Latest / Québécois et Canadien / Guillaume Rousseau : Loi 21 et autonomie du Québec
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- 0:00Bonjour et bienvenue au podcast Québécois et
- 0:02Canadien, où on discute de fédéralisme et des
- 0:04enjeux qui touchent notre pays. Aujourd 'hui,
- 0:06on reçoit Guillaume Rousseau, professeur à l
- 0:08'Université de Sherbrooke et architecte de la
- 0:09loi 21. On a discuté de l 'implantation de la
- 0:12loi 21 et de la place du Québec plus autonome
- 0:15au sein du Canada. Bon épisode. Alors bonjour,
- 0:26on est avec Guillaume Rousseau qui est professeur
- 0:29titulaire de la Faculté de droit de l 'Université
- 0:30de Sherbrooke et également l 'architecte de la
- 0:32loi 21. Bienvenue, Guillaume. Merci pour l 'invitation.
- 0:36Ça fait plaisir. Si t 'es d 'accord avec ça,
- 0:37on va se titoyer. Certainement. Je pense qu 'on
- 0:40a à peu près le même âge. Peut -être que j 'ai
- 0:42un petit peu plus. C 'est ça qui arrive quand
- 0:43tu viens. Tout le monde a le même âge que toi.
- 0:46Au mieux. Parle -moi un peu de ton domaine, de
- 0:50ton expertise de recherche à l 'Université de
- 0:51Sherbrooke. Oui, donc moi je suis directeur des
- 0:54programmes de droit et politique appliqués de
- 0:56l 'État. Donc comme le nom l 'indique, c 'est
- 0:59un peu beaucoup une approche interdisciplinaire,
- 1:01droit, science, peu proche de la pratique. Et
- 1:04donc on forme des praticiens, des conseillers
- 1:05politiques notamment et c 'est un programme pas
- 1:08de recherche, plus de formation pratique, mais
- 1:11c 'est quand même lié à ce que je fais comme
- 1:12recherche. Donc j 'ai une recherche qui s 'inscrit
- 1:15dans le courant qu 'on appelle un peu une approche
- 1:17théorique du droit politique, c 'est -à -dire
- 1:19du droit, mais qu 'on pense que c 'est pas...
- 1:22séparés de la science politique, surtout en droit
- 1:24constitutionnel. Donc oui, on va s 'intéresser
- 1:26à la loi la jurisprudence comme comme le font
- 1:29d 'autres positivistes juridiques, mais on va
- 1:33aussi s 'intéresser aux archives parlementaires,
- 1:35aux idées politiques derrière les lois. Donc
- 1:38moi, c 'est beaucoup ça qui m 'intéresse. Donc,
- 1:41par exemple, quand je m 'intéresse à la loi sur
- 1:43la laïcité, bon, le premier chapitre dans ma
- 1:45loi sur la laïcité à noter et commenter, c 'est
- 1:48sur la philosophie. derrière la loi sur la laïcité.
- 1:51Donc à la fois le républicanisme, à la françaisisme,
- 1:53mais aussi à la québécoise, un peu de libéralisme,
- 1:56pluralisme, nord -américain. Donc c 'est un petit
- 1:59peu ça mes travaux de recherche. Puis sinon,
- 2:01il y a des fois, comme dans mon livre, ça c 'est
- 2:03mon livre sur la laïcité, après ça c 'est une
- 2:04loi notée, donc c 'est un peu aussi de l 'interprétation
- 2:06du droit, quelque chose de plus juridique, classique.
- 2:09Puis dans mon autre gros bouquin, le droit linguistique
- 2:11au Québec, là c 'est beaucoup jurisprudence,
- 2:15réglementation, c 'est encore plus du droit technique,
- 2:17mais il y a des chapitres historiques. philosophique,
- 2:20théorique. Donc c 'est un peu... Pis même quand
- 2:22je suis dans le technique, je vois voir les archives
- 2:25parlementaires. Le politique est toujours là
- 2:28dans la mesure où il nous aide à mieux comprendre
- 2:29la loi. Fait que c 'est un petit peu comme ça
- 2:31que je fais de la recherche. Ouais, parce que
- 2:33moi aussi je suis avocat, pis on a tendance à
- 2:36l 'oublier, mais la loi n 'apparaît pas par magie.
- 2:39Non, c 'est ça. Il y a une pression politique
- 2:41souvent qui est derrière cette loi -là. Il y
- 2:43a une volonté populaire. Et là, les législateurs,
- 2:46toujours un peu en retard, se disent bon, il
- 2:48faudrait que je fasse quelque chose de propos
- 2:49de ce problème. et là commence à consulter, fait
- 2:52des lois, fait quel contexte. Ce qui est particulier,
- 2:55puis je vais me permettre une petite tangente
- 2:57d 'avocat ici. Normalement, les lois sont vraiment
- 3:00faites comme ça, mais on a quand même quelque
- 3:01chose de particulier avec le droit constitutionnel
- 3:02canadien où c 'est un peu les juges qui réécrivent
- 3:06la constitution au fur et à mesure. Moi, je viens
- 3:10du droit du travail. Le droit de grève n 'était
- 3:12pas protégé en 1867. Puis en 82. Puis après ça,
- 3:18là on arrive aux années 80. c 'est quand même
- 3:22particulier parce qu 'on a une loi qui est quand
- 3:25même immuable, qui est très difficile à changer,
- 3:27mais les juges la font évoluer de façon quand
- 3:29même significative. Oui, puis ce qui a des avantages
- 3:32et des inconvénients, puis ça d 'ailleurs dans
- 3:35une approche de droit politique, ben c 'est tout
- 3:37à fait possible de dire, bon on va analyser cette
- 3:39jurisprudence -là à la lumière de concept de
- 3:41Sciences Po. Donc moi, c 'est des choses que
- 3:43je fais dans mes travaux de dire, bon, bien,
- 3:44est -ce qu 'il n 'y a pas eu un virage de gauche
- 3:47à mon année à court suprême quand ce banc -là,
- 3:51cette composition de la Cour suprême a décidé
- 3:52de constitutionnaliser le droit de grève? Est
- 3:55-ce que ce n 'est pas lié à des nominations sous
- 3:56un gouvernement libéral, peut -être que plus
- 3:58que sous un gouvernement conservateur? Donc j
- 4:00'avais un livre comme ça où j 'avais regardé
- 4:02l 'idéologie de Trudeau, père et fils. Puis là,
- 4:04j 'avais regardé les jugements des juges nommés
- 4:06par Justin Trudeau, court d 'appel du Québec,
- 4:08court suprême du Canada. Ça aussi, c 'est un
- 4:10appos de droit politique de dire... C 'est pas
- 4:12vrai que ce qui se passe avant l 'adoption du
- 4:14projet de loi ou pendant, c 'est politique. Puis
- 4:17là, quand il y a la sanction, puis ça devient
- 4:18loi, là, la politique disparaît, puis ça devient
- 4:20pure technique. Non. Il faut tenir compte du
- 4:23contexte, des intentions, notamment politiques,
- 4:25pour bien comprendre la loi. Fait que faut...
- 4:27Puis même chose un peu pour la jurisprudence.
- 4:29Oui, parce que c 'est quand même... Je pense
- 4:31qu 'on le voit beaucoup aux États -Unis, c 'est
- 4:32beaucoup plus politisé, mais on veut pas nos
- 4:34juges qu 'on a, mais à la Cour suprême, on a
- 4:36des opinions, on a déjà exprimé leur vision sur
- 4:39certaines questions dans le passé. des élus qui
- 4:41vont passer à travers ces juges -là et ils vont
- 4:43dire, idéologiquement, moi je pense que ce juge
- 4:46-là serait mieux à la Cour suprême. Après ça,
- 4:48c 'est ces gens -là qui vont faire évoluer le
- 4:49droit. C 'est quand même particulier. Autant,
- 4:52je pense qu 'il faut respecter l 'institution
- 4:54qu 'est la Cour suprême, autant on peut se poser
- 4:57des questions à savoir, est -ce que la Cour suprême
- 5:00peut faire... rajouter des droits, par exemple,
- 5:03qui n 'ont pas été votés par le Parlement. Puis
- 5:05même à rigueur, le Parlement voulait les enlever,
- 5:07ces droits -là, après ça, c 'est des modifications
- 5:09constitutionnelles, c 'est beaucoup plus compliqué
- 5:10que... Ou la disposition de souveraineté parlementaire
- 5:13dite de dérogation. Parce que c 'est ça aussi,
- 5:15puis ça, c 'est plusieurs autres que moi, même,
- 5:17l 'ont observé, c 'est qu 'à partir du moment
- 5:19où les juges sont plus audacieux dans leur interprétation,
- 5:22on ajoute le droit de grève à la liberté de l
- 5:24'association, alors que c 'était pendant 82,
- 5:27puis que là, après cette vague d 'activistes
- 5:29judiciaires, arrive un... plus grand usage de
- 5:32l 'article 33 de la Charte canadienne, donc la
- 5:33disposition de souveraineté parlementaire qui
- 5:35protège des lois contre certains jugements, certaines
- 5:39interprétations, ben c 'est peut -être logique
- 5:41aussi, c 'est peut -être un équilibre. un rétablissement
- 5:44d 'équilibre entre législatives judiciaires plus
- 5:46qu 'un affaiblissement du contre -pouvoir puis
- 5:49une déribe autoritaire. En tout cas, c 'est mon
- 5:50point de vue, là. Oui, parce que c 'est vrai
- 5:52que... Puis là, je vais prendre un exemple vraiment
- 5:53extrême puis caricaturé. Si un jour, la Cour
- 5:56suprême décide que c 'est le droit constitutionnel
- 5:57des Canadiens d 'avoir des bas jaunes fournis
- 5:59par le gouvernement, puis que le gouvernement
- 6:01dit, moi, je ne suis pas d 'accord avec ça, s
- 6:02'ils voulaient le faire dans le cadre constitutionnel
- 6:04actuellement, il faudrait que cette province
- 6:06avec 50 % de la population, ce serait un très
- 6:08très low processus, ou il peut faire une loi
- 6:10qui ne dit pas de bas jaunes pour les gens par
- 6:12l 'État. puis après ça, je mets une disposition
- 6:14de souveraineté parlementaire. Ça reste quand
- 6:16même un contre -ballant. Moi, je pense que c
- 6:18'est tout à fait simple parce que autant la souveraineté
- 6:21du Parlement, ça a ses avantages en termes de
- 6:24démocratie, en termes de... d 'imputabilité des
- 6:27élus et tout. Autant, la suprématie judiciaire,
- 6:31pour certaines questions dans certains contextes,
- 6:33ça peut avoir des avantages. Donc quand on a
- 6:35les deux, comme dans la charte canadienne, souveraineté
- 6:38du Parlement pour les articles 2, 7 à 15, 3 à
- 6:416, 16 à 23, davantage la suprématie judiciaire.
- 6:44C 'est un équilibre qui est quand même intéressant.
- 6:46Intéressant. Puis parle -moi un peu du contexte
- 6:48dans lequel la loi sur la laïcité a été faite
- 6:52par le gouvernement de la CAQ. Oui, donc ça,
- 6:55si on remonte un petit peu en arrière, c 'est
- 6:56donc crise des accommodements religieux, pis
- 6:59moi je m 'intéressais à ça, j 'avais un livre,
- 7:002000 -2004, j 'avais mon mémoire de maîtrise
- 7:03à McGill qui était là -dessus, 2006, un bouquin,
- 7:06donc avant même la crise des accommodements religieux,
- 7:07moi je m 'intéressais à ça. Donc, pis la crise
- 7:10des accommodements religieux, moi je suis pas
- 7:12d 'accord avec Bouchard Taylor qui dit que c
- 7:14'était... Ça a été exagéré médiatiquement, je
- 7:16pense qu 'il y avait vraiment, d 'ailleurs la
- 7:19presse l 'année l 'avait dit à quel point il
- 7:20recevait des courriers du lecteur de manière
- 7:22extrêmement importante. Donc il y avait vraiment
- 7:25un inconfort. Pour toutes sortes de raisons,
- 7:28la doctrine des accommodements religieux à la
- 7:29base, ça vient du droit américain. Ensuite, ça
- 7:32a été imposé par la Cour suprême du Canada dans
- 7:34d 'autres provinces avec un fardeau de preuves.
- 7:36qui rend plus facile d 'obtenir des accommodements.
- 7:39Il faut une contrainte excessive pour refuser
- 7:41une demande d 'accommodement religieux, alors
- 7:43qu 'aux États -Unis, c 'est plutôt une contrainte
- 7:44plus que minimale à l 'origine. Donc, on impose
- 7:47ça au Canada. Encore là, c 'est de la commune
- 7:50-là. que ça traverse la frontière des États -Unis
- 7:52au Canada, dans la mesure où c 'est la même tradition
- 7:55juridique, je pense que ça choque pas beaucoup,
- 7:57mais là quand on... C 'est juste une parenthèse
- 7:58pour le joueur qui ne sont peut -être pas avocats.
- 8:01Québec, droit privé, c 'est du droit civil. Exactement.
- 8:03Droit public, la common law. Partout ailleurs
- 8:06au Canada, le droit... privé aussi est de la
- 8:08common law, puis aux États -Unis, c 'est de la
- 8:09common law. Exactement. Fait que nous, on a un
- 8:11régime qui est plus de tradition française pour
- 8:13notre droit privé, pis de tradition britannique,
- 8:16mais partout ailleurs au Canada pis aux États
- 8:17-Unis, l 'ensemble du droit est de la common
- 8:19law. Absolument. Fait que je veux juste faire
- 8:20la petite parenthèse pour les non -juristes.
- 8:23Fait qu 'il y a ce que je veux dire. Fait qu
- 8:24'à importer, à importer des États -Unis. À importer
- 8:26des États -Unis, donc, même tradition, common
- 8:28law, ça allait, je pense, dans les autres provinces.
- 8:29Mais là, quand c 'est d 'importer au Québec,
- 8:31notamment en droit privé, pis là, une des différences,
- 8:33évidemment, c 'est qu 'au Québec... qui dit «
- 8:36droit civil », dit « code civil », dit « un rôle
- 8:38important pour la loi », pas moins pour la jurisprudence,
- 8:44moins pour les juges, même si ça reste important.
- 8:46Alors qu 'en commune -là, c 'est vraiment du
- 8:47« judge made law », c 'est vraiment le juge qui
- 8:49fait la loi. Accessoirement, évidemment, il y
- 8:50a des lois par les législatures, mais il y a
- 8:52beaucoup un rôle important pour le juge. Donc,
- 8:54quand on invente de toute pièce que quelqu 'un,
- 8:56parce qu 'il a sa religion, peut obtenir une
- 8:59exemption d 'une norme... Je veux dire, en commune
- 9:03-là, ça a du sens qu 'un juge crée ça. Au Québec,
- 9:05c 'est moins évident. Ajoutez à ça qu 'au Québec,
- 9:08on a un passé religieux différent. De manière
- 9:11générale, dans les pays qui ont un passé catholique,
- 9:13le rapport religieux est différent que dans les
- 9:15pays où le passé est davantage marqué par les
- 9:18confessions protestantes. Donc, au Québec, voilà,
- 9:22c 'est importé, ça finit par accrocher. Il y
- 9:24a une résistance dans l 'opinion publique. qui,
- 9:27à mon avis, est dû à bien d 'autres choses que
- 9:29de la xénophobie, de l 'islamophobie, tout ça.
- 9:31Je pense que c 'est très résiduel. Donc, c 'est
- 9:33des facteurs beaucoup plus légitimes que ça.
- 9:35Et là, donc, il y a une opposition, il y a des
- 9:39controverses. Commission Bouchard -Taylor qui,
- 9:42à mon avis, essaie de remettre le couvercle sur
- 9:44la marmite. d 'essayer de justifier l 'état du
- 9:47droit, de faire la promotion des accommodements
- 9:49religieux plutôt que de comprendre qu 'il y a
- 9:51peut -être un vrai enjeu de fond et qu 'il y
- 9:52aurait des ajustements aux droits qui devaient
- 9:53être apportés. Quoi que la commission Bouchard
- 9:56-Taylor quand même propose l 'interdiction du
- 9:59port de signes religieux pour certaines figures
- 10:02représentant de l 'état de haut niveau et pas
- 10:05juste de haut niveau, de différents niveaux.
- 10:08Et ensuite, il y a le... Essentiellement, sous
- 10:13le gouvernement Couillard, en fait, avant ça,
- 10:15sous le gouvernement Charest, il y a eu des projets
- 10:16de loi, ça n 'a pas été adopté. Ensuite, Charles
- 10:17des Valeurs, évidemment, avec M. Dreinville,
- 10:20à l 'époque au Parti québécois, qui propose une
- 10:22interdiction du pouvoir de signes religieux dans
- 10:24l 'ensemble de la fonction publique de manière
- 10:26large et un certain encadrement des accommodements
- 10:31religieux, si mon souvenir est exact. Et là,
- 10:34bon, on le sait, l 'élection 2014 est perdue.
- 10:37À mon avis, pas là -dessus, beaucoup plus, je
- 10:38pense, sur le point levé de M. Péladeau, la question
- 10:41du... référendum de la souveraineté, donc ensuite
- 10:44gouvernement Couillard qui adopte de la loi 62,
- 10:46qui vient essentiellement codifier la jurisprudence
- 10:49en matière d 'accommodement religieux, mais tout
- 10:52en disant, bon, mais il faut s 'assurer qu 'on
- 10:54tient compte, par exemple, de l 'égalité femme
- 10:55-homme lorsqu 'il y a des questions d 'accommodement
- 10:57religieux, donc on essaie de... la codifier,
- 10:59la jurisprudence, mais dans un sens, peut -être
- 11:01en l 'orientant un tout petit peu. Et d 'autre
- 11:05part, il y a un devoir de neutralité religieuse
- 11:08pour les fonctionnaires et tout. Donc on essaie
- 11:10quand même de faire quelque chose, mais c 'est
- 11:12jugé largement insuffisant par les groupes qui
- 11:14défendent la laïcité. Puis par ailleurs, il y
- 11:16a une interdiction du visage couvert dans les
- 11:18services publics qui est jugé... discriminatoires
- 11:22par des groupes de défense de certaines religions.
- 11:27Donc, ça insatisfait tout le monde un petit peu.
- 11:30Parfois, je fais l 'analogie avec la loi 22 du
- 11:33gouvernement Bourassa. On l 'oublie parfois,
- 11:35mais c 'est le gouvernement Bourassa 1 qui a
- 11:37fait du français la langue officielle. pour la
- 11:40première fois en 72. Et ça m 'écontente tout
- 11:44le monde parce que pour les groupes du départ
- 11:45en défense du français, ça va pas assez loin.
- 11:47Pour les groupes défense des anglophones ou d
- 11:49'autres minorités linguistiques, ça va trop loin,
- 11:51notamment les dispositions concernant l 'accès
- 11:52à l 'école anglaise. Donc ça insatisfait tout
- 11:54le monde. Ce qui ouvre la porte... à la loi 101
- 11:57en 77. Donc ici, on a un petit peu un phénomène
- 11:59semblable. La loi 102 insatisfait tout le monde.
- 12:02Alors, ça met la table pour qu 'il y ait une
- 12:06loi qui soit adoptée, qui satisfait pas nécessairement
- 12:08tout le monde parce que les groupes qui défendent
- 12:11la laïcité voudraient qu 'on aurait voulu que
- 12:13le gouvernement aille beaucoup plus loin, aussi
- 12:16loin que la charte des valeurs. Donc, c 'est
- 12:17un peu un compromis, mais un compromis qui satisfait
- 12:20davantage les groupes. favorisant la laïcité
- 12:22que les groupes qui sont davantage dans la défense
- 12:26de minorités religieuses? Je veux juste faire
- 12:29une petite parenthèse, juste pour être sûr de
- 12:30bien comprendre avant qu 'on rentre vraiment
- 12:31dans le détail de la loi 21. Quand tu... Je revenais
- 12:35à ce que tu disais de l 'importation américaine
- 12:38de tout ça, parce que je pense que... Toi, en
- 12:41tout cas, tu ne le remets pas en cause, le gouvernement
- 12:43non plus ne le remet pas en cause, la liberté
- 12:45de religion, ça, je pense que c 'est un droit
- 12:47fondamental que tous les Canadiens ont. de ce
- 12:51que je comprends, de ce que t 'expliques, ce
- 12:52que cette loi -là vient adresser essentiellement,
- 12:55c 'est la remise en cause que les tribunaux canadiens
- 12:58ont faite de qu 'est -ce qui était dans la liberté
- 13:00de religion, c 'est ça? Ouais, ben c 'est ça.
- 13:03Là, t'sais, il y a deux choses. Premièrement,
- 13:05l 'idée de la loi sur la laïcité, c 'est de codifier...
- 13:10les grands principes de laïcité. Donc c 'est
- 13:12l 'article 2, donc neutralité religieuse de l
- 13:14'État, séparation État et religion, liberté de
- 13:17conscience religion et égalité citoyen -citoyenne.
- 13:20Donc ça, ça existait déjà dans la jurisprudence.
- 13:23Là, on vient le codifier. Donc là, certains vont
- 13:25dire, c 'est le cas de par exemple un collègue,
- 13:26le professeur Lampron à l 'Université Laval,
- 13:28il dit bon, donc ça ne change rien. C 'était
- 13:29déjà dans la jurisprudence. Mais à mon avis,
- 13:32c 'est un peu mal connaître l 'État québécois.
- 13:34C 'est -à -dire la façon que fonctionne l 'État
- 13:36québécois, notamment du fait de la tradition
- 13:38civile, c 'est que Quand il y a quelque chose
- 13:40qui est dans la jurisprudence, oui, parfois il
- 13:41y a des opinions juridiques qui vont le référer,
- 13:43puis bon, ça existe, on en tient compte, mais
- 13:45c 'est comme pas nécessairement dans le quotidien
- 13:48de toi et fonctionnaire, alors que quand c 'est
- 13:50dans une loi, le fonctionnaire de l 'État québécois,
- 13:53puis des municipalités, puis plus largement de
- 13:54l 'État québécois au sens large, une loi c 'est
- 13:57plus concret. Donc nous on l 'a vu dans le bilan
- 13:59que j 'ai fait avec Christiane Pélchard quand
- 14:01on a fait le bilan de la loi sur la laïcité,
- 14:03on a parlé à des gens sur le terrain, avant la
- 14:05loi sur la laïcité. séparation état et religion
- 14:08et tout quand il y avait une subvention du ministère
- 14:09des affaires municipales à quelque chose lié
- 14:12à un lieu de culte, on se posait pas trop la
- 14:14question. À partir du moment où c 'est dans une
- 14:15loi, wow, là on se pose la question. Donc l 'idée
- 14:18c 'est de codifier ça pour dire c 'est quelque
- 14:20chose d 'important au Québec que la laïcité et
- 14:23ses quatre principes. Ensuite il y avait la question
- 14:27du port de signes religieux qui a son importance,
- 14:31peut -être que ça a été... trop débattu, que
- 14:33ça occupe trop de place, mais ça a son importance,
- 14:36et c 'est dans la loi. Même chose de visage couvert,
- 14:39qui avait été contesté. La règle du visage couvert
- 14:41avait été imposée par le gouvernement Cougar,
- 14:43ensuite suspendue par les tribunaux. Là, on la
- 14:45rétablissait. On allait un petit peu moins loin,
- 14:47mais on la rétablissait, puis on la protégeait
- 14:49par la disposition de souveraineté parlementaire.
- 14:52Puis l 'autre innovation de la loi sur la laïcité,
- 14:55c 'est qu 'on prévoit l 'article 4, alinéa 2.
- 14:58le droit des services publics laïques dans la
- 15:00mesure prévue par la loi. Donc l 'idée c 'est
- 15:02de dire, lorsque vous êtes un citoyen québécois,
- 15:06plus largement un bénéficiaire de services publics,
- 15:08vous faites affaire avec l 'État québécois, vous
- 15:10avez droit à des services publics laïques. Donc
- 15:12ça veut dire que quand vous arrivez au comptoir
- 15:14de la SAAC, le fonctionnaire en face de vous,
- 15:17il n 'a pas le visage couvert pour des raisons
- 15:19religieuses. À mon sens, si dans un autre État,
- 15:22par exemple une autre province canadienne, c
- 15:24'est des choses qui peuvent arriver, Ben, si
- 15:26ça arrive, pour moi, c 'est un viol du droit
- 15:28des services publics laïques et derrière de la
- 15:30liberté de conscience. Est -ce que vous êtes
- 15:31opposé à... Puis là, on va pouvoir parler des
- 15:33signes religieux après, mais est -ce que le fait
- 15:35que la personne au contrôle de la SAEQ ait un
- 15:38signe religieux, est -ce que c 'est une opposition
- 15:39au droit d 'avoir des services laïques? Ben,
- 15:41c 'est ça. Donc, la façon que la loi est faite,
- 15:43c 'est droit des services publics laïques dans
- 15:45la mesure prévue par la présente loi. Donc, dans
- 15:47la mesure où vous vous trouvez devant un fonctionnaire
- 15:50assujetti à l 'interdiction du part des signes
- 15:52religieux qui n 'a pas de droit acquis. Si le
- 15:55fonctionnaire ne respecte pas, c 'est interdiction.
- 15:58Effectivement, ça viole votre droit des services
- 15:59publics laïques. Mais si le fonctionnaire n 'est
- 16:01pas sujet à l 'interdiction ou qu 'il y a un
- 16:05droit acquis, ben là, ça viole pas votre droit
- 16:06parce que votre droit est prévu dans la mesure
- 16:08prévue par la loi. Puis l 'autre chose qu 'il
- 16:10faut savoir, c 'est vraiment important, entre
- 16:12à peu près en même temps, un petit peu avant
- 16:14l 'adoption de la loi 62 par le gouvernement
- 16:16Couillard, donc avant la loi sur la laïcité de
- 16:18l 'État, il y a eu un grand jugement de la Cour
- 16:20suprême qui a été rendu à l 'unanimité dans l
- 16:22'affaire mouvement laïque québécois contre Saguenay.
- 16:25Donc c 'est mon collègue... C 'est la prière.
- 16:27La prière à l 'hôtel de ville. Exactement, la
- 16:29prière à l 'hôtel de ville. Donc, plainte à la
- 16:32commission des droits, au tribunal des droits
- 16:33de la personne, ça monte en cours d 'appel puis
- 16:35en cours suprême où quelqu 'un dit, mais moi
- 16:37quand j 'arrive au conseil de ville, puis là
- 16:39il y a une prière, malaise, je comprends pas
- 16:43pourquoi, moi comme là je pense que c 'est un
- 16:45athée si je me souviens bien, mais ça pourrait
- 16:47être un agnostique, ça pourrait être quelqu 'un
- 16:48d 'une autre religion, malaise et bon, donc il
- 16:53s 'en plaint. Et là, la Cour d 'appel dit non,
- 16:56ce n 'est pas si grave, ce n 'est pas vraiment
- 16:57religieux, c 'est plutôt culturel, il faut une
- 16:59espèce de neutralité bienveillante, il faut quand
- 17:02même tolérer un petit peu de religion dans l
- 17:05'espace étatique. Et la Cour suprême dit non,
- 17:07il faut que la neutralité de l 'État soit réelle
- 17:10et apparente. Donc il faut que ça apparaise.
- 17:13On ne peut pas avoir des signes religieux tout
- 17:15partout et dire que tout est beau, les fonctionnaires
- 17:17ne prennent pas leurs décisions pour des raisons
- 17:18religieuses. Mais lui c 'est un maire qui faisait
- 17:20une prière. Exactement. Et là le principe, la
- 17:25règle à cause suprême, c 'est que lorsqu 'on
- 17:27est un représentant de l 'État, par exemple un
- 17:30maire, mais c 'est aussi le cas d 'un enseignant
- 17:31dans une école publique, c 'est le cas de tous
- 17:33les fonctionnaires visés par l 'interdiction
- 17:34du port de signes religieux dans la loi 21. Lorsqu
- 17:37'on est un représentant de l 'État, on ne peut
- 17:39pas pratiquer sa religion dans le cadre de ses
- 17:42fonctions de représentants de l 'État. C 'est
- 17:45clair de même et c 'est pas une violation de
- 17:49la liberté de religion, parce que c 'est ce qu
- 17:50'avait plaidé le maire de Saguenay. C 'est pas
- 17:52une violation de la liberté de religion parce
- 17:54que la liberté de religion a deux composantes.
- 17:56Il y a le libre exercice, effectivement, de droit
- 17:58de prier, etc., de droit de professer, et il
- 18:01y a le devoir de neutralité religieuse qui est
- 18:03inhérent à la liberté de religion. C 'est pas
- 18:04une limite qui vient d 'extérieur, c 'est inhérent.
- 18:07Donc, comment on fait pour concilier ces deux
- 18:09volets -là de la liberté de religion? Bien, c
- 18:11'est dire lorsque vous êtes représentant de l
- 18:13'État dans l 'exercice de vos fonctions, c 'est
- 18:16la neutralité, votre devoir de neutralité qui
- 18:17l 'emporte. Donc là, il n 'y a même pas de conciliation
- 18:19des droits, il n 'y a même pas de libre exercice,
- 18:21la question se pose même pas. Par contre, évidemment,
- 18:24si vous n 'êtes pas représentant de l 'État ou
- 18:25si vous êtes représentant de l 'État, mais en
- 18:27dehors de vos fonctions professionnelles, bien
- 18:29là, évidemment, c 'est votre libre exercice puis
- 18:31le devoir de neutralité entre pas en ligne de
- 18:33compte. Donc ça, c 'est la cause suprême, je
- 18:34dis clairement ça. Puis là, ça pose la question,
- 18:36OK, si c 'est vrai pour une prière, qu 'en est
- 18:38-il du part de signes religieux? C 'est là où
- 18:40le législateur québécois vient de dire, bien
- 18:42nous, on pense que le principe est vrai pour
- 18:44le part de signes religieux, mais peut -être
- 18:45pas pour tout le monde. Puis là, on trouve une
- 18:47espèce d 'équilibre entre libre exercice, le
- 18:50devoir de neutralité, donc libre exercice religieux
- 18:53des fonctionnaires de l 'État, mais respect de
- 18:55la liberté de conscience, du droit à l 'égalité
- 18:57des bénéficiaires de services. Et cet équilibre
- 18:59-là, c 'est de dire, voici les fonctions pour
- 19:01lesquelles il y a une interdiction du part de
- 19:02signes religieux. Puis, à contrario, les autres
- 19:05fonctions de l 'État ne seraient pas visées.
- 19:07Fait que c 'est le compromis qui est mis. Fait
- 19:09que c 'est pour ça que moi, j 'ai toujours trouvé
- 19:10que c 'était très solide juridiquement. La disposition
- 19:13de souveraineté parlementaire en plus, donc les
- 19:15ceintures, la bretelle, mais les bretelles, mais
- 19:19il ne faut jamais oublier ce jugement -là qui
- 19:20parle de neutralité réelle et apparente. Puis
- 19:23ça, c 'est repris mot pour mot dans loi 21. Donc,
- 19:25on s 'est vraiment basé sur ce jugement -là.
- 19:27Donc, ça ne sort pas de nulle part. Ça sort de
- 19:29Bouchard -Teller. et mouvement à la haie québécois.
- 19:31C 'est sûr que là on parlait de quelqu 'un qui
- 19:33fait un geste. positif de faire une prière, puis
- 19:36là, on oppose ça à quelqu 'un qui porte un signe
- 19:38religieux. Oui, donc qui fait le geste positif
- 19:40de mettre son signe religieux le matin avant
- 19:41d 'aller travailler. À un certain niveau, mais
- 19:43ça fait partie, je veux dire, tu peux très bien
- 19:45être maire de Saguenay, puis pas faire de prière
- 19:48avant le début, tu peux faire ta prière en privé.
- 19:50Tu sais, s 'il y avait un fonctionnaire qui faisait
- 19:52une prière, je sais pas, vers la Mecque, vers
- 19:56la Mecque, un juge qui faisait ça avant le début
- 19:58du procès, je pense qu 'on serait peut -être
- 20:00ailleurs. Mais là, on parle quand même d 'un...
- 20:02part d 'un article religieux, c 'est quand même
- 20:05quelque chose qui est intrinsèque à ce qu 'ils
- 20:08sont. Est -ce qu 'on ne se retrouve pas à isoler
- 20:12ou à leur dire essentiellement « vous avez le
- 20:14choix entre votre emploi, votre religion, essentiellement,
- 20:16parce que... » Moi, je ne fais pas la distinction.
- 20:18Pour moi, c 'est tout à fait concevable qu 'il
- 20:20y ait un catholique un peu intégriste qui dise
- 20:22« ben moi, c 'est quand je suis... » comme maire
- 20:25de la ville, puis je vais au conseil de ville,
- 20:26c 'est vraiment important que je fasse ma prière,
- 20:28puis c 'est comme super important que je sois
- 20:30éclairé par le bon Dieu quand j 'adopte des règlements.
- 20:34Si vous m 'empêchez de faire ça, c 'est ma personne,
- 20:36c 'est mon identité que vous m 'arrachez, puis
- 20:38je renonce à mon poste de conseiller municipal.
- 20:41Pour moi, cet argument -là, il n 'est pas plus
- 20:43ou moins valable que celui d 'un enseignant qui
- 20:46dit si je dois retirer mon... mon chapeau religieux,
- 20:49c 'est mon identité que vous m 'arrachez. Il
- 20:51n 'y a pas un qui est intrinsèque, un qui ne
- 20:53l 'est pas. C 'est deux pratiques religieuses.
- 20:55C 'est même dans un sens un peu moins pire, je
- 20:57trouve, au Conseil de ville, parce qu 'au Conseil
- 20:59de ville, d 'un, personne n 'est obligé d 'être
- 21:01là. Les citoyens dans la salle ne sont pas obligés
- 21:03d 'être là. D 'un, s 'ils veulent être là parce
- 21:05qu 'il y a un règlement municipal qui va les
- 21:06affecter, évidemment, ils ont le droit d 'être
- 21:08là. Mais il pourrait très bien ne pas être là
- 21:10dans la salle au début, dans la prière qui dure
- 21:13deux minutes. Après ça, être là pour les deux
- 21:15heures de délibération. Alors que l 'école, ça
- 21:17c 'est obligatoire. C 'est une fréquentation
- 21:19obligatoire, donc on est obligé comme enfant
- 21:21d 'aller là. On est obligé comme parent d 'envoyer
- 21:23nos enfants, puis c 'est une exposition pendant
- 21:25des heures et des heures, des centaines d 'heures
- 21:27dans l 'année, non pas deux minutes une fois
- 21:29par mois comme au conseil de ville. Donc pour
- 21:31moi, l 'atteinte à la liberté de conscience,
- 21:32elle est bien pire dans le cas du bar de signes
- 21:34religieux que la prière, sans vouloir diminuer
- 21:37l 'importance de la violation de la liberté de
- 21:40conscience puis droit à l 'égalité lorsqu 'il
- 21:41y a une prière au conseil de ville. Parce que
- 21:42tu sais, c 'est... Je comprends l 'argument de
- 21:45dire que mon enfant va être exposé à un voile,
- 21:52donc ça porte atteinte à sa liberté de religion
- 21:55ou de la neutralité de l 'État. Mais la contrepartie
- 21:59de ça, c 'est qu 'il y a des gens à qui on va
- 22:00dire essentiellement, si vous voulez porter un
- 22:03voile, vous n 'avez pas votre place dans ce type
- 22:05d 'emploi -là. Je trouve ça un peu... On est
- 22:10quand même un peuple qui a eu des historiques
- 22:12de tout ça. Si on prend le serment de test, on
- 22:15a demandé aux Québécois de renoncer à leur foi
- 22:17catholique pour occuper des emplois dans la fonction
- 22:19publique. Je pense qu 'encore aujourd 'hui, on
- 22:21a des cicatrices de cet événement -là. C 'est
- 22:25un peu différent parce qu 'on leur demande pas
- 22:27de renoncer à leur foi musulmane, pour reprendre
- 22:30votre exemple. On leur demande juste de ne pas
- 22:31l 'exercer pendant... leur fonction de 8 à 5,
- 22:37de 8 à 4, ça dans la semaine. L 'analogie a ses
- 22:40limites, mais je l 'aimais. En gros, ce qu 'on
- 22:45veut, c 'est vraiment de tasser le religieux
- 22:49ou toute représentation du religieux de ces postes
- 22:54-là, essentiellement. Puis comme on voit qu 'il
- 22:56y a un compromis, il y a des droits acquis, ça
- 22:58s 'applique pas partout, on est loin de l 'achat
- 23:00des valeurs. Ça a vraiment été fait dans une
- 23:02optique de trouver le juste milieu. Ça irait
- 23:05un petit peu plus loin avec le projet de loi
- 23:079, mais pas beaucoup. On est vraiment dans une
- 23:09optique de chercher l 'équilibre et les groupes
- 23:12avocats à la laïcité en demandent plus, mais
- 23:14finissent par se rallier alors que les opposants...
- 23:16C 'est comme s 'il n 'y a jamais rien. Même la
- 23:18loi 62 de Couillard, il était contre. Les mêmes
- 23:20qui sont contre la 21 étaient contre la 62. Ils
- 23:22contestaient, ils disaient que c 'était islamophobe
- 23:24et tout. Moi, je trouve qu 'on a d 'un côté des
- 23:26gens plus parlables que de l 'autre côté. Mais
- 23:28bon, je dis ça, évidemment. Je suis avocat d
- 23:31'un groupe de laïcité, donc je ne prétends pas
- 23:33une neutralité absolue, mais ça me semble objectif
- 23:36qu 'il y ait une volonté. trouver des compromis
- 23:39d 'un côté plus que de l 'autre. Ça fait qu 'on
- 23:41est dans une zone grise en deux positions. Il
- 23:43y a deux droits qui sont mis de l 'avant. Il
- 23:45y a le droit pour les gens d 'avoir des services
- 23:48laïques ou en tout cas de ne pas être importunés
- 23:51par des signes religieux ou une présence religieuse
- 23:54dans les services gouvernementaux. Puis l 'autre
- 23:56côté, on a des droits individuels religieux,
- 23:59puis c 'est d 'essayer de trouver cette ligne
- 24:00-là. En anglais, ils disent «freedom of religion»
- 24:02puis «freedom from religion». C 'est bon, je
- 24:05trouve l 'expression anglaise très du bibien.
- 24:07C 'est ça, parce que sinon on est exposé à ça.
- 24:09C 'est intéressant à ce niveau -là. Pourquoi?
- 24:14Parce que Bouchard -Taylor, je me souviens bien,
- 24:15c 'était en position d 'autorité. On avait inclus
- 24:18les juges, les policiers, les gardiens de prison.
- 24:20Là, on a rajouté les enseignants. J 'imagine
- 24:23que c 'est en lien avec ce que tu as dit par
- 24:25rapport au fait que l 'école est obligatoire.
- 24:28Donc, il faut... On expose les gens. Ils sont
- 24:31en position de... pouvoir avoir nos enfants essentiellement.
- 24:34Exactement. C 'était vraiment une des revendications
- 24:37des groupes favorables à la laïcité. L 'école,
- 24:40si vous regardez l 'histoire de laïcité au Québec,
- 24:42en France, partout dans le monde, l 'école c
- 24:44'est au cœur des politiques publiques en matière
- 24:47de laïcité. juridique technique, certains disaient
- 24:52que l 'idée de Bouchard -Telleux, c 'était soit
- 24:55que c 'était hautement représentatif de l 'État,
- 24:57comme le président de l 'Assemblée nationale,
- 24:59ou encore coercitif. Policier, juge, gardien
- 25:03de prison. Juste en voie en prison, oui, c 'est
- 25:04ça. Exactement. Mais il y a des gens qui disaient
- 25:06que l 'enseignant, ça n 'a pas rapport avec ça.
- 25:09Mais en fait, dans le cas de criminel, il y a
- 25:10une disposition qui dit qu 'il y a un moyen de
- 25:11défense pour l 'enseignant qui oeuse d 'un peu
- 25:14de force. à l 'égard d 'un enfant dans un contexte
- 25:17où c 'est approprié. Donc, il y a vraiment une
- 25:19disposition là -dessus qui a été validée avec
- 25:21des nuances par la Cour suprême. Donc, même si
- 25:23on va sur cet argument technique du pouvoir coercitif,
- 25:26c 'est très fort. Puis l 'autre argument, c 'est
- 25:29l 'article 41 de la Charte québécoise, qui vient
- 25:31de traités internationaux, qui est le droit pour
- 25:33les parents à une éducation conforme à leur conviction.
- 25:37Donc, on ne peut pas, comme État, forcer les
- 25:38parents à envoyer leur enfant à l 'école de l
- 25:41'État, puis ensuite enseigner des choses contraires
- 25:43au... convictions les plus fondamentales des
- 25:45parents. En droit international, c 'est interdit.
- 25:47En droit québécois. C 'est ça, mais là, ça c
- 25:47'est pas le savoir enseigné, mais essentiellement
- 25:50en portant le signe religieux. De heurter. C
- 25:52'est heurter les enfants à une valeur religieuse
- 25:55différente de la leur. Là -dessus, dans le procès
- 25:56de la loi 21, on en a plein de témoins. Au mouvement
- 26:00laïque québécois, ça a été une nonochrone contribution
- 26:02parce que sur le fond, les plaidoiries du procureur
- 26:04général étaient bonnes aussi. Mais en termes
- 26:06de témoins de fait, là, c 'est nous et pour les
- 26:08droits des femmes du Québec qui avons emporté
- 26:10des témoins. Donc essentiellement des parents,
- 26:13surtout des femmes d 'origine maghrébine ou arabe
- 26:17qui venaient dire nous on est sous pression nos
- 26:20enfants sont sous pression de pas manger au moment
- 26:22du ramadan nos filles sont sous pression de porter
- 26:25le signe religieux et à l 'école on veut être
- 26:27libre de ces pressions là et pour ça ça prend
- 26:29l 'interdiction du port de signe religieux donc
- 26:31on a plein de témoins qui sont allés dire ça
- 26:33On les entend pas autant en un média que les
- 26:36enseignantes qui souhaitent porter des signes
- 26:37religieux, mais c 'est en preuve, puis j 'espère
- 26:39que la Cour suprême va en tenir compte. Ouais,
- 26:41puis c 'est certainement quand même un débat
- 26:42qui doit être nuancé. Puis disons, en terminant,
- 26:44est -ce que c 'est à compréhension que la Charte
- 26:47québécoise, disons qu 'on oublie la Charte fédérale,
- 26:50qui a peut -être une vision un peu différente,
- 26:52est -ce que la Charte québécoise est... et conforme
- 26:56un peu à cette interprétation de la loi -là,
- 26:58est -ce que, d 'après toi, si on prend la Charte
- 27:00québécoise telle qu 'elle est, disons qu 'il
- 27:01n 'y avait pas de clause non -obstant de la Charte
- 27:04québécoise, est -ce que ça passerait le test
- 27:06des tribunaux? Donc, deux sur moi, je pense que
- 27:09la loi peut passer le test de la Charte canadienne
- 27:13parce que il y a l 'arrêt mouvement laïque québécois
- 27:16contre Saguenay, ce qui passerait pas le test.
- 27:19c 'est les droits acquis. À mon sens, les droits
- 27:22acquis du port de signes religieux, notamment
- 27:24pour les enseignants, ça porte atteinte aux droits
- 27:26à l 'égalité, ça porte atteinte à la liberté
- 27:29de conscience. D 'après moi, ça porte atteinte
- 27:32à la liberté de conscience des enfants, des parents.
- 27:35Ça, c 'est contraire à la Charte canadienne.
- 27:38Bon, ça, c 'est ce qu 'on a plaidé. On verra
- 27:41ce que la Cour suprême va en penser. Je suis
- 27:42assez confiant. Puis, de toute façon, il y a
- 27:43la disposition de souveraineté parlementaire
- 27:45qui va peut -être empêcher la Cour suprême de
- 27:46se prononcer sur le fond. On verra si elle souhaite
- 27:48prendre un jugement déclaratoire malgré la disposition.
- 27:51Et pour moi, la Charte québécoise... À date,
- 27:55dans la jurisprudence, la Charte québécoise est
- 27:57considérée comme une courroie de transmission
- 27:59de la Charte canadienne. C 'est -à -dire, les
- 28:00tribunaux ne disent pas, bon, ben, voici la thèse
- 28:03de la Charte canadienne, liberté de religion,
- 28:05ça veut dire ça, ça, ça. Là, oui à atteinte ou
- 28:08pas. Maintenant, passons aux thèses de la Charte
- 28:10québécoise. Voici une jurisprudence distincte
- 28:12avec une intention du législateur selon les archives
- 28:14parlementaires, etc. distinctes. Non, non, non.
- 28:16La Cour suprême a dit, c 'est exactement la même
- 28:18chose, on prend la jurisprudence des autres provinces,
- 28:20de la Charte canadienne, puis on applique ça
- 28:21à travers la Charte québécoise, sans aucune nuance,
- 28:24que ce soit au stade de déterminer s 'il y a
- 28:25une atteinte au droit, ou au stade de déterminer
- 28:28si l 'atteinte est justifiée, donc article 1
- 28:30de la Charte canadienne, 9 .1 de la Charte québécoise,
- 28:33dont le libellé est complètement différent, la
- 28:35Cour du suprême nous a dit, c 'est la même chose.
- 28:37Donc à partir de là, canadienne ou québécoise,
- 28:40c 'est la même chose, ce qui est à mon avis déplorable.
- 28:43D 'autant plus qu 'on a mis le mot laïcité maintenant
- 28:47à l 'article 9 .1 pour dire que des fois il peut
- 28:48y avoir une limite aux droits, ou en tout cas
- 28:51la loi peut aménager les droits et libertés en
- 28:52tenant compte de la laïcité. Ce qui fait, puis
- 28:55c 'était dans le projet de loi 21, donc ce qui
- 28:57fait que... par logique, de cohérence légistique,
- 29:00il ne pourrait pas y avoir d 'opposition entre
- 29:02la Charte québécoise, entre la liberté de religion
- 29:04et la laïcité, c 'est tout dans la même loi,
- 29:06à mon sens. Mais au -delà de ça, ce qui est intéressant
- 29:10aussi, c 'est que dans le projet de loi 1, de
- 29:11constitution québécoise, on prévoit désormais
- 29:16qu 'il doit y avoir deux... cheminement distinct,
- 29:19deux évaluations distinctes pour la question
- 29:21des droits sous la Charte canadienne et la Charte
- 29:23québécoise. Donc la fameuse autonomisation de
- 29:25la Charte québécoise est prévue par le projet
- 29:27de loi 1. Malheureusement, ça passe inaperçu
- 29:29parce qu 'on débat davantage du processus autour
- 29:31du projet de loi que de son fond. Parce que le
- 29:35législateur fait que le Parlement, l 'Assemblée
- 29:38nationale pourrait, dans la charte québécoise,
- 29:41dire, moi je veux que la charte québécoise soit
- 29:44interprétée de telle ou telle façon, puis même
- 29:47clairement dire qu 'il voudrait que ce soit un
- 29:49test différent de la charte canadienne. Oui,
- 29:52mais je pense que pour que ça fonctionne, il
- 29:53faut vraiment que le législateur québécois soit
- 29:55extrêmement précis, chirurgical, parce qu 'à
- 29:58la date ce qu 'on fait... On ajoute le mot laïcité
- 30:01à l 'article 9 .1, donc qui permet de justifier
- 30:03la fin. Il faudrait qu 'on attache les juges
- 30:04en disant, tu n 'as pas le choix d 'interpréter
- 30:07ce document -là de telle ou telle façon, parce
- 30:10que les juges demeurent liés par la loi. C 'est
- 30:12ça, sauf que quand la loi n 'est pas claire,
- 30:14ils sont plus liés par la jurisprudence, puis
- 30:16par la jurisprudence de la Charte canadienne,
- 30:18même quand elle applique la Charte québécoise.
- 30:20C 'est ça, plein de fois on a modifié 9 .1 pour
- 30:23parler de la langue française, parler de la laïcité.
- 30:25À ma connaissance, ça n 'a jamais eu d 'impact
- 30:27sur la jurisprudence. Les jeux, ça ne semble
- 30:29pas les émouvoir autre mesure. Mais ce qu 'on
- 30:33pourrait faire, c 'est vraiment prendre ce qu
- 30:36'on appelle le test de hoax. Désolé pour le langage
- 30:38un peu technique, mais c 'est en gros un test
- 30:40développé, vous le savez, je l 'explique pour
- 30:42les... Tu le sais, je l 'explique pour les spectateurs.
- 30:45Donc c 'est un test qui permet de justifier une
- 30:46atteinte à un droit sous la Charte canadienne.
- 30:48Donc il faut que l 'objectif de la loi de l 'atteinte
- 30:50au droit soit urgent et réel, que ce soit proportionné.
- 30:54Parce que si une atteinte au droit, ça ne finit
- 30:56pas là. Il faut regarder si c 'est raisonnable
- 30:58comme atteinte. Donc c 'est un test avec des
- 31:00critères qui ont été développés par la jurisprudence.
- 31:02Puis là, on prend ce test -là et on l 'applique
- 31:03à la Charte québécoise. Alors que dans le texte
- 31:07de la loi, ce n 'est pas du tout la même chose.
- 31:09Les juges disent que c 'est la même chose. Ce
- 31:11qu 'on pourrait faire si on voulait vraiment
- 31:12changer ça, ce serait de prendre le test de hoax,
- 31:15le codifier, mais en le modifiant. C 'est -à
- 31:18-dire, finalement, il ne faut pas que l 'atteinte
- 31:19soit minimale. Il faut juste qu 'elle ne soit
- 31:21pas la plus grave. Bon, on a l 'impression qu
- 31:24'on pourrait imaginer toutes sortes de tests
- 31:25de hoax 2 .0, mais c 'est ça qu 'il faut faire.
- 31:28C 'est ce que j 'ai suggéré à la commission parlementaire
- 31:31sur le projet de loi 1. On verra ce qu 'il en
- 31:32est. Je vais faire une petite parenthèse là -dessus
- 31:35sur la modification de la charte, tant qu 'à
- 31:36en parler à de la constitution. Les gens ne le
- 31:39savent peut -être pas, mais notre charte de droit
- 31:41et liberté de la personne a un statut qu 'on
- 31:44appelle quasi -constitutionnel. C 'est comme
- 31:46une super loi. Fait que s 'il y a deux lois qui
- 31:49se posent, la charte et une qui n 'est pas la
- 31:51charte, les tribunaux vont regarder la charte
- 31:53et vont donner précéance à la charte. Et moi,
- 31:57la question que je me pose, puis je n 'ai pas
- 32:00d 'opinion sur le sujet, c 'est pareil pour la
- 32:02constitution. Est -ce que, d 'après toi, pour
- 32:06que les tribunaux donnent une valeur quasi -constitutionnelle
- 32:09à une loi, que ce soit la constitution, que ce
- 32:12soit la charte, est -ce qu 'il faut qu 'il y
- 32:14ait un processus particulier qui soit utilisé
- 32:18pour son application ou est -ce que n 'importe
- 32:21quelle loi que le gouvernement fait et qui écrit
- 32:23cette loi et a précédent sur toutes les autres,
- 32:25a comme un statut quasi -constitutionnel? D 'après
- 32:28toi. Deux choses. Généralement, on va distinguer
- 32:33le fait que une loi est dite supralégislative,
- 32:36donc une loi au -dessus des autres lois, comme
- 32:37tu disais tantôt. Donc, si la Charte québécoise,
- 32:39normalement, est au -dessus des autres lois,
- 32:40donc si une autre loi est contraire à la Charte
- 32:42québécoise, l 'autre loi va être invalide dans
- 32:44la mesure de cette incompatibilité. Donc, ça,
- 32:46c 'est le côté supralégislatif qu 'on appelle
- 32:50ou prépondérant. Donc, il peut y avoir différentes
- 32:52expressions. Donc c 'est le législateur qui le
- 32:55met dans la loi. Alors que quasi -constitutionnelle,
- 32:57ça vient plus trop des tribunaux. C 'est les
- 32:59tribunaux dans la jurisprudence qui vont dire,
- 33:00bon, mais telle loi est quasi -constitutionnelle.
- 33:03Elle a plus de valeur, c 'est ça. Exactement.
- 33:04Puis là, je pense, puis il y a l 'hérédité de
- 33:08travaux de Mélanie Sanson, la professeure de
- 33:09l 'Université Laval, qui serait encore plus précis
- 33:11que moi, mais de mémoire, l 'idée, je pense qu
- 33:13'il y a un lien entre les deux. Donc si votre
- 33:15loi est déclarée par le législateur au -dessus
- 33:16des autres, il y a des chances que les tribunaux
- 33:19disent qu 'elle est quasi -constitutionnelle,
- 33:20mais c 'est pas que ça. Quasi -constitutionnelle,
- 33:22c 'est une loi par exemple, si elle porte sur
- 33:24l 'exercice du pouvoir, la limitation du pouvoir
- 33:26politique, ben là, elle va être ce qu 'on appelle
- 33:28matériellement constitutionnelle. Donc, elle
- 33:30soit au -dessus des autres lois ou pas, elle
- 33:31porte sur des questions constitutionnelles, donc...
- 33:34Mettez les deux ensemble, une loi au -dessus
- 33:35des autres lois, qui porte sur l 'exercice la
- 33:38limitation du pouvoir. Ça commence à ressembler
- 33:40à une constitution, donc les tribunaux ont tendance
- 33:42à qualifier ça de quasi -constitutionnel. Parce
- 33:44qu 'il y a tout le débat aussi, j 'imagine, j
- 33:46'imagine que c 'est en discussion en commission
- 33:48parlementaire, c 'est pas l 'objectif du podcast,
- 33:51mais je déduis que... à savoir le pouvoir qu
- 33:54'un gouvernement a de limiter le pouvoir des
- 33:56futurs gouvernements. Parce que si on vient mettre
- 33:59une super loi, exemple, puis cette loi -là, elle
- 34:01vient mettre des contraintes sur c 'est quoi
- 34:02les lois qui peuvent être faites, bien, essentiellement,
- 34:04ce que le gouvernement d 'aujourd 'hui fait,
- 34:06c 'est qu 'il limite... la portée politique des
- 34:08gouvernements futurs. De ceux d 'après la prochaine
- 34:11élection ou ce gouvernement -là pourrait être
- 34:12bâti. Exact, c 'est ça. Fait que tu dis exemple,
- 34:16il y a certaines lois, il n 'y en a pas beaucoup,
- 34:18mais la loi sur l 'équilibre budgétaire qui dit
- 34:20que t 'es exposé de, mais ultimement le gouvernement
- 34:22peut bien faire ce qu 'il veut parce qu 'il y
- 34:25a une souveraineté législative. Est -ce que c
- 34:28'est ta compréhension que si jamais... Il faudrait
- 34:31voir le processus, mais si on adopte une constitution,
- 34:33est -ce que les gouvernements futurs seraient
- 34:36liés par cette constitution -là ou la loi 1 d
- 34:39'un nouveau gouvernement pourrait être, je scrap
- 34:40la constitution? Donc à l 'heure actuelle, le
- 34:42projet de loi 1, donc de loi constitutionnelle
- 34:45déposée par le gouvernement de la coalition en
- 34:47venir Québec, ne prévoit pas de ce qu 'on appelle
- 34:49une formule d 'amendement rigide. Donc ne prévoit
- 34:52pas que cette loi -là... va avoir besoin d 'une
- 34:55majorité... Un peu comme en eau fédérale, c 'est
- 34:57ça. Il n 'y a pas l 'équivalent de 38 et suivants
- 35:00de la constitution de 82 qui prévoit, par exemple,
- 35:03que parfois ça prend sept provinces plus le fédéral.
- 35:05Donc, on n 'a pas ça dans le projet de loi 1.
- 35:08Et le projet de loi 1 est adopté... en vertu
- 35:11de l 'article 45 de la Constitution canadienne,
- 35:13qui ne prévoit pas de processus particuliers,
- 35:16qui pourrait très bien, parce qu 'autour de 45,
- 35:1848 et autres, on prévoit des procédures rigides
- 35:21pour modifier la Constitution canadienne, mais
- 35:23pour la modification d 'une Constitution provinciale,
- 35:26c 'est simplement la majorité des députés présents.
- 35:28C 'est la procédure actuelle. On pourrait pas
- 35:30mettre une procédure de modification rigide.
- 35:32Il y a un débat là -dessus. Certains disent que
- 35:34non, certains disent que oui, moi je suis plutôt
- 35:36de l 'école de penser qu 'on... pourrait le faire,
- 35:39mais que ça serait contournable. C 'est -à -dire,
- 35:41on pourrait dire, par exemple, on vote la projet
- 35:45de loi 1 de la Constitution québécoise, puis
- 35:46on dit que pour l 'avenir, ça prendra le deux
- 35:48tiers de l 'Assemblée nationale pour la modifier.
- 35:50Puis là, moi, j 'ai une petite idée là -dessus,
- 35:52je pourrais développer tantôt, mais pour les
- 35:54fins de réponse à ta question. Donc, mettons,
- 35:55on dit deux tiers pour modifier la Constitution
- 35:57québécoise. À mon avis, ça lirait une législature
- 36:03future, donc après la prochaine élection. Donc,
- 36:06si elle souhaite modifier la constitution, elle
- 36:08devrait le faire au 2 tiers de l 'Assemblée nationale,
- 36:10mais la règle elle -même qui prévoit le 2 tiers
- 36:12serait modifiable à 50 % plus 1. Elle pourrait
- 36:15changer la loi à 50 % plus 1 pour dire que maintenant
- 36:17c 'est... Exactement, alors que dans la constitution
- 36:18canadienne, je me souviens plus que c 'est 41E,
- 36:20en tout cas, il y a un article qui dit que non,
- 36:22la procédure de modification est elle -même régie
- 36:24par l 'unanimité, donc il y a comme une... ce
- 36:27qui pourrait pas être le cas pour une constitution
- 36:31québécoise. J 'imagine qu 'il y aurait peut -être
- 36:34un argument politique à faire que si, exemple,
- 36:37l 'ensemble des partis politiques à l 'Assemblée
- 36:39nationale décidaient d 'une constitution commune
- 36:42et que c 'était des valeurs qui sont telles qu
- 36:44'elles sont universellement adoptées par la société
- 36:47québécoise à la vaste majorité, après ça, cette
- 36:51loi -là aurait comme un super statut. Mais encore
- 36:55là, c 'est toujours attacher les mains des gouvernements
- 36:57futurs. Oui. Au mieux, je pense que ça pourrait
- 36:59être une convention constitutionnelle. Oui. Donc,
- 37:02ce qui est quand même pas rien, c 'est ce qui
- 37:04fait qu 'on est dirigé par des premiers ministres
- 37:06plutôt que par des gouvernements générales ou
- 37:08des lieutenant -gouverneurs. Il pourrait avoir
- 37:10ça. Maintenant, ça pourrait être tellement sacré
- 37:13une constitution qu 'on pourrait pas toucher
- 37:15à ça. Donc juridiquement on pourrait, en théorie
- 37:1950 % plus un des députés pourrait la modifier,
- 37:21mais l 'opinion publique serait tellement outrée
- 37:24si ça devait arriver que personne n 'oserait
- 37:26ça. C 'est un peu comme la Charte. Si demain
- 37:28matin, on a toujours la Charte fédérale, mais
- 37:31disons qu 'on voulait modifier la Charte provinciale,
- 37:33puis enlever des droits, théoriquement, on pourrait
- 37:35le faire. C 'est ça. Donc ça, il y a un débat
- 37:37là -dessus, parce que notamment avec le projet
- 37:38de loi 21, puis ensuite avec le projet de loi
- 37:4096, on l 'a modifié, la Charte québécoise, justement
- 37:43pour ajouter laïcité comme une espèce de motif
- 37:46d 'aménager les droits et libertés, même chose
- 37:48pour le français. Puis là, ça a été fait avec
- 37:51une courte majorité de mémoire pour 21, c 'était...
- 37:54CAC plus PQ, puis 96, c 'était CAC plus QS. Donc
- 38:00une majorité un peu transpartisane, mais qui
- 38:02était, je veux dire, qui n 'était pas, dans le
- 38:05premier cas, qui n 'était pas le deux tiers,
- 38:06qui n 'était certainement pas l 'unanimité. Puis
- 38:08là, certains disaient, ah, bien, la charte québécoise,
- 38:10avant ça, ça avait toujours été modifié à l 'unanimité.
- 38:12Ce qui n 'est pas exact, là, il y avait peut
- 38:14-être une ou deux exceptions, mais bon, c 'était
- 38:16l 'unanimité ou proche, mais c 'est pas juridique
- 38:18comme règle, puis il y avait... pas une convention
- 38:21constitutionnelle. Il n 'y avait pas assez de
- 38:24précédents. C 'est une question politique ou
- 38:25d 'opinion publique. Exactement. Mais en limite,
- 38:27même une convention constitutionnelle, c 'est
- 38:28une question d 'opinion publique pis de politique,
- 38:30mais il n 'y avait pas les critères. Il n 'y
- 38:31avait pas assez de précédents pis c 'est surtout
- 38:33que les acteurs se sentaient pas liés par ça.
- 38:35Donc une convention constitutionnelle, c 'est
- 38:37ça prend des précédents, ça prend une raison
- 38:38d 'être. Donc ici, on avait des... quelques précédents,
- 38:41on avait une raison d 'être, protection des droits
- 38:42fondamentaux ou quoi, mais on n 'avait pas des
- 38:44acteurs qui se sentaient liés par cette espèce
- 38:47d 'un prétendu règle -là comme quoi il faut l
- 38:49'unanimité pour modifier la Charte Québécoise,
- 38:51ça n 'existe pas. Intéressant. Pendant qu 'on
- 38:53parle de différents gestes politiques comme ça
- 38:56qu 'on peut faire au législatif, j 'aimerais
- 38:58ça qu 'on passe peut -être le reste de notre
- 39:00entretien à discuter un peu de... de comment
- 39:02le Québec peut gagner en autonomie au sein de
- 39:05la fédération canadienne, parce que, bon, là,
- 39:08on parle beaucoup de troisième voie, puis le
- 39:10but, c 'est pas que ça soit politique, oui, mais
- 39:13pas partisan, disons, comme débat, mais... Toi,
- 39:17tu as fait un travail avec justement, notamment
- 39:19Sébastien Pou, où vous avez été mandaté par le
- 39:22gouvernement pour regarder, disons qu 'on voulait
- 39:24acquérir une plus grande autonomie au sein de
- 39:27la Fédération canadienne, sans nécessairement
- 39:29réouvrir la Constitution, puis la modifier avec...
- 39:32Mais sans nécessairement exclure ça non plus.
- 39:34Sans l 'exclure non plus, c 'est ça. Puis, parle
- 39:37-moi un peu du processus que vous avez suivi,
- 39:38puis un peu c 'est quoi les conclusions que vous
- 39:40avez tirées de ce processus -là. Oui, donc avec
- 39:44Sébastien Proulx, donc un ancien ministre libéral
- 39:46de l 'Éducation, qui avait été aussi leader.
- 39:48Adéquice libérale maintenant. Exact, qui avait
- 39:50été leader pour l 'ADQ avant. On avait également
- 39:54Martine Tremblay, une ancienne chef de cabinet
- 39:56de René Lévesque. On avait Luc Godbout, qui est
- 39:58professeur de droit fiscal chez nous à l 'Université
- 40:01de Sherbrooke. Catherine Mathieu, constructionnaliste
- 40:03de l 'UQAM. Amélie Binette, constructionnaliste
- 40:07de l 'UQO. Là, j 'espère que j 'oublie personne.
- 40:10Donc, on était tout un comité d 'experts. On
- 40:12a reçu beaucoup de mémoires. Donc, on a le sollicité
- 40:15des mémoires, autant de la part d 'autres experts
- 40:17que de simples citoyens, que de groupes d 'intérêts
- 40:19et tout. Donc, on a reçu les mémoires. On avait
- 40:22aussi toute une équipe de fonctionnaires avec
- 40:23nous, ministère de la Justice et secrétariat
- 40:25du Québec aux Relations canadiennes. Donc, on
- 40:27a commandé beaucoup de notes. On a fait le tour
- 40:28de la littérature sur tout ça. Et effectivement,
- 40:31le gouvernement nous demandait comment on peut
- 40:33accroître l 'autonomie. Nous, dans notre rapport,
- 40:35on propose de parler plutôt de liberté constitutionnelle.
- 40:38Ce qui nous semblait justement moins partisan
- 40:39parce que l 'esprit du comité, puis c 'est comme
- 40:43ça qu 'on l 'a vécu, c 'était vraiment non partisan.
- 40:46Donc là on disait, si on parle d 'autonomie,
- 40:48ça va sonner un peu caquet. Si on parle de souveraineté,
- 40:50ça va sonner péquisse. Si on parle trop de fédéraliste,
- 40:52ça va sonner libéral. Donc on a dit liberté constitutionnelle.
- 40:56Puis la définition qu 'on donne, c 'est à la
- 40:57fois les compétences du Québec, qu 'il peut exercer
- 41:00librement, et la possibilité pour le Québec d
- 41:02'élargir ces compétences -là via la procédure
- 41:04de modification. Donc les deux... les deux éléments
- 41:07l 'ensemble, ça donne ce qu 'on appelle la liberté
- 41:08constitutionnelle du Québec. Donc c 'est ça.
- 41:11Donc nous on propose, on se pose la question
- 41:13comment accroître cette liberté constitutionnelle.
- 41:16Puis là, essentiellement, puis là après ça c
- 41:18'était dans plein de domaines, laïcité, relations
- 41:20internationales, langue, etc. Donc on avait toute
- 41:22une liste d 'épiceries. Puis là, avant de tomber
- 41:24sur la liste d 'épiceries, avant de dégâler sujet
- 41:27précis par sujet précis, puis ça je le dois à
- 41:30Sébastien Proulx, c 'est lui qui a eu cette intuition
- 41:31-là. Première rencontre qu 'on fait, il me dit...
- 41:34Ce qu 'il faudrait, c 'est proposer une nouvelle
- 41:36posture. Une nouvelle posture constitutionnelle.
- 41:39Donc au -delà, d 'autrement dit, des positions
- 41:41tactiques qu 'on peut avoir dans chaque dossier,
- 41:43il faut que le Québec se donne une posture constitutionnelle.
- 41:46Et là, je dis, ok, ouais, là j 'embarque, et
- 41:48là j 'ai été un des premiers à en faire une esquisse,
- 41:51puis ensuite ça a été débattu en comité, puis
- 41:53c 'était vraiment un beau travail d 'équipe.
- 41:55Donc la posture qui en ressort, c 'est la suivante,
- 41:57c 'est de dire, pour accroître la liberté constitutionnelle
- 42:00du Québec, il faut que le Québec, chaque fois
- 42:03qu 'il peut le faire seul, qu 'il le fasse seul.
- 42:05Donc c 'est parfois ce que j 'appelle l 'unilatéralisme
- 42:07constitutionnel, c 'est -à -dire arrêtons d 'attendre
- 42:10systématiquement la permission du fédéral, puis
- 42:13ça avait déjà commencé avant qu 'on fasse le
- 42:14rapport, donc quand on propose ça, on se base
- 42:17sur ce qui vient d 'être fait, puis on propose
- 42:19des nouveaux gestes, mais par exemple dans la
- 42:20loi 96, projet de loi 96, on modifie la constitution
- 42:24canadienne pour mentionner la nation québécoise,
- 42:26la langue française et tout, un peu comme la
- 42:28société distincte de Meach, mais version unilatéralement
- 42:32enchâssés par le Québec. Donc ça avait été fait
- 42:33avec 96, ensuite ça a été fait avec l 'abolition
- 42:36du serment au roi, donc du caractère obligatoire
- 42:40du serment au roi. Donc, puis on remonte en arrière,
- 42:43l 'abolition du Sénat québécois, du Conseil législatif,
- 42:45ça avait été fait comme ça aussi. Donc on avait
- 42:47des précédents, puis on disait ça. Ça marche.
- 42:50Ça marche pas toujours, parce que dans la loi
- 42:51101, on avait essayé de faire du français la
- 42:52seule langue officielle pour les lois, puis ça
- 42:55avait pas fonctionné, donc ça marche pas toujours.
- 42:56Il y a des limites concessionnelles, mais souvent,
- 42:58ça marche. Tu l 'essayes. Exactement. Donc on
- 43:00dit première des choses, le Québec doit, chaque
- 43:03fois que c 'est possible, unilatéralement, occuper
- 43:06tout l 'espace qu 'il peut occuper. Même chose,
- 43:07j 'ai rien à jouer à la doctrine, j 'ai rien
- 43:08à jouer à dire. Désormais, le Québec, c 'est
- 43:10les compétences. Au Québec, c 'est les compétences
- 43:12souciées ailleurs dans le monde. gérant de la
- 43:14joie, il n 'a pas demandé au fédéral, il l 'a
- 43:15fait, mais après ça le fédéral s 'est ajusté
- 43:17à moitié, tout en contestant à moitié. Donc on
- 43:20a plein d 'exemples historiques, là on dit donc,
- 43:21le Québec doit unilatéralement s 'affirmer, unilatéralement
- 43:24élargir sa liberté constitutionnelle. Donc ça
- 43:26c 'est la première étape de la posture. Deuxième
- 43:28élément, c 'est de dire, bon ben, il arrive qu
- 43:30'il y a des limites. On ne vit pas dans un monde
- 43:32imaginaire où le Québec peut faire n 'importe
- 43:34quoi et il n 'y a pas de cadre constitutionnel.
- 43:35Donc il y a des limites à cet unilatéralisme.
- 43:38Par exemple, comme on a déclaré le français,
- 43:41la version française des lois comme seule officielle,
- 43:43bon. Ça a été déclaré inconstitutionnel par la
- 43:46Cour suprême dans Bléki. Donc, lorsqu 'il y a
- 43:49des limites constitutionnelles, il y a deux choses
- 43:50qu 'on peut faire. On peut continuer de pousser
- 43:53les limites, comme par exemple dans la loi 96,
- 43:56on dit, OK, on n 'a pas le droit de faire de
- 43:58la version française des lois la seule officielle.
- 44:02mais on va faire primer la version française
- 44:04sur la version anglaise des lois. Donc on a juste
- 44:06une demi -coche en dessous de ce que la Cour
- 44:08suprême dit qu 'on n 'a pas le droit. C 'est
- 44:10dans 7 .1 de l 'achat de la langue française.
- 44:12Ça vient d 'un bouquin que j 'avais fait avec
- 44:14François Côté. C 'est ça la logique de dire que
- 44:16la Cour suprême a dit non. Si on va à 100%, on
- 44:19va à 99 .9 % si ça passe. Il y a de ça. L 'autre
- 44:24c 'est de dire que ça a échoué, il y a clairement
- 44:26une limite constitutionnelle à tel égard. tentons
- 44:29de modifier la Constitution canadienne. Puis
- 44:32là, on peut être toujours dans la même optique
- 44:33de dire, tentons de faire ce qui a marché et
- 44:35non pas ce qui n 'a pas marché. Et ce qui a marché,
- 44:37c 'était 97 modifications de la Constitution
- 44:41canadienne pour permettre au Québec de déconfessionnaliser
- 44:44les commissions scolaires. Donc, un accord entre
- 44:47Québec fédérale, bouchard chrétien, qui pourtant
- 44:51s 'entendait pas systématiquement, surtout évidemment,
- 44:54mais là -dessus... on a réussi à aller chercher
- 44:56l 'accord du fédéral, donc il y a plus d 'un
- 44:58an il disait que ça pouvait pas se faire, que
- 44:59ça prenait d 'autres provinces et tout. On l
- 45:01'a fait, ça a été contesté, ça a été validé,
- 45:05donc c 'est ce qu 'on appelle les modifications
- 45:06bilatérales. Donc Québec... fédéral. C 'est beaucoup
- 45:08plus facile à faire une bilatérale que s 'il
- 45:10faut que t 'aies tout le Canada qui accède. Oui,
- 45:12c 'est ça. Meech avec l 'unanimité, ça l 'a échoué.
- 45:15Même la Formule 750, c 'est pas évident parce
- 45:18qu 'il suffit que deux ou trois provinces disent
- 45:19non parce que bon... Et qu 'il y a un Alberta
- 45:21qui n 'est pas content. Exactement, puis ils
- 45:23peuvent dire non parce qu 'ils veulent un Pepline
- 45:24qui ne sent même pas rapport avec l 'enjeu. Donc,
- 45:27c 'est vraiment complexe. Il ne faut pas l 'exclure
- 45:28complètement. Je pense qu 'il y a lieu de bâtir
- 45:30des partenariats interprovinciaux. Il ne faut
- 45:32pas l 'exclure complètement, mais clairement,
- 45:34ce qui est réaliste à court terme, c 'est des
- 45:36modifications bilatérales. Puis là, dans le reste
- 45:38du rapport, il y a toute une espèce d 'ingénierie
- 45:40constitutionnelle où ce qu 'on explique, c 'est
- 45:42que parfois, ce qu 'on veut obtenir, on pourrait
- 45:44modifier tel article, mais si on fait ça, ça
- 45:47prend l 'accord d 'autres provinces en plus du
- 45:49fédéral. Alors que si, pour atteindre le même
- 45:51objectif, on modifie tel autre article, puis
- 45:53là, on atteint notre objectif à 95%, mais là,
- 45:56on peut le faire avec juste le fédéral, pas les
- 45:59autres provinces. Donc, dans le rapport, il y
- 46:01a quatre, cinq exemples de même, puis pour en
- 46:03avoir plein d 'autres où on dit, dans le fond,
- 46:04c 'est ça qu 'il faut développer ce réflexe -là
- 46:05au Québec de dire... Poussons jusqu 'au bout
- 46:07nos compétences. Quand il y a une limite constitutionnelle,
- 46:10voyons comment on peut la faire sauter via la
- 46:12procédure bilatérale. Et là, le meilleur exemple,
- 46:14c 'est la nomination des juges. Donc, il y a
- 46:16un article dans la constitution de 1996 qui dit,
- 46:18les juges sont nommés, des cours supérieurs sont
- 46:20nommés par le fédéral. Donc, on voudrait que
- 46:22ce soit nommé par les provinces, comme dans les
- 46:24autres fédérations. Mais si on fait ça, ça concerne
- 46:27le fédéral et les autres provinces. Donc là,
- 46:28faudrait probablement d 'autres provinces en
- 46:30plus du fédéral. Mais il y a un autre article
- 46:32plus loin de 1998 qui concerne juste le Québec,
- 46:35qui dit, les juges au Québec... qui sont nommés
- 46:36par le fédéral, la Cour supérieure, parmi les
- 46:38membres du barreau du Québec. Donc là, ça concerne
- 46:40seulement le Québec. Donc là, on peut faire...
- 46:42On ajoute, on peut faire un amendement constitutionnel
- 46:44qui dit, eh, recommandé par le gouvernement du
- 46:46Québec. Fait que l 'impression, on peut s 'attendre
- 46:48directement... Exactement. Fait que là, ça revient
- 46:50presque au même. S 'il y a deux postes d 'ouvert
- 46:52et que le Québec envoie juste deux noms, ça va
- 46:54revenir à avoir le pouvoir de nomination par
- 46:56le Québec. Et si on fait ça... Ben là, c 'est
- 46:58la formule bilatérale qui devient possible. Et
- 47:00là, ça a été adopté par le Québec. Est -ce que
- 47:04le fédéral... Pas encore. Le Québec s 'est reconnu,
- 47:06donc l 'Assemblée nationale a adopté une résolution
- 47:08dans le sens de cette proposition du rapport
- 47:10Prousseau, mais le fédéral a reconnu à être obligé
- 47:14de négocier. C 'est quand même pas rien parce
- 47:16que l 'obligation de négocier qui vient du renvoi
- 47:18sur la sécession, certains disaient non, c 'est
- 47:19juste en cas de sécession ou de référendum, ça
- 47:21s 'applique pas pour une procédure régulière
- 47:24de modification constitutionnelle. Là, le fédéral
- 47:25a dit qu 'il était... obligé de négocier, ce
- 47:27qui n 'est pas rien. Bon, à date, il n 'y a pas
- 47:30consenti. Donc, je ne sais pas où en est la négociation.
- 47:34Je présume qu 'il y a peut -être d 'autres priorités
- 47:36des deux côtés du gouvernement. En ce moment,
- 47:38t 'es un petit peu occupé. Effectivement. Mais
- 47:40c 'est quand même intéressant. Donc, c 'est ça.
- 47:42Donc, le rapport, c 'est ça. Puis ensuite, on
- 47:44dit, par ailleurs, il ne faut peut -être pas...
- 47:46exclure des modifications qui requièrent la carte
- 47:48d 'autres provinces. C 'est pas la priorité parce
- 47:50que ça n 'a pas marché. Il y a beaucoup de chemin
- 47:52à faire via la loi unilatérale -bilatérale, mais
- 47:54il ne faut pas exclure ça. Quand on voit ce qui
- 47:56se passe... en Alberta avec Mme Smith et ses
- 47:59référendums, puis des revendications constitutionnelles,
- 48:02mais là, on voit clairement qu 'il y aurait moyen
- 48:03de... Je pense qu 'il y a plusieurs provinces
- 48:05canadiennes qui auraient des intérêts communs,
- 48:07puis qui pourraient, puis c 'est peut -être là
- 48:08la grande différence, c 'est que je pense qu
- 48:10'historiquement, le processus constitutionnel
- 48:12qu 'on eut avec le fédéral s 'était très, très
- 48:14axé, demande du Québec par rapport à Ottawa.
- 48:17Je pense qu 'on est dans un contexte où les autres
- 48:19provinces aussi auraient peut -être des demandes,
- 48:20puis il y a peut -être une façon de dire, ben,
- 48:22regarde, on veut -tu tout? tous avoir notre mot
- 48:25à dire sur X ou Y, puis après ça, il reste le
- 48:28fédéral. Je suis convaincu de ça qu 'il y a vraiment
- 48:30un contexte à l 'heure actuelle, puis j 'avoue
- 48:32être un peu déçu par le fait que ni au Parti
- 48:35libéral du Québec, ni les deux candidats à la
- 48:38course à la chefferie de la CAQ. En ce moment,
- 48:39on est début mars, 3 mars 2026. Peut -être que
- 48:43pendant la course à la chefferie, il y a d 'autres
- 48:44propositions qui seront mises de l 'avant. Donc,
- 48:46je dis ça à un moment X. Ça semble pas être une
- 48:49priorité. pour M. Donneville, Mme. Fréchette,
- 48:52M. Millard, M. Duhem... peu, mais encore là,
- 48:57je n 'ai pas vu dans sa bouche des propos en
- 48:59termes de revendication de modifications constitutionnelles
- 49:02très claires. Donc, ça ne semble pas être une
- 49:04priorité, puis je comprends le protectionnisme
- 49:05américain, puis la guerre, je comprends tout
- 49:07ça, mais à un moment donné, ces modifications
- 49:10constitutionnelles -là sont nécessaires pour
- 49:11la protection du français, du droit civil, de
- 49:15la culture québécoise. Fait que pendant ce temps
- 49:16-là, le français décline. Pendant que ce n 'est
- 49:17pas notre priorité de faire des modifications
- 49:19constitutionnelles, bien là, on a des attaques
- 49:21contre la loi 101 qui continuent, puis le français
- 49:23continue de reculer. Donc, à un moment donné,
- 49:24il faut que ce soit une priorité, puis il y a
- 49:26d 'autres façons de protéger le français, mais
- 49:28ça passe notamment par des modifications constitutionnelles,
- 49:31puis il faut que les élus qui nous disent on
- 49:34n 'est pas souverainiste, on veut pas de référendum,
- 49:37bien, mais qu 'est -ce que vous proposez? À date,
- 49:39je trouve ça un petit peu mince. Je ne parle
- 49:41pas pour le Parti libéral, évidemment. Le chef
- 49:43pourra faire ses sorties là -dessus. Moi aussi,
- 49:46j 'ai hâte de voir ça va être quoi sa position
- 49:48constitutionnelle. On a parlé de nationalisme,
- 49:50mais il faut que ça soit définit éventuellement
- 49:52probablement dans une plateforme. Je ne sais
- 49:56pas si tu te considères encore comme souverainiste.
- 49:58Tu as déjà été, je pense, candidat pour le Parti
- 49:59québécois. S 'il y a un reproche que je peux
- 50:03faire au mouvement souverainiste... en tant que
- 50:05fédéraliste, un aspect que je comprends moins
- 50:07du mouvement, c 'est justement pourquoi ça n
- 50:10'a pas été fait. Parce que, tu sais, mais sans
- 50:13me situer de l 'autonomie, puis tu sais, que
- 50:14le référendum, éventuellement, tu vas peut -être
- 50:16en avoir un troisième ou même un deuxième, dépendant
- 50:18de t 'es où dans le temps, là. Puis tu te dis,
- 50:21oh, je sais pas, ça va -tu marcher, ça va -tu
- 50:22marcher? On veut créer des conditions, gagnant
- 50:24pour que ça marche. Ben t'sais, de tester toutes
- 50:27ces limites -là. Même si moi, comme fédéraliste,
- 50:30des fois, je vais trouver que ça va aller trop
- 50:31loin ou qu 'on devrait pas faire ça, puis que
- 50:32ça va être même adversarial à un certain niveau
- 50:35envers nos autres collègues fédératifs, puis
- 50:37on va probablement hériter du monde avec ça.
- 50:39Mais je pourrais comprendre pourquoi un gouvernement
- 50:40du Parti québécois, par exemple, ou un gouvernement
- 50:43qui se dit autonomiste comme la CAG, disent,
- 50:44ben moi, je vais aller tester toutes les limites.
- 50:46Pis si moi, c 'est mon objectif constitutionnel,
- 50:48c 'est d 'aller chercher le plus de pouvoir possible,
- 50:51pis de rapatrier le plus d 'autonomie possible
- 50:53à Québec, ben là, je vais aller... chercher tous
- 50:55les pouvoirs que je pourrais possiblement aller
- 50:57chercher tout seul, quitte à me faire dire une
- 51:00fois de temps en temps non par les tribunaux.
- 51:01Après ça, je vais aller chercher tous les pouvoirs
- 51:03que je peux par Ottawa, que juste Ottawa qui
- 51:05peut me donner, puis j 'ai pas obligé de demander
- 51:07la permission à personne d 'autre. Mais ça me
- 51:09semble que c 'est un processus normal, puis après
- 51:11ça, c 'est arrivé vraiment à la fin, fin, fin,
- 51:13puis que là, il y a un pouvoir qui est donc bien
- 51:14important pour toi, que t 'es incapable d 'aller
- 51:16chercher autrement que par une réouverture constitutionnelle
- 51:19complète ou la souveraineté. Ça serait une discussion
- 51:22à avoir à ce moment -là, mais j 'ai l 'impression
- 51:24que le mouvement souverainiste passe de, on est
- 51:28un peu une victime dans le système canadien à,
- 51:31ben là, il faut se séparer tout de suite, pis
- 51:32je pense qu 'un processus comme celui que tu
- 51:34décris, qui vise essentiellement à tester les
- 51:37limites un peu partout, moi j 'appelle ça le
- 51:38toddler mode, j 'ai des jeunes enfants qui sont
- 51:41comme, je peux -tu toucher à ça? Non, ok, je
- 51:43peux -tu toucher à ça? Tu sais, là, il faut tout,
- 51:44là, ça te fait perdre patience un peu comme parent,
- 51:47pis je veux pas dire que le Québec est un toddler,
- 51:48mais je veux dire, c 'est un mode d 'approche
- 51:50de tester les limites, là. Fait que je pense
- 51:52que le Québec... dans un point de vue souverainiste
- 51:54ou indépendantiste ou autonomiste, de dire je
- 51:57vais tester toutes les limites qui existent pour
- 51:59voir si je peux aller en chercher plus, ça serait
- 52:01une approche logique, je pense. Oui, et puis
- 52:04c 'est logique pour au moins deux raisons. D
- 52:06'abord, il y a moyen d 'avoir un assez large
- 52:08consensus, fédéraliste, autonomiste, nationaliste,
- 52:11souverainiste, pour progresser dans ce sens -là.
- 52:14Puis à la fin, si effectivement, là on arrive
- 52:18à l 'ultime limite, ben là... OK, là le projet
- 52:21de souveraineté devient plus pertinent, puis
- 52:23peut -être que en faisant procédant comme ça...
- 52:27C 'est comme ça que tu t 'es bâti, c 'est tes
- 52:28conditions gagnantes. À la fin, quand vraiment
- 52:31tu te fais dire non, tu n 'es plus à 32 % de
- 52:33oui d 'un sondage. En fin des années 80, début
- 52:3790, quand on s 'est fait dire non par le fédéral
- 52:39et les autres provinces, ce n 'était pas 32 %
- 52:41pour la souveraineté, c 'était plus autour de
- 52:4360. C 'est ça. En termes de stratégie souverainiste,
- 52:46c 'est la bonne chose. Mais en même temps, tout
- 52:48ça résulte du beau risque de Rene Lévesque. C
- 52:50'est -à -dire que pour les souverainistes, c
- 52:52'est un risque. Le VAC disait que c 'est un beau
- 52:53risque, mais c 'est un risque dans le sens où
- 52:57si ça marche, ça se peut aussi qu 'à un moment
- 52:59donné ça marche tellement que la souveraineté
- 53:01devienne moins pertinente. Si on a tellement
- 53:03de pouvoir qu 'on est capable de protéger le
- 53:04français, le français arrête de décliner. Bon,
- 53:07ben c 'est peut -être une raison de moi de faire
- 53:08de la souveraineté. Mais en même temps, si on
- 53:10est souverainiste, pis qu 'on pense que c 'est
- 53:11vraiment essentiel, faut comme il dit, croire
- 53:14à ce beau risque -là. Pis l 'exemple des années
- 53:1680 -90 montre que, ben effectivement, le beau
- 53:18risque s 'amène à 95 pis au port de la victoire
- 53:20pour les souverainistes. Fait que moi je pense
- 53:22que c 'est vraiment ça la bonne stratégie. Pis
- 53:25je vois pas la stratégie actuelle... du PQ de
- 53:30rapidement un référendum. Puis là, on voit rapidement,
- 53:31finalement, ils mettent ça à la fin de leur mandat,
- 53:34mais on a vu que c 'était la recette dans le
- 53:36premier mandat de l 'éveil, puis ça a donné le
- 53:3840 % au référendum. Avec la nuance, faire un
- 53:40lien avec ce qu 'on disait tantôt que si jamais
- 53:43il y a un jugement de la Cour suprême... contre
- 53:47la loi sur la laïcité, plus particulièrement
- 53:49contre l 'usage de la disposition de souveraineté
- 53:52parlementaire. Là, peut -être que ce serait un
- 53:54mini -meet, ou carrément un meet, bon, l 'analogie
- 53:58aurait ses limites, mais là, peut -être que ça
- 54:01aurait un petit peu cet effet -là, donc attendons
- 54:03de voir, mais sinon, puis je ne pense pas que
- 54:05ça va arriver, sinon... Je le sens pas pour la
- 54:08stratégie du PQ qui est le référendum, on va
- 54:10faire de la pédagogie. Parce que là, la pédagogie,
- 54:12leur livre bleu, ça fait déjà une couple de mois,
- 54:15ça fait déjà une couple d 'années qu 'ils mettent
- 54:16la souveraineté de l 'avant, une couple de mois
- 54:18qu 'ils publient des livres, puis la souveraineté
- 54:19elle monte pas, elle stagne au mieux, puis même
- 54:22qu 'elle décline un peu selon certaines maisons
- 54:25de sondage. Je pense qu 'il y a un risque politique
- 54:28important, puis on l 'a vu avec le Brexit. de
- 54:30dire, OK, mais j 'espère que je vais être capable
- 54:32d 'avoir 50 % plus 1, tu sais, un processus référendaire.
- 54:36Si on pense que c 'est compliqué de faire tout
- 54:37ce que tu as suggéré de faire... comme séparer
- 54:40le pays en deux, puis après ça, négocier, que
- 54:44ce soit au niveau économique, mais au niveau
- 54:45politique, les nouvelles ententes, tout ça, c
- 54:47'est beaucoup, beaucoup, beaucoup de travail
- 54:48à faire. Fait que je pense que, tu sais, de dire,
- 54:51OK, bon, on va arriver à 50 plus une personne,
- 54:53puis après ça, on va commencer 10 ans de négociations
- 54:55constitutionnelles à ce moment -là, puis espérer
- 54:57que la plus... Parce que, tu sais, une des pires
- 54:59affaires qui pourrait arriver, là, disons qu
- 55:01'on oublie que je suis fédéraliste, là, juste
- 55:02comme Canadien ou comme Québécois, plutôt, je
- 55:04devrais dire. Si jamais on arrivait avec un mandat
- 55:12de référendum à 50 % plus 1, puis que là on se
- 55:16réveillait tous avec un lendemain de brosse que
- 55:18finalement on n 'était pas vraiment ce qu 'on
- 55:19voulait. Puis que là, on a un gouvernement du
- 55:22Parti libéral en protestation qui se ramasse
- 55:24à négocier une cessation avec le Canada, alors
- 55:27qu 'une majorité de Québécois ne veulent plus
- 55:29se séparer. Ça serait catastrophique, là, je
- 55:32pense. Je pense que l 'avantage d 'une approche
- 55:35comme la tienne, même si je ne suis pas 100 %
- 55:36d 'accord avec l 'approche parce que je suis
- 55:38résolument fédéraliste, puis j 'ai moins le besoin
- 55:42d 'autonomie québécoise que quelqu 'un comme
- 55:44toi ou qu 'un autonomiste pourrait avoir. Mais...
- 55:47l 'avantage que je vois avec ça, c 'est que tu
- 55:50vas vraiment tester toutes les limites et là
- 55:51tu vas pouvoir présenter un cas aux Québécois
- 55:53et dire, regardez, on a fait tout ce qui était
- 55:55dans notre pouvoir pour essayer d 'aller chercher
- 55:57des pouvoirs. Nous pensons que tel ou tel pouvoir,
- 56:01c 'est une question de vie ou de mort sur notre
- 56:03province, sur notre pays. Fait que là, il faut
- 56:05donc se séparer pour ça. Je pense que s 'il y
- 56:07a un échec du mouvement souverainiste, ils sont
- 56:10prêts à faire ce point -là parce qu 'il y a des
- 56:12gens comme toi qui peuvent venir après et dire,
- 56:13regardez... Il y a 40, je pense qu 'il y en a
- 56:1640, 40 recommandations de choses qu 'on pourrait
- 56:18faire avant deux. Je pense que ça vaudrait la
- 56:21peine qu 'ils explorent ça, puis ça serait probablement
- 56:22plus constructif que de faire un problème de
- 56:24référendum. Je pense que t 'as raison sur un
- 56:27point. Si c 'est pour avoir un oui, ça serait
- 56:30nettement préférable que ça soit à 60 % plutôt
- 56:32qu 'à 50 % plus 1. Pour les fédéralistes et les
- 56:34autonomistes. Pour tout le monde. Même pour le
- 56:37Canada anglais. Tout le monde est d 'accord.
- 56:38On ressort du Canada et on s 'en va. Puis là,
- 56:40on pourrait dire, ouais, mais là, c 'est impossible.
- 56:42Donc, on va y aller pour 50 % plus 1, ça a fait.
- 56:44Bien non. Dès le début des années 90, c 'était
- 56:46ça, 60 % dans les sondages. Parce qu 'il y avait
- 56:49eu une tentative de réforme du fédéralisme extrêmement
- 56:52sérieuse qui avait vraiment été jusqu 'au bout
- 56:55du processus. Je pense que c 'est une autre bonne
- 56:59raison. Puis tu penses que c 'est la raison aussi
- 57:01parce que là, surtout s 'ils font le référendum
- 57:03tard dans le mandat, ça, ça veut dire que, mettons,
- 57:05ils le font après trois ans et demi, ce qui s
- 57:07'enligne avec les dernières déclarations du chef
- 57:10du PQ le soir de la victoire dans Chikutimi.
- 57:13Là, ça veut dire que six mois après une élection,
- 57:16faire un référendum à 50 % plus un, puis six
- 57:18mois après... Le Parti libéral rentre en place.
- 57:21C 'est ça, là. Puis si le Parti libéral rentre
- 57:24en promettant de... Bon, on a vu que le Brexit,
- 57:26ça marchait pas quand les travailleurs évoquaient
- 57:29la possibilité d 'en revenir en arrière, les
- 57:30électeurs les suivaient pas, mais bon, en contexte
- 57:32québécois, on sait pas ce qui pourrait arriver.
- 57:34C 'est pour ça que moi, je suis partisan. S 'il
- 57:35est pour avoir un référendum, il devrait être
- 57:37plus tôt, je pense, dans le mandat, ou à la limite.
- 57:39Et peut -être que le PQ n 'exclut pas cette possibilité,
- 57:41je n 'ai pas d 'informations privilégiées, mais
- 57:43je me dis que peut -être que ce à quoi il pense,
- 57:46c 'est de le faire simultanément à l 'élection
- 57:49de 2030. Ok, ça fait qu 'il y a comme un référendum,
- 57:52une élection référendum. En même temps, vraiment,
- 57:55une question oui -non, puis un autre bulletin
- 57:57de vote pour voter pour le parti. Comme ça, ça
- 57:59donne quatre ans. En même temps, ça mobilise
- 58:01les électeurs du PQ. Donc ils peuvent perdre
- 58:03leur référendum à 40%, mais s 'il y a 40 % qui
- 58:06votent PQ à 5 parties, ils ont une méga majorité.
- 58:09Et ça évite le risque, je disais, d 'avoir une
- 58:10élection qui suit 6 mois. Bon, il va y avoir
- 58:12une fédérale quelques mois après possiblement,
- 58:15pis si le bloc se fait planter, on a un peu le
- 58:17même genre de problème, mais pas autant, pas
- 58:19autant, honnêtement. Fait que moi, c 'est ça,
- 58:21soit au début du mandat, soit simultanément...
- 58:26Mais à la fin du mandat, comme en 80, ça m 'apparaît
- 58:28une recette pour le désastre. Puis pour toutes
- 58:31sortes de raisons, surtout en contexte de déficit,
- 58:33un gouvernement, souvent ça devient plus impopulaire
- 58:36au fil du temps que la lune de miel a dur six
- 58:38mois, un an. Fait que moi, je pense que le mieux,
- 58:42ce serait au début du mandat, au pire simultanément
- 58:44à la réélection. Mais trois ans et demi après,
- 58:48ça me fait tellement penser à 1980. Je comprends
- 58:51pas pourquoi ils vont là de cette façon -là.
- 58:53Donc il y a plus à suivre là -dessus, mais merci
- 58:55d 'avoir fait l 'exercice. Puis là, nos auditeurs
- 58:56vont voir qu 'on n 'est pas partout de la même
- 58:58famille politique, mais qu 'on est capable de
- 58:59trouver des points comme eux quand même. Fait
- 59:01que merci d 'être venu exposer ta vidéo. Ça fait
- 59:03plaisir. Merci d 'avoir été avec nous. Si vous
- 59:06avez aimé l 'épisode, abonnez -vous et laissez
- 59:07-nous vos commentaires pour qu 'on puisse s 'améliorer.
- 59:09À la semaine prochaine.