Latest / 7H40 Martin Buxant / Selena Carbonero Fernandez, secrétaire générale de la FGTB
Transcript
- 0:00Speaker 2: Séléna Carbonero-Fernandez. Bonjour. Puisque vous êtes secrétaire générale de la
- 0:03Speaker 2: FGTB et donc concernée par la demande de report. Vous
- 0:06Speaker 2: êtes face à Buxan ce matin, il est 7h40. Oui,
- 0:13Speaker 4: et après les violences de ces derniers jours, justement, à Liège,
- 0:16Speaker 4: comment est-ce que vous allez garantir que votre manifestation de
- 0:18Speaker 4: ce matin ne va pas virer à l'émeute? Séléna Carbonero-Gomez,
- 0:21Speaker 4: pardon
- 0:22Speaker 3: Carbonero-Fernandez. Fernandez, Fernandez, autant pour moi
- 0:25Speaker 4: autant pour
- 0:27Speaker 3: moi. Déjà, Ce qui est important de dire, c'est que,
- 0:30Speaker 3: parce que je viens quand même d'entendre la question qui
- 0:32Speaker 3: est posée aux auditeurs, j'aimerais bien moi-même y répondre, si
- 0:35Speaker 3: vous voulez bien. Nous avons décidé de maintenir la manifestation
- 0:40Speaker 3: parce que personne ne nous fera taire. Monsieur Boucher, tout
- 0:44Speaker 3: président de parti qu'il soit, n'est pas membre du gouvernement.
- 0:47Speaker 3: S'il voulait vraiment négocier, cette invitation, elle serait venue du
- 0:50Speaker 3: gouvernement ou d'un vrai ministre? Et là on aurait pu
- 0:53Speaker 3: alors peut-être s'asseoir autour d'une table. Vous auriez pu postposer
- 0:56Speaker 3: cette manifestation? Pas sûr que j'aurais postposé la manifestation. L'invitation
- 0:59Speaker 3: a négocié, ça fait un moment qu'on l'attend, elle n'est
- 1:02Speaker 3: toujours pas venue. Et donc c'est un peu facile de
- 1:04Speaker 3: se réveiller la veille d'une manifestation
- 1:05Speaker 4: Et sur la question initiale qui était de dire, les
- 1:08Speaker 4: violences qu'il y a eu à Liège, comment est-ce qu'on
- 1:09Speaker 4: garantit que ça va se passer dans le calme et
- 1:11Speaker 4: la sérénité aujourd'hui
- 1:12Speaker 3: On est en contact avec le bourgmestre de la ville
- 1:15Speaker 3: de Bruxelles. Nous avons prévu, comme toujours, un encadrement de
- 1:20Speaker 3: la manifestation et ce sont nos propres collègues. Votre propre
- 1:23Speaker 3: service d'ordre, donc? Alors, ce n'est pas à proprement parler
- 1:25Speaker 3: un service d'ordre parce qu'on n'a pas de service de
- 1:28Speaker 3: sécurité privé pour encadrer les manifestations. D'ailleurs, ce n'est pas
- 1:32Speaker 3: une exigence ni légale ni du règlement communal. Ce que
- 1:35Speaker 3: l'on fait, c'est qu'on encadre nos militants. Et donc, on
- 1:39Speaker 3: aura nos collègues qui seront là pour engadrer. Avec la
- 1:41Speaker 3: police
- 1:41Speaker 4: oui
- 1:42Speaker 3: La police, évidemment, sera présente. Le rôle de la police,
- 1:45Speaker 3: c'est aussi d'assurer que le droit de manifester soit exercé
- 1:48Speaker 3: en toute sécurité
- 1:49Speaker 4: Si un groupe commence à casser, vos équipes, elles font quoi?
- 1:53Speaker 3: Nos équipes, elles essayent de protéger les autres manifestants et
- 1:55Speaker 3: de faire en sorte que l'on puisse dévier à un
- 1:58Speaker 3: moment donné la manifestation. Et ça veut dire que la
- 2:00Speaker 3: police doit aussi éviter les NAS, parce que sinon elle
- 2:03Speaker 3: bloque les manifestants. Les NAS, qu'est-ce que vous voulez dire?
- 2:06Speaker 3: Les blocages? On enferme... Toutes les personnes qui sont présentes,
- 2:10Speaker 3: par exemple, dans une rue, si on ne laisse pas
- 2:12Speaker 3: de voie de sortie aux manifestants qui sont là de
- 2:16Speaker 3: manière pacifique, ça veut dire qu'on les coince dans une nage.
- 2:19Speaker 3: Ce
- 2:19Speaker 4: n'est pas une excuse pour recourir à la violence. Mais
- 2:21Speaker 4: je n'ai pas dit ça.
- 2:22Speaker 3: Je dis juste que dans la manière de gérer ces
- 2:26Speaker 3: potentiels incidents, il faut aussi la désescalade. Les nages sont
- 2:32Speaker 3: interdites pour permettre justement à ce que les manifestants pacifiques puissent...
- 2:37Speaker 3: trouver une voie de sortie. Et
- 2:39Speaker 4: donc ce matin, avant de rentrer sur le fond
- 2:41Speaker 3: de vos
- 2:41Speaker 4: revendications, vous êtes sereine par rapport à ça?
- 2:45Speaker 3: Oui, moi je suis très sereine. Nos militants ont toujours
- 2:50Speaker 3: répondu présents avec une énorme détermination et avec beaucoup de
- 2:56Speaker 3: fierté la tête haute et beaucoup de respect les uns
- 2:58Speaker 3: pour les autres.
- 2:59Speaker 4: Alors, votre revendication principale ce matin, c'est quoi
- 3:02Speaker 3: Alors, à l'heure où le gouvernement veut aller chercher encore
- 3:06Speaker 3: 10 milliards, il est clair pour nous, le message qu'on
- 3:09Speaker 3: leur lance, c'est pas dans la poche des travailleurs et
- 3:12Speaker 3: des travailleuses, qu'ils soient du privé, du public ou allocataires sociaux.
- 3:16Speaker 3: Ça suffit, l'effort a été fait
- 3:18Speaker 4: Donc vous demandez le retrait de quelle mesure précisément, ou
- 3:22Speaker 4: que le gouvernement n'aille pas dans quelle direction précisément
- 3:24Speaker 3: Alors ce qu'on ne veut pas, c'est qu'on touche à
- 3:26Speaker 3: l'indexation des revenus et des allocations sociales.
- 3:29Speaker 4: Ça c'est une chose
- 3:29Speaker 3: On ne veut pas qu'on augmente la TVA.
- 3:31Speaker 4: Pour
- 3:32Speaker 3: vous,
- 3:32Speaker 4: c'est un niet catégorique,
- 3:33Speaker 3: la TVA? Tout à fait, parce que les gens sont
- 3:35Speaker 3: pris à la gorge. Les gens sont en train de
- 3:37Speaker 3: choisir entre faire le plein pour aller travailler et des
- 3:40Speaker 3: rendez-vous médicaux. Et donc, ça suffit. Un moment, il faut
- 3:45Speaker 3: répondre aux préoccupations des travailleurs, des travailleuses et de la
- 3:48Speaker 3: population de manière générale. Et ce gouvernement semble sourd, malheureusement
- 3:51Speaker 4: Donc, pas touche à l'index, rien sur la TVA? Est-ce
- 3:55Speaker 4: que vous reconnaissez qu'il y a un problème quand même
- 3:57Speaker 4: de déficit et de dette en Belgique dans ce pays
- 4:00Speaker 3: Alors, le trou budgétaire, il est là. Le gouvernement, d'ailleurs,
- 4:04Speaker 3: continue à le creuser malgré toutes les mesures d'économie qu'il
- 4:06Speaker 3: a déjà prises et qu'il a fait peser sur l'ensemble
- 4:08Speaker 3: de la population.
- 4:10Speaker 4: On peut continuer à
- 4:10Speaker 3: creuser ce trou budgétaire? Non, justement, ce que l'on dit
- 4:13Speaker 3: au gouvernement, c'est qu'il doit arrêter de creuser ce trou budgétaire. Comment?
- 4:17Speaker 3: En arrêtant de faire des économies à l'aveugle et en
- 4:20Speaker 3: allant voir de l'autre côté de l'équation. C'est-à-dire d'aller chercher
- 4:23Speaker 3: de nouvelles recettes. Par exemple, Par exemple, globalisation des revenus. Ah,
- 4:27Speaker 3: qu'est-ce que c'est ça, concrètement? Donc, on additionne l'ensemble des revenus,
- 4:30Speaker 3: qu'ils viennent du travail, du capital, des loyers ou d'autres
- 4:33Speaker 3: sources de revenus, et on leur applique le même taux
- 4:36Speaker 3: d'imposition en barème progressive comme on applique en Belgique. Et
- 4:41Speaker 3: donc ça, ça permettrait concrètement d'aller chercher plus de 12
- 4:44Speaker 3: milliards par an.
- 4:46Speaker 4: 12 milliards
- 4:46Speaker 3: par an? Donc on aurait déjà résolu une partie du
- 4:48Speaker 3: problème du gouvernement
- 4:49Speaker 4: Mais donc il y a le problème entre guillemets de l'immobilier,
- 4:51Speaker 4: le Belge qui possède sa maison et un petit appartement
- 4:54Speaker 4: qu'il loue. Vous, la FGTB, voudriez Qui payent des impôts
- 4:57Speaker 4: sur le loyer, alors
- 4:58Speaker 3: Ce que l'on veut, c'est qu'on applique le même barème,
- 5:02Speaker 3: le même taux d'imposition à tous les revenus. Sur les
- 5:05Speaker 3: revenus
- 5:05Speaker 4: locatifs aussi, alors
- 5:06Speaker 3: Oui, bien sûr. Ce serait une révolution en Belgique
- 5:09Speaker 3: Oui, peut-être que ce serait une révolution, mais parfois, il
- 5:11Speaker 3: faut oser faire de nouvelles choses, justement. Et si on
- 5:13Speaker 3: ne veut pas laisser le trou budgétaire comme il est là,
- 5:17Speaker 3: ça veut dire qu'il faut le combler en allant chercher
- 5:19Speaker 3: de nouvelles recettes. Je vais juste vous parler d'une petite injustice.
- 5:22Speaker 3: Parce qu'aujourd'hui, en Belgique, le 1% des plus riches est
- 5:25Speaker 3: taxé en moyenne à 23%. Alors que les salariés sont
- 5:28Speaker 3: taxés en moyenne à 43%. Ça, c'est injuste. Les gens
- 5:31Speaker 3: s'en rendent compte, donc il faut
- 5:32Speaker 4: changer de logique. Mais l'ouvrier qui a économisé toute sa
- 5:35Speaker 4: vie et qui a une deuxième petite maison qu'il a
- 5:38Speaker 4: mis en location pour s'assurer un petit complément, par exemple,
- 5:40Speaker 4: lors de sa pension... Vous, la FGTB, vous dites, on
- 5:43Speaker 4: va vous taxer votre loyer.
- 5:44Speaker 3: Globalement, le but, c'est d'assurer une meilleure justice fiscale. Ce
- 5:48Speaker 3: que l'on permettra avec ce genre de réforme, c'est qu'à
- 5:51Speaker 3: partir du moment où on ose aller chercher sur le
- 5:55Speaker 3: 1% des plus riches, ça permettra aussi de réduire la
- 5:59Speaker 3: charge fiscale sur les salaires, et en particulier sur les
- 6:02Speaker 3: plus bas salaires.
- 6:03Speaker 4: Alors, il y a manifestation aujourd'hui, il y a une
- 6:04Speaker 4: marche pour le climat dimanche,
- 6:06Speaker 3: et
- 6:06Speaker 4: puis lundi, il y a grève dans les services publics.
- 6:09Speaker 4: Trop de mobilisation, ça ne va pas tuer la mobilisation? Moi,
- 6:12Speaker 4: je trouve
- 6:12Speaker 3: que c'est une belle séquence de mobilisation
- 6:15Speaker 4: C'est un goulot de mobilisation
- 6:17Speaker 3: Non, c'est une belle séquence de mobilisation. Donc oui, il
- 6:19Speaker 3: y a un enchaînement de mobilisation parce que ce gouvernement
- 6:23Speaker 3: prend des décisions qui sont inacceptables. Ce gouvernement est en
- 6:26Speaker 3: plein conclave budgétaire, donc les dates ne sont pas choisies
- 6:28Speaker 3: pour rien. Aujourd'hui, 9 octobre, ils sont en train de
- 6:32Speaker 3: se remettre autour de la table. On leur lance un
- 6:34Speaker 3: signal clair sur le budget. Marche pour le climat, ce
- 6:36Speaker 3: gouvernement est parti en vacances en abandonnant la population face
- 6:39Speaker 3: aux conséquences des canicules.
- 6:41Speaker 4: S'ils ne craquent pas, qu'est-ce que vous allez faire? appel
- 6:45Speaker 4: à la grève générale, c'est quoi la gradation suivante
- 6:47Speaker 3: Non, continue. Nos lignes rouges, je l'ai dit, c'est pas
- 6:51Speaker 3: touche à l'indexation des revenus
- 6:53Speaker 3: pas de hausse
- 6:54Speaker 4: de la TVA
- 6:55Speaker 3: Et donc, si ces lignes rouges sont franchies, on prépare
- 6:58Speaker 3: une grève générale la semaine du 23 novembre.
- 7:01Speaker 4: Ça, c'est décidé déjà
- 7:03Speaker 3: Oui, nous l'avons décidé. Notre comité fédéral l'a décidé.
- 7:07Speaker 4: Est-ce qu'il y a des concessions que vous seriez prêts
- 7:09Speaker 4: à faire, vous autres, les syndicats, avec ce gouvernement
- 7:11Speaker 3: Vu le nombre de concessions qu'on a déjà faits, Je
- 7:14Speaker 3: pense que... Quelle concession, concrètement? Je vous demande, moi je
- 7:16Speaker 3: pose des questions, ok? Concrètement, jusque-là, je mets au défi
- 7:21Speaker 3: quiconque de nous citer une mesure qui aurait été prise
- 7:24Speaker 3: par ce gouvernement et qui serait favorable aux travailleurs et
- 7:26Speaker 3: aux travailleuses. Donc je ne vois pas comment je pourrais
- 7:28Speaker 3: faire des concessions. Il y a un
- 7:28Speaker 4: dialogue ou c'est un mur, le Premier ministre Bardo-Weaver
- 7:31Speaker 3: Écoutez, pour moi c'est un mur. On ne nous écoute pas.
- 7:36Speaker 3: Quand il y a des accords entre interlocuteurs sociaux, ils
- 7:38Speaker 3: ne sont pas suivis par le gouvernement. Et donc... C'est
- 7:42Speaker 3: pour ça que la colère augmente, en fait. Et ce
- 7:45Speaker 3: gouvernement doit entendre les préoccupations des travailleurs, des travailleuses. Terminer
- 7:49Speaker 3: avec
- 7:49Speaker 4: ça très brièvement, est-ce qu'il y a un parti politique
- 7:50Speaker 4: qui rassemble le mieux vos revendications, vos demandes? Pour le moment,
- 7:54Speaker 4: autour de la table? Non, pas autour de la table, non,
- 7:56Speaker 4: dans l'opposition, alors peut-être.
- 7:58Speaker 3: Dans l'opposition? Ah mais il y a un gros travail
- 7:59Speaker 3: d'opposition qui est fait tant par Écolo que par l'EPS
- 8:02Speaker 3: que par le PTB. Vous n'en choisissez pas un, alors? Non,
- 8:04Speaker 3: parce que moi, je ne suis pas là en train
- 8:05Speaker 3: de distribuer des bons points. Le travail d'opposition, il est cohérent.
- 8:09Speaker 3: Et ils avancent sur des lignes qui sont cohérentes par
- 8:11Speaker 3: rapport à ce gouvernement. Eh bien
- 8:13Speaker 4: merci beaucoup d'être passé dans le studio avant cette manifestation.
- 8:15Speaker 2: Alors, on ajoute une nouvelle date, si j'ai bien compris. Donc,
- 8:17Speaker 2: si les lignes rouges sont franchies, vous préparez une grève
- 8:19Speaker 2: générale pour le 23 novembre. C'est un lundi, c'est noté.
- 8:23Speaker 2: À propos des événements du jour, je suis sereine, avez-vous dit.
- 8:26Speaker 2: Cette manifestation, de toute façon, on la maintient. Personne ne
- 8:29Speaker 2: nous fera taire. Et à propos des réformes du gouvernement,
- 8:32Speaker 2: l'effort a été fait, mais vous dites un nom catégorique
- 8:34Speaker 2: à la hausse de TVA et l'indexation des revenus sociaux.
- 8:37Speaker 2: Le message est passé ce matin. Merci Célina Carbonero-Fernandez. Merci
- 8:40Speaker 2: à vous. Et si vous êtes sur la route, n'oubliez
- 8:41Speaker 2: pas qu'au 3323, les auditeurs ont la parole, les syndicalistes aussi.
- 8:44Speaker 2: Tout à l'heure, vous êtes la bienvenue. Je peux vous
- 8:46Speaker 2: pistonner pour vous intégrer dans la conversation.