Latest / Africa Fashion Tour / Eustache Ahomagnon, fondateur de la marque Vognon
Transcript
- 0:00En fait,
- 0:00en Afrique,
- 0:01ou au Bénin précisément,
- 0:02on a cette culture d'aller voir un couturier et faire des vêtements sur mesure.
- 0:08Et on a la chance aussi d'avoir
- 0:11Miss Ebo qui est un marché de fripes,
- 0:12où on pourrait retrouver des vêtements de seconde mère ou aussi des tissus en friperie.
- 0:18Du coup,
- 0:19en fait,
- 0:19ce que je faisais,
- 0:19c'est que j'allais dans ces marchés,
- 0:20je vais chercher les tissus et je vais me faire des vêtements en mode des vestes,
- 0:24des pantalons cargo,
- 0:26voilà.
- 0:26Parce que c'est un peu mon style,
- 0:27c'est ce que j'aime.
- 0:28En tant que photographe,
- 0:28j'aime bien avoir des pantalons cargo,
- 0:30j'aime bien avoir des vestes et tout.
- 0:31Et du coup,
- 0:32en fait,
- 0:32je suis allé créer ces pièces.
- 0:35Et j'avais un ami qui était là,
- 0:39qui avait vu mes vêtements.
- 0:40Il me dit,
- 0:41c'est trop bien ce que tu fais.
- 0:43Est-ce que tu m'amènes voir ?
- 0:44Parce qu'en fait,
- 0:44il est français et il était en expatriation ici.
- 0:48Et il m'a dit,
- 0:49est-ce que tu pourrais me faire des vêtements aussi ?
- 0:51J'ai dit,
- 0:51écoute,
- 0:51ce que je vais te proposer,
- 0:52je vais te faire vivre l'expérience.
- 0:54Tu viens avec moi,
- 0:54je t'amène au marché.
- 0:57C'est sport,
- 0:58mais je t'amène voir le marché,
- 0:59il y a du monde et tout,
- 1:00mais voilà,
- 1:00on va essayer d'aller choisir un tissu comme j'ai l'habitude de le faire.
- 1:04Et après,
- 1:05je te ramène chez mon couturier,
- 1:06on te fait une veste sur mesure.
- 1:11Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Africa Fashion Tour.
- 1:14Je vous emmène avec moi à la rencontre de créateurs basés sur le continent africain et d'experts qui contribuent au développement d'une économie africaine solide.
- 1:22Je vous invite à voyager à Abidjan,
- 1:24Dakar ou Bamako pour découvrir les parcours de professionnels talentueux,
- 1:28responsables et ambitieux.
- 1:30Au fil des interviews,
- 1:31je me rends compte que chaque entrepreneur veut contribuer au rayonnement des industries culturelles et créatives sur le continent et au-delà.
- 1:39Ce podcast est un moyen de sortir des clichés du boubou et du wax pour promouvoir un éventail de tissus,
- 1:45de savoir-faire et de créativité trop souvent sous-représentés.
- 1:49C'est aussi une opportunité de découvrir des business models made in Africa,
- 1:54éthiques et performants.
- 1:56Je suis Ramata Dialo,
- 1:57je suis professeure de marketing dans les écoles de mode parisiennes.
- 2:00Je suis également consultante en marketing et communication.
- 2:03J'accompagne des dirigeants dans leur personal branding sur LinkedIn.
- 2:07En 2017,
- 2:08j'ai assisté à ma première Fashion Week en Afrique.
- 2:11Et depuis,
- 2:11je voyage régulièrement sur le continent pour aller à la rencontre de ceux et celles qui font la mode en Afrique.
- 2:18Au-delà de la mode,
- 2:19je m'intéresse aussi à tout l'écosystème de l'entrepreneuriat africain.
- 2:23Le podcast est le moyen que j'ai trouvé pour partager au plus grand nombre une autre vision du business en Afrique.
- 2:32Aujourd'hui,
- 2:33je suis en compagnie de Eustache Aroumanion,
- 2:35le fondateur de la marque béninoise Vognon.
- 2:38Il fait partie de la première cohorte de l'incubateur Fly de Sémé City et il organise en juin 2026 son premier pop-up à Paris.
- 2:46Je l'ai invitée aujourd'hui pour qu'elle puisse nous parler de son parcours et de sa marque.
- 2:50Bienvenue Eustache,
- 2:51comment vas-tu ?
- 2:52Salut Ramata,
- 2:53ça va très bien et toi ?
- 2:54Ben écoute,
- 2:55ça va très bien,
- 2:55je suis ravie qu'on ait pu organiser cette interview en duplex Paris-Cotonou.
- 3:02Je vais commencer cette interview comme je le fais toujours,
- 3:04je vais te demander de te présenter.
- 3:07Alors,
- 3:07je m'appelle
- 3:08Eustache Aramayan,
- 3:09je suis à la base artiste photographe.
- 3:13Et j'ai créé la marque Voyons Made in Benin en 2023.
- 3:17Et voilà,
- 3:18j'évolue dans le milieu de la mode depuis quand même quelques années,
- 3:22depuis 2019.
- 3:24Et aujourd'hui,
- 3:24j'ai la marque qui est aujourd'hui en même temps une marque que j'essaie de développer,
- 3:31mais aussi un médium pour moi en tant qu'artiste.
- 3:35Très intéressant.
- 3:35Donc ce que tu expliques,
- 3:36c'est que toi à la base,
- 3:37tu es photographe.
- 3:38Alors,
- 3:38est-ce que tu as fait des études en fait ?
- 3:40de photographie ?
- 3:41Est-ce que c'est plutôt une passion ?
- 3:42Comment est-ce que tu as démarré la photographie ?
- 3:48Pour vraiment vous présenter mon parcours,
- 3:52moi,
- 3:52je n'ai pas fait d'études de photos.
- 3:54C'est plutôt la passion.
- 3:57J'ai ma maman qui est photographe,
- 4:00ce qui fait que je le détiens un peu dans le sang.
- 4:03Mais sinon,
- 4:04pour parler de mon parcours d'études et tout ça,
- 4:07j'ai eu un bac scientifique.
- 4:09Après,
- 4:10j'ai fait l'université comme tout le monde pour faire plaisir aux parents.
- 4:14J'ai fait la géographie à l'université jusqu'à ma licence.
- 4:17Après,
- 4:18j'ai arrêté.
- 4:19Alors,
- 4:19il faut savoir que quand j'étais déjà à l'université,
- 4:21j'ai eu des opportunités dans la mode.
- 4:25Ça m'a conduit dans la mode.
- 4:28En fait,
- 4:28je suis devenu mannequin déjà ma deuxième année de géographie.
- 4:33Et du coup,
- 4:34j'ai intégré une agence de mannequinat.
- 4:35et très vite j'ai trouvé goût à la mode que...
- 4:39plus qu'à la géographie.
- 4:40Et donc,
- 4:41j'ai plus continué dans cet univers-là.
- 4:43Et voilà,
- 4:44j'ai été mannequin pendant un bon moment.
- 4:45J'ai voyagé pas mal en Afrique.
- 4:47Et arrivé un moment où je me suis dit,
- 4:49bon,
- 4:49j'ai envie de trouver autre chose dans la mode qui me permettrait déjà d'avoir un business plus pérenne parce qu'il ne faut pas se mentir,
- 4:57le mannequinat,
- 4:57c'est un milieu très éphémère.
- 5:00Je me suis dit,
- 5:00j'aimerais bien trouver quelque chose qui me passionne et qui en même temps pourra me nourrir.
- 5:06Du coup,
- 5:06je parlais avec mon frère qui est réalisateur.
- 5:09Je lui ai dit,
- 5:09écoute,
- 5:09j'ai envie de trouver autre chose,
- 5:10qu'est-ce que tu me conseilles ?
- 5:11Il me dit,
- 5:12écoute,
- 5:13ce que je peux te proposer là tout de suite,
- 5:14je n'ai rien,
- 5:15mais je peux te proposer en mode,
- 5:16tu viens avec moi sur des tournages vidéo,
- 5:18tu fais des backstage,
- 5:19tu fais des photos,
- 5:21les BTS et tout,
- 5:22et après je pourrais te trouver quelque chose le temps que tu arrives à réfléchir.
- 5:25Et en fait,
- 5:25ce qui est marrant,
- 5:27c'est que moi,
- 5:27j'étais encore mannequin quand j'ai commencé par faire ce travail avec lui.
- 5:31Et très vite,
- 5:31j'ai ramené la photographie de la mode,
- 5:33en fait.
- 5:33J'ai commencé par,
- 5:34du coup,
- 5:35photographier des mannequins,
- 5:36par faire des photos éditos,
- 5:38par photographier des collections.
- 5:40Et voilà,
- 5:41tout doucement,
- 5:41j'ai commencé à laisser le mannequinat et à me concentrer en tant que photographe.
- 5:46Du coup,
- 5:46en fait,
- 5:46j'ai commencé à faire la photographie en tant que photographe de mode.
- 5:49Et après,
- 5:50voilà,
- 5:51ça a évolué.
- 5:52J'ai eu mon premier studio,
- 5:53je ne commençais pas à avoir d'autres clients hors la mode.
- 5:58Aujourd'hui,
- 5:58je suis arrivé à un niveau où je ne travaille plus trop avec les clients pour faire du consommable,
- 6:07juste pour avoir de l'argent.
- 6:08Mais en fait,
- 6:09je travaille en tant que photographe artiste aujourd'hui.
- 6:12Je fais plus de reportages,
- 6:13je fais plus de la documentation et je suis vraiment dans un délai où je vais photographier et après je vais exposer.
- 6:19Donc voilà,
- 6:20je travaille et je documente beaucoup sur le Vodou.
- 6:22Ce qui m'a aujourd'hui amené à créer des vêtements qui sont inspirés de ma photo.
- 6:31Je crée mes vêtements en m'inspirant de mon parcours d'artiste photographe.
- 6:36Quand je m'inspire des cérémonies que je vais photographier,
- 6:42des objets que je vais trouver,
- 6:43des couleurs,
- 6:44des techniques,
- 6:45des broderies.
- 6:46L'idée c'est de créer une marque de vêtements qui parle.
- 6:51aux Béninois qui connaissent la culture béninoise et pouvoir parler aux gens qui sont qui ne connaissent pas du tout non plus.
- 6:58Donc en fait l'idée c'est pas de créer une région des vêtements que les Béninois puissent porter que eux puissent porter mais en fait que tout le monde puisse porter mais en fait avec l'histoire que ça le touche en fait.
- 7:11Donc voilà c'est un peu le délire de la marque de vêtements du temps partant de mon parcours.
- 7:16Donc de base artiste photographe
- 7:20Et voilà,
- 7:21après,
- 7:21la marque de vêtements est venue un peu compléter ma manière d'expression.
- 7:26Très intéressant.
- 7:27Donc,
- 7:27tu évoques le fait qu'aujourd'hui,
- 7:29tu fais de la photo et tu fais des expositions.
- 7:32Donc,
- 7:33comment est-ce que tu décides de tes sujets ?
- 7:39Tu parlais du vaudou,
- 7:40en fait,
- 7:40que tu travailles sur ce sujet-là en particulier.
- 7:43Est-ce que tu peux nous expliquer un petit peu ?
- 7:45Comment est-ce que tu as évolué depuis la photographie de mode vers le côté artiste ?
- 7:50Tu vas faire des photographies sur un thème vraiment précis et tu vas l'exposer.
- 7:55Ok.
- 7:56Alors,
- 7:56tout à l'heure,
- 7:57je vous disais que ma maman,
- 7:58elle est photographe.
- 8:00Enfin,
- 8:00elle ne travaille plus,
- 8:01elle ne photographie plus aujourd'hui,
- 8:03mais elle était photographe.
- 8:04Et du coup,
- 8:05depuis l'enfance,
- 8:05on nous a habitués à la caméra,
- 8:07tout ça.
- 8:08Alors,
- 8:08quand je me suis retrouvé un peu dans ce moment où je me perdais un peu,
- 8:13et que j'ai commencé la photo de Maud,
- 8:17je sentais que j'étais bien dans la photographie de Maud,
- 8:20mais j'avais un truc qui me manquait.
- 8:23J'avais l'impression que j'étais encore dans un truc éphémère,
- 8:28comme je ressentais avec les mannequins quand j'étais mannequin.
- 8:30Et donc,
- 8:31j'ai décidé à un moment de travailler sur un sujet qui me parlait.
- 8:35Moi,
- 8:35il faut savoir que je viens d'une famille royale.
- 8:37Mon père était roi.
- 8:38Et du coup,
- 8:39depuis l'enfance,
- 8:39j'ai grandi dans l'univers Vaudon.
- 8:43j'ai vu beaucoup de cérémonies Vaudon quand j'étais enfant et ma maman photographiait pas mal de cérémonies Vaudon aussi et du coup en fait je me suis rappelé que quand j'étais enfant les trucs qui me fascinaient le plus dans les photos de ma mère c'était les photos de cérémonies
- 8:57et du coup je me suis dit ok je vais essayer et je suis allé une fois durant du coup aujourd'hui on appelle ça les Vaudondaises mais avant c'était la fête des Vaudons je suis allé une fois à Ouida et j'essayais de photographier de couvrir l'événement
- 9:12Afin de pouvoir vendre des photos à la presse.
- 9:15Parce que j'ai aussi eu un moment où je voulais vraiment faire de la photo journal,
- 9:23de la photographie de presse.
- 9:25Et en fait,
- 9:26j'ai été à Ouida,
- 9:27j'ai fait les photos,
- 9:28mais en fait,
- 9:28tout ce que je me rendais compte,
- 9:30quand en fait toutes les photos que je faisais,
- 9:33j'avais totalement un œil de photographe de mode.
- 9:36J'avais pas forcément un œil de photographe de presse.
- 9:39Donc en fait,
- 9:40je me suis dit,
- 9:41OK.
- 9:41Bon,
- 9:42ça m'a un peu frustré,
- 9:43mais je lui ai dit,
- 9:43OK,
- 9:43ce n'est pas grave.
- 9:44Ce que je vais faire,
- 9:45c'est que je vais travailler dans le Vaudron parce que j'aime et je connais ce qui se passe.
- 9:49Je suis initié,
- 9:50je sais de quoi il s'agit.
- 9:52En fait,
- 9:52autant que je travaille dans ce milieu,
- 9:54mais en ramenant ma touche de photographe de mode.
- 9:57Aujourd'hui,
- 9:58j'évolue beaucoup dans la documentation du Vodou.
- 10:01Mais quand on regarde ma photographie,
- 10:04on a l'impression que c'est du posing.
- 10:08On a l'impression que je travaille comme si je travaillais dans la mode.
- 10:14C'est ça qui fascine beaucoup les gens.
- 10:16Parce que le Vodou,
- 10:18quand je vais dans les couvents,
- 10:19quand je vais photographier les costumes,
- 10:21il n'y a rien de posé.
- 10:22Mais quand j'ai un regard de photographie de mode,
- 10:25j'arrive à sentir cela.
- 10:26Et ma sensibilité,
- 10:28mon œil est sensible qu'à ce genre de choses,
- 10:31genre les détails,
- 10:32aux détails,
- 10:34à la beauté et tout ça.
- 10:35Donc voilà un peu comment est-ce que de photographie de mode,
- 10:38je suis arrivé à la photographie culturelle,
- 10:40genre de Vaudon,
- 10:42de documentaire.
- 10:43Et en fait,
- 10:43aujourd'hui,
- 10:44j'évolue vraiment dans un truc où en fait,
- 10:46quand je vais sur une cérémonie,
- 10:50j'ai beaucoup de cases que je dois cocher.
- 10:52En fait...
- 10:53J'aime ma marque de vêtements,
- 10:54du coup je m'inspire de ces cérémonies.
- 10:56En même temps,
- 10:56quand je photographie,
- 10:57je m'inspire en même temps.
- 10:58Et de l'autre côté,
- 10:59j'essaie de faire des photos que je pourrais exposer après.
- 11:02Du coup,
- 11:03ça m'est arrivé de faire beaucoup d'expos.
- 11:06J'ai exposé pas mal,
- 11:07j'ai exposé à Paris,
- 11:07j'ai exposé à Cotonou.
- 11:09Et puis voilà,
- 11:10là je vais bientôt exposer encore à Paris en octobre si tout se passe bien.
- 11:13Donc voilà,
- 11:15c'est plutôt ça,
- 11:16c'est tout mon travail de photographe.
- 11:19qui nourrit aujourd'hui ma créativité,
- 11:22mes créations en tant que designer de mode.
- 11:25Et c'est vice-versa en fait.
- 11:27Très intéressant.
- 11:28Et est-ce que tu projettes ou est-ce que tu as déjà prévu un livre ?
- 11:33Tu sais,
- 11:33tu as des beaux livres de photographie où on va pouvoir voir les différentes photos que tu as pu faire.
- 11:40Et souvent,
- 11:40il y a certains artistes,
- 11:41notamment dans la photographie,
- 11:43qui produisent ce genre d'œuvres.
- 11:46Est-ce que ça fait partie du projet que tu peux avoir ?
- 11:49Alors c'est drôle parce que j'ai déjà fait un prototype.
- 11:53J'ai un prototype avec ma compagne.
- 11:56On a travaillé sur un prototype de beau livre que les gens apprécient beaucoup.
- 12:02Et là,
- 12:03on est en train de lancer tout doucement la Maison Voyant,
- 12:06le local de Voyant,
- 12:07où on va proposer d'ici quelques mois ou d'ici quelques années ce beau livre.
- 12:12Et en fait,
- 12:13ce beau livre m'a permis du coup de...
- 12:17de déclencher une collaboration avec un monsieur collectionneur d'art,
- 12:23il défend sa faute bolo,
- 12:24où on a travaillé sur la famille des Egongons.
- 12:27Du coup,
- 12:27on a travaillé sur tous les costumes,
- 12:30sur tous les types de costumes Egongons qu'on pourrait trouver dans la famille des Egongons et on a fait un livre.
- 12:35Du coup,
- 12:36c'est déjà ce projet de faire de beaux livres et même avec ce prototype,
- 12:39j'ai déclenché.
- 12:42cette collaboration et je pense que je suis dans une lancée où je vais proposer des vêtements mais aussi des beaux livres.
- 12:48Très bien,
- 12:49mais écoute,
- 12:49hâte de pouvoir avoir l'opportunité de découvrir,
- 12:53de feuilleter ce beau livre.
- 12:56Donc,
- 12:57tu expliques que quelque part,
- 13:00tu fais ce travail de photographie et qu'à un moment donné,
- 13:03tu décides de créer une marque et cette marque en fait,
- 13:07c'est un autre espace d'expression pour à...
- 13:11ta créativité.
- 13:12Est-ce que tu peux expliquer un petit peu comment à un moment donné,
- 13:15de la photographie,
- 13:17tu passes vers le côté mode ?
- 13:23Comme je vous l'expliquais,
- 13:24c'est aussi mon expression,
- 13:25mais je ne l'ai pas pensé comme ça quand je me créais la Mac.
- 13:29Comment est-ce que la Mac est arrivée ?
- 13:30J'ai eu l'opportunité,
- 13:31je devais aller travailler en France et juste avant de partir en France,
- 13:36je me suis dit,
- 13:37bon...
- 13:38Là,
- 13:39je vais arriver en France,
- 13:41j'aimerais avoir des outfits qui correspondent à mon milieu.
- 13:46En fait,
- 13:47en Afrique,
- 13:47au Bénin précisément,
- 13:49on a cette culture d'aller voir un couturier et faire des vêtements sur mesure.
- 13:55On a la chance aussi d'avoir
- 13:57Missy Bo qui est un marché de fripes,
- 13:59où on pourrait retrouver des vêtements de seconde main ou aussi des tissus en friperie.
- 14:05Du coup,
- 14:05en fait,
- 14:05ce que je faisais,
- 14:05c'est que j'allais dans ces marchés,
- 14:07je vais chercher les tissus et je vais me faire des vêtements en mode des vestes,
- 14:10des pantalons cargo,
- 14:12voilà.
- 14:13Donc,
- 14:13parce que c'est un peu mon style,
- 14:14c'est ce que j'aime.
- 14:14En tant que photographe,
- 14:15j'aime bien avoir des pantalons cargo,
- 14:16j'aime bien avoir des vestes et tout.
- 14:17Et du coup,
- 14:18en fait,
- 14:18je suis allé créer ces pièces et j'avais un ami qui était là,
- 14:25qui avait vu mes vêtements.
- 14:26Il me dit,
- 14:27ben,
- 14:27c'est trop bien ce que tu fais.
- 14:29Est-ce que tu m'amènes voir ?
- 14:30Parce qu'en fait,
- 14:31il est français et il était en expatriation ici.
- 14:34Il m'a dit est-ce que tu pourrais me faire des vêtements aussi ?
- 14:37J'ai dit écoute ce que je vais te proposer,
- 14:39je vais te faire vivre l'expérience.
- 14:40Tu viens avec moi,
- 14:41je t'amène au marché.
- 14:44C'est sport mais je t'amène voir le marché,
- 14:45il y a du monde et tout.
- 14:46Mais voilà,
- 14:47on va essayer d'aller choisir un tissu comme j'ai l'habitude de le faire.
- 14:50Et après je te ramène chez mon couturier,
- 14:53on te fait une veste sur mesure.
- 14:55Et du coup en fait quand je l'ai fait,
- 14:56il a vraiment aimé.
- 14:57Et du coup tous nos amis autour ont commencé par demander pareil.
- 15:00Et je lui ai dit ok,
- 15:02il y a peut-être un truc à faire.
- 15:04J'avoue que j'étais dans une période où je cherchais un business qui allait pouvoir financer ma photo.
- 15:09Parce que la photo que je fais,
- 15:12ça me demande beaucoup d'investissement.
- 15:14Et je lui ai dit,
- 15:15ok,
- 15:15peut-être que je tiens le truc.
- 15:16Et en fait,
- 15:17c'était juste avant d'aller en France.
- 15:18Et je lui ai dit,
- 15:18ok,
- 15:19ce que je vais faire,
- 15:19je vais tester en France,
- 15:20je vais faire quelques pièces,
- 15:21je vais ramener en France et voir ce que ça donne.
- 15:23Du coup,
- 15:23arrivé en France,
- 15:25j'étais du côté de Toulouse,
- 15:26je lui ai appelé un ami,
- 15:28je lui ai dit,
- 15:29écoute,
- 15:29viens,
- 15:30j'ai envie que tu poses pour moi.
- 15:31Un ami mannequin,
- 15:32j'ai dit,
- 15:32j'ai envie que tu poses pour moi,
- 15:34je vais faire des photos,
- 15:35je vais essayer de lancer l'Instagram d'une marque que je suis en train de vouloir créer,
- 15:39et puis voilà,
- 15:39je vais voir ce que ça donne.
- 15:40En fait,
- 15:41quand j'ai fait les photos,
- 15:42j'ai posté sur Instagram,
- 15:43ça a très bien marché.
- 15:44J'ai eu des commandes,
- 15:45j'ai vendu et j'ai eu l'opportunité de passer sur un défilé.
- 15:49Et du coup,
- 15:49je fais le défilé.
- 15:50Et avant de faire le défilé,
- 15:51je me suis posé deux questions.
- 15:52Je me suis dit en fait,
- 15:53OK,
- 15:53qu'est-ce que je veux valoriser ?
- 15:55Est-ce que je veux juste valoriser le fait que je suis en train de lancer un business qui va financer ma photographie ou je veux vraiment lancer une marque à partir du moment où j'ai une opportunité de défilé ?
- 16:04Et en fait,
- 16:05je me suis dit,
- 16:05OK,
- 16:05là,
- 16:05ce que je vais faire,
- 16:06je vais créer une marque qui va valoriser le textile africain.
- 16:10Comme beaucoup de marques qui naissent en Afrique comme ça.
- 16:14Et du coup,
- 16:14j'envoie quelqu'un,
- 16:16j'étais en France,
- 16:16j'envoie un contact à moi au marché,
- 16:18je lui dis,
- 16:18écoute,
- 16:19femme,
- 16:20je veux pas du tissu en frible,
- 16:21mais je veux plutôt du tissu africain,
- 16:24comme du beau goulon,
- 16:25et je veux reprendre les mêmes coupes,
- 16:28mais du coup dans ce tissu.
- 16:29Mais voilà,
- 16:30après,
- 16:30il faut savoir que moi,
- 16:31j'aime beaucoup les tissus colorés,
- 16:35mais pas trop non plus,
- 16:35du coup,
- 16:36j'aime bien les tissus colorés,
- 16:38mais sobres,
- 16:39pas trop de motifs.
- 16:40Donc j'ai essayé de voir en sorte avec mon contact pour qu'on achète un tissu qui me corresponde.
- 16:46Et voilà,
- 16:46je crée une petite collection que j'envoie en France pour le défilé.
- 16:49Et du coup,
- 16:50ça a bien marché.
- 16:51Et j'ai eu des commandes,
- 16:52j'ai vendu.
- 16:53Et arrivé au moment où je devais rentrer à Cotonou parce que j'avais mon père qui était malade.
- 16:57Et je suis rentré et je me suis rendu compte en fait,
- 17:00je suis reparti au marché pour voir là où le tissu a été acheté.
- 17:02Je me suis rendu compte par fait que le tissu n'était même pas vraiment africain,
- 17:06c'était de l'imprimé en fait.
- 17:07C'était de l'imprimé caché.
- 17:09C'était de l'horlandais et ils appelaient ça Bougoulon.
- 17:13Du coup,
- 17:14je me suis fait haraquer sur le coup,
- 17:16mais ce n'est pas grave.
- 17:17À partir d'aujourd'hui,
- 17:18je vais créer mon textile.
- 17:20Je vais travailler directement avec les artisans ici et je vais faire mon textile se faire.
- 17:25Et du coup,
- 17:25comme ça,
- 17:26je me suis lancé dans la création du design textile.
- 17:29Et du coup,
- 17:30aujourd'hui,
- 17:30je fais des vêtements
- 17:32100% tissés à la main,
- 17:34pas nos tisserands.
- 17:35Donc,
- 17:35j'ai un tisserand avec lequel je travaille et avec lequel je développe toutes mes techniques.
- 17:39Et en fait,
- 17:39après ce moment où j'ai commencé par m'orienter vers le design textile,
- 17:43où on valorise le sphère béninois et le textile,
- 17:46il est vraiment 100%
- 17:47béninois.
- 17:47Je me dis,
- 17:47OK,
- 17:48le coton aussi,
- 17:48il est béninois.
- 17:48Je me dis,
- 17:49OK,
- 17:49là,
- 17:49en fait,
- 17:50qu'est-ce que je vais faire de plus ?
- 17:51Je ne vais pas valoriser que ça.
- 17:52Je vais valoriser,
- 17:53du coup,
- 17:53moi,
- 17:53mon travail en tant qu'artiste,
- 17:55mais à travers les vêtements.
- 17:56Et du coup,
- 17:57en fait,
- 17:58je ne vais pas m'exprimer des couleurs.
- 18:00Parce qu'en fait,
- 18:00en tant que photographe,
- 18:02je me concentrais beaucoup plus sur le vaudon.
- 18:04Je me dis,
- 18:04OK,
- 18:05pourquoi est-ce que je vais me...
- 18:07autant mieux je mets tout dans une même logique et du coup je commence par m'inspirer des couleurs des codes des objets qu'on pourrait trouver dans le vaudan et tout en le ramenant un peu en le développant dans du design textile du coup à travers les couleurs à
- 18:23travers les pièces qu'on pourrait trouver comme quand on va dans les cérémonies de Gungun on voit les Gungun les Tchangos avoir un gilet,
- 18:32des choses comme ça
- 18:33Et du coup,
- 18:34en fait,
- 18:34un jour,
- 18:34j'étais là avec ma compagne,
- 18:36je regardais une photo,
- 18:37j'étais allé faire des photos dans un couvent et m'a compagnon regardé tout et me dit,
- 18:42putain,
- 18:42la broderie,
- 18:43elle est dingue.
- 18:44Et du coup,
- 18:44toute l'idée est arrivée de mettre,
- 18:48de faire des panneaux de sequins,
- 18:49des broderies de panneaux de sequins,
- 18:51espérer des costumes et dunguns,
- 18:52mais directement,
- 18:53du coup,
- 18:54à mettre en pâtisserie les vêtements.
- 18:56Du coup,
- 18:56en fait,
- 18:56ça,
- 18:57je me suis dit,
- 18:58putain,
- 18:58ça,
- 18:58ça va être dingue.
- 18:59Mais en même temps,
- 18:59c'est très risqué parce qu'en fait,
- 19:01les costumes et dunguns,
- 19:02c'est des costumes sacrés.
- 19:03on ne peut pas se permettre de les vandaliser ou de les désacraliser.
- 19:06Du coup,
- 19:06en fait,
- 19:07on est parti dans un délit où,
- 19:09voilà,
- 19:09on va essayer de trouver quelqu'un qui pourra accepter de faire ce travail.
- 19:14Mais en même temps,
- 19:14il faut savoir que les gens qui font ces costumes avec nous,
- 19:17ce sont des gens qui ne travaillent qu'en couvent et qui sont des gens secrets.
- 19:19Personne ne les connaît,
- 19:20ils ne sont pas exposés au public.
- 19:21Et du coup,
- 19:22quand moi je suis initié,
- 19:23j'ai eu cette chance du coup,
- 19:25d'aller négocier du coup avec quelques gars de couvent,
- 19:28à qui j'ai expliqué,
- 19:29j'ai dit écoutez...
- 19:30Voilà,
- 19:30voici mon projet.
- 19:31L'idée,
- 19:31ce n'est pas de désacraliser,
- 19:32c'est de ramener,
- 19:34moi,
- 19:34ce que je fais en tant qu'artiste photographe,
- 19:36mais à la mode,
- 19:36à genre aux vêtements.
- 19:38Du coup,
- 19:39ça va aussi permettre de créer une économie plus récurrente,
- 19:43en fait,
- 19:43et on va essayer de collaborer ensemble.
- 19:45Tout en collaboration,
- 19:46je ne veux pas aller,
- 19:47je ne veux pas venir voler votre technique pour ensuite aller produire ailleurs.
- 19:50Du coup,
- 19:51en fait,
- 19:51c'est un petit peu là,
- 19:52cette collaboration,
- 19:52du coup,
- 19:52avec ces artisans secrets,
- 19:57ces artisans de costumes sacrés.
- 19:59On a créé des panneaux de sequins qu'on met directement sur des vêtements cousus avec du tissu local.
- 20:07On a créé un lien entre la tradition et la modernité parce que les coupes qu'on propose sont assez contemporaines.
- 20:17En tant qu'artiste photographe,
- 20:18j'essaie de ramener mon travail en photo ou comment je m'inspire de mes cérémonies pour ensuite créer les vêtements contemporains.
- 20:27Ça a été un peu long,
- 20:28je penserais.
- 20:30Non,
- 20:30mais c'est parfois le but de l'interview,
- 20:31c'est justement que tu prennes tout ton temps et que tu puisses être long pour pouvoir nous partager en détail ton processus créatif.
- 20:39Moi,
- 20:39ce qui m'impressionne dans ce que tu racontes,
- 20:42c'est que tout ce que tu viens d'expliquer,
- 20:43c'est véritablement le métier de directeur artistique avec quelles sont les différentes inspirations,
- 20:49comment est-ce que tu connectes la photographie,
- 20:53le thème vaudou que tu connais bien,
- 20:54et puis cette idée de marque.
- 20:57qui,
- 20:57à un moment donné,
- 20:58ça avait un côté commercial,
- 21:00mercantile.
- 21:00Je cherche un moyen de monétiser,
- 21:02à développer du chiffre d'affaires.
- 21:03Mais toi,
- 21:04ta réflexion,
- 21:05ça n'a pas été,
- 21:06on va analyser les tendances et on va voir si les gens veulent plutôt du suite.
- 21:10Je vais faire du suite,
- 21:10c'est plutôt,
- 21:11tu as une identité propre à ta marque,
- 21:14un ADN,
- 21:15et c'est ça que tu as cherché à développer.
- 21:16Est-ce que ça,
- 21:17tu dirais que tu l'as fait spontanément,
- 21:19naturellement,
- 21:20parce que tu as travaillé,
- 21:22en fait,
- 21:22quand tu étais étudiant en tant que mannequin,
- 21:24donc tu as toujours côtoyé des marques ?
- 21:26Et donc,
- 21:26du coup,
- 21:26tu connais ce processus ou est-ce que tu as demandé conseil peut-être à des...
- 21:31créateur de marques que tu connaissais.
- 21:33Comment est-ce que ça s'est fait,
- 21:35en fait,
- 21:36cette expertise que tu as développée de la direction artistique ?
- 21:40Alors,
- 21:41je pense que ça arrivait un peu de manière spontanée.
- 21:44J'aime beaucoup m'habiller en mode...
- 21:48Enfin,
- 21:49j'aime le streetwear,
- 21:50j'aime tout ce qui est suites,
- 21:52j'aime tout ce qui est t-shirts,
- 21:53j'aime tout ça.
- 21:54Moi,
- 21:54je me suis posé deux questions.
- 21:56Est-ce que j'ai envie de créer une marque qui...
- 21:59Suis les tendances,
- 22:00est-ce que je veux juste aller me soucier,
- 22:02je ne sais pas où,
- 22:03et créer des vêtements en mode streetwear,
- 22:05des suites et tout,
- 22:06et juste pouvoir plaire à ce que les gens veulent,
- 22:09ou à ce que moi,
- 22:10ma génération veut,
- 22:11ou est-ce que je veux plutôt créer des pièces,
- 22:13franchement,
- 22:15qui peuvent s'adapter à cette génération,
- 22:17mais qui gardent une valeur vraiment très...
- 22:21en fait,
- 22:22qui valorisent le Bénin.
- 22:24Parce qu'en fait,
- 22:24pour moi,
- 22:25je me suis dit,
- 22:25OK,
- 22:26si j'ai envie de faire ces choses aujourd'hui,
- 22:27est-ce que je pourrais le faire au Bénin ?
- 22:28Je ne suis pas sûr.
- 22:29Je vais devoir aller créer une économie ailleurs.
- 22:32Alors que l'idée,
- 22:33c'était de créer une économie locale.
- 22:35Et pour moi,
- 22:36c'est ce que je dois.
- 22:38Je dois cela au Bénin,
- 22:39à ma culture,
- 22:40à ma tradition,
- 22:42à mes origines,
- 22:43de valoriser ce que c'est que le savoir-faire local.
- 22:50Donc pour moi,
- 22:50je me suis dit,
- 22:51ok,
- 22:51je n'ai pas forcément envie de me bourrer de questions.
- 22:54Parce que je sais que si je posais des questions aux gens de ma génération ou des gens qui ont des marques qui sont de ma génération un peu,
- 23:01ils vont me dire,
- 23:01bah ouais,
- 23:02il faut faire des suites,
- 23:03il faut faire des t-shirts,
- 23:04ça marche très bien et en plus ça ne coûte pas cher.
- 23:06Et en même temps,
- 23:08quand j'étais mannequin,
- 23:08je défilais pas mal du coup pour des créateurs qui valosaient pas mal le textile africain.
- 23:12Et je me réflechis,
- 23:13je réfléchis et en fait,
- 23:14si ces anciens,
- 23:15si ces doyens,
- 23:16comme je les appelle,
- 23:18ils font ça,
- 23:18c'est parce qu'il y a une raison.
- 23:20Et en même temps,
- 23:21quand je regarde le gouvernement béninois,
- 23:23du coup en 2023,
- 23:24je suis revenu au pays,
- 23:24je suis revenu au pays en 2023,
- 23:26quand je regardais le gouvernement béninois en 2023 qui était vraiment dans ce truc de valoriser le textile local,
- 23:32valoriser le fait même béninois ou valoriser le made in Benin,
- 23:36je me suis dit ok,
- 23:36en fait il n'y a pas beaucoup de,
- 23:39je ne veux pas réfléchir pour faire un choix.
- 23:42Mon choix ce serait de valoriser le textile local,
- 23:44c'est d'entrer dans la même logique que le gouvernement.
- 23:49ou que dans les projets du gouvernement.
- 23:51Donc voilà,
- 23:52comment est-ce que moi,
- 23:53mon choix s'est fait très vite.
- 23:54En fait,
- 23:54je me suis dit,
- 23:54bon,
- 23:55je n'ai pas envie de perdre de temps à lancer un truc où je vais me poser mille et une questions sur ce que je fais.
- 24:01En plus,
- 24:02si je voulais valoriser le Vodou,
- 24:03je n'avais pas d'autre choix.
- 24:04Je ne me voyais pas envoyer mes photos ou envoyer mes créations à les produits,
- 24:08je ne sais pas où,
- 24:09et venir vendre ça aux Béninois en mode,
- 24:11voilà,
- 24:12ça valorise le Bénin.
- 24:12Pour moi,
- 24:13ça n'avait pas de sens.
- 24:13Donc voilà.
- 24:15Donc,
- 24:15on sent bien que la dimension,
- 24:17en fait,
- 24:17made in Bénin et aussi le fait de proposer ça à des Béninois,
- 24:22c'est-à-dire que dès le départ,
- 24:23tu avais cette intention de créer quelque chose qui soit finalement fait par un Béninois pour les Béninois.
- 24:29C'était quelque chose d'important pour toi.
- 24:32Aujourd'hui,
- 24:32on va parler d'une certaine forme de conscience éthique,
- 24:35tu vois,
- 24:36de développement durable.
- 24:37Est-ce que ça,
- 24:38ça faisait partie de tes ambitions quand tu as créé la marque,
- 24:41le côté vraiment...
- 24:43made in,
- 24:44de faire attention à où est-ce que la collection est fabriquée.
- 24:49Alors,
- 24:50au début,
- 24:51je n'avais pas tous ces thèmes dans ma tête,
- 24:52en mode,
- 24:53ok,
- 24:55est-ce que je ne fais que du centre de temps béni-béni,
- 24:58mais pour moi,
- 24:58c'était juste une logique que je suivais.
- 25:01Moi,
- 25:02je suis dans un délit où aujourd'hui,
- 25:03je suis au Bénin,
- 25:04je travaille beaucoup au Bénin,
- 25:05je valise beaucoup mon travail à Travail Vendôme et tout ça.
- 25:09Peut-être que demain,
- 25:09je ne serai pas au Bénin.
- 25:10Mais je me dis,
- 25:11en fait,
- 25:11si je crée,
- 25:12en fait,
- 25:12en fonction de là où je suis,
- 25:14je vais m'inspirer de ce que j'ai,
- 25:15en fait,
- 25:17à mes côtés.
- 25:18En fait,
- 25:19Aoudib,
- 25:20c'est ce que je dis.
- 25:21Une fois que je suis au Bénin,
- 25:22je crée au Bénin,
- 25:23je ne crée pas les actions béninois et je vends pour les Béninois et aussi à d'autres personnes parce qu'en fait,
- 25:29je ne vends pas qu'aux Béninois aujourd'hui.
- 25:31D'où,
- 25:32en fait,
- 25:32de moi,
- 25:33ma personnalité et de mes voyages et de ce que j'ai comme définition de la beauté ou du luxe.
- 25:43En fait,
- 25:43je m'adresse à un public plus là qu'aux Béninois.
- 25:47Mais voilà,
- 25:48c'était plutôt dans une logique où,
- 25:49une fois que je suis au Bénin,
- 25:50je me permets de m'inspirer du coup de ce que je fais comme travail de photographe au Bénin et tout.
- 25:56Je ne me voyais pas du coup à me lancer dans un truc où je produis dans des conditions qui ne sont pas dans les normes,
- 26:04qui ne respectent pas la culture,
- 26:07qui ne respectent pas les normes environnementales et tout.
- 26:10Donc voilà,
- 26:10c'était plutôt dans cette logique.
- 26:13Après,
- 26:13quand j'ai commencé ma formation avec l'Institut français de la mode,
- 26:15j'ai imaginé qu'on va en arriver.
- 26:18J'ai plus développé ce côté où j'ai compris plus pourquoi.
- 26:22J'ai pu mettre les mots sur ce que je ressentais.
- 26:26Et j'ai compris qu'en fait,
- 26:27ce n'était pas un truc qui était anodin.
- 26:29En fait,
- 26:31c'est normal et il faut continuer à valoriser cela.
- 26:35Tu m'offres une parfaite transition parce que je voulais en venir justement au fait que tu fais partie des incubés de Fly Cémécity,
- 26:43un incubateur qui est basé au Bénin.
- 26:45Et effectivement,
- 26:46tu as bénéficié d'une formation dans ce cadre-là à l'Institut français de la mode.
- 26:51Est-ce que tu peux nous expliquer déjà le processus de sélection ?
- 26:55Comment est-ce que toi,
- 26:55tu as découvert cet incubateur et pourquoi tu as décidé de t'inscrire ?
- 27:00Et puis après,
- 27:00nous parler un petit peu du parcours de la création de l'entreprise.
- 27:04auxquels tu as participé et des enseignements que tu as pu en tirer.
- 27:08Ouais.
- 27:09Alors,
- 27:10comme je vous disais,
- 27:10je suis rentré en décembre 2003 et j'étais rentré parce qu'il y avait mon papa qui était malade.
- 27:16Bon,
- 27:17finalement,
- 27:17il est décédé,
- 27:18mais il avait une grande maladie et je me suis dit,
- 27:20OK,
- 27:20je vais quand même rentrer pour l'assister.
- 27:22Et j'étais là,
- 27:24je vois sur Instagram le truc de Fly passer sur Instagram.
- 27:30Je me suis dit,
- 27:30OK,
- 27:30c'est quoi ce truc ?
- 27:32J'ai regardé,
- 27:32franchement,
- 27:33j'ai vu ça pendant au moins trois semaines ou deux semaines,
- 27:35je pense,
- 27:36et je n'ai pas postulé.
- 27:38Et ma compagne me dit,
- 27:40stache,
- 27:40regarde,
- 27:41il y a ça,
- 27:42tu peux postuler,
- 27:43on ne sait jamais.
- 27:44Je dis,
- 27:44ok,
- 27:45je ne sais pas trop parce que je n'ai pas vraiment un discours très clair.
- 27:50Parce que ce genre de choses,
- 27:51il faut avoir un discours très clair.
- 27:52Je dis,
- 27:53ok,
- 27:53je vais essayer,
- 27:54mais je ne suis pas celui qu'on me sélectionne.
- 27:55Et j'ai vraiment postulé comme ça en mode écoute.
- 27:59Je me suis dit,
- 27:59stache...
- 28:00Go,
- 28:01dis ce que tu as sur le cœur.
- 28:04Alors,
- 28:04voici,
- 28:04tu te sélectionnes.
- 28:05Du coup,
- 28:05j'ai postulé comme ça,
- 28:06vraiment sans stress.
- 28:09Et j'ai été présélectionné à ma grande surprise.
- 28:12Et je suis allé rencontrer l'équipe.
- 28:18J'ai fait mon...
- 28:21Comment on dit ça déjà ?
- 28:25On m'a reçu,
- 28:26on m'a posé des questions.
- 28:27J'ai fait mon entretien,
- 28:28voilà.
- 28:29Et après,
- 28:30ils m'ont sélectionné.
- 28:31Je lui ai dit,
- 28:32OK,
- 28:32cool.
- 28:32Du coup,
- 28:33en fait,
- 28:33c'est arrivé vraiment.
- 28:34J'avais l'impression que c'était vraiment fait pour moi.
- 28:36C'était pas un mot de,
- 28:38putain,
- 28:38ce truc est dingue,
- 28:39il faut que je le fasse.
- 28:40Je suis allé faire le truc un peu sans forcément m'attendre à grand-chose.
- 28:45Et on m'a sélectionné.
- 28:46Et voilà,
- 28:46le programme commence.
- 28:48Je me rends compte qu'en fait,
- 28:49j'avais vraiment besoin de ce truc.
- 28:51Et j'étais vraiment en mode,
- 28:52OK,
- 28:53c'est là,
- 28:53il fallait que je sois,
- 28:54en fait.
- 28:54Et du coup,
- 28:55en fait,
- 28:55tout...
- 28:56tout ce que j'ai appris,
- 28:56franchement,
- 28:57aujourd'hui,
- 28:57ça me sert énormément dans mon développement,
- 29:02dans le développement de ma marque.
- 29:05Et vraiment,
- 29:05j'avais vraiment besoin de cet aspect business,
- 29:07de cet aspect comment travailler l'image,
- 29:10comment est-ce qu'il faut faire à soi son business et comment est-ce qu'il faut rester fidèle à ce qu'on essaie de faire passer comme message.
- 29:22Et en fait,
- 29:23aujourd'hui,
- 29:24je suis tellement content d'avoir à suite
- 29:25tellement content d'avoir fait ce programme.
- 29:27Je suis fier d'avoir suivi ce programme jusqu'à la fin.
- 29:30Aujourd'hui,
- 29:32ça me permet de continuer ma marque sereinement.
- 29:35Tout d'abord,
- 29:35je tenais à te présenter mes condoléances par rapport au décès de ton papa.
- 29:40Ensuite,
- 29:40en tout cas,
- 29:41te féliciter pour avoir effectivement testé,
- 29:44tenté,
- 29:45même si c'était dans une période peut-être un peu délicate.
- 29:47Et puis,
- 29:48tu as pu voir le résultat derrière,
- 29:49tu as été sélectionné.
- 29:51Aujourd'hui,
- 29:51par rapport au développement de ta marque,
- 29:53finalement,
- 29:54tout ce que tu m'as dit,
- 29:55ça fait depuis 2023 que tu l'as lancé.
- 29:58Tu as un ADN fort,
- 29:59tu as des produits et une communauté qui te suit.
- 30:03En termes de développement,
- 30:04est-ce qu'aujourd'hui tu as une boutique ?
- 30:08Comment se passe la distribution de ta collection ?
- 30:11Quels sont les différents points de vente où on peut trouver ta marque ?
- 30:15Aujourd'hui,
- 30:17présentement,
- 30:19j'ai deux points de distribution officiels.
- 30:24Je vends chez la boutique en ligne de Voyant.
- 30:27Et après,
- 30:30Voyon est distribué aussi dans le concept store du Sofitel,
- 30:33dans la boutique du Sofitel.
- 30:36Donc nous vendons dans la boutique du Sofitel actuellement.
- 30:39Et là,
- 30:40on est sur le chemin de lancer notre showroom privé.
- 30:45Parce que moi,
- 30:47en tant que tête-menceuse de la marque,
- 30:49je ne me voyais pas lancer une boutique classique.
- 30:53Du coup,
- 30:53je suis dans un délit où je suis en train de créer un showroom privé.
- 30:57Du coup,
- 30:57avec toute mon équipe,
- 30:58on est en train de lancer un showroom privé où quand les consommateurs ou nos clients viendront,
- 31:04ou je vais plutôt dire la famille Voyon viendra,
- 31:08que ces gens se sentent vraiment comme chez eux et qu'ils aient bénéfice d'une expérience plutôt privilégiée.
- 31:19Pour le moment,
- 31:19on est discriminés dans deux endroits.
- 31:21La boutique du Sofitel.
- 31:23Et on a notre site internet.
- 31:25Bientôt,
- 31:25on sera présent à Abidjan.
- 31:27On est en train de signer les contrats.
- 31:28On sera présent à Abidjan et bientôt à Dakar aussi.
- 31:31Donc,
- 31:32voilà.
- 31:33Très bien.
- 31:33Donc,
- 31:33effectivement,
- 31:34tu commences en fait la stratégie de distribution en étant sur le régional,
- 31:39c'est-à-dire des pays francophones qui vont être assez proches du Bélin et qui,
- 31:44pour le coup,
- 31:45que ce soit Dakar ou que ce soit
- 31:47Abidjan, sont vraiment des capitales de la mode en Afrique de l'Ouest.
- 31:52Là,
- 31:53ce que tu es en train de préparer,
- 31:54c'est un premier pop-up à Paris.
- 31:56Est-ce que tu peux nous parler un petit peu de cette initiative ?
- 32:00Oui,
- 32:01alors le pop-up à Paris,
- 32:04je pense que c'est depuis la création d'Amma que j'ai toujours eu ce rêve de faire un pop-up à Paris.
- 32:11Et du coup,
- 32:11là,
- 32:11que ça arrive,
- 32:12c'est quand même assez émouvant.
- 32:16C'est émouvant.
- 32:17Et ce pop-up,
- 32:17comment c'est arrivé ?
- 32:18En fait,
- 32:19on était du coup avec la première couronne ToutFly à
- 32:23Paris en visite en émission avec les studios français de la mode.
- 32:27Et grâce à les studios français de la mode,
- 32:28j'ai rencontré du coup
- 32:30Youssouf Oufana parce qu'on était allé à l'Union de la jeunesse internationale à Babès pour visiter du coup le centre de
- 32:39Youssouf, l'ancien Tati.
- 32:41Et on a rencontré Youssouf,
- 32:43et avec Youssouf on a discuté,
- 32:44il m'a dit ah j'avais bien vu ton boulot et tout,
- 32:48franchement c'est cool,
- 32:49il faudrait qu'on essaie de penser à une collaboration,
- 32:50il a dit ah ouais putain moi c'est ce que je voulais,
- 32:54je voudrais bien qu'on développe une collaboration du coup,
- 32:56on en a parlé vite fait,
- 32:58après voilà,
- 32:59j'ai enchaîné à rentrer dans son actualité,
- 33:05et en fait je suis rentré au Bénin,
- 33:08et cette année,
- 33:10Je me suis dit,
- 33:10il faut savoir que j'ai rencontré Youssouf Lannidénia.
- 33:13Et cette année,
- 33:14je suis rentré et je me suis dit,
- 33:15ok,
- 33:16j'ai envie de faire le pop-up à Paris cette année.
- 33:18Ça fait partie de mes objectifs pour cette année,
- 33:21pour Voyant.
- 33:22Et je mets sur la réseau,
- 33:24écoutez les gars,
- 33:25est-ce que quelqu'un connaît un endroit où je peux avoir...
- 33:27Est-ce que quelqu'un connaît un lieu où je peux louer pour un pop-up ?
- 33:29Et un ami qui connaît,
- 33:32du coup,
- 33:33Youssouf,
- 33:33me dit,
- 33:34je ne sais pas si tu as tenté d'écrire Youssouf au Fanat pour voir,
- 33:37il a un lieu qui est vraiment cool.
- 33:39Et j'envoie un message à Youssouf,
- 33:40et Youssouf qui me répond vraiment à la minute,
- 33:43il me dit,
- 33:43ah mec,
- 33:44trop bien,
- 33:45écoute,
- 33:46je te propose de faire ça durant la Fashion Week de juin,
- 33:49et voilà,
- 33:50on avait parlé d'une collaboration,
- 33:51c'est le moment.
- 33:52Et du coup,
- 33:54voilà,
- 33:54c'est comme ça,
- 33:55le truc s'est fait,
- 33:56du coup,
- 33:57le pop-up s'est concrétisé,
- 34:00et on va le faire du coup le 27-28 à Paris,
- 34:03à l'Union de la Jeunesse Internationale.
- 34:05Du coup,
- 34:06voilà un peu.
- 34:07Très bien,
- 34:07donc tout part d'une rencontre.
- 34:09Et ensuite,
- 34:10à partir du moment où il y a plusieurs personnes qui sont alignées,
- 34:13il n'y a pas de raison que ça ne se fasse pas.
- 34:16Donc toi,
- 34:17par rapport à l'organisation de ce pop-up,
- 34:19est-ce que tu as prévu des choses particulières ?
- 34:21Comment ça va s'organiser ?
- 34:22J'imagine que tu as créé une collection exprès.
- 34:25Comment tu prépares les choses ?
- 34:27Alors,
- 34:28ouais,
- 34:29pour ce pop-up,
- 34:30oui,
- 34:30bien sûr que j'ai travaillé sur de nouvelles pièces.
- 34:32Et je suis resté fidèle à moi-même aux pièces que je crée de base.
- 34:40Mais voilà,
- 34:40j'ai fait des déclinaisons.
- 34:41Comme on sera dans un contexte d'été et tout,
- 34:44j'ai créé des pièces qui seront adaptées à l'été,
- 34:48pour l'été et tout.
- 34:49Mais en même temps,
- 34:50j'ai créé,
- 34:51j'ai designé de nouveaux motifs pour essayer de
- 34:57Pour marquer un peu le coup,
- 34:58j'ai créé un nouveau motif qui sera officiellement visible à Paris à partir du pop-up.
- 35:07Et à côté de ça,
- 35:09j'ai créé de belles pièces pour l'événement.
- 35:14Ce qui est important qu'il faut que je vous dise,
- 35:16c'est peut-être pas encore officiel,
- 35:19mais j'ai prévu de ramener mon tisserand à Paris.
- 35:26mon artisan du coup avec qui je fais les tissus je développe tous les textiles,
- 35:30je vais le ramener à Paris on va essayer de créer une sorte de d'atelier durant tout l'événement il va tisser en live,
- 35:41les gens pourront voir comment est-ce que nos textiles nos tissus se créent et on va aussi programmer sur le deuxième jour une sorte de d'atelier pour que les gens qui ont envie d'essayer puissent essayer école.
- 35:55Donc voilà un peu la surprise qu'on réserve pour Paris.
- 35:58Très bien,
- 35:58super,
- 35:59merci de nous partager cette information.
- 36:02Du coup,
- 36:03l'idée,
- 36:03c'est que ton tisserand,
- 36:04il vienne avec ses outils,
- 36:06avec sa machine ?
- 36:08Oui,
- 36:08tout à fait.
- 36:10On a travaillé ensemble sur un nouveau métier à tisser à fond.
- 36:15On a repris le même métier à tisser traditionnel,
- 36:17mais on l'a retravaillé pour que ce soit un peu plus clean.
- 36:20Et on va venir avec un métier à tisser.
- 36:22On va venir sur place avec un métier à tisser.
- 36:24Donc,
- 36:24ça promet d'être une sacrée expérience.
- 36:28Toi,
- 36:28aujourd'hui,
- 36:29ce que tu évoquais,
- 36:30c'est qu'en termes de distribution,
- 36:32tu as un site Internet et tu es présent dans différents pays africains pour le moment,
- 36:37ou en tout cas,
- 36:37tu es en train de travailler là-dessus.
- 36:39Au niveau de ta clientèle,
- 36:40tu as une clientèle qui est plutôt basée en Afrique ou tu as aussi une clientèle plus large de la diaspora ou autre qui va acheter tes produits en passant des commandes en ligne ?
- 36:51Alors...
- 36:52Ma clientèle,
- 36:55elle est plus large.
- 36:55Mais en fait,
- 36:56la majorité des gens qui achètent du voulion,
- 36:59c'est des gens qui viennent acheter sur place.
- 37:01Mais en fait,
- 37:01ce n'est pas forcément des gens qui vivent en Afrique.
- 37:04Mais voilà,
- 37:05il y a beaucoup qui viennent sur place pour acheter.
- 37:07Mais voilà,
- 37:09j'ai une base de clientèle qui est basée en Afrique ou dans la sous-région.
- 37:15Mais voilà,
- 37:16j'ai pas mal de clients aussi qui sont,
- 37:17par exemple,
- 37:18en Europe ou en Amérique.
- 37:21Mais en fait,
- 37:22c'est les gens qui ont...
- 37:24En fait,
- 37:24la majorité de ces clients,
- 37:25c'est les gens qui achètent sur place.
- 37:27Ils viennent me rencontrer,
- 37:28ils achètent.
- 37:29Et l'idée aujourd'hui,
- 37:30c'est en fait de ce truc,
- 37:33l'idée que j'ai derrière,
- 37:34quand même,
- 37:35ce truc que j'ai rejoint,
- 37:38c'est de pouvoir aussi lancer le fait que les gens à Paris puissent aller sur le site et commander.
- 37:43Parce que comme ça reste des pièces qui ont certains prix,
- 37:46les gens,
- 37:47ils se disent,
- 37:48OK,
- 37:48je préfère voir d'abord avant d'acheter.
- 37:50D'où l'idée de faire ce pop-up pour que les gens puissent voir à Paris,
- 37:53puissent toucher et pouvoir créer une communauté à Paris et les gens puissent commander en ligne.
- 37:59Donc toi aujourd'hui,
- 38:01j'imagine que tu poursuis ton activité de photographe-artiste avec l'organisation de l'exposition et en même temps,
- 38:06tu travailles au développement de ta marque.
- 38:08Comment est-ce que tu arrives à prioriser ces deux activités ?
- 38:12Comment tu fais en sorte de continuer la photographie et en même temps de mettre...
- 38:18en place tout ce qui est nécessaire pour développer ta marque ?
- 38:22Aujourd'hui,
- 38:24c'est un peu le sujet pas facile,
- 38:29mais en fait,
- 38:30j'ai la chance d'avoir une équipe,
- 38:32je formais une petite équipe très restreinte qui m'aide sur le développement de la marque.
- 38:38Et du coup,
- 38:38sur le côté,
- 38:39sur le volet photographie,
- 38:42j'essaie d'évoluer comme je peux.
- 38:43J'avoue que...
- 38:44Là,
- 38:45je suis vraiment très concentré sur la marque en ce moment depuis quelques mois.
- 38:49Mais voilà,
- 38:50je ne vais plus photographier comme j'avais l'habitude avant.
- 38:54J'y vais encore,
- 38:56mais c'est vraiment la fréquence a diminué.
- 38:58Donc,
- 38:59je suis beaucoup plus concentré sur la marque.
- 39:01Et je me dis une chose,
- 39:03il faudrait que je développe bien la marque.
- 39:04Après,
- 39:04ça peut tourner et je vais me concentrer sur ma photo.
- 39:07Donc,
- 39:08je ne suis pas en mode,
- 39:10ok,
- 39:11putain,
- 39:11je ne donne pas assez de...
- 39:12de temps à la photo,
- 39:13je pense que la photo,
- 39:13je comprends que je n'aurais pas le choix,
- 39:15à un moment.
- 39:16Et du coup,
- 39:16voilà,
- 39:17je suis dans un délit où je suis vraiment concentré sur la marque aujourd'hui et j'ai mon équipe que j'essaye de vraiment mettre sur la même lancée que moi.
- 39:28Et après,
- 39:29je pense que je pourrais me concentrer à ma photo.
- 39:32C'est toujours la problématique quand on est sur deux activités,
- 39:34c'est qu'il y a des périodes pendant lesquelles on va prioriser l'une par rapport à l'autre,
- 39:38mais...
- 39:39Ça finit toujours à un moment ou à un autre par se rejoindre.
- 39:44Aujourd'hui,
- 39:44est-ce que toi,
- 39:45le fait de défiler,
- 39:46c'est quelque chose qui fait partie,
- 39:48de faire défiler ta marque à différents événements,
- 39:51est-ce que ça fait partie de tes projets ?
- 39:54Quand tu dis de faire défiler,
- 39:55c'est-à-dire ?
- 39:56Un défilé-défilé ?
- 39:57Catwalk ?
- 39:58Oui,
- 39:58vraiment,
- 39:58de faire défiler la marque comme pour la Dakar Fashion Week,
- 40:02la Lagos Fashion Week,
- 40:03ou pendant la Fashion Week de Paris lors d'événements off.
- 40:07Bien sûr,
- 40:08parce qu'en fait,
- 40:08il faut savoir que comme je vous ai dit,
- 40:10moi j'étais mannequin,
- 40:12donc je connais ce truc et j'aimerais bien un jour que ma marque défile.
- 40:15J'ai déjà fait des défilés à Cotonou,
- 40:18j'ai participé à des défilés.
- 40:21Mais j'ai envie Et...
- 40:25J'ai arrêté après deux défilés,
- 40:26je pense.
- 40:27Et je me dis,
- 40:28en fait,
- 40:28aujourd'hui,
- 40:28avant que voyons le redéfil sur le podium,
- 40:31il faudrait que je travaille vraiment,
- 40:34vraiment sur des looks défilés.
- 40:39Mais oui,
- 40:39ça fait partie de mes ambitions,
- 40:41de mon projet.
- 40:42Et j'y travaille tout doucement.
- 40:44Très bien.
- 40:45Donc,
- 40:46en termes de communication,
- 40:48j'imagine que ce que tu évoquais,
- 40:50c'est le lancement de la marque.
- 40:52Tu as appelé un ami à toi photographe et puis tu as fait des premières photos et tout de suite,
- 40:55en fait,
- 40:56ça a généré des premières commandes.
- 40:59Aujourd'hui,
- 40:59est-ce que tu procèdes de la même façon,
- 41:02c'est-à-dire avec des mannequins et toi,
- 41:04tu vas faire les photos de tes collections ?
- 41:07Est-ce que c'est toujours ton processus ?
- 41:08Et est-ce que toi,
- 41:09parfois,
- 41:10tu te dis,
- 41:10j'ai peut-être appelé un photographe autre avec lequel collaborer,
- 41:15qui peut avoir peut-être un autre avis,
- 41:16un autre regard et ça peut être intéressant pour moi ?
- 41:18Comment est-ce que tu travailles vraiment tout ce qui est l'identité visuelle de ta marque ?
- 41:25C'est un peu ça encore.
- 41:27Je continue de photographier.
- 41:29Mais depuis quelques mois,
- 41:31j'ai arrêté un peu parce que ça me prenait trop la tête.
- 41:36Au début,
- 41:37je photographiais moi-même mes collections,
- 41:39je photographiais moi-même mes pièces.
- 41:41Parce que je me disais qu'il fallait que je travaille bien sur l'image de la marque.
- 41:46Et que même si un autre gars vient,
- 41:48qu'il puisse avoir une base.
- 41:50Mais là,
- 41:50aujourd'hui,
- 41:50je commence tout doucement à laisser les autres photographes travailler,
- 41:55à shooter mes vêtements.
- 41:56Par exemple,
- 41:57il y a deux jours,
- 41:57j'ai fait un lookbook,
- 41:59je n'ai pas du tout touché la caméra.
- 42:00Donc voilà,
- 42:02là,
- 42:02même moi,
- 42:03je me dis,
- 42:03ok,
- 42:03là,
- 42:04on est sur une bonne lancée,
- 42:05là,
- 42:05c'est bien.
- 42:06Parce que ça ne commence pas à me fatiguer,
- 42:08du coup,
- 42:08d'être à la création du vêtement,
- 42:10jusqu'à le shooter,
- 42:11jusqu'à la fin.
- 42:11En fait,
- 42:11ça fait beaucoup de choses à gérer.
- 42:13Et j'ai l'impression que si je...
- 42:16Je fais de A à Z,
- 42:17tout moi-même,
- 42:20je me ferme dans un truc.
- 42:22Je commence à laisser d'autres photographes venir travailler de temps en autre.
- 42:27Mais il faut savoir que j'ai continué de gérer la DA,
- 42:33toute la DA derrière les images.
- 42:37Et même mon équipe que j'ai formée aujourd'hui,
- 42:41c'est mon ami,
- 42:42collègue,
- 42:43photographe que j'ai mis.
- 42:45du coup comme associé.
- 42:46Avec lui,
- 42:47je développe vraiment,
- 42:49je discute vraiment de tout ce que j'ai comme idée d'image,
- 42:53de photos,
- 42:54de vidéos,
- 42:55de création de contenu.
- 42:56Je discute avec lui et lui,
- 42:58je le charge du coup d'être un peu comme le directeur exécutif.
- 43:02Mais je reste comme un ADA.
- 43:03Très bien,
- 43:04c'est important d'avoir su structurer en fait ta marque dès le départ et effectivement le...
- 43:11Le stress qui peut toucher l'écritateur va venir du fait de s'occuper de toutes les étapes et à un moment donné apprendre à déléguer une partie.
- 43:20Ça permet d'avoir un regard extérieur,
- 43:24de prendre du recul.
- 43:25Et comme tu l'as bien dit,
- 43:26tu l'as fait à un moment où tu restes garant de l'identité visuelle,
- 43:30tu vérifies ce qui est fait,
- 43:31mais il y a certaines tâches que tu vas pouvoir déléguer.
- 43:34en
- 43:38On a pu aborder cette notion d'identité visuelle et de communication.
- 43:43Est-ce que toi,
- 43:44dans tes réflexions,
- 43:45tu envisages éventuellement des collaborations avec d'autres marques ou avec certains artistes pour développer ta marque ?
- 43:53Est-ce que ça fait partie de tes projets futurs d'envisager des collaborations ?
- 43:56Oui,
- 43:57bien sûr,
- 43:57bien sûr.
- 43:58Bien sûr,
- 43:59je programme des collaborations.
- 44:04Je pense que
- 44:05Il faut qu'une marque grandisse bien et que...
- 44:10Pour moi,
- 44:10c'est très important que des marques collaborent entre elles.
- 44:13Et je dis à faire des collaborations,
- 44:15que ce soit même si ce n'est pas deux marques de vêtements,
- 44:19deux marques en griffe peuvent collaborer,
- 44:23doivent collaborer.
- 44:24J'ai dit à collaborer avec des marques de vêtements,
- 44:27j'ai collaboré avec la marque Willow Via,
- 44:31et là,
- 44:32je vais collaborer.
- 44:33avec une marque qui en septembre aura fait une expo.
- 44:37Je suis vraiment dans un délire où je vais collaborer.
- 44:42En même temps,
- 44:44quand je fais ma collaboration,
- 44:45je m'attends à ce que nous deux nous apportions nos deux identités.
- 44:48Il ne faut pas que moi mon identité,
- 44:50qui est,
- 44:51on ne va pas se mentir,
- 44:52qui est assez...
- 44:53Les gens reconnaissent très vite.
- 44:56Je fais attention à ce que ça ne bouffe pas la collaboration complètement.
- 45:00C'est pour ça que je fais attention avec qui je collabore.
- 45:03Sinon,
- 45:03je peux très vite,
- 45:05sans le vouloir,
- 45:06être celui qui soit le plus présent.
- 45:09Mais oui,
- 45:09je suis complètement ouvert aux collaborations.
- 45:11Très bien.
- 45:12On arrive à la fin de cette interview.
- 45:14Moi,
- 45:14j'ai été ravie d'avoir pu échanger avec toi et de découvrir cette marque et vraiment l'ADN pour lequel tu as développé cette marque qui vraiment s'appuie sur une culture et une tradition du Bénin.
- 45:32et qui fait complètement partie de ton identité.
- 45:35Donc,
- 45:35c'est vraiment la particularité de la marque Vognon et qui va se différencier d'autres marques,
- 45:40comme l'a dit l'Africa.
- 45:42Donc,
- 45:42je te remercie vraiment pour ta disponibilité,
- 45:45pour ta générosité dans le partage de tes infos,
- 45:49notamment les avant-premières que tu nous as données par rapport à l'organisation du pop-up à Paris dans quelques jours,
- 45:57au mois de juin.
- 45:58Avec plaisir,
- 45:59c'était un plaisir.
- 46:00c'était un plaisir pour moi de...
- 46:01Je faisais une interview et je pense que je me suis beaucoup lâché.
- 46:05Donc c'est cool,
- 46:06je pense que ça va être cool.
- 46:07Mais très bien.
- 46:08Écoute,
- 46:08merci beaucoup et je te dis à très vite en Afrique voyeur.
- 46:11Merci.
- 46:12J'espère qu'on va se croiser à Paris si jamais tu y es.
- 46:15Ah bah bien sûr,
- 46:15bien sûr.
- 46:16On se verra au pop-up avec plaisir.
- 46:18Allez,
- 46:19ça marche.
- 46:20Bon,
- 46:20je te souhaite une très belle journée.
- 46:21Bye bye.
- 46:22Ciao.
- 46:26Merci d'avoir écouté l'épisode jusqu'au bout.
- 46:28Je vous invite à pratiquer quelques petits gestes à impact fort pour m'aider à gagner de la visibilité sur ce podcast.
- 46:34Vous pouvez partager l'épisode à trois de vos amis.
- 46:37Vous pouvez laisser un commentaire sur Apple Podcast ou Spotify.
- 46:41Je vous invite également à cliquer sur les cinq étoiles pour donner de la force.
- 46:45Je vous dis à très vite en Afrique ou ailleurs.