Latest / Le cheveu... fil de l'âme / L'histoire de L'OUBLI DE SOI
Transcript
- 0:00Bienvenue dans cette série de 7 épisodes autour de ces petites histoires que les coiffeuses peuvent parfois se raconter quand la fatigue s'installe,
- 0:09quand elles arrivent à saturation ou simplement quand elles essaient de continuer à tenir.
- 0:14A chaque épisode,
- 0:16je vais vous parler d'une de ces histoires.
- 0:19Bonne écoute !
- 0:20Dans l'épisode précédent,
- 0:22nous avons parlé de l'histoire de la comparaison.
- 0:24Tu sais,
- 0:25cette fameuse phrase qui dit que les autres y arrivent bien,
- 0:28pourquoi pas moi ?
- 0:30Et on a pu essayer de remettre en question un petit peu la valeur de la comparaison,
- 0:33est-ce que pour autant ça veut dire qu'on ne vaut moins et ainsi de suite.
- 0:37N'hésite pas à aller réécouter l'épisode et puis me donner ton point de vue,
- 0:39je me ferai un plaisir de le partager avec toi.
- 0:43Aujourd'hui,
- 0:44pour la dernière histoire,
- 0:45nous allons parler de l'histoire de l'oubli de soi.
- 0:49Je pense que ça va être celle qui englobe le tout et qui revient tellement à l'humain.
- 0:56Avec cette phrase qui dit toujours
- 0:58« je penserai un mois plus tard,
- 0:59là,
- 1:00les autres ont besoin de moi » .
- 1:02On en parle tout de suite dans cet épisode.
- 1:07Le cheveu fil de l'âme.
- 1:10Ce podcast s'adresse aux coiffeuses qui sentent que la coiffure commerciale ne répond plus à leurs besoins de sens.
- 1:17Je suis Marie-France,
- 1:18coiffeuse depuis plus de 40 ans.
- 1:20J'ai longtemps pratiqué la coiffure de transformation avant de réaliser que les cheveux ne demandent pas toujours à être changés,
- 1:29mais à être écoutés.
- 1:31A travers mon parcours,
- 1:32j'ai compris que les cheveux parlent,
- 1:35qu'ils racontent l'histoire intérieure des femmes,
- 1:37leurs émotions,
- 1:39leur passage de vie,
- 1:40leurs besoins inconscients.
- 1:43Et que dans notre posture de coiffeuse,
- 1:45soit on peut rester à la surface,
- 1:48soit devenir un véritable espace de rencontre humaine.
- 1:52Alors tu vois cette fameuse phrase ?
- 1:55Ouais moi ça peut passer après en fait c'est d'abord les autres.
- 1:59Mouais,
- 1:59l'oubli de soi.
- 2:01Est-ce que ça te parle ?
- 2:03Parce qu'il faut quand même reconnaître,
- 2:05toute la journée tu prends soin de tes clientes,
- 2:07tu prends soin de ton personnel si tu en as.
- 2:09de ta famille,
- 2:11ton mari,
- 2:12tes enfants ou même d'autres proches,
- 2:14de toutes les personnes qui comptent pour toi.
- 2:17Tu es présente,
- 2:18tu es disponible et tu es attentive aux besoins des autres.
- 2:24Alors est-ce que c'est le propre de la coiffeuse ?
- 2:26Je ne sais pas,
- 2:26ça peut être le propre de chacun de nous.
- 2:29On n'est pas obligé d'être coiffeuse pour autant,
- 2:30mais c'est sûr qu'on est dans un métier qui fait qu'on est quand même avec l'humain tout le temps.
- 2:36Donc on est...
- 2:37Excusez-moi,
- 2:37je n'aime pas cette expression,
- 2:39au service de.
- 2:40Je déteste ça parce que ce n'est pas vrai.
- 2:42Personne n'est au service de personne.
- 2:45Mais on se met au service de,
- 2:48pour plaire,
- 2:49pour ne pas déplaire,
- 2:50pour ne pas être égoïste,
- 2:52pour plein de choses.
- 2:54Alors petit à petit,
- 2:55sans même t'en rendre compte,
- 2:56toi tu vas avoir tendance à repousser ce que toi,
- 2:59tu as vraiment besoin.
- 3:01Et bien souvent,
- 3:01moi je le remarque avec des gens,
- 3:02c'est que tu le repousses tellement que le jour où on te demande de quoi tu as besoin,
- 3:06Merci.
- 3:07Tu ne sais pas.
- 3:08Tu n'en as même aucune idée parce que tu ne t'es même jamais posé la question.
- 3:13Alors tu remets à plus tard tous tes rendez-vous,
- 3:15qu'ils soient persos ou pas.
- 3:18Et puis ton moment de repos que tu rêves depuis je ne sais pas combien de temps.
- 3:22Ou même cette activité qu'il y avait envie,
- 3:25en tout cas que tu pensais aller te faire du bien.
- 3:26Ce n'est pas grave,
- 3:28on la fera plus tard.
- 3:30Là,
- 3:30il y a quelqu'un d'autre qui a besoin de moi avant.
- 3:35Alors tu te dis que quand tu penseras à toi,
- 3:37c'est quand tu auras le temps.
- 3:39Mais ce temps-là,
- 3:40tu ne le prends jamais pour toi,
- 3:41puisque tu le prends pour les autres.
- 3:44Alors quand ce sera plus calme,
- 3:45quand les autres auront moins besoin de moi,
- 3:48mais de ta perception,
- 3:49ils ont toujours besoin de toi et ce n'est même pas quantitatif,
- 3:54c'est d'office.
- 3:56Que ça te paraisse important ou pas,
- 3:58tu vas le faire.
- 4:00Parce que plus tard,
- 4:00en fait,
- 4:01il finit parfois par durer.
- 4:04Des mois,
- 4:04des années.
- 4:06Et puis ça va être jusqu'au moment où ton corps,
- 4:08lui,
- 4:08il va te rappeler peut-être que t'es là,
- 4:11toi.
- 4:12Et puis t'as un cœur aussi,
- 4:13il faudrait peut-être y penser.
- 4:18Alors il y a quoi comme peur là derrière ?
- 4:20Est-ce que t'as peur de paraître égoïste ?
- 4:22Est-ce que t'as une difficulté à reconnaître tes propres besoins ?
- 4:27Ou bien c'est la croyance que les autres doivent toujours passer avant toi ?
- 4:32Alors c'est comme n'importe quelle autre histoire que j'ai racontée,
- 4:34et c'est pour dans la vie de tout le monde,
- 4:36c'est quelles sont nos propres croyances ?
- 4:39Sur quoi on a fondé ces croyances ?
- 4:41Notre éducation,
- 4:42notre environnement,
- 4:43sur nos expériences,
- 4:45des choses qui font que,
- 4:47ben là peut-être que tu es quelqu'un qui se dit que pour être aimé,
- 4:49il faut que je rende service,
- 4:51et que si je ne le fais pas,
- 4:52je ne serai pas aimé ou repoussé,
- 4:55et que c'est quelque chose qui n'est pas viable pour toi.
- 4:59Alors,
- 5:00oui,
- 5:00thérapie de bas étage,
- 5:01non,
- 5:02non,
- 5:02c'est une vraie question.
- 5:03Vraiment,
- 5:05demande-toi.
- 5:06On est toujours en surface,
- 5:08toujours.
- 5:08Ben oui,
- 5:09elle a besoin de moi.
- 5:09Et puis,
- 5:10on ne va même pas creuser plus loin.
- 5:12Oui,
- 5:12mais toi,
- 5:13là-dedans,
- 5:14quoi,
- 5:14moi ?
- 5:16J'ai des clientes,
- 5:16elles me disaient,
- 5:17et vous,
- 5:17quoi,
- 5:18moi ?
- 5:19Ben oui,
- 5:20et vous,
- 5:20là-dedans,
- 5:22vous faites quoi pour vous ?
- 5:23Ah ben,
- 5:24je fais plein de choses.
- 5:25Et faire plein de choses,
- 5:26c'était ben...
- 5:27S'occuper de ses enfants,
- 5:28s'occuper de son mari,
- 5:29de ses animaux,
- 5:31aider ses amis quand c'était nécessaire.
- 5:33Et je peux comprendre que ça puisse remplir la vie de quelqu'un.
- 5:35C'est comme s'il était dit qu'elle était là pour aider les autres.
- 5:39Alors ce n'est pas que ce soit assez dépendant ou pas,
- 5:40c'est juste que moi,
- 5:42mon projet de vie,
- 5:44c'est aider les autres.
- 5:46D'accord.
- 5:47Et est-ce que cela empêche de réaliser ses propres besoins ?
- 5:52Alors évidemment,
- 5:52si tu me dis,
- 5:53oui,
- 5:53mais mes besoins,
- 5:54c'est aider les autres.
- 5:56Je ne sais pas,
- 5:56j'ai un peu de mal à croire que quelqu'un soit venu ici juste pour ça.
- 6:02Mais ça,
- 6:03c'est ma croyance,
- 6:04bien sûr.
- 6:06C'est ma vérité à moi,
- 6:07ce n'est pas la tienne.
- 6:09Alors,
- 6:10tu vois,
- 6:11si dans ton quotidien,
- 6:12tu t'aperçois au niveau du salon que tu annules régulièrement tous tes moments de pause.
- 6:17Là,
- 6:17si quelqu'un a besoin de moi,
- 6:18il faut que j'y aille.
- 6:18Ce n'est pas grave,
- 6:19je me poserai plus tard.
- 6:21Puis d'ailleurs,
- 6:21tu vas aller prendre soin des autres,
- 6:22puis toi,
- 6:23tu te dis,
- 6:23je passerai après.
- 6:26Et puis en fait,
- 6:26tu ne sais même pas ce qui te fait plaisir.
- 6:29Alors tu vas terminer ta journée avec la sensation d'être complètement oublié.
- 6:33Mais je ne suis même pas sûre,
- 6:34puisque tu n'as pas idée que faire les choses pour toi,
- 6:37ce soit important.
- 6:42Est-ce que tu as déjà fait quelque chose uniquement pour toi dernièrement ?
- 6:49Est-ce que tu peux faire,
- 6:51alors en dehors d'aller aider les autres,
- 6:53on est d'accord.
- 6:55On a envie d'être aimé,
- 6:56on a envie de cette reconnaissance,
- 6:58on a ce besoin de faire plaisir et on a surtout cette peur de déplaire.
- 7:03Et donc ça,
- 7:04ce n'est pas viable.
- 7:05Et donc,
- 7:05qu'est-ce qu'on fait ?
- 7:07Eh bien,
- 7:07on se donne.
- 7:08Et on se donne corps et âme,
- 7:10comme on dirait bien.
- 7:11Et là,
- 7:12c'est vraiment la coiffeuse au service de.
- 7:17Et c'est comme si c'était l'image même de la coiffeuse et que,
- 7:21tant que je donne et que je rends service et je...
- 7:24Je remplis tout ce que les clientes me demandent.
- 7:26Je suis la meilleure décoiffeuse.
- 7:29La plus grande,
- 7:29la plus forte,
- 7:29la plus belle.
- 7:30Oui,
- 7:30mais non.
- 7:32Non,
- 7:32parce que quand on est à fond là-dedans et qu'on ne fait que ça,
- 7:36dis-toi bien une chose.
- 7:38Que la moindre occasion que tu auras de faire ne serait-ce qu'une once de bêtises à une cliente,
- 7:45tu ne la verras jamais plus.
- 7:48Jamais plus.
- 7:48Parce que tu fais partie de ces personnes à qui on demande tout le temps et qu'on sait qu'on va recevoir.
- 7:54Et que le jour où tu vas mal donner,
- 7:56ils iront voir ailleurs.
- 7:57Ou alors ils vont bien t'asticoter,
- 7:59mais bien comme il faut,
- 8:00pour bien te culpabiliser.
- 8:03Et tu donneras deux fois plus pour t'excuser.
- 8:07Et pour peut-être t'excuser de ton incompétence.
- 8:12Parce qu'en plus tu vas te juger,
- 8:15tu vas te qualifier d'incapable.
- 8:18C'est juste affreux.
- 8:21Donc l'oubli de soi,
- 8:22c'est bien gentil,
- 8:22mais en fait,
- 8:23on n'a tellement pas de valeur pour soi,
- 8:25puisqu'on ne connaît même pas ses propres besoins,
- 8:28qu'on ne s'estime même pas quelqu'un de bien.
- 8:32J'ai envie de dire,
- 8:33on devient presque la carpette sur qui on s'essuie.
- 8:35Ok,
- 8:36c'est violent Marie.
- 8:37Oui,
- 8:37d'accord,
- 8:37c'est violent.
- 8:39Mais l'oubli de soi,
- 8:40c'est quoi ?
- 8:40Tu n'es pas venue sur Terre pour faire la carpette et être au service de tout le monde,
- 8:45non ?
- 8:46Tu es là pour vivre une belle vie.
- 8:48Et ne me dis pas que vivre ta belle vie,
- 8:49c'est faire plaisir à tout le monde.
- 8:52Enfin,
- 8:52ça peut être ta croyance en fait.
- 8:53Je n'ai pas à vouloir essayer de démonter quoi que ce soit.
- 8:58Mais je trouve que,
- 8:59puisque là on est quand même dans le monde de la coiffure et que je m'adresse aux coiffeuses,
- 9:03et surtout à celles qui justement ont cette impression d'être en perte de sens,
- 9:08de ne plus se retrouver dans leur métier,
- 9:10de se demander qu'est-ce qu'elles font encore là,
- 9:12est-ce que c'est le métier qui m'épuise,
- 9:13est-ce que...
- 9:14Est-ce que c'est encore fait pour moi ?
- 9:16Est-ce que c'est vraiment le métier que j'ai envie de faire encore aujourd'hui ?
- 9:19Je dis toujours,
- 9:20ce n'est pas le métier lui-même,
- 9:23c'est qu'est-ce qu'on en fait et comment moi je suis dedans.
- 9:27Parce que de toute façon,
- 9:28si tu t'oublies dans ton salon,
- 9:30j'imagine que tu t'oublies chez toi aussi,
- 9:32tu t'oublies partout.
- 9:34En fait,
- 9:34tu n'es personne,
- 9:35tu es juste quelqu'un qu'on vient pomper au maximum qu'on peut.
- 9:40Mais dis-moi,
- 9:42comment tu te recharges dans tout ça ?
- 9:44C'est quoi qui t'anime à un moment donné qui fait que tu peux encore donner autant de toi ?
- 9:50Ne me dis pas que c'est toutes celles qui viennent te pomper qui en fait te donnent la sensation de te réénergiser.
- 9:56J'aurais du mal à le croire.
- 9:59Parce que ça doit être épuisant.
- 10:02Est-ce que tu es réellement épanoui quand tu es comme ça ?
- 10:05Si je vous rappelle toutes ces histoires,
- 10:07il y a celle du sacrifice,
- 10:08de la normalisation,
- 10:10de l'éponge,
- 10:11de la peur de décevoir,
- 10:12de l'attente,
- 10:13de la comparaison.
- 10:16Le résultat de tout ça,
- 10:17si on reste dans cette dynamique négative de chacune de ces histoires,
- 10:24on est dans l'oubli de soi.
- 10:27Je me sacrifie.
- 10:29Donc je vais juste faire un dernier effort et ça ira mieux après.
- 10:31Mais le mieux après,
- 10:32il n'arrive jamais,
- 10:33soyons clairs.
- 10:34La normalisation.
- 10:36C'est normal d'être fatigué dans ce métier.
- 10:38Bien sûr,
- 10:39tu es debout,
- 10:39tu as les bras en l'air,
- 10:40donc c'est normal.
- 10:41D'accord ?
- 10:43L'éponge.
- 10:45Je peux encore encaisser cette cliente,
- 10:47ce n'est pas grave.
- 10:47Après,
- 10:47une fois qu'elle sera partie,
- 10:48ça va aller.
- 10:50OK.
- 10:51La peur de décevoir.
- 10:53Non,
- 10:53je ne peux pas dire non,
- 10:54sinon je vais décevoir.
- 10:55Puis je vais paraître égoïste.
- 10:58Et puis l'histoire de la tante,
- 11:00qu'est-ce qu'elle raconte elle ?
- 11:01Ah ben quand j'aurai enfin mes vacances,
- 11:03ça va aller mieux.
- 11:05Qui prouve bien que là,
- 11:06ça fait des mois qu'on en a un peu marre d'être au salon.
- 11:10Et là,
- 11:10comparaison.
- 11:12Ben elle,
- 11:12si elle y arrive,
- 11:13moi je peux le faire.
- 11:14Sauf qu'elle,
- 11:15elle est tellement mieux que moi.
- 11:19Et là,
- 11:19dans l'oubli de soi,
- 11:20c'est quoi ?
- 11:21Ben c'est qu'à un moment donné,
- 11:22on sait même,
- 11:23alors soit trop remise en question ou pas assez,
- 11:26Trop comparer,
- 11:28trop sacrifier,
- 11:29trop croire que tout est normal,
- 11:33et puis même de prendre les émotions de tout le monde.
- 11:35Ben vas-y,
- 11:36si ça peut te libérer,
- 11:37je prends,
- 11:37je prends.
- 11:39Et puis je veux surtout pas te décevoir,
- 11:41donc ça va être oui à tout.
- 11:44Va-tu voir à un moment donné.
- 11:46Je comprends qu'il y ait des coiffeuses qui saturent de leur métier,
- 11:49parce que je pense que réellement dans toutes ces histoires-là,
- 11:51elles ont pris tout le mauvais côté.
- 11:55avec un fondement qui est basé sur des croyances limitantes et qui sont bonnes à changer,
- 12:02j'ai envie de dire,
- 12:03parce que ce n'est pas vrai,
- 12:04je suis désolée,
- 12:05on n'est pas se résumer là dans toutes ces connotations négatives.
- 12:09On ne doit pas se sacrifier,
- 12:10il n'y a rien qui est normal,
- 12:11on n'est pas des éponges,
- 12:13on s'en fout de décevoir à un moment donné,
- 12:15il faut oser,
- 12:17et puis attendre les vacances pour que ça aille mieux,
- 12:19non,
- 12:20et puis se comparer,
- 12:20ça suffit.
- 12:26À quel moment tu t'es perdu là-dedans ?
- 12:29À quel moment dans tout ça,
- 12:30il t'est arrivé de te dire stop,
- 12:34j'en peux plus ?
- 12:36Quel a été le point de rupture ?
- 12:39Quel a été ce moment où là,
- 12:40c'est la goutte d'eau,
- 12:41comme on dit,
- 12:42qui déborde ?
- 12:44Tout s'est accumulé,
- 12:44mais là,
- 12:45il y en a un,
- 12:46le dernier,
- 12:46qui a fait que stop,
- 12:49je ne peux plus.
- 12:52Alors dis-toi une chose,
- 12:53on a toujours tendance à accuser l'extérieur.
- 12:55Ouais c'est mon métier,
- 12:56c'est les clientes,
- 12:57c'est les finances,
- 12:58c'est l'état,
- 12:59c'est la société.
- 13:01Hey,
- 13:02toi là-dedans,
- 13:03comment tu t'es positionnée ?
- 13:06Quelle place tu as prise pour pouvoir te dire,
- 13:10là,
- 13:10je suis la coiffeuse,
- 13:12j'ai mon salon,
- 13:13je reçois les clientes et je vais travailler pour me faire plaisir et me nourrir.
- 13:20et pas pour me mettre au service de.
- 13:27À quel moment ça a basculé ?
- 13:31Et si même aujourd'hui,
- 13:32tu es encore dans un truc,
- 13:34waouh,
- 13:34j'adore mon boulot,
- 13:35est-ce qu'il n'y a quand même pas dans ces sept points-là,
- 13:38est-ce qu'il n'y en a quand même pas encore un ou deux que tu continues de vivre de cette manière un peu douloureuse ?
- 13:48Mais pareil.
- 13:50Ça peut être n'importe lequel,
- 13:51que ce soit le sacrifice,
- 13:53l'éponge,
- 13:53la peur de décevoir,
- 13:54et puis ça devient ce qu'on appelle la fameuse histoire de la normalisation.
- 14:01En fait,
- 14:02on peut toutes les imbriquer l'une dans l'autre.
- 14:04C'est le vécu au quotidien dans un salon.
- 14:10Et quand on prend conscience de tout ça,
- 14:11c'est là qu'on se fait le bilan et on se dit « Mais ok,
- 14:14où est-ce que je me situe dans chacun des points ? »
- 14:18Comment ça se passe pour moi au salon avec tout ça ?
- 14:21Et tu n'es pas seulement obligé d'être indépendante,
- 14:23tu es ouvrière employée,
- 14:25tu peux aussi te repositionner.
- 14:27Que ce soit face à tes clientes,
- 14:28face à ton patron ou à ta patronne,
- 14:31tu as autant de respect que l'un que l'autre.
- 14:33Tu n'es pas au service de la cliente et en plus au service de tes patrons ou patronnes.
- 14:38Non,
- 14:39tu es une personne à part entière.
- 14:42Ouais Marie,
- 14:42c'est trop facile,
- 14:43mais tu ne crois pas,
- 14:44quand tu as un patron dessus de toi,
- 14:45tu ne fais pas ce que tu veux.
- 14:47Je ne te dis pas fais ce que tu veux,
- 14:49mais il y a la manière de le faire.
- 14:52Et il y a la manière d'être respecté.
- 14:54Et ça me fait peur quand j'en entends qui me disent « Oui mais tu ne te rends pas compte,
- 14:57je risque de perdre ma place. »
- 14:59Et là,
- 15:00l'oubli de soi.
- 15:02Je préfère être au service d'eux que de perdre ma place.
- 15:06Tu crois vraiment qu'il n'y a pas d'autre endroit où tu peux trouver une place dans un salon ?
- 15:11J'ai des doutes,
- 15:12franchement.
- 15:13Même pareil,
- 15:13quand tu vas sur les réseaux,
- 15:15des demandes,
- 15:15il y en a.
- 15:16Bon,
- 15:16d'accord,
- 15:16la France,
- 15:16elle est large.
- 15:17On ne va pas faire non plus des centaines de kilomètres tous les jours,
- 15:20je suis d'accord.
- 15:22Mais même,
- 15:23comment tu te considères à ce point pour subir des choses qui ne te conviennent pas ?
- 15:29Ou plus,
- 15:33à un moment donné,
- 15:35qu'est-ce que tu veux dans ta vie ?
- 15:39Comment tu peux revoir ton métier ?
- 15:41Peut-être le faire à ta façon,
- 15:43dans ton salon,
- 15:44si tu as la possibilité.
- 15:45Tu sais,
- 15:45aujourd'hui,
- 15:46se mettre à son compte,
- 15:47alors bon,
- 15:47je ne connais pas toutes les injonctions économiques françaises,
- 15:51mais tu n'es pas obligé de voir grand.
- 15:56Moi,
- 15:56j'ai toujours fait petit,
- 15:57parce que...
- 15:59Pas que je ne voulais pas voir grand,
- 16:00mais j'aimais ce côté intimiste.
- 16:03Donc au départ où j'ai commencé,
- 16:04j'avais que deux places,
- 16:05mais ça ne m'empêchait pas de recevoir trois,
- 16:07quatre en même temps,
- 16:07puisqu'on connaît le principe,
- 16:08il y a des pauses,
- 16:09et puis pendant les pauses,
- 16:10on fait autre chose,
- 16:10et ainsi de suite.
- 16:12Et puis à un moment,
- 16:13j'ai eu l'impression d'être dans une usine.
- 16:15Ça m'a déplu,
- 16:16mais c'est mon principe.
- 16:19Il y a des gens qui aiment être dans ce brouhaha,
- 16:22dans ce bruit continu,
- 16:24dans un salon où il y a beaucoup de monde,
- 16:26beaucoup de personnel.
- 16:28Et c'est très bien.
- 16:29Moi,
- 16:29non.
- 16:30Mes apprentissages,
- 16:32ma gestion et tout,
- 16:33je l'ai toujours fait dans des grands salons,
- 16:35avec beaucoup de monde.
- 16:37C'était sympa,
- 16:38en tant que collègue et tout,
- 16:39mais du jour où j'ai été indépendante,
- 16:42stop.
- 16:44Fini la cage à poules.
- 16:45Excusez-moi de dire ça,
- 16:46mais je dis cage à poules parce que c'est un coquinet dans tous les sens et le soir,
- 16:49tu as une tête comme un seau.
- 16:52Et donc,
- 16:52oui,
- 16:53moi,
- 16:53personnellement,
- 16:54dans ma vie,
- 16:54j'ai pris beaucoup de risques.
- 16:56Mais c'était ça où j'arrêtais tout.
- 16:58Mais si j'arrêtais tout,
- 16:58je ne savais pas quoi faire d'autre.
- 17:01Donc j'ai quand même continué.
- 17:03Mais à un moment,
- 17:03je me suis dit,
- 17:04mais pourquoi tu ne peux pas continuer Marie ?
- 17:05Parce que dans le fond,
- 17:06tu aimes.
- 17:07Mais c'est la manière dont tu le fais que tu n'aimes plus.
- 17:10Eh bien,
- 17:10je l'ai changé.
- 17:11Alors,
- 17:13ce n'est pas parce que je l'ai fait,
- 17:13tout le monde doit le faire et que ça va marcher avec tout le monde.
- 17:15Je n'en sais rien.
- 17:16Mais je me suis écoutée.
- 17:19Parce que j'ai été dans l'oubli de soi pendant des années.
- 17:22Parce que j'ai été dans toutes ces autres histoires du sacrifice,
- 17:25de la normalisation,
- 17:26de l'éponge,
- 17:27de la peur de décevoir,
- 17:29de l'attente et de la comparaison.
- 17:32Je les ai vécues tous ces points-là.
- 17:34Je ne dis pas que je ne les vis plus,
- 17:35mais tellement plus du tout de la même manière.
- 17:38Ils ne me bouffent pas,
- 17:39ils ne me rongent pas,
- 17:40ils ne me pourrissent pas la vie.
- 17:42Il me permet juste à un moment donné,
- 17:44quand je vois que ça déconne,
- 17:46je me remets en position,
- 17:47je me dis,
- 17:48oh,
- 17:48c'est quoi là le truc ?
- 17:49Ah non,
- 17:49fais attention,
- 17:50la Marie,
- 17:50t'as encore tendance à dire oui quand t'as envie de dire non.
- 17:52Stop !
- 17:53Peut-être que c'était une période où j'avais tellement ce besoin de contenter l'autre.
- 18:00Mais quand tu vois qu'au bout du compte,
- 18:02ça te dessert,
- 18:05tu mets le haut là.
- 18:06Qui mieux que toi sait ce qui te fait du bien ?
- 18:09Ou même du mal ?
- 18:12Les clientes,
- 18:13au bout d'un moment,
- 18:13sincèrement,
- 18:14celles que j'ai,
- 18:14c'est celles que j'aime.
- 18:17Et puis c'est tout.
- 18:20Et puis il y en a avec qui,
- 18:21ben,
- 18:22voilà,
- 18:23c'est gentil,
- 18:24ça passe,
- 18:25c'est bien,
- 18:25c'est un bon moment,
- 18:27sans plus.
- 18:28Mais bien souvent,
- 18:29les trois quarts de mes clientes,
- 18:30ça a toujours été des grands moments de partage.
- 18:35Parce qu'elles me ressemblent.
- 18:38Et je n'ai pas envie de plaire à tout le monde.
- 18:40Et je n'ai pas envie de coiffer tout le monde.
- 18:43Et je n'ai pas envie que tout le monde vienne se faire coiffer chez moi.
- 18:48J'avais juste envie d'avoir des gens que j'apprécie.
- 18:53Et pourquoi pas ?
- 18:55Tu as le droit,
- 18:56merde !
- 18:57Tu es dans ton salon,
- 18:58non ?
- 18:59Alors ok,
- 18:59je dis de nouveau,
- 19:00si tu es employée ouvrière,
- 19:01c'est plus compliqué.
- 19:03Eh bien,
- 19:03prends ton envol et fais-toi plaisir.
- 19:06Un fauteuil dans un coin de ta maison et c'est bon.
- 19:10On ne te demande pas de faire le big beau salon super,
- 19:14je ne sais pas moi,
- 19:15moderne,
- 19:15machin,
- 19:16j'en sais rien.
- 19:16Mais non,
- 19:17mais ça dépend ce que tu veux,
- 19:19ce que tu recherches et ce que tu as envie de vivre.
- 19:23Demande-toi ça.
- 19:27Cette semaine,
- 19:28je t'invite à te prendre un rendez-vous avec toi,
- 19:32de toi à toi.
- 19:34Prends-toi 30 minutes juste pour toi.
- 19:40Et pas pour être productive,
- 19:41non.
- 19:42Ni pour faire plaisir à quelqu'un.
- 19:45Juste pour écouter ce dont tu as besoin.
- 19:54Et je vais te laisser là-dessus.
- 19:57J'espère que ces 7 histoires vous auront quand même permis aussi de comprendre un petit peu comment ça se passe pour vous,
- 20:02de vous aider à faire le bilan,
- 20:04de voir où vous en êtes et où vous voulez aller.
- 20:07Et n'hésitez pas,
- 20:08je me ferai un plaisir de partager avec vous,
- 20:09et puis qu'on partage à plusieurs,
- 20:11histoire de se nourrir les unes les autres.
- 20:15Ça a été un plaisir de partager ces moments avec vous.
- 20:19Merci de m'avoir écoutée,
- 20:20et je vous dis à bientôt !
- 20:23Si cette histoire vous a parlé ou si vous avez simplement envie de prendre un peu de temps pour y repenser,
- 20:29alors je vous ai préparé un petit e-book qui reprend les 7 histoires dont je vous parle dans cette série.
- 20:34Vous trouverez le lien pour le télécharger directement dans la description de cet épisode et vous pourrez ainsi retrouver les différentes histoires,
- 20:42les relire tranquillement et qui sait,
- 20:44peut-être laisser certaines choses faire leur chemin à votre rythme.
- 20:49A bientôt !