Latest / Le Café du Sport Business / Alpes 2030 : crise ouverte entre Egar Grospiron et l’état à quinze jours de Milan
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- 0:03Le café du sport business on parle pas des scores du weekend
- 0:06hein ? Non, on parle des enjeux
- 0:07financiers, du marketing, des médias.
- 0:11Toute l'arrière boutique économique du sport en fait.
- 0:19Bonjour et bienvenue au café du sport business.
- 0:22Nous sommes le 25 janvier 2026. Dans quelques jours à peine, les
- 0:26jeux de Milan cortina vont s ouvrir.
- 0:28Et la France s'apprête à recevoir le drapeau olympique
- 0:31pour les Jeux d'hiver de 2030 dans les Alpes.
- 0:33Ça devrait être un moment de fierté, un moment festif, mais
- 0:36en coulisses, ça se déroule dans un climat de crise profonde au
- 0:41sein du comité d'organisation des missions en série, tensions
- 0:44internes, ingérence politique, le projet semble un peu naviguer
- 0:47à vue. Alors pour y voir plus clair, on
- 0:50va analyser tout ça en profondeur.
- 0:51Pour commencer, est ce que vous pouvez nous décrire un peu les
- 0:53événements récents qui ont, comme on dit, mis le feu aux
- 0:56poudres ? Absolument.
- 0:57Alors la crise ? Il faut savoir qu'elle couvait
- 1:00depuis des mois mais elle a vraiment éclaté au grand jour
- 1:03avec 2 démissions majeures. Et ça, en l'espace de quelques
- 1:06semaines. Oui, 2 démissions à des postes
- 1:08clés. Début décembre 2025, d'abord, on
- 1:10a la directrice des opérations, Anne murak, qui quitte le
- 1:14navire. C'était une recrue
- 1:16d'expériences, elle venait de Paris 2024.
- 1:19Son départ a vraiment signalé les premières failles
- 1:21importantes. Et puis.
- 1:25Tout récemment, ce vendredi 23 janvier, c'est le directeur de
- 1:29la communication, Arthur Richet, qui a lui aussi jeté l'éponge.
- 1:33Et là, le motif officiel, c'est un désaccord sur la stratégie,
- 1:36c'est bien ça ? C'est ça le motif officiel.
- 1:38C'est un désaccord sur la stratégie et cette succession de
- 1:41départ à des postes aussi stratégiques.
- 1:44Juste avant le passage de témoin avec Milan Cortina.
- 1:47Bah ça a déclenché une réaction immédiate du gouvernement.
- 1:50Justement le pouvoir politique, comment AT il réagi face à cette
- 1:53instabilité ? Alors la ministre des Sports,
- 1:56Marina Ferrari a publiquement fait part de ces et je cite
- 2:00réelles préoccupations. Des mots forts.
- 2:02Oui, elle a utilisé des termes très forts.
- 2:05Elle a demandé une clarification rapide et complète sur la
- 2:09gouvernance et la stabilité de l'organisation.
- 2:12D'accord. Et plus concrètement, elle a
- 2:14convoqué une réunion du bureau exécutif dès demain, lundi 26
- 2:17janvier, pour obtenir des explications.
- 2:19C'est un signe très clair. Que l'État qui était plutôt en
- 2:24retrait jusqu ici commence à s inquiéter très sérieusement et
- 2:27pourrait taper du poing sur la table ?
- 2:30Face à cette tempête, comment est ce que le président du
- 2:32comité d'organisation, Edgar Grospiron, se défend ?
- 2:35Il est quand même en première ligne.
- 2:36Sa réaction est très, très intéressante.
- 2:38Il n'a pas directement répondu aux critiques.
- 2:40Non, il a publié un long message sur les réseaux sociaux.
- 2:43Il y défend une ligne basée sur. L'ambition ?
- 2:47L'ambition oui, il déclaré, je le site, je ne me résous pas à
- 2:51livrer des Jeux olympiques et paralympiques ordinaires ni à me
- 2:54cacher derrière l'excuse du temps ou de contrainte
- 2:56budgétaire. En gros, il justifie les
- 2:59difficultés par un niveau d'exigence très élevé, c'est
- 3:01exactement ça salon lui. Les difficultés actuelles sont
- 3:04la conséquence direct de ce très haut niveau d'exigence.
- 3:08Il explique, je site encore, si nous rencontrons des
- 3:10difficultés, c'est parce que je porte une ambition des plus
- 3:13élevées. Est ce que c'est une défense qui
- 3:14est crédible ? Ou est ce que c'est une façon
- 3:16d'esquiver les problèmes de fond ?
- 3:18Certains parlent un peu d'une fuite en avant.
- 3:20Bah c'est la critique principale en fait.
- 3:22Son discours est très personnel. Le je remplace très souvent le
- 3:26nous et ça donne une impression d'isolement.
- 3:29Il semble un peu déconnecté des contraintes très concrètes,
- 3:32c'est à dire c'est à dire un calendrier qui est serré et un
- 3:35budget qu'il faut absolument sécuriser.
- 3:37Cette posture, elle tranche avec la réalité d'une organisation
- 3:40qui perd ses cadres et dont la vision reste assez floue.
- 3:44On a le sentiment qu'il refusé de voir l'ampleur de la crise.
- 3:48D'accord, donc ces démissions et cette communication de crise, ce
- 3:52ne sont que les symptômes si on creuse un peu.
- 3:54Quelles sont les causes profondes de ces
- 3:56dysfonctionnements ? Alors là, il faut remonter à la
- 3:58jeunesse du projet. Il est né d'une ambition
- 4:00politique très forte des régions Auvergne Rhône Alpes et Provence
- 4:04Alpes Côte d'Azur. Et cette empreinte politique a
- 4:07conduit à des luttes d'influence, à un parasitage en
- 4:09quelques sortes de l'organisation.
- 4:11Et l'épisode le plus marquant de ce parasitage, c'est
- 4:14probablement le retrait de Martin Fourcade de la course à
- 4:16la présidence, c'était en février 2025.
- 4:19Ah oui, ça a été l'acte fondateur de la crise.
- 4:22Il était le grand favori. Il est membre du CIO, mais il a
- 4:26dû renoncer face aux pressions politiques régionales.
- 4:28Et ses mots, à l'époque, étaient assez durs.
- 4:30Je m'en souviens. Ils étaient prémonitoires.
- 4:32Il avait dit, je cite. Le mode de gouvernance, la
- 4:36vision, l'ancrage territorial. Nous n'avons pas réussi à nous
- 4:40retrouver sur ces sujets fondateurs.
- 4:41Et il ajoutait, cette vision n'est pas partagée par tous les
- 4:45acteurs de ce dossier et je le regrette.
- 4:47Son départ a laissé la place à Edgar Grospiron, mais ça a
- 4:50surtout installé d'emblée un climat de défiance.
- 4:52On comprend mieux ces tensions politiques et en interne au sein
- 4:55du comité d'organisation. Comment ça se traduit au
- 4:57quotidien ? En interne, il y a une fracture
- 5:00très nette au sein de la direction.
- 5:02D'un côté, on a le cabinet d'Edgar Grospiron, composé de
- 5:05ses proches et de l'autre la direction générale qui est menée
- 5:08par Cyril Linette. Une organisation à 2 têtes en
- 5:11quelque sorte. C'est ça.
- 5:13Et le fossé est tel qu'en décembre, apparemment, Edgar
- 5:16grospiron aurait été sur le point de limoger son directeur
- 5:19général. C'est la démission d'Anne Murak
- 5:21qui a mis cette crise en pause. Mais les tensions à elles
- 5:23demeurent. Et le départ du directeur de la
- 5:25communication s'explique par ça aussi, j'imagine.
- 5:28C'est l'illustration parfaite. Le cabinet du président avait
- 5:31mis en place sa propre cellule de communication, le
- 5:34court-circuitant complètement. C'est vraiment le symptôme d'une
- 5:36gouvernance qui est dysfonctionnelle.
- 5:37Toutes ces querelles internes, ça doit avoir des conséquences
- 5:40très très concrètes sur la préparation des Jeux, où est ce
- 5:43qu'on en est sur les points essentiels ?
- 5:45Ah bah les conséquences sont déjà visibles et très
- 5:47préoccupantes. Premièrement, la carte des
- 5:49sites. À 4 ans des Jeux, elle n'est
- 5:51toujours pas finalisée. Toujours pas, mais c'est la base
- 5:54de tout, c'est la base et la raison, elle est purement
- 5:56politique. Il faut maintenir un équilibre
- 5:59territorial entre les 4 pôles, la Savoie, la Haute Savoie, Nice
- 6:03et le Briançonnais. Et ça, ça bloque toutes les
- 6:06décisions. Et sans carte des sites,
- 6:08impossible de finaliser le budget.
- 6:10Et justement le financement, où en est on ?
- 6:13La promesse était pas celle des Jeux les moins onéreux de
- 6:15l'histoire. Cette promesse, elle semble bien
- 6:18loin. Le budget est qualifié de
- 6:20fragile et surtout, le comité n'a signé avec aucun sponsor
- 6:24majeur à ce jour, aucun. C'est à dire 0. 0 Edgar
- 6:29Grospiron espérait une annonce avant les jeux de Milan, mais
- 6:32rien ne s'est concrétisé. Certains partenaires potentiels
- 6:34seraient refroidis par l'instabilité.
- 6:37Et d'autres jugeraient le ticket d'entrée beaucoup fraux PV.
- 6:40Du coup, sans sponsor, le financement repose sur l'argent
- 6:43public, ce qui contredit totalement la promesse initiale
- 6:46et crée un risque financier majeur.
- 6:49C'est exactement ça. Donc le tableau est très sombre,
- 6:52crises de gouvernance, retards opérationnels, incertitudes
- 6:56financières et tout ça au pire moment possible.
- 6:59Quelles sont les issues possibles ?
- 7:00Que peut-il se passer maintenant ?
- 7:02Alors il y a 2 acteurs qui peuvent reprendre la main.
- 7:05D'abord l'État français. La réunion de demain sera un
- 7:08premier test. Si la crise perdure, le
- 7:10gouvernement pourrait intervenir de manière beaucoup plus ferme
- 7:13pour imposer une nouvelle gouvernance.
- 7:14Et le 2e acteur ? L'autre acteur, c'est le Comité
- 7:17international olympique. Pour l'instant, il est concentré
- 7:19sur Milan cortina, c'est normal. Mais après les Jeux, il ne fait
- 7:23aucun doute qu'il va regarder le dossier français de très très
- 7:25près. Le CEO pourrait exiger des
- 7:27changements drastiques. Jusqu'à remodeler l'équipe
- 7:30dirigeante ? Oui, jusqu'à remodeler l'équipe
- 7:32dirigeante pour sauver le projet ?
- 7:34Ils ne peuvent pas se permettre un échec.
- 7:36Pour conclure, quelle est la grande question qui se pose pour
- 7:39l'avenir de ces jeux ? En fait, la candidature des
- 7:42Alpes françaises a été attribuée sous condition en un temps
- 7:45record. C'était un peu une solution de
- 7:47secours pour le CIO. Elle portait cette promesse d'un
- 7:50modèle de jeu plus sobre, plus responsable, ancré dans leur
- 7:53territoire. Une promesse qui semble menacée.
- 7:56Voilà, la question fondamentale aujourd'hui, c'est de savoir si
- 7:59les ambitions et les querelles politiques internes ne vont pas
- 8:02anéantir cette promesse avant même que le projet n'ait
- 8:04réellement commencé. Merci pour cette analyse très
- 8:07claire. À très vite pour un nouveau
- 8:08podcast du café du sport business.