Latest / Québécois et Canadien / Christine St-Pierre : La culture québécoise
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- 0:00Bonjour et bienvenue au podcast Québécois et
- 0:02Canadien, où on discute des enjeux de notre pays.
- 0:04Aujourd 'hui, on reçoit Christine St -Pierre,
- 0:06ex -ministre de la Culture et fellow à l 'Institut
- 0:08d 'étude internationale de Montréal. On va discuter
- 0:11de la culture au Québec en 2026. Bon épisode!
- 0:26Madame St -Pierre, merci d 'avoir accepté l 'invitation.
- 0:28C 'est un grand plaisir, très content d 'être
- 0:30ici. J 'aimerais commencer par une question qui
- 0:33peut paraître simple, mais en même temps, elle
- 0:34peut être compliquée. C 'est quoi la culture?
- 0:37C 'est vaste. Mais si on parle de la culture
- 0:40au Québec, je pense que c 'est une question d
- 0:43'identité. C 'est une question aussi de survie
- 0:45de la langue française parce que le Québec se
- 0:48démarque beaucoup, beaucoup avec son offre culturelle
- 0:51des créateurs. Ça démarque à l 'international.
- 0:55Et c 'est ce qui nous définit aussi en Amérique
- 0:57du Nord, tout ce qu 'on crée a la touche québécoise.
- 1:02Et ça, c 'est reconnu, c 'est vu. C 'est ce qui
- 1:07nous définit également, c 'est les pinnes dorsales,
- 1:10pour moi, du Québec francophone. Et c 'est ça
- 1:15aussi qui nous motive lorsqu 'on parle de culture,
- 1:18et la défense de la culture aussi. Si on parle
- 1:22spécifiquement, je me souviens jamais de ces
- 1:24cultures avec un grand C ou un petit C, mais
- 1:27la culture plus, disons, gouvernementale ou administrée
- 1:30par l 'État, ou en tout cas influencée par l
- 1:33'État, dans le cadre du ministère de la Culture,
- 1:37qu 'est -ce que ça couvre comme ça? Parce que
- 1:39je pense... Dernièrement, on va reconnaître Gilles
- 1:41Villeneuve comme figure historique. C 'est très
- 1:43vaste. C 'est le ministère de la Culture. Ça
- 1:45couvre quoi le ministère de la Culture justement?
- 1:46C 'est un ministère qui peut paraître un petit
- 1:49ministère, mais en fait c 'est un ministère qui
- 1:51est très vaste. Quand j 'étais ministre de la
- 1:53Culture, je voyais que j 'avais plein de petits
- 1:55tiroirs partout, puis il fallait que je découvre
- 1:57ce qu 'il y avait. C 'est sûr qu 'on voit beaucoup
- 1:59dans la culture les tapis rouges, les grands
- 2:02événements, les festivals, et ça c 'est très
- 2:05très important, c 'est majeur pour le Québec.
- 2:08Mais on parle aussi... beaucoup de patrimoine,
- 2:11préserver notre histoire, préserver ce qui...
- 2:15du parler de Gilles Vineuve, bien, faire en sorte
- 2:18que des grands Québécois puissent être reconnus
- 2:22dans l 'histoire et en faire des personnages
- 2:25historiques. Je pense que c 'est très, très important.
- 2:28Alors, le ministère de la Culture est vaste.
- 2:32Parlons de cinéma, parlons de télévision, parlons
- 2:35de théâtre, parlons de tout ce qui bouge dans
- 2:39la création artistique. C 'est ça, aussi, le
- 2:42ministère de la Culture. Puis, le ministère...
- 2:45culture en plus, et un ministère de tutelle.
- 2:48Et ça, c 'est... on parle du Grand Théâtre de
- 2:50Québec, de la Place des Arts, on parle du Conseil
- 2:53des arts et des lèvres du Québec, de la Sodex,
- 2:55Société de développement des entreprises culturelles.
- 2:57Ce sont des organisations qui ont été créées
- 3:00pour le milieu culturel, mais le ministère qui
- 3:04est les chapeaux, le ministère de tutelle, c
- 3:06'est le ministère de la Culture. Et quand on
- 3:08parle de culture spécifiquement québécoise, est
- 3:11-ce que c 'est nécessairement la culture... en
- 3:14français ou est -ce qu 'il y a un aspect anglophone
- 3:17là -dedans, si c 'est fait au Québec? Qu 'est
- 3:18-ce qui définit la culture québécoise aux yeux
- 3:21du ministère de la Culture? On l 'associe beaucoup
- 3:23plus à la culture, à la francophonie, aux Québécois
- 3:28de la langue française. Il y a des artistes québécois
- 3:31de langue anglaise qui se démarquent le Nord
- 3:34-Cohen, c 'est un pur Québécois, mais on dirait
- 3:37qu 'ils sont plus mélangés vers la culture nord
- 3:41-américaine, vers les artistes nord -américains.
- 3:43tandis qu 'ici, on le définit beaucoup par rapport
- 3:47à la culture, par rapport aux artistes francophones.
- 3:51C 'est une question aussi de survie de la langue
- 3:53française. Nous sommes 2 % en Amérique du Nord.
- 3:56Ça, il ne faut jamais l 'oublier. Et le fait
- 3:59que le ministère de la Culture soit si impliqué
- 4:02financièrement dans la culture au Québec, ça
- 4:06aussi, c 'est un objectif, c 'est -à -dire de
- 4:09la préservation de la culture québécoise, de
- 4:11la langue française. la création en français.
- 4:14Et ça, c 'est majeur. Ça ne veut pas dire qu
- 4:18'on n 'apprécie pas les créateurs anglophones,
- 4:21mais on dirait qu 'il y a effectivement une sorte
- 4:24de séparation. C 'est un peu malheureux. J 'ai
- 4:27déjà vu des événements où on disait qu 'on ne
- 4:29voulait pas de chanteurs ou de chanteuses anglophones
- 4:33qui étaient parfaitement québécois. Et ça, moi,
- 4:37je trouve que ça m 'attriste beaucoup. Puis il
- 4:39y a la question aussi des langues autochtones.
- 4:41il y a quelqu 'un qui est tout navique, qui fait
- 4:44de la musique par exemple dans sa langue. Oui,
- 4:46ça il y a une prise de conscience parce que vous
- 4:49mettez vraiment le doigt sur quelque chose, il
- 4:52y a une prise de conscience, c 'est comme si
- 4:54les autochtones on les associait plus aux secrétariats
- 4:57aux affaires autochtones et qu 'on ne se préservait,
- 5:00on ne se... ne préoccupaient pas beaucoup de
- 5:05leur culture. Et ça, c 'est important. On le
- 5:07voit par exemple au cinéma, lorsque des projets
- 5:10sont déposés, il faut qu 'il y ait comme... pas
- 5:15un préjugé favorable, mais qu 'il y ait une ouverture
- 5:18vers des créations qui sont issues des peuples
- 5:20autochtones. Il y a des belles choses qui se
- 5:22font. Il y a entre autres une organisation qui
- 5:25s 'appelle Wacky Pony Mobile. C 'est Manon Barbeau
- 5:30qui a décidé un jour d 'aller dans des communautés
- 5:34autochtones et de leur faire faire du cinéma,
- 5:37de petites vidéos dans leur langue. Et ça, ça
- 5:41a vraiment fait boule de neige et ça a été, c
- 5:43'est un succès. extraordinaire. Pensons aussi
- 5:46à Cachtin, qui a ouvert les yeux, je pense, des
- 5:51Québécois sur cette culture, leur culture à eux.
- 5:56Et ça, c 'est aussi important. On voit là qu
- 5:59'il y a plus d 'ouverture. Aussi Michel Jean
- 6:02avec son oeuvre, dont Koukoum, qui est encore
- 6:06présentement en Italie. Il fait toute une tournée
- 6:09là -bas. Il y a plusieurs livres, mais son livre,
- 6:12je pense, qui a frappé le plus fort, c 'est Koukoum.
- 6:16Et ça, vraiment, on est dans... pas l 'imaginaire,
- 6:20mais on est dans l 'histoire d 'un peuple, de
- 6:24gens qui n 'ont pas été toujours bien traités
- 6:27et peut -être plus mal traités qu 'autre chose.
- 6:29Et on découvre à travers la littérature leur
- 6:33histoire. Et c 'est ça qui est intéressant aussi,
- 6:35c 'est enseigner l 'histoire, c 'est une chose,
- 6:37mais il faut être passionné, puis il faut dire,
- 6:41bien, on va... l 'histoire, parfois ça peut être
- 6:44aride, mais si on enseigne l 'histoire à travers
- 6:47une œuvre littéraire, ou si on fait passer l
- 6:50'histoire à travers une œuvre littéraire, bien
- 6:52ça, je pense que ça frappe encore plus fort,
- 6:54puis ça ouvre encore plus grand les esprits.
- 6:58Oui, c 'est intéressant parce que c 'est sûr
- 6:59qu 'on a une perspective différente. Souvent,
- 7:01les oeuvres littéraires, pas souvent, les oeuvres
- 7:03littéraires sont écrites dans leur temps. Fait
- 7:05que là, on peut voir ce que c 'est les belles
- 7:07sœurs de Michel Tremblay. C 'était pas exactement
- 7:10le Québec d 'aujourd 'hui. Fait qu 'il y a une
- 7:12visée un peu différente là -bas, mais c 'est
- 7:13intéressant. Puis, le dossier autochtone, je
- 7:16veux pas dire le dossier autochtone, mais la
- 7:17culture autochtone, c 'est intéressant parce
- 7:19que moi, je suis pas quelqu 'un qui est particulièrement
- 7:21connaissant de dossiers là. Puis, on veut pas
- 7:24notre culture, on a tendance à dire québécoise,
- 7:26canadienne, française. Mais... plus qu 'on apprend
- 7:29sur l 'histoire du Canada, sur l 'histoire du
- 7:31Québec, plus qu 'on voit à quel point les destins
- 7:34des communautés autochtones et des Canadiens
- 7:36-Français se sont croisés, puis on a interagi.
- 7:39C 'est sûr qu 'il y a une certaine influence.
- 7:40Il y a une communauté métisse quand même importante
- 7:42aussi au Canada, surtout dans l 'Ouest canadien,
- 7:44la région de Montmentoba, l 'Ouriel, tout ça.
- 7:46Mais c 'est intéressant de voir, quand on prend
- 7:49conscience de ça un peu, ça peut être quoi l
- 7:51'impact sur notre vision de notre propre culture
- 7:53avec les questions autochtones. On se pense souvent
- 7:59sur ce que les francophones ont vécu après la
- 8:03conquête des Britanniques, mais avant les francophones
- 8:07puis avant les Britanniques, il y avait aussi
- 8:09des gens qui vivaient ici. Il y a eu des beaux
- 8:11gestes qui ont été posés, prenons, dans la région
- 8:14de Québec. On voit qu 'il y avait eu des... Je
- 8:19ne parle pas d 'efforts, mais une intégration.
- 8:21On se parlait, on se protégeait et il y a eu...
- 8:25des moments où ça a été plus difficile dans d
- 8:28'autres secteurs, d 'autres régions. Et les peuples
- 8:33autochtones prennent de plus en plus leur place
- 8:35et ça, c 'est une bonne chose pour qu 'il y ait
- 8:37un dialogue. On ne peut plus passer maintenant,
- 8:40penser à un développement économique sans penser
- 8:44à l 'environnement, mais aussi penser à l 'acceptation
- 8:48des peuples autochtones en faisant en sorte qu
- 8:52'ils participent à ces projets -là pour qu 'ils
- 8:54puissent en retirer des... bénéfices, mais aussi
- 8:56faire voir que pour les générations à venir,
- 9:00il y a un souci de préserver la culture, mais
- 9:04préserver aussi ce qui nous entoure, ce que la
- 9:07mère nature nous a donné. Moi, j 'aime beaucoup
- 9:11ce qui se fait présentement parce qu 'on ouvre
- 9:15la porte de plus en plus à un dialogue et c 'est
- 9:18ça qui est important. Pour la petite histoire,
- 9:21à la maison j 'ai un livre d 'histoire québécoise
- 9:23que je lis à mon plus vieux. le soir puis choisir
- 9:26des histoires là -dedans. Puis il y a des classiques,
- 9:28on parle de même Prémagoog, du monstre du lac,
- 9:32on parle du pont de Québec, la chasse -galerie,
- 9:34tout ça. Systématiquement, dans les histoires
- 9:36québécoises, il y a toujours le diable d 'impliquer
- 9:38d 'une façon ou d 'une autre. Le pont de Québec,
- 9:40c 'est le diable qui est venu l 'aider, c 'est
- 9:42l 'église de... je me souviens plus trop qu 'à
- 9:44l 'autre ville. Trois Pistoles, je pense, c 'est
- 9:45le diable qui était là aussi. Fait que le diable,
- 9:46il est systématiquement partout. Mais il y a
- 9:48eu une histoire dans... Moi, plus loin encore,
- 9:52lorsque j 'étais jeune, les livres d 'histoire,
- 9:54c 'était... Écoute, c 'était terrible ce qu 'on
- 9:57nous enseignait. On nous enseignait que les Iroquois
- 9:59étaient des méchants, très très très très méchants,
- 10:02puis que les Hurons étaient des bons, puis...
- 10:04C 'est vrai, mais il y avait ce côté, celui qui
- 10:06était associé aux Anglais, c 'était des méchants
- 10:08odactonnes, c 'est un peu particulier. Puis pour
- 10:11parler, pour revenir un peu sur le contexte nord
- 10:13-américain, ou même mondialisé de la culture,
- 10:17je pense qu 'il y a des oeuvres, puis j 'en parlais
- 10:19tantôt, Michel Tremblay, personne qui va douter
- 10:20que c 'est une oeuvre québécoise. Mais aujourd
- 10:24'hui dans le monde, par exemple, de la musique
- 10:25ou du film, il y a souvent des projets conjoints.
- 10:29J 'ai été voir un film au cinéma avec mon plus
- 10:32vieux justement il y a quelques mois. Et c 'est
- 10:34un film d 'un fantôme, peu importe, pas particulièrement
- 10:37bon, un film pour enfants. Et c 'est un film
- 10:39qui avait été financé par le Québec et l 'Allemagne.
- 10:42Oui, il y a des partenariats, effectivement.
- 10:44Il y a des partenariats comme ça, alors... Qu
- 10:45'est -ce qui est un produit québécois? Si une
- 10:47participation québécoise, une participation américaine,
- 10:50une participation européenne, est -ce que ça
- 10:52demeure de la culture québécoise ou ça demeure
- 10:55de la culture mondiale? Comment est -ce qu 'on
- 10:56fait pour définir qu 'est -ce qui est un... Un
- 10:58pur produit québécois. C 'est une bonne question,
- 11:01mais la question des partenariats, c 'est intéressant
- 11:03parce que, uniquement sur le plan financier,
- 11:07on recherche évidemment l 'argent partout. Et
- 11:10si vous êtes en mode partenariat, bien, vous
- 11:12allez pouvoir mettre ensemble des billes puis
- 11:15pouvoir faire une oeuvre. Moi, je trouve que
- 11:18peut -être qu 'on ne devrait pas dire ça c 'est
- 11:20purement québécois ou ça c 'est québécois -allemand.
- 11:24Je pense qu 'il faut aussi voir... comment on
- 11:28s 'imbrique dans une oeuvre, puis qu 'est -ce
- 11:30qu 'on présente. Et les valeurs aussi, on partage
- 11:35des valeurs aussi qui sont des valeurs universelles,
- 11:38qui sont les mêmes, pas juste au Québec où on
- 11:41parle de liberté d 'expression, d 'égalité entre
- 11:44les hommes et les femmes, ça se voit ailleurs.
- 11:47Alors, on partage aussi avec d 'autres pays des
- 11:51valeurs qui sont communes. Et ça, je pense que
- 11:53c 'est aussi très important. Puis moi, je trouve
- 11:55ça... bien intéressant lorsqu 'il est quand j
- 11:58'étais ministre de la culture je me suis rendue
- 12:00deux fois à Cannes au festival c 'est pas juste
- 12:02il y a le grand tapis rouge avec les belles robes
- 12:04mais il y a aussi c 'est comme c 'est un peu
- 12:06le Davos du cinéma et là vous faites des rencontres
- 12:11avec des pays qui sont intéressés à venir faire
- 12:14des choses ici et nous faire des choses là bas
- 12:17alors ça c 'est intéressant puis il faut qu 'il
- 12:18y en ait plus aussi. C 'est assez impressionnant
- 12:21aussi quand on reste au cinéma disons à un film
- 12:23on regarde le générique à la fin il y a le petit
- 12:27logo du Québec parce qu 'il y a une partie du
- 12:29film qui a été fait de chez nous, subvention.
- 12:32On ne pense pas, mais par exemple, les effets
- 12:33spéciaux au Montréal, je pense qu 'il y en a
- 12:35encore, mais il y a une plaque tournante des
- 12:37effets spéciaux. Ça fait que ça fait des blockbusters
- 12:39américains, qui les effets spéciaux étaient animés
- 12:41ici. Il y a vraiment une particularité à la culture
- 12:47d 'aujourd 'hui où c 'est plus juste une personne
- 12:49avec une caméra qui sort puis qui fait son film.
- 12:51Il y a vraiment un aspect mondial. C 'est Denis
- 12:55Villeneuve avec Dune. C 'est un réalisateur québécois.
- 12:58C 'est la vision de quelqu 'un qui est dans le
- 13:00Québec. Mais avec des auteurs américains ou britanniques,
- 13:04avec des gros budgets, avec des effets spéciaux
- 13:05qui ont peut -être été animés à X ou Y. Oui,
- 13:07c 'est ça qui est beau aussi, c 'est de voir
- 13:08les créateurs québécois rayonner à l 'international.
- 13:12On a en tête évidemment les Yannick Nézet -Séguin,
- 13:15on a en tête le Cirque du Soleil. Vous parlez
- 13:18de Denis Villeneuve. Il y a des artistes qui
- 13:22font la fierté du Québec. Ils amènent leur...
- 13:26Je pense que dans leurs oeuvres, ils amènent
- 13:29leur couleur, ils amènent... qu 'ils offrent
- 13:31beaucoup. Et ça, c 'est apprécié parce que sinon,
- 13:35bien, ils se fonderaient dans la masse, puis
- 13:37pas personne qui les remarquerait. Puis on parlait
- 13:40des grands personnages québécois, je pense que,
- 13:42tu sais, d 'honorer les Québécois qui réussissent
- 13:44à l 'étranger aussi, c 'est du rayonnement. Tu
- 13:46sais, on peut dire ce qu 'on veut, mais Céline
- 13:48Dion, c 'est une petite fille d 'ici qui a rendu
- 13:50une méga star internationale. Moi, je me rappelle
- 13:52encore, j 'étais en Thaïlande, je pense, en 2011.
- 13:55J 'étais dans un petit restaurant pour déjeuner,
- 13:57puis dans une ville, une petite ville. Puis la
- 14:00musique qui jouait à la radio locale, ou peu
- 14:03importe, dans le restaurant, c 'était My Heart
- 14:04Will Go On de Céline Dion. C 'est assez particulier
- 14:07de voir. à quel point il y a des actes. des artistes
- 14:10québécois qui sont dans la vie de tous les jours
- 14:13des gens travaillant. À un moment donné, j 'étais
- 14:14à Tahiti, j 'étais à Bora Bora, puis j 'avais
- 14:18entendu une chanson à la radio, c 'est drôle,
- 14:20parce que vous me faites penser à ça. C 'est
- 14:22Jean -Pierre Ferland qui chantait « Fais du feu
- 14:23dans le cheminée! » Et là, c 'est là, dans le
- 14:27taxi, puis t 'écoutes ça, t 'es dis « Waouh!
- 14:29C 'est quelque chose! » Oui, je l 'appréciera.
- 14:31J 'aimerais ça qu 'on parle un peu aussi du journalisme
- 14:34et du documentaire, disons, dans le monde de
- 14:36la culture. Vous avez été vous -même journaliste
- 14:38pendant plusieurs années. Quel rôle le journalisme
- 14:43joue dans la culture québécoise? Est -ce qu 'il
- 14:45y en a un où c 'est vraiment juste un rôle d
- 14:47'information? Oh, je pense que le rôle des journalistes...
- 14:53Bien sûr, le journalisme, bon, c 'est de faire
- 14:55du journalisme, d 'aller chercher des histoires.
- 14:58Le journalisme politique fait du journalisme
- 15:00en environnement, de finance. Est -ce que ça
- 15:03joue un rôle dans la culture? En fait, le journalisme
- 15:06vient jouer le rôle dans le sens que, encore
- 15:09là, c 'est la langue française et on parle de
- 15:11la réalité... Je parle des journalistes francophones,
- 15:14on parle de la réalité des francophones. Et c
- 15:19'est comme ça qu 'ils contribuent à la culture
- 15:22au sens large. Mais les journalistes culturels,
- 15:25il y en a beaucoup. Il y en a de très, très bons.
- 15:27Il y a des journalistes qui s 'intéressent aussi,
- 15:29je pense, à Jean -François Nadeau du Devoir,
- 15:32qui s 'intéressent beaucoup, beaucoup, beaucoup
- 15:34aux questions patrimoniales, aux questions d
- 15:35'histoire. Et ça, c 'est important. Donc, ils
- 15:38contribuent, ces journalistes -là, à la culture
- 15:41québécoise. Ce ne sont pas des créateurs, mais
- 15:43ils viennent s 'ajouter à ce que les... les gens
- 15:48peuvent, à ce qu 'ils peuvent offrir aux gens
- 15:52qui vont les écouter, puis ça aussi, ça aussi
- 15:54c 'est vraiment important. L 'information en
- 15:59français. L 'information. Tu parlais du documentaire.
- 16:02Le documentaire, ça, c 'est très intéressant
- 16:05et c 'est important. Moi, j 'aime beaucoup le
- 16:08documentaire parce que ça vient aussi faire de
- 16:12la sociologie. Alors, dans un documentaire, on
- 16:15peut retracer une histoire, aller voir comment
- 16:18cette histoire -là est née, voir ses racines,
- 16:20comment elle s 'est développée. Ça peut porter
- 16:25sur des questions... de questions policières,
- 16:28questions... Ça peut porter sur... Tous les sujets,
- 16:31ça peut porter sur l 'agriculture. Il y a le
- 16:34théâtre documentaire aussi qui commence au Québec
- 16:38à se développer. Et ça, c 'est fort intéressant
- 16:41aussi. J 'ai vu une pièce qui s 'appelle Rondeley.
- 16:45C 'est une pièce de théâtre documentaire qui
- 16:48parle de la gestion de l 'offre. Tu peux dire
- 16:51que c 'est peut -être un sujet qui est très,
- 16:52très, très aride, la gestion de l 'offre dans
- 16:55le domaine du lait. Mais c 'est fort intéressant
- 16:59parce qu 'on fait des... vieux le théâtre, une
- 17:02réalité, un enjeu, un enjeu de société important.
- 17:06Donc, le documentaire, il vient expliquer, approfondir
- 17:10des choses. Moi, j 'aimerais beaucoup voir encore
- 17:13plus le documentaire. J 'aimerais voir des documentaires
- 17:15qui touchent l 'histoire. Ça, il n 'y a pas beaucoup
- 17:19d 'intérêt pour des documentaires historiques
- 17:21et ça, ça maîtrise beaucoup parce que les jeunes
- 17:25Québécois, est -ce qu 'ils comprennent, est -ce
- 17:27qu 'ils saisissent, est -ce qu 'on la... leur
- 17:29enseignent suffisamment d 'histoires. Moi, j
- 17:32'ai l 'impression que c 'est pas suffisant encore.
- 17:36Surtout lorsqu 'on est dans une société qui accueille
- 17:38beaucoup d 'immigrants, des gens qui viennent
- 17:40ici pour bâtir le Québec, mais il faut aussi
- 17:43leur expliquer ce qu 'a été le Québec. Et le
- 17:47documentaire pourrait aider parce que ça devient
- 17:50aussi plus ludique. On explique quelque chose
- 17:54en captant l 'intérêt, l 'imagination. des gens,
- 17:59puis moi, je pense que le documentaire est très,
- 18:02très important. D 'ailleurs, à la SODEC, Société
- 18:05de développement des entreprises culturelles,
- 18:07il y a un volet documentaire à chaque année qui
- 18:09est financé pour agrandir l 'offre de documentaires
- 18:16au Québec. Parce que c 'est sûr, puis c 'est
- 18:18un bon point que je pense que vous apportez,
- 18:20du fait que l 'histoire, par exemple, il faut
- 18:23décider ce qui est dans le cursus. On a un nombre
- 18:24limité à l 'école. Moi, personnellement, depuis
- 18:26que j 'ai commencé le podcast, Je me suis intéressé
- 18:30à un paquet d 'autres sujets en lien avec l 'histoire
- 18:32du Canada, surtout dans l 'Ouest puis dans les
- 18:36provinces anglophones, peut -être qu 'on voit
- 18:37moins dans les cultures québécoises. Puis l 'interaction
- 18:40entre le Québec et les autres provinces, qui
- 18:42est moins aussi visée dans le cursus scolaire
- 18:46québécois. Et c 'est toutes des choses qui sont
- 18:49intéressantes. Puis de dire, OK, bien maintenant
- 18:51que je ne suis plus à l 'école, je n 'ai plus
- 18:52besoin d 'apprendre sur mon histoire ou de continuer
- 18:54à développer les expertises, c 'est un peu dommage.
- 18:57s 'il y a d 'autres forums comme ça qui permettent
- 18:59d 'éduquer les gens. Il faut apprendre tout le
- 19:03temps davantage. L 'offre aussi est tellement
- 19:05immense. On peut aller sur n 'importe quel site,
- 19:08des sites américains, des sites ailleurs dans
- 19:10le monde. Tous les médias sociaux viennent vraiment
- 19:14en compétition. Mais insister pour qu 'on...
- 19:20une offre d 'avantage de sujets qui touchent
- 19:24l 'histoire du Québec, moi je pense que ça serait
- 19:28important. Je te donne un exemple. Quand j 'ai
- 19:32quitté la politique, j 'ai voulu faire un documentaire
- 19:36sur ce qui s 'est passé avant la prise de Québec
- 19:38en 1759 dans le Bas -Saint -Laurent. Parce que
- 19:42lorsque les Britanniques sont arrivés avant d
- 19:44'attaquer Québec et de prendre Québec, ils ont
- 19:48ravagé tout le Bas -Saint -Laurent. qui était
- 19:50le grenier du Québec à cette époque -là, parce
- 19:52que les agriculteurs étaient là. Sur leur passage,
- 19:57ils ont brûlé toutes les maisons. Il en restait
- 20:02quelques -unes. Ils ne brûlaient pas les églises,
- 20:04les maisons, les granges, détruisaient les récoltes.
- 20:07Et ça, c 'est quelque chose qui est absolument
- 20:09pas connu de Québec. Moi, je le sais parce que
- 20:13je viens de cette région -là, la région du Camorasca,
- 20:15et c 'était une histoire qui était... transmises
- 20:19oralement. Ma grand -mère nous en parlait, mon
- 20:22père nous en parlait, mais c 'est une histoire
- 20:24qui n 'était pas documentée. Et elle a été documentée
- 20:27par un excellent historien qui s 'appelle Gaston
- 20:30Deschênes et qui a fait un livre sur cette question
- 20:35-là. Il est allé fouiller dans plein d 'archives,
- 20:38il est allé en Angleterre, il est allé voir les
- 20:42journaux de bord des commandants. qui ont procédé
- 20:47à séravage, mais c 'est pas connu. Alors moi,
- 20:51je me disais, tiens, je vais offrir quelque chose.
- 20:54Alors, j 'ai pas eu d 'intérêt beaucoup. J 'ai
- 20:57pas eu d 'intérêt. Oui, c 'est sûr. Puis, parlons
- 20:59-en brièvement, le financement des produits culturels.
- 21:03Le gouvernement du Québec donne un certain montant
- 21:05d 'argent annuellement, le gouvernement du Canada
- 21:07aussi, à faire ça. Comment est -ce qu 'on fait
- 21:09pour choisir? quels projets doivent être... Oui,
- 21:13c 'est important. C 'est pas le ministre, là,
- 21:15sur le coin de son bureau, qui regarde, ah, ce
- 21:17projet -là est bon, ce projet -là est pas bon.
- 21:19On appelle ça des comités de pair. Alors, ils
- 21:21ont... Ils forment des comités. La SEDEC, par
- 21:26exemple, va former un comité de pair qui vont
- 21:29analyser les projets, vont donner des notes,
- 21:32là, aux projets, et c 'est comme ça que c 'est
- 21:35choisi. C 'est pas choisi par n 'importe qui,
- 21:37c 'est choisi par des gens qui connaissent bien...
- 21:39le milieu, bien sûr, mais qui connaissent aussi
- 21:42le médium qui est le cinéma. Et c 'est une façon,
- 21:50je pense, qui est très bien. Pourquoi le Québec
- 21:52investit tant? Parce que le Québec y croit énormément.
- 21:55Le ministère de la Culture a été fondé lors de
- 22:00la Révolution tranquille dans un gouvernement
- 22:03de Jean Laissage. Georges -Émile Lapalme avait
- 22:06le ministère de la Culture. qui s 'appelait Ministère
- 22:09des Affaires Culturelles et c 'était l 'article
- 22:121. du programme du Parti libéral de Jean Lesage.
- 22:15La création d 'un ministère des affaires culturelles,
- 22:18c 'est assez magique de voir que ça s 'est produit
- 22:22de cette manière -là. Et c 'est comme ça qu 'on
- 22:24a développé l 'offre culturelle parce que, je
- 22:28l 'ai dit au début et j 'y reviens, c 'était
- 22:29une question de solidifier la langue française,
- 22:35de préserver, promouvoir, faire la promotion
- 22:38de la langue française. On verra pas dans d 'autres
- 22:41pays. comme les États -Unis, le gouvernement
- 22:43ne finance pas la culture. C 'est financé par
- 22:46des mécènes. Les autres provinces au Canada n
- 22:49'ont pas de ministère de la culture. Le Québec
- 22:51a un ministère de la culture. À Ottawa, c 'est
- 22:54longtemps appelé le ministère du patrimoine.
- 22:58Puis c 'est qu 'au Québec, on a un véritable
- 23:02ministère de la culture. Dans d 'autres provinces,
- 23:04on associe ça au tourisme. C 'est vraiment très,
- 23:10très, très important. Et quel genre de critères
- 23:14on regarde pour financer un projet plutôt que...
- 23:17Je comprends que c 'est des parents qui l 'évaluent,
- 23:19mais je ne sais pas la rentabilité parce que
- 23:21la rentabilité... Non, il n 'y en a pas. C 'est
- 23:22ça, exact. Qu 'est -ce qui fait en sorte que
- 23:25le film X sur la communauté au Bas -Saint -Laurent
- 23:29ou l 'autre film sur l 'histoire minière en Abitibi...
- 23:34Qu 'est -ce que les créateurs priorisent normalement?
- 23:38En fait, la personne ou celui ou celle qui veut
- 23:43aller déposer un projet, il doit le déposer via
- 23:47un producteur. C 'est la maison de production
- 23:51qui va aller déposer le projet. Et comme ça,
- 23:55il y a comme un premier filtrage, c 'est -à -dire
- 23:59chercher un producteur de maison de production
- 24:01qui va déposer le projet. Pour connaître le menu
- 24:04détail de comment c 'est choisi, je ne pourrais
- 24:06pas te le dire parce que je n 'ai jamais participé
- 24:08au choix, mais je sais que c 'est fait de façon
- 24:12très, très sérieuse. Et est -ce qu 'on donne
- 24:15aussi, je dirais, un pointage supérieure si on
- 24:20parle de diversité, si on parle de... on parlait
- 24:25des Autochtones tout à l 'heure. Alors comment
- 24:28ils règlent ça? Je n 'ai pas la réponse à cette
- 24:32question -là. C 'est une question importante,
- 24:33mais je n 'ai pas la réponse. Non, c 'est choisir
- 24:40les productions qui sont déposées, sont déposées
- 24:45à la Société de développement des entreprises
- 24:47culturelles uniquement et là par des producteurs.
- 24:50Et les producteurs vont aller faire leur vente.
- 24:55Et il y a des producteurs qui sont excellents,
- 24:59qui ont d 'excellentes réputations. Je pense
- 25:01à Denise Robert, qui est une productrice exceptionnelle.
- 25:05Elle a fait de grands, grands succès. Alors évidemment,
- 25:08il y a fort probablement aussi la réputation
- 25:11du producteur. Est -ce que ce producteur -là
- 25:13a eu dans le passé des pépins? Est -ce qu 'il
- 25:16a su mener ses productions à bien? Jusqu 'au
- 25:20bout, est -ce qu 'il a respecté ses budgets?
- 25:22Est -ce que ses productions ont connu du succès?
- 25:25Il y a certainement des choses comme ça qui rentrent
- 25:27en ligne de compte. Mais il faut aussi laisser
- 25:29la place à des talents émergents, des gens qui
- 25:33n 'ont peut -être jamais fait des tapis rouges,
- 25:37mais qui ont peut -être une proposition qui puisse
- 25:41être intéressante. Puis vous avez fait partie
- 25:43de deux gouvernements. Il y a des enjeux budgétaires
- 25:47dans tous les gouvernements, toujours des contraintes
- 25:49à ce niveau -là. Est -ce que, considérant notre
- 25:52situation économique au Québec... Est -ce qu
- 25:54'on finance assez la culture ou est -ce qu 'on
- 25:56devrait en faire plus? Tout le monde va dire
- 25:58qu 'il faut en faire plus, bien sûr, mais les
- 26:01budgets ont vraiment augmenté au cours des dernières
- 26:05années, puis c 'est une bonne chose parce que
- 26:07l 'offre culturelle est très large, est très
- 26:09bonne, puis il y a beaucoup, beaucoup de besoins.
- 26:12Il faudrait en faire plus, bien sûr, mais lorsqu
- 26:16'on est au sein d 'un gouvernement, il y a d
- 26:18'autres aussi portefeuille qui viennent, qui
- 26:22disent, qui lèvent la main et disent moi, moi,
- 26:23moi. Alors, vous savez, la santé, l 'éducation,
- 26:27ça vient chercher 75 % du budget de la province.
- 26:30Alors, imaginez ce qui reste pour les autres
- 26:31ministères et il y en a plusieurs autres ministères.
- 26:34On peut penser à la justice, il y a des ministères
- 26:39ressources naturelles. Il y a plein d 'autres
- 26:42ministères et les plus gros ministères, c 'est
- 26:45santé, éducation. Santé, d 'ailleurs, éducation,
- 26:49je fais une parenthèse, fait aussi pour la culture
- 26:52parce qu 'il y a le... culture à l 'école, les
- 26:55achats de livres aussi. Présentement, il y a
- 26:57des inquiétudes parce qu 'on dit qu 'il y a peut
- 26:59-être certaines, ça s 'appelle plus des commissions
- 27:02scolaires, mais centres de services scolaires
- 27:05qui vont peut -être décider d 'envoyer le budget,
- 27:11un peu moins de budget à l 'achat de livres,
- 27:13puis un peu plus de budget au ballon. Il y a
- 27:17des choses comme ça et il y a des inquiétudes
- 27:20à l 'effet que le nombre de volumes de livres
- 27:23qui seraient achetés pour l 'année seraient moindres.
- 27:27Alors ça, ça serait triste si c 'est le cas.
- 27:29Mais oui, il faudrait plus d 'argent en culture.
- 27:33Il y en a beaucoup, mais on aura toujours, toujours
- 27:37des gens qui vont lever la main pour dire que...
- 27:41Et les artistes, on s 'imagine que ce sont des
- 27:44gens qui gagnent des gros salaires, des gros
- 27:46revenus. Les artistes sont des gens, dans la
- 27:49plupart des cas, qui sont des gens qui vivent
- 27:52vraiment maigrement là, en arts visuels par exemple,
- 27:56en danse, des artistes qui vont faire des carrières.
- 28:01extraordinaires en danse. Ils n 'ont pas les
- 28:03salaires de joueurs de hockey, là. Ce sont de
- 28:08petits, petits salaires. Alors, ils ont le feu,
- 28:13ils le veulent. Mais oui, je plaiderais pour
- 28:16un budget encore, des budgets encore plus importants.
- 28:20Mais lorsque le ministre des Finances fait son
- 28:22budget, bien, il essaie d 'en donner un peu plus
- 28:25à la culture, mais il voit les autres aussi qui
- 28:27ont des demandes importantes. parce que j 'ai
- 28:30regardé, il y a quelques mois, le budget du Québec,
- 28:33je l 'ai décortiqué un peu par intérêt personnel,
- 28:35puis là, je me disais, bon, santé, éducation,
- 28:38OK, qu 'est -ce qui reste? Puis tu regardes la
- 28:39part qui est donnée à la culture, je ne veux
- 28:40pas donner de chiffre, mais je pense que ce n
- 28:44'est même pas comparable par rapport à, tu sais,
- 28:45on entend, ils ont coupé 10 millions, tous les
- 28:47artistes sortent dans les rues, on a 10 millions,
- 28:49tu sais, sur un budget de 150 milliards. Mais
- 28:52c 'est parce qu 'à la part de la culture dans
- 28:54le budget global, même si on coupait tout le
- 28:57budget de culture demain matin, ça ne ferait
- 28:59pas une différence majeure sur le déficit parce
- 29:03que justement, les portefeuilles comme la santé
- 29:06et l 'éducation prennent tellement de grosses
- 29:07tartes. C 'est peu d 'argent qui font quand même
- 29:11une grosse différence sur la réalité. On a bâti
- 29:15beaucoup depuis la révolution Tranquille, quand
- 29:17on regarde tout ce qui a été créé, tout ce qui
- 29:20a été fait. Je dois dire que moi, quand j 'ai
- 29:24fait des missions à l 'international, on me demandait
- 29:27souvent qu 'est -ce que vous mettez dans votre
- 29:29haut au Québec pour avoir autant de talent. Le
- 29:32talent est extraordinaire au Québec et l 'accompagnement
- 29:37du gouvernement est vraiment, vraiment fondamental.
- 29:40Le Québec s 'implique aussi à l 'international,
- 29:42à l 'UNESCO, parce que sous Jean Charest, on
- 29:44a obtenu une représentation à l 'UNESCO et ça,
- 29:48là aussi, on vient parler de la... spécificité
- 29:51du Québec. Le ministre Lacombe a réussi à faire
- 29:55passer l 'idée de la découvrabilité des contenus.
- 29:59Puis il y a toute la question, justement, de
- 30:01la découvrabilité des contenus francophones.
- 30:05Il faut qu 'il y ait des gestes qui se posent
- 30:07pour capter le téléspectateur, l 'auditeur, celui
- 30:13ou celle qui est devant son ordinateur et qui
- 30:15consomme. Puis il y a des espèces de... Je dirais,
- 30:22succès... Je pense à Angine de Poitrine. C 'est
- 30:26absolument phénoménal. Ils parlent dans leur
- 30:29langue d 'extraterrestre. C 'est la culture québécoise.
- 30:33Ce sont des Québécois qui viennent du Saguenay.
- 30:38Je ne sais pas quel âge ils ont, mais c 'est
- 30:42assez spectaculaire ce qu 'ils réussissent. Quand
- 30:46on parle d 'eux, on regarde sur certains trucs
- 30:51YouTube. Les YouTubeurs ont de la difficulté
- 30:54à dire Angine de Poitrine. Mais bon, on peut
- 31:00dire que c 'est québécois. C 'est particulier
- 31:03parce que ça a vraiment un rapport avec l 'épisode,
- 31:06mais Angine de Poitrine, j 'imagine juste la
- 31:08personne qui est dans l 'épicerie, qui est en
- 31:09train de faire son épicerie, puis là la personne
- 31:11à côté de lui est dans le groupe Angine de Poitrine.
- 31:13C 'est une histoire internationale. Il y a personne
- 31:15qui sait c 'est qui. Il est dans la caisse en
- 31:18avant de lui. Tu es à la fois une des personnes
- 31:20les plus connues au monde, mais... Personne ne
- 31:22te connaît. En même temps, ce qui est beau de
- 31:25voir, c 'est qu 'ils ont, maintenant, le succès
- 31:27est phénoménal, mais ils ont quand même gardé
- 31:30les engagements dans de plus petites salles.
- 31:36au moment, les engagements qui ont été prouvé
- 31:37au moment, ils n 'étaient pas connus comme le
- 31:39sont maintenant, puis ils maintiennent les engagements,
- 31:41je trouve ça très très beau de leur part. Parce
- 31:43qu 'ils pourraient dire maintenant, maintenant
- 31:45on est rendu, on s 'en va dans les pays du monde,
- 31:48dans les grandes villes du monde, on va laisser
- 31:50faire la petite ville, mais non, ils respectent
- 31:53leurs engagements, je trouve ça, avec les mêmes
- 31:55cachets, ça aussi c 'est très très beau. J 'aimerais
- 31:58qu 'on parle un peu du contenu en ligne, parce
- 32:00que vous en avez brillamment parlé. Est -ce qu
- 32:04'Olivier Primo qui mangeait une poutine, c 'est
- 32:05de la culture? Bien, moi je l 'aime beaucoup,
- 32:09c 'est parce que je trouve que c 'est un très,
- 32:10très beau personnage. Moi, ce que je trouve,
- 32:16ce qui est important, c 'est de réussir à aller
- 32:19chercher des gens qui ne s 'intéresseraient probablement
- 32:24pas au sujet. Et ça peut être un sujet qui va
- 32:28passer complètement inaperçu. Et si cette personne
- 32:31-là qui a une audience importante, amène le sujet,
- 32:35bien, il vient de le faire passer ailleurs, dans
- 32:38un autre groupe, dans un autre... Et moi, je
- 32:40trouve ça fort intéressant. C 'est sûr que j
- 32:42'aime pas la vulgarité, puis j 'aimerais pas
- 32:44non plus les propos haineux, puis les propos
- 32:46racistes, puis ça, on veut pas ça, là. On va
- 32:50bannir ça. Mais des gens qui réussissent à capter
- 32:53un auditoire avec des sujets qui autrement ne
- 32:56seraient pas développés, moi, je trouve ça formidable.
- 33:00C 'est assez fascinant, parce que je pense pas
- 33:01que... Puis là, c 'est sûr que j 'étais assez
- 33:03jeune, dans les années 90, mais je ne pense pas
- 33:05que n 'importe qui, dans les années 90, aurait
- 33:07pu prédire qu 'en 2026, quelqu 'un puisse vivre
- 33:11à essentiellement être chroniqueur culturel d
- 33:15'une émission comme Occupation double ou de La
- 33:17Voix. C 'est assez particulier, tout un job dans
- 33:19la vie, c 'est d 'avoir une chaîne en ligne,
- 33:22qu 'il y a des milliers de personnes qui peuvent
- 33:24écouter, où tu parles de telle couple ou telle
- 33:26couple sur Occupation double, où tu parles de
- 33:29telle personne qui a été éliminée. Fait que la
- 33:32notion de contenu québécois en ligne a vraiment...
- 33:36Oui, puis il ne faut pas être trop élitiste aussi.
- 33:37Il y a des choses, tu sais... C 'est pas une
- 33:39critique, c 'est juste un constat. Non, non,
- 33:42c 'est ça, il faut voir qu 'il y a des gens qui
- 33:45s 'intéressent à ces formules -là, puis ces gens
- 33:48-là, bien, c 'est de les rejoindre, puis on les
- 33:49rejoint en français. Et aussi, c 'est peut -être
- 33:52plus facile aujourd 'hui, les caméras, ça coûte
- 33:55moins cher qu 'avant, les équipements coûtent
- 33:58beaucoup moins cher qu 'avant, alors il n 'y
- 34:00a plus... y avoir une plus grande offre. Et ça,
- 34:02c 'est intéressant. Oui, et puis du contenu en
- 34:05français aussi. C 'est sûr que si on regarde
- 34:06l 'objectif de la langue, ces gens -là, quand
- 34:09ils écoutent une vidéo d 'un influenceur ou un
- 34:13influenceur qui parle, que ce soit de cuisine
- 34:15ou peu importe le sujet, du leur, du fond du
- 34:17unboxing ou qui joue à des jeux vidéo, c 'est
- 34:20des gens qui consomment du contenu en français
- 34:22et qui interagissent en français. Oui. à place
- 34:25d 'être en train d 'écouter un film en anglais
- 34:27ou d 'interagir ailleurs. Ça donne un indicateur
- 34:30ou quelque chose de porteur de langue. Surprenamment
- 34:33aussi, ça permet à des jeunes de l 'extérieur
- 34:34du Québec d 'avoir un contact avec la langue
- 34:37québécoise. Parce que souvent, ces gens -là,
- 34:39ils vont parler normalement comme ils parlent.
- 34:42Il y a des gens, peut -être des Français, qui
- 34:43vont commencer à les suivre et qui vont être
- 34:45intéressés. On a un rayonnement à la langue québécoise
- 34:47en même temps à travers ça. Bon, ce n 'est pas
- 34:49toujours un rayonnement qui est positif, mais
- 34:50au moins, il y a du rayonnement. Ça fait que
- 34:52c 'est intéressant. Le concept justement de découvrabilité,
- 34:57moi je le veux pas, je suis un pas de cash, je
- 34:59le mets en ligne, tu sais je compétitionne avec
- 35:01une mort de contenu là -dessus. J 'ai quand même
- 35:06quelques centaines de personnes qui regardent
- 35:08mes affaires, je suis content et je me sens choyé
- 35:11que ces gens -là m 'aient trouvé. Mais c 'est
- 35:15sûr que je suis convaincu que mon propre algorithme
- 35:18ne suggère pas du contenu comme... comme ce que
- 35:21je produis quand je vais sur YouTube, beaucoup
- 35:23de contenu anglophone, tout ça. Qu 'est -ce qu
- 35:26'on peut faire, comme... comme société ou comme
- 35:29gouvernement pour essayer d 'avoir un impact
- 35:32sur ces plateformes -là pour qu 'il y ait justement
- 35:34plus de contenu québécois? C 'est un gros enjeu,
- 35:36puis c 'est le fait que ces plateformes -là viennent
- 35:41siphonner beaucoup, beaucoup de ressources financières
- 35:45ici. Ça, c 'est un... Je ne sais pas quelle est
- 35:48la solution, parce qu 'il y avait celles qui
- 35:52avaient de la imposer au GAFAM un impôt de trois...
- 35:59pour amadouer Donald Trump, le retirer, puis
- 36:03ça a rien donné. Et alors, ce sont des géants
- 36:09qui viennent chercher les ressources financières,
- 36:12je pense, aux annonceurs qui vont... et même
- 36:17les gouvernements vont s 'annoncer sur des plateformes
- 36:20qui appartiennent aux Américains. Ça, c 'est...
- 36:23J 'ai pas la réponse et j 'ai pas la solution.
- 36:27Comment faire pour réussir à tirer son épingle
- 36:32du jeu? Puis, sur la découvrabilité, il y a une
- 36:36loi qui est adoptée à Québec, puis elle est adoptée
- 36:38à l 'unanimité pour forcer les Netflix et ces
- 36:44plateformes -là à offrir comme... Autrefois,
- 36:49on rentrait dans un magasin de disques, puis
- 36:50on voyait les nouveautés québécoises, puis après
- 36:52ça, vous pouviez continuer dans le magasin de
- 36:54disques et pouvoir aller voir les albums qui
- 36:57vous intéressaient le plus. Mais en entrant,
- 37:01vous aviez la vitrine québécoise, puis j 'étais
- 37:04un coup d 'œil, peut -être acheter quelque chose.
- 37:05Est -ce que c 'était réglementé? Non, peut -être.
- 37:08Je ne sais pas. Mais je sais que c 'était comme
- 37:10ça que ça fonctionnait. Alors que, et on dit,
- 37:14bien, il faudrait que ces plateformes viennent
- 37:16offrir. sans obliger le téléspectateur de dire,
- 37:22voici des nouveautés qui sont sorties au Canada
- 37:25récemment. Et je ne sais pas s 'il a fait la
- 37:30loi, le ministre, mais... comment il va obliger
- 37:33ces plateformes -là à se soumettre à cette loi
- 37:37-là, parce que les plateformes pourraient dire,
- 37:39bien, ça regarde le gouvernement fédéral, ça
- 37:41regarde pas le gouvernement provincial, mais
- 37:44le gouvernement provincial a jugé que c 'était
- 37:45dans ses compétences. Alors, ça va certainement
- 37:48se retrouver devant les tribunaux, savoir si
- 37:50le Québec peut imposer à ces plateformes -là
- 37:53d 'offrir du contenu francophone lorsque le téléspectateur
- 38:00ouvre... téléspectateur lorsque l 'internaute
- 38:03ou la personne qui est devant son écran ouvre
- 38:05pour regarder quelque chose sur Netflix et se
- 38:07dit qu 'on lui offre quelque chose qui vient
- 38:10d 'ici en premier, je ne le sais pas. Et on va
- 38:13voir si ça va fonctionner. C 'est un bel effort,
- 38:16en tout cas. Ce ne sont pas des citoyens et corporatifs
- 38:19exemplaires, disons, les grands… Pas du tout.
- 38:22Quand on l 'a vu avec le scandale de financement
- 38:24des médias, quand on imposait à Facebook de rémunérer
- 38:30pour l 'utilisation du contenu médiatique qu
- 38:32'ils mettaient dessus, c 'est beau, je ne mettrai
- 38:33plus l 'affaire. Oui, ça aussi, ils siphonnent
- 38:38les contenus des journaux, des articles. qui
- 38:41sont écrits par des journalistes qui sont payés
- 38:43par l 'entreprise de presse, prennent l 'article,
- 38:46le mettent sur leur site. Tu payes pas à la journaliste
- 38:52qui a fait le travail, puis tu prends son article,
- 38:56tu le mets sur ton site. Puis toute la notion
- 38:59de l 'intelligence artificielle aussi, c 'est
- 39:01particulier. Moi, dernièrement, j 'ai eu des
- 39:02funérailles et je voulais trouver un poème d
- 39:07'un auteur québécois sur le deuil. Et j 'ai recherché
- 39:12sur Gemini et on m 'a suggéré les poèmes. J 'ai
- 39:14dit, c 'est normal, c 'est bien écrit, c 'est
- 39:15pas pire, je regarde ça. Puis là, j 'ai demandé
- 39:17à l 'intelligence artificielle qui avait écrit
- 39:19ça. Puis ils m 'ont dit, non, non, c 'est moi
- 39:21qui l 'ai créé. Mais c 'est sûr que Gemini, l
- 39:25'intelligence artificielle de Google, s 'est
- 39:27inspirée d 'autres oeuvres qui sont pas créditées
- 39:30là -dedans. Puis il m 'a proposé un texte qui
- 39:31a peut -être même des phrases qui avaient été
- 39:33pigées à gauche, à droite, avec une incapacité
- 39:35pour moi d 'aller voir qui avait écrit l 'oeuvre.
- 39:39sur laquelle il s 'est inspiré. Il y a tout cet
- 39:41aspect -là aussi. Quand on Google, il nous donne
- 39:44une réponse, puis il écrit, puis cette réponse
- 39:46-là est basée sur un article de journal de la
- 39:48presse, par exemple, parce que lui, il a rechubé
- 39:50la presse, puis il sait qu 'il y a un paragraphe
- 39:52dans cet article -là qui dit ça. Puis là, ça
- 39:54nous amène ça, c 'est pas Google qui l 'écrit,
- 39:56t'sais, il a volé quelqu 'un. Pour les journalistes,
- 39:59moi, je fais des textes pour l 'actualité web,
- 40:03puis quand je fais ma recherche pour faire mes
- 40:05textes, si je veux, par exemple, je pose une
- 40:08question. Est -ce que le premier ministre Daniel
- 40:11Johnson fait sa fin mission en Europe en 1994?
- 40:17Je pose la question. Je l 'ai posé, la question.
- 40:20Et là, ça arrive, puis ça me... Ça me donne la
- 40:22réponse. Je trouve ça génial. Écoute, il y a
- 40:25cinq, six ans, dix ans, quinze ans, t 'es obligé
- 40:27d 'aller au centre de documentation chercher
- 40:29le dossier de Daniel Johnson. Tu gagnes énormément
- 40:35de temps, tu peux vérifier des choses, tu peux
- 40:37vérifier des citations. Par contre, à un moment
- 40:40donné, j 'ai posé une question dans un autre
- 40:42dossier qui touchait la langue d 'affichage à
- 40:44Montréal et CHAP -GPD avait inversé les obligatoires.
- 40:51pour l 'affichage commercial intérieur extérieur.
- 40:56Je disais, ah, puis moi, là, j 'ai vu, je savais
- 40:59que quand je l 'ai vu, c 'est une erreur parce
- 41:01que c 'est un dossier que je connais très bien.
- 41:03Alors là, il y avait une erreur dans ce qu 'ils
- 41:06m 'ont donné. Mais je trouve ça très, très utile.
- 41:09Par contre, je sais qu 'il y en a qui pourraient,
- 41:11je sais que JAP GPT pourrait écrire mon texte
- 41:13à ma place. Moi, c 'est pas ma façon de faire.
- 41:16J 'ai... Puis aller chercher des citations, aller
- 41:19chercher, faire des entrevues aussi. Il y a toujours
- 41:21un côté humain qu 'on cherche dans l 'article.
- 41:23Puis moi, je veux qu 'il y ait ce côté humain.
- 41:25mais là, puis Tchap -GPT pourrait pas dire qu
- 41:29'il a parlé à telle personne, puis cette personne
- 41:33-là lui a dit telle chose. Ça, c 'est vraiment...
- 41:37Puis ça, je trouve ça un peu triste, parce que
- 41:39ça devient comme... Ton cerveau, si tu te fais
- 41:42affaire avec l 'intelligence artificielle pour
- 41:45écrire ton texte, ton cerveau, il ne travaille
- 41:47pas. Il y a quelque chose qui fonctionne moins.
- 41:52Je trouve ça dangereux quelque part. Oui, puis
- 41:56d 'ailleurs, on fait des études là -dessus que
- 41:58les gens qui utilisent des outils d 'intelligence
- 42:00artificielle comme ça et qui ne connaissent pas
- 42:02les limites de ces outils -là sont moins efficaces,
- 42:05travaillent moins bien que les gens qui ne les
- 42:08utilisent pas. quelqu 'un qui l 'utilise mais
- 42:11qui connaît les limites peut gagner du temps
- 42:14significatif. Puis nous, moi je suis membre du
- 42:16barreau, on est rendu avec une formation obligatoire
- 42:19à cause de ça parce qu 'il y a encore un collègue
- 42:21qui s 'est fait prendre à utiliser ça. Mais il
- 42:24y a un juge qui a utilisé la fausse... C 'est
- 42:27parce que ça l 'invente des choses. L 'intelligence
- 42:29artificielle veut te donner une réponse, c 'est
- 42:31ça. Ça fait qu 'elle va inventer des choses,
- 42:33c 'est un peu absurde. Puis même des fois...
- 42:36Je reçois une réponse, puis j 'ai le goût d 'aller
- 42:38chercher la source, parce que moi, systématiquement,
- 42:40quand j 'ai une réponse, surtout quand c 'est
- 42:41une information, tu sais, je fais de la préparation
- 42:42ou quoi que ce soit, mais je vais aller voir
- 42:44la source, puis des fois, ils me laissent pas
- 42:45la consulter. Je suis comme, OK, mais non, moi,
- 42:46la source, moi, la source. Ils me laissent pas
- 42:47créer ce lien. Ça fait que c 'est toujours le
- 42:49risque, parce que t'sais, ils disent, ah oui,
- 42:51il est arrivé tel, tel, tel affaire. Hier ou
- 42:53avant -hier, j 'ai posé une question justement
- 42:55sur une question pour préparer le podcast, puis
- 42:58la réponse qu 'ils me donnaient, ça faisait aucun
- 43:00sens. Ça fait que là, j 'essaie de te voir la
- 43:01source. C 'est pas possible. Mais c 'est ça pour
- 43:02dire que... c 'est pas créateur de contenu, c
- 43:07'est... ça agrège tout ça, puis après ça, ça
- 43:10nous donne quelque chose qui est comme un melting
- 43:12pot de ce qui a été cherché, mais il y a des
- 43:14gens derrière ça qui ont travaillé, qui ont fait
- 43:16du travail intellectuel, qui ont fait du travail
- 43:18culturel, puis ces technologies -là vont chercher
- 43:21leur... Il y a aussi l 'intelligence artificielle
- 43:26qui va aller copier la voix de l 'artiste, qui
- 43:31va faire des choses qui, moralement, sont pas
- 43:35acceptables. Comment on va réussir à légiférer
- 43:47là -dessus? Je suis très inquiète et ça fait
- 43:51longtemps que je le suis inquiète parce que je
- 43:53me dis que le législateur prend tellement de
- 43:55temps à faire ses lois. L 'intelligence artificielle,
- 44:00une fois que la loi est adoptée, l 'intelligence
- 44:03artificielle est déjà rendue plus loin et la
- 44:05loi est dépassée. Et ça, c 'est préoccupant.
- 44:09J 'aimerais qu 'on discute un peu parce que vous
- 44:11avez été ministre en charge des relations avec
- 44:14la francophonie, vous avez été ministre de la
- 44:16culture. Il y a un débat depuis définitivement
- 44:20les huit dernières années, mais avant ça aussi,
- 44:22on a toujours parlé de protéger le français et
- 44:24de l 'importance de protéger le français. Quel
- 44:26rôle la culture peut -elle... peut jouer dans
- 44:30la protection du français au Québec? C 'est énorme.
- 44:34À mon avis, c 'est ce qui protège, fait la promotion,
- 44:39la culture. C 'est parce que c 'est aussi une
- 44:42façon ludique de faire passer des messages, de
- 44:47s 'accrocher sur quelque chose. Et moi, je trouve
- 44:50que c 'est absolument fondamental. Si vous n
- 44:53'avez pas de culture au Québec, vous n 'avez
- 44:55pas de protection de langue française. Ça ne
- 44:57peut pas être juste la langue française. un ruban
- 45:01à mesurer, puis on regarde la hauteur des lettres.
- 45:06Ça peut pas être juste ça. Ça peut pas être de
- 45:09dire, bien, oui, il faut être reçu en français,
- 45:14il faut avoir le service en français, mais il
- 45:16faut qu 'il y ait un côté ludique, un côté qui
- 45:20fait en sorte que c 'est agréable, que ça fait
- 45:23du bien, que ça rassure. Et c 'est comme ça,
- 45:26je pense, qu 'on réussit. depuis des années,
- 45:29des années, des années à protéger notre langue
- 45:32française. C 'est par le cinéma, c 'est par le
- 45:35théâtre, par la télévision. C 'est comme ça qu
- 45:37'on le fait. Et vous me parlez de la francophonie.
- 45:46Le Québec est membre à part entière de l 'Organisation
- 45:48internationale de la francophonie. C 'est la
- 45:51seule organisation dans le monde où le Québec
- 45:53a son siège. et qui est membre, là, au même titre
- 45:57que la France, la Belgique, le Sénégal. Vous
- 46:03êtes à la table, vous ouvrez la bouche, mais
- 46:05votre voix, elle vaut autant que les autres membres.
- 46:08Et ça, c 'est très, très important parce qu 'on
- 46:12amène une couleur à l 'Organisation internationale
- 46:14de la francophonie, qui est celle de l 'Amérique.
- 46:17Nous sommes des francophones d 'Amérique et on
- 46:20amène notre bagage, notre couleur, notre façon
- 46:24de voir les choses. Et ça, c 'est très, très,
- 46:26très apprécié. On est aussi très présents dans
- 46:29des comités, dans des instances. On participe
- 46:33lorsque les sommets, mais on participe activement
- 46:35aux résolutions qui sont adoptées. Et moi, je
- 46:40trouve que le rôle du Québec au sein d 'organisations
- 46:42internationales de la francophonie est majeur.
- 46:46de faire comprendre à ces partenaires -là, des
- 46:50autres pays, justement qu 'ici, par exemple,
- 46:55je fais un petit peu de coquelande, mais je pense
- 46:57qu 'en France, on utilise davantage des anglicismes,
- 47:00des termes en anglais, et ça ne cause pas de
- 47:03problème parce que les Français n 'ont pas… et
- 47:08pensent pas que leur langue est menacée. Ici,
- 47:10on insiste pour avoir le mot juste en français,
- 47:14et ça, ça les surprend. Et lorsqu 'on leur explique
- 47:17pourquoi, puis lorsqu 'ils viennent ici aussi,
- 47:20puis qu 'ils voient les efforts que nous faisons
- 47:22pour protéger notre langue, on est vraiment...
- 47:26on est... on est vu comme des modèles, des modèles,
- 47:31puis on a aussi une façon de voir les choses
- 47:34qui est plus américaine. américaine, dans le
- 47:39sens de comment discuter de ces problèmes -là,
- 47:42moi, de nord -américain. Puis ça, ça vient ajouter
- 47:46aussi à notre couleur. Mais qu 'on soit présent
- 47:49dans ces instances -là, c 'est absolument, absolument
- 47:52fondamental. Il y a des organisations aussi,
- 47:55je pense, à l 'Association internationale des
- 47:58études québécoises qui regroupent des universitaires
- 48:01et des chercheurs. Malheureusement, le gouvernement
- 48:04actuel veut... d 'abolir le financement. Donc,
- 48:08l 'association, si le gouvernement continue à
- 48:13s 'entêter là -dessus, l 'association va disparaître.
- 48:15Et ça, on a affaire à une diplomatie d 'influence
- 48:20qui est très, très, très importante parce que
- 48:22ça fait rayonner dans plusieurs pays dans le
- 48:26monde les études... le sujet des études québécoises.
- 48:30Il y a des universités qui étudient ce qui se
- 48:33passe au Québec. Et ça, ça vient de nous donner
- 48:37un rayonnement incroyable. En anglais, on dit
- 48:40soft, diplomatie. Et ça, c 'est... Le Québec,
- 48:44c 'est une carte très, très, très importante
- 48:46dans la diplomatie québécoise. Pour que la communauté
- 48:49internationale s 'intéresse à ce qui se passe
- 48:50ici. S 'intéresse à ce qui se passe ici. Nous
- 48:52sommes des... Évidemment, les relations internationales
- 48:58au départ, puis ça continue aujourd 'hui, on
- 49:01parle d 'échange d 'investissement, de commerce.
- 49:06Ça, c 'est très, très important. Mais ce qui
- 49:08vient ajouter à tout cela, c 'est notre culture.
- 49:12Notre diplomatie culturelle est très, très, très
- 49:14importante. Et je l 'ai connue, je l 'ai vue,
- 49:17je l 'ai vue sur le terrain. Je l 'ai senti et
- 49:20il y a un intérêt très, très fort pour ce que...
- 49:23ce que l 'on fait ici. Puis vous mentionnez que
- 49:28certains pays sont surpris de voir à quel point
- 49:29on essaie de protéger le français ici. Ça va
- 49:32être un peu particulier parce que des pays...
- 49:34disons qu 'on regarde par exemple la francophonie
- 49:36africaine, je pense que ces pays -là en majorité
- 49:39ont une augmentation démographique, fait que
- 49:41même à rigueur au niveau international, on s
- 49:43'attend à ce que le nombre de personnes qui parlent
- 49:45français augmente de façon significative dans
- 49:46les prochaines années. Est -ce qu 'il y a d 'autres
- 49:48pays au monde où le français, dans un pays francophone
- 49:51où le français est menacé ou c 'est principalement
- 49:54juste ici? C 'est pas mal ici que ça se passe.
- 49:59Il y a des pays qui aussi ont le français, qui
- 50:03sont membres, par exemple, de l 'Organisation
- 50:05internationale de la francophonie, mais ce n
- 50:06'est pas des pays où on parle beaucoup le français.
- 50:09Je pense à l 'Arménie, entre autres. Mais il
- 50:12y a des francophiles qui veulent que la langue
- 50:16française se développe davantage dans leur pays.
- 50:21Et ça, menacer comme on l 'est en Amérique, je
- 50:29n 'en vois pas qui me vient à l 'esprit. Nous,
- 50:33c 'est vraiment une question de survie. de la
- 50:36langue. Il faut vraiment continuer à enseigner
- 50:42aux enfants l 'importance qu 'eux, quand ils
- 50:46vont avoir des enfants, l 'importance que leurs
- 50:47enfants aussi continuent à parler le français.
- 50:50Et ça, c 'est vraiment, vraiment, vraiment majeur.
- 50:54En terminant, vu que j 'ai la chance d 'avoir
- 50:56annoncé une ministre de la Culture... On va avoir
- 50:58des élections au mois d 'octobre qui s 'en viennent.
- 51:01Si vous aviez un conseil à donner au futur ministre
- 51:05ou à la future ministre de la Culture en octobre
- 51:082026, ce serait quoi, basé sur votre expérience?
- 51:14J 'aimerais bien, effectivement, ce serait intéressant
- 51:16d 'avoir une discussion, mais je pense qu 'il
- 51:19faut que le mot « ambitieux », « ambition »,
- 51:23soit un maître mot. Bon, ma formation politique,
- 51:26c 'est le Parti libéral. du Québec et le Parti
- 51:29libéral du Québec peut être ambitieux parce que
- 51:31c 'est le parti qui... peut rallier l 'ensemble
- 51:35des Québécois. Et c 'est pas un parti qui divise,
- 51:39c 'est un parti qui vient chercher l 'adhésion
- 51:41de l 'ensemble des Québécois. Alors, on peut
- 51:44être ambitieux, puis on peut aussi se faire en
- 51:48sorte qu 'on fasse connaître notre culture encore
- 51:52davantage à l 'international. Moi, je pense que
- 51:55plus on va rayonner à l 'international, plus
- 51:58on va protéger, plus on va faire la promotion,
- 52:01plus on va protéger la langue française, plus
- 52:03on va faire la promotion de notre identité. C
- 52:07'est la clé, à mon avis, et mon avis est là.
- 52:09Bon, je te dirais que ça prend plus d 'argent,
- 52:11là, mais il y a d 'autres... Il va y avoir un
- 52:15ministre des Finances qui va dire attention.
- 52:17C 'est ça, on n 'a pas le budget limité, on a
- 52:19promis l 'équilibre budgétaire de 6 à 5 ans,
- 52:21ouais, c 'est ça. Mais c 'est particulier, puis
- 52:23moi, j 'aime bien l 'idée de dire que... On peut
- 52:25être à l 'attaque avec notre culture et notre
- 52:27langue plutôt qu 'être toujours en défensif.
- 52:30À la défensive, je trouve ça dommage quand le
- 52:32discours sur la protection du français est un
- 52:35discours de repli, où on se dit que la seule
- 52:37façon de protéger le français, c 'est d 'essayer
- 52:38de limiter le droit des minorités et d 'essayer
- 52:41d 'imposer le français aux gens. de règles et
- 52:48de réglementations qu 'il faut mettre en place
- 52:49pour assurer une protection. Je pense que la
- 52:51loi, c 'est un appui universel pratiquement,
- 52:54très très allévé au Québec. Je pense que c 'est
- 52:55un très bon outil de francisation pour assurer
- 52:58la protection du français au Québec. Mais c 'est
- 53:01ça, mettre de l 'avant notre culture, de ne pas
- 53:03en avoir honte, de la mettre de l 'avant, de
- 53:04réunir l 'internationale à travers les associations
- 53:06comme celle dans laquelle vous êtes impliquée,
- 53:08je pense, c 'est une bonne façon. Oui, puis il
- 53:09n 'y a pas non plus un ministre de la Culture
- 53:11qui n 'a pas à s 'ingérer dans des créations.
- 53:14Il faut laisser les créateurs créés, il faut
- 53:17les accompagner dans leur création, mais ne pas
- 53:19s 'ingérer dans leur création. Et lorsque l 'ISBAC...
- 53:24fait en sorte qu 'il y ait une loi sur le statut
- 53:26d 'artiste, elle avait dit à Monsieur Bourassa,
- 53:29on va le faire parce qu 'on a du coeur. Et le
- 53:32coeur doit être là aussi. Il faut montrer qu
- 53:36'on a du coeur. puis que ça nous intéresse. Ce
- 53:39n 'est pas un sujet qui doit être un sujet autour
- 53:45d 'une tasse de verre de vin et d 'une tasse
- 53:47de café. Il faut que ce soit un sujet qui fasse
- 53:49partie de l 'offre gouvernementale, que ce soit
- 53:53vraiment, vraiment une priorité. Puis moi, je
- 53:59suis bien confiante qu 'on va pouvoir continuer
- 54:03à faire preuve. pour faire progresser notre culture
- 54:06québécoise. Je suis très confiante. Tant mieux.
- 54:08C 'est ça qu 'il faut, la confiance de l 'optimiste.
- 54:10Merci beaucoup, Mme Saint -Père, pour votre temps.
- 54:12Merci également pour vos années de service au
- 54:14gouvernement parce que je sais que ce n 'est
- 54:15pas une job qui est toujours facile. Oui, mais
- 54:17je m 'ennuie beaucoup. Merci. Merci. Merci d
- 54:21'avoir été avec nous. Si vous avez aimé l 'épisode,
- 54:23abonnez -vous, laissez -nous vos commentaires
- 54:24pour qu 'on puisse s 'améliorer. À la semaine
- 54:26prochaine.