Latest / Africa Fashion Tour / Edition spéciale PODCASTHON : Ange Nguedia Djoumessi, fondatrice de l'association OPKA
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- 0:01Mais vous savez,
- 0:03le stéréotype positif bénéficie d'autres zones du monde,
- 0:09pour ne pas les citer.
- 0:11Moi,
- 0:11ce n'est pas forcément un truc sur lequel je me focus,
- 0:15parce que je me dis que c'est une histoire de soft power,
- 0:18et bien sûr d'autres facteurs qui rentrent en jeu en termes d'histoire,
- 0:21etc.
- 0:22Mais je dis souvent,
- 0:26les gens me demandent,
- 0:27je vous prends l'exemple.
- 0:29On a rencontré un proviseur récemment pour organiser la OPCA,
- 0:32et il nous a dit,
- 0:33du coup,
- 0:34vous voulez empêcher les gens d'aller à l'étranger.
- 0:36C'est ça le but de votre association.
- 0:38Et les gens ont tendance à se dire que l'amour de quelque chose,
- 0:42c'est forcément le rejet d'autres choses.
- 0:43Alors que moi,
- 0:44ce n'est vraiment pas du tout ma conviction.
- 0:46Je travaille sur l'Afrique par amour pour l'Afrique,
- 0:49et ça n'implique rien,
- 0:50ou ça n'insigne rien,
- 0:51ou ça n'associe rien pour autre chose,
- 0:54pour toute autre région du monde.
- 0:56Donc,
- 0:56le...
- 0:57Toute la déconstruction du narratif négatif africain,
- 1:01c'est un travail que je fais avec un regard dirigé sur l'Afrique.
- 1:05Je ne prends pas compte d'autres qui sont avantagés,
- 1:09ou ils bénéficient de ce et de ça.
- 1:11C'est vraiment pas mon focus.
- 1:14Et je viens à le dire parce que c'est vraiment ce qu'on a l'idée aux gens.
- 1:17La première fois qu'on parle de
- 1:20« OK » , c'est automatiquement ce qui vient à l'esprit.
- 1:25Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Africa Fashion Tour.
- 1:28Je vous emmène avec moi à la rencontre de créateurs basés sur le continent africain.
- 1:32Je vous invite à voyager à Abidjan,
- 1:34Dakar ou Bamako pour découvrir les parcours de professionnels talentueux,
- 1:39responsables et ambitieux.
- 1:41Au fil des interviews,
- 1:42je me rends compte que chaque entrepreneur veut contribuer au rayonnement de la créativité africaine sur le continent et au-delà.
- 1:49Ce podcast est un moyen de sortir des clichés du boubou et du wax
- 1:53pour représenter un éventail de tissus,
- 1:55de savoir-faire et de créativité trop souvent sous-représentés.
- 2:00Je suis Ramata Diallo.
- 2:01Je suis professeure de marketing dans des écoles de mode parisiennes et je suis également consultante spécialisée dans l'accompagnement de porteurs de projets qui veulent lancer leur marque de mode.
- 2:10En 2017,
- 2:11j'ai assisté à ma première Fashion Week en Afrique.
- 2:14Et depuis,
- 2:14je voyage régulièrement sur le continent pour aller à la rencontre de ceux et celles qui font la mode en Afrique.
- 2:21Le podcast est le moyen que j'ai trouvé pour partager au plus grand nombre une autre vision de la mode africaine.
- 2:29Aujourd'hui,
- 2:29je suis en compagnie d'Ange Ghezia Djumessi,
- 2:32la fondatrice de l'association Hopka.
- 2:34L'objet de cette association est de promouvoir la connaissance de l'Afrique auprès des jeunes.
- 2:38En effet,
- 2:39l'ambition est de faire prendre conscience aux jeunes de la valeur et des opportunités de leur continent,
- 2:45ainsi que de les outiller pour qu'ils puissent saisir ces opportunités.
- 2:49J'ai invité Ange aujourd'hui.
- 2:50dans le cadre du podcast Toin,
- 2:52cette fameuse opération qui permet à des podcasters de promouvoir des associations.
- 2:57Aujourd'hui,
- 2:58elle va pouvoir nous parler des différentes initiatives de son association et nous présenter des cas concrets d'accompagnement de la jeunesse africaine.
- 3:07Bienvenue Ange,
- 3:08comment vas-tu ?
- 3:09Merci beaucoup Madame Diallo,
- 3:11je vais très très bien,
- 3:12et vous ?
- 3:13Eh bien écoutez,
- 3:14ça va très bien.
- 3:15Donc moi je vais me permettre de tutoyer.
- 3:17Il me semble que toi,
- 3:18tu as un petit peu du mal avec le tutoiement,
- 3:20donc il n'y a pas de souci.
- 3:20Tu peux continuer à me vouvoyer,
- 3:22à m'appeler Madame Diallo.
- 3:23Ce sera le premier épisode où on m'appellera Madame Diallo,
- 3:25mais ça ira.
- 3:27Et ma mère dira,
- 3:28mais c'est moi Madame Diallo,
- 3:29en fait.
- 3:30Exactement.
- 3:31Voilà.
- 3:32Donc,
- 3:33écoute,
- 3:33on va commencer cet épisode comme je le fais.
- 3:36À chaque démarrage d'interview,
- 3:38je vais te demander de te présenter.
- 3:40OK.
- 3:41Donc,
- 3:42bonjour à toutes et à tous.
- 3:44Je m'appelle Ange.
- 3:45Mes amis m'appellent Angel,
- 3:47Angie,
- 3:48toutes les variantes possibles pour mon prénom,
- 3:49sauf mon prénom.
- 3:51Je suis camerounaise,
- 3:52j'ai 22 ans.
- 3:55Je suis née dans une ville que votre auditoire connaît peut-être,
- 3:58à Douala.
- 3:59Aujourd'hui,
- 4:00je travaille dans un cabinet de conseil dans le département Afrique et Développement international.
- 4:05Je suis la fondatrice de Hopka,
- 4:07que vous avez mentionné,
- 4:08et puis aussi coproductrice de l'émission De Racines à Réussite.
- 4:12Sur le plan perso,
- 4:13j'adore la musique.
- 4:15J'adore les voyages et je suis très heureuse d'avoir été invitée.
- 4:20J'espère que ce sera aussi enrichissant pour vous que ça ne le sera pour moi.
- 4:24Écoute,
- 4:24on l'espère aussi.
- 4:26Donc moi,
- 4:27ce que je vais te demander dans un premier temps,
- 4:28parce que du coup,
- 4:29tu es toute jeune fondatrice d'association,
- 4:32c'est que tu puisses nous raconter un peu ton parcours,
- 4:34en tout cas en termes d'études.
- 4:36Et puis nous expliquer aussi à partir de quel moment tu as eu...
- 4:40l'envie de créer,
- 4:42de fonder une association qui est vraiment destinée aux jeunes.
- 4:46Ok.
- 4:48Alors,
- 4:48mon parcours déjà,
- 4:50j'ai fait mes études au Cameroun,
- 4:52en tout cas au lycée.
- 4:54Et puis,
- 4:55une fois diplômée,
- 4:56j'ai intégré une école qui s'appelle Sciences Po Paris en France.
- 4:59J'ai fait deux ans à Sciences Po,
- 5:02puis une année aux États-Unis,
- 5:04enfin un échange aux États-Unis en tout cas.
- 5:06Et ensuite en master,
- 5:07pareil,
- 5:08toujours à Sciences Po.
- 5:09Et ensuite,
- 5:10du coup,
- 5:10j'ai travaillé,
- 5:12je travaille en conseil depuis quelque temps.
- 5:14L'envie de créer OPCA est intervenue en début de ma troisième année.
- 5:21Il faut savoir que quand j'ai rejoint Sciences Po,
- 5:23j'ai rejoint un programme Afrique,
- 5:25donc une licence en sciences sociales spécialité Europe-Afrique.
- 5:29Donc les cours d'histoire étaient centrés sur l'Afrique,
- 5:31les cours de sociologie aussi,
- 5:34les cours de diplomatie,
- 5:37tout ce qui était droit,
- 5:37etc.
- 5:38C'était vraiment orienté sur le continent.
- 5:40Et à la fin de cette expérience,
- 5:42je me suis rendue compte à quel point tout ce que je savais,
- 5:45en tout cas une grande partie de ce que je savais ou ce que j'avais appris sur mon continent,
- 5:48j'avais appris en le quittant.
- 5:50Et ça m'a fait de la peine dans la mesure où j'estime que s'il faut connaître son chez-soi,
- 5:55il faut l'apprendre depuis chez-soi,
- 5:56tout simplement.
- 5:57Et quelque part aussi à ce moment-là,
- 5:59je voyais de plus en plus sur les réseaux sociaux des vidéos qui passaient de gens qui parlent de l'Afrique,
- 6:06d'Africains qui parlent de l'Afrique avec autant de dédain,
- 6:09voire même plus que d'autres peuvent le faire.
- 6:13Et je me suis dit que ce n'est pas possible,
- 6:15tout simplement.
- 6:16C'est juste,
- 6:16vous le dites comme ça,
- 6:17vous dites tel propos négatif sur l'Afrique parce que vous ne savez pas,
- 6:21parce que vous n'avez pas l'information,
- 6:22parce que vous n'avez pas l'éducation sur le sujet.
- 6:25Donc,
- 6:25j'ai eu envie de créer un espace,
- 6:26en fait.
- 6:26C'était juste un espace de discussion où les Africains vont connaître l'Afrique pour ne plus tenir certains discours,
- 6:33tout simplement.
- 6:34Très bien.
- 6:36Et du coup,
- 6:37l'association,
- 6:38tu l'as créée à partir de quelle année,
- 6:40en fait ?
- 6:41C'était en...
- 6:43Alors,
- 6:43il faut savoir que ça commence comme un groupe de potes qui discute de l'Afrique.
- 6:47Donc,
- 6:47en termes de création légale,
- 6:49c'est arrivé un peu plus tard.
- 6:51Mais on a commencé à faire nos rencontres...
- 6:54à partir de novembre 2021.
- 6:57Donc,
- 6:58c'est de là que chaque mois ou chaque deux semaines,
- 7:01on faisait des rencontres,
- 7:03des appels sur Google Meet ou sur Zoom et on débattait des sujets d'actualité,
- 7:07etc.
- 7:08Puis,
- 7:09ça a augmenté vers débat plus quiz.
- 7:12Mais c'est vraiment en
- 7:142021, quand j'ai commencé ma troisième année que j'ai faite à l'étranger,
- 7:18que ça s'est mis en place.
- 7:20Très bien.
- 7:20Donc,
- 7:21comme souvent,
- 7:21de toute façon,
- 7:22qu'il s'agisse d'entreprises ou d'associations,
- 7:23il y a souvent une période non officielle qui permet de jeter les bases,
- 7:29les fondations de ce que va être l'association à part entière.
- 7:33Donc,
- 7:34cette ambition de se centrer sur les jeunes en Afrique,
- 7:38est-ce que c'est résolument d'abord au Cameroun ou est-ce qu'il y a une volonté d'être au Cameroun puis dans d'autres pays d'Afrique ?
- 7:45Alors,
- 7:45on est déjà dans d'autres pays d'Afrique.
- 7:47Donc,
- 7:47quand ça a commencé...
- 7:49des débats sur l'Afrique,
- 7:51sur l'actualité,
- 7:52sur les événements positifs,
- 7:53sur ce qu'il y a de beau,
- 7:54etc.
- 7:55Mais c'était entre jeunes de mon réseau.
- 7:57Donc moi,
- 7:58je rejoins Sciences Po dans le programme Afrique avec des jeunes de Madagascar,
- 8:02des jeunes du Sénégal,
- 8:03des jeunes du Cameroun,
- 8:04etc.
- 8:05Donc c'est des amis qui rejoignent dans un premier temps,
- 8:08mais qui sont d'horizons différents.
- 8:10Et je n'ai jamais fait un truc qui soit exclusif,
- 8:13si ce n'est exclusif aux Africains,
- 8:15en l'occurrence.
- 8:16Donc ça a commencé comme ça et le système qu'on avait mis en place au début,
- 8:20c'était de faire par recommandation.
- 8:22Donc une personne qui a aimé son expérience,
- 8:25en tout cas au sein d'Opka,
- 8:27va recommander à un de ses proches de rejoindre.
- 8:30Ce qui faisait que les Congolais se recommandaient entre eux,
- 8:33les Malgaches se recommandaient entre eux,
- 8:34les Caronais se recommandaient entre eux.
- 8:36On a eu des Kenyans,
- 8:37des gens d'Afrique du Sud,
- 8:38en Ouganda,
- 8:39etc.
- 8:41Et ça s'est fait un petit peu au fur et à mesure comme ça.
- 8:43Très bien.
- 8:44Donc c'est une...
- 8:45association panafricaine.
- 8:47Exactement,
- 8:48c'est exactement ça.
- 8:50Ok,
- 8:50et quelles sont les différentes actions que tu mènes avec les différents membres de l'association ?
- 8:58Alors aujourd'hui,
- 8:59ça fait trois ans qu'Opka existe,
- 9:02un peu plus de trois ans,
- 9:04donc ça a vraiment été évolutif.
- 9:07Comme le point de départ,
- 9:08c'était un ressenti personnel de ma part,
- 9:11Je ne me suis pas dit que je vais construire toute une
- 9:13ONG sur mon ressenti personnel.
- 9:16Donc d'abord j'ai créé ce petit groupe-là pour débattre,
- 9:18etc.
- 9:19Au fur et à mesure des temps,
- 9:20je me suis rendue compte que les participants avaient envie de plus en fait.
- 9:24Une fois qu'on s'est dit qu'il y a de belles choses sur le continent,
- 9:26une fois qu'on a débattu sur le fait qu'il y a de belles choses sur le continent,
- 9:29des choses à améliorer,
- 9:30comment est-ce qu'on peut être outillé pour mettre des choses en place ?
- 9:33C'est là qu'on a commencé à faire des conférences avec des chefs d'entreprise,
- 9:36des experts de différentes industries.
- 9:39pour justement pouvoir faire ces recommandations-là,
- 9:41donner ces conseils et indications aux jeunes pour pouvoir...
- 9:45s'engager.
- 9:47Une fois qu'on a mis en place les conférences,
- 9:50je me suis dit,
- 9:51à ce moment-là,
- 9:52je suis rentrée au Cameroun,
- 9:52je rentre chaque année généralement,
- 9:55je suis rentrée au Cameroun,
- 9:56je me suis dit pourquoi pas faire quelque chose dans une école,
- 9:59faire des ateliers justement de valorisation du continent.
- 10:01Donc on a mis en place en janvier 2022,
- 10:05pendant cinq mois,
- 10:06dans une école privée de la ville de Douala,
- 10:10des ateliers avec leurs élèves de
- 10:126e, donc 80 élèves pendant
- 10:13Donc,
- 10:14cinq mois qui ont parlé Afrique toutes les deux semaines.
- 10:17Par la suite,
- 10:18au fur et à mesure,
- 10:19on a lancé quelque chose.
- 10:20On a continué avec des cahiers d'activités afro,
- 10:23qu'on a essayé de commercialiser auprès des parents,
- 10:26dans des écoles aussi.
- 10:29Plus tard,
- 10:29on a mis en place les actualités.
- 10:31Donc,
- 10:31on publiait des actus dans le groupe,
- 10:33qui réunit un peu les personnes justement qui débattaient au début.
- 10:37Donc,
- 10:37c'est des actualités positives sur l'Afrique pour les tenir informées de ce qui s'y fait de bien.
- 10:42Par la suite,
- 10:42on a fait le programme African Youth Angels.
- 10:46C'était un programme d'accompagnement parce que la demande entrait d'avoir des conseils sur est-ce que vous connaissez quelqu'un,
- 10:54un jeune Africain qui est dans tel pays ?
- 10:56Moi,
- 10:56j'aimerais faire mes études dans ce pays-là.
- 10:58Est-ce que vous pourriez me mettre en contact pour que la personne puisse me donner des petits conseils ?
- 11:02On a mis ça en place.
- 11:05Le plus récent,
- 11:05c'est le programme d'incubation,
- 11:09d'initiation à la création d'entreprise.
- 11:11On a fait en 2024,
- 11:14l'idée étant tout simplement de donner un peu des petites bases en entrepreneuriat aux jeunes qui sont intéressés ou à qui il manque ces quelques compétences de base pour pouvoir initier des choses,
- 11:27lancer des choses.
- 11:28Donc vraiment ça a été progressif.
- 11:30Aujourd'hui,
- 11:31en 2025,
- 11:32c'est ce qu'on a statué sur les ateliers.
- 11:35Parce que c'est ce qui nous a permis,
- 11:36dans l'histoire de nos trois ans,
- 11:37d'avoir le plus gros impact en une seule action.
- 11:41Donc,
- 11:42on se mobilise autour d'une seule école,
- 11:44on fait des études de manière régulière.
- 11:45Et à la fin,
- 11:46c'est 80 élèves qui s'en souviennent,
- 11:48qui en reparlent,
- 11:49qui ont un petit certificat à la fin.
- 11:52Donc,
- 11:53on a décidé de capitaliser sur ça.
- 11:54Mais ça s'est vraiment fait progressivement au fur et à mesure de ce qu'on a vu,
- 11:58observé,
- 11:59découvert,
- 12:00des difficultés aussi qu'on a pu avoir.
- 12:03Très bien.
- 12:03Et quelle est l'ambition de l'association dans le futur ?
- 12:08Alors aujourd'hui,
- 12:10le souhait,
- 12:10c'est de faire le plus d'ateliers possibles dans les écoles.
- 12:15Donc là,
- 12:15par exemple,
- 12:16c'est ce qu'on a remis en place,
- 12:17la Hopka Académie,
- 12:18cette année.
- 12:19Donc de le faire dans des lycées,
- 12:21de le faire dans des collèges,
- 12:23d'aller vers d'autres pays ou faire des ateliers,
- 12:26exposer les jeunes un maximum.
- 12:31au bienfait qu'il peut y avoir sur le continent via ces ateliers-là.
- 12:35Et puis,
- 12:37non seulement exposer au bienfait,
- 12:38mais aussi leur donner des compétences,
- 12:40comme par exemple parler de LinkedIn.
- 12:41Je pense qu'on reviendra sur le contenu concret de ces ateliers-là.
- 12:46Mais voilà,
- 12:47faire les ateliers dans le plus d'écoles et de pays possibles au fur et à mesure des années.
- 12:51Donc,
- 12:52la période pour faire les ateliers,
- 12:53c'est généralement de janvier jusqu'à mai.
- 12:58Donc ce sera chaque année faire des ateliers dans des classes,
- 13:01dans des écoles.
- 13:02Très bien.
- 13:04Et du coup,
- 13:05de façon très concrète,
- 13:06est-ce que tu as des exemples de jeunes qui ont pu bénéficier de ces ateliers,
- 13:11de ces différentes initiatives que tu mets en place avec cette association et qui sont revenus vers toi avec des retours positifs ?
- 13:21Ok.
- 13:21Je vais prendre chaque programme l'un après l'autre.
- 13:27Donc au tout début on a commencé par les débats et en fait on a directement vu l'effet quelque part parce qu'il y avait je pense à une fille qui avait rejoint le groupe et qui était revenue nous voir en nous disant en cours aujourd'hui ma prof a fait une erreur,
- 13:43elle a dit que je crois que c'était un pays dans l'Amérique latine et le seul à utiliser le big...
- 13:50alors que nous on a vu à Hopka pendant les débats qu'il n'y a pas que ce pays-là,
- 13:54qu'il y a aussi en République centrafricaine qui a eu ce sujet.
- 13:57Donc elle a pu justement prendre la parole à partir de ce qu'elle avait entendu et c'est ce qui m'avait le plus marquée parce que c'est la première chose qui s'était produite en termes d'impact par rapport au débat.
- 14:08Au fur et à mesure,
- 14:08aujourd'hui on ne fait plus de débat,
- 14:11mais justement il y a des gens qui reviennent en disant que ça leur manque,
- 14:13qu'ils aimeraient bien avoir l'opportunité de rééchanger avec d'autres jeunes.
- 14:19Pour la partie des ateliers qui a eu lieu à partir de janvier 2022,
- 14:23je vous raconte une expérience personnelle.
- 14:25Ça faisait,
- 14:26je crois,
- 14:26deux ans que j'avais plus...
- 14:28Les ateliers,
- 14:28c'était largement terminé.
- 14:31Dans l'école,
- 14:31on les avait fait la première fois.
- 14:33Et je prends un taxi,
- 14:34je ne sais plus du tout pour aller où.
- 14:37Mais il y a un rond-point qui est très connu à Douala qui s'appelle le rond-point d'Edo.
- 14:41Et je me fais interpeller par deux jeunes hommes.
- 14:45Enfin...
- 14:46pas forcément de mon âge,
- 14:48mais quand même pas tout petit,
- 14:50et qui me disaient « Bonjour madame,
- 14:51je ne sais pas si vous vous rappelez de nous,
- 14:53vous nous aviez fait des ateliers,
- 14:55etc. »
- 14:56Donc on a pris le même taxi,
- 14:58on a échangé sur ce qui s'était passé il y a super longtemps,
- 15:01et c'est des choses qui ravivent un peu la flamme,
- 15:03dans la mesure où au quotidien,
- 15:06on a tellement la tête dans le guidon,
- 15:08la tête dans les difficultés,
- 15:09parce que vraiment,
- 15:10la partie difficulté,
- 15:11on peut en parler,
- 15:12ça fera tout un épisode.
- 15:14On a tellement la tête dans le guidon qu'on oublie que ça a un effet positif,
- 15:20que ça a des bienfaits,
- 15:21etc.
- 15:21Donc ça,
- 15:21c'est un truc qui m'a vraiment ramenée à la vie,
- 15:26entre guillemets.
- 15:28Pour d'autres exemples,
- 15:32le parcours de transformation.
- 15:34On a démarré avec un total de...
- 15:4440 jeunes,
- 15:44si je me souviens bien.
- 15:46Et parmi ceux qui ont diplômé,
- 15:48il y en a qui reviennent vers nous en disant que ça devrait continuer pour d'autres personnes parce qu'ils voient leurs camarades de classe,
- 15:54leurs amis,
- 15:55qui voudraient aussi participer à ce genre de choses,
- 15:57mais qui n'ont pas forcément l'occasion.
- 15:59Est-ce que vous allez relancer ?
- 16:02Il y en a un qui a vraiment insisté parce qu'il avait besoin d'avoir du suivi pour voir s'il met bien en place ce qu'il a appris via OPCA.
- 16:11Pour le programme AYA...
- 16:15On a eu des appels,
- 16:16en fait,
- 16:16Aya,
- 16:17c'est des appels qu'on fait confidentiels avec des jeunes qui se confient sur des problématiques.
- 16:21Et c'était,
- 16:22par exemple,
- 16:22sur la peur,
- 16:24le syndrome de l'imposteur pour lancer leurs associations.
- 16:27Et qu'aujourd'hui,
- 16:27on a lancé leurs assos.
- 16:28On voit grandir sur LinkedIn,
- 16:30Moabé,
- 16:30qui en reste en contact.
- 16:33Est-ce que j'oublie un programme ?
- 16:35Je ne pense pas.
- 16:37Très bien.
- 16:38Du coup,
- 16:38on voit qu'en fait,
- 16:39pour une jeune association,
- 16:40vous avez différents programmes avec chacun l'ambition d'accompagner et de donner des outils de manière très concrète à la jeune génération.
- 16:53C'est ça.
- 16:54En fait,
- 16:55ça a vraiment été ça au fur et à mesure,
- 16:57lancer une nouvelle initiative,
- 16:59une nouvelle manière d'accompagner les jeunes.
- 17:02Donc on en fait une et on teste autre chose,
- 17:04etc.
- 17:05Et c'est après trois ans qu'on a justement fait le bilan et on s'est dit,
- 17:07OK,
- 17:08on va capitaliser sur les ateliers.
- 17:10Très bien.
- 17:11Et toi,
- 17:12quand tu te lances dans ce projet associatif,
- 17:15est-ce que tu es entourée par justement des personnalités autour de toi,
- 17:20dans ta famille,
- 17:21qui ont des associations et c'est ce qui fait que toi,
- 17:23tu as envie de créer ton association ?
- 17:25Qu'est-ce qui fait que toi,
- 17:26à un moment donné,
- 17:27aussi jeune,
- 17:28tu as envie de mener cette initiative ?
- 17:32Alors,
- 17:33en deux questions,
- 17:34est-ce que j'avais des personnes ?
- 17:36Et qu'est-ce qui me fait envie ?
- 17:39Alors,
- 17:39j'avais personne,
- 17:40en l'occurrence.
- 17:43Dans mon entourage,
- 17:44j'ai déjà lancé des initiatives.
- 17:46Je n'ai pas forcément cherché à avoir quelqu'un,
- 17:48quelque part.
- 17:50Je ne me suis pas posé la question d'est-ce que je peux me trouver un mentor ?
- 17:55Parce que je ne me dis pas que les gens offrent leur mentorat comme ça,
- 17:58like out of the blue,
- 17:59donc ça ne m'a même pas traversé l'esprit d'en chercher un et je n'en voyais pas forcément un à l'immédiat autour de moi.
- 18:06Il y avait mon grand frère à qui je parlais justement des idées que j'avais et si on veut parler de soutien,
- 18:14c'était lui,
- 18:14je pense,
- 18:15au tout début,
- 18:18à qui je parlais de mes idées pour les concrétiser,
- 18:20etc.
- 18:21Mais non,
- 18:21pas vraiment de personne.
- 18:23pour m'appuyer.
- 18:24Et puis,
- 18:25ce qui m'a donné envie,
- 18:27en fait,
- 18:27moi,
- 18:30c'était juste le ressenti que j'ai décrit au début,
- 18:32de voir des commentaires,
- 18:35des posts,
- 18:36des publications sur les réseaux sociaux d'Africains qui disent certaines choses sur l'Afrique qui sont juste factuellement pas vraies.
- 18:43Encore,
- 18:44je veux dire,
- 18:45il y en a qui commentent beaucoup des chaînes de télé occidentales qui ont certains propos,
- 18:50nanana.
- 18:51Moi,
- 18:51je veux dire,
- 18:53c'est pas une chaîne camerounaise,
- 18:55je ne fonde pas forcément d'attente de véracité ou de quoi que ce soit de leur côté.
- 19:00Par contre,
- 19:01du côté de mon propre pays,
- 19:03du côté de mes gens,
- 19:04comme on dit au Cameroun,
- 19:06là ça me touche,
- 19:07là ça m'affecte beaucoup plus.
- 19:08Donc c'était juste un ressenti de,
- 19:09vous ne pouvez pas dire ça si vous avez l'info de telle chose.
- 19:13Donc faire en sorte qu'ensemble...
- 19:15on en apprenne davantage,
- 19:17on soit beaucoup plus informés,
- 19:19on se connecte au bon point d'entrée pour avoir de la visibilité sur ce qui se fait et demain pas pouvoir dire il n'y a pas de créateur de jeux vidéo sur le continent.
- 19:31Ce qui m'a donné envie c'était juste ça,
- 19:32je n'ai pas réfléchi plus que mon ressenti.
- 19:36Très bien et du coup parmi les...
- 19:40Comment dire,
- 19:40les informations fausses que tu as pu entendre et qui ont fait que tu t'es dit,
- 19:45mais attendez,
- 19:46ça ne va pas.
- 19:47En fait,
- 19:48vous êtes en train de divulguer des informations,
- 19:51de partager des informations sur certains pays,
- 19:53sur certaines industries qui sont erronées.
- 19:57Quels sont les éléments qui t'ont le plus frappé ?
- 20:00Là,
- 20:00tu t'es dit,
- 20:00non mais là,
- 20:01c'est quand même,
- 20:01il faudrait que quelqu'un les corrige,
- 20:04les signale,
- 20:05parce que ça ne va pas du tout.
- 20:07Est-ce que tu peux nous citer une,
- 20:09deux,
- 20:09trois informations fausses qui ont vraiment fait que toi tu t'es dit non mais là c'est pas possible,
- 20:15je peux pas laisser passer ça ?
- 20:17Ok,
- 20:18je vais prendre des exemples au fur et à mesure qu'ils me viennent.
- 20:23Donc la première chose c'est quand on parle d'argent pour financer son entreprise.
- 20:30Je vais prendre ce qui est venu le plus spontanément.
- 20:34parce qu'on l'a beaucoup eu pendant le parcours d'incubation,
- 20:38d'initiation à la création d'entreprise.
- 20:40Il y a une plateforme qui s'appelle Opportunities for Youth,
- 20:43que je suivais pas mal à l'époque,
- 20:46et sur laquelle je voyais tout le temps passer plein de programmes pour les non-profits en Afrique,
- 20:53pour les startups en Afrique,
- 20:55pour les fellows en Afrique,
- 20:57plein de choses comme ça.
- 20:59Et donc quand j'entendais quelqu'un me dire que...
- 21:02non mais non on va trouver le financement ou il n'y a personne dans la famille qui va pouvoir nous donner le gouvernement les banques et je suis en mode mais enfin tape un peu sur internet et tu tomberas sur certaines offres sur certains concours sur certains pitchs que tu peux faire pour pouvoir obtenir ces opportunités là donc à partir du moment où tu as candidaté tu n'as pas eu ok viens me dire que ça n'a pas fonctionné like
- 21:23that's possible mais partir juste du principe que ça n'existe pas
- 21:28Parce qu'on n'a pas fait la recherche de se dire,
- 21:30OK,
- 21:30what is opportunities for youth,
- 21:32par exemple.
- 21:33Je pense que c'est quelque chose qu'on ne peut pas se permettre de dire.
- 21:35L'autre exemple,
- 21:36c'est l'exemple sur le voyage,
- 21:38le fait d'aller à l'étranger.
- 21:40Les gens,
- 21:41ou en tout cas,
- 21:42beaucoup de gens,
- 21:44ont mis dans leur esprit que voyager,
- 21:48c'est aller,
- 21:49par exemple,
- 21:49en Europe ou en Amérique du Nord,
- 21:51nécessairement.
- 21:52Donc,
- 21:52à partir du moment où c'est difficile,
- 21:55où...
- 21:56L'obtention du visa est compliquée pour ces destinations-là.
- 21:59En soi,
- 22:00les Africains,
- 22:00ils ne peuvent pas voyager.
- 22:02Ils n'ont pas de possibilité de voyager ou leur passeport n'a pas de poids,
- 22:05etc.
- 22:06C'est un passeport inutile,
- 22:07etc.
- 22:08Là où moi,
- 22:09récemment,
- 22:09justement,
- 22:10avec un proche,
- 22:11on était en train de regarder des destinations qu'on a envie de faire.
- 22:14On s'est rendu compte qu'en fait,
- 22:15il y a plein d'endroits où il n'y a pas besoin d'un visa.
- 22:19pour les Camerounais,
- 22:20des destinations qui me...
- 22:21Enfin,
- 22:21je peux même les regarder maintenant,
- 22:23mais des destinations improbables,
- 22:24en fait.
- 22:25Je me suis dit,
- 22:25ah,
- 22:25OK,
- 22:26donc je peux aller là,
- 22:27sans même avoir à rechercher un visa de monde à vous.
- 22:29Donc,
- 22:29c'est vrai que pour le rêve américain que tu t'es fait dans ta tête,
- 22:32à partir des films que tu as vus sur Netflix ou quoi,
- 22:37c'est vrai que ce ne sera pas compatible,
- 22:38forcément.
- 22:39Mais qu'est-ce qui te dit que ton bonheur,
- 22:42tu ne le trouveras pas dans un pays un peu plus proche ou dans un pays différent du...
- 22:49du modèle occidental,
- 22:51par exemple.
- 22:54Je pensais justement à l'exemple que j'ai donné tout à l'heure sur le fait qu'il n'y a pas de créateur de jeux vidéo,
- 22:59ou il n'y a pas de créateur de parfums africains,
- 23:04des produits qui sont à nous.
- 23:05Aller en Côte d'Ivoire,
- 23:07un richement cofibre comme ça,
- 23:09c'est un créateur de parfums,
- 23:10par exemple.
- 23:11Et c'est juste parce que tu ne prends pas le temps de faire la bonne recherche,
- 23:15la recherche qui va te donner l'information que tu pourrais avoir.
- 23:18ou que tu voudrais avoir,
- 23:19que tu ne le sais pas.
- 23:20Donc moi,
- 23:21je fais quand même un peu attention,
- 23:22enfin je ferai en tout cas attention,
- 23:25au genre de conclusions très générales que je tiendrai sur en Afrique,
- 23:31il n'y a pas,
- 23:32ou l'Afrique,
- 23:32ce n'est pas,
- 23:33ou machin,
- 23:33ce n'est pas.
- 23:34Quand on me demande,
- 23:35ok,
- 23:35dans ton expérience,
- 23:36comment c'est,
- 23:37je réduis toujours,
- 23:37je me ramène au Cameroun,
- 23:39je dis ok,
- 23:40pour ce que je sais du Cameroun,
- 23:41voici,
- 23:42voici,
- 23:42voici,
- 23:42mais si ça se trouve,
- 23:43dans les 54 autres,
- 23:45enfin 53 autres pays en l'occurrence,
- 23:47peut-être que les choses sont différentes,
- 23:49donc à rechercher.
- 23:50Très bien,
- 23:51merci beaucoup d'avoir pris le temps de nous partager ces différents exemples,
- 23:54parce qu'effectivement,
- 23:55il y a une forme de généralité qui est souvent négative,
- 23:58qui est partagée sur l'Afrique,
- 24:00et autant sur les pays occidentaux ou sur beaucoup d'autres zones géographiques,
- 24:06je pense à l'Asie,
- 24:08elle bénéficie d'un stéréotype positif,
- 24:11alors que nous,
- 24:12on souffre.
- 24:13d'un stéréotype négatif.
- 24:14Et donc,
- 24:15finalement,
- 24:16comme c'est un stéréotype,
- 24:17c'est le principe du stéréotype,
- 24:19les gens ne vont même pas creuser ou chercher l'information.
- 24:22Le stéréotype est considéré comme étant la vérité.
- 24:24Et donc,
- 24:25nous,
- 24:25on doit lutter encore plus pour déconstruire ces stéréotypes.
- 24:32Mais vous savez,
- 24:34le stéréotype positif bénéficie d'autres zones du monde,
- 24:41pour ne pas les citer.
- 24:43Moi,
- 24:43ce n'est pas forcément un truc sur lequel je me focus parce que je me dis que c'est une histoire de soft power et bien sûr d'autres facteurs qui rentrent en jeu en termes d'histoire,
- 24:52etc.
- 24:53Mais je dis souvent,
- 24:59les gens me demandent,
- 25:00je vous prends un exemple.
- 25:01On a rencontré un proviseur récemment pour organiser la Hopka Académie,
- 25:05on a dit,
- 25:05ah mais du coup vous...
- 25:06Vous voulez empêcher les gens d'aller à l'étranger.
- 25:08C'est ça le but de votre association.
- 25:11Et les gens ont tendance à se dire que l'amour de quelque chose,
- 25:14c'est forcément le rejet d'autre chose.
- 25:16Alors que moi,
- 25:16ce n'est vraiment pas du tout ma conviction.
- 25:19Je travaille sur l'Afrique par amour pour l'Afrique.
- 25:21Et ça n'implique rien,
- 25:23ou ça n'insigne rien,
- 25:24ou ça n'associe rien pour autre chose,
- 25:27ou pour toute autre région du monde.
- 25:28Donc,
- 25:30toute la déconstruction du narratif négatif africain,
- 25:33c'est un travail que je fais.
- 25:35Avec un regard dirigé sur l'Afrique,
- 25:37je ne prends pas compte de
- 25:39« Ah, autres sont avantagés »
- 25:41ou « whatever,
- 25:42ou ils bénéficient de this and that » .
- 25:43Like,
- 25:43really,
- 25:44it's really not my focus.
- 25:46Et je tiens à le dire parce que c'est vraiment spontanément ce qui vient à l'idée aux gens.
- 25:50Like,
- 25:50first time,
- 25:51on parle de
- 25:52« OK » , c'est automatiquement ce qui vient à l'esprit.
- 25:55Très bien.
- 25:55Je trouvais ça intéressant d'avoir ce point de vue-là.
- 25:58Et est-ce que toi,
- 26:00étant née au Cameroun,
- 26:02ayant fait une grosse partie de tes études là-bas et ayant poursuivi tes études en France,
- 26:08j'imagine que tu as rencontré forcément la diaspora africaine.
- 26:13Est-ce qu'en termes de connaissances de l'Afrique,
- 26:19tu vois aussi des personnes issues de la diaspora qui connaissent mal le continent ?
- 26:25Est-ce que je connais des gens ?
- 26:28qui connaissent mal le continent.
- 26:29J'en connais.
- 26:31En fait,
- 26:31là,
- 26:31je réfléchis,
- 26:33quand je généralise,
- 26:34c'est-à-dire quand je fais la moyenne des deux,
- 26:37de quel côté est-ce que la connaissance est la pire,
- 26:40je dirais ?
- 26:43Après,
- 26:43sans forcément chercher à les classer,
- 26:47mais en fait,
- 26:48je pense qu'il y en a partout.
- 26:50Moi-même,
- 26:50quand je venais en France,
- 26:51ce n'était pas comme si j'étais le génie de l'Afrique.
- 26:53C'est Sciences Po et les cours que j'ai pu faire.
- 26:56Et à partir de là,
- 26:57le wokisme que tu développes en étant dans une école aussi politique,
- 27:03tu te mets juste à voir
- 27:06Instagram qui est 100%
- 27:07about l'actualité.
- 27:10C'est au fur et à mesure que moi-même,
- 27:11j'ai construit ma propre connaissance.
- 27:13J'aurais tendance à dire que c'est partout.
- 27:17Mais...
- 27:19Parce qu'aujourd'hui,
- 27:19ton association,
- 27:20elle est plutôt dédiée aux jeunes qui sont sur le continent.
- 27:22C'est ça,
- 27:23exactement.
- 27:24C'est vrai qu'on a des gens qui soutiennent depuis la diaspora,
- 27:28etc.
- 27:29Mais que ce soit les membres de l'équipe ou bien les bénéficiaires,
- 27:34en fait,
- 27:34de ce qu'on fait,
- 27:35c'est toujours sur le continent.
- 27:36Très bien.
- 27:36Parce que je me dis qu'il y a certains ateliers,
- 27:39en tout cas sur la connaissance de l'Afrique,
- 27:40qui...
- 27:42Finalement,
- 27:42quand on est dans une vocation pédagogique,
- 27:44on pourrait être ouvert à tous,
- 27:45en fait.
- 27:47Effectivement,
- 27:47c'est important que ce soit sur le continent,
- 27:50mais c'est important aussi que ce soit à l'extérieur,
- 27:52parce que si on a envie,
- 27:55en termes de soft power,
- 27:57d'impacter à un niveau global,
- 28:00ça peut être intéressant de s'assurer que le niveau de connaissance progresse mondialement.
- 28:10Ok,
- 28:11c'est une très bonne fois.
- 28:12Je vais vous donner un exemple.
- 28:15Moi,
- 28:16avant de lancer OPCA,
- 28:17j'ai fait beaucoup de choses pendant mes études.
- 28:19Et parmi ces choses,
- 28:20j'ai travaillé pour une association qui s'appelle Regards d'Afrique.
- 28:24Donc,
- 28:25j'ai été animatrice et ensuite responsable.
- 28:29Et en gros,
- 28:29c'était des ateliers qu'on faisait,
- 28:32des ateliers pour montrer la beauté de l'Afrique aux élèves du primaire en France.
- 28:39Donc on allait dans des écoles un peu bourgeoises,
- 28:42par-ci par-là,
- 28:43dans la ville de Reims.
- 28:45Et on faisait des ateliers pour les tout-petits.
- 28:47Je ne sais plus c'était quelle classe,
- 28:48ça devait être le
- 28:49CE1 ou des choses comme ça.
- 28:56Et j'ai déjà eu à le faire.
- 28:58J'ai déjà eu à le faire pour des cibles différentes.
- 29:01Mais j'ai l'impression un peu que ça m'affectait moins.
- 29:08En fait,
- 29:08tout simplement,
- 29:09émotionnellement,
- 29:09ça m'affectait moins que...
- 29:12Un jeune qui a grandi toute sa vie à Reims ne sache rien du Cameroun par exemple.
- 29:18À contrario d'un jeune qui a grandi toute sa vie au Cameroun,
- 29:22qui ne sache rien du Cameroun,
- 29:23vous voyez ce que je veux dire ?
- 29:24Ou qui a grandi toute sa vie au Kenya,
- 29:26qui ne sache rien du Cameroun.
- 29:29Quand on fait des ateliers et qu'on demande à un enfant,
- 29:32à Reims,
- 29:33c'est une ville en France,
- 29:34peut-être pour le public qui ne connaît pas,
- 29:36une ville à l'est de la France,
- 29:39et quand on demande à ce public-là de citer des pays,
- 29:42ils vont vous citer,
- 29:43je ne sais pas,
- 29:43l'Allemagne,
- 29:44le Canada,
- 29:46des choses auxquelles on s'attend.
- 29:47Par contre,
- 29:49moi,
- 29:49je pense que pour un atelier que je fais à Douala,
- 29:53en plein Bonamoussadi,
- 29:54un élève qui me dit quels sont les autres pays d'Afrique,
- 29:57le Canada,
- 29:58là,
- 29:58c'est problématique.
- 29:59Moi,
- 30:00ça me choque plus.
- 30:02Très bien,
- 30:03je comprends.
- 30:03Moi,
- 30:03après,
- 30:04l'idée,
- 30:04c'est que je pense que la connaissance,
- 30:07c'est intéressant de la partager aux plus grands membres parce qu'en tout cas,
- 30:12il peut y avoir une méconnaissance de l'Afrique qui est très importante.
- 30:17pour des personnes issues de la diaspora,
- 30:18comme il peut en avoir sur le continent.
- 30:19Et la rencontre des deux,
- 30:21avec le même niveau de connaissances,
- 30:23elle peut être intéressante et riche sur quelles sont les opportunités à saisir et comment on peut rendre l'Afrique plus solide avec tous ces enfants,
- 30:32ceux de l'extérieur et ceux de l'intérieur.
- 30:37Toi,
- 30:37au niveau de tes études et de ton ambition à la fin de tes études,
- 30:42ce vers quoi tu as envie d'avancer ?
- 30:44Est-ce que tu as déjà une idée précise de ce que tu voudrais faire ?
- 30:48Alors là,
- 30:48je travaille déjà.
- 30:50Donc,
- 30:51en fait,
- 30:51pendant ma première année jusqu'à ma dernière année,
- 30:55je me suis dit que je voulais faire un truc en rapport avec mon continent.
- 30:59Donc,
- 31:00vous sortez du...
- 31:01Vous avez à peine le bac,
- 31:0217 ans,
- 31:03il faut trouver au fur et à mesure ce que vous voulez faire.
- 31:05Donc,
- 31:05un pas après l'autre,
- 31:06je prenais des décisions.
- 31:08D'abord,
- 31:08je m'orientais plus vers l'univers des organisations internationales et ce genre de choses.
- 31:13puis apprendre les choses avec les personnes à l'intérieur des organisations internationales.
- 31:16Et elles ne nous recommandent pas forcément d'y aller.
- 31:19Donc,
- 31:19on se fait aussi une opinion sur le reste du monde,
- 31:22sur les autres industries qui existent.
- 31:24Et je me suis plutôt positionnée dans un cabinet de conseil avec une équipe spécialisée sur l'Afrique.
- 31:30Donc,
- 31:31on travaille pour des clients du continent pour leur mission de transfo sur le continent.
- 31:37Et ça,
- 31:37je trouve que c'est le...
- 31:39En fait,
- 31:40je suis tombée sur l'offre,
- 31:42mais complètement par hasard.
- 31:43Je ne connaissais pas du tout la boîte,
- 31:44etc.
- 31:45Mais je me suis dit,
- 31:46mais this is clearly for me.
- 31:48J'ai tout de suite envoyé mon CV,
- 31:50j'ai contacté un membre de l'équipe sur LinkedIn.
- 31:53Je l'aurais vraiment un peu forcé avec tous les membres de l'équipe parce que j'étais vraiment intéressée de rejoindre.
- 31:58J'ai dit à la RH,
- 31:59au deuxième entretien,
- 32:00au troisième entretien,
- 32:01puis à l'entretien avec le partner.
- 32:03Donc je pense que ce que je fais déjà aujourd'hui est en droite ligne avec ce que je veux faire,
- 32:09ce que je fais en dehors de mon travail,
- 32:11ce que je fais de ma vie,
- 32:13de mon soupe de vie.
- 32:15Je pense que ça me convient déjà très bien.
- 32:18Très bien,
- 32:19super.
- 32:19Oui,
- 32:19je n'avais pas réalisé que tu avais déjà terminé tes études,
- 32:22mais là tu es déjà dans la vie active en fait.
- 32:24C'est ça,
- 32:24exactement.
- 32:25Mais depuis mars,
- 32:28on va dire mars dernier.
- 32:29Mars de l'année dernière.
- 32:32Oui,
- 32:33je suis entrée en stagiaire et ensuite en CDI.
- 32:40Ok,
- 32:40très bien.
- 32:41Félicitations à toi.
- 32:42Merci,
- 32:43merci beaucoup.
- 32:44Et donc toi,
- 32:44ce que tu disais,
- 32:45c'est que tu retournes tous les ans au Cameroun ?
- 32:48Alors,
- 32:49that's a story.
- 32:51En fait,
- 32:52au début,
- 32:53en tout cas à partir de ma première année,
- 32:55je rentrais chaque année.
- 32:57Parce que sur Onspo,
- 32:58il faut savoir que les cours vont de septembre à mai.
- 33:01Juin,
- 33:02juillet,
- 33:02août,
- 33:03trois mois au Cameroun,
- 33:04je ne dis pas non.
- 33:05Donc mes billets,
- 33:06je les prenais toujours six mois à l'avance parce que je savais déjà que les cours vont se terminer à peu près là,
- 33:12si on tient compte des rattrapages au cas où.
- 33:15Je prenais mes billets et je rentrais,
- 33:16je faisais trois mois et tout le monde me disait « mais Ange,
- 33:19tu prends l'avion comme le taxi,
- 33:20toi,
- 33:20what's going on ? »
- 33:21Donc je rentrais vraiment régulièrement.
- 33:23Maintenant,
- 33:24avec un CDI,
- 33:25je découvre les réalités.
- 33:27et je me rends compte qu'on ne peut pas rentrer faire trois mois.
- 33:31Quand je veux rentrer,
- 33:32ça coûte 2 000 euros.
- 33:35Il faut que je vois.
- 33:38Là,
- 33:38par exemple,
- 33:38je rentre en août faire trois semaines.
- 33:42Mais c'est trois semaines.
- 33:44On passe de trois mois à trois semaines.
- 33:45Il faut s'y faire.
- 33:46Et pareil,
- 33:47je me suis prise largement à l'avance.
- 33:51Mais je pense qu'au fil du temps,
- 33:53ça va...
- 33:54ça va changer.
- 33:55Entre 5 ans où tu rentrais 3 mois chaque année,
- 33:58maintenant on rentre 3 semaines chaque année,
- 34:01ça va être différent.
- 34:03Complètement.
- 34:04Toi l'idée en tout cas de rentrer,
- 34:08quelque part de retourner chez toi,
- 34:10c'est quelque chose qui est important pour toi,
- 34:12de conserver ton lien avec le Cameroun ?
- 34:16Oui,
- 34:16oui,
- 34:16oui.
- 34:17En fait,
- 34:18moi,
- 34:19je ne vous inviterai pas chez moi parce qu'à chaque fois que j'arrive chez moi,
- 34:22ils me disent « mais Ange,
- 34:23pourquoi il fait aussi chaud dans ta maison ? »
- 34:25Ce n'est pas du tout
- 34:26« environment friendly » ,
- 34:28c'est vrai,
- 34:29mais du coup,
- 34:29je n'arrive pas à supporter le froid.
- 34:32Je suis frigorifiée à mon bureau,
- 34:36frigorifiée dans les trains,
- 34:38enfin voilà.
- 34:39Donc,
- 34:40je n'ai vraiment toujours besoin d'avoir deux pulls,
- 34:42un immense manteau.
- 34:44et un peu de chauffage dans mon appartement.
- 34:47Donc en fait,
- 34:48comme on dit,
- 34:50entre mes amis et moi,
- 34:51on a trop duré au pays.
- 34:53Donc pour s'adapter à autre chose,
- 34:55c'est un peu compliqué.
- 34:57Très bien.
- 34:57Et tu t'imagines plus tard retourner travailler là-bas ?
- 35:01Oui,
- 35:02oui,
- 35:02oui.
- 35:03That's for sure.
- 35:04C'est très clair.
- 35:05Très bien,
- 35:06très bien,
- 35:06très bien.
- 35:06En tout cas,
- 35:07ça va aller dans le sens de cette association que tu as créée.
- 35:11Alors,
- 35:12du coup,
- 35:12est-ce que tu peux nous rappeler,
- 35:13parce que bon,
- 35:14voilà,
- 35:14on va être très transparent,
- 35:16une association en termes de business model,
- 35:20ce sont les donations qui aident une association à se développer.
- 35:24Ce sont aussi les bénévoles qui sont disponibles,
- 35:27pourquoi pas,
- 35:27pour aider,
- 35:28pour accompagner lors d'ateliers.
- 35:30Donc là,
- 35:31du coup,
- 35:31c'est le moment pour toi de nous dire,
- 35:33de nous faire la liste de tout ce dont tu as besoin afin que les auditeurs puissent savoir comment on peut participer,
- 35:40contribuer.
- 35:41aider à développer cette initiative.
- 35:43Et puis moi,
- 35:44je mettrai de toute façon en note de l'épisode tous les éléments de mail,
- 35:48enfin de,
- 35:49comment dire,
- 35:50effectivement,
- 35:50mail et site internet de l'association pour qu'on puisse avoir effectivement des compléments d'information.
- 35:56OK.
- 35:57Alors,
- 35:58je vais être très terre-à-terre et très logistique pour les prochaines minutes.
- 36:02Donc,
- 36:03tenez bon,
- 36:03ça va aller.
- 36:06Pour organiser un atelier,
- 36:09on va dans l'établissement.
- 36:11on obtient l'accord du chef d'établissement.
- 36:13Donc le trajet de la personne,
- 36:16coordinatrice en l'occurrence,
- 36:17qui s'appelle Audrey,
- 36:17qui est responsable de tout ce qu'on fait sur le terrain à côté de Camerounet.
- 36:20Donc le trajet pour aller à cet établissement et obtenir l'accord d'établissement,
- 36:24c'est un truc qui...
- 36:24That's the first step.
- 36:27Ensuite,
- 36:29une fois que ça a été approuvé,
- 36:31il faut faire la programmation de chaque étape des ateliers.
- 36:35Donc,
- 36:36par exemple,
- 36:36là,
- 36:37on organise la Hopka Académie dans un lycée pour les classes de première et de terminale.
- 36:42Donc,
- 36:42la première semaine,
- 36:43ils vont avoir des ateliers un peu plus « icebreaker »
- 36:45pour parler de la réussite de manière générale.
- 36:47C'est quoi leur vision de la réussite ?
- 36:49S'ils voulaient créer une entreprise,
- 36:51comment est-ce qu'ils s'y prendraient ?
- 36:52Est-ce qu'ils savent même comment s'y prendre ?
- 36:54Dans un deuxième temps,
- 36:54enfin,
- 36:55focus sur l'entrepreneuriat,
- 36:57on leur passe des exemples de personnes qui ont fait un million de chiffres d'affaires par jour en Afrique.
- 37:02Et la troisième séance,
- 37:03c'est plus un focus sur LinkedIn,
- 37:05comment utiliser LinkedIn,
- 37:06comment se préparer à l'entrée sur le marché du travail via LinkedIn.
- 37:09Ça,
- 37:09c'est les trois étapes.
- 37:10Pour pouvoir aller sur le terrain,
- 37:12il y a des animateurs qui se déplacent pour couvrir les classes.
- 37:15Donc ça,
- 37:15c'est un coût dans le transport.
- 37:17Le transport,
- 37:18c'est vraiment notre ligne de dépense la plus élevée.
- 37:22Donc,
- 37:22il y a le transport des animateurs.
- 37:25On doit faire des certificats pour les élèves.
- 37:29Donc,
- 37:30pour...
- 37:31récompenser leur dynamisme,
- 37:33leur bonne participation,
- 37:34etc.
- 37:34C'est des choses qu'il faut imprimer,
- 37:36donc ça aussi ça a un coût.
- 37:38On organise à la toute fin un goûter avec tous les élèves qui ont participé,
- 37:43donc ça aussi c'est une ligne de dépense.
- 37:46Et les gens sont souvent surpris quand ils entendent tout ce qu'on fait,
- 37:49c'est-à-dire on fait le déplacement des animateurs,
- 37:52on fait le déplacement pour se coordonner avec l'établissement en amont.
- 37:56on imprime les certificats,
- 37:57le matériel en continue.
- 37:59Donc,
- 37:59s'il faut des feuilles format A4 pour écrire,
- 38:02il en faut,
- 38:02etc.
- 38:03Donc,
- 38:03les gens sont souvent surpris que pour nous,
- 38:051 euro,
- 38:06ça ait du sens.
- 38:07Mais c'est parce qu'en fait,
- 38:08on a chiffré déjà,
- 38:09en l'occurrence.
- 38:10Donc,
- 38:1020 euros,
- 38:10moi,
- 38:11par exemple,
- 38:11ça me permet de couvrir 80 élèves sur une semaine,
- 38:15par exemple.
- 38:15Donc,
- 38:16tout le monde me dit,
- 38:17mais how do you manage it ?
- 38:18How do you make it ?
- 38:18C'est juste une question d'organisation and de calculations.
- 38:22Donc,
- 38:22en soi,
- 38:23si...
- 38:23Aujourd'hui,
- 38:24ce que je demanderais aux gens,
- 38:25c'est de ne pas se limiter,
- 38:27de se dire « Ok,
- 38:28moi,
- 38:29je ne suis pas capable de donner
- 38:3150 euros,
- 38:32donc je ne donnerai rien. »
- 38:33That's not something to do.
- 38:35Même dans notre communication,
- 38:36quand on a lancé la campagne de dons,
- 38:39au début,
- 38:39on a eu zéro euro pendant les deux premières semaines.
- 38:42On s'est dit « On est en train d'organiser des ateliers pour montrer la force de LinkedIn.
- 38:45Allons chercher la force de LinkedIn pour organiser nos ateliers. »
- 38:48On a trouvé des gens.
- 38:49qui ont donné 1 euro,
- 38:505 euros,
- 38:511 euro,
- 38:515 euros,
- 38:52et on a atteint 150 euros,
- 38:53on a tout de suite lancé les ateliers,
- 38:55et aujourd'hui,
- 38:55on est en train de publier les résultats,
- 38:57montrer aux gens l'impact que leur 1 euro est en train d'avoir sur des jeunes,
- 39:00qui s'amusent,
- 39:01qui nous disent,
- 39:02mais pourquoi vous n'êtes là qu'une fois par semaine,
- 39:03on a envie de vous voir un peu plus longtemps,
- 39:05est-ce qu'il n'y a pas moyen de vous venir tous les jours,
- 39:07etc.
- 39:08Donc,
- 39:08concrètement,
- 39:09ce dont on a besoin,
- 39:09c'est de dons,
- 39:10sur notre GoFundMe,
- 39:11sur notre Orange Money,
- 39:13sur notre Mobile Money,
- 39:15Camerounais,
- 39:15sur notre Hello Asso aussi,
- 39:17donc ça c'est les trois.
- 39:18moyen pour pouvoir nous aider.
- 39:21Pour les personnes qui sont peut-être sur le terrain camerounais,
- 39:23donc qui travaillent dans des papeteries ou des supermarchés,
- 39:26donc pour ne pas avoir à acheter tout ce qui est format ou jus pour le goûter,
- 39:32ça c'est des choses qu'on veut bien avec grand plaisir recevoir de supermarchés ou de papeteries.
- 39:40Et voilà,
- 39:41c'est tout ce qu'il nous faut à nous pour vraiment organiser et concrétiser.
- 39:44On est une asso qui a réussi pendant longtemps.
- 39:47à fonctionner sur rien.
- 39:48Donc,
- 39:49on arrive à faire de grandes choses avec que de choses,
- 39:51tout simplement.
- 39:52Très bien.
- 39:53Donc on est plus effectivement sur des fonds pour pouvoir faciliter l'organisation des ateliers.
- 40:00En termes éventuellement de compétences,
- 40:03est-ce qu'il y a des profils qui peuvent venir aider à réaliser un atelier ?
- 40:12Ou est-ce qu'il y a des compétences qui pourraient être intéressantes,
- 40:15que certains peuvent avoir et pourraient partager auprès de ces populations que vous accompagnez avec l'association ?
- 40:21Alors,
- 40:25deux cas.
- 40:27Dans un premier temps,
- 40:28la partie animateur.
- 40:29Donc s'il y a des étudiants dans la ville de Yaoundé qui nous écoutent,
- 40:33ou potentiellement dans la ville de Douala qui nous écoutent,
- 40:36nous on fonctionne par les jeunes pour les jeunes.
- 40:38Donc ce sont les jeunes qui animent auprès de leurs cadets plus jeunes.
- 40:42Donc ils sont formés pendant plusieurs séances,
- 40:45onboardés,
- 40:46etc.
- 40:47pour être en capacité de justement animer ces ateliers-là.
- 40:50Donc n'importe quel jeune qui serait motivé est disponible quelques heures par semaine ou sur le mois pour pouvoir animer ça avec grand plaisir,
- 40:59donc sur la partie animateur.
- 41:01Maintenant,
- 41:02pour la partie speakers,
- 41:07ça aurait été bien.
- 41:08L'enjeu,
- 41:09c'est que je vais vous donner un exemple pour que vous puissiez visualiser.
- 41:14On est dans des classes qui sont autour de,
- 41:18disons,
- 41:1940.
- 41:20à 80 élèves par classe.
- 41:23Donc,
- 41:23pour pouvoir faire des ateliers qui se déroulent le mieux possible,
- 41:26on les divise en petits groupes et on anime auprès de chaque groupe à différents moments dans la semaine,
- 41:32sur leurs heures de permanence.
- 41:33Comme ça,
- 41:34on perturbe le moins possible le déroulé des activités de l'établissement,
- 41:39on embête le moins possible le proviseur,
- 41:41le responsable d'activité,
- 41:42etc.
- 41:43Donc,
- 41:43pour qu'un intervenant,
- 41:44avec son expertise,
- 41:45vienne prendre la parole,
- 41:46il faudrait,
- 41:47pour des questions d'égalité,
- 41:49qu'il vienne...
- 41:50à tous les créneaux horaires où tous les élèves sont répartis.
- 41:52Sinon,
- 41:53ça fait qu'il est venu un seul jour pour un seul groupe et tous les autres qui auraient pu bénéficier de son expertise ne vont pas bénéficier de son expertise.
- 42:01Donc,
- 42:03sauf si quelqu'un est disponible pour le faire autant de fois que nécessaire pour couvrir 80 élèves d'une classe,
- 42:09là,
- 42:09je serais partante.
- 42:10Mais du coup,
- 42:11pour la partie expert,
- 42:12c'est un peu moins un sujet.
- 42:14Nous,
- 42:14ce qu'on a vraiment besoin,
- 42:15c'est des animateurs qui sont prêts à animer le compte.
- 42:17qu'on a mis en place et des fins qui permettent à ces animateurs de se déplacer de manière régulière et d'imprimer les certificats des élèves.
- 42:25Très bien,
- 42:26donc c'est une organisation bien huilée,
- 42:27c'est plutôt des foules dont on a besoin aujourd'hui,
- 42:29mais en termes d'organisation c'est déjà carré,
- 42:35donc ça c'est bon à entendre et à savoir.
- 42:40Je renouvelle le point.
- 42:42Un euro,
- 42:42ce n'est pas petit pour vous.
- 42:43Un euro,
- 42:44ce n'est pas petit pour vous.
- 42:45Ça permet vraiment d'organiser des ateliers.
- 42:47Du coup,
- 42:48il ne faut pas se dire qu'il faut forcément faire des dons énormes.
- 42:55Je réalise que ce dont je n'ai pas parlé avec toi,
- 42:57c'est au niveau de l'équipe avec laquelle tu travailles.
- 43:00Tu évoquais que la plupart des membres de l'association étaient au Cameroun.
- 43:05Mais est-ce que tu peux nous dire un petit peu qui sont...
- 43:09Comment se constitue ton équipe en fait et combien vous êtes au sein de l'association ?
- 43:13Alors là,
- 43:14on rentre dans la phase des difficultés.
- 43:16J'aime bien,
- 43:16c'est tant mieux.
- 43:17Toute la première partie était très positive et c'est tant mieux.
- 43:22Alors,
- 43:22historiquement,
- 43:24avec OPCA,
- 43:25ce qui a toujours été un problème,
- 43:28c'est le capital humain.
- 43:30Pas forcément le capital humain qui travaille à l'intérieur,
- 43:32mais juste le capital humain de manière générale.
- 43:35Donc,
- 43:36j'ai commencé toute seule.
- 43:37donc à animer ces débats-là,
- 43:38ces conférences avec les guests,
- 43:40etc.
- 43:41Au fur et à mesure,
- 43:41on a une personne qui a rejoint,
- 43:43on a une deuxième personne qui a rejoint,
- 43:45une troisième,
- 43:46etc.
- 43:47Aujourd'hui,
- 43:48pour les activités qu'on veut mener,
- 43:51on a Orane,
- 43:52qui est plutôt sur la partie communication,
- 43:54recrutement,
- 43:55gestion des publications,
- 43:56qui est une ancienne de Sciences Po aussi,
- 43:58donc elle a fait de la com à Sciences Po,
- 44:00etc.
- 44:02Sur le terrain,
- 44:03on a Audrey.
- 44:04Je veux dire,
- 44:04vraiment,
- 44:05tout ce qu'on fait,
- 44:07comme accord avec les chefs d'établissement,
- 44:10avec les responsables d'activités,
- 44:12etc.
- 44:12Elle,
- 44:13qui est une étudiante aussi sur le terrain,
- 44:16qui a sa propre asso également,
- 44:17donc on travaille avec elle.
- 44:19On a des ambassadeurs dans les écoles.
- 44:22Si jamais on veut faire part de nos activités,
- 44:24par exemple,
- 44:24j'ai parlé du programme African Youth Angels,
- 44:26de mentorat pour les jeunes.
- 44:28Donc,
- 44:28quand on voulait faire la publicité de ce mentorat-là,
- 44:30on passait par...
- 44:32tous les jeunes qu'on peut avoir dans des universités à travers les différents pays,
- 44:37on passait par eux pour passer l'info si jamais vous avez besoin de mentorat.
- 44:40Ça,
- 44:41c'est nos ambassadeurs.
- 44:43Dans l'équipe,
- 44:44on a aussi Séraphine qui était au Cameroun aussi.
- 44:47Là,
- 44:47elle s'est déplacée pour aller au Maroc,
- 44:49mais en tout cas,
- 44:50elle,
- 44:50elle est sur la partie actualité positive sur l'Afrique.
- 44:53Donc,
- 44:53elle continue à alimenter la communauté de personnes qui étaient là au tout début,
- 44:58quand on faisait les débats.
- 45:00avec des actualités positives sur l'Afrique.
- 45:03Elle fait notre voix-off sur quasiment toutes nos vidéos et aussi nos textes de manière générale,
- 45:08donc c'est elle qui s'en occupe.
- 45:09Il y a
- 45:11Jean-Philippe.
- 45:12C'est le dernier membre que je n'ai pas mentionné,
- 45:14mais du coup,
- 45:15c'est lui qui s'était occupé de notre activité la plus récente,
- 45:18qui était l'initiation à la création d'entreprise,
- 45:24ce qu'on peut appeler incubation,
- 45:26un truc d'immé.
- 45:28Maintenant,
- 45:28quand je parlais des difficultés,
- 45:29c'est qu'en fait,
- 45:30on a initié nos activités un peu au fur et à mesure à la demande.
- 45:34Donc,
- 45:35on commence les débats,
- 45:35les gens disent qu'ils ont envie d'avoir des outils concrets,
- 45:38donc on lance les conférences et on cherche de nouvelles personnes.
- 45:41Ensuite,
- 45:42on se dit,
- 45:42OK,
- 45:42pourquoi pas faire des ateliers,
- 45:43on cherche une nouvelle personne,
- 45:44etc.
- 45:45Donc,
- 45:45l'équipe a pas mal tourné.
- 45:47Et la difficulté,
- 45:48c'est que c'est des jeunes qui sont en pleine croissance,
- 45:50en fait,
- 45:51qui font leur vie aussi.
- 45:53Je prends l'exemple de Séraphine,
- 45:54qui de base était au Cameroun,
- 45:55ensuite s'est déplacée au Maroc pour ses études à elle.
- 45:58Donc,
- 45:58il faut énormément s'adapter dans ce projet-là à des gens qui sont sur X fuseaux horaires,
- 46:05avec X soucis de connexion Internet pour nos ambassadeurs,
- 46:08de coupure d'électricité pour nos ambassadeurs,
- 46:10etc. ...
- 46:13L'autre point aussi,
- 46:14en termes de capital humain,
- 46:15c'est vraiment la cible qu'on veut toucher.
- 46:18On touche des 15 à 25,
- 46:2126 ans,
- 46:24pour qui,
- 46:25il faut se dire,
- 46:27récemment ça va un petit peu mieux,
- 46:28mais en 2021,
- 46:312022,
- 46:31etc.,
- 46:32leur focus,
- 46:33c'était vraiment aller à l'étranger.
- 46:37Tu l'as.
- 46:39parlent afrique c'est comme si tu leur parles chinois mais me parle pas de ça en fait qu'est ce que ça m'a apporté je suis pas d'accord moi j'ai déjà mes projets il y a quelqu'un qui m'a dit un jour non ma vie c'est en france la personne n'a jamais quitté le camion de sa vie mais elle te dit non moi ma vie c'est en france je suis pas intéressée donc c'est
- 46:59la source de mes plus grands cauchemars au quotidien c'est vraiment persuader les africains
- 47:04de croire en l'Afrique,
- 47:06et puis gérer aussi l'évolution des jeunes au fur et à mesure qu'ils grandissent,
- 47:09au fur et à mesure qu'ils prennent conscience,
- 47:11etc.
- 47:12Voilà.
- 47:12Mais dans notre équipe,
- 47:13en tout cas,
- 47:13on a Séraphine,
- 47:15Orane,
- 47:15on a Audrey et puis Jean-Philippe avec les ambassadeurs.
- 47:19Très bien,
- 47:19c'est noté.
- 47:20C'est bien de nous avoir partagé également les challenges parce que c'est important d'être dans une réalité concrète quand on présente des initiatives.
- 47:29Moi,
- 47:29j'avoue que j'apprécie les...
- 47:31Les témoignages qui parlent vrai,
- 47:33qui sont authentiques et qui parlent aussi des défis et des challenges que l'on rencontre et qui ne sont pas que dans une volonté de faire un storytelling où tout va bien.
- 47:43Je pense qu'il faut le dire quand il y a des difficultés,
- 47:47il y a des challenges.
- 47:49Après,
- 47:50de ce que je comprends,
- 47:50c'est la structure même de l'association qui veut ça,
- 47:53puisque l'idée,
- 47:53c'est d'avoir des jeunes qui vont aller partager,
- 47:56qui vont aller animer ces ateliers auprès d'autres jeunes.
- 47:59Donc,
- 47:59par définition,
- 47:59c'est ça.
- 48:00Ce ne sont pas des personnes qui vont rester sur le long terme,
- 48:04après à réfléchir si des personnes plus âgées installées,
- 48:10plus stables,
- 48:10ne peuvent pas avoir des duos en fait.
- 48:13Ce qui fait que le moment où le jeune s'en va,
- 48:15il y a toujours un backup d'une personne plus ancienne,
- 48:20mais disponible en fait pour pouvoir partager son savoir.
- 48:25Donc ça peut permettre un peu de stabiliser,
- 48:28mais en tout cas il est vrai que le principe...
- 48:30D'avoir un jeune qui parle à des jeunes,
- 48:32ce sera toujours plus convaincant que...
- 48:34Oui,
- 48:34c'est clair.
- 48:35Ils ne vont pas écouter,
- 48:36ils vont considérer que c'est un autre cours.
- 48:38Ce n'est pas l'ambiance qu'on a envie de créer dans les ateliers.
- 48:41Très bien.
- 48:41Écoute,
- 48:42on arrive à la fin de cette interview.
- 48:45Moi,
- 48:45j'ai eu le plaisir à découvrir en détail ton parcours et également les enjeux,
- 48:51comment dire,
- 48:51et l'ambition de ton association.
- 48:55Comme je l'ai indiqué tout à l'heure,
- 48:57toutes les informations concernant l'assaut sont en note de bas d'épisode pour ceux qui voudraient donner,
- 49:04pour ceux qui voudraient échanger avec toi et pourquoi pas réfléchir à t'aider sur la partie capital humain,
- 49:11résoudre ou en tout cas t'aider à gérer tes challenges.
- 49:15Qu'est-ce que tu peux nous dire comme mot de la fin ?
- 49:17Comme mot de la fin ?
- 49:21Je dirais,
- 49:23pour la partie où vous avez dit de me contacter,
- 49:25il faut savoir que moi,
- 49:26je suis très,
- 49:27très,
- 49:27très,
- 49:28très,
- 49:28très,
- 49:28très,
- 49:28très ouverte à tout le monde.
- 49:30Donc vraiment,
- 49:31même si qui que ce soit écoute,
- 49:33et ce n'est pas forcément ce qu'il pourrait avoir à me dire ou ce qu'il pourrait avoir à apporter,
- 49:38contactez-moi dans tous les cas,
- 49:39on parlera et on verra bien ce qui se passe au bout de la conversation.
- 49:42Donc ça,
- 49:43c'est la première chose que j'ai envie de dire.
- 49:44La deuxième chose que j'ai envie de dire,
- 49:46c'est que le...
- 49:49Le combat en tout cas que nous on mène,
- 49:51c'est pas un combat facile,
- 49:53c'est pas un combat qui au quotidien est sain pour des jeunes de 22 ans qui eux-mêmes ne sont pas encore pleinement consolidés.
- 50:04Donc je pense que...
- 50:07C'est quelque chose qu'il faut savoir valoriser,
- 50:10en fait,
- 50:11valoriser ce qu'on essaie de faire.
- 50:13Et tout soutien,
- 50:14en l'occurrence,
- 50:15tout soutien sera bon à prendre,
- 50:17sera reçu avec la plus grande gratitude.
- 50:20Et même ne serait-ce que des conseils ou bien juste des échanges,
- 50:24on le prend avec beaucoup de gratitude.
- 50:26Donc,
- 50:27je suis reconnaissante d'avoir pu en parler,
- 50:28de me prêter à l'exercice d'interviewer des personnes,
- 50:30plutôt que d'interviewer moi,
- 50:33plutôt que d'interviewer des personnes.
- 50:35Et j'espère que d'autres portes s'ouvriront pour PopCat dans le futur.
- 50:40Très bien.
- 50:41Écoute,
- 50:41c'est l'été.
- 50:42Et je te dis à très vite en Afrique ou ailleurs.
- 50:45Merci beaucoup.
- 50:49Merci d'avoir écouté l'épisode jusqu'au bout.
- 50:51Je vous invite à pratiquer quelques petits gestes à impact fort pour m'aider à gagner de la visibilité sur ce podcast.
- 50:58Vous pouvez partager l'épisode à trois de vos amis.
- 51:00Vous pouvez laisser un commentaire sur Apple Podcasts ou Spotify.
- 51:04Salut !
- 51:04Je vous invite également à cliquer sur les 5 étoiles pour donner de la force.
- 51:09Je vous dis à très vite en Afrique ou ailleurs.