Latest / ArtEcoVert La voix de la couleur végétale et des plantes tinctoriales / Maïté Oucéni - La couleur végétale au delà des frontières Italie Afrique
Transcript
- 0:00Bonjour et bienvenue dans le podcast ARTECOVERT,
- 0:03le podcast qui vous parle d'art,
- 0:05d'écologie et de verdure.
- 0:07Je suis Pauline Leroux,
- 0:09ingénieure agronome passionnée de plantes,
- 0:11et je vous emmène à la découverte de la couleur végétale et de toutes ses applications.
- 0:16Que ce soit dans le textile,
- 0:18l'ameublement,
- 0:19l'artisanat,
- 0:20la décoration et dans d'autres domaines,
- 0:23chaque jeudi et samedi à 7h30,
- 0:26je vous propose des épisodes riches avec des invités passionnants pour approfondir le sujet de la couleur végétale sur toute la chaîne de Valette.
- 0:35Mon but,
- 0:36fédérer et démocratiser la couleur végétale dans mon livre.
- 0:40Alors c'est parti,
- 0:41bonne écoute.
- 0:44Alors donc bonjour à tous,
- 0:45je suis ravie d'accueillir sur le podcast Maïté Oucéni.
- 0:49Bonjour Maïté.
- 0:50Bonjour Pauline.
- 0:52Alors Maïté,
- 0:53est-ce que tu peux te présenter,
- 0:55nous raconter ton parcours et ce qui t'a amené aujourd'hui à la teinture végétale ?
- 1:01D'accord.
- 1:03Bonjour à tous,
- 1:04je m'appelle Maïdé Ousseini,
- 1:05je suis designer textile avec une spécialité dans la lenteur naturelle et je suis aussi consultante pour des projets de mode éthique et durable en lien avec l'Europe et surtout avec l'Afrique de l'Ouest.
- 1:20Qui m'a formée au tout début c'est Betty de Paris,
- 1:24elle s'appelle Betty Goldberg mais son nom d'artiste c'est Betty de Paris.
- 1:29C'est avec elle que j'ai fait mes premiers stages d'initiation à la teinture naturelle.
- 1:35Et puis après,
- 1:35j'ai fait des formations professionnelles en cuve d'indigo japonaise,
- 1:41avec le Sukumo,
- 1:42par fermentation bactérienne.
- 1:43Mais là,
- 1:45pour parler plus de mon parcours,
- 1:49j'ai étudié les arts appliqués.
- 1:51À Sèvres,
- 1:52dans la région parisienne,
- 1:54j'ai fait un BTS aussi en métier de la mode et du vêtement à Paris,
- 2:00donc plus prêt-à-porter féminin.
- 2:02Et ensuite,
- 2:03j'ai fait un diplôme des métiers d'art en artisanat textile,
- 2:06option artisanat numérique.
- 2:09Et c'est vraiment dans cette formation que j'ai eu mes premiers...
- 2:14Indirectement,
- 2:15une première rencontre avec la teinture naturelle,
- 2:18c'était par le biais d'un atelier.
- 2:21Il y a une intervenante qui était venue pour nous faire découvrir des techniques de design textile artisanal.
- 2:27Et on a expérimenté des techniques de motifs par réserve.
- 2:33Donc il y avait le shibori,
- 2:34l'itajime shibori,
- 2:35l'arashi shibori.
- 2:37Oui,
- 2:37l'arashi shibori.
- 2:39Et vraiment,
- 2:40j'ai été...
- 2:42Surprise,
- 2:43je suis tombée amoureuse des motifs,
- 2:46j'ai juste adoré.
- 2:48Par contre,
- 2:48les couleurs qu'on utilisait,
- 2:50d'innombre,
- 2:51les couleurs chimiques,
- 2:52rose fluo,
- 2:53jaune fluo,
- 2:54vert fluo,
- 2:56un peu moins.
- 2:58Et puis c'était la première année de ce DMA,
- 3:01il fallait réfléchir à trouver un stage.
- 3:04Il fallait réfléchir aussi à son projet de diplôme.
- 3:07Et là j'ai eu un peu un coup de cœur,
- 3:10donc par le biais de cet atelier,
- 3:16je me suis documentée et puis je suis un petit peu remontée aux origines de ces techniques et forcément je suis tombée sur les artisans du Japon,
- 3:25sur les Dogon,
- 3:26du Mali qui font beaucoup d'indigo avec des techniques de motifs par réserve qu'on appelle le ciréli là-bas.
- 3:37Et donc du coup,
- 3:38je me suis intéressée par le biais de l'indigo encore.
- 3:41J'ai découvert le travail d'Aboubakar Fofana,
- 3:44j'ai découvert le travail de Betty de Paris et j'ai commencé à les contacter les deux pour absolument obtenir un stage avec eux.
- 3:56Ce que j'ai pas réussi.
- 3:58C'était un peu compliqué.
- 4:01Abou Bakar,
- 4:02j'ai appris qu'il était plus à Paris,
- 4:03qu'il était définitivement au Mali.
- 4:07Et Betty,
- 4:08elle avait juste pas voulu à l'époque.
- 4:14Donc j'étais assez déterminée,
- 4:15donc je les ai pas lâchées,
- 4:17on va dire les deux.
- 4:19J'allais aux expositions de Betty,
- 4:20je lui disais cette fois-ci tu veux bien,
- 4:22et cette fois-ci tu veux bien.
- 4:23Non,
- 4:25mais du coup j'ai fait un stage d'initiation avec
- 4:28Betty.
- 4:31Et puis j'avais,
- 4:33voilà,
- 4:34et en fait en deuxième année de DMA,
- 4:36je m'étais présentée à un programme,
- 4:38le programme Voyager pour apprendre les métiers d'art,
- 4:41de la Fondation Culture et Diversité,
- 4:43qui permettait à des étudiants des métiers d'art de partir quatre mois,
- 4:49tout financé,
- 4:50dans un pays de leur choix,
- 4:52pour approfondir ou découvrir une technique de leur choix.
- 4:56Donc du coup j'avais réussi à rencontrer Aboubakar Fofana à Paris.
- 5:02Et je lui avais demandé,
- 5:04il était plutôt partant pour m'accueillir à Bamako.
- 5:09Et finalement,
- 5:12il n'a pas pu.
- 5:13Donc,
- 5:15j'ai cherché une coopérative de femmes à Bamako,
- 5:19une coopérative de teinturières à l'Indigo.
- 5:23Et en fait,
- 5:23c'était super parce que j'ai été sélectionnée dans les six lauréats pour faire cette expérience-là.
- 5:30Donc,
- 5:30je suis partie.
- 5:32C'était quatre mois de stage,
- 5:33mais j'ai décidé de rester six mois pour avoir un peu la possibilité de rencontrer d'autres artisans.
- 5:40Et l'expérience dans cette coopérative,
- 5:43ce n'est pas spécialement bien passé parce que je suis arrivée toute naïve.
- 5:48Toute naïve.
- 5:50Et en fait,
- 5:52ce n'était pas de l'indigo naturel.
- 5:54C'était complètement chic et ça se faisait passer pour du naturel.
- 5:59Donc,
- 6:00j'étais un petit peu...
- 6:03J'étais déçue,
- 6:07mais par contre j'ai réussi à apprendre beaucoup avec les artisans qui font le cirilli,
- 6:14c'est-à-dire le shibori,
- 6:16les techniques de motifs traditionnels.
- 6:19J'ai quand même eu des échanges.
- 6:21Et puis maintenant c'est un artisan avec qui je continue à collaborer donc c'est génial.
- 6:26Et voilà quand j'ai fini ces quatre mois là un petit peu triste ou net,
- 6:30j'ai eu la chance de rencontrer un de mes collaborateurs,
- 6:35Thomas Gassama,
- 6:37sur une belle colline de Bamako magnifique qui s'appelle la colline de Lhasa.
- 6:43Et c'est là que j'ai découvert la technique du beau-goulamp.
- 6:48Et là,
- 6:48pour le coup,
- 6:49tout était naturel.
- 6:51J'ai visité tout l'atelier,
- 6:53j'ai vu tous ces bagues de fermentation d'argile,
- 6:57ces bagues de teinture naturelle enrichies de plein d'intrants naturels comme de la cendre,
- 7:04comme des morceaux de fer.
- 7:06Et cette personne a été super accueillante et m'a dit Mais à partir d'aujourd'hui,
- 7:11si tu veux,
- 7:11tu viens tous les jours pour apprendre le beau-golant.
- 7:15Il ne m'a jamais rien demandé,
- 7:18il m'a tout donné,
- 7:18donc je suis très reconnaissante.
- 7:20Et donc pendant deux mois,
- 7:21j'étais avec lui à apprendre cette technique.
- 7:25Et au volant,
- 7:27c'est une technique de teinture naturelle et traditionnelle du Mali.
- 7:33C'est une technique qui est associée à l'ethnie Bambara,
- 7:37mais qui aujourd'hui est largement pratiquée par plein d'ethnies.
- 7:42Et c'était des tissus qui étaient très utilisés par les chasseurs avant.
- 7:48Puis maintenant,
- 7:48c'est utilisé par tout le monde.
- 7:50Et le principe,
- 7:52c'est de baigner son tissu de coton dans un bain de Ngalama.
- 7:57Donc,
- 7:58c'est l'anogéus leocarpus,
- 8:00un bouleau africain qui est super riche en tannins.
- 8:06Et donc,
- 8:06ce tissu devient jaune.
- 8:11Et par-dessus cette couleur,
- 8:14on vient appliquer différents dessins,
- 8:17symboles,
- 8:18soit à la main levée,
- 8:19soit à l'aide du pochoir,
- 8:21avec d'autres teintures végétales.
- 8:25Donc on utilise beaucoup le NPKU,
- 8:26qui est l'Anea microcarpa,
- 8:30c'est un arbre à raisins.
- 8:31Il y a aussi l'acacia,
- 8:32il y a le kangara,
- 8:34il y a le combretum glutinus perrottet,
- 8:36et puis il y a donc le bogo.
- 8:39Et donc le bogo,
- 8:40ça veut dire argile.
- 8:43et elle vient du fond du fleuve Niger.
- 8:46Donc en fait,
- 8:47on va à côté du fleuve Niger,
- 8:49on demande à des porteurs de sable,
- 8:52ceux qui prennent le sable pour les constructions,
- 8:55de dire Est-ce que tu peux me prendre un petit peu de beau eau,
- 8:58s'il te plaît,
- 8:59à la bonne saison ?
- 9:00Et puis il y va,
- 9:01il plonge,
- 9:02incroyable,
- 9:03et il te ramène de cette argile.
- 9:05Et cette argile,
- 9:06elle est riche en fer,
- 9:07donc finalement,
- 9:08ça crée des attaches.
- 9:11et ça se fixe très bien,
- 9:13c'est un mordant.
- 9:15Les parties qui ont cette argile deviennent noires et se fixent très bien.
- 9:24Tandis que les autres,
- 9:25dans un usage traditionnel,
- 9:28ça convient très bien.
- 9:30Souvent,
- 9:30c'est des tissus qu'on ne lave pas,
- 9:31c'est des tissus qu'on frappe,
- 9:34on enlève la poussière.
- 9:38Et en plus souvent les boubous c'est des vêtements très amples donc ça circule,
- 9:43il n'y a pas besoin spécialement de les laver.
- 9:46Cependant quand le beau Golan arrive dans un marché de mode international,
- 9:50là ça pose des problèmes pour le consommateur qui va lui vouloir le laver en machine,
- 9:56ce qui n'est déjà pas très recommandé pour des teintures naturelles,
- 9:59plus à la main mais quand même juste...
- 10:03Le engalama comme tannin qui va servir de fixateur n'est pas suffisant.
- 10:09Donc là c'est aussi quelque chose sur lequel je travaille avec les artisans pour permettre d'ouvrir des nouveaux marchés et donc de compléter ce mordant sage.
- 10:20T'as d'accord,
- 10:20ok.
- 10:23Franchement,
- 10:25je te coupe là parce que tu as déjà dit plein de choses intéressantes sur lesquelles je voulais notamment qu'on revienne.
- 10:29Donc merci d'avoir plus raconté le beau Gauland parce que je n'avais pas toutes ces infos et ces anecdotes.
- 10:37Tu as parlé de plusieurs choses dans ton parcours où j'aimerais bien qu'on fasse des petits points.
- 10:43Tu as parlé d'artisanat numérique.
- 10:45Est-ce que tu peux m'expliquer ce que c'est que l'artisanat numérique ?
- 10:47Parce que j'avoue que là,
- 10:48ça ne me parle pas trop.
- 10:51Le terme qu'on utilise là-bas,
- 10:53mais finalement c'est assez simple,
- 10:54c'est qu'on développe,
- 10:57on crée des points entre le dessin traditionnel,
- 11:00le dessin vectoriel par exemple,
- 11:03Photoshop,
- 11:03Illustrator.
- 11:05Par exemple,
- 11:06on peut retranscrire,
- 11:08transposer des dessins.
- 11:11en numérique,
- 11:11en digital,
- 11:12sur Elucator.
- 11:13Et puis,
- 11:14en fait,
- 11:14on peut créer nos outils grâce à ça.
- 11:18Donc,
- 11:18on peut créer des pochoirs,
- 11:19on peut utiliser du coup la découpeuse laser,
- 11:24l'imprimante 3D pour façonner nos projets.
- 11:28D'accord.
- 11:30Pour créer un support de moulage,
- 11:31on pouvait passer par la modélisation 3D et imprimer cette forme avec l'imprimante 3D et la travailler en textile ensuite.
- 11:42C'était vraiment des va-et-vient entre les nouvelles technologies et l'artisanat traditionnel.
- 11:48D'accord,
- 11:48donc ça c'était ma première petite question.
- 11:51Ensuite,
- 11:51tu as parlé de toutes les formes et tous les styles de teinture par réserve,
- 11:59de motif par réserve.
- 12:00Est-ce que tu peux revenir sur chacune d'entre elles parce que tu es allée super vite ?
- 12:05Est-ce que là-dessus,
- 12:06tu peux nous redétailler un petit peu ce que tu as dit dans ton parcours ?
- 12:14Oui,
- 12:16pour les teintures à réserve du Mali,
- 12:20c'est ce qu'on connaît avec le terme japonais shibori.
- 12:24C'est le fait de venir plier,
- 12:31coudre,
- 12:32nouer,
- 12:33ligaturer,
- 12:34compresser aussi le tissu pour créer des zones où la teinture ne parviendrait pas à s'infiltrer.
- 12:42Et...
- 12:43Et une fois que cette jeune sculpture a un volume qui est très beau,
- 12:48attaché,
- 12:50après le bain de teinture,
- 12:52quand on le laisse sécher et qu'on va ôter ses fils,
- 12:56il y a des motifs écrus qui apparaissent et qui créent des motifs qui me touchent beaucoup.
- 13:07Les réserves ne sont pas spécialement blanches si on vient teindre le tissu avant dans une couleur.
- 13:13Mais en tout cas,
- 13:16c'est ça,
- 13:16c'est ce qu'on appelle tie and die finalement.
- 13:20Et au Mali,
- 13:21ça se dit Cyrilie.
- 13:23Cyrilie,
- 13:24j'avais noté,
- 13:25je ne savais pas.
- 13:26Ok,
- 13:27super.
- 13:27Donc,
- 13:27tu as cité deux personnes,
- 13:29donc Aboubakar Fofana,
- 13:30qu'on m'a plusieurs fois citée,
- 13:31et Betty de Paris,
- 13:32pareil,
- 13:33qu'on m'a citée.
- 13:34Il faudrait que je la contacte,
- 13:37en effet.
- 13:38Je voulais voir avec toi,
- 13:39du coup,
- 13:41aujourd'hui,
- 13:41tes activités.
- 13:42Donc,
- 13:42si je comprends,
- 13:44c'est dans tout ce qui est teinture naturelle,
- 13:47mais tu as quand même une...
- 13:49une volonté de développer les techniques de Beaugolant à l'international,
- 13:53si je comprends bien.
- 13:55Alors là,
- 13:56je travaille sur le Beaugolant,
- 13:57mais ce n'est pas que le Beaugolant.
- 14:02Mon objectif,
- 14:04c'est de cibler des techniques traditionnelles textiles d'Afrique et de les revaloriser et de les préserver.
- 14:19Parce que finalement,
- 14:20ce qu'on remarque quand on va...
- 14:23Moi,
- 14:23je suis allée au Mali,
- 14:24je ne suis pas allée au Mali,
- 14:25mais j'y ai vécu quand même trois ans.
- 14:27C'est que la jeunesse n'est plus intéressée pour faire ça.
- 14:34C'est trop traditionnel,
- 14:36on veut de la modernité,
- 14:37on aime les wax.
- 14:40On rejette ça et moi quand j'étais dans cette coopérative,
- 14:43il y avait aussi des jeunes femmes qui me voyaient avec les mains dans la cuve à faire tous ces travaux qui sont sales et qui disent que les cuves d'indigo ça pue.
- 14:53Moi j'adore,
- 14:54ils me disaient mais pourquoi tu fais ça ?
- 14:56Et puis aussi c'est qu'il y a beaucoup de tradition orale.
- 15:01Il y a beaucoup de choses qui ne s'écrivent pas.
- 15:03Nous,
- 15:04en Europe,
- 15:04on a quand même la chance d'avoir plein de manuscrits.
- 15:08Si on a envie de se mettre à la teinture végétale,
- 15:10il y a plein d'ouvrages à conseiller,
- 15:14à consulter.
- 15:15Tandis que,
- 15:17par exemple,
- 15:17au Mali,
- 15:18non.
- 15:18Alors,
- 15:18en fait,
- 15:19je trouve que c'est préoccupant parce que les modes de conservation changent.
- 15:27On veut revenir à l'artisanat,
- 15:29on veut revenir à des pratiques durables.
- 15:32Et finalement,
- 15:32l'Afrique a une réponse énorme face à ça.
- 15:37Et donc,
- 15:37il faut valoriser ces tissus.
- 15:41Il faut travailler au renforcement de capacités pour permettre à ces tissus d'arriver sur le marché international.
- 15:51Et donc il n'y a pas que le beaugolant.
- 15:54J'adore prospecter sur toutes les techniques,
- 15:59vraiment une enquête.
- 16:01Et je passe des semaines des fois à faire ça,
- 16:03à trouver des artisans,
- 16:04à trouver leurs contacts,
- 16:06à les appeler,
- 16:07à trouver des fédérations,
- 16:09à trouver des groupements pour savoir si la production se fait encore.
- 16:15Et essayer de proposer ces projets à mes collaborateurs,
- 16:22parce qu'il y en a différents.
- 16:27Et donc voilà,
- 16:28c'est pas que le Bogoland.
- 16:30D'accord,
- 16:30et alors ?
- 16:31Ce qui m'intéresse beaucoup,
- 16:32c'est vraiment de connecter avec plein d'artisans,
- 16:35mais pas que en Afrique.
- 16:38Mais du coup,
- 16:38c'est aussi ça mon travail de consultante,
- 16:41c'est mon réseau.
- 16:43D'accord,
- 16:43le réseau.
- 16:44Alors...
- 16:46Oui,
- 16:47excuse-moi,
- 16:47il y a un problème de réseau,
- 16:49du coup on est un petit peu en décalé,
- 16:50mais du coup Maïté,
- 16:51je voulais te demander,
- 16:52donc super transition,
- 16:54mais que tu présentes ton activité d'aujourd'hui,
- 16:58où tu es basée,
- 16:59depuis quand tu as créé ton activité,
- 17:01etc.
- 17:02Et que tu nous parles de cette vie un peu d'entrepreneur,
- 17:05mais avec toutes ces attaches africaines,
- 17:09ce que tu fais,
- 17:10tu dis que tu as parlé beaucoup de projets en Europe,
- 17:12en Afrique de l'Ouest.
- 17:13Est-ce que tout ça,
- 17:14tu peux nous le raconter ?
- 17:16Comment ça se passe pour toi ?
- 17:18Oui.
- 17:19Du coup,
- 17:21après cet échange que j'ai fait au Mali pendant six mois,
- 17:27je suis revenue un petit peu déboussolée de nos modes de production à nous.
- 17:32J'étais très touchée d'avoir été connectée vraiment.
- 17:35J'avais l'impression que j'étais connectée à l'origine des choses.
- 17:40Ce qu'on fait vraiment avec les mains,
- 17:42vraiment avec...
- 17:44Oui,
- 17:45à l'artisanat.
- 17:46Du coup,
- 17:46je suis repartie.
- 17:47Je suis restée quelques mois me poser des questions.
- 17:49Je suis repartie et je me suis dit,
- 17:51cette fois-ci,
- 17:52je prends mon sac à dos et je vais parcourir un petit peu les zones où je peux aller,
- 17:57où je peux me permettre d'aller au Mali,
- 17:58parce qu'il y a une situation politique assez compliquée.
- 18:02Donc,
- 18:02il faut faire attention.
- 18:03Et puis,
- 18:05j'ai prospecté.
- 18:07Je me suis fait un réseau pendant quasiment trois mois.
- 18:11Puis j'ai récolté des échantillons auprès de pas mal d'artisans,
- 18:15de groupements,
- 18:16d'associations.
- 18:18On a développé des prototypes pour voir si des idées que j'avais pouvaient se retranscrire avec les techniques.
- 18:24Des fois c'était possible,
- 18:25des fois c'était pas possible.
- 18:27Et donc finalement je me rendais pas spécialement compte,
- 18:31mais je me suis rendue compte à un moment que j'étais en train de créer une chaîne de production.
- 18:36Et...
- 18:40Et je me suis fait,
- 18:42enfin,
- 18:42remarqué,
- 18:43oui,
- 18:44par une agence de mode éthique.
- 18:46Il y avait aussi des initiatives au Mali.
- 18:48Elle s'appelle
- 18:50Ethical Fashion Initiative.
- 18:52Et c'est une agence des Nations Unies.
- 18:57Donc,
- 18:58ils font beaucoup de projets de développement liés aux techniques.
- 19:04textiles traditionnels et mettre en contact des communautés d'artisans avec des clients,
- 19:13des grands clients de la mode internationale,
- 19:15haut de gamme,
- 19:16du luxe.
- 19:18Donc à partir de là,
- 19:21moi je...
- 19:23Je suis revenue du Mali et je me suis rendue compte que c'était bête parce que l'indigo,
- 19:31ce qui m'avait fait venir au Mali,
- 19:35c'était un savoir-faire quasiment perdu.
- 19:39Il y a Abou Bakar qui en fait.
- 19:41Mais bon,
- 19:42c'est une personne qui voyage beaucoup,
- 19:43qui fait des formations aux États-Unis,
- 19:45c'est difficile de le rencontrer.
- 19:49Et donc,
- 19:51je trouvais ça dommage,
- 19:53mais pourtant,
- 19:53il y avait toutes les matières premières à disposition.
- 19:59pour faire des cuves d'indigo naturelles.
- 20:02Et c'est juste que les colorants de synthèse,
- 20:05ils ont fait oublier des parties des recettes.
- 20:09Alors il y a des ingrédients vraiment de la cuve traditionnelle que les artisans continuent à mettre,
- 20:18mais ils n'arrivent plus à avoir du bleu sans rajouter ces pigments synthétiques.
- 20:25Et puis voilà,
- 20:26donc c'est des cuves à l'hydrosulfite,
- 20:29à la soupe caustique,
- 20:30puis en fait il n'y a pas vraiment de station d'épuration,
- 20:33donc c'est rejeté dans les caniveaux,
- 20:34c'est des arbres.
- 20:37Je suis revenue en me disant que je devais comprendre comment au Mali,
- 20:45je pourrais remonter des cuves d'indigo naturelles.
- 20:50Betty de Paris,
- 20:50à ce moment-là,
- 20:51donnait une formation professionnelle de plusieurs semaines sur les cuves d'indigo à fermentation bactérienne.
- 20:59Du coup,
- 21:00je l'ai suivi et puis ça m'a donné pas mal de clés pour essayer de croiser ces différents savoir-faire,
- 21:07dire ok,
- 21:07quand je vais revenir au Mali,
- 21:08je vais transposer ces techniques avec les ingrédients à disposition et essayer de former les artisans avec qui je travaillais,
- 21:20notamment Thomas Gassama qui faisait du pogolan.
- 21:23Bon ben...
- 21:26Il y a eu le Covid entre temps,
- 21:29donc mon départ a été décalé il y a plusieurs mois.
- 21:34J'avais décidé d'y retourner,
- 21:36mais cette fois-ci d'aller y vivre et de monter mes entreprises.
- 21:42Donc j'y suis retournée.
- 21:44J'ai créé un génieux,
- 21:45un groupement d'intérêt économique avec plusieurs artisans.
- 21:50Ce génieux s'appelait
- 21:53Maota Studio.
- 21:55et avait pour but de fédérer différents artisans de la filière textile,
- 22:03autant hommes que femmes,
- 22:05pour créer au final des plumes.
- 22:08Du design textile,
- 22:09des œuvres d'art,
- 22:10du linge de maison,
- 22:12avec du coup mes designs,
- 22:13parce que je ne voulais pas reprendre les motifs traditionnels,
- 22:18parce que je considérais que ça ne m'appartenait pas.
- 22:21Mais je voulais utiliser les techniques surtout,
- 22:24les matières premières,
- 22:26pour proposer un univers nouveau.
- 22:28Donc voilà,
- 22:29il y avait des femmes assez gourdes qui faisaient la filature à la main,
- 22:33on appelle ça le fil phallique,
- 22:34le mind-pick.
- 22:36Il y avait beaucoup de tisserands peu,
- 22:37la Bamako qui faisait donc les petites bandes,
- 22:41les grandes bandes.
- 22:43Il y en avait d'autres encore à Ségou qui faisaient des tissus sur grand métier,
- 22:48d'une laisse de 120.
- 22:49Donc après il y avait mon collaborateur Thomas pour le Bogolan.
- 22:55Et puis je me suis rendu compte que c'est...
- 22:59Peut-être que ça demandait vachement de recherche et de développement pour l'indigo.
- 23:02Donc là,
- 23:03dans une logique de business,
- 23:05de production,
- 23:05il fallait que je mette ça de côté,
- 23:07l'indigo,
- 23:07en me disant bon,
- 23:08là,
- 23:08on se concentre sur le Bogolan parce que là,
- 23:11c'est beaucoup plus certain
- 23:15Mais voilà,
- 23:15j'ai quand même initié pas mal de projets au Mali.
- 23:20En fait,
- 23:20l'indigo,
- 23:21que je me faisais…
- 23:24venir et ils viennent du pays d'Ogon,
- 23:28des falaises,
- 23:29de Bandiagara,
- 23:31en fait ça devenait trop risqué malheureusement pour les habitants qui allaient récolter ces plantes parce que c'était,
- 23:42il y avait trop de jadistes du coup c'était trop risqué pour eux donc en fait je voulais plus leur demander d'aller me chercher d'un dibo.
- 23:52Avec un agriculteur que j'ai rencontré à Doulaï,
- 24:02on a réussi à avoir pas mal de graines d'indigo ferra arecta.
- 24:07C'est la plante indigo locale et on a cultivé de l'indigo à Katy,
- 24:12à quelques kilomètres de
- 24:14Bamako.
- 24:16C'était le projet.
- 24:20C'était un des projets en parallèle de développement.
- 24:25Donc voilà,
- 24:26on a développé un peu de production,
- 24:31de l'échantillonnage.
- 24:32Entre temps,
- 24:33j'ai postulé à plusieurs programmes avec Ethical Fashion Initiative.
- 24:38Je suis rentrée dans le Venture Studio,
- 24:40qui est des sessions de coaching avec des incubateurs pour développer bien son business model.
- 24:48Et ensuite,
- 24:50j'ai passé un autre concours et je suis rentrée dans le
- 24:56FI accélérateur.
- 25:00ouest africaine créative.
- 25:02Donc là,
- 25:03c'était quasiment sur deux ans,
- 25:04c'était super intensif,
- 25:05c'était vraiment sur la collection,
- 25:07il y avait pas mal de professionnels qui nous coachaient,
- 25:11c'était génial.
- 25:16Et malheureusement,
- 25:18j'ai eu un accident assez grave juste quelques mois plus tard.
- 25:24Et en fait,
- 25:24après cet accident,
- 25:25j'étais absolument plus apte physiquement ni psychologiquement à travailler.
- 25:31Et avec la situation politique sécuritaire,
- 25:35je pense que c'était un peu la goutte d'eau.
- 25:39Donc en fait,
- 25:39je suis partie en Italie.
- 25:42Donc ça fait un an et demi maintenant que j'habite en Italie avec mon compagnon.
- 25:46Et du coup,
- 25:48je suis allée pour me reposer et en fait,
- 25:53la situation politique est devenue de plus en plus catastrophique.
- 25:56Il y a eu un embargo total pendant des mois.
- 25:59Donc,
- 25:59il n'y avait même plus la possibilité de voyager,
- 26:02de prendre un avion,
- 26:03d'y retourner.
- 26:05Et puis,
- 26:06mes partenaires des Nations Unies m'ont dit Désolée,
- 26:09on ne peut plus
- 26:11on voyait qu'il n'y avait plus de paiement possible avec cet embargo.
- 26:15Donc ça a été un peu une grande remise en question.
- 26:21J'ai été un peu forcée de tout recommencer à zéro et de me dire,
- 26:25bon,
- 26:28on recommence différemment et peut-être que ce n'était pas plus mal avec le recul.
- 26:32Je me dis que c'était un peu forcé,
- 26:35mais que c'était la bonne décision.
- 26:41Et du coup,
- 26:42tu as tout repris à zéro depuis l'Italie,
- 26:47donc c'est là où tu es basée aujourd'hui ?
- 26:49Oui.
- 26:49Et donc,
- 26:50du coup,
- 26:52vas-y.
- 26:53Je suis dans l'Emilia-Romagna,
- 26:57à côté de Reggio Emilia.
- 26:59J'ai mon laboratoire là-bas.
- 27:03Et je recommence à travailler en tant que plus consultante,
- 27:08donc design textile.
- 27:10Consultante pour des projets de mode éthique et durable.
- 27:16Mais je ne touche pas en ce moment,
- 27:18ça fait un an et demi,
- 27:18je ne touche pas à la teinture.
- 27:21Moi,
- 27:21vraiment,
- 27:21j'ai fait beaucoup de récoltes parce que j'avais envie d'étudier un peu les plantes du bassin méditerranéen,
- 27:27les plantes tinctoriales européennes,
- 27:31parce que j'ai beaucoup étudié les plantes d'Afrique de l'Ouest.
- 27:35Et donc...
- 27:37Là,
- 27:38depuis septembre,
- 27:40j'ai recommencé à travailler en ayant une idée très claire,
- 27:43en me disant bon,
- 27:44j'ai laissé quand même pas mal d'investissements au Mali,
- 27:46je vais les récupérer,
- 27:48mais pour l'instant,
- 27:49je pense que c'est plutôt mon réseau qui peut me servir
- 27:54Donc j'avais commencé à semer des graines au début de cette expérience au Mali,
- 27:59j'avais contacté quelques marques parisiennes avec lesquelles je pouvais avoir des synergies,
- 28:04puis en fait,
- 28:04elles m'ont recontactée.
- 28:08en septembre en me disant on fait un projet je suis du coup j'ai ça m'a permis de de de me réconcilier avec le mali finalement l'âge
- 28:23de cette marque on peut la citer parce que j'ai félicite pour
- 28:29J'ai félicité pour leur courage,
- 28:31pour leur envie de faire bouger les choses dans le milieu de la mode.
- 28:37C'est la marque Panafrica,
- 28:39c'est une marque parisienne,
- 28:42qui se sont fait connaître pour des chaussures avec des tissus wax et des matériaux assez durables.
- 28:51Ils ont une production qui est quasiment exclusive ou exclusif en Afrique.
- 28:56Et puis,
- 28:57finalement,
- 28:57ils avaient envie de se tourner vers des tissus qui étaient encore plus africains.
- 29:05Et donc,
- 29:06cette technique du beau-golant,
- 29:08ils étaient très curieux.
- 29:10Et donc,
- 29:11on développe un projet avec un artisan de mon réseau qui a djenné.
- 29:19qui a été géné et qui fait du beau volant.
- 29:23On développe une édition limitée,
- 29:27une collection capsule d'écharpes.
- 29:30On développe les designs.
- 29:35Comment dire ?
- 29:36Je développe les designs de manière à ce que ça soit faisable avec la technique du beau-golant.
- 29:40Donc ça demande une connaissance de la technique,
- 29:43des gammes colorées,
- 29:44de ce qui est possible de faire,
- 29:45de ne pas faire.
- 29:46Moi je développe les pochoirs,
- 29:48on m'envoie tout là-bas,
- 29:50je donne les cahiers techniques.
- 29:52Et puis après je coordonne tout le projet jusqu'à réception des produits à Paris.
- 29:58Donc cette collaboration c'est un peu un challenge parce que Djenné c'est une zone où moi j'ai complètement pas le droit d'aller.
- 30:05Je peux pas passer un barrage,
- 30:07on me dit vous retournez à Bamako madame,
- 30:09mais ça va pas à la tête.
- 30:11Donc c'est un challenge mais j'en suis fière parce qu'il y a vraiment des artisans talentueux au Mali.
- 30:18Et ils sont victimes de la situation politique qui se passe là-bas et puis il n'y a plus de touristes depuis des années.
- 30:27Et en fait,
- 30:28ils sont mis à mal et donc j'essaye de voir comment on peut continuer à collaborer dans des zones où on ne peut pas aller,
- 30:37où on ne peut pas aller les visiter.
- 30:40Et donc ça c'est un challenge mais je trouve ça très intéressant parce qu'on y arrive.
- 30:44On y arrive.
- 30:44Ouais.
- 30:45D'accord.
- 30:47Et donc,
- 30:47un projet qui sortira en octobre.
- 30:52Je vais sortir en octobre,
- 30:53donc je vous invite à tous aller voir cette collection capsule Pan Africa avec ce beau Golan du Mali.
- 31:04Cet atelier qui s'appelle Mali Mali de Alpha Moye et Kumare.
- 31:09Et du coup Maïté,
- 31:10dans tes partenaires,
- 31:13tu nous as expliqué ton réseau puissant au Mali.
- 31:17Est-ce que tu as d'autres partenaires en Italie ou plutôt dans...
- 31:25plusieurs pays,
- 31:25toi,
- 31:26vu ton histoire.
- 31:28Mais alors,
- 31:28du coup,
- 31:28je voulais savoir,
- 31:30pour tes partenaires,
- 31:31et puis pareil,
- 31:33partenaires,
- 31:33ça peut être aussi tes fournisseurs de matières premières,
- 31:37de tissus pour tester,
- 31:39etc.
- 31:39Est-ce que tu peux nous parler un peu de ton écosystème en Europe et en Afrique,
- 31:44du coup ?
- 31:45Oui,
- 31:45alors donc je dirais qu'il y a plusieurs catégories de partenaires.
- 31:51Il y a plus les projets que je fais qui sont plus développement et mode.
- 31:56Donc on va dire qu'il y a des projets en cours avec cette agence qui s'appelle Ethical Fashion Initiative.
- 32:02Et il y a des projets qui vont continuer en Afrique de l'Ouest,
- 32:04pas au Mali mais au Bénin et au Burkina Faso.
- 32:09J'en dis pas plus.
- 32:11Donc ça,
- 32:12c'est un grand partenaire.
- 32:14Il y a cette marque Panafrica,
- 32:16je pense,
- 32:16avec qui on pourra continuer à faire des projets.
- 32:19Il y a pas mal de marques milanaises,
- 32:24puisque je suis en Italie,
- 32:26vraiment des stylistes africains qui sont très sensibles justement à cette démarche.
- 32:37qui ont envie de participer à valoriser ces textiles.
- 32:45Il y a comme partenaire,
- 32:51j'ai été formée aussi par
- 32:53Alexandro Butta,
- 32:55qui est un maître teinturier italien.
- 33:00Durant une résidence artistique que j'ai fait à Spoleto l'an dernier,
- 33:04qui était en collaboration avec la Fondation Sending.
- 33:10Et l'Ethical Fashion Initiative et la Malarelli Week Studio.
- 33:15Du coup,
- 33:16j'ai fait une partie de cette résidence dans l'Hacienda Agripol.
- 33:22C'est une ferme d'Alexandre Routa.
- 33:25Et en fait,
- 33:26c'est génial parce qu'il produit énormément de teintes tinctoriales.
- 33:31Énormément de la garance,
- 33:33de l'indigo,
- 33:33de la reseda,
- 33:34mais aussi...
- 33:35Le Scotano en français c'est l'arbre à perruque,
- 33:38c'est le sumac et encore plein d'autres.
- 33:42Donc en fait,
- 33:44pour ceux qui sont intéressés,
- 33:45vous pouvez contacter la Campana Montefiore,
- 33:49c'est ça,
- 33:49dans la région de Marche en Italie,
- 33:52et vous pouvez vous fournir de nombreuses plantes territoriales.
- 33:58Donc ça c'est un fournisseur.
- 34:01En termes de tissus,
- 34:04mes collaborateurs sont beaucoup en Afrique de l'Ouest.
- 34:09Je veux dire,
- 34:10il y en a la plupart.
- 34:12Il y en a que je commence à voir aussi en
- 34:14Côte d'Ivoire.
- 34:19Mais il y a aussi un producteur de tissus en Italie que je trouve admirable,
- 34:25qui a relancé la filière du chanvre.
- 34:28Parce que l'Italie était le deuxième producteur de chanvre mondiale au
- 34:3719e.
- 34:38Quelque chose comme ça.
- 34:41Et donc,
- 34:41ils sont à Milan.
- 34:42Ça s'appelle Maecotesuti.
- 34:45Et du coup,
- 34:45ils font des tissus incroyables en chanvre mix aussi.
- 34:50Chanvre soie,
- 34:51chanvre laine,
- 34:51chanvre linque.
- 34:53Incroyable.
- 34:55Donc,
- 34:55je vous invite à jeter un...
- 34:57un coup d'œil et puis voilà il ya des nouveaux partenariats qui se créent mais je suis un peu comment dire où je fermais mo
- 35:11J'aime pas parler des choses qui sont pas encore actées,
- 35:13quoi.
- 35:14D'accord.
- 35:16Je voulais te demander,
- 35:17avec ton point de vue qui est très européen,
- 35:22très...
- 35:23et aussi afrique,
- 35:24enfin vraiment très large,
- 35:26est-ce que tu as un recul par rapport à la demande en teinture végétale,
- 35:31par exemple en Italie,
- 35:33ou est-ce que c'est...
- 35:35plus avancé qu'en France ?
- 35:37Est-ce que tu as des notions un peu de la demande en Europe ?
- 35:41Est-ce que c'est en train de prendre ?
- 35:43Est-ce que tu as plus de demandes ?
- 35:44Comment tu vois les choses avec ton regard beaucoup plus haut que la simple vision France ?
- 35:48Qu'est-ce que tu peux nous dire là-dessus ?
- 35:51C'est compliqué,
- 35:52comme tous les invités que tu as eus.
- 35:56C'est compliqué.
- 36:00Je veux dire,
- 36:01il y a une entreprise en Italie qui a envie de développer plus de teinture naturelle,
- 36:09c'est
- 36:09Ratti, au lac de Caume.
- 36:11Je trouve que vraiment c'est une manufacture qui m'attire beaucoup parce que c'est vraiment entre l'industrialisation et l'artisanat et les techniques artisanales.
- 36:24Je sais qu'ils font beaucoup de recherche et développement,
- 36:26qu'ils sont intéressés par des techniques de teinture naturelle qui se passent en Afrique ou en Europe.
- 36:33Donc c'est plutôt bien de voir qu'il y a des grosses entreprises comme ça qui s'y intéressent,
- 36:39mais c'est quand même assez compliqué.
- 36:41Dès que je rencontre des clients,
- 36:45je ne travaille qu'avec la teinture naturelle,
- 36:46je ne veux pas du tout travailler avec du chimique et je dois vendre ça.
- 36:51Et ce n'est pas facile parce qu'on me dit mais non,
- 36:53mais ça ne tient pas
- 36:55Ça ne tient pas,
- 36:55c'est des fausses idées reçues,
- 36:57mais c'est juste qu'on ne connaît pas.
- 37:00Je pense qu'il y a une petite propagande qui s'est faite,
- 37:02il y a un moment qui continue à avoir de la force malheureusement.
- 37:08J'essaye de vendre la teinture naturelle,
- 37:12je suis contente parce que ça marche.
- 37:13Pan Africa se sont lancés dans l'aventure,
- 37:15j'ai plusieurs marques à Milan qui se lancent aussi.
- 37:22C'est quoi les arguments que tu leur donnes ?
- 37:26Est-ce que tu leur apportes des preuves avec des outils de mesure ?
- 37:32Ou c'est,
- 37:33comme tu dis,
- 37:34des marques qui se sont lancées et qui sont allées ?
- 37:37Dans ton argumentaire,
- 37:38est-ce que c'est plutôt des outils,
- 37:41des données ou des preuves par des marques ?
- 37:45Comment tu fais pour les convaincre ?
- 37:47J'ai beaucoup d'expérience,
- 37:48je veux dire,
- 37:49ça fait quand même,
- 37:50ça fait pas si longtemps,
- 37:51mais ça fait quand même déjà quelques années que je fais de la teinture naturelle.
- 37:57Donc voilà,
- 38:00tout passe par le mordansage finalement.
- 38:03Et en fait,
- 38:03j'essaye d'expliquer à des collaborateurs qui ne sont pas des artisans,
- 38:08qui sont des commerçants,
- 38:09qui sont des businessmen,
- 38:11pourquoi une...
- 38:15La collaboration de l'année 2015 par exemple,
- 38:21ce n'est pas bien passé avec la technique du Bogolan ou avec une autre technique,
- 38:25et qu'il y a eu une commande et pas deux.
- 38:28Par exemple,
- 38:29quand je parlais du Bogolan,
- 38:30il n'y a que du tannin.
- 38:32Il n'y a que du tannin et il n'y a pas d'alin,
- 38:36de potassium.
- 38:41Le mordantage est incomplet.
- 38:43Donc j'essaye de parler à mes collaborateurs et de leur expliquer pourquoi.
- 38:49Et finalement,
- 38:50ils sont plutôt...
- 38:52ils accueillent mes...
- 38:54Mes remarques,
- 38:55mes suggestions,
- 38:56et ça,
- 38:57je trouve que j'ai de la chance de pouvoir avoir des interlocuteurs qui commencent à me faire confiance.
- 39:02Un coup,
- 39:03qui me mettent sur des projets et qui disent,
- 39:05bon,
- 39:05on avait un peu mis la teinture naturelle de côté,
- 39:09mais si tu as l'air de savoir ce que tu dis,
- 39:12on va essayer de faire du renforcement de capacité avec des communautés d'artisans pour essayer de promouvoir telle technique.
- 39:20telle autre technique de teinture naturelle,
- 39:23parce que c'est vrai que c'est des techniques qui sont à haut potentiel,
- 39:27autant en termes de matière textile que de couleur,
- 39:31et que ce serait dommage de passer à côté de ça,
- 39:33juste parce que les artisans en Côte d'Ivoire,
- 39:38au Bénin ou au Mali,
- 39:41n'ont pas reçu de formation sur le mordansage.
- 39:44D'accord.
- 39:45Du coup,
- 39:47c'est ce que j'allais te poser comme question,
- 39:49c'était comment tu transmets ce que tu apprends,
- 39:52etc.
- 39:52Donc toi,
- 39:53c'est vraiment via des conseils auprès de tes partenaires,
- 39:57via aussi la formation dont tu viens de parler.
- 40:00J'ai des petites questions rapides à te proposer.
- 40:04Pour toi,
- 40:05qui sont les personnes inspirantes et sources d'inspiration en teinture végétale ?
- 40:13Il y a beaucoup de personnes que j'admire.
- 40:19Le travail d'Abu Bakar Fofana,
- 40:21je le trouve juste admirable.
- 40:26Le travail de Betty de Paris,
- 40:27moi je suis fan de Betty de Paris.
- 40:31C'est une personne à chaque fois que je viens sur Paris que je vais visiter.
- 40:36Parce que je me reconnais pas mal en elle.
- 40:41J'aimerais bien être une femme comme elle,
- 40:43tard.
- 40:44Elle a beaucoup de persévérance,
- 40:48de courage.
- 40:49Et pareil,
- 40:50ça n'a pas été facile pour elle d'apprendre ces techniques-là qu'elle a appris au Japon.
- 40:56Je pense les fins des années 80 et puis elle est allée au Japon en allant voir des maîtres teinturiers et en leur demandant est-ce que vous pouvez m'apprendre ça ?
- 41:08Puis ils ont dit non on n'apprend pas ces techniques à l'étrangère et puis non on ne va pas te donner ça et puis en blague ils lui ont dit quand tu parleras le japonais tu reviendras.
- 41:22Et puis en fait c'est ce qu'elle a fait,
- 41:23elle est repartie,
- 41:24elle a appris le japonais,
- 41:26elle est retournée,
- 41:27puis elle a tout dit en japonais,
- 41:28puis ils étaient beaux jouets,
- 41:30ils ont dit bon bah elle a envie quoi.
- 41:33Donc elle a été formée par des grands maîtres japonais,
- 41:37et puis c'est impressionnant,
- 41:38elle a pari et elle a...
- 41:42Elle a plein de cul d'indigo,
- 41:44de soukoumo,
- 41:44on arrive chez elle,
- 41:47c'est embaumé de cette odeur.
- 41:53Et voilà,
- 41:54elle est admirable.
- 41:56Il y a peu de gens qui font cette technique-là.
- 42:01Je pense que c'est vraiment...
- 42:03Betty m'inspire tellement.
- 42:04M'inspire tellement.
- 42:06D'accord.
- 42:07Qui pour toi fait d'air aujourd'hui autour de la teinture végétale ?
- 42:12Artécobert.
- 42:15Ah,
- 42:15merci,
- 42:15on ne me l'avait jamais fait,
- 42:16celle-là.
- 42:18OK.
- 42:19Est-ce que tu as d'autres ?
- 42:22Je ne trouve pas.
- 42:25Oui,
- 42:25il y a pas mal d'initiatives qui se sont créées,
- 42:28qui fédèrent,
- 42:30des invités que tu as déjà eus,
- 42:32des associations qui ont eu la formation,
- 42:35bien sûr.
- 42:37Qui fédère ?
- 42:38Je n'ai pas encore eu la chance.
- 42:41C'est dans ma to-do liste d'aller faire quelques workshops avec Michel Garcia,
- 42:47mais c'est une personne qui a l'air d'avoir un certain nombre d'initiatives.
- 42:51très bonne qualité en transmission,
- 42:53un peu d'acogie qui est vraiment accueillant.
- 42:55Et puis finalement,
- 42:56c'est pas si facile de trouver des bons formateurs.
- 42:59Il y a des gens qui ne révèlent pas.
- 43:01qui ne veulent pas vous accueillir,
- 43:02qui ne veulent pas vous révéler leur concret.
- 43:05Ils disent moi,
- 43:06ça m'a mis tant d'années à devenir maître ou à voir ça,
- 43:09je n'ai pas envie de te le donner
- 43:11Je dirais que Michel Garcia,
- 43:13oui.
- 43:14Je trouve que
- 43:16David Santandreux,
- 43:18on s'est eu au téléphone deux heures une fois,
- 43:20passionnant,
- 43:21j'ai envie d'aller au Maroc pour faire des formations avec lui.
- 43:26Oui,
- 43:26et en plus,
- 43:27il a aussi cette notion,
- 43:28David Santandreux,
- 43:32de plus gros volumes,
- 43:33de plus gros liens avec l'industrie textile,
- 43:37par exemple.
- 43:38Donc,
- 43:38c'est pas mal cette porte ouverte.
- 43:40Et je rebondis sur Michel Garcia.
- 43:42Tu travaillais beaucoup et tu affectionnes l'indigo.
- 43:46Et Michel,
- 43:47c'est quand même,
- 43:49dans ses épisodes,
- 43:50une de ses fiertés,
- 43:51c'est notamment cette cuve 1-2-3.
- 43:53d'Indigo qui a fait qu'il a proposé des cuves propres,
- 43:57hyper démocratisées en fait à pas mal de monde.
- 44:01Et donc je pense que oui,
- 44:03tu serais bien loti de faire une formation avec lui,
- 44:05notamment sur ce sujet-là.
- 44:08Ça me...
- 44:09Voilà,
- 44:09en écho,
- 44:09je trouvais ça intéressant de te le dire.
- 44:13Oui,
- 44:13parce qu'il y a des artisans avec qui je travaille au Mali qui m'ont dit,
- 44:16mais nous on connaît Michel Garcia,
- 44:17il est venu au Mali,
- 44:18et il a fait un échange,
- 44:19il me semble qu'il a fait une formation.
- 44:22Et j'ai appris ça il n'y a pas longtemps.
- 44:24Ah ouais,
- 44:25ça,
- 44:25il bouge partout.
- 44:27Oh bah top !
- 44:29Je voulais parler d'un collectif en Italie qui a vu le jour il n'y a pas trop longtemps,
- 44:37qui s'appelle le Collettivo Tinto
- 44:39Ramadre et qui fédère quasiment tous les teinturiers pour la teinture végétale en Italie.
- 44:49On crée des événements,
- 44:50des rencontres,
- 44:51des workshops,
- 44:52des expos.
- 44:54Et vous pouvez les suivre sur
- 44:56Instagram.
- 44:58Donc ça,
- 44:58c'est une belle initiative.
- 45:01Oui,
- 45:01dont on doit s'inspirer,
- 45:02nous qui sommes un peu en France,
- 45:04un peu moins fédérés,
- 45:07on va dire,
- 45:07dans les constats que font les invités.
- 45:09En tout cas,
- 45:09c'est ce qui en ressort.
- 45:12Je voulais rebondir sur ce que tu fais,
- 45:14c'est vraiment une initiative super pour fédérer tous les gens de cette filière.
- 45:20Ça manquait en fait,
- 45:21donc vraiment merci.
- 45:23C'est gentil.
- 45:24C'est gentil.
- 45:26Alors du coup,
- 45:27dans ces questions,
- 45:28toujours,
- 45:29si tu étais une plante colorante,
- 45:31laquelle tu choisirais,
- 45:33laquelle tu serais et pourquoi ?
- 45:35Comme colorant,
- 45:36je serais l'indigo parce que...
- 45:41parce qu'elle pousse à la persévérance,
- 45:45à l'humilité.
- 45:47Vraiment,
- 45:48ce n'est pas facile.
- 45:55Elle demande des années de pratique.
- 45:57Ce n'est pas celui qui veut qui peut.
- 46:01Et donc,
- 46:02c'est une couleur qui me plaît,
- 46:03qui me fait du bien,
- 46:04qui est vibrante,
- 46:05qui profonde.
- 46:09et je sais qu'elle m'accompagnera toujours parce que ça fait quelques années que je suis dessus et en fait j'ai des choses que j'ai toujours pas compris quoi et des choses qui arrivent que je me dis j'aurais jamais fini de me former
- 46:22J'ai l'impression que c'est un peu ce qui ressort,
- 46:24c'est que la teinture végétale,
- 46:26on me dit souvent,
- 46:27ça t'apprend à rester humble parce qu'il y a tellement de techniques,
- 46:30tellement de maîtrise,
- 46:31tellement de sujets.
- 46:32Plus tu creuses,
- 46:33plus il y en a et en fait,
- 46:34tu n'as jamais vraiment fini de te former.
- 46:37Donc,
- 46:37dans ce sens-là,
- 46:38c'est hyper intéressant.
- 46:40Est-ce que tu peux nous dire quelle est ta fibre de prédilection à teinter ?
- 46:45Là...
- 46:47À mon niveau,
- 46:48j'expérimente sur pas mal de fibres.
- 46:51J'ai beaucoup expérimenté sur le coton,
- 46:54le coton du Mali.
- 46:55Mais en fait,
- 46:55durant mon projet de diplôme,
- 46:57j'avais travaillé uniquement avec de la soie et franchement,
- 47:00c'est canon.
- 47:02Ça révèle extrêmement bien les couleurs.
- 47:05La soie sauvage,
- 47:06l'organza,
- 47:07j'adore.
- 47:09Et finalement,
- 47:10le chanvre est quand même une fibre qui m'intéresse beaucoup parce qu'elle ne demande pas beaucoup de...
- 47:17d'eau.
- 47:18Donc je trouve que c'est une fibre très intéressante et quand justement on voit des entreprises comme Maeko qui arrivent à faire des mélanges et surtout j'ai des voiles de chanvre qui sont super fins,
- 47:30super délicats,
- 47:31super légers.
- 47:32Je trouve que le chanvre est une fibre au potentiel.
- 47:36D'accord,
- 47:37je ne sais pas si tu as entendu,
- 47:38mais il y a l'épisode de
- 47:40Mathieu Ebesen qui est sorti,
- 47:42je crois que c'était samedi,
- 47:44sur justement la filière chanvre en France qui est en train de redémarrer en Occitanie.
- 47:49Et en fait,
- 47:50il parlait de toutes les particularités agronomiques du chanvre,
- 47:52toutes ses utilisations,
- 47:53etc.
- 47:54Et le retour du chanvre dans la mode.
- 47:56Et cet épisode était très intéressant.
- 47:59Et du coup,
- 48:00je pense ouvrir à d'autres fabricants de fibres naturelles,
- 48:03parce qu'en fait,
- 48:04je pense que...
- 48:05Il faut vraiment inclure les fibres dans la couleur végétale parce que sans ces fibres,
- 48:11il n'y a pas de textile en teinture végétale.
- 48:15Donc oui,
- 48:16je suis complètement en raccord avec toi sur le chambre.
- 48:20Est-ce que Maïté,
- 48:21tu as des livres que tu voudrais nous recommander qui t'ont aidé,
- 48:25inspiré ou guidé dans ton parcours ?
- 48:29Oui,
- 48:30alors comme tous les autres invités,
- 48:32je vais parler du monde des teintures naturelles de Dominique Cardon.
- 48:35Je voulais juste dire une chose sur Dominique Cardon,
- 48:38que vraiment,
- 48:40c'est une personne incroyable,
- 48:46qui fait un travail incroyable parce que dans mes recherches,
- 48:50dans les recherches que je fais sur...
- 48:53Sur les techniques traditionnelles d'Afrique de l'Ouest,
- 48:57là je travaille sur un projet pour le Bénin,
- 49:00et quand je dois choisir les plantes territoriales,
- 49:03les documents qui sont en libre accès sur le net,
- 49:07sur des sujets super précis,
- 49:09c'est Dominique Cardon.
- 49:12Donc merci beaucoup,
- 49:13c'est des recherches incroyables auxquelles on peut avoir accès.
- 49:18Merci Dominique.
- 49:19Sinon,
- 49:20en livre,
- 49:22oui,
- 49:22il y a...
- 49:24Pour vraiment approfondir des techniques de shibori,
- 49:30parce que j'en ai beaucoup parlé,
- 49:31il y a le livre de
- 49:33Jan Callender qui s'appelle Nui shibori,
- 49:35techniques,
- 49:36innovations et motifs design avec vraiment beaucoup de protocoles dessinés.
- 49:42C'est comme une notice,
- 49:43il y a les photos des productions,
- 49:45il y a des recettes.
- 49:47Elle ne fait pas trop de la teinture naturelle,
- 49:48mais je veux dire que sur les techniques de motif,
- 49:51c'est quand même super intéressant.
- 49:53Et puis ça nous permet avec ce livre-là de comprendre vraiment les bases et de transposer ces techniques dans notre propre univers graphique,
- 50:05avec nos propres actes.
- 50:07Donc ça c'est vraiment un livre que je conseille.
- 50:10Il y avait un livre que je t'avais conseillé il y a quelques mois que j'ai commencé à lire et qui est super,
- 50:15de François Jarig et Thomas Leroux,
- 50:17qui s'appelle La contamination du meuble,
- 50:19une histoire des pollutions à l'âge industriel
- 50:22Et en fait,
- 50:22ça met un peu une petite piqûre de rappel pour dire qu'à l'époque,
- 50:26parce qu'il y a un gros focus sur les industries artisanales de tannage.
- 50:34et pas que,
- 50:34mais beaucoup des teintures naturelles.
- 50:36Et qu'en fait,
- 50:36il ne faut pas oublier que ce n'est pas parce qu'on fait de la teinture naturelle que les déchets organiques qu'on génère doivent être jetés n'importe comment dans la nature et qu'ils ne peuvent pas impacter les écosystèmes.
- 50:48Donc,
- 50:49il faut vraiment...
- 50:52Parce qu'on lit vraiment de tout et n'importe quoi maintenant sur internet.
- 50:56Maintenant c'est devenu un outil de marketing énorme de faire de la teinture naturelle et tout.
- 51:01Mais en fait on ne pense pas au rejet.
- 51:03Et donc moi c'est quelque chose qui me préoccupe de savoir comment...
- 51:10Tu fais bien de le rappeler parce qu'effectivement,
- 51:12quand on se lance et puis après,
- 51:14on jette tout dans l'évier sans se rendre compte,
- 51:18sans réfléchir.
- 51:18Et donc,
- 51:19tu as raison de bien le rappeler,
- 51:21le recyclage des bains,
- 51:22de reneutraliser le pH,
- 51:24de faire attention à ce qu'on rejette.
- 51:26Attention à ne pas provoquer des variétés envahissantes.
- 51:30C'est ce qu'explique Marie Marquet dans son épisode en disant,
- 51:33oui,
- 51:33vous faites votre teinture,
- 51:34mais si vous rejetez les fruits dans votre compost,
- 51:36en fait,
- 51:36vous...
- 51:38vous ne faites pas attention et vous faites plus de mal entre guillemets que de bien.
- 51:42Donc,
- 51:42c'est très intéressant et c'est très important de le rappeler.
- 51:46J'avais...
- 51:48Ah pardon,
- 51:48excuse-moi.
- 51:49Lui,
- 51:49alors,
- 51:49par contre,
- 51:50c'est une découverte.
- 51:52C'est un livre que j'ai en italien,
- 51:55que j'ai découvert dans une petite librairie de Liguria.
- 51:59Et en fait,
- 52:00c'est un...
- 52:05C'est le manuscrit d'un anonyme du
- 52:0817ème siècle.
- 52:09C'est un manuscrit qui a été retrouvé.
- 52:12Ça s'appelle
- 52:14Trattato dei colori,
- 52:15l'opera secreta.
- 52:17C'est Traité des couleurs,
- 52:19l'œuvre secrète.
- 52:21Et en fait,
- 52:22c'est des recettes antiques.
- 52:25de couleurs,
- 52:26de peintures et de teintures avec toutes les plantes du bassin méditerranéen.
- 52:30Avec l'isatis,
- 52:33la garance,
- 52:36le pastel,
- 52:36la garance,
- 52:38la reseda.
- 52:40Et donc,
- 52:40je suis en train de le lire et je trouve ça incroyable.
- 52:44En plus d'un anonyme.
- 52:45C'est une zèle.
- 52:46C'est clair.
- 52:47Il laisse des infos,
- 52:48mais il n'a pas donné son nom.
- 52:51OK,
- 52:51super.
- 52:53Et bien alors du coup ma dernière question m'a été c'est à qui tu aimerais que j'aille passer le micro pour recueillir le témoignage de la personne que tu souhaiteras nommer ?
- 53:06Sans aucun doute,
- 53:08Betty de Paris.
- 53:10J'avais cru comprendre.
- 53:12Ok,
- 53:14écoute avec plaisir parce que je te dis,
- 53:15vous êtes plusieurs à m'en avoir parlé et j'avoue que c'est beaucoup de boulot le podcast et j'arrive pas à toujours suivre toutes les listes de personnes qu'on me recommande,
- 53:25mais je vais y contacter Betty de Paris.
- 53:29Bah écoute,
- 53:30super.
- 53:31Est-ce que tu as quelque chose que tu veux ajouter,
- 53:34un mot de la fin ou est-ce que c'est bon pour toi ?
- 53:40Je ne saurais pas quoi dire.
- 53:43Merci beaucoup pour ce moment et merci pour ce que tu fais.
- 53:49C'est super.
- 53:51C'est sympa de le dire.
- 53:55Je coupe là.
- 53:57Je vous invite à me rejoindre sur ma page Instagram
- 54:00ARTECOVERT pour y découvrir le nom des prochains invités.
- 54:08Je me permets de vous rappeler que la seule manière de soutenir ce podcast est de le noter et le commenter sur la plateforme d'écoute de votre choix.
- 54:15C'est ainsi qu'on arrivera à faire porter la voix de ces passionnés de la couleur végétale Savoir si vous allez aimer, les mots clés du podcast ArtEcoVert : teinture végétale plantes tinctoriales indigo garance encre végétale couleur végétale colorants végétaux pigments végétaux coloration capillaire végétale fibres naturelles colorants biosourcés tanins teinture naturelle plantes artecovert couleurs de plantes design végétal couleur jardin agriculture tinctoriale