Latest / La Bulle Rhétorique 🎙️ Par Jean-Corentin Poisson / Bertrand Périer : « La parole est un acte politique » | LBP
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- 0:00Il n'y a pas plus bourgeois,
- 0:01masculiniste et entre-soi que les concours d'éloquence.
- 0:04J'ai ce besoin d'aider les gens au-delà de la formation,
- 0:07parce que je me prends de passion pour leurs projets,
- 0:08et je pense que c'est grâce à ça que j'arrive à les accompagner.
- 0:12Je pense que la parole est un acte politique.
- 0:15C'est quelqu'un qui a changé toute ma vie.
- 0:26Bonjour à tous et bienvenue dans La Bulle Rhetorique,
- 0:29le podcast où on parle de la parole sous toutes ses formes.
- 0:32Aujourd'hui,
- 0:32je suis ravi d'accueillir Bertrand Perrier.
- 0:35Je vais essayer de te raconter ton parcours après.
- 0:37Je crois que tu es l'invité où j'ai eu le plus de mal à résumer le CV.
- 0:42C'est parce que je suis plus vieux que les autres probablement.
- 0:44Pas forcément,
- 0:47mais il y a beaucoup de choses à dire.
- 0:47Déjà,
- 0:48comment vas-tu ?
- 0:48Ça va très bien,
- 0:49merci de ton invitation Jean-Claude Rontin,
- 0:51je suis ravi de découvrir ce magnifique studio de la bulle rhétorique que je regardais comme tout le monde sur Youtube et maintenant je suis dedans,
- 0:58c'est très beau et très confortable.
- 0:59Parfait,
- 1:00écoute moi aussi je suis bien installé,
- 1:01donc je suis ravi de t'accueillir aujourd'hui,
- 1:04j'ai essayé de faire les grandes lignes de ton CV,
- 1:06en bref ça va aller un peu vite,
- 1:07suivez bien.
- 1:09Alors j'ai noté donc avocat au conseil,
- 1:11secrétaire de la conférence du stage,
- 1:12enseignant à HEC et Sciences Po,
- 1:14participe au documentaire à voix haute dans le cadre du concours Eloquentia Willform,
- 1:19jury de l'émission Le Grand Oral,
- 1:20auteur de 5 best-sellers,
- 1:22comédien dans le film Banlieus Arts,
- 1:23chroniqueur télé et enfin,
- 1:24et surtout pas des moindres,
- 1:26chevalier de l'ordre national du mérite.
- 1:29Alors non,
- 1:29en fait je ne suis pas chevalier de l'ordre national du mérite,
- 1:31on ne peut pas le dire,
- 1:32c'est une infraction pénale parce qu'en réalité j'ai été nommé...
- 1:36Et je ne me suis jamais fait remettre ma décoration.
- 1:39D'accord.
- 1:39Et donc,
- 1:39on est chevalier une fois qu'on t'a épinglé officiellement la médaille.
- 1:45Et j'ai juste eu mon nom au journal officiel.
- 1:46Alors,
- 1:47un jour,
- 1:47je me ferai épingler,
- 1:48mais je ne voudrais pas que tu sois complice d'une infraction pénale.
- 1:50Donc,
- 1:51non,
- 1:51je ne le suis pas.
- 1:53Je n'en fais pas une fixette,
- 1:54mais voilà.
- 1:54Très bien.
- 1:55Je ne le suis pas.
- 1:55Alors,
- 1:56dans ce cas,
- 1:56il faudra corriger ta page Wikipédia.
- 1:58Alors,
- 1:58je ne sais pas du tout comment ça se passe.
- 2:00Je ne sais pas comment on fait pour corriger une page Wikipédia.
- 2:02Je ne sais même pas.
- 2:03Comment on fait pour l'écrire ?
- 2:04Je ne sais pas qui l'a écrit,
- 2:06mais il y a un faussaire quelque part qui m'en veut.
- 2:09Pas de souci.
- 2:10Non,
- 2:10je t'en supplie.
- 2:11On ne commence pas un podcast avec pas de souci.
- 2:14Ah non,
- 2:14pas ça,
- 2:15Jean Corentin.
- 2:16C'est vraiment la pire expression du monde.
- 2:19Ah non,
- 2:19je t'en supplie.
- 2:20On prend au montage le pas de souci.
- 2:21Je te prie de m'excuser cette erreur.
- 2:24Les deux,
- 2:24du coup.
- 2:25Oui,
- 2:25évidemment.
- 2:27Alors déjà,
- 2:27qu'est-ce que j'ai oublié là-dedans ?
- 2:28Parce que j'ai forcément oublié des choses.
- 2:30Non,
- 2:30je pense que c'est assez complet.
- 2:32Peut-être que dire avant d'être avocat à la Cour de cassation,
- 2:35j'ai été avocat au barreau de Paris,
- 2:37parce qu'on ne devient pas avocat à la Cour de cassation tout de suite.
- 2:39Et donc pendant les 15 premières années de mon exercice professionnel,
- 2:42j'ai été avocat au barreau de Paris,
- 2:44ce qui m'a permis de passer le concours de la conférence.
- 2:46Et au bout de 15 ans,
- 2:47j'ai basculé vers une autre profession,
- 2:49qui est voisine mais différente,
- 2:51qui est celle d'avocat à la Cour de cassation.
- 2:53Alors justement,
- 2:54déjà une première question là-dessus,
- 2:56c'est quoi la différence entre les...
- 2:57deux métiers,
- 2:58est-ce qu'il y a vraiment une grosse différence déjà ?
- 3:00Ah il y a une différence considérable en réalité les avocats à la cour peuvent représenter les partis devant la première instance et l'appel et comme leur nom l'indique les avocats à la cour de cassation ne peuvent représenter les partis que devant la cour de cassation donc on n'a pas le même...
- 3:15champs d'intervention,
- 3:16ils sont vraiment étanches l'un avec l'autre et donc les avocats à la cour transmettent à l'avocat à la cour de cassation le dossier s'ils veulent aller devant la juridiction de dernier recours
- 3:25Et donc tu peux est-ce que ça t'arrive,
- 3:27je sais pas si c'est possible ou pas de suivre une affaire du début à la fin ?
- 3:31C'est-à-dire de la première instance ?
- 3:33Non,
- 3:33parce que je suis avocat à la Cour de cassation et comme je te le disais,
- 3:36c'est étanche,
- 3:37donc je ne peux pas aller au deux premiers niveaux.
- 3:39Donc non,
- 3:40je reprends des affaires qui ont déjà été plaidées.
- 3:43En quelque sorte,
- 3:43j'élève les enfants des autres.
- 3:44D'accord,
- 3:45très bien.
- 3:46Et justement,
- 3:47pour enchaîner directement avec une question un peu sur la prise de parole et la rhétorique,
- 3:51est-ce que dans ce cas-là,
- 3:52c'est compliqué de reprendre un dossier parce que j'imagine que l'argumentaire est déjà un peu tracé ou est-ce que tu peux reconstruire un autre argumentaire ?
- 4:00Alors évidemment on se situe dans la ligne qui a été tracée par l'avocat à la cour,
- 4:04mais comme tu sais c'est pas un podcast juridique,
- 4:06mais la cour de cassation ne traite que des règles de droit,
- 4:08et donc il y a tout un pan,
- 4:10c'est-à-dire les faits qui ont été jugés par le tribunal et la cour,
- 4:14sur lesquels je ne peux pas revenir.
- 4:15Donc en réalité je recentre le débat sur les questions juridiques.
- 4:20C'est différent,
- 4:21mais évidemment on se situe dans la lignée tracée par l'avocat,
- 4:25puisque de toute façon on n'a pas le droit au moyen dit nouveau.
- 4:28Donc,
- 4:29on ne peut que retraiter,
- 4:31nourrir,
- 4:31alimenter ce qui a été déjà soutenu à hauteur de première instance et d'appel.
- 4:36Très bien.
- 4:37Alors,
- 4:37pour expliquer,
- 4:37tu me couperas si je fais une erreur.
- 4:40Les premières instances jugent les faits là où la Cour de cassation ne va juger qu'en droit.
- 4:46C'est-à-dire que les faits sont établis et on voit si la loi a été bien appliquée.
- 4:50C'est exactement ça.
- 4:51Parfait.
- 4:51J'ai quelques souvenirs de mes cours de droit.
- 4:55Alors,
- 4:56j'ai une première question.
- 4:57pour le coup là vraiment sur la prise de parole
- 5:00J'ai l'impression que depuis quelques années,
- 5:01il y a un grand bouleversement sur la prise de parole,
- 5:03que moi je perçois à peu près dans les années 2010,
- 5:07peut-être un tout petit peu avant,
- 5:09un grand retour de la prise de parole,
- 5:11de la rhétorique,
- 5:11de l'éloquence.
- 5:13Déjà,
- 5:13est-ce que toi t'as perçu ?
- 5:15Ce changement,
- 5:16et pour toi,
- 5:16à quoi c'est dû ?
- 5:17Oui,
- 5:18il y a eu évidemment un moment.
- 5:20Ne nous mentons pas,
- 5:21ce moment est passé.
- 5:23Il y a eu un momentum de l'éloquence.
- 5:25Ce n'est pas compliqué,
- 5:26si France 2 a choisi de consacrer deux ou trois soirées à la prise de parole en public en faisant d'un concours d'éloquence une émission de primetime,
- 5:36c'était qu'à ce moment-là,
- 5:37en effet,
- 5:38il y avait un moment d'éloquence.
- 5:41Je pense qu'il est passé et que maintenant l'éloquence est revenue plus ou moins à ce qu'elle était avant,
- 5:47avec peut-être un peu plus...
- 5:48Alors nous on a un miroir déformant parce qu'on est un peu dedans,
- 5:51mais il y a eu en effet un intérêt fort,
- 5:55il y a eu plein de choses,
- 5:56il y a eu des livres,
- 5:57il y a eu le film avec Daniel Auteuil,
- 5:58il y a eu effectivement les émissions de télévision,
- 6:01il y a eu le grand oral du bac,
- 6:02donc il y a eu effectivement une sorte de conjonction d'alignement des planètes autour des années en effet disons 2010 à avant Covid.
- 6:11et puis là comme ailleurs le Covid à mon sens était un point de rupture et je pense qu'on est un peu redescendu sur l'intérêt et d'ailleurs France 2 s'y est pas trompé,
- 6:21il n'y a plus le grand oral donc c'est bien que cet intérêt qui était né aussi peut-être d'une forme de redécouverte de la nécessité de se parler,
- 6:31de trouver des espaces de dialogue aussi de célébrer la langue française comme une façon de nous unir et bien il y a eu ce moment
- 6:39Pour moi,
- 6:40il est passé,
- 6:42il n'est pas complètement révolu,
- 6:44mais je pense que l'intérêt pour la prise de parole est plutôt descendant.
- 6:48Il y a eu ce moment qui a duré,
- 6:50je dirais,
- 6:514-5 ans.
- 6:52Et donc pour toi,
- 6:53après le Covid,
- 6:53ça a ajusté,
- 6:54mais pourtant il y a eu le Grand Oral qui est arrivé à peu près à ce moment-là.
- 6:56Juste après d'ailleurs le Covid,
- 6:57il me semble,
- 6:58la première édition du Grand Oral.
- 6:59Oui,
- 6:59c'est vrai,
- 7:00mais pour autant j'ai eu le sentiment que le Grand Oral était un peu l'héritier de ce regain d'intérêt pour la parole.
- 7:06Jean-Michel Blanquer voulait vraiment que le lycée marche sur ses deux jambes.
- 7:09Il y a eu le rapport Mathieu,
- 7:11qui a été précurseur et qui a commencé à élaborer l'épreuve du Grand Oral.
- 7:17Il y a eu le rapport de Cyril Delay.
- 7:18Effectivement,
- 7:19il y a eu tout ça.
- 7:20C'est bien,
- 7:21très bien.
- 7:22Mais j'ai l'impression que cet intérêt s'émousse un peu.
- 7:28Mais c'est peut-être une vision déformée.
- 7:33J'ai ce sentiment-là.
- 7:34Et par rapport au Grand Oral ?
- 7:35Moi justement,
- 7:36je trouve que le grand oral,
- 7:38on a voulu mettre un truc en place et que finalement on ne va pas au bout de cette idée puisqu'on a une épreuve mais très peu de préparation pour cette épreuve.
- 7:46Est-ce que c'est un sentiment que tu partages ou est-ce que pour toi c'est une avancée et elle est déjà très bien ?
- 7:52C'est évidemment une avancée incomplète puisqu'on a ce paradoxe qui est que le grand oral est la seule matière à laquelle ne correspondent ni heures dédiées ni enseignants dédiés.
- 8:04Il y a quelque chose d'un peu étonnant.
- 8:05On n'imaginerait pas de faire passer une épreuve de mathématiques sans quota d'heures ni enseignants spécialisés dans l'épreuve.
- 8:12C'est évidemment le pari de Jean-Michel Blanquer qui était de dire tous les professeurs vont s'approprier l'épreuve et donc l'épreuve vivra sans professeur dédié.
- 8:21C'était l'idée.
- 8:23Elle est intéressante.
- 8:25Après,
- 8:25en effet,
- 8:25il y a un calibrage qui est difficile de l'épreuve entre deux choses qu'elle n'est pas,
- 8:31à la fois une épreuve théâtrale
- 8:33et une épreuve de récitation.
- 8:35Elle n'est ni l'un ni l'autre.
- 8:37Et donc,
- 8:37il faut qu'elle trouve sa place à mi-chemin,
- 8:40c'est-à-dire une épreuve d'argumentation,
- 8:42de libre-parole,
- 8:44d'improvisation.
- 8:45Et les échos que j'ai sur la mise en œuvre de l'épreuve sont qu'un peu aussi par frilosité,
- 8:51beaucoup de professeurs se disent on va faire apprendre par cœur l'exposé aux élèves,
- 8:57au moins on est sûr que ce qu'ils feront sera bien.
- 9:01C'est manquer l'objectif,
- 9:02puisque précisément
- 9:03Quand on a créé l'épreuve,
- 9:05l'idée était au contraire d'éviter la récitation et de faire de cette épreuve une épreuve de liberté,
- 9:12aussi de plaisir parce que l'élève était moteur de son épreuve en choisissant son sujet,
- 9:17ce n'était pas une tranche de cours,
- 9:19ce n'était pas imposé,
- 9:20et donc il y avait l'idée qu'il trouvait son sujet encadré par les professeurs,
- 9:24mais en fonction de ses centres d'intérêt,
- 9:26de ses projets personnels,
- 9:28et donc il y avait l'épreuve d'un adulte face à d'autres adultes,
- 9:31On trouvait ça intéressant au moment où...
- 9:33où ils sont en dernière année de terminale.
- 9:37Et c'est vrai que c'est dommage de la réduire à une épreuve de récitation,
- 9:42ce qu'elle n'est pas.
- 9:43D'autant que toi,
- 9:43tu as eu un parcours là-dessus que je trouve intéressant parce que tu en parles dans ton premier livre,
- 9:48La parole est un sport de combat.
- 9:50Au début,
- 9:50tu travaillais beaucoup à l'écrit pour tes prises de parole et tu es passé par un échange avec Marc Bonan à quelque chose de beaucoup plus improvisé.
- 9:58Comment est-ce que tu as fait ?
- 10:00Est-ce que tu as opéré ce passage-là ?
- 10:01Parce qu'en fait,
- 10:01c'est aussi ce qui pourrait inspirer des jeunes orateurs,
- 10:05enfin des jeunes pas forcément orateurs d'ailleurs,
- 10:06des jeunes tout courts,
- 10:07ou même des personnes plus avancées qui voudraient passer à cette parole.
- 10:12J'aime pas le terme naturel,
- 10:13mais plus vivante en tout cas.
- 10:15Oui,
- 10:15plus spontanée.
- 10:16Alors,
- 10:17en réalité,
- 10:18j'ai commencé par l'écrit,
- 10:19mais parce que dans ma génération,
- 10:21j'avais 51 ans,
- 10:22on n'avait aucune éducation à l'oralité,
- 10:24il n'y avait pas d'épreuve.
- 10:26On faisait un exposé poussif par-ci,
- 10:27par-là.
- 10:28Il y avait une pièce de théâtre un peu navrante par-ci,
- 10:30par-là.
- 10:30Mais on ne faisait pas de prise de parole en public.
- 10:34Et donc,
- 10:34j'ai eu deux cours de plaidoirie à l'école d'avocats.
- 10:38Et en fait,
- 10:39mon premier modèle...
- 10:40pour la prise de parole,
- 10:42c'était les concours d'éloquence,
- 10:43et plus particulièrement le concours de la conférence.
- 10:45Je n'en avais pas d'autres.
- 10:46Et donc je regardais ce que faisaient les autres,
- 10:49à savoir de la lecture à voix haute,
- 10:52de la déclamation.
- 10:54Et donc je me disais,
- 10:55c'est donc ça que prendre la parole en public,
- 10:58puisqu'on ne m'avait jamais proposé d'autres modèles que celui-là.
- 11:01Je te parle de ça,
- 11:02on est dans les années 2000,
- 11:03au début des années 2000,
- 11:04donc c'est vieux,
- 11:05et il n'y avait pas cette offre pléthorique qu'on a aujourd'hui de formes,
- 11:10de standards,
- 11:11de scènes ouvertes,
- 11:13d'orateurs sur
- 11:14YouTube. Il n'y avait pas tout ça.
- 11:16Et donc,
- 11:17moi,
- 11:17j'allais voir le concours de la conférence et je me disais,
- 11:20c'est donc ça,
- 11:20prendre la parole en public.
- 11:22Et d'ailleurs...
- 11:23Ma première plaidoirie de cour d'assises,
- 11:26je l'ai intégralement écrite et je l'ai lue.
- 11:29Et le juge m'a regardé avec des yeux sidérés en se disant « C'est qui ce dingue ? »
- 11:34Personne ne fait ça.
- 11:35Mais d'une façon générale,
- 11:37dans la vie,
- 11:38personne ne fait ça.
- 11:39Personne ne lit un texte qu'il a écrit avant.
- 11:42Sauf au discours de mariage.
- 11:43Mais c'est les pires discours.
- 11:45Je suis entièrement d'accord.
- 11:46Le discours écrit est de toute façon toujours le pire discours.
- 11:49Je suis entièrement d'accord.
- 11:49Et donc,
- 11:50comme je n'avais pas d'autre modèle...
- 11:52J'ai fait ça,
- 11:54et c'est vrai qu'à un moment,
- 11:55je l'ai fait,
- 11:56mais c'est anecdotique,
- 11:56c'est de la parole de divertissement.
- 11:59Je l'ai fait avec Marc Bonan à l'occasion d'une joute oratoire qui nous opposait l'un à l'autre.
- 12:05Les procès des fleurs du mal,
- 12:06si je ne me souviens pas.
- 12:07Oh non,
- 12:07c'était encore avant.
- 12:08Ah,
- 12:09je pensais que c'était à cette occasion-là.
- 12:11Ça s'appelait la nuit de l'éloquence.
- 12:12C'était mon camarade Antoine V qui avait créé cela quand il était élève avocat.
- 12:17Et l'idée était de faire se rencontrer des élèves avocats avec des avocats plus chevronnés.
- 12:22Donc il y avait un dîner avec des interludes entre chaque plat,
- 12:26il y avait un jeu,
- 12:28une récitation,
- 12:29quelqu'un commentait le menu et il y avait une joute.
- 12:33Et
- 12:33Marc et moi étions opposés sur cette joute,
- 12:36j'avais écrit parce que je savais faire que ça et que je pensais que c'était ça,
- 12:40prendre la parole en public.
- 12:42Et là,
- 12:42en effet,
- 12:43il m'a mis devant ma contradiction,
- 12:45à savoir que j'étais prisonnier d'un texte qui,
- 12:48je le croyais,
- 12:49m'aidait,
- 12:50mais qui,
- 12:50en réalité...
- 12:51me cadenassait.
- 12:53À ce moment-là,
- 12:53tu étais déjà secrétaire de la conférence.
- 12:55Oui,
- 12:55depuis longtemps.
- 12:57J'avais été secrétaire en 2003 et ce que je te raconte là doit dater de 2007 ou quelque chose comme ça,
- 13:022008.
- 13:03Je n'ai pas de chronologie précise,
- 13:04mais oui,
- 13:06la conférence a été pour moi un début,
- 13:08pas du tout une fin.
- 13:09Je ne m'intéressais pas du tout à la question de l'oratoire avant la conférence.
- 13:13C'est avec la conférence que j'ai commencé à l'enseigner puis à m'y intéresser.
- 13:17D'accord,
- 13:17je pensais que tu avais enchaîné directement.
- 13:19Oh non,
- 13:20pas du tout.
- 13:21J'ai fait la conférence un peu par fascination.
- 13:24Je suis allé voir,
- 13:25parce que c'est un peu un événement dans le barreau,
- 13:27les jeunes avocats vont voir la conférence.
- 13:29Je suis revenu de là en me disant,
- 13:30c'est extraordinaire et j'y arriverai jamais.
- 13:34Et puis ça a quand même trotté un peu dans ma tête.
- 13:36Je regardais les sujets qui tombaient semaine après semaine et un jour je me suis dit,
- 13:39je vais m'inscrire.
- 13:40Et donc j'y suis allé,
- 13:42mais plutôt par défi,
- 13:44aucunement dans l'idée que ça allait marcher.
- 13:46Après,
- 13:47tu as été très souvent juré pour des concours d'éloquence.
- 13:50Trop souvent.
- 13:50Moi,
- 13:51j'ai le souvenir d'un passage au concours d'éloquence d'Aix-en-Provence à Desmostènes.
- 13:55C'est un concours que j'avais créé à l'époque.
- 13:58C'est moi qui l'avais relancé.
- 14:00Et il y a eu une critique des candidats que tu as fait avec Maître Mazot.
- 14:06Le professeur Denis Mazot.
- 14:07Avec le professeur Mazot.
- 14:07C'est un professeur de droit.
- 14:09Et qui était incroyable.
- 14:11Et l'un et l'autre,
- 14:12vous étiez dans un délire complet.
- 14:15Je vous invite à aller voir ça,
- 14:16c'est dispo sur Youtube,
- 14:17je vous le mettrai dans les liens de la vidéo.
- 14:20Vous me verrez avec des cheveux.
- 14:22Oh,
- 14:22il t'en reste quelques-uns.
- 14:26Et justement,
- 14:27là,
- 14:27tu n'es pas du tout dans un truc écrit parce que c'est de l'impro.
- 14:29Oui.
- 14:31Et tout ça pour dire,
- 14:32est-ce que tu continues à participer comme juré à des concours d'éloquence et qu'est-ce que tu penses des concours d'éloquence ?
- 14:38Alors,
- 14:38oui,
- 14:39il m'arrive de participer à des concours d'éloquence.
- 14:43Le concours des Mostens qu'on avait fait ensemble et avec Denis Mazot,
- 14:46c'était vraiment un très bon moment parce que
- 14:48Denis, c'est quelqu'un que j'aime vraiment énormément.
- 14:50C'est un très grand orateur,
- 14:52un peu déjanté en effet.
- 14:54C'est un professeur de droit extrêmement sérieux,
- 14:56tout ce qu'il y a de plus agrégé,
- 14:58grande famille de juristes.
- 15:00manuel de référence en droit civil et par ailleurs il a ce grain de folie qui fait de lui un personnage extraordinaire truculent et que j'aime vraiment beaucoup et en effet il y avait cette tradition,
- 15:12je sais pas si c'est toi qui l'a instauré,
- 15:13que après le passage des candidats il y avait un petit moment où on leur faisait un retour humoristique,
- 15:18un peu sarcastique parfois pour distraire le public,
- 15:22peut-être pendant que les jurés délibéraient,
- 15:24je sais pas exactement alors oui je vais dans des concours d'éloquence et
- 15:29Et pour autant,
- 15:29ça va peut-être te paraître un peu paradoxal,
- 15:31j'aime pas ça.
- 15:33Oui.
- 15:33J'aime pas ça.
- 15:35T'aimes pas être juré ou t'aimes pas le principe du concours d'éloquence ?
- 15:38Les deux.
- 15:38Ok.
- 15:39L'un ne va pas sans l'autre.
- 15:41Je n'aime pas classer les gens.
- 15:43Je trouve que ça n'a pas de sens de classer des gens.
- 15:45Je trouve que le concours d'éloquence fait systématiquement gagner le plus doué et pas forcément celui qui sait le donner le plus de mal.
- 15:52Oui.
- 15:53Et surtout,
- 15:55surtout...
- 15:56La quasi-totalité des concours d'éloquence sont des concours de lecture à voix haute.
- 16:01Et dès que je vois un pupitre,
- 16:02je me dis,
- 16:03j'aurais mieux fait de rester chez moi.
- 16:05Parce que ça ne m'intéresse pas d'écouter quelqu'un lire un texte.
- 16:10Ça m'intéresse d'aller à la comédie française pour voir un acteur lire le texte d'un autre.
- 16:15Mais voir quelqu'un déclamer son propre texte,
- 16:19il n'y a aucun risque,
- 16:20il n'y a aucun échange,
- 16:21il n'y a aucune spontanéité.
- 16:23C'est pas un moment.
- 16:25Et donc souvent je repars un peu frustré avec l'idée que ça passe à côté de la réalité de l'échange,
- 16:33dans l'instant que doit être la parole.
- 16:36Et souvent on a des gens qui lisent avec plus ou moins de talent,
- 16:41mais en fait ils se trompent d'exercice.
- 16:43Parce que c'est simplement un exercice qui n'existe pas dans la vraie vie encore une fois.
- 16:48Il n'y a pas de situation de la vie où on est en représentation
- 16:54Pour dire un texte,
- 16:55et puis souvent dans les concours d'éloquence,
- 16:58la parole qui est valorisée est une parole esthétique.
- 17:02Bon,
- 17:02moi je ne suis pas très sensible à ça.
- 17:05Je pense que la parole est un acte politique et pas un acte esthétique.
- 17:10Et puis la dernière chose,
- 17:12enfin,
- 17:13pardon mais,
- 17:14il n'y a pas plus bourgeois,
- 17:16masculiniste et entre-soi que les concours d'éloquence.
- 17:19C'est souvent,
- 17:21voilà quoi,
- 17:23c'est des private jokes,
- 17:26c'est un univers clos,
- 17:28c'est tous les mêmes références.
- 17:31Enfin voilà,
- 17:31ouvrez les fenêtres et libérez-vous de toutes ces références.
- 17:36Mais parce qu'en réalité,
- 17:38tous ces concours singent le concours de la conférence et prennent comme référence le concours d'éloquence.
- 17:44et là où si tu veux c'est
- 17:48En fait,
- 17:49ça fait fausse route.
- 17:50Pourquoi ?
- 17:51Parce que,
- 17:51justement,
- 17:52pour les avocats qui passent le concours de la conférence,
- 17:56ils savent très bien que ce n'est pas un mode normal de parole parce qu'ils plaident l'après-midi.
- 18:00Et donc,
- 18:01ils font ça le soir comme une sorte de distraction,
- 18:03d'exutoire.
- 18:05Mais ils n'assimilent pas ça à la prise de parole en public.
- 18:09Ils savent très bien que la prise de parole en public,
- 18:12la vraie,
- 18:13elle est dans les juridictions.
- 18:15Et donc,
- 18:16marginalement,
- 18:17ils se livrent à cet exercice qui est amusant et qui est une parole de spectacle,
- 18:22de divertissement.
- 18:24Mais on ne peut pas réduire la parole à cela.
- 18:27Et l'idée que l'éloquence,
- 18:29ce serait ça...
- 18:31Là,
- 18:32ça me pose problème.
- 18:33Et je vois partout se développer une éloquence de concours d'éloquence.
- 18:39C'est-à-dire une éloquence qui est propre au concours d'éloquence.
- 18:44Mais on s'en moque éperdument des concours d'éloquence.
- 18:48C'est une forme dérisoire,
- 18:52marginale,
- 18:53contingente.
- 18:56Je t'ai dit,
- 18:57c'est un art...
- 18:59Vraiment de reproduction sociale,
- 19:00de ce qui est plus tragique.
- 19:02Pour moi c'est un art du spectacle.
- 19:04C'est une forme de spectacle au même titre que le théâtre,
- 19:07au même titre que beaucoup de choses,
- 19:09qui se veut au-dessus.
- 19:10J'entends bien,
- 19:11mais si je vais au spectacle je vais voir Phèdre.
- 19:13Oui mais c'est pour ça.
- 19:13Je ne vais pas voir...
- 19:15Oui,
- 19:15de la même manière que dans une faculté,
- 19:18il y a des pièces de théâtre qui se jouent.
- 19:20Mais super,
- 19:20formidable !
- 19:22Tu sers le texte d'un autre,
- 19:24tu magnifies le texte d'un autre,
- 19:25il y a une vocation patrimoniale aussi,
- 19:27je m'approprie un grand texte.
- 19:30Moi je suis entièrement d'accord avec toi là-dessus,
- 19:32pour te dire,
- 19:33j'ai créé ce concours il y a quelques années,
- 19:36c'était il y a 14 ans,
- 19:39et avec du recul je regrette un petit peu aussi ce mode,
- 19:42parce que c'est exactement ce que j'ai fait,
- 19:43j'ai regardé la conférence du stage et j'ai repris ce modèle-là,
- 19:47je vais pas m'en cacher,
- 19:48j'ai clairement copié le modèle de la conférence du stage.
- 19:50Mais t'es pas le seul,
- 19:50tout le monde a fait ça,
- 19:51le concours de la conférence est tellement puissant dans ce milieu-là qu'il y a un effet mimétique qui est naturel.
- 19:57Mais par contre...
- 19:58moi je fais encore aussi
- 20:00dans certains concours,
- 20:01je suis comme toi,
- 20:02j'avoue que les effets de lyrisme,
- 20:05les effets de trucs,
- 20:06ça me passe un peu au-dessus.
- 20:07Ce qui m'intéresse,
- 20:08c'est de voir si le gars ou la meuf,
- 20:10mais comme tu le dis,
- 20:10c'est plus souvent des gars,
- 20:12arrivent à essayer de développer des idées,
- 20:14à essayer de mettre un peu de soi vraiment dans le truc,
- 20:16à développer une vraie logique.
- 20:19Ça,
- 20:19ça m'intéresse.
- 20:20Et le deuxième truc,
- 20:20c'est que maintenant,
- 20:21quand je participe,
- 20:22enfin quand je suis jury sur un concours,
- 20:23je demande toujours...
- 20:25A ce qu'il y ait des questions.
- 20:26Évidemment !
- 20:26Et je trouve que c'est là qu'on fait vraiment la différence.
- 20:29Parce que le gars qui s'est fait aider par tous ses potes pour écrire son texte...
- 20:33Et bientôt par le chat GPT maintenant,
- 20:34on va avoir les concours d'éloquence à ma chat GPT.
- 20:36Ah ouais,
- 20:36mais ça je les attends.
- 20:39J'en décèle déjà quelques-uns.
- 20:41Alors moi je me fais encore avoir,
- 20:42tu vois,
- 20:43parce que là je suis dans un groupe de profs à HEC et moi j'ai corrigé les copies de façon tout à fait benoîte en me disant oh c'est bien ou c'est pas bien et en fait tout le monde m'a dit mais laisse tomber de toute façon c'est chat GPT qui a tout écrit,
- 20:52donc il faut que je me mette un peu à la page.
- 20:54Alors déjà quand tu vois,
- 20:56quand tu dis qu'un enjeu est crucial,
- 20:57le terme crucial c'est chat GPT.
- 21:00C'est le révélateur.
- 21:01Ah il le met tout le temps.
- 21:02Voilà,
- 21:03c'est le truc là-dessus.
- 21:04Et c'est pour ça que sur les questions,
- 21:05moi pour le coup,
- 21:06j'aime bien cette partie-là.
- 21:08Parce que là,
- 21:09on voit comment la personne va réellement s'en sortir.
- 21:12Si on a la phrase « bateau de chez bateau » ,
- 21:15ok,
- 21:15c'est bien,
- 21:16il écrit très bien,
- 21:17mais la pensée rapide et la pensée vivante…
- 21:21Elle n'est peut-être pas complètement là.
- 21:24Et d'où cet intérêt pour les questions,
- 21:26parce que là,
- 21:26on a cette part d'impro.
- 21:27Bien sûr,
- 21:28qui est le moment de vérité de la parole,
- 21:29en réalité.
- 21:31Personne ne viendrait voir quelqu'un qui ferait du fil de fer à 10 cm du sol.
- 21:35Ce qui est beau quand on voit aussi...
- 21:36au cirque,
- 21:36c'est qu'il est à 10 mètres du sol et qu'on espère qu'il va aller au bout,
- 21:39on n'en sait rien et lui non plus.
- 21:41Et si on part de cette idée que on est assez d'accord,
- 21:45le concours d'éloquence c'est une parade,
- 21:47c'est pas la parole telle qu'on la pratique au quotidien,
- 21:50telle qu'on la pratique dans la vraie vie,
- 21:52comment est-ce que tu conseilles de s'améliorer ?
- 21:55Qu'est-ce qu'on peut faire pour devenir meilleur,
- 21:57si tu avais trois conseils à donner ?
- 22:00Il n'y en a pas 36,
- 22:02les trois conseils c'est lire,
- 22:03écouter et faire.
- 22:05Il faut lire.
- 22:06Surtout pas des livres sur la prise de parole en public,
- 22:08ça c'est pire que tout.
- 22:09Non mais je veux dire,
- 22:10on écrit parce que ça fait un petit complément de revenu.
- 22:12Il en a écrit cinq.
- 22:13Non mais ok.
- 22:16On peut lire un peu des livres sur la prise de parole.
- 22:19En général,
- 22:20ça côtoie vite le développement personnel et c'est là que ça devient problématique.
- 22:24C'est parfait,
- 22:25moi tu me fais ma miniature.
- 22:26Bertrand Perrier dit de ne surtout pas acheter ses livres.
- 22:28Non,
- 22:29mais vous pouvez les acheter si vous voulez.
- 22:32Lire ?
- 22:34Lire de la philosophie,
- 22:35des romans,
- 22:37lire des essais,
- 22:39tout ce que vous voulez.
- 22:41Écouter les autres,
- 22:43ça ne manque pas les orateurs qui politiquent,
- 22:47théâtraux,
- 22:48humoristiques,
- 22:49journalistiques pour s'inspirer.
- 22:51Et puis le faire soi-même.
- 22:53La réalité c'est qu'il n'y a pas l'esprit saint à la Pentecôte qui...
- 22:56qui vient sur ton épaule et qui te dit maintenant ça y est t'es un grand orateur ça se fait,
- 23:01je donne des exercices,
- 23:02des jeux à mes élèves je leur fais faire des chroniques radio je leur dis tu vas faire pour la semaine prochaine une chronique mon coup de coeur et mon coup de gueule
- 23:11Ok,
- 23:12mais t'auras écrit,
- 23:13allez,
- 23:13dix mots,
- 23:15un petit carton avec tes dix mots et tu vas trouver comme ça un chemin à travers tes dix mots ou alors une chronique d'actualité comme si t'étais à la radio et tu nous parles d'un échec.
- 23:26événement de la semaine qui t'a marqué,
- 23:27tu n'expliques pourquoi et ce que tu en penses.
- 23:29Voilà,
- 23:30il n'y a pas,
- 23:31et puis encore une fois,
- 23:32il n'y a pas un moment où ça ne marchait pas avant et miraculeusement ça marche,
- 23:38c'est toujours à remettre sur le métier et moi j'ai
- 23:41j'ai encore peur,
- 23:41à chaque fois,
- 23:42j'ai peur de prendre la parole en public,
- 23:44devant les juridictions,
- 23:45j'ai peur,
- 23:45rien n'est gagné,
- 23:46et perpétuellement,
- 23:48je pense que je suis nul,
- 23:49et je ne suis pas toujours démenti.
- 23:51Mais de toute façon,
- 23:52moi déjà,
- 23:52j'aime bien,
- 23:53parce que tu rejoins exactement les trois maîtres mots que je donne tout le temps,
- 23:56étudier,
- 23:57observer,
- 23:57pratiquer,
- 23:58donc là-dessus,
- 23:59on est entièrement d'accord,
- 24:01et sur cette peur de penser qu'un bon orateur,
- 24:04c'est quelqu'un qui n'a pas peur de prendre la parole,
- 24:06je pense que c'est complètement faux,
- 24:07et je pense même que c'est quasiment l'inverse,
- 24:09spécial.
- 24:10Est-ce que c'est ce stress,
- 24:11cette peur qui fait qu'on va essayer d'être meilleur ?
- 24:14Oui,
- 24:14c'est une adrénaline qui nous permet de donner le meilleur de nous-mêmes.
- 24:17Après,
- 24:17ça n'arrive pas toujours.
- 24:18De toute façon,
- 24:19l'antidote,
- 24:19c'est le travail,
- 24:20évidemment.
- 24:21Encore une fois,
- 24:22il y a des gens qui ont un petit temps d'avance parce qu'ils ont été élevés dans un milieu où la parole était peut-être plus célébrée que dans d'autres milieux.
- 24:29Mais in fine,
- 24:30c'est le travail.
- 24:31Et le travail qui fait la différence.
- 24:33Et je veux revenir sur autre chose que tu as dit tout à l'heure.
- 24:35Sur les concours d'éloquence,
- 24:36tu as utilisé le terme masculiniste.
- 24:39Et justement,
- 24:39j'étais à un concours
- 24:41mardi soir,
- 24:42où on avait 6 finalistes,
- 24:446 mecs.
- 24:45Il y avait eu une candidate...
- 24:46Honnêtement,
- 24:46je te jure,
- 24:48il faut partir.
- 24:49Je vais te dire ce qui s'est passé,
- 24:50parce que j'en ai parlé avec les organisateurs.
- 24:53Ils m'ont dit qu'on a eu une seule candidate au premier tour.
- 24:56Elle a gagné,
- 24:57elle devait aller en finale et elle a eu...
- 25:00peur et elle a voulu ne pas y aller.
- 25:02Cette candidate était dans la salle,
- 25:04donc à la fin on m'a demandé de faire un petit discours,
- 25:06mon discours n'apportait que sur ça,
- 25:08donc j'ai demandé à cette dame de venir la prochaine fois et de dire,
- 25:13j'ai demandé aux organisateurs du concours,
- 25:15bon bah la prochaine fois vous faites un concours,
- 25:17elle elle va directement au final,
- 25:19et si elle vient pas vous m'appelez,
- 25:20vous me filez son numéro,
- 25:21je l'appelle et elle y va.
- 25:22Parce que souvent il y a ce problème là,
- 25:24c'est que les femmes y vont beaucoup moins aussi.
- 25:27Je connais ce discours sur l'imposture,
- 25:30sur le sentiment plus fort des femmes d'être illégitimes.
- 25:33Tout ça est vrai et tout ça charrie des millénaires d'inégalités des genres dans le rapport au pouvoir et à la parole,
- 25:40ce qui est la même chose.
- 25:42Et bien évidemment,
- 25:44il nous appartient vraiment de faire bouger les choses.
- 25:47C'est insupportable.
- 25:48Franchement,
- 25:50cet entre-soi de blagues graveleuses et testostérone qui pollue
- 25:57Les concours d'éloquence est vraiment problématique,
- 26:00la parole est un espace social et politique qui doit être partagé.
- 26:04Il ne s'agit pas de faire prévaloir les uns sur les autres,
- 26:06mais il s'agit de réparer cette inégalité dans l'accès à la parole publique.
- 26:12Et voilà,
- 26:14un concours d'éloquence où il y a cinq mecs,
- 26:15en final,
- 26:15franchement,
- 26:16moi je me casse.
- 26:17Moi je reste quand même,
- 26:18en plus t'es mon ancien assaut,
- 26:19donc je ne peux pas me barrer.
- 26:23on a aussi un rôle
- 26:25de faire bouger les choses.
- 26:27Non,
- 26:27ça n'est pas possible.
- 26:28Ça n'existe pas.
- 26:29Oui,
- 26:29je comprends.
- 26:31Ça ne peut pas marcher comme ça.
- 26:32Et vous vous fourvoyez si vous faites ça ?
- 26:34Mais est-ce que justement,
- 26:35tu n'as pas un truc qui permettrait peut-être aussi à ces fans d'y aller ?
- 26:40Parce que souvent,
- 26:41c'est le problème.
- 26:41C'est que les fans n'y vont pas.
- 26:43Et pour le coup,
- 26:43ce n'est pas un concours où il n'y a eu aucune...
- 26:45une vanne graveleuse ou des trucs comme ça.
- 26:48Pour le coup,
- 26:49le concours était assez policé sur ce genre de choses.
- 26:51Donc je ne pense pas que ça soit ce qui ait bloqué les candidates.
- 26:54Je pense que c'est plus,
- 26:55comme tu disais,
- 26:55un truc plus ancien.
- 26:57Oui,
- 26:57mais c'est l'intériorisation d'une autocensure et d'une inhibition.
- 27:00Tu vois,
- 27:01j'ai été très réservé longtemps,
- 27:02Sciences Po a fait ça il y a quelques années,
- 27:05sur les formations dédiées aux jeunes femmes.
- 27:09Tu te dis,
- 27:09moi...
- 27:11Là,
- 27:11on est vraiment dans une essentialisation qui,
- 27:14en première analyse,
- 27:16me choque.
- 27:17Je suis plutôt attaché à l'universalisme et ça...
- 27:22En fait,
- 27:22s'il faut en passer par là,
- 27:24pourquoi pas,
- 27:25en réalité.
- 27:26Et d'ailleurs,
- 27:27ça c'est de plus en plus...
- 27:29et d'ailleurs sur la prise de parole comme sur d'autres choses mon femme s'est inscrite à un truc qui s'appelle le Women's Sales Club donc un groupe de commerciales,
- 27:37de femmes qui sont dans la vente parce que là aussi milieu très masculin et je pense qu'il y a plein de domaines comme ça,
- 27:42la parole en fait partie ou pareil comme toi je suis d'habitude pas vraiment fanat des trucs fermés aux hommes,
- 27:49fermés etc mais j'avoue que là dessus faire des concours d'éloquence pour les femmes,
- 27:55en tout cas faire des places spéciales pour les forces.
- 27:58Forcer,
- 27:58entre guillemets,
- 27:59à aller prendre la parole là-dessus.
- 28:00Ce n'est pas une finalité,
- 28:02mais si c'est un point de passage,
- 28:03eh bien,
- 28:04passons par là.
- 28:05Parce que c'est tellement important de partager l'espace de parole que si on doit faire un détour par la non-mixité,
- 28:15non pas comme une fin en soi,
- 28:16vraiment,
- 28:16ça,
- 28:17c'est vraiment insupportable.
- 28:18Oui,
- 28:18je sais.
- 28:19Mais si pour débloquer,
- 28:22surmonter des ankoises,
- 28:24il faut en passer par là,
- 28:25faisons-le.
- 28:26Je change un peu de sujet.
- 28:27Il y a à peu près trois ans,
- 28:30je t'ai passé un coup de fil pour te proposer d'être président d'honneur de l'AFPAO.
- 28:33Oui.
- 28:33Association des formateurs professionnels en art oratoire que j'avais fondée il y a 3 ans on est à une semaine de l'Assemblée Générale où je ne serai plus président de cette association et déjà je te remercie d'avoir accepté.
- 28:44Mais c'était un honneur ça l'est toujours,
- 28:46t'es toujours président d'honneur d'où le nom c'est un honneur et je me demandais je crois que t'as pas mal fait évoluer ta pensée là dessus qu'est-ce que tu penses toi de la formation en prise de parole des formateurs de tous les métiers qui peuvent exister sur cette transmission de la parole ?
- 29:03Honnêtement,
- 29:03je n'en sais pas grand-chose,
- 29:05ce n'est pas mon métier précisément.
- 29:07Donc c'est un univers auquel je ne connais rien en réalité.
- 29:11Pour moi,
- 29:12la formation à la prise de parole en public,
- 29:14c'est 10%
- 29:14de mon temps.
- 29:16Je suis
- 29:1790% avocat.
- 29:19Et donc,
- 29:20l'aspect de formation,
- 29:22en fait,
- 29:22il y a deux choses si tu veux.
- 29:23C'est que c'est très peu de temps.
- 29:26Et ça n'est pas pour moi une activité économique.
- 29:28Il n'y a aucune marchandisation pour moi de cette activité de formation.
- 29:33Finalement,
- 29:34éloquentia,
- 29:34tu vois.
- 29:37Et donc,
- 29:37je n'ai jamais de modèle économique.
- 29:39Toutes les contraintes économiques qui pèsent sur les formateurs,
- 29:43je n'y connais rien.
- 29:45Je ne connais pas ce monde.
- 29:49Je vois que...
- 29:51Pardon mais il y a à boire et à manger.
- 29:53Oui je suis d'accord.
- 29:55Tu vois parfois des trucs passer et tu te dis
- 29:57Oh !
- 29:58Moi !
- 30:00Donc il y a toujours des trucs perchés de développement personnel terrifiant avec des...
- 30:06des citations issues de la sagesse asiatique.
- 30:10Tu te dis mais oh là
- 30:12Tu as tous les gens qui pensent que tu parles bien parce que tu te frottes le vent dans le sens des aiguilles d'une montre.
- 30:20Tu te dis mais oh là
- 30:23Bon alors t'as tout un tas de charlatans
- 30:26Mais comme dans Tout le monde
- 30:29Et puis je pense qu'il y a des gens évidemment Formidables mais comme chez les avocats Chez les médecins,
- 30:33chez tout le monde
- 30:36Et donc probablement le marché Fait son tri
- 30:38C'est aussi bête que ça
- 30:40Et que
- 30:41Tu as évidemment des gens dévoués,
- 30:45compétents,
- 30:46investis,
- 30:48et puis tu as des gens qui passent leur frustration sur les autres.
- 30:52Mais ça,
- 30:53qu'est-ce que tu veux,
- 30:54c'est la vie dans sa totalité.
- 30:59Je n'y connais rien,
- 31:01je ne prétends pas du tout être formateur,
- 31:03je ne sais pas le faire,
- 31:04ce n'est pas mon métier,
- 31:05je ne sais pas faire ça,
- 31:06ce n'est pas mon marché,
- 31:09je ne suis pas sur ce segment économique.
- 31:11Et donc,
- 31:12je ne sais pas,
- 31:13je lis les échanges sur la boucle de l'AFPAO,
- 31:15là,
- 31:15où tout le monde parle de calliopie,
- 31:17de CPF.
- 31:18Alors,
- 31:18pour moi,
- 31:19le CPF,
- 31:20c'est des alertes sur ton téléphone que tu ne veux pas.
- 31:22Et donc,
- 31:23c'est totalement insupportable,
- 31:24tu vois.
- 31:25Mais voilà,
- 31:27je ne peux pas t'en parler parce que ce n'est pas mon univers.
- 31:31Pour moi,
- 31:32l'éloquence n'a jamais été une activité.
- 31:36économique.
- 31:36Et donc,
- 31:37pour les formateurs,
- 31:37c'est le principe que c'est votre activité économique.
- 31:40Moi,
- 31:41mon activité économique,
- 31:41c'est d'être avocat.
- 31:42Très bien.
- 31:43Alors moi,
- 31:43petit indice pour déceler un formateur un peu charlatan,
- 31:47s'il vous dit que 93%
- 31:49d'un message à l'oral passe par le non-verbal et le para-verbal,
- 31:52vous pouvez vous en aller.
- 31:53Passez votre chemin,
- 31:54les amis.
- 31:54Voilà.
- 31:55Il y en a.
- 31:56On en connaît,
- 31:57hein ?
- 31:58J'en connais quelques-uns.
- 31:59Voilà.
- 32:00Je ne dirais rien.
- 32:01Mais parce que nous sommes d'une mensuétude,
- 32:03mais totale.
- 32:04Surtout des grands lâches.
- 32:07En tout cas,
- 32:08en ce qui me concerne.
- 32:09Alors,
- 32:09avant de passer à un exercice,
- 32:10il y a une question que je n'avais jamais posée avant et qu'en fait,
- 32:13j'aimerais bien te poser.
- 32:14Tu fais beaucoup de podcasts.
- 32:16On t'invite assez souvent.
- 32:17Tu passes dans les médias.
- 32:19Et il y a une question que j'aimerais bien te poser.
- 32:21C'est justement,
- 32:21quelle question on ne t'a jamais posée ?
- 32:24Et que tu aimerais qu'on te pose ?
- 32:25Alors c'est assez amusant parce que j'ai fait un podcast il y a une semaine et on m'a posé cette question.
- 32:28Ah merde !
- 32:30Voilà,
- 32:31donc elle est déjà venue.
- 32:33Pour le coup c'était la première fois qu'on me l'a posé.
- 32:35Ah j'étais à une semaine de ton premier !
- 32:37Ah t'étais à une semaine,
- 32:37ouais tu vois mais c'est le problème de positionnement sur le marché !
- 32:40Non,
- 32:41et la réponse c'est est-ce que tu penses que tu es vraiment un bon orateur ?
- 32:46Ok,
- 32:47et donc est-ce que tu penses que tu es un bon orateur ?
- 32:50En fait,
- 32:50non.
- 32:52Je pense qu'il y a bien meilleur que moi,
- 32:53ça c'est une évidence.
- 32:55Et je ne suis pas sûr d'être un très bon narrateur.
- 32:59Je pense que je suis bon pour la transmission,
- 33:02mais dans l'oralité à proprement parler,
- 33:06je pense que je ne suis pas très bon.
- 33:09Je suis moyen.
- 33:11Je pense que j'ai une énergie que je transmets,
- 33:14mais que dans l'oralité elle-même,
- 33:17Je ne suis pas très bon.
- 33:18Alors,
- 33:19déjà,
- 33:19il y a un point sur lequel je suis d'accord avec toi,
- 33:21c'est qu'un bon formateur n'est pas forcément un bon orateur.
- 33:24Quelqu'un qui sait transmettre n'est pas forcément quelqu'un qui sait déchaîner les foules par la parole.
- 33:31Mais,
- 33:32malgré tout,
- 33:33je t'ai rarement vu plaider.
- 33:34Je ne crois pas t'avoir déjà vu plaider.
- 33:39Mais je t'ai vu sur scène plusieurs fois.
- 33:41En tout cas,
- 33:42ce qui est certain,
- 33:43c'est que tu arrives à déchaîner les foules.
- 33:45vous n'exagérez rien c'est pas non plus le Mick James
- 33:47Jäger.
- 33:48Allez voir la vidéo que j'ai mis en dessous,
- 33:50vous allez voir qu'il y arrive très bien.
- 33:53Mais c'est intéressant,
- 33:54je trouve que c'est toujours...
- 33:56On a toujours du mal à s'évaluer soi-même,
- 33:58je trouve.
- 34:00Souvent d'ailleurs,
- 34:01je ne m'écoute pas beaucoup parce que je n'aime pas ça,
- 34:05mais quand je le fais sur des chroniques télévisées ou des interviews,
- 34:09souvent je me dis là j'ai loupé le coche,
- 34:11ce mot-là n'est pas le bon,
- 34:13la réponse n'est pas très rigoureuse dans son raisonnement.
- 34:16Si on a un peu un regard critique sur soi-même,
- 34:19je ne pense pas être un très bon orateur.
- 34:22En tout cas,
- 34:22ce que tu fais,
- 34:23moi c'est ce que je conseille aussi à toutes les personnes que j'accompagne,
- 34:26le fait de se regarder et de s'analyser,
- 34:28de se dire là j'aurais dû dire ça,
- 34:30là j'aurais dû faire ça,
- 34:31etc.
- 34:31Comme tu dis,
- 34:32c'est pas agréable.
- 34:34Je pense qu'à peu près tout le monde déteste se regarder.
- 34:36Et puis tu vois tous les types de langage.
- 34:39Je ne sais pas combien de fois j'ai dit voilà depuis le début de notre podcast.
- 34:44Ah moi je ne m'en ai pas marqué.
- 34:47Doigts de tes mains,
- 34:48des miennes,
- 34:49du monteur,
- 34:49de l'ingénieur du son,
- 34:51beaucoup de mains.
- 34:52Alors le monteur c'est moi,
- 34:53donc ça rajoute des mains,
- 34:54ça enlève des mains.
- 34:54Ça enlève des mains,
- 34:55c'est déjà ça.
- 34:58On va passer à un petit exercice.
- 35:01Question de rapidité,
- 35:02donc je prépare le chrono.
- 35:04Pendant une minute,
- 35:05je vais te poser plusieurs questions.
- 35:07Le but c'est que tu répondes à un maximum de questions.
- 35:10Donc réponses courtes à chaque fois et on reviendra après sur certaines réponses.
- 35:14Eh bien,
- 35:15allons-y.
- 35:16Les mains sur le buzzer,
- 35:17comme dirait l'autre.
- 35:18Alors,
- 35:18tu n'as pas besoin de buzzer,
- 35:19puisqu'il n'y a que toi qui peux répondre.
- 35:20Très bien.
- 35:22Est-ce que tu es prêt ?
- 35:22Oui.
- 35:23Parfait.
- 35:25L'orateur que tu préfères ?
- 35:26Marc Bonan.
- 35:27Le livre que tu as le plus lu ?
- 35:29Les remarques sur la parole de Jacques Charpentier.
- 35:31L'avocat qui t'a le plus inspiré ?
- 35:33Henri Leclerc.
- 35:34La conférence du stage
- 35:40Fais comme moi
- 35:42Est-ce que ça va marcher encore un moment ?
- 35:47Barack Obama Twitter X le pire discours de ta vie
- 35:57La plaidoirie de demain peut-être ?
- 35:59Le discours de film que tu aimes le plus ?
- 36:02Quatre mariages à un terme.
- 36:04Le pouvoir que tu rêverais avoir ?
- 36:05L'ubiquité.
- 36:07L'étape que tu changerais dans ta vie ?
- 36:09Les 30 premières années.
- 36:11Ta plus grande qualité ?
- 36:13La transmission.
- 36:15Ton pire défaut ?
- 36:17L'instabilité.
- 36:19Ta plus grande source d'inspiration ?
- 36:22La parole de ceux qui savent transmettre au plus près les émotions des humains.
- 36:29Alors je pense que je l'ai coupé sans faire exprès,
- 36:31mais je pense qu'on est arrivé au bout.
- 36:32Je vais quand même t'en poser deux,
- 36:33trois qui restent.
- 36:34Oui.
- 36:35La phrase que tu préfères.
- 36:37Bouge-toi.
- 36:40Et l'insulte que tu utilises le plus.
- 36:43Connard.
- 36:46Parfait.
- 36:47Franchement,
- 36:48je me doutais qu'on arrivait à la fin.
- 36:49Je l'ai coupé sans faire exprès juste avant.
- 36:51Mais tu commences à me mettre en difficulté parce que là,
- 36:53je n'avais plus de questions quasiment.
- 36:54Il m'en restait deux.
- 36:56Ok.
- 36:57Je vais te poser les deux dernières.
- 36:58Ton jeu favori ?
- 37:00Blanc manger coco.
- 37:01Le meilleur livre sur la prise de parole ?
- 37:03T'as le droit de dire le tien.
- 37:05Non,
- 37:05non,
- 37:05surtout pas !
- 37:07Le meilleur livre sur la prise de parole,
- 37:09c'est les remarques sur la parole de Jacques Charpentier.
- 37:11Sinon,
- 37:11c'est Convaincre de Lévi et Bretin.
- 37:13Ok,
- 37:14très bien.
- 37:14Je ne l'ai pas encore lu,
- 37:15il est sur les bibliothèques,
- 37:16c'est un des prochains que je vais lire.
- 37:18C'est costaud.
- 37:20Ça a l'air,
- 37:20c'est pour ça que j'attends d'être posé.
- 37:23Oui,
- 37:23oui,
- 37:24il faut déjà avoir un petit temps devant soi.
- 37:26Mais c'est vraiment très bien.
- 37:28Ça marche.
- 37:28Puis c'est ce dialogue entre deux monstres sacrés du barreau qui feignent des désarments.
- 37:33accords,
- 37:34qui évoquent de grandes personnalités,
- 37:35de la prise de parole.
- 37:36Il y a aussi un côté
- 37:4020ème siècle.
- 37:41Oui.
- 37:42Et d'ailleurs,
- 37:43sur cet enjeu de la parole,
- 37:45on a parlé tout à l'heure de la parole qui était politique.
- 37:47Tu as abordé très rapidement le sujet.
- 37:49On a beaucoup d'avocats qui se lancent en politique.
- 37:53Pour toi,
- 37:53est-ce que c'est corrélé au métier d'avocat ?
- 37:56Cette prise de parole politique ?
- 37:57Non,
- 37:58la preuve c'est que souvent quand il passe des prétoires à l'Assemblée,
- 38:02la transition est parfois délicate.
- 38:05Et vous avez des avocats qui ont fait une très belle carrière politique,
- 38:09et tu as à l'inverse des avocats qui étaient pas mal comme avocats,
- 38:13et qui se sont complètement crachés une fois entrés en politique.
- 38:16Je ne donnerai pas de nom,
- 38:17mais il y a eu dans la fournée de 2017,
- 38:20des gens qui se sont présentés,
- 38:21qui ont été élus dans l'aspiration du Président de la République.
- 38:26et qui aujourd'hui n'ont pas eu le retour en termes d'intérêt public ou de reconnaissance de la qualité de leur prise de parole qu'ils attendaient.
- 38:40Oui,
- 38:41et tu penses que le...
- 38:43Non,
- 38:43parce que ce n'est pas du tout la même parole en réalité.
- 38:46Si tu veux,
- 38:47la parole de l'avocat,
- 38:47c'est une parole qui est extraordinairement scénarisée.
- 38:51C'est-à-dire qu'à un moment,
- 38:52tu as ton moment de parole.
- 38:54Et on te dit,
- 38:55vous avez la parole.
- 38:56Et là,
- 38:56tu sais que tu as
- 38:582, 3,
- 38:5810,
- 38:5920,
- 38:5930 minutes.
- 39:00Mais tu as un moment pour toi.
- 39:03Alors que par hypothèse,
- 39:05dans l'arène politique,
- 39:06soit tu es en situation de débat,
- 39:08soit tu vas te faire interviewer,
- 39:10soit tu vas te faire invectiver par d'autres parlementaires.
- 39:14Et donc,
- 39:14il y a une parole qui est beaucoup plus heurtée et beaucoup plus chahutée.
- 39:20que ne l'est la parole de l'avocat,
- 39:21même si la parole de l'avocat est aussi une parole de combat.
- 39:25Elle est beaucoup plus préservée que ne l'est la parole politique.
- 39:29Ça d'ailleurs,
- 39:30Eric Dupond-Moretti,
- 39:31sa première intervention à l'Assemblée nationale en tant que ministre,
- 39:34je pense que ça a été assez difficile pour lui,
- 39:37parce qu'on le voit,
- 39:37les députés de l'opposition,
- 39:42comme tu le dis,
- 39:43le chahut,
- 39:44interviennent,
- 39:45l'interrompent,
- 39:45etc.
- 39:46Et je pense qu'il n'était pas prêt à ça.
- 39:48Probablement,
- 39:49alors maintenant ça va mieux
- 39:51Quand on sait l'extraordinaire avocat qu'a été Eric Dupond-Moretti Si même pour lui c'est difficile de transiter vers une parole politique
- 40:00Alors t'imagines pour ceux qui déjà comme avocat avaient plus de mal
- 40:03Oui
- 40:05Tu m'as dit l'orateur que tu préfères,
- 40:07Marc Bonan.
- 40:08Bah oui,
- 40:09parce que j'ai une tendresse infinie,
- 40:12une reconnaissance absolue.
- 40:15C'est une rencontre qui a changé ma vie.
- 40:18Lui,
- 40:19son épouse Marianne,
- 40:20ils sont indissociables.
- 40:22C'est lui qui m'a débarrassé de la feuille de papier.
- 40:27C'est lui qui m'a enseigné par l'admiration que j'ai pour lui.
- 40:31Alors,
- 40:32je sais que c'est un type d'oralité,
- 40:33là encore,
- 40:34assez...
- 40:34particulier,
- 40:36c'est un orateur qui ne fait pas consensus,
- 40:38bien sûr,
- 40:39et parfois,
- 40:40il y a des choses chez lui que je n'aime pas ou avec lesquelles je ne suis pas en accord,
- 40:44mais quel orateur,
- 40:45la vivacité de la pensée,
- 40:47la mécanique argumentative,
- 40:51l'invention lexicale,
- 40:53tout ça est éblouissant,
- 40:54et derrière cela,
- 40:55parce que j'ai eu la chance de le côtoyer de façon très proche et très intime,
- 41:01Une personne d'une gentillesse,
- 41:04d'une bonté vraiment au sens le plus profond,
- 41:09qui est rare.
- 41:10Et voilà,
- 41:11c'est une grâce que de l'avoir rencontrée.
- 41:14Ben éloge !
- 41:16Non mais c'est quelqu'un qui a changé toute ma vie.
- 41:20Il y a un avant et un après la rencontre avec Marc,
- 41:23bien sûr.
- 41:24Et tu l'as ressenti aussi sur ta façon de plaider,
- 41:26sur ce genre de choses ?
- 41:27Non,
- 41:28parce que forcément c'est un tout,
- 41:31mais on n'a jamais eu d'affaires ensemble avec Marc,
- 41:34on n'a jamais été avocats ensemble.
- 41:38Nos rencontres sont autour de l'éloquence comme objet.
- 41:41de spectacle ou épidictique,
- 41:43mais pas du tout dans un style judiciaire.
- 41:46Je ne l'ai d'ailleurs jamais entendu plaider.
- 41:48Mais ce que j'ai entendu de lui,
- 41:51même dans une parole d'apparat,
- 41:53a peut-être nourri aussi ma parole judiciaire.
- 41:56En tout cas...
- 41:57Il m'a nourri.
- 41:59Dans toutes mes prises de parole,
- 42:00je pense à lui.
- 42:02J'essaye.
- 42:03Là encore,
- 42:03ça c'est rigolo.
- 42:05Quand la personnalité de Marc Bonan a émergé,
- 42:08c'était un peu un secret suisse,
- 42:09Marc Bonan,
- 42:10il y a 20 ans ou 25 ans,
- 42:12alors que déjà là-bas,
- 42:13il était révéré comme une gloire du barreau qu'il était.
- 42:16Il avait été bâtonnier très jeune.
- 42:17Il était très reconnu pour son art oratoire en Suisse.
- 42:22Et lorsqu'il est un peu apparu en France,
- 42:25Il y a plein de jeunes...
- 42:27qui l'ont copié.
- 42:29Et tu voyais dans les concours d'éloquence,
- 42:31il y a des modes dans les concours d'éloquence.
- 42:33Donc il y a des gens,
- 42:34ils copient X,
- 42:35Y,
- 42:36Z.
- 42:36On ne met pas de nom,
- 42:38mais en fait c'est assez rigolo.
- 42:40La voix,
- 42:40la scansion,
- 42:41les expressions.
- 42:42On voyait plein de mini bonnans.
- 42:45Et en fait,
- 42:45ça ne marche pas.
- 42:47L'éloquence,
- 42:48c'est un chemin singulier.
- 42:50Ça n'est pas une cohorte.
- 42:54Ce sont
- 42:56des chemins propres.
- 42:58Et donc,
- 42:58quand je vois aujourd'hui des gens qui imitent de façon mais évidente
- 43:05X, Y ou Z,
- 43:05je me dis,
- 43:06mais arrêtez avec ça.
- 43:09Vous n'êtes pas cette personne.
- 43:12Et il n'y a rien de plus singulier que la parole.
- 43:15C'est un corps,
- 43:16c'est un esprit,
- 43:17c'est un souffle,
- 43:18c'est une histoire personnelle.
- 43:21Et donc,
- 43:21trouvez votre propre voix.
- 43:23N'imitez pas les autres.
- 43:24Moi ça,
- 43:25je pense que les plus beaux souvenirs que j'ai de concours d'éloquence,
- 43:29c'était des discours où on sentait l'individualité de la personne,
- 43:33qu'elle n'essayait pas de copier quelqu'un,
- 43:35qu'il y avait un truc que j'avais jamais vu ailleurs.
- 43:37Pourtant je regarde beaucoup d'orateurs de concours d'éloquence,
- 43:40etc.
- 43:41Et je pense qu'effectivement,
- 43:42c'est quand il y a cette personnalité...
- 43:44qui arrive à se présenter avec son style,
- 43:47qu'on apprécie ou pas mais qu'il y a quelque chose qui se transmet aussi c'est le miracle du concours d'éloquence c'est pour ça que j'y vais encore parce que à chaque fois c'est comme les gens qui vont à l'ourde tous les ans,
- 43:57ils disent ça a pas marché les 20 dernières années mais cette fois-ci ça va marcher,
- 44:01c'est un peu pareil pour les concours d'éloquence ça marche,
- 44:06je continue sur l'éloquence judiciaire parce que ma femme a suggéré une question donc je suis obligé de la poser ça alors là
- 44:13Est-ce que tu as souvenir d'une plaidoirie ou d'une affaire où la rhétorique t'a particulièrement aidé ?
- 44:21Non.
- 44:22Non,
- 44:23parce que la parole judiciaire est une parole...
- 44:26éminemment technique,
- 44:27il n'y a plus d'effet de manche,
- 44:29il n'y a plus,
- 44:30si quelqu'un ferait des effets,
- 44:32on lui demanderait si ça va bien et s'il veut un verre d'eau.
- 44:35Je me souviens d'une affaire au conseil d'état où un plaideur avait plaidé une affaire d'urbanisme très technique en citant Lamartine,
- 44:45qu'il avait cru faire un bon mot.
- 44:48le président donne la parole à son contradicteur et lui dit,
- 44:50maître,
- 44:50sans la Martine peut-être.
- 44:53Voilà.
- 44:54Donc,
- 44:55elle est beaucoup plus sèche,
- 44:56elle est beaucoup plus concentrée,
- 44:57aujourd'hui,
- 44:58la parole judiciaire.
- 44:59Alors après,
- 45:00l'éloquence,
- 45:01non,
- 45:02mais les...
- 45:03règles rhétoriques,
- 45:04oui,
- 45:04c'est-à-dire le côté implacable d'une argumentation,
- 45:07d'une réfutation,
- 45:09d'avoir vu l'ensemble des points,
- 45:11de connaître parfaitement sur le bout des doigts son dossier,
- 45:14d'avoir un cheminement implacable dans ce syllogisme qui caractérise le raisonnement juridique avec une règle,
- 45:21une situation d'espèce et la conclusion qu'on doit en déduire.
- 45:24Donc c'est vrai qu'il n'y a pas une éloquence judiciaire au sens empoulé ou un peu grande période oratoire qu'on avait
- 45:33dans un temps révolu et peut-être même mythique.
- 45:36Mais aujourd'hui,
- 45:38c'est vrai qu'il y a une éloquence ramassée.
- 45:41Une éloquence où il n'y a plus que du muscle,
- 45:42il n'y a pas de chair.
- 45:43Ce n'est pas que c'est moins bien,
- 45:46c'est que ça nous oblige à nous transformer.
- 45:48Et oui,
- 45:51j'ai souvenir d'une plaidoirie où je vois que ça marche.
- 45:57C'est marrant.
- 45:58Il y en a eu des dizaines où j'ai vu tout de suite que ça ne marchait pas et de fait,
- 46:01ça n'a pas marché.
- 46:02Et là...
- 46:03je voyais parce que j'avais trouvé le truc mais c'est pas du tout oratoire c'est juste que techniquement dans le dossier j'avais trouvé la faille et à un moment le juge s'est dit oui c'est vrai c'est comme ça que ça s'est passé ou en tout cas ça peut s'être passé comme ça et personne l'avait vu
- 46:19Et là,
- 46:20ce n'est pas une question rhétorique,
- 46:21c'est juste une question de boulot.
- 46:23Et j'ai passé des heures et des heures à examiner les codes de téléphonie.
- 46:25Parce que maintenant,
- 46:26dans les dossiers,
- 46:26tout se fait comme ça.
- 46:27C'est de la téléphonie et tu as des bornages,
- 46:29des bornages,
- 46:30des bornages,
- 46:30des pages entières de bornages où on suit des téléphones portables,
- 46:34où on suit des géolocalisations de voitures.
- 46:36Enfin,
- 46:36toute la criminalité organisée fonctionne comme ça,
- 46:38sur des sonorisations,
- 46:39des géolocalisations.
- 46:40Et à un moment,
- 46:41tu te dis,
- 46:42ça y est,
- 46:43je l'ai.
- 46:44Et là,
- 46:44curieusement,
- 46:45tu vois,
- 46:46c'était marrant,
- 46:46je m'en souviens,
- 46:46les mots venaient immédiatement et c'était super fluide.
- 46:50et c'était,
- 46:52oui ça a marché il a été relaxé mais je te dis ça pour me vanter j'ai eu pour celui-là
- 47:005 autres moments où j'ai parlé à un mur non mais je vois ce que tu veux dire c'est un petit moment que je souhaite à tout le monde le moment où on trouve la petite étincelle
- 47:11qui fait qu'on est à l'aise,
- 47:13on sait où on va,
- 47:14on a trouvé le truc,
- 47:16l'angle sur lequel aller,
- 47:17que ce soit dans le droit ou sur d'autres domaines.
- 47:20Mais quand on sent qu'on va convaincre avec ça,
- 47:23je trouve qu'il y a une force intérieure,
- 47:26une énergie supplémentaire qui se déploie à ce moment-là.
- 47:29En réalité,
- 47:29t'as l'impression que tout se déplie et s'organise de façon parfaitement logique.
- 47:33Exactement.
- 47:34T'aurais une sorte de truc qui serait une pelote très embrouillée et tout d'un coup,
- 47:37tu te dis,
- 47:38ça y est.
- 47:39Et ma parole est suffisamment fluide et cette fluidité illustre en réalité que mon raisonnement est le bon.
- 47:46C'est assez jouissif en effet,
- 47:48ça arrive rarement.
- 47:49Oui,
- 47:49ça arrive très rarement,
- 47:51mais quand on a ce truc-là,
- 47:52c'est aussi pour ça que je continue à savourer la prise de parole.
- 48:00parfois des conférences ça m'arrive très peu mais quand je donne des masterclass quand je fais ce genre de choses où on me demande un angle très particulier le moment où je trouve le truc ce petit moment de bonheur là j'avoue ça vaut toutes les heures passées à se prendre la tête à côté
- 48:17sur les locants judiciaires pendant que tu parlais je pensais à un autre cadre des locants judiciaires moi qui m'amuse beaucoup c'est le tribunal administratif quand les clients sont là c'est à dire que le t'as vraiment des loisirs pervers ça m'est arrivé une fois mais ça m'amuse beaucoup au
- 48:33tribunal administratif les avocats n'ont pas à plaider,
- 48:35ils déposent leur dossier j'ai plus la frédéric je crois que je me remets à mes écritures il me semble sauf quand le client est là et là en général il faut plaider mais souvent ils le savent à la dernière à la dernière
- 48:46Et là on voit des perles d'anti-éloquence je trouve qui sont assez remarquables et qui amusent beaucoup.
- 48:51Mais tu sais que nous avons dans cette hypothèse là un code entre la juridiction et l'avocat.
- 48:57Puisque l'avocat lorsqu'il a son client dans le dos et que donc il est obligé de plaider alors qu'il ne l'aurait pas fait si le client n'avait pas été là.
- 49:04A cette phrase très énigmatique mais que tout le monde comprend dans les gens de justice qui est monsieur le président ou madame la présidente.
- 49:11« Je suis corps présent » .
- 49:12Ce qui ne veut évidemment rien dire pour le commun des mortels,
- 49:15mais on s'est compris.
- 49:17Et quand l'avocat dit « Je suis corps présent » ,
- 49:19le juge sait qu'il faut lui laisser faire un peu son cinéma.
- 49:22J'avais plus la phrase en tête,
- 49:23mais je savais qu'il y avait une phrase comme ça.
- 49:25« Je suis corps présent » .
- 49:28Parfait.
- 49:28On va passer à une autre séquence de cette émission,
- 49:31de ce podcast.
- 49:32C'est l'interview inversée.
- 49:34Oui.
- 49:34Donc je vais mettre à nouveau...
- 49:35mon minuteur parce que sinon vu que je ne peux pas regarder mon portable pendant ce temps là je ne sais pas quand ça s'arrête et donc tu as 5 minutes pour me poser tes questions ah marrant celles que tu veux et j'y répondrai ok
- 49:49Tu es conférencier sur quoi ?
- 49:50C'est quoi ta conférence type ?
- 49:52Alors,
- 49:53quand je dis que je donne des conférences,
- 49:54je ne suis pas conférencier.
- 49:57Je n'ai pas une offre de conférence.
- 49:59Parfois,
- 49:59on me demande d'intervenir sur un sujet dans une entreprise.
- 50:03Ça m'arrive très peu.
- 50:05On me l'a demandé sur le pitch,
- 50:06donc là c'est pour ça que le terme conférencier n'est pas réellement adapté.
- 50:10C'est tout simplement,
- 50:11je vais présenter une méthode,
- 50:13un fonctionnement,
- 50:14des étapes de préparation des pitchs.
- 50:17Là je parle de pitch investisseur,
- 50:19donc il faut passer par telle étape,
- 50:20telle étape,
- 50:21telle étape,
- 50:22éviter telle erreur,
- 50:24Appuyez-vous sur tel biais cognitif,
- 50:27sur tels éléments,
- 50:28tel type d'argument dans votre pitch.
- 50:30Voilà,
- 50:31c'est plutôt comme ça.
- 50:32J'ai une autre question sur ton activité,
- 50:33alors qui moi me fascine parce que je n'ai aucune activité sur les réseaux sociaux.
- 50:38Créer du contenu sur LinkedIn,
- 50:41est-ce que ça sert à quoi que ce soit ?
- 50:44Oui.
- 50:45Alors ça,
- 50:45ça m'intéresse beaucoup.
- 50:47Alors ça sert parce qu'en gros,
- 50:50l'idée c'est que...
- 50:52Je ne vais pas aller trouver mon client directement.
- 50:55Par contre,
- 50:55en étant visible sur LinkedIn,
- 50:57quand quelqu'un va avoir besoin d'un formateur prise de parole,
- 51:02je vais être le premier nom qui va popper dans son esprit.
- 51:05Et l'idée,
- 51:06c'est ça.
- 51:07Il t'a déjà vu.
- 51:08Exactement.
- 51:08En fait,
- 51:09c'est plus une façon d'occuper le terrain que de créer vraiment du contenu qui a un intérêt.
- 51:13C'est les deux,
- 51:13en fait.
- 51:14Parce que mon contenu a un intérêt,
- 51:16la personne va me suivre,
- 51:18va suivre mes autres contenus.
- 51:20Elle va les lire,
- 51:21c'est du contenu gratuit,
- 51:22la personne va suivre tout ça.
- 51:23Ce qui fait que quand elle va avoir un besoin ou quand un copain va lui dire « je voudrais vraiment devenir meilleur en prise de parole,
- 51:28je veux travailler là-dessus,
- 51:29mais je trouve personne »
- 51:30ou un truc comme ça,
- 51:31« ah ben moi j'ai un mec que je suis sur LinkedIn qui fait des super contenus,
- 51:34ce qui est super intéressant,
- 51:36appelle-le,
- 51:36je pense qu'il pourra t'accompagner. »
- 51:38Et puisque je t'ai dit,
- 51:40moi c'est un marché que je ne connais pas bien,
- 51:42toi tu en connais probablement tous les acteurs,
- 51:44etc.
- 51:46Tu peux me décrire un peu cet écosystème ?
- 51:48L'écosystème LinkedIn ?
- 51:50L'écosystème des formateurs en prise de parole en public sur LinkedIn
- 51:56Déjà on n'est pas nombreux à faire du contenu régulièrement
- 51:59Je pense que sur ceux que j'ai identifiés
- 52:02Qui font vraiment régulièrement Je pense qu'on est
- 52:0515, peut-être 20
- 52:07Pas plus et encore Et vous vous connaissez ?
- 52:10Oui,
- 52:11en fait on échange très souvent
- 52:13Je ne vois pas de concurrence malsaine En tout cas pas de ce que je vois
- 52:17Très souvent même,
- 52:18on va interagir en privé,
- 52:20discuter,
- 52:20enfin interagir en commentaire sous le poste de l'un.
- 52:22« Regarde,
- 52:23je veux vraiment ton poste là,
- 52:24génial,
- 52:25etc. »
- 52:26Là,
- 52:26par exemple,
- 52:26il y a un formateur qui est membre de l'AFPAO,
- 52:29qui a pendant quelques temps publié régulièrement des super carousels.
- 52:33Vous pouvez aller le voir,
- 52:34il s'appelle Lucas Hetzler.
- 52:34C'est quoi un carousel ?
- 52:36Alors,
- 52:36les carousels,
- 52:37c'est des séries d'images.
- 52:39Ah,
- 52:39d'accord.
- 52:40Il en a publié régulièrement.
- 52:42Et puis...
- 52:44Pendant quelques temps,
- 52:44je ne l'ai plus vu et je lui ai envoyé un message en lui disant en privé,
- 52:46en disant mec,
- 52:47il faut que tu reviennes parce que tes contenus étaient top,
- 52:48il faut que tu t'accroches.
- 52:51C'est génial et je suis sûr qu'en restant régulier,
- 52:54ça va t'apporter des clients et ça va te permettre aussi de décoller.
- 52:57Alors j'ai une question,
- 52:58tu n'es pas obligé de répondre,
- 53:00mais est-ce que c'est viable économiquement ?
- 53:02C'est-à-dire ?
- 53:03Cette activité.
- 53:04De formateur ?
- 53:05Oui.
- 53:06C'est viable économiquement ?
- 53:08Alors moi,
- 53:08ça fait bientôt 4 ans que je fais ça.
- 53:12J'en vis complètement,
- 53:13je n'ai pas d'autres activités à côté depuis deux ans,
- 53:17deux ans et demi à peu près.
- 53:18Au début,
- 53:19heureusement,
- 53:19il y avait le premier fournisseur,
- 53:21le premier payeur de tous les gens qui lancent des entreprises,
- 53:23Paul Emploi.
- 53:24C'était mon principal client.
- 53:27Évidemment.
- 53:29Mais donc ça fait deux ans et demi,
- 53:31trois ans que je n'ai plus besoin de ces services.
- 53:34Donc j'arrive à en vivre.
- 53:36Ce n'est pas encore la panacée,
- 53:38mais pour l'instant ça va.
- 53:40Ça va crescendo.
- 53:44Maintenant,
- 53:44moi,
- 53:44l'objectif à terme,
- 53:46ça serait de travailler avec d'autres formateurs,
- 53:49de monter une forme d'agence avec d'autres formateurs qui travaillent avec moi,
- 53:52avec une méthode à peu près établie et la garantie d'un service équivalent,
- 53:57quel que soit le formateur qui formera.
- 54:00Et alors,
- 54:00encore une question,
- 54:01je ne sais pas combien j'ai de temps encore,
- 54:02mais quel est ton rapport avec tes élèves ?
- 54:05Parce que moi,
- 54:06c'est quelque chose qui a de l'importance pour moi.
- 54:08Moi je considère qu'en réalité j'ai pas grand chose à leur apprendre,
- 54:12pour être parfaitement honnête je suis pas sûr que ça s'apprenne.
- 54:16Et donc en fait pour moi c'est d'abord une rencontre personnelle.
- 54:19La prise de parole publique c'est un prétexte en réalité pour la rencontre humaine qui va au-delà de tout ça,
- 54:24qui fonctionne ou qui fonctionne pas.
- 54:28Est-ce que tu as le même rapport avec les gens que tu formes ?
- 54:33Oui,
- 54:33alors déjà sur le premier point,
- 54:36j'étais un peu comme toi au début,
- 54:37je me disais
- 54:38je ne vois pas vraiment ce que j'apporte à mes clients parce que je suis débutant,
- 54:42parce que etc.
- 54:43Donc j'avais ce truc-là et ce qui fait qu'au début,
- 54:46mes premiers clients mon tout premier client,
- 54:48c'était deux associés d'une start-up qui avaient pris 10 heures avec moi je pense qu'on a fait 20 heures parce que j'avais l'impression de rien leur apporter vu que je m'intéressais à ce domaine-là depuis longtemps des trucs qui pour moi étaient des évidences et donc je me disais,
- 55:01je leur apprends ça mais c'est bateau,
- 55:04c'est évident le...
- 55:07L'ordre du discours,
- 55:08le fonctionnement de l'argumentation,
- 55:10quelques trucs sur le langage non-verbal,
- 55:12para-verbal.
- 55:13Même si ce n'est pas l'essentiel,
- 55:14je travaille quand même dessus.
- 55:16Tous ces éléments-là,
- 55:17je me disais,
- 55:17je ne leur apprends rien.
- 55:19Ils ont payé pour un truc qui ne sert à rien.
- 55:20Et donc,
- 55:20je leur rajoutais des heures gratos à tout va.
- 55:23Parce que je ne voulais pas qu'ils aient payé pour rien.
- 55:25A la fin,
- 55:26déjà,
- 55:26ça faisait deux fois qu'ils échouaient à un pitch pour intégrer un accélérateur.
- 55:32Ils ont fait appel à mes services.
- 55:33Ils sont passés sans problème au troisième coup.
- 55:35Donc je me suis dit,
- 55:36ok,
- 55:36déjà...
- 55:37J'ai pour le coup un succès tangible sur lequel je les ai aidés.
- 55:42Ensuite,
- 55:43il y a eu leur retour,
- 55:43ils m'ont dit en vrai on le sent,
- 55:44on est beaucoup plus à l'aise,
- 55:46on ose beaucoup plus y aller,
- 55:47etc.
- 55:48Et puis en fait,
- 55:48en multipliant toutes ces expériences-là,
- 55:52J'ai pris de plus en plus conscience de ce que ça apporte aux gens que j'accompagne.
- 55:58Ensuite,
- 55:59la deuxième partie de la question...
- 56:00C'était le lien humain.
- 56:01Le lien humain,
- 56:02oui.
- 56:03Pour moi,
- 56:03c'est extrêmement important.
- 56:05Déjà,
- 56:06si quelqu'un avec qui je ne m'entends pas,
- 56:08quelqu'un qui est dans un domaine qui ne m'intéresse pas,
- 56:10quelqu'un qui...
- 56:11etc.
- 56:13J'ai peut-être tort,
- 56:14mais je n'hésite pas à ne pas travailler avec quelqu'un qui ne m'intéresse pas.
- 56:18Ce qui fait que quand je suis en formation,
- 56:19notamment en coaching individuel,
- 56:22très souvent,
- 56:23je continue à voir les gens après,
- 56:25on prend des cafés,
- 56:26on prolonge la formation,
- 56:27parce qu'au milieu de la formation,
- 56:30on est parti sur un sujet qui n'avait rien à voir,
- 56:33et puis j'essaie ensuite de revenir un peu plus sur la formation,
- 56:35mais donc ça déborde,
- 56:36etc.
- 56:37Et j'avoue que moi j'ai besoin de ça,
- 56:39j'ai besoin de bien m'entendre avec la personne,
- 56:41quand je rentre dans le coaching,
- 56:42notamment avec les startups.
- 56:45A chaque fois en fait,
- 56:46je vais passer des coups de fil pour eux si j'ai quelqu'un avec qui les mettre en relation,
- 56:49j'ai ce truc là,
- 56:50et j'ai ce besoin d'aider les gens au-delà de la formation,
- 56:53parce que je me prends de passion pour leurs projets,
- 56:56et je pense que c'est grâce à ça que j'arrive à les accompagner.
- 56:58C'est que je comprends l'essence de ce qu'ils font,
- 57:01et je les aide juste à le mettre en forme,
- 57:02à le façonner.
- 57:04Et c'est très intense,
- 57:06je peux pas me passer de ce truc là.
- 57:08C'est rigolo parce que de temps en temps,
- 57:11c'est pas encore une activité très marginale,
- 57:14mais...
- 57:15Il m'arrive de coacher,
- 57:16j'aime pas ce terme,
- 57:17mais d'accompagner des hommes ou des femmes politiques.
- 57:21Je le fais très peu,
- 57:22mais en ce moment je le fais régulièrement avec un homme politique.
- 57:26C'est quelqu'un que j'aime beaucoup humainement,
- 57:28mais avec lequel je n'ai aucune proximité idéologique.
- 57:31Et c'est assez amusant d'accompagner quelqu'un.
- 57:37Et je lui ai dit dès la première rencontre que nous avons eue,
- 57:40j'ai accès de vous aider parce que je pense que vous êtes une bonne personne.
- 57:44Je ne voterai jamais pour vous.
- 57:46J'avais fait pareil.
- 57:47J'ai travaillé à l'Assemblée nationale pendant quelques temps.
- 57:49J'étais collaborateur parlementaire.
- 57:51Et pareil,
- 57:51je n'étais pas du même parti que le parlementaire chez qui j'allais passer un entretien.
- 58:01Et je lui ai dit dès le premier entretien.
- 58:03Je voulais que les choses soient carrées.
- 58:04Je lui ai dit,
- 58:04écoutez,
- 58:05je veux que ça soit clair.
- 58:06Je ne fais pas...
- 58:07Je ne suis pas dans votre parti et je n'en ferai pas partie,
- 58:11mais ça ne m'empêchera pas de travailler avec vous,
- 58:14d'être votre collaborateur,
- 58:15il n'y aura aucun problème là-dessus.
- 58:16Moi je le voyais un peu comme un travail au service de l'État,
- 58:19comme un administrateur.
- 58:20Exactement pareil pour moi,
- 58:22j'ai l'impression de l'aider à prendre sa place dans le débat public et tout le monde y est gagnant.
- 58:28Oui,
- 58:28mais ce qui fait que moi je ne sais pas du tout la question idéologique qui va m'empêcher de travailler avec quelqu'un.
- 58:34plutôt le contact humain,
- 58:36c'est vraiment là-dessus.
- 58:37Et on en parlait avec d'autres formateurs la dernière fois.
- 58:39Un formateur qui me disait,
- 58:40j'étais contacté par le Rassemblement National pour les former,
- 58:43je ne peux absolument pas y aller,
- 58:44il y a eu l'heure de question.
- 58:45Je lui dis,
- 58:46envoie-moi le contact.
- 58:47Moi,
- 58:47que ça soit Rassemblement National,
- 58:49la France Insoumise,
- 58:52Renaissance,
- 58:53etc.,
- 58:54j'avoue que j'ai de mal à travailler avec personne tant que,
- 58:57et pour reprendre ton insulte préférée,
- 58:58c'est pas un connard.
- 59:01Humainement,
- 59:02j'entends après sur les idées,
- 59:03oui,
- 59:03on aura des désaccords.
- 59:05Mais j'estime qu'il faut qu'un parlementaire soit capable de s'exprimer,
- 59:08ça fait partie de son travail,
- 59:10quel que soit son bord,
- 59:11moi j'avoue que j'ai aucun problème avec ça.
- 59:12Je me ferais peut-être des ennemis en disant ça,
- 59:14mais ça ne m'effraie pas plus que ça.
- 59:17Petite parenthèse avant de continuer.
- 59:19Je viens de lancer Oravox,
- 59:21la première formation de groupe à la prise de parole pour les dirigeants.
- 59:25Oravox,
- 59:26c'est 12 semaines d'entraînement intensif pour les dirigeants qui veulent marquer les esprits quand ils prennent la parole avec des grands comptes face aux médias.
- 59:34ou en interne devant leurs équipes.
- 59:36Il n'y a que 8 places,
- 59:38vous travaillerez avec
- 59:395 experts différents et vous bénéficierez d'un suivi et de coaching individuel en plus des sessions en groupe.
- 59:46Ça vous parle ?
- 59:47Alors réservez un appel avec moi.
- 59:49En 20 minutes,
- 59:50on fait le point sur vos enjeux et je vous dis si Orabox est fait pour vous ou pas.
- 59:55Si ça l'est,
- 59:56sachez que la formation peut être entièrement prise en charge grâce à la certification Calliope.
- 1:00:01Le lien pour prendre rendez-vous est dans la description.
- 1:00:03et nous on reprend dernière partie oui où tu as 5 minutes pour nous parler de ce que tu veux
- 1:00:12Ah oui !
- 1:00:13Un sujet qui te plaît,
- 1:00:15on a parlé de tout sur cette partie-là,
- 1:00:17on a parlé de poker,
- 1:00:19on a parlé de beaucoup de choses très différentes.
- 1:00:20On va parler musique,
- 1:00:21on va parler musique et plus précisément on va parler piano et béry,
- 1:00:25parce que indépendamment de mon activité d'avocat,
- 1:00:28de ma petite activité aussi autour de l'art oratoire,
- 1:00:33je suis un mélomane absolument passionné et je passe mes vacances dans le béry,
- 1:00:38là où a vécu Georges Sand,
- 1:00:40dans ce petit village de Nohant.
- 1:00:42entre Châteauroux et Guéret,
- 1:00:43je voudrais pour terminer vous inviter à venir nous voir l'été en juin et en juillet nous avons un très joli
- 1:00:52festival qui s'appelle Chopin à Noron,
- 1:00:53puisque évidemment,
- 1:00:55qui dit Georges Sand dit Frédéric Chopin.
- 1:00:58Frédéric Chopin a passé sept étés à Noron,
- 1:01:01en vivant avec Georges Sand,
- 1:01:02il y avait l'hiver à Paris et l'été à Noron.
- 1:01:05Et donc entre 1839 et 1846,
- 1:01:09ils ont passé sept étés.
- 1:01:10Vous avez fait le compte en réalité,
- 1:01:11il y en avait huit,
- 1:01:12mais il y en a un où ils ne sont pas allés à Noron.
- 1:01:14Et Chopin y a composé ses plus grandes oeuvres.
- 1:01:17C'est la période de la maturité pour Frédéric Chopin.
- 1:01:21Autant il est dans une vie mondaine à Paris et d'enseignement et de concert,
- 1:01:25autant à Nohant,
- 1:01:27il a une paix absolument royale.
- 1:01:29Il fait venir un piano de Paris,
- 1:01:32Piano Pleyel bien sûr,
- 1:01:33et il compose là ses plus grands chefs-d'oeuvre.
- 1:01:36Plus grande valse,
- 1:01:37plus grande mazurka,
- 1:01:38polonaise,
- 1:01:39sonate pour piano et violoncelle,
- 1:01:41vraiment les très grandes,
- 1:01:42la troisième sonate.
- 1:01:43Et l'été,
- 1:01:46on organise un très très très beau festival.
- 1:01:49Je suis à tout.
- 1:01:50tout petit maillon,
- 1:01:50et je vous expliquerai pour terminer ce que je fais dans ce festival.
- 1:01:55Et on organise un festival autour de la musique romantique,
- 1:01:59pas seulement autour de Chopin,
- 1:02:01autour de l'esprit romantique qui a beaucoup soufflé,
- 1:02:03parce que Georges Sand a fait souffler un esprit qui allait bien au-delà de la musique.
- 1:02:07Elle parlait de peinture avec Delacroix,
- 1:02:09de politique avec Blanqui,
- 1:02:11elle rassemblait,
- 1:02:12agrégait autour d'elle,
- 1:02:13évidemment,
- 1:02:13de littérature avec
- 1:02:14Musset, tant d'autres,
- 1:02:15Balzac.
- 1:02:16Et donc elle avait ce don.
- 1:02:18d'agréger autour d'elle des talents divers dans cette magnifique maison où elle organisait des spectacles de marionnettes,
- 1:02:25des théâtres,
- 1:02:25etc.
- 1:02:26C'est une grande personnalité que
- 1:02:28Georges Sand.
- 1:02:28Et donc Frédéric Chopin était là vraiment choyé et il a pu donner libre cours à son art le plus éthéré,
- 1:02:37cet art un peu étonnant au milieu du XIXe siècle,
- 1:02:41singulier.
- 1:02:41Il n'aime pas beaucoup les autres,
- 1:02:43les autres l'admirent,
- 1:02:44mais il ne leur rend pas.
- 1:02:45C'est un type un peu en marge Frédéric Chopin,
- 1:02:48mais un génie harmonique et mélodique.
- 1:02:51Et voilà,
- 1:02:52et donc le mois de juin et de juillet est consacré à ce festival pour moi et j'y suis chargé du jeune public parce que c'est un défi que de faire venir le jeune public à la musique classique.
- 1:03:04Et donc on essaye de faire venir des élèves des classes alentours et donc on fait un petit spectacle pour les familiariser avec ce patrimoine qui est le leur.
- 1:03:15et dont ils ne sont parfois pas conscients,
- 1:03:17ils habitent parfois à 5-10 kilomètres et ils ne sont jamais venus parce qu'il y a une sorte d'auto-censure patrimoniale et donc on essaye de lever tout cela et c'est très important et voilà j'aime beaucoup la musique,
- 1:03:28j'ai fait parfois des petits spectacles avec des amis pianistes avec lesquels on fait des spectacles de musique et récitants,
- 1:03:35je n'ai évidemment aucun talent de musicien mais c'est un milieu qui me fascine,
- 1:03:40ce milieu de la scène que j'aime vraiment beaucoup
- 1:03:43Et j'essaye...
- 1:03:45de transmettre ça aussi auprès des plus jeunes.
- 1:03:50Dans ce cas,
- 1:03:50je vous invite tous à aller voir ce festival de Noant.
- 1:03:53Voilà,
- 1:03:53on a un site internet,
- 1:03:55festivalshopin.com,
- 1:03:56je crois.
- 1:03:56Je mettrai le lien dans la description.
- 1:03:57Voilà.
- 1:03:58Qui est à quelle période,
- 1:03:59tu nous as dit ?
- 1:03:59Alors,
- 1:04:00on fait les quatre week-ends de juin et une semaine mi-juillet.
- 1:04:04Ok,
- 1:04:04très bien.
- 1:04:05Avec des concerts,
- 1:04:06des conférences,
- 1:04:07des masterclass,
- 1:04:08des rencontres.
- 1:04:10C'est vraiment un très très bon moment et on s'immerge un peu.
- 1:04:15dans cet univers romantique.
- 1:04:17C'est une belle parenthèse pour votre été.
- 1:04:19Parfait.
- 1:04:21Écoutez,
- 1:04:21on arrive à la fin de cette interview.
- 1:04:23Merci,
- 1:04:23Jean-Corentin.
- 1:04:24Je t'en prie.
- 1:04:24Merci beaucoup à toi d'avoir accepté.
- 1:04:26C'était très chouette.
- 1:04:27Ça a été une heure très,
- 1:04:28très riche.
- 1:04:29Et puis,
- 1:04:30déjà,
- 1:04:30on peut te suivre où éventuellement ?
- 1:04:31Nulle part.
- 1:04:32Nulle part.
- 1:04:32Non,
- 1:04:33mais je...
- 1:04:35Non,
- 1:04:36j'ai pas beaucoup d'activités sur...
- 1:04:37Si,
- 1:04:38alors j'ai un compte LinkedIn.
- 1:04:39C'est tout le paradoxe.
- 1:04:40Mais que j'alimente...
- 1:04:42objectivement peu sur Instagram si vous aimez les images très bien et alors sur Twitter que je laisse vraiment pour le coup en jachère d'accord mais plutôt sur Instagram oui plutôt sur Instagram parfait donc je mettrai là aussi le lien dans la description vous écoutez dites nous ce que vous en avez pensé si vous avez des questions vous pouvez nous les poser aussi sous la vidéo ou dans les commentaires du podcast et
- 1:05:03puis bien entendu si vous avez aimé cette vidéo ne vous abonnez pas comme ça vous êtes certains de louper les prochaines je vous dis à très bientôt
- 1:05:11A très bientôt Bertrand,
- 1:05:12à très bientôt et ciao !