Latest / Positive Mind, parler du couple autrement ! par Julie Debliqui / Je l'aime encore mais ne le/la désire plus!
Transcript
- 0:00Ce podcast est né d'une profonde envie en moi,
- 0:02vous embarquez dans les coulisses de mon cabinet de thérapie conjugale et familiale.
- 0:06Pas par indiscrétion bien sûr,
- 0:08mais parce que derrière chaque porte se racontent souvent les mêmes blessures,
- 0:11les mêmes impasses,
- 0:12et cette impression douloureuse d'être seule à vivre ce qu'on traverse.
- 0:16Seule à deux,
- 0:17seule après une séparation,
- 0:18perdue au milieu des tensions familiales qui se répètent malgré tous les efforts pour que les choses changent.
- 0:23Positive Mind,
- 0:24qui s'appellera bientôt désormais « Ça reste entre nous » ,
- 0:27est né pour mettre des mots.
- 0:29sur ces moments de vie,
- 0:30comprendre ce qui se joue dans nos relations et surtout,
- 0:33surtout,
- 0:33vous proposer des pistes concrètes pour retrouver un peu de mouvement là où tout semble bloqué.
- 0:39Moi,
- 0:39je suis Julie Doblicky,
- 0:41thérapeute de couple et familiale depuis 9 ans,
- 0:43et je m'appuie notamment sur les thérapies brèves systémiques,
- 0:46dont l'approche de Palo Alto,
- 0:47la communication non-violente,
- 0:49la thérapie ACT et hypnose Ericksonienne.
- 0:53Si cet épisode vous aide,
- 0:54abonnez-vous,
- 0:55laissez 5 étoiles s'il vous plaît,
- 0:57enregistrez-le ou...
- 0:58ou partagez-le à quelqu'un qui aurait besoin de l'entendre,
- 1:00parce que ce podcast continuera de grandir tant qu'il apportera quelque chose de précieux à celles et ceux qui l'écoutent.
- 1:07Bonjour et bienvenue dans ce cinquième épisode.
- 1:10Aujourd'hui,
- 1:10on va parler d'un sujet qui fait beaucoup couler d'encre et qui amène beaucoup de personnes en cabinet,
- 1:17ou en visio d'ailleurs.
- 1:18C'est la question du désir ou de la libido dans le couple,
- 1:24avec cette question brûlante qui est...
- 1:27Je l'aime toujours,
- 1:28mais je le désire moins ou je la désire moins.
- 1:32Comment ça se fait ?
- 1:33Qu'est-ce que je fais avec ça ?
- 1:34Il y a quelque chose d'assez fascinant avec le désir dans le couple.
- 1:38Parce que tant qu'il est là,
- 1:39on ne lui demande presque rien,
- 1:40on ne l'interroge pas.
- 1:42On ne se questionne pas au sujet du désir quand il est là.
- 1:45On ne passe pas de temps à se demander pourquoi on a envie de l'autre.
- 1:48Pourquoi tel soir plutôt qu'un autre ?
- 1:51Pourquoi un simple regard peut parfois suffire à réveiller quelque chose en nous de très brûlant ?
- 1:56Et pourquoi trois jours plus tard,
- 1:58exactement dans la même chambre,
- 1:59il ne se passe absolument rien ?
- 2:02On accepte assez naturellement cette part d'imprévisible,
- 2:06parce qu'elle correspond à certains standards,
- 2:08parce qu'on part du principe que comme elle correspond à une forme de norme,
- 2:12alors tout va bien.
- 2:13Puis un jour,
- 2:14l'un des deux a moins envie,
- 2:16et ça commence à se faire sentir.
- 2:19Et d'un coup,
- 2:20le désir va devenir un sujet,
- 2:23un sujet même qui va...
- 2:25commencer à devenir problématique,
- 2:26à générer du mal-être de part et d'autre.
- 2:30On va commencer à observer sa fréquence,
- 2:32à comparer avec les premières années ou les premiers mois de relation,
- 2:36à chercher le moment où quelque chose aurait changé,
- 2:40qui pourrait justifier cette modification d'intensité ou de fréquence.
- 2:45Et celui qui se sent moins désiré peut se demander s'il est encore attirant,
- 2:50s'il est encore aimé,
- 2:51s'il est encore important pour l'autre.
- 2:53Vous savez que je parle souvent de ça.
- 2:55Et celui qui ressent moins l'envie peut commencer,
- 2:58lui,
- 2:58à se demander ce qui ne va pas chez lui,
- 3:02si quelque chose s'est cassé,
- 3:04ou si cette baisse de désir signifie qu'il n'aime plus vraiment son partenaire.
- 3:10Alors j'ai il,
- 3:11elle,
- 3:11voilà,
- 3:11c'est pour ne pas dire y'elle,
- 3:12mais ce n'est pas genré,
- 3:14ce que je dis,
- 3:15bien évidemment.
- 3:16Et c'est souvent d'ailleurs à cet endroit que les couples arrivent en séance.
- 3:20Et l'une des premières choses que j'essaie de déplacer,
- 3:23C'est cette recherche d'un responsable.
- 3:26Parce que le désir,
- 3:27c'est pas simplement une petite réserve de libido que nous aurions chacun à l'intérieur de nous et qui devrait rester correctement remplie tout au long de notre vie,
- 3:35en fait.
- 3:36Dans notre couple,
- 3:37le désir devient aussi une expérience relationnelle,
- 3:41à part entière.
- 3:43Et cette idée change énormément de choses.
- 3:46Imaginez deux personnes qui ne vivent plus exactement le même niveau de désir.
- 3:51L'une aimerait faire l'amour davantage.
- 3:53Pour elle,
- 3:54la sexualité est peut-être devenue l'un des endroits dans sa vie ou dans la relation où elle se sent proche de son ou sa partenaire,
- 4:02désirée,
- 4:03rassurée sur l'amour qui existe entre eux.
- 4:07Il y a beaucoup de personnes qui voient l'amour comme une preuve d'amour.
- 4:11En fait,
- 4:11faire l'amour comme étant une preuve d'amour,
- 4:14ou une preuve d'importance,
- 4:16ou une manière de se sentir exister.
- 4:19Et l'autre va fonctionner différemment.
- 4:21Pour avoir envie de cette sexualité,
- 4:22il va d'abord avoir besoin de se sentir en proximité et en sécurité dans cette proximité,
- 4:27parce que ça,
- 4:28je pense que c'est l'ingrédient qui est bien trop sous-coté de l'histoire de la libido.
- 4:35Enfin,
- 4:35je dis libido,
- 4:36mais en fait,
- 4:36je préfère parler de désir,
- 4:38ça me semble plus approprié.
- 4:40Et parfois,
- 4:41certaines personnes ont besoin de se sentir en sécurité dans le lien,
- 4:45dans la disponibilité de l'autre.
- 4:48Et de soi aussi,
- 4:50mais aussi dans la tendresse ou tout simplement dans des endroits où la relation va bien.
- 4:56Et en réalité,
- 4:57ces deux personnes peuvent chercher exactement la même chose.
- 5:02C'est-à-dire chercher à retrouver le lien.
- 5:05Mais elles ne vont pas prendre le même chemin.
- 5:07Il y en a une qui va penser,
- 5:09si on fait davantage l'amour,
- 5:11par exemple,
- 5:12on va se retrouver.
- 5:13Et l'autre qui va penser,
- 5:14si on se retrouve davantage,
- 5:16peut-être que j'aurai à nouveau envie de faire l'amour.
- 5:18Vous voyez un peu ?
- 5:19Et voilà comment commence l'un des malentendus conjugaux les plus importants et les plus intéressants de l'histoire.
- 5:29Chacun va attendre que l'autre fasse ce qui lui permettrait ensuite d'arriver à faire un pas vers l'autre.
- 5:35Et petit à petit,
- 5:36quelque chose peut alors se mettre à circuler autour de la sexualité comme une forme d'énergie,
- 5:42un peu de pression.
- 5:43Qui demande ?
- 5:44Qui refuse ?
- 5:45Qui revient à la charge ?
- 5:46Qui se sent rejeté ?
- 5:47Qui culpabilise ?
- 5:48Qui doit rassurer l'autre ?
- 5:50Qui finit par éviter les gestes de temps parce qu'il craint qu'il soit systématiquement interprété comme une invitation sexuelle ?
- 5:56Ça,
- 5:56ça peut mettre énormément de pression.
- 5:58Et c'est un sujet qui revient beaucoup en séance.
- 6:02En fait,
- 6:02même des câlins,
- 6:03on n'en fait plus parce que je me dis que s'il vient me prendre dans ses bras,
- 6:07c'est parce qu'il a une idée derrière la tête.
- 6:08Et rien que ça,
- 6:09ça coupe le désir.
- 6:11Donc,
- 6:11c'est souvent les femmes qui me partagent ça en séance.
- 6:14Donc,
- 6:15s'il vous plaît,
- 6:16messieurs,
- 6:16si vous m'écoutez,
- 6:17et je sais qu'il y a plusieurs hommes qui m'écoutent,
- 6:21ne sous-estimez pas l'importance de...
- 6:25Faire exister l'intimité autrement qu'à travers du désir sexuel.
- 6:30Ne sous-estimez pas le fait de toucher sans intention,
- 6:34le fait de faire un câlin sans arrière-pensée.
- 6:37C'est tellement,
- 6:38tellement,
- 6:39tellement important.
- 6:41Parce qu'à ce stade,
- 6:41le désir n'est déjà plus seulement une affaire de désir.
- 6:44Il est devenu vraiment chargé de sens,
- 6:47en fait.
- 6:48Je vais essayer de mettre une forme de pression,
- 6:50mais c'est ça,
- 6:50c'est chargé de sens.
- 6:52C'est une forme de pression presque émotionnelle.
- 6:55C'est lourd,
- 6:55en fait,
- 6:56dans la relation.
- 6:57Et du coup,
- 6:58c'est là,
- 6:59à mon sens,
- 7:00qu'une lecture systémique est très utile.
- 7:03Parce que dans ce qui est systémique,
- 7:05on prend plusieurs facteurs en ligne de compte pour comprendre ce qui se passe.
- 7:11Et on va surtout prendre en compte cette notion de contexte qui va faire qu'au lieu de chercher qui a commencé,
- 7:21qui a le problème,
- 7:22c'est-à-dire euh
- 7:23qui a commencé à avoir moins de désir,
- 7:24qui a le problème de libido,
- 7:26etc.
- 7:27On va plutôt observer la boucle,
- 7:30la boucle interactionnelle.
- 7:31Je vous avais parlé dans des épisodes précédents de cette histoire de danse relationnelle.
- 7:37Et bien,
- 7:38quelle danse relationnelle il y a autour du désir sexuel,
- 7:41autour de la sexualité ?
- 7:43Et quand je parle d'intimité,
- 7:44je ne parle pas forcément de sexualité,
- 7:46parce que l'intimité,
- 7:47ça peut être bien d'autres choses que faire l'amour.
- 7:51C'est surtout être...
- 7:52L'intimité,
- 7:53c'est un espace dans lequel on peut être vulnérable et être totalement soi-même en étant en totale sécurité.
- 7:59Du coup,
- 8:00ça sous-entend ce que je dis là,
- 8:01que si quand on se fâche ou quand je manifeste un mal-être ou une émotion qui a à voir avec toi ou pas,
- 8:07eh bien tu ne m'écoutes pas,
- 8:08tu minimises ce que je ressens,
- 8:10tu remets en question la légitimité de ce que je ressens,
- 8:13je ne peux plus me sentir en sécurité émotionnelle avec toi.
- 8:17Et donc évidemment que ça va avoir un impact sur notre sexualité.
- 8:21Parce que si à l'endroit d'être vulnérable,
- 8:23dans l'intimité,
- 8:25je ne me sens pas en sécurité,
- 8:26je vais avoir du mal à ressentir du désir en fait,
- 8:28et ça me semble un petit peu logique.
- 8:31Donc la question c'est que fait chacun quand il souffre,
- 8:34et que produit sa manière de se protéger chez l'autre ?
- 8:37C'est-à-dire que quand je me protège parce que je ne me sens pas en sécurité,
- 8:42ou je me sens menacée,
- 8:43ou je me sens frustrée,
- 8:45ou impuissante,
- 8:47qu'est-ce que ça produit chez l'autre ?
- 8:49Et c'est ça en fait la danse relationnelle,
- 8:51c'est comment je me comporte,
- 8:54comment la façon dont je me comporte dans la relation va avoir un impact chez l'autre.
- 9:01Et celui qui se sent rejeté peut chercher encore plus de proximité parce qu'il a besoin d'être rassuré.
- 9:06Mais plus il va insister pour être rassuré et plus l'autre peut se sentir obligé,
- 9:12attendu,
- 9:13pressé,
- 9:14observé.
- 9:15Et il va commencer à prendre de la distance.
- 9:19à se sentir sous une forme de pression.
- 9:24Et celui qui cherchait du coup à être rassuré voit cette distance et se dit
- 9:28« je le savais,
- 9:30il ou elle ne me désire plus vraiment » .
- 9:33Et du coup,
- 9:34il va chercher encore davantage à obtenir un signe,
- 9:37le fameux biais de confirmation.
- 9:39Et voilà deux personnes qui,
- 9:40à l'origine,
- 9:41vous laissent rapprocher et contribuent involontairement à produire encore plus de distance.
- 9:48C'est l'une des idées,
- 9:49je trouve,
- 9:49les plus intéressantes de l'approche de Palo Alto,
- 9:51que j'aime vraiment particulièrement.
- 9:55C'est que certaines de nos tentatives pour résoudre un problème finissent parfois par participer à son maintien,
- 10:01voire à renforcer.
- 10:03ce problème.
- 10:05Et ça signifie pas que personne n'est responsable de rien,
- 10:08ni que toutes les situations sont équivalentes,
- 10:11attention.
- 10:12Ça signifie simplement que parfois,
- 10:15il est beaucoup plus utile de regarder ce qui se passe entre deux personnes que de décider laquelle des deux fonctionne mal.
- 10:22D'ailleurs,
- 10:23il y a une question un peu rhétorique dans cette histoire de désir,
- 10:27et que je pose souvent au couple que j'accompagne.
- 10:32C'est comment ça se fait
- 10:33qu'on va considérer que la personne qui a moins de désir devrait tendre à avoir davantage de désir.
- 10:41Pourquoi avoir plus de désir serait mieux ou serait un signe de meilleure santé mentale dans le couple ou serait un signe positif de raison quelque part ?
- 10:55Pourquoi ce serait sous-entendu que celui qui a une baisse de désir est tort et que celui qui a davantage de désir est raison ?
- 11:03En fait,
- 11:04sur quels critères on se base ?
- 11:07Et moi,
- 11:07je pense qu'il y a vraiment,
- 11:09je désir réactif après,
- 11:10mais je pense qu'il y a vraiment des questions aussi qui sont très sociétales,
- 11:14qui sont très sociales aussi,
- 11:16et qui sont aussi des questions de normes de genre et de place,
- 11:21et puis aussi de croyances autour du couple.
- 11:25Et pourtant...
- 11:26Si on part du principe que tout est mouvement dans la vie,
- 11:28c'est comme un peu cette quête de bonheur,
- 11:30je pense que j'avais dû déjà en parler dans un épisode précédent,
- 11:34c'est-à-dire que si on cherche le bonheur tel que le concept qu'on se le représente,
- 11:41c'est-à-dire je suis merveilleusement bien dans ma vie et ça dure toujours,
- 11:45en fait c'est un peu une quête du Graal,
- 11:47c'est-à-dire qu'on a de grandes chances de jamais atteindre notre but,
- 11:51parce que ça ne se peut pas,
- 11:53c'est-à-dire que dans la vie il y a du mouvement tout le temps.
- 11:55Et est-ce que c'est vraiment réaliste et réalisable que d'attendre dans ma vie qu'il n'y ait que du positif ?
- 12:00En fait,
- 12:01ça ne se peut pas.
- 12:04Peut-être que ce qui est tout le temps positif,
- 12:05c'est la manière dont je comprends ce qui m'arrive ou dont je tire des leçons de ce qui m'arrive,
- 12:12la manière dont j'évolue face aux situations de ma vie.
- 12:15Mais ce n'est pas quelque chose qui tape à ma porte un jour en disant « Tiens,
- 12:18voilà,
- 12:18c'est le livreur,
- 12:19je viens vous livrer le bonheur,
- 12:21vous l'avez commandé,
- 12:22vous l'avez reçu » .
- 12:25Je pense qu'au contraire,
- 12:26c'est vraiment une dérive que d'aller voir cette notion de bonheur.
- 12:31C'est en plus un mot un peu valise qui,
- 12:34comment dire,
- 12:34ce concept du bonheur,
- 12:36c'est quelque chose qui est très subjectif et qui n'a pas de mode d'emploi.
- 12:40C'est comme cette histoire de la bonne personne ou cette histoire de l'homme ou la femme de ma vie ou de mon âme sœur.
- 12:47En fait,
- 12:47je ne vois pas comment,
- 12:49au début d'une relation ou au bout de quelques années de relation,
- 12:52on peut être certain
- 12:53et affirmer avec certitude que c'est l'homme ou la femme de ma vie.
- 12:57Je ne vois pas comment on peut dire ça,
- 12:59en fait.
- 13:00Pour moi,
- 13:01on sait si la personne est la personne de notre vie.
- 13:03À la fin de notre vie,
- 13:04ça me semble un petit peu logique de raisonner comme ça.
- 13:07Alors peut-être que j'ai une logique contre logique,
- 13:09c'est possible,
- 13:10mais ça me semble vraiment évident de se dire,
- 13:12ben voilà,
- 13:13on sait que l'autre a été fait pour nous,
- 13:15ben à la fin,
- 13:16en fait,
- 13:16on fait le bilan à la fin.
- 13:18Moi,
- 13:18je ne sais pas ce que vous en pensez,
- 13:19mais je serais curieuse d'avoir vos commentaires d'ailleurs.
- 13:22par rapport à ça.
- 13:25En tout cas,
- 13:26il y a une dimension qu'une approche systémique contemporaine ne peut plus ignorer et qu'on commence vraiment à lire dans les ouvrages contemporains systémiques autour de la thérapie de couple,
- 13:38c'est que toutes les positions dans une relation ne donnent pas forcément la même marge de manœuvre.
- 13:43Parce qu'il y a quand même une notion un petit peu de pouvoir
- 13:49Et quand je dis pouvoir,
- 13:49je mets des guillemets dessus,
- 13:51mais vous allez voir dans ce que je vais dérouler que c'est quand même un sujet,
- 13:54en fait.
- 13:55Parce que le mot peut sembler fort,
- 13:56mais pourtant le pouvoir dans un couple ne signifie pas nécessairement domination ou violence.
- 14:02D'ailleurs,
- 14:03les chercheurs
- 14:04Bonnie Young et Ryan Seedal le décrivent notamment comme étant la manière dont les partenaires vont exercer ou résister à l'influence de l'autre.
- 14:14Et c'est en ça qu'on parle de notion de pouvoir.
- 14:17Quel pouvoir j'ai sur l'autre ?
- 14:18En fait,
- 14:19en termes de beaucoup plus simple,
- 14:21c'est qui a le droit de dire non sans qu'il y ait de conséquences ?
- 14:25Et je redis bien,
- 14:27qui a le droit de dire non sans qu'il n'y ait de conséquences ?
- 14:31Parfois,
- 14:31on a l'impression qu'il n'y a pas de conséquences,
- 14:33mais faire la tête ou créer du malaise,
- 14:37c'est déjà imposer une conséquence.
- 14:40Et du coup,
- 14:41ça se ressent.
- 14:42Si quand je dis non,
- 14:43l'autre fait la gueule pendant deux jours et qu'il me dit non,
- 14:46rien,
- 14:46c'est pas grave,
- 14:46ok,
- 14:47non,
- 14:47mais tu as le droit de dire non,
- 14:47il n'y a pas de souci.
- 14:49Là,
- 14:49c'est une incongruence,
- 14:50c'est une incohérence.
- 14:51Moi,
- 14:51je ne sais plus sur quel pied danser.
- 14:53Il me dit que c'est OK,
- 14:54que j'ai le droit de dire non,
- 14:54mais quand je dis non,
- 14:55je vois bien que ça crée une ambiance délétère entre nous.
- 14:58Du coup,
- 14:59je vais essayer de recréer du lien autour de cette ambiance délétère.
- 15:03Et vous voyez,
- 15:03là,
- 15:03ça devient un jeu de pouvoir.
- 15:06Qui a le droit de changer une décision à l'intérieur d'une relation ?
- 15:10Qui finit généralement par s'adapter à ce qui se passe ?
- 15:16Et quels besoins deviennent prioritaires quand ils sont incompatibles ?
- 15:21Quand on n'est pas d'accord,
- 15:23qu'est-ce qui finit par trancher ?
- 15:24Est-ce que ça tranche d'un côté ou de l'autre ?
- 15:26On arrive à un consensus.
- 15:29La sexualité est évidemment un endroit où ces questions deviennent particulièrement sensibles,
- 15:34parce qu'effectivement,
- 15:36il est question derrière tout ça de normes de genre,
- 15:38de place,
- 15:39de confiance en soi.
- 15:40Pour moi,
- 15:41je pense que la confiance en soi,
- 15:42c'est beaucoup aussi une question de normes de genre et de normes sociales,
- 15:46et que c'est une question systémique,
- 15:49la question de la confiance en soi.
- 15:50Puis en plus,
- 15:51je pense que c'est aussi une question un peu globale,
- 15:53et je ne pense pas qu'on ait confiance en soi ou pas confiance en soi.
- 15:56Je pense que...
- 15:57Il y a des endroits où on est plus confiant envers soi-même,
- 16:00où on se sent plus capable d'eux,
- 16:02et des endroits où on l'est moins.
- 16:03Et on peut exceller dans un domaine et se sentir tout à fait confiant dans un domaine et pas du tout dans un autre.
- 16:08Donc pour moi,
- 16:09ce n'est pas non plus aussi linéaire qu'un interrupteur on-off.
- 16:15Parce qu'aucun couple n'éprouve exactement le même désir au même moment,
- 16:20avec la même fréquence,
- 16:21les mêmes envies et les mêmes conditions.
- 16:25L'écart de désir est donc extrêmement courant.
- 16:28Ce qui devient problématique,
- 16:30ce n'est pas forcément l'existence de cet écart d'ailleurs,
- 16:33mais c'est plutôt que le couple va commencer à construire quelque chose autour de lui.
- 16:39Comme si le fait de commencer à avoir ces écarts allait commencer à créer de l'insécurité,
- 16:45du questionnement,
- 16:45de l'incertitude,
- 16:47de la manifestation de frustration,
- 16:49etc.
- 16:49Alors qu'en fait,
- 16:50dans la plupart des cas,
- 16:53Si on rembobinait l'histoire au moment où il y a commencé à y avoir une perte de désir,
- 16:57si on avait cherché ailleurs que dans la perte de désir ce qui pouvait causer cette perte de désir,
- 17:03le désir,
- 17:04à mon avis,
- 17:04serait revenu.
- 17:07D'ailleurs,
- 17:08une étude publiée en 2024 auprès d'adultes vivant justement des différences de désir montre que les couples utilisent des stratégies très diverses.
- 17:16Il y en a qui parlent,
- 17:18d'autres vont trouver d'autres formes de proximité.
- 17:21Je parlais des câlins tout à l'heure,
- 17:22mais parfois ça peut être aussi une forme de complicité,
- 17:25comme la danse et ce genre de choses.
- 17:27Et certains vont laisser davantage d'initiatives aux partenaires qui désirent moins.
- 17:32Certains ne font rien du tout pour que ça change.
- 17:34Et certains vont maintenir une activité sexuelle malgré la différence d'envie.
- 17:38C'est-à-dire qu'il y en a qui vont s'adapter.
- 17:40On connaît les ravages que ça peut causer dans le couple,
- 17:44et notamment dans ces histoires de désir et de confiance en soi,
- 17:48que peuvent causer
- 17:50que ça peut causer sur la personne qui se force à avoir une relation sexuelle pour faire plaisir à l'autre.
- 17:58C'est vraiment des ravages.
- 18:01C'est vraiment extrêmement problématique.
- 18:03Et d'ailleurs,
- 18:04les auteurs montrent surtout qu'il n'existe pas une seule manière universellement normale de gérer cet écart.
- 18:12Et ça pose une question que moi je trouve essentielle,
- 18:14qui est quand on cherche à régler une différence de désir,
- 18:17est-ce qu'on cherche vraiment
- 18:18une solution qui convienne aux deux partenaires ou est-ce qu'on cherche parfois,
- 18:23sans nous en rendre compte,
- 18:23à rapprocher celui qui désire moins du niveau de celui qui désire plus ?
- 18:28Comme je vous disais tout à l'heure,
- 18:30pourquoi on devrait définir que le problème vient forcément de celui qui désire moins ?
- 18:36Et en fait,
- 18:37ça paraît juste quand je le dis comme ça,
- 18:39mais je vous assure que ce n'est pas si simple.
- 18:42Et pourtant,
- 18:43ce biais-là peut exister jusque dans les cabinets.
- 18:46Et ça aussi,
- 18:47ça fait des ravages.
- 18:48Quand il y a une forme de pression qui est mise sur celui qui a moins de désir pour qu'il se démerde d'avoir plus de désir pour que ça puisse fonctionner dans le couple parce que pendant ce temps-là,
- 18:57il porte toute la charge mentale du mal-être du couple sur ses épaules.
- 19:03Et en fait,
- 19:03du coup,
- 19:03ça dédouane aussi l'autre peut-être des comportements dont il est responsable et qui pourraient être à l'origine de la baisse de désir chez l'autre.
- 19:12Et donc ça,
- 19:12c'est important de vraiment...
- 19:14de s'arrêter sur ce sujet-là et d'y réfléchir,
- 19:17de prendre le temps d'y réfléchir,
- 19:18de se dire,
- 19:18ok,
- 19:19à quel endroit j'ai ma part,
- 19:20en fait,
- 19:21dans cette question.
- 19:22Le manque de libido,
- 19:23ça je l'ai mis dans ma newsletter,
- 19:25si vous l'avez lu,
- 19:27j'espère que ça vous a plu,
- 19:28d'une part,
- 19:28mais si vous ne l'avez pas lu,
- 19:30que vous ne l'avez pas reçu et que vous souhaitez la recevoir,
- 19:32envoyez-moi un message sur mes réseaux sociaux et puis je vous l'enverrai par mail.
- 19:37Vous m'envoyez un message par mail,
- 19:39enfin,
- 19:40vous m'envoyez un message,
- 19:41pardon.
- 19:41avec votre adresse mail et je vous envoie.
- 19:43Je vais y arriver,
- 19:44j'étais concentrée dans mon contenu.
- 19:45Donc je digresse,
- 19:46mais pour la bonne cause,
- 19:49envoyez-moi votre adresse mail.
- 19:50Ça peut être aussi par le biais de mon site Internet.
- 19:52Vous pouvez m'envoyer un mail dans le formulaire de contact à la fin.
- 19:57Je crois que ça doit être dans la rubrique blog.
- 19:59Et sinon,
- 20:00vous tapez Julie Debliki.
- 20:01Vous allez trouver toutes mes coordonnées,
- 20:03tous mes réseaux sociaux et vous pouvez me contacter très facilement.
- 20:06Mais mes newsletters,
- 20:07elles ne sont pas très fréquentes.
- 20:08Mais par contre,
- 20:09en général,
- 20:09je mets quand même du contenu de qualité,
- 20:11en tout cas,
- 20:11je l'espère,
- 20:12dedans.
- 20:13Donc,
- 20:13comme je le disais,
- 20:15la question de la libido ou du désir dans le couple n'est jamais,
- 20:21absolument jamais,
- 20:23un problème individuel.
- 20:25jamais.
- 20:26Donc quand on dit il ou elle a un problème de libido,
- 20:30c'est à il ou elle de soigner ça,
- 20:33comme si c'était une maladie,
- 20:34moi je ne suis pas du tout d'accord avec ça.
- 20:37Parce que déjà,
- 20:37c'est pas une maladie,
- 20:39sauf si vraiment il y a un contexte spécifique.
- 20:42Mais là,
- 20:42je parle au niveau relationnel.
- 20:44Je ne parle pas de facteurs qui peuvent causer effectivement des ruptures totales de libido.
- 20:48Ça se peut.
- 20:49Il y a certains traitements médicamenteux qui vont causer des ruptures totales de libido.
- 20:53Moi,
- 20:53je peux...
- 20:55pas pouvoir travailler sur ça spécifiquement parce que c'est pas du tout de mon ressort.
- 20:59Par contre,
- 21:00on va pouvoir travailler au niveau de la relation du couple sur comment on va réajuster cette absence de libido pour qu'il puisse y avoir des espaces intimes de sécurité et que la personne qui n'a plus de libido ne se sente pas en insécurité parce qu'elle n'en a plus.
- 21:14Donc,
- 21:15une étude qualitative publiée en 2025,
- 21:18j'ai trouvé ça sur PubMed,
- 21:20auprès de sexologues...
- 21:22sexologues et sexothérapeutes montrent que leur propre conception de la sexualité va énormément influencer leurs objectifs thérapeutiques.
- 21:33Certains vont naturellement privilégier l'augmentation du désir et la fréquence sexuelle tandis que d'autres vont davantage interroger l'autonomie,
- 21:40le contexte relationnel ou la manière dont le couple vit cette différence.
- 21:44Autrement dit,
- 21:45même un thérapeute peut arriver avec sa propre idée du couple qui va bien.
- 21:50Et moi je suis extrêmement
- 21:51attentive à ça.
- 21:52D'ailleurs,
- 21:53dans mon approche,
- 21:55j'ai beaucoup trié mes outils parce que j'avais une grille de lecture qui était vraiment mon fil rouge en début de pratique qui était les travaux de Gary Chapman,
- 22:07les 5 langages de l'amour et les 5 langages de la réconciliation,
- 22:11avec dedans tout un tas de récits sur ce qu'il appelait les cavaliers de l'apocalypse dans le couple,
- 22:17etc.
- 22:17Et je trouve,
- 22:18dans ces outils,
- 22:19qu'il y a des choses qui sont très pertinentes.
- 22:21Maintenant,
- 22:21si on repositionne dans son contexte,
- 22:23Gary Chapman est un homme d'église avec une vision très judéo-chrétienne et extrêmement patriarcale du couple.
- 22:29Et donc,
- 22:30tous ces outils sont,
- 22:34comment dire,
- 22:34sont retranscrits depuis cette vision-là,
- 22:37depuis cette rhétorique-là et depuis cette grille de lecture-là.
- 22:40Donc,
- 22:40il est normal que l'homme fasse ci parce que,
- 22:44voilà,
- 22:44c'est comme,
- 22:45c'est ce que je trouve être des inepties et ça n'engage que moi.
- 22:49Cette histoire des hommes qui viennent de Vénus et des femmes de Mars,
- 22:51ou l'inverse,
- 22:52je sais,
- 22:52non,
- 22:52c'est les femmes de Vénus et les hommes de Mars,
- 22:54je trouve que c'est évidemment,
- 22:57si on active des biais cognitifs,
- 22:59on va dire,
- 23:00ah ouais,
- 23:00ouais,
- 23:00c'est trop vrai,
- 23:01c'est trop vrai.
- 23:02Mais c'est plus compliqué que ça,
- 23:03et surtout,
- 23:04l'idée,
- 23:04c'est de ne pas accepter ça,
- 23:06parce que l'idée,
- 23:07c'est de ne pas reproduire le contexte qui pose problème,
- 23:10en fait,
- 23:11le contexte patriarcal dans le couple,
- 23:12il pose problème,
- 23:13il pose des questions de normes de genre.
- 23:15Il pose des questions de la place de la femme et de la place de l'homme,
- 23:18de ce que ça crée comme conséquence dans notre développement personnel,
- 23:22pas au sens spirituel du terme encore que,
- 23:25mais vraiment au sens existentiel du terme.
- 23:28C'est comment j'arrive,
- 23:29moi,
- 23:29à donner du sens à ma vie,
- 23:30par exemple,
- 23:31si je suis un homme et que je ne vis pas de sexualité dans mon couple.
- 23:33Est-ce que ça veut dire que je suis toujours un homme ?
- 23:36Voilà,
- 23:36si on a une vision patriarcale dans le couple et dans l'accompagnement du couple,
- 23:40c'est ça qu'on va penser.
- 23:41Si on a une vision plutôt...
- 23:45libertaire,
- 23:46on va plutôt se remettre en question cette rhétorique-là,
- 23:50en se disant
- 23:51« Ok, mais t'en es pas moins un homme parce qu'il n'y a pas de sexualité dans ton couple.
- 23:54En fait,
- 23:54personne n'est jamais mort d'absence de vie sexuelle.
- 23:59Personne n'est mort de frustration sexuelle.
- 24:01Donc,
- 24:01il n'y a pas de danger à cet endroit-là.
- 24:04Et surtout que la sexualité,
- 24:05fondamentalement,
- 24:06n'est pas un besoin.
- 24:07En tout cas,
- 24:08ce n'est pas un besoin fondamental.
- 24:10Ça peut être un besoin,
- 24:11mais ce n'est pas un besoin fondamental.
- 24:13C'est-à-dire qu'on peut tout à fait vivre sans.
- 24:15Donc,
- 24:16vous voyez,
- 24:17on est très très loin du coup de ce que la littérature nous sert depuis des siècles.
- 24:22Et que moi,
- 24:23j'aimerais bien qu'on remette ce débat-là au milieu.
- 24:25Parce que si on veut aller vers des solutions,
- 24:28il va falloir remettre de l'équilibre un petit peu dans tout ça,
- 24:31je pense.
- 24:34Moi,
- 24:34je n'ai pas à décider à votre place de combien de fois vous devriez faire l'amour par semaine ou par mois.
- 24:41Nickel.
- 24:42importance la sexualité devrait avoir dans votre couple ni quelle forme d'intimité elle devrait prendre.
- 24:48Ce ne sont pas mes oignons,
- 24:50en fait.
- 24:51Pas plus que ce sont...
- 24:53que c'est pas mes oignons de décider si vous êtes fait pour rester ensemble ou vous séparer.
- 24:57Par contre,
- 24:58mes oignons,
- 24:59c'est de vous mettre face à vos cohérences,
- 25:01à vos congruences.
- 25:03Et la question,
- 25:04du coup,
- 25:04ça va plutôt être qu'est-ce qui convient à vous deux,
- 25:07aujourd'hui ?
- 25:10Aux personnes que vous êtes,
- 25:12qu'est-ce qui va vous convenir là,
- 25:14maintenant,
- 25:14ici,
- 25:14là,
- 25:15tout de suite ?
- 25:15Pas quand on regarde dans le rétro et qu'on va au début de la relation en se disant « Non,
- 25:19mais moi,
- 25:19ce que je veux,
- 25:20c'est retrouver la sexualité qu'on avait à nos débuts,
- 25:22etc. »
- 25:23Il va falloir faire le deuil de cette idée-là,
- 25:25parce que la phase un peu phéromonelle du couple,
- 25:29c'est super,
- 25:29on fait l'amour tout le temps,
- 25:30on est au top,
- 25:31on ressent du désir,
- 25:32du plaisir et tout,
- 25:32c'est super,
- 25:33mais c'est une phase qui n'a pas forcément vocation à durer,
- 25:37en tout cas pas de cette façon là
- 25:39pas avec cette biochimie là dans le corps,
- 25:43mais qui a plutôt vocation à évoluer.
- 25:46Donc ma question,
- 25:47elle serait plutôt évolutive et constructiviste,
- 25:49c'est qu'est-ce qu'on va faire de votre sexualité ?
- 25:52Qu'est-ce que vous avez envie de faire de votre sexualité à partir de qui vous êtes là aujourd'hui,
- 25:56maintenant,
- 25:57avec la qualité de votre relation ici,
- 26:00maintenant ?
- 26:01Parce qu'il y a plusieurs choses à évaluer dans une relation.
- 26:05Pour savoir si une relation est qualitative,
- 26:08il faut d'abord évaluer les sentiments.
- 26:10Est-ce que je ressens encore de l'attirance physique,
- 26:13psychique ?
- 26:15Est-ce que je ressens encore une forme d'attraction,
- 26:18de magnétisme de l'autre envers moi ?
- 26:20Est-ce que j'ai de l'attrait pour cette personne ?
- 26:22Est-ce que j'ai de l'affection,
- 26:24de la tendresse,
- 26:24de la douceur,
- 26:25de l'envie d'être proche,
- 26:26de partager des moments d'intimité,
- 26:28ou même juste des moments calmes,
- 26:30en fait,
- 26:31mais de qualité ensemble ?
- 26:33Est-ce que j'admire ?
- 26:34L'autre,
- 26:34pour ses valeurs,
- 26:35pour ses choix de vie,
- 26:37pour son parcours,
- 26:37pour sa personnalité,
- 26:40est-ce que je me sens élevée à ses côtés ?
- 26:44Et évidemment,
- 26:46les questions ne doivent pas se poser à sens unique.
- 26:47C'est important de savoir quel est le degré de réciprocité.
- 26:51Le but n'est pas de s'enfermer non plus là-dedans,
- 26:53mais de pouvoir quand même se connecter un minimum à des repères.
- 26:59Parce que pour évaluer aussi la qualité de la relation,
- 27:01il faut se sentir rassuré dans la relation.
- 27:04Il faut être capable d'offrir une forme de sécurité émotionnelle.
- 27:07Mais si je pète un plomb à chaque fois que tu me dis non parce que tu n'as pas envie de moi,
- 27:12évidemment que du coup la relation est plus qualitative.
- 27:17Si je ne suis pas cohérent en te disant bien sûr que tu as le droit de me dire non,
- 27:21mais que quand tu me dis non je fais la gueule pendant deux jours,
- 27:23je ne suis pas dans la cohérence à ce moment-là.
- 27:27Donc je fais baisser la qualité de la relation.
- 27:31La qualité de la relation,
- 27:32elle va aussi s'évaluer dans le degré de confiance qui va être construite par des faits,
- 27:37plutôt que par des mots,
- 27:39déjà,
- 27:39d'une part,
- 27:40mais aussi plutôt que par du doute permanent.
- 27:42C'est-à-dire que si tu es cohérent,
- 27:44si tu es fiable,
- 27:46si je peux compter sur toi pour organiser des choses,
- 27:48pour anticiper des choses,
- 27:49pour qu'on répartisse la charge mentale,
- 27:51etc.,
- 27:53ben évidemment...
- 27:53que du coup ça va contribuer à mon bien-être si tout ça c'est là.
- 27:58Mais si c'est pas là,
- 27:59si t'es pas hyper fiable,
- 28:01si tu me préviens pas quand t'es en retard à un truc ou si t'arrives volontiers en retard ou si t'oublies des choses qui sont importantes et que je dois les compenser ou si tu penses pas à des choses qui sont importantes alors que ça devrait te concerner,
- 28:14on va perdre en qualité de relation en fait,
- 28:16c'est logique.
- 28:18Il y a aussi cette notion de respect,
- 28:20accepter,
- 28:20honorer les limites,
- 28:21les besoins et les opinions de chacun.
- 28:23C'est-à-dire que dans la sexualité,
- 28:25il y a une notion de consentement qui est cruciale.
- 28:28Si tu n'as pas envie,
- 28:30alors c'est tout,
- 28:32on arrête là en fait,
- 28:33il n'y a pas de débat.
- 28:35Et par contre,
- 28:36si toi tu as des besoins sexuels et que moi je n'ai plus du tout envie,
- 28:39là par exemple,
- 28:40la thérapie c'est un excellent espace pour pouvoir parler de ça.
- 28:43Qu'est-ce qu'on fait de ça si toi tu as des besoins qui sont importants et que moi par contre je n'ai plus du tout de libido,
- 28:49je n'ai pas à rougir de ne plus avoir de désir ?
- 28:53Et toi,
- 28:53tu n'as pas à rougir d'avoir des besoins.
- 28:55Mais qu'est-ce qu'on fait de ça,
- 28:56en fait ?
- 28:56Comment on va respecter l'opinion de chacun et comment on va pouvoir continuer à construire la relation autour de ça ?
- 29:02Et puis,
- 29:03il y a la notion de rire aussi ensemble pour évaluer la qualité de la relation.
- 29:09Voilà,
- 29:10vivre des moments de légèreté,
- 29:11de la complicité,
- 29:12de la joie de vivre ensemble.
- 29:14Puis aussi rêver,
- 29:16s'inspirer,
- 29:17donner de l'élan,
- 29:18se projeter dans des projets communs.
- 29:20et puis faire rayonner,
- 29:21c'est-à-dire permettre à l'autre de s'épanouir et de développer ses qualités plutôt que de l'étouffer ou de le freiner.
- 29:29Et ça,
- 29:29c'est hyper important aussi.
- 29:32C'est vraiment une,
- 29:34j'allais dire,
- 29:34presque une trame.
- 29:36Mais c'est déjà des choses qu'on va questionner,
- 29:38qu'on va interroger en thérapie,
- 29:40par exemple,
- 29:41pour pouvoir bien comprendre quel est le terreau dans lequel pousse la relation.
- 29:47Parce que c'est hyper important et parce que s'il n'y a pas ce que je viens de citer là,
- 29:51ou si on sent que déjà les niveaux sont très médiocres par rapport à ces critères-là que je viens de donner,
- 29:57il y avait fort à parier que l'histoire de la baisse de désir soit directement corrélée à ça.
- 30:03Et dans l'approche systémique,
- 30:06le but n'est pas de chercher automatiquement à opposer les hommes et les femmes,
- 30:09ni à conclure que toutes les difficultés conjugales seraient liées au patriarcat,
- 30:12pour rebondir sur ce que je disais tout à l'heure.
- 30:15Ce serait aussi simpliste que de tout expliquer par l'attachement ou par l'enfance.
- 30:19C'est pour ça que souvent,
- 30:21j'envoie un petit peu des...
- 30:23Je jette un petit peu des cailloux sur les trucs à l'emporte-pièce.
- 30:26C'est parce qu'il a un attachement évitant que du coup il ne me répond pas pendant une semaine.
- 30:30Non,
- 30:30c'est juste parce qu'il se comporte comme un goujat.
- 30:33Ça n'a rien à voir avec l'attachement en fait.
- 30:36Peut-être que l'attachement met des pièces dans le jukebox pour alimenter le comportement,
- 30:39mais ce n'est pas parce qu'on est évitant qu'on est un monstre dans la relation.
- 30:44Moi j'ai été majoritairement dans ma vie,
- 30:45moi j'ai un profil plutôt anxieux,
- 30:49qui tend à être sécure,
- 30:51et j'ai plutôt eu des profils évitants dans mon expérience de vie.
- 30:56Ce n'était pas des monstres.
- 30:57Il y a eu des personnes qui avaient des valeurs que je partageais plus que d'autres.
- 31:01Mais globalement,
- 31:04je pense que je n'ai pas eu des monstres.
- 31:06Il y a eu des personnes vraiment qui ne méritaient pas que je leur donne l'heure aujourd'hui.
- 31:11Et si je rembobinais,
- 31:13il y a des choses que je ferais différemment.
- 31:17Mais j'ai eu des très belles personnes dans mon histoire de vie qui avaient pourtant des profils évidents et qui se débattaient un petit peu.
- 31:23avec cette notion de sécurité dans le lien,
- 31:25de la même manière que moi,
- 31:26je me débattais aussi dedans avec mon profil plutôt anxieux,
- 31:29qui avait tendance à essayer de chercher des preuves qui m'aiment moins.
- 31:34Ça,
- 31:34je l'ai fait beaucoup par le passé,
- 31:36bien évidemment.
- 31:37Aujourd'hui,
- 31:37c'est derrière moi.
- 31:39Mais j'ai beaucoup,
- 31:39beaucoup,
- 31:40beaucoup appliqué ces comportements d'insécurité,
- 31:43en fait.
- 31:44Et donc ça,
- 31:45c'est important,
- 31:45parce que de comprendre aussi qu'est-ce que j'induis dans la relation,
- 31:50puisqu'on a tendance c'est c'est euh euh
- 31:53Mon père qui disait c'est plus facile de voir la paille qui a dans l'oeil du voisin que la poutre qu'on a dans le sien.
- 31:59Ça je pense que j'ai déjà dû le dire dans un autre épisode.
- 32:01J'ai plein de petites expressions comme ça que j'aime beaucoup et dont je me sers beaucoup en thérapie parce qu'elles sont bien imagées.
- 32:08Et je disais aussi un truc dans ma newsletter,
- 32:10c'est que,
- 32:12que je partageais ce matin au téléphone à une amie d'ailleurs,
- 32:15c'est que dans la vie,
- 32:17on avance tant que le caillou dans la chaussure ne nous gêne pas.
- 32:21Et qu'en fait,
- 32:22à partir du moment où le caillou devient trop gros,
- 32:24on est obligé de s'arrêter,
- 32:25de regarder un petit peu,
- 32:27de faire une pause,
- 32:27quoi,
- 32:28pour regarder un petit peu la taille du caillou,
- 32:29qu'est-ce qu'il y a,
- 32:30comment on va l'enlever,
- 32:31etc.
- 32:33En fait,
- 32:33ce que ça nous rappelle,
- 32:34tout ça,
- 32:34c'est qu'un couple ne vit pas dans une bulle,
- 32:37et qu'il vit dans un contexte spécifique,
- 32:40et que tout ce qui se passe autour de nous,
- 32:42évidemment,
- 32:43influence ce qu'on ressent,
- 32:45en fait,
- 32:46et la manière dont on va le vivre.
- 32:47On arrive tous dans nos relations avec nos représentations qui sont souvent héritées et puis parfois qui sont construites sur ce qu'est un homme amoureux,
- 32:55sur ce qu'est une femme désirable,
- 32:56sur ce qu'est un bon conjoint,
- 32:57sur ce qu'est une bonne mère,
- 32:58un bon père,
- 32:59un père impliqué,
- 33:03sur qui devrait initier la sexualité,
- 33:05sur ce que signifie être refusé ou sur ce qu'un couple normal devrait faire.
- 33:11Et ces normes ne déterminent pas automatiquement nos comportements mais elles peuvent vraiment influencer
- 33:16notre manière de comprendre ce qui nous arrive.
- 33:19Et les travaux plus contemporains en thérapie de couple insistent davantage sur la nécessité de regarder à la fois la relation,
- 33:26les émotions,
- 33:27mais aussi le contexte social,
- 33:28ce dont je vous parlais tout à l'heure.
- 33:30Et c'est notamment l'objet de la socio-émotionnel relationship therapy qui cherche explicitement à intégrer les rapports de pouvoir et les discours sociaux à la compréhension du couple.
- 33:44On va prendre un exemple très simple qui est l'organisation de la vie familiale.
- 33:49Un partenaire peut penser aux rendez-vous,
- 33:51anticiper les courses,
- 33:52organiser les vacances,
- 33:54coordonner une partie importante du quotidien et l'autre peut travailler énormément,
- 33:58gérer les finances,
- 33:58s'occuper des travaux ou prendre en charge d'autres formes de responsabilités.
- 34:02Et je ne vais pas sortir une calculatrice et décider lequel des deux fait le plus ou le moins.
- 34:07Ce qui m'intéresse ici,
- 34:09c'est l'expérience qu'ils font de cette organisation.
- 34:13Est-ce que chacun...
- 34:14se sent suffisamment reconnu dans le rôle qui lui revient.
- 34:21Parce que par exemple,
- 34:21quand on prend beaucoup de charge mentale à la domestique,
- 34:25si l'autre travaille beaucoup parce que ça se justifie par son salaire qui est supérieur,
- 34:30comment se sent la personne qui ne sera pas rétribuée financièrement par cette somme de charge mentale qu'elle porte en plus ?
- 34:37Est-ce que ça lui va ?
- 34:39Est-ce que du coup,
- 34:39c'est OK de porter plus et de gagner moins par rapport à l'autre qui travaille plus,
- 34:46mais qui est payé pour ce qu'il travaille plus ?
- 34:47Vous voyez,
- 34:48là aussi,
- 34:49rien qu'à cet endroit-là,
- 34:50déjà,
- 34:50ça peut créer du déséquilibre.
- 34:52Est-ce que l'un a progressivement le sentiment de devoir porter la vie de tout le monde et de devoir organiser sa propre vie en fonction de celle des autres pour que le système puisse tenir debout ?
- 35:05Est-ce qu'il existe suffisamment d'espace pour demander de l'aide,
- 35:08pour avoir le droit de dire non,
- 35:10de refuser quelque chose ou de modifier l'organisation sans que ce soit systématiquement des conflits ou de l'opposition ?
- 35:17Une relation,
- 35:18ça peut sembler...
- 35:19très équilibré sur le papier et être vécu comme profondément injuste par l'un des deux partenaires.
- 35:26Et parfois,
- 35:27comme c'est un sujet qui fait débat,
- 35:29comme c'est un sujet qui va stimuler parfois des émotions très désagréables et qui va susciter parfois un questionnement,
- 35:42un doute sur la légitimité,
- 35:44du coup on ne va pas oser mettre ça sur le tapis.
- 35:46Pourtant il y a un inconfort qui vaut vraiment le coup.
- 35:49d'être débattue.
- 35:51Et pareil,
- 35:52la thérapie,
- 35:53c'est un espace idéal pour ça parce que,
- 35:56et choisissez bien votre thérapeute de couple si ce n'est pas moi,
- 36:01c'est important que vous puissiez vous sentir en phase avec les valeurs de la thérapeute,
- 36:06lui poser des questions sur ses grilles de lecture,
- 36:08sur sa vision du couple,
- 36:11sur qu'est-ce que c'est pour elle un bon couple,
- 36:13etc.
- 36:13Et comment...
- 36:15qu'elles sont un peu,
- 36:15d'essayer de ressentir un petit peu quels sont ses biais.
- 36:20Je dis elle,
- 36:20mais il,
- 36:21ça marche aussi.
- 36:23Moi,
- 36:23par exemple,
- 36:24et c'est un biais personnel et je ne dis pas que j'ai raison,
- 36:27c'est un manque aussi de neutralité de ma part que de le dire,
- 36:30mais aujourd'hui,
- 36:32si j'avais besoin dans mon couple,
- 36:33je ne saurais pas aller consulter un homme parce que je me dirais qu'il est trop teinté des croyances du patriarcat qui ont besoin aujourd'hui d'être visitées,
- 36:42d'être rééquilibrées.
- 36:43et que pour ces raisons-là,
- 36:44je suis sûre que je ne me sentirai pas entendue.
- 36:47Mais peut-être à tort,
- 36:48peut-être qu'au contraire,
- 36:49il y a des thérapeutes qui sont très bien déconstruits,
- 36:52et moi la neutralité dans la thérapie,
- 36:54je le dis à chaque fois,
- 36:55mais je n'y crois pas,
- 36:58et je pense que c'est important aussi de savoir ce que la personne pense au fond d'elle,
- 37:03parce que si c'est un thérapeute qui regarde du contenu masculiniste et que vous,
- 37:07vous êtes féministe et que vous venez là en thérapie,
- 37:10ça va poser problème en fait.
- 37:11Donc c'est important que pour que l'alliance thérapeutique,
- 37:14c'est-à-dire la relation de confiance entre le tiers thérapeute et le couple ou les individus du couple,
- 37:19puisse se faire,
- 37:20de savoir si les valeurs de l'autre sont en congruence avec les nôtres.
- 37:27À l'inverse,
- 37:28une organisation qui est très asymétrique peut être vécue comme parfaitement juste par les personnes concernées.
- 37:36Il y a des couples qui se suffisent très bien.
- 37:40D'avoir l'homme ou la femme au foyer,
- 37:42l'homme ou la femme qui travaille,
- 37:44et les tâches vraiment très asymétriques,
- 37:47et c'est parfaitement équilibré et ok pour chacun.
- 37:51L'équité,
- 37:52c'est donc pas exactement la même chose que faire 50-50.
- 37:56Et ça,
- 37:56on en parle souvent.
- 37:57Il y a une page que j'adore,
- 37:58Instagram,
- 37:59qui s'appelle A part égale,
- 38:00qui parle beaucoup aussi de toutes les questions financières sur la notion du 50-50,
- 38:05qui est extrêmement intéressante,
- 38:07et que j'invite tous les couples que j'accompagne sans exception,
- 38:10à s'abonner et à regarder un petit peu tout ce que ça raconte,
- 38:14parce que moi,
- 38:16ça m'a beaucoup apporté,
- 38:18ça m'a beaucoup permis aussi de prendre du recul et de comprendre beaucoup de choses.
- 38:23Et moi,
- 38:24j'ai beaucoup porté mon premier couple financièrement.
- 38:27Et en fait,
- 38:29avec le recul,
- 38:30je me dis,
- 38:30oh là là,
- 38:33quand on a divorcé,
- 38:34on a fait vraiment 50-50 sur les choses.
- 38:36et en fait c'est un peu
- 38:38ça aurait pas dû se passer comme ça et moi c'est vrai que du coup comment dire c'était très déséquilibré,
- 38:45je vais le dire comme ça et c'est moi dans l'histoire qui ai été lésée voilà et donc pour revenir à cette notion de le 50-50 c'est pas forcément ce qu'il y a de meilleur mais ce qui compte c'est ce qui vous va à vous
- 39:00Et du coup,
- 39:00ça,
- 39:00ça compte aussi pour le désir.
- 39:02Pas parce que ranger le lave-vaisselle serait une forme de technique stratégique pour arriver à des fins sexuelles,
- 39:08heureusement,
- 39:09sinon les sexologues vendraient des lave-vaisselles à la place des thérapies,
- 39:12mais parce que notre désir se développe aussi dans l'expérience globale qu'on fait dans notre relation.
- 39:20Est-ce que je me sens regardée,
- 39:21considérée,
- 39:22libre ?
- 39:23Est-ce que je peux déplaire à l'autre sans que notre relation soit en danger ?
- 39:28Est-ce que j'ai le droit de changer ?
- 39:30Parce que parfois,
- 39:31ça aussi,
- 39:31on rejette le changement chez l'autre.
- 39:34D'un seul coup,
- 39:34moi des fois j'entends des couples qui disent « Ah non mais là,
- 39:36ça y est,
- 39:36il a une nouvelle lubie. »
- 39:38Mais en quoi c'est un problème qu'il ait cette nouvelle lubie ?
- 39:40Parce que du coup,
- 39:41il n'est jamais à la maison.
- 39:42Ah,
- 39:42ok.
- 39:43Du coup,
- 39:43le problème c'est la nouvelle lubie ou le fait qu'il ne soit jamais à la maison ?
- 39:46Et qu'est-ce qui vous pousse,
- 39:47vous,
- 39:47monsieur,
- 39:47à avoir cette nouvelle lubie,
- 39:49comme madame l'appelle ?
- 39:51Qu'est-ce qui vous a poussé à aller encore plus vers l'extérieur de la maison ?
- 39:55Et c'est ça qu'il faut questionner.
- 39:56vous voyez,
- 39:57donc parfois l'autre change mais ça raconte aussi quelque chose et puis parfois c'est tout simplement que dans la vie on évolue et qu'on n'est pas des arbres,
- 40:05on n'a pas vocation à rester à la même place et s'enraciner jusqu'à la fin de nos jours,
- 40:10sinon franchement ce serait vraiment boring la question aussi fondamentale qu'on peut devoir poser dans le couple c'est est-ce que mon nom est réellement possible,
- 40:19ça je l'ai dit plusieurs fois et j'insiste,
- 40:21mais je persistais signe que ça c'est vraiment une question qui est extrêmement importante
- 40:26Et puis,
- 40:26il existe aussi une autre question que j'aime beaucoup poser,
- 40:28c'est est-ce que vous êtes encore curieux l'un de l'autre ?
- 40:31Parce que dans le couple qui dure,
- 40:33dans un couple qui va dans la durée,
- 40:36on devient incroyablement familier.
- 40:40On sait comment l'autre boit son café,
- 40:41avec ou sans sucre,
- 40:42avec ou sans lait,
- 40:44allongé,
- 40:44double,
- 40:45etc.
- 40:46Ce qu'il va commander au restaurant,
- 40:49on sait quelle série il va refuser de regarder,
- 40:51ou quel film...
- 40:52Ah,
- 40:52on peut encore d'artisancy !
- 40:55ce qu'il va répondre à sa mère,
- 40:56comment il dort,
- 40:57probablement quelles blagues il va raconter avant même qu'il les termine,
- 41:00etc.
- 41:02Alors c'est sympa aussi cette familiarité,
- 41:04moi j'aime bien aussi ce côté-là où on a l'impression de se connaître par cœur,
- 41:09et c'est d'ailleurs,
- 41:10à mon sens en tout cas,
- 41:11une partie de la sécurité du lien.
- 41:14Mais ça comporte aussi un petit piège,
- 41:16c'est qu'on peut finir par croire qu'on connaît l'autre complètement.
- 41:22Or,
- 41:22comme je disais juste avant,
- 41:24on est en perpétuel mouvement,
- 41:27on est constamment en train d'évoluer,
- 41:29donc on continue à changer.
- 41:31Et parfois,
- 41:32quand des couples me disent
- 41:35« on est devenus un peu des colocs,
- 41:36on vit comme des colocataires » ,
- 41:38ce qu'ils décrivent,
- 41:38ce n'est pas seulement la disparition de la sexualité,
- 41:41ils décrivent aussi la disparition de la curiosité envers ce que l'autre devient.
- 41:47Et donc,
- 41:47ce n'est pas tant qu'ils se demandent « qui es-tu en train de devenir ? »
- 41:51Ils vont plutôt parler d'organisation,
- 41:53de qui prend les enfants.
- 41:54Ça devient très logistique.
- 41:56Qui prend les enfants ?
- 41:58T'as payé cette facture-là ?
- 42:00Qu'est-ce qu'on mange ce soir ?
- 42:03Et du coup,
- 42:03chacun va être dans sa fonction logistique.
- 42:06Le père,
- 42:06la mère,
- 42:06celui qui gère,
- 42:08celle qui oublie,
- 42:08celui qui demande,
- 42:09celle qui refuse.
- 42:11Et c'est là qu'un phénomène systémique apparaît.
- 42:14C'est qu'à force de répéter les mêmes interactions,
- 42:17on peut finir par prendre nos rôles pour nos personnalités.
- 42:21un peu l'idée de prendre des vessies pour des lanternes moi je suis celui ou celle qui est toujours en vie et moi je suis celui ou celle qui n'est jamais en vie et là on colle des étiquettes et ça c'est extrêmement dangerous je trouve pour ça enferme énormément ça prive d'énormément de liberté mais parfois aussi c'est pas aussi simple que ça peut-être que l'un
- 42:42est devenu celui qui demande parce que l'autre a cessé depuis longtemps d'initier parfois les rôles se sont inversés Merci.
- 42:50Et peut-être que l'autre est devenu celui qui refuse parce que le premier a progressivement occupé toute la place dans l'initiative.
- 42:58Et avec les années,
- 42:59chacun apprend avec cette position parce qu'on recherche constamment ce qu'on appelle l'homéostasie,
- 43:04c'est-à-dire cette forme d'équilibre.
- 43:06Et puis cette position devient du coup une identité dans le couple,
- 43:11dont après il est très dur de se départir,
- 43:13je vous le dis tout de suite.
- 43:16Une partie du travail thérapeutique va donc consister précisément à rendre ces deux places,
- 43:22ces rôles,
- 43:23moins rigides,
- 43:24moins figés.
- 43:27Pas à obliger celui qui refuse à demander,
- 43:30ce n'est pas du tout l'idée.
- 43:31L'idée,
- 43:32ce n'est pas de faire de quelqu'un qui dit non,
- 43:34quelqu'un qui dit oui,
- 43:35et pas non plus d'interdire à celui qui désire d'exprimer son envie.
- 43:39C'est attention à ça.
- 43:41Mais à créer plutôt suffisamment de changements.
- 43:44dans leurs interactions pour que chacun puisse découvrir aussi autre chose que son rôle habituel.
- 43:49Par exemple,
- 43:51qu'est-ce qui se passerait ?
- 43:53Si celui qui cherche habituellement à être rassuré pouvait tolérer un petit peu plus d'incertitude sans immédiatement vérifier la solidité de la relation.
- 44:09Qu'est-ce qui se passerait si quand il ne me parle plus,
- 44:12j'arrête d'insister ?
- 44:14C'est ça que je viens de dire dans mon exemple juste avant.
- 44:18Qu'est-ce qui se passerait si j'arrêtais de systématiquement insister ?
- 44:22Quand je sens qu'il fait la tête,
- 44:24qu'est-ce qui se passerait si j'arrêtais de manifester qu'il fait la tête ou qu'il faut qu'on règle le sujet,
- 44:30qu'il faut qu'on règle le conflit ?
- 44:33Qu'est-ce qui se passerait si j'arrêtais de dire à l'autre qu'il ou elle a un problème parce qu'il ou elle a moins de désir et que du coup,
- 44:41moi,
- 44:42je suis frustrée et que du coup,
- 44:43moi,
- 44:44je suis...
- 44:45dans cette forme d'impuissance qui est extrêmement désagréable à ressentir et que moi,
- 44:49si ça dure comme ça,
- 44:51ça va être compliqué.
- 44:53Qu'est-ce qui se passerait si j'arrêtais de faire ça ?
- 44:55Qu'est-ce que ça permettrait dans la relation,
- 44:58en fait ?
- 45:00Qu'est-ce qui se passerait si celui qui se protège en prenant de la distance pouvait,
- 45:05de son côté,
- 45:07à la place de la distance qu'il prend d'habitude,
- 45:09initier plutôt un geste de tendresse en sachant parfaitement qu'il n'engage...
- 45:14à aucune suite.
- 45:17Et c'est ici qu'on comprend pourquoi moi je suis très méfiante envers les recettes universelles.
- 45:24On entend énormément de love coach et de thérapeutes de couple dire il faut planifier vos rapports,
- 45:30il faut partir en week-end en amoureux,
- 45:32il faut faire une soirée sans téléphone.
- 45:34Et ça peut être formidable,
- 45:35je ne dis pas le contraire.
- 45:37Mais ça peut être aussi absolument inutile.
- 45:39Parce qu'une intervention n'a de sens qu'en fonction de la mécanique
- 45:43qu'elle vient modifier.
- 45:46Pour un couple qui ne trouve plus jamais de temps,
- 45:49planifier une soirée peut être une immense pression logistique et ça peut renforcer le problème.
- 45:55Pour une personne qui ressent déjà la sexualité comme une obligation,
- 45:58inscrire soirée intime dans Google Agenda peut ressembler à une vraie convocation chez le dentiste.
- 46:05Même conseil.
- 46:07Et pourtant effet opposé.
- 46:09Donc vous voyez,
- 46:10c'est précisément
- 46:13pour ça que la thérapie systémique cherche moins quelle est la bonne recette que le petit changement susceptible de perturber la boucle particulière de ce couple-là.
- 46:21Et la recherche nous oblige aussi à rester modeste,
- 46:24parce qu'une revue publiée en 2025 a analysé 40 années de recherche quantitative sur les processus de changement en thérapie de couple,
- 46:32et les auteurs constatent que notre compréhension reste encore fragmentée.
- 46:38On sait que plusieurs formes de thérapie de couple peuvent être
- 46:41utiles,
- 46:42dont la thérapie systémique d'ailleurs,
- 46:45mais on ne dispose pas encore d'un mécanisme unique et solidement démontré qui expliquerait comment toutes les thérapies produisent leur effet.
- 46:52Et moi,
- 46:52je trouve ça plutôt rassurant,
- 46:54en fait,
- 46:54parce que ça nous empêche de transformer les couples en une espèce de machine avec un mode d'emploi à respecter pour que la machine fonctionne.
- 47:02En séance,
- 47:02on va observer qu'on formule des hypothèses,
- 47:06on essaie de modifier certaines interactions,
- 47:09et on va regarder ce que ça change.
- 47:11Et parfois,
- 47:11le premier changement n'a d'ailleurs absolument rien à voir avec la fréquence des rapports sexuels.
- 47:17C'est plutôt la conversation qui va changer,
- 47:19le type d'échange,
- 47:21le type même d'énergie non-verbale dans la relation.
- 47:25Et celui qui désire plus peut réussir à dire « cette distance me rend triste et m'inquiète »
- 47:31sans pour autant que ça transforme immédiatement sa tristesse en demande sous-jacente.
- 47:37Et celui qui désire moins peut entendre cette peine.
- 47:40sans ressentir qu'il doit réparer avec son corps.
- 47:43C'est important ce que je dis là.
- 47:46Et donc le refus va arrêter progressivement de vouloir dire si je dis non,
- 47:51ça veut dire que je ne t'aime plus.
- 47:53Et l'envie va arrêter de vouloir dire tu me dois quelque chose parce que si on est en couple,
- 47:59c'est pas normal que je sois frustrée dans notre couple.
- 48:02Et à partir de là,
- 48:04quand on enlève tout ça,
- 48:05je peux vous garantir qu'il y a plus d'air déjà,
- 48:07on respire dans la relation.
- 48:09Parce qu'un couple vivant est nécessairement traversé par des différences.
- 48:14Et on n'a pas faim au même moment dans la vie.
- 48:17Et surtout,
- 48:18entre hommes et femmes,
- 48:18en plus,
- 48:18on a des métabolismes qui sont différents,
- 48:20donc on n'a pas forcément l'appétit au même moment.
- 48:23Des fois,
- 48:23on a faim à midi,
- 48:24puis des fois,
- 48:24c'est plutôt à 13h,
- 48:25puis des fois,
- 48:26c'est à 14h.
- 48:26Et puis,
- 48:28en plus,
- 48:28on n'a pas envie des mêmes choses non plus.
- 48:30Parfois,
- 48:30on a envie d'un steak frites,
- 48:31et puis parfois,
- 48:32on a envie de manger une salade,
- 48:33et puis parfois,
- 48:34on a envie de manger une soupe,
- 48:35et puis des fois,
- 48:35on a envie d'un truc sucré.
- 48:39Et donc,
- 48:39on n'a pas non plus le même besoin de solitude.
- 48:42Il y a des personnes qui détestent être seules,
- 48:44et puis il y a des personnes qui adorent être seules.
- 48:46Moi,
- 48:46je fais partie de la deuxième catégorie,
- 48:48j'adore être seule.
- 48:50Mais pas tout le temps.
- 48:51Mais je suis très solitaire,
- 48:53je suis très très bien dans ma bulle,
- 48:54j'adore être dans mes pensées,
- 48:55dans mes trucs,
- 48:56dans mon univers,
- 48:57dans mes lectures,
- 48:58dans mes compréhensions,
- 48:59dans mes recherches,
- 49:00j'adore ça.
- 49:02Et pour autant,
- 49:03je pourrais être avec quelqu'un qui,
- 49:04à l'inverse,
- 49:05quand je suis dans cette énergie-là de ma petite bulle,
- 49:08se sent complètement délaissée.
- 49:11Et on ne ressent pas toujours la même envie de parler non plus.
- 49:15Il y a des soirs,
- 49:16au moins après avoir parlé toute la journée en consultation,
- 49:19j'ai pas du tout envie de parler,
- 49:20ou j'ai pas envie de sortir.
- 49:22Et des fois,
- 49:23on va avoir des personnes qui vont pas du tout avoir envie de dormir à l'heure où l'autre va être épuisé,
- 49:28va avoir envie de se coucher.
- 49:30Parfois,
- 49:30on va avoir envie de recevoir des amis,
- 49:32puis l'autre,
- 49:32il va pas avoir envie de sociabiliser,
- 49:37ou d'avoir non plus de relations sexuelles.
- 49:40Et vous voyez,
- 49:40toutes ces envies-là,
- 49:41elles ont le droit,
- 49:42toutes ces différences-là,
- 49:43elles ont le droit d'exister.
- 49:45Donc le but n'est pas de supprimer toutes ces différences.
- 49:49mais plutôt de savoir comment on les habite,
- 49:52ces différences.
- 49:53Est-ce que l'écart devient immédiatement la preuve que quelqu'un a tort ?
- 49:57Est-ce que l'un doit systématiquement céder ou réparer ou combler la frustration de l'autre ?
- 50:04Est-ce qu'on est capable de supporter que l'autre ne réponde pas toujours à nos besoins sans y voir forcément un abandon ou un manque d'amour ?
- 50:13Parce que si c'est le cas,
- 50:16là,
- 50:16la blessure d'abandon...
- 50:17C'est un problème individuel.
- 50:20Le manque de désir n'en est pas un,
- 50:22c'est un problème systémique et relationnel.
- 50:25Mais par contre,
- 50:25la blessure d'abandon,
- 50:27elle est liée à l'histoire personnelle.
- 50:30Adulte,
- 50:30on ne peut plus se faire abandonner.
- 50:32On est autonome.
- 50:34Donc,
- 50:36ce schéma d'abandon,
- 50:37il a besoin d'être clarifié,
- 50:40d'être apaisé et d'être guéri,
- 50:42entre guillemets,
- 50:43même si ce n'est pas une maladie.
- 50:45pour pouvoir retrouver suffisamment de sécurité dans la relation.
- 50:48Mais parfois,
- 50:48c'est le comportement de l'autre aussi qui ravive cette blessure.
- 50:52Donc oui,
- 50:52c'est un problème individuel,
- 50:53mais pas que.
- 50:54Parfois,
- 50:55c'est aussi ton comportement qui fait que ça ravive cette blessure-là.
- 50:58Et ça,
- 50:59c'est un problème.
- 51:00C'est un problème pour les deux.
- 51:02Ici,
- 51:02pour moi,
- 51:04une approche systémique prend vraiment tout son sens parce qu'elle permet de tenir plusieurs réalités ensemble.
- 51:12On va pouvoir reconnaître que chacun influence la relation sans prétendre pour autant que toutes les responsabilités sont toujours identiques.
- 51:19On va pouvoir s'intéresser à l'histoire individuelle sans oublier les normes sociales et les rôles qui entourent le couple.
- 51:25On va pouvoir entendre la souffrance de celui qui se sent rejeté sans pour autant transformer cette souffrance en droit sur le corps de l'autre.
- 51:32Et on va pouvoir respecter totalement le nom de celui qui ne souhaite pas avoir de rapport tout en travaillant sur la relation dans laquelle ce nom est devenu.
- 51:40chargé de peur,
- 51:41de culpabilité et de colère.
- 51:43Et on peut vouloir prendre soin du désir sans essayer de le commander.
- 51:48Peut-être que la question,
- 51:49d'ailleurs,
- 51:51ne serait pas tant comment retrouver notre sexualité d'avant,
- 51:54parce que ça,
- 51:54je le disais aussi tout à l'heure dans une autre conversation.
- 52:00L'idée,
- 52:01ce n'est pas forcément de chercher à retrouver la sexualité d'avant,
- 52:04mais plutôt quel couple on est en train de devenir,
- 52:08de construire.
- 52:09autour de nos différences de désirs.
- 52:11C'est-à-dire comment on va organiser notre quotidien avec ces fluctuations de désir réactif.
- 52:18Parce qu'au fond,
- 52:19votre sexualité ne raconte peut-être pas du tout seulement combien de fois vous faites l'amour,
- 52:23ça raconte bien d'autres choses.
- 52:25Ça raconte aussi votre manière de négocier la différence,
- 52:29de négocier le non,
- 52:30du coup,
- 52:31d'accueillir la frustration,
- 52:32de protéger votre liberté,
- 52:34de reconnaître les besoins de l'autre.
- 52:35et de aussi rester curieux,
- 52:37comme je disais tout à l'heure,
- 52:38de la personne qui partage votre vie.
- 52:40Et si ce sujet-là est devenu chez vous une conversation impossible,
- 52:46si chaque tentative pour en parler se termine davantage par de la distance,
- 52:50de la colère,
- 52:51de la culpabilité,
- 52:52des discussions sans fin,
- 52:54ou même de la honte,
- 52:55c'est exactement là qu'un accompagnement thérapeutique peut devenir extrêmement utile.
- 53:01Cet épisode touche à sa fin,
- 53:03mais le but...
- 53:05De comprendre ça,
- 53:06c'est que l'idée,
- 53:07ce n'est pas de décider lequel de vous deux devrait avoir davantage ou moins envie.
- 53:13Ici,
- 53:14l'idée,
- 53:14ce n'est pas de décider lequel de vous deux devrait avoir plus de désir ou moins d'envie,
- 53:18mais pour comprendre ce que vous avez progressivement construit autour de cette différence et surtout comment remettre du mouvement là où chacun a fini par jouer toujours le même rôle,
- 53:32la même partition.
- 53:34Et je vous laisse donc avec une seule question que vous pouvez peut-être garder avec vous après cet épisode.
- 53:40Et si vous arrêtiez un instant de chercher lequel de vous deux possède le bon niveau de désir ?
- 53:48Qu'est-ce que votre différence de désir réactif aujourd'hui de votre manière d'être ensemble ?
- 53:55Je vous la refais !
- 53:59Et si vous arrêtiez un instant de chercher lequel de vous deux possède le bon niveau de désir ?
- 54:05Qu'est-ce que votre différence de désir raconterait aujourd'hui de votre manière d'être ensemble ?
- 54:13Si vous voulez aller plus loin,
- 54:15n'hésitez pas à me contacter.
- 54:17J'ai reçu beaucoup de messages de retour,
- 54:22de témoignages suite aux précédents épisodes.
- 54:25Merci beaucoup pour ça.
- 54:27C'est vraiment un plaisir de vous lire et je prends plaisir à vous répondre aussi.
- 54:32Donc si vous avez des questions,
- 54:33l'envie qu'on se voit,
- 54:35qu'on programme une séance ensemble,
- 54:38vous pouvez aussi le faire sur mon lien Calendly qui est dans ma bio
- 54:43Instagram je crois et aussi sur mon site internet.
- 54:47www.julie.debliqui.fr
- 54:51N'hésitez pas,
- 54:51comme je le dis à chaque fois,
- 54:53à mettre 5 étoiles si ce contenu vous plaît.
- 54:56N'hésitez pas non plus à vous abonner en appuyant sur la petite cloche pour être tenu informé des sorties d'épisodes.
- 55:02J'espère que ce contenu vous aura apporté matière à réflexion et que surtout ça vous aura permis aussi de faire redescendre la pression de quelques crans,
- 55:13d'un côté comme de l'autre.
- 55:14Et puis peut-être,
- 55:15je l'espère...
- 55:16profondément ouvrir un espace de discussion ou peut-être prendre le temps d'écouter cet épisode à deux et puis n'hésitez pas à le partager à des personnes qui auraient besoin de l'entendre aussi.
- 55:29Je reste à votre écoute,
- 55:30merci infiniment pour votre présence et votre fidélité et puis pour tous les retours très positifs que je reçois,
- 55:36c'est vraiment un bonheur d'être là.
- 55:38Le prochain épisode parlera de l'anxiété dans le couple,
- 55:41je ne vous dis que ça.
- 55:43Je vous dis à très très bientôt !