Latest / MUMONS / Épisode 125 - La robustesse
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- 0:02Lorsque ce petit bolide atteindra 88 miles à l'heure,
- 0:05attends-toi à voir quelque chose qui décoiffe.
- 0:08Ce qui place votre zone d'atterrissage à 5,0667 degrés de latitude nord et 77,3333 de longitude ouest.
- 0:17Rien de tout ça derrière.
- 0:18Qu'est-ce que le réel ?
- 0:19La seule variable constante est l'inattendu.
- 0:22On ne peut pas la contrôler.
- 0:23Je crois que vous êtes encore pire que ces créatures.
- 0:26Elle,
- 0:26elle n'essaie pas de se massacrer entre elles pour tirer le plus gros paquet de fric.
- 0:30Voyons si une capacité de poussée de 10%
- 0:31permet le décollage.
- 0:33Et 3,
- 0:342,
- 0:341...
- 0:37Chers auditeurs,
- 0:38chères auditrices,
- 0:39je te souhaite la bienvenue dans ce nouvel épisode de Science,
- 0:41Art et Curiosité,
- 0:42le podcast du Lumons.
- 0:44Je continue la série d'épisodes spéciaux en collaboration avec la chaire de Lumons,
- 0:48ingénieur Objectif Transition,
- 0:50dans laquelle nous abordons les enjeux socio-écologiques.
- 0:53Alors cette série coexiste avec un ensemble de conférences proposées par la chaire et qui sont mises en ligne sur la chaîne YouTube du Mumons,
- 1:00entre autres.
- 1:01En fait,
- 1:01plutôt que de faire une séance de questions-réponses à la fin de chaque conférence,
- 1:05les organisateurs récoltent toutes les questions et j'en fais un podcast.
- 1:08C'est l'épisode que tu vas écouter aujourd'hui,
- 1:11et pour les habitués,
- 1:12tu le sais,
- 1:12je me réserve quand même quelques questions perso sous le coude.
- 1:15C'est ainsi qu'aujourd'hui,
- 1:16suite à la conférence intitulée « De la performance à la robustesse » ,
- 1:20que tu peux déjà retrouver sur la chaîne YouTube du MUMON,
- 1:23ça comme je le disais,
- 1:24j'accueille Olivier Hamant.
- 1:25Salut Olivier !
- 1:26Bonjour Maxime !
- 1:27Comment vas-tu ?
- 1:28Tout va bien,
- 1:28tout va bien,
- 1:29c'est l'été !
- 1:30Alors,
- 1:30en quelques mots,
- 1:31peux-tu me dire qui est Olivier Hamant ?
- 1:34Je suis chercheur,
- 1:35biologiste,
- 1:36je travaille sur le développement des plantes avec des approches plutôt biologie cellulaire,
- 1:40biophysique et je travaille beaucoup sur la question de la robustesse en biologie végétale mais du coup ça déborde ce cadre-là et donc j'en parle beaucoup pour les organisations en général.
- 1:50Justement,
- 1:51tu parles de robustesse,
- 1:52c'était dans le titre de la conférence.
- 1:53C'est un concept très important et très central par rapport à ce que tu expliques.
- 1:58Sans refaire toute la conférence,
- 1:59est-ce qu'en trois minutes,
- 2:00tu peux nous dire en quoi consiste la robustesse ?
- 2:03Oui,
- 2:03c'est une équation toute simple.
- 2:05La première étape,
- 2:06c'est de réaliser que le monde devient très fluctuant.
- 2:09C'est les méga-feux,
- 2:10les méga-inondations.
- 2:11Tout devient de plus en plus variable.
- 2:13C'est ce que disent tous les scientifiques et on commence à le vivre vraiment.
- 2:16On rentre dans le monde fluctuant.
- 2:18Ce monde fluctuant,
- 2:19comment on fait pour l'habiter ?
- 2:21Là,
- 2:22on met de la robustesse.
- 2:23La robustesse,
- 2:23c'est maintenir le système stable et viable malgré les fluctuations.
- 2:28Ça veut dire que quand on est dans un monde fluctuant,
- 2:30il faut être robuste pour vivre et survivre,
- 2:33mais juste vivre.
- 2:34C'est là où la robustesse du vivant s'invite,
- 2:37parce que les êtres vivants sont robustes.
- 2:39C'est là où il y a mon petit lien à mon travail de chercheur en biologie.
- 2:43Avant de s'attaquer aux questions qui ont été récoltées durant la conférence,
- 2:46moi j'en ai deux petites que je trouve...
- 2:48toujours intéressante de poser dans ces podcasts,
- 2:50c'est est-ce que tu voudrais nous partager un échec écologique,
- 2:53pas nécessairement que tu as vécu,
- 2:55ça peut être un échec que tu connais,
- 2:56mais qui te semble important de le partager en fait avec l'ensemble des gens ?
- 3:02Ce que tu entends par échec écologique,
- 3:03je vais prendre un exemple,
- 3:05la maladaptation.
- 3:05Alors pour le coup,
- 3:06il y en a beaucoup d'exemples,
- 3:07je peux juste prendre l'exemple de la voiture électrique.
- 3:10La voiture électrique,
- 3:10on peut dire que c'est très bien l'électricité parce que ça permet de s'autonomiser,
- 3:14on n'est pas en...
- 3:14plus,
- 3:15c'est une question de souveraineté aussi,
- 3:16on dépend plus du pétrole lointain,
- 3:18etc.
- 3:18Donc la voiture électrique a plein de valeurs à ajouter,
- 3:21mais quand on fait des voitures électriques,
- 3:23et on fait juste des voitures électriques,
- 3:25en fait on ne change pas le système.
- 3:26Donc il y a toujours autant d'autoroutes,
- 3:28de garages,
- 3:28etc.
- 3:29Et qu'est-ce qui se passe ?
- 3:30Effet rebond,
- 3:30on va faire des SUV électriques,
- 3:32parce qu'en fait on est toujours dans la même logique.
- 3:34Donc la vraie adaptation,
- 3:35enfin la bonne adaptation,
- 3:37c'est pas la voiture électrique,
- 3:38c'est la voiture légère,
- 3:40partagée,
- 3:41réparable.
- 3:42Et après,
- 3:42qu'elle soit électrique,
- 3:43très bien,
- 3:43mais...
- 3:44C'est d'abord légère partagée réparable.
- 3:46Alors,
- 3:46à l'opposé,
- 3:47entre guillemets,
- 3:47si je peux me permettre cette expression,
- 3:49une réussite écologique qui te donne de l'espoir ?
- 3:52Alors,
- 3:53il y en a beaucoup.
- 3:55Et c'est positif ?
- 3:57Oui,
- 3:57exactement.
- 3:58Je vais peut-être prendre un truc un peu générique,
- 4:00parce que je ne veux pas non plus pointer du doigt ou mettre la lumière trop sur quelqu'un,
- 4:04mais peut-être sur le retour de l'agroécologie,
- 4:07notamment en Europe.
- 4:08C'est qu'en fait,
- 4:09ça,
- 4:09c'est un vrai succès.
- 4:10C'est quelque chose qu'on pratiquait avant la Seconde Guerre mondiale,
- 4:14finalement,
- 4:14sans trop le dire.
- 4:15Ça ne s'appelait pas de l'agroécologie,
- 4:16mais il y avait beaucoup d'agroécologie.
- 4:18On s'est fait un petit peu avoir par l'agriculture intensive,
- 4:21la monoculture,
- 4:22la perte de biodiversité cultivée.
- 4:24Et
- 4:24Altieri, Amérique du Sud,
- 4:26relance l'agroécologie en Amérique du Sud.
- 4:28Et nous,
- 4:29en fait,
- 4:29on s'en inspire.
- 4:30Et donc aujourd'hui,
- 4:30c'est en train de se déployer très fort.
- 4:32Ça,
- 4:32c'est une véritable réussite et ça ne va pas s'arrêter.
- 4:34Pour que tous les termes soient bien définis,
- 4:36tu peux nous définir rapidement,
- 4:37c'est quoi l'agroécologie ?
- 4:39Oui,
- 4:39alors l'agroécologie,
- 4:39en fait,
- 4:40c'est considérer son agro-système comme un écosystème.
- 4:43L'agro-système,
- 4:44c'est un champ de blé,
- 4:45ça peut être un élevage.
- 4:46Si on considère ça comme un écosystème,
- 4:48ça veut dire qu'il faut qu'il soit totalement autonome et circulaire.
- 4:52Donc ça veut dire typiquement qu'on ne dépend plus des engrais,
- 4:54des pesticides,
- 4:55de l'irrigation.
- 4:55C'est toute la biodiversité cultivée qui doit fournir tous ces services écosystémiques.
- 5:00Très bien.
- 5:01On va passer aux questions qui ont été réassemblées.
- 5:03Donc la première,
- 5:04en fait,
- 5:04s'appuie sur un concept que tu as défini durant la conférence.
- 5:08Et donc tu disais que l'efficacité c'était la somme de l'efficience et de la performance.
- 5:12La personne se demandait si ça ne devrait pas plutôt être le produit de l'efficience et de la performance.
- 5:16Pourquoi la somme plutôt que le produit ?
- 5:18Oui,
- 5:18alors moi je disais que la performance c'est la somme de l'efficacité et de l'efficience.
- 5:21Juste pour le...
- 5:22L'efficacité c'est atteindre son objectif et l'efficience avec le moins de moyens possible.
- 5:27C'est pour ça que c'est une addition,
- 5:28parce qu'en fait quand on fait la phrase,
- 5:30c'est vraiment on atteint son objectif avec le moins de moyens possible.
- 5:33On peut imaginer ça comme un produit,
- 5:35évidemment,
- 5:35que c'est une façon de le modéliser,
- 5:38presque de façon algorithmique,
- 5:39j'ai envie de dire.
- 5:40Mais une addition va très bien.
- 5:41En fait,
- 5:42c'est « et » ,
- 5:42ce n'est pas « fois » .
- 5:44D'accord.
- 5:45Alors,
- 5:45encore une fois,
- 5:46chers auditeurs,
- 5:46chères auditrices,
- 5:47les questions coexistent avec la conférence.
- 5:49Donc,
- 5:49si tu te demandes d'où viennent les questions,
- 5:51ne pas hésiter à aller voir la conférence qui est sur YouTube,
- 5:53parce que là,
- 5:54toutes les connexions seront effectivement bien faites.
- 5:57Alors,
- 5:58c'est un peu particulier comme question.
- 5:59Il y a une espèce de paradoxe,
- 6:00j'ai l'impression.
- 6:01c'est comment on peut
- 6:02progresser,
- 6:02comment on peut mesurer notre progrès dans la robustesse et comprendre si on est sur le bon chemin ou si on se trompe.
- 6:11Parce que justement,
- 6:11dans la conférence,
- 6:12tu donnes des exemples de personnes qui pensent bien faire et qui,
- 6:15en fait,
- 6:16ne le font absolument pas bien.
- 6:18Un bon critère pour ça,
- 6:19c'est le fameux stress test.
- 6:21Pour savoir si le progrès est sur la bonne voie,
- 6:23il faut,
- 6:24de façon virtuelle,
- 6:25faire fluctuer un des paramètres.
- 6:26Donc ça peut être le prix du pétrole plus élevé,
- 6:29une méga inondation dans le territoire,
- 6:31enfin des choses comme ça,
- 6:31et on voit si ça tient la route.
- 6:33Si ça tient la route,
- 6:34ça veut dire que c'est robuste.
- 6:35Et puis évidemment,
- 6:36il faut aussi se poser la question,
- 6:37est-ce que mon projet est au service de la robustesse du territoire ?
- 6:40C'est que si mon projet tient la route,
- 6:41très souvent,
- 6:42c'est qu'il prend soin aussi de la robustesse du territoire.
- 6:44Et justement,
- 6:45ce stress test,
- 6:46parce que là,
- 6:47c'est assez théorique,
- 6:48on fait varier un paramètre,
- 6:49et voilà,
- 6:49nous en tant qu'ingénieurs,
- 6:50entre guillemets,
- 6:50ça nous paraît un peu évident,
- 6:52c'est ce qu'on fait aussi dans des modélisations.
- 6:54mais est-ce que tu as vu ce stress test ?
- 6:55être réalisé par des entreprises,
- 6:57par des États,
- 6:58etc.,
- 6:59pour justement mesurer cette robustesse et pouvoir tirer des leçons de ce stress test ?
- 7:04Alors,
- 7:04l'exemple le plus caricatural,
- 7:05c'est après la crise financière de 2008.
- 7:08On a généralisé et même imposé les stress tests aux banques.
- 7:12Parce qu'en fait,
- 7:12on avait lâché l'affaire.
- 7:14On les avait laissés faire un peu tout et n'importe quoi.
- 7:16On l'a fait plusieurs fois dans l'histoire de la finance,
- 7:18mais là,
- 7:19c'est incaraissant.
- 7:20Et donc,
- 7:20on a fait des stress tests,
- 7:21on a imposé des stress tests aux banques.
- 7:23De plus en plus,
- 7:24ces stress tests vont être généralisés.
- 7:26Il y a déjà des entreprises qui le font régulièrement.
- 7:29Surtout d'ailleurs,
- 7:30le cas typique,
- 7:31c'est les entreprises ou les organisations qui sont dans des systèmes très complexes et très couplés.
- 7:38C'est ce que Charles Perrault appelait l'accident normal.
- 7:42L'accident normal,
- 7:42c'est quand on est dans une organisation qui fait des choses très complexes,
- 7:45très couplées,
- 7:46on est sûr qu'il y aura un accident.
- 7:48Donc,
- 7:49comment on fait pour ne pas qu'il y ait d'accident ?
- 7:50En fait,
- 7:50on découple,
- 7:51on désoptimise.
- 7:53Et du coup,
- 7:53les stress tests permettent de savoir qu'est-ce qu'il faut découpler.
- 7:55Donc typiquement,
- 7:56une centrale nucléaire n'a pas les dernières applications informatiques,
- 8:01parce qu'on n'a aucun recul dessus,
- 8:02donc on fait quelque chose de bien moins optimisé,
- 8:04mais par contre,
- 8:05c'est plus robuste.
- 8:06Alors,
- 8:07on le sait,
- 8:07la performance est omniprésente dans notre monde.
- 8:10On est driveé pour penser comme ça à l'heure actuelle.
- 8:13L'idéal,
- 8:13ce serait de remettre de la robustesse là-dedans.
- 8:16La personne se demandait,
- 8:17et c'est connecté aux questions d'après,
- 8:19est-ce qu'au final,
- 8:20en fait,
- 8:21l'humanité,
- 8:21depuis la nuit des temps,
- 8:23n'occipe pas entre des périodes de performance et des périodes de robustesse,
- 8:26et qu'ici on arrive au bout d'une période de performance,
- 8:29et donc que va succéder une période de robustesse,
- 8:32mais peut-être qu'après reviendra une période de performance,
- 8:34une espèce de cycle performance-robustesse qui s'alternerait.
- 8:38Oui,
- 8:39alors je prends,
- 8:41je pense que c'est un peu ça qui se passe.
- 8:42Alors en fait,
- 8:43il n'y a jamais de période où c'est que de la performance,
- 8:45et des périodes où c'est que de la robustesse.
- 8:47C'est toujours des seuils,
- 8:48c'est plus ou moins l'un ou l'autre.
- 8:49Et en fait,
- 8:50dans les périodes où on est en pénurie,
- 8:53où il y a des grosses fluctuations dans l'environnement,
- 8:55en fait,
- 8:55on est obligé de faire de la robustesse.
- 8:57Ceux qui survivent,
- 8:58ceux qui vivent,
- 8:59sont ceux qui sont robustes.
- 9:00Si ça fluctue beaucoup,
- 9:01quand on est très performant,
- 9:02on est très canalisé,
- 9:03donc on est très fragile.
- 9:04Et donc là,
- 9:04on sort d'une période d'abondance matérielle,
- 9:07abondance du charbon,
- 9:07du pétrole,
- 9:08qui nous a poussé à mettre le curseur très,
- 9:10très loin dans la performance,
- 9:12jusqu'à générer un burn-out planétaire.
- 9:15Et là,
- 9:15on est dans le retour de bâton.
- 9:16C'est pour ça qu'on va vers plus de robustesse,
- 9:18parce que le monde devient plus fluctuant parce qu'on a trop performé.
- 9:21Donc en effet,
- 9:22c'est des oscillations.
- 9:22On peut très bien imaginer qu'on rentre dans une phase de robustesse et que peut-être dans 300 ans,
- 9:27on va refaire encore un coup de performance.
- 9:29C'est possible.
- 9:30C'est assez intéressant comme question,
- 9:31parce que c'est des choses qu'on voit dans les romans de science-fiction,
- 9:34justement aussi parfois ces alternances entre robustesse et performance.
- 9:38Donc c'est assez intéressant de confronter ça à ce qu'on vit à l'heure actuelle.
- 9:42La personne se demandait aussi...
- 9:44Au final,
- 9:44comment on peut tirer du positif de tout ce qui change rapidement ?
- 9:48Parce que justement,
- 9:49on t'expliquait dans ta conférence qu'on est dans un monde qui n'est plus stable,
- 9:53on est justement dans un monde qui change très vite,
- 9:56d'où l'intérêt de s'orienter vers la robustesse.
- 9:58Mais comment tirer le positif de ces changements ultra rapides ?
- 10:02Le positif principal,
- 10:04il faut bien comprendre que le monde stable,
- 10:07abondant en ressources,
- 10:08celui qui pousse à la performance,
- 10:09il pousse à la canalisation et donc à une vision étroite du monde.
- 10:13La monoculture,
- 10:14en agriculture,
- 10:16c'est juste la partie émergée de la monoculture.
- 10:18En fait,
- 10:18on est dans une monoculture généralisée.
- 10:21Les réseaux sociaux,
- 10:22les influenceurs,
- 10:22tout ça,
- 10:23c'est de la monoculture à fond.
- 10:25Elon Musk,
- 10:25ça fait une oligarchie d'ultra-riches.
- 10:27Tout ça,
- 10:28c'est de la monoculture.
- 10:29Et donc,
- 10:29en fait,
- 10:29quand ça fluctue très fort,
- 10:30très vite,
- 10:32on diversifie.
- 10:33Et donc,
- 10:33la première valeur ajoutée d'un monde qui change rapidement,
- 10:36c'est qu'on va s'ouvrir à des choses bien plus larges.
- 10:39Et d'ailleurs,
- 10:40l'exemple typique,
- 10:41c'est...
- 10:43Dans les années 80,
- 10:44les véhicules,
- 10:45c'était toutes des voitures qui se ressemblaient à peu près toutes.
- 10:48Et aujourd'hui,
- 10:49c'est une zoologie de véhicules.
- 10:51Des vélos,
- 10:52des vélos cargo,
- 10:54des gyres,
- 10:54des trottinettes,
- 10:55il y a tout un ensemble.
- 10:57Ça,
- 10:57c'est très symbolique du monde dans lequel on va.
- 10:58Et donc ça,
- 10:59c'est un point très positif pour nous.
- 11:00Je me posais aussi un petit peu cette question,
- 11:02c'est est-ce que redondance et robustesse sont automatiquement connectés ?
- 11:08Et comment,
- 11:09en fait,
- 11:09dans un monde en pénurie de ressources,
- 11:11On fait en sorte qu'il y ait une redondance si effectivement la redondance permet une certaine robustesse.
- 11:17Je vais prendre un exemple très concret pour illustrer ce que je dis.
- 11:20Durant la conférence,
- 11:21il y a un musicien et des acteurs qui font un jeu.
- 11:25On pourrait très bien dire que pour être robuste,
- 11:28le musicien a un deuxième piano dans son coffre au cas où son premier tomberait en panne.
- 11:33Et comme ça,
- 11:33si son premier tombe en panne,
- 11:34il sort son deuxième et c'est bon,
- 11:36on continue sans problème.
- 11:38Donc comment tu connectes un petit peu tous ces concepts ?
- 11:40Oui,
- 11:41alors,
- 11:41première chose,
- 11:42en effet,
- 11:43la redondance,
- 11:43c'est un élément essentiel de la robustesse.
- 11:46Mais comme toujours,
- 11:47si on met trop de redondance,
- 11:49après,
- 11:50on peut commencer à rentrer dans une performance.
- 11:52C'est-à-dire qu'en fait,
- 11:54c'est le millefeuille administratif où la performance,
- 11:56c'est une forme de performance administrative.
- 11:57En fait,
- 11:58on s'auto-justifie au bout d'un moment.
- 11:59Et donc là,
- 12:00la redondance,
- 12:00ça n'apporte plus rien.
- 12:01Elle s'alimente elle-même et donc on fait de la performance de la redondance.
- 12:04On pourrait presque dire comme ça.
- 12:05Et donc là,
- 12:06ça n'a plus aucun sens.
- 12:07Donc il y a aussi un seuil haut.
- 12:09Il faut un peu de redondance,
- 12:10mais il ne faut pas non plus y aller.
- 12:12On ne sera pas forcément plus robuste,
- 12:13plus on aura de redondance.
- 12:15Il en faut à un certain niveau.
- 12:16Et l'autre chose,
- 12:17sur l'exemple du piano,
- 12:19pourquoi chez les êtres vivants ça marche si bien,
- 12:21ces redondances qu'il y a partout ?
- 12:23Tout simplement parce que ce sont des redondances qui sont circulaires.
- 12:27C'est qu'en fait,
- 12:27si on réfléchit bien,
- 12:28la circularité dans le monde vivant,
- 12:31le cycle du carbone,
- 12:31le cycle de l'eau,
- 12:32etc.,
- 12:33La circularité,
- 12:33je vais la définir en fait.
- 12:34La circularité,
- 12:35c'est se placer dans les conditions où le gâchis n'est pas un problème.
- 12:39Si tout est circulaire,
- 12:41on peut faire du volume,
- 12:42parce que de toute façon,
- 12:42ça va nourrir l'écosystème.
- 12:44Donc en fait,
- 12:44il n'y a aucun problème.
- 12:45L'arbre qui perd ses feuilles à l'automne,
- 12:47c'est un gâchis énorme,
- 12:49mais par contre,
- 12:49ça nourrit l'écosystème.
- 12:50Donc en fait,
- 12:50on peut très bien penser les choses comme ça.
- 12:52Et donc,
- 12:52ça veut dire que les renondances que l'on doit créer,
- 12:54les meilleures renondances que l'on doit créer,
- 12:56ce sont celles qui sont nourries par la biodiversité et qui nourrissent la biodiversité.
- 13:02Par exemple,
- 13:02c'est récupérer l'eau de pluie sur un toit.
- 13:04C'est utiliser des plantes pour isoler en plus de l'isolant.
- 13:07Ce sont des formes de redondance,
- 13:08mais ça nourrit l'écosystème.
- 13:10C'est comme ça que ça nous permet de qualifier ou de permettre la redondance,
- 13:14en tout cas de pouvoir la mesurer en se disant « là c'est une bonne redondance,
- 13:17là c'est une redondance qui n'apporte rien » .
- 13:19Typiquement,
- 13:19le deuxième piano ne nourrit pas l'écosystème,
- 13:21donc ça ne fonctionne pas.
- 13:23Justement,
- 13:24tu parlais de seuil,
- 13:25c'est le propos de ma prochaine question.
- 13:27La personne postule qu'au début,
- 13:29la performance...
- 13:30Et la robustesse augmente de façon linéaire,
- 13:33de façon conjointe,
- 13:34mais qu'à partir d'un certain moment,
- 13:35elle se sépare.
- 13:36Et elle se disait,
- 13:37mais en fait,
- 13:38qui et comment va décider du moment où le trop de performance est atteint ?
- 13:44Et par exemple,
- 13:44dans un processus industriel,
- 13:46comment on se dit,
- 13:46non,
- 13:47là,
- 13:47on ne va pas plus loin dans la performance,
- 13:49sinon on perd tout l'aspect de robustesse.
- 13:52C'est la question la plus difficile.
- 13:54Désolé qu'elle arrive si tôt.
- 13:56Non mais c'est très bien parce que c'est une bonne question.
- 13:58Donc en effet,
- 13:59il y a un seuil où ça diverge,
- 14:00où la performance devient contre-productive.
- 14:03Avant ce seuil,
- 14:04la performance est productive.
- 14:05C'est-à-dire qu'en fait,
- 14:05quand on augmente les performances,
- 14:07ça augmente aussi la robustesse.
- 14:08Inutile de dire que nous,
- 14:09les humains de 2025,
- 14:11on l'a largement dépassé le seuil.
- 14:13Parce que toute notre performance,
- 14:14là,
- 14:14actuellement,
- 14:15elle est plutôt en train de générer,
- 14:16on est en train de brûler les écosystèmes.
- 14:18C'était l'étude qu'ils avaient faite au
- 14:20Royaume-Uni. vous avez fait un calcul pour savoir comment
- 14:23combien il fallait travailler chaque semaine,
- 14:24combien d'heures il fallait travailler chaque semaine pour respecter les accords de Paris,
- 14:28c'est 9 heures par semaine.
- 14:30Donc on peut considérer que quand on travaille plus de 9 heures par semaine,
- 14:33on est en train d'endommager l'écosystème,
- 14:35en moyenne évidemment.
- 14:36Donc ça veut dire que le seuil est quand même assez bas.
- 14:39Donc il faut bien se le dire.
- 14:40Mais comment l'identifier ?
- 14:41Alors c'est très compliqué.
- 14:42La première chose à réaliser,
- 14:44c'est que ce seuil n'est pas statique.
- 14:46il bouge.
- 14:47Donc c'est aussi un seuil dynamique.
- 14:48Donc ça veut dire que même si on était capable de l'identifier,
- 14:51le moment où on l'a identifié,
- 14:52il a déjà changé,
- 14:53il est ailleurs.
- 14:53Donc ça veut dire que c'est pour ça que je parle beaucoup de sous-optimalité,
- 14:57parce que finalement ce seuil-là c'est un peu un sweet spot,
- 14:59c'est vraiment l'endroit idéal,
- 15:01c'est une sorte d'optimum,
- 15:02c'est là où on est au max de performance,
- 15:04au max de robustesse,
- 15:05mais en fait vu que ça change tout le temps,
- 15:06il faut plutôt voir en dessous.
- 15:08Donc il faut imaginer que le seuil il est par là,
- 15:11et surtout ne pas essayer de l'atteindre.
- 15:13Il faut garder des marges de manœuvre.
- 15:15avant de l'atteindre.
- 15:16Et donc,
- 15:16c'est pour ça qu'il faut être sous-optimal.
- 15:17Mais là,
- 15:17je ne donne pas vraiment des clés.
- 15:19C'est une première clé,
- 15:20mais c'est très secteur dépendant.
- 15:22Ça dépend beaucoup de la complexité du degré de couplage des systèmes.
- 15:25Et j'imagine que ce stress test peut justement peut-être permettre de comprendre où il y a couplage entre les deux et à quel moment le découplage apparaît.
- 15:34Exactement.
- 15:34Alors là,
- 15:35c'est une question qui est assez intéressante.
- 15:36Je vais essayer de bien la formuler parce qu'elle n'est pas simple,
- 15:38mais est-ce qu'on ne peut pas imaginer une performance qu'on qualifierait de temporaire.
- 15:44donc vraiment localisé dans le temps,
- 15:47pour nous permettre de devenir robustes.
- 15:49Donc,
- 15:50est-ce que la performance peut servir la robustesse pour arriver à un système robuste ?
- 15:55Absolument.
- 15:56Alors,
- 15:56en fait,
- 15:56c'est même ce qui se passe chez les êtres vivants.
- 15:58L'exemple que je prends souvent,
- 15:59c'est la fièvre.
- 16:00Quand on a la fièvre,
- 16:01c'est un court moment de performance qui est absolument nécessaire à notre vie,
- 16:06et donc à notre robustesse.
- 16:07Si on n'avait pas accès à la fièvre,
- 16:09donc si on n'avait pas accès à ces quelques journées où on a un peu de fièvre,
- 16:13et bien le pathogène se développerait vraiment beaucoup parce que notre système immunitaire à 37 degrés n'est pas très performant,
- 16:18il n'est pas assez performant.
- 16:19Et donc le petit moment de performance,
- 16:21il est nécessaire.
- 16:22C'est comme avoir des pompiers dans une ville.
- 16:23Un pompier,
- 16:24quand il est au feu,
- 16:24il est très performant et donc c'est nécessaire ces moments de performance.
- 16:27Alors en fait,
- 16:27ce n'est pas radical la robustesse.
- 16:28Si on ne fait que de la robustesse,
- 16:29on n'est pas robuste.
- 16:30Donc pour être robuste,
- 16:31il faut accepter des moments de performance.
- 16:34Le plus dur,
- 16:35en fait,
- 16:35ce n'est pas tellement ça.
- 16:36Le plus dur,
- 16:36c'est de ne pas tomber dans le piège de la performance.
- 16:38Parce que quand on augmente les performances,
- 16:40et bien ça marche.
- 16:41Évidemment,
- 16:42parce qu'on est en train de dissiper son potentiel,
- 16:44ça marche et on ne s'arrête plus.
- 16:46Juste un exemple comme ça,
- 16:47c'est Stellantis,
- 16:49une entreprise en France,
- 16:50d'ailleurs internationale,
- 16:51qui fait des voitures.
- 16:52Pendant trois ans,
- 16:53ils ont remonté la pente en augmentant les performances avec Carlos Tavares,
- 16:56qui était un patron qui a vraiment mis l'accent sur la performance comme personne d'autre.
- 17:00Il s'appelait le psychopathe de la performance lui-même.
- 17:02Donc,
- 17:02c'est pour dire qu'au bout de trois ans,
- 17:04il a remis l'entreprise sur les rails,
- 17:06mais il ne s'est pas arrêté.
- 17:08Il y a trois ans supplémentaires,
- 17:09il a continué sur la performance.
- 17:10Et donc là,
- 17:11il a planté sa boîte.
- 17:12Donc le piège,
- 17:13c'est de savoir mettre une date de péremption à la performance.
- 17:17Un exemple que j'apprécie beaucoup,
- 17:18que tu as donné dans une autre de tes conférences,
- 17:20que j'ai pu voir sur YouTube,
- 17:21t'expliquait que par exemple,
- 17:23les hôpitaux en cas de crise sanitaire,
- 17:24ils doivent être performants.
- 17:26Mais après,
- 17:26ils doivent quitter cette période de performance pour retomber dans une période de robustesse.
- 17:30Et donc je trouvais ça assez éclairant.
- 17:32Il y a plein d'exemples.
- 17:34Un exemple typique récent,
- 17:36c'est en Espagne et au Portugal,
- 17:37le blackout qui a eu lieu il y a quelques mois.
- 17:39On s'est rendu compte que c'était des fournitures d'électricité très centralisées,
- 17:43très performantes.
- 17:44Depuis des années,
- 17:45on a centralisé la production d'électricité.
- 17:46Ça,
- 17:46c'est très fragile.
- 17:47Ce qui a résisté,
- 17:48c'est
- 17:49Almeria, parce que là,
- 17:51ils avaient décentralisé des petits systèmes de panneaux solaires un peu distribués.
- 17:55C'est moins performant,
- 17:56mais c'est plus robuste.
- 17:57Merci.
- 17:57Merci.
- 17:58La personne suivante qui pose la question se demandait d'une part si,
- 18:03au final,
- 18:03on ne doit pas considérer que la robustesse est une espèce de fatalité.
- 18:07Alors je mets un sens un peu derrière,
- 18:08c'est-à-dire que,
- 18:09de toute façon,
- 18:09comme tu le dis dans la conférence,
- 18:11on va y arriver.
- 18:12Le système va devenir tellement contraint qu'il est en train de nous pousser vers la robustesse plutôt que la performance.
- 18:18Est-ce que toi tu vois la robustesse comme une fatalité ?
- 18:21Et ensuite,
- 18:21est-ce que cette robustesse,
- 18:22d'une certaine façon,
- 18:23n'est pas dépolitisante ?
- 18:25C'est-à-dire que...
- 18:26ça pose la question de est-ce que notre démocratie est robuste au final ?
- 18:30D'accord,
- 18:30alors je suis d'accord et pas d'accord.
- 18:33Parce que la fatalité,
- 18:34je la mettrais plutôt du côté de la performance,
- 18:35c'est elle qui nous envoie dans une voie fatale.
- 18:38C'est que le mot fatalité,
- 18:39il est quand même assez dégasté.
- 18:40Il est fort.
- 18:40Il est fort,
- 18:41oui,
- 18:41voilà.
- 18:42Mais par contre,
- 18:42le côté inéluctable du basculement vers la robustesse,
- 18:45là,
- 18:45oui,
- 18:45je dirais plutôt inéluctable.
- 18:47C'est que de toute façon,
- 18:48ce n'est pas nous qui allons décider,
- 18:50c'est le système.
- 18:50Le système va fluctuer de plus en plus,
- 18:52c'est un système planétaire,
- 18:52social,
- 18:53écologique.
- 18:54ça va fluctuer de plus en plus donc
- 18:56ce seront les robustes qui vont vivre,
- 18:58et même pas survivre,
- 18:58qui vont vivre.
- 18:59Donc de ce côté-là,
- 19:00on pourrait considérer que c'est une fatalité,
- 19:02mais je vois plutôt ça comme quelque chose de très positif.
- 19:05Par contre,
- 19:05sur le côté dépolitisant,
- 19:07c'est le risque.
- 19:08C'est qu'en fait,
- 19:09si on reste sur un côté fataliste,
- 19:11en disant « de toute façon,
- 19:12il n'y a rien à faire,
- 19:13la robustesse arrive » ,
- 19:14il y aura beaucoup de casse.
- 19:16Et donc c'est là où,
- 19:17vu qu'on est capable de se représenter les choses,
- 19:19c'est là où je m'inscris un peu en faux avec Gunther Anders,
- 19:21qui disait que les humains ne sont pas capables de se représenter,
- 19:24Alors c'est vrai,
- 19:25quelque part,
- 19:25on fait une bombe atomique et après on ne sait pas très bien quelles sont les conséquences.
- 19:28C'est pareil pour le réchauffement climatique,
- 19:30etc.
- 19:30Donc on ne se représente pas les choses,
- 19:32mais oui et non.
- 19:33C'est-à-dire que justement on a le GIEC qui nous permet de nous représenter ce qui va se passer.
- 19:37Donc maintenant si on sait que le monde va fluctuer de plus en plus et donc qu'il faut être robuste,
- 19:41là il faut politiser.
- 19:42L'enjeu,
- 19:43il est là en fait,
- 19:43c'est qu'il faut absolument stimuler la bascule,
- 19:47le plus tôt sera le mieux,
- 19:48parce que comme ça on sera prêt et on évitera beaucoup de casse.
- 19:51Par rapport à tout ce que tu nous as expliqué,
- 19:53est-ce qu'on peut faire des connexions au final entre la théorie de Darwin,
- 19:57donc les lois de sélection naturelle,
- 19:58les concepts de robustesse,
- 20:00et comment ces liens pourraient avoir des implications sur nos modes de pensée et sur notre façon de voir le monde ?
- 20:07Oui,
- 20:07exactement.
- 20:08Alors
- 20:08Darwin, la première chose c'est de voir comment on l'a lu.
- 20:13C'est la première chose.
- 20:13C'est que Darwin,
- 20:141859,
- 20:16l'origine des espèces,
- 20:17l'affiliation de l'homme,
- 20:17c'est 1871,
- 20:18donc on est en pleine révolution industrielle.
- 20:21On a extrait du texte de Darwin tout ce qui concordait avec la doctrine industrielle d'une performance,
- 20:27d'une optimisation des expos universelles.
- 20:29C'est vraiment le progrès de l'humanité,
- 20:32l'évolution vers du meilleur.
- 20:34Et donc,
- 20:34sélection des plus adaptées,
- 20:35ça allait bien avec la colonisation,
- 20:37la civilisation,
- 20:38tout ça,
- 20:38c'était vraiment très bien aligné.
- 20:40Sauf que quand on relit Darwin aujourd'hui,
- 20:42on se rend compte que dans Darwin,
- 20:44il y a aussi tout l'autre versant où Darwin,
- 20:46lui,
- 20:47c'est un naturaliste.
- 20:47Il observe et donc il déduit des lois,
- 20:50mais il note tout.
- 20:51Et donc,
- 20:52il note aussi des choses qui ne collent pas.
- 20:54Le pan,
- 20:54par exemple,
- 20:54c'est un oiseau.
- 20:56Clairement,
- 20:57c'est très étonnant qu'il soit encore là aujourd'hui parce qu'il est très encombré quand même.
- 21:02On en a déjà parlé dans d'autres épisodes des podcasts.
- 21:04Sélection sexuelle,
- 21:05sélection naturelle qui s'opposent parfois.
- 21:08Exactement.
- 21:09La plupart du temps,
- 21:09à vrai dire.
- 21:10Et il le voit bien,
- 21:11et il en parle en longueur.
- 21:12Et c'est juste un aspect.
- 21:14Et donc,
- 21:14en fait,
- 21:15aujourd'hui,
- 21:15si on relie Darwin,
- 21:17alors là,
- 21:17c'est très intéressant,
- 21:18parce que là,
- 21:18maintenant,
- 21:18on a les deux aspects.
- 21:20Donc,
- 21:20il y a l'aspect compétition,
- 21:21sélection du plus fort,
- 21:23pour le dire rapidement.
- 21:24Mais il y a aussi toutes ces contradictions,
- 21:26toutes ces hétérogénéités,
- 21:27et finalement,
- 21:28plutôt la sélection des plus adaptables,
- 21:29de ceux qui sont capables de changer de chemin.
- 21:31Et en fait,
- 21:32quand on regarde les impasses évolutives,
- 21:33les impasses évolutives,
- 21:34c'est souvent les espèces qui se sont hyper spécialisées et qui ont disparu,
- 21:38en fait.
- 21:38parce que justement,
- 21:38elles étaient trop adaptées.
- 21:40Et celles qui ont survécu,
- 21:41c'est le tardigrade,
- 21:42c'est les méduses,
- 21:43c'est des êtres vivants qui sont très...
- 21:45au couteau suisse,
- 21:46vraiment très polyvalents,
- 21:47etc.
- 21:48Et donc en fait,
- 21:48quand on relit Darwin aujourd'hui,
- 21:50c'est ça qui est très éclairant,
- 21:51c'est que finalement,
- 21:52ce qui domine chez les êtres vivants,
- 21:53ce n'est pas la sélection du plus adapté,
- 21:56c'est la sélection du plus robuste,
- 21:58par définition.
- 21:58Parce que quand on est robuste,
- 21:59on dure et on transmet.
- 22:02Ici,
- 22:02je vais me reconnecter à un moment spécifique dans la conférence,
- 22:05donc sur YouTube,
- 22:06c'est plus ou moins à 1h09
- 22:08Comme ça,
- 22:08chers auditeurs,
- 22:09chères auditrices,
- 22:09si tu veux revoir,
- 22:10je pense que c'est intéressant.
- 22:11Moi,
- 22:11c'est un moment qui m'a beaucoup parlé,
- 22:13où tu montres en fait une espèce de pyramide d'économie,
- 22:17social,
- 22:18environnement,
- 22:19et où ces éléments se placent les uns par rapport aux autres.
- 22:23Et la personne,
- 22:24en fait,
- 22:24se rattache directement à ce que tu expliquais et dit,
- 22:27voilà,
- 22:27tu nous expliques qu'il faut mettre l'économie dans le social et pas l'inverse,
- 22:30puisque l'économie n'est qu'un modèle mathématique au fond,
- 22:33elle n'a aucune réalité physique ou sociale.
- 22:36Est-ce que dans un monde capitaliste où les milliardaires sont de plus en plus riches,
- 22:39j'ai même envie de dire par rapport aux derniers articles qui sont sortis ici à la fin août,
- 22:43de plus en plus nombreux aussi,
- 22:45est-ce que c'est possible en fait de mettre l'économie dans le social ?
- 22:50Oui,
- 22:50alors c'est urgent.
- 22:52En fait,
- 22:53ce qui se passe,
- 22:53c'est qu'en effet,
- 22:54les milliardaires sont de plus en plus nombreux,
- 22:56mais les ultra-ultra-riches,
- 22:58eux par contre,
- 22:59c'est une caste qui devient très petite,
- 23:01mais qui a un pourcentage de la richesse mondiale qui est énorme.
- 23:04Donc,
- 23:04en fait,
- 23:05si on regarde relativement à la richesse mondiale,
- 23:07le nombre de personnes qui ont une grosse part du gâteau de la richesse mondiale se réduit,
- 23:11en fait.
- 23:11Il y a de plus en plus de milliardaires,
- 23:13mais les ultra-milliardaires,
- 23:14c'est encore une autre catégorie.
- 23:15C'est ça qui est dingue.
- 23:16Les Jeff Bezos,
- 23:17on est encore dans autre chose.
- 23:19Je veux dire,
- 23:19la fortune de PDG Goldman Sachs,
- 23:21c'est déjà énorme.
- 23:22C'est un ultra-riche.
- 23:23C'est une miette de la fortune de Jeff Bezos.
- 23:27Il faut bien se rendre compte du délire total.
- 23:29Et donc,
- 23:29en effet,
- 23:29pour l'économie,
- 23:30Alors,
- 23:30en fait,
- 23:31ces gens-là,
- 23:32ils sont en effet...
- 23:33très toxiques,
- 23:34pour le dire assez rapidement.
- 23:36Il n'y a quand même pas grand-chose à en tirer.
- 23:38Moi,
- 23:38vraiment,
- 23:38ce que je souhaite,
- 23:39c'est qu'ils aillent dans leur bunker et qu'on n'en parle plus,
- 23:41parce que c'est vraiment des gens qui nous intoxiquent.
- 23:43Alors,
- 23:44pour que l'économie se réencastre dans le social,
- 23:47comme dirait Karl Polanyi,
- 23:49en fait,
- 23:49il faut les ignorer.
- 23:50Il faut les ringardiser.
- 23:51Je pense que c'est la meilleure approche,
- 23:52parce qu'on peut lutter contre eux,
- 23:54mais en fait,
- 23:54on n'a pas les moyens,
- 23:55ils ont le pouvoir,
- 23:55ils ont l'argent,
- 23:56ils sont encore attractifs,
- 23:57donc ce n'est pas là que ça va se jouer.
- 23:59mon avis c'est plutôt dans l'aspect culturel quand ça sera ringard
- 24:02d'être sur un yacht ou de faire des voyages en jet privé,
- 24:06ça sera quand même compliqué pour eux de continuer à avoir leur attitude.
- 24:10Une question que j'ai déjà posée aussi dans un autre des podcasts qu'on a fait sur les limites planétaires et sur la théorie du donuts,
- 24:16pourquoi ces gens comme des Bezos,
- 24:18des Musk,
- 24:19sont des gens qui ont choisi de faire ce qu'ils ont fait aujourd'hui ?
- 24:23et par le passé,
- 24:24plutôt que d'investir leur connaissance,
- 24:27parce que ils ont quand même amené des révolutions.
- 24:29On peut juger de la qualité de la révolution qui les amène,
- 24:32bien entendu,
- 24:32mais il n'empêche qu'ils ont fait bouger la machine.
- 24:34Alors,
- 24:35pourquoi ils n'ont pas fait bouger la machine dans le sens de l'écologie ou de la socio-écologie et ils l'ont plutôt fait bouger dans le sens du capitalisme ?
- 24:43Qu'est-ce qui fait qu'en fait,
- 24:44on a ce rêve d'être des Bezos et des Musk plutôt que des Greta Thunberg,
- 24:49peut-être ?
- 24:49Je vais un peu poser la question comme ça.
- 24:51Oui,
- 24:52c'est un peu ça.
- 24:53Les ultra-performants,
- 24:54on pourrait les appeler comme ça,
- 24:55c'est des gens qui sont dans le pouvoir.
- 24:57Le pouvoir,
- 24:58c'est la solution clé en main,
- 24:59et c'est un peu paresseux.
- 25:00C'est-à-dire qu'en fait,
- 25:01quand on peut faire des choses et qu'on peut transformer rapidement quelque chose,
- 25:05très souvent,
- 25:05c'est de la performance.
- 25:06Et donc,
- 25:06en fait,
- 25:07ça va marcher très fort,
- 25:08et en plus,
- 25:09ça va augmenter son pouvoir,
- 25:10et donc là,
- 25:10on rentre dans une boucle infernale,
- 25:12le piège de la performance,
- 25:13le piège du pouvoir.
- 25:15l'autre approche qui est plutôt une approche de puissance c'est-à-dire
- 25:18La puissance,
- 25:18c'est le contraire du pouvoir.
- 25:20Le pouvoir,
- 25:20c'est je veux et je sais comment faire.
- 25:22La puissance,
- 25:23c'est j'ai envie,
- 25:24je ne sais pas comment faire.
- 25:25En fait,
- 25:25on est plutôt un facilitateur.
- 25:27Ça,
- 25:27ça prend beaucoup plus de temps.
- 25:29C'est beaucoup plus hétérogène,
- 25:30ça dilue beaucoup les égos,
- 25:32on va dire.
- 25:33C'est une approche beaucoup plus humble.
- 25:35Vu que ce n'est pas performant,
- 25:36c'est moins attractif dans le monde dans lequel on est.
- 25:38Mais par contre,
- 25:38ça transforme vraiment les territoires.
- 25:39C'est en fait,
- 25:41les Elon Musk et compagnie,
- 25:42là,
- 25:43ils ont transformé,
- 25:44mais en fait,
- 25:44c'est une étoile filante.
- 25:45En fait,
- 25:46ils ne vont pas laisser de traces dans l'histoire.
- 25:48Je pense qu'Elinor Ostrom,
- 25:49quand elle parle des communs,
- 25:50les communs,
- 25:51les rizières,
- 25:52ça c'est un commun,
- 25:53ça transforme l'histoire.
- 25:55Par contre,
- 25:55ça prend beaucoup plus de temps,
- 25:56la gestion des communs,
- 25:57tout ça.
- 25:58Ça,
- 25:58c'est de la robustesse.
- 25:59Et est-ce qu'il y a un enjeu,
- 26:01je vais dire,
- 26:02de formation,
- 26:03de sensibilisation,
- 26:04pour justement éclairer même les jeunes enfants sur ces questions et leur faire voir un peu le monde différemment,
- 26:13et sans leur dire d'empêcher d'eux ?
- 26:15faire en sorte qu'ils ne rêvent plus d'un Musk ou un Bezos,
- 26:18mais qu'ils rêvent d'autre chose,
- 26:19en fait ?
- 26:21C'est une question de santé publique,
- 26:22pour moi.
- 26:23C'est qu'en fait,
- 26:24si on commence à s'éduquer à ça,
- 26:26à se désintoxiquer du culte de la performance,
- 26:28de la dérive sectaire de la performance,
- 26:31si on commence à sortir,
- 26:32à faire cette déprise sectaire,
- 26:34alors là,
- 26:35non seulement on va sortir de l'éco-anxiété,
- 26:37parce que l'éco-anxiété,
- 26:38pourquoi on est anxieux par rapport à l'écologie ?
- 26:39C'est parce qu'on pense que la performance va nous sauver.
- 26:41On voit bien que la performance,
- 26:42ça brûle tout le monde,
- 26:43ça épuise tout le monde.
- 26:44Et si c'est la performance à solution,
- 26:45on voit bien qu'il y a une dissonance.
- 26:46Ça ne marche pas,
- 26:47ce n'est pas possible.
- 26:48Donc si on se dit qu'il faut sortir de ça,
- 26:49on ne va pas s'épuiser à faire de la performance,
- 26:51on va plutôt nourrir la robustesse,
- 26:53plurielle,
- 26:54avec d'autres,
- 26:55avec les non-humains.
- 26:56Là,
- 26:56il y a un sujet énorme de santé publique.
- 26:59Il y a une épidémie de dépression chez les jeunes,
- 27:00et chez d'autres d'ailleurs,
- 27:01mais notamment chez les jeunes.
- 27:03Il faut absolument avoir un discours mobilisant sur ce qui vient.
- 27:05mais c'est même pas pour faire un...
- 27:08inventer un monde tourose.
- 27:09C'est juste que c'est comme ça qu'on va vivre dans ce monde fluctuant.
- 27:11Et c'est un monde plus intéressant,
- 27:13plus engageant.
- 27:14Qui donne peut-être plus envie par rapport à tout ce qu'on voit à l'heure actuelle.
- 27:18Alors là,
- 27:19il y a une série de plusieurs questions sur le rapport à l'écoute et au déni par rapport à tout ça.
- 27:25La première,
- 27:26c'est est-ce que les constats que tu partages,
- 27:29tu as l'impression qu'ils sont entendus ?
- 27:31À quel niveau ?
- 27:32Est-ce que c'est au niveau des États ?
- 27:33Donc France,
- 27:34Belgique ?
- 27:35Est-ce que c'est au niveau européen,
- 27:36peut-être ?
- 27:37ou même au niveau mondial,
- 27:38comment tout ça est reçu ?
- 27:40Et est-ce que c'est reçu ?
- 27:41Ou est-ce que justement,
- 27:42plutôt,
- 27:42les gens font oui,
- 27:44enfin non ?
- 27:47Alors le retour comme ça,
- 27:48la dénie,
- 27:49un petit peu,
- 27:50voire même un peu condescendant,
- 27:51ça c'est le retour que j'avais avant la crise Covid.
- 27:54D'accord.
- 27:54Il y a vraiment eu un effet.
- 27:55La crise Covid a matérialisé le monde fluctuant.
- 27:58Le monde s'est arrêté quand même.
- 27:59Donc ça a permis de montrer que oui,
- 28:01c'était possible d'avoir une rupture systémique.
- 28:03Et donc là,
- 28:03on peut très bien imaginer qu'une prochaine rupture,
- 28:05ce sera pas d'Internet pendant six mois sur la planète entière.
- 28:08C'est l'Ukraine,
- 28:09c'est les tarifs douaniers de Trump,
- 28:11les fluctuations arrivent à la pelle.
- 28:14Depuis le Covid,
- 28:16ces histoires de robustesse,
- 28:17là,
- 28:17ça prend beaucoup plus.
- 28:19En fait,
- 28:19il n'y a pas tellement de déni,
- 28:21je ne pense pas.
- 28:22Enfin,
- 28:22il y a certainement du déni,
- 28:23mais c'est très minoritaire.
- 28:24Les entrepreneurs,
- 28:25les associations,
- 28:26les métropoles,
- 28:27les régions que je vois,
- 28:29les politiques.
- 28:30ils le voient le monde fluctuant,
- 28:31mais c'est souvent au niveau territorial,
- 28:32en fait plus on est haut dans la pyramide donc plus on a un matelas financier moins on voit les fluctuations parce qu'on est protégé par le matelas financier et donc plus on est aveugle à ces fluctuations où on ne veut pas les voir il y a un peu des deux,
- 28:45donc en fait je suis assez confiant sur le fait que le déni ça va durer qu'un certain temps parce que les fluctuations arrivent et donc ça sera vraiment impossible de ne pas les voir,
- 28:52et donc ceux qui répondent en effet c'est plutôt au niveau territorial des petites
- 28:57plus petites et moyennes entreprises et donc la Wallonie,
- 29:01l'administration de la Wallonie a bien répondu sur un robustesse.
- 29:03Pour moi,
- 29:04c'est la plus grande région qui a inscrit ça dans sa raison d'être.
- 29:07Tu le disais,
- 29:07c'est pour l'objectif 2030,
- 29:09c'est d'ici 5 ans.
- 29:105 ans,
- 29:10ce n'est pas énorme à l'échelle de ce dont on parle,
- 29:12donc on pourra peut-être voir des effets justement de comment ils ont intégré ça et comment ils se sont appropriés le concept.
- 29:18C'est super intéressant.
- 29:18Et puis,
- 29:19ça permet aussi de voir que ce n'est pas une page blanche,
- 29:21la robustesse.
- 29:22Notamment en Wallonie,
- 29:23il y a déjà énormément d'associations,
- 29:25de villes,
- 29:27d'entreprises qui font déjà de la robustesse,
- 29:28mais sans forcément le dire.
- 29:30Donc là,
- 29:30ça va plutôt faire un territoire école,
- 29:32tous ces projets qu'on se parlait.
- 29:33C'est super positif.
- 29:34de se dire que notre région a peut-être un pas d'avance là-dessus pour espérer changer.
- 29:39Comment tu penses que ça va se passer ?
- 29:41Parce que comme tu l'as dit,
- 29:42plus t'es haut dans la pyramide,
- 29:43moins tu vois les fluctuations,
- 29:44donc plus t'as tendance à dire « je vois pas pourquoi on changerait » .
- 29:47Comment ça va se passer entre ceux qui sont convaincus qu'il faut changer et qui vont mettre des choses en place pour changer,
- 29:52et ceux qui sont convaincus qu'il ne faut pas changer et qui donc vont empêcher qu'on mette des choses en place pour changer ?
- 29:57Oui.
- 29:58Il y aura des grands moments de solitude,
- 30:00mais des deux côtés.
- 30:02Nous,
- 30:02en France,
- 30:02on a eu la loi du plomb,
- 30:03par exemple.
- 30:04Oui,
- 30:04tout à fait,
- 30:04avec un gros débat.
- 30:06Donc,
- 30:06le gros moment de solitude du côté écolo.
- 30:08Mais le moment de solitude s'est inversé,
- 30:10parce que quand il y a eu plus de 2 millions de citoyens qui ont dit « Non,
- 30:14la loi du plomb,
- 30:14ça ne va pas du tout,
- 30:15les pesticides,
- 30:16vous êtes en train de vous intoxiquer. »
- 30:17Et donc,
- 30:18le Conseil constitutionnel a dit « Non,
- 30:20finalement,
- 30:20ça,
- 30:20on ne va pas la laisser passer. »
- 30:21Enfin,
- 30:22en tout cas,
- 30:22ils n'ont pas laissé passer certains pesticides.
- 30:24Là,
- 30:24le moment de solitude est pour tous les députés qui ont voté.
- 30:27pour la loi du plan,
- 30:27parce que maintenant,
- 30:28ils ont été pris la main dans le sac à vouloir intoxiquer les Français.
- 30:31Et donc,
- 30:31en fait,
- 30:32moi,
- 30:32ce que j'imagine,
- 30:33c'est que ça va vraiment partir des territoires,
- 30:36il y aura de plus en plus de robustesse,
- 30:37et puis,
- 30:37il y a un jour,
- 30:38quelqu'un qui sera au pouvoir,
- 30:39donc au sommet de la pyramide,
- 30:40qui va faire un discours complètement délirant sur la performance,
- 30:44et il va être tout seul,
- 30:45il n'y a personne qui va l'applaudir,
- 30:46parce que,
- 30:46dans la salle,
- 30:47tout le monde aura basculé,
- 30:48culturellement.
- 30:49C'est comme si un homme politique,
- 30:51aujourd'hui,
- 30:52dirait qu'il ne faut surtout pas la parité entre les hommes et les femmes.
- 30:55Un homme politique qui fait ça,
- 30:56il est mort politiquement.
- 30:58Il y a un jour,
- 30:58on aura la même chose,
- 30:59un homme politique,
- 31:00je dis un homme parce qu'en général c'est souvent des hommes,
- 31:03qui va dire,
- 31:04il faut augmenter les performances ou ça.
- 31:06Alors aujourd'hui ça passe encore,
- 31:07mais dans 5-10 ans,
- 31:09quelqu'un qui fait ça,
- 31:09on va dire,
- 31:10mais mon gars,
- 31:11t'as rien compris là,
- 31:11t'es encore dans les années 60.
- 31:14Une espèce aussi de question qui reste toujours en suspens,
- 31:17qui est de se dire,
- 31:17oui mais est-ce qu'au moment où ça se produira de cette façon-là,
- 31:20ce ne sera pas trop tard ?
- 31:22Alors je vais presque envisager qu'il est trop tard pour être pessimiste.
- 31:25D'accord,
- 31:26ça c'est dit.
- 31:28En fait,
- 31:29maintenant,
- 31:29c'est maintenant et ce maintenant court.
- 31:32C'est maintenant qu'il faut s'y mettre et dans cinq ans,
- 31:33je dirais,
- 31:33c'est encore maintenant qu'il faut s'y mettre.
- 31:35C'est qu'en fait,
- 31:35chaque incrément culturel,
- 31:38chaque pas qu'on fait de plus vers la robustesse,
- 31:41on sauve des vies humaines et non humaines.
- 31:43Donc en fait,
- 31:43il n'y a vraiment rien à perdre et surtout,
- 31:45c'est plus joyeux.
- 31:46On quitte l'autoroute.
- 31:48Et d'ailleurs,
- 31:48tu parlais de la loi du plomb,
- 31:49je lisais quelque chose puisque...
- 31:51A priori,
- 31:52la partie pesticide a été enlevée,
- 31:53mais le reste de la loi du plomb est passé.
- 31:56Et je lisais une phrase qui,
- 31:57moi,
- 31:57m'a assez percuté,
- 31:58c'est « On ne peut pas parler de victoire quand on nous dit qu'on va nous couper une main,
- 32:02on finit par nous couper un doigt » .
- 32:03Bien sûr,
- 32:03bien sûr.
- 32:04Je ne vais pas enjoliver,
- 32:06je suis tout à fait d'accord.
- 32:06Les mégabacines,
- 32:07par exemple,
- 32:07elles sont encore passées.
- 32:08Oui,
- 32:08tout à fait.
- 32:09Donc là,
- 32:09il y a du travail.
- 32:10De toute façon,
- 32:11on est en chemin là.
- 32:12Mais la petite friction qui s'est passée là,
- 32:14je trouve qu'elle est vraiment très intéressante.
- 32:16Elle est très significative,
- 32:16exactement.
- 32:17Alors maintenant,
- 32:18on va passer plutôt dans des questions liées aux entreprises,
- 32:20parce que automatiquement,
- 32:22il y a des entrepreneurs et des patrons d'entreprise dans la salle lors de la conférence.
- 32:27Et la personne se demandait,
- 32:28mais au sein d'une entreprise,
- 32:30comment on peut prôner,
- 32:31comment on peut mettre en pratique la robustesse,
- 32:34alors que jusqu'ici,
- 32:35on n'a que la performance comme indicateur.
- 32:38Je pense notamment aux objectifs individuels des employés,
- 32:41aux attentes de résultats des actionnaires,
- 32:43comment être l'oiseau qui initie le changement.
- 32:45Oui,
- 32:46alors c'est vrai que pour une entreprise,
- 32:47l'objectif,
- 32:48c'est quand même de,
- 32:49si on veut aller vers la robustesse,
- 32:50ça veut dire que typiquement,
- 32:51l'intéressement,
- 32:51il est plus individuel,
- 32:52il est collectif,
- 32:53s'il y en a un,
- 32:54l'intéressement.
- 32:55On a des profils qui sont plutôt plus polyvalents,
- 32:57il y a une diversité des activités.
- 32:59Enfin,
- 32:59on a un lien au territoire,
- 33:00on a un lien à la biodiversité du territoire.
- 33:02Donc,
- 33:02c'est tout,
- 33:02ça devrait ressembler à ça,
- 33:03une entreprise robuste dans le futur.
- 33:05Donc,
- 33:05comment on fait pour arriver à ça ?
- 33:07Si on a la chance d'avoir un PDG,
- 33:10un patron qui est très éclairé sur ces sujets-là et qui est très volontaire,
- 33:13Alors là,
- 33:13c'est super parce que du coup,
- 33:15là,
- 33:16on rentre dans l'histoire.
- 33:17C'est vraiment le patron qui non seulement change son entreprise,
- 33:19mais qui va changer les autres entreprises parce qu'il va faire école.
- 33:21Il va démontrer sa robustesse et là,
- 33:23c'est extraordinaire.
- 33:24Ça fait vraiment un modèle.
- 33:25Peut-être qu'il aura des problèmes pour se faire financer au départ,
- 33:27mais par contre,
- 33:28dans le monde fluctuant qui vient,
- 33:29c'est lui qu'on va chercher après parce que c'est un investissement aussi pour soi.
- 33:33Par contre,
- 33:34le cas général,
- 33:35ce n'est peut-être pas ça.
- 33:36C'est peut-être que parfois,
- 33:37on a un patron qui est ouvert à ces questions-là,
- 33:39mais qui n'est peut-être quand même pas prêt à prendre le risque parce qu'il voit plutôt ça comme un risque.
- 33:42de baisser en performance parce qu'il risque de planter sa boîte,
- 33:46il a 400 salariés,
- 33:47il n'a pas envie de les mettre sur le carreau.
- 33:48En fait,
- 33:48il y a plein de bonnes raisons qui font qu'on ne veut pas forcément prendre des risques.
- 33:51Alors,
- 33:51dans ces cas-là,
- 33:52une autre approche,
- 33:53c'est de peut-être être moins ambitieux,
- 33:54de dire,
- 33:54on ne va peut-être pas changer toute l'entreprise,
- 33:57on va faire un projet pilote ou un petit projet,
- 34:00un atelier de réparation,
- 34:01une partie peut-être formation des choses où on met un pied dans la robustesse
- 34:06Et ça peut être sur des sujets très anecdotiques.
- 34:07Ça peut être,
- 34:08par exemple,
- 34:09changer le gazon qu'il y a sur le foncier en une prairie avec de la biodiversité.
- 34:12Il n'y a pas d'enjeu financier très fort.
- 34:15Mais par contre,
- 34:16ce petit groupe-là,
- 34:17qui va coopérer pour faire ce projet-là,
- 34:19en fait,
- 34:20il va pratiquer une forme de robustesse,
- 34:21il va s'approprier,
- 34:23il va s'acculturer à la robustesse.
- 34:24Le jour où il y a une fluctuation,
- 34:25c'est ce collectif-là qu'on va aller voir.
- 34:27et qui va avoir plein d'idées pour revoir le modèle économique de l'entreprise.
- 34:30Et donc ça,
- 34:31c'est un premier,
- 34:31ça peut être des leviers comme ça périphériques.
- 34:34L'impression que j'ai aussi,
- 34:35après dis-moi si je me trompe,
- 34:36n'hésite pas,
- 34:37c'est le management dans les entreprises a aussi de l'importance dans toute cette équation.
- 34:42Je n'ai pas fait une étude statistique pour le démontrer,
- 34:45c'est plus en consultant et en voyant ces entreprises qui essaient de devenir des entreprises régénératives.
- 34:50Généralement,
- 34:51c'est des entreprises qui ont fait de gros changements de management il y a 10 ou 15 ans,
- 34:55ont complètement...
- 34:56penser le modèle pyramidal en quelque chose de différent,
- 34:59où les gens ont plus droit à la parole,
- 35:01ont plus de place dans l'entreprise,
- 35:03et qui,
- 35:04de par ce fait-là,
- 35:05ont fini par être conscients des questions liées aux enjeux socio-écologiques.
- 35:08Tout à fait d'accord.
- 35:09En fait,
- 35:09un patron dans une entreprise,
- 35:11ou la direction d'une entreprise,
- 35:12si on veut aller vers la robustesse,
- 35:14la première chose à réaliser,
- 35:15c'est qu'il faut désinhiber son collectif.
- 35:17Il ne faut pas imaginer que si le patron,
- 35:20par exemple,
- 35:20est convaincu qu'il veut rendre son entreprise plus robuste,
- 35:23s'il ne dit rien...
- 35:24son collectif n'a aucune raison de penser que c'est ça qu'il faut faire parce qu'en fait on est tous dans la soupe de la performance et donc on a tous été embrigadés dans ce truc là et donc on va pas sortir des rails de la performance donc il faut vraiment le dire matin midi et soir donc vraiment désintoxiquer et donc ça en effet ça demande une vraie faut
- 35:41assumer quoi voilà ce truc là et là pour le coup c'est un vrai rôle de direction un vrai rôle de gouvernance d'y aller à fond et là vraiment à titre personnel moi un livre qui m'a beaucoup inspiré par rapport à ça c'est corporate rebels
- 35:52où en fait,
- 35:52c'est deux Néerlandais qui voyagent à travers le monde et qui vont voir des entreprises qui fonctionnent différemment.
- 35:59Ils ne disent pas comment ils font,
- 36:00ils disent juste,
- 36:01voilà,
- 36:01moi j'ai vu ça,
- 36:02ça c'était super intéressant,
- 36:03donc c'est très facile à lire,
- 36:04c'est inspirant.
- 36:05Et donc le conseil que,
- 36:07si la personne qui a posé cette question nous écoute,
- 36:08le conseil que je donnerais,
- 36:09c'est peut-être aussi essayer de trouver,
- 36:11dans son environnement géographique,
- 36:13des entreprises qui ont peut-être déjà un peu basculé et qui ont mis des choses en place pour aller s'inspirer.
- 36:17pour aller discuter,
- 36:18parce que généralement,
- 36:19les entreprises qui ont mis des choses en place,
- 36:20étant donné qu'elles ont intégré ces enjeux,
- 36:23elles sont là pour partager aussi,
- 36:24en fait.
- 36:25Absolument,
- 36:26c'est très symbolique de ces entreprises qui sont avisées robustes.
- 36:28En général,
- 36:29c'est arborescent.
- 36:30En fait,
- 36:30on ne s'arrête plus.
- 36:31Une fois qu'on a mis le pied dedans,
- 36:33c'est tellement joyeux et ça déborde,
- 36:35en effet,
- 36:35donc on fait plein d'interactions.
- 36:36Dans la conférence,
- 36:37tu dis quelque chose qui,
- 36:39je pense,
- 36:39a perturbé plus d'une personne dans la salle.
- 36:41Tu dis que certaines entreprises robustes...
- 36:45ont décidé de virer des clients trop performants.
- 36:49Est-ce que tu peux détailler un petit peu plus ça ?
- 36:51Pourquoi en fait il faut virer un client qui est trop performant quand on essaie de devenir robuste ?
- 36:56C'est vrai que ça va complètement à contre-mario des écoles de commerce,
- 36:59de ce qu'on enseigne dans les écoles de commerce.
- 37:00Alors pourquoi virer un client ?
- 37:01Un client très performant,
- 37:03c'est un client qui est très exigeant,
- 37:04mais qui est trop exigeant,
- 37:06c'est-à-dire qu'il va demander des délais trop courts,
- 37:08des prix trop bas,
- 37:09enfin plein de choses qui ne sont pas tenables.
- 37:11Qu'est-ce qui se passe quand on garde ces clients-là ?
- 37:13Parce qu'en général,
- 37:14c'est des bons clients dans le sens,
- 37:15c'est une grosse fenêtre,
- 37:17c'est une grosse enveloppe.
- 37:18Donc,
- 37:18c'est difficile de s'en débarrasser parce que c'est compliqué.
- 37:21On se dit,
- 37:21ben non,
- 37:21là,
- 37:21c'est un super client.
- 37:22Mais par contre,
- 37:23il m'en demande beaucoup trop.
- 37:24Pourquoi il faut s'en débarrasser ?
- 37:25Parce que ces clients-là,
- 37:26en fait,
- 37:27ils sont positifs quand le monde est stable et abondant en ressources.
- 37:30C'est toujours pareil,
- 37:31il n'y a pas de grains de sable.
- 37:31S'il n'y a pas de grains de sable,
- 37:32on peut se permettre d'être un tout petit peu,
- 37:35d'avoir des coups de bourre pour satisfaire ce client-là.
- 37:41toute son entreprise.
- 37:42Donc,
- 37:42on va faire des accidents du travail.
- 37:44Donc,
- 37:44on va faire des problèmes de pollution aussi.
- 37:46Ce n'est pas forcément lié,
- 37:48mais ça va aussi faire des pollutions.
- 37:50Donc,
- 37:50des problèmes de public relation.
- 37:52Il va y avoir des effets dans la presse,
- 37:54dans les médias.
- 37:55Il va y avoir de la diffamation,
- 37:56etc.
- 37:56Et donc,
- 37:57en fait,
- 37:57ça devient...
- 37:58C'est une horreur.
- 37:59Et ça,
- 37:59c'est quoi ?
- 38:00C'est un client performant qui devient contaminant.
- 38:03C'est qu'un client très performant va contaminer la boîte.
- 38:06Et donc,
- 38:06quand ça devient fluctuant,
- 38:07Il faut vraiment faire un état des lieux et se dire,
- 38:10ces clients-là,
- 38:10ils rapportent beaucoup,
- 38:12mais en fait,
- 38:12qu'est-ce qu'ils rapportent ?
- 38:13Ils rapportent du cash à court terme,
- 38:15mais tellement de tensions à long terme que ce ne sera pas tenable,
- 38:18ce ne sera pas durable.
- 38:18Il y a des exemples.
- 38:19L'exemple que je prends souvent,
- 38:20c'est Nexens,
- 38:21Christopher Guérin,
- 38:22boîte du CAC 40 en France,
- 38:24qui avait
- 38:2517 000 clients en 2018 et qui en a viré 13 000 sur des critères socio-écologiques.
- 38:30C'est quand même énorme et c'est un vrai choix.
- 38:33Un peu en parallèle,
- 38:34Quelque chose qui va dans ce sens-là,
- 38:35c'est Mustela qui décide d'arrêter de fabriquer d'ici 2027 des lingettes pour nettoyer le pet des bébés parce que pour eux,
- 38:43au niveau écologique,
- 38:45ça devient un non-sens.
- 38:46Et donc,
- 38:47ils savent qu'ils ont des clients,
- 38:48ils savent que c'est une part significative de leur chiffre d'affaires,
- 38:50mais ils décident d'y renoncer avec un plan qui leur permet d'aller de 2025 à 2027 pour le faire.
- 38:56Oui,
- 38:56exactement.
- 38:57Et ils le font de façon assez intelligente parce que ce n'est pas juste sans le dire.
- 39:00En fait,
- 39:00ils en font un levier marketing.
- 39:02Tout à fait.
- 39:02Ils vont sur tous les tableaux.
- 39:05D'ailleurs,
- 39:06cher auditeur,
- 39:07cher auditrice,
- 39:07si tu veux vraiment comprendre la tension dont on parle,
- 39:10je t'invite à regarder l'interview de la...
- 39:13Je pense que c'est la présidente,
- 39:13je ne sais pas si c'est ce statut-là qu'elle a,
- 39:15mais de Mustela,
- 39:16sur le plateau de BFM TV.
- 39:18C'est incroyable parce que tu vois la journaliste de BFM qui est vraiment dans la partie économique de BFM qui ne comprend pas ce qu'elle est en train de raconter.
- 39:25Tu le vois sur son visage.
- 39:27C'est assez fou.
- 39:28Elle est très bien,
- 39:28cette interview.
- 39:31Alors ici,
- 39:31on va passer dans un groupe de questions qui sont interconnectées par le fait qu'ils s'appliquent à plein de contextes différents.
- 39:37Donc c'est un peu le pot pourri de questions,
- 39:39je vais dire,
- 39:41mais qui est aussi intéressant.
- 39:42C'est d'abord comment on peut intégrer tous ces principes biologiques ?
- 39:46que tu nous partages aux études d'architecture ?
- 39:49Alors pour l'architecture,
- 39:50les architectes sont très friands de robustesse.
- 39:52J'ai beaucoup d'interactions avec les architectes.
- 39:54Il y avait un numéro spécial d'ailleurs d'architecture,
- 39:57la D'architecture sur la robustesse,
- 39:59donc ils sont à mon avis bien au courant.
- 40:01Parce que la robustesse,
- 40:02ça vient quand même beaucoup de la physique et de la mécanique.
- 40:04Et donc quand on fait de l'architecture,
- 40:05en général,
- 40:05c'est aussi des questions qu'on se pose.
- 40:07Dans l'architecture,
- 40:07il y a plein de choses à imaginer,
- 40:08alors c'est là où il ne faut pas s'arrêter juste à la mécanique à avoir des...
- 40:11Prendre plus de marge de manœuvre,
- 40:12par exemple,
- 40:13ça serait de la mécanique.
- 40:14C'est-à-dire,
- 40:14avec les tempêtes qui viennent,
- 40:15on ne va pas faire les mêmes constructions,
- 40:17elles ne sont peut-être pas aussi hautes qu'avant.
- 40:19S'il y a des migains et inondations,
- 40:20on va plutôt faire des maisons amphibies,
- 40:22des choses comme ça.
- 40:23Donc,
- 40:23imaginer des espaces plus versatiles.
- 40:26Mais les marges de manœuvre,
- 40:27c'est aussi autre chose.
- 40:28C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
- 40:30quand on fait des appartements,
- 40:31ils sont à 2,50 mètres de hauteur.
- 40:332,50 mètres de hauteur,
- 40:35c'est trop faible.
- 40:36Si on va avoir des canicules à l'avenir,
- 40:38il faut une...
- 40:39plus grande hauteur sous plafond pour pouvoir brasser de l'air entre 2,50 m et 2,80 m,
- 40:43par exemple.
- 40:43Donc,
- 40:44il faut rajouter 30 cm.
- 40:45Faire des appartements traversants,
- 40:47évidemment.
- 40:47Donc,
- 40:47c'est toutes ces questions-là.
- 40:48En fait,
- 40:49ça a ajouté des marges de manœuvre,
- 40:50donc c'est moins performant.
- 40:51C'est-à-dire que ça demande...
- 40:53On a plus de contraintes.
- 40:54Mais par contre,
- 40:54c'est plus robuste parce qu'on a des appartements qui sont plus flexibles.
- 40:57Mais ça ne s'arrête pas là.
- 40:58C'est qu'en fait,
- 40:58l'architecte robuste du futur,
- 41:00c'est quelqu'un qui va beaucoup se rapprocher des urbanistes.
- 41:04Les urbanistes,
- 41:04très souvent,
- 41:05ont une vision plus systémique des choses.
- 41:07C'est-à-dire qu'ils ne voient pas juste le logement,
- 41:08évidemment,
- 41:08enfin les architectes aussi,
- 41:10mais encore plus,
- 41:11j'ai envie de dire,
- 41:11ils le voient dans l'environnement.
- 41:13Et même,
- 41:13j'ai envie de dire,
- 41:14c'est aussi,
- 41:15ils vont se rapprocher des ergonomes.
- 41:17Des ergonomes qui,
- 41:17souvent,
- 41:18aussi,
- 41:18ont une vision plus systémique des choses.
- 41:20Et donc,
- 41:20en fait,
- 41:20ça veut dire que l'architecte robuste du futur,
- 41:22c'est un architecte systémique.
- 41:24Donc,
- 41:24il voit les choses plus loin,
- 41:26plus large,
- 41:27avec des interactions,
- 41:27avec la biodiversité cultivée sur le toit et tout ça.
- 41:30Et donc,
- 41:30il forme certaines...
- 41:31Ce n'est plus l'architecte seul,
- 41:32encore une fois,
- 41:33ça rejoint ce que tu disais à d'autres moments.
- 41:35C'est l'architecte avec plein d'autres corps de métier qui discutent ensemble d'un problème unique ou multiple.
- 41:40Exactement.
- 41:42Une question qui va concerner directement l'université.
- 41:45La personne disait,
- 41:46à quand une université robuste ?
- 41:48Je pousserai la question plus loin.
- 41:49C'est comment faire d'une université,
- 41:52une université robuste ?
- 41:54L'université robuste,
- 41:55c'est une diversité,
- 41:57sans vouloir jouer sur les mots.
- 41:59Il y a déjà ça dans l'université,
- 42:00il y a déjà beaucoup de diversité dans l'université.
- 42:02À mon avis,
- 42:02c'est une université où on revient un petit peu à la philosophie.
- 42:06Une université,
- 42:07c'est un endroit où surtout on pose des questions et on ne cherche pas nécessairement des réponses.
- 42:11Avec la professionnalisation,
- 42:14les écoles d'ingénieurs,
- 42:14etc.,
- 42:16bien souvent,
- 42:17il y a un biais à utiliser la méthode scientifique de façon un petit peu aride,
- 42:21observation,
- 42:22raisonnement,
- 42:22conclusion,
- 42:23et donc on utilise la méthode scientifique pour avoir des réponses.
- 42:26Dans l'université,
- 42:27ce serait finalement plus proche de l'approche artistique,
- 42:30où le but,
- 42:31c'est d'arriver à des questions.
- 42:32Donc,
- 42:32c'est une approche philosophique.
- 42:34C'est observation,
- 42:34raisonnement,
- 42:35questions.
- 42:36Et donc,
- 42:36se poser des questions,
- 42:37questionner les questions,
- 42:38faire passer des tests de robustesse sur les projets.
- 42:40Et donc,
- 42:40là,
- 42:40il y a beaucoup de discussions,
- 42:41beaucoup de dialogues.
- 42:42Et donc,
- 42:42c'est des professeurs qui ne viennent plus avec des réponses,
- 42:44mais c'est des profs qui viennent avec des questions.
- 42:46Et donc,
- 42:46c'est beaucoup plus de classe inversée,
- 42:48de pédagogie active,
- 42:49école du dehors.
- 42:50Et c'est plutôt ça,
- 42:52l'université robuste du futur.
- 42:53Pas de maintenant,
- 42:54en fait.
- 42:54Ce qui est intéressant,
- 42:55si tu parles d'école du dehors,
- 42:56c'est concrètement connecté à la question suivante,
- 42:59qui est de se dire,
- 43:00mais on a plein de modèles alternatifs d'enseignement qui existent.
- 43:04On parle des écoles du dehors,
- 43:05des écoles démocratiques,
- 43:07etc.
- 43:08Mais pourtant,
- 43:08tous ces modèles sont mis à mal,
- 43:10en fait,
- 43:10par nos gouvernements,
- 43:11que ce soit en France,
- 43:12en Belgique ou ailleurs.
- 43:14Et donc,
- 43:14comment on concilie ça avec cette robustesse,
- 43:17alors que justement,
- 43:18on est dans une culture de la performance dans l'enseignement et de la normalisation ?
- 43:22J'aimerais qu'on parle de cette normalisation aussi.
- 43:24Ensuite.
- 43:25Bien sûr.
- 43:26En fait,
- 43:27la première chose à dire,
- 43:28c'est qu'il ne s'agit pas de modèles alternatifs,
- 43:30ce sont des modèles complémentaires.
- 43:33Si on passe de l'alternatif au complémentaire,
- 43:34parce que si on reste dans le modèle alternatif,
- 43:36ça veut dire qu'on les oppose.
- 43:37C'est comme la médecine,
- 43:38d'ailleurs.
- 43:39Médecine alternative,
- 43:39en fait,
- 43:40on oppose.
- 43:40Alors,
- 43:40si on pense en modèle complémentaire,
- 43:42ça veut dire qu'en fait,
- 43:43on ne va pas abandonner l'école un peu ancienne,
- 43:46descendante,
- 43:46etc.
- 43:46parce que ça convient à certains élèves.
- 43:49Très bien.
- 43:49mais par contre c'est une minorité et ce modèle
- 43:51malheureusement c'est le modèle dominant dans l'éducation notamment en France,
- 43:54peut-être un peu moins en Belgique mais beaucoup en France ça reste le modèle dominant et donc comment on fait ?
- 43:59c'est juste accepter,
- 44:00c'est comme en médecine que tout ne fonctionne pas et que les élèves,
- 44:04certains vont bien mieux répondre à une école Montessori à une école Stromberg en Finlande et puis d'autres qui vont bien répondre à une école bien descendante où on est rassuré parce qu'il y a du contrôle en fait c'est accepter une part de non contrôle une
- 44:19part d'hétérogénéité
- 44:21et donc en effet de déstandardisation,
- 44:23de dénormalisation de l'éducation.
- 44:26Jules Ferry en France,
- 44:27c'est ça qui est terrible,
- 44:28quand il disait à cette heure-ci,
- 44:29je sais que tous les élèves français sont en train d'apprendre une leçon de français.
- 44:34C'était dingue,
- 44:35c'était standardisé au point que même l'agenda était standardisé de façon nationale.
- 44:40Heureusement,
- 44:40il va falloir sortir de ça.
- 44:41Et on en sort progressivement,
- 44:43mais la Finlande est bien plus avancée que la France ou la Belgique d'ailleurs.
- 44:47Et donc quand tu parles de...
- 44:49complémentarité,
- 44:51c'est subventionner tous les modèles différents et pas juste un modèle d'enseignement,
- 44:57on est d'accord ?
- 44:57C'est ça que tu fais derrière ?
- 44:58Exactement.
- 45:00Cette normalisation,
- 45:01je voudrais y revenir parce que en regardant la conférence sur Youtube que tu as fait à Lumonce,
- 45:05je me disais que justement,
- 45:07un des gros points faibles de notre société qui se veut performante,
- 45:10c'est la normalisation,
- 45:11c'est-à-dire que pour être sûr que tout le monde est performant de la même façon,
- 45:14on a créé des normes,
- 45:15par exemple les normes ISO.
- 45:17pour être certain que tout était fait de la même façon,
- 45:19alors que ce n'est pas parce que c'est fait d'une façon différente que c'est moins bien fait.
- 45:22Il faut bien sûr pouvoir quantifier le processus,
- 45:25vérifier s'il est de qualité,
- 45:27etc.
- 45:27On ne peut pas faire n'importe quoi,
- 45:28ce n'est pas mon propos non plus,
- 45:30mais ce n'est pas pour ça qu'il faut automatiquement le faire que d'une seule façon.
- 45:32Comment tu te positionnes par rapport à ça,
- 45:33par rapport à ton discours ?
- 45:35Oui,
- 45:35c'est exactement ça.
- 45:36C'est une inversion.
- 45:37Dans le monde de la performance,
- 45:39on met beaucoup l'accent sur le règlement et les normes.
- 45:41C'est ça qui écrase tout.
- 45:43Et donc,
- 45:43ça inhibe la créativité aussi.
- 45:45Parce que quand on a
- 45:463000 règles,
- 45:47on sait que quoi qu'on fasse,
- 45:48il va falloir rentrer dans des cases.
- 45:49Et donc,
- 45:50du coup,
- 45:50on fait du moins 10 ans.
- 45:51On va essayer surtout de respecter les règles.
- 45:53Et puis,
- 45:54en deuxième,
- 45:55c'est la raison d'être.
- 45:56Pourquoi on le fait ?
- 45:57La raison d'être,
- 45:58c'est en général 4 ou 5 principes,
- 46:005-6 principes très généraux,
- 46:01mais par contre,
- 46:02qui sont très forts d'un point de vue...
- 46:04philosophiques,
- 46:05d'aspiration,
- 46:06etc.,
- 46:06des principes sociaux,
- 46:07écologiques,
- 46:08etc.
- 46:08Donc là,
- 46:09c'est le monde de la performance,
- 46:10le règlement écrase la raison d'être.
- 46:12Dans le monde de la robustesse,
- 46:13c'est l'inverse.
- 46:14On met d'abord la raison d'être,
- 46:16c'est le primat et donner la raison d'être,
- 46:17les grands principes sociaux,
- 46:19écologiques,
- 46:20de gouvernance,
- 46:21de démocratie,
- 46:22etc.
- 46:22Donc on met ça d'abord,
- 46:24et là,
- 46:24ça laisse beaucoup de liberté,
- 46:26beaucoup de créativité,
- 46:27parce qu'il y a moins de cadre,
- 46:28il y a du flou.
- 46:30C'est plus lâche comme grand principe.
- 46:32Et puis,
- 46:32une fois qu'on a bien participé,
- 46:33parce que ça demande beaucoup d'échanges,
- 46:35évidemment,
- 46:35donc c'est plutôt typiquement l'architecture participative,
- 46:38l'éducation participative,
- 46:39au bout d'un moment,
- 46:41quand on commence à converger vers un projet qui se tient,
- 46:43c'est uniquement à ce moment-là qu'on va commencer à se poser la question du règlement.
- 46:47Donc les normes sont toujours là,
- 46:48mais elles sont à la seconde place.
- 46:50Et si jamais le règlement,
- 46:52avec quelques ajustements,
- 46:53permet le projet,
- 46:53tout va bien.
- 46:54Si jamais dans le règlement,
- 46:56ça frotte,
- 46:57et bien là,
- 46:57on se pose la question de changer le règlement.
- 47:00Et donc,
- 47:00en fait,
- 47:00la raison d'être prend le pouvoir sur le règlement.
- 47:02Et là,
- 47:03on est bien.
- 47:03Il y a du taf.
- 47:04D'accord.
- 47:08Mais il y a quand même,
- 47:09juste pour l'illustrer avec les entreprises,
- 47:11les labels ISO et compagnie.
- 47:13Alors,
- 47:13il y a des choses très bien dans le tas.
- 47:15Mais en effet,
- 47:15ça peut juste dire,
- 47:16j'ai juste fait le moins dix ans,
- 47:18je rentre dans la case.
- 47:18Et puis,
- 47:19les entreprises à mission,
- 47:21c'est l'inverse.
- 47:22C'est la raison d'être vient en premier.
- 47:24Et c'est eux qui décident de leur raison d'être.
- 47:25Et c'est eux-mêmes qui se disent,
- 47:27est-ce qu'on a bien suivi notre raison d'être ?
- 47:28Donc,
- 47:28le règlement vient en second.
- 47:29Alors,
- 47:29je n'ai pas suivi ce qui se passe en Belgique par rapport à ça.
- 47:32Je sais qu'en France,
- 47:33c'est vraiment devenu,
- 47:34les entreprises à mission,
- 47:35quelque chose dans le règlement,
- 47:37donc dans la loi,
- 47:38où quand on prend ce statut d'entreprise à mission,
- 47:41on a toutes des choses à respecter.
- 47:42Et entre autres,
- 47:43clairement définir sa mission,
- 47:44sa raison d'être,
- 47:45qu'elle prime sur le reste,
- 47:46etc.
- 47:46Je n'ai pas l'impression qu'en Belgique,
- 47:48on y soit encore.
- 47:49Mais voilà,
- 47:50à vérifier peut-être.
- 47:52Je ne me connais pas non plus.
- 47:54Alors,
- 47:54la personne suivante se demandait,
- 47:56mais comment on fait pour désoptimiser le nucléaire civil et militaire,
- 48:01par exemple ?
- 48:02Là,
- 48:02c'est un exemple clairement tendu.
- 48:03On va se dire,
- 48:04ok,
- 48:04on va rendre robustes les centrales nucléaires,
- 48:06mais donc on les désoptimise pour les rendre robustes.
- 48:08Mais est-ce que c'est une bonne chose ?
- 48:10Est-ce que ça n'augmente pas le risque,
- 48:11etc. ?
- 48:11Donc,
- 48:11comment on fait ça ?
- 48:13Oui,
- 48:13alors,
- 48:13les centrales nucléaires sont déjà un peu,
- 48:15voire même beaucoup,
- 48:16désoptimisées.
- 48:17En fait,
- 48:17si elles étaient trop optimisées,
- 48:19si elles étaient sur-optimisées,
- 48:20elles seraient bien trop fragiles.
- 48:21Et il y aurait des accidents tous les jours.
- 48:23Donc ça,
- 48:23c'est Charles Perrault,
- 48:24l'accident normal.
- 48:24C'est vraiment un grand classique.
- 48:26L'informatique,
- 48:27les doublons,
- 48:28les redondances,
- 48:28tout ça,
- 48:28là,
- 48:28c'est des choses qui sont très désoptimisées,
- 48:30justement,
- 48:31pour qu'il y ait moins d'accidents.
- 48:33Je dis bien moins d'accidents,
- 48:34il n'y en a jamais zéro.
- 48:35Mais comment on fait pour désoptimiser ?
- 48:36En fait,
- 48:37il y a un moment où il y a un seuil de fluctuation qui est tellement élevé qu'on se dit,
- 48:41peut-être que cette technologie-là est bien trop risquée.
- 48:44Et donc là,
- 48:44on n'est plus très loin de ce seuil-là pour les centrales nucléaires.
- 48:47typiquement on va prendre l'exemple de l'Ukraine quand on commence à avoir un voisin
- 48:51qui attaquent le droit international.
- 48:53Et si on a des centrales nucléaires sur son territoire,
- 48:56on est extrêmement fragile.
- 48:57Parce qu'en fait,
- 48:58on a une épée de Damoclès sur la tête.
- 49:00Si on n'a pas ces centrales nucléaires,
- 49:01si on n'a pas des sources centralisées d'énergie,
- 49:03on est beaucoup plus souverain par rapport à ça.
- 49:05Et d'ailleurs,
- 49:06ce n'est pas seulement la centrale nucléaire,
- 49:07c'est pareil pour un barrage.
- 49:08Si on distribue la production d'énergie,
- 49:11c'est beaucoup plus difficile pour une puissance étrangère de mettre à mal la production d'électricité.
- 49:16Donc,
- 49:16j'imagine que cette distribution de l'énergie va automatiquement avec...
- 49:20une réduction de la consommation énergétique parce qu'on ne peut pas avoir du décentralisé et garder la consommation qu'on a à l'heure actuelle.
- 49:28Oui,
- 49:29aujourd'hui,
- 49:29on produit beaucoup trop d'énergie.
- 49:30D'ailleurs,
- 49:31on invite maintenant des boîtes à faire de l'IA chez nous.
- 49:35On voit bien qu'on en produit trop d'énergie.
- 49:37À midi,
- 49:37on est en énergie négative.
- 49:38Il n'y a pas d'eau solaire qu'on a mis partout.
- 49:40À midi,
- 49:40il y a un excès de production d'énergie à peu près dans la plupart des pays d'Europe.
- 49:44Justement parce qu'à midi,
- 49:45il y a plein de soleil.
- 49:46En été,
- 49:46c'est très clairement.
- 49:48Pour moi,
- 49:48une question qu'on peut se poser là-dessus,
- 49:50c'est une question de fluctuation.
- 49:52Si ça fluctue plus,
- 49:54ça veut dire que l'énergie qu'on utilise,
- 49:56on va peut-être l'utiliser différemment ou même à un différent moment de la journée.
- 50:00Par exemple,
- 50:00les boulangeries,
- 50:01pourquoi on cuit le pain la nuit ?
- 50:04Parce qu'on a hérité du charbon,
- 50:06du pétrole et maintenant des centrales nucléaires.
- 50:07Donc on peut faire des boulangeries la nuit.
- 50:08Ça n'a aucun sens de cuire du pain la nuit.
- 50:11Évidemment que les boulangeries doivent cuire le pain avec de l'énergie solaire et donc faire du pain le jour.
- 50:16Donc les boulangers vont travailler le jour,
- 50:18ils vont arrêter de travailler la nuit.
- 50:19Et donc on va acheter son pain en fin d'après-midi.
- 50:21Donc c'est culturel aussi.
- 50:22Et donc ça,
- 50:23on aura moins d'énergie si on veut,
- 50:25mais on aura les mêmes services.
- 50:27C'est surtout ça qui est important.
- 50:28C'est le utiliser différemment qui est essentiel dans cette histoire.
- 50:32Alors bien entendu,
- 50:33il y a toute une série de questions sur comment on fait concrètement tout ça.
- 50:37On a déjà parfois abordé des petites choses par rapport à ça.
- 50:40Mais comment on peut emmener les autres ?
- 50:43dans ce voyage vers de nouveaux objectifs,
- 50:45vers des projets de société,
- 50:47comment on peut mobiliser pour avoir une masse suffisamment importante qui va devenir critique,
- 50:52qui va permettre de pouvoir faire bouger toute la société ?
- 50:56Mon conseil,
- 50:56c'est de ne pas commencer par le social et l'écologie.
- 51:00C'est terrible,
- 51:02mais ce sont deux mots qui ont été complètement démonétarisés.
- 51:05Quand on dit le mot social,
- 51:07on est islamo-gauchiste,
- 51:08et quand on dit le mot écologie,
- 51:09on est punitif.
- 51:10Donc en fait,
- 51:11c'est deux mots qui ne sont plus opérants,
- 51:14qui en fait se braquent.
- 51:16Une porte d'entrée bien plus intéressante,
- 51:18c'est le monde fluctuant.
- 51:19Parce que ça,
- 51:20tout le monde est touché par ça,
- 51:21qu'on soit de gauche,
- 51:22de droite,
- 51:23dans le rural,
- 51:24en ville,
- 51:24qu'on soit un paysan ou un chef d'entreprise.
- 51:27On est tous touchés par le monde fluctuant et donc il suffit d'écouter les nouvelles,
- 51:30ça arrive tous les jours.
- 51:31Donc le monde fluctuant,
- 51:33c'est la bonne porte d'entrée.
- 51:34Si on est dans le monde fluctuant,
- 51:35du coup la robustesse vient juste après.
- 51:37Et comment on fait pour être robuste ?
- 51:38C'est là où il y a le compromis avec la performance.
- 51:40Et en fait,
- 51:41ce chemin-là,
- 51:42monde fluctuant,
- 51:42appelle la robustesse,
- 51:43la robustesse appelle un nouveau compromis avec la performance.
- 51:46Celui-là,
- 51:46à mon avis,
- 51:47il est assez convaincant.
- 51:48Mais ce n'est pas suffisant.
- 51:49Un autre axe,
- 51:50c'est qu'il faut l'incarner.
- 51:51Donc,
- 51:51avoir des exemples inspirants sous la main.
- 51:53Et donc,
- 51:53en fait,
- 51:54on en a tous les jours.
- 51:55L'exemple 37°,
- 51:5640° de la fièvre,
- 51:57c'est un exemple incarné,
- 51:59au sens vraiment incarné dans notre corps.
- 52:01Mais ça peut être l'entreprise voisine,
- 52:02ça peut être la métropole du coin,
- 52:04ça peut être les paysans artisans de Namur,
- 52:05ça peut être la ressourcerie namuroise.
- 52:08Il y en a certainement plein à mon souci.
- 52:11Des exemples qui existent.
- 52:12Et qui peuvent être facilement trouvables sur le net.
- 52:15Typiquement,
- 52:16chercher les entreprises régénératives.
- 52:18Et on va trouver tous ces exemples qui sont là.
- 52:21Et toutes ces entreprises qui sont intéressantes,
- 52:23elles ont une raison d'être.
- 52:24Donc,
- 52:24on se reconnecte à ce qu'on vient d'expliquer juste avant.
- 52:28Donc,
- 52:28dans la conférence,
- 52:29tu expliques que c'est un peu comme une nuée d'oiseaux.
- 52:31Les gens qui sont à la marge voient la fluctuation.
- 52:34Les gens qui sont au cœur ne l'aperçoivent pas.
- 52:36La personne se dit,
- 52:38pour une personne qui se trouve au cœur,
- 52:40quels seraient tes conseils pour se mettre en action,
- 52:43pour voir ces fluctuations ?
- 52:45Elle prend l'exemple,
- 52:46cette personne,
- 52:46d'un fonctionnaire de la communauté européenne,
- 52:49qu'on pourrait considérer vraiment au cœur.
- 52:51Comment lui peut se mobiliser et comment on peut peut-être le mobiliser ?
- 52:55Dans les nuées d'oiseaux,
- 52:56ce qui se passe,
- 52:56c'est que les oiseaux au cœur,
- 52:58en fait,
- 52:58ils circulent.
- 53:00Et donc,
- 53:00de temps en temps,
- 53:00ils vont aux marges.
- 53:01Un fonctionnaire de la
- 53:03Commission européenne ou de l'Union européenne,
- 53:04s'y fait du covoiturage.
- 53:06s'est fait du blabla car,
- 53:07s'est fait un trajet,
- 53:08je ne sais pas moi,
- 53:09Bruxelles-Paris en blabla car,
- 53:12en covoiturage,
- 53:12et donc il est enfermé dans une voiture avec un citoyen qu'il n'a pas choisi,
- 53:17de façon aléatoire,
- 53:18il va être exposé aux marges.
- 53:20Le pire,
- 53:20c'est d'être au cœur et d'avoir un chauffeur,
- 53:23de se déplacer en jet privé,
- 53:24d'être sur son yacht,
- 53:25parce que là,
- 53:25du coup,
- 53:26on ne voit jamais l'extérieur.
- 53:27Et donc,
- 53:28en fait,
- 53:28c'est de trouver des mécanismes qui exposent les gens du centre à la périphérie.
- 53:33Donc voilà,
- 53:33le covoiturage,
- 53:34c'en est un,
- 53:34mais il y en a plein d'autres qu'on peut imaginer.
- 53:36Une autre question que je trouve assez intéressante,
- 53:39on arrive tout doucement à la fin des questions.
- 53:41Tout ce que tu nous as expliqué,
- 53:43je vais dire,
- 53:44une des valeurs centrales,
- 53:45c'est la coopération,
- 53:46ça paraît évident.
- 53:47Comment on fait pour coopérer avec des gens comme Poutine et Trump,
- 53:51qui,
- 53:51eux,
- 53:51en fait,
- 53:52on pourrait le qualifier,
- 53:54ce n'est pas une expression de moi,
- 53:56dans plusieurs médias,
- 53:57on en parle de cette façon-là,
- 53:58des agents du chaos,
- 53:59au final.
- 53:59Oui,
- 54:00bien sûr.
- 54:00Alors là,
- 54:01je vais être très clair,
- 54:02il ne faut pas chercher à coopérer.
- 54:03Il faut coopérer avec des gens avec qui on peut coopérer.
- 54:06Il faut bien définir la coopération.
- 54:07La coopération,
- 54:08c'est quand on va contre sa performance individuelle pour nourrir la robustesse du groupe.
- 54:13Ça veut dire qu'avec Poutine ou Trump,
- 54:15il faut faire des alliances autour de Trump et de Poutine pour qu'ils soient isolés.
- 54:21Une fois qu'ils sont isolés et qu'ils sont entourés de gens qui coopèrent,
- 54:24sauf eux,
- 54:25soit ils basculent,
- 54:27ils changent,
- 54:27mais je n'ai aucun espoir pour Poutine.
- 54:29Il faut vraiment attendre qu'il disparaisse.
- 54:31Et Trump,
- 54:31c'est à peu près pareil.
- 54:32On attend,
- 54:33quoi.
- 54:33Mais ce n'est pas grave,
- 54:34parce que l'Alliance fait que,
- 54:35de toute façon,
- 54:36on est tous en train de coopérer.
- 54:37En fait,
- 54:37c'est très joyeux.
- 54:38Et en fait,
- 54:38on a juste isolé.
- 54:39En fait,
- 54:39on a confiné.
- 54:40Il faut plutôt considérer que Trump,
- 54:42mais surtout Poutine,
- 54:43c'est comme un déchet nucléaire.
- 54:44C'est-à-dire qu'il y a des déchets nucléaires extrêmement toxiques.
- 54:47On ne peut vraiment rien en faire.
- 54:48On les vitrifie.
- 54:49Donc,
- 54:49ils sont toujours là.
- 54:51Et on les met dans une cave.
- 54:53ils sont ringards dans leur cave mais au moins ils ne feront plus de mal
- 54:56Ils sont toujours là.
- 54:57Mais par contre,
- 54:58nous,
- 54:58on coopère avec ceux avec qui on ne veut coopérer.
- 55:00C'est beaucoup plus joyeux.
- 55:01Plutôt que d'essayer de les convaincre,
- 55:04il y a des moments où il faut garder son énergie avec qui on peut faire construire des choses.
- 55:10Alors,
- 55:10je partage aussi,
- 55:12pour l'instant,
- 55:12je suis en train de lire le siècle bleu de Gou,
- 55:16donc un Français aussi,
- 55:17qui a écrit ensuite la Révolution bleue.
- 55:19Et dans le siècle bleu,
- 55:20il donne un exemple qui est assez intéressant d'une île en Micronésie qui,
- 55:24en fait,
- 55:24avait une réserve.
- 55:25énorme de phosphate,
- 55:27et qui est devenue l'île la plus riche au monde dans les années 60,
- 55:30je crois,
- 55:3170,
- 55:32et qui maintenant vit dans une misère énorme,
- 55:34parce que justement,
- 55:35les gens roulaient,
- 55:36enfin,
- 55:36ils avaient 7 voitures chez eux,
- 55:38ça n'avait aucun sens.
- 55:40Mais là,
- 55:40on voit bien cette performance vs cette robustesse,
- 55:43où au final,
- 55:44s'ils avaient pensé sur le long terme...
- 55:47le bénéfice de l'île et de tout ce qui les entoure pour faire en sorte qu'ils ne seraient pas du tout dans cette situation-là.
- 55:53Oui,
- 55:53c'est un exemple canonique.
- 55:54C'est l'île de Nauru.
- 55:55Oui,
- 55:55c'est ça,
- 55:56tout à fait.
- 55:57Des réserves de phosphate incroyables.
- 55:59Ils sont devenus une république comme l'Arabie Saoudite.
- 56:02Ils étaient un des pays les plus riches du monde.
- 56:04C'est l'exemple typique où l'abondance de ressources induit une forme de stabilité,
- 56:09l'abondance de ressources induit la performance qui dissipe le potentiel et après on se plante.
- 56:14Le contre-exemple,
- 56:15ce serait plutôt la Norvège,
- 56:17qui a aussi plein de défauts quand même,
- 56:18parce que ce n'est pas non plus tout est idéal,
- 56:22mais qui ont décidé,
- 56:22avec ce stock de pétrole,
- 56:24de ne pas tout dissiper et de se mettre des freins,
- 56:26donc des temps sous optimalité pour ne pas tout dépenser.
- 56:29Évidemment que là,
- 56:30ils ont d'autres choses.
- 56:30Alors,
- 56:31Norue,
- 56:31ce qui est terrible,
- 56:32c'est que là,
- 56:32ils ont vécu cette misère noire après avoir été les plus riches du monde,
- 56:38sauf que dans les eaux sous-marines de Norue,
- 56:40ils ont des nodules polymétalliques avec des...
- 56:43tas de métaux super intéressants pour la transition écologique.
- 56:46C'est le premier pays qui est en train d'autoriser le deep sea mining,
- 56:50donc les mines en fonds profonds.
- 56:51Et donc,
- 56:51ils sont en train de relancer un cycle d'hyper performance avec hyper abondance de ressources.
- 56:57Et donc,
- 56:57ils vont repartir à faire de l'obésité,
- 57:00de la criminalité.
- 57:01C'est un peu désespérant parce qu'ils ont vécu le chaos au total et ils sont en train de relancer un deuxième cycle avec d'autres ressources.
- 57:09Donc ce cas est vraiment intéressant,
- 57:11chers auditeurs,
- 57:11chères auditrices,
- 57:12n'hésite pas à aller te renseigner sur cette île de Norwood en Micronésie.
- 57:15Moi,
- 57:16c'est un exemple qui m'a assez interpellé,
- 57:17je ne connaissais pas du tout.
- 57:19Pour terminer,
- 57:20il reste quelques petites questions.
- 57:21La personne se demande,
- 57:22tu parles souvent de ces joyeux,
- 57:24etc.
- 57:25Est-ce que tu n'es pas trop optimiste par rapport au modèle dominant de ce monde ?
- 57:29Je trouve la question assez intéressante au final.
- 57:31Comment tu te perds ça toi-même par rapport à tout ça ?
- 57:34Alors,
- 57:34je ne suis pas tous les jours optimiste.
- 57:36Il y a aussi des moments,
- 57:37quand on reçoit des nouvelles,
- 57:38la loi du plan de fait.
- 57:39On se dit,
- 57:39quand même,
- 57:40ce n'est pas possible qu'on en soit encore là.
- 57:42Donc,
- 57:42il y a des moments,
- 57:42quand même.
- 57:43Mais ce que j'ai envie de dire,
- 57:44c'est ce qu'on dit souvent,
- 57:45c'est que tous les résistants sont optimistes.
- 57:47Et ça,
- 57:47c'était le cas à la Seconde Guerre mondiale.
- 57:49Donc,
- 57:49en fait,
- 57:50comme je disais tout à l'heure,
- 57:51il est trop tard pour être pessimiste,
- 57:52c'est aussi ça.
- 57:52Donc,
- 57:52en fait,
- 57:53est-ce que je suis trop optimiste ?
- 57:54À mon avis,
- 57:55il n'y a même pas de maximum à l'optimisme.
- 57:57C'est juste comme ça qu'on est vivant,
- 57:58en fait.
- 57:58C'est qu'on active la pulsion de vie.
- 58:00sinon c'est la pulsion de mort quand même donc quand on est vivant c'est plutôt sur celle-là qu'il faut construire deux petites dernières questions pour terminer
- 58:08Pour toi,
- 58:09avoir de l'impact,
- 58:11comment ça s'incarne,
- 58:12comment ça se matérialise concrètement ?
- 58:14Justement,
- 58:15je suis très tatillant sur les mots,
- 58:17après l'alternative complémentaire.
- 58:18Pareil,
- 58:18ce n'est pas avoir de l'impact,
- 58:19puisque l'impact,
- 58:20c'est un mot militaire.
- 58:22D'accord.
- 58:22Et donc,
- 58:23l'impact,
- 58:23c'est un peu du clé en main performant.
- 58:26Peut-être,
- 58:27on se fait plaisir,
- 58:27on se dit,
- 58:28on a fait un truc,
- 58:29c'est la Bill Gates Foundation qui fait qu'il y a beaucoup d'impact,
- 58:31mais qui ne transforme pas grand-chose.
- 58:33Donc,
- 58:33avoir de l'impact,
- 58:34ce serait plutôt avoir de la transformation,
- 58:36être transformateur,
- 58:37être initiatique.
- 58:38Et donc,
- 58:38mettre en mouvement des collectifs,
- 58:40faire des collectifs apprenants,
- 58:42ça prend plus de temps,
- 58:43c'est plus hétérogène,
- 58:43on ne sait pas très bien où on va,
- 58:45le résultat n'est pas prescrit,
- 58:47mais par contre,
- 58:48ça transforme vraiment.
- 58:49Et c'est la métamorphose.
- 58:50Et donc,
- 58:50en fait,
- 58:51là,
- 58:52on sait qu'on est sur le bon chemin.
- 58:53Parce qu'en fait,
- 58:54on est en chemin.
- 58:55Très bien.
- 58:56Est-ce que tu pourrais nous partager quelques ressources qui t'ont,
- 59:00toi,
- 59:01inspiré ?
- 59:02Donc,
- 59:02pas nécessairement liées à la robustesse,
- 59:03ce n'est pas indispensable,
- 59:05mais des choses que tu as lues ou que tu as vues
- 59:07et qui ont vraiment fait un switch à ton niveau ?
- 59:10Oui,
- 59:11je vais faire une sélection à chaud.
- 59:13J'ai certainement raté des tas de choses.
- 59:14Mais il y a évidemment le rapport au club de Rome.
- 59:17Pour moi,
- 59:17c'est un incontournable.
- 59:1872,
- 59:19c'est vraiment à la fois sur ce qu'il dit,
- 59:22le basculement,
- 59:23mais aussi sur l'approche systémique.
- 59:25C'est là,
- 59:25d'un seul coup,
- 59:26qu'on se dit que ça nous dépasse largement.
- 59:28Donc,
- 59:28le rapport au club de Rome a un deuxième,
- 59:31et ça va être assez général,
- 59:33peut-être trop global,
- 59:34mais c'est l'art contemporain.
- 59:35D'accord.
- 59:36Donc,
- 59:36c'est très large.
- 59:37Mais l'art contemporain,
- 59:38en fait,
- 59:39pour moi,
- 59:39c'est une philosophie moderne,
- 59:41en fait,
- 59:41ou contemporaine,
- 59:42finalement.
- 59:43Dans les expos d'art contemporain,
- 59:44dans l'art vivant contemporain,
- 59:46le festival de théâtre d'Avignon,
- 59:48enfin,
- 59:48toute cette partie-là,
- 59:50c'est quasiment tout le temps une école du questionnement.
- 59:53C'est des questions.
- 59:54Chaque œuvre d'art,
- 59:55c'est une question.
- 59:55Et donc,
- 59:55ça nous pousse à nous questionner.
- 59:57Ça nous trouble.
- 59:58Le rôle de l'artiste,
- 59:59c'est de troubler et donc de mettre du jeu dans les rouages.
- 1:00:01Ça,
- 1:00:02c'est indispensable pour faire face à ses propres dissonances.
- 1:00:05et entamer la déprise sectaire.
- 1:00:07Si on n'est pas troublé,
- 1:00:09on va rester dans la dérive sectaire de la performance.
- 1:00:12Même si on est en train de faire l'expérience d'un burn-out.
- 1:00:14C'est ça qui est dingue.
- 1:00:15Il faut vraiment qu'il y ait quelqu'un qui nous le dise.
- 1:00:17Les artistes,
- 1:00:18ils mettent l'aiguille dans la faille.
- 1:00:20Et donc,
- 1:00:20c'est là où ça résonne.
- 1:00:21Je dirais que les artistes,
- 1:00:22il y a un bouquin,
- 1:00:24à chaque fois,
- 1:00:25je ne me souviens plus de son prénom,
- 1:00:26mais c'est Chevalier,
- 1:00:28Martin,
- 1:00:28voilà.
- 1:00:29Martin Lechevalier,
- 1:00:30Répertoire des subversions,
- 1:00:32c'est un texte qui répertorie en effet des actions d'artistes qui ont justement mis du jeu dans les rouages,
- 1:00:38dans des actions.
- 1:00:39Donc c'est rajouter un deuxième ballon dans un match de foot par exemple,
- 1:00:44depuis le grand 1.
- 1:00:46Ce genre de trucs là,
- 1:00:46qui ajoutent du jeu et ça je trouve ça super intéressant.
- 1:00:49Et puis peut-être une autre chose qui m'a aidé dans mon chemin en robustesse,
- 1:00:52c'est le jazz.
- 1:00:54je fais un peu de musique et quand je me suis mis au jazz finalement j'ai appris un peu à lâcher des choses quoi et en fait à être dans une forme de confort quand on sait pas où on va et finalement c'est accepter de vivre avec les fluctuations et donc c'est aussi une pratique qui m'a
- 1:01:09certainement aidé à avoir cette déclic alors ce que je trouve intéressant et c'est là dessus que je vais me permettre de conclure c'est que on voit aussi qu'à l'heure actuelle le secteur artistique est quand même assez bien malmené à différents endroits du monde ce qui peut être aussi un signal
- 1:01:22de lutte entre guillemets de l'ancien monde
- 1:01:24par rapport aux nouveaux.
- 1:01:26C'est aussi pour ça,
- 1:01:27parce que parfois,
- 1:01:28on ne s'en rend pas compte,
- 1:01:29mais soutenir les artistes,
- 1:01:31c'est quelque chose de fondamental,
- 1:01:32parce que,
- 1:01:33comme tu le dis,
- 1:01:34avec ce qu'ils font,
- 1:01:35que ce soit de la musique,
- 1:01:36du théâtre,
- 1:01:36des textes,
- 1:01:37de la peinture,
- 1:01:38qu'on aime ou qu'on n'aime pas,
- 1:01:39ils viennent mettre du jeu et ils viennent questionner notre société,
- 1:01:42et c'est quelque chose de fondamental.
- 1:01:44Le monde de la performance,
- 1:01:45c'est le jeu
- 1:01:46J-E, et le monde de l'ambiance,
- 1:01:48c'est le jeu J-E-U.
- 1:01:49Il y a du jeu,
- 1:01:50quoi.
- 1:01:50Tout à fait.
- 1:01:50Je ne sais pas si tu veux ajouter quelque chose dont on n'aurait pas parlé avant.
- 1:01:54aujourd'hui et qui te semblent importants,
- 1:01:56mais on a déjà bien balayé.
- 1:01:58Oui,
- 1:01:58on a bien balayé.
- 1:01:59Comme ça,
- 1:01:59je ne vois pas.
- 1:02:00Si peut-être un petit mot sur la santé,
- 1:02:02parce qu'il y a une question de santé publique sur l'éco-anxiété et tout ça,
- 1:02:07mais aussi sur les systèmes de santé de tous les collectifs que j'ai vus dans tous les secteurs d'activité.
- 1:02:13Il me semble que le milieu médical,
- 1:02:15le monde de l'hôpital,
- 1:02:16le monde de la médecine et de la santé,
- 1:02:18c'est un des secteurs qui a été le plus impacté,
- 1:02:21avec les artistes aussi,
- 1:02:22mais le monde médical,
- 1:02:23Hello !
- 1:02:24C'est assez incroyable,
- 1:02:25ils sont vraiment en post-burnout,
- 1:02:28j'ai envie de dire,
- 1:02:28sauf que là,
- 1:02:29on n'est pas en crise Covid.
- 1:02:30Donc à la prochaine crise Covid,
- 1:02:32ou prochaine épidémie,
- 1:02:33ce sera très compliqué.
- 1:02:34Donc là,
- 1:02:35il est urgent de faire,
- 1:02:36à mon avis,
- 1:02:36des conventions citoyennes sur la santé pour vraiment voir comment on reconstruit tout ça.
- 1:02:41Tout à fait,
- 1:02:41clairement.
- 1:02:42Je pense que c'est un enjeu aussi fondamental.
- 1:02:45Et je pense que l'autre enjeu fondamental,
- 1:02:47c'est que les politiques tiennent leurs promesses par rapport aux conventions citoyennes,
- 1:02:51puisque en France,
- 1:02:53Je trouve que le résultat de la convention citoyenne était super intéressant,
- 1:02:56mais par contre,
- 1:02:57les promesses de l'État n'ont pas été tenues par rapport au résultat de cette convention citoyenne,
- 1:03:01ce qui est très,
- 1:03:01très dommage.
- 1:03:02Cher auditeur,
- 1:03:03cher auditrice,
- 1:03:03je t'invite aussi à aller lire des choses là-dessus,
- 1:03:06parce qu'on a tendance à dire que les conventions citoyennes,
- 1:03:07ça ne marche pas,
- 1:03:08alors qu'en fait,
- 1:03:09si,
- 1:03:09ça a très bien fonctionné,
- 1:03:10c'est juste que l'État n'a pas joué le jeu.
- 1:03:12Et donc,
- 1:03:12c'est important de remettre ça en perspective.
- 1:03:16Olivier,
- 1:03:16merci beaucoup d'avoir pris pratiquement une heure dix de ton temps pour enregistrer ce podcast.
- 1:03:22Chers auditeurs,
- 1:03:23chères auditrices,
- 1:03:24comme je te l'ai dit,
- 1:03:25ce podcast existe vraiment en complément de la conférence qui se trouve sur la chaîne YouTube du MUMONS,
- 1:03:29donc n'hésite pas aussi à aller la voir,
- 1:03:31ça permettra de faire résonner toute une série de choses dont on a parlé aujourd'hui et d'aller plus loin sur certains concepts qu'on a fait qu'effleurer puisqu'ils avaient été détaillés dans la conférence.
- 1:03:40Olivier,
- 1:03:41je te souhaite une très très belle journée.
- 1:03:42Merci,
- 1:03:43merci de l'invitation.
- 1:03:44Avec plaisir.
- 1:03:45Chers auditeurs,
- 1:03:45chères auditrices,
- 1:03:46on se retrouve dans deux semaines pour le prochain épisode de Science,
- 1:03:48Art et Curiosité,
- 1:03:49le podcast du MUMONS.
- 1:03:51A très très bientôt,
- 1:03:51belle journée.
- 1:03:56Tu viens d'écouter un épisode du podcast du Mumons.
- 1:03:59Et franchement,
- 1:03:59j'espère qu'il t'a plu.
- 1:04:01D'ailleurs,
- 1:04:01si en passant,
- 1:04:02tu veux me faire un retour ou si tu as des idées d'amélioration,
- 1:04:05surtout n'hésite pas à nous contacter.
- 1:04:08Tu peux aussi devenir notre ambassadeur et faire découvrir ce podcast tout autour de toi.
- 1:04:13Si tu as des idées de sujets ou si tu souhaites enregistrer un épisode,
- 1:04:16surtout n'hésite pas à nous contacter.
- 1:04:18Rendez-vous sur le site internet mumons.be ou sur la page Facebook du Mumons.