Latest / Le Café du Sport Business / Austérité en Ligue 1 : autopsie des stratégies de réduction de coûts des clubs
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- 0:03Le café du sport business on parle pas des scores du weekend
- 0:06hein ? Non, on parle des enjeux
- 0:07financiers, du marketing, des médias.
- 0:11Toute l'arrière boutique économique du sport en fait.
- 0:20Bonjour, bienvenue au café du sport business.
- 0:24Bonjour. Imaginez un instant une
- 0:26multinationale. Une entreprise qui brasse des
- 0:28dizaines de 1000000 d'euros de chiffre d'affaires, dont les
- 0:31performances sont scrutées par des 1000000 de personnes chaque
- 0:34weekend à la télévision. Une belle entreprise en somme.
- 0:37Voilà une structure de premier plan, mais du jour au lendemain,
- 0:41cette même entreprise en est réduite à et bien à supprimer
- 0:45les petits fours pour les journalistes à la mi-temps ou
- 0:47pire. À recycler les maillots de
- 0:49l'année dernière pour ces jeunes employés, juste pour gratter
- 0:51quelques milliers d'euros par ci par là.
- 0:53Présenter comme ça, ça ressemble à un scénario de fiction.
- 0:56C'est tout le problème. Ce n'est pas de la fiction.
- 0:58C'est exactement la réalité de la Ligue un en ce moment.
- 1:01Notre football traverse une zone de turbulences financières
- 1:04majeures avec la fin programmée des contrats de diffusion de
- 1:08dazan et de Bein dès la saison prochaine.
- 1:11L'heure de l'argent magique est terminée, en fait.
- 1:13C'est ça, place à une austérité drastique.
- 1:16Et pour comprendre comment les clubs s'adaptent et survivent à
- 1:19cette crise sans précédent, J interviewé aujourd'hui notre
- 1:22expert en économie du sport qui va tout nous expliquer.
- 1:25Je suis ravi d'être là et oui, c'est un sujet central parce
- 1:29qu'il nous obligé vraiment à détourner le regard du rectangle
- 1:31vert pour observer la machinerie en coulisses.
- 1:34La fameuse machinerie qu'on ne voit jamais quand on regarde.
- 1:37Un match exactement. Et avant de lister les petites
- 1:40astuces ou les coupes budgétaires spectaculaires.
- 1:43Il faut d'abord, je dirais, poser un diagnostic clinique,
- 1:46comprendre ce qui pèse réellement sur les finances d'un
- 1:49club de football professionnel aujourd'hui.
- 1:51Le point de départ du problème, voilà.
- 1:53L'équation de base est effrayante, plus de 80% de la
- 1:57masse salariale totale d'un club de l'élite est absorbée par un
- 2:01seul et unique département. Ben.
- 2:02J'imagine qu'on parle des joueurs, de l'équipe première et
- 2:04du staff technique. Tout à fait 80%, c'est une
- 2:07proportion gigantesque. Or, la difficulté majeure de ce
- 2:10poste budgétaire. C'est sa rigidité absolue.
- 2:13C'est à dire ? Je veux dire que contrairement à
- 2:15une entreprise classique qui pourrait réduire la voilure en
- 2:18période de crise, faire des plans sociaux, du chômage
- 2:20partiel, un club ne peut pas unilatéralement diviser le
- 2:24salaire de ses joueurs sous contrat.
- 2:25Les contrats sont blindés, c'est ça ?
- 2:27Et même si c'était légalement possible, démanteler son
- 2:30effectif en urgence, ça détruirait instantanément la
- 2:33compétitivité sportive de l'équipe.
- 2:35Ce qui ouvrirait la porte au pire scénario possible pour eux.
- 2:39Une relégation en division inférieur qui est carrément
- 2:42synonyme de faillite pour beaucoup de clubs.
- 2:44C'est le serpent qui se mord la queue.
- 2:46Par conséquent, face à une urgence de trésorerie à court
- 2:49terme et dans l'impossibilité de toucher au cœur du réacteur, les
- 2:53directions se tournent vers le seul levier d'action immédiat
- 2:56qui leur reste. Lequel ?
- 2:58Elles sabrent les effectifs du secteur administratif.
- 3:01Mais comptablement, ça n'a aucun sens.
- 3:04Virer un comptable, un graphiste ou un attaché de presse qui
- 3:06gagne disons 3000€ par mois ? Quand on paie un attaquant
- 3:10remplaçant, 150000€, c'est vider l'océan à la petite cuillère,
- 3:13non ? Absolument.
- 3:15En fait, c'est comme un ménage qui paierait un loyer exorbitant
- 3:18de 5000€ pour un appartement alors qu'il n'en gagne que 4000,
- 3:22et pour régler leur déficit mensuel de 1000€, ils s assoient
- 3:26autour de la table de la cuisine et décident très solennellement
- 3:29d'arrêter d'acheter du café en capsule pour faire des
- 3:31économies. C'est une belle image.
- 3:33L'effort est louable, la démarche est sincère, mais on
- 3:36s'attaque à une marge d'erreur de 50€.
- 3:38Au lieu de régler le vrai problème structurel qui est le
- 3:41loyer ? L'analogie est sévère, mais elle
- 3:43est très juste. Comptablement, c'est vrai.
- 3:45Les économies sur le personnel de Bureau ne combleront jamais
- 3:48le gouffre creusé par les salaires sportifs.
- 3:50Pourtant, c'est une mécanique de survie réflexe dans quasiment
- 3:53tous les clubs. Vous avez un exemple concret en
- 3:55tête ? Prenons la situation de l'o.
- 3:56GC Nice par exemple. Le club se retrouve dans une
- 3:59position où il est obligé de patienter jusqu'au prochain
- 4:02mercato d'été pour espérer se délester de ses plus gros
- 4:05salaires sur le terrain. Parce qu'on ne peut vendre des
- 4:07joueurs que pendant les fenêtres de transfert.
- 4:09Exactement. Mais en attendant cette fameuse
- 4:12fenêtre d'opportunité, la direction s'est lancée dans une
- 4:15véritable politique D amaigrissement de ses bureaux.
- 4:17Avec des conséquences humaines directes.
- 4:19On parle quand même d'une dizaine de départs qui touchent
- 4:22directement les fonctions administratives ces derniers
- 4:24mois à Nice. Ce n'est pas anodin pour le
- 4:26fonctionnement quotidien. Oui, et le plus révélateur dans
- 4:29la stratégie Niçoise, c'est que cette cure d'austérité finit par
- 4:31toucher la zone grise entre l'administratif et le sportif.
- 4:34Laquelle ? La cellule de recrutement.
- 4:36Cette cellule rétrécit considérablement.
- 4:39Il y a des accords à l'amiable, des départs volontaires et la
- 4:42consigne de la direction est très claire, on ne remplace
- 4:45personne. Ce qui nous amène au cas très
- 4:47précis de Morgane Boulier. En fait, il était le
- 4:50coordonnateur du recrutement de l'E GC Nice, il est parti
- 4:53récemment et son poste reste totalement vacant à ce jour.
- 4:57Ce non remplacement est un signal d'alarme assez fascinant
- 4:59sur la psychologie des dirigeants en temps de crise.
- 5:02Logiquement, la cellule de recrutement, c'est le
- 5:04département qui génère de la future valeur.
- 5:06Ben oui, c'est le nerf de la guerre.
- 5:08C'est elle qui déniche les talons sous côtés les jeunes
- 5:11joueurs capables de rapporter des 1000000 lors d'une revente.
- 5:14En gelant les embauches dans ce secteur stratégique, la
- 5:16direction accepté délibérément de perdre en efficacité sur le
- 5:19prochain marché des transferts. Tout ça simplement pour
- 5:22sécuriser la trésorerie des 3 prochains mois.
- 5:25C'est exactement ça, le court terme prend systématiquement le
- 5:28pas sur la survie à long terme. Mais ce qui me frappe le plus
- 5:31dans cette dynamique, c'est l'effet domino sur ce qui reste
- 5:34si l'o G c'est Nice ou d'autres clubs d'ailleurs.
- 5:37Ne remplace pas la dizaine de personnes qui partent.
- 5:40Le volume de travail, lui, ne s'évapore pas par magie.
- 5:43Les matchs continuent d'avoir lieu tous les week-ends.
- 5:45Ben. Non, le travail reste là, donc
- 5:46les. Salariés restants doivent
- 5:48absorber les missions des absents, c'est.
- 5:50Là, que le management interne des clubs opère une mutation
- 5:53forcée. L'époque des fiches de poste
- 5:55bien délimitées est complètement révolue.
- 5:57Aujourd'hui, on exige une polyvalence que l'on pourrait
- 5:59vraiment qualifier d'extrême. C'est.
- 6:01Le système D voilà. C'est l'art de la débrouille
- 6:03érigée en système de gestion institutionnelle, je crois.
- 6:06Qu'il faut regarder ce qui se passe au Havre pour comprendre
- 6:09l'ampleur du phénomène. L'organisation interne là-bas
- 6:12s'est transformée en un laboratoire d'optimisation assez
- 6:15radicale. Oui, le.
- 6:17Havre est un très bon exemple. Le.
- 6:19Directeur de la communication du club par exemple, ne gère plus
- 6:23seulement la presse et l'image, il a carrément récupéré
- 6:26l'intégralité du pôle marketing 2.
- 6:29Métiers totalement différents à la base.
- 6:31Exactement. Et ça va plus loin.
- 6:34L attaché de presse, dont le rôle est traditionnellement de
- 6:36canaliser les journalistes et de préparer les interviews, se
- 6:40retrouve propulsé speaker officiel du stade les soirs de
- 6:43match. Ce.
- 6:43Qui crée des situations improbables, Ben.
- 6:46Oui, imaginez la scène. En pratique, un journaliste a
- 6:49besoin d'une confirmation urgente sur la blessure d'un
- 6:52joueur à la mi-temps pour son direct, mais son seul contact
- 6:55est sur la pelouse, un micro à la main, en train de hurler pour
- 6:58chauffer les tribunes. C'est de la gestion de bout de
- 7:01chandelle. Sans parler de la Référente des
- 7:03supporters qui produit désormais les articles éditoriaux pour le
- 7:06site Internet officiel du club. Cette.
- 7:08Redéfinition des rôles ? Il faut bien voir qu'elle
- 7:10s'applique également aux matériels et aux
- 7:12infrastructures. Historiquement, un club de
- 7:14l'élite cherchait toujours à projeter une image de puissance,
- 7:18de modernité. On voulait.
- 7:19En mettre plein la vue, c'est. Ça, on renouvelait les
- 7:21équipements chaque année pour stimuler le merchandising, on
- 7:25rafraîchissait les peintures. Aujourd'hui, on assume
- 7:28totalement de différer des travaux esthétiques.
- 7:30C'est. Exactement ce qu'on observé à
- 7:31Metz. Du coup, le grand projet de
- 7:34remplacer tous les sièges du stade Saint Symphorien pour les
- 7:36passer uniformément en couleur grenat, qui est quand même
- 7:39l'identité visuelle historique du club, est repoussée
- 7:42indéfiniment. Il n'y a.
- 7:44Plus de budget pour la para et. Plus parlant encore, toujours à
- 7:47Metz, les jeunes joueurs du centre de formation ne reçoivent
- 7:50plus d'équipement 9. Il réutilise purement et
- 7:53simplement les maillots de la saison dernière, CE.
- 7:55Qui est une excellente transition vers une question
- 7:57fondamentale, si un club professionnel reporte la
- 8:00rénovation de son stade et fait porter de vieux maillots à ces
- 8:02jeunes, la perception globale de l'institution changer, mais.
- 8:05C'est là que je veux vous challenger.
- 8:06Justement, à quel moment cette polyvalence extrême et cette
- 8:10rationalité économique basculent elles dans le bricolage amateur
- 8:14pur et dur ? La.
- 8:15Frontière est mince, très. Mince, parce que la Ligue un
- 8:18commercialise une image premium. Les clubs vendent des logeurs de
- 8:22prix, des partenariats à dispenseurs prestigieux.
- 8:25Si le marketing, l'animation du stade, la relation presse et le
- 8:28site web sont gérés par 3 salariés en plein burn out, ne
- 8:31risque-t-on pas de dégrader sérieusement la qualité du
- 8:34produit final ? Les.
- 8:35Conseils d'administration en sont parfaitement conscients.
- 8:38Le risque de dévaluer la marque est immense et C'est pourquoi
- 8:41certaines directions ont développé une parade rhétorique,
- 8:44redoutablement intelligente je trouve, pour justifier ces
- 8:47restrictions budgétaires auprès de leurs.
- 8:48Partenaires et du grand public, oui.
- 8:50Au lieu de dire bon, nous sommes fauchés et nous coupons dans les
- 8:53dépenses, ils enveloppent ces décisions dans un bouclier
- 8:56institutionnel qui est inattaquable aujourd'hui, la.
- 8:59Protection de l'environnement, la.
- 9:00Protection de l'environnement, exactement, c'est.
- 9:02Brillant d'un point de vue cynique, la démarche RSE, la
- 9:07fameuse responsabilité sociétale des entreprises, est devenue
- 9:11l'outil de communication parfait de l austérité.
- 9:14Absolument, c'est l'art de faire d'une Pierre 2 coups.
- 9:18Et pour observer cette stratégie à son paroxysme, il faut se
- 9:21tourner vers la Bretagne, vers. Rennes, le.
- 9:23Stade Rennais déploie actuellement un Arsenal de
- 9:25mesures qui coche absolument toutes les cases de la rigueur
- 9:28économique déguisée en vertu écologique.
- 9:31La direction à récemment procédé au passage intégral de sa flotte
- 9:34automobile au tout électrique pour tout.
- 9:35Le monde, oui. Cela concerne les véhicules de
- 9:38fonction, des commerciaux, des cadres et même des recruteurs
- 9:40qui avalent des kilomètres veynes.
- 9:42Le club à massivement investi pour atteindre une autonomie
- 9:45totale en eau au sein de son centre d'entraînement.
- 9:48Avec des systèmes de récupération d'eau de pluie,
- 9:50j'imagine des. Systèmes de récupération de
- 9:53traitement, c'est vendu sur les plaquettes comme une mesure de
- 9:55préservation des ressources naturelles.
- 9:58Ce. Qui est vrai dans l'absolu,
- 9:59c'est. Vrai, mais c'est avant tout une
- 10:01parade contre l'explosion des factures d'eau pour l'entretien
- 10:04des nombreuses pelouses du centre, c'est.
- 10:06Un peu comme ce voisin qui, du jour au lendemain, fait
- 10:08installer des dizaines de panneaux solaires sur le toit de
- 10:10son pavillon. Je vois très bien le genre bah.
- 10:13Oui, sur son profil professionnel en ligne, il va
- 10:15rédiger de longs textes expliquant son éveil spirituel,
- 10:17son désir de sauver les ours polaires et de réduire son
- 10:20empreinte carbone pour les générations futures.
- 10:22Mais quand vous prenez un café avec lui en privé, vous
- 10:24comprenez assez vite qu'il a simplement vu sa facture
- 10:26d'électricité tripler l'hiver dernier.
- 10:28Il a été pris de panique et il cherche juste à limiter la casse
- 10:30financière la. Métaphore du voisin est très
- 10:32juste. Aujourd'hui, dans le football
- 10:34français, la politique RSE n'est plus pilotée par des idéalistes
- 10:37du département communication. Elle est dictée, validée,
- 10:39propulsée directement par le directeur financier et cette.
- 10:42Même logique de directeur financier s'applique de manière
- 10:45encore plus stricte au déplacement de l'équipe
- 10:48professionnelle. Les joueurs du Stade Rennais
- 10:50voyagent désormais en train pour se rendre à Paris, ce qui.
- 10:53Est une bonne chose pour le coup bien.
- 10:55Sûr mieux encore, la direction à acté depuis 2 ans l'annulation
- 10:59pure et simple des vols affrétés pour les trajets nécessitant
- 11:02moins de 04h00. Fini.
- 11:03Les jets privés pour aller à Nantes où Angers, voilà.
- 11:06Et l'an prochain, ils franchissent un cap logistique.
- 11:08Encore plus fascinant, le car officiel, ce fameux grand bus
- 11:12aux couleurs de l'équipe que l'on voit toujours, ne descendra
- 11:15même plus à vide sur les longs déplacements pour récupérer les
- 11:18joueurs à l'aéroport ou à la gare d'arrivée, c'est.
- 11:19Un détail qui paraît anodin, mais quand on décortique un bus
- 11:24qui traverse toute la France à vide, du Nord au Sud, ce sont
- 11:28des frais de péage astronomiques.
- 11:30Ce sont des pleins de gazole de plusieurs centaines de litres.
- 11:33Une usure prématurée du matériel.
- 11:36Et bien sûr, les heures de conduite et les nuits d'hôtel du
- 11:38chauffeur à payer, c'est une économie substantielle habillée
- 11:42d'un discours sur le bilan carbone.
- 11:44Exactement. Le bouclier écologique
- 11:46fonctionne à merveille. Mais, et c'est une distinction
- 11:48cruciale à faire pour notre audience, si l'on coupe dans les
- 11:51transports, l'eau, le personnel administratif et le recrutement,
- 11:56YAT il une ligne rouge ? Les présidents de clubs ne
- 11:58peuvent tout de même pas scier toutes les branches de l'arbre
- 12:00sur lequel ils sont assis. Attendez.
- 12:03Par simple déduction logique. Si on coupe la cellule de
- 12:07recrutement, on hypothèque le modèle sportif futur, ça c'est
- 12:10sûr. Mais si on coupe dans la
- 12:12capacité du club à générer son propre argent au quotidien, là
- 12:15c'est la faillite assurée à très court terme.
- 12:17Y a forcément des secteurs d'activité qu'il faut
- 12:20sanctuariser sous peine de mort clinique, non ?
- 12:22Vous mettez le doigt sur le dilemme central des dirigeants
- 12:25actuels, couper aveuglement de manière transversale, c'est à
- 12:28dire demander 10% d'économie à absolument tous les
- 12:31départements. Ce qu'on appelle la politique du
- 12:33rabot, c'est un danger stratégique mortel ça ?
- 12:36Détruit la machine. C'est ça ?
- 12:39Les dirigeants les plus lucides ont donc identifié 2 sanctuaires
- 12:42absolus, le pôle digital et le pôle commercial on.
- 12:46Ne Touche pas au vendeur. Jamais le Stade Rennais,
- 12:48toujours lui, n'a absolument pas touché à ses produits VIP, leurs
- 12:53prestations de très haut de gamme dans les loges.
- 12:55Reste totalement intacte, pourquoi ?
- 12:58Spécifiquement les loges VI. P parce qu'elles sont sécurisées
- 13:01via des packages pluriannuels qui sont vendus à des
- 13:04partenaires solides, des entreprises.
- 13:07Réduire le secteur commercial en licenciant des vendeurs ou en
- 13:10baissant la qualité du traiteur pour les sponsors, c'est
- 13:12détruire le savoir faire de l'entreprise, c'est.
- 13:15Envoyer un très mauvais signal aux gens qui payent.
- 13:17Exactement. C'est littéralement couper le
- 13:19moteur au moment où l'on traverse une tempête.
- 13:22Réduire la force de vente, ça crée une énergie négative en
- 13:24interne. Et surtout ça enfermé le club
- 13:27dans un cercle vicieux implacable, un.
- 13:29Cercle vicieux de quelle nature la.
- 13:30Dépendance totale au marché des transferts, ce qu'on appelle le
- 13:34trading de joueurs. Si un club n'a plus de revenus
- 13:37commerciaux stables grâce à la billetterie VIP, au sponsoring
- 13:40de gons et aux merchandising, sa seule source d'oxygène
- 13:44financier, ça devient la revente de ses joueurs.
- 13:47Et là. On joue à la roulette russe.
- 13:49Totalement, le modèle économique ne tient plus qu'un fil.
- 13:52Si le marché des transferts s'effondre globalement ou si par
- 13:55malheur votre attaquant vedette se fait les ligaments croisés au
- 13:58mois de juin, vous ne pouvez pas le vendre et vous n'avez tout
- 14:01simplement plus l'argent pour payer les salaires du mois de
- 14:03septembre donc. Si je résume la véritable
- 14:06compétence d'un dirigeant de football aujourd'hui, ce n'est
- 14:08plus d'avoir un bon tableau Excel pour savoir où couper.
- 14:11N'importe quel comptable un peu rigoureux peut identifier des
- 14:14dépenses superflues. Le vrai courage managérial,
- 14:17c'est d'avoir l'audace de continuer à dépenser.
- 14:20De maintenir les budgets d'investissement dans les
- 14:22secteurs générateurs de revenus futurs.
- 14:24Alors que tout le monde autour de vous cède à la panique
- 14:26générale, c'est. Très bien résumé, cette vision à
- 14:29long terme, c'est la ligne de fracture exacte qui sépare les
- 14:32clubs gérés intelligemment des clubs qui basculent dans la
- 14:34gestion de crise absolue. Une vraie fracture et.
- 14:37Ce contraste est particulièrement saisissant
- 14:39quand on observé la manière dont les afflux soudains d'argent,
- 14:42les fameux pactoles, sont gérés d'un côté et comment la survie
- 14:46est négociée de l'autre. YA1 décalage vertigineux entre
- 14:50la perception qu'a le public de l'argent du football et la
- 14:53réalité stricte des bilans comptables.
- 14:54J'ai un exemple très précis en tête.
- 14:56Pour illustrer cette incompréhension, regardons
- 14:59encore du côté de la Bretagne. À Lorient, la direction est
- 15:02parvenue à rester focalisée sur le domaine sportif, sans
- 15:05s'imposer de restrictions budgétaires qui casseraient
- 15:07toute la dynamique. Mais le cas du Stade Brestois
- 15:10est un cas d'école extraordinaire de friction entre
- 15:13les attentes populaires et la gestion réelle.
- 15:16À la fameuse qualification de Brest pour la Ligue des
- 15:18champions. Historique, historique ?
- 15:20Oui, un véritable choc thermique pour la gestion d'un club de
- 15:23cette dimension. Totalement, parce que suite à
- 15:26cette qualification inespérée, l'immense majorité des
- 15:29supporters a cru en lisant les gros titres de la presse.
- 15:33Que le club venait de découvrir un trésor de guerre estimé à
- 15:3650000000 d'euros, c'est. Le chiffre qui circulait
- 15:39partout, voilà. Dans l'imaginaire collectif,
- 15:41Brest devenait soudainement un club riche, capable de s'acheter
- 15:44des stars internationaux et de doubler tous les salaires de
- 15:47l'effectif actuel et. C'est là que Grégory Lorenzi, le
- 15:49directeur sportif, a dû endosser un rôle totalement inédit pour
- 15:53lui. Celui de professeur d'économie
- 15:55en fait, pour désamorcer la bombe de la communication, il a.
- 15:58Dû faire de la pédagogie, il a dû.
- 15:59Intervenir publiquement pour expliquer que ces 50000000
- 16:02d'euros de dotation UF à n'étaient absolument pas un
- 16:04bénéfice net dormant sagement sur un compte épargne, mais.
- 16:07Alors concrètement, comment s'évaporent 50000000 d'euros ?
- 16:11Aussi vite, on a du mal à visualiser.
- 16:14Alors ce n'est pas de l'évaporation, c'est de
- 16:16l'absorption structurelle. Je vous fais le calcul
- 16:19immédiatement. 10000000 d'euros sont partis directement dans le
- 16:23paiement des primes de qualification aux joueurs et au
- 16:25staff. C'est.
- 16:26Dans leurs contrats initiaux, j'imagine, c'est.
- 16:28Purement contractuel, oui. Ensuite, et c'est la partie la
- 16:31plus douloureuse, le club a dû mobiliser 5000000 d'euros
- 16:35uniquement pour louer le stade de roudourou à Guingamp afin d'y
- 16:39disputer ces matchs à domicile. Européen, 5. 1000000 juste pour
- 16:43une location de stade de quelques matchs.
- 16:45Le chiffre paraît lunaire, c'est.
- 16:47Le prix de la mise aux normes le stade Francis le Blais, à Brest,
- 16:50n'était tout simplement pas aux normes drastiques exigées par
- 16:53l'u EF à pour accueillir la Ligue des champions.
- 16:54Les. Fameux cahiers des charges.
- 16:56Exactement. Louis, Guingamp implique de
- 16:59compenser la perte d'exploitation du stade de
- 17:01Brest, de payer des prestataires de sécurité supplémentaires, de
- 17:05reconfigurer tous les espaces d hospitalités VIP pour l'u EF à,
- 17:09de déplacer toute la logistique du club à chaque match.
- 17:12C'est un gouffre financier. Donc 10. 1000000 de primes, 5.
- 17:161000000 de stades, on est déjà à 15000000 envolés, et ce.
- 17:18N'est pas fini. À cela s'ajoutent les hausses de
- 17:20salaire mécaniques de l'effectif actuel qui a performé et là
- 17:24nécessité d'acheter des joueurs un peu plus rompus aux joutes
- 17:26européennes. Pour ne pas faire de la
- 17:28figuration, voilà. Des joueurs comme à Jerk, Baldé
- 17:32où Doumbia, il fallait densifier l'équipe pour ne pas être
- 17:34ridicule sur la scène continentale.
- 17:36Donc à. La fin de l'opération
- 17:38mathématique, la priorité absolue de la direction
- 17:41Brestoise. N'a pas du tout été de flamber
- 17:43sur le marché des transferts, mais simplement de préserver ses
- 17:46fonds propres pour garantir la pérennité de l'institution.
- 17:50au-delà de cette année exceptionnelle, c'est.
- 17:52Une gestion classique de bon père de famille.
- 17:54Mais à l'opposé exact de ce spectre, on trouve des clubs
- 17:57engagés dans une lutte désespérée, des clubs où
- 18:00l'austérité n'est plus du tout un choix stratégique
- 18:02intelligent, mais une simple question de survie à très court
- 18:04terme, le. FC Nantes illustre parfaitement
- 18:07cette spirale négative. Racontez.
- 18:08Nous. Le.
- 18:09Club vit sous la menace constante de la relégation en 2e
- 18:12division depuis quelques temps et cette épée de Damoclès génère
- 18:15une panique sportive totale en interne.
- 18:17Une panique qui se traduit par une consommation frénétique
- 18:20d'entraîneurs. La direction a enchaîné les
- 18:22changements sur le Banc, on. Parle de Luis Castro puis Ahmed
- 18:25Kantari pour finalement faire appel au vétéran vaïdalilozic
- 18:29changer. De coach 3 fois dans une même
- 18:31saison, ça implique de payer des indemnités de licenciement
- 18:34colossales à chaque fois ? Tout ça en chamboulant
- 18:36l'effectif en plein hiver pour satisfaire les nouveaux systèmes
- 18:40de jeux et. Si la relégation intervient au
- 18:42bout du compte, sachant que la structure financière actuelle de
- 18:45Nantes est calibrée pour absorber les revenus des droits
- 18:47TV de la Ligue un, la baisse de voilure imposée cet été sera
- 18:50d'une violence inouïe. La faillite pure et simple est
- 18:53une option crédible pour eux, c'est.
- 18:55Un risque majeur et pour mesurer la réalité de ce qu'est un plan
- 18:58de sauvetage extrême quand on frôle cette faillite, il faut
- 19:02analyser ce qu'a traversé l'Olympique lyonnais tout
- 19:04récemment. L'o.
- 19:05L est passée très près de la catastrophe pour.
- 19:07Éviter la relégation administrative pure et simple
- 19:09par les instances de contrôle financier.
- 19:11La fameuse DNCG l'o LA dû opérer une véritable boucherie
- 19:14comptable là. On ne parle plus de ne pas
- 19:18remplacer un seul coordinateur du recrutement comme à Nice,
- 19:21non ? L'échelle est différente, l'o LA
- 19:23dû licencier près de 100 salariés à travers un plan
- 19:25social massif, 100 personnes. En parallèle, ils ont réalisé
- 19:29l'exploit comptable, si on peut dire.
- 19:31De diviser la masse salariale de l'équipe première par 2, c'est.
- 19:34Vertigineux de couper la moitié des salaires sportifs dans un
- 19:37club de ce standing. Et une fois que ces immenses
- 19:40décisions structurelles ont été actées pour sauver le navire de
- 19:44la noyade pure et simple, la direction s'est attaquée à des
- 19:47détails symboliques. Et c'est souvent là dans ces
- 19:50détails qu'on comprend vraiment le changement d'époque.
- 19:53L'o LA pris la décision de supprimer purement et simplement
- 19:56le célèbre buffet de la presse du Groupama Stadium, en dehors
- 20:00des très grosses affiches de Gala, CE.
- 20:02Qui, financièrement parlant, ne représente qu'une goutte d'eau
- 20:05dans leur océan de dettes. Justement, l'économie générée
- 20:08par l'annulation de ces petits fours et de ces repas chauds
- 20:11pour les journalistes est estimée à environ 75000,00€ par
- 20:14an, pour un budget de la taille de celui de l'Olympique
- 20:17lyonnais, qui brasse des centaines de 1000060. 15000€,
- 20:20c'est statistiquement invisible. Mais le symbole envoyé en
- 20:23interne aux salariés restants et en externe aux banquiers est
- 20:27d'une puissance redoutable. C'est.
- 20:28Un message le. Message est très clair, nous
- 20:31sommes en guerre économique et plus aucun euro ne sera dépensé
- 20:34par complaisance ou par habitude, c'est.
- 20:36Toute la subtilité de la période actuelle, qu'il s agisse de
- 20:39justifier publiquement des 1000000 invisibles à Brest ou de
- 20:43rationaliser 75000€ de traiteur à Lyon pour montrer l'exemple.
- 20:47Le fil conducteur de toutes ces décisions, c'est la maîtrise de
- 20:50la narration. Le nerf de la guerre n'est plus
- 20:52seulement financier pour ces présidents.
- 20:54Il est devenu communicationnel. L austérité ambiante, tout en
- 20:58essayant quand même de maintenir une petite lueur d'espoir pour
- 21:02que les supporters continuent de venir au stade et que les
- 21:05sponsors continuent de payer. C'est un exercice d'équilibriste
- 21:09permanent si l'on. Prend un peu de hauteur pour
- 21:11clôturer notre échange, une réflexion assez vertigineuse
- 21:15s'impose. Si aujourd'hui l'avantage
- 21:18concurrentiel d'un club de Ligue un réside principalement dans sa
- 21:21capacité à exceller dans l'optimisation financière, dans
- 21:25l'art de la polyvalence administrative et dans la
- 21:28narration de la crise, plutôt que dans l'innovation tactique
- 21:31ou la qualité pure du jeu développée sur la pelouse, une
- 21:34question fondamentale se pose pour ceux qui nous écoutent.
- 21:37Laquelle ? Comment cette mutation
- 21:39structurelle profonde va-t-elle impacter le niveau et surtout
- 21:43l'attractivité de notre championnat sur la scène
- 21:46européenne d'ici 10 ans ? Allons nous devenir un
- 21:48championnat de très bons gestionnaires de crise mais de
- 21:51piètre sportif face au mastodonte anglais ou espagnol ?
- 21:55C'est. Le grand risque ?
- 21:56Si on n'y parle que d'optimisation de bout de
- 21:58chandelle, le produit football en lui même risque de
- 22:01s'appauvrir considérablement. C'est.
- 22:03Un défi existentiel passionnant à méditer pour l'avenir de notre
- 22:07football. À très vite pour un nouveau
- 22:09podcast du café du sport business.