Latest / Québécois et Canadien / Jean-Marc Fournier : Appartenance canadienne, allégeance au Québec
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- 0:00Bonjour et bienvenue au podcast Québécois et
- 0:02Canadien, où on discute de fédéralisme et des
- 0:05enjeux de notre pays. Aujourd 'hui, on reçoit
- 0:08Jean -Marc Fournier, ex -ministre des gouvernements
- 0:10Charest et Couillard, et on a eu l 'occasion
- 0:13de discuter de la politique d 'affirmation du
- 0:15Québec dans le Canada, ainsi que qu 'est -ce
- 0:17que l 'interculturalisme. Bon épisode. Alors,
- 0:28bonjour à tous. Aujourd 'hui, Jean -Marc Fournier
- 0:30est avec nous. Bonjour, M. Fournier. Bonjour.
- 0:33Alors, député de 94 à 2008, 2010 à 2018, après
- 0:38ça ministre, affaires municipales, sports et
- 0:41loisirs, éducation, revenus, justice, affaires
- 0:45intergouvernementales, leader, même chef du parti.
- 0:47On peut dire que vous les avez tous fait. Ben,
- 0:49même pas beaucoup. J 'ai même fait deux comtés
- 0:50comme député. Alors, merci de vous joindre à
- 0:54nous. Avant de commencer plus formellement l
- 0:56'entrevue, je voulais juste faire un petit commentaire
- 0:58de façon personnelle. Moi, je suis né en 1989
- 1:01et j 'ai commencé à suivre la politique vers
- 1:0315 -16 ans à l 'heure des années 2004 -2005 -2006.
- 1:07Et c 'était évidemment le gouvernement Charest
- 1:09qui était en place. Alors, c 'est spécial pour
- 1:10moi de faire cette entrevue -là parce que mes
- 1:12débuts de l 'apprentissage de la chose politique,
- 1:15c 'était d 'ouvrir la télé puis de voir Jean
- 1:16-Marc Fournier défendre les plans du gouvernement,
- 1:18parce que je pense que vous n 'aviez pas peur
- 1:19d 'aller au BAT, comme on dit. Je te volontaire.
- 1:22On va dire ça comme ça. Ça m 'a beaucoup aidé
- 1:26dans mon développement au niveau politique de
- 1:28voir tout ça à la télé, de vous suivre. C 'est
- 1:30un honneur pour moi de vous avoir aujourd 'hui.
- 1:32Vous êtes bien gentil. Alors j 'aimerais ça qu
- 1:34'on commence justement à parler de votre implication
- 1:36politique. On a dit, bon, 94, vous arrivez comme
- 1:40député à Châteauguay. Comment est -ce que vous
- 1:42vous ramassez à être député en 1994 dans le contexte,
- 1:46quelques mois je pense, d 'un référendum? Oui,
- 1:49bien, d 'abord, il faut dire que je suis arrivé
- 1:51à Québec, en fait, pour aider l 'équipe libérale
- 1:55qui était sur la commission Bélanger -Campo.
- 1:58On est donc dans la suite de l 'échec de Meach.
- 2:00Je venais de terminer une maîtrise qui portait
- 2:03sur la formule d 'amendement. Donc, on avait
- 2:05discuté de la formule de Meach dans ce document
- 2:07-là. Et j 'avais des amis qui se trouvaient dans
- 2:10le caucus qui m 'ont dit, bien, peux -tu me donner
- 2:11un coup de main? Je vous fais grâce de toute
- 2:13l 'histoire qu 'il y avait à l 'intérieur du
- 2:15caucus à ce moment -là. Mais... Et donc, je suis
- 2:17arrivé là pour... un mandat de deux mois, en
- 2:20fait. Mais la politique, vous savez, c 'est souvent
- 2:23un peu la même chose. Une commission en crée
- 2:25une autre. Alors, Bélanger -Campo, dans le fond,
- 2:27s 'est conclu par la création de deux commissions.
- 2:30Et donc, je suis resté au cabinet de Générémia
- 2:33pour un peu superviser le travail du caucus libéral
- 2:38sur ces deux commissions. Ça nous a amené ensuite...
- 2:44au référendum sur le Charlottetown. L 'élection
- 2:47suivait et donc je suis devenu candidat parce
- 2:50que j 'étais déjà aspiré, je dirais, par la chose
- 2:54politique. Et là, vous arrivez député. Est -ce
- 2:57que vous êtes arrivé dans une partielle, non?
- 2:59Non, non, je suis arrivé à la général de 1994.
- 3:04Je suis ce qu 'on appelle de l 'équivé Johnson.
- 3:07C 'était M. Johnson qui était le chef à ce moment
- 3:09-là. Et je suis arrivé. On était... Évidemment,
- 3:13on part... à l 'opposition. À ce moment -là,
- 3:15M. Parizeau se faisait élire. Mais comme j 'ai
- 3:18souvent tendance de le répéter, on perdait jamais
- 3:20nos élections par beaucoup de pourcentages. Quand
- 3:23on les gagnait, c 'était par des grands écarts,
- 3:26mais quand on les perdait, après l 'élection
- 3:28de 1981, il a fallu attendre 2018 pour les perdre
- 3:32par plus de 1 %. Donc, c 'était toujours très
- 3:35serré. En 94, c 'était très serré. En 98, M.
- 3:38Bouchard a été réélu, mais nous avions la pluralité
- 3:41des voix. Donc, on arrive dans l 'opposition
- 3:45avec M. Johnson, mais on n 'est pas non plus
- 3:48complètement effacé de la carte. Est -ce que
- 3:50durant l 'élection de 94, il est question du
- 3:53référendum? Est -ce que c 'est clair que c 'est
- 3:55une élection référendaire? Oui, évidemment, c
- 3:57'était assez évident. D 'ailleurs, ce n 'était
- 3:59pas nouveau. Souvenons -nous un peu de la période
- 4:03qui la précède. D 'abord, il y a un premier référendum
- 4:07qui est suivi par un rapatriment unilatéral pour
- 4:11lequel il y a plusieurs tentatives. Mitch faisait
- 4:14suite à des conditions émises par Jules Remillard
- 4:17au nom de Robert Bourassa dans un grand discours
- 4:19à Mont -Tremblant. Et puis là... Mais je tombe.
- 4:23Alors forcément, les forces souverainistes sentent
- 4:29qu 'il y a une possibilité d 'affirmer qu 'il
- 4:32n 'y a aucune chance de corriger l 'écart constitutionnel
- 4:36qu 'on constate au Québec. Et puis ils nous disent
- 4:40qu 'ils vont faire un référendum. Alors, évidemment,
- 4:43on le savait dès le départ. Ça n 'a pas tardé
- 4:45non plus. M. Parizeau n 'était pas là pour être
- 4:46premier ministre d 'une province. Il était là
- 4:48pour faire le référendum. Il le fait dans l 'année.
- 4:51D 'ailleurs, dès d 'arriver, il lance des commissions
- 4:54régionales. qui servent, dans le fond, de pédagogie
- 4:59à une seule option, celle de la souveraineté.
- 5:04Ils étaient en quête d 'avoir plus d 'appui.
- 5:07Ils n 'avaient pas d 'appui suffisant. Même si
- 5:10on était à la suite de Mitch, le oui n 'était
- 5:14pas majoritaire dans les sondages. C 'est un
- 5:16peu le même portrait qu 'on a aujourd 'hui. D
- 5:17'ailleurs, on pourrait en faire des comparaisons.
- 5:20Alors, ils devaient tout faire pour aller chercher
- 5:22plus d 'appui. Ils le fais. Vous vous souvenez
- 5:24peut -être qu 'il y avait un ministre qui s 'occupait
- 5:26du ministre de la restructuration. J 'avais déjà
- 5:29dit que c 'était le ministre de la restructuration
- 5:31de la vérité. Mais ceci étant, il y avait une
- 5:34espèce d 'opération de communication qui servait
- 5:38à attiser les appuis du oui qu 'il n 'avait pas
- 5:41suffisamment. Et donc, on peut imaginer que si
- 5:43demain, le Parti québécois gagnerait les élections,
- 5:45ayant promis lui aussi un référendum dans le
- 5:48mandat, sa première tâche va être d 'investir
- 5:52le champ. de la pédagogie de la souveraineté.
- 5:56Je pense que c 'est quelque chose qui revient
- 5:57assez ouvertement. On dit, oui, l 'appui n 'est
- 6:00pas là en ce moment avec les sondages, mais on
- 6:02va nous donner une coupe de mois et on va pouvoir
- 6:04convaincre les gens justement que la souveraineté,
- 6:06c 'est la bonne chose. Donc, c 'est sûr qu 'il
- 6:08va y avoir des efforts. Ça fait quand même 50
- 6:10ans qu 'on en parle. Il faut quand même noter
- 6:14que lorsque... un parti politique, ça serait
- 6:16beau pour le nôtre aussi, nous allons mieux l
- 6:20'expliquer. On sait néanmoins qu 'avec ça, il
- 6:23va y avoir une œuvre de communication qui va
- 6:27permettre de soulever chacun des petits irritants
- 6:32comme étant une menace existentielle. Donc, on
- 6:34va amplifier l 'écart entre le Québec et le Canada.
- 6:38On va peut -être... d 'oreille et d 'avance,
- 6:41amplifier l 'écart entre Québécois eux -mêmes.
- 6:44Vous savez qu 'à l 'époque, le nationalisme de
- 6:49Robert Bourassa et celui de René Lévesque étaient
- 6:53assez... semblables, c 'était des nationalismes
- 6:56inclusifs, d 'accueil. Les Québécois étaient
- 7:00Québécois. La différence qu 'il y avait entre
- 7:03les deux n 'était pas sur le nationalisme, c
- 7:05'était sur le régime politique qui servait le
- 7:08mieux ce nationalisme -là. Aujourd 'hui, on n
- 7:11'est plus là du tout. Le régime politique, c
- 7:14'est presque devenu accessoire. On est en train
- 7:17de se faire des options de nationalisme. Alors,
- 7:20il y a le nationalisme homogénéisant. celui qui
- 7:24dit qu 'on doit être le plus pareil possible,
- 7:27et il y a celui qui reste le vieux nationalisme
- 7:30qu 'on est habitué, celui de la révolution tranquille,
- 7:33celui d 'on accueille les gens dans un cadre
- 7:35interculturel. Puis on va avoir l 'occasion d
- 7:37'en parler un petit peu plus tard là -dessus.
- 7:38Revenons rapidement au référendum de 95. Alors
- 7:41là, le Parti québécois est parti au pouvoir,
- 7:44il y avait une promesse de faire un référendum.
- 7:46on se dirige vers le référendum. Ça doit être
- 7:49un peu particulier parce que moi, je sais que
- 7:50même dans ma famille, j 'ai des souverainistes,
- 7:52il y a des fédéralistes, plus ou moins convaincus,
- 7:54dépendant des gens. Mais là, vous, je veux même
- 7:57dire, vous aviez des proches qui étaient souverainistes,
- 7:58puis là, les fédéralistes veulent absolument
- 8:00garder le pays en place. Comment ça se passe?
- 8:02Ça doit être assez particulier au niveau des
- 8:04relations personnelles. J 'ai l 'avantage d 'être
- 8:06un peu plus vieux que vous. C 'est peut -être
- 8:08un désavantage maintenant, mais moi, j 'ai...
- 8:12À l 'époque, vous avez commencé à suivre la politique.
- 8:16Moi, à l 'âge dont vous avez fait le référendum,
- 8:18j 'ai vu le premier référendum. Le premier référendum
- 8:20était beaucoup en lien avec, je dirais, les francophones
- 8:24étaient des Québécois ou des citoyens de seconde
- 8:27classe, une classe économique anglophone. Et
- 8:29il y a eu beaucoup, beaucoup de débats qui étaient
- 8:33très émotifs à cause de ça. Sur le deuxième,
- 8:36bien là, on est plus dans la fin de midi. Tout
- 8:38ça, ça a été un échec. Je dirais que c 'était
- 8:40pratiquement un peu plus froid. J 'ai considéré
- 8:42que c 'était un peu plus froid. Par contre, la
- 8:45difficulté qu 'il y a quand on est à l 'intérieur
- 8:47et qu 'on voit ça, c 'est la difficulté de vivre
- 8:50avec les forces du non. Parce que les forces
- 8:53du non, on ne pense pas toutes les mêmes choses,
- 8:55ni du Québec, ni du Canada. Alors là, ça, c 'est
- 8:59un... Le défi, pour moi, m 'a semblé plus là.
- 9:02C 'est -à -dire presque plus dans le débat entre
- 9:05nous, le camp du non, que par rapport au camp
- 9:09du oui. Parce que le oui et le non, dans le fond,
- 9:11on connaît bien nos positions. Puis maintenant
- 9:14que vous le mentionnez, c 'est quand même un
- 9:15spectre. Le fédéralisme souverainiste, l 'axe
- 9:18fédéraliste souverainiste, si on parle, il y
- 9:20a certaines personnes qui veulent quasiment un
- 9:22État unitaire au Canada, que les provinces à
- 9:24peu près aient pas de pouvoir, que tout soit
- 9:25décidé à Ottawa. Puis il y a des gens qui veulent
- 9:28un Québec autonome qui est dans une fédération
- 9:30quasiment... très très limité, qu 'il y a juste
- 9:34l 'armée et la monnaie là -dedans. On peut tout
- 9:35se dire fédéraliste, on peut tout se dire québécois
- 9:39et canadien, mais c 'est pas pantoute le même
- 9:40régime politique. Oui, puis quand on parle de
- 9:43référendum sur le régime politique, c 'est du
- 9:46long terme, cette affaire -là, quand on mêle
- 9:49des ingrédients très ponctuels pour... On se
- 9:52plaint d 'une décision qui dure un an, puis qu
- 9:54'on va faire un choix de 100 ans là -dessus.
- 9:56Peut -être qu 'on n 'est pas en train de parler
- 9:57de la bonne affaire. En tout cas, peu importe.
- 9:59Ça reste néanmoins ça, la façon dont on réfléchit
- 10:02en politique, en tout cas. C 'est l 'actualité
- 10:04qui guide les grandes décisions, même si l 'actualité
- 10:07ne dure pas longtemps, puis que les grandes décisions,
- 10:09elles, vont durer longtemps. Je vais faire une
- 10:11autre petite parenthèse. Moi, ce qui me marque
- 10:12depuis que j 'ai commencé le podcast, c 'est
- 10:14qu 'il y a beaucoup de figures, t'sais, André
- 10:16Pratt qu 'on a rencontré, il y a vous, qui sont
- 10:18associées comme des fédéralistes très, très...
- 10:20rouges. On les marque quasiment comme étant des
- 10:23pro -Canada, anti -Québec. Mais en général, les
- 10:27nationalistes québécois sont assez modérés dans
- 10:29leur amour du Canada. Je pense qu 'il y a un
- 10:31attachement au Canada, mais il y a quand même
- 10:34la volonté de maintenir une autonomie québécoise
- 10:37qui est là, même chez les éléments, par exemple
- 10:39du Parti libéral du Québec ou d 'un parti qui
- 10:41se dit fédéraliste. C 'est beaucoup plus nuancé
- 10:45dans la composition du fédéralisme. même si d
- 10:49'autres voudraient prétendre le contraire, moi,
- 10:51je pense que je suis Québécois. Puis comme Québécois,
- 10:54puis mon allégeance, c 'est au Québec. J 'ai
- 10:56une appartenance canadienne, mais mon allégeance,
- 10:58c 'est au Québec. Et quand je vois, lorsqu 'on
- 11:02s 'implique dans le débat politique ou qu 'on
- 11:04devient un décider public, la première considération,
- 11:07c 'est quels sont les intérêts les plus importants
- 11:09du Québec. C 'est ça qu 'on veut promouvoir.
- 11:13Et donc, on n 'est pas, parce qu 'on serait fédéraliste,
- 11:18on serait plus québécois, ça c 'est une invention
- 11:21sématique tout à fait récente, pas du tout. C
- 11:25'est simplement qu 'on pense que les intérêts
- 11:27supérieurs du Québec sont mieux servis dans un
- 11:29cadre fédéral tant et si bien par contre que
- 11:33dans ce cadre fédéral nous ayons les marges d
- 11:36'autonomie qui nous permettent de... de mettre
- 11:39à profit cette majorité francophone puisque c
- 11:42'est le seul État qui nous le donne. Ça ne veut
- 11:44pas dire qu 'on doit couper les ponts avec les
- 11:45autres. Ça veut dire qu 'on doit être capable
- 11:47de, je dirais, d 'articuler les volontés ou la
- 11:53persévérance et le développement de ce caractère
- 11:56francophone avec les autres, pas contre les autres.
- 11:59C 'est une dimension complètement différente.
- 12:03Ne serait -ce que le débat sur la communauté
- 12:05anglophone au Québec. On a l 'avantage d 'être
- 12:07avec eux pour développer chez eux une appartenance
- 12:10au Québec, pas être contre eux pour qu 'ils développent
- 12:13plutôt un sentiment d 'offense québécoise, puis
- 12:17qu 'ils se réfugient dans une seule appartenance
- 12:21canadienne. On est dans une époque de pluralisme
- 12:23où on doit permettre la pluralité d 'appartenance,
- 12:26pas décréter une seule appartenance exclusive.
- 12:30Ça m 'amène à parler, bon vous avez fait en 2017
- 12:32ou 2018 une politique d 'affirmation quand vous
- 12:34étiez dans le gouvernement Couillard. Québécois,
- 12:37notre façon d 'être Canadien. Alors, parlons
- 12:40-en de cette façon d 'être Canadien. C 'est quoi
- 12:42selon vous, un Québécois? Un Québécois, c 'est
- 12:45quelqu 'un qui reste au Québec. Alors ça, c 'est
- 12:47un Québécois. Puis il paye des taxes, puis il
- 12:48travaille, puis il étudie, puis il va devenir
- 12:50quelqu 'un qui va donner des services, qui va
- 12:52développer l 'économie. C 'est un étudiant étranger
- 12:54qui arrive ici, qu 'on va réussir à garder ici.
- 12:56C 'est un Québécois, ça. Alors, bon, alors, comment
- 12:59on fait pour que tous ces Québécois -là, qui
- 13:01restent ici, aient une appartenance... renforcé
- 13:07par rapport au Québec. Ce n 'est pas en créant
- 13:11des différences les uns avec les autres, c 'est
- 13:14en essayant de cultiver cette appartenance -là,
- 13:16en essayant de trouver. L 'interculturalisme,
- 13:19c 'était un des moyens qui permettaient... C
- 13:21'est une des idées qui permettaient de faire
- 13:23ça. Et je crois que lorsqu 'on se transpose comme
- 13:28Québécois sur la scène canadienne, on peut nommer
- 13:32le même désir. C 'est -à -dire que mon appartenance
- 13:35québécoise, puisse être reconnu et respecté.
- 13:38Si c 'est le cas, mon appartenance canadienne
- 13:42le sera davantage. Donc, l 'approche, je dirais,
- 13:47de construction identitaire que je favorise au
- 13:50Québec, je la favorise au Canada aussi. Je constate
- 13:54qu 'au Québec, malheureusement, on s 'en éloigne
- 13:56en ce moment. Je constate qu 'au Canada... On
- 14:00s 'en est pas souvent rapproché. Il faudrait
- 14:02que ça commence un jour. En termes temporels,
- 14:06c 'est deux temps différents, mais on est dans
- 14:07des mêmes... des mêmes... des mêmes contextes,
- 14:11c 'est -à -dire une difficulté d 'accepter le
- 14:15pluralisme et ce que ça représente. Oui, parce
- 14:18que je pense qu 'on a souvent opposé le modèle
- 14:21interculturel au modèle multiculturel du Canada.
- 14:23Puis d 'ailleurs, on va pouvoir prendre quelques
- 14:24instants pour les définir. Mais je pense que
- 14:26le Canada vit des enjeux que nous, on a déjà
- 14:28vécu dans le passé, puis eux autres aussi doivent
- 14:30se poser des questions. Fait que commençons par
- 14:32ça, juste pour les gens qui sont peut -être moins
- 14:33familiers. C 'est quoi la différence entre l
- 14:35'interculturalisme, qui est le modèle qui est
- 14:37normalement mis de l 'avant au Québec, puis le
- 14:38multiculturalisme canadien? Je vais faire attention
- 14:41parce qu 'il y a plein de nuances qui peuvent
- 14:43être apportées, puis... si on en parle en termes
- 14:46pratiques, de la façon dont on a interprété au
- 14:50Québec le multiculturalisme canadien, parce qu
- 14:52'ils sont à la limite si le multiculturalisme
- 14:55canadien possédait dans son application un liant.
- 15:00qui nous permet de mieux comprendre les autres
- 15:03et de créer un partage entre les différents groupes,
- 15:08les différentes appartenances, on se rapprocherait
- 15:10de l 'interculturalisme. Si le multiculturalisme
- 15:13est vu comme des, ce que certains appellent le
- 15:17communautarisme, comme des communautés les unes
- 15:21différentes des autres et sans lien avec les
- 15:24autres, là on est... en train de faire ou de
- 15:28donner naissance à ce que certains ont appelé,
- 15:31Justin Trudeau notamment, a appelé ça le post
- 15:33-national. J 'ai toujours eu beaucoup de difficultés
- 15:36à comprendre qu 'on peut être une nation non
- 15:37-nationale. Juste le dire comme ça, je pense
- 15:40que ça fait déjà image, il y a un danger dans
- 15:45ce modèle -là. Dans le modèle d 'intégration
- 15:47nationale, qui est le nouveau modèle que le Québec
- 15:49vient d 'adopter il n 'y a pas longtemps, qui
- 15:51est très critiquable. parce qu 'ils s 'éloignent
- 15:54de l 'interculturalisme, on est à peu près en
- 15:56train de faire la même chose. Alors que l 'interculturalisme
- 16:00vise à se dire, il y a différentes communautés
- 16:04qui, venant chez nous, vont nous apporter quelque
- 16:07chose. Mais évidemment pas au prix de notre effacement.
- 16:10Parce que nous allons aussi, puisqu 'on est...
- 16:14Il y a une majorité historique qui est pas juste
- 16:16francophone, il y a une majorité historique qui
- 16:18est ici depuis longtemps, anglophone, irlandaise,
- 16:20italienne, qui ont développé une façon de vivre,
- 16:24qui ont développé une idée de ce que nous étions,
- 16:27qui va être partagée avec eux. Et si on avait
- 16:31quelque chose de simple à dire sur les modèles
- 16:34de construction identitaire, il faut trouver
- 16:36des moyens de se parler. des moyens d 'avoir
- 16:40une même compréhension de notre histoire pour
- 16:44avoir une meilleure compréhension de notre présent.
- 16:48Si on réussit ça, on va avoir peut -être plus
- 16:51de facilité à se solidariser face aux défis de
- 16:54l 'avenir. À chaque époque, les défis de l 'avenir
- 16:57sont comme toujours gros, puis on dit que la
- 16:59prochaine élection, c 'est la plus importante
- 17:00parce que... Mais en ce moment, quand on regarde
- 17:05ce qui se passe, pas juste aux États -Unis, mais
- 17:07beaucoup à cause des États -Unis, c 'est vrai
- 17:10qu 'on est dans des périodes difficiles. C 'est
- 17:12vrai qu 'on est dans des carrefours très importants,
- 17:15puis il va falloir qu 'on développe une capacité
- 17:18de travailler ensemble. On aurait dû s 'en occuper,
- 17:21alors qu 'on savait qu 'on était distant les
- 17:24uns des autres, qu 'on savait... peu de l 'autre.
- 17:27On a appelé ça les deux solitudes. Par les Québec
- 17:29-Canada, c 'est ça. Le discours de M. Kearney
- 17:34récemment sur les plaines d 'Abraham est une
- 17:36illustration de ce faussé sur notre lecture de
- 17:43l 'histoire. Alors, on pourrait juste se dire,
- 17:46convidant, qu 'il y a une différence dans la
- 17:50façon dont on voit notre histoire. On peut -tu
- 17:52ça parler? On peut -tu commencer par ça? Et je
- 17:56pense que l 'interculturalisme et le mode de
- 17:58construction identitaire réfèrent entre autres
- 18:01à ce choix délibéré que l 'on ferait de mieux
- 18:05échanger, comprendre l 'autre. Si on les comprend
- 18:09mieux, ben peut -être qu 'on va mieux les reconnaître.
- 18:12Je dis souvent, puis je pense que je le dis,
- 18:14on le dit souvent avec la politique, c 'est mieux
- 18:17connaître pour mieux reconnaître. Fait que je
- 18:19suis évidemment pas un sociologue, je pense que
- 18:21vous non plus, on est tous et deux des gens avec
- 18:22des backgrounds juridiques. Mais de ce que je
- 18:25comprends, essentiellement, encore là, c 'est
- 18:27un spectre. Fait qu 'on a un modèle d 'intégration,
- 18:30qui est le nouveau modèle qui vient être mis
- 18:31de l 'avant, qui est essentiellement l 'assimilation.
- 18:33Fait qu 'on prend les gens qui viennent de l
- 18:35'étranger, on leur dit voici ce qu 'un Québécois,
- 18:38conformez -vous à ça, et maintenant vous êtes
- 18:41à votre tour Québécois. Après ça, on avait peut
- 18:43-être le modèle plus traditionnel au Québec,
- 18:44qui est le modèle interculturel, qui est le...
- 18:48Québécois à Canadien -Français ou la Québécoise
- 18:50-Canadienne -Française a une culture historique
- 18:53ici et les nouveaux arrivants, eux, s 'intègrent
- 18:57à cette culture -là et maintiennent les éléments
- 18:59de leur culture d 'origine. Et souhaité par ce
- 19:03noyau qui n 'est pas que francophone, parce que
- 19:05le noyau historique, c 'est un noyau autochtone,
- 19:09francophone, anglophone. Le Québec historique,
- 19:12c 'est ça. Le Québec historique, c 'est pas arrivé
- 19:15tel jour. Le Québec historique, c 'est une construction
- 19:20du Québec dans le passé. Donc, il y a plusieurs
- 19:22vagues. Il y a un tronc commun à ce Québec -là.
- 19:26Puis là, il y a des nouveaux arrivants qui viennent,
- 19:28qui nous apportent des expériences, qui nous
- 19:30apportent des connaissances. Et il y a un échange.
- 19:32Ils nous enrichissent. Exact. Et il y a un échange
- 19:34là -dedans. Et nous, les reconnaissants, absorbant
- 19:39certains des aspects les plus positifs, eux se
- 19:43sentent... accueillis et donc vont ouvrir leur
- 19:47cœur, si on veut, et leur porte à cette société
- 19:52qui est déjà là. Il y a un désir donc d 'appartenir
- 19:57à cette société d 'accueil. C 'est pas bien compliqué
- 20:01dans le fond. La question c 'est simplement...
- 20:03Quand quelqu 'un arrive à ta porte, tu y envoyes
- 20:05-tu la porte dans la face ou tu y ouves la porte
- 20:07pour commencer à jaser? Essentiellement, c 'est
- 20:10ça. Comment les perceptions humaines se vivent?
- 20:14Multiculturalisme, assimilation, interculturalisme.
- 20:16L 'idée, c 'est est -ce que j 'accueille le monde?
- 20:18Je suis capable d 'y reconnaître puis d 'y respecter.
- 20:21Fait qu 'on respecte leur individualité. C 'est
- 20:24sûr qu 'il y a une culture dominante au Québec,
- 20:27mais ces gens -là se greffent à cette culture
- 20:29-là et la font évoluer ensemble. Puis après ça,
- 20:32on a le modèle plus multiculturel, là où toutes
- 20:35les cultures sont sur un pied d 'égalité. Vous
- 20:37allez avoir du monde qui va vous dire, ben non,
- 20:39le multiculturalisme, c 'est pas juste d 'avoir
- 20:41des communautés qui sont, tu sais, comme un petit
- 20:45morceau -là, puis personne ne se parle. Il y
- 20:48en a qui vont vous dire ça. Le fait est qu 'on
- 20:52vit au Québec avec l 'impression, puis je pensais
- 20:57plus qu 'une impression, que notre participation
- 21:01au Canada n 'est pas du type d 'une communauté
- 21:04comme les autres. Elle est une communauté historique
- 21:08fondatrice qui, bien sûr, par sa langue est différente,
- 21:12sa langue majoritaire est différente d 'ailleurs,
- 21:14et donc nécessite un type de reconnaissance différente
- 21:18des communautés qui forment le multiculturalisme
- 21:21canadien. Rappelons -nous quand même, le rando
- 21:24d 'Unton, le nom de la commission, c 'était bilinguisme
- 21:27et biculturalisme. Ça a fini bilinguisme et multiculturalisme.
- 21:31Juste là, il y a peut -être quelque chose dont
- 21:33on devrait se reparler. Je commençais à entendre
- 21:37des gens ailleurs au Canada dire qu 'on devrait
- 21:39peut -être avoir une loi 101 canadienne parce
- 21:41qu 'il y a des quartiers par exemple où il y
- 21:44a juste de l 'affichage en mandarin, il n 'est
- 21:46pas capable de lire en anglais et les gens se
- 21:48disent que c 'est peut -être pas optimal. La
- 21:51première ministre de l 'Alberta est venue dire
- 21:53récemment que le bilinguisme... français, anglais,
- 21:58pour les juges de la Cour suprême de l 'Ouest,
- 22:01devrait être remis en question parce qu 'il y
- 22:03a plusieurs bilinguismes. Là, on l 'a échappé
- 22:07solide. Oui, c 'est pluriel, c 'est plurilinguiste.
- 22:12C 'est vrai, mais la... Le coeur de ce pays -là,
- 22:17c 'était sur le fait qu 'il y avait deux langues
- 22:20officielles. Elles ont été vécues comme ça, dès
- 22:23après la conquête. Alors forcément, là, on est
- 22:26en train de court -circuiter l 'histoire, puis
- 22:28en même temps, de donner une baffe. C 'est comme
- 22:32ça que c 'est ressenti. Tantôt, je vous parlais
- 22:33de la porte qui s 'ouvre, là. Et là, Mme Smith,
- 22:37elle a compris la porte, elle a fermé au visage
- 22:40de ceux qui disent, excuse -moi, quand on parle
- 22:42du bilinguisme, c 'est... c 'est parce que c
- 22:44'est un trait fondateur, c 'est parce que c 'est
- 22:47donc fondamental dans notre ADN. By the way,
- 22:50pour le dire en anglais, il y a des Franco -Albertins.
- 22:54Puis t 'as des politiques pour les Franco -Albertins.
- 22:58À quoi tu vas les aider? À quoi ça va les servir?
- 23:01Évidemment, je pense que c 'est beaucoup plus
- 23:03un positionnement populiste du moment. Je le
- 23:08disais tantôt, des fois, l 'actualité, dans le
- 23:10court terme, va entraîner des conséquences sur
- 23:12le long terme. Il faut être capable de les nommer.
- 23:14Dans ce cas -là, c 'est une prise de position
- 23:17ponctuelle, puis on doit être capable de lui
- 23:19dire, bien, c 'est pas comme ça qu 'on a fait
- 23:22notre histoire, puis c 'est pas comme ça qu 'on
- 23:23va faire notre avenir. C 'est intéressant parce
- 23:25qu 'avec le contexte américain, je pense que
- 23:27beaucoup de Canadiens essaient de se distancer
- 23:29des États -Unis et notamment de se poser la question
- 23:33pourquoi est -ce que je suis fier d 'être Canadien
- 23:35à travers le pays? Est -ce que ça serait notamment
- 23:39à cause de notre modèle d 'intégration, peut
- 23:41-être que c 'est plus facile, en tout cas pour
- 23:42un Québécois, de cerner la culture québécoise
- 23:45que de cerner la culture canadienne? En tout
- 23:47cas, ils sanglent. Moi, je ne suis pas un spécialiste
- 23:49de la culture canadienne. Je ne suis pas non
- 23:52plus un spécialiste de culture tout court. Mais...
- 23:55Évidemment, il semble que la barrière de la langue
- 23:58nous donne un certain niveau de protection, de
- 24:02reconnaissance entre nous. Ça, je pense que c
- 24:05'est évident. Mais tantôt vous évoquiez, est
- 24:09-ce qu 'au Canada, il devrait y avoir une loi
- 24:11101. La loi 101, c 'était quoi? Dans le fond,
- 24:13c 'est ça le vecteur d 'interculturalisme. C
- 24:16'est de partager une lecture commune, parce que
- 24:20oui, c 'est en français, mais dans les écoles
- 24:22francophones, par des professeurs francophones...
- 24:24ont été formés avant par des cours d 'histoire
- 24:27francophones, on finit par avoir une lecture
- 24:30de notre histoire qui est partagée. Alors, tantôt
- 24:33que je parlais de M. Kearney, clairement, on
- 24:35n 'a pas la même histoire. On n 'a pas juste
- 24:39une loi 101 de langue, mais on a une loi 101
- 24:44de notre histoire qui doit être partagée avec
- 24:49les autres. et il va falloir qu 'on le suive
- 24:52le cours nous autres aussi avant. On a vraiment
- 24:54l 'impression qu 'il faut qu 'on se donne un
- 24:56cours entre nous autres avant d 'accueillir les
- 24:58autres. Comment ça se fait que c 'est là? Est
- 25:02-ce que tous les pays sont là à un moment donné?
- 25:03Peut -être. Mais on est là. Pourquoi est -ce
- 25:07qu 'on devrait en faire tout un plat? on devrait
- 25:10juste le constater et puis dire, OK, je pense
- 25:13que c 'est le temps qu 'on s 'en occupe puis
- 25:14qu 'on essaye de comprendre. Vous autres, vous
- 25:16dites quoi? Nous autres, on va écouter ce que
- 25:18toi -tu dis, puis on va essayer de relire notre
- 25:20histoire. On va peut -être découvrir finalement
- 25:23qu 'il y a des grands moments qu 'on a mis de
- 25:26part et d 'autre, qu 'on a mis de côté. Un des
- 25:30éléments fondamentaux pour moi, quand on regarde
- 25:33l 'histoire, parce qu 'on peut toujours dire
- 25:35qu 'on a perdu les plaines puis c 'est plate,
- 25:37puis il y a toujours des phénomènes, puis Durham
- 25:39aurait dû rester chez eux. Mais reste que lorsqu
- 25:42'on évoque les grands coups, la fontaine Baldwin
- 25:46qui réussisse... eux, de dire malgré l 'Union,
- 25:49malgré Durand, on va faire revivre le bas et
- 25:54le haut Canada parce qu 'on va adopter une règle
- 25:57de double majorité. Honnêtement, je n 'ai jamais
- 26:00appris ça dans mes cours d 'histoire. J 'ai découvert
- 26:03ça, j 'avais 40 ans. Je ne suis pas sûr qu 'il
- 26:05y a bien des Québécois qui sont au courant. Je
- 26:07ne suis pas sûr qu 'il y a bien des Canadiens
- 26:08qui sont au courant. Mais si on veut trouver
- 26:10un modèle d 'alliance entre ce qu 'on appelait
- 26:13les Canadian et les Canadiens français, bien,
- 26:16vous avez cet exemple -là. D 'ailleurs, l 'exemple
- 26:20est tellement fort qu 'on dit, et là, j 'étais
- 26:23pas là, puis je me dis toujours, ça se peut pas,
- 26:25mais on dit que la Fontaine s 'est fait élire
- 26:27à Toronto et que Baldwin est allé se faire élire
- 26:29à Rimouski. Juste cette anecdote -là, ajoutée
- 26:33à une décision interne qui... qui fait blocage
- 26:39à une décision de Londres, puis qui vient nous
- 26:42donner le signal que c 'est du quoi, quand on
- 26:44travaille ensemble, ça marche. Mais ça, on devrait
- 26:48le mettre en valeur. On parlait des États -Unis
- 26:51tantôt. Je veux dire, ce qui nous distingue au
- 26:55Canada, puis c 'est pas juste la langue, c 'est
- 26:57qu 'on a un marché commun canadien qui marche.
- 27:01On vend, pour le Québec, on vend autant au Canada
- 27:05qu 'aux États -Unis. sont dix fois plus populaires
- 27:08que nous. Ça doit vouloir dire quelque chose.
- 27:11La diversification des marchés, c 'est bien.
- 27:14Moi, je trouve formidable l 'Europe, l 'Afrique,
- 27:17l 'Asie. Oui, c 'est formidable. Mais on pourrait
- 27:20s 'approvisionner plus et vendre plus chez nos
- 27:24partenaires canadiens. Nommez -moi la dernière
- 27:26fois que vous avez vu une mission d 'un premier
- 27:28ministre québécois en Alberta, au Nouveau -Brunswick,
- 27:33même en Ontario. À l 'époque où on faisait des
- 27:36conseils des ministres conjoints avec l 'Ontario,
- 27:38il y avait là quelque chose qui prenait, qui
- 27:42avait un sens sur nos alliances possibles. Moi,
- 27:44je suis de ceux qui pensent qu 'on devrait multiplier
- 27:46ce genre d 'initiative -là, le faire avec les
- 27:48provinces de l 'Ouest, avoir une méthode avec
- 27:50BC, faire quelque chose avec les territoires
- 27:52du Nord, même chose avec l 'Atlantique. Il y
- 27:56en a qui vont dire que ce n 'est pas du nationalisme.
- 27:58En quoi ce n 'est pas du nationalisme? C 'est
- 28:00le Québec qui prend sa place puis qui dit nous,
- 28:02voici comment on voit le monde, voici ce qu 'on
- 28:05voudrait mettre sur la table. Vous, vous êtes
- 28:06mon partenaire déjà, j 'échange économiquement
- 28:09avec vous, on peut -tu aller plus loin? C 'est
- 28:12une des raisons d 'être du Canada aussi. Il y
- 28:15avait le Canada ou les deux provinces du Canada,
- 28:18il y avait les Maritimes, il y avait une volonté
- 28:22d 'étendre le territoire géographique, notamment
- 28:24avec un chemin de fer. accès à un parc qui jouait
- 28:27pas l 'hiver avec les Maritimes puis eux autres
- 28:29voulaient avoir accès à notre marché parce qu
- 28:30'on était la grosse colonie de l 'époque. Dès
- 28:34le début, l 'idée d 'un marché commun en Amérique
- 28:37du Nord, parmi les colonies. Puis même s 'il
- 28:41y avait 23 raisons sur comment on est arrivé
- 28:45à ce marché -là. Aujourd 'hui, il est là. Aujourd
- 28:49'hui, le Sud nous dit, je ne voudrais pas...
- 28:53je vais vous causer des problèmes avec les échanges
- 28:56avec nous. Bien oui, nous autres, tu sais ce
- 28:58que c 'est? On a réussi à bâtir quelque chose,
- 29:02puis aujourd 'hui, c 'est pas mal une mesure
- 29:04de protection pour nous. Alors, si vous me posez
- 29:07la question, je ne pense pas que c 'est le temps
- 29:09de mettre des frontières. dans notre marché commun
- 29:11canadien. Je ne pense pas que c 'est le temps
- 29:13de mettre une monnaie différente pour compliquer
- 29:16le marché commun. C 'est le temps d 'en tirer
- 29:18meilleur profit. Si on résume essentiellement
- 29:22des modèles d 'intégration différents, une histoire
- 29:26qu 'on s 'est peut -être perdu de vue un peu
- 29:28sur la façon d 'enseigner. Vous avez été, vous
- 29:30-même, ministre de l 'Éducation. Je pense que
- 29:32le Québec... normalement enseigne sa culture,
- 29:37son histoire à sa façon, les autres provinces
- 29:39peuvent le faire. Peut -être qu 'il y aurait
- 29:40une petite reconnection à faire à ce niveau -là
- 29:42parce que moi, c 'est un des constats que j 'ai
- 29:44fait aussi, parler de la Fontaine Baldwin, moi
- 29:46aussi, il y a très récemment, j 'ai appris toutes
- 29:48les avancées que ce gouvernement -là a fait pour
- 29:51le Canada d 'aujourd 'hui, essentiellement, mais
- 29:54également à quel point on a travaillé avec des
- 29:57réformistes à travers le Haut -Canada également.
- 30:00La rébellion des patriotes, il y avait également
- 30:02une rébellion... dans le Haut -Canada, je pense
- 30:04qu 'il était mené par le grand -père de Mackenzie
- 30:06King, qui n 'est peut -être pas le premier ministre
- 30:08le plus populaire au Québec. Mais c 'est fascinant,
- 30:10mais on dirait qu 'on a perdu cette connexion
- 30:13-là, cette connaissance -là. C 'est pas une reproche
- 30:16qui doit être faite à ceux qui nous ont précédés.
- 30:20Revenons un peu en arrière. Il y avait au Québec,
- 30:27comme je le disais tantôt, avant le référendum
- 30:29de 1976, il y avait une... des Québécois de seconde
- 30:34zone. Ça a commencé à changer avec le maître
- 30:37chez nous, dans le fond, là. Puis, on était comment
- 30:41avant? Bien, on était en survivance. Et la survivance,
- 30:45c 'est quoi? La survivance, c 'est voir la menace,
- 30:49puis l 'ériger en hyper menace pour pouvoir lever
- 30:54le rempart le plus haut possible pour éviter
- 30:57ça. Ça fait que c 'était un peu normal, je dirais.
- 31:00De l 'autre côté... Celui qui avait la majorité
- 31:03puis qui jouait la loi du plus fort, comme Trump
- 31:06le fait aujourd 'hui, bien lui, il se disait,
- 31:08écoute, c 'est moi qui est le plus fort. La démocratie,
- 31:12c 'est que je l 'impose. C 'est démocratique,
- 31:16c 'est ma majorité. L 'histoire peut expliquer
- 31:19un certain nombre de choses, mais une fois qu
- 31:21'on a vu ça, puis on se dit, OK, mais c 'est
- 31:23quoi le modèle pour l 'avenir? Comment on réussit
- 31:26à... Peut -être que... Peut -être qu 'on doit
- 31:29prendre conscience parfois, là, qu 'il y a des
- 31:32différends dans nos compréhensions, puis on veut
- 31:34développer, on doit, je pense, développer une
- 31:38appartenance au Canada plus forte. Il y avait
- 31:42un sondage N21X, 2014, je crois. Il avait posé
- 31:47la question dans toutes les provinces, ceux qui
- 31:50considèrent que... comment ils considèrent que
- 31:51la province est traitée par Ottawa. Vous allez
- 31:54être surpris d 'apprendre qu 'à part l 'Ontario...
- 31:57Toutes les provinces, tous les citoyens de chacune
- 32:00des provinces considéraient que leur province
- 32:02était la plus désavantagée. Le jour que tu étais
- 32:05à Ottawa, puis tu lis le sondage, je te dis,
- 32:07je pars, je vais m 'en occuper. Parce que sinon,
- 32:10qu 'est -ce que ça fait? Ça ne peut qu 'amplifier.
- 32:13Alors, on est... Bon, puis le Québec, le jeudi,
- 32:15assez souvent, là, écoutez, il y a quelque chose
- 32:17qui marche pas, quelque chose qui marche pas.
- 32:18Alors, on devrait... Puis c 'était un peu ça
- 32:20que la politique servait à faire, entre autres.
- 32:22C 'était une politique qui a été rendue publique
- 32:25au 150e. de la Fédération en 2017, puis qui visait
- 32:29dans le fond, parce qu 'il y a une première partie
- 32:31de cette politique -là, une lecture historique
- 32:34où on essaie d 'avoir plus de nuances qu 'il
- 32:36y en avait dans nos livres d 'histoire, puis
- 32:39de déboucher sur, écart, il y a des bouts là,
- 32:42ça s 'appelle une politique d 'affirmation. Ça
- 32:44là, que tu reconnaisses, tu reconnaisses pas,
- 32:46on s 'en fout, nous on l 'affirme, nous on est
- 32:48ça. Alors après ça, il y a une partie de relations
- 32:52canadiennes. C 'est une politique d 'affirmation
- 32:54québécoise et de relations canadiennes. Bien,
- 32:56les relations canadiennes, c 'est comme Québécois,
- 32:59on s 'affirme, on va s 'exprimer sur toutes les
- 33:03termes. Partout on va aller exposer ce que sont
- 33:06nos intérêts. Pas pour vous les passer dans la
- 33:09gorge, pour qu 'ensemble on trouve une formule
- 33:12gagnant -gagnant. Alors quand je reviens sur
- 33:14une lecture d 'histoire commune, c 'est un peu
- 33:16la même chose. C 'est -à -dire comment on peut
- 33:18réussir à se dire c 'est -tu quoi? On a quand
- 33:20même réussi pas mal d 'affaires ensemble. Il
- 33:22reste des petits bouts encore à faire. On constate
- 33:24des écueils. Ça nous tente -tu d 'en parler?
- 33:27Malheureusement, en ce moment, la réponse est
- 33:29non. Non, puis je recommanderais la lecture.
- 33:33Moi, je l 'ai faite. C 'est un document très,
- 33:34très intéressant. Fait que discutons -en justement
- 33:37de l 'affirmation québécoise au sein de la...
- 33:39La fédération, on a parlé, vous avez parlé de
- 33:42la nation québécoise, c 'est quoi un Québécois?
- 33:45Comment est -ce qu 'on pourrait reconnecter avec
- 33:46les autres Canadiens pour... Là, c 'est les deux
- 33:50grandes solitudes, mais qui sont peut -être plus
- 33:52réalistes aujourd 'hui, un petit peu. Mais là,
- 33:55justement, il y a eu Meats, il y a eu Charlottetown,
- 33:58grande déception, un autre référendum assez divisif
- 34:01qui... qui n 'a pas fonctionné. Là, maintenant,
- 34:04on fait quoi? Est -ce que le Canada est dans
- 34:05une impasse ou est -ce qu 'on peut quand même
- 34:07faire des gains pour le Québec dans le contexte
- 34:09actuel? Bon, il y a plusieurs choses dans votre
- 34:10question. La première, c 'est les deux solitudes.
- 34:12Alors ça, c 'est ancré depuis l 'expression qui
- 34:16est sortie dans les années 40, 50. Puis là, on
- 34:19a l 'impression que, hop, c 'est deux solitudes,
- 34:21deux mondes qui ne se parlent pas. Tantôt...
- 34:23du fait qu 'on échange plus avec le reste du
- 34:26Canada qu 'avec les États -Unis, qui sont pourtant
- 34:29dix fois plus nombreux. Puis il y en a qui vont
- 34:30nous dire, «Oui, mais fais bien attention, c
- 34:32'est parce que les États -Unis, c 'est loin.»
- 34:33Bien, le Maine, il n 'est pas plus loin que l
- 34:35'Ontario. Honnêtement, à géographie égale, on
- 34:40a un marché excessivement performant par rapport
- 34:44à la population. Est -ce que vous diriez que
- 34:48dans nos relations commerciales, nous sommes
- 34:49deux solitudes? Quand on regarde la façon dont
- 34:52fonctionne la fabrication automobile ou la fabrication
- 34:55d 'avions, alors que les pièces se construisent
- 34:59ici au Québec, sont envoyées en Ontario ou en
- 35:01Ontario envoyées ici, c 'est pas deux solitudes.
- 35:05Au contraire, c 'est un même marché commun. Alors
- 35:09oui, il y a deux solitudes dans les perceptions
- 35:11qui se développent via les médias d 'information.
- 35:15les instances culturelles, les acteurs culturels,
- 35:18la barrière de la langue fait qu 'il y a effectivement
- 35:22des solitudes qui s 'expriment. Est -ce qu 'on
- 35:25doit rester en état de solitude? Moi, je souhaite
- 35:29la multiplication de forums pour qu 'on sorte
- 35:31de ces solitudes, pas pour qu 'on s 'efface,
- 35:33pour qu 'on comprenne et fasse comprendre, qu
- 35:35'on comprenne l 'autre et qu 'on fasse comprendre
- 35:38ce que nous sommes. Donc... Première chose étant
- 35:42dite, je suis pas sûr qu 'on soit à ce point
- 35:44de solitude. En fait, dans certains égards, pas
- 35:47du tout. Une fois qu 'on a dit ça, on ramène
- 35:50tout le temps la question tout de suite à la
- 35:53Constitution. Ah! Alors, l 'étalon de mesure
- 35:56pour savoir si nous sommes, comme Québécois,
- 35:59satisfaits du Canada, c 'est la place que nous
- 36:02occupons dans la Constitution. Alors, évidemment,
- 36:04il y a un rapatriement qui nous est passé sans
- 36:06qu 'on l 'accepte. On l 'accepte toujours pas.
- 36:09Mais la question constitutionnelle n 'a pas commencé
- 36:11ce jour -là. Aujourd 'hui, on résume ça à, ah,
- 36:14il y a eu un rapatriement unilatéral sans nous.
- 36:16Non, non, non, c 'est plus profond que ça. C
- 36:18'était avant. 120 ans. On en parlait avant. Jusqu
- 36:23'à un certain point, il y en a même qui vont
- 36:24dire, oui, il y a bien du monde qui est important
- 36:25du 167, parce qu 'on n 'a pas accepté tout le
- 36:28monde à la conférence de Charlottetown, donc
- 36:30on peut aller bien loin. Mais le fait est que,
- 36:33même dans les quelques années avant, les conférences
- 36:35constitutionnelles, tantôt je parlais de l 'Orando
- 36:37-Dunton, je veux dire, il y avait... un foissonnement
- 36:41d 'événements qui cherchait à permettre, notamment
- 36:45au Québec, d 'avoir la capacité de développer
- 36:50sa particularité et presque de la célébrer, parce
- 36:54que dans le fond, moi, je pense que ça va être
- 36:55célébré, mais il faut encore le faire comprendre.
- 37:00Est -ce que tout ça passe par un changement à
- 37:03la Constitution le jour 1? Je pense que c 'est
- 37:06impossible. Ça ne commence pas par un changement
- 37:09constitutionnel. Tu changes la Constitution une
- 37:11fois que tu sais ce que tu veux changer. Et donc,
- 37:14ça doit commencer par un dialogue. Le phénomène
- 37:18de Meach, pour ceux qui s 'en souviennent, les
- 37:21premiers ministres, je pense pas qu 'il y avait
- 37:23de femmes à l 'époque. sont tous avec leurs chemises,
- 37:26leurs cravates, sont arrivés pour une journée,
- 37:28puis ils sont passés comme à peu près une semaine
- 37:30quand ils ont voulu sauver Meech. Et puis personne
- 37:33sortait de la salle sans s 'entendre. Je veux
- 37:36dire, c 'était du tirailment terrible. Puis là,
- 37:39ça se fait aller porte fermée. Là, tu dis, mais
- 37:42on va se faire une entente constitutionnelle,
- 37:45mais on va nous l 'expliquer après? C 'est pas
- 37:49une loi banale. C 'est supposé être notre contrat
- 37:51social. Il doit y avoir un échange préalable.
- 37:55Il doit y avoir un consensus qui se développe
- 37:57avant de le faire. Alors, et la politique qu
- 38:01'on a mise de l 'avant ne nie pas qu 'il doit
- 38:03y avoir des modifications constitutionnelles.
- 38:05Il devra y en avoir. Est -ce qu 'elles devront
- 38:08être uniquement pour le Québec? Ça me semble
- 38:11peut -être... incohérent avec la nécessité qu
- 38:15'on ait un dialogue, pas un monologue. Alors,
- 38:19on y arrivera. Mais la première étape, c 'est
- 38:22d 'abord de s 'entendre sur d 'où on vient, puis
- 38:25où on est. Après ça, on peut se demander où on
- 38:28veut aller, où est -ce qu 'on ne veut plus y
- 38:29aller. Mais... La première étape, c 'est d 'abord
- 38:32de se dire, puis on veut dire, le moment est
- 38:35intéressant. M. Carney fait un discours à Davos
- 38:38salué par tout le monde. Deux jours après, il
- 38:41en fait un qui était logique, il en fait un sur
- 38:44l 'unité nationale. Suite à ce discours où j
- 38:47'interpelle le monde qui veut ramener une règle
- 38:51de droit, le respect de la règle de droit, on
- 38:55vient au Canada puis on dit, écoutez, il faut
- 38:59qu 'on se tienne debout, tout le monde ensemble.
- 39:01et qu 'on partage une lecture historique qui
- 39:05est presque un affront à la lecture historique
- 39:10que nous, nous avons. Je n 'en veux pas. Je veux
- 39:13juste dire, peut -être que ma lecture historique
- 39:16ne te plaît pas, ta lecture ne me plaît pas,
- 39:19mais si on veut vraiment donner une finalité
- 39:22à ton discours d 'unité nationale et de solidarité,
- 39:25est -ce qu 'on commence pas à jaser? Et c 'est,
- 39:29il y en a qui vont dire, ah bien, tu vois, le
- 39:31télérébéral, tout ce qu 'il veut, c 'est jaser.
- 39:33Il y a une finalité à ce jasage -là. La finalité
- 39:36du jasage, c 'est d 'être plus fort en étant
- 39:39soi -même, en gardant notre identité propre,
- 39:43notre appartenance particulière au Québec, en
- 39:45développant une appartenance au Canada. Il y
- 39:48en a d 'autres qui vont avoir une appartenance,
- 39:49ils viennent du Vietnam ou d 'ailleurs, ils vont
- 39:51conserver cette appartenance -là, mais on va
- 39:54renforcer leur appartenance au Québec et au Canada.
- 39:57Le pluralisme devrait être celui -là. Puis c
- 40:01'est intéressant que vous mentionnez ça parce
- 40:03que j 'ai l 'impression qu 'au nom du nationalisme
- 40:06québécois... certains premiers ministres passés,
- 40:09puis je n 'ai pas nommé personne, je ne veux
- 40:10pas que ce soit partisan, mais ont délaissé les
- 40:13relations intergouvernementales avec les autres
- 40:15provinces, les relations intergouvernementales
- 40:18au nom de nous, on va s 'affirmer, on va faire
- 40:20nos choses quand... Comme vous le mentionnez,
- 40:23il y a probablement plein de provinces qui ont
- 40:25des intérêts communs avec nous sur certains sujets.
- 40:28Il y a de la scématique qui a un sens. Vous avez
- 40:30peut -être noté, mais d 'ailleurs, le gouvernement
- 40:32de M. Legault ne l 'a pas changé, cette politique
- 40:35-là. On a changé le nom du ministère, qui était
- 40:38le secrétariat aux affaires intergouvernementales.
- 40:41Maintenant, c 'est le secrétariat aux relations
- 40:44canadiennes. Affaires intergouvernementales,
- 40:47c 'est ce qui concerne des relations de gouvernement
- 40:50à gouvernement. Les relations canadiennes, c
- 40:53'est oui, cela, mais plus. C 'est les relations
- 40:56gouvernement à société civile et c 'est les relations
- 40:59civiles québécoises à la société civile canadienne.
- 41:05Et donc, c 'est d 'ouvrir un... une plateforme
- 41:08de dialogue beaucoup plus large, de l 'encourager,
- 41:11de faire en sorte que nos environnementalistes
- 41:14puissent être partout, ou nos scientifiques,
- 41:18je dis environnementalistes parce qu 'il y a
- 41:19un des éléments qui, au moment de la rédaction,
- 41:21qui me plaisait bien. Évidemment, avec le temps,
- 41:24ça change un peu, mais Steven Guilbault n 'était
- 41:27pas ni député fédéral, ni ministre fédéral à
- 41:29l 'époque. C 'était un environnementaliste très
- 41:31connu au Québec. Et il se retrouve sur une photo
- 41:34avec la première ministre du NPD, de l 'Alberta,
- 41:39à l 'époque, qui faisait une annonce sur la façon
- 41:43dont elle allait à l 'avenir tirer profit des
- 41:46ressources pétrolières. Et notre Steven Guilbault
- 41:49québécois est là. parce qu 'il a participé à
- 41:52l 'élaboration de cette politique albertaine
- 41:55sur le pétrole, sur le climat qui concerne le
- 41:58Québec et le Canada. Je trouve qu 'il y a un
- 42:00sens fort là -dedans de l 'influence québécoise
- 42:05qui participe à une politique publique albertaine.
- 42:11Mais ça veut dire que peut -être qu 'il y aura
- 42:14quelqu 'un de l 'Alberta, du Manitoba, qui pourrait
- 42:17avoir une influence sur nos politiques et il
- 42:19ne faudrait pas. se dire, ah, c 'est de l 'influence
- 42:22étrangère. Bien non. Bien non. On est capable
- 42:25de tirer profit des influences qui viennent de
- 42:29notre appartenance canadienne pour progresser.
- 42:32Et je pense que c 'est pas faire mal à personne
- 42:35que de dire ça. Non, puis je pense que de prendre
- 42:37ce qu 'il y a de mieux dans chaque province ou
- 42:39en tout cas de l 'expertise ou des bonnes idées
- 42:41d 'une autre province pour les étendre aux autres,
- 42:44je pense, c 'est le régime d 'assurance maladie.
- 42:45Il y a personne au Québec qui va se dire que
- 42:47c 'est une mauvaise chose le régime d 'assurance
- 42:49maladie. Ça émane, je pense, de la Saskatchewan.
- 42:52d 'avoir un programme. Puis là, je pense que
- 42:53nos programmes de garderie sont regardés à travers
- 42:56le pays. Ça serait normalement le fun d 'avoir
- 42:57des garderies accessibles à tout le monde. Exactement.
- 42:59Le programme de CPE. Je pense qu 'il faut en
- 43:01être fier. Mais si on a 10 gouvernements de province
- 43:05plus 3 territoires, puis que tous ces gens -là
- 43:07développent des politiques publiques, puis qu
- 43:08'ils ont des programmes qui fonctionnent dans
- 43:10leur province, puis après ça, d 'aller voir et
- 43:11dire, ils pourraient nous aider sur tel ou tel
- 43:13aspect. Moi, demain matin, est -ce que quelqu
- 43:15'un est capable de nous aider à avoir un meilleur
- 43:17accès aux soins de santé, même si ça vient d
- 43:19'Ontario ou ça vient de... Si c 'est un professeur
- 43:21d 'Université... de Terneuve, mais qu 'il y a
- 43:24une bonne idée qu 'on va prendre, n 'importe
- 43:26quoi. Une bonne idée pour régler l 'accès à la
- 43:28santé, je pense, que des fois lesquels le premier
- 43:29ministre serait preneur. C 'est vraiment, vraiment
- 43:31intéressant. Merci pour ça. Puis j 'aimerais
- 43:33justement poursuivre un peu la réflexion sur
- 43:35comment est -ce qu 'on consulte les autres, comment
- 43:37est -ce qu 'on interagit avec les autres. Parce
- 43:39que vous, vous avez fait partie, je pense, de
- 43:40deux gouvernements qui étaient très actifs sur
- 43:42la scène fédérale avec les autres provinces,
- 43:46notamment le gouvernement Charelle et le gouvernement
- 43:47Couillard. Parlez -moi un peu du Conseil de la
- 43:50fédération. C 'est quoi, cette bébite -là? Ça
- 43:52servait à quoi? Ça sert à quoi? Bien, puis il
- 43:55y a eu plusieurs dimensions, de dire, Benoît
- 43:57Pelletier, Jean Charest ont lancé le Conseil
- 44:00de la fédération, qui est, dans le fond, une
- 44:03transformation de la réunion des premiers ministres
- 44:07des provinces et territoires, qui se faisait
- 44:10avant. Dans le fond, une rencontre. un peu social,
- 44:15peut -être, moins de soutien de secrétariat,
- 44:18je dirais. Donc, on a donné une instance un peu
- 44:21plus organisée. Aujourd 'hui, si j 'avais...
- 44:23D 'ailleurs, il y a eu une... l 'Université du
- 44:26Québec avait fait un mini -coloc, où Bonapultier,
- 44:29Jean Charest, moi -même, nous étions là, où j
- 44:31'avais plaidé pour qu 'on lui donne un soutien
- 44:33de fonction publique plus large. pour aller plus
- 44:37loin dans ce que les provinces et les territoires
- 44:39peuvent faire ensemble, qui est une espèce de
- 44:41forme de confédéralisme, si on veut. C 'est aussi
- 44:44une forme de représentation des intérêts provinciaux
- 44:48et territoriaux face à Ottawa. dans le contexte
- 44:52des ressources financières qui sont dévolues
- 44:54aux provinces et territoires, ça semble normal
- 44:57aussi qu 'il y ait ce genre de choses. Donc ça,
- 44:59c 'est un des volets. On peut le mettre à profit
- 45:02plus ou moins selon les différents leaders qui
- 45:05y sont. Quand M. Ford a assumé le leadership...
- 45:10Il y avait M. Trump. On a bien vu qu 'il l 'a
- 45:12assumé avec vigueur. M. Charest a utilisé le
- 45:20Conseil des Fédérations pour lancer le Canada
- 45:22dans une discussion avec l 'Europe sur une entente
- 45:25de libre -échange avec l 'Europe. À noter, c
- 45:28'était une idée du Québec. Les négociations ont
- 45:33été faites. Bien sûr, le fédéral était impliqué.
- 45:35C 'est sa responsabilité. Mais avec... les provinces.
- 45:39Ce n 'est pas le fédéral qui a fait des négociations
- 45:41et qui faisait un rapport mensuel aux provinces
- 45:43ou semi -mensuel pour dire, bien, voici, on est
- 45:46rendu là. Il y avait un travail conjoint et je
- 45:50crois que c 'est une formule qu 'Ottawa devrait
- 45:52mettre de l 'avant, surtout aujourd 'hui. On
- 45:55est en train de se parler, de diversifier nos
- 45:59alliances. Alors, juste un élément. Pourquoi
- 46:05pas tirer profit qu 'il y a? un bon nombre de
- 46:09pays dont le français est une langue importante.
- 46:13Alors que ce soit l 'Afrique, que ce soit en
- 46:15Europe, on l 'a fait. Ça a été vrai dans le cadre
- 46:18de l 'accord de libre -échange avec l 'Europe.
- 46:22Pourquoi est -ce qu 'on n 'attire pas un profit?
- 46:24Même chose pour l 'économie britannique, vous
- 46:25dire qu 'il y a une fenêtre sur l 'Asie. Pourquoi
- 46:27on n 'utilise pas ça comme tremplin? Alors, il
- 46:30y a comme au gouvernement fédéral une espèce
- 46:33de lecture, c 'est toujours la vieille lecture
- 46:34du gouvernement supérieur par rapport au gouvernement
- 46:37inférieur, une lecture que le Canada, ce serait
- 46:40le gouvernement fédéral. Non, le Canada, si on
- 46:42veut parler des... des gouvernements du Canada,
- 46:44c 'est les provinces, les territoires et Ottawa,
- 46:47et on devrait les faire travailler ensemble davantage.
- 46:51Et donc, le conseil des Fédérations avait été
- 46:53utilisé par Jean Charest pour assumer ce leadership
- 46:56-là. Les outils qu 'on met de l 'avant, ils sont
- 46:59utiles dans la mesure où on les utilise, puis
- 47:02on les fait travailler. un des éléments que M.
- 47:05Charest a fait, que Mme Marois va laisser tomber,
- 47:07que M. Couillard a répliqué, que M. Legault a
- 47:08laissé tomber, c 'était nos, comme je le disais
- 47:11tantôt, les rencontres conjointes des ministres,
- 47:14des conseils des ministres de l 'Ontario et du
- 47:16Québec. Et les gens vont dire, oh oui, mais ça
- 47:18donne quoi? Ils se rencontrent une journée par
- 47:22année, puis ils nous font un communiqué de presse,
- 47:24puis ça donne quoi? Bien, il faut savoir que
- 47:26quand tu crées l 'institution de une journée...
- 47:31de rencontre. Ça, ça veut dire qu 'en amont,
- 47:34il y a des fonctionnaires qui disent, on va faire
- 47:36quoi? On va se préparer. On fait quoi à cette
- 47:38rencontre -là? C 'est quoi les sujets? Et là,
- 47:40les machines politiques se mettent en branle.
- 47:42C 'est quoi les sujets? Qu 'est -ce qu 'on aborde?
- 47:44C 'est quoi l 'actualité? En quoi notre association
- 47:47serait utile pour nos citoyens? Ça, c 'est du
- 47:51nationalisme. Comment je mets de l 'avant les
- 47:55intérêts du Québec lors de cette rencontre -là
- 47:58pour les servir au mieux? Alors évidemment, si
- 48:00vous êtes souverainiste, vous dites ça, c 'est
- 48:02du mauvais nationalisme. J 'essaie de comprendre
- 48:05à quoi c 'est mauvais de pouvoir faire progresser
- 48:07les intérêts du Québec, mais c 'est comme ça
- 48:09qu 'il le présente. Alors que moi, je prétends
- 48:12qu 'il faut qu 'on soit présent à toutes les
- 48:14tables et celle -là en est une qui était importante.
- 48:17On a fait des avancées là. Et je crois qu 'on
- 48:20devrait multiplier le genre de forums. Ce ne
- 48:23sera pas toujours des forums conjoints de conseils
- 48:25des ministres. Ça peut être des rencontres alternées
- 48:28du premier ministre de l 'Économie britannique
- 48:29avec celui du Québec. Il y a déjà un forum en
- 48:33Atlantique pour les premiers ministres d 'Atlantique.
- 48:35Pourquoi pas y inclure le Québec de façon...
- 48:40dans une certaine partie de leur rencontre, tout
- 48:42au moins. On peut multiplier. On a un ordre du
- 48:45Québec. Puis, il y a des territoires au Canada.
- 48:49Est -ce qu 'il y a des expériences communes qu
- 48:51'on peut mettre de l 'avant? C 'est sûr que si
- 48:54on crée une table, ça va nous forcer à identifier
- 48:57des pistes. Mais si on crée pas de table, bien,
- 49:00on y pense pas, puis on verra plus tard. On passe
- 49:03à côté d 'opportunités. Donc, dans les gestes
- 49:09qui ont été posés, il y a eu une volonté dans
- 49:12les gouvernements libéraux, en tout cas auxquels
- 49:14j 'étais associé. de multiplier ces relations
- 49:17-là. Est -ce qu 'on est allé au bout de l 'expérience?
- 49:20À mon avis, non. On peut le faire encore plus,
- 49:22encore davantage. Qu 'est -ce qu 'on y gagnerait?
- 49:25Se faire mieux connaître et être mieux reconnu.
- 49:28Et à ce moment -là, on pourra se dire, ah, on
- 49:31pourrait le mettre dans la Constitution. Parce
- 49:33que c 'est assez... C 'est assez fascinant, des
- 49:35fois, je regarde, j 'écoute la première ministre
- 49:37Albertaine faire des sorties, puis elle a dit,
- 49:40mais nous, on veut ce que le Québec a, c 'est
- 49:43extraordinaire. Ottawa fait juste écouter le
- 49:45Québec, puis après ça, t 'écoutes les Québécois,
- 49:48puis en tout cas, certains partis au Québec qui
- 49:50vont dire, ah, Ottawa ne nous écoute jamais.
- 49:52C 'est fascinant à quel point on a des intérêts
- 49:55et des problématiques communes. problème de perception
- 49:59aussi probablement à cause qu 'il n 'y a pas
- 50:01ces discussions -là. Je pense qu 'il y a comme
- 50:02n 'importe quel réseau. On est des êtres sociaux,
- 50:05des êtres humains. Si j 'ai un ami que j 'ai
- 50:08pas vu depuis 20 ans, mais ça se peut que j 'ai...
- 50:10un peu plus de difficulté à l 'appeler, prendre
- 50:13le téléphone puis l 'appeler. Si je le vois une
- 50:15fois par mois, une fois par trois, quatre, cinq
- 50:16mois, bien là, quand il y a une problématique
- 50:18ou un enjeu commun, bien, la procédure, c 'est
- 50:20beaucoup plus facile de l 'appeler ou on a déjà
- 50:22une rencontre de fixé. Ça fait en sorte qu 'on
- 50:23peut collaborer davantage puis ils disent, c
- 50:25'est quoi, loin des yeux, loin du coeur. Oui,
- 50:27non, mais dans tout, dans tout. Je parlais du
- 50:30conseil de fédération. Ça dépasse ceux qui y
- 50:34sont, ceux qui le veulent en faire. T 'as un
- 50:36outil, si tu l 'utilises pas... Il est inutile.
- 50:42Il faut se demander donc, au -delà des institutions
- 50:45et des constitutions, le monde qui nous représente,
- 50:50les décideurs publics qui ont à cœur de défendre
- 50:54et de promouvoir nos intérêts, que font -ils?
- 50:56Parce que simplement leurs actions, pas les outils
- 51:01qu 'ils vont mettre, juste leur relation, la
- 51:04façon dont ils vont les développer peut devenir
- 51:06un vecteur. de progrès pour les gens qu 'ils
- 51:11représentent. Oui, il y a plein d 'enjeux constitutionnels,
- 51:15il y a plein d 'enjeux institutionnels, mais
- 51:17quel est l 'esprit que je veux donner dans la
- 51:20gouverne que je veux exercer? Et je pense que
- 51:23ça, c 'est le genre de question qu 'on devrait
- 51:25se poser lorsqu 'arrive le temps d 'une élection.
- 51:29De toute notre discussion, moi, ce que je retiens,
- 51:32c 'est... Vous venez d 'en parler rapidement,
- 51:34mais... Oui, on peut discuter de Constitution,
- 51:37mais avant même d 'arriver à discuter de Constitution
- 51:39dans un contexte canadien, prenons la peine de
- 51:43se connaître, prenons la peine de se parler,
- 51:46prenons la peine de développer ces relations
- 51:48-là pour que quand on soit rendu à parler de
- 51:51Constitution, parce qu 'inévitablement, il va
- 51:52falloir le faire un jour, bien on a déjà des
- 51:55compréhensions communes à faire. Parce que c
- 51:58'est plus important la compréhension commune
- 52:00que la façon dont on l 'écrit dans la Constitution,
- 52:03qui reste un texte. L 'esprit est plus important
- 52:05que la lettre, bien que la lettre nous protège.
- 52:09Mais lorsqu 'on a fait le lancement de notre
- 52:13politique d 'affirmation du Québec et de relations
- 52:15canadiennes, «Québécois, notre façon d 'être
- 52:17Canadien», je disais... On se demande toujours
- 52:22si le fruit est mûr. C 'est où était l 'expression?
- 52:25Est -ce que le fruit est mûr pour changer la
- 52:27constitution? Et je disais, à compter d 'aujourd
- 52:30'hui, il faut plutôt constater qu 'on met une
- 52:32graine en terre. Ah! Seigneur! Là, les journalistes
- 52:35regardaient et disaient, là, on se demandait
- 52:37si le fruit était mûr, puis là, tu me demandes
- 52:39de mettre la graine en terre, on verra jamais
- 52:41la conclusion de cette affaire -là. Peut -être
- 52:43pas demain, non. Mais ça fait combien de temps
- 52:46qu 'on court après, puis le fruit n 'a pas mûri,
- 52:49puis la foi qui a mûri, il a mal mûri. Peut -être
- 52:52qu 'on devrait revenir aux fondamentales. Au
- 52:55départ, au départ, on a des lectures de notre
- 53:00présence en Terre canadienne différentes. Bon,
- 53:04peut -être que le premier mois, puis les 10 premières
- 53:06années, puis les 100 premières années, c 'était
- 53:08pas important. Mais aujourd 'hui, alors que la
- 53:11planète se... pose des questions économiques,
- 53:14environnementales. Nous autres, on fait quoi?
- 53:17Quand tu regardes le monde, l 'Ukraine, Gaza,
- 53:23on peut le nommer là. Puis là tu te dis, nous
- 53:26autres au Canada, on fait quoi là -dedans? Puis
- 53:28on se dit, ben on peut pas rien faire, on peut
- 53:31pas intervenir là -bas, ben on a pas les forces
- 53:34armées pour ça, puis c 'est loin. Oui mais on
- 53:37fait quoi chez nous, nous autres? avec nos différents
- 53:40qu 'on a, qui ne sont pas de la dimension que
- 53:42je viens de nommer. Mais est -ce qu 'on n 'a
- 53:44pas un modèle à offrir au monde? Est -ce qu 'on
- 53:47n 'a pas? En tout cas, on a certainement des
- 53:48graines de ce modèle -là. Mais il est à part
- 53:51faire. Mais si on réussissait à bâtir une société
- 53:54plurielle où il est possible d 'avoir, de vivre
- 54:00en notre âme et conscience, une appartenance
- 54:03à notre goût, sans que personne nous juge ou
- 54:06nous catégorise pour ça. Ça, il y a des conséquences
- 54:09pour ça. Puis, qu 'on puisse pouvoir le vivre
- 54:13en reconnaissant l 'appartenance de l 'autre,
- 54:14puis en se disant, bien, ça, ça va être notre
- 54:15modèle. Ça va être ça, la société qu 'on va bâtir.
- 54:18Une société plurielle où chacun a des membres
- 54:20à sa place, mais qui décident ensemble d 'avoir
- 54:22une appartenance commune. Si on avait ça comme
- 54:25modèle, bien, peut -être qu 'on pourrait aller
- 54:27dans d 'autres pays puis dire, ça, c 'est ça
- 54:29à quoi on croit. Puis, savez -vous quoi? C 'est
- 54:31faisable. On l 'a fait. Aujourd 'hui, allez le
- 54:34dire à l 'ONU. Il y a quelqu 'un qui va dire,
- 54:36ouais. Il y a une partie qui veut faire la séparation
- 54:39au Québec, puis il y en a une autre en Alberta.
- 54:41Peut -être que tu pourrais aller faire le ménage
- 54:43de ta maison avant. Autrement dit, on peut se
- 54:48dire, ah, c 'est des vieilles histoires. Dans
- 54:50le fond, c 'est l 'histoire de la vie humaine
- 54:53qui vit les uns avec les autres. Puis il y a
- 54:56eu des moments où ça allait mieux, tout à l 'heure,
- 54:57ça allait moins bien. Mais la seule chose possible
- 54:59de se dire, c 'est, dans le fond, on est tous
- 55:01humains. Je dis souvent, en même temps qu 'il
- 55:03y a des Merciens qui arrivent en Ukraine, les
- 55:06Russes et les Ukrainiens vont travailler ensemble
- 55:08pour essayer d 'y repousser, la menace commune
- 55:10va être autre. Peut -être qu 'on doit constater
- 55:13que c 'est entre nos mains. C 'est nous autres
- 55:16qui avons décidé nos relations humaines, on va
- 55:18les décider nous -mêmes. Je pense que ça va être
- 55:19intéressant de peut -être pas faire les mêmes
- 55:21erreurs qu 'on a faites dans le passé. Je pense
- 55:22que tant à la Confédération, puis vous avez parlé
- 55:24de Meech, on envoie des délégués, ils négocient
- 55:27quelque chose dans une salle, après ça on sort
- 55:29de là puis on dit voici notre entendre puis on
- 55:30essaye de la vendre, d 'aller avant puis d 'essayer
- 55:34de comprendre ce que les gens veulent, d 'essayer
- 55:37de socialiser. comment est -ce qu 'on pourrait
- 55:39améliorer notre pays? Puis après ça, de faire
- 55:41l 'exercice de négociation, c 'est sûr que ça
- 55:45augmente probablement nos chances de succès.
- 55:46Je n 'étais pas là à Confédération, à la conférence
- 55:50de Charlottetown. Je n 'étais pas là depuis si
- 55:52longtemps. J 'ai vu comment Meech s 'est faite.
- 55:57C 'était l 'époque, mais aujourd 'hui, en cette
- 56:01ère d 'acceptabilité sociale, la première chose
- 56:05qu 'on doit se dire, c 'est... Peut -être qu
- 56:08'on s 'est... constatons, c 'est quoi le problème?
- 56:11Avant de dire, j 'ai une solution, c 'est quoi
- 56:13le problème? Si le problème, c 'est entre autres
- 56:15qu 'on se comprend pas, on essaie -tu de se comprendre?
- 56:18Pis vers quoi on veut aller? Pis peut -être qu
- 56:20'on va constater qu 'on veut pas aller à la même
- 56:22place? Déjà, ça va nous clarifier quelque chose,
- 56:27mais je pense que non. Je pense qu 'il va y avoir
- 56:29des numances, mais il va y avoir un espèce de
- 56:30direction qui ressemble pas mal à ce qu 'on appelle
- 56:33de plus en plus les valeurs québécoises et les
- 56:35valeurs canadiennes, et on aurait bien de la
- 56:37misère à dire. à part l 'attachement aux Français,
- 56:40qu 'elles sont différentes tant que ça, les unes
- 56:42que les autres. Aujourd 'hui, on parle du respect
- 56:44de la règle de droit, on veut donner de la stabilité.
- 56:48On aime à dire qu 'on veut donner une place à
- 56:51chacun. Je ne suis pas sûr qu 'on y ait réussi
- 56:52totalement, ni au Canada ni au Québec. Alors,
- 56:55c 'est plus vers ça, dans le fond, de constater
- 56:58qu 'on va toujours avoir une personnalité. Moi,
- 57:01c 'est vrai pour moi -même, ma famille, ma ville,
- 57:06ma province, mon pays. Mais quand tu regardes
- 57:09à l 'échelle humaine, je ne suis pas tellement
- 57:11différent de quelqu 'un qui est un père de famille
- 57:14en Afrique, en Asie ou aux États -Unis. Je veux
- 57:18dire, on est tous en train de se demander qu
- 57:20'est -ce qu 'on reste à nos enfants. Alors peut
- 57:23-être que des fois, se rappeler cet élément de
- 57:25base -là, qu 'on se ressemble plus qu 'on pense,
- 57:29ça nous permettrait d 'aller plus loin. J 'en
- 57:31retiens, parlons -nous essentiellement. Et également,
- 57:35s 'il y a des jeunes fédéralistes qui nous écoutent
- 57:37et qui se disent que c 'est tellement plus facile
- 57:38de rester Canadien que de se séparer, il y a
- 57:42du travail à faire chez nous aussi. Je pense
- 57:44que maintenir une relation qui dure depuis au
- 57:46-dessus de 150 ans pour l 'améliorer, la mettre
- 57:48à jour et s 'assurer qu 'elle fasse l 'affaire
- 57:50à tout le monde, c 'est beaucoup de travail,
- 57:51mais je pense que ce travail -là vaut la peine.
- 57:52Il ne faut pas prendre congé de ce qu 'on a à
- 57:54faire nous -mêmes au Québec, parce qu 'au Québec,
- 57:57on est parti sur une dérive de construction identitaire.
- 58:00qui, à mon avis, est mal fondé. Alors, c 'est
- 58:04pas vrai qu 'on peut dire, je vais appliquer
- 58:06la loi de la majorité au Québec, puis je vais
- 58:07m 'en plainte quand elle est appliquée au Canada.
- 58:09Vous avez un moment donné, si tu t 'es emprunté
- 58:10au Canada, peut -être que tu devrais éviter de
- 58:13le faire au Québec. Donc, on a des choses à faire
- 58:15ici et au Canada. Puis, à la fin du jour, ceux
- 58:19qui commencent à faire la politique, nous, à
- 58:21un moment donné, on a pris des modèles, des moules,
- 58:23puis on a peut -être des empreintes trop profondes.
- 58:25Mais pour ceux qui commencent, peut -être juste
- 58:28se demander... Pourquoi on fait ça de la politique
- 58:31si c 'est pas pour notre monde? Alors, on va
- 58:34besoin de quoi notre monde? Une fois qu 'on pose
- 58:36cette question -là, on arrive peut -être à des
- 58:37réponses différentes. Jean -Marc Fournier, merci
- 58:39beaucoup. Merci à vous.