Latest / Africa Fashion Tour / Rosy Daily, la fondatrice de Maison Ezinris
Transcript
- 0:00J'ai commencé par
- 0:04Vanessa Hazard.
- 0:06C'est la première marque de l'art du contenu des ateliers.
- 0:10C'est la première personne qui m'a fait confiance.
- 0:13Et il s'avère que mes boutiques étaient à Châtelet.
- 0:17Il y avait une qui s'est transformée en pop-up.
- 0:19Et j'ai proposé à Vanessa de rencontrer ses clientes en pop-up store à Châtelet.
- 0:26Et vraiment,
- 0:27ça a été une suite logique.
- 0:29Elle m'a dit,
- 0:29il faut te rosier.
- 0:30majeure tournée nigérienne,
- 0:31le stock de Paris,
- 0:33tu peux le garder et commencer ton aventure avec.
- 0:36Voilà comment Muse a été la première marque à intégrer le concept store.
- 0:44Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Africa Fashion Tour.
- 0:47Je vous emmène avec moi à la rencontre de créateurs basés sur le continent africain.
- 0:52Je vous invite à voyager à Abidjan,
- 0:54Dakar ou Bamako pour découvrir les parcours de professionnels talentueux,
- 0:58responsables
- 0:59et ambitieux.
- 1:00Au fil des interviews,
- 1:01je me rends compte que chaque entrepreneur veut contribuer au rayonnement de la créativité africaine sur le continent et au-delà.
- 1:09Ce podcast est un moyen de sortir des clichés du boubou et du wax pour représenter un éventail de tissus,
- 1:15de savoir-faire et de créativité trop souvent sous-représentés.
- 1:19Je suis Ramata Diallo,
- 1:20je suis professeure de marketing dans des écoles de mode parisiennes et je suis également consultante spécialisée dans l'accompagnement de porteurs de projets
- 1:28qui veulent lancer leur marque de mode.
- 1:30En 2017,
- 1:30j'ai hésité à ma première Fashion Week en Afrique.
- 1:33Et depuis,
- 1:34je voyage régulièrement sur le continent pour aller à la rencontre de ceux et celles qui font la mode en Afrique.
- 1:40Le podcast est le moyen que j'ai trouvé pour partager au plus grand nombre une autre vision de la mode africaine.
- 1:48Aujourd'hui,
- 1:49je suis en compagnie de Rose Pungam.
- 1:51Rose est créatrice de contenu connue sous le nom Rose Daily.
- 1:54Elle est également la fondatrice de la marque de beauté Elvin Reese.
- 1:57et d'un concept store du même nom qui regroupe des marques africaines.
- 2:01Je l'ai invitée aujourd'hui pour qu'elle puisse nous parler de son parcours d'entrepreneur.
- 2:04Bienvenue Rose,
- 2:05comment vas-tu ?
- 2:07Alors bonjour Amata,
- 2:08je vais très très bien,
- 2:09j'espère que toi aussi.
- 2:11Bah écoute,
- 2:11je vais très bien,
- 2:12je suis ravie de te retrouver pour cette interview.
- 2:16On passe le bonjour à Claudia qui a facilité la mise en relation entre nous deux.
- 2:22Donc pour commencer,
- 2:24je vais commencer comme je commence.
- 2:26Toujours les interviews du podcast Africa Fashem Tour,
- 2:29je vais te demander de te présenter.
- 2:31Alors,
- 2:32je m'appelle Rose Poundam,
- 2:34j'ai 33 ans et je suis à la tête de deux modères d'entité,
- 2:41qui est donc Esenris Beauty,
- 2:43qui est une marque d'extension capillaire.
- 2:45Il y a aujourd'hui 8 ans.
- 2:48Et Maison Esenris,
- 2:49qui est un concepteur digital,
- 2:51qui regroupe des designers africains premium.
- 2:56à luxe,
- 2:57et cela depuis un an et demi,
- 3:00on va dire bientôt deux ans.
- 3:02Et à côté de cela,
- 3:03j'ai pu développer en cherchant des solutions de communication pour ces marques-là,
- 3:09que je représentais quand même en France.
- 3:12On a développé un système de communication qui,
- 3:14aujourd'hui,
- 3:15ne sert plus uniquement aux marques de designers,
- 3:19mais à toute entreprise qui souhaite un peu se différencier.
- 3:23et avoir de la création de contenu,
- 3:25on va dire un peu innovante,
- 3:26grâce à l'intelligence artificielle.
- 3:30Très bien,
- 3:31ça nous laisse présager d'une discussion passionnante puisque je vois que tu as un côté multi-entrepreneur.
- 3:38Donc moi,
- 3:39ce que j'aimerais savoir un petit peu,
- 3:40c'est quel est ton background en termes d'études ?
- 3:45Et un peu,
- 3:46ce que tu évoquais,
- 3:47c'est que tu as une marque capillaire qui existe depuis huit ans,
- 3:49tu es également créatrice de contenu,
- 3:51donc j'aimerais savoir...
- 3:52Qu'est-ce qui a commencé ?
- 3:53Est-ce que tu as d'abord commencé par la création de contenu et ensuite tu as développé ta marque ou est-ce que c'est l'inverse ?
- 3:59Mais d'abord,
- 4:00ce que j'aimerais que tu évoques avec nous,
- 4:02c'est les tout débuts.
- 4:04Quelles études tu as pu faire et qu'est-ce qui t'a mené vers ta première initiative entrepreneuriale ?
- 4:10Wow,
- 4:10OK.
- 4:11Donc,
- 4:11on va revenir à l'époque du lycée.
- 4:14Là,
- 4:14on n'a pas le choix.
- 4:16Au moment où je quitte mes études,
- 4:20à l'époque,
- 4:21ça s'appelait...
- 4:22de bac S,
- 4:22donc un bac scientifique,
- 4:25pour m'orienter vers une école de mode.
- 4:28J'ai commencé dans l'entrepreneuriat avec une entreprise d'extension calculaire,
- 4:33mais j'ai commencé mes études dans la mode.
- 4:37Et disons que Esenrys Beauty,
- 4:40il naît un peu par la force des choses.
- 4:43Si je devais choisir,
- 4:45en étant pragmatique en fonction de mes études et de ce qui me faisait rêver,
- 4:49j'aurais commencé par l'univers de la mode.
- 4:51Mais il s'avère que j'ai eu plus d'opportunités et je les ai saisies directement quand il a fallu développer ma marque d'extension capillaire.
- 4:59Donc au moment où vraiment mon avis prend un autre tournant,
- 5:03c'est quand je décide...
- 5:04de faire les études que je veux et non de ce que mes parents veulent que je fasse.
- 5:08C'est-à-dire
- 5:10Polytechnique ou HEC,
- 5:12École de commerce,
- 5:13c'était absolument pas pour moi.
- 5:14Et comme j'étais quelqu'un qui n'était pas trop mauvaise à l'école,
- 5:18sans faire grand-chose,
- 5:19mes parents voyaient le potentiel,
- 5:21je savais que j'étais capable,
- 5:23mais est-ce que j'avais envie ?
- 5:24Absolument pas.
- 5:25Et je pense qu'il y a un moment dans notre vie,
- 5:27il faut se poser la question,
- 5:28être capable ne suffit plus,
- 5:29mais est-ce que ça résonne ?
- 5:30Est-ce que c'est là où on a envie d'évoluer ?
- 5:32Est-ce que ça a du sens pour nous ?
- 5:33Je pense que c'est vraiment là où la différence se fait.
- 5:39Et moi,
- 5:39très tôt,
- 5:41j'ai dit à mes parents que ce n'est absolument pas là où je voulais aller.
- 5:43Ça a été difficile,
- 5:44mais je pense que j'ai pris la décision qui me convenait le mieux à ce moment-là.
- 5:49Et je décide d'entamer mon cursus mode et donc vraiment d'arrêter en première,
- 5:56si je me souviens bien,
- 5:57mon cursus scientifique.
- 5:59Donc vraiment,
- 6:00je coupe...
- 6:02l'arbre à la racine et je me dis bon bah,
- 6:05on peut faire même si je me trompe,
- 6:07c'est pas grave,
- 6:08mais au moins je choisis une voix qui me correspond et je préfère regretter d'avoir de m'être écoutée que de regretter d'avoir écouté les autres.
- 6:16Donc du coup voilà comment je m'en vais vers la mode une fois que j'obtiens mon rôle de technicienne donc c'était un cursus qui me préparait vraiment à être petitement dans une maison d'eau de couture ce que je ne voulais absolument pas
- 6:27Mais j'étais tellement passionnée par ce métier,
- 6:30par cet univers,
- 6:31que je voulais tout apprendre.
- 6:33Et après faire le tri avec ce que je voulais faire ou pas dans ce métier.
- 6:38Et bien finalement,
- 6:39mes parents avaient raison.
- 6:40C'était une voie qui était hyper bouchée à l'époque.
- 6:43Ça remonte quand même à plus de 15 ans.
- 6:45Ce n'est plus le cas aujourd'hui grâce aux réseaux sociaux et à l'accessibilité à l'information.
- 6:51Donc je me suis rendue compte que oui,
- 6:53effectivement,
- 6:54faire une marque de vêtements demandait énormément de fonds,
- 6:56etc.
- 6:57Je suis allée à la fac après cela.
- 7:00Non,
- 7:00je suis allée à la fac.
- 7:01J'ai eu une année sabbatique parce que je ne suis plus allée finalement,
- 7:04parce que ça ne me correspondait toujours pas.
- 7:07Je me rends vers la communication,
- 7:09parce que c'était un univers qui m'intéressait.
- 7:12Sauf que vu que j'étais quand même en froid avec mes parents,
- 7:14vu que je n'avais pas trop suivi leur voix,
- 7:16c'était un peu,
- 7:17si tu fais tes choix,
- 7:17tu te débrouilles.
- 7:18Je n'étais pas non plus à la rue,
- 7:20attention,
- 7:20mais c'est un peu,
- 7:21on se rebelle contre nos parents,
- 7:23il faut avoir les moyens de sa politique.
- 7:25Donc,
- 7:26tu fais ce que tu veux.
- 7:27du coup,
- 7:27tu t'assumes,
- 7:28voilà,
- 7:29tu assumes tes choix.
- 7:30Et il s'avère qu'il y a eu un gros mire-coupe-pas.
- 7:33Je regarde à mes parents,
- 7:33je dis,
- 7:34écoutez,
- 7:34je suis allée vers la mode,
- 7:36c'est des raisons,
- 7:36c'est bouché,
- 7:37c'est plus compliqué que je ne le pensais.
- 7:39Mais voilà,
- 7:40ça a été des années où je me suis épanouie,
- 7:42je me suis découverte,
- 7:43je suis de quoi j'étais capable.
- 7:45Et ce que j'avais compris de moi,
- 7:46c'est que dès lors où je mets la passion du sérieux,
- 7:50je sais que ça peut marcher.
- 7:51Et c'était moi,
- 7:52ma leçon de vie à moi,
- 7:54Rose.
- 7:55Et mes parents,
- 7:55je suis revenue vers eux avec beaucoup d'humilité,
- 7:57en leur disant,
- 7:58t'sais,
- 7:58les parents,
- 7:59je fais toutes mes études,
- 8:01je ne me vois pas être caissière et faire de l'intérim toute ma vie.
- 8:04Donc,
- 8:06OK,
- 8:06je revends mes études.
- 8:08Mes parents me payent mon BTS,
- 8:10communication.
- 8:10Parce qu'aussi,
- 8:11il fallait bien que je fasse un job de bureau.
- 8:15C'était celui-ci.
- 8:16En attendant,
- 8:16bien sûr,
- 8:17de créer mon entreprise,
- 8:17parce que depuis que j'ai l'âge de 13 ans,
- 8:19je savais que j'allais être à mon compte.
- 8:21Je ne savais juste pas encore dans quoi.
- 8:23Donc là,
- 8:24mes parents me payent mon BTS communication.
- 8:27Donc j'ai le temps de pouvoir avoir un petit job étudiant,
- 8:30toujours parcourir,
- 8:32vaquer à mes passions,
- 8:34qu'il y ait l'art,
- 8:35j'aimais les expositions.
- 8:37J'ai vraiment eu cette chance-là d'avoir mes parents qui me soutiennent malgré tout.
- 8:41Et j'ai pu encore me déployer dans d'autres activités sans mettre au péril mon BTS.
- 8:49Quand j'ai fini mon BTS communication,
- 8:52je demande à mes parents,
- 8:53encore une fois,
- 8:55de pouvoir aller vivre à New York.
- 8:58Bon,
- 8:58là,
- 8:58ils en ont un peu marre,
- 9:00on revit,
- 9:01c'est peut-être que je vais trouver un travail.
- 9:04Mais je me disais,
- 9:05apprendre à parler anglais,
- 9:07ça va me permettre d'arriver sur le marché du travail et d'avoir plus de chance de mon côté.
- 9:14Et de pouvoir me dire,
- 9:15écoutez,
- 9:15moi,
- 9:16j'ai l'anglais,
- 9:17la communication,
- 9:18certes,
- 9:19elle est hyper académique,
- 9:20parce que je n'avais pas...
- 9:21du tout encore fait mes armes dans l'entrepreneuriat.
- 9:24Et puis à l'époque,
- 9:25de toute façon,
- 9:26c'est même pas ce qu'on cherchait sur le marché du travail.
- 9:28C'était un autre contexte que celui d'aujourd'hui.
- 9:31Donc je savais que l'anglais,
- 9:32déjà à cette époque-là,
- 9:34allait faire une grosse différence.
- 9:35Donc je demandais à mes parents de financer mon voyage aux Etats-Unis,
- 9:39ce qu'ils acceptent.
- 9:41Et quand je suis aux Etats-Unis,
- 9:42je travaille dans un studio de musique et je gère leur Instagram.
- 9:46À l'époque,
- 9:46Instagram à Paris était clairement méconnu.
- 9:49Et c'est là où je...
- 9:50commence vraiment à faire mes premiers pas dans l'entrepreneuriat.
- 9:55Si je n'étais pas payée,
- 9:56j'avais pris ça vraiment à cœur.
- 9:58Et je m'étais dit « Bon,
- 9:59ben voilà,
- 9:59je suis à New York,
- 9:59je ne sais pas quelle opportunité je peux décrocher. »
- 10:02C'est vrai que j'avais mes pour d'anglais à côté,
- 10:03mais...
- 10:04Encore une fois,
- 10:05cette foule de vouloir découvrir,
- 10:07de pouvoir expérimenter,
- 10:09était toujours là en moi.
- 10:10Donc je me suis dit,
- 10:11je fonce et j'essaierai de faire les choses du mieux que je peux avec ce que j'ai entre les mains.
- 10:16Et à ce studio de musique-là,
- 10:17j'ai vraiment pu faire mes premières armes sur Instagram.
- 10:21Je pense que d'ailleurs,
- 10:22le studio de musique existe toujours.
- 10:23Je pensais que Jerry Wamba,
- 10:24c'est un haïtien qui est dans ce milieu-là,
- 10:27est hyper connu et j'ai pu faire ce que je pouvais.
- 10:31Ce n'était pas incroyable,
- 10:33mais au moins...
- 10:34ça m'a redonné confiance en ce que j'étais capable de faire,
- 10:38même dans un pays que je ne connaissais pas.
- 10:40Quand je reviens à Paris,
- 10:41parce que pour moi,
- 10:41il était hors de question que je reste aux États-Unis,
- 10:44j'aimais beaucoup trop
- 10:47Paris, ma famille,
- 10:49la nourriture française et l'Afrique.
- 10:53Et je trouvais vraiment que les États-Unis étaient beaucoup trop loin de mon continent africain.
- 11:00Juste pour la petite histoire,
- 11:01cet attache vient du fait que mes parents...
- 11:03tous les ans,
- 11:04m'amener au Cameroun,
- 11:05parce que je suis d'origine camerounaise.
- 11:07Donc j'ai toujours cette tâche-là,
- 11:08même étant parisienne,
- 11:10enracinée,
- 11:11ayant né et ayant vécu à Paris.
- 11:13J'ai toujours eu cette tâche avec mon continent,
- 11:16grâce à mes parents.
- 11:17Donc je trouvais que aller en Afrique,
- 11:20m'arrêter,
- 11:20faire six heures,
- 11:21arriver à Paris et encore faire six heures,
- 11:23et arriver au Cameroun,
- 11:24c'était beaucoup trop loin.
- 11:26Et il y avait une trop grosse différence culturelle par rapport à nos valeurs.
- 11:33Je ne sais pas.
- 11:35Les 16 années,
- 11:35j'ai aimé,
- 11:36mais pas au point de vivre.
- 11:38Je pense que j'ai vécu ce que je vais vivre en tant qu'étudiante.
- 11:40C'est génial.
- 11:41Arriver à New York dans ces conditions-là,
- 11:43c'est très bien.
- 11:44Mais je ne me voyais vraiment pas sur le long terme là-bas.
- 11:47Donc,
- 11:47en finissant mon année,
- 11:48j'avais hâte de rentrer à Paris,
- 11:50de retrouver ma famille et mon quotidien.
- 11:54Et puis,
- 11:54quand je reviens,
- 11:55je décide de faire un bachelor en travel retail,
- 12:01donc management.
- 12:03donc Travel Retail,
- 12:04qui est tout simplement le management des zones dédouanées,
- 12:12si c'est bien,
- 12:13oui,
- 12:13Travel Retail,
- 12:13c'est ça,
- 12:14dédouanées ou qui ne sont pas soumises à des taxes.
- 12:17Donc,
- 12:18c'est tout ce qui est zone aéroportuaire ou bien bateau de croisière.
- 12:22Donc,
- 12:22c'était vraiment le complément.
- 12:25Et puis,
- 12:25vu que je revenais d'une expérience à l'international,
- 12:28j'étais maintenant bilingue,
- 12:29c'était vraiment parfait.
- 12:30Et puis,
- 12:31j'ai découvert cette tendance-là.
- 12:32permettait enfin de ne plus dépendre de mes parents et de les laisser enfin respirer.
- 12:38Donc voilà,
- 12:39toute seule,
- 12:39je reviens,
- 12:40je cherche une alternance,
- 12:42je la trouve et j'entame une année de bachelor qui a été vraiment très très importante parce que c'est à partir de là que Esaris Beauty naît,
- 12:53à la fin de cette alternance,
- 12:55vraiment un mois avant la fin de mon contrat d'un an,
- 12:59il y a cette dame qui me voit.
- 13:01qui était en transit.
- 13:03J'étais au terminal
- 13:052E Hall
- 13:06M, donc KLM d'Air France.
- 13:10Elle était aux États-Unis,
- 13:11elle venait d'accoucher.
- 13:12Elle retournait au Douala,
- 13:13donc était en transit sur mon terminal.
- 13:16Elle me voit et elle me dit
- 13:19« Madame, excusez-moi,
- 13:20mais votre coiffure,
- 13:22qui vous a coiffée ? »
- 13:24Je ressors de Washington DC.
- 13:26Je viens d'accoucher mon enfant.
- 13:29Là,
- 13:29je retourne à Douala pour...
- 13:31le faire baptiser.
- 13:33Elle vivait là-bas,
- 13:34mais c'était important pour elle de me spécifier que c'était pour le baptême de son enfant qu'elle avait besoin de savoir qui m'avait coiffée pour éventuellement être coiffée comme moi,
- 13:44avoir la même qualité de mèche de ce que je portais.
- 13:49Et là,
- 13:51elle me dit je suis en transit,
- 13:54comment faire pour être coiffée comme vous l'êtes pour le baptême de mon enfant ?
- 13:59Et là,
- 13:59je la regarde.
- 14:01Je lui dis,
- 14:03écoutez,
- 14:04je ne suis pas coiffeuse,
- 14:06mais éventuellement,
- 14:07si vous voulez avoir le nom de la boutique où j'ai acheté mes mèches,
- 14:11il n'y a aucun problème.
- 14:13Et là,
- 14:13c'était la première fois qu'une personne me demandait,
- 14:24alors me complimentait certes,
- 14:26mais concrètement me demandait comment je peux faire pour avoir ce que vous avez.
- 14:31sur la tête.
- 14:32Et là,
- 14:33j'ai dit,
- 14:34écoutez,
- 14:36là,
- 14:36c'est vrai que vous habitez au Cameroun,
- 14:38c'est difficile de rester en contact et de faire parvenir les mèches,
- 14:43etc.
- 14:44Bon,
- 14:44ce n'est pas mon métier,
- 14:46mais prenez mon numéro.
- 14:48C'était une première fois que j'avais mon numéro personnel.
- 14:52Quand vous revenez à Paris,
- 14:54je vous fais la promesse que je serai là pour vous guider et vous montrer où est-ce que j'ai acheté mes mèches s'il le faut.
- 15:00A l'époque,
- 15:01il n'y avait pas internet,
- 15:01tout n'était pas sur internet comme aujourd'hui.
- 15:05Et puis,
- 15:07elle part.
- 15:10Elle prend mon numéro.
- 15:12Ah oui,
- 15:12elle avait quand même essayé.
- 15:14Elle voulait me la vendre,
- 15:16que je lui vende ma perruque.
- 15:17Là,
- 15:17tout de suite,
- 15:17je disais,
- 15:18écoutez,
- 15:18un peu de charisme,
- 15:19je suis en mode de travail.
- 15:21Je ne peux pas arriver en perruque et repartir avec mes lattes collées.
- 15:25Ça la fait rire et tout.
- 15:26Je lui dis,
- 15:26bon,
- 15:27bien tenté,
- 15:28mais ne vous inquiétez pas,
- 15:29prenez mon numéro.
- 15:29et c'est comme ça qu'elles sont là.
- 15:32Je rentre chez moi.
- 15:34Le soir,
- 15:35j'ai un numéro de téléphone qui sonne.
- 15:39C'était un 01 et quelques.
- 15:41Et puis,
- 15:41je décroche.
- 15:44Et c'est cette dame.
- 15:46Je lui dis...
- 15:47Au départ,
- 15:48je n'ai pas reconnu sa voix.
- 15:49Elle me dit,
- 15:49voilà,
- 15:50c'est la dame que vous avez servi à l'aéroport.
- 15:53Elle avait aussi,
- 15:54bien sûr,
- 15:55en attendant,
- 15:56acheté quelques parfums.
- 15:58Et là,
- 15:59elle me dit...
- 16:01Elle me dit,
- 16:01voilà,
- 16:02j'espère que vous allez bien.
- 16:03Je dis,
- 16:03oui,
- 16:03ça va.
- 16:03Je dis,
- 16:04est-ce que vous êtes bien arrivée ?
- 16:05Je pensais qu'elle m'appelait pour dire qu'elle était bien arrivée.
- 16:07Il s'avère qu'aujourd'hui,
- 16:09je sais que c'était un 01,
- 16:10mais quand j'ai décroché,
- 16:11je n'avais pas fait attention exactement au numéro qui m'appelait.
- 16:16Et là,
- 16:17je lui pose la question s'il est bien arrivé.
- 16:20Elle me dit,
- 16:22bah non.
- 16:23Je dis,
- 16:23oh là là,
- 16:24qu'est-ce qui s'est passé ?
- 16:25Elle me dit,
- 16:26écoutez,
- 16:26je suis au Sheraton.
- 16:29qui n'est pas voyagé.
- 16:32il me faut absolument votre perruque pour le baptême de mon enfant. »
- 16:36Et là,
- 16:38je me dis « Oulala,
- 16:40qu'est-ce qui se passe ? »
- 16:41Pour être sûre,
- 16:43je recule mon téléphone pour regarder le numéro.
- 16:47Et effectivement,
- 16:48je vois un 01.
- 16:49Donc le numéro depuis sa chambre d'hôtel.
- 16:54Donc là,
- 16:54elle me dit
- 16:56« Écoutez, j'ai raté mon avion. »
- 17:00parce qu'il me fallait absolument cette perruque.
- 17:02S'il vous plaît,
- 17:03là vraiment,
- 17:05j'en ai besoin.
- 17:06J'étais aux États-Unis,
- 17:07je n'ai pas vu une personne coiffée comme vous,
- 17:09porter la perruque comme vous la portez.
- 17:12Donc vraiment,
- 17:12j'ai besoin de cette perruque.
- 17:15À ce moment-là,
- 17:16à Ramata,
- 17:17j'ai un électrochoc.
- 17:19Je me dis donc là,
- 17:21j'ai une dame qui a été prête à faire ça pour avoir ce que j'ai porté.
- 17:26J'ai trouvé ce que j'avais certes joli,
- 17:27mais au point.
- 17:29que ça plaise à quelqu'un d'autre et encore moins à ce que quelqu'un rate son avion pour ça.
- 17:33Donc,
- 17:35je raccroche et je lui dis,
- 17:37écoutez,
- 17:37il faut que je réfléchisse à un prix.
- 17:39Je n'avais jamais pricé ce que je faisais.
- 17:41Je lui dis,
- 17:42écoutez,
- 17:42je vous rappelle,
- 17:43il faut que vous me donnez le prix,
- 17:45parce que là,
- 17:45vraiment,
- 17:46vous me prenez le cours.
- 17:47Je raccroche,
- 17:48j'appelle ma mère à lui.
- 17:49Je lui dis,
- 17:50incroyable,
- 17:51je ne vais pas imaginer,
- 17:51qu'est-ce qui s'est passé ?
- 17:53Et là,
- 17:53je lui raconte toute l'histoire.
- 17:56Elle me dit,
- 17:56mais Rosy...
- 17:58ça fait des années que tu te coiffes et qu'on te demande à chaque fois qui vous coiffe et que tu refuses à chaque fois de te lancer.
- 18:09C'est toi qui ne vois pas,
- 18:10mais ce n'est pas la première fois.
- 18:12Et je suis bien heureuse que cette dame ait raté son avion pour que tu te rendes compte enfin du potentiel que tu as.
- 18:19Et là,
- 18:20je tombe des nuits à dire que même les personnes qui,
- 18:23dans la rue,
- 18:24avant cette dame-là,
- 18:24me demandaient où je me coiffais ou...
- 18:27Comment ça se passait pour en savoir plus ?
- 18:30Je n'avais même pas notifié tout ça.
- 18:32Tellement j'étais dans ma bulle,
- 18:33j'étais dans mon truc.
- 18:34Je suis encore à l'école.
- 18:36Certes,
- 18:36je me lançais,
- 18:37mais j'étais quelqu'un quand même d'assez procédurière,
- 18:40c'est-à-dire que je ne voulais pas mélanger,
- 18:41je voulais valider mes diplômes.
- 18:42Une fois que je les ai validés,
- 18:44là je me lance.
- 18:45Mais elle me dit,
- 18:45ça fait un moment qu'on te sollicite par rapport à ça.
- 18:49Mais c'est toi qui n'écoutes pas.
- 18:51Elle m'a dit,
- 18:51écoute,
- 18:52demande-lui 300 euros.
- 18:54Et j'ai dit,
- 18:54pourquoi 300 euros ?
- 18:55Elle me dit,
- 18:56écoute,
- 18:56si elle a mis les moyens de gratter son avion et de prendre celui qui repart le lendemain,
- 19:01c'est que quand même,
- 19:02elle a quand même les moyens.
- 19:04Elle me dit,
- 19:04et 300 euros,
- 19:05ce n'est pas énorme.
- 19:07Elle me dit,
- 19:08là,
- 19:08tu te déplaces,
- 19:09tu vas aller la coiffer,
- 19:11tu vas te lever beaucoup plus tôt,
- 19:12parce que qui dit aéroport,
- 19:13c'est horaire décalé.
- 19:15Tu vas te lever plus tôt que 6 heures du matin pour pouvoir la coiffer avant d'aller travailler.
- 19:21Donc non,
- 19:21je pense que ça mérite
- 19:23300 euros.
- 19:24Voilà comment on a pressé ma perruque.
- 19:27Et donc là,
- 19:29je la rappelle,
- 19:29je dis écoutez,
- 19:30voilà mon prix.
- 19:31Elle me dit ok,
- 19:32parfait,
- 19:33je vous dis à demain.
- 19:36Ce que je fais,
- 19:37j'ai la nuit pour la nettoyer,
- 19:40faire une remise à niveau et surtout me trouver une autre perruque.
- 19:45Et à cette époque-là,
- 19:47j'en avais deux,
- 19:47je remercie.
- 19:48J'avais donc celle-ci et aussi c'est une perruque que je venais,
- 19:53que j'avais faite il y a...
- 19:54quasiment deux mois,
- 19:56mais je ne l'avais pas énormément porté.
- 19:58Peut-être qu'aujourd'hui,
- 19:59ça paraît honteux d'avoir fait ça,
- 20:01mais à l'époque,
- 20:02c'était pas...
- 20:03Comme aujourd'hui,
- 20:04aussi tendance.
- 20:06Et voilà,
- 20:07aujourd'hui,
- 20:07je me suis dit,
- 20:08mais ce qui s'est passé,
- 20:09c'est complètement fou.
- 20:10Depuis quand quelqu'un achète une perruque qui a été portée ?
- 20:13Mais là,
- 20:14j'ai tout de suite compris que c'était mon signe.
- 20:18Mon signe pour arrêter de reculer.
- 20:21Mon signe pour enfin me lancer dans l'entreprenariat.
- 20:25Mon signe pour arrêter d'avoir peur,
- 20:27de ne pas procrastiner,
- 20:29de...
- 20:30de ne plus avoir justement ce syndrome de l'imposteur,
- 20:32de ne pas se sentir légitime.
- 20:34Et voilà comment l'aventure Isinris Beauty a commencé.
- 20:39Un mois avant de finir,
- 20:40j'ai eu cette expérience-là avec ses clients.
- 20:41Donc,
- 20:41tu es vendue la perruque,
- 20:42tout s'est bien passé.
- 20:44Elle a eu le baptême de son fils,
- 20:45elle était coiffée comme elle voulait.
- 20:47J'ai pu encaisser les 300 euros et d'ailleurs,
- 20:50je ne sais même toujours même pas ce que j'en ai fait.
- 20:52Mais bon,
- 20:52à ce moment-là,
- 20:53ce qui comptait pour moi,
- 20:54ce n'était même pas tant cet argent-là,
- 20:56c'est d'avoir ce déclic d'enfin de me poser,
- 20:58d'avoir une stratégie.
- 21:00Du coup,
- 21:00après une alternance,
- 21:03on me dit « Qu'est-ce que tu fais ? »
- 21:05Et je m'en rappellerai toute ma vie.
- 21:07J'étais allée sur Fashion Job,
- 21:08j'avais regardé sur les annonces qui pouvaient me plaire et j'avais mis dans mes favoris l'annonce
- 21:17« Communication, on s'était junior chez Christian de Boutin » .
- 21:21J'avais mis en favoris,
- 21:23je m'étais dit « Je postule ou je postule pas ? »
- 21:26Je m'étais dit « Si je postule et que je décroche ce poste. »
- 21:30Est-ce que je vais avoir le courage de tout arrêter pour lancer ma boîte ?
- 21:35Non.
- 21:38L'annonce est restée dans mes favoris.
- 21:40Et nous voici huit ans après,
- 21:42avec
- 21:43Rosie, serial entrepreneur,
- 21:45et ayant commencé avec Esa-Riz Beauty.
- 21:48Donc je pense,
- 21:49Ramada,
- 21:49que ça répond à ta question.
- 21:51Par quoi j'ai commencé ?
- 21:53Et voilà comment j'ai entamé une année à la maison,
- 21:59à prendre des clientes.
- 22:00Je suis allée en Asie,
- 22:01donc ce que j'ai fait,
- 22:02c'est que c'est la première fois que je pouvais enfin goûter à ce qu'on appelle les acédiques,
- 22:05à l'époque.
- 22:06J'avais travaillé un an en CDD.
- 22:09Pendant un an,
- 22:10j'avais essayé à la grâce de pouvoir toucher les acédiques.
- 22:12Et je me suis dit,
- 22:12je pense que je n'aurai pas cette chance-là deux fois dans ma vie.
- 22:16J'accepte de toucher les acédiques pendant un an,
- 22:18mais de faire mes armes,
- 22:19de pouvoir aller en Asie,
- 22:20trouver mes fournisseurs et voir quelle clientèle,
- 22:24quel potentiel je peux réellement avoir sur le terrain.
- 22:26Et voilà comment j'entame cette année sabbatique,
- 22:28entre guillemets.
- 22:30à prendre des clientes à domicile.
- 22:31Et j'ai commencé dans le salon chez ma mère à prendre mes premières clientes.
- 22:36Et ça s'est fait très répugnant.
- 22:38Le 5 janvier 2017,
- 22:41je prends mon premier local au Saint-Honoré.
- 22:45Ça a été très,
- 22:45très rapide.
- 22:46Mais cette année,
- 22:47en fait,
- 22:48de transition a été décisive parce que,
- 22:50un,
- 22:50j'avais justement ce background par rapport à ma compensation,
- 22:55du coup,
- 22:56de l'État.
- 22:57Plus les clients que je prenais à la maison.
- 22:59oui effectivement au black mais je ne savais pas je me suis dit je ne me positionne pas je n'ouvre pas d'entreprise je ne sais pas clairement si je vais continuer là-dedans donc voilà j'ai fait ça pendant un an et puis 8 mois enfin même pas 8 mois au bout de 8 mois j'ai commencé à chercher un local parce que ma
- 23:15mère en avait marre de voir tout Paris dans son salon et voilà ça s'est fait assez rapidement mais voilà un peu pour répondre au début je pense que c'était important que je revienne un peu sur tout ça j'espère que je n'ai pas été trop longue
- 23:28Voilà un peu les prémices des Harris Beauty.
- 23:33Je te remercie d'avoir pris le temps de raconter ce moment de déclic.
- 23:38C'est assez intéressant de voir comment les choses se sont enchaînées à partir d'un déclic.
- 23:44C'est intéressant que tu fasses le lien avec ton année qui te dit
- 23:49« Nous, ça fait depuis longtemps qu'on est conscients de ça.
- 23:51C'est toi qui ne te rends pas compte qu'il y a une opportunité pour toi de ce côté-là. »
- 23:58Du coup,
- 23:59sur la partie création de contenu,
- 24:01est-ce que tu crées déjà du contenu sur les réseaux sociaux au moment où tu lances ta marque d'extension capillaire ?
- 24:13Ou est-ce que ça s'est fait en parallèle,
- 24:15en même temps ?
- 24:16Est-ce que tu peux nous raconter comment cette partie créatrice de contenu se développe ?
- 24:23Bien sûr.
- 24:23Alors,
- 24:25comme tout part des Harris Beauty,
- 24:27Je vais continuer le récit.
- 24:30Là,
- 24:30j'ai lancé ma boîte et il faut savoir que mes premières clientes,
- 24:33j'étais eue grâce à Instagram.
- 24:36Instagram qui,
- 24:37du coup,
- 24:37était un réseau qui n'était pas méconnu parce qu'à New York,
- 24:39j'avais plus ou moins tâté le terrain avec.
- 24:42Sauf que je n'ai jamais eu...
- 24:45Alors,
- 24:45pardon,
- 24:46quand on dit jamais eu,
- 24:47je n'ai pas eu ma petite page perso,
- 24:49mais j'ai commencé à être vraiment sérieuse,
- 24:53à prendre au sérieux Instagram quand j'étais...
- 24:55commencé à développer mon business Esarus Bussy.
- 24:59J'ai toujours,
- 24:59alors étant des années,
- 25:01quand même des années 90,
- 25:04Je ne suis pas née avec les réseaux sociaux et je me suis acclimatée,
- 25:10mais comment dire,
- 25:11avec beaucoup de distance.
- 25:13Quand j'ai commencé à vraiment prendre au sérieux Instagram,
- 25:18ça n'a pas été avec mon compte perso.
- 25:20Et à cette époque-là,
- 25:21j'avais un petit compte comme ça qui traînait.
- 25:22Je pense que j'avais peut-être 400 followers.
- 25:25C'était juste mes amis,
- 25:26peut-être anciens amis de Facebook.
- 25:28Mais je ne me suis jamais attardée dessus.
- 25:30Je me suis concentrée sur Esares Beauty et à trouver mes clientes dessus.
- 25:35Je découvre Instagram à travers le côté professionnel,
- 25:39donc à travers mon activité Esares Beauty.
- 25:42À cette époque-là,
- 25:42il était hors de question que je me mette en avant,
- 25:45mais ma stratégie était la suivante.
- 25:47Je compte mes clientes,
- 25:48je montre des avant,
- 25:49des après,
- 25:50ou juste des après pour les clients un peu pudiques,
- 25:52et je montre tout simplement mes mèches,
- 25:54mon travail.
- 25:55C'est-à-dire que pendant deux ans,
- 25:58les gens ne savaient pas qui était derrière.
- 26:00et dans les buts.
- 26:02Je ne me mettais absolument pas en avant et je ne voulais pas du tout me mettre en avant.
- 26:06C'était volontaire.
- 26:08Est-ce qu'il y avait de la timidité ?
- 26:10Oui.
- 26:10Est-ce qu'il y avait ce côté à se préserver des réseaux sociaux ?
- 26:15Oui.
- 26:16Mais je trouvais ça aussi très bien qu'on me connaisse pour mon travail et pas pour uniquement la personne que j'étais.
- 26:23Donc,
- 26:24je fais ça et puis je fais la rencontre d'une amie qui aujourd'hui est comme une sœur.
- 26:30À cette époque-là,
- 26:31photographe,
- 26:32et elle me dit,
- 26:35Rosy,
- 26:35je vois un peu comment tu travailles,
- 26:37je vois l'univers des Arises,
- 26:38comment il évolue et tout,
- 26:40c'est vraiment super,
- 26:41mais je ne comprends pas pourquoi tu ne te mets pas en avant.
- 26:46Et là,
- 26:46j'explique mon parti pris.
- 26:48Elle me dit,
- 26:49alors je l'entends,
- 26:50mais tu sais qu'aujourd'hui,
- 26:55se mettre en avant sur les réseaux,
- 26:57Ce n'est pas vu comme quelque chose de mauvais.
- 27:01Bien au contraire,
- 27:01les gens vont pouvoir s'associer,
- 27:04s'assimiler à toi plus facilement,
- 27:07se projeter et avoir une attache émotionnelle à ton entreprise qui va favoriser les ventes.
- 27:14Oui,
- 27:14parce qu'il ne faut pas négliger aussi l'objectif de poser sur les réseaux.
- 27:19C'était quand même de vendre,
- 27:20de convertir.
- 27:22Et à cette époque-là,
- 27:23on était aux prémices du...
- 27:25Personal Branding.
- 27:26Là,
- 27:26aujourd'hui,
- 27:27on entend à toutes les sauces.
- 27:28Mais c'était quelque chose,
- 27:29alors on ne l'appelait pas comme ça,
- 27:31je ne me rappelle plus comment,
- 27:32mais on parlait tout simplement de se mettre en avant sur les réseaux et de porter,
- 27:38tout simplement être ambassadrice de sa propre marque.
- 27:42Et là,
- 27:42elle me parle,
- 27:43elle me montre une influenceuse,
- 27:45Neiging,
- 27:46qui est la marque Lisu.
- 27:47Je ne sais pas si tu as entendu parler.
- 27:51Et la marque Lisu est en fait portée par l'influenceuse.
- 27:55Et c'est aussi un moment,
- 27:57un tournant,
- 27:57où il y avait pas mal d'influenceuses qui sortaient de leurs propres marques,
- 28:01de vêtements,
- 28:02au capillaire,
- 28:03au skincare.
- 28:05Et elle me disait,
- 28:05regarde Rosé,
- 28:06là aujourd'hui,
- 28:08tu peux te positionner dans ta stratégie en tant qu'influenceuse,
- 28:13mais de ta marque.
- 28:16Et elle me dit,
- 28:17il n'y a pas deux personnes dans Paris qui portent aussi bien des extensions capillaires.
- 28:24Et lorsqu'elle me dit ça,
- 28:25je dis,
- 28:26elle n'a pas tort,
- 28:27parce que mes clientes,
- 28:28aujourd'hui,
- 28:28je les trouve aussi comme ça.
- 28:30Et à l'époque,
- 28:31mon chiffre d'affaires,
- 28:32je le faisais essentiellement en physique.
- 28:35C'est que le Covid qui a permis de m'orienter vraiment sur le digital,
- 28:40d'avoir une vraie boutique de e-commerce,
- 28:44mais mon chiffre d'affaires,
- 28:45avant 2020,
- 28:46donc de 2007 à 2020,
- 28:48même jusqu'à 2021,
- 28:50on peut le dire,
- 28:51c'était essentiellement en boutique physique.
- 28:55Donc là,
- 28:55quand elle me parle comme ça,
- 28:57ça me dit quelque chose.
- 28:58Mais je n'ai pas encore confiance.
- 29:00Et puis,
- 29:01la caméra,
- 29:02pas habituée.
- 29:03Voilà,
- 29:03puis ce n'est pas mon truc.
- 29:05C'est vrai qu'aujourd'hui,
- 29:06on pourrait être choqué de dire
- 29:08« Non mais attends,
- 29:10on te voit sous différentes formes de contenu.
- 29:13Aujourd'hui,
- 29:14tu as un podcast,
- 29:15tu te montres et tout. »
- 29:16Oui,
- 29:16mais attendez,
- 29:17ce n'est pas venu comme ça.
- 29:19Et ce n'était pas naturel.
- 29:21C'est mon ami qui m'a,
- 29:24on va dire,
- 29:25initié,
- 29:25donc qui avait son appareil photo,
- 29:27qui m'a dit « regarde-vous-y » ,
- 29:28qui m'a réconciliée avec mon image.
- 29:30Je ne suis pas dans une génération où on avait le téléphone dans la main et le selfie à tout voir.
- 29:37Je n'avais même pas l'habitude de me voir en photo.
- 29:39Moi,
- 29:39mes photos,
- 29:40c'était des photos de vacances que ma mère avait imprimées et avait mises dans l'album photo.
- 29:46Je n'avais pas cette culture-là de me prendre en photo
- 29:50H24.
- 29:51Même si j'avais un iPhone,
- 29:52je prenais mes clientes,
- 29:53mais je me rendais compte que même dans mon téléphone,
- 29:55je n'avais pas autant de photos de moi,
- 29:57plus même des photos de mon travail.
- 29:59ou des autres,
- 30:00mais ce n'était pas quelque chose de naturel.
- 30:03Et cet ami m'a appris à me réconcilier avec mon image,
- 30:10le fait de me prendre en photo,
- 30:11le fait de me mettre en valeur,
- 30:13sans avoir ce côté péjoratif,
- 30:16et qui est très français d'ailleurs,
- 30:18que lorsqu'on se met en valeur,
- 30:21on se la pète,
- 30:22ou on est arrogante,
- 30:23il y a toujours un côté péjoratif.
- 30:27contrairement aux États-Unis,
- 30:28et ça,
- 30:28ça m'avait quand même pas mal aidé ce séjour-là pendant un an,
- 30:31c'est que les Américains n'ont pas de mal et ont cette art de pouvoir se mettre en valeur.
- 30:37Parfois,
- 30:37ils ont fait un peu,
- 30:38ils en font un peu beaucoup,
- 30:39mais c'est tout à leur honneur parce qu'ils savent se vendre.
- 30:43Juste,
- 30:43pas juste,
- 30:43après,
- 30:44il faut voir sur le terrain ce qu'ils valent vraiment,
- 30:46mais ils ont cette art de pouvoir se mettre en avant et de pouvoir se « brander »
- 30:51pour pouvoir décrocher des opportunités.
- 30:53Et ça,
- 30:55mon ami a pu...
- 30:56me l'apporter et mon début sur les réseaux sociaux a commencé grâce à Esaris Beauty en montrant tout simplement les pelotes que j'ai portées,
- 31:09comment je les portais,
- 31:10faire des tutos pour montrer comment les boucler,
- 31:13etc.
- 31:14J'ai appris à m'exposer à travers Esaris Beauty.
- 31:18Et à cette époque-là,
- 31:19ma page perso était toujours au point mort.
- 31:23Déjà,
- 31:24entretenir ma page.
- 31:25pro me demandait déjà énormément de travail.
- 31:28J'étais donc seule aux commandes de mon entreprise.
- 31:32C'est moi qui répondais au DM,
- 31:33c'est moi qui faisais les perruques,
- 31:34c'est moi qui recevais les clients.
- 31:36Même quand j'ai ouvert ma deuxième boutique,
- 31:38il y a même un moment où j'avais deux boutiques et j'étais seule à gérer les deux.
- 31:41Dieu merci,
- 31:41elles étaient à la même adresse.
- 31:43Mais je n'avais absolument pas la force de développer un compte perso et ça ne m'intéressait même pas.
- 31:48Parce qu'aujourd'hui,
- 31:49ce qui est le plus important pour moi était de développer la marque et l'image de ma marque.
- 31:55Donc voilà comment j'ai commencé sur les réseaux.
- 31:57Et lorsque j'ai ouvert ma page perso,
- 32:00ce n'était même pas pour être influenceuse ou avoir ce côté sympa de l'influence.
- 32:09Absolument pas.
- 32:09C'était,
- 32:11j'arrivais à un point où je voulais parler d'autre chose que de cheveux.
- 32:15Et j'étais un peu bloquée avec Eddardis Beauty.
- 32:17Il y a l'arrivée des stories qui m'a quand même sauvée,
- 32:20qui me permettaient d'avoir des stories où du coup...
- 32:22engageante parce que je parlais de choses du quotidien,
- 32:26pas forcément de cheveux.
- 32:27Donc il y avait le côté vraiment pour le coup influence qui commençait à s'en dégager parce qu'on avait l'avant boutique,
- 32:36avant la cliente.
- 32:37Il y avait l'après,
- 32:38quand je finissais mes journées,
- 32:39quand j'étais fatiguée,
- 32:40ils disaient les filles,
- 32:40voilà ma journée,
- 32:41là je rentre à la maison.
- 32:42Donc elles n'avaient pas uniquement que le côté coiffure,
- 32:45ils avaient aussi le côté lifestyle.
- 32:48Mais il y a un moment où je me sentais un peu coincée,
- 32:50je me disais non.
- 32:51ce côté carré il est important pour moi aujourd'hui je donne beaucoup plus que de la coiffure il est temps de prendre au sérieux ma page perso et d'alimenter quand c'est personnel le côté perso et
- 33:07quand c'est pro le côté pro donc je crée un vrai détachement entre mon contenu lifestyle et mon contenu professionnel Ski-Yah !
- 33:20aussi à impacter les ventes du côté pro.
- 33:25Mais aujourd'hui,
- 33:26je ne regrette pas parce que bâtir une communauté,
- 33:30ça prend du temps.
- 33:32J'ai fait ce pari-là parce que,
- 33:34pas par stratégie,
- 33:35mais on va dire plus par un souci d'organisation ou un souci professionnel.
- 33:44Et ça m'a permis,
- 33:46du coup,
- 33:46de faire grandir ma communauté.
- 33:50et d'avancer côté
- 33:52Esaris
- 33:54Beauty. Et je pense que c'est aux cinq ans à peu près d'Esaris Beauty,
- 33:58on va dire quatre ans,
- 34:00mais vraiment aux cinq ans,
- 34:02que j'ai pris ça à cœur de développer ma communauté en dehors d'Esaris Beauty.
- 34:11Donc voilà un peu le cheminement.
- 34:12Donc ça n'a pas été naturel,
- 34:14mais c'est grâce à cet ami qui m'a montré un peu le pas.
- 34:19et qui m'a réconciliée avec l'effet de se mettre en avant,
- 34:21etc.
- 34:23À quel point ça a été bénéfique pour ma marque.
- 34:25Et ça a été vrai que j'ai fait vraiment,
- 34:28j'ai sauté le pas de m'exposer.
- 34:30Très bien.
- 34:30Écoute,
- 34:30c'est intéressant en tout cas la manière dont tu prends le temps de raconter des étapes qui peuvent paraître comme des détails,
- 34:37mais qui ont vraiment été des déclencheurs qui t'ont permis toi ensuite de professionnaliser ta stratégie de communication,
- 34:44ton personal branding et également la communication par rapport à ta marque.
- 34:49d'extension capillaire.
- 34:51Donc,
- 34:52on peut dire que dans l'univers des extensions capillaires,
- 34:56des perruques,
- 34:57le fait que toi,
- 34:58tu aies une boutique depuis...
- 35:01un peu moins de 10 ans,
- 35:03tu as un peu été parmi les précurseurs sur ce sujet-là.
- 35:06Ah oui,
- 35:07complètement.
- 35:08En fait,
- 35:08à cette époque-là,
- 35:10on était très peu,
- 35:11on était beaucoup à vendre des mèches.
- 35:13Mais moi,
- 35:14j'ai justement voulu me différencier très rapidement en me disant,
- 35:18non,
- 35:18si je vends des mèches,
- 35:19je vais me fondre dans la masse.
- 35:21Je vais me spécialiser dans la perruque.
- 35:23Je n'ai pas proposé autre chose.
- 35:25Pas de tissage,
- 35:26pourtant je savais faire les tissages.
- 35:27Pas de box bread,
- 35:28pourtant je savais faire les box bread.
- 35:30Mais je m'étais dit,
- 35:31là,
- 35:31ma stratégie,
- 35:32c'est de vite trouver ma spécialité,
- 35:36en quoi je suis unique.
- 35:37Et tout de suite,
- 35:38ça a pris parce que,
- 35:40alors,
- 35:40je suis arrivée au bon moment,
- 35:41au moment où la less wig vraiment commençait à devenir tendance,
- 35:46mais qui n'était pas encore parce qu'on était encore au début.
- 35:49Et je me suis spécialisée dans le système sans col.
- 35:52Donc aujourd'hui,
- 35:52quand on parle de perruque sans col,
- 35:54tout de suite,
- 35:55c'est Aza and Beauty.
- 36:01En étant restée sur cette voie-là,
- 36:04ça m'a permis de frayer vraiment mon chemin.
- 36:06Et après,
- 36:07j'ai étoffé mes offres,
- 36:08une fois qu'on m'a connue pour la perruquière à Paris,
- 36:13qui te donne des mèches de qualité,
- 36:15mais surtout qui te pose une perruque sans colis.
- 36:18Je suis restée dessus pendant très longtemps,
- 36:20avant de proposer d'autres extensions,
- 36:23comme on peut le voir sur mon site aujourd'hui.
- 36:27Et aujourd'hui,
- 36:29ta gamme de produits,
- 36:32le nombre de produits que tu vends et puis les niveaux de prix,
- 36:35comment ça a évolué ?
- 36:36Alors,
- 36:36je ne vais pas te demander depuis huit ans parce que je pense qu'il y a dû avoir énormément de changements.
- 36:41Mais comment est-ce qu'on constitue une collection d'extensions capillaires ?
- 36:44Parce qu'autant dans l'univers du vêtement et de la beauté,
- 36:48moi,
- 36:49c'est des secteurs que je connais,
- 36:50donc je vais savoir me dire comment on constitue un vestiaire ou comment on constitue une...
- 36:55gamme de produits en beauté,
- 36:56mais j'imagine qu'au niveau des perruques,
- 36:58des extensions capillaires,
- 36:59il y a aussi des stratégies à avoir en tête.
- 37:02Et toi,
- 37:02du coup,
- 37:02comment t'as fait pour...
- 37:04Parce que l'idée,
- 37:04c'est qu'il y a des marques qui se lancent et qui ne durent pas.
- 37:08Toi,
- 37:08ça fait huit ans que t'es là,
- 37:09donc j'imagine que...
- 37:11Et puis,
- 37:11il y a une évolution,
- 37:13je pense,
- 37:13dans comment on porte les perruques,
- 37:16quel type de perruque on veut.
- 37:17Donc,
- 37:17comment toi,
- 37:18t'as fait pour proposer ta gamme de produits,
- 37:22la développer et faire en sorte de continuer à
- 37:25comment dire,
- 37:26à développer et à rester dans le temps,
- 37:29à développer ta marque ?
- 37:32C'est vrai qu'en 8 ans,
- 37:33j'ai augmenté mes prix tous les ans.
- 37:36Et là,
- 37:36je pense que je suis arrivée à un prix qui me convient,
- 37:38qui convient à mon positionnement et à la construction actuelle de l'économie.
- 37:45Parce que ça,
- 37:45c'est quelque chose qui me tient à cœur.
- 37:48C'est vrai que dans le business,
- 37:49on ne met pas les sentiments.
- 37:51Mais d'avoir un produit premium et pas...
- 37:54ultra luxe,
- 37:55genre inaccessible.
- 37:56C'était vraiment pas mon but.
- 37:58Dès que j'ai lancé Zainris Beauty,
- 37:59c'est vrai que j'étais pas au prix d'aujourd'hui,
- 38:01mais j'avais toujours eu cette vision-là d'avoir,
- 38:03que ma cliente puisse acheter une à deux perruques par an chez moi.
- 38:08Après,
- 38:08attention,
- 38:08je ne vise pas les étudiantes.
- 38:10J'ai des étudiants qui ont mon cœur de cible,
- 38:12ce sont les femmes actives.
- 38:13C'est des femmes qui travaillent,
- 38:14qui ont des revenus et qui ne vendent pas un rein pour acheter une perruque.
- 38:18Maintenant,
- 38:20avec le Covid,
- 38:20on a eu des solutions de paiement plusieurs fois,
- 38:23énormément favorisé le chiffre d'affaires.
- 38:26Donc,
- 38:27ça a aussi élargi ma cible et c'est à partir de ce moment-là que j'ai eu une cible un peu plus jeune qui pouvait se permettre de payer mes perruques avec la facilité de paiement.
- 38:37Mais,
- 38:37grosso modo,
- 38:38là aujourd'hui,
- 38:39sur mon site internet,
- 38:40j'ai les prix parfaits pour moi et mon positionnement.
- 38:45Et par rapport à mon évolution,
- 38:49comment j'ai fait pour rester un peu dans la tendance parce qu'effectivement,
- 38:52dans les perruques,
- 38:52Merci.
- 38:53Il n'y a pas de collection,
- 38:54on ne peut pas se réinventer comme des designers.
- 38:57Ce que j'ai fait,
- 38:58c'est sur mes appellations que j'ai jouées.
- 39:01Par exemple,
- 39:02il y a la Baby Girl,
- 39:03il y a le Carry Lady et la Pocahontas.
- 39:05Ce sont trois perruques qui sont exactement les mêmes,
- 39:07mais j'ai changé les noms en fonction des longueurs.
- 39:10J'ai voulu avoir mon propre wording.
- 39:14Lorsque je parlais de mes perruques,
- 39:17je parlais avec le même jargon que la haute cour.
- 39:20Je parlais de collection,
- 39:21je parlais de finition,
- 39:23et pas juste de closure et de laisse frontale.
- 39:26Je disais à mes clientes « Quelle finition vous souhaitez ? »
- 39:29En fait,
- 39:29l'univers de la mode,
- 39:30je l'ai clairement imbriqué à l'univers de mes extensions capillaires.
- 39:36Et mes clientes,
- 39:38en fait,
- 39:38ont suivi les indices du CIE.
- 39:41Je ne cherchais pas à être tendance,
- 39:43mais je cherchais à être intemporel.
- 39:46Les tendances,
- 39:47c'est bien,
- 39:47mais ça fatigue.
- 39:49Voilà,
- 39:50marketing en parlant,
- 39:51ça fatigue.
- 39:52Donc,
- 39:52je me dis de toute façon,
- 39:54je ne vends pas de vêtements,
- 39:56même si l'univers de la mode et la manière de gérer un business,
- 40:00une marque...
- 40:01et totalement différent.
- 40:03Pour le coup,
- 40:04les tendances,
- 40:05je ne suis pas rentrée dedans.
- 40:07Quand il y a la tendance avec la colle,
- 40:09je n'ai absolument pas suivi.
- 40:11Et ça m'a sauvée,
- 40:11et ça m'a permis de me distinguer parmi ma concurrence.
- 40:18Donc,
- 40:19j'ai vraiment fait les choses,
- 40:21on va dire,
- 40:22à l'envers.
- 40:22Je me suis dit,
- 40:23OK,
- 40:24là qu'il y a une tendance,
- 40:25non,
- 40:25je reste sur mon message.
- 40:28qui était le suivant,
- 40:29certes de perruques accessibles mais dans un univers premium,
- 40:34mais un univers en fait où une safe place où je vous garantis que chez moi,
- 40:41vous n'allez pas perdre vos cheveux,
- 40:42je vous garantis que chez Evariste,
- 40:44nous n'allons pas vous coller votre perruque à vos dépens.
- 40:51Je vous promets que chez Evariste,
- 40:52la qualité sera au rendez-vous.
- 40:55Donc,
- 40:55j'étais vraiment sur la longévité.
- 40:57Et je ne voulais absolument pas surfer sur des tendances.
- 41:01La tendance influenceuse où on place les WID,
- 41:03les extensions à tout va pour avoir des followers et des clients,
- 41:07non,
- 41:07j'étais seule et je voulais grandir naturellement.
- 41:11Je n'ai suivi aucune tendance.
- 41:14Au moment où un des tournants des Iris Beauty a été en 2021,
- 41:20lorsque j'ai l'agrément pour les prothèses capillaires.
- 41:23Donc aujourd'hui,
- 41:24mes prothèses sont remboursées par la Sécurité sociale.
- 41:26parce que j'ai des clientes qui traversaient des chimios,
- 41:30qui venaient chez moi et qui m'avaient dit « Rosine,
- 41:34on est malade,
- 41:35ce serait bien que tu sois conventionnée parce que nous,
- 41:37derrière,
- 41:38on peut être remboursé. »
- 41:40Et c'est grâce à ces clientes-là que j'ai,
- 41:42après le Covid,
- 41:44repris une formation pour pouvoir être conventionnée par la Sécurité sociale.
- 41:48Donc voilà,
- 41:49je n'ai jamais fait les choses par tendance,
- 41:51mais dans les codes,
- 41:52dans la manière de communiquer.
- 41:55J'ai toujours voulu avoir ce côté intemporel.
- 41:58Et aujourd'hui,
- 41:59si on se preuve sur la page Instagram,
- 42:01on peut voir quand même une légère évolution de mon contenu.
- 42:04Mais je pourrais très facilement reposter ce que j'ai posté il y a trois ans et que ce ne soit pas obsolète.
- 42:11Parce que je n'ai jamais voulu être tendance.
- 42:14Jamais.
- 42:16Mais être intemporel,
- 42:17oui.
- 42:19Une référence,
- 42:20oui.
- 42:22Avoir une réputation solide,
- 42:24oui.
- 42:26Avoir une vision sur la durée,
- 42:28oui.
- 42:29Mais tendance,
- 42:30non.
- 42:30C'est la seule chose que je n'ai pas prise du secteur de la mode.
- 42:35Ou plutôt même de la fast fashion,
- 42:37parce qu'aujourd'hui,
- 42:37une grande maison joue quand même sur la temporalité.
- 42:42C'est intéressant la manière dont tu expliques ton approche,
- 42:48qui finalement,
- 42:50quelque part,
- 42:50c'est un peu aller à contre-courant,
- 42:52c'est choisir sa voie et se dire,
- 42:54écoute,
- 42:54non,
- 42:54moi,
- 42:54je ne vais pas...
- 42:56Je ne vais pas me laisser tenter par les tendances.
- 42:59En fait,
- 43:00je le refuse.
- 43:01Et c'est comme ça que je vais développer ma communauté,
- 43:03mes clientes et que je vais avoir finalement…
- 43:08J'ai développé de la fidélité,
- 43:10en fait,
- 43:10de la loyauté de certains consommateurs qui vont revenir parce qu'ils sentent qu'il y a comme des produits iconiques vers lesquels ils peuvent aller en se sentant rassurés plutôt que d'avoir des marques qui…
- 43:24proposent des choses nouvelles tout le temps,
- 43:26mais à la fin,
- 43:28on ne se sent pas forcément fidèle à ces marques-là,
- 43:30parce qu'elles changent tout le temps.
- 43:32Après,
- 43:32ça dépend du type de consommateur aussi que tu cherches à viser.
- 43:38Toi,
- 43:38du coup,
- 43:40aujourd'hui,
- 43:42tu as eu un certain niveau de maturité par rapport à cette marque.
- 43:45Ah non,
- 43:45j'avais une question que je voulais poser,
- 43:47c'est tu insistes beaucoup sur le fait que toi,
- 43:49tu n'utilises pas de colle.
- 43:51Est-ce que tu peux expliquer pourquoi
- 43:53c'est quoi la différence entre ces deux typologies de produits et la particularité de ce que toi,
- 43:59tu proposes ?
- 44:00Tu l'as un peu évoqué en disant,
- 44:01nous,
- 44:01on vous garantit que vos cheveux ne seront pas abîmés.
- 44:05Mais est-ce que tu peux revenir un peu là-dessus ?
- 44:07Parce qu'effectivement,
- 44:09il y a peut-être une notion de soin dans le fait de porter une perruque que certains peut-être ne perçoivent pas.
- 44:15Il y en a qui vont porter la perruque et en mettant des nattes collées,
- 44:18mais c'est un petit peu une coiffure protectrice quelque part.
- 44:20Est-ce que tu peux expliquer ça ?
- 44:23Alors oui,
- 44:26pourquoi j'ai fait le choix de ne pas coller les perruques ?
- 44:29Il faut savoir que lorsque j'ai lancé Zainis Beauty,
- 44:33ça faisait six ans déjà que je portais des perruques.
- 44:36Très important,
- 44:37donc je connaissais le produit.
- 44:39Et le produit,
- 44:40je l'ai aimé,
- 44:41je l'ai apprécié sans colle.
- 44:43Donc quand la tendance colle arrive,
- 44:47déjà je ne comprends pas l'utilité,
- 44:50sachant que c'est une coiffure.
- 44:52protectrice,
- 44:53qu'on est censé prendre soin de nos cheveux,
- 44:56pourquoi se condamner avec une perruque ?
- 44:58Donc,
- 44:58ce serait là,
- 44:59autant compté pour un tissage.
- 45:00Donc déjà,
- 45:01moi-même,
- 45:01en tant que consommatrice de ce produit,
- 45:03je ne trouvais pas ça logique.
- 45:06Donc voilà ce qui m'a aussi donné la force de rester sur ces positions-là,
- 45:12de non,
- 45:13la gueule n'est pas faite pour être collée.
- 45:15Donc,
- 45:16il y avait aussi le deuxième point,
- 45:19c'était si une cliente veut prendre soin de ses cheveux,
- 45:24les laisser respirer,
- 45:26il est important de pouvoir la retirer.
- 45:28Donc,
- 45:28il y a un côté pratique.
- 45:30Aujourd'hui,
- 45:31la colle,
- 45:32à l'époque,
- 45:33il y avait une colle,
- 45:34ce n'était pas la Got2B,
- 45:35il y avait une colle un peu plus forte que de l'Arkane Vendée,
- 45:37qui était terrible.
- 45:38La Got2B même,
- 45:39encore,
- 45:40c'est gentil en termes de dosage,
- 45:42et c'est de l'eau.
- 45:45Il y avait une colle qui,
- 45:46au début,
- 45:47a fait des ravages,
- 45:49qui coupait totalement les baby-air des clientes.
- 45:54Les clientes ne savaient pas qu'il y avait des fronts,
- 45:55des airlines qui n'étaient même pas adaptés pour la colle.
- 45:59Il y a des personnes qui,
- 46:01entre la zone des sourcils et la hairline,
- 46:05avaient des fronts de 3 cm.
- 46:08Donc déjà,
- 46:09il y avait même un type de cliente qui n'était même pas,
- 46:13on va dire,
- 46:15habilité à porter une perruque collée.
- 46:18Même parfois,
- 46:19une perruque tout court.
- 46:20J'ai même déjà refusé des clientes de leur vendre une perruque parce que leur front n'était pas adapté à la perruque.
- 46:28au-delà de la péril qu'il y avait d'autres solutions capillaires.
- 46:32Donc,
- 46:32à partir de là,
- 46:34pourquoi mettre en avant un système qui va être pénible pour la cliente,
- 46:41parce que elle ne le vendait pas comme ça.
- 46:44Ce que faisaient mes consoeurs,
- 46:46c'était,
- 46:47on va vendre la colle à tout va,
- 46:49parce qu'économiquement,
- 46:50on gagne.
- 46:51Au lieu de passer une heure à faire une pause sans colle,
- 46:54nous,
- 46:54en dix minutes,
- 46:55tu viens,
- 46:55on te fout de la colle,
- 46:56c'est fini.
- 46:57et la cliente paye le même prix.
- 46:58Donc,
- 46:59c'était beaucoup plus rentable.
- 47:01Moi,
- 47:01pendant ce temps-là,
- 47:02pendant une heure,
- 47:03je me tracasse à montrer à la cliente comment la poser sans colle,
- 47:08comment se débrouiller au quotidien,
- 47:09mais pour qu'elle soit autonome.
- 47:11En fait,
- 47:12la colle,
- 47:12il y avait deux enjeux.
- 47:14Économique et l'enjeu,
- 47:16on va dire,
- 47:17le côté Instagramable.
- 47:18Quand on fait une pose,
- 47:20à l'époque,
- 47:20quand on faisait une pose avec colle,
- 47:23ça faisait encore plus vrai,
- 47:25d'après eux.
- 47:26Donc,
- 47:26ça faisait vendre.
- 47:28Sauf que la réalité entre Instagram et le quotidien d'une cliente,
- 47:34il est énorme.
- 47:36La cliente me montre ce qu'elle veut sur Instagram,
- 47:39mais elle me dit,
- 47:40voilà ma réalité au quotidien.
- 47:42Et je finissais par passer mes journées à rééduquer une clientèle qui voit des choses sur Instagram,
- 47:52mais qui n'est pas prête à vivre cela tout.
- 47:55les matins,
- 47:56c'est-à-dire à me lever,
- 47:58à couler ma perruque,
- 47:59à rentrer le soir,
- 48:00à la décoller.
- 48:02Là,
- 48:02on est même encore loin de la perruque qui abîme les cheveux.
- 48:07Et il y a l'autre côté où la cliente n'est pas forcément coiffeuse.
- 48:11La cliente n'a pas forcément la main pour se coiffer elle-même.
- 48:16On lui met une colle.
- 48:18Une colle qu'elle doit racheter.
- 48:19Une colle qu'elle doit enlever soigneusement sans s'arracher les cheveux.
- 48:24sans arracher les cheveux d'une perruque qu'elle achetait à un certain prix,
- 48:28et donc qui va se dégrader beaucoup plus vite.
- 48:31Donc,
- 48:32je ne sais pas si tu vois ce que je veux dire,
- 48:33il y avait tellement d'enjeux,
- 48:36et moi derrière,
- 48:38je rééduquais la cliente.
- 48:40Je lui montrais,
- 48:41regarde,
- 48:42là,
- 48:42il y a même des photos où on montrait des perruques où c'était collé,
- 48:47où dans la bio,
- 48:47il y avait marqué sans colle.
- 48:49Donc,
- 48:49j'ai passé mon temps à rééduquer la cliente,
- 48:53à leur dire.
- 48:54Attention,
- 48:55la publicité nous mensongère.
- 48:57C'était juste un bourbier,
- 49:00mais sans fin.
- 49:01Et finalement,
- 49:02je me suis rendue compte,
- 49:03mais je passe plus de temps à éduquer mes clientes sur ce que c'est une perruque,
- 49:08comment la porter,
- 49:10comment l'enlever,
- 49:11pourquoi et à quel moment la coller,
- 49:14prendre soin de ses cheveux,
- 49:16l'envoyer dans des salons pour qu'elle puisse récupérer son cheveu crépu et ne pas prendre la perruque comme un cache-misère.
- 49:24Et Zahir Hibouti,
- 49:25je suis rendue compte,
- 49:26c'est beaucoup plus que quelqu'un qui pose des perruques sans colle.
- 49:30Derrière,
- 49:30il y a une mission,
- 49:31carrément.
- 49:33Donc voilà tout ce que cache le,
- 49:37du nouvel S,
- 49:37le Zahir Hibouti,
- 49:38perruque sans colle.
- 49:40En interne,
- 49:40voilà tout ce qui se passait.
- 49:43Et voilà pourquoi,
- 49:45voilà ce qui me différenciait des autres.
- 49:46Donc quand quelqu'un est venu chez moi,
- 49:47il a vu la différence.
- 49:48Déjà,
- 49:49même le temps que je passais avec elle,
- 49:51je recevais uniquement sur rendez-vous.
- 49:53tandis qu'ailleurs,
- 49:54il fallait s'aligner et parfois au risque même de ne même pas passer.
- 50:00dans les mains de la coiffeuse durant la journée.
- 50:04C'était tout un service,
- 50:05toute une rééducation.
- 50:06C'était vraiment...
- 50:07Ma cliente,
- 50:09elle avait son moment avec moi.
- 50:12Et cela pendant huit ans.
- 50:14Je n'ai jamais changé de système.
- 50:16Jusqu'à aujourd'hui,
- 50:17j'ai toujours reçu ce rendez-vous.
- 50:19Mes clients ne se sont jamais croisés.
- 50:21Je n'ai jamais pris deux pièces en même temps.
- 50:23Et c'est ce qui a fait ma force,
- 50:24vraiment,
- 50:24sur l'expérience client.
- 50:27sur la valeur ajoutée,
- 50:29au-delà de coiffer les conseils,
- 50:32l'écoute.
- 50:33Et c'est comme ça que j'ai vraiment bâti ma clientèle.
- 50:36Très bien,
- 50:37encore une fois,
- 50:37c'est plein d'enseignements de voir que toi,
- 50:39il y a vraiment une mission derrière.
- 50:41Ce n'est pas juste coiffer,
- 50:43il y a vraiment une mission.
- 50:45Et donc,
- 50:46derrière,
- 50:47quand tu parles de glouless,
- 50:49tu sais tout ce que ça veut dire derrière en termes de soins du cheveu et d'apporter aussi un service de qualité.
- 50:56Donc,
- 50:56quelque part,
- 50:57derrière un prix,
- 50:57il n'y a pas juste vous allez sortir jolie,
- 51:00c'est aussi,
- 51:01c'est un moment à vous,
- 51:03rendez-vous individuel,
- 51:04il y a quelqu'un avec une expertise qui vous conseille et qui vous donne les meilleurs tips,
- 51:09les meilleurs modèles.
- 51:10Et moi,
- 51:11je ne sais plus,
- 51:12j'ai vu un TikTok passer il n'y a pas longtemps d'une potentielle cliente qui disait,
- 51:19moi,
- 51:20ma coiffeuse,
- 51:20en fait,
- 51:21maintenant,
- 51:22aujourd'hui,
- 51:22j'ai fait attention aux coiffeuses qui…
- 51:24montre certaines coiffures sur les réseaux sociaux.
- 51:29Et quand je vois des coiffeuses qui passent beaucoup de temps sur les réseaux sociaux,
- 51:32je me méfie.
- 51:33En fait,
- 51:33je vais avoir tendance plutôt à me dire,
- 51:36ma coiffeuse,
- 51:36en fait,
- 51:37qui n'a pas le temps de créer du contenu pour les réseaux sociaux,
- 51:40c'est à elle que je vais faire confiance.
- 51:41Ça veut dire qu'elle coiffe toute la journée en réalité et qu'elle n'est pas en train de faire des choses pour le buzz,
- 51:47pour les likes,
- 51:49pour avoir des rendez-vous.
- 51:51Mais au final,
- 51:52la qualité du soin apporte
- 51:54à la prestation n'est pas au rendez-vous.
- 51:56Exactement.
- 51:58En fait,
- 51:58c'est une réalité.
- 52:00Aujourd'hui,
- 52:00il y a même un moment où j'étais,
- 52:02je me suis fait confiter ce matin,
- 52:03j'étais frustrée.
- 52:05Je me disais,
- 52:06alors attendez,
- 52:07quand je sois le temps que je passe avec mes clientes,
- 52:11c'était,
- 52:12je prenais des créneaux de deux heures par cliente,
- 52:14alors que la pause durait en soi 45 minutes.
- 52:18Mais il y avait tout le protocole,
- 52:19il y avait le fait d'anticiper le léger retard.
- 52:23etc.
- 52:24de travailler pas sous la pression donc disons que je prenais deux heures par client quand je voyais le temps que ça me prenait par client à la fin de la journée je n'avais même plus la force de poster et quand je voyais en face mes
- 52:39consoeurs qui postaient mais tous les jours des influenceuses à ma chambre je me disais mais comment elles font ?
- 52:45je n'ai même pas la force de le faire et à côté de ça il y avait des clients aussi qui ne souhaitaient pas être sur mes réseaux
- 52:53Et au grand jamais,
- 52:55j'allais un jour forcer une cliente à se mettre sur mes réseaux sous prétexte que oui,
- 52:58elle n'a pas le droit que je puisse la vendre.
- 53:00Non.
- 53:01Donc,
- 53:01j'étais dans ce truc où je me disais,
- 53:02mais comment elles font ?
- 53:05Et c'est des années plus tard que j'ai compris,
- 53:07mais d'accord,
- 53:08leur business,
- 53:08en fait,
- 53:09elles n'étaient pas dans la fidélisation client,
- 53:11mais dans des forts turnovers où les clients venaient par vagues,
- 53:16clairement de promotion d'influenceuses,
- 53:18mais ne restaient pas.
- 53:20Et comment j'ai su ça ?
- 53:21C'est en ayant leurs clients,
- 53:22tout simplement.
- 53:23J'ai coiffé toutes les clientes de tous les salons de Paris,
- 53:28de wigs,
- 53:29de mèches,
- 53:29tout confondu.
- 53:30Donc,
- 53:31je savais exactement comment les clientes étaient traitées là-bas.
- 53:34Et c'est ça qui m'aurait confortée.
- 53:36Bah,
- 53:36écoute,
- 53:37Rosy,
- 53:38quitte à ce que tu ne peux pas pendant un mois,
- 53:39mais en attendant,
- 53:40les clientes,
- 53:40quand elles viennent chez toi,
- 53:42elles sont reçues dignement.
- 53:45Et à la fin de la journée,
- 53:47ce qui compte,
- 53:47c'est leur expérience client.
- 53:50Et je suis focalisée dessus,
- 53:51tout simplement.
- 53:52Effectivement,
- 53:54le client est roi.
- 53:55C'est celui qui te donne de la force pour tout business.
- 54:00Ceux qui sont sur les vanity metrics,
- 54:04qui accordent trop d'importance aux réseaux sociaux,
- 54:06c'est qu'à un moment donné,
- 54:07il n'y a pas suffisamment de focus qui est apporté aux clients.
- 54:13Et après,
- 54:14parfois en plus,
- 54:15ceux qui sont très focus sur les réseaux sociaux,
- 54:17c'est ceux aussi qui parfois sont traînés dans la boue.
- 54:19par ces clients non satisfaits et qui subissent des bad buzz sur les réseaux sociaux parce qu'ils ont des clients qui se retournent contre eux parce qu'ils ont tout joué sur les réseaux sociaux.
- 54:29Et donc,
- 54:30on en a des histoires de personnes déçues par tel ou tel salon et de règlements de comptes interposés entre des clients mécontents et des salons de coiffure.
- 54:43Donc,
- 54:44effectivement,
- 54:45quel que soit le business,
- 54:46travailler sa communication sur les réseaux sociaux,
- 54:48c'est important.
- 54:49mais travailler un vrai business model cohérent où on satisfait son client,
- 54:53ça doit être ça la priorité.
- 54:55Et la communication,
- 54:57c'est une brique en plus,
- 54:58mais ça ne doit pas être la seule et unique brique sur laquelle se concentrer.
- 55:02Maintenant,
- 55:03j'aurais voulu parler du concept store que tu as créé.
- 55:07Donc,
- 55:08un concept store digital dédié à des parcs africains.
- 55:12Donc,
- 55:12ça,
- 55:13c'est venu aujourd'hui.
- 55:15Tu le disais,
- 55:16Serial Entrepreneur,
- 55:17tu as toujours en fait un peu
- 55:19ta marque d'extension capillaire.
- 55:20Et puis,
- 55:21en parallèle,
- 55:22tu as décidé de créer un concept store digital.
- 55:25Donc,
- 55:25est-ce que tu peux nous parler de cette nouvelle aventure ?
- 55:29Oui,
- 55:29bien sûr.
- 55:30Alors,
- 55:31lorsque...
- 55:33Je pense que c'était aux 6 ans des Arrêts de Beauty.
- 55:37J'ai...
- 55:38Alors,
- 55:38aux 5 ans,
- 55:38pardon,
- 55:39je reviens dans l'ordre.
- 55:40Aux 5 ans des Arrêts de Beauty,
- 55:42j'ouvre justement le concept store à Levallois.
- 55:47À cette époque-là,
- 55:48ça ne s'appelait pas un concept store.
- 55:50C'était ce local,
- 55:51quand je l'ai eu,
- 55:52la vision était d'avoir un centre de formation et de production pour mes messes.
- 55:59Et aussi,
- 55:59slash bureau.
- 56:01Et puis,
- 56:02je me suis rendue compte,
- 56:03Rosy,
- 56:04oui,
- 56:04bon,
- 56:05tu as voulu avoir un bureau de CEO,
- 56:06mais en vrai,
- 56:07tu ne travailles jamais dessus.
- 56:09Tu as voulu avoir vraiment le truc,
- 56:11pour le coup,
- 56:12Instagramable.
- 56:13Mais la réalité,
- 56:14c'est que,
- 56:14écoute,
- 56:15ma cocotte,
- 56:16le local,
- 56:17tu ne l'optimises pas,
- 56:18là,
- 56:18ça ne va pas du tout.
- 56:19Donc,
- 56:20ce qui se passe,
- 56:22c'est que...
- 56:23Il faut savoir,
- 56:24entre-temps,
- 56:24je faisais toujours mes allers-retours en Afrique et Zahiris Bussi avait ouvert dans un...
- 56:28A bientôt.
- 56:28On avait été distribué dans un concept store en Côte d'Ivoire en 2020.
- 56:33Le concept store a fermé en 2022,
- 56:35donc l'aventure a duré deux ans.
- 56:37Donc moi,
- 56:38en 2022,
- 56:38c'est cette année-là où j'ouvre maintenant,
- 56:40moi,
- 56:41on va dire,
- 56:42mon complexe.
- 56:43Lorsque j'ouvre mon complexe,
- 56:46dans la vision,
- 56:46il n'y a qu'un Resbuti.
- 56:49Et il faut savoir que dans mes allers-retours en Afrique,
- 56:51j'ai donc mon oncle qui a ouvert un palace à Douala.
- 56:55Il m'avait...
- 56:56pendant la construction,
- 56:57donc avant même qu'on finisse ses finitions,
- 56:59les carreaux,
- 57:00etc.,
- 57:00qui me disaient,
- 57:01ma fille et tout,
- 57:03je vois tes activités,
- 57:03elles avancent bien.
- 57:05Écoute,
- 57:05quand le palace va ouvrir,
- 57:06il n'y a pas de souci.
- 57:07Moi,
- 57:07je veux que tu puisses avoir ta boutique dedans.
- 57:10Et moi,
- 57:11à cette époque-là,
- 57:11j'étais très enthousiaste.
- 57:13J'ai dit,
- 57:13écoute,
- 57:13tonton,
- 57:14il n'y a pas de souci et tout.
- 57:15Moi,
- 57:15ça me va.
- 57:15Et en plus,
- 57:16c'est important pour moi d'avoir un pied en Afrique.
- 57:18Donc,
- 57:18si j'ai mon activité,
- 57:20c'est génial.
- 57:21Et donc,
- 57:22il dit,
- 57:22on en repart quand le Palace ouvrira.
- 57:25Il est ouvert en...
- 57:262021.
- 57:28Et moi,
- 57:28donc,
- 57:28en 2022,
- 57:30donc fin 2021,
- 57:31donc quasiment six mois plus tard,
- 57:33j'ouvre à Levallois.
- 57:35Et puis,
- 57:36là,
- 57:36je me dis,
- 57:37écoute,
- 57:37tonton,
- 57:38c'est compliqué.
- 57:40Financièrement,
- 57:40je ne peux pas me permettre d'ouvrir et à Douala et à Paris.
- 57:46Voilà.
- 57:46Moi,
- 57:46je suis seule au bord de mon entreprise.
- 57:50Je dois faire attention.
- 57:51Et en plus de ça,
- 57:52on sort d'un Covid.
- 57:54Par la grâce de Dieu,
- 57:55j'ai pu surmonter cette épreuve,
- 57:57donc financièrement ça allait,
- 57:58mais voilà,
- 58:00ouvrir au Cameroun,
- 58:01c'est-à-dire des billets d'avion,
- 58:02des travaux,
- 58:03je ne pouvais pas faire ça dans deux continents différents simultanément.
- 58:09Donc je décline l'offre de mon oncle,
- 58:12celui de prendre la boutique dans ce palace.
- 58:16Donc quand j'ouvre à Le Balois,
- 58:20disons que j'éteins le projet.
- 58:24de Doisla,
- 58:25et ce projet-là était d'ouvrir un concept store.
- 58:29Donc,
- 58:30Maison Isain Riz,
- 58:32initialement,
- 58:33devait naître en Afrique,
- 58:37et pas à Paris.
- 58:40Et ce qui se passe,
- 58:42c'est que quand je vois du coup,
- 58:46un an plus tard,
- 58:48mon local,
- 58:49et à quel point je l'optimise pas assez,
- 58:51je me dis,
- 58:52mais attends.
- 58:54ce que tu voulais faire à Dovala.
- 58:56Et tu as carrément l'espace de le faire ici à Paris,
- 58:59dans ton local.
- 59:01Et même,
- 59:02pour te dire,
- 59:03Amata,
- 59:04le local dans cet hôtel était plus petit que ce que j'avais à Levallois.
- 59:10Là-bas,
- 59:11j'avais il me semble 25 mètres carrés.
- 59:16Mais à Levallois,
- 59:1765 mètres carrés.
- 59:20Je me suis dit,
- 59:21Rosy,
- 59:21là,
- 59:22repense ton truc.
- 59:24Et là,
- 59:25en un été,
- 59:27je switch complètement.
- 59:28Donc un an après,
- 59:30limite jour pour jour,
- 59:32en août 2023,
- 59:34je change totalement ma configuration.
- 59:37Esa Rezbuti est toujours là,
- 59:39je reçois toujours mes clientes,
- 59:41il y a toujours mes machines pour produire mes extensions.
- 59:45Mais la première salle qui faisait 30 mètres carrés a été dédiée à l'exposition.
- 59:52des designers.
- 59:55Donc le pivot a été d'une facilité parce que j'avais déjà la structure.
- 1:00:02Et le pas que j'avais dans la mode,
- 1:00:04les créateurs que j'ai eus,
- 1:00:06je les ai eus naturellement parce que pendant toutes ces années,
- 1:00:10où je faisais mes allers-retours au Cameroun,
- 1:00:12en Côte d'Ivoire,
- 1:00:14je consommais,
- 1:00:16j'achetais du
- 1:00:18Made in Africa.
- 1:00:20Parce que la mode africaine,
- 1:00:22je l'aimais.
- 1:00:23déjà.
- 1:00:23Je ne me suis pas intéressée à ça au moment où j'ai ouvert mon concept store.
- 1:00:27Non.
- 1:00:28Au contraire,
- 1:00:29quand j'ai eu...
- 1:00:32Le dernier voyage que j'ai fait avant de ouvrir mon concept store était en Côte d'Ivoire et ça faisait donc un an que je n'ai pas mis les pieds en Afrique.
- 1:00:40Ce qui était impensable avant.
- 1:00:43C'était tous les deux,
- 1:00:45trois mois,
- 1:00:46j'étais soit au Cameroun,
- 1:00:47soit en Côte d'Ivoire.
- 1:00:49Et je me suis dit,
- 1:00:49mais ma garde-robe...
- 1:00:52Ça fait un an que je vois que je n'ai pas de nouveautés.
- 1:00:55Mais comment font en fait les filles qui ne voyagent pas ?
- 1:00:58Parce que tous mes vêtements,
- 1:00:59je les achetais pendant que je voyageais.
- 1:01:02Par exemple,
- 1:01:04les sites en ligne de ces designers-là,
- 1:01:06je ne les connaissais pas.
- 1:01:08Parce que quand je voyageais,
- 1:01:09j'allais directement dans leur boutique.
- 1:01:11Et au final,
- 1:01:12j'étais cliente de ces marques.
- 1:01:14Donc quand je lance mon concept store,
- 1:01:16c'était tellement évident,
- 1:01:19j'ai contacté les marques.
- 1:01:22que je connaissais et dont j'étais cliente.
- 1:01:25Et ça a été eux qui m'ont fait conscience,
- 1:01:27donc les premiers.
- 1:01:29Donc la transition a été rapide parce que voilà ce qui s'était fait,
- 1:01:35ce qui était travaillé en interne.
- 1:01:40Certes,
- 1:01:40on ne pouvait pas voir sur les réseaux,
- 1:01:42mais voilà un peu comment j'ai bâti mon réseau de designers en étant déjà leur cliente et en étant consommatrice.
- 1:01:54et la boutique,
- 1:01:55parce que Esenris Beauty avait déjà mis un cadre à cela.
- 1:01:59Sinon,
- 1:02:00je n'aurais pas pu le lancer aussi rapidement.
- 1:02:03Donc,
- 1:02:04tu expliques qu'effectivement,
- 1:02:06toi,
- 1:02:06tu as tout ce travail que tu as fait en amont qui peut être complètement invisible pour une personne extérieure,
- 1:02:13mais qui fait que dès que tu lances ce projet-là,
- 1:02:16tu as un certain nombre de marques qui répondent présentes et qui sont d'accord pour...
- 1:02:21être les premières à inaugurer ton concept store à Levallois.
- 1:02:27Et donc,
- 1:02:28dans ta sélection de marques,
- 1:02:29est-ce que tu peux nous en citer quelques-unes ?
- 1:02:31Est-ce que tu as cherché à avoir des marques avec des styles différents ?
- 1:02:35Un petit peu,
- 1:02:36quelle a été ta direction artistique pour définir le type de marque qui allait être référencée au sein de Maison Indiris ?
- 1:02:44Alors oui,
- 1:02:46très rapidement,
- 1:02:46je vais te comprenner qu'il n'y a pas que du vêtement,
- 1:02:49mais également de la maroquinerie.
- 1:02:50de l'accessoire.
- 1:02:54J'ai commencé par
- 1:02:58Vanessa Hazard.
- 1:03:00C'est la première marque,
- 1:03:02du coup,
- 1:03:02Muse Atelier.
- 1:03:04C'est la première personne qui m'a fait confiance.
- 1:03:07Et il s'avère qu'il y avait mes boutiques à Châtelet.
- 1:03:11Il y en avait une que j'ai transformée en pop-up.
- 1:03:13Et j'ai proposé à Vanessa de rencontrer ses clientes en pop-up store à Châtelet.
- 1:03:20Et vraiment,
- 1:03:21ça a été une suite logique.
- 1:03:22Elle m'a dit,
- 1:03:23écoute Rosie,
- 1:03:23maintenant je retourne au Nigeria,
- 1:03:25le stock là de Paris,
- 1:03:26tu peux le garder et commencer ton aventure avec.
- 1:03:30Voilà comment Muse a été la première marque à intégrer le concept store.
- 1:03:35Ensuite,
- 1:03:36j'ai contacté
- 1:03:37Eli Kouam qui m'a tout de suite envoyé ses sacs sans hésitation.
- 1:03:43Puis,
- 1:03:44il y a eu
- 1:03:46Maison Nicole,
- 1:03:47une marque ivoirienne du coup.
- 1:03:50la Côte d'Ivoire en force,
- 1:03:51puisque c'était le pays où j'allais le plus quand même,
- 1:03:53et en termes de mode qui était beaucoup plus avancé que le Cameroun.
- 1:03:58Et ensuite,
- 1:03:59Malines,
- 1:04:00idem,
- 1:04:01marque ivoirienne,
- 1:04:02qui avait plus des cafetans.
- 1:04:05Donc il y avait
- 1:04:06Maison Nicole,
- 1:04:06qui avait un vestiaire beaucoup plus parisien.
- 1:04:12Étonnant pour une marque ivoirienne,
- 1:04:13mais je savais que ces produits allaient plaire à une clientèle caucasienne.
- 1:04:19Et par rapport aussi à là où j'étais positionnée géographiquement,
- 1:04:23je voulais absolument que les deux mondes se rencontrent.
- 1:04:27Je n'ai jamais eu la vision de faire un concept store pour les Africains.
- 1:04:31Non,
- 1:04:32j'ai fait un concept store qui met en avant les designers africains.
- 1:04:38Tu aimes la mode,
- 1:04:39tu aimes les...
- 1:04:41Alors,
- 1:04:41pas forcément les produits colorés,
- 1:04:43mais quand on voit un peu les tendances occidentales.
- 1:04:46où vers l'hiver on tourne vers le gris,
- 1:04:48le bleu marine et le noir.
- 1:04:50Effectivement,
- 1:04:51on peut dire que c'était une boutique colorée.
- 1:04:53Mais je voulais que tous les univers se rencontrent et j'étais là pour dénicher des pièces.
- 1:04:58Donc,
- 1:05:00une caucasienne,
- 1:05:01une maghrébine,
- 1:05:03une afro-caribéenne.
- 1:05:04Je voulais que tout le monde puisse se sentir concerné,
- 1:05:09mais forcément que ça n'allait pas plaire à tout le monde.
- 1:05:13Mais dans ma démarche,
- 1:05:14c'était je vous fais découvrir ce qui se fait de mieux sur le continent par des designers africains.
- 1:05:23Parce qu'après,
- 1:05:24bien sûr,
- 1:05:24le Made in Africa a été plus compliqué que prévu,
- 1:05:26parce que tous ne font pas du Made in Africa.
- 1:05:31Donc,
- 1:05:32dans la communication,
- 1:05:34j'ai un peu bichurqué vers le Black Own,
- 1:05:37parce que le Made in Africa,
- 1:05:38les réalités sont que l'approvisionnement,
- 1:05:41le stock,
- 1:05:42etc.,
- 1:05:43la productivité est compliquée.
- 1:05:45Donc,
- 1:05:46j'ai autorisé des marques à être là qui ne faisaient pas forcément du Made in Africa,
- 1:05:50par exemple,
- 1:05:50comme une marque de lingerie,
- 1:05:51Boya,
- 1:05:52qui est cette...
- 1:05:53par une Ivoirienne et qui produit au Portugal.
- 1:05:59Donc voilà,
- 1:06:00il y avait les réalités terras frappantes qui m'ont dit « Bon,
- 1:06:03ok,
- 1:06:03Rosé,
- 1:06:04mais l'Inde d'Africa,
- 1:06:04c'est pas évident. »
- 1:06:06Mais si c'est Black-O,
- 1:06:07on était la personne qui revendique ses origines et met en avant quand même notre culture,
- 1:06:12ok,
- 1:06:13c'est ok.
- 1:06:14Donc,
- 1:06:15excuse-moi,
- 1:06:16je pense que j'ai un peu...
- 1:06:17Je suis un peu allée un peu plus loin que la question.
- 1:06:21Mais grosso modo,
- 1:06:22voilà comment j'ai choisi mes premières marques.
- 1:06:24Ça a été déjà honnêtement mon réseau.
- 1:06:26Et que ça puisse plaire à une clientèle aussi caucasienne,
- 1:06:29aussi bien caucasienne que noire.
- 1:06:32Très bien.
- 1:06:33Écoute,
- 1:06:33de toute façon,
- 1:06:33si ce moment de l'interview est à toi,
- 1:06:35tu peux aller aussi loin que tu veux dans les réponses.
- 1:06:38Il n'y a aucun problème.
- 1:06:40Donc,
- 1:06:41OK,
- 1:06:41on me semble qu'effectivement,
- 1:06:43de la même façon que dans la manière dont tu as défini ta vision pour ta marque d'extension capillaire,
- 1:06:49là aussi...
- 1:06:50Pour le concept store,
- 1:06:51il y a une vision,
- 1:06:52il y a une volonté,
- 1:06:53tu sais quel consommateur tu veux cibler,
- 1:06:55tu sais aussi comment tu vas travailler ta sélection afin de proposer quelque chose qui ne soit pas finalement segmentant ou réservé qu'à un type de client ou autre.
- 1:07:10C'est vraiment l'idée de…
- 1:07:12Tu as envie de découvrir quelque chose de différent de ce qu'on peut retrouver habituellement au Galerie Lafayette.
- 1:07:18J'ai un voire,
- 1:07:19en fait.
- 1:07:20Et finalement,
- 1:07:21quel que soit...
- 1:07:23Et à la base,
- 1:07:23c'est quelqu'un qui est amoureux de la mode qui va vouloir pousser la porte du concept store.
- 1:07:28Mais exactement.
- 1:07:30Et Ramatad a trouvé,
- 1:07:31c'est ça.
- 1:07:31Je suis quelqu'un qui aime la mode,
- 1:07:34qui aime les pièces intemporelles,
- 1:07:36parce que,
- 1:07:36oui,
- 1:07:37important,
- 1:07:38le designer,
- 1:07:39je sélectionnais ce qui allait venir dans la boutique.
- 1:07:44Là,
- 1:07:44sur ça,
- 1:07:44j'étais très dégrigeante.
- 1:07:46Sur une collection où il y avait peut-être...
- 1:07:4820 articles,
- 1:07:49s'il fallait en prendre que 3,
- 1:07:51j'en prenais que 3.
- 1:07:52Moi,
- 1:07:52l'idée,
- 1:07:52c'était de vendre et que ça corresponde au marché où je suis implantée.
- 1:07:58Donc oui,
- 1:07:58il y avait un gros travail de tri et par rapport à la communication,
- 1:08:03que les gens comprennent que non,
- 1:08:04c'est les amoureux de la mode.
- 1:08:05C'est pas quelque chose de...
- 1:08:06pour les noirs ou communautaires.
- 1:08:08Parce que malheureusement,
- 1:08:10quand on est au niveau digital,
- 1:08:13on a une stigmatisation tellement rapide.
- 1:08:16rapide du communautarisme.
- 1:08:17Dès qu'on voit deux,
- 1:08:18trois Noirs sur une page,
- 1:08:19c'est pour les Noirs.
- 1:08:20Non,
- 1:08:21la mode,
- 1:08:22c'est pour les amoureux de la mode.
- 1:08:24Et c'est ce que j'aime avec la mode,
- 1:08:25justement.
- 1:08:26C'est que ça brise les frontières.
- 1:08:28Quand on aime une pièce,
- 1:08:29on l'aime point barre,
- 1:08:31peu importe qu'elle ait été faite au Malawi,
- 1:08:32au Sénégal ou à Paris.
- 1:08:34Complètement d'accord.
- 1:08:35C'est de la mode.
- 1:08:36Après,
- 1:08:37effectivement,
- 1:08:37à un moment donné,
- 1:08:38on a un chapeau créateur africain,
- 1:08:40mode africaine.
- 1:08:41Mais ce qui est intéressant aussi,
- 1:08:42c'est que même quand tu as cité les marques que tu as sélectionnées ?
- 1:08:46C'est très éclectique.
- 1:08:47La mode africaine,
- 1:08:48il y a 54 pays en Afrique,
- 1:08:49même dans un seul et même pays,
- 1:08:50que ce soit le Sénégal ou la Côte d'Ivoire,
- 1:08:52on va avoir 10 créateurs qui proposent des créations qui sont totalement différentes les unes des autres.
- 1:08:59Et c'est ce qui fait la force et le charme de la créativité africaine.
- 1:09:04Moi,
- 1:09:04là,
- 1:09:04ce que j'ai envie de te poser comme question,
- 1:09:05c'est aujourd'hui,
- 1:09:07ta marque de soins capillaires et ton concept store,
- 1:09:10ils ont le même nom.
- 1:09:12Quelle est la signification du nom ?
- 1:09:16Alors,
- 1:09:17effectivement,
- 1:09:18on a esinrice.beauty et
- 1:09:22Maison
- 1:09:23Esinrice.
- 1:09:24Maison Esinrice,
- 1:09:26en soi,
- 1:09:26devait être l'entité qui regroupe mes activités.
- 1:09:32Mais
- 1:09:33Esinrice, en soi,
- 1:09:34tout seul,
- 1:09:37est né il y a aujourd'hui
- 1:09:4115 ans,
- 1:09:4215 ou non,
- 1:09:4217 ans.
- 1:09:44Lorsque je faisais mon école de mode,
- 1:09:47ma meilleure amie également faisait une école de mode.
- 1:09:49Donc moi j'étais du côté couture floue et elle,
- 1:09:51elle avait pris le côté industriel.
- 1:09:54Et on s'est posé un soir à la fin d'un stage qu'elle faisait dans une boutique à Bastille.
- 1:10:03Je la rejoins,
- 1:10:03je lui dis écoute,
- 1:10:04elle s'appelle Eléa.
- 1:10:07Je lui dis il serait temps,
- 1:10:07on est en train de finir nos études de mode,
- 1:10:11qu'on commence à se poser sur un nom pour notre prochaine collection.
- 1:10:16Donc là,
- 1:10:17on commence à se poser et on se dit commençons à trouver le nom.
- 1:10:24On commence par Eléa et Rose,
- 1:10:26Rose et Eléa.
- 1:10:28Et là,
- 1:10:28je lui dis non,
- 1:10:29non,
- 1:10:29non,
- 1:10:29non.
- 1:10:29On ne peut pas avoir le nom d'une marque aussi banale.
- 1:10:34Et puis même,
- 1:10:36j'aime l'idée qu'on soit en duo,
- 1:10:39mais dans le nom,
- 1:10:40je ne veux pas que ce soit aussi évident.
- 1:10:42On se dit,
- 1:10:43ah bah oui,
- 1:10:43la marque,
- 1:10:44elle est Eléa et elle est Rose,
- 1:10:45donc Eléa et Rose.
- 1:10:46Non,
- 1:10:46je ne trouve même pas ça assez original.
- 1:10:49De suite,
- 1:10:49on aiguille,
- 1:10:49on commence à griffonner.
- 1:10:55on le transforme en E,
- 1:10:58rose en
- 1:10:59R. On essaie de trouver des combines,
- 1:11:01etc.
- 1:11:01Et là,
- 1:11:01je ne sais pas si tu vois le logo.
- 1:11:04Il y a le logo des Aris,
- 1:11:07je pense que tu le vois.
- 1:11:09Il y a le N,
- 1:11:11un peu plus grand,
- 1:11:12en gris.
- 1:11:12Tout à fait.
- 1:11:15Le N représente
- 1:11:17End.
- 1:11:19Donc le E,
- 1:11:20justement,
- 1:11:21le Elia et rose,
- 1:11:22c'est ce qu'il représente.
- 1:11:24Donc quand on écrit,
- 1:11:26de Elea,
- 1:11:27on est passé à
- 1:11:29Ezi, et de Rose,
- 1:11:31on est passé à Riz.
- 1:11:33Honnêtement,
- 1:11:34aujourd'hui,
- 1:11:34je ne pourrais pas exactement expliquer comment on est arrivé là,
- 1:11:39mais c'est exactement ce que ça représente.
- 1:11:41Le Elea,
- 1:11:43Ezi,
- 1:11:45le
- 1:11:45N,
- 1:11:47N,
- 1:11:48Riz,
- 1:11:49Rose, et tout simplement le jeu de mots de la contraction de nos deux prénoms.
- 1:11:55Et lorsqu'on a prononcé la première fois
- 1:11:58« es un ris » ,
- 1:12:00on l'a prononcé en
- 1:12:02« isi en ris » .
- 1:12:04C'est pour ça que je n'en veux jamais toutes les personnes qui prononcent « es in ris »
- 1:12:10ou « isi en ris »
- 1:12:11ou qui pensent l'écorcher,
- 1:12:13mais finalement qui ne l'écorchent pas.
- 1:12:15Parce que volontairement,
- 1:12:16j'ai voulu qu'on prononce
- 1:12:19« es un ris »
- 1:12:20à la française.
- 1:12:21On est en France.
- 1:12:23Et je trouvais ça beaucoup plus élégant,
- 1:12:25« es un ris »
- 1:12:26que
- 1:12:27« is he en rouse »
- 1:12:28ou « is in ris » ,
- 1:12:30comme on peut parfois l'appeler.
- 1:12:33Donc,
- 1:12:35dans le vocabulaire,
- 1:12:38dans un dictionnaire,
- 1:12:39il ne veut rien dire,
- 1:12:41mais voilà la signification,
- 1:12:43la contraction de nos deux prénoms.
- 1:12:45Très bien.
- 1:12:46Super intéressant que tu nous racontes tout ça et qu'on découvre un petit peu tout le...
- 1:12:51le fil qui s'est déployé pour pouvoir en arriver à ce nom.
- 1:12:58La question que je voulais te poser aussi,
- 1:12:59c'est que tu as gardé le même nom et d'un côté,
- 1:13:01tu as une marque d'extension capillaire,
- 1:13:03de l'autre,
- 1:13:04on est plutôt sur de la mode,
- 1:13:07des accessoires.
- 1:13:09Aujourd'hui,
- 1:13:09quand on va dans ta boutique,
- 1:13:11on a accès également à la possibilité d'acheter des produits capillaires et aussi d'acheter des créateurs que tu références.
- 1:13:17c'est vraiment un univers dans lequel on retrouve...
- 1:13:21tous les coups de cœur que tu peux avoir ?
- 1:13:24Alors oui,
- 1:13:25c'est ça.
- 1:13:26C'est dingue,
- 1:13:26Ramada,
- 1:13:26parce que tu emploies des mots.
- 1:13:28Alors moi,
- 1:13:28je suis très portée sur les mots et la manière dont on appelle les choses.
- 1:13:34Et là,
- 1:13:35quand tu parles de mes coups de cœur,
- 1:13:37c'est complètement ça,
- 1:13:38mais on ne pouvait pas voir ça plus juste.
- 1:13:41Aujourd'hui,
- 1:13:44la boutique n'est plus et je suis en foule digitale.
- 1:13:48Mais c'est très bien qu'on soit revenus sur...
- 1:13:50sur l'expérience boutique,
- 1:13:51etc.,
- 1:13:52comment ça a commencé.
- 1:13:52Et puis,
- 1:13:53c'est frais.
- 1:13:54J'ai rendu les clés le 1er avril.
- 1:13:56Mais aujourd'hui,
- 1:13:57oui,
- 1:13:57le désir,
- 1:13:58finalement,
- 1:13:59c'est de vous dénicher des pépites et oui,
- 1:14:03effectivement,
- 1:14:04des coups de cœur.
- 1:14:05C'est vraiment la démarche.
- 1:14:08Maintenant,
- 1:14:09étant maintenant full digital,
- 1:14:11étant donné qu'Ezharis Beauty a son propre univers,
- 1:14:13a son propre site,
- 1:14:15Maison Ezharis,
- 1:14:17maintenant,
- 1:14:18va se focaliser
- 1:14:20uniquement sur les coups de cœur,
- 1:14:21mais vraiment tout ce qui est vêtements et accessoires.
- 1:14:27Quand j'étais en boutique,
- 1:14:28c'était plus simple parce qu'il y avait le boudoir où j'ai coiffé mes clientes.
- 1:14:32Donc l'expérience client faisait qu'elle confrontait les deux mondes.
- 1:14:35Maintenant,
- 1:14:36en ligne,
- 1:14:37ce sera beaucoup trop brouillon et puis même ma communication est tellement différente.
- 1:14:41Aujourd'hui,
- 1:14:42Esa-Rez Buti,
- 1:14:43on le voit à son univers bien distinct.
- 1:14:45Et puis,
- 1:14:46Maison Esa-Rez fait son bout de chemin aussi.
- 1:14:49Donc aujourd'hui,
- 1:14:50en ligne,
- 1:14:51les deux univers ne vont plus...
- 1:14:54s'emboîter.
- 1:14:55Par contre,
- 1:14:56pour la partie beauty,
- 1:14:59dans Maison Les Aris,
- 1:15:01il n'y aura plus du tout Les Aris
- 1:15:03Beauty, du coup,
- 1:15:04ma marque d'extension capillaire,
- 1:15:06mais par exemple,
- 1:15:07tu as la marque
- 1:15:08Natch, d'ailleurs,
- 1:15:09de Claudia,
- 1:15:11que j'ai vendue au Concept Store,
- 1:15:13qui fera partie de la gamme,
- 1:15:15on va dire,
- 1:15:15cosmétique en ligne.
- 1:15:18Donc,
- 1:15:19chez Maison Les Aris,
- 1:15:20je retire contre...
- 1:15:22complètement l'ADN,
- 1:15:25tout ce qui peut évoquer les extensions capillaires,
- 1:15:26parce que pour moi,
- 1:15:27ça n'a rien à voir.
- 1:15:28Et Zérys Buty doit vraiment suivre son cours et sa propre direction artistique.
- 1:15:34Mais par contre,
- 1:15:35les marques naturelles,
- 1:15:39cosmétiques,
- 1:15:40que ce soit
- 1:15:41Made in Africa ou pas,
- 1:15:42montrer que les produits soient naturels et que,
- 1:15:44voilà,
- 1:15:45toujours Black Own,
- 1:15:46donc on est toujours autour de la même vision,
- 1:15:51seront Merci.
- 1:15:52chez Maison Esaris.
- 1:15:54Mais plus l'univers Esaris Beauty comme ce que vous avez en physique.
- 1:15:59Je ne sais pas si c'est un peu clair.
- 1:16:00Si,
- 1:16:01c'est clair.
- 1:16:02Tu sépares bien les deux parce que,
- 1:16:04voilà,
- 1:16:05pour,
- 1:16:05comment dire,
- 1:16:06quelque part pour des raisons de plus de simplicité,
- 1:16:10tu as l'univers capillaire d'un côté et puis,
- 1:16:12de toute façon,
- 1:16:13après,
- 1:16:13les gens savent où te trouver.
- 1:16:14Et puis,
- 1:16:15l'univers du concept store digital de l'autre.
- 1:16:18L'autre question qui me vient,
- 1:16:19c'est,
- 1:16:19j'imagine que,
- 1:16:20comment l'aventure a commencé ?
- 1:16:21qu'au commencé,
- 1:16:22tu as potentiellement les clientes qui achètent des extensions capillaires que tu connais depuis plus de 8 ans.
- 1:16:31En tout cas,
- 1:16:32toute ta communauté,
- 1:16:33assez naturellement,
- 1:16:35elle va venir chercher tes coups de cœur dans ta boutique.
- 1:16:38Donc,
- 1:16:39il y a vraiment des vases communicants entre l'un et l'autre.
- 1:16:42Exactement.
- 1:16:43Oui,
- 1:16:44oui,
- 1:16:44la cliente,
- 1:16:44quand elle vient pour une perruque,
- 1:16:46elle découvre les vêtements.
- 1:16:47Et la cliente qui vient pour les vêtements,
- 1:16:48découvre les perruques.
- 1:16:50Et ce que j'ai fait aussi avec
- 1:16:51Maison Esarif,
- 1:16:52c'est du build in public.
- 1:16:55Quand j'ai commencé l'aventure,
- 1:16:58ils ont vu la boutique se métamorphoser.
- 1:17:01Et j'ai filmé,
- 1:17:02je leur ai montré,
- 1:17:03je leur ai expliqué le tournant.
- 1:17:06Ils ont vu quand j'avais mes quatre premières marques et ils ont vu quand j'ai fermé à ma trentième marque.
- 1:17:12Pour le coup,
- 1:17:12et ce que je n'avais absolument pas fait avec
- 1:17:15Esarif Beauty,
- 1:17:16j'étais clairement au four au moulin.
- 1:17:18Donc voilà,
- 1:17:18comme j'ai dit.
- 1:17:19la communication,
- 1:17:19ce n'était pas ça.
- 1:17:21Mais pour Maisons Les Aris,
- 1:17:24j'ai eu la force de montrer à ma communauté,
- 1:17:28je reprends un zéro sur ce côté-là,
- 1:17:30je vous amène avec moi.
- 1:17:32Et ça,
- 1:17:33ça a créé un lien vraiment fort.
- 1:17:36Parce qu'avec Les Aris Beauty,
- 1:17:37on s'était dit,
- 1:17:38ah ben voilà,
- 1:17:39elle est arrivée,
- 1:17:40elle a l'habitude,
- 1:17:41elle n'a plus peur.
- 1:17:42Eh ben non.
- 1:17:44Je leur ai montré que regardez,
- 1:17:46on est aujourd'hui dans la mode qui me connaît.
- 1:17:49personne ne me connaît.
- 1:17:50Oui,
- 1:17:50j'ai fait des études dedans,
- 1:17:51mais je n'ai pas le réseau du tout.
- 1:17:54Voilà comment j'ai mes premières marques.
- 1:17:55Quand je signais,
- 1:17:56à chaque marque que je signais,
- 1:17:58je ne leur en faisais pas.
- 1:17:59Regardez la dixième marque.
- 1:18:01Regardez la treizième marque.
- 1:18:03Ils ont vu toute l'évolution.
- 1:18:06Même le compte Instagram,
- 1:18:08ils ont vu.
- 1:18:09On a commencé,
- 1:18:09on était 300.
- 1:18:11Aujourd'hui,
- 1:18:11on est 3500.
- 1:18:12Ils l'ont vu.
- 1:18:13Ils ont vu mes efforts.
- 1:18:14Ils ont vu mes rêves.
- 1:18:15Ils ont vu mes événements.
- 1:18:18C'était du billing public,
- 1:18:19mais à
- 1:18:201000%.
- 1:18:22Ce que je n'avais absolument pas fait avec Les Arrêts Visibles.
- 1:18:24Je n'avais pas le temps,
- 1:18:25je n'avais pas la force.
- 1:18:26Mais là,
- 1:18:27dans Mes Arrêts Visibles,
- 1:18:27je l'ai fait.
- 1:18:28Et ça a créé un lien unique avec mon audience et qui répondait au rendez-vous lorsque je faisais mes événements.
- 1:18:38Écoute,
- 1:18:39c'est parfait de revenir comme ça sur...
- 1:18:43comme on dit rétrospectivement,
- 1:18:44sur l'histoire du début jusqu'à aujourd'hui et de voir comment tout est lié de manière assez naturelle.
- 1:18:53Ce que j'ai envie de te demander,
- 1:18:54c'est,
- 1:18:55tu as évoqué un petit peu le fait que le Covid,
- 1:18:57ça avait été une période un petit peu compliquée,
- 1:18:59que là,
- 1:18:59tu as décidé de rendre les clés de ton espace,
- 1:19:03pour pouvoir plutôt rester côté digital.
- 1:19:08Quel est le défi que tu as rencontré qui a vraiment été ?
- 1:19:11un vrai challenge pour toi où tu t'es vraiment posé des questions sur,
- 1:19:15peut-être pas est-ce que je continue ou pas,
- 1:19:17mais en tout cas qui a été vraiment peut-être une épreuve entrepreneuriale.
- 1:19:21Est-ce que tu aurais quelque chose à nous partager de cet ordre ?
- 1:19:24Oui,
- 1:19:24alors déjà la première épreuve entrepreneuriale,
- 1:19:26donc je te l'ai dit,
- 1:19:28c'était le Covid.
- 1:19:29Et après le Covid,
- 1:19:30quand j'ai eu enfin un site en béton sur pied,
- 1:19:34j'avais déjà pensé à tout fermer.
- 1:19:37Alors quand je dis tout fermer,
- 1:19:38à fermer du coup les deux boutiques.
- 1:19:41Et c'est vrai que ce n'était pas du tout le moment,
- 1:19:43donc ça ne s'est pas fait.
- 1:19:45Et ma stratégie en ligne a été un peu mise dans les oubliettes parce que le côté physique me...
- 1:19:53prenait,
- 1:19:53encore une fois,
- 1:19:54beaucoup d'énergie.
- 1:19:56En 2025,
- 1:19:57ce qui se passe,
- 1:19:58donc en début d'année,
- 1:20:01je suis quelqu'un qui passe énormément de temps à réfléchir,
- 1:20:04à me poser et analyser ce que j'ai pu faire.
- 1:20:08Surtout,
- 1:20:09je pense que traditionnellement,
- 1:20:10tout le monde connaît les débuts d'année où on analyse,
- 1:20:13bon,
- 1:20:14alors,
- 1:20:14OK,
- 1:20:14qu'est-ce que j'ai mal fait l'année dernière ?
- 1:20:16Qu'est-ce que je dois améliorer,
- 1:20:17etc. ?
- 1:20:17Sur quel point je dois me féliciter ?
- 1:20:19Et enfin,
- 1:20:20je me suis dit...
- 1:20:22Non,
- 1:20:22non,
- 1:20:22Rosé,
- 1:20:22fais une inspection sur depuis que tu entreprends.
- 1:20:25Là,
- 1:20:25il est temps.
- 1:20:26Fais un petit point.
- 1:20:27Là,
- 1:20:28tu as 33 ans,
- 1:20:31ça fait
- 1:20:328 ans.
- 1:20:32Ah oui,
- 1:20:33le 5 janvier,
- 1:20:34j'ai célébré,
- 1:20:35alors je n'ai pas fait d'événement,
- 1:20:36mais c'était une date symbolique pour moi,
- 1:20:40les 8 ans des Aris
- 1:20:42Beauty.
- 1:20:43Et je me pose,
- 1:20:45Ramata,
- 1:20:45elle me pose des vraies questions.
- 1:20:48Rosé,
- 1:20:49depuis que tu entreprends.
- 1:20:52comment tu te sens aujourd'hui ?
- 1:20:54Où est-ce que tu as envie d'aller ?
- 1:20:55Et est-ce que là où tu es,
- 1:20:56ça te convient ?
- 1:20:58Alors oui,
- 1:20:59Maison Esaris est en train de grandir et physiquement,
- 1:21:02l'adresse commençait à bien tourner,
- 1:21:05les gens commençaient à avoir leurs habitudes,
- 1:21:06etc.
- 1:21:09J'avais mon agrément,
- 1:21:10Esaris Beauty,
- 1:21:12les clientes médicales venaient de plus en plus.
- 1:21:15C'est vrai que le côté en ligne n'était absolument pas revinamisé,
- 1:21:19mais ça allait.
- 1:21:22Mais à un moment,
- 1:21:22il y avait quelque chose qui ne me convenait plus,
- 1:21:25c'était ma manière de travailler.
- 1:21:28Je ne voulais plus travailler comme je travaille.
- 1:21:32C'est-à-dire que j'ai toujours,
- 1:21:34en fait,
- 1:21:35comme je t'ai dit,
- 1:21:36au bout de huit mois de travail à domicile chez ma mère,
- 1:21:40j'avais déjà ma première boutique,
- 1:21:41je n'ai jamais connu mon business sans structure.
- 1:21:45Donc là,
- 1:21:46je me disais,
- 1:21:48en 2020...
- 1:21:50J'avais vraiment cette idée d'attaquer le secteur digital,
- 1:22:01mais pour de vrai,
- 1:22:02à 1000%.
- 1:22:04Et j'ai échoué lamentablement,
- 1:22:06parce que je ne me suis absolument pas posée dessus.
- 1:22:10Et là,
- 1:22:10il y a cet élan-là qui revient,
- 1:22:12en 2025.
- 1:22:14Sauf que là,
- 1:22:15j'ai enfin trouvé,
- 1:22:16on va dire,
- 1:22:17un peu mon équilibre.
- 1:22:20Mais finalement,
- 1:22:21ce n'est pas un équilibre que j'ai trouvé.
- 1:22:23J'ai stabilisé plus ou moins mes entreprises,
- 1:22:26mais moi,
- 1:22:27Rosie,
- 1:22:28la manière dont je veux travailler,
- 1:22:30absolument pas.
- 1:22:32Ou absolument plus.
- 1:22:33Parce qu'en 2024,
- 1:22:35ça me convenait totalement.
- 1:22:37Sauf que je commençais à revenir en mode pilote automatique,
- 1:22:41à faire les choses pour les faire,
- 1:22:43parce que ça fonctionne,
- 1:22:44mais finalement,
- 1:22:45à ne pas tant m'écouter.
- 1:22:46En 2025,
- 1:22:48en février.
- 1:22:49Lorsque je décide fermement de fermer,
- 1:22:55c'est purement égoïste.
- 1:22:59Si je devais m'arrêter sur les marques,
- 1:23:02si je devais m'arrêter sur mon employé que j'avais trouvé qui était juste formidable et qui était même un des employés que je rêvais avoir depuis que j'entreprends,
- 1:23:11si je devais m'arrêter sur mes clientes que je coiffais,
- 1:23:16si je devais m'arrêter sur...
- 1:23:18mes clientes médicales qui pouvaient venir facilement à la boutique,
- 1:23:22c'est que je n'aurais jamais fermé.
- 1:23:24Mais moi,
- 1:23:25j'étais épuisée et je voulais surtout travailler de manière plus saine.
- 1:23:32Voilà la réalité.
- 1:23:34Et je me suis posé des questions.
- 1:23:36Est-ce que le fait de me digitaliser me fait mettre une croix sur toutes ces activités-là ?
- 1:23:42Eh bien non.
- 1:23:44Et une fois que j'ai trouvé mon système,
- 1:23:47qui pouvaient remplacer l'ancien,
- 1:23:51j'ai pris la décision de fermer.
- 1:23:54Aujourd'hui,
- 1:23:55mes clientes,
- 1:23:56je les reçois dans un salon que je book à la journée.
- 1:24:01L'idée aujourd'hui,
- 1:24:02c'est de pousser les ventes en ligne des Aris Beauty.
- 1:24:04Il faut qu'elles aient dit dessus,
- 1:24:07mais de rester accessible avec cette clientèle-là parce que pour moi,
- 1:24:11le service client est important et je veux pouvoir être toujours là pour mes clientes.
- 1:24:16en tout cas quand elles ont besoin et quand je suis disponible.
- 1:24:20Donc le fait de savoir que,
- 1:24:22ok,
- 1:24:23les arrêts de butée,
- 1:24:24c'est que digital,
- 1:24:24mais si jamais j'ai besoin de rosy,
- 1:24:28c'est possible,
- 1:24:28ça rassure.
- 1:24:30Le secteur médical,
- 1:24:32le but était simple,
- 1:24:33c'était d'être beaucoup plus présente dans les hôpitaux,
- 1:24:36parce que quand quelqu'un termine chez nous,
- 1:24:37en général,
- 1:24:38elle est affaiblie.
- 1:24:39Donc de pouvoir faire mes tournées dans les hôpitaux,
- 1:24:42sans me soucier de,
- 1:24:42ben mince,
- 1:24:43comment je fais pour gérer...
- 1:24:46le manque à gagner en boutique parce qu'à la fin de la journée le loyer tombe,
- 1:24:49qu'il y ait des clients ou pas qui viennent.
- 1:24:52Donc sur ça,
- 1:24:53j'avais résolu le point.
- 1:24:55Pour les marques,
- 1:24:56c'était simple.
- 1:24:58Aujourd'hui,
- 1:24:58avoir un concept store qui vend des marques africaines est un challenge incroyable parce qu'on a toujours cette histoire de stock qui ne va pas.
- 1:25:07Il y avait des marques qui faisaient parfois six mois sans rien me livrer.
- 1:25:10Je travaille comment si je n'ai pas de marques à exposer ?
- 1:25:14Je fais comment pour finaliser une clientèle ?
- 1:25:16Un jour,
- 1:25:17la collection est là,
- 1:25:18le lendemain,
- 1:25:19il n'y a plus rien.
- 1:25:20Ce n'était plus possible.
- 1:25:22Donc,
- 1:25:22même ma manière de gérer les marques devenait même nocive parce que finalement,
- 1:25:27j'avais l'impression de tirer la marque plus que les créateurs en lui-même.
- 1:25:33C'était juste plus possible.
- 1:25:34Je me suis dit,
- 1:25:35le digital va assainir nos relations parce qu'au final,
- 1:25:38j'ai l'impression d'être en conseil de classe tous les fins de mois.
- 1:25:42Bon,
- 1:25:42alors,
- 1:25:43y a-t-il du stock ?
- 1:25:44Y a-t-il ceci ?
- 1:25:44Alors qu'à la fin de chaque mois,
- 1:25:48j'envoyais des rapports de vente.
- 1:25:49Donc,
- 1:25:49ils savaient exactement ce qui avait été vendu.
- 1:25:51Ils savaient exactement où est-ce qu'il fallait rapprovisionner.
- 1:25:54Sur ça,
- 1:25:55j'étais hyper carrée.
- 1:25:56Mais c'était compliqué.
- 1:25:58Et je comprenais également leur réalité.
- 1:26:00Et chaque designer était dans un pays différent et avait des réalités différentes.
- 1:26:05Oh non,
- 1:26:06Ramadan,
- 1:26:06je n'en pouvais plus.
- 1:26:08Je me disais,
- 1:26:08écoutez,
- 1:26:09moi,
- 1:26:10l'Afrique,
- 1:26:10je l'aime.
- 1:26:11Je ne fais pas ce projet-là pour l'argent,
- 1:26:13même si je devrais.
- 1:26:14Mais il y a un moment où il faut être rationnel.
- 1:26:17Et je pense que ce projet-là,
- 1:26:18je peux le mener à bien,
- 1:26:20sans tuer ma santé.
- 1:26:21et ma paix en étant digital.
- 1:26:24Donc,
- 1:26:24le côté digital a apporté juste plus de clarté et de focus sur ce qui était important,
- 1:26:32rendre visibles ces designers et travailler avec ceux qui voulaient vraiment travailler et pas juste se dire
- 1:26:39« Oui, je suis disponible à Paris,
- 1:26:41point. »
- 1:26:43Ça a mis juste de l'ordre dans toutes mes activités et j'ai vu beaucoup plus clair et j'ai pu faire,
- 1:26:49enfin,
- 1:26:50cette fois Pareto.
- 1:26:5180%
- 1:26:52de résultats avec 20%
- 1:26:54d'efforts.
- 1:26:55Optimise là où il y a clairement du revenu.
- 1:26:59On ne va pas se mentir,
- 1:27:01il y a la passion.
- 1:27:02Mais à côté,
- 1:27:03quand on a des structures,
- 1:27:04quand on a des employés,
- 1:27:05il faut penser aux chiffres.
- 1:27:07Et quand on vit uniquement dans notre activité,
- 1:27:09il faut penser aussi au rendement.
- 1:27:11Voilà comment j'ai fait la part des choses et ce qui a fait que j'ai eu la force de fermer mes trois boutiques du coup.
- 1:27:19Parce qu'il y en avait deux à Châtelet et une...
- 1:27:21et une âme à les valoir.
- 1:27:24Très bien.
- 1:27:24Écoute,
- 1:27:24je te remercie d'avoir partagé ça parce qu'en fait,
- 1:27:27être un serial entrepreneur et être félicité,
- 1:27:30encouragé quand on est une femme ambitieuse,
- 1:27:33serial entrepreneur,
- 1:27:35c'est bien.
- 1:27:35Mais c'est bien aussi de partager la réalité des difficultés que l'on rencontre et de savoir dire il y a un moment,
- 1:27:43j'ai dû prendre le temps pour réfléchir à mon business model,
- 1:27:46à mon organisation et...
- 1:27:49Et ralentir parce que tout ne se passe pas.
- 1:27:51Même ce que vous voyez sur les réseaux,
- 1:27:53si c'est toujours des photos où vous me voyez sourire,
- 1:27:55ne croyez pas que derrière,
- 1:27:56il n'y a pas des problématiques.
- 1:27:59Donc moi,
- 1:28:00dans tout ce que tu nous as raconté,
- 1:28:02je trouvais ça intéressant aussi qu'on ait une part de réalité business entrepreneuriale.
- 1:28:09Maintenant,
- 1:28:09je voulais poser la question,
- 1:28:10tu as évoqué dans l'introduction le fait que tu avais un service qui accompagne,
- 1:28:16qui aide les marques dans la création de contenu.
- 1:28:18et notamment en utilisant l'intelligence artificielle.
- 1:28:21Est-ce que tu peux nous en parler ?
- 1:28:23Bien sûr.
- 1:28:24Alors EssorLab,
- 1:28:26le nom officiel du coup de cette agence,
- 1:28:29est née tout simplement grâce à Maison des Aris,
- 1:28:32comme quoi elle arrive au hasard et tout s'imbrique.
- 1:28:36Parce que je constate que ces magnifiques marques avec lesquelles je travaille ne créent pas de contenu.
- 1:28:44Bon,
- 1:28:45les cocos,
- 1:28:45vous êtes mignons,
- 1:28:46je vous aime vraiment,
- 1:28:47mais
- 1:28:48Vous voulez être à Paris ?
- 1:28:51C'est bien beau de dire « je suis à Paris » ,
- 1:28:54mais vos pièces,
- 1:28:55comment on arrive à séduire justement cette clientèle et à les faire venir en boutique ?
- 1:29:01Ou ne serait-ce même de choper ces pièces-là en ligne ?
- 1:29:04Sans communiquer en-dessus,
- 1:29:05c'est en les portant.
- 1:29:07Il y en a qui jouent le jeu,
- 1:29:07attention,
- 1:29:09tout le monde ne restait pas sans contenu,
- 1:29:12sans délivrer quoi que ce soit,
- 1:29:12mais honnêtement,
- 1:29:14la plupart ne créent pas de contenu.
- 1:29:17Et je me suis rendue compte,
- 1:29:19il y a un moment où je me suis posée,
- 1:29:21je pense aux sept mois de Maisons Les Invis,
- 1:29:23je me suis dit,
- 1:29:25mon énergie finalement,
- 1:29:26elle va où ?
- 1:29:29Elle ne va pas dans la vente des vêtements,
- 1:29:32absolument pas.
- 1:29:33Lorsqu'une cliente franchit la porte du concept store,
- 1:29:37quand elle vient,
- 1:29:37c'est qu'elle est déjà quasiment convaincue.
- 1:29:39Là,
- 1:29:40on n'est pas sur « j'ai vu un réel,
- 1:29:41je clique,
- 1:29:42bon,
- 1:29:42je vais voir » .
- 1:29:42Non,
- 1:29:43on parle de quelqu'un qui a pris son métro,
- 1:29:44qui est sorti de sa maison pour venir jusqu'à la boutique.
- 1:29:48C'est une cliente qui est déterminée et qui est résolue à trouver quelque chose chez moi.
- 1:29:52Donc,
- 1:29:52ce n'est pas là où l'effort se fait.
- 1:29:55L'effort se fait dans la création de contenu.
- 1:29:58Et je me rappelle toujours que j'avais fait cette réunion-là avec une de mes employées en lui disant
- 1:30:02« Vous savez quoi ?
- 1:30:04Maison Evariste n'est pas un concept store. »
- 1:30:10Oui,
- 1:30:11dans l'image,
- 1:30:12dans le storytelling,
- 1:30:14dans la vitrine,
- 1:30:16mais ce qui nous fait gagner véritablement des sous,
- 1:30:23c'est la création de contenu.
- 1:30:25Et c'est la manière dont on doit être rémunéré.
- 1:30:28Et c'est comme ça que mon business model a changé.
- 1:30:32C'est qu'il n'était plus question de commission,
- 1:30:36il y avait quand même une redevance,
- 1:30:37attention,
- 1:30:37que j'avais mis dès le départ.
- 1:30:40mais il s'agit de pouvoir proposer aux marques de la création de contenu.
- 1:30:46Parce que c'est là où,
- 1:30:47justement,
- 1:30:48ils pêchaient énormément pour eux-mêmes.
- 1:30:52Parce que,
- 1:30:53oui,
- 1:30:53d'accord,
- 1:30:53vous êtes à Paris,
- 1:30:54mais ils avaient leur propre clientèle et certains avaient leur propre site.
- 1:31:00Mais que vous ne communiquez pas sur Maison Les Arrises,
- 1:31:05c'est une chose,
- 1:31:07mais sur votre propre page,
- 1:31:08il y a un problème.
- 1:31:09Parce que nous,
- 1:31:09lorsqu'on parle de vos produits et qu'on vante votre marque dans la boutique et que la cliente est arrivée sur votre page,
- 1:31:17il n'y a rien qui a été posté depuis deux ans,
- 1:31:19il y a un manque de cohérence.
- 1:31:21Et ces marques-là,
- 1:31:23j'ai vraiment eu à cœur de les accompagner.
- 1:31:26Rien n'était structuré.
- 1:31:27Quand j'ai accompagné,
- 1:31:28c'est tout simplement quand je faisais mes rapports,
- 1:31:31je ne manquais pas de leur donner des conseils sur les retours des marques,
- 1:31:34pardon,
- 1:31:34des clients et du comportement client en boutique.
- 1:31:39sur les points d'amélioration,
- 1:31:40sur leur communication,
- 1:31:42pour qu'il y ait une certaine cohérence avec nous,
- 1:31:43ce qu'on a et les retours qu'on a.
- 1:31:45Donc,
- 1:31:46c'était vraiment...
- 1:31:46Mais Sois-Vis-Ris a été vraiment un vrai laboratoire,
- 1:31:49d'où
- 1:31:49Essor Lab.
- 1:31:51Et Essor,
- 1:31:52pour le mot,
- 1:31:53en plein essor.
- 1:31:55Et je me suis dit,
- 1:31:56non,
- 1:31:56non,
- 1:31:56non,
- 1:31:56là,
- 1:31:57les marques,
- 1:31:57ça ne va pas.
- 1:31:58Il faut...
- 1:31:59Et Essor Lab,
- 1:32:00à la base,
- 1:32:01devait être uniquement un incubateur.
- 1:32:04Sauf que moi,
- 1:32:04je suis quelqu'un...
- 1:32:05Les mots,
- 1:32:06juste pour faire joli,
- 1:32:06non merci.
- 1:32:08dire oui,
- 1:32:08j'en occupe un.
- 1:32:09Oui,
- 1:32:09c'est vrai,
- 1:32:09c'est stylé,
- 1:32:10mais concrètement,
- 1:32:11Rosie,
- 1:32:12qu'est-ce que tu veux apporter ?
- 1:32:14Ce que je veux apporter concrètement,
- 1:32:15c'est une solution de communication pour ces marques-là.
- 1:32:18Créer leur contenu.
- 1:32:20Et l'IA m'a permis de créer du contenu facilement avec leur marque.
- 1:32:28C'était
- 1:32:28Maison Madjoula,
- 1:32:29les premiers contenus IA qu'on a pu faire qui sont sur la page Instagram.
- 1:32:34Et il y a eu la marque Madjouchka.
- 1:32:37on a pu changer des modèles parce qu'on avait aussi ce challenge-là.
- 1:32:40Ok,
- 1:32:40j'avais une clientèle internationale,
- 1:32:42mais les modèles qui sont disponibles et qui veulent vraiment faire partie de l'aventure,
- 1:32:48la plupart étaient noirs,
- 1:32:49mais qui sait ?
- 1:32:50Moi,
- 1:32:50si j'avais envie d'avoir une asiatique,
- 1:32:52clairement,
- 1:32:52au départ,
- 1:32:53je n'avais absolument pas les fonds pour dépenser dans des modèles caucasiennes et asiatiques.
- 1:32:59Donc,
- 1:32:59je voulais vraiment qu'arrivait un moment,
- 1:33:01au bout de huit mois,
- 1:33:02que Maisons et Zinris s'autofinance.
- 1:33:05Je ne voulais plus que...
- 1:33:06et Zaris Beauty supporte le projet.
- 1:33:09Donc,
- 1:33:09je m'étais dit,
- 1:33:10non,
- 1:33:10non,
- 1:33:10non,
- 1:33:10on va grandir naturellement.
- 1:33:12Zaris Beauty a grandi comme ça,
- 1:33:14mais Zaris doit aussi vouloir de ses propres aides et se débrouiller.
- 1:33:17Et je me suis dit,
- 1:33:17mais comment faire ?
- 1:33:18Et là,
- 1:33:19l'IA est venue en plein fouet et c'était une évidence.
- 1:33:22J'ai vu une modèle asiatique et je n'ai plus besoin de payer une modèle asiatique et je vais sur l'IA,
- 1:33:25je transforme mon image et j'ai une asiatique.
- 1:33:28Parce qu'aujourd'hui,
- 1:33:29comme je disais,
- 1:33:30ma vision de la mode,
- 1:33:32elle est mondiale.
- 1:33:33OK,
- 1:33:34c'est Made in Africa.
- 1:33:35Mais moi,
- 1:33:35demain,
- 1:33:36quand je vois une marque montée par une caucasienne et que la marque a été faite en Espagne,
- 1:33:41j'arrive à me projeter parce que le sac,
- 1:33:43j'ai l'aime,
- 1:33:43ou la robe,
- 1:33:43j'ai l'aime,
- 1:33:44tout simplement.
- 1:33:45Donc,
- 1:33:45j'aimerais aujourd'hui que le Made in Africa ait cette image globale sans déraciner ce qu'ils font.
- 1:33:53Et l'IA venait répondre à cette problématique de modèle que j'ai rencontrée.
- 1:33:59Je veux une Indienne,
- 1:33:59je veux une Asiatique.
- 1:34:00Comment je fais ?
- 1:34:02Et bien,
- 1:34:02aujourd'hui,
- 1:34:02l'IA,
- 1:34:03il répond parfaitement.
- 1:34:05Et en plus,
- 1:34:05ça me coûte mon cher.
- 1:34:07Voilà comment Essor Lab est né.
- 1:34:10Et quand j'ai fermé la boutique,
- 1:34:12et qu'il y a eu des...
- 1:34:14J'ai eu des...
- 1:34:15Tout ça,
- 1:34:15bien sûr,
- 1:34:15c'est en interne,
- 1:34:17mais des personnes qui n'avaient rien à voir avec les demandes de la mode,
- 1:34:19qui étaient intéressées,
- 1:34:21j'ai dit,
- 1:34:21OK,
- 1:34:22c'est très bien.
- 1:34:23L'incubateur que je voulais faire peut être fait,
- 1:34:27mais ne sera pas uniquement dans la mode comme je l'avais voulu,
- 1:34:32mais sera pour des créateurs.
- 1:34:34de contenu,
- 1:34:35peu importe le domaine d'activité,
- 1:34:37mais qui se sentent concernés par le fait de...
- 1:34:39Comment implémenter l'IA ?
- 1:34:40Comment faciliter cette création de contenu qui est chronophage et fatigante à notre service,
- 1:34:47au service de notre entreprise ?
- 1:34:49Voilà comment ça a évolué.
- 1:34:53Et donc,
- 1:34:54aujourd'hui,
- 1:34:54j'imagine qu'on peut te solliciter que l'on travaille,
- 1:34:57que l'on soit sélectionné pour être référencé chez Maison Anziris ou pas.
- 1:35:02On peut te solliciter pour la création de contenu.
- 1:35:05indépendamment du fait d'être référencée ou pas.
- 1:35:10Clairement.
- 1:35:10Aujourd'hui,
- 1:35:12pour encore plus simplifier les choses,
- 1:35:15maison et Zaris.
- 1:35:18Et solliciter pour la partie distribution,
- 1:35:23être exposée,
- 1:35:24mais pas que,
- 1:35:25surtout distribuée.
- 1:35:27Donc aujourd'hui,
- 1:35:27je donnais un cas d'école,
- 1:35:29ça va être encore plus simple.
- 1:35:30J'ai une marque,
- 1:35:31je travaille.
- 1:35:33Style Temple qui est au Nigeria.
- 1:35:36OK,
- 1:35:36elle est à Lagos.
- 1:35:37Elle m'a passé les robes.
- 1:35:39Les robes ont été vendues.
- 1:35:40Tout a été vendu avant que je fasse.
- 1:35:42Donc très bien.
- 1:35:43Elle me dit,
- 1:35:43Rosé,
- 1:35:43je veux continuer à travailler avec toi.
- 1:35:45OK,
- 1:35:45donc c'est simple.
- 1:35:47La marque qui me démarche,
- 1:35:50en général,
- 1:35:52veut que je porte le produit.
- 1:35:54Parce que les produits que j'ai le plus vendus sont les produits qui m'allaient.
- 1:35:59Voilà,
- 1:35:59c'est aussi...
- 1:36:00C'est l'avantage et l'inconvénient du personal branding.
- 1:36:01C'est que lorsque je porte,
- 1:36:02ça te va.
- 1:36:03super.
- 1:36:04Banco,
- 1:36:04les gens s'identifient et puis on vend super bien.
- 1:36:08Mais aussi,
- 1:36:09Maisons des Inris,
- 1:36:10je ne peux pas me permettre d'avoir que ma tête,
- 1:36:11donc je prends d'autres personnes pour mettre en avant,
- 1:36:13par exemple des bouboues qui sont beaucoup plus jolies sur les autres,
- 1:36:16par exemple.
- 1:36:17Donc,
- 1:36:18une marque qui ne veut pas,
- 1:36:20par exemple,
- 1:36:21être distribuée chez Maisons des Inris,
- 1:36:22mais qui aimerait avoir du contenu et capable de contacter du coup
- 1:36:29Rosie Daily.
- 1:36:31Par exemple,
- 1:36:31il y a une marque
- 1:36:32Sina Yaba,
- 1:36:35c'est une Congolaise qui fait du made in France.
- 1:36:39Sa marque est élégante à souhait,
- 1:36:40mais vraiment,
- 1:36:41c'est le vestiaire idéal d'une Parisienne.
- 1:36:45On va dire nuit saison,
- 1:36:48plus printemps,
- 1:36:48parce que là,
- 1:36:49sa robe,
- 1:36:49par exemple,
- 1:36:49je devais l'acheter,
- 1:36:50je n'ai pas pu parce qu'on a eu une canicule,
- 1:36:52donc c'est à la rentrée que je vais le faire.
- 1:36:55Elle n'a pas du tout souhaité être vendue chez Maison des Aris,
- 1:36:58mais lorsqu'elle m'a contactée...
- 1:37:01C'était à travers
- 1:37:02Maison Les Arrises.
- 1:37:04Elle m'a dit,
- 1:37:04Rose,
- 1:37:04en fait,
- 1:37:05effectivement,
- 1:37:06moi,
- 1:37:06ce qui m'intéresse,
- 1:37:08c'est que tu portes les produits Sinaïaba et que tu sois comme ambassadrice,
- 1:37:14tout simplement.
- 1:37:14Tu fais un shoot,
- 1:37:15tu nous tags,
- 1:37:16etc.
- 1:37:17Mais on a déjà notre site Internet,
- 1:37:19l'Univers Paris.
- 1:37:22Voilà le cas vraiment pratico-pratique,
- 1:37:24pour vraiment comprendre.
- 1:37:25Donc,
- 1:37:26Sinaïaba,
- 1:37:26le printemps d'Aya,
- 1:37:27c'est fait uniquement avec...
- 1:37:31Rosy Day.
- 1:37:32La marque
- 1:37:34Style Temple,
- 1:37:35non seulement je porte la tenue,
- 1:37:38mais on a toujours ce contrat de commission.
- 1:37:44Exactement comme lorsque j'étais en boutique.
- 1:37:47Rien n'a changé.
- 1:37:48C'est juste qu'aujourd'hui,
- 1:37:49c'est uniquement digital.
- 1:37:50Je ne sais pas si ça fait sens,
- 1:37:52si c'est clair.
- 1:37:53C'est juste que les deux ont été scindés.
- 1:37:55Tu veux Rosy ?
- 1:37:57Il n'y a pas de problème.
- 1:37:58Voilà ce que je peux mettre en avant.
- 1:38:00le contrat va être géré.
- 1:38:02Et là,
- 1:38:02maintenant,
- 1:38:02effectivement,
- 1:38:03on n'est plus dans de l'influence ou slash ambassadrice de marque en fonction de ce que la marque veut.
- 1:38:10Mais Ouenaris,
- 1:38:10maintenant,
- 1:38:11étant uniquement digitale,
- 1:38:12j'ai eu un contrat avec la marque Nadouchka pour organiser ses pop-ups lorsqu'elle est à Paris.
- 1:38:20Elle est géobélant,
- 1:38:21elle est pro-géobélant.
- 1:38:23Elle n'est pas en France.
- 1:38:25Elle veut trouver un lieu.
- 1:38:26Elle a ses exigences,
- 1:38:26elle a son cahier des charges.
- 1:38:29Maison Esaris lui a organisé,
- 1:38:31de bout en bout,
- 1:38:32son pop-up qui a eu lieu sur quatre jours,
- 1:38:37du 1er au 4 mai 2025.
- 1:38:39Donc c'est une prestation en plus qui s'est rajoutée parce qu'aujourd'hui,
- 1:38:43nous ne sommes plus un point physique.
- 1:38:45Mais nous proposons cette solution-là aux marques qui veulent être à Paris.
- 1:38:51Et autour de ça,
- 1:38:52il y a également la solution de communication qui est de communiquer sur nos réseaux sur la venue de cette marque.
- 1:38:57et donc créer du contenu,
- 1:38:58engager notre communauté.
- 1:39:04Très bien,
- 1:39:04super intéressant,
- 1:39:05super clair.
- 1:39:07Écoute,
- 1:39:07on arrive à la fin de cette interview.
- 1:39:09On a pu balayer les différents aspects de ton écosystème,
- 1:39:14j'ai envie de dire,
- 1:39:15depuis la création de contenu à travers ta plateforme,
- 1:39:20mais aussi pour les marques,
- 1:39:23jusqu'à la marque d'extension capillaire.
- 1:39:26et le concept store qui était d'abord physique et qui est devenu digital.
- 1:39:30Moi,
- 1:39:30j'ai beaucoup apprécié le temps que tu as pris à partager les moments de déclic parce que bien souvent,
- 1:39:37on voit des entrepreneurs à succès,
- 1:39:38mais on n'a pas toujours toutes les étapes qui ont permis à cet entrepreneur d'accéder au succès.
- 1:39:46Puis on comprend aussi que ça se fait par étapes,
- 1:39:48que tout n'arrive pas comme ça en un claquement de doigts.
- 1:39:51Donc,
- 1:39:52c'est intéressant de voir.
- 1:39:53j'ai bien aimé notamment le fait que tu insistes sur
- 1:39:55Oui,
- 1:39:56j'ouvre un concept store et j'ai des marques qui sont intéressées et j'ai des résultats.
- 1:40:00Mais en fait,
- 1:40:00comme ça fait huit ans que j'ai une marque d'extension capillaire,
- 1:40:04que j'ai une communauté et des clients,
- 1:40:07en réalité,
- 1:40:07ça fait dix ans que je suis en train de mûrir l'opportunité de ce projet-là.
- 1:40:11Ce n'est pas quelqu'un qui voudrait faire la même chose,
- 1:40:14mais qui n'aurait pas le background que tu as,
- 1:40:17n'arriverait pas à atteindre les mêmes résultats.
- 1:40:19Donc ça,
- 1:40:20c'est des choses que je trouvais très importantes de souligner.
- 1:40:23Donc,
- 1:40:23écoute,
- 1:40:24moi,
- 1:40:24ça a été un plaisir.
- 1:40:24un plaisir pour moi de pouvoir découvrir plus en détail ton profil.
- 1:40:30Et j'ai envie de te dire à très vite en Afrique ou ailleurs.
- 1:40:34Merci beaucoup,
- 1:40:35Amata,
- 1:40:36pour l'opportunité de pouvoir m'exprimer.
- 1:40:38Et ce fut aussi un plaisir d'échanger dessus.
- 1:40:41Et je trouve que le podcast,
- 1:40:42c'est vraiment clair et possible parce qu'on ne revient pas souvent d'un trait comme ça sur son histoire.
- 1:40:49Et aujourd'hui,
- 1:40:49ça m'a permis de me rappeler encore une fois d'où je suis partie.
- 1:40:54Et merci pour ça.
- 1:40:56Écoute,
- 1:40:57merci à toi.
- 1:40:58À très bientôt.
- 1:40:59À très bientôt.
- 1:41:03Merci d'avoir écouté l'épisode jusqu'au bout.
- 1:41:05Je vous invite à pratiquer quelques petits gestes à impact fort pour m'aider à gagner de la visibilité sur ce podcast.
- 1:41:12Vous pouvez partager l'épisode à trois de vos amis.
- 1:41:14Vous pouvez laisser un commentaire sur Apple Podcasts ou Spotify.
- 1:41:18Je vous invite également à cliquer sur les cinq étoiles pour donner de la force.
- 1:41:22Je vous dis à très vite.
- 1:41:24en Afrique.