Latest / SAFE PACE - Le podcast des sports d'endurance, présenté par Hugo Clément / AVENTURES EXTRÊMES : OÙ EST LA LIMITE ? Avec Mathieu Blanchard et Conrad Colman
Transcript
- 0:06safe pays le podcast des sports d'endurance présenté par hugo clim les ultra trail et les ironman sont ils devenus has been trop lambda trop encadré loin des grosses organisations de plus en plus d'athlètes se lancent dans des aventures de l'extrême dans la nature sauvage sauvage et hostile.
- 0:26Des courses de 700 km dans le froid polaire,
- 0:29des traversées de l'Atlantique en pleine tempête,
- 0:31des expéditions dans la jungle,
- 0:33des swimruns dans l'eau glacée sans dormir pendant trois jours.
- 0:37L'aventure est-elle devenue l'objectif ultime ?
- 0:39Faut-il aller toujours plus loin pour se sentir vivant ?
- 0:42Que cherchent ces sportifs de l'extrême ?
- 0:44Où est la limite ?
- 0:45On va répondre à toutes ces questions aujourd'hui.
- 0:47Safe Pace,
- 0:47c'est parti !
- 0:50Cet épisode de Safe Pace est rendu possible grâce à notre partenaire Uptrack.
- 0:54Uptrack,
- 0:55c'est la plateforme de streaming dédiée au sport et à l'aventure avec plus de 300 films,
- 1:00documentaires et séries en illimité autour du trail,
- 1:03de l'alpinisme ou encore du vélo.
- 1:05Si vous voulez vivre des aventures humaines et sportives incroyables et retrouver des films exclusifs sur Kylian Jornet,
- 1:11Ludovic Pomeray et plein d'autres athlètes inspirants,
- 1:14je ne peux que vous conseiller de vous abonner à Uptrack.
- 1:19Et on retrouve notre équipe d'experts de SafePace,
- 1:21Charlotte Morel,
- 1:22Fred Belovre,
- 1:23Hugo Tormento,
- 1:23ça va les amis ?
- 1:24Très bien et toi ?
- 1:25Envie d'aventure ?
- 1:26Envie d'aventure !
- 1:27Ça tombe bien,
- 1:27c'est le sujet du jour.
- 1:28Nos deux invités pour en parler,
- 1:30d'abord un habitué de SafePace,
- 1:32Mathieu Blanchard.
- 1:33Bienvenue Mathieu !
- 1:34Merci pour l'accueil,
- 1:34une deuxième fois,
- 1:35la dernière fois c'était à Annecy,
- 1:36à la veille d'un trail,
- 1:38là c'est pour d'autres histoires j'imagine.
- 1:40Exactement,
- 1:40on va finir par te faire une carte de fidélité.
- 1:42Alors je te présente quand même pour les personnes qui ne te connaîtraient pas.
- 1:45même s'il n'y en a pas beaucoup.
- 1:47L'un des meilleurs ultra-trailers du monde aujourd'hui,
- 1:49on peut le dire.
- 1:50Vainqueur récemment de la Diagonale des Fous.
- 1:52On ne va pas faire tout ton palmarès parce que ça nous prendrait deux heures.
- 1:55Et aujourd'hui,
- 1:55tu viens surtout nous parler des aventures extrêmes dans lesquelles tu te lances de plus en plus,
- 2:00et notamment de cette folie,
- 2:01la traversée de l'Atlantique sur un bateau de course avec notre deuxième invité,
- 2:06le deuxième fou du jour.
- 2:07Ça va Conrad ?
- 2:08Très bien,
- 2:09je suis ravi de mettre mon premier tampon sur la carte.
- 2:12Bienvenue dans SafePace,
- 2:13bienvenue dans la famille.
- 2:14Merci.
- 2:15Conrad Coleman,
- 2:16j'ai bien prononcé,
- 2:16ça va ?
- 2:17Tu es marin d'origine néo-zélandaise et américaine.
- 2:20C'est bien ça.
- 2:20Tu as réalisé deux fois le Vendée Globe,
- 2:22le Tour du Monde en solitaire et de nombreuses autres courses.
- 2:26Et il y a quelques mois,
- 2:27tu as embarqué Mathieu avec toi pour une traversée de l'Atlantique pour la Transat
- 2:31Jacques Vabre.
- 2:32C'était la première traversée évidemment de Mathieu.
- 2:34On va parler de vos galères parce que ça a été très compliqué,
- 2:37on peut le dire.
- 2:38Il y a eu pas mal de rebondissements.
- 2:39Et il y a un documentaire sur votre aventure qui vient de sortir sur la plateforme Uptrack.
- 2:43Ça s'appelle...
- 2:44convergence,
- 2:45ça raconte votre traversée et franchement je vous le conseille parce que on n'a pas envie d'être à votre place mais ça fait du bien de passer des moments avec vous depuis notre canapé j'en profite pour remercier notre partenaire l'hôtel Bluemouse qui reçoit nos invités à Paris dans les meilleures conditions alors
- 3:02on va revenir sur vos exploits,
- 3:03sur le binôme que vous avez formé et sur les enseignements personnels que vous tirez de cette expérience mais d'abord une première question comment ça va physiquement aujourd'hui ?
- 3:11Mathieu Merci.
- 3:12Écoute,
- 3:13ça va très bien les périodes hivernales pour nous ultra-trailers.
- 3:16En général,
- 3:16c'est les périodes où on s'éloigne un tout petit peu des sentiers et des méga-entraînements intenses,
- 3:21où on saute un petit peu sur les skis.
- 3:23Et c'est ce que je fais en ce moment,
- 3:24je passe beaucoup de temps sur les skis.
- 3:26Alors moi,
- 3:26j'ai la particularité de plutôt monter les pistes que les descendre.
- 3:31Et puis même,
- 3:32je pousse le vis encore plus loin à prendre les œufs en redescendant parce que des fois,
- 3:36je monte lesté et je n'ai pas promis de nous redescendre.
- 3:39que ceux qui sont sur les télésièges,
- 3:41qui me voient monter et redescendre avec le télésiège,
- 3:42ils ne comprennent rien du tout à ce que je fais.
- 3:44D'accord.
- 3:45Donc là où les gens,
- 3:46la plupart,
- 3:47trouvent leur plaisir,
- 3:47c'est-à-dire de descendre,
- 3:48toi,
- 3:48tu zappes ça.
- 3:49Exactement.
- 3:50Conrad,
- 3:51comment ça va physiquement ?
- 3:53Très bien.
- 3:54Moi,
- 3:54je suis ravi de dire que j'ai fait les choses dans le bon sens.
- 3:57C'est-à-dire que tu prends les deux en montant et tu descends comme tout le monde.
- 4:00Si,
- 4:00j'avais les chances.
- 4:01Mais je suis basé à Lorient maintenant.
- 4:04Du coup,
- 4:04j'ai le profit de retrouver le monde marin.
- 4:09et du coup c'est pas la période où on peut naviguer avec nos bateaux parce qu'on est en chantier donc je suis plutôt dans la salle de sport en train de faire les deadlifts et quand je m'échappe c'est en vélo ou sinon en kayak pour surfer la vague donc ça marche bien Est-ce que je posais la question quand même à la base Mathieu parce que t'es pas sorti indemne de cette
- 4:27traversée de l'Atlantique
- 4:28Ecoute Hugo c'est passé il y a deux mois et demi déjà et j'ai encore mal à l'arrière de mon dos je me suis pété une côte
- 4:36durant la traversée et deux mois après j'ai encore mal donc ouais je suis pas sorti indemne de cette traversée.
- 4:40Comment tu t'es pété une côte ?
- 4:41Eh bien écoute
- 4:42Conrad pendant que je dormais il a voulu me réveiller,
- 4:47il a tourné la barre un peu fort,
- 4:49le bateau il s'est retourné,
- 4:50j'ai volé en l'air,
- 4:50je me suis éclaté sur un bord...
- 4:52Non...
- 4:53C'était une petite blague quoi !
- 4:55Ah la réalité,
- 4:55pardon !
- 4:57Le bateau s'est vraiment couché mais pour le coup c'est pas Conrad...
- 5:00qui a barré,
- 5:01c'est plutôt un grain,
- 5:02donc c'est un gros nuage avec des vents instables qui a frappé le bateau.
- 5:05Le bateau s'est effectivement couché,
- 5:07puis moi j'ai un petit peu volé de la bannette,
- 5:09le lieu où on dort.
- 5:10T'étais vraiment en train de dormir ?
- 5:11Ouais,
- 5:11j'étais en train de dormir et j'ai volé,
- 5:13je me suis éclaté de l'autre côté du bateau,
- 5:15sur un coin un petit peu pointu,
- 5:16et je me suis pété la côte.
- 5:17J'ai compris,
- 5:18normalement tu devais être attaché,
- 5:20mais t'avais peut-être pas...
- 5:21Non en fait on a un petit filet qui nous retient,
- 5:33je respectais les règles.
- 5:34Non là c'est une bannette,
- 5:35il y a un petit filet qui nous retient,
- 5:36je l'avais mal bloqué,
- 5:37il s'est ouvert et bon j'ai volé dans le bateau,
- 5:39ça arrive,
- 5:39c'est un accident.
- 5:40Qu'est-ce qui t'a pris de te lancer dans la voile ?
- 5:43Qu'est-ce qui m'a pris ?
- 5:43La fascination pour cet univers.
- 5:47Il faut savoir que le Vendée Globe auquel a participé Conrad et qu'il a terminé deux fois,
- 5:51c'est l'épreuve d'ultra-endurance ultime parce que c'est la plus longue au monde.
- 5:55Il n'y a aucune autre épreuve qui dure deux mois,
- 5:58trois mois comme ça.
- 5:59C'est quoi le record Conrad sur le Vendée Globe ?
- 6:01C'est 67 jours.
- 6:03Donc ça c'est le plus rapide et donc ça va bien au-delà.
- 6:08Tout seul sur le bateau ?
- 6:09Tout seul sur le bateau.
- 6:10Et du coup pour mettre ça en perspective,
- 6:13peut-être pour les auditeurs plus habitués avec les sports à terre,
- 6:17L'équivalent qui se trouve à terre,
- 6:19c'est le tour du monde en vélo,
- 6:21avec
- 6:23Lyle Wilcox,
- 6:24l'américaine,
- 6:24qui va se lancer cette année pour essayer de battre le record absolu.
- 6:29Et du coup,
- 6:30sur son parcours,
- 6:31typiquement,
- 6:31c'est 30 000 kilomètres,
- 6:32et nous,
- 6:33c'est 45 000.
- 6:34Et du coup,
- 6:34parmi tous les sports confondus,
- 6:36nous,
- 6:36on est les plus longs.
- 6:37Tu ne peux pas faire plus.
- 6:38On ne peut pas faire plus.
- 6:40Et du coup,
- 6:40c'est ça qui m'a attiré vers ce sport.
- 6:43Qui est allé vers qui en premier ?
- 6:45C'est toi Conrad qui as contacté Mathieu ou c'est l'inverse ?
- 6:48Pour la petite histoire,
- 6:48je l'ai,
- 6:49j'étais au départ du Vendée Globe,
- 6:50le dernier Vendée Globe l'année dernière,
- 6:54au Sable d'Olonne.
- 6:55J'ai vu tous ces marins partir dans le chenal,
- 6:58dont Conrad,
- 6:58c'était magnifique.
- 6:59Et il s'avère qu'après qu'il soit parti,
- 7:01on a fait une petite soirée arrosée.
- 7:02Et puis voilà,
- 7:05entre deux conversations,
- 7:06j'ai dit que moi un jour je rêverais moi aussi de faire une telle course ou une telle traversée.
- 7:10Il ne s'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd.
- 7:12Il y avait une équipe de communication qui travaillait avec Conrad,
- 7:15qui lui a envoyé un petit message.
- 7:16Il était en plein Vendée Globe,
- 7:17il avait autre chose à faute.
- 7:18Mais est-ce que ça te dirait de prendre un petit mou sur ton bateau dans quelques mois pour une autre course ?
- 7:22Il a dit pourquoi pas.
- 7:23On s'est fait une visio,
- 7:24il était en plein Vendée Globe.
- 7:25Moi,
- 7:25j'étais à la montagne.
- 7:26Et on s'est présenté comme ça et on s'est dit pourquoi pas.
- 7:30Oui,
- 7:30parce que c'est peut-être le sport d'ultra-endurance avec les plus longues distances au monde.
- 7:34Mais c'est aussi le seul sport d'ultra-endurance où tu peux faire des visios.
- 7:37pendant que tu fais ta course.
- 7:38C'est vrai.
- 7:38Ça reste un sport mécanique et du coup,
- 7:41on est enterré par la haute technologie et notamment avec les connexions à satellite assez haut débit maintenant qui nous permettent de communiquer,
- 7:50de raconter nos histoires,
- 7:51de télécharger les météos,
- 7:52de faire notre stratégie et surtout,
- 7:54parler avec Mathieu Blanchard.
- 7:56Alors attention,
- 7:56c'est très nouveau.
- 7:58C'est très nouveau.
- 7:58Il n'y a que depuis le dernier Vendée Globe que les technologies de communication par satellite permettent de faire ça mais les éditions d'avant,
- 8:04c'était impossible.
- 8:05Conrad,
- 8:05c'était quoi ton a priori sur Mathieu avant de le rencontrer ?
- 8:09L'agence de communication m'a présenté plusieurs personnages.
- 8:13Je tombais sur Mathieu et je lui ai dit que je trouvais quelqu'un,
- 8:16enfin,
- 8:18ainsi de Barjot que moi.
- 8:20Et du coup,
- 8:20la sélection a été vite faite.
- 8:23C'est ça,
- 8:24c'est le titre de Barjot qui t'a valu la sélection sur le bateau.
- 8:28Alors,
- 8:28on va retracer un peu votre traversée.
- 8:30Vous êtes parti du Havre le 26 octobre.
- 8:32octobre
- 8:332025 pour arriver à Fort-de-France en Martinique le 15 novembre.
- 8:38Donc ça fait 19 jours si je compte bien.
- 8:40Vous avez fini
- 8:4217e dans la catégorie IMOCA et en tout vous avez parcouru plus de 4300 kilomètres à travers l'Atlantique.
- 8:50Ça part un peu mal votre voyage,
- 8:52on peut le dire je pense,
- 8:53parce qu'il y a une météo qui est déchaînée dès le départ de la course et vous,
- 8:57vous avez des gros problèmes techniques sur le bateau.
- 9:00Dès les premières heures,
- 9:01en fait,
- 9:01les premiers jours,
- 9:02Conrad ?
- 9:03Oui,
- 9:04même dès les premières minutes.
- 9:06Ah,
- 9:07carrément ?
- 9:07Parce que malheureusement,
- 9:08il y avait un défaut de préparation dans le bateau.
- 9:12Donc,
- 9:12j'avais déjà cité le fait que c'est un sport extrêmement mécanique.
- 9:14Et l'appareil sur lequel on appuie le plus,
- 9:18c'est le système de pilotage.
- 9:20Parce que,
- 9:21peut-être c'est mal compris,
- 9:22mais le bateau,
- 9:24il se barre quasiment tout seul,
- 9:27en permanence.
- 9:27Et nous,
- 9:27on est beaucoup plus efficaces.
- 9:29de dépenser notre énergie dans la stratégie et aussi dans le réglage et le changement de voile que de rester collé à la barre en permanence avec des paquets de flotte dans nos figures.
- 9:38Il y a un pilote automatique en fait.
- 9:39Donc on a un pilote automatique.
- 9:41Malheureusement,
- 9:42on a deux systèmes qui étaient chacun défaillant dans sa manière individuelle.
- 9:50Et du coup,
- 9:50les conditions étaient vraiment extrêmes.
- 9:53On est parti confronter la manche.
- 9:55qui était tellement déchaîné que trois bateaux se sont retrouvés
- 10:01totalement inversé,
- 10:02100 km heure devant.
- 10:04Ce qui est beaucoup.
- 10:05Ce qui est beaucoup.
- 10:07Il ne va pas là normalement les bateaux de voile,
- 10:08ils restent au port,
- 10:09ils ne vont pas dans la mer qui est à 100 km heure devant.
- 10:12Le niveau de confiance à ce moment-là Mathieu ?
- 10:15Déjà que naviguer dans une tempête c'est assez extrême et c'est assez rare,
- 10:18c'est des conditions qui sont extrêmes et dans lesquelles ils ne se retrouvent pas souvent et en plus avec des pilotes auto qui ne fonctionnent pas et...
- 10:24Moi,
- 10:25au niveau autonomie,
- 10:26pas terrible.
- 10:27Je me suis dit que la nuit allait être très compliquée.
- 10:29Et elle l'a été.
- 10:30Et elle a été.
- 10:31Donc,
- 10:31pour avoir une idée de cette force de vent,
- 10:34il faut baisser la fenêtre sur l'autoroute et en mettre la tête à l'extérieur.
- 10:39Comme font nos amis les chiens.
- 10:40Et du coup,
- 10:41il y a tout qui bouge.
- 10:41Et du coup,
- 10:42c'est comme ça.
- 10:43La première nuit,
- 10:44c'était comme ça.
- 10:44La première nuit,
- 10:45c'était tête à l'extérieur de voiture sur l'autoroute.
- 10:50Sur les bosses.
- 10:51et du coup les routes étaient mal entretenues parce qu'on avait les bosses de 4 mètres et aussi il pleuvait sur l'autoroute,
- 10:59beaucoup comment t'as vécu ça
- 11:02Mathieu, parce que bon tu pars pour une première fois traverser de l'Atlantique déjà première fois sur le papier c'est quand même un sacré truc non seulement il y a une tempête mais en plus le bateau il marche pas tu te dis pas mais qu'est-ce que je fous là ?
- 11:14Non c'est très compliqué et puis pour tout avouer au bout de 3 heures je me suis déjà dit pour la première fois que c'était fini
- 11:18qu'on n'allait pas aller au bout,
- 11:19qu'on allait devoir retourner au port et qu'on allait devoir arrêter aussitôt.
- 11:23Il faut savoir qu'une tempête comme ça,
- 11:25c'est vraiment traumatisant.
- 11:27Ça fait peur.
- 11:27Il y a des creux de 4 mètres.
- 11:29En plus,
- 11:29la Manche,
- 11:30il y a des contre-courants,
- 11:31les vagues qui se forment dans tous les sens.
- 11:32On ne voit rien.
- 11:33Il y a énormément de trafic,
- 11:34des cargos,
- 11:35des pêcheurs.
- 11:36Et donc,
- 11:36tu étais comment ?
- 11:37Tu étais terrifié ?
- 11:38J'étais un petit peu terrifié,
- 11:39mais j'étais un petit peu malade aussi.
- 11:41Mais en même temps,
- 11:41en mode survie.
- 11:42Et quand on est en mode survie,
- 11:43on est obligé d'aider,
- 11:44d'être là,
- 11:44d'être présent.
- 11:45parce qu'on avait...
- 11:45des éléments qui se cassaient sur le bateau,
- 11:47Conrad devait aller à l'avant,
- 11:48les décrocher,
- 11:49moi en même temps je devais l'assurer,
- 11:50enfin c'était vraiment difficile.
- 11:52Parce que toi t'es habitué aux aventures extrêmes,
- 11:55on va en reparler,
- 11:55t'es habitué aux ultra trails qui durent très longtemps,
- 11:58aux courses très difficiles,
- 11:59est-ce que t'avais déjà vécu un moment aussi effrayant,
- 12:02aussi dur physiquement ?
- 12:03Oui j'ai déjà vécu des moments effrayants en montagne,
- 12:05quand tu prends un orage sur un col ça peut être extrêmement effrayant,
- 12:08mais là en fait c'est surtout qu'on n'est pas habitué à cet environnement,
- 12:11c'est un sol qui bouge,
- 12:12tout est en trois dimensions,
- 12:14C'est multi événements,
- 12:16il fait nuit et puis tu as aussi cette nausée permanente qui t'enlève toutes tes forces.
- 12:21Oui,
- 12:21parce que tu as été malade pendant plusieurs jours.
- 12:23Alors,
- 12:23j'étais malade dans les tempêtes en fait.
- 12:25C'est vraiment des moments où tu n'as plus de repères visuels,
- 12:27il y a tout qui bouge.
- 12:27Et c'est vrai que ça peut durer 24 heures,
- 12:3048 heures ou c'est difficile.
- 12:32Parce qu'il faut juste préciser quelque chose pour les gens qui nous écoutent.
- 12:35Le bateau de course,
- 12:36donc l'Imoka sur lequel vous étiez,
- 12:38on n'est pas sur un bateau de croisière en termes de confort.
- 12:41C'est-à-dire qu'il n'y a pas de toilette,
- 12:43c'est ça ?
- 12:44Pas de toilettes,
- 12:45pas de douche,
- 12:46rien qui est mou,
- 12:47tout est dur en fait.
- 12:48Il n'y a pas de fauteuil,
- 12:48il n'y a rien,
- 12:50c'est que du carbone.
- 12:52Donc c'est un bateau qui est taillé pour la course.
- 12:54Et vous dormez à même le carbone ?
- 12:55Alors on a une petite,
- 12:57c'est le seul truc à peu près confortable,
- 12:58une petite matelas avec des petites billes dedans de polystyrène.
- 13:01Mais bon,
- 13:02ça permet de se poser un peu dessus,
- 13:04mais ce n'est pas le gros canapé de la maison.
- 13:05Et pour faire ses besoins,
- 13:06pardon d'être indiscret,
- 13:07mais comment on fait s'il n'y a pas de toilettes ?
- 13:09On poste le fesse à l'extérieur.
- 13:11Donc on poste notre petit cul.
- 13:13entre les lignes de vie on fait nos besoins et ensuite on rentre au chaud au plus vite en étant attaché parce qu'on ne veut pas être éjecté à ce moment de faiblesse mais ça tu le savais Mathieu tu le savais Mathieu avant de t'embarquer on m'en avait un petit peu parlé de cette contrainte technique après
- 13:32moi je suis quelqu'un qui pratique le trail et on a l'habitude aussi de ne pas avoir de toilette en forêt donc j'avais un petit peu l'habitude de me balconner comme ça,
- 13:39d'enrocher et...
- 13:41Mais surtout,
- 13:41tu es connu dans le milieu du trail pour arriver à uriner en courant.
- 13:45Ah oui,
- 13:46ça,
- 13:46c'est une très bonne qualité.
- 13:47Il y a beaucoup de coureurs qui sont capables de le faire.
- 13:49C'est de continuer à courir tout en se pissant dessus.
- 13:53Non,
- 13:54tu peux ne pas te pisser dessus.
- 13:54Il faut être assez précis.
- 13:56Il faut travailler le geste technique,
- 13:58mais ça peut faire gagner des précieuses secondes.
- 14:00On referme la parenthèse sur les besoins.
- 14:03Donc,
- 14:04vous faites réparer le bateau au port.
- 14:06Vous repartez et la rebelote,
- 14:07nouvelle tempête.
- 14:09On va regarder un extrait.
- 14:10de cette nouvelle tempête et de ton calvaire,
- 14:12Mathieu.
- 14:14C'est un extrait du documentaire Convergence qui revient sur votre traversée et qui est disponible,
- 14:18je le rappelle,
- 14:19sur Uptrack.
- 14:20J'étais à mariner et là,
- 14:21j'ai vraiment...
- 14:21C'est dur.
- 14:22J'ai explosé.
- 14:28J'ai été proché dans le filet.
- 14:39Il me retient et le filet a lâché.
- 14:42Et je suis venu me cracher sur un coin du bateau de l'autre côté.
- 14:47Donc là,
- 14:47on voit que tu souffres.
- 14:49Ce n'était pas le moment le plus facile de la traverser,
- 14:51on va dire.
- 14:51C'est clair.
- 14:51Tu venais de te faire...
- 14:53Exactement.
- 14:54Je venais de tomber du lit et de me péter la côte.
- 14:56Et puis le bateau était couché.
- 14:59Conrad derrière qui criait de venir l'aider.
- 15:02J'étais cassé.
- 15:03Donc c'était un trop-plein à ce moment-là.
- 15:07Il y a eu des moments de tension entre vous ?
- 15:10Franchement non,
- 15:11non.
- 15:12Globalement non,
- 15:12étonnamment,
- 15:13parce que moi on m'avait raconté beaucoup d'histoires qui se mettaient sur la gueule pendant les courses et qui n'ont pas fini la course à cause de ça,
- 15:19qui ont dû s'arrêter parce qu'il y a beaucoup de proximité.
- 15:22Et je pense aussi que d'avoir un rôle de gros leader,
- 15:26expert et d'un total amateur comme moi peut aider aussi parce que moi je vais à aucun moment le challenger sur ce qu'il faut faire,
- 15:34sur ce qu'il faut faire et donc il ne peut pas y avoir d'embrouille.
- 15:36Ça te fait quoi de revoir les images aujourd'hui ?
- 15:38Merci.
- 15:39Ça me rappelle que ce n'était pas la croisière Samuse,
- 15:42ce n'était pas une traversée de l'Atlantique comme ça,
- 15:44juste pour le fun,
- 15:45pour prendre du plaisir.
- 15:46C'était un vrai défi sportif,
- 15:47un vrai défi d'ultra-endurance et c'était très difficile.
- 15:50Conrad,
- 15:51dans les moments difficiles comme ça,
- 15:52d'avoir quelqu'un comme Mathieu,
- 15:54qui n'est pas un professionnel de la voile,
- 15:56qui a très peu d'expérience,
- 15:58ce n'était pas compliqué à vivre pour toi ?
- 16:04C'était très compliqué.
- 16:06Mais il faut accepter,
- 16:10il faut être pris dans le jeu.
- 16:13Un peu dur,
- 16:14mais le jeu quand même.
- 16:17Parce que je souffrais un peu pour lui et avec lui,
- 16:21parce que j'en avais déjà passé par un moment,
- 16:26ou j'en ai déjà passé par la mer de mer,
- 16:29où on ne se sent pas bien,
- 16:31et ensuite on veut mourir,
- 16:33et ensuite on est triste.
- 16:34parce qu'on n'est pas encore morts et du coup on est vraiment fâchés parce que ça ne s'arrête pas quand on t'écoute on a vraiment envie d'aller faire une traversée de l'Atlantique non franchement c'est chouette il y a eu des moments où tu voulais mourir Mathieu ?
- 16:48non bah c'est vrai qu'un mal de mer extrême c'est quelque chose qu'on ne vit jamais parce qu'on a des petits mals de mer en voiture dans les virages mais un vrai mal de mer c'est dur parce que tu perds toutes tes forces au point de devoir se coucher par terre on ne peut plus se tenir debout
- 17:02On ne peut plus se nourrir,
- 17:03on ne peut plus boire parce que tout ressort et même psychologiquement,
- 17:07il y a des pensées qui arrivent ultra négatives et c'est quelque chose qui est très dur à vivre.
- 17:12Oui,
- 17:12je confirme.
- 17:13Alors il y a évidemment eu des moments très difficiles,
- 17:14il y a aussi eu des très beaux moments,
- 17:16on le voit dans le film d'ailleurs que je vous invite à aller voir sur Uptrack.
- 17:20On vous voit avec des dauphins,
- 17:21des oiseaux,
- 17:22c'est quoi la plus belle image que tu gardes en tête de cette traversée Mathieu ?
- 17:26C'est difficile à choisir,
- 17:27il y en a énormément,
- 17:28mais je repense par exemple à ce moment de calme plat,
- 17:31l'inverse de la tempête.
- 17:32Alors lui,
- 17:33il déteste parce que quand il voit...
- 17:35On prend du retard.
- 17:36On prend du retard et on n'avance pas.
- 17:37Et ça,
- 17:39c'est vraiment une situation qui est horrible pour un marin compétiteur.
- 17:42Mais pour moi,
- 17:43ça m'a fait du bien après la tempête de pouvoir récupérer un petit peu.
- 17:45À ce moment-là,
- 17:46il m'a hissé en haut du mât au moment d'un coucher de soleil.
- 17:50Et c'était un moment vraiment magique d'être au milieu de l'Atlantique en haut du mât devant un coucher de soleil.
- 17:55Ça m'a vraiment marqué.
- 17:56Il y a eu ces moments avec les dauphins qui sont venus nous rendre visite.
- 17:59Il y a un petit oiseau qui est venu se poser aussi sur le bateau parce que parfois il y a des oiseaux qui traversent l'océan,
- 18:03mais ils n'ont plus de force et ils viennent se poser sur le bateau pour se reposer et ils ne s'envolent même plus.
- 18:07Donc c'était venu notre pote.
- 18:09Incroyable.
- 18:10Et ça faisait du bien d'avoir une nouvelle compagnie.
- 18:12Et enfin,
- 18:13mon dernier souvenir,
- 18:13c'est la première fois qu'on revoit la Terre pour la première fois.
- 18:17Au bout de 19 jours.
- 18:18C'était un moment de fou.
- 18:19Quand tu revois la Terre,
- 18:20tu te dis quoi ?
- 18:21Plus jamais ?
- 18:24Non,
- 18:25parce qu'en fait,
- 18:25c'est assez fou tous ces défis.
- 18:27Vous devez le savoir aussi,
- 18:28quand tu arrives sur une ligne d'arrivée,
- 18:29tu ne te dis plus jamais dans la première seconde.
- 18:30Au bout de deux secondes,
- 18:31tu commences à réfléchir.
- 18:32Au bout de cinq minutes,
- 18:32tu t'es inscrit sur une nouvelle course.
- 18:33Donc voilà,
- 18:35le plus dur,
- 18:35en fait,
- 18:36c'est la voile.
- 18:37C'est très météo dépendant.
- 18:39Ça aurait pu très bien se passer si on ne s'était pas pris 50 nœuds de vent dans la Manche et si on ne s'était pas pris 50 nœuds de vent trois jours après.
- 18:45Voilà,
- 18:45on a pris des tempêtes,
- 18:46donc ça a été très dur.
- 18:47Voilà,
- 18:48donc ça,
- 18:48je comprends que c'est dépendant de la météo et je pourrais très bien un jour refaire une expérience de ce type en ayant moins de problèmes.
- 18:55Donc voilà,
- 18:56ça reste un sport,
- 18:57c'est difficile et il ne faut pas l'oublier.
- 18:59Mathieu,
- 18:59si tu devais mettre une note sur 5,
- 19:01tu sais,
- 19:01comme sur Google ou sur TripAdvisor,
- 19:03à ta traversée de l'Atlantique avec Conrad,
- 19:05tu mettrais combien d'étoiles ?
- 19:07J'ai peur.
- 19:10J'y mettrais,
- 19:11je pense qu'on va mettre un 4 sur 5.
- 19:13Oh,
- 19:13ça va,
- 19:14le client n'est pas difficile.
- 19:15Non,
- 19:15parce qu'en fait...
- 19:16Le premier jour,
- 19:17il m'a dit qu'il était très fan de café.
- 19:19Il m'a servi un café et après,
- 19:20il ne m'a plus jamais servi de café de toute la traversée.
- 19:22C'est moi qui lui ai servi le café.
- 19:24Donc,
- 19:24le bar était très bien,
- 19:25mais le serveur,
- 19:26pas terrible.
- 19:28Conrad,
- 19:29une note sur cinq à ton apprenti marin.
- 19:32Il était solide quand il fallait,
- 19:38tout en restant humain.
- 19:40Donc,
- 19:40oui,
- 19:40quatre sur cinq,
- 19:42vu le potentiel.
- 19:43Et vous,
- 19:43surtout,
- 19:44notre...
- 19:46La profondeur de notre entraînement.
- 19:48Oui,
- 19:48parce que vous n'avez pas entraîné énormément.
- 19:50On n'avait pas beaucoup,
- 19:51beaucoup entraîné.
- 19:52Déjà,
- 19:52c'est dur.
- 19:54Je parlais souvent de le film Le Matrix,
- 19:58où je voulais plugger le câble derrière le nuque et du coup télécharger le module course au large.
- 20:05Malheureusement,
- 20:06ça a été difficile.
- 20:07Pourtant,
- 20:07je cherchais pour plugger,
- 20:08mais non.
- 20:10C'est pour ça qu'il avait mal aux côtes finalement.
- 20:13C'était juste que tu essayais de lui brancher un truc pendant que tu dormais.
- 20:18Bon,
- 20:19en tout cas,
- 20:19il y avait initialement cette aventure,
- 20:22cette traversée de l'Atlantique devait se prolonger en Martinique.
- 20:25C'était l'idée de votre projet à la base par un trail,
- 20:28la Transmartinique,
- 20:29c'est ça Mathieu ?
- 20:30Donc toi Mathieu,
- 20:31tu devais faire la traversée de l'Atlantique en tant que novice et toi Conrad,
- 20:34tu devais faire ensuite le trail en Martinique.
- 20:36Ça n'a pas pu se faire finalement la partie trail.
- 20:39Parce que vous étiez trop abîmé,
- 20:41en gros ?
- 20:42Oui,
- 20:42c'est vrai qu'on parle beaucoup de voile,
- 20:43mais c'était avant tout un projet de partage aussi,
- 20:45parce que je pense qu'on est raccord là-dessus avec Conrad,
- 20:49d'aller rencontrer d'autres athlètes,
- 20:50d'autres univers.
- 20:51C'est aussi une manière de partager ce qu'on peut vivre dans nos sports,
- 20:54d'un point de vue mental,
- 20:55physique.
- 20:55Donc,
- 20:56la suite du projet,
- 20:57c'était de l'amener moi aussi dans mon univers.
- 21:00Malheureusement,
- 21:01il s'est passé plein de choses qui ont fait que ni lui,
- 21:04ni moi n'avons pu prendre le départ.
- 21:05Voilà,
- 21:05Conrad,
- 21:05il l'a dit.
- 21:07Il a eu une problématique au genou sur son dernier Vendée Globe qui a fait que ça a été compliqué pour faire des volumes conséquents pour le trail.
- 21:13Et puis moi,
- 21:14j'ai dit bon,
- 21:15je vais quand même faire la course malgré le fait que tu ne peux pas.
- 21:17Et je suis tombé malade à quelques jours de la course.
- 21:20Peut-être aussi un reflet de la fatigue que j'ai accumulée durant cette traversée.
- 21:25Mon système immunitaire était à plat complet et le projet a fini comme ça.
- 21:30Mais voilà,
- 21:30on a quand même passé beaucoup de temps ensemble en courant.
- 21:35Bon,
- 21:35on n'a pas passé trois semaines non plus,
- 21:36mais assez pour lui montrer un petit peu mon univers,
- 21:38lui parler un petit peu aussi de ma philosophie d'entraînement,
- 21:41de ce qu'est le trail.
- 21:42Et c'était avant tout ce partage qu'on voulait faire,
- 21:46plus que faire des courses.
- 21:47C'était quand même une course,
- 21:48juste pour que nos éditeurs comprennent,
- 21:49de 134 kilomètres et 5000 de dénivelé positif.
- 21:52Donc évidemment...
- 21:54Prendre le départ d'une course comme ça en étant vraiment très faible,
- 21:57malade et avec une côte pétée,
- 21:58c'est quand même pas...
- 21:59Et qui le mette contre le double là-bas,
- 22:00avec la quantité de boue et la chaleur.
- 22:02Bon,
- 22:02c'est partie remise.
- 22:04J'aurais une question,
- 22:05moi,
- 22:05c'est par rapport à ça.
- 22:06Parce que dans tant de jours en mer,
- 22:07ne pas pouvoir déplacer parce que c'est un tout petit espace,
- 22:10est-ce que musculairement,
- 22:11tu ne fonds pas trop ?
- 22:13Et est-ce que tu es capable de le faire à l'arrivée ?
- 22:14Malheureusement,
- 22:15on n'a pas...
- 22:15pas la réponse aujourd'hui,
- 22:16mais est-ce que tu estimes que tu aurais été capable de faire cette piste ?
- 22:19C'est vrai que c'est une très bonne question que tu poses là et merci de la poser parce qu'on avait appris dans le dernier Vendée Globe qu'il y avait quand même une dégradation physique assez importante pour les marais,
- 22:28ils avaient fait des tests et j'étais curieux de voir à quel point on se dégrade parce que je suis très connecté avec mon corps et je sais tout de suite les sensations,
- 22:36si elles sont bonnes ou pas quand je vais m'entraîner et j'étais curieux de voir à quel point on se dégrade sur un bateau quand on reprend.
- 22:42C'est vrai que au niveau des jambes,
- 22:44les deux
- 22:44Les deux premières sorties ont été assez difficiles,
- 22:47mais très vite,
- 22:48c'est revenu.
- 22:49Donc,
- 22:50ça m'ouvre aussi à ce projet qui est potentiellement un jour,
- 22:53une saison,
- 22:54d'éventuellement aller faire des courses en bateau.
- 22:56Alors,
- 22:57pas forcément une trace atlantique,
- 22:58mais aller sur des îles plus proches,
- 23:00comme les Canaries,
- 23:01le Cap Vert,
- 23:02Madère.
- 23:03Pourquoi pas,
- 23:04c'est deux,
- 23:04trois jours de traversée.
- 23:05Et ça peut être aussi une éventualité pour prendre un peu moins l'avion et avoir un contexte d'aventure un peu plus global que pas juste le dossard de course de trail.
- 23:15Mais pour mettre ça en contexte par rapport à mon expérience avec le Vendée Globe,
- 23:18ma dernière Vendée Globe,
- 23:20j'ai perdu 10 centimètres autour de cuisse.
- 23:23J'ai perdu
- 23:232 kilos avec un grand changement de masse musculaire,
- 23:29évidemment avec le transfert de bas vers le haut.
- 23:33Dans ma première Vendée Globe,
- 23:34j'ai raté mon plan nutrition et du coup,
- 23:37j'étais vraiment littéralement affamé à l'arrivée et j'avais perdu 10 kilos pendant le Tour du Monde.
- 23:45Vous vous rétrécissez en taille aussi,
- 23:46non ?
- 23:46Oui,
- 23:46aussi.
- 23:47Ça a été mesuré pendant la dernière Vendée.
- 23:49Et du coup,
- 23:50j'ai perdu un centimètre en taille.
- 23:53C'est-à-dire ?
- 23:53Mais comment ça ?
- 23:54Parce que j'ai entassé les chocs en permanence.
- 23:58Avec les vagues,
- 23:58le bateau qui cache sur les vagues ?
- 24:00Et le fait de rester debout et quasiment de ne pas s'allonger correctement,
- 24:05en tout cas pas pour faire la nuit correcte.
- 24:07Et du coup,
- 24:08en dormant allongé,
- 24:09normalement,
- 24:10c'est notre...
- 24:11colonne vertébrale va s'allonger et du coup on va récupérer quelques millimètres qu'on perd courant de journée mais le fait de rester debout en permanence et sur la plateforme qui bouge tout le temps je perds un bon centimètre dans
- 24:26les deux mois et demi de course.
- 24:28Toi t'as mesuré Mathieu sur ta transatlantique ?
- 24:30Non j'ai pas mesuré ni avant ni après mais effectivement on le sent quand on...
- 24:34Je me suis un peu poussé dans les montées en Martinique,
- 24:37ça répondait pas aussi bien que quelques fois.
- 24:39En 20 jours,
- 24:40ça plonge.
- 24:40Depuis tout à l'heure,
- 24:41je regarde Fred et Charlotte qui vous écoutent comme ça,
- 24:43genre,
- 24:43mais mon Dieu,
- 24:44jamais je ne prends ça de ma vie.
- 24:46Ça vous tente ?
- 24:46On avait pas envie avant.
- 24:48On a envie d'être à la place en octobre prochain,
- 24:50sur la prochaine transat.
- 24:52Vous avez de la chance,
- 24:53la prochaine,
- 24:53la route du Rhum,
- 24:54c'est en solo.
- 24:54Vous pourrez après vous prendre sur son poteau.
- 24:56Non,
- 24:56ça vous tente pas ?
- 24:57Un matelas avec des billes de police tirées.
- 25:00Il a retenu ça.
- 25:01Vous avez vu ce qu'il a retenu ?
- 25:03Il a retenu le battle avec les billes de polystyrène.
- 25:05C'est
- 25:06Monsieur Confort.
- 25:07Tu fais un petit nid dedans,
- 25:08tu te mets comme un petit pouce.
- 25:10Moi je suis un aventurier mais 5 étoiles tout le reste,
- 25:12il me faut mon petit confort.
- 25:15Les besoins du balcon attaché entre deux fils,
- 25:18c'est pas mal non plus dans le genre.
- 25:20Il y a le bateau full confort aussi,
- 25:22on n'a pas le choix d'être bon,
- 25:22c'est tout.
- 25:24Le catamaran à plat avec des canapés,
- 25:26des lignes,
- 25:26une douche,
- 25:27dans l'île d'Arlizé vous allez être bien.
- 25:30On va élargir un peu le sujet au-delà de cette traversée-là,
- 25:33parce que c'est l'angle du jour.
- 25:35Est-ce que l'aventure extrême n'est pas devenue l'objectif ?
- 25:39ultime des sportifs d'endurance qui cherchent à se dépasser,
- 25:43à aller toujours plus loin.
- 25:44C'est vrai que quand on écoute le récit de la Transatlantique,
- 25:48à côté,
- 25:48un Ironman ou un Ultra Trail classique,
- 25:53ça fait tout de suite un peu moins rêver.
- 25:55Est-ce que d'avoir vécu ce type d'expérience,
- 25:57ça te donne quand même envie de continuer l'Ultra ou tu te dis finalement à quoi bon ?
- 26:03Il n'y a plus assez d'adrénaline ?
- 26:05Non,
- 26:05c'est vrai,
- 26:05c'est une très bonne question parce que c'est un phénomène de société,
- 26:08le toujours plus.
- 26:09Aujourd'hui,
- 26:10quand on voit des personnes qui font un 40 km de trail,
- 26:14limite,
- 26:15ils le disent un petit peu doucement,
- 26:16de peur qu'on les juge.
- 26:17Mais quoi,
- 26:17t'as pas fait un 100 miles,
- 26:19160 km ?
- 26:20Quoi,
- 26:20tu cours un 10 km route ?
- 26:22Mais quoi,
- 26:23c'est pas des marathons qu'il faut faire ?
- 26:24Donc c'est vrai que cette culture,
- 26:25elle est un peu particulière,
- 26:26mais il faut comprendre que quand on a...
- 26:28Un peu de recul et compris cet univers,
- 26:31on va pas forcément chercher le toujours plus en tout cas,
- 26:35c'est pas mon cas.
- 26:35Tu vas plutôt chercher de l'expérience et quand tu te confrontes à des univers dont tu ne connais rien,
- 26:41t'as pas besoin de t'envoyer sur des trop grosses distances ou des trop grosses durées pour vraiment vivre des choses très fortes.
- 26:48Donc moi c'est vraiment ça que je vais chercher,
- 26:50c'est des expériences et de l'intensité,
- 26:51c'est pas forcément du toujours plus long en termes de distance et de durée sur le terrain.
- 26:56C'est vrai,
- 26:56t'as pris juste la transat.
- 26:57prendre le Vendée Globe quand même quand tu mets un perspective oui c'est ça,
- 27:03juste la Transat et pas le Vendée Globe,
- 27:04non mais c'est vrai que tu peux aussi faire une traversée comme je t'ai dit de Transat sans tempête ça peut très bien se passer donc c'est vraiment sacré la notion d'incertitude aussi un trail,
- 27:16même à 170 km bon soit il va bien se passer,
- 27:19soit il va pas bien se passer mais t'en as déjà fait tellement il va...
- 27:24celui que tu vas faire il va ressembler d'une manière ou d'une autre à un que t'as déjà fait
- 27:27Tu vas peut-être chercher juste de la nouveauté en fait.
- 27:29En fait,
- 27:29tu as tout à fait raison.
- 27:30Ça peut paraître fou ce que je vais dire et je vais dire ça en toute humilité.
- 27:34Je finis par trouver un certain confort dans l'ultra-trail parce que c'est ce que je fais tous les jours à l'entraînement.
- 27:40Des courses de plus de 100 km,
- 27:41j'en ai fait énormément.
- 27:42Et aujourd'hui,
- 27:43quand je suis sur une ligne de départ d'un ultra-trail,
- 27:45je n'ai plus peur de la distance,
- 27:47je n'ai plus peur du temps que je vais passer dehors dans la nature.
- 27:50J'ai surtout peur de la vitesse à laquelle je vais faire et de l'intensité de ce que je vais ressentir.
- 27:55Mais d'un point de vue aventure,
- 27:56c'est un petit peu moins puissant quand je retourne sur une même course.
- 27:58Donc c'est pour ça aussi que de volontairement aller dans d'autres univers,
- 28:02tu retrouves un petit peu ton âme d'enfant,
- 28:04comme ta toute première course que tu fais au début.
- 28:06Et ça,
- 28:06ça te re-challenge mentalement.
- 28:07Et moi,
- 28:08je suis sûr que toutes les difficultés que j'ai vécues dans la course de voile,
- 28:12quand je reviens et que je fais mon trade,
- 28:14je suis plus fort mentalement et c'est sûr que ça va me servir pour performer dans mon sport.
- 28:17C'est super intéressant ce que tu dis parce que j'allais justement te demander,
- 28:21d'un point de vue d'un athlète professionnel,
- 28:23comme c'est ton cas,
- 28:24avec une saison,
- 28:25avec des objectifs,
- 28:27des contrats à honorer,
- 28:28etc.
- 28:29Est-ce que c'est compatible,
- 28:30ces aventures extrêmes,
- 28:31où tu laisses des plumes,
- 28:32là tu l'as dit,
- 28:33tu as laissé des côtes,
- 28:34tu as laissé énormément d'énergie,
- 28:36est-ce que c'est compatible avec la performance à plus haut niveau dans une discipline ?
- 28:40Tu viens d'expliquer un peu que oui,
- 28:41selon toi,
- 28:42mais musculairement,
- 28:44est-ce que tu ne serais pas meilleur en ultra-trail si tu ne faisais pas tous ces trucs ?
- 28:48C'est des questions qu'on me pose souvent,
- 28:49c'est des questions que me posent mes partenaires,
- 28:50c'est des questions que me posent d'autres ultra-trailers,
- 28:53c'est vrai.
- 28:53Écoute,
- 28:54je n'ai pas la réponse parce que tout ça,
- 28:55c'est expérimental.
- 28:56En tout cas,
- 28:56je sais que j'ai fait des erreurs en mettant,
- 28:58par exemple,
- 28:58des aventures trop proches d'une course de trail.
- 29:02Et donc aujourd'hui,
- 29:03j'apprends petit à petit et j'apprends à distancer les aventures et aussi bien les choisir pour que la préparation qui va m'amener à cette aventure me permette de continuer à progresser physiquement ou du moins me maintenir pour ma course d'ultra-trail.
- 29:18Et moi,
- 29:18vraiment,
- 29:19ce que je recherche,
- 29:20c'est un objectif qui est vraiment...
- 29:21Le point principal dans ma carrière,
- 29:23c'est la longévité.
- 29:24C'est la longévité sportive.
- 29:25Parce que moi,
- 29:27j'ai commencé le sport...
- 29:28très tardivement le sport d'endurance et j'ai commencé le trail à 30 ans,
- 29:32à un âge où beaucoup de sportifs d'endurance prennent leur retraite.
- 29:36Et je me suis dit mais waouh,
- 29:37je performe déjà et puis je vais devoir arrêter tout de suite parce que je suis trop vieux.
- 29:42Et en fait quand j'analyse un petit peu ce qui se passe,
- 29:44je me rends compte que dans d'autres sports,
- 29:45notamment le cyclisme,
- 29:47peut-être le triathlon,
- 29:47je connais un petit peu moins,
- 29:49mais les athlètes ils sont pressés comme des citrons physiquement et mentalement aussi.
- 29:52Ils enchaînent les stages les uns vers les autres,
- 29:54ils n'ont pas le droit d'aller...
- 29:55forcément faire des grandes aventures par rapport à leur contrat.
- 29:58Nous,
- 29:58dans le trail,
- 29:59on reste encore assez ouvert.
- 30:01C'est une chance.
- 30:01Alors,
- 30:01ça ne veut pas dire qu'on fait n'importe quoi,
- 30:02mais on peut être un peu plus flexible sur notre manière de voir l'entraînement.
- 30:05Et moi,
- 30:05en tout cas,
- 30:06je profite de cette opportunité-là pour voir autre chose,
- 30:10pour mettre le focus ailleurs,
- 30:11pour ne pas me dégoûter de mon sport,
- 30:12pour garder une motivation et pour avoir la longévité.
- 30:15Aujourd'hui,
- 30:16je pense que la longévité n'est pas due qu'à l'âge,
- 30:19mais aussi à l'usure mentale que tu peux avoir dans ton sport.
- 30:22Fred,
- 30:23toi tu as été à plus haut niveau en triathlon qui est quand même réputé pour être le sport d'endurance où les athlètes sont les plus pressés comme des citrons avec des volumes horaires d'entraînement complètement délirants,
- 30:33des structures très rigides tu partages ce que dit Mathieu ?
- 30:36Je suis d'accord,
- 30:37je partage plusieurs points de vue déjà le fait que les athlètes actuellement ils ont des courses tous les week-ends ils ont des challenges tous les week-ends il faut être performant du
- 30:451er janvier au 31 décembre il faut être présent sur les réseaux donc il faut aussi avoir de l'actualité Et...
- 30:51et ça met une pression,
- 30:52ça veut dire qu'il faut être en forme et à mon époque par exemple la saison elle durait
- 30:586-7 mois et pendant l'hiver c'était un petit peu moins stressant t'étais pas obligé d'être au top de ta forme mais ça m'a permis de faire une longue carrière quand même parce que même si j'ai arrêté comme tu le dis à 35 ans j'avais commencé à fond ça remonte hein Récemment.
- 31:18J'ai commencé à 15 ans,
- 31:19vraiment,
- 31:19donc ça fait quand même 20 ans à très haut niveau.
- 31:23Et quand je les vois là tout le temps maintenant,
- 31:26tout le temps en forme,
- 31:27toute l'année,
- 31:27je me dis mais j'étais là à la bonne époque,
- 31:31j'aurais du mal à être constant comme ça toute l'année sans pouvoir décompresser un moment.
- 31:36Je pense que c'est aussi s'absenter de la toile,
- 31:40des réseaux,
- 31:41pour revenir encore plus fort à un moment donné,
- 31:43accepter cette variation,
- 31:44c'est ça.
- 31:45Et si tu avais dit à ton coach à l'époque,
- 31:47je m'absente 20 jours,
- 31:48je vais faire la traversée de l'Atlantique,
- 31:50il t'aurait dit quoi ?
- 31:50Je ne sais pas,
- 31:53honnêtement,
- 31:55en tout cas aujourd'hui dans certains sports,
- 31:56c'est sûr que ça ne passerait pas.
- 31:57Là actuellement,
- 31:58c'est plus entre les ateliers clairement à haut niveau.
- 32:01Il y a des charges aussi,
- 32:02non juste dans les rangs professionnels,
- 32:04mais aussi les amateurs qui sont au top.
- 32:0910 mois dans l'année.
- 32:11J'en connais même,
- 32:11tu leur donnes une semaine de repos,
- 32:13c'est compliqué.
- 32:14Alors ça,
- 32:14franchement,
- 32:15c'est clair.
- 32:15Je sais que tu découvert plus tôt que l'année dernière.
- 32:17Tu vois,
- 32:17peut-être que tu parles.
- 32:18Ils sont insupportables.
- 32:19Ce que tu viens de dire,
- 32:20c'est super intéressant,
- 32:21parce que j'ai découvert que j'aime me retrouver vraiment à la ramasse dans ma saison.
- 32:26Parce qu'être au top toute l'année,
- 32:27en fait,
- 32:28quand tu régresses un petit peu,
- 32:29t'es vraiment pas bien,
- 32:31mentalement,
- 32:31psychologiquement,
- 32:32c'est dur.
- 32:32Et en fait,
- 32:33aujourd'hui,
- 32:33j'ai compris que quand je pars faire des aventures,
- 32:35je reviens,
- 32:35je suis beaucoup moins en forme.
- 32:37Et je reprends ce genre de processus où je me sens progresser de jour en jour.
- 32:40Et c'est vraiment flagrant de semaine en semaine.
- 32:43Quand je vais faire des séances,
- 32:44je sens vraiment mon corps progresser.
- 32:45Et je trouve que c'est hyper enivrant,
- 32:47cette sensation de progresser,
- 32:49plutôt que d'être toujours au top.
- 32:51Au lieu d'être à ce plateau,
- 32:53tu as descendu et du coup tu remontes la pente.
- 32:56Est-ce que tu crois que tu arrives à être au-dessus du plateau dans lequel tu étais précédemment ?
- 33:02Je sens que je progresse parce que mes temps s'améliorent sur mes segments que je connais en montagne et mes temps s'améliorent sur des courses sur lesquelles je retourne.
- 33:08Donc oui,
- 33:09je progresse malgré le fait que je fais des traversées de l'Atlantica en voilier.
- 33:13Tu peux me remercier plus tard.
- 33:16Alors,
- 33:17il y a une autre aventure extrême dans laquelle tu t'es lancé il y a quelques mois,
- 33:20Mathieu.
- 33:21C'est la Yukon Arctic Ultra,
- 33:23qui est une course d'ultra-endurance dans le froid polaire.
- 33:27Est-ce que tu peux nous rappeler en quelques mots ce que c'est ?
- 33:29Yukon Arctic Ultra,
- 33:30une course d'ultra-endurance qui peut se faire à pied,
- 33:33en vélo ou en ski,
- 33:34qui se situe dans le Yukon,
- 33:36une région du Canada nord-ouest frontalière avec l'Alaska,
- 33:39en plein mois de février,
- 33:40le mois le plus froid de l'année.
- 33:42Voilà des températures qui peuvent aller entre moins 10 et moins 50.
- 33:47Ça se fait en quasi full autonomie,
- 33:49ça veut dire qu'il faut être autonome pour faire la distance qui est entre 600 et 650 kilomètres.
- 33:55Voilà,
- 33:55donc voilà.
- 33:57Comme ça,
- 33:57une petite course qu'on fait comme ça.
- 33:59Là,
- 33:59pour le coup,
- 34:00c'était peut-être le challenge à pied le plus difficile que j'ai fait de ma vie,
- 34:03qui m'a demandé le plus gros entraînement physique,
- 34:05le plus gros entraînement matériel et le plus gros dévouement mental aussi pour aller au bout pendant l'événement.
- 34:12Que tu as gagné cette course.
- 34:14Oui,
- 34:14alors on peut parler de victoire,
- 34:15mais en vrai,
- 34:15on nous met un dossard.
- 34:16Mais avant tout,
- 34:18être finisheur d'un truc comme ça,
- 34:20c'est le seul objectif de la course.
- 34:22Mais tu étais le premier finisheur à pied dans l'histoire de l'événement.
- 34:25Alors l'événement en fait c'était sur un autre parcours avant...
- 34:28C'était beaucoup plus plat,
- 34:30on va dire,
- 34:30puisque ça suivait la rivière Yukon,
- 34:32qui était gelée l'hiver entre Whitehorse,
- 34:34la capitale du Yukon,
- 34:35et Dawson City,
- 34:36une ville minière à l'époque pour les chercheurs d'or.
- 34:39Malheureusement,
- 34:40à cause du réchauffement climatique,
- 34:42la rivière ne gèle plus totalement l'hiver.
- 34:44Donc,
- 34:44ils ont dû déplacer le parcours en montagne.
- 34:47Donc,
- 34:48ce coup-ci,
- 34:48du gros dénivelé,
- 34:50beaucoup de neige où on s'enfonce.
- 34:52Et donc,
- 34:52effectivement,
- 34:53j'étais le premier à finir ce nouveau parcours extrêmement difficile.
- 34:56Mais d'ailleurs,
- 34:56je crois que...
- 34:57pour les plus curieux,
- 34:58le départ vient tout juste des données ?
- 35:00Le départ a été donné avant-hier et puis là j'ai hâte qu'on finisse cet enregistrement pour ouvrir le tracking pour voir où sont les athlètes Fred est dégoûté,
- 35:09il n'a pas pu s'inscrire à temps C'était cette année en plus
- 35:13T'inquiète pas,
- 35:14j'oublierai pas l'année prochaine Fred
- 35:18Qu'est-ce que tu vas chercher Mathieu dans ces aventures-là ?
- 35:20C'est quoi ?
- 35:21C'est l'inconnu ?
- 35:23C'est la souffrance ?
- 35:25c'est le dépassement de tes limites,
- 35:28c'est quoi qui est au-dessus du reste ?
- 35:30Tout ce que tu viens de dire déjà c'est inclus dans le package.
- 35:32La souffrance ça fait partie du package ?
- 35:34Oui la souffrance ça fait partie du package parce que la souffrance c'est une émotion et l'émotion moi c'est ce qui me fait vivre aujourd'hui.
- 35:41Conrad,
- 35:42il y a une citation qui est très forte dans ce documentaire Convergence,
- 35:44il dit j'ai horreur du confort ou de l'ultra confort.
- 35:48C'est vrai que moi je suis comme tout le monde,
- 35:50encore hier j'étais sous mon plaid devant la cheminée,
- 35:52devant une petite série,
- 35:53il ne faut pas que ça dure trop longtemps.
- 35:55Parce qu'il n'y a pas d'émotions qui sont sur une courbe pas très élevée en termes de sinusoïdes.
- 36:01Et là,
- 36:02vraiment,
- 36:03quand tu souffres,
- 36:03ça imprime des souvenirs forts en toi.
- 36:06Et puis,
- 36:06quand tu arrives au bout,
- 36:07tu es encore plus fier,
- 36:09tu as encore plus de reconnaissance pour tout le travail que tu fais.
- 36:11Et ça,
- 36:12c'est super puissant.
- 36:12Est-ce que ce n'est pas un peu maso de dire que c'est quand on souffre qu'on trouve ce plaisir-là ?
- 36:19Être maso,
- 36:19je pense que c'est une question de référentiel.
- 36:21En fait,
- 36:21on est tous le maso de quelqu'un.
- 36:23Et finalement,
- 36:24on est le maso pour le sédentaire,
- 36:25c'est sûr.
- 36:26Mais on n'est pas le maso pour celui qui rejoint le pôle Nord à pied ou qui fait un Vendée Globe.
- 36:31Il y a une citation dans le film Convergence que je trouve vachement forte aussi.
- 36:36C'est là,
- 36:36dans le doute,
- 36:37dans le chaos,
- 36:37que l'on grandit vraiment,
- 36:38que l'on vit plus fort.
- 36:40Tu partages ça,
- 36:41Conrad ?
- 36:41Oui,
- 36:42tout à fait.
- 36:42Ça veut dire que tu te fais chier quand tu es à terre ?
- 36:44Euh...
- 36:47Chérie ?
- 36:51Si elle nous écoute,
- 36:52on l'embrasse.
- 36:55Comment s'appelle-t-elle ?
- 36:57Clara.
- 36:57Clara.
- 36:57Et du coup,
- 36:58Clara,
- 36:58en étant quelqu'un de normal,
- 37:01elle me trouve des fois bizarre.
- 37:03Parce que j'y vais pour chercher,
- 37:06oui,
- 37:06clairement,
- 37:07la souffrance.
- 37:07Parce que je cherche à grandir.
- 37:10Ce n'est pas par accident que j'avais choisi un sport qui est donc le plus long sur la planète.
- 37:18Sur lequel,
- 37:20en fait,
- 37:20j'étais impressionné par...
- 37:22Pas la similitude dans nos sports,
- 37:24parce qu'on est deux personnes extrêmement différentes,
- 37:28avec des sports qui ne sont pas très complémentaires,
- 37:31qui se pratiquent un dans la montagne et l'autre sur la montagne aquatique.
- 37:37Mais ça partage beaucoup,
- 37:38ça partage ses valeurs,
- 37:40ça partage les valeurs de l'autonomie,
- 37:42de l'autosuffisance,
- 37:45surtout de l'automotivation.
- 37:47Parce qu'on se retrouve à 3h du matin avec le faisceau de lumière projeté par notre frontal.
- 37:55Il n'y a personne derrière,
- 37:56en disant,
- 37:57qui fait hop
- 37:59Pour lui,
- 38:00ça dure 24h,
- 38:01mais pour moi,
- 38:01ça dure 3 mois.
- 38:03Il faut se nourrir.
- 38:03C'est l'absence de cadre aussi qui fait peut-être le charme,
- 38:08si on peut dire ça,
- 38:08pour vous,
- 38:09de ces aventures.
- 38:10Parce que même si la Yukon est une course avec une organisation,
- 38:13Bon ben t'es tout seul 99%
- 38:15du temps,
- 38:15il n'y a pas une assistance qui est là,
- 38:17il n'y a pas de stand de ravitaillement,
- 38:19c'est la disparition de ce cadre aussi qui fait l'aventure.
- 38:22Ouais exactement,
- 38:23on le voit quand on est à l'école plus jeune,
- 38:25il y a des personnes qui apprennent très bien par la théorie,
- 38:27donc le prof qui écrit avec sa crée au tableau et d'autres qui apprennent beaucoup mieux par la pratique et puis c'est ça aussi l'aventure,
- 38:32c'est vraiment la pratique,
- 38:33c'est une notion d'incertitude,
- 38:35tu dois mettre les mains dans le cambouis et t'apprends par ce qui arrive,
- 38:39donc cette incertitude est super intéressante parce que ça challenge.
- 38:42ta capacité d'adaptation.
- 38:43Et ce qui est super intéressant,
- 38:44c'est que malgré le fait que tu n'aies pas encore toutes les compétences ou tous les outils pour pouvoir réussir,
- 38:49on trouve en nous,
- 38:50il y a quelque chose,
- 38:51un code génétique,
- 38:52un code qui a été plugué par je ne sais pas qui finalement.
- 38:56Il y a des milliers d'années en arrière qui est là,
- 38:57qui est présent et qui nous permet de survivre en fait.
- 38:59Et ça,
- 38:59c'est vraiment fascinant.
- 39:01Quand tu es confronté au monde naturel,
- 39:02quand tu es confronté à l'extrême,
- 39:04quand tu es confronté à l'ultra-endurance,
- 39:05tu te découvres un instinct au fond de toi qui te permet de trouver la solution au problème.
- 39:09Et ça,
- 39:10c'est passionnant.
- 39:11Et surtout quand tu confrontes ça en solitaire.
- 39:14Parce que moi,
- 39:15j'aime bien le sport co,
- 39:17malgré le sport que j'avais choisi.
- 39:19Oui,
- 39:19mais quand tu es tout seul,
- 39:20tu n'as pas le choix.
- 39:21Mais quand tu es tout seul,
- 39:22tu n'as pas le choix.
- 39:23Et surtout quand tu es présenté par tout type de difficultés.
- 39:27C'est non juste la gestion.
- 39:28Tu peux être seul,
- 39:29mais il y a beaucoup plus que juste toi à gérer.
- 39:33Il faut gérer ton environnement avec mon sport.
- 39:36C'est la pièce mécanique.
- 39:38Et du coup,
- 39:38il faut gérer la stratégie et tout ce qui va avec ça.
- 39:41Donc c'est cette notion de multidimensionnel qui est très,
- 39:45très enrichissant en fait.
- 39:46Hugo Tormento,
- 39:47on sait que cet épisode résonne pour toi,
- 39:49puisque tu es aussi dans ce délire d'aventure extrême.
- 39:54Tu as participé à l'une des courses les plus extrêmes du monde l'été dernier,
- 39:58qui s'appelle la One Water Race.
- 40:00Je ne sais pas si ça te parle,
- 40:01Mathieu.
- 40:02Ça se passe en Suède,
- 40:03c'est un swimrun,
- 40:04donc une alternance de nage et de course à pied,
- 40:07mais un swimrun vraiment hardcore,
- 40:09250 km au total,
- 40:11dont environ 50 km de nage dans une Ausha 15 degrés.
- 40:16en autonomie,
- 40:17sans balisage.
- 40:18Il faut finir en moins de 60 heures.
- 40:21250 km,
- 40:22dont 50 km de nage,
- 40:23en moins de 60 heures.
- 40:24Sinon,
- 40:24c'est élimination.
- 40:26Donc,
- 40:2660 heures sans dormir,
- 40:27à enchaîner,
- 40:28nage et course à pied,
- 40:29le tout en équipe de trois.
- 40:31La seule question,
- 40:31c'est pourquoi ?
- 40:35Un peu pour tout ce qui a été dit.
- 40:37Je précise que si tu gagnes,
- 40:40c'est 150 000 euros quand même.
- 40:41Ah,
- 40:41il y a un deuxième pourquoi.
- 40:45On n'a pas les mêmes primes dans le triangle On a pas les mêmes contrats et la même similitude sur la journée
- 40:54Vous avez dû abandonner cette course
- 40:55Oui malheureusement
- 40:58C'est un des équipiers qui a eu un souci digestif Il a été dans l'incapacité de se nourrir Il n'y a pas de comparaison à avoir ou de guéguerre de niveau Mais comme tu le disais dans l'eau elle n'est pas à 15°C pour le coup plutôt à 13°C Merci.
- 41:13et ça fait toute la différence à ce niveau là ça fait énormément de différence et donc du coup il s'est mis en hypothermie pendant un bon moment et là en fait réussir à remonter cette dette énergétique alors que ça fait déjà une dizaine d'heures que tu ne manges pas parce
- 41:29qu'il faisait que vomir impossible d'aller plus loin et puis après il y a tout un tas de critères qui fait que on sortait des barrières horaires si on attendait plus longtemps Combien de kilomètres de course vous avez abandonné ?
- 41:41Au final
- 41:41relativement tôt on a abandonné au bout de cent et quelques relativement tôt ouais c'est quand tu pars pour 250 100 ça te paraît pas grand chose tu vas retenter un de ces 4 ouais ouais ouais j'ai un petit collègue à droite que je suis en train de chauffer de plus en plus t'appelles pour ceux qui nous écoutent qui n'ont pas la version vidéo je
- 42:03suis à deux doigts de le faire ça te sent Mathieu ?
- 42:06C'est vrai que quand il me présente son projet,
- 42:07je me souviens la première fois qu'il m'en a parlé,
- 42:09il y avait du monde autour,
- 42:10tout le monde le regardait en mode « Mais c'est quoi ce fou ?
- 42:12C'est quoi cette débilité absolue ?
- 42:14Jamais de ma vie je ferais ça ! »
- 42:15Et moi je le regardais en mode
- 42:16« Waouh ! »
- 42:20« C'est cool ! »
- 42:20Oui,
- 42:21carrément !
- 42:23Je lui ai déjà dit un jour je ferais ça.
- 42:25Le seul problème,
- 42:26c'est que je reste quand même athlète pro,
- 42:27c'est mon métier,
- 42:28on l'a dit tout à l'heure.
- 42:29Aujourd'hui,
- 42:30j'ai pris l'expérience qu'il faut quand même placer Merci.
- 42:33les aventures assez loin pour ne pas influencer de manière délétère mes courses principales.
- 42:37Donc ça se fera un jour lorsque les étoiles s'aligneront.
- 42:40Mais là,
- 42:41en général,
- 42:41ces courses-là tombent à une période qui n'est pas idéale.
- 42:44Où est la limite,
- 42:45Mathieu ?
- 42:46C'est une très bonne question.
- 42:47Où est la limite ?
- 42:48C'est ce qu'on recherche aussi.
- 42:49Alors forcément,
- 42:50il y en a une de limite,
- 42:51parce que sinon,
- 42:52on courrait tous à 30 km heure des marathons,
- 42:54ce qui n'est pas possible.
- 42:55Donc il y a quand même une limite physiologique qu'on est capable de visualiser.
- 43:00C'est très intéressant la notion de limite,
- 43:01parce que...
- 43:02Justement,
- 43:03quand je me lance sur une grosse aventure,
- 43:05je sais que c'est au-delà de ma limite,
- 43:07parce que c'est une zone dans laquelle je ne suis jamais allé,
- 43:09mais qui n'est pas impossible non plus.
- 43:11Tu vois,
- 43:13l'aventure que tu viens de présenter,
- 43:16la One Water Race,
- 43:17je suis vraiment très mauvais nageur et je pense que je ne serais pas capable de finir cette course-là dans les barrières horaires.
- 43:23Donc c'est peut-être ça aussi qui fait que je ne veux pas tout de suite m'inscrire dessus,
- 43:27il va falloir que je fasse quand même quelques gammes.
- 43:30apprendre à nager un petit peu plus pour pouvoir espérer le faire parce qu'y aller et savoir d'avance que je ne peux pas le faire,
- 43:35ça ne m'intéresse pas.
- 43:36J'aime dépasser les limites,
- 43:38mais me dire que c'est quand même possible.
- 43:39Et c'est pour ça aussi que j'ai voulu expérimenter d'abord une telle aventure avec Conrad avant de penser de passer plus de temps en mer.
- 43:47Comment réagissent les proches quand on se lance dans ce type de projet ?
- 43:51Parce que c'est vrai que ce n'est pas un choix finalement qui m'implique.
- 43:54Tout le monde regarde son micro et ses pieds.
- 43:57Non,
- 43:57mais parce que ce n'est pas un choix qui implique seulement la personne qui se lance dans le projet.
- 44:01Évidemment,
- 44:02c'est des aventures qui sont tellement chronophages,
- 44:03tellement extrêmes,
- 44:04tellement risquées que tout l'entourage en subit les conséquences.
- 44:08Ta chérie,
- 44:09Alix Noblat,
- 44:09qu'on embrasse.
- 44:10Comment elle réagit quand tu te lances dans ce genre de trucs comme la Yukon ?
- 44:15Oui,
- 44:15c'est vrai,
- 44:16c'est quelque chose auquel il faut penser.
- 44:17On parle de nos compagnes,
- 44:19nos compagnons,
- 44:19mais nos parents aussi.
- 44:21Bien sûr.
- 44:22Moi,
- 44:22je vais le dire,
- 44:23c'est hyper égoïste.
- 44:24Parce que si on crève sur le terrain,
- 44:27nous,
- 44:27en fait,
- 44:28on va s'éteindre et puis on va laisser dans le dur,
- 44:30on va détruire la vie de nombreuses personnes autour de nous.
- 44:33Et c'est quelque chose qui est hyper égoïste.
- 44:35Donc voilà,
- 44:36c'est comme ça.
- 44:37Moi,
- 44:37j'essaye de ne pas trop y penser pendant mes aventures,
- 44:40parce que sinon,
- 44:41ça peut te bloquer et ce n'est pas la meilleure chose à faire.
- 44:43Donc en fait,
- 44:44ce que je fais aujourd'hui,
- 44:44c'est que je filtre un petit peu.
- 44:48Je leur dis pas tout sur le détail de l'aventure,
- 44:50sur les températures,
- 44:53sur ce qui peut arriver,
- 44:54sur ce qu'il y a une tempête pour les protéger aussi un petit peu et puis quand j'envoie des nouvelles à terre je filtre aussi un petit peu en général voilà donc c'est une manière de les protéger mais après on est fait comme ça on peut pas nous changer.
- 45:06Oui c'est égoïste mais c'est avant tout ce qui nous fait vivre et si on fait pas ça on meurt donc ça revient au même au final.
- 45:11Conrad tu as des enfants ?
- 45:13Oui j'ai deux.
- 45:14ça,
- 45:15ça rajoute encore
- 45:16Autre chose dans l'équation,
- 45:17quand tu as des enfants,
- 45:18j'imagine,
- 45:18pour partir sur ce genre de défi,
- 45:22quand ils te voient embarquer pour le Vendée Globe,
- 45:24ils ne te disent pas « Papa,
- 45:25franchement,
- 45:26tu ne pourrais pas rester avec nous » .
- 45:29Un peu,
- 45:29oui.
- 45:31En fait,
- 45:31je voyage non juste en mer,
- 45:34mais beaucoup avec mes partenaires.
- 45:35Et du coup,
- 45:36je suis souvent absent de la maison.
- 45:38Et du coup,
- 45:39ma fille vient de planquer ma pochette de toilette dans l'espoir que ça va m'empêcher de partir.
- 45:47C'est trop mignon.
- 45:49C'est mignon,
- 45:50mais c'est très,
- 45:51très double tranchant.
- 45:52Quel âge elle a ?
- 45:53Elle a huit ans.
- 45:55Oui.
- 45:56Et du coup,
- 45:56je suis ravi parce que la prochaine aventure dans laquelle je vais partir,
- 46:00je le prends avec moi.
- 46:03C'est vrai ?
- 46:03Oui,
- 46:04c'est pas en mer,
- 46:05mais on part pour une aventure ensemble.
- 46:07Donc,
- 46:07je suis content avec ça.
- 46:07C'est quoi,
- 46:08en deux ou trois mots ?
- 46:10On part en Nouvelle-Zélande pour renouer mes origines,
- 46:17pour passer un peu de temps avec la famille là-bas.
- 46:19Et aussi pour encaisser quelques aventures aussi.
- 46:22Moi,
- 46:22j'ai une relation avec la sécurité qui...
- 46:24qui est,
- 46:25j'espère,
- 46:26très au point,
- 46:27parce que mon père a été mort à son accident sur un bateau.
- 46:33Et du coup,
- 46:34moi,
- 46:35je suis de l'autre côté de la faille dans laquelle Mathieu vient d'évoquer.
- 46:40Je grandis dans l'absence de quelqu'un qui ne se passe pas protégé,
- 46:44qui n'a pas fait les gestes nécessaires.
- 46:47Et du coup,
- 46:47c'est effectivement quelque chose qui est très lourd.
- 46:51que moi j'ai plus de 40 ans maintenant et du coup c'est une expérience qui me marque toujours et que je n'accepte pas clairement d'infliger à mes enfants parce que j'en avais déjà goûté à cette absence et du coup mes
- 47:07gestes à bord étaient déjà dans la mesure de sécurité mais maintenant on en entend plus mais pour moi il n'y a pas de conflit entre le fait de se protéger et le fait d'être performant
- 47:19Parce que tout simplement,
- 47:22on est enterré par la mer et du coup,
- 47:24on est enterré par la mort.
- 47:26Et sans être trop dramatique,
- 47:27c'est ma façon de le voir.
- 47:29Parce que je sais que si on passe à côté,
- 47:34le pilote va continuer à naviguer,
- 47:36le bateau va continuer à foncer.
- 47:37Et du coup,
- 47:39c'est un rêve éveillé de plonger dans l'eau et de voir le bateau qui continue sans moi.
- 47:44Tu vois,
- 47:45ça fait des frissons.
- 47:48Et du coup...
- 47:49La manière d'être efficace avec nos manœuvres,
- 47:51avec nos gestes à bord,
- 47:52c'est d'être attaché.
- 47:54Parce que si on n'est pas attaché,
- 47:57on a peur et du coup,
- 47:58on ne peut pas être concentré dans le geste sur lequel on est en train de le faire pour le bateau,
- 48:03pour faire avancer le bateau.
- 48:04Et du coup,
- 48:05pour moi,
- 48:05il n'y a pas de conflit.
- 48:06On s'attache,
- 48:07on est efficace,
- 48:08on attaque la mission dans laquelle on est chargé et ensuite,
- 48:11on revient en sécurité et on borde les voiles et on renforce le plus vite possible.
- 48:16En préparant cet épisode,
- 48:17on s'est rappelé d'un aventurier très connu qui s'appelle Mike Horn,
- 48:21évidemment que tout le monde connaît,
- 48:22qui a traversé le pôle Nord en binôme avec Borgé House Land en 2019.
- 48:27Ils ont traversé le pôle Nord à ski.
- 48:30Leur expédition a duré
- 48:3187 jours,
- 48:32dont 57 dans l'obscurité totale,
- 48:35la nuit polaire,
- 48:36pas une seconde de jour.
- 48:38Ils ont dû faire face à la fragilité de la banquise,
- 48:40au manque de nourriture.
- 48:41Ils sont vraiment passés tout près de la mort et je les avais suivis à l'époque pour mon émission sur le front,
- 48:45sur France 5.
- 48:47On avait suivi l'opération de secours qui était allée les chercher avec un brise-glace qui avait mobilisé des dizaines de personnes.
- 48:53Et voilà ce que Mike Horn disait juste après avoir été secouru,
- 48:57après avoir passé 87 jours sur la banquise.
- 48:59C'est cool parce que là-bas,
- 49:03tu vis,
- 49:05mais tu fais tout pour arriver ici.
- 49:09aux zones de confort où il n'y a pas de vie.
- 49:13Tu fais tout pour arriver ici,
- 49:16pour repartir.
- 49:23Non.
- 49:24C'est bizarre.
- 49:24Mathieu,
- 49:25est-ce que tu partages le constat de Mike ?
- 49:27Non,
- 49:27mais c'est très philosophique,
- 49:29c'est très fort ce qu'il dit.
- 49:31C'est vrai que quand on est là-bas,
- 49:32on est dans un inconfort extrême,
- 49:34on a envie que d'une chose,
- 49:35c'est de retrouver...
- 49:36Un peu de chaleur,
- 49:37une douche chaude,
- 49:38et puis quand on est sous la douche chaude,
- 49:39on est en train de fermer les yeux avec l'eau qui nous coule sur la tête en se disant « c'est quand que je retourne là-bas ? »
- 49:43C'est ce dilemme de la pirogue et de l'arbre,
- 49:47le désir de l'aventure qui est la pirogue,
- 49:49mais la pirogue qui est fabriquée dans le bois de l'arbre et qui est l'ancrage des origines.
- 49:53Je pense que c'est un dilemme éternel de l'être humain entre le voyage et l'ancrage.
- 49:57À l'époque,
- 49:58quand on avait sorti ce reportage,
- 50:00il y avait eu beaucoup de critiques à l'égard de Mike Horn et de son compagnon d'aventure.
- 50:05Un peu sur le thème,
- 50:07tout ça c'est des délires de riches occidentaux qui s'ennuient et qui font prendre des risques aux personnes qui doivent aller les secourir,
- 50:15aux gens qui vont potentiellement mettre leur vie en danger pour aller sauver la leur.
- 50:19Qu'est-ce que ça t'évoque Mathieu,
- 50:20ce genre de critique ?
- 50:21J'imagine que tu as dû en recevoir aussi sur tes aventures.
- 50:24Non,
- 50:24c'est vrai que,
- 50:24et surtout à cette période où on enregistre,
- 50:26on est en plein hiver et il y a...
- 50:28énormément d'avalanches en montagne en ce moment et puis pour aller secourir les personnes qui se sont fait prendre quand on déclenchait les avalanches,
- 50:34effectivement les secours prennent énormément de risques aussi donc c'est quelque chose qui revient souvent.
- 50:39Maintenant,
- 50:40moi je rejoins aussi ce qu'a dit
- 50:42Conrad tout à l'heure on peut s'aventurer dans des milieux extrêmes,
- 50:45en ultra-endurance en perdant un petit peu de contrôle mais en gardant,
- 50:49comment dire je vais dire un tout petit filet de sécurité,
- 50:53c'est-à-dire que on le sait,
- 50:55on a un instinct au fond de nous que quand on passe
- 50:58C'est à ta limite,
- 50:58on rentre dans une zone où vraiment on se met en grand danger.
- 51:03On le voit par exemple en ski,
- 51:05tu le sens quand tu descends,
- 51:07plaisir,
- 51:07et tu sens cette vitesse à laquelle quand tu dépasses,
- 51:10tu es un peu moins en contrôle et que si tu tombes,
- 51:11tu vas te faire un genou.
- 51:12C'est la même chose en aventure.
- 51:15On joue avec la limite.
- 51:17Les secours sont là pour venir chercher des personnes à secourir.
- 51:22Et s'il n'y a personne à secourir,
- 51:23il n'y a plus de secouristes.
- 51:24C'est un métier aussi qui est passionnant.
- 51:26Il faut que des personnes se mettent au tas.
- 51:27Ce que disent les secouristes souvent,
- 51:29notamment en montagne,
- 51:30c'est qu'il faut faire très attention au discours de culpabilisation des gens qui peuvent avoir des accidents parce que ça peut faire hésiter les gens à appeler les secours.
- 51:39Des gens qui peuvent se sentir coupables,
- 51:41de se dire je me suis juste fait une cheville,
- 51:42je vais pas appeler les secours,
- 51:43je vais essayer de descendre moi-même.
- 51:44Et qui du coup se font encore plus mal,
- 51:46voire parfois des accidents dramatiques.
- 51:47Donc évidemment il faut jamais hésiter à appeler les secours.
- 51:50Et il ne faut surtout pas avoir ce sentiment de culpabilité.
- 51:53Fred,
- 51:54t'as pensé à nos amis auditeurs qui nous écoutent ?
- 51:56A celles et ceux qui ne seraient pas effrayés par l'épisode qu'ils viennent d'écouter,
- 52:01qui auraient aussi envie de partir à l'aventure ?
- 52:04Je crois que t'as trois courses d'aventure.
- 52:07Alors pas aussi extrême que celle de Mathieu et d'Hugo,
- 52:09mais quand même trois courses d'aventure ouvertes au grand public.
- 52:12Si toi aussi,
- 52:13tu veux braver la mort,
- 52:15affronter les tempêtes et souffrir d'un confort,
- 52:19d'un inconfort extrême.
- 52:21Non,
- 52:21je plaisante.
- 52:22Moi,
- 52:22j'ai trouvé trois aventures où je me considère presque être prêt à m'engager.
- 52:28Donc pour les gens normaux.
- 52:31Et donc,
- 52:31ça va souvent vous plaire.
- 52:32Il y en a une,
- 52:33je commence par le marathon des sables.
- 52:35Je crois que
- 52:36Mathieu, ça a été le début de la première aventure que j'ai faite.
- 52:42C'est une très belle mise en bouche pour l'aventure parce qu'en fait,
- 52:45on répète depuis quelques temps le mot confort et inconfort.
- 52:48Et quand on regarde dans notre quotidien,
- 52:50c'est quoi qui définit le confort exactement ?
- 52:52C'est un toit,
- 52:53des murs solides,
- 52:54une douche,
- 52:55des toilettes,
- 52:56un lit.
- 52:58des repas qui arrivent à des heures précises matin,
- 53:00midi et soir.
- 53:01Et le marathon des sables,
- 53:02déjà,
- 53:02c'est une première expérience où on enlève tout ce confort.
- 53:04Il n'y a pas de mur,
- 53:05il n'y a pas de repas,
- 53:06il n'y a pas de douche,
- 53:07il n'y a pas de toilette et tu dois rester comme ça pendant plusieurs jours.
- 53:10Donc,
- 53:11c'est vraiment une super expérience pour goûter à cette notion d'aventure et à cet état d'esprit.
- 53:17Pour Fred,
- 53:17le confort,
- 53:18c'est avant tout la chicorée le matin.
- 53:19Donc,
- 53:19s'il y a de la chicorée,
- 53:21ça va.
- 53:21Moi,
- 53:21je fais.
- 53:22Il y a quand même 250 km à courir en 6 jours dans le Sahara.
- 53:26La journée,
- 53:26il fait 50 degrés.
- 53:27Donc,
- 53:28courir dans le sable,
- 53:29voilà.
- 53:30Et puis la nuit,
- 53:30c'est les tempêtes de sable dans les tentes.
- 53:33Donc,
- 53:33il y a quand même aussi des sacrés souvenirs,
- 53:37je pense.
- 53:37Alors,
- 53:38je reste dans le triathlon cette fois.
- 53:40Le Norseman,
- 53:41beaucoup de triathlètes le connaissent.
- 53:43Ah oui,
- 53:43toi,
- 53:43tu considères ça comme accessible aux gens normaux,
- 53:46le Norseman ?
- 53:47Alors vas-y,
- 53:47explique ce que c'est.
- 53:48On va laisser le conducteur juger.
- 53:52La Norseman,
- 53:52en termes de distance,
- 53:54on va dire qu'on est sur la distance Ironman.
- 53:56Déjà,
- 53:56voilà.
- 53:57Donc on a 3,8 km de situation,
- 54:00180 km de vélo et un marathon.
- 54:01Voilà,
- 54:02c'est un Ironman épicé.
- 54:04Il se déroule en Norvège,
- 54:05donc l'eau est glacée.
- 54:07Départ à 5h du matin,
- 54:09on plonge d'un ferry dans le fjord,
- 54:11l'eau à 13 degrés.
- 54:13Et là,
- 54:13on nage 3,8 km dans le noir.
- 54:15Après avoir sauté du ferry,
- 54:17ça doit faire à peu près
- 54:1815 mètres de haut.
- 54:20Je suis en train d'imaginer les gens qui nous écoutent.
- 54:24Ils notent sur leur petit calmeur.
- 54:27C'est quoi le troisième ?
- 54:29Après,
- 54:30il y a 180 kilomètres de vélo à travers les montagnes norvégiennes,
- 54:32donc sous la pluie battante.
- 54:34Et le proie qui est toujours là,
- 54:36lui,
- 54:37il est fidèle au poste.
- 54:41Et le marathon,
- 54:42pour finir,
- 54:42là on se réchauffe un peu,
- 54:44on monte jusqu'à 1880 mètres d'altitude et solo.
- 54:48Donc tu arrives,
- 54:49c'est le brouillard total,
- 54:50tu ne vois rien,
- 54:51personne ne te voit d'ailleurs.
- 54:53Tu vois la ligne d'arrivée dans les derniers 10 centimètres et voilà,
- 54:57donc tu es content.
- 54:58Super,
- 54:59bon ben.
- 54:59Il n'y a pas de petite spécificité ?
- 55:02C'est vrai,
- 55:02il n'y a pas de vélo à l'heure.
- 55:04Il y a deux façons de finir la course,
- 55:05soit...
- 55:06Tu n'es pas dans les barrières horaires.
- 55:08Donc,
- 55:08tu finis,
- 55:09tu restes en bas.
- 55:10Tu ne montes pas en haut de la montagne.
- 55:12Et tu finis au bord du lac.
- 55:16Et sinon,
- 55:17tu as un bel finisher.
- 55:19Et là,
- 55:20tu vas sonner la cloche.
- 55:22Et donc,
- 55:22tu sonnes la cloche en haut.
- 55:23C'est le mérite.
- 55:24Et voilà.
- 55:25Bon,
- 55:25très bien.
- 55:26Tu finis seul parce que c'est vrai qu'il n'y a pas...
- 55:28pas de public,
- 55:29il n'y a même pas un applaudissement,
- 55:32c'est-à-dire que tu sautes dans ta pédiférie,
- 55:35il n'y a personne qui te voit.
- 55:36Bon ben je vais redescendre.
- 55:40Troisième aventure.
- 55:41Alors la troisième,
- 55:44on part un peu dans l'eau cette fois,
- 55:45dans l'océan,
- 55:46toujours au Maroc,
- 55:47le Morocco Swim Trek.
- 55:49Donc c'est 7 jours de natation,
- 55:515 à 10 kilomètres de natation dans le Maroc,
- 55:54donc au Maroc,
- 55:56le long de la côte atlantique marocaine.
- 55:58l'eau n'est pas trop froide,
- 56:00c'est 18 degrés ça fait plus en fait il y a de la houle il y a les méduses les dauphins il y a de la difficulté parce que c'est quand même dans l'océan donc tu nages dans l'océan et pendant tous les jours 10 kilomètres mais tous les soirs tu as un campement,
- 56:16tu te reposes tu manges,
- 56:17tout ça quoi c'est un peu plus accessible peut-être il y a de l'inconfort dans les trois ça c'est bon,
- 56:24il y a de l'épuisement
- 56:25Donc des paysages atypiques aussi,
- 56:27donc on est dans des belles aventures.
- 56:29Et sinon le Vendée Globe on le dit une vingtaine.
- 56:30Oui,
- 56:30je m'attendais à ce que tu en parviennes Conrad.
- 56:33Juste une question,
- 56:36en un mot,
- 56:37ça coûte combien la Yukon Articultra à faire ?
- 56:39Si tu dois payer ton matos et tout ?
- 56:41Inscription plus matos,
- 56:42ça en a entre 5000 et 10000 euros à peu près.
- 56:46Le matos ça peut aller vite,
- 56:46tu prends le meilleur matos,
- 56:47le plus léger,
- 56:48solide,
- 56:48avec des fibres de dynamo ça va être 10000 euros,
- 56:50et sinon 5000 euros l'inscription c'est déjà...
- 56:533000,
- 56:534000 euros,
- 56:54le voyage,
- 56:55là-bas tout est extrêmement cher,
- 56:56la nourriture,
- 56:57donc il faut avoir un budget de 10 000 euros.
- 56:59Parce que ça évidemment on ne l'a pas évoqué,
- 57:01mais ces aventures extrêmes,
- 57:03elles ne sont pas non plus accessibles à tout le monde,
- 57:05au-delà de la question sportive,
- 57:06parce qu'il y a aussi la question un peu limitante du budget.
- 57:10Merci Fred pour les trois propositions,
- 57:12et je rappelle évidemment aux gens qui nous écoutent que l'aventure commence au coin de la rue,
- 57:15et qu'il est possible d'avoir des aventures incroyables en France,
- 57:19à côté de chez nous,
- 57:20sans pour autant aller très loin.
- 57:22traverser la planète,
- 57:24n'est-ce pas Mathieu ?
- 57:24Oui,
- 57:24tout à fait.
- 57:24Moi,
- 57:25j'habite dans une station de ski et il m'arrive souvent de ne pas dormir dans mon chalet,
- 57:28de prendre ma tente et d'aller en haut des pistes dormir pour m'entraîner,
- 57:30tester mon matériel.
- 57:31J'amène aussi ma compagne avec moi.
- 57:34Elle le rechigne un peu au début,
- 57:35puis qu'elle est en haut et que je lui fais une petite fondue dans la tente sous les étoiles.
- 57:39Elle aime bien ça.
- 57:41Et puis,
- 57:41ça va être l'heure de l'interview tapis.
- 57:44Mathieu t'es déjà passé dans l'interview tapis dans un précédent épisode de Psycho-Pace t'avais pas assez de questions pour finir le truc donc bon mais cela dit t'as été battu depuis il y a des gens qui sont allés bien plus vite que toi t'es bien plus performant sur le tapis on dirait ma revanche non
- 58:00mais voilà comme Mathieu t'as déjà fait l'interview tapis Conrad c'est tombé sur toi merci petite particularité c'est que tu es marin et tu nous as dit toi-même que tu passais ton temps pieds nus et que t'avais une grosse corne sous les pieds
- 58:12Donc on te propose une interview de tapis pieds nus,
- 58:14volonté.
- 58:15Allez c'est parti !
- 58:18Ça va Conrad,
- 58:18tu t'es échauffé ?
- 58:19Très bien.
- 58:20Donc pour les auditeurs qui nous écoutent et qui n'ont pas la version vidéo,
- 58:23je vous confirme que Conrad est bien pieds nus.
- 58:26Conrad.
- 58:26Avec ses jolis pieds de navigateur.
- 58:30On les vendra sur internet après la diffusion.
- 58:33Je ne sais pas comment le croire.
- 58:35Je te rappelle la règle de l'interview tapis qui est très simple.
- 58:38À chaque bonne réponse...
- 58:40la vitesse reste stable,
- 58:41à chaque mauvaise réponse la vitesse augmente et on voit jusqu'à quelle vitesse tu tiens et à combien de questions tu arrives à répondre.
- 58:48J'ai peur.
- 58:48Sachant qu'on est sur le tapis de notre partenaire Care Fitness qui monte jusqu'à 25 km heure et on peut mettre beaucoup de pentes,
- 58:55donc on a de la marge.
- 58:56Le pilote automatique marche bien là.
- 58:58Oui,
- 58:59le pilote automatique,
- 59:00tu vas voir,
- 59:01il va augmenter tout seul.
- 59:03On est parti ?
- 59:04Merci.
- 59:04Avant de s'appeler la Transat Café-Lor.
- 59:07ça s'appelait la Transat Jacques Vabre ce que vous avez fait avec Mathieu la Transatlantique vrai ou faux,
- 59:12Jacques Vabre est un skipper français ayant battu le record du monde en solitaire dans les années 80,
- 59:18le record du tour du monde en solitaire,
- 59:20vrai ou faux ?
- 59:21faux,
- 59:22tout à fait,
- 59:22bonne réponse
- 59:23Jacques Vabre,
- 59:24vous pouvez applaudir
- 59:27Jacques Vabre n'a jamais navigué c'est un ancien enseignant devenu un industriel du café et pas un navigateur question suivante
- 59:35Quel bateau a remporté la course cette année dans votre catégorie IMOCA ?
- 59:42C'était Massif ?
- 59:43Non.
- 59:44C'était Charal.
- 59:46Barré par le binôme Jérémy Beyou et Morgan
- 59:48Lagraviel. Du coup,
- 59:49ça monte.
- 59:49Du coup,
- 59:50ça monte.
- 59:50J'augmente la vitesse.
- 59:51C'est parti.
- 59:52On passe à 10 km.
- 59:53Normalement,
- 59:53Massif gagne tout.
- 59:57On continue.
- 59:57En combien de temps précisément ont-ils réalisé la traversée ?
- 1:00:02Ce n'est pas un choix multiple.
- 1:00:03Non.
- 1:00:05Je ne te demande pas les secondes,
- 1:00:07mais je te demande les jours,
- 1:00:08les heures et les minutes.
- 1:00:09J'ai un indice un tout petit peu moins que nous.
- 1:00:11Un petit peu moins que nous,
- 1:00:12ça c'est vrai,
- 1:00:13parce que pour l'histoire,
- 1:00:14on a croisé
- 1:00:15Jerem. Alors tu as le droit de me raconter une histoire,
- 1:00:17mais c'est toi qui cours.
- 1:00:18C'est moi qui cours,
- 1:00:19merci.
- 1:00:21En fait,
- 1:00:21nous,
- 1:00:21on était en train de finir notre course et on a vu un bateau apparaître sur l'horizon.
- 1:00:27Et c'était Jerem avec...
- 1:00:28Le fameux Cheryl,
- 1:00:30qui est rentré.
- 1:00:31Ah,
- 1:00:31il est reparté !
- 1:00:32Il est reparté,
- 1:00:33il n'est pas encore venu.
- 1:00:35Non,
- 1:00:35il boule un peu.
- 1:00:37Alors,
- 1:00:40je vais dire les jours et les heures.
- 1:00:4213 ?
- 1:00:4313 jours ?
- 1:00:44Oui.
- 1:00:44Non,
- 1:00:4511 jours,
- 1:00:4619 heures,
- 1:00:4645 minutes et 18 secondes.
- 1:00:48Vous,
- 1:00:49vous avez mis combien ?
- 1:00:4919 jours.
- 1:00:51On passe à 11 km heure.
- 1:00:53Donc,
- 1:00:53ils ont mis quand même 8 jours de moins que vous,
- 1:00:55c'est énorme,
- 1:00:55non ?
- 1:00:56C'est pour ça qu'ils avaient tout remis en partie.
- 1:01:00Allez,
- 1:01:00question suivante.
- 1:01:01Ça veut dire quoi un bateau IMOCA ?
- 1:01:03I-M-O-C-A,
- 1:01:04c'est International
- 1:01:06Organization
- 1:01:08Monocoque
- 1:01:10Class Association.
- 1:01:11Oui,
- 1:01:11c'est ça,
- 1:01:12c'est ça,
- 1:01:12c'est accordé.
- 1:01:15Tu devais participer à la Transmartinique avec Mathieu Blanchard en arrivant de votre traversée.
- 1:01:20Ça n'a pas pu se faire finalement.
- 1:01:21Qui a remporté la course en décembre 2025 ?
- 1:01:26En décembre 2025 ?
- 1:01:27Là,
- 1:01:28quoi.
- 1:01:28Qui a remporté la course ?
- 1:01:30Non,
- 1:01:30je ne sais pas.
- 1:01:30Tu le sais,
- 1:01:31toi,
- 1:01:31Mathieu ?
- 1:01:32Je le sais.
- 1:01:32Tu le sais parce que tu as vu la réponse ?
- 1:01:33Non,
- 1:01:33je n'ai pas vu la réponse.
- 1:01:35C'était ?
- 1:01:36Antoine Guillon.
- 1:01:38Antoine Guillon.
- 1:01:40Il a terminé les 134 kilomètres et les 5000 mètres de dénivelé positif en 18h42 et
- 1:01:4434 secondes.
- 1:01:45C'est sa cinquième victoire sur l'épreuve.
- 1:01:47En attendant,
- 1:01:47Conrad,
- 1:01:48on augmente la vitesse.
- 1:01:49On passe à 12 km heure.
- 1:01:51134 kilomètres,
- 1:01:53ça fait combien précisément en miles ?
- 1:01:56Euh...
- 1:01:5680.
- 1:01:58Non,
- 1:01:59précisément.
- 1:02:00Je ne sais pas.
- 1:02:0083 miles.
- 1:02:03On passe à...
- 1:02:04T'étais pas loin,
- 1:02:04mais c'est pas la bonne réponse.
- 1:02:05On passe à 13 km heure.
- 1:02:06En combien de temps est arrivée la première femme de l'épreuve de la Transmartinique ?
- 1:02:12En combien d'heures ?
- 1:02:12Je ne te demande pas le temps précis.
- 1:02:1419.
- 1:02:15Sachant que l'homme a mis 18h42.
- 1:02:1621h47 et 26 secondes.
- 1:02:21C'est Manon Board-Caillé.
- 1:02:24Manon,
- 1:02:24tu me fais bosser là.
- 1:02:26Manon Board qui a terminé sixième au scratch quand même de la course.
- 1:02:29Grosse performance.
- 1:02:31Tu as augmenté toi-même la vitesse,
- 1:02:32je n'ai rien à faire.
- 1:02:32On passe à 14 km heure.
- 1:02:35Tu viens de Nouvelle-Zélande.
- 1:02:36Alors,
- 1:02:36on s'est dit qu'on allait te parler rugby.
- 1:02:40Quel duo des All Blacks était surnommé les Jumeaux dans les années 2010 ?
- 1:02:44Ils ont partagé en tout 62 sélections et on les surnommait les Jumeaux.
- 1:02:49J'étais en mer.
- 1:02:51T'étais Robert pendant toutes les années 2010
- 1:02:55Tu donnes ta langue Ausha ?
- 1:02:57Alors c'était Conrad
- 1:02:58Smith Et Maa Nonou
- 1:03:00Je ne sais pas si je prononce bien
- 1:03:02Vous avez fait la traversée de l'Atlantique en binôme Donc une petite question binôme
- 1:03:06Quel sport ne possède aucune épreuve Disputée en duo aux Jeux Olympiques ?
- 1:03:12Réponse A,
- 1:03:12le tennis
- 1:03:13Réponse B,
- 1:03:14le patinage artistique
- 1:03:16Réponse C,
- 1:03:16l'athlétisme
- 1:03:17Réponse D,
- 1:03:18le badminton
- 1:03:19Quel sport ne possède aucune...
- 1:03:22Bonne réponse.
- 1:03:23L'athlétique.
- 1:03:24C'est uniquement individuel ou en relais.
- 1:03:27On va voir si tu connais bien les performances de ton binôme Mathieu Blanchard.
- 1:03:30Je rappelle que tu es à 15 km heure.
- 1:03:32Il a remporté la Yukon Arctic Ultra.
- 1:03:34En combien de temps a-t-il bouclé la course de 600 km dans le froid polaire au Canada ?
- 1:03:39À une heure près.
- 1:03:40Je ne sais pas.
- 1:03:417 jours,
- 1:03:4322 heures.
- 1:03:44La barrière horaire était de 12 jours.
- 1:03:46On passe à 16 km heure.
- 1:03:47Ça va toujours,
- 1:03:48Conrad ?
- 1:03:49On peut arrêter à tout moment.
- 1:03:51En quelle année,
- 1:03:52Mathieu Blanchard,
- 1:03:53ici présent,
- 1:03:53est-il arrivé troisième à l'UTMB ?
- 1:03:55Je vais faire 2022.
- 1:03:572021.
- 1:03:58Cette année-là,
- 1:03:58c'est François Denne qui avait remporté l'Ultra Trail autour du Mont-Blanc.
- 1:04:01On passe à 17 km heure.
- 1:04:03Aïe,
- 1:04:04aïe,
- 1:04:04aïe.
- 1:04:05N'hésite pas à te tenir si tu es pieds nus.
- 1:04:07Je rappelle que tu es pieds nus.
- 1:04:08Peut-être le résultat le plus important de Mathieu Blanchard.
- 1:04:12Combien de kilomètres heure Mathieu avait-il atteint lors de son interview tapis dans Safe Pace ?
- 1:04:1822.
- 1:04:19Je te l'accorde,
- 1:04:2023 km heure.
- 1:04:2417 km heure pieds nus.
- 1:04:26Question suivante.
- 1:04:26Qui a écrit la préface du livre de Mathieu,
- 1:04:29Vivre d'aventure,
- 1:04:31dans lequel il évoque déjà son rapport à l'aventure dans la pratique sportive ?
- 1:04:34L'autre,
- 1:04:34l'Espagnol.
- 1:04:35Comment il s'appelle ?
- 1:04:38L'Espagnol ?
- 1:04:39Tu peux t'arrêter,
- 1:04:40tu peux t'arrêter.
- 1:04:41Comment il s'appelle,
- 1:04:42l'Espagnol ?
- 1:04:42L'Espagnol.
- 1:04:44C'est toi,
- 1:04:44non ?
- 1:04:46Tu peux t'arrêter,
- 1:04:48Conrad.
- 1:04:49Bonne réponse ?
- 1:04:51Allez,
- 1:04:51on arrête.
- 1:04:53C'était Kilian Jornet,
- 1:04:55mes familles.
- 1:04:5817 km heure pieds nus.
- 1:05:00C'est les pieds.
- 1:05:05C'est les pieds.
- 1:05:06Il est en train de poncer ses pieds sur le tapis.
- 1:05:08C'est le tapis.
- 1:05:10C'est en train d'amener là.
- 1:05:14extraordinaire en tout cas Conrad 17 km heure pieds nus pour un gars qui vient de traverser l'Atlantique franchement Mathieu respect je suis plus rapide à dire qu'en mer non mais franchement et en plus t'as t'as fait pas mal comme t'as été assez bavard t'as fait pas mal de temps à différents paliers donc au final c'est un bel effort félicitations Conrad bravo
- 1:05:36Merci d'être venu dans Safe Pace Conrad et Mathieu c'était passionnant on a appris plein de trucs ça nous a donné envie de partir à l'aventure alors peut-être pas des trucs aussi extrêmes que vous mais ça nous a donné je pense à tous ceux et toutes celles qui nous écoutent envie de partir à l'aventure avec Liliane et
- 1:05:52je rappelle votre super docu qui s'appelle Convergence qui retrace votre traversée de l'Atlantique c'est disponible sur la plateforme Uptrack et je vous dis à très bientôt pour un prochain épisode de Safe Pace
- 1:06:02Bye bye Merci l'équipe,
- 1:06:04à bientôt,
- 1:06:04ciao
- 1:06:13Le podcast des sports d'endurance présenté par Hugo Klim.