Latest / Le Café du Sport Business / La course contre la montre de Jean-René Bernaudeau pour remplacer TotalEnergies
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- 0:03Le café du sport business. On parle pas des scores du
- 0:06weekend hein ? Non, on parle des enjeux
- 0:07financiers, du marketing, des médias.
- 0:11Bonjour l'arrière du sport. Du sport et d'être avec vous
- 0:14pour ce nouvel échange. Nous sommes au début du mois de
- 0:17mars 2026, le soleil brille enfin sur les routes de Paris
- 0:21Nice. La fameuse course au soleil,
- 0:23absolument. Et le peloton a déjà lancé sa
- 0:26saison à pleine vitesse. Mais, et c'est ce qui nous
- 0:29intéressé aujourd'hui, derrière les sprints massifs, derrière
- 0:32les échappées héroïques et les tactiques de course millimétrées
- 0:35se joue une toute autre compétition.
- 0:38Une compétition beaucoup plus discrète, oui.
- 0:40Bien plus discrète et franchement tout aussi féroce,
- 0:43l'objectif de notre plongée aujourd'hui, c'est d'aller
- 0:46vraiment au cœur de l'économie ultra complexe du cyclisme
- 0:49professionnel. Un sujet fascinant.
- 0:51Totalement. Nous allons tenter de comprendre
- 0:53les défis colossaux liés à la recherche de sponsoring.
- 0:56Et pour ça, nous avons un pas d'école extrêmement concret,
- 0:59celui de la célèbre équipe cycliste vendéenne qui court
- 1:02actuellement sous les couleurs de total énergies.
- 1:05Une formation historique du peloton français.
- 1:07Exactement. Cette structure fait face au
- 1:10retrait imminent de son partenaire principal à la fin de
- 1:13la saison. C'est une véritable course
- 1:15contre la montre qui s'est engagée dans les coulisses pour
- 1:17assurer sa survie. Décortiquons cela ensemble ?
- 1:20Comment sauve t on une équipe professionnelle aujourd'hui ?
- 1:23En alliant les impératifs froids du business, la force des
- 1:27réseaux et là préservation de valeurs sportives profondes.
- 1:30Bah c'est le grand paradoxe du cyclisme moderne en fait, et
- 1:32c'est passionnant à analyser. Sur l'asphalte, le chronomètre
- 1:36mesure les performances en 2nde, parfois en 10e de 2nde.
- 1:38C'est la loi du sport. Voilà, mais dans les bureaux de
- 1:41la direction, le compte à rebours se compte en mois, voire
- 1:45en semaine. La situation actuelle de
- 1:47l'équipe Vendéenne est vraiment emblématique de la fragilité
- 1:50inhérente au modèle économique de ce sport.
- 1:52C'est vrai que quand on compare à d'autres sports majeurs, le
- 1:55contraste est quand même saisissant, hein ?
- 1:57Il est même brutal. Prenez une équipe de football ou
- 1:59de basket, elle s'appuie sur la billetterie de son stade, sur
- 2:02des produits dérivés vendus dans le monde entier.
- 2:04Et surtout sur les droits télévisés.
- 2:06Exactement des droits télévisés faramineux qui sont redistribués
- 2:10au club. Le cyclisme, c'est un tout autre
- 2:12univers. C'est un univers où la route est
- 2:14gratuite. Il n'y a pas de guichet à
- 2:16l'entrée d'une étape de montagne, vous venez vous vous
- 2:18asseyez sur le bord de la route et c'est gratuit.
- 2:21Et concernant les droits télévisés ?
- 2:22Bah ils profitent principalement aux organisateurs des courses,
- 2:26très peu aux équipes au final. Par conséquent, une formation
- 2:29cycliste dépend presque intégralement.
- 2:31On parle de 90 où 95% de son budget de son sponsor titre.
- 2:36Et ce qui rend la situation actuelle très tendue.
- 2:38Absolument, le retrait de l'entreprise pétrolière
- 2:41française en fin d'année pose une équation brutale.
- 2:44Il faut trouver un remplaçant capable D injecter des dizaines
- 2:46de 1000000 d'euros ou simplement accepter de disparaître du
- 2:49paysage. Et dressons un peu le tableau de
- 2:51ce compte à rebours financier, parce que les montants ne
- 2:53cessent de grimper d'année en année.
- 2:54C'est l inflation constante du sport de haut niveau.
- 2:56Et nous savons que la conjoncture économique globale
- 2:59est loin d'être évidente pour les entreprises en ce moment, l
- 3:02inflation, les incertitudes des marchés.
- 3:04Convaincre un grand groupe de s'engager sur 3 ou 4 ans, c'est
- 3:08devenu un véritable parcours du combattant.
- 3:09C'est un défi immense. La conjoncture actuelle exige
- 3:13des directions d'équipe une force de conviction phénoménale.
- 3:17Il faut bien se rendre compte des montants en jeu.
- 3:19Nous parlons de budgets qui sont passés de 10000000 d'euros y a
- 3:21quelques années à parfois 15, 20, voire 30000000 pour les
- 3:25armada les plus puissantes du World War.
- 3:26La. Première division du cyclisme
- 3:28mondial. C'est ça, et il suffit de se
- 3:31rappeler les immenses difficultés rencontrées l'année
- 3:33dernière par Emmanuel Hubert. Pour la formation bretonne arkéa
- 3:36BNB hôtel, oui. Exactement.
- 3:38Il a dû remuer ciel et terre pour tenter de sauver sa
- 3:41structure. Cela prouve que même des équipes
- 3:44bien établies, très professionnelles, sont
- 3:47extrêmement vulnérables face à ses logiques financières.
- 3:50Mais l'équipe Vendéenne a quand même une carte maîtresse dans
- 3:54son jeu, non ? Son manager historique, Jean
- 3:56René Bernadot, c'est un homme qui connaît parfaitement ce
- 4:00genre de tempête. C'est indéniable, c'est un
- 4:02survivant. Depuis la création de sa
- 4:04structure en 1991 et le lancement de l'équipe
- 4:07professionnelle en l'an 2000, il a prouvé une capacité de
- 4:09résilience hors du commun. Il a déjà orchestré des
- 4:14sauvetages qui semblaient impossibles sur le papier.
- 4:17Bien sûr, d'abord avec Bouygues Télécom en 2005, à un moment
- 4:21très critique, puis avec Europcar en 2011, alors que tout
- 4:24le monde pensait la structure condamnée.
- 4:26Il a ce don pour trouver la solution à la dernière minute.
- 4:29Exactement si l'on relie cela à la vue d'ensemble.
- 4:33La survie d'une équipe cycliste ressemble très souvent à un
- 4:36éternel recommencement. On signe pour 3 ans et au bout
- 4:39de 2 ans, on recommence à chercher.
- 4:41Mais cette répétition a forgé une histoire, une véritable
- 4:44identité. C'est le mot clé lors des
- 4:47négociations actuelles. L'équipe ne vend pas seulement
- 4:49un espace publicitaire sur un maillot ou sur le capot des
- 4:52voitures suiveuses. Elle vend sa longévité, elle
- 4:55vend sa capacité à surmonter les crises, sa loyauté envers ses
- 4:58partenaires. En résumé, elle vend ce qu'elle
- 5:01a accompli. Et sa solidité à toute épreuve.
- 5:03Vendre une histoire, c'est très puissant, mais pour aborder les
- 5:07immenses défis de 2026S, appuyer uniquement sur le passé ou sur
- 5:11des exploits d'il y a 15 ans, ça ne suffit plus.
- 5:14Non, le marché a changé. Et le carnet d'adresses finit
- 5:17par s'épuiser. C'est précisément pour cette
- 5:19raison que la stratégie managériale a évolué cet hiver,
- 5:23avec une alliance particulièrement stratégique.
- 5:25Une alliance indispensable, oui. L'arrivée de Stéphane Eulo,
- 5:28l'ancien manager de la formation loto.
- 5:31C'est un mouvement majeur pour l'équipe vendéenne.
- 5:34Comment ce duo fonctionne ? T il concrètement sur le terrain
- 5:36pour relever ce défi vital ? Mais.
- 5:38Cette alliance, c'est la clé de voûte de leur stratégie de
- 5:41sauvetage. Nous avons d'un côté le
- 5:44fondateur historique. C'est lui qui porte l'âme, la
- 5:46vision globale et l'identité profonde de l'équipe.
- 5:49La fille de tutélaire. C'est ça, et de l'autre côté,
- 5:52nous avons Stéphane Hulot qui apporte une expertise
- 5:55managériale de très haut niveau, une expertise acquise dans
- 5:57d'autres structures internationales très exigeantes.
- 6:01Le rôle de cette nouvelle recrue est extrêmement clair et ciblé.
- 6:04Il ne vient pas faire de la figuration.
- 6:06Pas du tout, il vient mutualiser son propre réseau de décideurs
- 6:11avec le carnet d'adresses historique déjà très dense de la
- 6:14direction en place. Donc En clair, il vient
- 6:16multiplier les portes d'entrée. Exactement.
- 6:19Parce que dans la recherche de financement à ce niveau
- 6:21d'exigence, pouvoir toucher différents secteurs de
- 6:24l'industrie, des entreprises technologiques, des fonds
- 6:26d'investissement, c'est crucial. C'est même vital.
- 6:30Et de plus, son arrivée insuffle une véritable fraîcheur.
- 6:34Il amène un regard 9, une méthode différente et surtout
- 6:37une grande honnêteté dans les discussions internes.
- 6:39Des traits de caractère qui s'alignent parfaitement avec l'a
- 6:42DN de la structure vendéenne. Les entretiens récents de la
- 6:45direction montrent bien que le rythme s'est accéléré.
- 6:47Ah oui, la prospection a débuté de manière intensive bien avant
- 6:51le premier janvier. Les rendez-vous avec les comités
- 6:53de direction. On parle d'entreprise de taille
- 6:56européenne ou mondiale s'enchaîne à un rythme effréné.
- 6:58C'est un travail de l'ombre colossal.
- 7:01Totalement invisible pour le grand public, mais c'est là que
- 7:03se joue la saison prochaine. Et il faut bien préciser que ce
- 7:06duo opère avec un objectif principal, un objectif exclusif
- 7:11et à très court terme, c'est la recherche de financement.
- 7:14Chaque jour qui passe augmente la pression sur leurs épaules.
- 7:17Le chronomètre tourne inexorablement.
- 7:20À l'heure actuelle, la pérennité de l'équipe pour l'année
- 7:22prochaine n'est pas assurée. Toute l'énergie managériale est
- 7:25absorbée par cette quête de fond.
- 7:27Mais il y a aussi une dimension de transmission très
- 7:29intéressante qui se prépare en toile de fond.
- 7:31Tout à fait. Le fondateur historique va
- 7:33bientôt fêter ses 70 ans. Il organisé donc logiquement la
- 7:36transition pour la gestion sportive pure.
- 7:39À court terme, il s'appuie sur l'eau pour gérer le peloton au
- 7:42quotidien. Une transition sportive, oui.
- 7:44Mais il est primordial de noter qu'il refuse catégoriquement
- 7:47l'idée de prendre sa retraite. Ah ça, il a été très clair
- 7:51là-dessus. Il ne part pas pêcher à la ligne
- 7:53de sitôt, il délègue l'opérationnel sportif pour se
- 7:56concentrer sur la survie de la structure et sur des projets
- 7:59futurs très ambitieux dont nous parlerons dans un instant.
- 8:01Le fameux projet secret. Voilà.
- 8:03Mais avant cela, penchons-nous sur la méthode.
- 8:06C'est là que ça devient vraiment intéressant quand ce duo se
- 8:09retrouve face aux grands patrons d'industries, face aux décideurs
- 8:12qui tiennent les cordons de la bourse.
- 8:14Le discours qu'ils tiennent n'est pas du tout celui qu'on
- 8:16pourrait attendre dans ce milieu.
- 8:18C'est une approche qui détonne complètement dans le sport
- 8:21business actuel. Ce qui surprend le plus ces
- 8:24grands dirigeants d'entreprises qui ont l'habitude de voir
- 8:27défiler des agences de marketing, c'est de faire face à
- 8:30un projet qui refusé de se baser exclusivement sur l'argent ou
- 8:34sur des métriques de visibilité pure.
- 8:36Je me fais un peu l'avocat du diable ici.
- 8:38Quand 1PDG doit justifier un investissement de 10 ou 15000000
- 8:42d'euros auprès de ses actionnaires, il veut des
- 8:44retours. Est ce qu'il ne veut pas juste
- 8:46voir son logo sur le podium du Tour de France ?
- 8:48Est ce qu'une philosophie différente peut vraiment peser
- 8:51dans la balance aujourd'hui ? Bah c'est un pari audacieux,
- 8:53c'est certain. Dans un monde où la rentabilité
- 8:56financière immédiate et le temps d'antenne sont très souvent
- 8:59l'unique boussole, l'équipe vendéenne arrive avec une
- 9:02exigence éthique. Ce qui est rare, très rare.
- 9:05Il pose sur la table. 4 piliers non négociables pour le sport de
- 9:10haut niveau, des piliers qu'ils espèrent même voir un jour
- 9:13imposés par les instances internationales comme l'Union
- 9:16cycliste internationale. Et quels sont ces piliers
- 9:18concrètement ? Premièrement, le sport doit
- 9:20créer des vocations chez les plus jeunes.
- 9:22C'est la base. Deuxièmement, il doit générer de
- 9:25l'émulation positive dans la société.
- 9:28Donc un vrai rôle social. Exactement.
- 9:30Troisièmement, le sport doit rester profondément crédible et
- 9:33là on touche évidemment à la question de la santé et à la
- 9:36lutte contre le dopage, et enfin, quatrièmement, il doit
- 9:40être attractif par son exemplarité.
- 9:42Ce sont des piliers qui relèvent presque d'une mission de service
- 9:44public où d'éducation citoyenne. On est bien plus proche de ça
- 9:48que d'une simple stratégie d'activation de marque.
- 9:50On est à des années-lumière du jargon marketing habituel, oui.
- 9:53Et c'est exactement ce qu'ils vendent aux futurs sponsors des
- 9:56valeurs incarnées. Pas juste des mots creux sur une
- 9:59plaquette commerciale, c'est ça ?
- 10:01Ils parlent d'éducation des jeunes, de la valeur de
- 10:03l'effort, du travail acharné, ils insistent sur le respect
- 10:06fondamental des règles et des adversaires.
- 10:08Bien sûr, le sport professionnel reste impitoyable, il exige des
- 10:12résultats, ils ne vont pas voir des sponsors en disant,
- 10:15l'important c'est de participer. Non, il y a quand même un enjeu
- 10:17de performance très clair. Ils mettent également en avant
- 10:20cette fameuse culture de la gagne.
- 10:22C'est une identité combative, presque romantique, qui a été
- 10:25instaurée il y a des années par des figures emblématiques de
- 10:28l'équipe. On pense tout de suite à Thomas.
- 10:30Vauclair exactement cet à DN offensif le fait de toujours
- 10:34tenter sa chance d animer la course, ça plaît énormément aux
- 10:37entreprises qui veulent associer leur image à l'audace, la.
- 10:40Culture de la gagne est primordiale pour exister à
- 10:42l'écran. Oui, parce que sans caméra, pas
- 10:45de visibilité pour le sponsor. Mais la véritable ligne de
- 10:49démarcation, là où l'équipe se distingue vraiment de ses
- 10:51concurrentes sur le marché, c'est sur leur concept de
- 10:54maturité lente de l'athlète. Et le double projet ?
- 10:57Arrêtons nous un instant là-dessus car c'est fondamental
- 11:00pour comprendre leur philosophie profonde.
- 11:02C'est au cœur de leur système. Le double projet, c'est le fait
- 11:05d'accompagner un jeune coureur pour qu'il poursuive des études
- 11:08ou une formation professionnelle en parallèle de sa carrière
- 11:11cycliste. L'idée, c'est de garantir son
- 11:14avenir une fois qu'il descendra de vélo.
- 11:16C'est tout à fait ça et c'est un vrai marqueur différenciant.
- 11:19Aujourd'hui, la tendance lourde du cyclisme mondial, c'est de
- 11:22presser les jeunes talents comme des citrons.
- 11:24On veut des vainqueurs à 20 ans. Voilà, on cherche à obtenir des
- 11:29résultats spectaculaires et immédiats avec des gamins de 19
- 11:32ou 20 ans, quitte à les épuiser psychologiquement où
- 11:35physiquement quelques années plus tard.
- 11:38C'est un modèle de consommation très rapide.
- 11:40L'équipe vendéenne, elle, refuse fermement cette logique
- 11:44d'essorage. Il s'engage à ne jamais
- 11:46sacrifier le développement humain, personnel et éducatif
- 11:49d'un coureur sur l'autel de la performance à court terme.
- 11:52C'est une promesse forte. Et c'est ce discours d'une grand
- 11:55intégrité qui étonné les décideurs lors des rendez-vous.
- 11:58La direction espère que cette vision sociétale finira par
- 12:01séduire un partenaire, un partenaire qui souhaite aligner
- 12:04sa propre politique de responsabilité sociale avec
- 12:07celle de l'équipe. Le contraste est tout de même
- 12:09saisissant. D'un côté, on a ce talent de
- 12:12l'éducation, cette patience assumée.
- 12:15Et de l'autre, l'urgence brûlante de la compétition
- 12:17actuelle. Les 2 mondes cohabitent tous les
- 12:20jours. Et cette urgence, elle se vit en
- 12:22ce moment même sur les routes. La réalité de la course ne
- 12:25s'arrête pas. Pendant que les dirigeants sont
- 12:27en réunion, le. Peloton n'attend personne.
- 12:29Nous sommes en plein Paris. Nice 2026.
- 12:32Le peloton roule sous le soleil. Les coureurs font leur métier,
- 12:35avalent les kilomètres. Comment cette réalité brutale du
- 12:38bitume influence t elle les négociations délicates qui se
- 12:41jouent en costume cravate dans les métropoles ?
- 12:43Bah y a une dualité fascinante, presque schizophrénique en ce
- 12:46moment précis au sein de l'équipe.
- 12:48D'un côté, nous avons des athlètes qui doivent performer
- 12:50au plus haut niveau mondial. La pression est maximale sur le
- 12:53vélo. Bien sûr, ils doivent rester
- 12:55parfaitement sereins, lucides et concentrés sur des détails
- 12:59tactiques millimétrés. On parle de frotter à 60 km
- 13:03heure avant un sprint massif. Ou de gérer un effort critique
- 13:06dans un Call, c'est extrêmement exigeant.
- 13:09Et de l'autre côté de l'autre ? Côté, la direction joue
- 13:12littéralement la survie de l'entreprise à chaque coup de
- 13:14fil, à chaque poignée de main. Mais les 2 mondes sont
- 13:17intimement liés. Les résultats sportifs restent
- 13:20le meilleur argument de vente. C'est incontestable.
- 13:22Une équipe qui brille, qui montre le maillot à l'avant, qui
- 13:25dynamise la course, c'est une preuve immédiate de sa vitalité.
- 13:29Ça rassure un investisseur potentiel, bien plus qu'un long
- 13:32discours théorique. C'est la vitrine du magasin en
- 13:35temps réel, tout simplement. Prenons les événements très
- 13:37précis de la première étape de ce Paris Nice.
- 13:39Une étape très animée. Le contexte en coulisse est
- 13:42lourd. L'avenir est incertain, on le
- 13:45sait, mais sur le vélo, les coureurs ont appliqué les plans
- 13:47tactiques à la. Ils ont prouvé un
- 13:50professionnalisme exemplaire. Nous avons vu des stratégies
- 13:53très claires se déployer dès les premiers kilomètres sous le
- 13:56soleil. L'équipe ne subit pas la course,
- 13:59elle l'anime. Exactement.
- 14:01Elle a joué sur plusieurs tableaux de manière très
- 14:03intelligente. Nous avons vu Mathis le Berre se
- 14:06lancer dans une grande échappée. Une initiative très forte.
- 14:09C'est une démarche courageuse qui a permis de montrer les
- 14:12couleurs de l'équipe à l'avant de la course pendant des heures
- 14:14et avec un objectif très concret.
- 14:16Aller chercher des points pour le classement de la montagne, ça
- 14:19c'est de l'exposition pure pour le sponsor actuel et pour les
- 14:22futurs. Et ce n'était pas leur seule
- 14:24carte de la journée. Parallèlement, dans le final de
- 14:27l étape, toute l'équipe s'est organisée autour d'Anthony
- 14:30Turgis. Pour disputer le sprint massif
- 14:32face aux meilleurs mondiaux, oui.
- 14:34Même s'il a été un peu gêné dans l'emballage final par le chaos
- 14:38inhérent au sprint, ça frotte toujours beaucoup.
- 14:40La dynamique collective était là.
- 14:42On sentait un groupe soudé. La cohésion était évidente.
- 14:45Et sur le fond, l'objectif du classement général est fermement
- 14:48maintenu par Joris. Toute cette organisation sur le
- 14:51terrain, cette implication de chaque instant, prouve aux
- 14:54observateurs et aux futurs sponsors que la structure est
- 14:57parfaitement opérationnelle. Elle n'est pas paralysée par la
- 14:59peur du lendemain. Pas du tout, elle est combative,
- 15:02ambitieuse et nullement abattue par l'incertitude financière.
- 15:06Ce comportement en cours s'illustre d'ailleurs
- 15:08parfaitement, une philosophie souvent répétée au sein de cette
- 15:10formation. Une phrase très forte, la plus
- 15:13belle victoire est toujours la suivante.
- 15:15C'est une Maxime qui résume idéalement l'état d'esprit de
- 15:18résilience nécessaire dans leur situation actuelle.
- 15:21Il faut toujours regarder devant.
- 15:23C'est ça ? Chaque bon résultat acquis à
- 15:26Nice ou sur n'importe quelle autre route du calendrier
- 15:29devient immédiatement un atout de réassurance.
- 15:31Lors de la prochaine réunion avec un investisseur, la
- 15:34performance valide le discours théorique.
- 15:36C'est la preuve par l'exemple. Exactement.
- 15:39Elle prouve de manière empirique que le respect des valeurs
- 15:41humaines, le double projet, la maturité lente, tout cela
- 15:45n'empêche pas l'excellence sportive, bien au contraire.
- 15:48Des coureurs qui se sentent soutenus par un projet cohérent
- 15:50et humain sont capables de soulever des montagnes face aux
- 15:53armada mondial au budget illimité.
- 15:55Alors, que signifie tout cela pour l'avenir à nelcy ?
- 15:58Imaginons le scénario optimiste. On l espère ?
- 16:01Tous imaginons que cette mission de sauvetage titanesque
- 16:05réussisse dans les semaines ou les mois à venir.
- 16:08Qu'un grand partenaire signe ? Qu'est ce qui attend cette
- 16:11équipe une fois sa pérennité assurée ?
- 16:13La direction prépare-t-elle déjà l'étape d'après ou vont-ils
- 16:17juste souffler un peu après cette tempête ?
- 16:19Souffler n'est pas vraiment dans le vocabulaire de la maison.
- 16:22C'est sans doute l'aspect le plus passionnant des récentes
- 16:24déclarations de la direction. Loin de préparer une retraite
- 16:27paisible ou de se reposer sur ses lauriers, le fondateur
- 16:30historique dévoile une vision à long terme qui témoigne d'une
- 16:33énergie intacte. Il.
- 16:34Y a encore des grands projets dans les cartons ?
- 16:37Il existe même un véritable projet secret, une nouvelle
- 16:39grande ambition qui est en train d'être structurée en ce moment
- 16:42même pour être officiellement exposée lors du prochain Tour de
- 16:45France en juillet. Questionnel de 25 coureurs si on
- 16:49lit bien entre les. Lignes exactement, une fois la
- 16:51pression financière immédiate levée.
- 16:53Du moins on l'espère. L'objectif n'est pas simplement
- 16:56de continuer comme avant en gérant le quotidien.
- 16:59L'ambition est d'opérer une réorganisation profonde axée sur
- 17:02la base même de la pyramide cycliste.
- 17:04Investir sur la base de la pyramide, ça veut dire se
- 17:07tourner vers le cyclisme amateur, vers les écoles de
- 17:10vélo, les jeunes minimes où cadets, et ce, bien avant qu'il
- 17:14ne rêve du stade professionnel. C'est le cœur du projet.
- 17:18C'est une démarche très rare, voire inédite pour une structure
- 17:21évoluant au plus haut niveau. Souvent, les équipes Wall tour
- 17:24sont concentrées uniquement sur le sommet sur la performance
- 17:27élite. C'est d'une démarche visionnaire
- 17:29en fait, et elle répond à une crise latente et très grave dans
- 17:33le monde du cyclisme français et mondial.
- 17:36L'objectif de ce nouveau projet est de redonner massivement des
- 17:39moyens matériels et humains aux catégories de jeunes.
- 17:42Parce que les clubs amateurs souffrent énormément
- 17:44aujourd'hui. Énormément, mais l'axe central
- 17:46de cette réflexion, et c'est fondamental pour la survie même
- 17:49de ce sport, c'est la sécurité. La sécurité sur les courses
- 17:52amateurs est devenue un sujet brûlant, c'est vrai.
- 17:55Les conditions ont radicalement changé par rapport à y a 20 ans.
- 17:58Le projet vise à ramener une sécurité totale sur les épreuves
- 18:01du calendrier amateur. Aujourd'hui, les conditions de
- 18:03circulation sont de plus en plus denses.
- 18:05Les routes sont partagées, souvent dangereuses.
- 18:08Et le coût pour un petit club local est devenu exorbitant.
- 18:12Bloquer des routes, mobiliser les forces de l'ordre, trouver
- 18:15des dizaines de signaleurs bénévoles, tout cela étouffe les
- 18:19organisateurs. Conséquences directes, les
- 18:21petites courses de village disparaissent les unes après les
- 18:24autres. Ce qui réduit le terrain
- 18:26d'expression des jeunes. Et logiquement, cette
- 18:28dangerosité potentielle inquiète légitimement les familles.
- 18:31L'ambition de la direction Vendéenne est de restructurer
- 18:33cet écosystème défaillant, de créer un modèle pour rassurer
- 18:37pleinement les parents. Pour qu'ils n'aient pas peur le
- 18:40dimanche matin. Voilà afin qu'ils puissent
- 18:42confier leurs enfants aux écoles de cyclisme en toute sérénité,
- 18:45sans la peur de l'accident à chaque carrefour.
- 18:48C'est une évidence absolue, sans enfants sur les vélos
- 18:51aujourd'hui, il n'y a pas de champion demain.
- 18:53C'est mathématique. C'est un chantier colossal, un
- 18:56véritable défi sociétal indispensable pour garantir le
- 18:59renouvellement des générations de cyclistes.
- 19:01Et si on le regarde bien, cela explique parfaitement le nouvel
- 19:05organigramme que nous évoquions plus tôt.
- 19:07L'arrivée de Stéphane Lau prend tout son sens ici.
- 19:11C'est précisément pour dégager le temps, la charge mentale et
- 19:14l'énergie nécessaire à ce projet vital qu'il a été engagé en
- 19:17déchargeant le fondateur du quotidien chronophage de
- 19:20l'équipe professionnelle. Ce duo permet de construire
- 19:23simultanément sur 2 fronts. La survie à court terme et la
- 19:27construction à long terme. Exactement le succès de l'équipe
- 19:30pro aujourd'hui, d'un côté est le sauvetage du cyclisme
- 19:33amateur, le vivier de demain de l'autre.
- 19:35C'est un engagement impressionnant, un projet qui
- 19:38dépasse très largement les frontières étriquées d'une
- 19:41simple équipe cherchant à boucler son budget annuel.
- 19:43Nous voyons bien, au fil de notre analyse aujourd'hui, que
- 19:46les enjeux abordés touchent à la racine même de la pratique
- 19:49sportive dans notre société. C'est l'essence même du sport
- 19:52qui est en jeu. La bataille actuelle de cette
- 19:55formation historique nous pousse inévitablement à nous interroger
- 19:59sur la direction globale que prend le sport de haut niveau en
- 20:012026. Une direction de plus en plus
- 20:04financière. Type historique, porteuses de
- 20:07résultats probants, ancrés dans leur territoire et dotées d'une
- 20:10éthique aussi forte, doivent se battre si durement se battre
- 20:14pour prouver la valeur de l'éducation, pour défendre
- 20:17l'importance vitale de la sécurité des jeunes.
- 20:20Et pour imposer la patience face à des logiques purement
- 20:22financières et court termistes, le modèle économique global du
- 20:26sport de haut niveau n'est il pas en train de perdre de vue
- 20:28son essence même ? C'est la grande question.
- 20:30Est ce que la véritable bataille de la prochaine décennie ne se
- 20:33jouera pas sur ces petites routes amateures de campagne
- 20:35pour sauver les vocations plutôt que sur le grand circuit
- 20:38international pour amasser les 1000000 ?
- 20:40C'est une réflexion profonde qui mérite d'être prolongée par ceux
- 20:43qui écoutent. A très vite pour un nouveau
- 20:45podcast, du café du sport business.