Latest / Les invités de Radio des Ballons / De nouvelles rénovations au parc de Wesserling en Alsace
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- Nous voici avec Véronique, ce n'est pas la première fois que sur nos antennes nous avons quelqu'un de la Fondation du Patrimoine, mais à Vécerlin, ici c'est l'une des premières. La Fondation du Patrimoine s'est intéressée à Vécerlin, pourquoi Vécerlin ? Alors c'est une longue histoire avec Vécerlin, mais tout simplement ce site industriel, c'est vraiment quelque chose d'exceptionnel, parce que voir l'histoire du château qui date de 1680, puis toute l'évolution jusqu'en 2003, c'est vraiment formidable de pouvoir découvrir comment un site du textile a pu évoluer au cours des années. Puisque là on peut voir par exemple la ferme, quand on avait besoin de nourrir effectivement tous les employés, et puis de voir, là on est dans la ferme aujourd'hui, comme vous pouvez l'entendre avec le bruit, mais on a aussi appris par exemple qu'on utilisait la bousse de vache pour fixer la couleur des tissus. Donc voilà, on découvre à chaque fois quelque chose, et quand on voit en fait un homme qui se lance dans des travaux comme ça, et qui a vraiment voulu sauver ce site pour qu'il ne soit pas rasé, et puis maintenant il y a eu un chantier d'insertion qui a travaillé dessus, donc c'est vrai que c'est vraiment formidable avec la Fondation TotalEnergie, notre mécène de la Fondation du Patrimoine, et bien il y a 1700 heures de personnes qui ont pu découvrir des nouveaux métiers, et qui peuvent être fiers de ce qu'ils ont fait puisqu'ils sont arrivés au bout de ce chantier. Alors globalement, comment fonctionne la Fondation du Patrimoine ? Alors la Fondation du Patrimoine, je suis assez admirative de son mode de fonctionnement. Pour vous donner un exemple, en Alsace, nous sommes 50 bénévoles, et j'ai deux chargées de mission qui sont salariées. Et ce sont en fait nos bénévoles qui vont voir les porteurs de projets, qui vont les accompagner pour faire des appels à dons. Et puis voilà, on a aussi le Loto du Patrimoine avec Stéphane Berne, c'est d'ailleurs un des sites qui a pu bénéficier du Loto du Patrimoine, et des mécènes nationaux, comme là avec la Fondation TotalEnergie, ou des mécènes locaux. Donc en fait, on essaye de faire candidater nos projets pour qu'ils puissent avoir le maximum de fonds. Par exemple, pour le château de Vécerlin, sur le nombre d'années, avec les différents dispositifs, c'est quand même 700 000 euros qui ont pu être apportés au site. Et je pense que c'est important d'avoir et des financeurs, des gens qui travaillent. C'est vraiment ensemble, c'est un travail collectif qui permet qu'on arrive au bout de ce chantier. Je me réjouis déjà de voir le 30 avril, enfin, tout le cheminement muséal. Et ça va être un moment vraiment exceptionnel. Et je ne peux que dire à tous les auditeurs, venez, venez voir, parce que c'est un moment. Ça a été de nombreuses années pour effectuer tous ces travaux. Et là, on va voir l'apothéose. Ça sera une très belle journée. Et comme le dit François, lorsque la Fondation du Patrimoine s'engage, ça incite d'autres investisseurs à y venir. Tout à fait. C'est vrai que souvent, on est un petit peu la locomotive d'une certaine façon. Du coup, après, il y a d'autres financeurs qui nous suivent. C'est souvent aussi la confiance qui s'installe. Et je pense que c'est une chance pour le parc de Vaisserlin. Et on est fier d'avoir eu raison de lui faire confiance, d'avoir eu raison. Parce qu'au début, quand on voyait les ruines du château ou l'état du site, maintenant, on ne peut qu'être époustouflé par le résultat. Gilles Pourret, vous êtes Total Energy sur le Grand Est et aujourd'hui à Vaisserlin. Parce que là, c'est la Fondation Total Energy qui intervient. Oui, c'est ça. C'est qu'en fait, on a choisi via la Fondation Total Energy de s'associer à ce beau projet de rénovation de l'écomusée textile à Vaisserlin, qui est un projet sur lequel on avait déjà contribué en 2006 avec une participation pour rénover une partie du site. Et puis aujourd'hui, on arrive à une étape importante de cette deuxième phase. Voilà donc avec, encore une fois, très fier de pouvoir contribuer à la rénovation patrimoniale de ce site emblématique des Beauges. Comment vous choisissez les organismes que vous allez aider ? Alors, en fait, la Fondation Total Energy travaille, j'allais dire exclusivement avec la Fondation du patrimoine, qui est notre partenaire unique sur ces projets de rénovation du patrimoine qui font partie d'un des axes forts de la Fondation Total Energy, avec la sécurité routière, avec l'emploi, la formation et donc avec la rénovation du patrimoine, avec un enjeu pour nous qui est d'avoir une dimension insertion, une dimension formation. Et là encore, ce chantier était particulièrement emblématique puisque sur la durée du chantier qu'on a accompagné, il y a eu 1700 heures de chantier d'insertion, donc d'heures d'insertion pour des jeunes ou des moins jeunes d'ailleurs. Voilà ce qui permet aussi de contribuer à, j'allais dire, le maintien des compétences très particulières sur ce chantier historique, encore une fois emblématique. Et toutes ces aides que vous apportez sur toute la France, ça représente des sommes considérables ? Alors sur des sommes, oui, enfin encore une fois, plus que les montants, c'est surtout l'enjeu de sauvegarde du patrimoine depuis 2006, puisqu'en fait, cette année, les 20 ans du partenariat avec la Fondation du patrimoine, on a accompagné plus de 300 chantiers de rénovation, ce qui est important. Sur l'ensemble du Grand Est dont je m'occupe, ça représente une trentaine de chantiers. Et on a d'ailleurs d'autres projets qui vont venir compléter le dispositif, puisque le mois prochain, on fait l'inauguration du château de Vildensheim, à quelques kilomètres d'ici, sur lequel aussi il y a eu une belle rénovation qui a été mise en place. La Fondation intervient essentiellement en France ou même à l'étranger ? Alors la Fondation intervient partout dans le monde. Par rapport aux thématiques dont je vous parlais tout à l'heure, on parlait de sécurité routière. C'est un axe qui est malheureusement, j'allais dire, utilisé partout, mais aussi beaucoup en Afrique, où on voit que les enjeux de mortalité routière sont encore très importants. Donc il y a encore beaucoup d'actions de prévention, de pédagogie qui sont mises en place. Et donc la Fondation, sur cet axe, intervient par exemple beaucoup en Afrique. Mais sinon, la Fondation TotalEnergie a vocation à opérer, j'allais dire, sur toutes les géographies. François Tacquart, président de l'association, là aussi au Parc du Vaisserlin. Encore une surprise, encore une nouveauté. Oui, ce soir, on monte en gamme et on montre à l'avance ce qui va être en place à partir du mois de mai, puisque au mois de mai, on ouvre le grand circuit écomisal, animé, vivant, avec des visites théâtralisées. Sept étapes à visiter depuis 1760 jusqu'en l'an 2000, en passant par le château des manufacturiers, le château des patrons en 1850, les jardins en 1900, la ferme en 1930, la chaufferie en 1960 et la salle des turbines où on est en l'an 2000 à la fermeture de l'usine. Et dans chaque étape, on raconte ce qui s'y passe avec des acteurs qui jouent un jeu, des odeurs, des bruits, des histoires de l'époque, ce qui permet aux visiteurs d'être dans une vraie aventure sur deux siècles et demi. Et aujourd'hui, on a été principalement à la ferme, où des travaux ont été faits par deux chantiers d'insertion pour préparer l'avenue des animaux, pour mieux aménager pour nos visiteurs cet superbe espace qu'est la cour de ferme et ses deux bâtiments voisins. Qu'est-ce qu'on découvrira à la ferme ? Donc à la ferme, elle sera vivante. On découvrira l'histoire de l'animal dans l'usine, il y aura même des vidéos à ce sujet. Mais il y aura une vraie ferme comme elle était en 1930, avec des vaches, des chevaux, des poules, des canards, des lapins, des ânes aussi, avec un gestionnaire de la ferme, un gérant de la ferme qui s'appellera M. Wittmer, c'était lui qui était là en 1930, et qui va raconter sa vie. Il va raconter d'ailleurs pourquoi il y a une ferme dans une usine, c'est un peu bizarre. Mais également, qu'est-ce qu'il fait lui, au jour le jour, dans cette ferme qui sert à la fois à l'usine, mais qui sert aussi aux ouvriers puisqu'il produisait du lait pour les ouvriers, de la viande, etc. — Comme ça, Besserlin pourra faire son beurre. — Oui, justement, enfin, Besserlin pourra refaire son beurre ! Il y avait en fait une laiterie, donc, dans le chalet de la ferme, où on faisait du beurre et du fromage, bien sûr, c'était très important, parce qu'il y avait beaucoup de lait qui était produit, les tables étaient très grandes, mais ce lait devait prioritairement aller aux ouvriers de l'usine. Par exemple, les ouvriers qui travaillaient à la cuisine des couleurs, vous savez, une cuisine où on mélange des couleurs, c'est très polluant. De même, à la chaufferie, ils avaient droit, chaque jour, de verre de lait qui était produit à la ferme pour se désintoxiquer. Et il y avait aussi du lait simplement vendu aux ouvriers à un prix défini par l'usine. Et bien sûr, les gens de la ferme aussi entretenaient les grands espaces de Besserlin, qui étaient propriétaires quand même de pratiquement 70 hectares, et que devait entretenir cette ferme de l'usine. — C'est une façon de préparer une grande saison. — Voilà, donc c'est vrai qu'on initie une très grande saison 2026. On espère que beaucoup de Vosgiens viendront nous voir, mais aussi des gens de Nancy. On va aller jusqu'à Nancy pour chercher des visiteurs, avec deux types de visiteurs qu'on espère venir. D'abord, des familles qui viennent simplement s'amuser en se cultivant. Parce que dans le patrimoine, on peut s'amuser. Chez nous, il y aura beaucoup de choses marrantes. Par exemple, à la grande chaufferie, on peut monter en l'air dans des passerelles assez étonnantes avec un parcours surprenant et ludique. Mais le deuxième public, c'est un public plus cultivé ou du moins plus intéressé à la culture, qui vient de plus loin pour découvrir la richesse de notre patrimoine industriel, mais aussi la beauté des grands sites industriels du 19e siècle qui ont couvert nos régions. Rien que dans le massif Vosgien, des sites comme Vaissellin, il y en avait plus de 80. 86 comme Vaissellin. Aujourd'hui, sur les 4 ailles, il y en a encore 3, 4 qui sont encore en fonctionnement. Il y en a une vingtaine qui ne sont pas totalement détruites, mais il y en a bien 60 qui ont été démolies. Et c'est notre patrimoine aussi. Il n'y a pas que les châteaux-forts, pas seulement les maisons, pas seulement les grands sites naturels, mais il y a aussi les très beaux sites industriels qui ont été construits au 19e siècle par les patrons qui ont fabriqué la richesse de notre région. – Et du coup, aujourd'hui, Vaissellin est exemplaire dans le domaine. – Voilà, c'est ça, c'est un peu un témoin, mais aussi un modèle de rénovation pour ne pas tout mettre par terre, pour réutiliser, puisqu'à Vaissellin, il y a à la fois la partie touristique, on espère passer de 80.000 à 130.000 visiteurs, mais il y a aussi une partie habitat, il y a une centaine de logements qui ont été rénovés dans les usines, dans la première usine du 18e siècle, dans les villas, il y a aussi plus de 100 entreprises installées maintenant dans les anciennes usines du 19e et 20e siècle. Et donc, il y a tout un centre de vie complet quasiment à Vaissellin, puisqu'il y a beaucoup d'activités culturelles, il y a même un supermarché. Tout ça pour dire que des ruines, on peut faire la vie.