19:03ancrer nos
- 19:04comportements dans
- 19:06l'impact réel qu'ils
- 19:07ont. Et ça,
- 19:08c'est quelque chose qui va vraiment être important dans un chemin de vie par après.
- 19:11C'est-à-dire comment je sors de
- 19:12cette impuissance ?
- 19:13Il y a notamment ce
- 19:14chemin de
- 19:14ne pas
- 19:15réduire en fait
- 19:16le sens
- 19:17qu'ont nos comportements
- 19:18à leurs impacts.
- 19:19Deux des
- 19:20impacts les plus importants qu'on peut avoir dans les comportements individuels,
- 19:23c'est limiter les vols en avion et sa consommation de viande.
- 19:26Ça, je veux dire,
- 19:26c'est objectif,
- 19:27c'est mesuré,
- 19:27c'est mesurable.
- 19:29En fait,
- 19:29les comportements individuels ont du sens et ont de l'impact.
- 19:31Si à un moment,
- 19:33une majorité de personnes décident
- 19:36de passer à des régimes flexitariens ou végétariens,
- 19:38ça, mathématiquement,
- 19:40ça va réduire la
- 19:41production de viande et donc ça va avoir des impacts très importants sur le climat.
- 19:44Mais est-ce que ces comportements-là vont réduire l'impuissance ou le sentiment d'impuissance ?
- 19:48Je pense qu'en général,
- 19:49mais là,
- 19:50je le dis
- 19:51sans lire d'études par rapport à ça,
- 19:54je pense qu'ils vont avoir un impact
- 19:55sur le sentiment d'impuissance
- 19:58jusqu'à un certain degré.
- 19:59C'est-à-dire que
- 20:00ce qu'ils font davantage,
- 20:01c'est travailler sur ce qu'on appelle la consonance cognitive.
- 20:04Donc vous avez dû croiser les concepts de dissonance cognitive et de consonance cognitive.
- 20:09Ça, c'est un concept extrêmement clé dans tout cet enjeu.
- 20:14C'est qu'une fois que j'ai pris conscience
- 20:16d'enjeux écologiques ou de
- 20:18quels qu'ils soient,
- 20:18en fait,
- 20:19le fait d'adapter
- 20:20mon comportement va créer un vrai confort psychologique,
- 20:23puisqu'en fait,
- 20:23j'ai des comportements qui sont adaptés à mes valeurs.
- 20:26Ça, c'est la consonance cognitive.
- 20:28L'inverse crée
- 20:29de l'inconfort psychique qu'on appelle la dissonance cognitive.
- 20:32Mais la dissonance cognitive,
- 20:32on peut y répondre de deux manières.
- 20:34Une des manières,
- 20:35ça va être d'adapter son comportement.
- 20:37L'autre manière,
- 20:37ça va être
- 20:38de justifier
- 20:39le fait qu'en fait,
- 20:41ce n'est pas si grave.
- 20:41On a plein de stratégies aussi
- 20:44psychologiques d'évitement de l'inconfort de la dissonance cognitive,
- 20:48donc ce n'est pas non plus suffisant.
- 20:50Réduire les comportements individuels
- 20:52à rien,
- 20:52ça n'a aucun sens parce que les comportements individuels nous mettent en ordre intérieurement,
- 20:56nous aident à vivre en congruence et montrent aussi des
- 20:59voix intérieures et extérieures sur comment on peut vivre autrement.
- 21:04Mais il est évident qu'il faut les compléter par
- 21:07des comportements collectifs quoi.
- 21:09Pour que vraiment le sentiment d'impuissance
- 21:11bouge, il faut aller à l'endroit du comportement collectif et communautaire.
- 21:14Cette impression que nos actions individuelles ne servent à rien,
- 21:17j'en ai aussi parlé avec Amandine Gaudin
- 21:19et Une des réponses,
- 21:22parce que je pense que les réponses sont multiples évidemment,
- 21:24mais une des réponses,
- 21:25c'est aussi parce qu'on a
- 21:26l'impression qu'on est tout seul
- 21:27et qu'on sent très bien qu'il y a besoin de
- 21:29mesures collectives
- 21:31massives et que
- 21:32tenir tout seul
- 21:33des changements,
- 21:34c'est effectivement écrasant.
- 21:35Quand on peut se connecter au sentiment que
- 21:38ensemble on avance et que ensemble on crée
- 21:41un nouveau projet et
- 21:42un ensemble de comportements positifs,
- 21:44le sentiment d'impuissance clairement va basculer.
- 21:51Le collectif,
- 21:51on l'a dit plusieurs fois,
- 21:53c'est essentiel pour faire face aux problèmes environnementaux,
- 21:56mais également aux problèmes d'éco anxiété.
- 21:58Mais je me suis
- 21:59posé la question :est-ce
- 22:00que parfois on demande aux individus de porter une responsabilité qui
- 22:03dépasse ce qu'ils peuvent réellement mettre en place en matière d'écologie ?
- 22:07Élie Watelet,
- 22:08écopsychologue, oui,
- 22:09là pour moi,
- 22:10c'est ça,
- 22:11c'est extrêmement grave.
- 22:12Je veux dire,
- 22:12y a eu des discours politiques pendant les canicules,
- 22:15que c'était en France,
- 22:15que ce soit en France ou ici,
- 22:17qui ont été vraiment extrêmement graves,
- 22:19qui sont
- 22:19d'une. part des purs mensonges
- 22:22à des niveaux scientifiques,
- 22:24et c'est dénoncé en long et en large par les climatologues,
- 22:27qui sont du dédouanement total.
- 22:29Si vous voulez vous
- 22:30en sortir pendant les canicules,
- 22:31allez prendre un verre au bord de votre piscine,
- 22:33ouvrez vos fenêtres,
- 22:35buvez de l'eau.
- 22:35C'est totalement méprisant.
- 22:37C'est prendre ni en compte les injustices sociales,
- 22:40ni en compte les réalités écologiques qui sont derrière.
- 22:42On fait peser ça sur les individus,
- 22:44et ce qui est extrêmement grave là-dedans,
- 22:45c'est qu'à un moment dans les milieux écologistes,
- 22:48on a mis vraiment de l'espoir sur
- 22:50ce qu'on appelait la sociologie de crise notamment,
- 22:52qui était le
- 22:52fait que
- 22:53les crises climatiques et écologiques allaient être in fine ce qui allait créer le réveil
- 22:59de conscience de la population.
- 23:00Et en fait,
- 23:01ce n'est pas du tout ce qu'on observe.
- 23:02C'est qu'on a vu ça
- 23:03jusqu'à un certain point.
- 23:04Il y a encore 5 ans,
- 23:05il y avait
- 23:06une forme de mobilisation collective plus importante.
- 23:09Il y
- 23:10a 10
- 23:11ans encore plus,
- 23:12il y avait des
- 23:12endroits où on pouvait sentir
- 23:14qu'on y croyait encore,
- 23:15sur le fait
- 23:16de pouvoir faire infléchir des grandes trajectoires.
- 23:18Maintenant, ça devient compliqué.
- 23:20Ce qu'on observe plutôt,
- 23:20c'est du retour du déni.
- 23:21On voit maintenant toute une série de régressions au
- 23:24niveau écologique,
- 23:25au niveau démocratique.
- 23:26Les crises ne sont pas suffisantes
- 23:28pour faire de la pédagogie.
- 23:29Il y a besoin
- 23:30du réel,
- 23:31je pense,
- 23:31en partie,
- 23:32la confrontation réelle.
- 23:33Il y a besoin de l'accueil émotionnel que fait le réel.
- 23:35Si on n'est pas collectivement dans des espaces où on peut réellement
- 23:39dire "ça m'a fait ça les canicules,
- 23:41ça me fait ça la peur par rapport au changement climatique"
- 23:44et où ça peut être vraiment entendu
- 23:46dans un groupe,
- 23:47c'est extrêmement important.
- 23:48On est des êtres grégaires.
- 23:50Notre seule manière de
- 23:51tenir des tensions psychologiques ou de
- 23:53vivre des traumas
- 23:54et de
- 23:54vivre avec des traumas,
- 23:55c'est d'être en groupe
- 23:56et d'être accueilli dans nos
- 23:58vécus. quoi.
- 24:00Pour conclure,
- 24:01j'ai demandé à Amandine Godin si elle avait des conseils pour ces jeunes qu'on
- 24:05a entendus au début de ce podcast,
- 24:07qui souffrent d'éco-anxiété et d'un sentiment d'impuissance.
- 24:10Ce n'est pas parce que c'est normal
- 24:12de ressentir un tel mal-être face à l'ampleur de la situation
- 24:16que c'est
- 24:16obligé de
- 24:18subir cette douleur tout seul dans son coin.
- 24:20Et que
- 24:21même si la tâche
- 24:23est importante,
- 24:24il est nécessaire
- 24:26de s'accorder du soin personnel dans cette douleur-là.
- 24:30Aux jeunes,
- 24:30regardez bien quelles sont les émotions qui vous habitent pour le moment.
- 24:34S'il y a
- 24:34une émotion qui
- 24:35prend le dessus tout le temps,
- 24:37que ce soit la tristesse,
- 24:38la peur,
- 24:39la colère,
- 24:39et qu'il y
- 24:40a de moins
- 24:40en moins de place pour la joie,
- 24:42pour l'amour,
- 24:43pour les élans,
- 24:44alors à ce moment-là,
- 24:45adressez-vous à des professionnels ou
- 24:47entre vous,
- 24:48parlez-en, créez des petits groupes où vous pouvez parler de ça.
- 24:51Parce que prendre soin de la colère,
- 24:52de la tristesse et de la peur va permettre
- 24:55vraiment de
- 24:56se réouvrir
- 24:56à d'autres émotions.
- 24:58Ça permet
- 24:58de mettre en place des
- 24:59actions et de changer des comportements.
- 25:00de manière durable.
- 25:02Décider par exemple de faire ses courses sans zéro déchet,
- 25:05le plus possible,
- 25:05en tout cas de
- 25:06tendre vers le zéro déchet
- 25:07par peur,
- 25:08ok, ça va peut-être permettre un changement,
- 25:10mais ce qui va permettre au changement de tenir dans la durée,
- 25:13c'est le sens
- 25:14qu'on y trouve
- 25:15et le plaisir qu'on trouve
- 25:17dans l'action de faire ses courses de cette manière-là.
- 25:19Ce qui est catalyseur du changement,
- 25:21c'est vraiment l'ensemble des émotions
- 25:23et un
- 25:24équilibre et un dynamisme entre les émotions.
- 25:26Quand les choses se
- 25:27crispent sur une seule émotion,
- 25:29ça vaut pour l'écologie,
- 25:30mais ça vaut maintenant
- 25:30de manière générale,
- 25:31les choses se crispent,
- 25:32on n'arrive plus à poser des
- 25:34actes, à se mettre en mouvement,
- 25:35à être dans quelque chose de dynamique.
- 25:36Et donc l'ouverture à toutes les émotions est méga importante et la sensibilité,
- 25:41les ressentir,
- 25:42pas seulement les pensées.
- 25:49Pourquoi c'est fini pour aujourd'hui ?
- 25:50Mais on revient la semaine prochaine avec un nouvel
- 25:53épisode qui répond à une de vos questions.
- 25:55Si cet épisode vous a plu,
- 25:57n'hésitez pas à le partager autour de vous.
- 25:59Il est disponible sur notre site,
- 26:00dans notre application et sur votre plateforme de podcast préférée.
- 26:04À bientôt.