Latest / ArtEcoVert La voix de la couleur végétale et des plantes tinctoriales / Isabelle Rodier - ENSAD de Paris, la pratique essentielle à l'apprentissage de la couleur végétale
Transcript
- 0:00Bonjour et bienvenue dans le podcast ArtEcoVert,
- 0:03le podcast qui vous parle d'art,
- 0:05d'écologie et de verdure.
- 0:07Je suis Pauline Leroux,
- 0:09ingénieure agronome passionnée de plantes,
- 0:11et je vous emmène à la découverte de la couleur végétale et de toutes ses applications.
- 0:16Que ce soit dans le textile,
- 0:18l'ameublement,
- 0:19l'artisanat,
- 0:20la décoration et dans d'autres domaines,
- 0:23chaque jeudi et samedi à 7h30,
- 0:26je vous propose des épisodes riches avec des invités passionnants
- 0:30pour approfondir le sujet de la couleur végétale sur toute la chaîne de Valo.
- 0:35Mon but,
- 0:36fédérer et démocratiser la couleur végétale dans le monde.
- 0:40Alors,
- 0:40c'est parti !
- 0:41Bonne écoute !
- 0:44Bonjour Isabelle Rodier,
- 0:45je suis ravie de vous accueillir sur le podcast.
- 0:47Je voulais tout d'abord vous demander de me raconter votre parcours,
- 0:52comment vous étiez arrivée à la teinture végétale.
- 0:55Bonjour à tous.
- 0:57Alors,
- 0:57comment je suis arrivée à la teinture végétale ?
- 1:00Moi,
- 1:00j'ai un parcours personnel où j'ai été formée dans l'école où j'enseigne aujourd'hui,
- 1:06c'est-à-dire que j'étais formée à l'ENSAD,
- 1:09l'école des arts d'éco à Paris,
- 1:11dans le secteur textile.
- 1:13Alors,
- 1:13c'est une école comme d'ailleurs toutes les écoles d'art appliqué,
- 1:16les écoles supérieures d'art appliqué qui a évolué normalement en suivant l'évolution de nos métiers.
- 1:23Et quand moi j'ai été formée,
- 1:26il y avait vraiment la vocation.
- 1:29elle existe encore,
- 1:30mais elle a beaucoup évolué,
- 1:31la vocation d'être très en lien avec l'industrie.
- 1:34C'est-à-dire qu'on est formé,
- 1:37et on forme aussi encore potentiellement aujourd'hui des designers qui seront des créateurs et des donneurs d'ordres pour la fabrication art appliqué,
- 1:47c'est-à-dire ce sont des arts appliqués à l'industrie.
- 1:50C'est le sens des arts appliqués,
- 1:52donc on ne forme pas du tout des ingénieurs textiles,
- 1:55on en est bien loin,
- 1:56mais il faut...
- 1:58j'ai été formée pour ça,
- 1:59il faut être en capacité de dialoguer avec les gens qui vont fabriquer les projets,
- 2:05les tissus.
- 2:07C'est d'ailleurs ce qui est absolument passionnant.
- 2:10Et donc,
- 2:11il se trouve que quand moi j'ai été formée,
- 2:13il y avait encore potentiellement pas mal d'industries textiles en France et au moment précis où moi j'ai été formée,
- 2:22on pouvait même se spécialiser dans ce qui était impression et teinture.
- 2:26Aujourd'hui,
- 2:28nos étudiants,
- 2:29nos vous,
- 2:29qui sont plutôt très pluridisciplinaires,
- 2:32c'est-à-dire qu'ils sont formés aussi bien sur la teinture et l'impression,
- 2:36ce qu'on appelle dans nos glissements,
- 2:38et au tissage,
- 2:40et la malle.
- 2:41Donc ça fait pas mal de choses.
- 2:43Ce qui d'ailleurs les rend très mobiles,
- 2:47très pluridisciplinaires,
- 2:48qui posent d'autres problèmes,
- 2:49parce qu'effectivement,
- 2:52ça fait beaucoup de choses à acquérir en un temps relativement court.
- 2:58et du coup plus compliquées d'approfondir.
- 3:00C'est un peu le grand souci de nos formations.
- 3:05Elles ont d'autres qualités,
- 3:07celles de rendre les gens très mobiles et de comprendre toutes les possibilités de fabrication entre l'idée et un produit qui soit plutôt textile.
- 3:20Mais le temps pour approfondir nous manque très nettement.
- 3:25Donc moi j'ai été formée de cette manière-là avec beaucoup plus de temps,
- 3:29c'est vrai,
- 3:30puisque c'était l'époque où il n'y avait pas d'ordinateur.
- 3:34Toutes les choses se faisaient manuellement.
- 3:37Et finalement,
- 3:38les domaines de compétences qu'on devait acquérir étaient moindres.
- 3:45On pouvait être très focalisé,
- 3:47passer du temps plus.
- 3:49sur nos techniques.
- 3:50Et puis derrière,
- 3:52très rapidement,
- 3:54justement,
- 3:54on avait une approche qui était encore plus dans le faire,
- 3:58dans le mettre les mains dedans,
- 3:59parce qu'on avait le temps de développer ça et de prendre le temps de comprendre et de prendre le temps de patauger aussi et de saisir un petit peu toutes les ficelles.
- 4:12À ce moment-là...
- 4:15Voilà,
- 4:16on va dire que c'est comme ça que j'ai été formée.
- 4:18D'ailleurs,
- 4:18ça nous donnait,
- 4:20c'est ce qui a vraiment modelé mon parcours,
- 4:23et d'ailleurs ceux des gens avec qui j'étais formée à ce moment-là,
- 4:26ça nous a donné envie d'être des créateurs qui…
- 4:30avait ce rapport très direct à je fais
- 4:33Donc, on est sortis des arts déco,
- 4:36on va dire propulsés un tout petit peu,
- 4:39aidés par nos enseignants qui nous aimaient bien.
- 4:43On a été un petit groupe comme ça et on a eu l'occasion de récupérer une table d'impression.
- 4:49Parce que les usines en France fermaient les unes derrière les autres,
- 4:51on était déjà bien avancés.
- 4:54Dans l'époque de la désindustrialisation du textile en France,
- 4:59les usines fermaient les unes derrière les autres.
- 5:02Et par l'intermédiaire de notre cher professeur d'impression,
- 5:08d'emblouissement et de teinture,
- 5:10que j'ai remplacé beaucoup plus tard quand elle a pris sa retraite,
- 5:15on m'a récupéré avec un petit groupe d'étudiants où on était très soudés,
- 5:20une table d'impression.
- 5:21Et ça nous a propulsés parce que nous...
- 5:24Nos premières collections,
- 5:25on les a réellement prototypées,
- 5:27imprimées,
- 5:29avec les moyens du bord,
- 5:30dans un côté très low-cost,
- 5:33on va dire.
- 5:35Low-tech,
- 5:36low-tech,
- 5:36pas low-cost,
- 5:37low-tech,
- 5:37pardon.
- 5:38On avait la table,
- 5:39certes,
- 5:40mais on n'avait pas grand-chose d'autre.
- 5:41Et ça a été nos premières collections.
- 5:44On a monté un collectif de créateurs qui avaient cette particularité de pensée.
- 5:54le design en même temps que sa fabrication.
- 5:57C'est aussi une époque,
- 6:00mais effectivement,
- 6:01il n'était pas question d'imprimer avec ni tous les cadres,
- 6:06il fallait que ça tienne un ou deux cadres,
- 6:08on n'avait pas ni les moyens.
- 6:11Donc ça a modelé comme ça notre rapport.
- 6:14Le textile,
- 6:15d'une façon très particulière,
- 6:18et donc ce collectif qui a eu une reconnaissance dans les années,
- 6:23fin des années 80,
- 6:25juste un peu plus tard,
- 6:27mais pendant une bonne dizaine d'années,
- 6:28une reconnaissance un peu particulière,
- 6:30un collectif qui s'appelle Robert Le Hero,
- 6:33il avait cette particularité.
- 6:34Nos premières collections,
- 6:35on est allé voir les éditeurs,
- 6:37elles étaient fabriquées.
- 6:39On avait fait le choix du support,
- 6:40le choix de...
- 6:42On avait fait beaucoup de choses et l'éditeur à l'époque,
- 6:45Nobilis,
- 6:47a repris exactement ce qu'on avait initié dans la manière de faire.
- 6:53Les imprimeurs à l'époque étaient un peu catastrophés parce qu'ils avaient essayé d'imprimer des tissus qui avaient le moins de mains possible,
- 7:02c'est-à-dire le moins de toucher possible,
- 7:05avec des encres.
- 7:07qui rentraient le mieux dans le tissu.
- 7:09Et nous,
- 7:09avec nos moyens du bord,
- 7:11on n'avait pas la possibilité d'imprimer aussi bien techniquement.
- 7:14Donc,
- 7:14on était revenus,
- 7:15on avait tiré parti pris d'une manière d'imprimer qui était,
- 7:19au contraire,
- 7:20une pâte,
- 7:20presque une peinture.
- 7:22Les imprimeurs,
- 7:23ils étaient un peu surpris de ce côté très low-tech et très minimaliste des moyens.
- 7:30Mais ça a fonctionné,
- 7:31ça a super bien fonctionné.
- 7:34Ça correspondait à l'air du temps.
- 7:35On était un peu à l'inverse de l'air du temps.
- 7:37Enfin,
- 7:38d'une certaine manière,
- 7:39parce que le tissu d'ameublement,
- 7:40à cette époque-là,
- 7:41on était vraiment dans la réédition du tissu 19e,
- 7:4418e,
- 7:44etc.
- 7:48on a collé des anges des personnages on était vraiment parti dans une autre écriture en tous les cas ce rapport au faire au fabriquer est extrêmement important c'est comme ça qu'on a été formés et c'est comme ça qu'on
- 8:04essaye quand même toujours de former nos étudiants donc à la pratique à la pratique passer de l'idée à la réalisation c'est vraiment ce qui ce qui euh...
- 8:17caractérise nos écoles d'art appliqué,
- 8:22qui est un peu menacée aujourd'hui,
- 8:24parce qu'il faut quand même dire que les enseignants dans pas mal d'écoles d'art appliqué se voient leurs moyens réduits de plus en plus.
- 8:36Les ateliers qui fondent,
- 8:38le temps d'atelier qui fond,
- 8:40c'est-à-dire que les directives du ministère
- 8:46L'éducation et les écoles qui dépendent du ministère de l'éducation,
- 8:49ce n'est pas la nôtre.
- 8:50D'accord.
- 8:54Ce n'est pas marrant,
- 8:56parce qu'effectivement,
- 8:58ça fond comme neige au soleil,
- 8:59c'est-à-dire que les temps d'atelier,
- 9:01les temps de formation sur la pratique sont jugés anecdotiques.
- 9:07D'accord.
- 9:09Or,
- 9:09c'est primordial.
- 9:14Ces formations textiles dans ces écoles-là ont de moins en moins de moyens,
- 9:19de moins en moins de temps pour aller sur le côté pratique.
- 9:22Il y a deux écoles,
- 9:24la nôtre,
- 9:24où on dépend du ministère de la Culture.
- 9:27Globalement,
- 9:28nos moyens et notre temps sont moins menacés.
- 9:32On a d'autres problèmes parce qu'il y a tellement de choses à acquérir.
- 9:37Mais ce n'est pas l'école qui nous coupe le temps d'atelier.
- 9:41Ce n'est pas du tout une volonté.
- 9:44Au contraire,
- 9:45la volonté est de maintenir et de développer ce temps de pratique.
- 9:52Et puis,
- 9:52il y a l'ENSI qui est aussi quand même une école.
- 9:55qui dépend plutôt du ministère de l'Industrie et qui a un rapport à la fabrication et au fer et à la compréhension.
- 10:05de la fabrication,
- 10:06qui est très important,
- 10:07mais où en textile ils sont beaucoup plus proches du tissage et de la maille,
- 10:13beaucoup moins très peu de l'impression et de la teinture,
- 10:18ils n'ont pas la structure des ateliers.
- 10:21Donc là,
- 10:22on est déjà un tout petit peu,
- 10:23on avance un petit peu dans les questions qu'on va tenir après,
- 10:25mais qui sont les écoles.
- 10:28Donc,
- 10:28on a la chance,
- 10:29nous,
- 10:31d'être une école,
- 10:32depuis que je l'ai faite et depuis bien avant,
- 10:36En textile,
- 10:37il y a un atelier de l'ennoblissement,
- 10:40qui est un merveilleux atelier,
- 10:42qui a été encore presque plus merveilleux quand j'y étais,
- 10:45parce qu'il y avait plus de places,
- 10:47moins d'étudiants,
- 10:48et on avait un atelier qui était encore plus grand.
- 10:50Aujourd'hui,
- 10:52la bataille des mètres carrés fait qu'on est un peu serré,
- 10:56mais néanmoins,
- 10:57c'est un très bel atelier.
- 10:58Est-ce que c'est...
- 11:00Est-ce que c'est le même atelier,
- 11:01je vous coupe,
- 11:01que Clément
- 11:03Bautier a utilisé pour son mémoire de fin d'étude ?
- 11:06Il en parle dans l'épisode qui est enregistré là.
- 11:08Ah,
- 11:08je sais,
- 11:09je l'ai bien.
- 11:10Ok,
- 11:10super.
- 11:11Voilà,
- 11:12donc après mon parcours professionnel où je vous dis,
- 11:15j'ai toujours été,
- 11:16alors d'abord au début dans ce côté collectif de créateur,
- 11:20imprimer quoi qu'il se passe,
- 11:22teindre,
- 11:22on teignait pas trop,
- 11:23mais imprimer quoi qu'il se passe,
- 11:25soit prototyper,
- 11:26soit même réaliser des pièces unies,
- 11:28des décors.
- 11:30On a beaucoup été dans la fabrication.
- 11:33Et du coup,
- 11:33moi,
- 11:33pour ma compréhension,
- 11:35c'est ce qui se passe dans les cadres,
- 11:36c'est ce qu'ils appellent la sérigraphie.
- 11:38Sérigraphie,
- 11:39voilà.
- 11:40Et donc,
- 11:41vous découpez un modèle.
- 11:43Vous pouvez nous expliquer un peu comment ça se passe ?
- 11:45Parce que j'avoue,
- 11:46c'est nouveau pour moi.
- 11:46D'accord.
- 11:47Alors,
- 11:47la sérigraphie,
- 11:48disons qu'on utilise souvent la sérigraphie pour parler du papier.
- 11:53Et pour l'impression textile,
- 11:55on parle d'impression au cadre.
- 11:57Mais en fait,
- 11:58c'est la même chose.
- 11:58Ok.
- 11:59Ok.
- 12:00Disons que le jargon textile,
- 12:01on ne dit pas trop cérégraphie.
- 12:03Le mot cérégraphie,
- 12:04il est plutôt utilisé pour l'édition de mots à papier.
- 12:08Mais en fait,
- 12:08c'est la même chose.
- 12:09Le principe,
- 12:10en fait,
- 12:11très élémentaire.
- 12:13c'est qu'on va fabriquer un type de pochoir.
- 12:16Vous pouvez peut-être avoir l'image des pochoirs chapelés,
- 12:19par exemple,
- 12:20dans les catagamies.
- 12:22Le principe,
- 12:22c'est qu'on va fabriquer un pochoir.
- 12:27Chaque couleur vue sur le tissu fait l'objet d'un cache,
- 12:32d'un pochoir différent.
- 12:36dans les temps effectivement,
- 12:38ou dans les régions,
- 12:39si on prend l'image des katagamis japonais,
- 12:43c'est du papier qui est découpé avec une toute petite lame du scalpel.
- 12:47Ça a été comme ça aussi,
- 12:48on peut tout à fait le faire d'une manière comme ça,
- 12:51très empirique,
- 12:52on peut le faire comme ça,
- 12:53ça fonctionne.
- 12:54Ensuite,
- 12:55la question,
- 12:55c'est qu'une fois qu'on a ce pochoir,
- 12:57d'une manière ou d'une autre,
- 12:59comment on va étaler l'encre,
- 13:02l'impression ?
- 13:03Qui est ?
- 13:04et là il y a une différence fondamentale entre ce qui est de l'ordre du pigment c'est-à-dire une couleur qui ne se dissout pas dans l'eau qui va rester en surface du tissu et qui va avoir un lien d'une manière ou d'une autre pour accrocher le tissu soit
- 13:22on va utiliser une encre qui est un colorant de même,
- 13:27elle va avoir un lien une formule chimique qui lui permet d'une part de
- 13:34de tenir dans le tissu,
- 13:35de faire une liaison chimique avec la fibre,
- 13:38et aussi qu'il va y avoir un lien,
- 13:40une pâte,
- 13:40une épaisseur,
- 13:41pas que ce soit un truc complètement liquide,
- 13:44mais à l'intérieur duquel la couleur est dissoute dans l'eau et elle a la faculté,
- 13:49la capacité de colorer la fibre,
- 13:52donc de rentrer dans la fibre.
- 13:54D'accord.
- 13:55Je me souviens qu'à la formation de Michel Garcia,
- 13:57le dernier jour,
- 13:58il faisait un genre de pâte avec de la goire,
- 14:02si je ne dis pas de bêtises.
- 14:03Exactement.
- 14:04Un épaississant.
- 14:05Et c'est ça qu'on étale en haut du cadre et qu'on vient racler avec un… Voilà.
- 14:10Avec une raclette.
- 14:11Une raclette.
- 14:12Exactement.
- 14:13Tout simplement.
- 14:14Donc,
- 14:14en fait,
- 14:15la technique d'impression au cadre et après toutes les techniques d'impression sur le textile qui en découlent jusqu'au numérique,
- 14:22qui m'ont là été vraiment très différentes.
- 14:25C'est une manière d'avoir un ponchoir et ensuite d'avoir une encre qui soit épaissie,
- 14:31qui soit contienne du pigment,
- 14:32soit qui contienne du...
- 14:34mais de toute façon,
- 14:35elle va avoir une certaine consistance,
- 14:37et on va l'étaler sur ce poche-coiffe d'une manière ou d'une autre.
- 14:41Alors,
- 14:41la grande invention de la sérigraphie,
- 14:44on va dire,
- 14:45et de ce cadre,
- 14:46c'est qu'on tend une toile très… Avant,
- 14:50c'était une soie,
- 14:51et puis maintenant,
- 14:52c'est des polyesters,
- 14:53mais on tend une toile très résistante,
- 14:56très fine,
- 14:57sur un cadre très tendu.
- 15:00Et ensuite,
- 15:00on va se débrouiller pour que ce pochoir ne soit pas quelque chose en papier,
- 15:06mais qu'on occulte le tissu,
- 15:09la soie ou la mâle,
- 15:12qu'on occulte ce polyester pour qu'à certains endroits du dessin,
- 15:17il soit ouvert et à certains,
- 15:18il soit fermé.
- 15:20Ce qui permet,
- 15:21en étalant l'encre,
- 15:22qu'elle ne passe que dans les endroits ouverts.
- 15:25D'accord.
- 15:25Donc c'est un pochoir aussi d'une certaine manière.
- 15:29Et après,
- 15:30là où la sophistication est arrivée,
- 15:32c'est que par un système de produits photosensibles...
- 15:37Ce dessin,
- 15:38il est reporté sur la toile,
- 15:41le tissu,
- 15:42par un système photosensible qui permet d'avoir une extrême finesse,
- 15:46c'est-à-dire d'avoir des matières,
- 15:48des trames,
- 15:49des détails absolument incroyables,
- 15:52qu'on aurait très difficilement si on devait découper tout à la main,
- 15:57comme le font les Japonais,
- 15:58qui arrivent quand même à avoir un système,
- 16:01enfin une finesse incroyable.
- 16:02Mais disons qu'aujourd'hui,
- 16:03on est passé à un système photosensible.
- 16:06Et là,
- 16:06on est sur un cadre plat.
- 16:09Notre atelier à l'école aux arts déco nous permet de faire ces fameux cadres plats avec une assez grande finesse par un système photosensible.
- 16:18Aujourd'hui,
- 16:19dans l'industrie,
- 16:20on n'est quasi plus sur des cadres plats.
- 16:22on est sur des...
- 16:23mais c'est le même système,
- 16:24des cadres rotatifs,
- 16:26des cylindres,
- 16:27et maintenant ce n'est plus de la toile,
- 16:28c'est une toile métallique,
- 16:29enfin je veux dire,
- 16:30on est allé un peu plus loin,
- 16:31mais ça reste toujours le même principe.
- 16:34Et par un système de report photosensible,
- 16:37on va reporter un dessin.
- 16:39Mais globalement,
- 16:40c'est toujours un peu le même sujet,
- 16:41c'est-à-dire qu'il y a de l'encre qui va passer dans un cadre plat ou dans un cylindre,
- 16:47qui est obturé à certains endroits ou vers d'autres,
- 16:50et les endroits où il est ouvert.
- 16:52pâte colorée va être répartie par une raclette de manière le plus homogène possible pour se déposer sur le tissu.
- 17:00C'est très bien.
- 17:01Selon vous,
- 17:02qu'est-ce qui a fait qu'on ait passé de colorants naturels et de cette technique de cadre plat à des colorants peut-être de synthèse et des techniques cadre rotatif ?
- 17:17C'est essentiellement économique,
- 17:19c'est essentiellement des gains de temps ?
- 17:22Absolument,
- 17:23c'est des gains de temps.
- 17:26qu'on soit passé c'est deux choses très très séparées c'est à dire qu'en fait il y a l'histoire des colorants qui est relativement indépendante de l'histoire de la technique d'impression qu'on soit passé au cadre rotatif qu'on soit passé,
- 17:41ça c'est clairement c'est des améliorations techniques formidables qui permettent de produire plus et plus vite d'accord il n'y a pas de soude il n'y a pas de
- 17:53et abaisser les coûts,
- 17:55ça c'est fondamental.
- 17:58Toute cette révolution,
- 17:59c'est vraiment le moment charnière de la révolution industrielle.
- 18:02C'est vraiment,
- 18:04c'est d'un seul coup,
- 18:07l'avènement de l'industrie,
- 18:08produire plus,
- 18:09produire plus vite,
- 18:10produire moins cher,
- 18:11clairement,
- 18:12pour un plus grand nombre.
- 18:14Après,
- 18:15et produire standardisé aussi,
- 18:17produire la même chose pour tout le monde,
- 18:19c'est un peu aussi la grosse question qui est celle d'aujourd'hui avec laquelle on bataille.
- 18:25Pourquoi produire tout pareil ?
- 18:28Ça,
- 18:28c'est un des grands freins.
- 18:30Et puis l'histoire du colorant,
- 18:31ça je pense que
- 18:33Michel, Clément,
- 18:34tout le monde nous en a parlé.
- 18:37Pourquoi on est arrivé au colorant synthèse ?
- 18:41Effectivement,
- 18:41c'est cette histoire d'abaisser les coûts,
- 18:46clairement,
- 18:48et de standardiser,
- 18:49c'est-à-dire d'aller vers quelque chose de plus répétitif,
- 18:55de manière peut-être plus homogène,
- 18:57constant.
- 19:00Voilà,
- 19:01et d'abaisser quand même un peu les coûts.
- 19:04Et selon vous,
- 19:06qu'est-ce qui pourrait faire qu'on revienne à la teinture végétale ?
- 19:09Parce qu'aujourd'hui,
- 19:11comme on en parle,
- 19:12c'est que sur l'industrie textile,
- 19:14il y a quand même énormément de pollution de l'eau et des sols,
- 19:18notamment avec la partie teinture.
- 19:21Et en fait,
- 19:21moi,
- 19:21je voulais avoir votre avis.
- 19:22Qu'est-ce qui pourrait faire ?
- 19:24qu'on revienne ou que les entreprises ne soient pas obligées mais naturellement reviennent au colorant naturel ?
- 19:31Alors,
- 19:33moi,
- 19:33ma vision des choses,
- 19:34c'est peut-être…
- 19:36En fait,
- 19:37les freins,
- 19:38je ne suis pas sûre qu'ils soient du côté de l'industrie.
- 19:40Pas du tout.
- 19:41En fait,
- 19:42je ne crois pas.
- 19:43En fait,
- 19:43je pense que…
- 19:45on n'en est plus trop là.
- 19:47On y était peut-être là il y a dix ans,
- 19:49mais je pense qu'on n'en est plus trop là.
- 19:52Je pense qu'il y a plus d'industriels ou de manufactures qui ne soient pas énormes.
- 19:57C'est-à-dire que c'est une question d'échelle.
- 20:01Ça n'aurait aucun sens.
- 20:04Si,
- 20:05en admettant qu'il n'y ait pas de frein,
- 20:06qu'il n'y ait zéro frein,
- 20:07qu'aucun sens,
- 20:09que toute la production actuelle soit en naturel,
- 20:12ça n'a aucun sens.
- 20:14Cultiver,
- 20:14on va perdre du sol cultivable pour des colores en naturel,
- 20:17on a besoin de nourrir la planète,
- 20:19ça n'a juste aucun sens.
- 20:22Ça ne peut devenir que des choses.
- 20:25En fait,
- 20:25c'est une réflexion tellement globale.
- 20:28C'est-à-dire,
- 20:29comment je pourrais ordonner les choses pour dire ça ?
- 20:32Notre problème,
- 20:33il y a bien sûr une histoire de pollution des sols,
- 20:36de refroidissement de l'eau,
- 20:37ça on est bien d'accord.
- 20:39Mais aujourd'hui,
- 20:40une industrie propre,
- 20:42ça existe,
- 20:44avec des colorants de synthèse.
- 20:45C'est une histoire de moyens,
- 20:47c'est une histoire de lieux,
- 20:48c'est une histoire de volonté.
- 20:50En France,
- 20:51les industries textiles qui travaillent en synthétique avec les normes,
- 20:57et s'ils sont responsables,
- 21:01Je ne suis pas tellement sûre que ce soit vraiment plus polluant qu'en naturel.
- 21:08La seule chose,
- 21:09c'est qu'il faut prendre les moyens,
- 21:10le temps,
- 21:11de retraiter correctement leur eau,
- 21:14et il y en a qui le font.
- 21:15Mais ça,
- 21:15on est en France,
- 21:16en Europe,
- 21:17les usines de pointe,
- 21:19qui sont extrêmement conscients et qui intègrent dans leur coût de fabrication,
- 21:24donc ils sont beaucoup plus chers.
- 21:26ils intègrent dans leurs coûts de fabrication la rigueur de leur retraitement d'eau,
- 21:31prendre des très bons colorants.
- 21:33Ils travaillent en ce moment,
- 21:35j'ai une étudiante qui travaille là-dessus avec un industriel français sur comment diminuer la quantité de colorants,
- 21:44comment diminuer la quantité de produits,
- 21:46etc.
- 21:46pour être de plus en plus vertueux.
- 21:49Mais ça y est !
- 21:50Pour moi,
- 21:50le problème,
- 21:51il n'est pas tellement là,
- 21:52en fait.
- 21:54Le problème,
- 21:54il est dans la mondialisation et dans le ailleurs.
- 21:58Parce que la rigueur que peuvent avoir ces industriels-là qui prennent le temps,
- 22:03l'argent,
- 22:05dans leurs coûts,
- 22:07pour être propres,
- 22:09c'est une volonté que n'ont pas,
- 22:11évidemment,
- 22:14et n'ont pas les fabricants partout dans le monde.
- 22:18Et qui est responsable de ça ?
- 22:20Nous,
- 22:21d'une certaine façon,
- 22:22avec la fast fashion.
- 22:24Absolument,
- 22:25nous,
- 22:25et surtout les commanditaires,
- 22:28c'est-à-dire ceux qui ne veulent pas payer les euros de plus pour fabriquer de manière correcte,
- 22:36vertueuse.
- 22:37C'est tellement global.
- 22:39Et les industriels français,
- 22:41aujourd'hui,
- 22:42j'en connais quelques-uns,
- 22:43mais ils sont prêts sur le naturel.
- 22:46Est-ce que ?
- 22:47Techniquement,
- 22:48ils sont prêts,
- 22:49mais juste,
- 22:49ils n'ont pas les comptes.
- 22:51et globalement,
- 22:51ils sont prêts.
- 22:52Ce n'est pas un problème.
- 22:54D'accord,
- 22:55super.
- 22:55Ils veulent bien,
- 22:56ce n'est pas le souci.
- 22:57Mais ils n'ont pas les commandes.
- 22:58En fait,
- 22:59leur gros souci,
- 23:00et même en synthétique,
- 23:02c'est leurs commanditaires,
- 23:03les grosses boîtes,
- 23:04qui vont refaire faire
- 23:0615 fois des essais pour que la couleur,
- 23:08elle soit de manière…
- 23:11obsessionnelle qu'elle puisse être dans deux ans,
- 23:15dans trois ans,
- 23:16exactement la même teinte.
- 23:18Que des stylistes,
- 23:19des designers,
- 23:20soit la partie marketing,
- 23:24etc.,
- 23:25soient en train de refaire faire des essais.
- 23:29C'est trop homogène.
- 23:31l'homogénéité,
- 23:33une espèce de chose complètement maladive qui fait qu'on ne s'en sort pas.
- 23:39Et donc,
- 23:39il n'y a pas les commandes derrière parce que les commanditaires ne sont pas là et parce qu'ils imaginent ou peut-être,
- 23:46j'en sais rien,
- 23:47le consommateur.
- 23:48Alors,
- 23:48ça,
- 23:48c'est la vraie question.
- 23:50Est-ce que le consommateur est prêt ?
- 23:51En tous les cas,
- 23:52les commanditaires,
- 23:52ils ne veulent pas éduquer leur consommateur dans ce sens.
- 23:57Ou est-ce que réellement le consommateur n'est pas prêt ?
- 23:59Ou est-ce que les marques
- 24:00ne veulent pas faire ce pas parce qu'ils ont peur d'être mis de côté,
- 24:05discrédités.
- 24:06Parce que c'est toute une chaîne qui n'est pas prête derrière.
- 24:09Moi,
- 24:09j'ai entendu,
- 24:11je ne sais pas si c'est vrai,
- 24:13que chez Hermès,
- 24:14ça fait très longtemps,
- 24:15et je viens de l'entendre,
- 24:16parce que les ateliers A.S.,
- 24:18c'est une usine,
- 24:19c'est la rôde rose de l'impression en France.
- 24:22ils sont de pointe.
- 24:24Ça fait longtemps,
- 24:25très longtemps qu'ils sont en train d'étudier le naturel.
- 24:28Très,
- 24:29très longtemps.
- 24:30Donc,
- 24:30ils sont au point,
- 24:31c'est sûr.
- 24:32Ces gens-là,
- 24:32ils sont trop intelligents et trop pointus pour ne pas être au point là-dessus.
- 24:38C'est clair qu'ils sont prêts.
- 24:39Mais ils ne font pas le pas.
- 24:41Je veux dire,
- 24:41demain,
- 24:42ça marche.
- 24:43Demain,
- 24:43il y a la commande.
- 24:44Demain,
- 24:45il y a l'impression que…
- 24:47Mais en fait,
- 24:47ils ne font pas le pas.
- 24:48Et ils font… Alors,
- 24:50Hermès,
- 24:50par exemple,
- 24:51c'est…
- 24:51très évident,
- 24:52ils ne font pas le pas.
- 24:54Pourquoi ?
- 24:54Parce que leur client sait
- 24:57les
- 25:000,1% de la population mondiale les plus riches,
- 25:03mais ça ne les concerne pas.
- 25:05La question de l'écologie,
- 25:07ils n'en ont absolument rien à faire.
- 25:09C'est-à-dire que ce n'est pas juste leur problème.
- 25:11De toute façon,
- 25:11ils prennent l'avion pour traverser à l'autre bout du monde,
- 25:14pour aller s'acheter un sac Hermès,
- 25:16je ne sais pas quoi,
- 25:17un truc.
- 25:17Mais qu'est-ce qu'ils en ont à faire ?
- 25:20Je n'ai juste pas du tout leurs soucis.
- 25:24Donc,
- 25:24on est quand même dans un cercle de...
- 25:27on a du mal à sortir de ce cercle-là.
- 25:30Pour que des grands comme Hermès,
- 25:31qui par exemple sont déjà prêts techniquement vu qu'ils sont à la pointe,
- 25:36pour qu'eux basculent,
- 25:37c'est soit un consommateur qui est averti,
- 25:39qui est sensible et conscient,
- 25:41soit ça peut être des textes de loi qui obligent les entreprises.
- 25:44Est-ce que ça pourrait être envisageable que l'État propose une partie de la production en teinture naturelle ?
- 25:54Si on prend Hermès,
- 25:55Est-ce que c'est réellement intéressant qu'il remette ce passant naturel ?
- 25:58Je ne suis pas sûre,
- 25:59parce que des usines comme ça,
- 26:01elles ont les moyens.
- 26:03de faire du synthétique propre.
- 26:06Elles ont les moyens.
- 26:07C'est pour ça que la place du naturel,
- 26:09elle doit être là.
- 26:11Elle est importante,
- 26:12mais il ne faut pas imaginer que ce soit intéressant de remplacer le synthétique par le naturel.
- 26:17Ça n'a pas de sens.
- 26:18Pour moi,
- 26:19personnellement,
- 26:20ça n'a pas de sens.
- 26:21Et d'ailleurs,
- 26:22si ce qu'on se tue et ce que je me tue à dire aux étudiants qui parfois disent que le naturel,
- 26:27c'est écologique,
- 26:29le naturel,
- 26:29ce n'est pas nécessairement écolo.
- 26:31parce que ça consomme beaucoup d'eau,
- 26:34parce que c'est beaucoup plus complexe que ça,
- 26:35et pas parce qu'on utilise des colorants naturels qu'on est vertueux.
- 26:39Il ne faut pas faire de raccourcis,
- 26:43mais il y a quand même...
- 26:43En fait,
- 26:43il faut distinguer plusieurs choses,
- 26:45et vous mettez le doigt dessus,
- 26:45et c'est hyper intéressant,
- 26:47c'est que les industriels,
- 26:49il y a des industriels qui sont déjà propres avec du synthétique.
- 26:52Bien sûr.
- 26:53Par contre,
- 26:54il y a des pays où les normes de retraitement des eaux et où les usines et le matériel n'est pas à la pointe.
- 27:00Donc,
- 27:00on ne peut pas...
- 27:01et les colorants ne sont pas de on va dire de qualité pour ne pas être trop impactant donc il y a cette partie là et de l'autre côté il y a la coloration enfin la teinture naturelle qui si elle est bien faite avec un respect des quantités d'eau des quantités de pigments etc peut être intéressante mais il ne faut pas faire le raccourci de
- 27:20synthétique veut dire polluant et teinture naturelle veut dire écologique absolument c'est ça ce que je comprends très bien c'est tout à fait ça et en plus d'accord à un moment donné si oui
- 27:30Les couleurs naturelles devenaient,
- 27:32imaginons,
- 27:32ce n'est pas possible,
- 27:33mais imaginons que d'un seul coup,
- 27:36ce soit utilisé à un niveau d'une consommation énorme.
- 27:41On se retrouverait dans les mêmes problèmes de concentration,
- 27:44de rejet.
- 27:47L'excès pose problème dans tous les cas.
- 27:50Dans tous les cas,
- 27:51c'est l'excès qui pose problème.
- 27:53Et pour moi,
- 27:54c'est ce qu'il faut faire comprendre,
- 27:55nous,
- 27:55ce qu'on essaye de faire comprendre à nos étudiants.
- 27:58Voilà,
- 27:58que ça a plein de qualités.
- 28:00Et en fait,
- 28:01là où c'est intéressant aussi,
- 28:03c'est dans le changement de mentalité et de paradigme.
- 28:06C'est-à-dire que...
- 28:07le naturel,
- 28:08c'est pareil.
- 28:09C'est intéressant si on utilise des colorants locaux.
- 28:12C'est la localité qui est intéressante.
- 28:15C'est le on fait avec ce qu'on a là et puis on fait dans des quantités raisonnables C'est-à-dire qu'on consomme d'une manière intelligente.
- 28:22C'est le sens qui est intéressant.
- 28:24Oui,
- 28:24le bon sens.
- 28:25Pour moi,
- 28:26c'est l'ajout de sens.
- 28:29En plus,
- 28:30et ça je suis reviendrie tout à l'heure parce que c'est majeur,
- 28:33pour moi,
- 28:34quand même,
- 28:34juste le bonheur du naturel,
- 28:36C'est juste la couleur,
- 28:37on oublie de dire le truc le plus principal,
- 28:40ce champ chromatique qui est naturel,
- 28:42c'est juste dans l'éveil des sens.
- 28:46Juste,
- 28:46le naturel,
- 28:47c'est quand même la couleur.
- 28:48Un,
- 28:49d'abord,
- 28:49parce que c'est juste merveilleux,
- 28:51esthétiquement parlant,
- 28:53et puis dans le sens.
- 28:56C'est un monde,
- 28:57et c'est ça qui nous manque aujourd'hui.
- 28:58C'est ça que l'industrie a complètement appauvri.
- 29:02C'est cette espèce de normalisation,
- 29:04c'est cette espèce de platitude des choses.
- 29:08La question,
- 29:08pour moi,
- 29:09ce n'est pas tellement le naturel qui va nous sauver en tant que pollution,
- 29:14Non,
- 29:15il ne faut pas le prendre comme ça.
- 29:17Il peut être polluant,
- 29:18il peut être mauvais,
- 29:21et en plus,
- 29:22s'il est excessif,
- 29:23il l'est de toute façon.
- 29:25Par contre,
- 29:27la grande force,
- 29:29c'est cet ajout de…
- 29:34de sens,
- 29:35cet ajout d'émerveillement,
- 29:38j'ai envie de dire,
- 29:39cet ajout de…
- 29:40Avec la gamme de couleurs que propose.
- 29:42Avec la gamme de couleurs,
- 29:44enfin je ne sais pas,
- 29:44je trouve que portée,
- 29:49d'abord ça se voit,
- 29:50et en plus sur soi,
- 29:52c'est-à-dire un vêtement dont on sait que la plante,
- 29:57c'est telle plante,
- 29:58elle a poussé là.
- 30:00Voilà,
- 30:02c'est retrouver...
- 30:04Un lien avec la nature ?
- 30:05Absolument,
- 30:06c'est tout ce sens.
- 30:08C'est retrouver une émotion,
- 30:11un affect,
- 30:11c'est remettre tout cet aspect affectif,
- 30:15primordial,
- 30:16dans qu'est-ce que je porte,
- 30:18qu'est-ce que je mets chez moi.
- 30:20Et ça,
- 30:21c'est tout ce qu'on a perdu.
- 30:24Et justement,
- 30:24là-dessus,
- 30:25Isabelle,
- 30:25il y a un sujet qui est important et qui revient souvent,
- 30:28c'est l'histoire de la transmission,
- 30:31de l'art de la teinture,
- 30:32mais aussi de l'art de l'impression.
- 30:34Comment vous vous transmettez aujourd'hui ce savoir ?
- 30:38Je crois comprendre que c'est essentiellement par tout ce qui est cours dans l'école.
- 30:44Est-ce que vous pouvez nous dire un peu les matières qui sont étudiées par vos élèves,
- 30:47un petit peu comment ça se passe,
- 30:49les types d'enseignants,
- 30:50les types de pratiques,
- 30:51etc.
- 30:52sur le parc art et déco de Paris ?
- 30:55Les étudiants aux arts déco font 5 ans aux arts déco.
- 30:58La première année,
- 30:58c'est une année un petit peu de tronc commun,
- 31:01où ils peuvent naviguer un petit peu dans quelques ateliers,
- 31:04et puis vraiment être dans la transversalité,
- 31:08avant de décider dans quel secteur ils vont aller.
- 31:11Il y a dix secteurs dans l'école,
- 31:13des secteurs qui sont vraiment options très design,
- 31:16design vêtements,
- 31:17design textile et matière,
- 31:19design objet,
- 31:20architecture intérieure,
- 31:22images imprimées,
- 31:23design graphique,
- 31:24cinéma d'animation.
- 31:26Et alors avec des secteurs qui sont un petit peu plus artistiques,
- 31:29photos,
- 31:29vidéos,
- 31:30art espace,
- 31:31donc j'en ai forcément oublié un.
- 31:34Bon voilà,
- 31:34grosso modo,
- 31:35il y a dix secteurs qui sont un peu plus design ou un peu plus art.
- 31:41Quand ils arrivent en design textile et matière,
- 31:44on essaye d'avoir un parcours.
- 31:46D'abord,
- 31:46on les ouvre à quelque chose qui est un petit peu,
- 31:50sans leur parler trop,
- 31:51produit,
- 31:52cible,
- 31:53environnement,
- 31:54mais d'être vraiment plus créatif.
- 31:55Mais dès qu'ils rentrent dans l'école,
- 31:56par exemple,
- 31:57depuis quelques années,
- 31:58la première semaine qu'ils passent dans l'école,
- 32:00ils teignent en naturel des fils.
- 32:04qui vont tisser la semaine d'après ou tricoter.
- 32:07C'est leur première arrivée dans le secteur,
- 32:09déjà,
- 32:10immersion totale,
- 32:11couleur naturelle,
- 32:13dans notre atelier de l'endossissement.
- 32:15Alors,
- 32:16les grandes matières,
- 32:18on va dire,
- 32:18et les grands points forts qu'on essaye de leur donner,
- 32:21c'est vraiment ce sens de la couleur.
- 32:23Textile,
- 32:23c'est la couleur.
- 32:25Le graphisme,
- 32:26parce que la conception graphique en général,
- 32:29le tissage,
- 32:30la maille et l'impression.
- 32:34C'est vraiment les matières principales.
- 32:38Donc,
- 32:38il navigue entre ça,
- 32:39mais toujours avec un lien entre les deux.
- 32:42C'est-à-dire qu'il dessine des choses qui vont venir imprimées,
- 32:45il dessine des choses qui vont les inspirer pour faire de la maille,
- 32:49du jacquard tissé.
- 32:51Enfin,
- 32:51toutes ces choses sont mélangées,
- 32:52la couleur.
- 32:54la maille,
- 32:55le tissage,
- 32:55la matière de manière intrinsèque.
- 32:57Et à chaque fois,
- 32:59tout leur parcours,
- 33:00chaque semaine,
- 33:01tout le temps,
- 33:02ils sont un peu dans les ateliers.
- 33:04Que ce soit l'atelier d'enlouissement,
- 33:06l'atelier de maille,
- 33:06l'atelier de tissage,
- 33:07toute l'année,
- 33:08tout le temps.
- 33:10Alors,
- 33:11c'est la pratique toujours qui rebondit entre un peu de théorie,
- 33:16mais c'est toujours de la réflexion,
- 33:19du concept,
- 33:20étudier.
- 33:21Voilà,
- 33:21mais c'est surtout développer les outils de réflexion et les outils pratiques pour être des concepteurs et pouvoir réaliser dans tous ces domaines-là.
- 33:32Et puis plus ça va,
- 33:32plus ça s'ouvre.
- 33:34Ils peuvent aussi travailler la matière dehors de nos ateliers qui sont stricto sensus textiles et réaliser de la matière partout dans nos ateliers d'école,
- 33:42qui peuvent être des ateliers bois,
- 33:44résine,
- 33:45méthane,
- 33:45céramique,
- 33:46tous ces ateliers-là où ils travaillent la matière.
- 33:50en croisant les ateliers.
- 33:52C'est vrai que c'est une école qui est riche parce que c'est dans les croisements qu'ils apprennent à être très créatifs et qu'ils aiment ça d'ailleurs.
- 34:03Et dans les débouchés,
- 34:05dans les élèves qui sont sortis de l'école,
- 34:08que vous avez accompagnés et qui se sont plutôt orientés sur la couleur végétale,
- 34:12est-ce que vous avez des domaines ou des noms à citer de personnes ?
- 34:16Qu'est-ce qu'elles ont eu comme débouchés ?
- 34:18Des étudiants qui se sont vraiment orientés de manière très claire,
- 34:24uniquement peinture naturelle,
- 34:26à part
- 34:27Clément, qui est quand même le plus évident.
- 34:34Il est très radical,
- 34:35et qu'il a fait un partenaire merveilleux dans ce domaine-là,
- 34:38et qu'il ne cesse de devenir plus pointu,
- 34:42plus compétent à tous les niveaux.
- 34:47En fait,
- 34:47il n'y a aucun étudiant autre qui s'est spécialisé dans la couleur naturelle.
- 34:52S'il y a une étudiante qui a monté une petite marque,
- 34:57alors qu'à l'école elle n'était pas trop intéressée par ça,
- 35:00puis finalement elle a monté une petite marque où elle fait pas mal de choses avec de l'indigo.
- 35:06exclusivement de l'indigo puis sinon des fibres qui est très une petite marque dont il faut que je retrouve le nom d'accord des chaps je le mettrai en commentaire dans le podcast une fois qu'on aura fini avec des fibres naturelles et
- 35:23puis un petit peu de teinture de l'indigo mais vraiment des étudiants qui se sont spécialisés là-dedans non
- 35:30très peu.
- 35:30Et pourquoi ?
- 35:31Parce qu'effectivement,
- 35:32dans leur parcours,
- 35:33il n'y a pas encore de lieu de fabrication.
- 35:36C'est-à-dire que soit ils deviennent artisans,
- 35:39cet étudiant dont j'ai oublié le nom de la marque,
- 35:42soit ils produisent eux-mêmes,
- 35:44mais sinon...
- 35:45Il n'y a pas d'entreprise qui sont prêtes à les accueillir pour les aider à développer cette partie-là.
- 35:51Donc les débouchés aujourd'hui,
- 35:52c'est bouché parce que de l'autre côté,
- 35:54il n'y a pas forcément d'opportunité.
- 35:56Il n'y a pas d'opportunité.
- 35:59Donc,
- 35:59à part des chevaliers comme Clément,
- 36:03qui est parti en croisade et qui a décidé de faire tout en naturel dans le domaine dans lequel il s'est développé,
- 36:12c'est un peu cet ordre-là,
- 36:13il faut travailler.
- 36:16Et voilà,
- 36:16il y en a qui seraient prêts.
- 36:18C'est très étonnant,
- 36:19c'est-à-dire que tous les étudiants qui prennent contact avec des petites manufactures,
- 36:23je pense aussi à une étudiante.
- 36:26en ce moment en cinquième année qui travaille sur justement le côté la pièce unique comment la pièce unique peut s'inventer dans une manufacture ou dans une industrie elle a pris contact c'est un sujet super intéressant c'est comment on peut ramener l'unique dans
- 36:43la série et elle a pris contact avec les tisseurs et imprimeurs et ils sont super intéressés par développer leur course
- 36:54compétences en impression naturelle.
- 36:55C'est hyper intéressant,
- 36:57mais on est encore dans des micro-capsules,
- 37:00c'est-à-dire qu'ils ne savent pas qui vont le vendre encore aujourd'hui.
- 37:04Donc on revient à ce qu'on disait au début Il faut des commanditaires et des consommateurs avertis Il faut ouvrir un peu les champs
- 37:10Pour qu'il y ait des débouchés Donc du coup on a cité
- 37:13Clément Qui est l'épisode 3 du podcast Qui va passer là
- 37:18Février donc on pourra justement rebondir Et ça c'est top
- 37:21J'avais d'autres questions C'était est-ce que autour de la teinture végétale Il y a des gens qui fédèrent cet art
- 37:28Cette pratique Est-ce que vous connaissez des organismes
- 37:33ou c'est manqué ?
- 37:34Dans les formations,
- 37:36pas tant que ça en fait,
- 37:38c'est des personnalités qui fédèrent,
- 37:39et puis vous les avez déjà un peu rencontrées,
- 37:42Dominique Cardon,
- 37:43qui est vraiment la référence,
- 37:46Michel Garcia,
- 37:47qui est vraiment magnifique,
- 37:50Sandrine Rosier,
- 37:52que j'aimerais bien que vous expliquiez,
- 37:54parce que c'est des ambassadeurs.
- 37:58Alors,
- 37:58il y en a d'autres.
- 37:59Pour moi,
- 38:00je dirais qu'il y a un petit peu deux voies.
- 38:02C'est-à-dire que la couleur naturelle,
- 38:05elle se développe.
- 38:06L'intérêt pour la couleur naturelle se développe quand même,
- 38:09mais plutôt dans un côté très loisir créatif,
- 38:13plutôt do-it-yourself.
- 38:15Il y a plein de gens qui font des formations,
- 38:18qui font des week-ends pour que les gens… Alors,
- 38:22ça,
- 38:22c'est intéressant.
- 38:23C'est-à-dire qu'effectivement,
- 38:24il y a ça aussi dans la couleur naturelle.
- 38:26Il y a la possibilité…
- 38:28d'être pour soi dans une démarche d'auto-teinture et tout ça.
- 38:33C'est super intéressant parce que ça,
- 38:35je trouve que ça se développe beaucoup.
- 38:37En tous les cas,
- 38:38on en entend pas mal parler.
- 38:40Des gens qui refont des jardins tintoriaux,
- 38:43qui font des amaps.
- 38:44Peut-être Clément en a parlé,
- 38:47de Cécilia Aguirre qui a fait une amap.
- 38:50de plantes.
- 38:51Ça,
- 38:51c'est super intéressant.
- 38:53Aurélien Wolff qui fait aussi...
- 38:55Il y a des gens qui ont des super belles initiatives dans le fait de se dire,
- 39:00à une micro-échelle,
- 39:03on peut remettre en culture une amable de plantes territoriales.
- 39:06C'est quand même assez formidable.
- 39:08C'est-à-dire qu'on peut acheter ou on peut cultiver après.
- 39:11Il y a des gens qui poussent dans ce qu'on veut avoir dans son jardin ou justement acheter des plantes territoriales qui ont été poussées en région parisienne.
- 39:20et puis pour faire son autoproduction ça je dirais que c'est une branche c'est pas la branche industrielle c'est deux branches donc il y a deux branches de ce côté là je trouve que ça se développe ça florise
- 39:34C'est un grand intérêt et ça je le vois à l'école,
- 39:37tous les étudiants,
- 39:39j'ai envie de dire tous,
- 39:40ils s'essayent.
- 39:42Dans tous les secteurs,
- 39:43par contexte,
- 39:44ils font tous des teintures à base de l'or.
- 39:49Puisqu'on est vraiment dans le recyclage,
- 39:51etc.,
- 39:51donc la grande tendance,
- 39:53c'est mes déchets alimentaires,
- 39:55mes déchets végétaux,
- 39:56je teinte avec ce que j'ai sous la main.
- 40:00Ça,
- 40:00c'est une des tendances.
- 40:02C'est super,
- 40:03c'est sympathique,
- 40:04j'ai envie de dire,
- 40:05parce qu'on passe par ces...
- 40:06Effectivement,
- 40:07on peut teindre avec plein de trucs,
- 40:09mais c'est juste pas du tout.
- 40:12des problématiques de la branche industrielle.
- 40:14Parce que teindre avec sa betterave,
- 40:16son chou rouge ou son curcuma,
- 40:18ou même ses peaux d'avocat,
- 40:20génial,
- 40:21ça ne tient pas.
- 40:22Ça ne tiendra jamais,
- 40:23de toute façon.
- 40:24Et puis,
- 40:24il y a des étudiants qui...
- 40:26Et ça aussi,
- 40:26c'est intéressant,
- 40:27qui font des doctorats.
- 40:29Alors,
- 40:29si je n'en ai pas parlé quand même...
- 40:31quand même des étudiants qui sont actuellement en train de faire des doctorats.
- 40:34Et ça,
- 40:35c'est super intéressant sur la réflexion de comment est-ce qu'on peut intégrer l'usure.
- 40:43Alors l'usure,
- 40:43en général,
- 40:44ça peut être l'usure d'une fille,
- 40:45mais ça peut être aussi l'usure de la couleur.
- 40:48dans la vie d'un produit.
- 40:49C'est-à-dire qu'un produit,
- 40:50on ne conçoit pas des produits qui soient figés.
- 40:54Et ça,
- 40:54c'était l'objet d'un diplôme d'une étudiante il y a quelques années qui aujourd'hui est en doctorat,
- 40:59Lou Ramache,
- 41:00c'est quelqu'un que vous pouvez contacter.
- 41:03Et elle travaille effectivement sur comment...
- 41:07Et ça,
- 41:07c'est beaucoup de choses dont la mentalité a changé.
- 41:09Alors bien sûr,
- 41:10c'est un doctorat,
- 41:11ça reste quelque chose très en amont,
- 41:12très pointu.
- 41:13Mais comment est-ce qu'on pourrait...
- 41:15Et comment elle,
- 41:16elle a intégré...
- 41:17mesure de certaines couleurs.
- 41:18Donc,
- 41:19en cherchant volontairement à utiliser certains colorants,
- 41:22c'est le beau curcuma qui m'a fait penser.
- 41:24C'est-à-dire qu'effectivement,
- 41:25à un moment donné,
- 41:26elle a fabriqué des grandes pièces textiles qu'elle a imprimées ou qu'elle a tissées,
- 41:34avec des fils qui étaient teints.
- 41:36avec un curcuma qui allait passer de toute façon,
- 41:39mais qui a laissé la place à autre chose,
- 41:41un colorant qui tenait mieux derrière,
- 41:44et elle avait imaginé l'évolution du produit pour que dans son intérieur ou chez soi,
- 41:50le produit ne soit pas stable dans le temps,
- 41:53mais que son évolution soit pensée,
- 41:55réfléchie,
- 41:57et qu'on n'ait plus des produits immuables,
- 42:00on est des produits qui bougent,
- 42:01des produits qui vivent.
- 42:03Donc ça c'est intéressant.
- 42:05Voilà,
- 42:05j'ai envie de dire qu'il y a deux branches.
- 42:08Il y a la branche,
- 42:08effectivement,
- 42:10où on intègre ce côté-là,
- 42:11utiliser des déchets,
- 42:13utiliser...
- 42:13Mais on sera de toute façon dans quelque chose qui sera très volatile,
- 42:17qui ne sera pas stable.
- 42:19Donc,
- 42:20réfléchir à la non-stabilité,
- 42:22c'est super intéressant.
- 42:24Mais si on veut,
- 42:25actuellement,
- 42:26on est déjà loin devant quand on pense ça.
- 42:28On est un peu loin devant,
- 42:29puisqu'on voit bien que même sur un produit qui tient,
- 42:32qui est solide,
- 42:33qui a des super résistances,
- 42:36usure,
- 42:36lavage,
- 42:36lumière,
- 42:37etc.,
- 42:38on n'y va déjà pas.
- 42:41Et l'industrie,
- 42:42elle va s'intéresser à ça.
- 42:45Donc,
- 42:46des étudiants qui ont trouvé un débouché dans l'industrie,
- 42:49il n'y en a pas,
- 42:49puisqu'en fait,
- 42:51actuellement,
- 42:52il y a…
- 42:52Il n'y a pas d'industrie,
- 42:53puisqu'il n'y a pas de consommation là-dedans.
- 42:56Nos étudiants,
- 42:58ils sont plutôt sur ce débouché qui est finalement,
- 43:04qui reste très artisanal et qui reste très prospectif.
- 43:07Parce que quand est-ce que le consommateur sera prêt à acheter un produit qui va évoluer avec le temps,
- 43:16qui sera compostable ?
- 43:18On en a envie,
- 43:19on fait tout pour.
- 43:21Voilà.
- 43:31Ce sont les dirigeants de demain.
- 43:38Ok,
- 43:38alors on y croit,
- 43:38on aimerait bien.
- 43:39Alors heureusement,
- 43:41on voit ce petit changement.
- 43:42C'est-à-dire que moi,
- 43:43j'observe au travers de nos étudiants,
- 43:47il y en a quand même qui commencent à se dire,
- 43:48il faut aller à l'intérieur,
- 43:50il faut aller à l'intérieur du problème pour faire bouger.
- 43:52Il ne faut pas rester à la marge,
- 43:54il faut se frotter à la difficulté.
- 43:56Il faut réfléchir.
- 43:57avec les industriels il faut faire bouger c'est les comportements fondamentaux c'est préféré les petites séries les produits qui sont réutilisables les intemporels,
- 44:10la slow fashion mais qui est un coup et puis il y a plein de bonnes intentions mais au moment de de passer à l'acte d'achat ça freine tellement
- 44:23on va repartir sur la couleur quel serait votre colorant votre pigment ou votre couleur si elle devait vous définir et pourquoi
- 44:33Alors,
- 44:33il n'y en aurait pas une,
- 44:34mais franchement,
- 44:35il n'y en aurait pas une parce que c'est impossible à dire.
- 44:38Non,
- 44:39mais je vais parler de la magie des couleurs naturelles.
- 44:43Et c'est pourquoi est-ce que,
- 44:44par exemple,
- 44:45on commence aux arts déco,
- 44:47première chose quand ils arrivent dans notre secteur,
- 44:50c'est s'il y a matière,
- 44:50pourquoi on leur fait faire la couleur naturelle ?
- 44:52Parce que c'est magique,
- 44:54c'est juste magique.
- 44:55C'est incroyable,
- 44:57on leur montre,
- 44:58mais il n'y a même pas besoin de leur montrer,
- 45:00ils le voient.
- 45:01c'est-à-dire qu'en fait,
- 45:02il teigne des fils,
- 45:03et ensuite il tisse ou il tripote,
- 45:05et quasi quoi qu'il fasse,
- 45:07c'est harmonieux,
- 45:08c'est-à-dire que suivant les affinités,
- 45:11les envies,
- 45:11les goûts,
- 45:12les attirances de l'un ou des autres,
- 45:15il se passe des choses merveilleuses.
- 45:16C'est-à-dire que la couleur,
- 45:17par contre,
- 45:18la couleur naturelle,
- 45:20c'est les couleurs naturelles en général,
- 45:21c'est-à-dire qu'avec…
- 45:24Cinq couleurs en base,
- 45:25c'est un monde chromatique qui est une richesse.
- 45:30C'est-à-dire qu'un indigo,
- 45:33la garance,
- 45:33la cochenille,
- 45:34une orézéda,
- 45:35on va remettre quand même un ou deux jaunes,
- 45:37le bois de campèche,
- 45:38allez,
- 45:38on en prend.
- 45:40Et puis après,
- 45:40on peut enrichir plus subtil avec tous les bois,
- 45:45certains tanins,
- 45:45enfin voilà,
- 45:46si je peux,
- 45:47j'en mets plus quand même.
- 45:48J'en mets une dizaine.
- 45:50Mais avec ça,
- 45:51c'est un monde.
- 45:52qui est merveilleux.
- 45:53Et quoi qu'on fasse,
- 45:54on pose des choses les unes à côté des autres.
- 45:56Et ils font des choses,
- 45:57et c'est beau,
- 45:58et ça donne envie,
- 45:59et ça donne un élan,
- 46:00et on est fasciné.
- 46:02Bon,
- 46:02ben,
- 46:04ça c'est inégalable.
- 46:05Et quand les étudiants,
- 46:07ils appréhendent ça,
- 46:08ils le voient,
- 46:09ben effectivement,
- 46:11ils sont conquis.
- 46:12Ils ont envie de ça.
- 46:14Comme je vous le disais,
- 46:14comme on est quand même...
- 46:17Le but c'est quand même de leur donner un vocabulaire qui leur permet,
- 46:20un vocabulaire de savoir-faire qui leur permet de naviguer dans l'industrie en général.
- 46:26Ils apprennent évidemment tous les colorants et tous les pigments de synthèse pour pouvoir bien évidemment les comprendre et les manipuler de la même manière.
- 46:35Et notre grand problème quand même c'est qu'on manque de temps.
- 46:41On a l'impression que tout est malheureusement un peu survolé.
- 46:44C'est-à-dire que quand ils sortent d'une formation,
- 46:46et Dieu sait si on essaye d'approfondir,
- 46:50s'ils n'ont pas eux-mêmes l'envie,
- 46:55et si en cinquième année,
- 46:56par exemple,
- 46:56ils n'ont pas la volonté de développer particulièrement ça,
- 47:01Il faut que derrière,
- 47:02il y ait une envie de travailler derrière,
- 47:05parce que c'est trop basse,
- 47:06trop long,
- 47:06trop compliqué,
- 47:08pour dire que dans une formation même de 4 ans dans un secteur comme l'école,
- 47:13ils sont performants.
- 47:14Ils ne sont pas du tout performants en sortant.
- 47:17il faut continuer à pratiquer énormément quelle est pour vous la matière qui est la plus naturelle qui pour vous est la plus agréable à travailler et pourquoi ?
- 47:31avec les colorants naturels
- 47:33La laine est assez merveilleuse parce que la laine et la soie,
- 47:38c'est vrai que les protéines,
- 47:39elles donnent une intensité de couleur qui est vraiment très très belle.
- 47:46Et puis j'ai vraiment envie de défendre la laine parce que dans cette démarche de relocalisation,
- 47:54en France,
- 47:55il y a des filières qui se remontent et on a un grand potentiel quand même parce que de toute façon,
- 48:01il y a des vaches,
- 48:02il y a des moutons.
- 48:03On ne concurrencera pas le Mérinos australien.
- 48:06Australien.
- 48:08Et on peut quand même,
- 48:10il y a plein de belles choses.
- 48:11Et la naine est merveilleuse avec les colores naturelles.
- 48:14Et le nain,
- 48:15le nain français.
- 48:18voilà,
- 48:18moi je suis très c'est tellement dans le sens de relocaliser les choses,
- 48:23le lin parce que le chanvre,
- 48:25la France a un grand potentiel là-dedans,
- 48:28il y a des filatures de lin qui se remettent en France quand même c'est important de dire enfin c'est merveilleux,
- 48:34des gens qui sont super militants pour redémarrer ces filatures en France et puis la laine c'est deux matières et c'est là où il y a des grandes affinités
- 48:47il faut relancer ces filiales-là et leur donner toute leur lettre de noblesse pour finir Isabelle est-ce que vous auriez un livre qui vous a inspiré,
- 48:58accompagné ou a recommandé pour les gens qui écoutent ben non parce qu'il n'existe pas le livre il n'existe pas alors du coup ce serait quoi le livre ?
- 49:11moi je pense que il y a une bible c'est celle de Dominique Cardon
- 49:17C'est quand même la Bible.
- 49:19Celui-là,
- 49:20il nous accompagne.
- 49:22Celui-ci ?
- 49:23Oui.
- 49:25Le monde des teintures naturelles.
- 49:28C'est notre Bible à tous.
- 49:30C'est vrai.
- 49:33c'est hyper intéressant mais dites-le que c'est riche quoi je vous enverrai aux étudiants quand ils me posent une question va voir dans la bible tu vas voir ça c'est sûr mais Dominique Cardon c'est vraiment décolorant,
- 49:48comprendre et le livre de savoir-faire le livre qui serait pointu et qui serait c'est le livre que j'aimerais que Lucien Garcia puisse faire un jour
- 50:06On va lui envoyer cet extrait de commande de livre technique.
- 50:10Qui ne ferait d'ailleurs peut-être pas tout seul,
- 50:11qui ferait peut-être avec un clément,
- 50:13avec une sandrine,
- 50:15qui ferait avec ces gens-là.
- 50:17C'est-à-dire qu'en fait,
- 50:18c'est les praticiens.
- 50:19Et en fait,
- 50:20ils sont sans arrêt en train de,
- 50:22en fait,
- 50:22par la pratique permanente et la recherche permanente.
- 50:28ils sont sans arrêt en train d'évoluer,
- 50:30d'affiner,
- 50:31de simplifier.
- 50:34Je vois par exemple que quand on a commencé,
- 50:37moi j'ai été formée par Michel,
- 50:39au début ce que Michel nous disait,
- 50:40ce qu'il nous apprenait,
- 50:42et quand on se revoyait plus tard,
- 50:45il disait ah ben non,
- 50:46je ne fais plus comme ça et encore il n'arrête pas de changer.
- 50:49Il perfectionne à chaque fois.
- 50:51Oui,
- 50:51il perfectionne,
- 50:52il simplifie,
- 50:52il essaie de…
- 50:54Le pil,
- 50:54il expérimente en permanence.
- 50:57Le but étant d'avoir des savoir-faire,
- 51:00des recherches,
- 51:01et ça dépend à quoi on les destine.
- 51:03C'est-à-dire que le savoir-faire de quelqu'un dans sa cuisine n'a rien à voir avec le savoir-faire de quelqu'un qui peut assurer résistance,
- 51:10lumière,
- 51:10lavage.
- 51:12Donc,
- 51:12le livre qu'il faudrait,
- 51:13c'est un livre qui puisse dire si on n'est pas trop exigeant,
- 51:18c'est telle recette,
- 51:20on peut aller plus loin.
- 51:21Et si on a besoin de ça.
- 51:23Ce n'est pas la même recette.
- 51:25Et si on est quelque part…
- 51:28Ça, ça n'existe pas.
- 51:30Un livre qui dit un petit peu la latitude de ce qu'on peut faire.
- 51:34Et dans une école comme la nôtre,
- 51:36par exemple,
- 51:37on est obligé quand même de faire des recettes qui soient un peu simplifiées,
- 51:40parce que c'est toujours une sorte de gain de temps.
- 51:43Ce n'est pas la même recette,
- 51:44ce ne sont pas les mêmes choses,
- 51:45si on dit qu'est-ce qu'on veut ?
- 51:47On veut une résistance,
- 51:49on veut un noir parfait qui résiste.
- 51:54Alors là,
- 51:55c'est beaucoup plus de temps,
- 51:56par exemple,
- 51:57qu'on n'a même pas dans une école.
- 51:58Mais est-ce que ça vaut le coup de l'avoir dans une école ?
- 52:01cette résistance,
- 52:02ça dépend quel est le projet.
- 52:03Si c'est montré juste un projet,
- 52:06non.
- 52:07Mais en même temps,
- 52:07on aimerait bien pouvoir dire Mais oui,
- 52:09mais attention,
- 52:10si un jour tu veux avoir vraiment une couleur intense qui résiste,
- 52:18ce ne sera pas le même process.
- 52:20Donc ce livre qui met en perspective,
- 52:22il n'existe pas.
- 52:23Dans le fond,
- 52:25est-ce qu'il n'est pas utopique d'ailleurs ?
- 52:26Parce qu'il faudrait...
- 52:28Voilà.
- 52:28Mais en tous les cas,
- 52:29un livre est...
- 52:30qui aurait cette approche.
- 52:36Donc,
- 52:37un livre technique,
- 52:39un livre technique avec les colorants,
- 52:40mais qui se réfléchit par l'usage final du projet.
- 52:46On va relancer Michel là-dessus pour qu'il travaille,
- 52:50s'il est OK.
- 52:51Parce que Michel,
- 52:53tout ce qu'il a produit,
- 52:54c'est de référence.
- 52:58c'est disques,
- 52:59c'est CD ces choses là mais un livre qui serait vraiment je pense qu'il n'existe pas trop chacun et puis c'est un peu cette évolution bon bah écoutez Isabelle c'est parfait,
- 53:13est-ce que vous avez un mot de la fin que vous avez envie de rajouter ?
- 53:18Il faut essayer de rentrer dans...
- 53:20C'est-à-dire que c'est un monde chromatique qui est tellement merveilleux que je suis à la fois très contente que même quand ça bricole et même quand c'est pas très abouti,
- 53:32que le plus de gens possible se frottent à ce monde chromatique parce que c'est un éveil de la couleur qui est merveilleux.
- 53:43Voilà,
- 53:43c'est fascinant.
- 53:45Regardez la couleur naturelle,
- 53:48c'est un émerveillement de couleurs.
- 53:51D'une manière ou d'une autre,
- 53:52tous les gens qui essayent de le faire partager,
- 53:55quelle que soit leur manière de le faire partager,
- 53:57je trouve que c'est très bien parce que c'est une sensibilité qu'il ne faut pas perdre,
- 54:02qu'il faut retrouver.
- 54:04C'est une émotion de la couleur qu'il faut propager,
- 54:07en fait.
- 54:09Je vous invite à me rejoindre sur ma page Instagram
- 54:12ARTECOVERT pour y découvrir le nom des prochains invités.
- 54:19Je me permets de vous rappeler que la seule manière de soutenir ce podcast est de le noter et le commenter sur la plateforme d'écoute de votre choix.
- 54:27C'est ainsi qu'on arrivera à faire porter la voix de ces passionnés de la couleur végétale.
- 54:32Merci à tous ! Savoir si vous allez aimer, les mots clés du podcast ArtEcoVert : teinture végétale plantes tinctoriales indigo garance encre végétale couleur végétale colorants végétaux pigments végétaux coloration capillaire végétale fibres naturelles colorants biosourcés tanins teinture naturelle plantes artecovert couleurs de plantes design végétal couleur jardin agriculture tinctoriale