Latest / Africa Fashion Tour / Maïmouna Kanté-Quentrec, fondatrice de Maison Kanthé
Transcript
- 0:00Alors en fait,
- 0:01ça faisait plusieurs années que je,
- 0:03quand j'ai lancé Quente,
- 0:05je voulais aussi proposer ce service de Hataya et tout bêtement,
- 0:12j'avais peur.
- 0:13J'avais peur,
- 0:14je me suis dit mais c'est ridicule,
- 0:15les gens ne vont pas venir,
- 0:16ils ne vont pas s'y intéresser.
- 0:19Et en 2023,
- 0:21j'en parle avec une amie qui m'accompagnait à l'époque et elle me dit mais c'est une bonne idée,
- 0:28fais-le.
- 0:29Je me dis,
- 0:30mais est-ce que les gens vont aimer ?
- 0:31Est-ce qu'ils vont venir ?
- 0:33On a des a priori souvent des peurs qui n'ont pas lieu d'être,
- 0:36mais bon,
- 0:37qui sont là.
- 0:40Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Africa Fashion Tour.
- 0:43Je vous emmène avec moi à la rencontre de créateurs basés sur le continent africain.
- 0:48Je vous invite à voyager à Abidjan,
- 0:50Dakar ou Bamako pour découvrir les parcours de professionnels talentueux,
- 0:55responsables et ambitieux.
- 0:57Au fil des interviews,
- 0:58je me rends compte que chaque entrepreneur veut contribuer au rayonnement de la créativité africaine sur le continent et au-delà.
- 1:05Ce podcast est un moyen de sortir des clichés du boubou et du wax pour représenter un éventail de tissus,
- 1:11de savoir-faire et de créativité trop souvent sous-représentés.
- 1:16Je suis Ramata Diallo,
- 1:17je suis professeure de marketing dans des écoles de mode parisiennes et je suis également consultante spécialisée dans l'accompagnement de porteurs de projets qui veulent lancer leur marque de mode.
- 1:26En 2017,
- 1:27j'ai assisté à ma première Fashion Week en Afrique et depuis,
- 1:30je voyage régulièrement sur le continent pour aller à la rencontre de ceux et celles qui font la mode en Afrique.
- 1:36Le podcast est le moyen que j'ai trouvé pour partager au plus grand nombre une autre vision de la mode africaine.
- 1:45Aujourd'hui,
- 1:45je suis en compagnie de Maïmouna Kanté-Quintrec.
- 1:48Maïmouna est la fondatrice de Kanté,
- 1:50une maison de thé et d'infusion d'Afrique.
- 1:53Elle vient de clôturer une campagne de crowdfunding et je l'ai invitée aujourd'hui pour qu'elle puisse nous parler de son parcours et de sa marque.
- 2:01Bienvenue Maïmouna,
- 2:02comment vas-tu ?
- 2:03Je vais très bien,
- 2:04merci et toi ?
- 2:06Ça va très bien,
- 2:07merci.
- 2:07Je suis ravie de te retrouver pour cette interview.
- 2:10Ça fait un moment qu'on se suit sur les réseaux sociaux,
- 2:12notamment sur LinkedIn.
- 2:14Et j'ai trouvé opportun ce moment où toi tu as lancé une campagne de crowdfunding sur le mois d'octobre de pouvoir...
- 2:23échanger pour avoir un petit peu des informations sur l'évolution du développement de ta marque.
- 2:29Mais avant de rentrer dans ce détail,
- 2:31je vais commencer cette interview comme je le fais toujours.
- 2:34Je vais te demander de te présenter.
- 2:36Parfait.
- 2:37Donc moi,
- 2:37je suis Maïmouna
- 2:38Kanté-Kantek. Je suis effectivement la fondatrice de la maison Kanté,
- 2:43d'origine guinéenne,
- 2:44et puis maman et épouse.
- 2:48Très bien.
- 2:48Écoute,
- 2:48je ne savais pas que tu étais guinéenne.
- 2:49Je suis guinéenne aussi,
- 2:50donc je suis ravie.
- 2:52Ah,
- 2:52moi aussi.
- 2:53J'avais dit que j'étais contente de t'avoir,
- 2:55mais là,
- 2:55encore plus.
- 2:57Super.
- 2:58Parce que j'ai pas assez de Guinéens à inviter.
- 3:02Mais en même temps,
- 3:02je me dis,
- 3:03il ne faut pas être trop chauvin,
- 3:04il faut que j'invite un peu tout le monde,
- 3:05mais je trouve que je n'en ai pas assez.
- 3:08Donc,
- 3:10voilà.
- 3:10Ça y est,
- 3:10là,
- 3:11c'est une bonne surprise.
- 3:12Exactement,
- 3:13exactement.
- 3:14Donc,
- 3:15On va parler un petit peu de ton parcours avant de parler de ta marque.
- 3:18Donc,
- 3:18j'aurais voulu que tu nous parles un petit peu de ton parcours en termes d'études et un petit peu par quel type de métier tu as commencé ta carrière professionnelle.
- 3:29Ok.
- 3:30Alors,
- 3:31en termes d'études et de carrière,
- 3:34les deux se sont suivis parce que moi,
- 3:36j'ai commencé à travailler très,
- 3:38très jeune.
- 3:40Après mon bac...
- 3:42Même au collège déjà,
- 3:43j'étais un peu mannequin,
- 3:47je faisais des petits boulots d'hôtesse d'accueil.
- 3:50Et puis après mon bac,
- 3:52j'ai fait une première année en droit que je n'ai pas forcément aimé sur le coup.
- 3:56Et donc j'ai changé pour aller faire un BTS en marketing.
- 4:01Et à côté,
- 4:03toujours mannequin,
- 4:05hôtesse d'accueil.
- 4:06Et finalement,
- 4:08le boulot a un peu pris le dessus à un moment donné.
- 4:11que j'étais beaucoup sollicité et je trouvais que celles qui nous employaient à l'époque nous arnaquaient.
- 4:18Donc j'ai décidé de créer ma structure.
- 4:20J'avais 17 ans.
- 4:23On m'a dit à l'époque qu'il fallait atteindre 18 ans,
- 4:26donc j'ai triché sur mon âge en disant non,
- 4:28ils se sont trompés de date,
- 4:29mais je suis née à telle année et donc j'ai 18 ans.
- 4:33Et donc du coup,
- 4:34j'ai pu créer ma structure et du coup,
- 4:36ça me permettait d'embaucher mes copines quand j'avais des contrats.
- 4:40pour des séminaires,
- 4:42des forums et autres.
- 4:44Je fournissais des hôtesses d'accueil,
- 4:47ainsi de suite.
- 4:47Et donc,
- 4:48c'est comme ça que j'ai commencé mon aventure entrepreneurial parce que j'en avais marre de voir comment on était traité et mal payé.
- 4:57Donc j'ai continué cette activité qui s'est élargie un peu par des prestations autres de services et un peu l'imprimerie parce que toute ma famille paternelle était dans l'imprimerie.
- 5:08Donc j'avais une branche où je sous-traitais des commandes d'imprimerie auprès de notre structure familiale,
- 5:19on va dire.
- 5:21Et après,
- 5:22je suis arrivée en France pour poursuivre mes études.
- 5:26Je suis passionnée par la cosmétique,
- 5:28le bien-être et tout ça.
- 5:30Et donc,
- 5:31j'ai fait une formation en esthétique.
- 5:33Et une fois diplômée,
- 5:36j'ai voulu me spécialiser en option corps.
- 5:40Et l'idée,
- 5:41c'était avant d'ouvrir un institut de beauté.
- 5:43Mais bon,
- 5:43finalement,
- 5:44je ne l'ai pas fait.
- 5:45J'ai travaillé pendant quelques années comme animatrice et formatrice en cosmétique et parfum.
- 5:50Et puis bon,
- 5:52le thé était toujours à côté.
- 5:54parce que
- 5:55En Guinée,
- 5:56on préparait du thé tous les jours.
- 5:58Et donc ici,
- 6:00quand j'ai repris mes études,
- 6:01j'ai commencé à m'intéresser au thé,
- 6:03à me former,
- 6:04à me documenter tout doucement.
- 6:06Et puis ça m'a amenée où je suis aujourd'hui.
- 6:09Très bien,
- 6:10c'est intéressant ton parcours et comment tu as démarré quand tu as identifié une problématique en tant qu'hôtesse d'accueil et tu t'es dit,
- 6:19la solution,
- 6:20ça va être de moi-même créer une structure.
- 6:23et...
- 6:24Ça part aussi d'une forme de frustration parce que j'identifie une vraie problématique de « je n'aime pas la manière dont on est traité et moi je veux changer les choses »
- 6:37et il y a un côté assez ambitieux et indépendant.
- 6:43Toi,
- 6:43comment est-ce que tu expliques qu'assez tôt comme ça,
- 6:47Je suis à Pesquou.
- 6:49Je pense que ça peut arriver à beaucoup de jeunes femmes et de jeunes personnes de se retrouver dans des situations où ils n'apprécient pas forcément la manière dont ils sont traités par leur employeur,
- 6:58mais ils ne se disent pas forcément,
- 7:00du coup,
- 7:00je vais créer ma propre structure.
- 7:02Toi,
- 7:03est-ce que c'est du fait qu'il y avait des entrepreneurs dans ta famille,
- 7:07que tu avais cette fibre entrepreneuriale ?
- 7:09Comment tu expliques en fait ça ?
- 7:11Alors,
- 7:11peut-être un peu du côté paternel.
- 7:14Mon père était entrepreneur.
- 7:17Il a entrepris pas mal de choses.
- 7:19Mais il y a aussi une question de personnalité.
- 7:22J'ai,
- 7:23adolescente,
- 7:25je pense que j'ai gagné une maturité précoce très rapidement.
- 7:30Et j'aimais l'autonomie.
- 7:32Je ne sais pas pourquoi,
- 7:33mais j'avais envie de faire les choses par moi-même.
- 7:37Et quand je voyais comment on nous traitait,
- 7:40je me suis dit non,
- 7:40ce n'est pas possible.
- 7:42Moi,
- 7:42je veux qu'on nous respecte.
- 7:43Je veux qu'on nous paye comme il faut.
- 7:46Et donc d'ailleurs,
- 7:46quand j'ai créé ma structure,
- 7:49j'avais les meilleurs profils parce qu'ils savaient que je les payais mieux.
- 7:54Donc tu avais analysé ton marché et tu t'es dit,
- 7:57déjà en termes d'éthique et la manière dont tu veux traiter tes employés,
- 8:03tu avais une ambition qui était très claire.
- 8:05Et aussi,
- 8:05tu avais identifié qu'en termes de rémunération,
- 8:11ton positionnement allait te permettre d'avoir...
- 8:14à des personnes qui allaient,
- 8:15même si ta structure était nouvelle,
- 8:17tu allais rapidement trouver des équipes qui allaient vouloir travailler pour toi.
- 8:20Donc,
- 8:20il y avait une stratégie,
- 8:22en fait,
- 8:23quelque part.
- 8:23Le fait que j'analyse mon marché et je propose une offre irrésistible,
- 8:27tu avais déjà ce mindset-là,
- 8:29en fait.
- 8:29Oui,
- 8:30c'est vrai.
- 8:31À t'entendre,
- 8:32je me dis oui.
- 8:33Mais sur le coup,
- 8:34je n'ai pas pensé à tout ça.
- 8:36J'étais dans l'action,
- 8:38j'essayais de faire les choses autrement.
- 8:41Mais oui,
- 8:42effectivement.
- 8:43C'est toujours pareil,
- 8:45quand il y a un œil extérieur qui regarde,
- 8:47forcément,
- 8:48il y a toujours des choses que moi je vais pointer,
- 8:50que toi tu vas te dire que ça s'est fait complètement spontanément.
- 8:54Et du coup,
- 8:55cette structure-là,
- 8:57tu l'as gardée,
- 8:58tu l'as fermée,
- 8:59comment est-ce que ça a évolué pour qu'à un moment donné,
- 9:02tu te dises,
- 9:02je vais passer à autre chose ?
- 9:04Alors,
- 9:05la structure,
- 9:06oui,
- 9:06je l'ai gardée.
- 9:07Alors,
- 9:07elle s'appelait MyPrestation.
- 9:10Et donc,
- 9:10du coup...
- 9:12C'était en
- 9:162008,
- 9:182007-2008, j'ai commencé.
- 9:21Et puis en 2009,
- 9:23j'ai décidé de l'engouander un peu parce que j'étais souvent sollicitée par des entreprises pour la partie événementielle.
- 9:32Et du coup,
- 9:33j'ai commencé à leur proposer d'autres prestations.
- 9:36J'avais monté une petite équipe qui faisait des ménages dans des présidences.
- 9:41ou dans des entreprises.
- 9:43Et puis après est venue l'idée de rajouter la partie imprimerie,
- 9:48donc je démarchais toujours des entreprises,
- 9:51notamment des sociétés minières.
- 9:54qui me donnaient des contrats pour réaliser leurs bons de commande,
- 9:57les cartes de visite ou sinon les calendriers pour les fins d'année.
- 10:02Et moi,
- 10:02j'allais sous-traiter ces contrats auprès d'imprimeurs.
- 10:07D'abord,
- 10:08c'était dans ma famille,
- 10:09mais après,
- 10:09j'ai compris que ça ne marchait pas parce que là aussi,
- 10:13on me prenait pour la petite fille qu'ils ont vu grandir.
- 10:16Et donc,
- 10:18on faisait passer mon contrat après ceux des autres clients.
- 10:23Donc rapidement,
- 10:24là aussi j'ai laissé ma famille et je suis partie sous traité travailler avec d'autres personnes.
- 10:29Ça m'a d'ailleurs créé de sérieux problèmes en famille parce qu'on s'est dit,
- 10:34tu te crois grande,
- 10:36on t'a vu naître et maintenant tu vas travailler avec nos concurrents.
- 10:40Je dis non,
- 10:40vos concurrents me respectent,
- 10:43vous ne le faites pas.
- 10:44Et donc moi je vais où je peux travailler et où je suis considérée.
- 10:49Et donc ça,
- 10:50ça m'a créé de sérieux problèmes en famille.
- 10:53Et tu as,
- 10:54comment dire,
- 10:54avec le temps,
- 10:55est-ce que quand tu évoques tes sérieux problèmes en famille,
- 10:57avec le temps,
- 10:58est-ce que finalement ça s'est résolu ?
- 11:01Ça a évolué comment ?
- 11:02Parce que c'est vrai qu'effectivement,
- 11:03quand on se lance dans l'entrepreneuriat,
- 11:05il peut y avoir soit des querelles de famille,
- 11:08soit d'amitié,
- 11:09mais il peut y avoir des mésententes et ça fait partie de la réalité du business.
- 11:14On n'est vraiment pas dans...
- 11:16le monde des bisounours,
- 11:17il peut y avoir des vraies difficultés.
- 11:18Toi,
- 11:19comment est-ce que tu as réussi à dépasser ces problématiques-là ?
- 11:24Je n'écoutais pas forcément ce qu'on disait.
- 11:27Sur le coup,
- 11:28je suis un peu butée.
- 11:30Pour moi,
- 11:30c'était comment je peux avancer,
- 11:32comment bien faire mon travail,
- 11:34livrer mes clients à temps.
- 11:36Et puis la famille,
- 11:37oui,
- 11:38je vous respecte,
- 11:39on se respecte et on n'est pas obligé de travailler ensemble pour rester une famille.
- 11:45Donc oui,
- 11:47on se parlait,
- 11:48même si on savait que souvent il y en a qui n'étaient pas contents de moi.
- 11:51Mais la seule fois où j'ai été vraiment triste,
- 11:57c'est quand j'ai croisé mon père.
- 11:58Et c'était la dernière fois qu'on a échangé.
- 12:01Je le vois au centre-ville,
- 12:03je viens dire bonjour papa.
- 12:04Il me dit non,
- 12:04je ne suis pas content de toi.
- 12:07Il paraît que tu as eu le contrat que ton oncle avait depuis très longtemps.
- 12:12Donc ne me parle pas,
- 12:13viens me trouver à la maison.
- 12:15Et moi,
- 12:15je me suis dit,
- 12:16écoute,
- 12:16tu attendras un peu.
- 12:18Donc,
- 12:19je me suis dit ça sans lui dire.
- 12:21Et donc,
- 12:22j'ai attendu deux bonnes semaines.
- 12:24Après,
- 12:24j'ai appelé pour venir le voir.
- 12:26Ce jour-là,
- 12:27il avait fait une crise cardiaque.
- 12:29Et le lendemain,
- 12:30il est décédé.
- 12:30Donc,
- 12:31ça,
- 12:31ça m'a beaucoup marqué.
- 12:33Ça m'a marqué parce que la dernière fois que j'ai parlé à mon papa,
- 12:36quand il était en vie,
- 12:38ça s'est passé comme ça.
- 12:39Donc,
- 12:39ça,
- 12:41ça m'a marqué.
- 12:42Et après,
- 12:42je suis partie.
- 12:43Je suis venue en France pour reprendre des études ici.
- 12:47Et donc,
- 12:47j'ai laissé ce boulot.
- 12:50Et comme ça,
- 12:50il n'y avait plus d'histoire.
- 12:52Très bien.
- 12:52Je te remercie de partager avec nous ce moment,
- 12:56effectivement,
- 12:56que j'imagine a dû être assez délicat pour toi.
- 12:59Et c'est vrai qu'on essaie toujours de...
- 13:02On se dit toujours de quitter sa famille dans les meilleures conditions,
- 13:05mais on ne sait jamais ce que la vie nous réserve en réalité.
- 13:09Donc...
- 13:10Donc effectivement,
- 13:11du coup,
- 13:12toi,
- 13:13cette boîte-là,
- 13:13tu la laisses,
- 13:14tu décides de venir en France pour poursuivre tes études et c'est le début d'une nouvelle aventure.
- 13:20Donc tout à l'heure,
- 13:21tu parlais d'un intérêt pour le bien-être,
- 13:24les cosmétiques,
- 13:24la beauté,
- 13:25et puis en parallèle,
- 13:27toujours l'intérêt pour le thé.
- 13:29Est-ce que tu peux nous parler du coup de cette étape-là,
- 13:31l'intérêt pour le bien-être,
- 13:32les cosmétiques ?
- 13:34Ça a été plutôt...
- 13:35à travers des études,
- 13:36mais tu n'en as pas forcément développé un business finalement.
- 13:41Oui,
- 13:41alors je voulais vraiment,
- 13:44en fait,
- 13:45aujourd'hui en apprenant un peu à me connaître,
- 13:48ce qui me guide vraiment mon fil conducteur,
- 13:51c'est la relation à l'autre.
- 13:53Arriver à accueillir l'autre,
- 13:55à servir l'autre.
- 13:57Quand je fais un résumé de mes expériences qui m'ont marqué,
- 14:02où j'ai eu autant de plaisir à donner qu'à recevoir,
- 14:06C'est quand j'étais en face de l'autre.
- 14:09Que ce soit dans mes études de cosmétique et d'esthétique,
- 14:14quand je prenais soin des autres,
- 14:17j'avais autant de plaisir que la personne qui était en face de moi.
- 14:21Et puis,
- 14:22dans le thé,
- 14:23l'échange,
- 14:23le partage,
- 14:24tout ça.
- 14:25Et donc,
- 14:25quand j'ai fini ma formation en esthétique,
- 14:27je voulais ouvrir un institut de beauté,
- 14:30mais je n'avais pas les moyens.
- 14:32Donc,
- 14:32du coup,
- 14:32je me suis dit,
- 14:33ce n'est pas grave,
- 14:34je vais continuer.
- 14:35à travailler,
- 14:36à apprendre.
- 14:37Et là aussi,
- 14:38rapidement,
- 14:38j'ai compris que je n'étais pas forcément à ma place tout le temps.
- 14:42Et c'est pourquoi j'ai décidé de me mettre en freelance et de travailler comme animatrice et formatrice en freelance.
- 14:49Comme ça,
- 14:49je n'ai pas de patron,
- 14:51je ne rentre pas dans des cases,
- 14:53je ne souris pas à une collègue hypocrite.
- 14:57Parce qu'il faut sourire.
- 14:58Moi,
- 14:58j'aime dire les choses dans la bienveillance,
- 15:01mais je n'ai pas besoin d'hypocrisie.
- 15:03Et souvent,
- 15:04dans le monde du travail,
- 15:05on a beaucoup ce côté où on te voit,
- 15:07on te sourit,
- 15:09mais derrière,
- 15:09il y a autre chose.
- 15:11Je ne sais pas faire de...
- 15:13Il n'y a pas de filtre chez moi.
- 15:16J'aime donner et recevoir,
- 15:18mais je n'aime pas ce côté où il faut jouer.
- 15:21Pour moi,
- 15:21ça demande beaucoup d'énergie.
- 15:23donc du coup
- 15:25Quand j'ai fini cette partie-là,
- 15:27et puis le thé,
- 15:29j'ai commencé tout doucement à lire,
- 15:31à découvrir des thés,
- 15:33parce que quand je suis arrivée en France,
- 15:34je connaissais le Lipton,
- 15:37oui,
- 15:38et notre Kinké-Liba,
- 15:39qui était notre boisquier,
- 15:41d'ailleurs encore la boisson nationale,
- 15:43un Guinée qu'on boit tout le temps.
- 15:45Et donc ici,
- 15:45j'arrive,
- 15:46je découvre le thé blanc,
- 15:48le thé fumé,
- 15:49je découvre même des thés grands crus,
- 15:51des thés jaunes,
- 15:53qui sont très peu connus.
- 15:55Et donc,
- 15:56je vais,
- 15:57je me souviens quand j'ai eu mon premier salaire,
- 15:59j'ai été m'acheter un thé grand cru qui coûtait à l'époque
- 16:0450 euros les 50 grammes.
- 16:07Et donc,
- 16:07c'est un thé que je buvais uniquement les week-ends.
- 16:10Quand je ne courais pas et que j'étais à la maison tranquillement,
- 16:13je me servais ce thé-là.
- 16:15Et donc,
- 16:15je me suis dit,
- 16:16en apprenant aussi sur le thé,
- 16:18quand j'allais dans des restaurants ou des bars d'hôtels,
- 16:22on te sert un thé à 10 euros.
- 16:24Le serveur est incapable de te renseigner sur ton thé,
- 16:30sur la température de ton thé,
- 16:32sur depuis combien de temps,
- 16:34madame,
- 16:34j'ai mis votre sachet de thé.
- 16:36Rien.
- 16:38Ça me frustrait.
- 16:40Donc je me suis dit,
- 16:40bon,
- 16:41moi je vais créer mon marque de thé,
- 16:42je vais ouvrir un salon de thé littéraire,
- 16:45et puis je vais former les gens à comprendre le thé,
- 16:48à mieux servir le thé.
- 16:50L'idée est partie de là,
- 16:51en 2016.
- 16:53Et donc du coup,
- 16:54en
- 16:552016, finalement,
- 16:56je crée ma marque.
- 16:57La première,
- 16:58c'était comptoir des thés rares.
- 17:00Et donc,
- 17:00je me spécialise dans les thés grands crus d'Asie,
- 17:04où je vais vendre les thés,
- 17:05le prix moyen variait.
- 17:07Je pense que le moins cher était à 20 euros.
- 17:10On allait jusqu'à 70,
- 17:11100 euros la boîte de thé.
- 17:14Et donc,
- 17:14je lance ce thé,
- 17:15je commence un peu à proposer à certains hôtels,
- 17:18en leur proposant une formation à la clé sur le service du thé.
- 17:23Et puis très rapidement,
- 17:25la maternité s'est invitée dans mon parcours la même année.
- 17:29Il y a eu beaucoup de surprises à ce niveau.
- 17:33Et donc je me suis retrouvée après amener ma grossesse,
- 17:36la fin de ma grossesse seule.
- 17:39Et entre boulot,
- 17:40entreprise et l'autre entreprise que je suis en train de mettre en route,
- 17:45donc mon enfant,
- 17:47je me suis recentrée sur une seule chose.
- 17:50donc j'ai délaissé un peu le temps
- 17:52thé à ce moment-là.
- 17:54Et en 2017,
- 17:55je reprends doucement,
- 17:56doucement.
- 17:57Et en reprenant,
- 17:58j'avais toujours ce côté,
- 17:59quand je faisais des animations,
- 18:01on me disait,
- 18:01pourquoi une Africaine parle des thés d'Asie ?
- 18:05Ça me frustrait.
- 18:06Je disais,
- 18:06mais pourquoi pas ?
- 18:08Et puis,
- 18:08finalement,
- 18:09je me suis dit,
- 18:09bon,
- 18:10écoute,
- 18:11OK.
- 18:11Et puis,
- 18:12mon parcours,
- 18:14j'ai eu beaucoup,
- 18:14j'ai été confrontée très souvent à
- 18:21Et pendant longtemps,
- 18:22moi aussi,
- 18:23je pense,
- 18:24ce n'est même pas je pense,
- 18:25je le sais,
- 18:26j'essayais par tous les moyens de rentrer dans les cases,
- 18:30de me faire accepter,
- 18:33de faire comprendre que je suis très bien intégrée,
- 18:37un peu,
- 18:38ah,
- 18:38tu n'es pas comme les autres.
- 18:40Je le prenais à l'époque comme un compliment.
- 18:43Et à un moment donné,
- 18:45il était temps de faire connaissance,
- 18:48un peu plus connaissance avec moi-même.
- 18:50de me dire,
- 18:51qui tu es,
- 18:52en fait,
- 18:53l'Africaine,
- 18:54tu le seras tout le temps,
- 18:55toute ta vie,
- 18:55parce que tu l'es.
- 18:57Donc,
- 18:58apprends à être fier de qui tu es.
- 19:02Peut-être que tu n'auras à offrir que ta singularité,
- 19:05ce que tu es réellement.
- 19:07Et ça,
- 19:08je l'ai vécu aussi dans ma maternité.
- 19:10Je me suis dit,
- 19:10bon,
- 19:11écoute,
- 19:12je vais continuer le thé,
- 19:13parce qu'à chaque fois que je disais,
- 19:15demain,
- 19:16je vais me débarrasser de tout mon stock de thé.
- 19:19parce que j'en avais des centaines de kilos,
- 19:21quelqu'un passait une commande.
- 19:24Je disais,
- 19:24mon Dieu,
- 19:25ok,
- 19:25donc je vais devoir livrer encore cette personne.
- 19:28Ça,
- 19:28c'était en 2017 et 2018.
- 19:30À chaque fois que je voulais tout arrêter,
- 19:33ça pouvait trouver que pendant trois semaines,
- 19:35je n'ai eu aucune commande.
- 19:37Mais à chaque fois que je disais ça,
- 19:38que je pensais très fort,
- 19:41eh bien,
- 19:41quelqu'un commandait.
- 19:43Je disais,
- 19:43ok,
- 19:43bon,
- 19:44je ne jette pas,
- 19:45je vais livrer.
- 19:46Et puis,
- 19:47j'ai fini quand même par jeter ce stock de thé et passer à autre chose,
- 19:51mais je n'arrivais pas.
- 19:52Et donc,
- 19:53en 2018-2019,
- 19:54je me dis,
- 19:55bon,
- 19:56je vais...
- 19:57reprendre mon activité de thé,
- 19:59mais cette fois,
- 20:00je veux aller voir ce qui se passe en Afrique.
- 20:04Et là,
- 20:04je reçois d'abord en 2017 un premier échantillon du Rwanda avec des thés de qualité exceptionnelle.
- 20:13Donc je me dis,
- 20:14ok,
- 20:14je reprends mon activité,
- 20:15mais je vais rajouter un peu de thé africain.
- 20:19Et tout doucement,
- 20:19doucement,
- 20:20je me dis non.
- 20:21Je ne vais vraiment proposer que des thés africains.
- 20:24Pour le coup,
- 20:25l'Africaine va parler d'été africain.
- 20:28Et donc,
- 20:29la question du nom se pose.
- 20:31Est-ce que je garde au comptoir d'été rare ?
- 20:34Est-ce que je change de nom ?
- 20:36Je voulais vraiment un nom qui évoque l'Afrique.
- 20:40Qui,
- 20:40quand tu l'entends,
- 20:41tu sais que tu es tout de suite en Afrique.
- 20:44Et donc,
- 20:44on m'a proposé plusieurs noms.
- 20:47J'en ai parlé avec plusieurs personnes autour de moi.
- 20:51Et puis,
- 20:51je vais un jour chez un ami,
- 20:56créateur,
- 20:57photographe,
- 20:59pour qui j'ai posé plusieurs fois parce que j'ai été mannequin pendant quelques années.
- 21:04Et donc,
- 21:04j'arrive chez lui en Normandie avec ma fille.
- 21:08Et là,
- 21:08je vois
- 21:09Renoma partout.
- 21:11C'était
- 21:12Maurice Renoma,
- 21:15qui a été une des figures dans la mode française.
- 21:18Et donc là,
- 21:18il y a
- 21:21partout,
- 21:21je me dis,
- 21:22mais il a tout compris.
- 21:25Et là,
- 21:25je me dis,
- 21:26et si j'appelais ma marque Kanté ?
- 21:29C'est venu de là.
- 21:32C'est venu de là.
- 21:32Et donc,
- 21:33du coup,
- 21:35j'ai réfléchi,
- 21:36j'ai laissé cette idée mûrir.
- 21:38Je me suis dit,
- 21:39ben oui,
- 21:39finalement,
- 21:40pourquoi pas Kanté ?
- 21:41Kanté comme ma fille,
- 21:42Kanté comme moi,
- 21:44et puis cette marque va s'appeler Kanté,
- 21:46en fin de compte.
- 21:48Et je vais faire en sorte
- 21:51de travailler avec rigueur et respect pour que demain,
- 21:56tout Africain qui croisera cette marque,
- 21:58de près ou de loin,
- 22:00qu'il en soit fier.
- 22:02Parce que c'est mon nom de famille,
- 22:03c'est le nom que porte ma fille,
- 22:05et c'est le nom qui porte des milliers de Kantés à travers le monde.
- 22:10Et c'est venu comme ça.
- 22:11Donc j'ai dit,
- 22:12ok,
- 22:12moi je vais appeler ma nouvelle marque à Kanté.
- 22:14Les gens m'ont dit,
- 22:15mais non,
- 22:16c'est pas bon,
- 22:18ça fait trop Africain.
- 22:20Je dis oui,
- 22:20africain comme je suis.
- 22:22Donc on y va et on va faire une maison de thé
- 22:25100% africain.
- 22:26C'est comme ça que Kanté,
- 22:27elle est.
- 22:28Et c'est intéressant de préciser que dans le nom de ta marque,
- 22:31en fait,
- 22:33tu reprends vraiment ton nom de famille Kanté,
- 22:36mais au niveau de l'orthographe,
- 22:37il me semble que c'est
- 22:38K-A-N-T-H-E comme le thé en fait.
- 22:41Comme le thé,
- 22:42tout à fait.
- 22:43Donc je rajoute le H pour souligner le mot thé.
- 22:46Très bien,
- 22:47mais en fait,
- 22:47ça paraît tellement naturel que c'est presque difficile de comprendre qu'il y ait des gens qui t'aient dit « ben non,
- 22:51ça n'a aucun sens » ,
- 22:52alors que c'est tellement,
- 22:53finalement,
- 22:54quelque part évident.
- 22:57Donc,
- 22:57ce qui est intéressant,
- 22:58c'est que dans ton cheminement,
- 23:00tu évoques le fait qu'effectivement,
- 23:03la tradition du thé,
- 23:04elle va être associée à l'Asie,
- 23:06elle va être associée à l'Inde,
- 23:08mais que par rapport à l'Afrique,
- 23:10même si effectivement quand on est Guinéen,
- 23:12on consomme le quinqualibat et on connaît cette tradition du thé,
- 23:15on peut même
- 23:16penser à une tradition du thé oriental avec cette façon de servir,
- 23:21et même au Sénégal,
- 23:21de servir la taïa.
- 23:25Et du coup,
- 23:26ce sont des traditions qui sont méconnues,
- 23:27donc on va avoir un espèce d'apriori qui est,
- 23:30le thé,
- 23:31c'est l'Inde,
- 23:32le thé,
- 23:34c'est l'Asie,
- 23:34c'est la Chine ou le Japon,
- 23:35mais ce n'est pas l'Afrique.
- 23:37Et en fait,
- 23:37quand on creuse un peu,
- 23:38on se rend compte que l'Afrique a complètement sa place dans cette culture.
- 23:44culture du thé et que ça fait vraiment partie de rituels traditionnels en fait africains que de consommer du thé.
- 23:54Donc toi,
- 23:55est-ce que tu as fait des recherches dans ce sens-là pour vraiment travailler le storytelling de ta marque ?
- 24:01Alors oui,
- 24:02déjà on ne le sait pas assez,
- 24:04mais l'Afrique est le troisième producteur mondial de thé.
- 24:07Pour en être là,
- 24:08il faut en produire énormément et Et...
- 24:12Donc déjà,
- 24:13on est grand producteur de thé.
- 24:15On pense tout de suite à l'Asie parce que l'Asie a commencé bien avant et l'histoire du thé,
- 24:24c'est la Chine,
- 24:25après le Japon,
- 24:26vient l'Inde.
- 24:27Sauf que quand la culture de thé a été introduite en Inde,
- 24:32ça a quasiment été en même temps en Afrique.
- 24:36le thé a longtemps été monnet d'échange et
- 24:40À un moment donné,
- 24:42les Européens,
- 24:43les Anglais,
- 24:43ont voulu comprendre la culture du thé,
- 24:47comment le thé est cultivé,
- 24:48parce que les Asiatiques faisaient comprendre qu'un thé noir et un thé vert ne provenaient pas du même arbuste.
- 24:55Et donc,
- 24:56du coup,
- 24:56les Anglais ont envoyé une espèce de détective pour aller comprendre,
- 25:02sillonner,
- 25:02aller fouiller,
- 25:03aller chercher à vraiment comprendre.
- 25:06Et une fois ils ont réalisé cela,
- 25:08ils se sont dit,
- 25:08ok,
- 25:10on a des pays qui,
- 25:13géographiquement parlant,
- 25:15peuvent aussi produire du thé.
- 25:18Et c'est comme ça qu'ils ont testé la culture du thé en Inde,
- 25:21puis en Afrique.
- 25:24Et donc là,
- 25:26il était question de voir,
- 25:29de produire,
- 25:29mais la production a mieux pris en Inde qu'en Afrique à l'époque.
- 25:35Et après,
- 25:35l'Afrique est venue tout doucement,
- 25:37doucement.
- 25:37Les premières productions qui sont repertoriées datent d'avant 1925,
- 25:46mais on n'en parle pas beaucoup.
- 25:48Et donc,
- 25:50les Anglais ont essayé le thé en Afrique du Sud,
- 25:54au Malawi,
- 25:56au Rwanda.
- 25:57Les Allemands ont essayé la culture du thé sur le mont Cameroun.
- 26:02Chacun est venu essayer un peu.
- 26:04Et les productions étaient minimes à l'époque.
- 26:07Mais après,
- 26:08tout doucement,
- 26:08doucement,
- 26:09ça a pris de l'ampleur.
- 26:11Et ce qui est dommage encore,
- 26:12c'est qu'aujourd'hui,
- 26:15moins de 10%
- 26:16de la culture de thé africain est consommée sur le sol africain.
- 26:22Quand les thés sont cultivés,
- 26:24notamment au Kenya,
- 26:25au Rwanda,
- 26:26tout se retrouve à Mombasa où il y a des ventes aux enchères et la plus grande partie est exportée.
- 26:33Une fois exporté,
- 26:34on ne parle plus du thé africain.
- 26:36Il perd de son identité et souvent revient même en Afrique,
- 26:40mais sous un nouveau drapeau.
- 26:42Ça,
- 26:42c'est dommage.
- 26:43Et la culture,
- 26:44enfin,
- 26:45la cérémonie de Hataya,
- 26:47qui fait partie intégrante de nos cultures en Afrique de l'Ouest et en Afrique du Nord,
- 26:53est arrivée avec le nomadisme,
- 26:55les berbères,
- 26:56les commerçants berbères qui ont ramené tout doucement du Maghreb.
- 27:01La cérémonie,
- 27:02cette façon de préparer le thé,
- 27:05notamment en Mauritanie,
- 27:08au Mali,
- 27:09au niveau des Touaregs.
- 27:11Et tout doucement,
- 27:11doucement,
- 27:12c'est arrivé au Sénégal,
- 27:13au Guinée.
- 27:15Moi,
- 27:15j'ai été élevée avec le Hataya.
- 27:18Tous les jours,
- 27:18on avait le Hataya.
- 27:19Tous les jours,
- 27:20on préparait du Hataya.
- 27:24Et dans d'autres pays africains comme le Kenya et tout ça,
- 27:27ils ont la culture du thé là-bas encore.
- 27:30mais différemment.
- 27:31Là,
- 27:31on va parler beaucoup plus de thé noir et autres.
- 27:35Et donc,
- 27:35à travers Quintet,
- 27:36ce que j'essaie aujourd'hui de faire comprendre et partager,
- 27:40c'est que déjà l'Afrique est le troisième producteur mondial de thé.
- 27:45Ça mérite d'être connu et reconnu,
- 27:48mais on a une culture de thé.
- 27:51Et moi,
- 27:51j'anime depuis deux ans et demi maintenant des cérémonies de Hataya.
- 27:55Tous les mois,
- 27:55j'ai un atelier de Hataya,
- 27:58que ce soit
- 27:59pour des particuliers,
- 28:01mais aussi en entreprise,
- 28:02en team building.
- 28:03Et là,
- 28:03l'idée,
- 28:04c'est de montrer un peu ce que représente le Hataya.
- 28:08Ce moment de partage,
- 28:11ce moment où on tisse des liens,
- 28:13c'est vraiment le lien social avant tout.
- 28:15Et c'est ce qui est intéressant à partager autour du thé africain.
- 28:19Alors,
- 28:19c'est intéressant ce que tu évoques,
- 28:20parce que dans la manière dont tu as décidé de créer cette marque,
- 28:25qu'on sent qu'il y a un vrai travail de...
- 28:29de personal branding parce que dans le nom,
- 28:32on sent vraiment que tu es
- 28:33100% impliqué.
- 28:34Même quand tu racontes la genèse de cette entreprise,
- 28:38on sent que c'est vraiment quelque chose de très personnel.
- 28:42Et en même temps,
- 28:43il y a un travail sur revenir à une tradition,
- 28:48à une connaissance et à remettre l'église ou la mosquée au milieu du village.
- 28:54Mais voilà,
- 28:54tu insistes bien sur des données.
- 28:57clairs et factuels qui sont l'Afrique est le troisième pays producteur de thé.
- 29:01Donc l'Afrique a toute sa légitimité à être considérée au même titre que l'Inde,
- 29:08au même titre que la Chine ou le Japon par rapport à ces traditions-là.
- 29:13Et donc ton travail avec ta marque,
- 29:15quelque part,
- 29:16c'est de déconstruire les clichés,
- 29:18les a priori qui peuvent exister par rapport au thé qui serait associé.
- 29:25plusieurs régions du monde et pas forcément à l'Afrique,
- 29:27mais à Tors.
- 29:29Donc,
- 29:29toi,
- 29:29cette idée d'atelier que tu évoquais,
- 29:33comment est-ce que tu en es venue à créer ces ateliers ?
- 29:37Tu évoques du team building au sein des entreprises.
- 29:40Comment est-ce que ça t'est venu,
- 29:43cette idée ?
- 29:44Alors,
- 29:44en fait,
- 29:44ça faisait plusieurs années que je...
- 29:47Quand j'ai lancé Quinte,
- 29:49je voulais aussi proposer ce service de Ataya et
- 29:55Tout bêtement,
- 29:55j'avais peur.
- 29:57J'avais peur,
- 29:57je me suis dit mais c'est ridicule,
- 29:59les gens ne vont pas venir,
- 30:00ils ne vont pas s'y intéresser.
- 30:02Et en 2023,
- 30:04j'en parle avec une amie qui m'accompagnait à l'époque et elle me dit mais c'est une bonne idée,
- 30:11fais-le.
- 30:13Je dis mais est-ce que les gens vont aimer,
- 30:15est-ce qu'ils vont venir ?
- 30:16On a des a priori souvent des peurs qui n'ont pas lieu d'être mais bon qui sont là.
- 30:21Et donc finalement,
- 30:22elle me motive et elle me dit mais...
- 30:24Tente le coup,
- 30:27regarde,
- 30:27rejoins
- 30:28Weekendoo si tu veux.
- 30:30Ils proposent beaucoup d'expériences.
- 30:33Les gens qui sont à la recherche de choses authentiques,
- 30:36ils vont sur Weekendoo pour trouver des activités.
- 30:40Propose,
- 30:41tu n'as rien à perdre.
- 30:42Et là,
- 30:43reboosté,
- 30:44je contacte tout de suite Weekendoo avant de retomber encore dans la peur et de repousser au lendemain.
- 30:51Donc,
- 30:51je m'inscris.
- 30:53Et puis,
- 30:53au bout de,
- 30:54je ne sais pas,
- 30:54trois semaines,
- 30:55un mois,
- 30:55on me répond.
- 30:56Donc,
- 30:57je dis,
- 30:57OK,
- 30:57j'y vais,
- 30:58je teste,
- 30:59je lance cette cérémonie de Hathaïa.
- 31:02Parce qu'on parle beaucoup,
- 31:04quand on parle de cérémonie de thé,
- 31:06tout de suite,
- 31:06c'est l'Asie.
- 31:08Pourquoi ?
- 31:08Parce que les Asiatiques sont fiers de leur culture et de leur tradition.
- 31:13Ils arrivent à le partager avec les autres.
- 31:16Et pour qu'on connaisse ce qui se passe en Afrique,
- 31:19il faut que nous,
- 31:20Africains,
- 31:20nous soyons déjà fiers de ce qu'on a.
- 31:23et qu'on ait envie de le partager et de le faire découvrir.
- 31:27Donc je me suis dit,
- 31:27ok,
- 31:28je vais commencer le Ataya.
- 31:30Et est venue l'idée,
- 31:31est-ce que je le fais à table,
- 31:32est-ce que je le fais par terre,
- 31:35à même le sol,
- 31:36comment on le fait ?
- 31:38Et donc là aussi,
- 31:38je me suis posé la question,
- 31:40je me suis dit,
- 31:40c'est ridicule d'aller préparer ton Ataya à table.
- 31:43Donc,
- 31:45tu le proposes de façon authentique.
- 31:47Et donc j'ai commencé comme ça,
- 31:49et tout doucement,
- 31:50doucement,
- 31:50j'avais les retours des clients.
- 31:54Ce qui est marrant,
- 31:55c'est que quand je reçois 8-10 personnes qui ne se connaissent pas forcément,
- 31:59ils repartent en échangeant de contacts,
- 32:02en sympathisant.
- 32:04Les gens viennent,
- 32:05au début ils sont repliés sur eux et à la fin du attaillant,
- 32:10on entend des éclats de rire partout.
- 32:13Les gens parlent entre eux,
- 32:15se racontent des histoires et je me dis ok.
- 32:18Et en fait,
- 32:19effectivement...
- 32:20comme en Afrique,
- 32:21le Ataya,
- 32:22même en Europe,
- 32:23peut être un fil conducteur,
- 32:25peut être un trait d'union pour venir un peu vivre déjà l'instant présent.
- 32:34Parce que quand on y est,
- 32:35vraiment,
- 32:36rien n'a d'importance sauf ce qu'on est en train de partager.
- 32:39Donc le moment présent,
- 32:41et c'est important.
- 32:42On a tendance à courir,
- 32:43moi la première,
- 32:45et à ne pas profiter de l'instant présent.
- 32:48à laisser un peu le temps
- 32:50Faire les choses.
- 32:51Donc,
- 32:53le Ataya en team building,
- 32:55c'est vraiment le fil conducteur,
- 32:56c'est le lien,
- 32:57le lien entre collègues.
- 32:59Arriver à tisser le lien,
- 33:01à parler d'autres choses sur le moment que le boulot.
- 33:04Apprendre à se découvrir autrement parce que c'est ce qu'on fait en Afrique.
- 33:08Quand on se met autour du Ataya après le boulot,
- 33:11on parle de...
- 33:13on se décompresse.
- 33:15Mais on apprend aussi à connaître l'autre à travers nos échanges et c'est ce qui est sympa.
- 33:20Donc j'essaye,
- 33:21j'ai souvent des Asiatiques qui viennent,
- 33:23quelques rares fois des Africains,
- 33:25ça arrive,
- 33:31et je vois que ça plaît et surtout les gens viennent parce qu'ils ne connaissent pas et ils repartent avec des kits en les invitant à reproduire,
- 33:39à refaire du Ataya chez eux.
- 33:42Très bien,
- 33:43c'est très intéressant que tu évoques le fait que c'est une amie qui t'a donné confiance,
- 33:51qui t'a vraiment incité à aller au bout de cette idée.
- 33:55Et tu évoques Weekendoo,
- 33:57est-ce que tu peux expliquer en fait ce que c'est que cette plateforme ?
- 34:01Weekendoo,
- 34:03c'est une plateforme qui oppose des ateliers,
- 34:08que ce soit en France ou en Belgique.
- 34:11C'est une plateforme qui recense des centaines et des centaines d'artisans qui proposent leurs services en forme d'atelier.
- 34:20Et donc,
- 34:20une fois inscrite sur Weekendoo,
- 34:23tu as plusieurs offres.
- 34:26Et quand le client arrive sur Weekendoo,
- 34:28ça peut être des ateliers pour créer ta tablette de chocolat,
- 34:32des ateliers pour aller peindre,
- 34:35des ateliers pour fabriquer un bijou.
- 34:38des ateliers de Ataya pour venir découvrir le Ataya.
- 34:43Il y a plusieurs sortes de la céramique.
- 34:46C'est vraiment une plateforme qui est assez sympa parce que quand tu y vas dessus,
- 34:51tu ne t'ennuies pas.
- 34:52Et donc certains...
- 34:55profitent de cette plateforme pour aller dénicher des choses qu'ils ne connaissent pas.
- 35:00Et c'est comme ça que beaucoup découvrent la cérémonie à Thaïa.
- 35:04Et quand ils viennent,
- 35:05ils disent,
- 35:05ah,
- 35:05j'adore le thé,
- 35:07je voulais offrir ce cadeau parce que,
- 35:10bon,
- 35:10ma sœur aime bien le thé et on ne connaît pas le thé africain.
- 35:14Donc,
- 35:14dès qu'on a vu l'atelier,
- 35:15on s'est dit,
- 35:15bah tiens,
- 35:16on va venir découvrir le thé africain.
- 35:19Très bien,
- 35:19super intéressant comme concept parce que ça permet de valider une idée.
- 35:23Et toi,
- 35:24dès que tu t'es inscrite sur cette plateforme et que tu as commencé à avoir des personnes adhérées au projet,
- 35:32ça n'a fait que te conforter dans ton projet.
- 35:37Et toi,
- 35:38l'idée,
- 35:38c'est que tu as d'un côté la marque,
- 35:42tu as cet atelier et il me semble que tu as également un salon de thé.
- 35:46Oui.
- 35:46Donc,
- 35:46le salon de thé était une location éphémère.
- 35:50Là,
- 35:50je l'ai fermé actuellement.
- 35:52Et je suis en train honnêtement de me demander si l'année prochaine,
- 35:59je ne pars pas sur l'ouverture de la première adresse fixe pour la maison Kanté.
- 36:06C'est en réflexion,
- 36:08mais on verra.
- 36:10OK.
- 36:11Et du coup,
- 36:11est-ce que tu peux,
- 36:12quand tu parles de,
- 36:13voilà,
- 36:13c'était éphémère,
- 36:14est-ce que tu peux expliquer ?
- 36:16Quelle a été l'idée derrière cette volonté de créer un salon de thé ?
- 36:22Toujours dans l'idée du partage.
- 36:25Pour moi,
- 36:26ce qui m'intéresse,
- 36:27notamment dans un salon de thé ou la boutique,
- 36:30l'idée pour moi,
- 36:31c'était de faire un concept boutique-salon de thé.
- 36:35Qu'on arrive,
- 36:35qu'on puisse acheter son thé,
- 36:37repartir avec,
- 36:38oui.
- 36:38Mais je voulais aussi donner la possibilité aux clients de se poser,
- 36:43de déguster leur thé sur place.
- 36:46de découvrir,
- 36:47par exemple,
- 36:47de boire un Ataya sur place et d'autres types de thé.
- 36:51Et tout ça dans l'idée vraiment de rencontrer les gens,
- 36:55d'échanger,
- 36:55d'avoir qu'ils viennent se canter,
- 36:59comme pour rechercher une petite parenthèse de douceur et de partage.
- 37:04Et donc j'ai eu la possibilité d'avoir ce lieu magnifique,
- 37:09qui faisait d'ailleurs 150 mètres carrés,
- 37:12assez
- 37:13assez sympathique et énorme,
- 37:16pour en faire un lieu de vie,
- 37:18donc boutique et salon de thé,
- 37:20éphémère,
- 37:21pour tester un peu le concept.
- 37:23Et puis je me suis dit,
- 37:24bon,
- 37:24je verrai si je reprends plus tard l'idée,
- 37:29mais cette fois de façon stable.
- 37:32Et bon,
- 37:33quand je vois la conjoncture,
- 37:35les coûts,
- 37:36ça me freine un peu,
- 37:37mais bon,
- 37:37on verra.
- 37:39C'est en réflexion.
- 37:40Et du coup,
- 37:40cet espace,
- 37:41j'imagine qu'en termes de décoration,
- 37:44de merchandising,
- 37:46tu as eu l'opportunité,
- 37:47même si c'était un espace éphémère,
- 37:49de pouvoir apporter ta pâte,
- 37:52de le personnaliser.
- 37:54Toi,
- 37:54tu avais déjà des idées de quel aspect tu voulais qu'il ait ce salon de thé ?
- 38:01Oui,
- 38:01oui,
- 38:01tout à fait,
- 38:02oui.
- 38:03Là-bas,
- 38:03je n'ai pas été jusqu'au bout de mes idées parce que comme c'était un lieu éphémère,
- 38:08Mais l'idée,
- 38:08c'était d'avoir vraiment un côté naturel,
- 38:11brut un peu,
- 38:13mais avec des petites touches de green,
- 38:18donc de verdure,
- 38:20aussi tournées vers l'Afrique,
- 38:22avec des visuels,
- 38:24des photos qui évoquent l'Afrique,
- 38:26des accessoires,
- 38:28ainsi de suite.
- 38:30J'allais chercher soit au Sénégal,
- 38:31en Guinée,
- 38:33pour vraiment amener une touche africaine.
- 38:36Et aujourd'hui,
- 38:37l'idée à travers Kanté,
- 38:38c'est vraiment d'arriver,
- 38:40en tout cas,
- 38:40à dépasser ce côté,
- 38:42même juste guinéenne que je suis.
- 38:45On est une maison de thé d'Afrique et j'ai envie qu'en venant chez Kanté,
- 38:48on découvre l'Afrique.
- 38:50Donc,
- 38:50ça m'amène aussi,
- 38:51moi,
- 38:52à être beaucoup plus ouverte,
- 38:55à être un peu plus curieuse,
- 38:57à aller chercher ce qui se passe du côté de l'Afrique du Nord,
- 39:00du côté de l'Afrique de l'Est,
- 39:02l'Afrique du Sud,
- 39:03ainsi de suite.
- 39:05Aujourd'hui,
- 39:05je travaille avec plusieurs pays,
- 39:08que ce soit le Rwanda,
- 39:09le Malawi,
- 39:10le Kenya,
- 39:10le Togo,
- 39:12le Maroc,
- 39:12la Côte d'Ivoire.
- 39:15Et à partir de janvier,
- 39:17on va travailler aussi avec l'Ouganda et la Tanzanie.
- 39:20Et donc plus tard,
- 39:21en tout cas,
- 39:22si on ouvre un lieu,
- 39:23c'est vraiment un lieu qui va changer de visage de temps à autre pour en faire un petit tour du continent africain.
- 39:31On retrouve un peu cette notion d'Africatour qui m'échappe,
- 39:37parce que ça traduit vraiment le fait que,
- 39:39quand on parle d'Afrique,
- 39:41c'est un mot raccourci qu'il est important de mettre en avant,
- 39:44mais derrière,
- 39:45il y a 54 pays avec des identités,
- 39:47des spécificités qui sont vraiment importantes à souligner.
- 39:52C'est pour ça que c'est important de vraiment préciser les choses et l'idée d'un tour.
- 39:59c'est vraiment important pour
- 40:02pour gagner en connaissance sur ce qui peut exister,
- 40:05se passer sur le continent.
- 40:08Maintenant,
- 40:08j'ai envie d'en venir à...
- 40:10Donc,
- 40:10on sent en tout cas que dans ta manière de développer ta marque,
- 40:15il y a vraiment cette idée de...
- 40:17Donc,
- 40:18j'ai cette idée de thé.
- 40:19Au départ,
- 40:20c'est assez,
- 40:21on va dire,
- 40:22général.
- 40:23Et puis après,
- 40:23il y a cette volonté de se concentrer sur l'Afrique.
- 40:26Il y a toujours des projets dans le projet,
- 40:27en fait.
- 40:28Après,
- 40:28il y a l'histoire des ateliers.
- 40:29Puis après,
- 40:30il y a le salon de thé éphémère avec éventuellement un projet de lieu fixe,
- 40:36de l'adresse fixe.
- 40:37Et puis,
- 40:37il y a aussi cette volonté d'enrichir la collection de thé en allant toujours être présent,
- 40:45en travaillant en tout cas avec différents pays d'Afrique.
- 40:49Donc,
- 40:50tu viens de clôturer une campagne de...
- 40:53Crowdfunding via la plateforme Ulule.
- 40:56Je voulais que tu nous parles un petit peu de cette étape du développement de ta marque.
- 41:00Oui,
- 41:02c'était un challenge.
- 41:05C'était un challenge cette campagne,
- 41:08mais elle s'est bien clôturée,
- 41:10donc ça c'est bien.
- 41:11Et je rends grâce à Dieu pour cela,
- 41:13mais aussi ça m'a confortée dans l'idée que ce projet avait pleinement sa place.
- 41:21parce que
- 41:23En allant faire cette campagne,
- 41:25je me remettais un peu en déséquilibre en disant,
- 41:31bon,
- 41:32je vais aller voir qui me suit.
- 41:36Est-ce que cette marque est finalement soutenue ?
- 41:39Est-ce qu'elle a sa place,
- 41:42même si ça fait cinq ans qu'on existe ?
- 41:45Mais là,
- 41:46on remettait un peu le compteur à zéro et moi,
- 41:49je ressentais ce besoin,
- 41:51le besoin d'évoluer.
- 41:52Donc,
- 41:55c'était en septembre qu'on a célébré les cinq ans de la marque.
- 41:58Et je me suis dit,
- 41:59bon,
- 41:59cinq ans,
- 42:00il est temps de changer.
- 42:02Il est temps de passer à la vitesse supérieure.
- 42:05Je voulais vraiment apporter quelque chose de nouveau à la marque Kanté.
- 42:10Donc,
- 42:10en changeant de packaging,
- 42:12en créant une nouvelle gamme,
- 42:14notamment de thé en sachet qui n'existait pas chez Kanté et qui était beaucoup demandé.
- 42:19et
- 42:21qui est en tout cas jusqu'à aujourd'hui planté et autofinancé.
- 42:30Et donc je me suis dit,
- 42:31au lieu d'aller courir après de potentiels investisseurs et autres,
- 42:37je vais lancer une campagne et aller demander à la communauté et à tous ceux qui adhéreront à ce projet de me rejoindre pour ensemble passer à la vitesse supérieure.
- 42:52Et donc là aussi,
- 42:53c'était une façon de venir célébrer ces cinq ans qui sont passés.
- 42:59Et donc,
- 42:59j'ai eu l'idée de créer une collection qui s'appelle Queen of Africa.
- 43:04Parce que pour moi,
- 43:042025 a aussi été un peu une année de renaissance.
- 43:08Et il faut rendre grâce pour tout ce qu'on arrive à faire.
- 43:13Donc,
- 43:14Queen of Africa,
- 43:14je me suis dit la puissance féminine à travers cette création.
- 43:21et donc aller chercher des figures fortes féminines sur tout le continent africain,
- 43:27que ce soit au Maroc,
- 43:29donc l'Afrique du Nord,
- 43:31en Afrique de l'Est,
- 43:32l'Afrique centrale,
- 43:34l'Afrique de l'Ouest avec la Queen Yenenga,
- 43:37l'Afrique du Sud avec la Queen Mouyadi.
- 43:40Au-delà du thé,
- 43:41je voulais aussi raconter une histoire.
- 43:44Quand on demande souvent à des jeunes femmes africaines
- 43:48quelles sont vos figures féminines ou vos modèles.
- 43:53On a tendance à aller très rapidement aux États-Unis ou ailleurs,
- 43:57mais il y a eu des femmes puissantes en Afrique,
- 44:02et donc souvent oubliées.
- 44:04Et donc à travers cette collection,
- 44:05je voulais aussi faire un clin d'œil à ces figures féminines fortes,
- 44:10comme une invitation à celles qui recevront une boîte de Queen Mojaji,
- 44:14ou de Queen Yenenga,
- 44:16ou Queen Poku,
- 44:17à aller
- 44:18chercher derrière qui elle était,
- 44:21son parcours,
- 44:22qu'est-ce qu'elle a pu faire,
- 44:23ainsi de suite.
- 44:25Et donc du coup,
- 44:26on lance cette campagne pour aller chercher une enveloppe de 10 000 euros.
- 44:32pour créer la gamme de thé en sachets.
- 44:35Parce que je voulais lancer du thé en sachets,
- 44:38mais je ne voulais pas lancer n'importe quel sachet.
- 44:41Chez Quintet,
- 44:41j'ai toujours eu à cœur d'avoir une démarche environnementale et aussi sociétale.
- 44:47Donc nos premières boîtes étaient issues de papier recyclé,
- 44:51biodégradables,
- 44:52elles étaient rechargeables.
- 44:54Et là,
- 44:54je voulais aussi des sachets qui répondent un peu à ces normes.
- 44:59Donc j'ai opté pour des sachets biodégradables et compostables qui n'ont pas été faciles à trouver,
- 45:05à mettre en place.
- 45:06Et donc je me suis dit,
- 45:07ok,
- 45:08on va lancer cette campagne et profiter de l'occasion pour aussi changer nos packagings actuels.
- 45:16Passer à la vitesse supérieure,
- 45:17affirmer notre positionnement haut de gamme totalement et donc amener des boîtes métalliques avec la couleur un peu gold,
- 45:26un peu dorée.
- 45:28Le jaune canté qui évoque le soleil pour moi et qui évoque aussi l'or,
- 45:33la richesse africaine.
- 45:34Et donc,
- 45:35je me suis dit,
- 45:35tiens,
- 45:36on va changer.
- 45:37Mais pour ça,
- 45:37j'avais besoin qu'on me rejoigne et le faire ensemble.
- 45:42Donc,
- 45:43j'ai décidé de lancer la campagne pour partager cette vision.
- 45:49Et par la grâce de Dieu,
- 45:51ça a été accepté.
- 45:53Et donc,
- 45:53on a validé la campagne à
- 45:55100%. Maintenant,
- 45:56on est en production.
- 45:57pour cette nouvelle gamme.
- 45:59Félicitations pour la récite de ta campagne de crowdfunding.
- 46:04Et puis,
- 46:06ce que j'ai envie de te demander là,
- 46:07c'est,
- 46:08en fait,
- 46:08on sent qu'il y a une réflexion de fond sur,
- 46:12après cinq ans,
- 46:13des nouveaux objectifs que tu te fixes pour pouvoir faire évoluer la marque.
- 46:18Et du coup,
- 46:18est-ce que ces réflexions-là,
- 46:20tu les fais seules ou est-ce que tu travailles avec...
- 46:24Voilà,
- 46:25est-ce que...
- 46:25Tu as des personnes dans ton équipe avec lesquelles tu réfléchis à passer à une étape,
- 46:32on veut affirmer un positionnement haut de gamme.
- 46:35Le crowdfunding,
- 46:37c'est le bon levier à actionner à ce moment-là.
- 46:41Est-ce que c'est toi qui cherches les infos seul et qui mets en place,
- 46:46qui mets en œuvre ?
- 46:47Ou est-ce que tu as des conseils,
- 46:50des membres de ton équipe qui t'accompagnent ?
- 46:53et de l'extrême.
- 46:53travaillent avec toi sur les décisions stratégiques,
- 46:59en fait,
- 46:59et puis ensuite leur mise en œuvre.
- 47:01Alors,
- 47:01en général,
- 47:04c'est moi qui lance.
- 47:07Je viens,
- 47:08je déballe mes idées.
- 47:09Et puis,
- 47:11ensemble,
- 47:12on essaye d'affiner,
- 47:15de voir un peu comment on peut le faire.
- 47:17Donc oui,
- 47:18j'ai des conseils.
- 47:20Je m'entoure de personnes avec lesquelles j'essaie d'évoquer et de mettre un peu au clair mes idées.
- 47:28Et ça,
- 47:28ça m'a beaucoup aidée,
- 47:29notamment pour cette campagne,
- 47:31parce que moi,
- 47:32j'avais une idée qui était là,
- 47:34brute.
- 47:35Il a fallu l'affiner et le réaliser ensemble.
- 47:39Donc là,
- 47:39cette campagne,
- 47:40c'était vraiment un travail d'équipe,
- 47:42totalement.
- 47:43Toi,
- 47:43aujourd'hui,
- 47:43justement,
- 47:44au niveau de cette équipe,
- 47:45tu as quel type de profil ?
- 47:47Tu travailles avec combien de personnes ?
- 47:49Et comment est-ce que ça s'articule ?
- 47:50Est-ce que c'est plutôt des commerciaux ?
- 47:52Est-ce que c'est plutôt des gens au marketing ?
- 47:54Alors,
- 47:55marketing,
- 47:56beaucoup.
- 47:58Commerciaux,
- 47:59j'en ai eu.
- 48:00Et là,
- 48:00je vais en recruter prochainement.
- 48:04Mais plus dans la communication.
- 48:06La communication et puis,
- 48:07bon,
- 48:07une partie un peu finance pour aller ficeler tout ça.
- 48:13C'est beaucoup axé sur la communication en ce moment.
- 48:15On travaille beaucoup plus là-dessus,
- 48:17donc des personnes qui m'accompagnent sur la stratégie,
- 48:21mais aussi je me fais entourer de photographes,
- 48:24de vidéastes,
- 48:26qui viennent donner un peu vie à ces projets,
- 48:30à ces idées-là,
- 48:32parce que je suis assez...
- 48:33je sais ce que je veux,
- 48:36et j'essaie d'amener,
- 48:38en tout cas mon équipe,
- 48:40à me suivre dans ces idées-là.
- 48:43J'ai vraiment décidé de faire confiance à mes intuitions.
- 48:47C'est comme pour cette gamme-là.
- 48:49Je ressentais quelque chose,
- 48:51pour moi c'était vital.
- 48:52Il fallait le faire.
- 48:53Et donc on m'a dit non,
- 48:54non,
- 48:55non.
- 48:55J'ai dit non,
- 48:55il faut y aller,
- 48:56il faut y aller.
- 48:57Maintenant,
- 48:57comment ?
- 48:58C'est ce qu'on doit voir ensemble,
- 49:00mais je sais qu'il faut y aller.
- 49:02Et après,
- 49:03je suis ouverte au conseil,
- 49:05mais mon idée est là.
- 49:06On essaye de voir comment on peut l'améliorer,
- 49:09en tirer le meilleur.
- 49:10Mais il est hors de question d'arrêter.
- 49:13Il faut qu'on continue.
- 49:15Donc,
- 49:15du coup,
- 49:17une fois cette partie dite,
- 49:20maintenant,
- 49:20on essaye de trouver les bonnes solutions.
- 49:23Mais je n'ai plus envie de douter.
- 49:25Je doute beaucoup.
- 49:26Je me remets énormément en question.
- 49:29Mais j'essaye d'écouter cette petite voix.
- 49:31Ce n'est pas toujours,
- 49:32ça n'a pas toujours été le cas.
- 49:34Mais j'essaye vraiment de m'écouter et après d'aller l'affiner.
- 49:38Dans ce que tu dis,
- 49:39on sent que parfois,
- 49:42les idées que tu peux avoir,
- 49:44tu peux avoir des personnes de ton équipe ou des personnes à qui tu en parles qui n'adhèrent pas forcément parce que tu peux avoir peut-être une tendance à penser,
- 49:52l'expression en anglais,
- 49:54outside the box,
- 49:55c'est-à-dire ne pas faire comme les autres,
- 49:57faire des choses différentes.
- 49:58aller pousser vraiment au-delà des idées qu'on peut voir habituellement.
- 50:03Et donc,
- 50:04du coup,
- 50:04en face,
- 50:04tu peux avoir des gens qui sont un peu réticents,
- 50:06qui disent,
- 50:06bon,
- 50:06là,
- 50:07c'est peut-être que tu vas un peu trop loin.
- 50:09Et est-ce que c'est ça que tu vis ou est-ce que c'est autre chose ?
- 50:14Oui,
- 50:14parce que souvent,
- 50:15moi,
- 50:15j'ai tendance à vouloir aller tout de suite à l'essentiel.
- 50:20Et comme pour la campagne,
- 50:21par exemple,
- 50:22j'avais une idée en tête,
- 50:23c'était très clair.
- 50:25Mais pour moi,
- 50:25ça allait être un peu plus brut.
- 50:29Et donc,
- 50:29on m'a dit non,
- 50:30si on doit le faire,
- 50:31OK,
- 50:32il faut faire ci,
- 50:33ça,
- 50:33ci,
- 50:34ça.
- 50:35L'idée est bonne,
- 50:36mais la façon dont tu veux l'amener est un peu directe et ça manque de cadre.
- 50:40Donc,
- 50:40ça,
- 50:41souvent,
- 50:41il y a besoin de recadrer,
- 50:45de modifier un peu,
- 50:47en tout cas,
- 50:47la façon de faire.
- 50:48Et ça,
- 50:48je suis totalement ouverte à l'amélioration de mes idées.
- 50:52Une fois qu'on les fait,
- 50:54c'est ce qui m'importe moins.
- 50:56Le reste,
- 50:56je peux accepter qu'on le change,
- 50:59qu'on le modifie.
- 50:59On a les mêmes objectifs,
- 51:01c'est d'arriver à nos fins,
- 51:03de valider des choses.
- 51:04Donc,
- 51:06j'écoute et je suis la cadence.
- 51:10Très bien,
- 51:11donc voilà,
- 51:12tu as tes idées.
- 51:13Mais après,
- 51:13l'idée,
- 51:14c'est qu'effectivement,
- 51:15il faut travailler en bonne intelligence,
- 51:17comme tu le dis,
- 51:18pour atteindre le même objectif.
- 51:20Donc là,
- 51:21ce que tu évoquais,
- 51:21c'est que la campagne de crowdfunding a été un succès.
- 51:25Tu as pu récolter les fonds.
- 51:27Et là,
- 51:27j'imagine que tu es dans la période de préparation des commandes qui ont été passées par les différents contributeurs.
- 51:36Oui.
- 51:37Et l'objectif en termes de livraison,
- 51:40c'est pour les fêtes,
- 51:42c'est début 2026 ?
- 51:43Non,
- 51:44c'est pour les fêtes.
- 51:45Là,
- 51:45l'idée,
- 51:45c'est de livrer tout un chacun avant le 10 décembre.
- 51:49D'accord.
- 51:50Donc on est vraiment dans une logique,
- 51:51tu as travaillé la campagne pour qu'elle puisse être envisagée un petit peu comme cadeau de Noël et que vraiment les contributeurs puissent partager un moment festif à l'occasion des fêtes de fin d'année.
- 52:06Oui,
- 52:07l'idée c'était qu'ils reçoivent leur coffret ou boîte de thé avant les fins d'année,
- 52:14qu'ils aient aussi la possibilité d'offrir cette nouvelle collection en fin d'année.
- 52:18Et donc,
- 52:19on a mis en place plusieurs types de coffrets.
- 52:22L'idée pour moi,
- 52:23c'était de dire,
- 52:24anticipez vos cadeaux de fin d'année.
- 52:27Et là,
- 52:27vous serez les premiers aussi à recevoir ces produits,
- 52:30cette nouvelle collection,
- 52:32et de pouvoir l'offrir ou de vous l'offrir.
- 52:35Très bien.
- 52:36Toi,
- 52:36c'est malin,
- 52:36en tout cas en termes d'organisation,
- 52:38de se dire,
- 52:38on profite d'un moment où de toute façon,
- 52:41le consommateur,
- 52:42il peut potentiellement être intéressé.
- 52:45Toi,
- 52:45depuis le début du développement de la marque au niveau du thé,
- 52:49tu as identifié des périodes comme ça,
- 52:51charnières,
- 52:52qui sont des périodes pendant lesquelles les ventes de thé sont plus importantes que d'autres ?
- 52:57Ou est-ce que c'est plutôt régulier tout au long de l'année ?
- 53:00Non.
- 53:01Déjà,
- 53:02il y a la saisonnalité.
- 53:04Quand il fait froid,
- 53:05on consomme plus de thé.
- 53:07C'est-à-dire que même ceux qui ne sont pas grands consommateurs s'y mettent.
- 53:11Et donc l'été,
- 53:12c'est assez calme.
- 53:14Ça,
- 53:14je le vois.
- 53:15L'été,
- 53:15le thé chaud,
- 53:17les ventes baissent.
- 53:19L'hiver,
- 53:19ça reprend.
- 53:20Et les fins d'année,
- 53:22comme pour beaucoup d'activités,
- 53:24novembre,
- 53:24décembre,
- 53:25janvier,
- 53:26c'est la grande période.
- 53:28C'est où on double,
- 53:30on triple les ventes.
- 53:32Et puis,
- 53:33le long de l'année,
- 53:34ça se lisse un peu.
- 53:36Mais il y a une réelle saisonnalité dans la consommation et dans les ventes de thé,
- 53:42oui.
- 53:42Donc j'imagine que la campagne de crowdfunding a vraiment été pensée pour être à la période la plus stratégique pour la vente de thé.
- 53:51Oui,
- 53:52surtout avec un délai où on devait livrer pour décembre.
- 53:57C'était mieux de le faire ainsi.
- 53:58C'était aussi un challenge parce que septembre,
- 54:01c'est le mois où les gens ont sorti beaucoup d'argent,
- 54:05sont déjà rentrés de vacances,
- 54:07ont eu à payer les fournitures pour la rentrée.
- 54:10C'était un peu tendu.
- 54:12mais là aussi je n'avais pas d'autres options si j'écoutais,
- 54:17on l'aurait fait après mais j'ai dit non,
- 54:19non,
- 54:19non il faut y aller parce que si on veut livrer en décembre pour moi c'était que les gens aient ça comme des cadeaux de fin d'année attendre
- 54:32En novembre,
- 54:33pour le lancer,
- 54:35on ne pourra pas honorer notre engagement.
- 54:37Et donc,
- 54:38pour moi,
- 54:39ça ne servait pas à grand-chose.
- 54:41De dire,
- 54:41commandez,
- 54:42vous serez livrés en janvier,
- 54:43ce n'est pas bon.
- 54:44Et donc,
- 54:45on a pris le risque de lancer en septembre,
- 54:47fin septembre,
- 54:48pour clôturer fin octobre.
- 54:50Même si on sait que septembre,
- 54:54c'est un mois où il ne faut pas trop solliciter les gens parce qu'on a fait beaucoup de dépenses.
- 55:00mais
- 55:02C'était important pour nous de le lancer à ce moment-là.
- 55:05Donc,
- 55:05on a été.
- 55:07Très bien.
- 55:08Non,
- 55:08non,
- 55:08mais c'est clair que c'est tout l'enjeu et c'est bien d'insister.
- 55:14Avec une campagne de crowdfunding,
- 55:15il y a tout un enjeu de,
- 55:16pendant une période donnée,
- 55:17réussir à convaincre des contributeurs de participer,
- 55:22de faire des précommandes.
- 55:23Et puis,
- 55:24donc,
- 55:24il y a toute cette période-là de campagne.
- 55:26Et puis après,
- 55:27il y a la...
- 55:27Une période où il faut tenir ses promesses,
- 55:29c'est-à-dire livrer à temps.
- 55:31Et donc,
- 55:31c'est vraiment stratégique de choisir la date à laquelle on lance sa campagne,
- 55:36la date à laquelle la campagne se termine,
- 55:38et puis être sûr qu'une fois qu'elle est terminée,
- 55:41on va avoir suffisamment de temps pour livrer à la date promis au consommateur.
- 55:48Et surtout toi,
- 55:49quand tu sais qu'il y a une problématique de saisonnalité,
- 55:53c'est vraiment ambitieux.
- 55:55Toi,
- 55:55cette période-là,
- 55:56comment tu l'as vécue ?
- 55:56Est-ce que ça a été un stress,
- 55:59je ne vais pas dire permanent,
- 56:00mais en tout cas pour avoir accompagné des marques sur des projets de campagne de crowdfunding,
- 56:06je sais que c'est en général un gros challenge et c'est du stress jusqu'à ce que la campagne soit fin,
- 56:15avant que la campagne soit lancée et jusqu'à ce que la campagne soit terminée.
- 56:18Ah oui,
- 56:18beaucoup.
- 56:19C'était un yo-yo émotionnel,
- 56:21vraiment.
- 56:22C'est wow.
- 56:24C'était beaucoup de pression,
- 56:26beaucoup de stress,
- 56:29parce qu'encore une campagne pour une marque qui teste son marché,
- 56:37j'ai envie de dire ça va.
- 56:39Si ta marque n'est pas lancée,
- 56:40tu fais une campagne pour lancer une gamme,
- 56:45c'est stressant,
- 56:46mais je peux dire que c'est encore acceptable.
- 56:52Mais Kanté existe déjà depuis cinq ans.
- 56:54On est distribué aux Galeries Lafayette,
- 56:57on est au BHV et dans d'autres enseignes,
- 57:00dans des boutiques de musées.
- 57:01Ce n'est pas une nouvelle marque qui veut juste tester un produit.
- 57:06Donc valider cette campagne pour nous était importante.
- 57:09Il fallait la valider parce que ça renvoyait un message derrière.
- 57:14Et donc pour moi,
- 57:16c'était assez stressant quand je voyais des jours où ça se calmait.
- 57:21Wow !
- 57:22Ça jouait avec mes émotions.
- 57:24Tantôt,
- 57:24je suis contente parce qu'il y a eu de beaux paniers et le lendemain,
- 57:29ça se calme comme si personne ne voit ce qu'on fait.
- 57:35C'était un sport et ça m'a appris beaucoup de choses.
- 57:39Donc oui,
- 57:40derrière les posts,
- 57:42les vidéos où je souriais,
- 57:45oui,
- 57:45mais j'étais remplie de...
- 57:47ça bouillonnait autour de moi.
- 57:50Et un mois,
- 57:50donc,
- 57:51c'est un vrai sport.
- 57:53Ce n'est pas banal une campagne.
- 57:55Ça demande assez d'énergie et il faut tenir.
- 58:00En fait,
- 58:00ça se fait sur la durée.
- 58:01Il faut tenir parce qu'il y a des moments où on a envie de baisser les bras.
- 58:05Et c'est surtout pas...
- 58:08Il ne faut pas le faire.
- 58:09Il faut aller,
- 58:10il faut continuer.
- 58:11Même quand c'est dur,
- 58:12il faut continuer à avancer.
- 58:14Donc,
- 58:15finalement,
- 58:16avant la fin,
- 58:17on a pu le faire.
- 58:18Et on a été chercher encore plus loin.
- 58:21Ça,
- 58:21c'était bien.
- 58:22Encore bravo,
- 58:23parce que c'est vrai que c'est,
- 58:25comment dire,
- 58:27la campagne de crowdfunding,
- 58:29c'est un enjeu assez important.
- 58:31Et là,
- 58:32en fait,
- 58:32dans ta réponse,
- 58:33tu as répondu à une question que j'allais te poser,
- 58:34c'était justement,
- 58:36où est-ce qu'on peut trouver les Técanthés ?
- 58:38Donc,
- 58:39tu évoquais les Galeries Lafayette.
- 58:41Oui.
- 58:43Aujourd'hui,
- 58:44les thé Canté sont sur notre boutique en ligne,
- 58:46www.canté.paris.
- 58:49Mais on peut les retrouver au Galerie Lafayette Gourmet,
- 58:51que ce soit en physique ou sur leur site internet.
- 58:55On les a aussi au BHV dans le Marais,
- 59:00en ligne chez Nature et Découverte,
- 59:03ou sinon au Quai Branly et bientôt dans d'autres boutiques de musées.
- 59:08dans des épiceries fines et concept stores,
- 59:11que ce soit en Ile-de-France ou à Paris.
- 59:14On les cite d'ailleurs sur la page web.
- 59:18Nos points de distribution sont cités.
- 59:20Et là,
- 59:20je rentre de Dakar hier,
- 59:23où j'ai été faire pas mal de prospections pour aussi essayer de commencer à distribuer Kanté en Afrique.
- 59:29Ok,
- 59:30très bien,
- 59:30parce que l'idée c'est qu'aujourd'hui la marque n'est pas encore distribuée en Afrique,
- 59:33c'est ça ?
- 59:34Non,
- 59:36elle a été distribuée au Burkina pendant un moment,
- 59:41mais on n'a pas continué le partenariat.
- 59:44Et là maintenant,
- 59:45avec cette nouvelle gamme,
- 59:47je pense que c'est un produit qui répond totalement à la demande.
- 59:51Et j'ai opté pour le Sénégal comme premier pays pour introduire les thé cantés en Afrique.
- 59:59Très bien.
- 1:00:00Écoute,
- 1:00:00on a hâte de voir l'évolution de la marque avec une perspective sur l'Afrique pour en 2026,
- 1:00:10on peut imaginer.
- 1:00:11C'est ça,
- 1:00:11oui.
- 1:00:12Écoute,
- 1:00:12on arrive à la fin de cette interview.
- 1:00:14Moi,
- 1:00:14j'ai été ravie de pouvoir échanger avec toi et d'en savoir davantage sur ton parcours entrepreneurial.
- 1:00:21et sur la maison Kanté.
- 1:00:25Moi,
- 1:00:25je te dis,
- 1:00:26écoute,
- 1:00:27à très vite,
- 1:00:28en Afrique ou ailleurs.
- 1:00:30Eh oui,
- 1:00:30à très vite,
- 1:00:31oui.
- 1:00:33Merci à toi,
- 1:00:33j'ai été ravie de partager ce moment.
- 1:00:36Un plaisir partagé.
- 1:00:38Écoute,
- 1:00:39on se voit très bientôt pour un thé,
- 1:00:40j'ai envie de te dire.
- 1:00:41Avec grand plaisir.
- 1:00:43Un ataya.
- 1:00:44Exactement.
- 1:00:49Merci d'avoir écouté l'épisode jusqu'au bout.
- 1:00:51Je vous invite à pratiquer quelques petits gestes à impact fort pour m'aider à gagner de la visibilité sur ce podcast.
- 1:00:57Vous pouvez partager l'épisode à trois de vos amis.
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- 1:01:04Je vous invite également à cliquer sur les cinq étoiles pour donner de la force.
- 1:01:08Je vous dis à très vite en Afrique ou ailleurs.