Latest / ArtEcoVert La voix de la couleur végétale et des plantes tinctoriales / E58 Anaïs Chesneau - Babul & Bakli de la teinture végétale pour enfant à la confection de tapis en Inde
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- 0:00Bonjour et bienvenue dans le podcast ArtEcoVert,
- 0:03le podcast qui vous parle d'art,
- 0:05d'écologie et de verdure.
- 0:07Je suis Pauline Leroux,
- 0:09ingénieure agronome passionnée de planches et je vous emmène à la découverte de la couleur végétale et de toutes ses applications.
- 0:16Que ce soit dans le textile,
- 0:18l'ameublement,
- 0:19l'artisanat,
- 0:20la décoration et dans d'autres domaines,
- 0:23chaque jeudi et samedi à 7h30,
- 0:26je vous propose des épisodes riches avec des invités passionnants pour approfondir le sujet de la couleur végétale sur toute la chaîne de valeur.
- 0:35Mon but,
- 0:36fédérer et démocratiser la couleur végétale dans nos vies.
- 0:40Alors c'est parti,
- 0:41bonne écoute !
- 0:44Donc bonjour à tous,
- 0:46bienvenue sur le podcast Areco Vert,
- 0:48j'ai la chance aujourd'hui de recevoir Anaïs Chéneau.
- 0:52Bonjour Anaïs.
- 0:53Bonjour.
- 0:54Alors Anaïs,
- 0:55pour les auditeurs,
- 0:56j'aimerais que tu te présentes,
- 0:58que tu racontes ton parcours et comment tu en es arrivée à la couleur végétale.
- 1:04Alors oui,
- 1:05j'ai un parcours assez sinueux qui se passe entre l'Inde et la France pendant une dizaine d'années.
- 1:12Donc en fait,
- 1:12je suis encore un peu dans le parcours,
- 1:14on va dire.
- 1:17Donc déjà,
- 1:17je vais juste te raconter un peu les deux éléments déclencheurs qui ont permis la naissance à la fois du projet Babule Bakli,
- 1:25qui est une marque de linge bébé française.
- 1:29Et le deuxième projet,
- 1:31ça s'appelle l'Inde du joueur et c'est un...
- 1:33C'est un projet que je mène dans un village de l'Himalaya,
- 1:36en Inde.
- 1:37Et en fait,
- 1:38ça ne paraît pas comme ça,
- 1:39mais les deux sont quand même assez intimement liés,
- 1:43parce qu'ils sont portés déjà juste par une personne.
- 1:47Donc,
- 1:49mon histoire avec la teinture naturelle,
- 1:52ça démarre en 2015.
- 1:54A l'époque,
- 1:55je suis encore étudiante.
- 1:58J'ai fait un DMA costumier réalisateur et pendant la dernière année d'école,
- 2:03j'ai rencontré Sandrine Rosier qui animait un module de teinture naturelle et c'est elle qui m'a un peu dit qu'elle trouvait que j'avais une sensibilité particulière par rapport à la couleur.
- 2:15et elle m'a orientée vers ce monde.
- 2:19Et comme je n'avais pas spécialement envie de continuer dans le costume,
- 2:25je me suis dit pourquoi pas.
- 2:29Je me suis retrouvée en octobre à Lauris.
- 2:34Couleur Garance à l'époque organisait des événements.
- 2:40C'était tous les deux ans et c'était un grand rassemblement.
- 2:42Il y avait un marché d'artisans,
- 2:45teinture naturelle,
- 2:46des conférences,
- 2:47des tables rondes.
- 2:48et il y avait vraiment plein d'acteurs de la teinture naturelle qui se retrouvaient dans cet endroit.
- 2:54Et c'est vraiment pendant cet événement que je me suis dit,
- 2:58Ouais,
- 2:59il y a un truc,
- 3:00j'ai envie de faire partie un peu de cette famille de teinturiers qui était là.
- 3:05Ça m'a vraiment fait vibrer,
- 3:06on va dire,
- 3:07quelque part,
- 3:07il y avait un truc.
- 3:09Et c'est aussi à ce moment que l'Inde rentre en jeu,
- 3:15parce qu'il y avait une fondatrice d'une ONG indienne qui était là et qui a fait une conférence.
- 3:21Et j'étais assez impressionnée,
- 3:23on va dire,
- 3:24par ce qu'elle proposait.
- 3:26Donc,
- 3:27six mois plus tard,
- 3:28je partais dans cette ONG pour faire un volontariat,
- 3:32mon premier volontariat en teinture naturelle.
- 3:36En fait,
- 3:36cette ONG faisait un super travail de teinture naturelle,
- 3:40de revalorisation des savoir-faire textiles.
- 3:44Ils avaient un super travail en termes d'écologie,
- 3:46d'innovation par rapport à l'environnement.
- 3:49Mais par contre,
- 3:51on va dire à côté de tout ça qui était vraiment génial,
- 3:53il n'y avait aucun impact social positif qui serait percuté sur le territoire,
- 4:00vraiment en termes sociaux.
- 4:02Et ça,
- 4:02ça a été un peu,
- 4:03pour moi,
- 4:04une grosse déception.
- 4:05qu'il n'y ait pas cet impact social dont ils parlaient aussi dans leur com.
- 4:11Donc il y a eu un point de tension qui m'a fait un peu réfléchir à ce moment-là.
- 4:16et en même temps je me suis pris un peu quand même une plaque énorme et aujourd'hui je peux dire que bah les en fait j'ai rencontré les femmes du Koumaon puisqu'on était dans la région du Koumaon les femmes Koumonis et
- 4:32ça a changé aujourd'hui je peux le dire ça a vraiment changé ma vie et donc ça t'a permis de toi voir qu'il y avait un manquement sur le social et toi t'avais envie de travailler ce point là
- 4:43Oui,
- 4:43en fait,
- 4:44dans cette ONG,
- 4:45j'ai rencontré une femme qui s'appelle Kamla.
- 4:49qui était teinturière,
- 4:50qui aujourd'hui ne travaille plus dans cette ONG.
- 4:52En fait,
- 4:53son histoire,
- 4:53sa personne m'a touchée vraiment super.
- 4:58Il y avait une grosse confiance,
- 5:01une amitié,
- 5:01une confiance.
- 5:03On ne parlait pas du tout la même langue,
- 5:04mais tout de suite,
- 5:05ça a matché.
- 5:07Et c'est une femme qui est en détresse émotionnelle très,
- 5:10très,
- 5:10très,
- 5:10très forte.
- 5:11Elle a vraiment son corps demandé de l'aide parce que ça n'allait pas.
- 5:15Et il y avait aussi une autre femme dans cette ONG qui s'appelait Kalindi,
- 5:18qui elle était avocate,
- 5:19qui faisait une thèse en fait en Allemagne.
- 5:22qui était régionale du Koumaon,
- 5:24mais qui faisait une thèse en Allemagne sur les...
- 5:26Alors,
- 5:26un truc complètement...
- 5:29sur les justices informelles du Koumaon.
- 5:32Et elle m'avait dit,
- 5:33tu sais,
- 5:33Anaïs,
- 5:35des cas comme Kamla,
- 5:35il y en a vraiment beaucoup,
- 5:37beaucoup ici,
- 5:39parce qu'il y a un fort taux,
- 5:41en fait,
- 5:42de violences conjugales,
- 5:44avec un fort taux d'alcoolisme chez les hommes dans cette région de l'Inde.
- 5:49Et en fait,
- 5:51quand je suis rentrée en France,
- 5:52je me suis dit,
- 5:53mais j'aimerais bien faire quelque chose.
- 5:56Je n'avais pas du tout quoi,
- 5:57j'avais 22 ans.
- 6:01Donc,
- 6:01je ne savais pas ce que j'allais pouvoir faire entre la teinture et cet aspect social qui m'a vraiment touchée.
- 6:10Mais c'est comme ça.
- 6:11que,
- 6:12en fait,
- 6:13ça a démarré.
- 6:13C'est vraiment ces deux éléments,
- 6:15à la fois Sandrine Rodier qui m'a orientée sur la teinture naturelle.
- 6:18Et ta rencontre avec l'Inde.
- 6:20Oui,
- 6:21c'est une idée où j'ai commencé mon apprentissage dans la teinture naturelle.
- 6:23Ces femmes qui m'ont formée,
- 6:25en fait,
- 6:25au départ et à qui j'avais envie de renvoyer aussi à un moment donné l'ascenseur.
- 6:31D'accord.
- 6:31Bon,
- 6:32dis donc,
- 6:32ça promet une suite.
- 6:34C'est top comme explication.
- 6:36Alors,
- 6:36du coup,
- 6:37est-ce que maintenant tu peux nous présenter ?
- 6:39On dit...
- 6:40Baboul,
- 6:41tu me l'as précisé,
- 6:41Baboul et
- 6:42Bakli.
- 6:44Est-ce que tu peux nous raconter cette entreprise dès le début ?
- 6:47Où ça se passe ?
- 6:49Ce que tu y fais ?
- 6:51Puisque tu as envie de raconter.
- 6:52Et puis,
- 6:52ce que j'aimerais bien,
- 6:53c'est quand même que tu nous expliques ces deux noms associés.
- 6:55Moi,
- 6:56j'ai dû aller regarder pour savoir.
- 6:57Oui.
- 6:58Explique aux auditeurs pourquoi tu as choisi ce nom-là.
- 7:00Alors,
- 7:00vas-y,
- 7:01raconte-nous.
- 7:02Alors,
- 7:04on dit Baboule et Bacli,
- 7:05mais les gens beaucoup disent Babule et Bacli.
- 7:07Du coup,
- 7:08ça fait que même moi aujourd'hui,
- 7:09je dis Babule et Bacli,
- 7:10ce qui est ridicule parce qu'à la base,
- 7:12c'est vraiment Baboule.
- 7:14Donc,
- 7:14j'ai créé cette marque en 2019,
- 7:17juste avant de retourner dans le Koumaon pour démarrer toute ma recherche textile pour ensuite monter un projet du coup un peu de plus grosse ampleur.
- 7:28Mais du coup,
- 7:29Babou les Baclis,
- 7:29c'est vraiment une marque française.
- 7:32Je produis du linge pour bébés.
- 7:35Alors,
- 7:36je produis,
- 7:37voire produisais du linge pour bébé parce que ça va s'arrêter.
- 7:41D'ici quelques mois,
- 7:42la boutique en ligne va fermer.
- 7:45Et en fait,
- 7:47Babouli Bactis a vraiment été pour moi un terrain d'expérimentation.
- 7:52C'est à travers cette marque que je suis montée en compétence parce que j'ai fait quelques formations,
- 7:58mais finalement,
- 7:58en teinture,
- 7:59tu es obligée d'expérimenter,
- 8:01de faire,
- 8:02de faire,
- 8:02de refaire,
- 8:03de trouver.
- 8:04pour vraiment aller au plus loin de ce que tu peux dans la recherche et vraiment cette montée en compétences.
- 8:13Et au début,
- 8:13en fait,
- 8:14je n'arrivais même pas à dire que j'étais teinturière.
- 8:16C'était,
- 8:16enfin,
- 8:17je ne pouvais pas,
- 8:18non,
- 8:19ce n'était pas possible.
- 8:22Et aujourd'hui,
- 8:23c'est vrai que je me rends compte vraiment que Babule et Baclist est,
- 8:26tel que c'est aujourd'hui,
- 8:27une sorte de phase préparatoire pour un projet peut-être un peu plus ambitieux,
- 8:32plus social aussi pour la suite.
- 8:37Donc,
- 8:37mon atelier est en Normandie et je fais plusieurs trucs.
- 8:45Il y a un côté,
- 8:46la marque de linge bébé à travers laquelle je m'auto-forme au fur et à mesure.
- 8:52et je propose aussi la teinture à façon depuis deux ans.
- 8:57pour les professionnels donc plutôt des artisans des artistes qui ont des volumes qui ne sont quand même pas trop gros mais pas non plus trop petits je ne fais pas pour du particulier par exemple et c'est quoi ta capacité en tant que teinturier à façon à peu près pour nous donner un ordre d'idée donc j'ai
- 9:14deux cuves de 100 litres donc chaque cuve ça va contenir
- 9:182,5 kg 3 kg de tissu ou de fibre
- 9:23Voilà,
- 9:23ça va être la capacité actuelle.
- 9:26La plus grosse commande que j'ai faite,
- 9:28c'était 50 mètres de tissu.
- 9:31J'avais 25 mètres d'unis et 25 mètres d'imprimés à produire.
- 9:39c'est ce jour là quand j'ai entendu cette commande que j'ai dit ok je suis teinturière maintenant c'était le passage l'étape ça a été un peu l'étape
- 9:54et en fait sur les 3 années on va dire un peu les 3 premières années d'existence de Babiouli Bakli je me suis vraiment concentrée sur le fait que
- 10:03pour me former sur la manière d'obtenir un unisson qui serait vraiment parfait,
- 10:09sans auréoles,
- 10:10parce qu'au début,
- 10:10en fait,
- 10:11sur mes tissus,
- 10:12j'avais un peu des auréoles,
- 10:13des trucs.
- 10:13Donc,
- 10:13quand je coupais mes tissus pour Babi les Baclis,
- 10:15je faisais en sorte que ça coupait à hauteur.
- 10:18Mais mon idée,
- 10:18c'était vraiment de me dire,
- 10:19si je fais de la teinture à façon,
- 10:21que j'ai un artisan ou une créatrice qui veut des couleurs naturelles,
- 10:26il faut que mon unisson soit nickel.
- 10:30J'ai vraiment travaillé là-dessus et effectivement cette commande de 25 mètres unis,
- 10:34ça a été le gros challenge déjà en termes de quantité.
- 10:37J'ai fait des coupons de 12 mètres par 12 mètres au maximum dans la cuve de 100 litres.
- 10:44et donc c'était de la double gaz donc tu vois c'est quand même sur un tissu léger tu peux en faire une assez grosse quantité là en ce moment je suis sur une collab avec des draps anciens on est pas sur le même ouais c'est sûr que c'est le même voilà et
- 11:02et en fait donc cette commande il y avait eu l'uni et aussi les imprimés donc pareil je m'étais tu vois formée
- 11:10pour pouvoir répondre à de la commande d'imprimer répété.
- 11:17Pas de l'impression placée,
- 11:18c'était vraiment du plaçage de cadre en impression répétée pour avoir 25 mètres de motif bien placé,
- 11:25calé.
- 11:29Et donc c'est pareil,
- 11:30j'avais vraiment tout mis en place pour que ça fonctionne.
- 11:35Et après j'ai dit bon j'arrête la scénographie finalement.
- 11:39C'était trop.
- 11:41En fait,
- 11:42c'est que la taille de l'atelier,
- 11:43après,
- 11:44fait que tu commences à être bloquée sur ce type de production.
- 11:48Parce que finalement,
- 11:49motif répété,
- 11:50ça demande des grandes tables d'impression pour être efficace,
- 11:53etc.
- 11:53Et là,
- 11:54du coup,
- 11:54je n'étais pas assez efficace.
- 11:56Et tu vois,
- 11:56en termes de salaire derrière,
- 11:58par rapport à ce que je pouvais produire,
- 12:00j'étais trop lente dans la production.
- 12:02Donc,
- 12:02j'avais dit,
- 12:03bon,
- 12:04c'est cool parce que je sais le faire,
- 12:06j'ai de l'expérimentation,
- 12:07là,
- 12:07ça va.
- 12:08Mais...
- 12:09en termes derrière de salaire pour moi,
- 12:13trop de temps pour trop peu d'argent.
- 12:14D'accord.
- 12:15Donc,
- 12:16financièrement,
- 12:16pas forcément intéressant comme commande,
- 12:18mais par contre,
- 12:20en termes de montée en compétence,
- 12:22là,
- 12:23c'était le top.
- 12:26D'accord,
- 12:26et alors qu'est-ce que tu proposes comme type de produit pour enfants ?
- 12:33C'était quoi tes… ?
- 12:35Alors,
- 12:36je proposais,
- 12:37c'était vraiment du linge bébé.
- 12:39Donc,
- 12:39on avait des couvertures légères,
- 12:41des langes,
- 12:42tout était en coton bio.
- 12:45Au tout début,
- 12:46sur la première année,
- 12:47c'était vraiment que du linge,
- 12:49de la couverture légère,
- 12:50pareil avec ses matières,
- 12:51linge,
- 12:51double gaz.
- 12:53qui sont des matières super faciles à teindre.
- 12:55En fait,
- 12:55ça prend hyper bien de la nature.
- 12:57C'est très agréable.
- 13:00Et après,
- 13:01j'ai développé une petite gamme de doudous parce qu'il y avait un peu de la demande par rapport à ça.
- 13:07J'avais remarqué.
- 13:08Et j'avais aussi des gigoteuses.
- 13:12Voilà.
- 13:12Vraiment linge basique de maison,
- 13:17en fait,
- 13:17pour la petite enfance.
- 13:19et est-ce que tu as des contrôles à faire supplémentaires pour des produits qui sont destinés aux enfants du coup parce que tu vois moi j'ai ma fille ça bavouille partout ça met tout à sa bouche bon bref est-ce qu'il y a des choses à regarder sur
- 13:33lesquelles tu as dû être vigilante alors moi je suis pas très dans les trucs de réglementation c'est pas trop mon truc mais effectivement ça a été un frein à un moment donné parce que quand tu veux ensuite placer tes produits en boutique et
- 13:46eh bien,
- 13:47ils vont demander à ce que tu aies des normes européennes pour les doudous,
- 13:50justement,
- 13:51notamment.
- 13:52Ça rentre dans les normes pour les jouets.
- 13:55Et donc,
- 13:55tu as effectivement un certain nombre de contrôles qualité à faire,
- 14:00même pas forcément sur les teintures,
- 14:01mais vraiment sur la production couture de ton produit.
- 14:06Et j'avais fait faire,
- 14:08en fait,
- 14:08des devis quand j'avais démarré.
- 14:11pour avoir le truc global écossaire le truc nickel j'en ai pour 10 000 euros donc inutile de dire que je les ai jamais fait en fait et je m'étais dit si la marque
- 14:27vraiment ça cartonne forcément à un moment donné tu passes le cap et tu fais toutes tes réglementations correctement mais au démarrage c'est très difficile tant que tu sais pas si ton produit va fonctionner
- 14:40en fait il faut le tester tranquillement et puis voilà après j'avais remarqué pour les teintures notamment par rapport à la salive qu'il y a certaines teintures qui tiennent mieux que d'autres les jaunes c'est très compliqué ça tient pas très très bien ça fait vite,
- 14:54on va vite avoir les auréoles parce que l'acidité de la salive de l'enfant va venir attaquer en fait la couleur
- 15:00pareil pour la transpiration donc pour le jaune c'est plus délicat en tout cas le reseda qui est la plante principale que j'utilise pour le jaune c'était un peu plus compliqué d'avoir une durée de vie jolie tu vois du
- 15:16coup en parlant de plantes que tu utilisais est-ce que tu peux nous dire les deux plantes qui se cachent derrière ton nom et les plantes que tu utilisais pour tes produits
- 15:26Alors,
- 15:28donc Baboul et Bakli,
- 15:29c'est deux noms hindis pour nommer deux arbres tanctoriaux qui sont,
- 15:35il me semble,
- 15:35je ne me rappelle plus exactement,
- 15:36mais plutôt utilisés dans la tannerie,
- 15:38si je me rappelle bien.
- 15:40Donc le Baboul,
- 15:41c'est un acacia,
- 15:42c'est une variété d'acacia et le Bakli,
- 15:43c'est une variété de sumac.
- 15:45donc il n'y a pas spécialement de rapport entre les teintures que je produis et le nom j'utilise pas forcément ces plantes là dans la production par contre c'était vraiment la phonétique qui m'intéressait Baboule et Bacli,
- 15:58il y avait un côté enfantin deux petits personnages deux petits arbres je sais pas qui aurait pu devenir si j'avais pu me payer une illustratrice ça aurait pu être sympa mais ça peut être un jour
- 16:14Et évidemment,
- 16:15c'est le clin d'œil aussi à l'Inde à travers le nom de cette marque parce que je voulais aussi à un moment donné que ce soit un pont entre mon travail de teinture que j'avais créé en France et mes voyages dans l'Himalaya.
- 16:30Et à un moment donné,
- 16:31j'avais un peu rêvé de pouvoir associer les deux sous cette marque et de pouvoir travailler en lien avec des structures locales du Kumaon pour créer des produits avec les femmes là-bas.
- 16:42que ensuite je revendrai sous ma marque Babu Libakli.
- 16:44Et finalement,
- 16:45ça ne s'est pas fait.
- 16:46C'est transformé en toute autre chose.
- 16:48Et il y a deux projets distincts qui sont sortis de cette histoire.
- 16:53Mais
- 16:53Babu Libakli,
- 16:54du coup,
- 16:55végète un peu,
- 16:56on va dire,
- 16:56en ce moment.
- 16:58en tout cas va se transformer en autre chose mais restera pour l'instant quand même actif avant que tu nous parles des nouveaux projets tu utilisais quoi comme plantes pour nous expliquer un petit peu t'as
- 17:12dit Reseda pour les jaunes et qu'est-ce que tu utilisais d'autre ?
- 17:17du coup à l'atelier pour Babou les Baclis je travaille essentiellement avec les extraits de plantes de chez Greening et
- 17:25Et je suis assez classique,
- 17:27Réseda,
- 17:28Garance et Acacia-Acachou,
- 17:30c'est vraiment les trois plantes principales.
- 17:33et après je fais un peu d'indigo parce que les gens ils aiment bien le bleu et ils ont toujours demandé au départ je n'en faisais pas et puis pendant le Covid j'ai fait une formation avec David Santandreux donc du coup je me suis dit bon il faut quand même que je mette un peu de bleu et
- 17:50donc là mon pigment je l'achète directement en Inde auprès d'un cultivateur qui fait l'extraction et qui vend son pigment donc c'est de l'indigofera tinctoria
- 18:03d'accord et alors du coup maintenant on passe à la nouvelle activité,
- 18:09donc là si je comprends bien
- 18:11Baboule et Bacli ça s'arrête pas c'est ta boutique en ligne qui s'arrête mais tu gardes quand même ce nom pour un projet 2.0 ou un truc pour la suite
- 18:22Oui,
- 18:23c'est ça.
- 18:24Je vais le garder en vitrine.
- 18:26Je vais continuer plutôt le service de teinture à façon.
- 18:30Parce que finalement,
- 18:31c'est quelque chose que j'aime bien faire.
- 18:33Il y a de la recherche.
- 18:35Là,
- 18:36je travaille en ce moment sur une production de couleurs sur drap ancien pour une artiste locale.
- 18:42et donc on a fait l'année dernière donc elle m'avait contacté en avril l'année dernière pendant ça les échantillons se sont étalés sur une année pour la recherche couleur on a fait faire des tests en laboratoire aussi pour
- 18:56la solidité à la lumière parce qu'après elle va sculpter les draps pour en faire des oeuvres d'art en relief donc voilà
- 19:06Il y avait un travail sur la solidité de la couleur à faire,
- 19:09qui me semblait important.
- 19:10Je l'avais proposé à l'artiste et ça avait été accepté.
- 19:16et finalement c'est des projets que j'aime bien mener parce que tu as un nouveau contact avec voilà et puis du coup ça ouvre aussi les possibilités d'application de la couleur naturelle et
- 19:29du coup tu t'étais rapprochée d'un d'un labo de contrôle enfin pour c'était quoi c'était un en fait j'étais juste passée par Greening qui proposait ce service avant
- 19:41mais qui ne le pensent plus ah d'accord il faudra trouver quelqu'un d'autre oui voilà ok moi quand j'avais démarré Babule Bacli c'est pareil j'avais fait faire des tests en labo et pareil j'étais passée par Greening à l'époque il y
- 19:57avait des forfaits et on pouvait faire nos tests solidité en laboratoire pour les couleurs d'accord ok
- 20:05Alors,
- 20:05on a un petit peu parlé des activités,
- 20:08mais on va parler de ton nouveau projet.
- 20:10Alors,
- 20:10raconte-nous un petit peu ton aventure qui est en train d'arriver.
- 20:15Raconte-nous la suite pour toi.
- 20:19Alors,
- 20:20pour Babou les Baclis,
- 20:24je ne sais pas trop encore exactement ce qui va se passer.
- 20:28Le linge bébé va s'arrêter,
- 20:29ça c'est sûr.
- 20:31Je vais garder ouvert le site en vitrine pour les commandes et les rencontres pour des collaborations.
- 20:40À partir de septembre,
- 20:42on va créer un podcast.
- 20:44Donc là,
- 20:45ça va être avec ma sœur.
- 20:46C'est elle qui va écrire et enregistrer.
- 20:49Et c'est en lien du coup avec la couleur.
- 20:52Donc,
- 20:52ce sera des contes pour enfants.
- 20:55Génial.
- 20:57Et ça s'appelle
- 20:58Contes monochromes.
- 21:00Génial !
- 21:01Chaque conte,
- 21:02en fait,
- 21:03nous plonge dans un peu un univers coloré particulier,
- 21:08et c'est des contes un peu autour de l'écologie,
- 21:11de la nature,
- 21:12avec des inspirations.
- 21:14Top !
- 21:15Il y a beaucoup de gens qui me parlent de cibler le plus jeune public,
- 21:19les adolescents,
- 21:20les plus jeunes,
- 21:22et puis tu vois,
- 21:23pareil,
- 21:24tu vois,
- 21:25des contes,
- 21:26des manières ludiques d'apprendre la couleur aux plus jeunes,
- 21:28donc je trouve ça super bien.
- 21:29super on va hâte d'écouter ça
- 21:33Donc ça c'est la première surprise on va dire ?
- 21:36Oui,
- 21:36la première surprise du côté de Babylibacli.
- 21:39Et sinon en fait,
- 21:41là le très gros du projet actuel,
- 21:43qui fait aussi que Babylibacli est un peu en sommeil,
- 21:45parce que je ne peux pas tout mener de front,
- 21:50donc en fait le programme de recherche laine du jouard que j'ai initié en 2022,
- 21:59ça a pris une ampleur de dingue.
- 22:03il y a eu un engouement au niveau du village que je ne pensais pas du tout qu'il y aurait.
- 22:07Donc pour revenir juste un petit peu à la base,
- 22:10quand je suis rentrée,
- 22:11ma première expérience de volontariat dans l'ONG,
- 22:15ensuite je suis rentrée à l'INALCO à Paris,
- 22:18qui est une école de langues étrangères,
- 22:19pour faire six mois de Hindi,
- 22:21pour un peu plus en apprendre sur la culture indienne.
- 22:26Ensuite j'ai fait trois voyages en Inde,
- 22:30dans d'autres endroits.
- 22:31Et au bout de trois ans,
- 22:32je suis retournée dans les montagnes pour projet,
- 22:36donc à terme de travailler avec des femmes et éventuellement amener un peu de douceur et voir ce qu'on pourrait faire pour leur vie qui sont quand même pas mal malmenées.
- 22:50Dans certains cas,
- 22:51pas une généralité.
- 22:54Et en fait,
- 22:55quand j'ai commencé ma recherche...
- 22:58Donc on était pareil,
- 22:59c'était juste après avoir créé Babulé-Bakli,
- 23:01donc on était en 2019.
- 23:04j'ai visité différents centres textiles régionales pour un peu voir comment ils travaillaient éventuellement faire le lien avec babule et bacli qui ne s'est pas fait et en fait ce qui est ressorti c'est qu'il y avait une problématique autour des laines locales en fait les centres textiles
- 23:23régionaux utilisés pour la plupart des laines qu'ils importaient d'Australie donc du mérinos voilà dans les mois et même en Inde ouais
- 23:34c'est dingue parce que tu me dis ça en France on connait l'histoire mais même si ça se réinverse la tendance mais en Inde je suis choquée donc en fait soit ils vont acheter des laines parce que leur production principale c'est le châle
- 23:51Au lieu de partir de la matière qu'on a localement,
- 23:53ils partaient d'un produit et ils cherchaient une matière associée à ce produit-là.
- 23:57Mais localement,
- 23:58il n'y avait pas de laine douce,
- 24:01à part les laines de luxe type cachemire,
- 24:04pachmina,
- 24:05qu'on va trouver plutôt au Ladakh.
- 24:07Ils faisaient aussi des châles en cachemire,
- 24:10mais dans tous les cas,
- 24:11les laines locales de luthéracore n'étaient pas utilisées dans les productions de ces centres textiles.
- 24:17Donc ça m'a un peu chagrinée on va dire et j'ai commencé à chercher des moutons pour savoir c'était quoi cette laine,
- 24:25quelle était sa particularité,
- 24:27pourquoi on ne l'utilisait pas dans les productions textiles de châles notamment et qu'est-ce qu'on en faisait en fait anciennement.
- 24:34Donc c'est comme ça que je suis arrivée on va dire de rencontre en rencontre,
- 24:38je suis arrivée dans un petit village qui s'appelle Shankadura qui est juste à côté de la ville de Muntiri,
- 24:43c'est la dernière ville avant la frontière tibétaine.
- 24:47Donc on est à
- 24:482100 mètres d'altitude à peu près.
- 24:50Je connais pas mal haut déjà.
- 24:54Et en fait,
- 24:56dans ce village,
- 24:57j'ai découvert que les femmes,
- 24:58elles faisaient des tapis.
- 25:00Elles faisaient des tapis en acrylique.
- 25:02Mais anciennement,
- 25:04elles faisaient des tapis en laine.
- 25:06En fait,
- 25:06quand le fil acrylique est entré sur le marché,
- 25:10il était aussi cher.
- 25:11que d'acheter la laine brute au berger,
- 25:14aux éleveurs.
- 25:15Donc forcément,
- 25:15les femmes,
- 25:16c'est normal.
- 25:19C'est tellement lourd et long de faire la transformation de la laine qu'elles ont préféré acheter les fils en acrylique.
- 25:26Mais ça a fait des tapis de beaucoup moins bonne qualité.
- 25:30Et en fait,
- 25:32du coup,
- 25:32moi,
- 25:32avec le projet,
- 25:33j'ai décidé de proposer de réintroduire la laine dans la production de tapis.
- 25:40En sachant que cette production était bientôt arrêtée parce qu'il n'y avait plus du tout de commerce autour du tapis,
- 25:45les femmes faisaient des tapis pour elles,
- 25:46pour chez elles,
- 25:47de toute petite taille pour s'asseoir.
- 25:49En fait,
- 25:50c'est des tapis en 40 par 40,
- 25:52juste pour mettre sur les chaises.
- 25:54et le plus grand tapis qu'elles faisaient en fait c'était pour leur dot elles en faisaient un dans leur vie et après voilà donc on a,
- 26:03j'ai en fait l'année dernière,
- 26:04enfin non alors du coup c'était en 2022 j'avais obtenu un financement pour d'une association française qui s'appelle la fibre textile et ils ont financé en fait ma recherche sur un an donc
- 26:19en 2022 je suis retournée dans le village après le Covid là
- 26:23pour faire ma première récolte de laine et redémarrer cette production de tapis.
- 26:30Ce que je n'avais pas bien calculé depuis la France,
- 26:35c'est qu'en fait on avait aussi un problème de race lénière qui était en train de disparaître.
- 26:43parce qu'il y a deux races dans la vallée du Loire,
- 26:47la race Garia,
- 26:49qui est une race à viande uniquement,
- 26:51parce que la laine,
- 26:52en fait,
- 26:52quand on la coupe,
- 26:53tu ne peux même pas récupérer une toison,
- 26:55ça fait vraiment des gros poils qui partent en petits bouts,
- 26:57et la race Kounou,
- 26:59qui est la race viande aussi,
- 27:01et aussi laine.
- 27:03Sauf que le mouton Kounou,
- 27:04il est plus petit,
- 27:04et comme les éleveurs n'ont plus de débouchés pour la laine,
- 27:08du coup,
- 27:08ça ne les intéresse plus de garder des moutons Kounou au sein des troupeaux.
- 27:13Donc on a galéré pour récolter la laine,
- 27:17pour avoir suffisamment de laine pour démarrer le projet.
- 27:22Et l'année dernière,
- 27:23quand on a fini la récolte,
- 27:24j'ai fait la transhumance avec les éleveurs.
- 27:27Et quand on est rentré de transhumance,
- 27:29j'ai du coup un binôme sur place,
- 27:31qui est lui local.
- 27:33Et je lui ai dit,
- 27:34Ganga,
- 27:36soit on arrête tout.
- 27:38soit ça va être un taf de ouf quoi est-ce qu'on est prêt à faire ce travail là parce que du coup il fallait travailler sur la sauvegarde de la race du coup là on était dans des compétences que moi j'avais pas en termes d'élevage
- 27:52il fallait trouver un berger qui allait être associé au projet parce qu'il allait falloir acheter un troupeau de moutons en fait,
- 28:01connus pour repartir sur vraiment toute la sauvegarde de cette race et derrière pouvoir tisser en fait,
- 28:09remailler toute la chaîne de production jusqu'au tapis et pour avoir suffisamment de tapis économiquement pour pouvoir embaucher suffisamment de femmes sur le projet
- 28:19Et en fait,
- 28:20il s'est avéré que par magie,
- 28:24un berger est arrivé.
- 28:26Et c'est un berger qui a plus de 50 ans.
- 28:32c'est un peu un doyen du coup donc c'est pareil c'est plutôt un avantage dans le projet parce qu'il va pouvoir lui il va être au contact en fait du coup avec notre troupeau de tout le monde,
- 28:41de tous les autres éleveurs qui sont plus jeunes que lui et donc c'est une forme de respect tu vois et ils vont l'écouter quoi sur le projet ça nous fait un petit point d'avance et en fait il est vraiment arrivé au moment où
- 28:58je me posais la question si j'allais pouvoir continuer ou pas le projet
- 29:02et donc on a dit bah si on le fait
- 29:05Praella donc ça va être le berger qui va être associé au troupeau on va pouvoir du coup remailler cette filière à partir de ce troupeau qui du coup sera au départ un troupeau d'accompagnement pédagogique pour les éleveurs pour pouvoir avec
- 29:21eux du coup doucement leur expliquer que bah si finalement si on garde les moutons cunous dans les troupeaux peut-être qu'il y a deux salaires pour vos femmes vos filles vos mères
- 29:31qui arrive aussi dans les familles.
- 29:35Et ce n'est pas juste la vente de la viande.
- 29:37La transformation lénière implique plus de salaires en fait en aval.
- 29:42Donc,
- 29:43on va travailler là-dessus pour vraiment que tout le monde soit acteur du projet et se sente aussi impliqué.
- 29:50C'était vraiment le...
- 29:52c'est vraiment le point de départ,
- 29:53c'est que tout le monde ait envie de remonter cette filière.
- 29:57Et en fait,
- 29:58ce qui m'a aussi donné envie de continuer,
- 29:59c'est que quand j'ai fait cette première récolte,
- 30:02j'ai étalé la laine sur un toit.
- 30:05En fait,
- 30:05moi,
- 30:06j'avais étudié avant,
- 30:07j'avais analysé,
- 30:08j'avais observé,
- 30:09j'étais rentrée dans les familles pour voir un peu les métiers,
- 30:12les rouées,
- 30:13qui avait quoi,
- 30:15qui savait faire quoi.
- 30:17Donc,
- 30:17j'avais un peu une vision d'ensemble au niveau du village.
- 30:21mais ce que je ne savais pas c'est est-ce que les femmes allaient être intéressées pour le faire et en fait quand j'ai fait,
- 30:28j'ai étalé cette laine sur le toit le lendemain j'avais 10 femmes à ma porte et qui m'a dit mais
- 30:36qu'est-ce que tu fais Anaïs avec cette laine mais moi je sais faire ça moi je sais filer donne moi 5 kilos s'il te plaît je peux laver je peux laver la laine et du coup en fait il y a eu un engouement que franchement je n'aurais pas imaginé aussi fort chez
- 30:54les femmes en fait et c'est comme si elles attendaient une opportunité pour pouvoir travailler sortir de leur foyer il y en a qui s'ennuient profondément dans leur vie il faut le dire
- 31:05et c'était une occasion et là quand on a fait des tapis,
- 31:10elles m'ont dit Anaïs,
- 31:11quand t'as des nouveaux tapis tu nous dis on les fait donc il y avait un vrai engouement qui a fait que j'ai dit bah si on va le faire
- 31:23On va bosser dur,
- 31:24mais on va le faire.
- 31:26Alors du coup,
- 31:26si je comprends bien,
- 31:27donc tu as un,
- 31:29on va dire,
- 31:29un troupeau pédagogique.
- 31:31Il y a des jardins pédagogiques.
- 31:32C'est un troupeau pédagogique avec quelqu'un qui est doyen,
- 31:36donc qui aura le respect,
- 31:38comme tu dis.
- 31:38L'idée,
- 31:39c'est de motiver les troupes à suivre et à réintégrer des moutons.
- 31:44Alors,
- 31:44tu m'as dit des moutons kuno.
- 31:46ouais c'est ça voilà donc d'inclure aussi les femmes qui sont volontaires enfin t'en as déjà eu 10 donc tu sens qu'il y a quand même quelque chose qui se passe l'idée c'est donc augmenter les troupeaux donc augmenter les toisons donc augmenter le travail et proposer des débouchés donc plus de salaire pour les familles et
- 32:03ma question c'est les tapis réalisés
- 32:07tu m'as dit que c'était des 40 par 40.
- 32:09L'idée,
- 32:10c'est quoi ?
- 32:10C'est de les vendre en Inde,
- 32:11de les vendre en France.
- 32:13Comment tu vas faire pour que ce soit valorisé ?
- 32:19Alors,
- 32:19en fait,
- 32:21moi,
- 32:21je leur ai demandé,
- 32:22là,
- 32:22en échantillon,
- 32:23de refaire des tapis en 40 par 40,
- 32:25comme ce qu'elles savaient faire.
- 32:26Et on en a fait un grand aussi.
- 32:29Donc là,
- 32:30ça faisait des années que dans le village,
- 32:31il n'y avait pas eu de grands tapis de fabriqués.
- 32:33Donc,
- 32:33en janvier,
- 32:34c'était un peu l'événement du moment.
- 32:38et elles étaient trop contentes en vrai de la production du tapis qu'on a fait.
- 32:42Enfin vraiment,
- 32:43c'est Lakshmi et Deepa qui ont réalisé le tapis et elles étaient à fond.
- 32:48En plus,
- 32:48on avait un temps super réduit parce qu'il y a une partie qui se fait machine,
- 32:54c'est le cardage.
- 32:56Et le cardage,
- 32:58en fait,
- 32:58il y a une machine à carder industrielle dans la ville de Montiery à côté parce que le gouvernement a mis des machines à carder un peu dans différentes villes des montagnes.
- 33:05Mais ils ouvrent les machines à carder un jour par mois.
- 33:08Donc c'est une galère monumentale pour nous pour carder la laine.
- 33:12Et comme moi,
- 33:13à chaque fois,
- 33:13j'ai des temps de trois mois de visa,
- 33:15il faut quand même que le planning s'enchaîne pour qu'on puisse avancer correctement.
- 33:20Et donc là,
- 33:20on avait réussi à garder la laine,
- 33:23mais genre 16 jours avant que je reprenne l'avion.
- 33:26Et je savais qu'on allait avoir besoin de 15 jours pour fabriquer un grand tapis à deux femmes en temps plein,
- 33:33parce que c'est un mois de nouage pour un tapis en 80 par 180.
- 33:41et quand j'ai dit aux filles on est très juste et tout elles m'ont dit
- 33:45on va le faire,
- 33:46on va le faire.
- 33:48Et un jour avant que je prenne mon avion,
- 33:50j'avais mon tapis.
- 33:52Génial.
- 33:52On était juste,
- 33:53mais elles étaient,
- 33:54enfin vraiment,
- 33:55elles étaient au taquet.
- 33:56Et je leur avais expliqué,
- 33:57si on a le tapis,
- 33:58je pourrais l'exposer.
- 34:00Comme ça,
- 34:01après,
- 34:01on pourra prendre des commandes et il y aura d'autres tapis de commandés,
- 34:04de faits,
- 34:05etc.
- 34:05Donc,
- 34:05elles ont vraiment aussi compris l'enjeu et elles sont là.
- 34:10Et en fait,
- 34:11au niveau de la commercialisation,
- 34:13Donc l'idée c'est plutôt de faire quand même des grands tapis à terme que plutôt des petits parce que même dans nos intérieurs finalement on utilise plutôt des grands tapis et je pense que la clientèle qu'on va viser va vouloir des grands tapis en fait.
- 34:26L'idée c'est de faire des tapis sur mesure,
- 34:28de pouvoir proposer du tapis sur mesure et au départ ce que je voudrais c'est qu'on commercialise en Inde.
- 34:36Alors je n'exclus pas évidemment une importation à un moment donné mais pour ça il faudra qu'on ait des boutiques.
- 34:43partenaires ou des galeries partenaires.
- 34:46Et en Inde,
- 34:46en fait,
- 34:47il y a énormément de foires artisanales,
- 34:50de marchés artisanaux,
- 34:52où on va pouvoir,
- 34:54même des événements autour de la teinture naturelle,
- 34:57il y en a.
- 34:58Donc,
- 34:58on va pouvoir présenter,
- 34:59en fait,
- 34:59le travail.
- 35:00Et l'idée,
- 35:01c'est qu'elles viennent avec moi.
- 35:03Donc là,
- 35:05parce qu'elles n'ont pas la possibilité de vendre leur tapis à l'extérieur et du coup de pouvoir venir avec moi,
- 35:09de voir aussi les autres artisans,
- 35:12les clients potentiels,
- 35:13parce qu'elles ne connaissent pas.
- 35:14C'est pareil en termes de design,
- 35:16actuellement ce qu'elles proposent,
- 35:18ça ne correspond pas au goût contemporain.
- 35:20Si tu veux,
- 35:21même des Européens,
- 35:22ça c'est sûr,
- 35:23mais même des Indiens,
- 35:25la clientèle riche indienne,
- 35:26en fait ils ont des goûts un peu européens.
- 35:30Voilà.
- 35:32Malheureusement.
- 35:35et du coup de pouvoir qu'elles aussi elles viennent avec moi pour présenter leur travail et qu'elles se rendent compte aussi de la valeur qu'il y a parce que pour elles c'est normal de savoir faire un tapis toi
- 35:51comme moi comme toutes les femmes qui sont sur cette planète comme elles ont appris de leur mère quand elles avaient
- 35:595 ans elles ont appris à filer
- 36:0110 ans elles savaient faire un tapis ben en fait
- 36:05c'est rien quoi de savoir faire un tapis et du coup de pouvoir aller en ville rencontrer des clients,
- 36:11des gens qui s'intéressent et qui ne savent pas le faire et qui vont leur dire c'est vachement bien ce que vous faites parce que moi je leur dis mais je sais pas j'ai l'impression que ça a pas assez de poids encore tu vois c'est comme je suis presque intégrée au village et que je suis aussi artisane finalement j'arrive
- 36:29pas à leur faire dire suffisamment fort que oui c'est génial
- 36:34vous avez vraiment de l'or entre les doigts les filles et tout le monde ne sait pas faire un tapis.
- 36:40Et en fait,
- 36:41ces foires artisanales,
- 36:43ça nous permettrait déjà ça,
- 36:45de les présenter.
- 36:46Et puis,
- 36:47tu vois,
- 36:47il y a de la confiance en soi qui sort.
- 36:50ça va nous aider pour l'indépendance aussi à un moment donné,
- 36:54dans leur tête,
- 36:55ça va faire du chemin.
- 36:58Et ensuite,
- 36:59l'idée aussi pour la commercialisation la plus pointue,
- 37:03ça va être de placer vraiment en galerie d'art.
- 37:05En Inde,
- 37:06l'art et l'artisanat,
- 37:07c'est quand même très,
- 37:08très lié en fait.
- 37:09Et ce qu'on va proposer du coup rentre complètement dans ce système-là,
- 37:13on va dire.
- 37:14donc ça va être de se placer en galerie d'art ou moi parfois quand je vais dans des villes indiennes je vais dans des endroits un peu up tu vois pour européens ou indiens très riches et en fait il y a des grosses boutiques dans des endroits très très beaux très très luxueux et clairement nos tapis pourraient tout à fait être
- 37:32commercialisés dans ces endroits là ouais d'accord et j'avais une question ces tapis donc ils sont les laines sont colorées enfin sont peints ouais
- 37:41et du coup ça se passe aussi c'est teint à la main avec des végétaux comment vous faites ?
- 37:46alors là c'est ma partie en tant qu'artisane donc je gère les équipes plus je fais la teinture en fait il n'y a plus personne qui sait faire des teintures naturelles
- 37:59j'ai rencontré une femme qui en fait encore un petit peu,
- 38:02qui a appris de sa mère,
- 38:03mais qui travaille pour une autre ONG,
- 38:05donc je ne peux pas travailler avec elle.
- 38:10Et sinon,
- 38:11personne ne fait de teinture.
- 38:12Donc en fait,
- 38:14du coup,
- 38:14mon savoir-faire vient aussi compléter le leurre et ça permet de redynamiser aussi cette laine en quelque sorte,
- 38:22parce que...
- 38:23tu vois par exemple quand on a sorti j'ai sorti les deux premières pelotes de laine,
- 38:27il y avait une pelote blanche et une pelote jaune et en fait elles étaient dans le sac ensemble et il y avait une femme qui là était tout le temps trop enthousiaste surtout t'es prête à mélanger les deux non
- 38:42Non,
- 38:43mais en fait,
- 38:43quand il y avait des femmes qui venaient au village,
- 38:46qui étaient un peu en visite dans leur famille et tout,
- 38:49elles venaient dans ma maison,
- 38:51elles venaient prendre en fait la pelote jaune,
- 38:53elles laissaient la pelote blanche dans le sac et elles venaient montrer à l'autre femme,
- 38:57regarde,
- 38:57regarde,
- 38:58Anis,
- 38:58elle a fait une pelote jaune,
- 39:01elle a fait teinture à partir de plantes.
- 39:03Et en fait,
- 39:04ça a amené vraiment de la curiosité.
- 39:06Oui,
- 39:06enfin,
- 39:07c'était...
- 39:08C'est vraiment chouette parce qu'en fait c'est à la fois quelque chose qu'elles connaissent,
- 39:13parce que c'est en lien avec la terre,
- 39:14et enfin tu vois les plantes finalement ça leur parle,
- 39:16ils sont tous agriculteurs.
- 39:18ils ont tous des terres,
- 39:20donc ça leur parle en fait cette histoire de teinture naturelle,
- 39:24et tout d'un coup ça vient revaloriser la matière laine.
- 39:28qui était complètement...
- 39:31qui était oubliée,
- 39:32quoi,
- 39:32presque.
- 39:33Et du coup,
- 39:34tu vas...
- 39:35Quand tu teins,
- 39:36tu te sers des plantes locales parce que j'ai déjà eu des invités,
- 39:40notamment une marque de lingerie qui s'appelle Naturafil,
- 39:43qui fait teindre en Inde,
- 39:45parce qu'ils ont le savoir-faire.
- 39:46C'est pour ça que je suis hyper étonnée que dans ce village-là,
- 39:48il n'y en ait plus.
- 39:49Mais du coup,
- 39:50tu ravives quelque chose.
- 39:51Et en fait,
- 39:51elle expliquait qu'en Inde,
- 39:53il y a énormément de plantes tinctoriales,
- 39:55mais qui sont en mode...
- 39:57sauvage,
- 39:57tu vois,
- 39:58vraiment,
- 39:58que tu penches,
- 39:59tu cueilles et tu peux teindre.
- 40:00Et donc,
- 40:01du coup,
- 40:01est-ce que ça,
- 40:02c'est un de tes projets d'utiliser des plantes du coin ?
- 40:05Enfin,
- 40:05après,
- 40:05toi,
- 40:06tu es en hauteur,
- 40:06peut-être que tu as moins de possibilités,
- 40:08il y a peut-être moins de flore adaptée,
- 40:10peut-être.
- 40:12Il y en a,
- 40:13mais les femmes,
- 40:15elles ne les connaissent pas en fait.
- 40:16Donc,
- 40:16il y a quelques plantes qu'elles connaissent,
- 40:20qu'elles m'ont un peu indiqué.
- 40:22Mais alors moi,
- 40:22je ne suis pas botaniste à la base.
- 40:24Du coup,
- 40:24j'ai un peu du mal à reconnaître à part les plantes une fois qu'elles ne sont plus là pour me dire si c'est celle-ci.
- 40:30En fait,
- 40:31j'ai plusieurs fournisseurs indiens que je connais en plantes tectoriales.
- 40:37Et donc,
- 40:38là pour la première année,
- 40:40j'avais juste acheté des plantes tectoriales chez un gros site que je connaissais et j'ai sélectionné deux plantes qu'à terme on pourrait faire pousser en altitude parce qu'il y a déjà en fait on
- 40:54a utilisé le yé d'Inde
- 40:58qui poussent partout en altitude.
- 41:00En fait,
- 41:00les femmes,
- 41:01elles en plantent plein dans leur jardin.
- 41:02Donc,
- 41:02on va pouvoir faire une plantation de yé d'Inde.
- 41:06Et j'ai utilisé la garance indienne.
- 41:09Alors,
- 41:09elle,
- 41:09je ne sais pas si on peut la faire pousser jusque là-haut,
- 41:12mais je sais que les grossistes,
- 41:14en fait,
- 41:14se fournissent dans la région de l'Utahrakan.
- 41:16Donc,
- 41:16c'est la région où on est installé.
- 41:18Donc,
- 41:18dans tous les cas,
- 41:19on pourra avoir un fournisseur plus proche ensuite de cette garance indienne.
- 41:26J'avais présélectionné déjà deux plantes pour le projet qui seraient potentiellement cultivables aussi en altitude.
- 41:35Parce que en 2019,
- 41:38quand j'avais fait déjà les premières recherches,
- 41:41j'avais rencontré une famille qui m'avait expliqué qu'ils avaient plein de terres qu'ils ne pouvaient plus cultiver pour l'alimentaire.
- 41:48et je m'étais déjà dit mais du coup qu'est-ce que vous en faites de ces terres quoi et rien pourquoi ils peuvent pas la cultiver et ben en fait c'est des terres qui sont un peu à l'extérieur du village et il y a des de plus en plus de singes dans
- 42:04la région et en fait ils ils dévastent les cultures ouais donc si les champs sont trop éloignés des maisons il y a des attaques ils ont arrêté de cultiver ces champs là
- 42:15et du coup on pourrait très bien avoir des cultures de plantes tectoriales pour revaloriser aussi ces terrains là et faire rentrer aussi des salaires à travers ce projet là c'est vraiment un projet à tiroir que tu es en train de développer à mon avis tu vas,
- 42:32c'est magnifique elle est magnifique ton histoire c'est génial on peut tirer à l'infini parce que là en gros le savoir-faire principal que j'ai découvert c'est par rapport au tapis mec
- 42:44Quand on cherche et qu'on s'intéresse et qu'on rencontre les femmes et même les hommes au fur et à mesure,
- 42:50en fait,
- 42:50tu découvres qu'il y a une brodeuse.
- 42:52et puis un élevage de lapins angora,
- 42:55et puis des tisserands de pachmina,
- 42:58et puis un vanier qui fait des paniers en bambou.
- 43:03Et en fait,
- 43:03il y a plein,
- 43:04plein d'artisans,
- 43:06quoi.
- 43:06Il y a beaucoup d'artisanat au sein des familles et qu'on pourra aussi,
- 43:13après,
- 43:13on ne peut pas tout faire d'un coup,
- 43:15ce n'est pas possible.
- 43:16mais qu'on pourra aussi pour rester concentré parce que j'ai aussi tendance à m'éparpiller donc je vais essayer de vraiment rester concentré mais effectivement on pourra faire des collections qui sont plus larges en intégrant des arts différents avec des savoir-faire qui vont venir se compléter en fait là on avait fait pendant le Covid j'avais demandé à une femme qui faisait du tissage et
- 43:40c'était incroyable dès que je présente sur des salons le...
- 43:44le rendu,
- 43:44les gens sont épatés,
- 43:45mais même moi,
- 43:46quand j'ai reçu,
- 43:47je me suis dit,
- 43:47c'est pas possible,
- 43:48j'arrive même pas à reconnaître la matière.
- 43:50En fait,
- 43:50j'avais demandé de me faire un échantillon 100% laine en tissage,
- 43:54donc là,
- 43:54pas en tapisserie,
- 43:57vraiment en tissage tissu,
- 43:58quoi.
- 43:59Et un échantillon 50-50 lapin angora mixé avec la laine et un échantillon 100% angora.
- 44:06Et en fait,
- 44:07l'échantillon en 50-50 met à la fois la douceur du poil angora
- 44:13et le gonflant de la laine et ça fait une matière hyper intéressante et beaucoup moins cher que si tu avais quelque chose pour son angora tu vois après en termes de quand tu réfléchis un peu efficacement sur le business derrière ça
- 44:28fait un truc qui est vraiment super beau et hyper qualitatif parce que l'angora c'est quand même fragile comme matière aussi
- 44:37Tu vois,
- 44:37la laine,
- 44:37ça rajoute la solidité,
- 44:39le gonflant,
- 44:40tout,
- 44:40c'est vraiment top.
- 44:42Donc,
- 44:42on va pouvoir aussi vraiment amener des nouvelles choses à travers les différents artisanats qu'il y a.
- 44:49Tu vois,
- 44:49sur un tout petit village,
- 44:51la masse de choses qu'il y a et qui sont en train de péricliter.
- 44:56Il va y avoir tout un travail autour de la transmission aussi qui va être hyper important à faire.
- 45:02c'est génial c'est ce que j'allais dire point de vue transmission tu ravives des savoir-faire qui sont présents là-bas depuis des générations tu viens réactiver des choses qui ont été perdues tu redynamises certains élevages
- 45:18ou des terres abandonnées donc c'est vraiment point de vue transmission on peut pas être mieux tu nous en as bien parlé
- 45:27est-ce qu'on peut passer à des questions d'inspiration t'en as parlé franchement avec ton projet oui j'avais un peu noté deux personnes qui sont pour moi des
- 45:43guides un peu si tu veux alors
- 45:47déjà quand j'avais 20 ans je pense qu'il y a Sandrine Rosier qui a été vraiment un peu un des déclencheurs donc pour moi ça a été une femme qui m'a guidée aussi vers ça,
- 45:55la teinture naturelle et même si aujourd'hui je la côtoie plus forcément ça reste quelqu'un finalement qui a été présente pour moi et après il y a une personne que je pense j'y
- 46:11pense tous les jours de ma vie depuis 8 ans que je l'ai rencontrée c'est Kamla
- 46:16qui était une personne qui subissait des violences conjugales et qui en fait a déclenché elle a appuyé sur un bouton et tout ce projet est né en fait parce que l'idée c'est vraiment d'arriver à travers à toute cette filière lénière à
- 46:35créer une dynamique enfin je ne sais pas si c'est une dynamique mais en tout cas un un
- 46:44je ne trouve pas mes mots,
- 46:45un espace,
- 46:47un lieu suffisamment sécuritaire pour que les femmes,
- 46:51à un moment donné,
- 46:52celles qui en ont besoin,
- 46:53celles qui en ont envie,
- 46:55elles puissent parler.
- 46:59Il y a une sorte de libération aussi de la parole autour de ce qu'elles subissent ou des choses qu'elles ont envie tout simplement de faire parce qu'il y en a qui...
- 47:10qui sont bloquées en fait dans leur vie là j'ai travaillé avec une femme elle voulait être à 100% tous les jours à faire des trucs parce qu'en fait elle se fait chier vraiment
- 47:23elle a rien à faire chez elle ses enfants sont grands son mari travaille toute la journée elle aime pas son mari et donc en fait cette opportunité là pour elle c'est aussi c'est une belle opportunité de se rendre utile et de donner un sens à
- 47:39ses journées en fait tout simplement même sans aller sur la violence conjugale tu vois c'est juste des petites choses en fait qui font que ça apporte un peu quand même de douceur dans la vie de chacune
- 47:55c'est une super bonne idée c'est vraiment comme tu dis deux gros cailloux qui se rencontrent ta teinture végétale et cette femme qui t'a touchée et t'arrives à faire un super beau projet c'est canon j'avais
- 48:10une autre question si t'étais une plante tinctoriale laquelle tu serais ?
- 48:15aucune idée pas un baboule non j'en sais rien du tout je crois que j'ai pas
- 48:30Ça ne me parle pas forcément d'être les pieds dans la terre,
- 48:32tu vois.
- 48:33Oui.
- 48:34Je préférais être un oiseau,
- 48:36ça me parle plus.
- 48:37Il y a un oiseau dans la région du...
- 48:39Là,
- 48:40dans la région au nez.
- 48:41En fait,
- 48:41là,
- 48:42à 2000 mètres d'altitude,
- 48:44c'est le paradis des oiseaux.
- 48:45Des oiseaux,
- 48:45pardon.
- 48:46Il y a des trucs d'ornithologie et tout.
- 48:50Et il y a vraiment beaucoup,
- 48:51beaucoup d'espèces différentes.
- 48:52J'ai découvert des oiseaux magnifiques.
- 48:55Et il y en a un qui s'appelle Monal.
- 48:57Et c'est un...
- 48:58Franchement,
- 48:59il a des couleurs ouf.
- 49:01Il est vert,
- 49:02bleu,
- 49:03et c'est assez gros,
- 49:04avec une très,
- 49:05très longue queue.
- 49:06Enfin,
- 49:07je ferais plutôt un monal.
- 49:09Eh bien,
- 49:09alors,
- 49:09pour toi,
- 49:10exceptionnellement,
- 49:11on a le droit de savoir quel oiseau que tu choisis.
- 49:15Est-ce que la question fibre de prédilection,
- 49:18je pense qu'on n'a pas de doute.
- 49:21Ouais,
- 49:21je sais pas en fait parce que à travers Bubbly Baxi j'ai vraiment beaucoup axé ma pratique sur le coton je trouvais que c'était une fibre qui était super challengeante en termes de teinture parce que il faut quand même bien la préparer pour qu'elle prenne bien bien la couleur et que voilà mais
- 49:38c'est vrai qu'en fait en arrivant dans le mouton je me dis oh là là c'est vraiment trop cool et là avec ce projet à l'atelier je faisais des teintures sur fil
- 49:48de laine française là en Normandie et dans les montagnes j'ai découvert la teinture en bourre donc c'est quand tu teins après lavage
- 49:58en fait tu teins ta fibre après,
- 50:01juste après ton lavage quand c'est encore un peu en flocon si tu veux et après tu fais toutes tes étapes de transformation et je trouve que c'est hyper agréable comme teinture je sais pas trop mais du coup j'ai
- 50:17découvert,
- 50:17au début j'avais tout feutré
- 50:20j'avais trop touillé,
- 50:21trop chauffé,
- 50:22enfin,
- 50:22j'avais un peu trop tout fait en même temps,
- 50:24donc tous mes trucs étaient feutrés sur les premiers échantillons,
- 50:26et après,
- 50:27une fois que t'as le truc,
- 50:28c'est bon,
- 50:29et en fait,
- 50:31ça te fait des teintures,
- 50:32du coup,
- 50:33comme ma fibre,
- 50:34elle est,
- 50:35enfin,
- 50:35ma laine,
- 50:35il y a aussi des gros poils,
- 50:37en fait,
- 50:37à l'intérieur,
- 50:39le fait de teindre tout en amont tout est encore bien aéré bien ouvert donc la couleur va vraiment bien rentrer partout et t'auras quand même des petits des endroits qui seront plus clairs que d'autres du coup parce que les endroits où c'est vraiment laine ça va vachement prendre la couleur et puis les endroits qui sont plus poils ça va pas trop prendre la couleur et du
- 51:02coup après quand tu passes en carte 2 bah t'as tout qui est bien repeigné,
- 51:06remélangé,
- 51:07tout uniformisé
- 51:08et du coup j'ai bien aimé faire ça comme ça en tout cas cette teinture et puis ça me faisait un nouveau challenge technique c'est toujours un peu mon objectif ouais
- 51:23j'aime bien en fait toujours apprendre des trucs et je trouve que dans la teinture naturelle c'est ça qui est assez
- 51:30Ce que j'aime aussi,
- 51:31c'est qu'il y a toujours des nouvelles techniques,
- 51:36des nouvelles plantes à tester,
- 51:38des nouvelles recettes à tester.
- 51:40Et en s'adaptant,
- 51:41tu vois aussi sur un territoire,
- 51:42là où tu es.
- 51:44Et c'est ça.
- 51:45Là,
- 51:45tu vois,
- 51:45la lin,
- 51:46je n'ai pas un fournisseur de lin.
- 51:49Donc,
- 51:49j'achète mes cailloux de potasse sur le marché.
- 51:53Et qu'après,
- 51:54on pile.
- 51:56Donc,
- 51:56à chaque fois,
- 51:57tu t'adaptes aussi avec ce que tu trouves.
- 51:59j'ai aussi découvert que c'est cette femme qui fait de la teinture la seule que j'avais rencontrée dans le village mais qui travaille pour une autre ONG elle m'avait dit qu'elle faisait des teintures à partir du citron et
- 52:15en fait c'est un peu comme les monobains de
- 52:18Michel Garcia si tu veux c'est un acide plus et en fait il y a des citronniers à 2100 mètres d'altitude
- 52:28c'est magnifique parce que quand ils sont les citrons sont sous la neige en février donc ça fait des citrons t'as des citrons jaunes avec ta neige et ton ciel bleu c'est juste trop beau et en fait comme il y a plein de citrons et ben elles faisaient aussi leur teinture pour certaines plantes à
- 52:46partir sans alun du coup en monobain comme la recette de Michelle ouais top bon ben c'est carrément canon
- 52:55écoute ça me fait rêver ton projet c'est génial est-ce que tu aurais des
- 53:02un livre qui t'a inspiré ?
- 53:05Non ?
- 53:05Tu me fais non de la tête donc on passe.
- 53:08En fait,
- 53:09alors moi,
- 53:10j'ai tous les livres,
- 53:11enfin,
- 53:11ou tous,
- 53:12j'ai des livres de Dominique Cardon.
- 53:13Je trouve que c'est forcément un peu la base.
- 53:16Je les ai jamais vraiment lus.
- 53:18Je les feuillette de temps en temps quand j'ai besoin de quelque chose,
- 53:21que j'ai envie de regarder un truc ou vérifier quelque chose mais je ne les ai pas vraiment lus,
- 53:25tu vois.
- 53:26Je ne suis pas une grande lectrice.
- 53:29j'avoue que j'ai lu aucun bouquin contemporain sur les teintures naturelles moi je recommande mais à 100% d'aller rencontrer des teinturiers d'aller visiter des ateliers et c'est c'est
- 53:43plus vivant en fait c'est voilà alors pour ça Anaïs il faudrait qu'il y ait une liste des teinturiers et teinturières de France parce que moi je te raconte pas le boulot pour trouver des gens,
- 53:57c'est pas évident
- 53:59je souligne ton initiative de sortir de sa grotte mais tu vois ouais c'est bien si il y a plein de gens qui sortent qui s'identifient l'histoire des cartes de France pour se rencontrer entre eux ça crée du lien et l'histoire d'envoyer un petit audio de
- 54:143 minutes pour se faire connaître et faire du lien et j'ai des retours après j'ai des retours de gens qui m'ont dit ah bah merci du coup j'ai été appelée du coup on a pratiqué à deux donc voilà en fait il faut continuer et puis
- 54:27Il faut continuer à mailler,
- 54:28on ne baisse pas les bras.
- 54:31Bon,
- 54:31donc pas de livre,
- 54:32c'est très bien.
- 54:34Oui,
- 54:34pas trop.
- 54:35Non,
- 54:35mais t'inquiète.
- 54:36Est-ce qu'il y a quelqu'un à qui tu penses pour le passage de micro ?
- 54:40Quelqu'un que tu voudrais que j'aille interroger ?
- 54:45Écoute,
- 54:46je dirais Martin.
- 54:49Martin ouais
- 54:50Martin c'est un artiste on s'est rencontré en formation chez
- 54:54David Santandreu pardon et depuis on suit un peu nos travaux respectifs et Martin il travaille sur la fermentation pour obtenir ses couleurs c'est vraiment un artiste et il fait des trucs c'est un chouette un chouette type et il
- 55:12a créé sa alors je sais pas si c'est une marque mais son compte Instagram ça s'appelle Safre
- 55:18S-A-F-R-E
- 55:20d'accord ok et bien je vais aller voir tout ça parce que la fermentation on tourne autour du pot entre guillemets et j'ai pas...
- 55:28il y a beaucoup de gens qui travaillent sur ça et j'ai envie de les lancer là dedans et je pense que ce sera intéressant d'avoir son il est au début je pense de la pratique mais en tout cas c'est intéressant d'avoir son point de vue je pense.
- 55:42Bon super est-ce qu'Anaïs avant qu'on ne se quitte tu as un mot de la fin ou quelque chose que tu aimerais euh...
- 55:50partager ou dire qui est important pour toi ?
- 55:55De suivre vraiment ses envies,
- 55:57ses intuitions.
- 55:59Enfin,
- 56:00quand on fait une rencontre,
- 56:02d'écouter et d'essayer de,
- 56:06je ne sais pas,
- 56:07de s'inspirer et d'en sortir quelque chose qui aurait vraiment du sens pour soi et puis peut-être un peu aussi pour les autres.
- 56:17Ouais,
- 56:18il n'y a pas de...
- 56:19C'est quoi ?
- 56:20Il n'y a pas de hasard ?
- 56:20Il n'y a que des rencontres ?
- 56:22Je ne sais pas.
- 56:25Pas comme l'idée.
- 56:26D'accord.
- 56:27Je vous invite à me rejoindre sur ma page Instagram ArtEcoVert,
- 56:32A-R-T-E-C-O-V-E-R-T pour y découvrir le nom des prochains invités.
- 56:38Je me permets de vous rappeler que la seule manière de soutenir ce podcast est de le noter et le commenter sur la plateforme d'écoute de votre choix.
- 56:45C'est ainsi qu'on arrivera à faire porter la voix de ces passionnés de la couleur végétale.
- 56:51Merci à tous ! Savoir si vous allez aimer, les mots clés du podcast ArtEcoVert : teinture végétale plantes tinctoriales indigo garance encre végétale couleur végétale colorants végétaux pigments végétaux coloration capillaire végétale fibres naturelles colorants biosourcés tanins teinture naturelle plantes artecovert couleurs de plantes design végétal couleur jardin agriculture tinctoriale nuances indigo